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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
14 mai 2008 3 14 /05 /mai /2008 06:23

Marie-Noëlle Lienemann propose de renouer avec Jaurès. Cela peut paraitre iconoclaste et arriéré. Mais est - ce vraiment le cas ? Gauche Avenir comme déjà évoqué s'attache à travailler sur le fond et sur les fondamentaux des valeurs de Gauche (relire « fiers d'être de gauche »).


A l'heure où une partie du PS s'oriente vers la social-démocratie ou vers un parti démocrate comme l'a très bien expliqué Jean - Luc Mélenchon dans son dernier livre, il est temps de réagir ... Gauche Avenir, PRS et d'autres y contribuent.


A suivre...


DH


 

Marie-Noëlle Lienemann : « Il faut renouer avec Jaurès »


Interview de Marie-Noëlle Lienemann publiée dans l'hebdomadaire Marianne du 9 Mai 2008


Marianne : A l'heure où le PS renonce à ses « espérances révolutionnaires » pour se moderniser, vous appelez à un nouvel Epinay ! Vous n'êtes pas un peu à rebours de l'histoire ?


Marie-Noëlle Lienemann : Au contraire ! On vit une fin de cycle. Le libéralisme est en crise financière, alimentaire, morale, et c'est un phénomène mondial. Les Etats, les politiques doivent pouvoir retrouver des marges de manœuvre en matière économique. Cela passe, par exemple, par des barrières douanières ou la fixation des prix de l'immobilier. Or, la social-démocratie a renoncé à changer le système, elle se contente de l'encadrer... La question de la répartition des richesses n'a jamais été autant d'actualité, et nous pensons qu'il est urgent de renouer avec les valeurs de la gauche, avec l'héritage de Jaurès. C'est la seule façon de résoudre la crise.


Cela fait pourtant des années que les dirigeants socialistes français vantent le modèle social-démocrate...


M-N.L.: Toutes nos défaites sont venues de ceux qui nous expliquent depuis trente ans que la gauche doit aller au centre, prendre ne compte les évolutions du monde, c'est-à-dire l'ordre établi. Les sociaux démocrates ont perdu les élections en Italie, et viennent d'être battus aux municipales en Angleterre jusque dans leur fief, le Pays de Galles. Sur les 11 élections nationales qui ont eu lieu en Europe depuis cinq ans, ils en ont perdu 10 ! L'erreur est humaine, mais persévérer serait diabolique...

En quoi votre formation sera-t-elle différente du parti anticapitaliste qu'Olivier Besancenot va lancer ?


M-N.L: Nous, nous voulons gouverner ! Nous sommes dans une stratégie de reconquête du pouvoir, pas dans la résistance stérile. Nous ne voulons pas un énième parti à la gauche de la gauche, mais une formation qui fédère tous les socialistes, les communistes, les verts et les radicaux. En 2012, notre candidat devra être celui qui incarne l'unité de la gauche.

 

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Published by Didier HACQUART - dans GAUCHE AVENIR
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6 mai 2008 2 06 /05 /mai /2008 05:51

Gauche Avenir est une initiative lancée par Noëlle Lienemann et Paul Quilés. Je l'ai déjà évoqué sur ce blog, et je suis d'ailleurs signataire de l'appel lancé il y a quelques mois. Ils sont aussi à l'initiative de la création d'un parti de Gauche.

 

Aujourd'hui, ils nous livrent leur contribution pour et les réflexions de gauche Avenir, pour l'avenir de la gauche. Le livre sera disponible prochainement. Il l'est déjà sur internet. Marianne.fr nous en livre des extraits choisis.

 

Publier sur ce blog "Fiers d'être de Gauche" ce 6 mai 2008, date anniverssaire de l'élection de Nicolas Sarkozy, ne me dépalit pas...


A suivre...

 

DH

 


 

Gauche Avenir présente le livre « Fiers d'être de Gauche »



Cliquez sur l'image pour lire le document

Depuis sa création, Gauche Avenir s'est fixé comme objectif de faire prévaloir une nouvelle dynamique unitaire à gauche et d'affirmer l'identité contemporaine des valeurs et idéaux de la gauche.


Un travail collectif et démocratique a été engagé et a permis de rédiger
un projet de Charte pour l'unité de la gauche. Ce projet de Charte a été élaboré grâce à une participation active, à travers des réunions locales et de très nombreuses contributions écrites, ou encore à travers le site Internet www.gaucheavenir.org.


Au-delà de toutes ces réunions, des échanges par Internet, des auditions, nous avons largement puisé dans de nombreux travaux de sociologues, de politologues et d'économistes, car beaucoup convergent pour dire qu'on ne peut plus continuer comme cela et pour plaider en faveur de solutions radicales et rapides. Cette richesse intellectuelle rejoint le vécu que, comme militants politiques ou associatifs, comme élus, nous rencontrons chaque jour sur le terrain. La parole populaire et les abstentions électorales appellent à un bouleversement politique à gauche.

Le fait d'avoir pu débattre entre communistes, socialistes, écologistes, républicains de progrès, altermondialistes....nous a aussi été d'un apport considérable. A condition de se débarrasser des vieux préjugés, la richesse de la gauche réunie est bien supérieure à celle de chacune de ses parties.


Merci à toutes celles et ceux qui ont apporté leur contribution à nos travaux.

Le livre « Fiers d'être de Gauche » a pour ambition d'être un outil de dialogue entre les composantes de la Gauche à propos de ses valeurs, des grands objectifs qu'elle se doit d'atteindre dans les vingt ans qui viennent. Gauche Avenir souhaite que ce débat contribue à l'Unité de la Gauche et à un nouveau projet politique.


Gauche Avenir va désormais organiser dans toutes les régions des banquets républicains, pour débattre autour de « Fiers d'être de Gauche », avec vous, militants de tous horizons, sur ces enjeux essentiels :


- Quelle identité pour la Gauche d'aujourd'hui ?

- Comment réussir une nouvelle étape de l'unité de la Gauche ?


Ces rencontres seront aussi l'occasion pour Gauche Avenir d'inviter et d'interroger des personnalités représentant la diversité de la Gauche...
Quelques dates à noter : le 16 mai à Roye (80) ; le 31 Mai à Tulle (19)...

Vous trouverez plus de détails sur cet ouvrage en consultant le site www.gaucheavenir.org dans les prochains jours.


Faites connaître autour de vous « Fiers d'être de Gauche »



Marianne.fr nous livre son analyse sur l'initiative et quelques extraits...


Des banquets républicains en prévision


Ces palinodies ne risquent pas de redonner le moral à l'opposition à Sarkozy ou à la gauche. Voilà pourquoi, avant même que la bataille batte son plein, il nous semble intéressant de populariser une initiative prise par quelques responsables de gauche rassemblés autour de Marie-Noëlle Lienemann, Paul Quiles et l'ancien ministre communiste Jean-Paul Gayssot à travers le club Gauche avenir, créé voici un an. Le texte, dont publions quelques extraits, «Fiers d'être de gauche» a été signé par quelques dizaines de militants socialistes, communistes, Verts, MRC et sans partis.
Ce signataires ont deux convictions :


1°) La gauche doit revenir à ses fondamentaux que la crise actuelle du système rend plus actuels que jamais.


2°) Le rebond de la gauche passe par l'unité de toute la gauche. Pour Marie-Nöelle Lienemann et Paul Quiles, plus rien ne justifie la division née du congrès de Tours. Il convient donc d'entamer un processus d'unification du PS et du PC. Pour les autres, l'unité entre les composantes de la gauche ne doit pas se cantonner au plan électoral ; elle passe par un échange approfondi aboutissant à un nouveau programme commun.


Dans l'immédiat les animateurs de Gauche avenir organisent une série de banquets républicains qui rassembleront diverses composantes de la gauche locale. Le premier se déroule le lundi 5 mai à Choisy-le-Roi.


Extraits de Fiers d'être de gauche

 

Le capitalisme règne sans partage ; face à ce système, il n'y a rien, aucun modèle alternatif. Combien de fois n'avons-nous pas lu ou entendu cette affirmation ? Pas étonnant que certains, à gauche, aient la tentation de remiser leurs ambitions et de considérer que le rôle de la gauche serait désormais d'améliorer le système, de l'«humaniser», faute de mieux, de limiter la casse, faute de pouvoir imaginer une alternative globale. Cette approche, qui se fonde sur un bilan lucide, mais partiel, de la situation actuelle, semble d'autant plus pertinente qu'elle part d'un postulat incontestable : les anciens «modèles» de la Gauche sont inadaptés au monde d'aujourd'hui.

LES ANCIENS «MODÈLES» DE LA GAUCHE SONT INADAPTÉS


Le XXe siècle a vu l'émergence de deux courants politiques importants dans le camp progressiste, le communisme et la social démocratie.

 

A- FAILLITE DU COMMUNISME


La disparition de l'Union Soviétique et de ses satellites à l'Est de l'Europe a sonné le glas des sociétés qui se réclamaient du communisme et du «socialisme réel» . Elles ont le plus souvent sombré dans d'effroyables tragédies humaines, faisant des millions de victimes ; elles ont soumis la vie des hommes à des Etats policiers implacables ; économiquement et socialement, elles ont élaboré des systèmes qui ne se sont pas révélés viables. Leurs variantes dans les autres continents (Asie, Afrique, Amérique Latine), qui subsistent ou non, sont aussi marquées par des échecs cuisants.


Aucun des partis communistes dans le monde, notamment en Europe Occidentale, n'a été épargné par les stigmates du stalinisme. Certains ont disparu ; d'autres ont subi un recul général de leur influence ; le magnifique idéal humain et la grande espérance qu'ils ont représentés en ont été lourdement affectés. Pour sa part, le communisme français n'a pas échappé à cette faillite : mais précisément parce que sa culture est fille de l'histoire de notre pays, il survit, comme on le dit d'une nappe phréatique, dans les couches profondes de la société.

 
Si la lettre du communisme est morte, son esprit -qui, à sa source, appelle le partage des avoirs, des pouvoirs et des savoirs- hante toujours le monde. Quant à l'œuvre de Karl Marx, elle est désormais inscrite dans l'histoire de la pensée humaine ; elle fournit encore aux combattants de l'émancipation humaine de nombreux concepts opératoires, comme ceux de classes sociales, d'exploitation, d'aliénation, de fétichisme de la marchandise, d'extraction du travail vivant.



B- ÉCHEC DE LA SOCIAL DÉMOCRATIE


À première vue, la social démocratie n'a pas connu le même sort. Parce qu'elle a rapidement plaidé pour la conquête pacifique du pouvoir, parce qu'elle a très tôt accepté d'exercer des responsabilités gouvernementales (en jouant le jeu de ce qu'on appela longtemps la «démocratie formelle» , qui suppose alternance et respect des libertés et droits fondamentaux), parce qu'elle a mis «l'espérance révolutionnaire» entre parenthèses, elle se maintient tant bien que mal, au point de représenter aujourd'hui, dans la plupart des pays, la seule alternance crédible face au camp conservateur. Elle a même connu son âge d'or, dans un contexte économique et territorial précis (les «trente glorieuses» en Europe), qui a fait beaucoup pour sa réputation.


En conciliant efficacité économique et réformes sociales, elle a contribué un temps à accréditer l'idée selon laquelle le capitalisme pouvait faire l'objet de sérieuses régulations permettant l'amélioration des conditions de vie des travailleurs, matérielles (via la redistribution) et intellectuelles (via l'éducation).


L'objectif de la social démocratie européenne aurait alors pu se résumer par le slogan : le pain et la liberté, plus l'émancipation individuelle. Pourtant, le courant social démocrate a subi de plein fouet les évolutions contemporaines du système capitaliste. Mal préparée aux mutations technologiques et financières induites par le processus de mondialisation, la social-démocratie a perdu pied au début des années 80 : alors que les libéraux ont accompagné idéologiquement et politiquement l'accélération des échanges et l'explosion des moyens de communication, les sociaux démocrates ont laissé faire, paresseusement confiants dans les vieilles recettes et les vieilles grilles de lecture, pensées dans le cadre des Etats Nations et avec un mode de production issu de la deuxième révolution industrielle.

 
LES IMPASSES


D'autres voies, inspirées par des «valeurs refuges» de la pensée politique actuelle n'offrent aucune perspective réelle et conduiraient à des impasses.

 

A- LE MIRAGE DE LA «TROISIÈME VOIE» ET DE LA GAUCHE DITE MODERNE


La crise actuelle de la social démocratie vient de son incapacité à penser le capitalisme financier transnational et ses conséquences. En retard d'une révolution, bon nombre d'idéologues progressistes ont rendu les armes : plutôt que d'élaborer une réponse politique, ils ont suivi le mouvement, en faisant mine d'en maîtriser la direction.


Cette idéologie de la «troisième voie» n'est finalement que le renoncement à la transformation du monde capitaliste et des rapports de forces sociaux. Sous couvert de modernité et d'efficacité, le «blairisme», le «clintonisme» et leurs avatars multiples proposent d'accompagner la mondialisation libérale, voire d'en accélérer le rythme (hymne au libre échange, aux opportunités de la globalisation financière...) tout en prenant soin de maintenir, tant bien que mal, les inégalités dans les pays développés à un niveau supportable. Dans la marchandisation généralisée du monde, la «troisième voie» se démarque essentiellement des idéologues libéraux par la volonté d'«humaniser» le système, d'en atténuer un peu la brutalité.


La gauche dite moderne a donc choisi de s'adapter à la logique du nouveau capitalisme financier transnational. À quelques exceptions près, la plupart des socialistes européens - écartés du pouvoir dans les années 1980 - se sont engagés dans un processus de révision idéologique, renonçant à toute ambition de transformation sociale radicale et intégrant à leurs programmes la majeure partie des prescriptions économiques des libéraux : privatisation, déréglementation, libéralisation des échanges, flexibilité du marché travail, réduction des dépenses publiques et allégement des «charges» fiscales et sociales.


Le XXe siècle s'est refermé sur un paradoxe politique désastreux. En effet, à la fin des années 1990, la gauche reprend les commandes dans de nombreux pays d'Europe. Il y avait là une occasion historique : celle de réorienter la construction européenne, par exemple en harmonisant par le haut les normes sociales et environnementales, en coordonnant les politiques macroéconomiques au service du plein-emploi, en s'alliant aux pays en développement pour imposer la démocratisation des institutions financières internationales. On sait ce qu'il advint malheureusement de cette «séquence social démocrate», avec onze gouvernements «de gauche» sur 15 : ce fut, à l'arrivée, le traité d'Amsterdam (1999) et le traité de Nice (2001), qui ont consacré comme intangibles des critères macro économiques malthusiens pour la croissance, comme toute-puissante la Banque Centrale Européenne et qui ont mis hors jeu les régulations politiques de l'économie. L'élargissement de l'Europe s'est fait avant tout approfondissement et les ambitions redistributrices ou sociales ont été reléguées à une illusoire subsidiarité.


B- LES TENTATIONS CENTRISTES


En dépit de l'échec patent de la «troisième voie», certains persistent à croire que le salut de la gauche viendra de la prise en compte de certaines thèses libérales.


En France, les plus cohérents sont allés au bout de cette démarche: à la faveur d'une élection présidentielle ratée, ils ont rejoint le camp du gagnant, maquillant en «ouverture» ce qui n'était que l'aboutissement logique de leur itinéraire idéologique. Plus prudents, d'autres tentent de ressusciter le vieux rêve du centre triomphant. Leur tour de force, c'est de faire passer cette idée vieille de 100 ans pour une trouvaille majeure et même moderne : le rassemblement des raisonnables, des tièdes et des modérés, pour affronter les défis d'aujourd'hui, pour contrecarrer la violence d'un système qui ne fera qu'une bouchée de leurs propositions «gagnant/gagnant».


Naïveté ou double langage ? En tout cas, l'occultation des rapports de forces à l'œuvre dans la société, le plaidoyer pour un juste équilibre entre libéralisme et solidarité, se fracassent contre la réalité économique et sociale marquée par l'explosion des inégalités et la persistance d'une précarité de masse.



LES POINTS D'APPUI D'UNE GAUCHE VOLONTARISTE


Si l'on veut construire une alternative digne de ce nom, il faut penser autrement. Nous sommes convaincus que, pour transformer la société durablement, il faut des solutions radicales. Mais l'histoire nous a appris les erreurs qu'il faut éviter de renouveler et qui ont conduit par exemple à la chute rapide du Front Populaire, ou à la parenthèse de 1983 qui ne se referme pas. Les plus enthousiastes se tournent vers l'Amérique latine et la renaissance, dans un contexte cependant différent, d'une gauche volontariste et efficace. Il ne semble donc pas qu'il y ait de véritable «modèle» pour une gauche de combat, mais la convergence des contestations dans le contexte de l'actuelle mondialisation représente un point d'appui pour des changements radicaux.

 
Même multiforme, même désorganisée, cette contestation fait tache d'huile. Depuis le rassemblement des ONG de défense de l'environnement et d'aide au développement en marge du sommet de la terre de Rio en 1992, jusqu'aux manifestations de Seattle, Porto Alegre, Gênes, à l'organisation des Forums Sociaux Mondiaux, le mouvement n'a cessé de s'élargir et de rencontrer un écho grandissant à l'échelle internationale. Les femmes et les hommes qui les animent sont venus à la contestation de la mondialisation libérale par des chemins différents (refus des dégâts écologiques provoqués par les multinationales, révolte contre la dette des pays du Sud et les politiques du FMI, colère contre les délocalisations sauvages, manifestations contre l'OMC), mais ils sont mus par un idéal commun, celui de bâtir un autre monde.


Dans sa diversité, ce mouvement se retrouve sur des exigences communes. Il se bat à la fois pour répondre à l'urgence écologique (arrêter la destruction des ressources naturelles, promouvoir un autre mode de développement), à l'urgence sociale (pour éradiquer la pauvreté), à l'urgence économique (pour en finir avec la marchandisation généralisée), à l'urgence démocratique (défense des droits de l'homme, appel à une gouvernance mondiale).

 
C'est finalement la question même du sens de la mondialisation que pose la critique radicale du libéralisme économique faite par ce mouvement, qui a remporté des succès, comme lors du combat contre l'AMI. Il promeut l'idée non d'un repli identitaire ou nationaliste, mais d'une autre mondialisation. Il avance une plateforme de propositions : salaires, retraites, protection de l'environnement, exigences de protection, limites de la libre concurrence... Et, fait capital, il réunit des citoyens du Nord comme du Sud.


Sans mythifier ce mouvement international de contestation anti- libéral, il faut en retenir l'essentiel : il renvoie la gauche politique à sa raison d'être, celle qui consiste à imaginer une alternative globale au système dominant, tout en lui offrant un formidable point d'appui. On peut aussi remarquer que, dans de nombreux pays, les thématiques nées de cette gauche des luttes s'imposent de plus en plus sur le terrain politique, comme en témoigne l'évolution des débats qui dominent la présidentielle aux États-Unis (salaires, sécurité sociale, santé, protection face à la globalisation, changement climatique).

 

LA MONTÉE DES PROJETS ALTERNATIFS DÉBOUCHE SUR LA NÉCESSITÉ D'UNE VRAIE RUPTURE AVEC LA SOCIÉTÉ ACTUELLE ET SUR UNE DEMANDE DE SENS


Les contestations de l'ordre dominant, du capitalisme et du libre échange sans règle prennent des formes nombreuses et variées. Elles peuvent apparaître de moindre portée, car elles ne s'appuient pas sur une critique et une vision glo- bale. C'est précisément l'enjeu de la constitution d'une gauche mondiale que de faire converger des mouvements locaux, des pratiques parfois en marge, mais aussi des initiatives qui font tâche d'huile et dont une des caractéristiques est de répondre en priorité aux besoins humains, à la préservation des écosystèmes, en associant celles et ceux qui doivent en être les bénéficiaires. Ces mouvements créent des solidarités actives et des mouvements collectifs. Les grands rassemblements comme les forums sociaux mondiaux ont montré la vitalité de ces mouvements. À l'évidence, ils ont impérativement besoin de prolongements politiques plus larges, tant au niveau de la gouvernance mondiale qu'à l'échelle nationale.

 
La Gauche se doit de mettre en valeur tous les mouvements de société montrant que des changements profonds sont :

 
• L'économie solidaire (avec la montée des besoins non totalement solvables, des aides à la personne, du développement local), l'économie sociale (moins vulnérable aux délocalisations) regagnent de la crédibilité. Des expériences intéressantes de microcrédit, de réduction des circuits «producteurs consommateurs» ou des plateformes locales de dépollution et de fourniture d'énergie se multiplient. Tous ces mouvements tendent à faire naître une économie libérée de l'hyper-valorisation du capital, non lucrative, créatrice d'emplois.


• Du côté des consommateurs, le souci de protéger les écosystèmes génère une évolution des modes de vie et des gestes citoyens porteurs d'une prise de conscience politique. On retrouve des évolutions similaires en ce qui concerne de grandes fonctions collectives comme la santé ou l'éducation.

 
• Pour l'essence même du capitalisme, c'est-à-dire la monnaie, ces dernières années ont vu se développer des expériences de monnaies sociales ou alternatives. Cela signifie logiquement que l'échelle des valeurs qui fondent la notion de richesse peut être modifiée.

 
• Le développement d'Internet et de ses applications présentes et prévisibles constitue une formidable révolution. On parle souvent des «success-stories» des nouveaux groupes industriels constitués. On parle moins du décloisonnement des esprits, des nouveaux réseaux d'échanges et de solidarité, des médias alternatifs...


C'est ainsi que s'organisent, peu à peu et sans publicité intempestive, des millions d'acteurs de la transformation sociale et d'une alter mondialisation qui montrent la possibilité d'avènement d'un monde nouveau. La Gauche doit offrir à ces citoyens actifs une reconnaissance, prendre en compte leurs attentes et favoriser le développement de leurs initiatives. Elle doit intégrer dans son projet cette dimension du changement, donnant un sens plus large à leur engagement.


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Published by Didier HACQUART - dans GAUCHE AVENIR
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