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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
9 janvier 2007 2 09 /01 /janvier /2007 11:20

Histoire politique de Vitrolles

 
 

L’histoire politique de Vitrolles est complexe et particulière. Elle a évidemment été marquée par la montée de l’Extrême Droite et la gestion de la Ville par l’équipe MEGRET sous l’étiquette FN et MNR de 1997 à 2002.

 


Mais l'extrême droite n'est pas arrivée "par hasard" à Vitrolles en 1997. Cela remonte à bien plus loin.  

 
 
 

Dans un thème (colonne de droite), intitulée « Histoire politique de Vitrolles », je me propose de la retracer au travers d'un certain nombre d’articles de journaux de l’époque.  

 
 
 

L’objectif est d’éclairer  les internautes sur cette période particulière. Cela rappellera aux uns et aux autres des souvenirs bons ou moins bons.

 
 
 

L’objectif n’est pas de ressasser cette histoire, ni de faire preuve d’une certaine nostalgie, ceci n’aurait aucun intérêt. C’est pourquoi ces articles n’apparaîtront pas en première page du blog, mais seront directement « rangés » dans le thème en question.

 
 
 

En fonction des possibilités offertes par mon hébergeur Over-Blog les articles seront  classés de manière chronologique et par période :

 
 
 

-  La montée du FN à Vitrolles 1988 – 1997

 

-  Elections municipales de 1997, 1998

 

-  La gestion municipale FN-MNR de 1998 - 2001

 

-  Les élections municipales de 2001 et 2002

 
 
 

Si vous êtes intéressés, n’hésitez pas à consulter les rubriques situées dans la colonne de droite...

 



DH


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7 janvier 2006 6 07 /01 /janvier /2006 18:27


Les choses viennent parfois de loin…
 
 
 
DH
 
 
 

Accord entre le Front national et la droite à Vitrolles

 
 
 

Article paru dans l'édition du Monde du 07 Septembre 1988

 
 
 

Après Martigues, un nouvel accord entre le FN et la droite est intervenu dans les Bouches-du-Rhône, à Vitrolles _ ville dirigée par le PS, _ pour la présentation d'une liste commune dès le premier tour des élections municipales. Selon M. Raymond Lecler, conseiller général RPR de Berre-l'Etang, qui sera tête de liste, l'initiative de cet accord a été laissée aux responsables locaux du RPR, de l'UDF et du FN par les instances départementales.

 
 
 

M. Lecler a indiqué que le second de liste, auquel, en cas de victoire, devrait revenir le poste de premier adjoint, sera un candidat du Front national, M. René Jestin, conseiller régional.

 
 
 

Chacune des composantes politiques sera représentée à égalité bien que le Front national ait obtenu lors des dernières élections présidentielle et législatives plus de voix à lui seul que le RPR et l'UDF réunis. Une large place _ environ la moitié des candidats _ a été réservée aux socioprofessionnels. "Avec le FN, la droite est nettement majoritaire à Vitrolles, a expliqué M. Lecler, il était donc absurde de ne pas faire d'alliance pour battre la gauche sur un programme local n'ayant strictement rien à voir avec les grandes options nationales." En 1983, la liste d'union de la gauche dirigée par M. Jean-Jacques Anglade (PS) l'avait facilement emporté au second tour, face à deux listes concurrentes de droite.

 
 
 

M. Lecler, qui est membre du comité départemental du RPR depuis 1971, a manifesté à plusieurs reprises une volonté d'entente avec le FN sans jamais avoir été désavoué. Elu aux cantonales de 1985, grâce au désistement du candidat du Front national, il avait publiquement appelé au second tour des dernières des dernières élections législatives à voter pour M. Jean-Pierre Stirbois dans la douzième circonscription des Bouches-du-Rhône (Marignane) et participé à un meeting aux côtés du secrétaire général du FN.

 

PORTE GUY

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7 janvier 2006 6 07 /01 /janvier /2006 15:18

Des listes d’union pour limiter l’emprise de la droite
 
 

Article paru dans l'édition de l’HUMANITE du 14 juin 1995.

 
 

A gauche, la journée d’hier a été marquée par la constitution de liste largement ouverte aux progressistes. Objectif : empêcher la droite de conquérir de nouvelles positions. Le secrétaire national du PCF, Robert Hue, tiendra d’ailleurs deux meetings communs avec Lionel Jospin. L’un, demain, à Marseille, l’autre, vendredi, au Havre. Robert Hue tiendra également meeting, avec le premier secrétaire du PS, Henri Emmanuelli, aujourd’hui, à Nîmes.

 

Les négociations ont continué partout. Beaucoup se poursuivaient encore, hier soir, à quelques heures du dépôt des listes..

 
 

Sur les médias, la journée électorale a été placée sous le signe de Le Pen. D’une manière ou d’une autre le Front national a conservé la vedette. Soit directement, par des prises de position de son leader. Soit indirectement, avec des réactions des différentes formations politiques aux appels de constitution d’un front républicain anti-Front national. « La fameuse fracture sociale (...) ne se résoudra pas d’un coup de baguette magique. Pas même à coup de front, fut-il républicain, contre Front », notait avec bon sens l’éditorialiste Pierre Georges dans « le Monde ».

 

Toujours très médiatiquement, Le Pen avait, hier matin, ouvert le feu en choisissant d’apporter un soutien encombrant à l’UDF Valéry Giscard d’Estaing contre le maire sortant PS Roger Quillot, à Clermont-Ferrand. Histoire de mettre la droite un peu plus dans l’embarras. Le Pen : « Ce qui est essentiel, c’est que l’opinion publique sache que le Front national a fait une démarche positive de façon à assurer la défaite des municipalités socialistes et communistes et que, si dimanche prochain des socialistes ou des communistes sont élus, ils le seront exclusivement sous la responsabilité du RPR ou de l’UDF. »

 

Renforcer la démocratie

 

Gilles de Robien, président du groupe UDF à l’Assemblée nationale, a déclaré hier que son groupe « faisait confiance aux députés candidats aux municipales pour, au cas par cas, ne pas faire alliance avec le Front national ». Jean-François Mancel, secrétaire général du RPR, devait, de son côté, réaffirmer que son mouvement ne donnerait pas de consignes de retrait à ses candidats. « Il est bien évident que nous n’allons pas nous allier avec les socialistes et les communistes », a-t-il précisé, ajoutant que « les socialistes sont en train de se donner bonne conscience à petit prix, d’autant que se sont leurs échecs qui ont généré le développement du Front national ». Oubliant de préciser que ces échecs en question doivent tout au refus des gouvernements socialistes de rompre avec l’argent-roi par la mise en oeuvre d’une vraie politique de gauche. Chômage, précarité, exclusion : le terreau de Le Pen.

 

Philippe Séguin, le président RPR de l’Assemblée nationale, n’avait pas écarté, dimanche, « un Front républicain » avec le PS. Lequel avait, par la voix de son premier secrétaire Henri Emmanuelli, appelé « à un vote qui protège et renforce la démocratie ». Mardi, on précisait au PS que les cas de retrait en faveur de la droite classique seraient limités à Dreux et Marignane, excluant en particulier « Toulon pour des raisons de transparence et de moralité ».

 

Sur le terrain, à Vitrolles, ville sur laquelle lorgne le lépéniste Bruno Mégret, les handballeurs de l’OM-Vitrolles ont dit leur intention de quitter le club si la liste du Front national était élue contre celle du maire PS sortant, Jean-Jacques Anglade, en ballottage difficile.

 

Eric Cérato, tête de liste de l’union de la gauche à Marignane, a annoncé qu’il était prêt à se retirer à condition que le candidat de la majorité en fasse de même à Vitrolles. Il a dénoncé « des négociations entre l’UDF et le FN pour vendre Vitrolles en échange de Marseille ». Marseille, où Robert Vigouroux, étiqueté divers gauche, vient d’apporter son soutien à l’UDF Jean-Claude Gaudin contre la liste d’union de la gauche de Lucien Weygand.

 
 
DOMINIQUE BEGLES
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6 janvier 2006 5 06 /01 /janvier /2006 18:00
On serre les poings
 

Article paru dans l'édition de l’HUMANITE du 11 juillet 1995.

 

On serre les poings. Cette fois c’est trop. On la bouscule. A-t-elle conscience de voter pour un parti raciste et antisémite ? « Ce n’est pas mon problème et ça, c’est ce que disent les médias. » Sait-elle que Le Pen est un milliardaire ? « Et alors ? Ce qui m’intéresse c’est ce que je vis moi, toute cette merde qui nous entoure, tous ces mensonges. » Rien n’y fait. Chez Josiane Trevi, tous les mots anti-Le Pen sonnent creux. Vides de sens. Son point de départ est ailleurs, est d’abord sa vie, ses angoisses. Elle y revient sans cesse.

 

Direction Marignane. Les platanes du cours Mirabeau avant d’errer dans une ville en petits morceaux. Lotissement des Alouettes. René est pendu à son téléphone sans fil. Cette amie a une soeur qui vote Front national. On verra bien. René Says aussi veut voir. Surtout pas justifier mais entendre. L’animateur de l’activité communiste dans cette ville cherche à décoder le message de ceux qui ont élu un maire FN, Daniel Simonpieri, quarante-trois ans, ancien guichetier de banque.

 
On en a marre...
 
J’ai peur...
 

Elle se tient sur le pas de la porte de son pavillon. Porte un caleçon noir et un T-shirt violet. Non non, on ne la dérange pas. Non non, elle n’a pas du tout honte de dire qu’elle est très satisfaite d’avoir un maire Front national. On la suit. L’intérieur est nickel. Un canapé, une table ronde, un meuble de style chinois où sont encastrés télévision et magnétoscope. L’un de ses deux enfants vient dire bonjour. C’est un garçon très poli. Son mari nous rejoint, bermuda et débardeur.

 

Elle parle la première. Suzanne a quarante ans, est née à Marseille, est au chômage depuis trois ans après un emploi d’ouvrière à l’usine. Ses premiers mots sont : « On en a marre, on nous prend pour des imbéciles. Regardez, on change de président et c’est pareil. Il augmente le SMIC et il nous reprend ce qu’il nous donne par la TVA. Non, ce n’est plus possible, il faut vraiment tout changer, tout. Moi, j’ai peur pour mes enfants. J’ai peur pour leur avenir à cause du chômage, de la drogue, du SIDA. Et ce qui me révolte, c’est que les médias n’ont aucun respect pour les gens qui votent Front national. Le Pen est peut-être ce qu’il est, mais il dit des vérités en face. »

 

C’est lui qui prend le relais. Une envie de tout déballer en sachant parfaitement qui l’écoute. Patrick a quarante-cinq ans, a été pendant dix-sept ans agent de maîtrise dans une entreprise du port de Marseille avant d’être licencié, de se reconvertir chauffeur de taxi. Ses premiers mots sont : « Je suis dégoûté de tout quand je vois ce qu’est devenu ce pays. J’ai même envisagé d’émigrer au Canada. On se sent de plus en plus menacé. Nous avons été cambriolés une fois. Le gars est entré par le jardin. Ma femme était là, elle frottait par terre. Il a pris les bijoux avant de s’enfuir. Ma femme a eu très peur. Vous savez ce qu’on nous a dit quand on est allé au commissariat ? Que ça ne servait à rien de porter plainte parce que, même si on mettait la main sur le type qui a fait ça, il serait tout de suite relâché. Vous trouvez ça normal ? »

 

Non, ce n’est pas normal. René Says lui dit. Mais est-ce qu’un cambriolage suffit à faire un vote Le Pen ? « C’est ça plus tout le reste. On est trop laxiste avec les délinquants et les clandestins. »

On est à côté de la plaque
 

Suzanne reprend : « Vous savez quel est mon rêve ? C’est d’aller à la télé pour dire comment on vit. Ils ne savent rien les gens de la télé. Quand je les vois, je me dis qu’ils ne doivent jamais faire les courses. Moi, quand je vais chez Leclerc, je sais tout de suite ce qui a augmenté de dix ou vingt centimes. »

 

Elle s’interrompt. Arrivent le neveu et sa copine. Stéphane et Stéphanie. Lui, vingt-deux ans, au chômage. Elle, vingt ans, lycéenne. Deux Marseillais. Ils n’ont pas voté FN parce qu’ils ne sont pas inscrits. Mais s’ils étaient inscrits, ils voteraient FN. Ils le disent ouvertement. Lui : « Je me suis fait attaquer par une bande de Gitans. Ils m’ont tout piqué. Maintenant j’ai peur. » Elle : « J’ai peur pour l’avenir. Ma mère est d’origine espagnole. Mon père, d’origine tchèque, est maçon. Les deux votent Front national. » Patrick tient à ajouter : « Je ne suis pas marié avec Le Pen. Si rien ne change à Marignane avec un maire Front national, on fera comme avec les autres, on le changera. » Une menthe à l’eau avant de se quitter. Dehors, René Says est K-O : « Tu as entendu ? On est complètement à côté de la plaque... Ça donne vraiment à réfléchir... »

 

Direction Vitrolles. Par des bretelles d’autoroute qui se croisent dans une ville éclatée. Le Front national (43% aux municipales) est domicilié avenue Jean-Moulin. Un appartement en location. Le patron des lieux s’appelle Hubert Fayard.

 
Un discours glacial
 

Débarqué d’Auvergne il y a un an à la demande de Bruno Mégret, il a préparé la campagne du numéro deux du FN. Dans les moindres détails. En s’engouffrant dans toutes les failles d’une gestion socialiste coupée du quotidien. En attaquant systématiquement le maire sur l’insécurité, la fiscalité, le chômage.

 

En éditant douze numéros du journal « Allez Vitrolles ! » qui ne lâche pas les trois thèmes et y associe l’immigration. En proposant une « prime de naissance » de 3.000 francs par enfant français. En ouvrant une permanence baptisée « Fraternité française ». Chômeurs, mal-logés, gens dans la misère y sont reçus, conseillés, parfois aidés concrètement par de la nourriture ou des vêtements. En présentant une liste qui compte trois fois plus d’ouvriers que celle de la gauche et où figurent le fils du secrétaire de la section RPR et un ancien communiste.

 

Le discours d’Hubert Fayard est celui d’un dirigeant lepéniste. Glacial : « Si nous avions été élus, croyez-moi, nous aurions appliqué notre programme dans sa totalité, à commencer par la préférence nationale. »

 

Vitrolles encore, espace des hypermarchés. Sandrine est caissière. Elle a vingt-huit ans. Elle montre le dos de sa carte d’électeur, les quatre tampons d’avril, mai et juin. Elle dit : « A la présidentielle, j’ai voté Le Pen au premier tour, Jospin au second. Aux municipales, j’ai voté Mégret les deux fois. Mais si Tapie s’était présenté, j’aurais voté pour lui. » Elle sourit, puis ajoute : « Vous voyez, chez moi, c’est le cafouillage total. » Il pleut enfin.

 
GILLES SMADJA
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6 janvier 2006 5 06 /01 /janvier /2006 14:17

 


 

Rassemblements contre la droite avec Robert Hue et Lionel Jospin

 
 
 

A Marseille, ils ont appelé les électeurs à s’opposer aux ambitions de Jean-Claude Gaudin. Vitrolles se mobilise pour barrer la route au Front national.

 
Correspondance.
 

Plusieurs milliers de Marseillais se sont rassemblés hier soir au Dôme pour soutenir les listes de rassemblement à gauche de la cité phocéenne. Robert Hue, secrétaire national du PCF, et Lionel Jospin, candidat socialiste à la dernière élection présidentielle, ont participé à cette soirée de mobilisation contre la droite. A leurs côtés, parmi de nombreuses autres personnalités, Bernard Kouchner et les principaux candidats : le socialiste Lucien Weygand, président du conseil général des Bouches-du-Rhône et le député communiste Guy Hermier.

 

Lionel Jospin a dénoncé « la complaisance de la droite vis-à-vis du Front national », notamment dans cette ville « où l’influence (de l’extrême droite) serait accrue » en cas de victoire de la droite. Il s’est inquiété d’une victoire de l’UDF-PR Jean-Claude Gaudin, car, a-t-il dit, « nous n’avons pas oublié qu’il a gouverné la région avec des élus du FN et, s’ils font semblant aujourd’hui d’être séparés, l’influence du FN se fera sentir partout sur cette ville ».

Robert Hue a également mis en garde les Marseillais contre le « danger de l’extrémisme ». Il a estimé que « M. Gaudin ne pourra être maire qu’avec la complaisance du Front national » et il a assuré que « la montée de l’extrême droite appelle des réponses politiques fortes » de la part des électeurs de gauche.

 

Quelques heures avant, un rassemblement de grande ampleur se déroulait à Vitrolles qui, depuis dimanche, est menacée par le Front national. Bruno Mégret a recueilli 43% des voix au premier tour des municipales. L’heure est à la mobilisation générale contre le Front national. Une bataille qui a pris, hier soir, une nouvelle dimension avec ce meeting de soutien à la liste de Rassemblement des forces démocratiques de progrès, conduite par le maire sortant Jean-Jacques Anglade.

 

Intervenant à la tribune, devant plusieurs milliers de personnes rassemblées dans le parc paysager de Font-Blanche, Robert Hue, Lionel Jospin, Marie-Christine Blandin, Bernard-Henri Lévy, mais aussi de nombreuses personnalités locales du monde associatif, sportif, culturel ou syndical, se sont attachés à faire grandir encore la dynamique « anti-Mégret » en démontrant le vrai visage du Front national.

 

C’est d’abord Lionel Jospin, qui, au-delà des personnes présentes, va s’adresser à ceux qui, dimanche dernier, ont apporté leurs voix sur Mégret : « Il ne s’agit pas pour moi, qui vient de l’extérieur, de culpabiliser qui que ce soit. Je pense même que, parmi ces 43%, il y en a qui ont voulu lancer un cri de souffrance et de révolte car je sais bien qu’il y a ceux qui volontairement soufflent un message de haine et de racisme et ceux qui souffrent du chômage, de la mal-vie et de la l’insécurité. Ces derniers doivent savoir que, avec Mégret, c’est un avenir de violence et de haine qui les attend, sans pour autant que leurs problèmes soient réglés, au contraire. »

 

Robert Hue s’est, quant à lui, félicité de la constitution d’un « grand rassemblement des femmes et des hommes de progrès face au réel danger que constitue la perspective de voir Vitrolles basculer à l’extrême droite ». Selon le secrétaire national du PCF, les scores réalisés par le Front national dimanche dernier montrent qu’il est « urgent de s’attaquer à bras-le-corps aux racines du mal qui permettent à Mégret de faire main basse sur Vitrolles, tout en alertant les citoyens sur la réalité de ce que proposent Mégret et ses amis ».

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6 janvier 2006 5 06 /01 /janvier /2006 13:16


ll échoue à Vitrolles et à Dreux, il gagne Marignane et Toulon

 

Article paru dans l'édition de l’HUMNITE du 19 juin 1995.

 

RESULTATS très attendus à Vitrolles (Bouches-du-Rhône), Dreux (Eure-et-Loir), Mulhouse (Haut-Rhin). Des villes tests pour le FN. Dans ces villes, la mobilisation des anti-extrémistes a permis la défaite de ce parti aux dents longues. En revanche, il a conquis trois communes du midi de la France : Marignane, Toulon et Orange. A Dreux, Marie-France Stirbois (FN) est battue face à Gérard Hamel, resté seul en lice, après le retrait des listes de gauche et divers droite. Le candidat RPR a obtenu 60,69% des voix contre 39,31% à son adversaire.

 

A Vitrolles, Bruno Mégret (FN), arrivé largement en tête au premier tour, échoue face au maire sortant socialiste Jean-Jacques Anglade, qui conduisait la liste des forces de progrès. La participation des électeurs à Vitrolles était de 85,16%, soit dix points de plus qu’au premier tour. Haineux, Le Pen dénonce la « stratégie de rassemblement du gang de l’établissement », dans la défaite des candidats du FN, notamment dans ces deux communes. Ajoutant que cette victoire s’est imposée avec « l’appui des bataillons beurs ».

 
….
 

Cependant, le parti de Le Pen remporte trois mairies : Orange (Vaucluse), Toulon (Var) et Marignane (Bouches-du-Rhône). Avec cette dernière, il conquiert sa première ville de plus de 30.000 habitants. La liste conduite par Daniel Simonpieri y a obtenu 37,27% des voix. Elle devance celle de l’UDF Jean Montagnac (36,29%) et celle de Guy Martin (divers droite, 25,90%). A Orange, la liste du Front national, conduite par Jacques Bompard, arrive en tête avec 35,93% des voix, devant le maire sortant divers gauche Alain Labé, qu’il distance de seulement 87 voix. A Toulon, le FN prend la mairie. La liste de Jean-Marie Le Chevallier obtient 37,03% des voix, celle du sénateur-maire sortant de droite François Trucy, 34,86%.

 

Premières réactions
 
...
 

Le dépit de Le Pen

 

Le chef du Front national interrogé hier soir sur France 2, à 20 h 15, n’a pas caché sa déception devant l’échec des candidats lepéniste à Vitrolles ou à Dreux. Il a notamment déclaré : « Il semble que la stratégie du gang de l’establishment, de toutes les forces politiciennes l’ait emporté grâce aux bataillons des Beurs. » Après avoir regretté que Marie-France Stirbois et Bruno Mégret soient battus, il a indiqué que le FN « irait au doublement ou au triplement des élus ».

 

Henri Emmanuelli : « un début d’alerte pour le gouvernement »

 

Le premier secrétaire du Parti socialiste Henri Emmanuelli a estimé, dimanche soir, que les résultats du second tour des élections municipales constituaient « un début d’alerte pour le gouvernement ». « L’attentisme des Français est là, a-t-il ajouté, ils n’ont pas l’air d’avoir beaucoup apprécié ce qui s’est passé, ils attendent et il va falloir que M. Juppé se dépêche de leur répondre ». Enfin, il a regretté « l’absence de gestes clairs » de l’UDF et du RPR pour ce second tour.

 
 

La défaite amère de Marie-France Stirbois

 

Marie-France Stirbois, candidate du Front national à Dreux (Eure-et-Loir), a laissé échapper sa colère hier devant le piètre résultat obtenu par sa liste au second tour des élections municipales. Elle a déclaré que « le front républicain a appelé les Beurs, et les Beurs ont voté pour le front républicain. Un jour, le président s’appellera Mohamed. Ils (le front républicain) sont allés jusqu’à la dernière minute chercher des Beurs ».

 

Jean-Jacques Anglade victorieux à Vitrolles

 

Le maire sortant de Vitrolles (Bouches-du-Rhône), réélu face Bruno Mégret du Front national, a fait part hier de sa satisfaction devant les résultats : « C’est une victoire de la mobilisation des Vitrollais et des Vitrollaises. Ils ont exprimé un avertissement au premier tour, mais ils ont clairement exprimé au second tour que Vitrolles ne méritait pas l’anathème. » Bernard Tapie, qui a mené la campagne du second tour à Vitrolles, a estimé qu’« on ne pouvait pas se faire à cette idée. Cela aurait été trop dangereux aux portes de Marseille (...). Au porte-à-porte, les gens ont dit ce qu’ils avaient sur le cœur. Il faudra le prendre en compte ». Plus tard, devant la colère de Le Pen face aux résultats, il a déclaré : « Je comprends que M. Le Pen soit en colère. Pour moi, mon rendez-vous agréable de ce soir, c’était de l’entendre dire ces choses-là. »

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6 janvier 2006 5 06 /01 /janvier /2006 10:15

A Vitrolles, une mobilisation exceptionnelle empêche le pire
 
 

Article paru dans l'édition de l’HUMANITE du 20 juin 1995.

 
 
De notre envoyé spécial à Vitrolles.
 

Les uns applaudissent et s’embrassent. Les autres tournent le dos et s’en vont. Un peu avant 20 heures, dans une salle des fêtes surchauffée, les premiers résultats qui s’affichent sur grand écran annoncent que le pire a été empêché. La liste du Front national est battue. Bruno Mégret ne sera pas maire de Vitrolles. L’écart est faible. A peine quelques centaines de voix. Mais suffisant pour pousser un grand ouf ! de soulagement.

 

Les uns respirent, envahissent la place de la mairie. Visages et signes de complicité de ceux qui viennent de passer tout près d’une catastrophe. Le pire a été empêché grâce à une mobilisation exceptionnelle des électeurs. Le taux de participation a dépassé les 85%. Du jamais vu ici. L’urgence jusqu’au bout d’une semaine d’appels urgents. Ceux de toutes les forces de gauche et de progrès, ceux de Robert Hue et de Lionel Jospin, ceux des handballeurs de l’OM-Vitrolles, ceux des lycéens, des femmes dans les cités, des gens dans les quartiers, motivés au-delà des différences, pour d’abord empêcher le pire.

 

Les uns sourient, se tombent dans les bras, mais sans excès. Sans triomphalisme. La réélection du socialiste Jean-Jacques Anglade à la tête d’une liste d’union doit peu au maire lui-même, beaucoup au barrage anti-Front national. Beaucoup le disent ouvertement tout au long de ce dimanche tranquille, un dimanche de soleil, de sorties à la plage, de cars de CRS stationnés au cas où. Un homme comme Gilbert Marret, maire adjoint socialiste sortant, le reconnaît avec beaucoup de franchise : « Beaucoup de gens ont voté Mégret pour ne pas voter Anglade. C’est sa façon de gérer qui ne plaît plus. »

 

Les uns sont heureux mais ne pavoisent pas. Les autres ne disent rien, n’en pensent pas moins, serrent les dents, font la gueule, quittent la salle des fêtes, mais ne baissent pas la tête. Un tour n’efface pas l’autre. Mégret est heureusement battu, l’a mauvaise, annonce un recours en annulation. Arrogance intacte. A cause de la sombre victoire que deux autres lepénistes viennent de remporter à Marignane, tout près d’ici, et à Orange, pas très loin.

 

Les uns sont libérés, mais ne font pas comme si rien ne s’était passé. Le nombre de voix Mégret a encore augmenté en sept jours. Voix de ces femmes, ces hommes, ces jeunes qui habitent les mêmes quartiers que les autres. Sont 42% à avoir glissé un bulletin FN dans l’enveloppe orange. Sont chômeurs, ouvriers, employés, retraités, endettés, persuadés, comme le dit cette Vitrollaise, que si tout va mal pour eux « c’est à cause des Arabes à qui on donne tout, alors que nous les Français n’avons droit à rien ».

 

Les uns respirent. Les communistes parmi ceux-là. Ils ont tout fait pour empêcher le pire. D’autres avec eux. Dans la soirée, dans la nuit, ils retrouvent le Vitrolles qu’ils aiment.

 

Les résultats :

 

- Liste Anglade (PS) : 7466 (45,03%).

- Liste Mégret (FN) : 7113 (42,90%).

- Liste Guichard (UDF-RPR) : 2002 (12,07%).

 

GILLES SMADJA

 

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6 janvier 2006 5 06 /01 /janvier /2006 09:45

Une femme, un bébé, un panneau...
 
source : Le Nouvel Observateur le 22/06/1995 auteur : Chantal de Rudder
 
A Vitrolles, on salue Pascale (*) d'un «Cette femme-là, elle en a !» En une semaine, elle est devenue le symbole de la résistance contre le Front national.
 
Entre les deux tours des municipales, poussant d'une main le landau dans lequel dormait son bébé de 2 mois, tenant de l'autre un panneau de sens interdit portant la mention «Halte au FN», Pascale Morbelli, 33 ans, yeux bleus et accent lavande, animatrice de prévention en congé de maternité, a emboîté le pas à Bruno Mégret, tel un vivant reproche.«Pas question pour moi de céder au sentiment de peur et de haine qui commençait à planer sur la ville, raconte la tranquille héroïne. Entre deux tétées, je me fabrique le panneau. Avec ce bout de carton, j'espérais provoquer la discussion dans la rue, faire mon boulot de citoyenne. Je descend à la Caisse d'Epargne chercher de l'argent pour acheter des boîtes de lait. Et je tombe par hasard sur Mégret avec ses deux gorilles. Alors, puisqu'il est là, je ne le lâche plus! Mais toujours à distance respectueuse, hein!» Quand le candidat à la mairie accélère le pas, Pascale en fait autant. Il finit par abandonner la tournée des commerces qu'il était en train d'entreprendre.


Le lendemain, sur le marché, alors que le numéro 2 du FN s'offre aux caméras de télévision, elle est là, encore, avec bébé et panneau, silencieuse. Pascale a poursuivi sa stratégie solitaire et non-violente jusqu'à la fin du deuxième tour. Le vent du boulet est passé trop près pour qu'elle jette l'éponge: «Avec les copines, on est décidé à ne pas se contenter de rester à la remorque des politiques qui ont bien failli nous mener à la catastrophe...»


(*) Pascale MORBELLI est aujourd'hui Adjoint au Maire, élue en 2002, et délguée à la Politique de la Ville
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6 janvier 2006 5 06 /01 /janvier /2006 09:40

Marignane, Vitrolles: la peur de la «grande rafle»
 
source : Le Nouvel Observateur le 22/06/1995 auteur : Chantal de Rudder
 
Rangs serrés autour de la table où les assesseurs dépouillent le scrutin dans le bureau de vote qui jouxte la mairie. C'est peu de dire que les visages sont tendus. Vitrolles donne l'impression de jouer à la roulette russe: Bruno Mégret, numéro 2 du Front national, grand favori - 43% des voix au premier tour - va-t-il conquérir la ville?
 
Sur le parvis, place Nelson Mandela, c'est une débauche de médias venus retransmettre le résultat en direct. Chronique d'une catastrophe annoncée... Qui ne se produira pas. Quelques kilomètres plus loin, à Marignane, à l'abri des regards et des caméras, dans une terrible discrétion, c'est le crash: Daniel Simonpieri, 43 ans, lieutenant régional de Bruno Mégret, militant de second ordre des troupes lepénistes, coiffe au poteau les deux candidats de droite qui s'entre déchiraient pour la succession à la mairie, s'accusaient mutuellement de faire le jeu du FN et affirmaient tous les deux être l'unique rempart contre lui. Et pendant qu'à Vitrolles, après le morne week-end d'une attente tendue, la nuit retentit des klaxons joyeux actionnés par une population d'origine immigrée qui a le sentiment d'avoir échappé à «la grande rafle», à Marignane, c'est ville morte.
 
Du côté du FN, la consigne est au triomphe modeste. Seul le trottoir de la mairie présente quelques signes d'agitation. L'angoisse au ventre, le tête chaude sous le bonnet, un groupe de Beurs est venu aux nouvelles. Jean Montagnac, un des candidats de droite, parvient facilement à les apaiser: «Je suis là, je ne pars pas...» Il se fait applaudir: les jeunes gens s'accrochent à lui comme à un radeau. «Moi je suis Français et Marignanais, explique un homme de 30 ans, d'origine algérienne, dont l'haleine sent fort le pastis. Qu'est-ce qu'ils vont faire de moi, demain? A la salle des fêtes, ils n'étaient même pas trente pour fêter leur victoire. Eux, ils ont peur et nous aussi. Où ça va aller ?»
 
Ce soir-là, Daniel Simonpieri est allé fêter sa victoire un peu plus loin, dans un hôtel de la zone de l'aéroport, loué par Bruno Mégret pour réunir ses supporters et son état-major afin de célébrer le «grand soir». Amer d'avoir vendu la peau de l'ours trop tôt, Mégret s'efforce à l'humour: «Nous avons fait diversion en focalisant sur nous toutes les forces adverses» sourit-il jaune, en congratulant devant les journalistes le «héros» de Marignane.
 
Chez les militants de Mégret, les plus jeunes surtout, le vernis craque. Fini les sourires polis à «la presse collabo». Oubliés les discours rassurants sur la compétence («Mégret, polytechnicien»), le calme («On nous manque de respect, on nous agresse et après, on nous accuse de prôner la haine!») Les lieutenants ont du mal à tenir leurs troupes, prêtes à mordre. L'atmosphère est électrique.«L'escroc Tapie», comme l'appelle Bruno Mégret, est accusé d'avoir retourné la situation à Vitrolles en venant épauler Jean-Jacques Anglade, le maire socialiste, pendant la fin de la campagne. Jean-Claude Tapie, son frère, 39e sur la liste Anglade, se trouve être le président de l'OM Vitrolles, équipe de hand-ball qui compte une bonne partie des joueurs de l'équipe de France championne du monde.
 
Des joueurs qui ont annoncé haut et fort qu'ils quitteraient la ville si le FN remportait les élections. Dans la famille Tapie, on n'a pas l'habitude de mâcher ses mots: «Dorénavant, dit Jean-Claude, tirant la leçon du dernier scrutin, c'est fini la cocarde municipale sur la bagnole de fonction. La politique, elle doit se faire à pinces et dans la rue, à l'écoute. On ne peut plus se contenter de diaboliser les émules de Le Pen! Le FN, c'est comme les sex-shops: on ne se cache plus pour y entrer. J'entends les gens me dire, tranquillement: "Faudrait voir ce qu'ils sont capables de faire". Il y a un électeur sur deux dans cette ville qui a pensé comme ça. Marignane, c'est la porte à côté! L'exemple risque d'être contagieux!»

La vertu de l'exemple, Daniel Simonpieri semble bien décidé à en faire son crédo. Sanglé dans une veste de bonne coupe, le regard modeste, le ton mesuré, le nouveau maire de Marignane s'efforce de rassurer: «Je suis un homme de dialogue, j'ai le respect de la loi, je n'ai pas l'intention de me livrer à la moindre chasse aux sorcières.» Au chapître brûlant de la sécurité, une des deux mamelles du FN avec l'immigration, Simonpieri s'attelle à éteindre le feu qu'il a pourtant lui-même allumé lors de sa campagne: «Il y a déjà 26 policiers municipaux! On va juste en recruter 3 de plus. Ilôtage, présence sur le terrain, patrouilles, ce sera plutôt de la dissuasion.»
Conseiller financier dans une compagnie d'assurances, le désormais premier magistrat de cette commune des Bouches-du-Rhône de 32000 habitants, se présente d'abord et avant tout comme un gestionnaire: «La première urgence, c'est un audit complet des finances de la ville dont chaque électeur sera personnellement informé. La moindre des prudences, quand on rachète une entreprise, c'est de connaître son bilan. L'autre urgence, elle est sociale: il y a plus de 4000 chômeurs dans cette ville. Nous allons essayer d'attirer les entreprises, en mettant à leur disposition des structures performantes, en les exonérant de taxes professionnelle pendant trois ans, en accordant pour chaque Marignanais embauché une prime de 1000 francs mensuels pendant un an.»
 
Question: qu'est-ce qu'un Marignanais? «C'est un Français dûment muni de papiers», répond Simonpieri. Et il ajoute sur le même ton bonasse, persuadé de faire la preuve de la «tolérance» dont il s'enorgueillit: «Quelles que soient ses origines ou sa religion.» 15% des Marignanais ne sont pas de nationalité française, que deviennent-ils? «Les aides de la mairie, répond-t-il comme s'il n'avait pas entendu la question, seront réservées aux Marignanais non-délinquants, munis d'une carte d'identité française.» Daniel Simonpieri aime à ponctuer ses phrases d'un rassurant «la loi, c'est la loi.» Comment va-t-il donc s'y prendre pour la bafouer? La «préférence nationale», thème cher au FN, n'est pas légale. Reste, peut-être, à l'instar de la stratégie sécuritaire pour laquelle il a opté, l'arme de la «dissuasion».

Karim, 23 ans, étudiant, Marignanais, non-délinquant et Français d'origine algérienne, essaye de ne pas se laisser gagner par la panique: «Ce n'est pas le maire qui me fait peur. Il ne peut pas refaire les lois selon son bon plaisir. Ce qui m'inquiète, ce sont tous ces habitants qui me faisaient la bise quand j'étais petit et qui ont voté pour les thèses du FN. Le vrai danger, c'est l'ambiance qui va régner dans cette ville.» Sur le cours Mirabeau flotte un silence épais: sur les terrasses des cafés, on se regarde en chien de faïence. L'ambiance est déjà très«dissuasive».
 
CHANTAL DE RUDDER
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6 janvier 2006 5 06 /01 /janvier /2006 09:35

Le vrai visage du Front
 
source : Le Nouvel Observateur le 22/06/1995 auteur : Françoise Giroud

Un rythme rapide, des reportages brefs, pas de bavardage superfétatoire: France2 a mené la soirée électorale à un train d'enfer. En une heure, on sut tout ce que l'on avait envie de savoir, on se réjouit pour l'un, on s'affligea pour l'autre, on fut édifié.

Le visage de Bruno Mégret, battu à Vitrolles, éclatant en imprécations, la rage de Mme Stirbois, à Dreux, éructant, rappelèrent à ceux qui auraient pu l'oublier le vrai visage du Front national. M. Giscard d'Estaing eut plus de sang-froid pour reconnaître son échec. Mais il faisait peine. C'est le premier dinosaure de la politique qui s'en va. Le pied lui a glissé sur un socialiste. A part lui, qui a perdu les élections? Globalement, la majorité a dû s'incliner dans une série de villes importantes, mais une autre série a basculé de la gauche à la droite. Jeu égal, donc, ou à peu près. Là où droite et gauche ont fait front contre le FN, elles l'ont défait. Ce qui a craqué, c'est le système Pasqua dans les Hauts-de-Seine, et surtout le système Chirac à Paris. Battre le ministre de l'Intérieur, il faut le faire. Daniel Vaillant, PS, l'a fait. Voilà M. Debré penaud tel un renard qu'une poule aurait pris. Six arrondissements ont basculé à gauche, brèche sérieuse dans l'hégémonie de la mairie parisienne. Malheureux Tiberi...

Et le Front national? Cette fois, le fer est dans la plaie. Toulon est tombée, et Marignane et Orange, où l'on va pouvoir s'amuser en paix, désormais, à chasser l'étranger. Trois villes où l'on n'aura pas envie de mettre les pieds si l'on a la peau brune. Trois balafres hideuses à la face de la France.
 
 
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