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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 04:40

Les neuf villes clés du dimanche 11 mars

 

source : Le Nouvel Observateur le 08/03/2001


Six peuvent basculer à gauche, deux passer à droite, une du Front national à la droite. 

 

 

Vitrolles La préférence démocratique Personne ne donne la moindre chance à Catherine Mégret de conserver la plus emblématique des quatre mairies détenues par l'extrême-droite. Toute la question est de savoir qui refermera la parenthèse ouverte en 1996 avec la défaite du socialiste, Jean-Jacques Anglade ? Le mieux placé est sans conteste Dominique Tichadou, conseiller général PS. Il devra toutefois trouver les bases d'un accord honorable, au second tour, avec son concurrent communiste, Alain Hayot. Sauf à prendre le risque de faire le jeu de la droite républicaine qui se tient, ici, en embuscade.

 

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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 04:40


Catherine Mégret fustige la parité

 

Article paru dans l'édition du Monde du 09.03.02

 
 

Catherine Mégret, maire de Vitrolles (Bouches-du-Rhône) et épouse de Bruno Mégret, le président du MNR, rit encore du slogan qu'elle vient d'inventer pour la Journée des femmes : « Ni femmes à poil ni femmes à voile. » Alors qu'elle présidait une conférence de presse, jeudi 7 mars, à Paris, Mme Mégret a fustigé la parité « que veulent imposer les génisses folles du socialisme » et mis en avant le « droit à la différence ».

 

Présentant les femmes du MNR comme « les dernières féministes », elle a dénoncé « la déferlante islamiste qui tente d'imposer le port du voile » et la « publicité qui impose aux femmes le rôle exclusif d'objet de désir ». « Je suis un peu fatiguée que l'on ne puisse pas vendre (...) une bouteille d'eau sans montrer une fesse de femme (...). Et, en plus sans aucune cellulite, ce qui est un peu dur pour celles qui en ont », a-t-elle ajouté, en soulignant, très fière, que cette dernière réflexion, non inscrite dans le discours, était personnelle.

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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 04:35

EN BAISSE

 

source : Le Nouvel Observateur le 08/03/2001

 

Catherine Mégret, maire MNR de Vitrolles et candidate à sa propre succession, va devoir modifier ses tracts électoraux jugés discriminatoires par le tribunal de grande instance d'Aix-en-Provence. Elle n'est autorisée à les distribuer qu'en y faisant figurer la mention « contraire à la loi ».

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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 04:35


Vitrolles : la gauche peut gagner

 

Article paru dans l'édition de l’HUMANITE du 12 mars 2001.

 

De notre correspondant régional.

 

Trois Vitrollais sur quatre se sont rendus aux urnes hier dans une ambiance assez tendue. D’ailleurs pour le citoyen Denis Lebon cette journée électorale s’est terminée au commissariat, ce responsable local de Ras l’front ayant été placé sous protection policière après avoir subit une agression dans un bureau de vote. Des renforts de police avaient été dépêchés qui ont dû s’interposer dans la soirée entre des jeunes à l’esprit échauffé et des gros bras de la mairie aux alentours de l’hôtel de ville.

 

À 18 heures, heure du début d’un dépouillement qui devait s’achever très tard dans la soirée, la commission électorale annonçait 73 % de votants, soit 4 points de moins qu’en 1997, année d’élection de Catherine Mégret à la majorité absolue. Cette fois pour l’épouse du maire consort partie tenter sa chance à Marseille la partie s’annonce difficile. Sa liste est certes en tête au premier tour avec un score avoisinant les 40 % d’exprimés et distançant la droite de plus de vingt points mais reste derrière le total des voix de gauche. Les électeurs avaient en effet à arbitrer un débat entre les colistiers du conseiller général socialiste Dominique Tichadou (qui obtient près de 23 % des suffrages) et la liste citoyenne emmenée par le vice-président communiste du conseil régional Alain Hayot qui réalise un peu plus de 15 %, une liste d’extrême gauche obtenant près de 3,5 %.

 

Dès les principales tendances confirmées, Dominique Tichadou et Alain Hayot se sont rencontrés pour rédiger une déclaration commune. Pour le responsable communiste " le fort score de Mégret suscite l’inquiétude dans la mesure où la gauche n’a pas suffisamment mobilisé. Mais nous pouvons gagner dimanche prochain si nous sommes capables de rassembler tous les républicains et les forces de la vie ". Dans cet esprit Alain Hayot citant Aragon (" Quand les blés sont sous la grêle fou qui fait le délicat ") a demandé à la droite vitrollaise de prendre clairement ses responsabilités afin qu’à coup sûr la ville soit enfin débarrassée des forces de la haine.

 

Philippe Jérôme

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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 04:35


Vitrolles : Mégret en minorité

 

Article paru dans l'édition de l’HUMANITE du 12 mars 2001.

 

De notre correspondant régional.

 

Trois Vitrollais sur quatre se sont rendus aux urnes hier dans une ambiance assez tendue. D’ailleurs pour le citoyen Denis Lebon, cette journée électorale s’est terminée au commissariat, ce responsable local de Ras le front ayant été placé sous protection policière, après avoir été blessé aux yeux dans un bureau de vote. Des renforts de police avaient été dépêchés, notamment autour de l’hôtel de ville, au moment où commençait le dépouillement.

 

À dix-huit heures la commission électorale annonçait 73 % de votants soit quatre points de moins qu’en 1997, année d’élection de Catherine Mégret à la majorité absolue. Cette fois, pour l’épouse du maire consort (élu en 1995), parti tenter sa chance à Marseille, la partie s’annonce difficile. Les premières centaines de bulletins dépouillés placent certes sa liste en tête (entre 35 et 40 % des exprimés), et distançant la droite unie (entre 15 et 20 %), mais derrière le total des voix de gauche.

 

À Vitrolles les électeurs avaient à arbitrer un débat, où une liste d’extrême gauche avait mis son grain de sel, entre les colistiers du conseiller général socialiste Dominique Tichadou (qui obtiendrait entre 25 et 30 % des voix) et la liste citoyenne emmenée par le vice-président communiste du conseil régional, Alain Hayot, (entre 15 et 20%). Catherine Mégret a-t-elle fait au premier tour le plein de ses voix ? Ses opposants, y compris le chef de file de la droite Christian Rossi, en sont convaincus. Hier soir, la parenthèse Mégret a commencé à être refermée.

 

Philippe Jérôme

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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 04:35


Vitrolles : en finir avec " Facholand "

 

Article paru dans l'édition de l’HUMANITE du 17 mars 2001.

 

De notre correspondant régional.

 

Le score de la liste Catherine Mégret dimanche dernier (près de 40 % des exprimés) dans la sinistre ville dortoir de l’étang de Berre montre que le vote de désespérance mais aussi le vote raciste et facho existent encore. D’ailleurs en Provence-Côte d’Azur, l’extrême droite, tous clans confondus réalise dans des villes comme Nice, Marseille, Antibes ou Hyères des scores bien supérieurs à 10 % des exprimés, il est vrai dans un contexte d’abstention plus marquant qu’ailleurs. Le reflux de la marée noire qui a touché les côtes méditerranéennes à partir des années quatre-vingt est donc lent. Mais sensible : à Vitrolles la liste de Catherine Mégret, contrairement à ce qui s’était passé en 1997 où la droite avait joué les Ponce Pilate, n’a pas obtenu la majorité absolue et encaisse près de 15 points de recul.

 

Ces 15 points et un peu plus ont été récupérés par la liste emmenée par le néo-gaulliste Christian Rossi, lequel a annoncé son maintien au second tour. Comme le communiste Alain Hayot (dont les affiches ont été frappées d’une étoile jaune), ce candidat RPR a été la cible d’attaques particulièrement ignobles notamment la diffusion de plusieurs tracts l’accusant de " viol homosexuel ".

 

Manque de chance pour ces auteurs courageusement anonymes, Christian Rossi a découvert un même défaut d’imprimerie entre leurs tracts et ceux du MNR. Plainte a été déposée entre les deux tours et la droite locale s’est jurée cette fois d’envoyer Catherine Mégret " pas à la mairie mais en prison ". L’intéressée accuse, elle, la droite de se faire complice de " la magouille, de l’incompétence, de la haine et des violences ", comprenez de la gauche plurielle retrouvée.

 

Les électeurs ont en effet arbitré une primaire en faveur de la liste conduite par un conseiller général socialiste (élu en 1998), Dominique Tichadou, qui a obtenu un millier de voix de plus que celle animée par le conseiller régional communiste Alain Hayot. S’adressant à leurs électeurs et aux très nombreux abstentionnistes de gauche les deux hommes ont appelé de concert à voter pour " une équipe renouvelée, rajeunie, féminisée " constituée par la fusion de leurs listes respectives et qui entend " mieux gérer la ville et la sortir de son isolement ". Dans cette triangulaire à " Facholand ", la victoire ou la défaite se joueront sans doute à quelques voix près.

 

Philippe Jérôme

 

Premier tour. Inscrits : 20 341 Abstentions : 27,46 %. Liste Mégret (MNR) : 39,14 % ; liste Tichadou (PS et DVG) : 23,44 % ; liste Hayot (PCF et citoyens) 16,54 % ; liste Agarrat (Ext. G) 3,31 % ; liste Rossi (RPR et DVD) : 17,57 %.

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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 04:35


L’extrême droite dure...

 

Article paru dans l'édition de l’HUMANITE du 19 mars 2001.

 

Le second tour a confirmé les tendances du premier : là où l’implantation est avérée, soit en élus, soit en hommes de terrain, l’extrême droite résiste assez bien, compte tenu de son éclatement. Même si elle a joué les faire-valoir dans la plupart des triangulaires, montrant l’érosion de son pouvoir de nuisance sur la droite, elle conserve des " niches " suffisantes pour assurer sa survie politique.

 

Un mouvement qui profite d’abord à Bruno Mégret. Le MNR, en conservant Vitrolles et Marignane, sauve en effet sa tête - et ses finances. En optant pour une façade tranquille, sans rien renier de sa famille d’origine, le maire sortant MNR, Daniel Simonpieri, est largement réélu face à son challenger DL.

 

À Vitrolles, Catherine Mégret fait de même grâce au report des voix de la droite, en dépit des " casseroles " qui ont émaillé son premier mandat. Le MNR confirme aussi son implantation à Salon-de-Provence, où il réalise 22 %. Pas de quoi pavoiser toutefois, " l’élan " espéré par Bruno Mégret au plan national se cantonne aux villes où il comptait déjà en 1995, telles Mulhouse.

 

Le FN, en comparaison, doit se contenter d’un bilan moins glorieux. Il ne peut que mettre en avant sa victoire à Chauffailles (Saône-et-Loire), 4 500 habitants.

 

Orange gagné au premier tour, restent des résultats limitant le recul, comme à Noyon, où Pierre Descaves réalise le score de 34,3 %.

 

Toulon, l’ancien " laboratoire " autoproclamé par Jean-Marie Le Pen, revient largement à droite après avoir élu deux députés PS.

 

Enfin à Bollène, où un accord de désistement avec la droite devait la favoriser, Marie-Claude Bompard (FN) a échoué.

 

Mais en Alsace ou dans le Territoire-de-Belfort, toutes tendances confondues, l’extrême droite a progressé ou fait une entrée en force.

 

Son enracinement sonne alors comme un sérieux avertissement : là où on lui permet de gérer, ses élus sont suffisamment habiles pour avancer masqués et laissent redouter l’émergence, certes limitée, d’un lepénisme ou mégrétisme municipal durable.

 

Lionel Venturini

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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 04:34


Catherine Mégret garde Vitrolles grâce au reflux du RPR entre les deux tours

 

Article paru dans l'édition du Monde du 20.03.01

 

Catherine Mégret, maire MNR de Vitrolles, a réussi à conserver sa mairie avec 7 292 voix (45,32 %), soit 201 de plus que son concurrent socialiste Dominique Tichadou, allié pour le second tour au communiste Alain Hayot.

 

Christian Rossi, le candidat du RPR, qui s'était maintenu, a perdu 7 % d'un tour à l'autre, passant de 2 365 voix (17,47 %) à 1 707 voix (10,61 %). On s'accordait dans les deux camps à dire que cette spectaculaire déperdition avait profité à la maire sortante : c'est dans les bureaux les plus favorables à la droite que l'hémorragie a été la plus importante.

 

La défaite, longue à se dessiner, a proprement asphyxié les militants des gauches, qui ont longtemps voulu croire que les urnes leur seraient favorables. Réunis devant leur local de campagne au vieux village de Vitrolles, sous les micocouliers d'une placette bucolique, ils croyaient encore vers 19 heures que leur héros ferait la course en tête. Pourtant l'inquiétude gagnait dès les premières séries de cent comptées : Catherine Mégret doublait leur candidat, et les responsables commençaient à chuchoter qu'il fallait s'attendre au pire. Une employée municipale pleurait dans son coin et ses trois copines s'efforçaient de lui faire garder l'espoir. Peu à peu la gêne s'installait et les dialogues devenaient plus aigres. « De toute façon, la Mégrète a raison, disait l'un, elle prend les Vitrollais pour des cons - et c'est des cons. » Un autre annonçait qu'il faudrait attendre « jusqu'au bout de la nuit pour avoir les vrais résultats, mais il faudra encore plus attendre le bout de la nuit si elle passe ».

 

A 21 h 30, Dominique Tichadou et Alain Hayot venaient mettre fin au suspense. Juché sur le perron de la porte Notre-Dame, le candidat socialiste, « très triste », déplorait que « les Vitrollais n'aient pas choisi la paix, le progrès, la démocratie ».

 

Trois raisons expliquaient, selon lui, l'échec de sa liste : « La prime au sortant et la campagne atroce menée par Mme Mégret ; l'effondrement de la droite vitrollaise, qui n'hésite pas à rallier l'extrême droite ; les mauvais résultats de la gauche en France et dans le département. » Alain Hayot y ajoutait « la difficulté de la gauche à mobiliser l'électorat populaire ». Les deux hommes, applaudis dans la tristesse, annonçaient alors qu'ils allaient déposer des recours contre une élection qu'ils estiment perturbée par les tracts anonymes. Et pour mettre un peu de baume au coeur, Dominique Tichadou lançait : « 1995-1997, ça vous rappelle quelque chose ? 2001-2003. » Mais rien semblait pouvoir atténuer la douleur des militants et sympathisants présents, qui n'arrivaient pas à croire qu'il leur faudrait affronter à nouveau les équipes municipales sortantes.

INVECTIVES, INSULTES

 

A la mairie, quelques instants plus tard, l'euphorie triomphante révélait que l'inquiétude avait longtemps plané. Au deuxième étage on s'embrassait, on se tapait sur l'épaule, on se congratulait comme après une grande peur. Une employée de mairie, larmes de bonheur aux yeux, glissait à une élue : « Ils nous ont fait souffrir, mais on les a eus ». Quelques-uns des gagnants se montraient sur le balcon de l'Hôtel de Ville face aux quelques dizaine de jeunes des cités massés en contrebas. Invectives, insultes et projectiles suivaient. La police chargeait sur le parvis pour disperser les opposants, qui brisaient quelques vitres.

 

Catherine Mégret entrait alors dans la salle du conseil municipal pour lire sa déclaration. Sa victoire lui paraît d'autant plus symbolique que « jamais une municipalité n'a subi un tel harcèlement et une telle propagande ». Il s'agit donc, a-t-elle ajouté, « d'une victoire de la liberté sur le totalitarisme, du courage sur la haine, c'est l'échec du politiquement correct ». Mais la victoire est aussi « celle du MNR, qui démontre ainsi que [ses] idées mises en oeuvre dans la durée sont celles que veulent une majorité de Français ». Catherine Mégret a ensuite posé pour les photographes devant le tableau lumineux sur lesquels les chiffres de la soirée étaient inscrits. Puis elle a disparu sans répondre à la moindre question. Ses amis, soulagés, se sont alors installés autour de la table du conseil municipal pour s'attaquer aux plateaux repas de la soirée.

 
MICHEL SAMSON
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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 04:34


Extrême droite : le lampadaire et l'exclusion

 

Article paru dans l'édition du Monde du 24.03.01

 

A VICTOIRE de Catherine Mégret à Vitrolles est symptomatique d'un fait nouveau tout à fait décisif : l'enracinement d'un courant politique d'extrême droite fondé sur la gestion. Il est d'ailleurs significatif que la rhétorique habituelle du président du FN, Jean-Marie Le Pen, ait rencontré peu d'écho durant ces élections municipales, qui ne l'intéressaient pas.

 

Et Bruno Mégret a raison de souligner que son mouvement, le MNR, a franchi un pas ce dimanche 18 mars. Les scores marseillais du MNR, approchant les 20 points dans les quartiers populaires qui lui sont le plus favorables, comme les résultats enregistrés dans d'autres villes des Bouches-du-Rhône, confirment son diagnostic d' « enracinement du mouvement national ».

 

Mais il a surtout réussi à lui donner une crédibilité nouvelle puisque la prime au sortant joue désormais pour ses amis. Daniel Simonpiéri, déjà élu conseiller général pendant son mandat de maire, a remporté haut la main le second tour de l'élection de Marignane. Et, la semaine précédente, Jacques Bompard, Front national officiel mais maire d'Orange sans étiquette et qui a géré sa ville selon les mêmes méthodes et selon la même philosophie que les deux autres, était élu dès le premier tour. On n'a donc plus affaire, dans ces cas-là, à des batailles gagnées ou perdues par le hasard malencontreux de triangulaires imprévues : l'électorat choisit en connaissance de cause son candidat, il en connaît le programme, le bilan, le style. De surcroît, dans les trois villes d'extrême droite, les batailles juridiques ou politiques ont largement mobilisé les médias locaux et nationaux, écrits ou audiovisuels, contribuant ainsi à informer les citoyens sur la gestion quotidienne de leur ville.

 

On touche là au premier élément constitutif de cet électorat d'extrême droite : il se construit sur le « victimisme », ce sentiment, largement répandu dans la région, d'être victime des puissants, des Parisiens, des étrangers - et bien sûr des journalistes et des juges. Ce sentiment a souvent une traduction électorale pratique : ce que Philippe Séguin appelle la « prime à la casserole », forme pervertie de l'idée qu'en démocratie la légitimité vient du peuple, et bâtie sur celle que toute médiation entre lui et sa volonté exprimée par la loi est perverse.

 

Les élus du FN et du MNR ont un art consommé pour jouer sur ce particularisme étroit. Catherine Mégret a diffusé un tract intitulé : « Le programme bien de chez nous », et cela fait écho au petit Astérix des panneaux installés aux différentes entrées de la ville d'Orange. Et les trois maires ne manquent jamais l'occasion de dénoncer la « diabolisation » dont ils sont les victimes : ils agglomèrent autour de ce mot tous les ressentiments vécus par ceux qu'ils représentent, qui trouvent ainsi une expression politique de leur souffrance sociale.

 

Mais le victimisme, répandu bien au-delà de l'extrême droite, se colore dans cet électorat d'un désir de discrimination raciste antiarabe désormais affiché. On s'en doutait un peu depuis que Mme Mégret a été condamnée dans deux procès pour discrimination, dont un en appel pourrait lui coûter son éligibilité.

 

Loin d'en être gênés, elle et ses amis ont utilisé la chose en se présentant au dernier procès corde au cou, adoptant une attitude de rupture face à l'institution judiciaire, cherchant et obtenant l'expulsion de la salle d'audience. On en a eu une confirmation récente avec le tract cité plus haut, et condamné par la justice. Il proposait rien de moins que de faire quitter la ville à ceux des immigrés « qui sont source d'insécurité et de trouble ». Et surtout de « reloger les Français du quartier des Pins qui le souhaitent dans un autre secteur de la ville. (...) L'équipe Mégret [leur] proposera donc de nouveaux logements dans la ville, avec des loyers équivalents et construits spécialement pour eux ».

 

On peut difficilement être plus clair dans la volonté affirmée de développement séparé : ces tracts ont été largement diffusés et les habitants des Vignettes, qui ont donné 60 % des voix à l'équipe en place, en connaissaient le contenu. Comme les Orangeois savent très bien qu'on donne du porc aux repas de Noël de fin d'année offert aux aînés, que la mairie a cessé de participer au contrat de ville, de cotiser à la mission locale pour l'emploi et que les habitants des quartiers de Fourchesvielles ont le sentiment d'être complètement exclus de la vie de la cité. Les Marignanais n'ignorent pas plus qu'on a interrompu toute aide au seul centre social de la ville situé dans un ensemble d'immeubles à forte population d'origine immigrée ou que leur maire va encore devoir s'expliquer sur l'interminable feuilleton du porc donné à la cantine.

 

PROJET COHÉRENT

Ces deux éléments, victimisme et racisme antiarabe, sont parties constitutives d'un projet cohérent, ils forment une ligne, ils structurent un budget. Tout cela est parfaitement compris par ces électeurs-là, qui pensent simplement que les aides directes ou indirectes aux plus démunis qu'eux les menacent directement.

 

Parlant du transfert de mémoire de l'Algérie française au racisme antiarabe, l'historien Benjamin Stora évoque le « sudisme » né en Algérie, à l'image de celui des petits Blancs du sud des Etats-Unis, et désormais installé en France. Pour lui, cette « mémoire d'exclusion va progressivement se muer en une mémoire de revanche inavouée ». En tenant compte du fait que l'électorat MNR ou FN n'est pas seulement pied-noir - même si les militants d'extrême droite le sont souvent -, la phrase convient à ce qu'on entend quand on essaie de comprendre ce qui se passe dans ces villes : le rapport aux immigrés et aux enfants de l'immigration semble encore tout empreint d'une supériorité coloniale de petit Blanc inquiet. De façon imagée, un militant vitrollais disait : « Ces électeurs-là, on les a achetés pour un lampadaire. » L'explication est un peu courte, car un lampadaire ne suffit jamais s'il n'est pas inscrit dans une politique plus générale. Mais elle est forte si on la relie au tract condamné : rien pour les Pins, tout pour les quartiers qui réclament un lampadaire.

 
MICHEL SAMSON
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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 04:34

VU DE VITROLLES PAR ALAIN HAYOT (*)
 

Article paru dans l'édition de l’Humanité du 4 avril 2001.

 

Le contexte national de poussée à droite, conjugué à la porosité des votes entre la droite et l’extrême droite, a scellé le sort de la gauche à Vitrolles. Au-delà de ce constat, il faut se rendre à l’évidence : l’installation de l’extrême droite dans cette ville ne relève pas d’un " accident de l’histoire ", comme le pensaient certains, après le rejet de la municipalité Anglade, maire socialiste de 1983 à 1997.

 

A contrario, je pense qu’il s’agit d’un produit d’une histoire complexe : en premier lieu, celle de l’échec de la fabrication d’une ville nouvelle des années soixante - soixante-dix par un établissement public, en dehors de tout contrôle municipal et citoyen. Niant le bourg provençal existant, on a bâti le long de ces " non lieux " (zone commerciale, zone industrielle, plate-forme logistique du transport routier), une aire urbaine de vingt kilomètres, destinée à accueillir des populations déracinées de diverses origines, notamment des quartiers populaires de Marseille.

 

Le droit à la ville, c’est d’abord le droit à la centralité, écrivait Henri Lefebvre. À Vitrolles, on a fait l’inverse : une bande industrielle, une bande autoroutière, une bande d’habitats complètement éclatés, aucun vrai centre ville : le résultat, c’est une ville sans identité réelle, à qui l’on n’a donné ni le temps ni les moyens urbanistiques, sociaux et culturels de s’en construire une. Là commence la responsabilité de la municipalité de gauche qui a précédé l’arrivée de l’extrême droite : celle d’un système, au demeurant fort peu original, clientéliste, hégémonique au service d’un parti et d’un clan réuni autour du maire, d’une poignée d’élus et d’affairistes. La justice est passée, les condamnations prononcées, la gauche s’est retrouvée en morceaux, avec des plaies béantes. C’est le rejet de tout cela qui a provoqué l’arrivée de l’extrême droite, qui a occupé le terrain politique déserté par la droite républicaine dès 1993, et est apparue comme l’unique alternative à un pouvoir rejeté.

 

Quatre ans seulement nous séparent de la première élection de Catherine Mégret, dont l’unique souci durant cette période a été de fédérer son électorat. Elle l’a fait autour d’un discours sécuritaire, raciste, nationaliste, " provencialiste ", " victimiste " face aux médias, à l’État, aux collectivités territoriales, aux militants de gauche, à tous ceux qui, à l’entendre, lui en veulent de vouloir défendre les " Vitrollais français ". Ceux-ci n’aspirent, selon elle, qu’à vivre en paix dans une ville qu’elle a réduite à sa fonction dortoir, au sein de laquelle elle a supprimé toute activité sociale et culturelle, en particulier dans les cités populaires et en direction des jeunes, une ville qu’elle a sciemment divisée. Division entre générations, entre quartiers - dont les plus pauvres ont été abandonnés - entre habitants d’un même quartier, entre " communautés " (les " Gitans " contre les " Arabes ", par exemple). Une ville, enfin, qu’elle a délibérément isolée de son environnement régional et national. Il y a là un projet cohérent de recomposition sociologique, politique et urbaine de la part d’une extrême droite qui est passée d’un discours idéologique " dur " à sa mise en ouvre. L’électorat de la droite traditionnelle s’y est retrouvé sur la base du " Bien chez nous à Vitrolles " - au cour de la campagne de Catherine Mégret. Son autre mot d’ordre, " Ou moi, ou le retour d’Anglade ", continue d’exploiter le rejet du passé.

 

Face à cette extrême droite conquérante, pourquoi la gauche ne s’est-elle pas rassemblée dès le premier tour ? Contrairement à ce qui s’écrit ici ou là, ce n’est pas sur la base d’un simple clivage PS-PC ou sur le choix de la tête de liste. La question est plus complexe. Fallait-il reproduire mécaniquement les rapports de forces électoraux et partisans, ou fallait-il, au contraire, que les partis de gauche se remettent en question, participent avec d’autres à l’élaboration d’un véritable projet alternatif ? Il leur fallait, pour cela, se mettre au service d’une démarche neuve, citoyenne, telle qu’elle s’est déployée, au lendemain de l’échec de 1997, à l’initiative de militants politiques et associatifs autour d’un " espace citoyen ". Le Parti socialiste s’y est refusé, comme il s’est désengagé de l’accord national d’union sur les quatre villes détenues par l’extrême droite. La réponse est dans les urnes : trois villes conservées par l’extrême droite, et une gagnée par la droite alliée à l’extrême droite. À Vitrolles, plus précisément, les listes alternatives et citoyennes totalisent 20 % des voix, alors que le PS, malgré le soutien des Verts, du PRG et du MDC, subit, avec 23 %, un recul sévère par rapport à 1995 et 1997.

 

Notre liste, plurielle, était composée de militants communistes, socialistes, Verts et surtout (24 candidats sur 39) de militants associatifs engagés depuis plusieurs années dans le combat contre le FN devenu MNR. Son originalité a été de mettre en synergie des militants des partis de la gauche plurielle et des acteurs du mouvement social et citoyen issus notamment des quartiers populaires et des immigrations récentes. Cette liste, que je conduisais, s’est inspirée d’une démarche de démocratie participative façon Porto Alegre, très proche de celle des listes Motivé-e-s à Toulouse. Son fonctionnement - profondément démocratique - son projet pour refaire la ville, son score, ont marqué le premier tour de l’élection et représentent l’espoir d’un renouveau de la gauche à Vitrolles. Aujourd’hui, nous mettons cette démarche et ses premiers résultats à la disposition de tous ceux qui veulent tourner la page de l’extrême droite, mais également celle du passé antérieur. On ne combat pas l’extrême droite en la diabolisant, mais en lui opposant un projet alternatif radicalement opposé à ses méthodes, à ses pratiques, à ses discours, un projet qui, par là même contribue à rénover la gauche et à la rassembler. C’est aujourd’hui que l’avenir commence à Vitrolles...

 

(*) Sociologue, vice-président de la région PACA, conseiller municipal (d’opposition) à Vitrolles, membre du Conseil national du PCF.

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