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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
24 novembre 2008 1 24 /11 /novembre /2008 06:37




PS, le pire scénario, ou le scénario du pire...



Ayant démissionné du PS pour rejoindre, il y a quelques jours,  le Parti de Gauche lancé par Marc Dolez et Jean-Luc Mélenchon, je pourrai me réjouir de ce qui se passe au PS. En fait, il n'en est rien.


Je n'ai certes pas voté pour la désignation du 1er secrétaire, mais je reste un observateur de la vie du PS.


Je croyais et j'espérais que le congrès de Reims, soit celui de la clarification de la ligne politique. En fait, il n'en est rien aujourd'hui. C'est pourquoi, j'ai quitté le PS après le vote des motions, prenant acte des 20 % obtenus par la « ligne Hamon », et surtout par les 80 % obtenus par la « ligne Delanoë-Royal-Aubry ».  


Les militants, quoi qu'on en dise, ont donné un signe clair sur l'orientation social-démocrate. Certes, certains rétorqueront que Aubry, ce n'est pas Royal, qui n'est pas Delanoë. C'est vrai ! Mais ce sont tout de même, les mêmes qui gouvernent le PS depuis plusieurs dizaines d'années, et qui soudainement la crise arrivant, ont radicalement changé leurs discours, en prônant aujourd'hui le contraire de ce qu'ils disaient, il y a quelques semaines à peine... Royal


Au congrès la synthèse est devenue impossible entre les motions. J'étais une la ligne contre une « synthèse molle ».  En fait il n'y a pas eu de synthèse, mais il me semble que les débats ont peu porté sur la ligne politique, mais plutôt sur le qui ?  C'est la lutte des égos qui est revenue en lumière. Martine, Ségolène et Bertrand s'estiment tous 3 « dans le créneau » de la présidentielle de 2012, et donc pas question de lâcher le manche...


Ensuite, il y a eu le 1er puis le second tour de désignation du 1er secrétaire. Quoi qu'on en pense, il faut noter la progression de Ségolène Royal, qui mathématiquement était perdante au second tour, par rapport aux résultats du premier tour.


Les militants du PS n'ont pas cependant réussi à trancher et un résultat aussi serré s'il est validé, rendra le PS ingouvernable, avec des luttes internes incessantes. Ségolène Royal ne lâchera pas le morceau, ce qui rendra la vie impossible à Martine Aubry, qui n'a de toute façon qu'une majorité que très relative. Bertrand Delanoë n'a certainement pas dit lui aussi son dernier mot pour 2012, tout comme François Hollande d'ailleurs...


Ce qui « m'amuse », ce sont les 2 candidats Royale et AUBRY, qui s'accusent mutuellement de triches dans certaines fédérations. A une époque, où elles étaient dans la majorité autour de François Hollande, ces pratiques, qui existaient déjà ne les gênaient guère. Que la Gauche du PS en fasse les frais à l'époque, était « normal »...


« Pour le fun », je note dans La Provence, que la fédération des Bouches du Rhône, toujours prompte à se placer dans le sens du vent, a été une des premières à annoncer la victoire de Martine Aubry: « C'est le début d'une histoire »...J'attends la suite avec impatience...


Pour conclure, je dirai que le PS est dans le pire scénario, et qu'il ne faut pas pour autant s'en réjouir. Mais c'est parce que je suis lassé de toutes ces batailles internes, et que la ligne politique du PS reste trop dans le flou au grès des événements, que j'ai rejoins le Parti de Gauche. Le PS a trop souvent pris des positions ambigües sur nombre de sujets car dans le fond nombre de dirigeants sociaux-libéraux étaient d'accord avec la politique de la droite...


J'engage tous les militants PS lassés eux aussi de ces histoires à venir nous rejoindre. Les militants socialistes méritent mieux que le spectacle affligeant auquel ils assistent. Le PS n'en sort pas grandi, mais la Gauche dans son ensemble en pâti pour lutter contre la politique de Nicolas Sarkozy.


Le 29 novembre à Paris se tiendra le 1er meeting de lancement du Parti de Gauche, en, présence d'Oskar Lafontaine du Die Linke allemand. Ce sera un moment fort dans la politique française. Il est temps d'offrir une vraie nouvelle offre politique, face par r         apport à un PS englué dans ses luttes internes. Je suis fier de faire partie de cette nouvelle aventure !


A suivre...


DH


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Published by Didier HACQUART - dans Congrès PS 2008
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23 novembre 2008 7 23 /11 /novembre /2008 06:10




Lu dans Politis


Samedi, j'étais avec des camarades du Parti de Gauche à la manifestation à Marseille pour la défense de la poste.


C'était l'occasion pour nous de distribuer des tracts pour faire connaître le Parti de Gauche...


L'accueil des camarades communistes était plutôt bon, mais ce n'était pas une surprise !


J'ai noté aussi que la démarche de Jean-Luc Mélenchon était connue globalement des gens présents à la manifestation.


J'ai eu aussi quelques reproches sur la division supplémentaire que représentait, à Gauche ce nouveau parti.


Du coté des médias, très présents sur la manifestation, il n'y a avait qu'une question qui revenait : Avez - vous voté hier soir au PS ? Cela semblait plus important que le soutien que nous apportions à la défense de la Poste... N'ayant pas voté, sinon, cela aurait fait 43 voix d'écarts, et pas 42, pour Martine Aubry, et pour cause, cela n'intéressait pas les journalistes présents !...


Lors de cette manifestation, un collègue syndicaliste de Gardanne m'a interpellé au sujet de ma démission du PS, qu'il avait lu dans la revue Politis! Bien qu'abonné à la revue, que je vous conseille au passage, je ne l'avais pas lu moi-même ! Comme quoi...


DH




Jeudi 13 novembre 2008


Affranchi

 

Guy Obino, le maire de Vitrolles, « réélu en mars, n'a pas renouvelé sa carte [au PS] cette année » (*) , découvre-t-on dans la Provence (8 novembre). Didier Hacquart, un de ses anciens adjoints, s'étonne sur son blog que l'élu n'ait prévenu ni les électeurs ni les militants socialistes. Il se demande ce que ces derniers « en pensent, eux qui payent une cotisation, alors que le maire s'en affranchit », tout en intervenant dans les débats de section.


Autre question de Didier Hacquart sur « une particularité du PS » : « Comment un non-adhérent au PS peut-il signer une motion [en l'occurrence celle de Ségolène Royal], pour laquelle il ne peut pas voter ? » « C'est aussi pour ce genre de pratiques que je souhaite quitter le PS ! », conclut ce proche de Mélenchon.



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Published by Didier HACQUART - dans Congrès PS 2008
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22 novembre 2008 6 22 /11 /novembre /2008 05:39



Il y a « Michel Rocard » et « Michel Rocard ». Je suis loin de partager toutes ses idées, mais il faut reconnaître que c'est un vrai intellectuel qui réfléchit, et qui a de bonnes analyses. Il a aussi un bon coté didactique, qui ne me déplait pas.


Si je ne partage absolument pas la conclusion de l'article qui suit paru dans le Nouvel Obs, l'analyse qu'il fait de la crise, y compris son mea-culpa me parait intéressante. Je ne partage pas sa conclusion sur le PS, puisque, justement, ce que je reproche aux dirigeants du PS, c'est d'avoir cédé aux sirènes de l'air ambiant sur le capitalisme. C'est ce qui a conduit à la crise financière actuelle. Crise financière qui commence à se transformer en crise économique avec un véritable impact sur le monde réel, avec son lot de fermeture d'entreprises, de chômage, etc.


Je ne partage pas son appréciation sur les « sociaux libéraux » réformistes qui sous la pression de la finance ont été les responsables de régressions sociales.


DH

 


Face à la crise par Michel Rocard (*)

 


Le Nouvel Observateur. - Qu'est-ce que la gauche peut dire et proposer face à cette crise ?


Michel Rocard. - Cette crise, c'est l'occasion où ne jamais de remettre de l'ordre dans la confusion intellectuelle de la gauche française. La gauche pendant cinquante ans a oublié ses principes et n'a gardé de son exigence éthique que le combat salarial.


Surgit la crise qui fait la preuve que le capitalisme détruit les acquis économiques, ceux-là mêmes qu'un capitalisme régulé avait assurés pendant les Trente Glorieuses. La gauche française, elle, est encore empêtrée dans ses archaïsmes. On identifie traditionnellement la gauche en France selon trois critères.


Le premier, c'est sa proximité avec le Parti communiste français. Or il est devenu caduc. Il n'y a plus, et c'est tant mieux, de projet stalinien. On a vécu pendant cinquante ans en se définissant par rapport au PCF Trop longtemps, la gauche ne s'est définie politiquement que par rapport aux autres sans vraiment dire ce qu'elle est, ce qui est quand même une souffrance.


Le deuxième critère, c'est la dimension d'étatisme. L'Etat était la garantie de la gauche contre les vices du capitalisme.


Troisième élément, le plus tordu, que j'appelle « le syndrome de la demande ». Je l'ai compris en 1980 lorsqu'on élaborait le programme d'Union de la gauche et qu'on discutait notamment du smic. Pour être considéré de gauche, il fallait à l'époque exiger une augmentation d'au moins 15% du salaire minimum. Ce que n'importe quelle crise d'inflation annule automatiquement. Ceux qui comme moi préconisaient une raisonnable augmentation de 6% afin d'augmenter le pouvoir d'achat, sans qu'il soit aussitôt dévoré par la hausse des prix, étaient taxés de droitiers.


Rappelons que, sous la Révolution, la gauche définit simplement les hommes qui veulent faire bouger les choses et qui s'installent, dans l'Hémicycle, à la gauche du président de l'Assemblée, alors que les conservateurs s'installent à droite. La gauche, c'est donc le mouvement par rapport à l'ordre, le refus d'admettre un ordre socialement injuste et donc d'accepter de payer un prix de désordre temporaire pour changer l'ordre.


Depuis toujours la gauche demande une modification du pouvoir de commandement sur l'économie et au sein de l'entreprise. La souffrance ouvrière exigeait une bataille sociale (salaires, conditions de travail, sécurité, retraite), mais le socialisme était avant tout un combat pour la dignité de l'homme. La dignité, c'est un droit reconnu à chacun de peser sur son existence, sur son destin.


C'est d'ailleurs ce qui a conduit le jeune Marx à travailler d'abord sur l'aliénation avant de se consacrer à l'analyse du capital. Le socialisme est né au XIXe siècle d'une colère contre la cruauté du capitalisme. Marx a fait l'analyse que la dureté de la condition salariale et des inégalités venait de la cupidité des patrons, de leur appétit de pouvoir et de leur appropriation des moyens de production et d'échange. Mais, on l'a oublié, Marx ne remettait jamais en cause l'économie de marché ! Son œuvre majeure et posthume, « Fondements de la critique de l'économie politique » - qui ne sera traduite en français qu'en 1968 -, affirme que le drame central du capitalisme, c'est sa tendance permanente aux déséquilibres et aux crises. Et son incapacité à dominer ses pulsions à s'étendre partout et à commander l'économie mondiale. Il insiste aussi sur la tendance de la finance à prendre le pas sur l'économie réelle. Marx annonce une crise plus grave que les autres en raison d'un déséquilibre de l'économie réelle provoquée par la toute-puissance mondiale d'une finance elle-même complètement chaotique. Eh bien, nous y sommes ! La gauche avec Marx a disposé de l'instrument intellectuel de prévision économique le plus fabuleux qui soit et n'a pas su s'en servir !


N. 0. - Pourquoi l'économie de marché est-elle un acquis fondamental ?


M. Rocard. - C'est parce qu'elle est garante de la liberté du travailleur - consommateur - citoyen de base et parce que le capitalisme a réussi à associer à l'idée de développement et de croissance la totalité de la population. Et parce que l'Histoire a montré que la réponse collectiviste au capitalisme a été inefficace et vaincue partout. Marx a d'ailleurs fait l'éloge de l'efficacité révolutionnaire du capitalisme.


Un rappel : un citoyen français sous la Révolution vivait à peu près comme un sujet de Louis XIV et pas beaucoup mieux qu'un citoyen romain ! Aujourd'hui, nous vivons 120 fois mieux que nos arrière-arrière-grands-parents. On travaillait 4 000 heures par an en 1820 ou 1830, à la naissance du capitalisme, soit 17 heures par jour, samedi compris, sans congés payés ni retraites. Nous en sommes dans la France actuelle à 1 600 heures.


C'est un progrès constant dû aux conquêtes sociales à l'intérieur du système. Reste cependant le problème de l'instabilité dé ce même système qui provoque des crises à répétition. La crise de 1929, qui a entraîné la Seconde Guerre mondiale, a été la plus grave. Après la guerre, il y eut un consensus pour rationaliser les excès du capitalisme. On s'est appuyé en fait sur trois « correcteurs d'équilibre ».


Le premier basé sur les rapports de l'économiste britannique William Beveridge qui a théorisé l'humanisation du capitalisme, particulièrement en 1944 dans son ouvrage « le Plein Emploi dans une société libre », par la protection sociale en y voyant un puissant facteur de stabilisation. Il voulait mettre l'efficacité du capitalisme au service de la lutte contre sa cruauté.


Le deuxième est bien sûr John Maynard Keynes, l'autre économiste britannique qui a théorisé l'usage des pouvoirs budgétaire et monétaire des Etats pour stabiliser les secousses du système.


Troisième régulateur, historiquement le premier, et le vrai vainqueur de Marx, c'est Henry Ford. Sa doctrine énoncée après la Première Guerre mondiale tient en une phrase : «Je paie mes salariés pour qu'ils achètent mes voitures. » Donc, après la dernière guerre mondiale, tous s'accordent à défendre une politique de hauts salaires pour faire progresser la demande. Le résultat, ce sont les Trente Glorieuses. Trente ans d'un capitalisme à croissance régulière sans crises majeures. Trente ans de redistribution avec 5% de croissance par an et le plein-emploi. Pendant lesquelles la gauche proteste contre les guerres coloniales ou les atteintes aux droits de l'homme, faute de pouvoir contester le système économique. Il ne lui restait plus qu'un combat : critiquer la société de consommation !


N. 0. - Alors, comment en est-on arrivé à la crise actuelle ?


M. Rocard. - Les actionnaires ont pris le pouvoir et, appuyés sur les idées de Milton Friedman (*) - le marché a réponse à tout -, ont pris le commandement du monde. A la fin des Trente Glorieuses, l'ouverture des échanges et surtout celle, incontrôlée, des mouvements de capitaux ont permis l'émergence de firmes multinationales et la prise de pouvoir peu à peu de l'actionnariat. Fonds de pension, fonds d'investissement, fonds d'arbitrage (ou hedgefunds) ne se sont préoccupés que d'amasser des profits à court terme sans se préoccuper de la production, de la recherche et du long terme. Leur pression permanente a conduit les entreprises à externaliser une grande part de leur production et à développer une sous-traitance généralisée avec moins de protection sociale. Voilà comment nos grands constructeurs automobiles qui, dans les années 1960, fabriquaient 80 de la valeur de ce qu'ils vendaient ne sont devenus que des assembleurs, ne fabriquant plus que 20 de la valeur de leurs produits. Avec pour conséquence l'explosion du travail précaire, du chômage et de l'exclusion, qui touchent le quart de la population !


N. 0. - Que peut proposer le PS lors de son prochain congrès ?


M. Rocard. -Je bénis le temps où la droite mondiale est enfin capable d'accepter l'idée que les sociaux-démocrates ont eu raison depuis plus de cinquante ans en demandant une régulation européenne et mondiale de l'économie de marché !


Une droite mondiale qui a été complice de ce crime contre la pensée, en martelant ce dogme : l'économie peut fonctionner sans règles. Face à la crise, le PS doit lors de son congrès de Reims affirmer fortement sa ligne sociale-démocrate. Le dernier rapport du président du Parti socialiste européen, le Danois Poul Rasmussen, porte sur le rôle des hedgefunds dans l'aggravation de l'instabilité financière mondiale. Il existe donc des réflexions et des analyses susceptibles de proposer à l'Europe un pilotage social-démocrate. Le PS a toujours été malade de ses motions de synthèse. Il a besoin de clarté, fût-elle douloureuse. J'attends du 75e congrès qu'il dise sans détour que l'Europe est le cadre nécessaire de toute politique de progrès et que la nouvelle régulation du capitalisme se fera en préservant l'économie de marché. En sera-t-il capable ?


Propos recueillis par FRANÇOIS ARMANET et GILLES ANQUETIL

13-19 NOVEMBRE 2008



(*) Milton Friedman et l'école de Chicago, lire ou relire « la stratégie du choc » de Naomi Klein




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Published by Didier HACQUART - dans Congrès PS 2008
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15 novembre 2008 6 15 /11 /novembre /2008 06:33




J'ai quitté le PS pour le rejoindre le Parti de Gauche lancé par Jean-Luc Mélenchon. Je reste cohérent avec la ligne politique qui a toujours été la mienne. J'ai tenu a quitter le PS après le vote des militants sur les motions, en prenant acte des résultats. J'ai tenu à le faire avant le congrès pressentant ce qui allait se passer. Les évènements de la semaine me confortent dans mon choix.


Mon désaccord avec Ségolène Royal est d'abord politique. Ce désaccord est  cependant d'autant plus fort, que pour « accéder au pouvoir » Ségolène Royal s'appuie sur 2 fédérations PS « particulières ». La première est celle de l'Hérault, et il apparaît clairement que Ségolène Royal a monnayé le soutien de cette fédération avec la promesse de réintégrer George FRECHE au PS. Cela me choque profondément, pour moi qui avais signé la pétition pour l'exclusion de George FRECHE.


Elle s'appuie par ailleurs, sur la fédération PS des Bouches du Rhône. Pour illustrer les pratiques, il suffit de lire le Canard Enchainé de cette semaine... C'est suffisamment éloquent. Je compléterai l'article en disant qu'il m'était arrivé, avant un congrès, il y a quelques années d'assister à un diner au Conseil Général en tant que Secrétaire de Section. Le même Président qu'aujourd'hui affirmait dans son discours que « la fédération des Bouches du Rhône serait avait le vainqueur ». Le nom nous serait précisé en temps utile... En clair, la ligne politique dépend des évènements et de comment la fédération peut peser sur le cours des choses. Le programme, les idées, etc. passent au second plan des préoccupations. Evidemment à l'époque comme aujourd'hui, j'ai gardé mon indépendance dans mes votes ! La fédération des Bouches du Rhône, c'est aussi Théo Balalas...


Finalement, de tout cela je me moque, puisque je pars pour une nouvelle aventure politique avec le Parti La Gauche, fort de mon expérience ! Je n'en respecte pas moins les camarades qui restent au PS et qui continuent ou continueront à vouloir "changer les choses" de l'intérieur.


A suivre...


DH




Démocratie élimitative (1)


La fédération PS des Bouches du Rhône a au moins une qualité : elle reste fidèle à une tradition née sous Gaston Deferre. Le jeudi 30 octobre dernier, lors d'un diner organisé au Conseil Général, les objectifs avaient été fixés par le premier fédéral (2), groupie de Ségolène, Jean-Noël Guérini : 80 % des voix pour la motion Royal. Résultat presque atteint avec 73 % des bulletins.


Mais malheur aux vaincus. Lors d'un congrès fédéral express convoqué samedi 8, les dissidents ont été proprement phagocytés. A Aix, les sections Ouest, qui avait voté Delanoë, est purement et simplement supprimée, comme la section Est, dite des « Milles », qui était pour Aubry. Ces fortes têtes sont priées de se fondre dans la section centre, qui elle, s'est bien conduite.


A Marseille, Marie - Arlette Carlotti menait une section pro-maire de Paris. Punie, celle-ci sera coupée en deux. Quant à la section de Maussanne, qui couvre aussi la ville voisine de St Martin de Crau, elle est dissoute avec ses 99 militants. Dans les Bouches du Rhône, la rénovation du PS n'est pas un vain slogan...



(1)   Le Canard Enchainé du 12 novembre 2008


(2) En fait le 1er secrétaire Fédéral est Eugène Caselli, le Président de la Communauté Urbaine de Marseille. Mais dans les faits, comme c'est Jean-Noël Guérini le vrai pilote, les journalistes font souvent la confusion...

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Published by Didier HACQUART - dans Congrès PS 2008
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6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 06:34



Ce soir les adhérents Ps ont la lourde et motivante responsabilité de choisir et d'influencer l'orientation du PS pour les années à venir.


Benoit Hamon, dans une dernière lettre aux adhérents développent ses ultimes arguments.


Le changement du PS est dans notre bulletin de vote et s'incarne par des nouveaux hommes. A méditer, avant de déposer le votre.


Pour moi c'est clair, et vous connaissez mon bulletin...


A suivre, DH




Lettre de Benoît Hamon aux adhérents


Un Congrès est le moment pour chacun d'entre nous de prendre ses responsabilités.

Pourquoi sommes-nous inquiets ?


Nous pressentons tous ce que seront l'intensité et la brutalité de la crise sociale que les Français et les Européens vont subir de plein fouet et dont ils ne devinent que les prémices : plans sociaux, délocalisations, licenciements, chute du pouvoir d'achat, dégradation des conditions de travail, relégation sociale, recul des services publics. Le tableau est noir.


Nous savons aussi qu'il n'est pas automatique que cette crise mondiale génère un progrès. Car toute crise sociale débouche tôt ou tard sur une crise politique. Et les conséquences de celle-ci sont aujourd'hui imprévisibles. Vers qui se tourneront ceux qui jugeront leur avenir et celui de leurs enfants bouché, ceux qui penseront que voter ne change rien à leur situation ? Vers les socialistes ? Peut-être, mais rien n'est sûr.


Partout en Europe les nationalismes, les replis communautaires ou xénophobes ressurgissent. Ils prospèrent déjà sur le terreau d'une désespérance sociale croissante. Et cette menace grandit.


Dans ce contexte extraordinaire, notre responsabilité collective est d'abord de nous tourner vers les nôtres : les milieux populaires, les salariés, les retraités, les chômeurs, les précaires, les jeunes, les classes moyennes victimes du déclassement. Nous devons les assurer qu'au cœur des collectivités que nous dirigeons et de l'opposition nationale que nous incarnons, nous serons les fers de lance de la résistance au démantèlement des services publics, aux lois liberticides, à l'injustice fiscale ainsi qu'à la poursuite de la dérégulation sociale : retraite à 70 ans, démolition du code du travail.


Mais résister ne suffit pas. Il faut aussi dire ce que nous voulons changer. Car nous assistons à la fin d'une période historique. Il nous revient de dire si nous voulons participer activement à celle qui s'ouvre. Reims peut être le théâtre d'un grand congrès socialiste, celui d'un parti redevenu architecte et bâtisseur.


Pour cela, nous savons que nous devons préalablement changer nous-mêmes. Le Parti socialiste doit : changer d'orientation, changer de stratégie, changer de comportements.


Qu'est ce qui nous désole tous ? La conviction que nationalement le PS n'est plus tout fait aux côtés des français mais à coté de leurs problèmes. L'impression que notre parti, satisfait de ses mandats locaux, reste uniquement occupé de lui-même et que rien ne peut le divertir de ses querelles de pouvoir.


Qu'est ce qui nous meurtrit tous ? Le choc de voir Sarkozy à chacune de ses réformes, s'amuser des tergiversations des socialistes quand il ne brandit pas carrément le soutien de quelques uns d'entre eux.


Mais nous pouvons aussi être confiants. La crise mondiale convoque partout le retour de solutions politiques qui appartiennent au répertoire de la gauche : redistribution des richesses pour freiner l'explosion des inégalités, régulation des marchés, maitrise des échanges commerciaux, intervention de la puissance publique dans le champ économique.


Sans le secours des Etats dont ils réclamaient et organisaient le démantèlement, que seraient devenus les marchés financiers ? Nous savons maintenant que lorsque le politique prime, les marges de manœuvre existent. Rien n'est donc plus fatal. Et certainement plus, le fait que les inégalités se creusent, que l'environnement se dégrade, que la pauvreté augmente en dépit d'une croissance globale de la richesse mondiale.


La crise nous ordonne d'être courageux, volontaires et ambitieux. La droite radicale au pouvoir nous commande d'être forts, résolus et rassembleurs. Le contexte appelle donc des réponses radicales et crédibles à la fois. C'est pourquoi je vous propose que le 6 novembre, nous mettions ensemble le parti socialiste sur la voie de la reconquête et du changement.


Dans cette période de crise, nous devons être l'alternative aux réponses du gouvernement : mieux vaudrait, par exemple, garantir l'accession des français à la propriété plutôt que voler au secours des promoteurs. Nous devrons sans délai proposer un plan d'urgence sociale pour obliger le gouvernement à mobiliser les moyens d'amortir les conséquences immédiates de la crise : moratoire sur les libéralisations en Europe ; suspension de la privatisation de la Poste et création d'un pôle financier public pérenne ; lutter efficacement contre les délocalisations ; interdiction des licenciements dans les entreprises qui réalisent des profits, baisses ciblées de TVA ; augmentation des minima sociaux ; création d'un bouclier logement. Ce véritable bouclier social doit être financé par la suppression immédiate du paquet fiscal.


Nous devrons simultanément préparer les conditions de la reconquête du pouvoir. C'est pourquoi je milite pour l'organisation de conventions thématiques ouvertes à nos partenaires de gauche pour préparer les axes d'un nouveau programme commun dont, la réorientation de la construction européenne, la réforme fiscale, la politique salariale, le réexamen d'un libre-échange sans limites par sa mise en perspective sur le plan social, le développement durable, la VIe république ou le projet éducatif global seront les thèmes centraux.


Nous avons aujourd'hui un monde d'avance sur la droite, du moins du point de vue théorique. Pour relever l'épreuve de la crise sociale et politique qui s'annonce et pour engranger les conquêtes, il faut maintenant convaincre nos concitoyens. Il faut incarner une gauche vivante et décomplexée.


Cela commence le 6 novembre. Nous avons réussi lors de ce congrès à être la motion qui rassemble. Nos analyses, comme nos solutions sont aujourd'hui reprises par tous dans le parti. C'est pourquoi je vous invite à voter nombreux pour la motion C sans autre considération que celle de notre avenir commun, c'est le seul vote utile qui soit.


Nous pouvons réussir le changement.


Benoît Hamon

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Published by Didier HACQUART - dans Congrès PS 2008
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5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 06:25




Dernières réflexions sur les motions du PS...



Chaque adhérent PS a reçu un épais document qui présente les différentes motions. J'engage bien évidemment tous les militants à lire les motions. Car la politique, ce n'est pas que de la communication, c'est aussi des idéesToutes les motions ne se ressemblent pas.


Mais à quelques jours du grand choix, le vote du 6 novembre, je souhaite revenir sur la forme, eh oui.


Il est de tradition pour les contributions, comme pour les motions, de mettre les soutiens que l'on a en préambule du texte proposé.


L'objectif, est « d'impressionner » l'adversaire par les signataires de « sa » motion.


Au-delà, ce sont des messages que veulent faire passer les défenseurs des motions aux adhérents.


A ce titre j'invite tous les militants à ressortir l'opuscule. Je ne sais pas, en effet,  si vous aviez remarqué « les signes » que vous avaient envoyés les leaders des motions  :



Motion A (Bertrand Delanoë) :

 

Une liste d'élus (députés, sénateurs, etc.) + 1 liste d'adhérents, de militants et de responsables locaux


Motion B (Nicole Bricq)


            Une liste d'élus + une liste d'adhérents et militants (maires, conseillers municipaux secrétaires de sections, conseil fédéral, etc.)


Motion C (Benoit Hamon)


            Une liste d'élus + une liste d'adhérents et militants (maires, conseillers municipaux secrétaires de sections, conseil fédéral, etc.)


Motion D (Martine Aubry)


 Une liste de « jeunes » + des listes très structurées de secrétaires fédéraux, de membres du Bureau National, de Présidents de Conseils Régionaux, de Présidents de Conseils Généraux, de parlementaires, et enfin de membres des instances du parti


Motion E (Ségolène Royal / Jean-Noël Guérini) :


            Une liste de signataires de la direction nationale, 1ers fédéraux, Présidents de Régions, de départements et parlementaires, puis des listes par régions de militants et élus impliqués dans les structures locales du parti


Motion F (Franck Pupunat)


Une liste de militants issus de 71 fédérations, sans précisions sur les  mandats exercés.



Quelques réflexions toutes personnelles  et évidemment partisanes (*):


Les chantres de la « démocratie participative », la motion E avec Ségolène Royal, ne jugent pas utiles d'associer des adhérents dans leur liste de signataires. Cela va dans le sens du 1er secrétaire de la fédération PS13, qui n'a pas jugé utile de faire un débat à la fédération, lors de la présentation des motions à la fédération... Après tout, le PS étant un parti d'élus, la motion E souhaite mettre en avant les élus. Les militants sont là pour voter...


Martine Aubry n'a pas jugée utile elle aussi d'associer des adhérents, et a voulu faire une démonstration de force, pour impressionner (qui ?). Je ferai la même remarque que précédemment. Martine Aubry valorise le parti d'élus, plus que le parti d'adhérents et de militants.


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Published by Didier HACQUART - dans Congrès PS 2008
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3 novembre 2008 1 03 /11 /novembre /2008 06:13




360 milliards pour les banques, travail le dimanche, retraite à 70 ans, cherchez l'erreur...



Alors que le système capitaliste s'écroule, que notre Président Sarkozy vole au secours du monde (des banques et de la finance), le gouvernement accélère ses réformes libérales. N'est-ce pas le bon moment pour justifier les trop fameuses « réformes ». Naomi Klein dans son excellent livre sur « la stratégie du choc », l'explique très bien... (1)


Au nom de « la liberté de chacun », le gouvernement souhaite passer une loi pour l'ouverture des commerces le dimanche (2) Cela vise particulièrement la zone commerciale de Plan de Campagne dans mon département des Bouches du Rhône.


L'ouverture des commerces le dimanche est un choix de société entre la civilisation des loisirs, mais aussi de la famille, ou la civilisation du caddy, comme le rappelle à juste titre, Gérard Filoche . (3)


Plus fort encore, en totale catimini, par un vote à l'Assemblée Nationale, dans la nuit du vendredi au samedi 1erles salariés au nom de « la liberté » pourront travailler jusqu'à 70 ans ! (4) novembre 2008 ( !),


Comble du cynisme, cette dernière est justifiée pour permettre à ceux qui auraient des niveaux de retraite faibles d'améliorer justement leur pension. De toute façon, en travaillant jusqu'à 70 ans, ils n'auront pas le temps d'en profiter beaucoup...


Qui est déjà allé en voyage aux états - Unis, j'y suis allé pour des raisons professionnelles, est frappé par les « travailleurs âgés » obligés de travailler au-delà d'un âge raisonnable. Est- ce le modèle de société que nous prépare Nicolas Sarkozy et ses amis libéraux ?


Temps de travail, retraite, travail le dimanche, etc. sont entre autres, des choix de société et donc des vrais choix politiques. Rien n'est jamais inéluctable, et les derniers évènements nous montrent qu'il est possible de trouver de l'argent !


Une petite dernière lue dans le Nouvel Obs, (Enquête chez les seigneurs de la finance : Les naufrageurs) pour montrer l'absurdité du système : 70 milliards vont être distribués « comme chaque année » sous forme de primes aux salariés, les fameux traders, des 10 plus gros établissements financiers de Wall Street. Cela représente 10 % du fameux plan Paulson... (5) Cela ne choque personne, que ces fameux financiers qui ont mis le système financier mondial à terre, et des milliers d'américains à la rue de leurs maisons touchent encore des sommes folles, financées par vous et moi ? Il fait quoi Sarko ? En quoi ce serait une vraie liberté de travailler jusqu'à 70 ans, parce que sa pension est trop faible pour vivre, pendant que certains se gavent ?


Tout cela pour dire, que le 6 novembre les socialistes auront un vrai choix à faire entre ceux qui ont accompagné le système pendant les 30 dernières années, et la Gauche du PS, autour de Benoit HAMON, qui prône un vrai retour du politique,, pour de vrais choix de société !


A suivre,


DH




(1) http://didier-hacquart.over-blog.com/article-20838302.html


(2) http://www.travail-dimanche.com/


(3) http://www.democratie-socialisme.org/spip.php?article1648


(4) http://afp.google.com/article/ALeqM5hjSeVkObZ4h74UdITLcxYVE7exUA


(5) http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2295/articles/a386854-.html?xtmc=lesnaufrageurs&xtcr=1









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2 novembre 2008 7 02 /11 /novembre /2008 06:34




Emmanuel TODD sort un nouveau livre « Après la démocratie ». J'ai lu une de ses interviews sans le Nouvel Obs, intitulé « Vive le protectionnisme ! ». Cela m'a interpellé, car lors de la présentation de la motion C à la section PS de Vitrolles, je me suis fait traiter un peu d'archaïque avec « ma motion » qui prône une forme de protectionnisme. « Je n'avais encore rien compris à la mondialisation »...


Outre le fait, que le plus grand pays protectionniste est certainement les USA, l'analyse d'Emmanuel TODD, dans le débat actuel sur la crise financière, et surtout aujourd'hui, sur les moyens à mettre en œuvre pour en sortir, vient à point nommer. Qui plus, est, et c'est la bonne surprise, Il défend Benoit HAMON !


Comme quoi, la gauche du PS, trouve des soutiens dans le monde intellectuel, et que les idées avancées par la motion C reposent sur des bases solides...


J'en profite pour annoncer que la motion C « Un monde d'avance » sera présentée par :


 

Bruno JULLIARD (Adjoint au Maire de Paris)


Razzy HAMMADI (Secrétaire National à la riposte)

 



Le Mardi 4 Novembre à 19h00 à la fédération PS des BdR

 


 

58 rue Montgrand - 13006 Marseille

 



DH



Vive le protectionnisme ! (*)

 


Pour l'auteur d'«Après la démocratie», la France ne peut sortir de la crise qu'en inventant un nouveau modèle économique avec ses partenaires européens. Par Emmanuel Todd


Le Nouvel Observateur . - Avec la crise actuelle, assiste-t-on à un tournant politique de Nicolas Sarkozy ?


Emmanuel Todd. - Pas du tout. On voit dans sa gestion de la crise actuelle ses traits psychologiques habituels, hyperactivité et incohérence de la pensée. Mais il ne fait rien d'autre que ce qu'aurait fait Jacques Chirac ou un président socialiste. Il s'obstine à ne voir qu'un dérèglement financier dans la crise alors qu'elle a sa cause dans l'économie réelle. Le libre-échange exerce une pression mondiale sur les salaires, qui aboutit à la contraction de la demande et produit un état d'insécurité sociale, un sentiment permanent de rétrécissement de la vie : diminution du nombre des fonctionnaires, des professeurs, des emplois... Et puis sauver les banques, distribuer de l'argent aux riches, c est la pente naturelle du sarkozysme.


Dans mon livre consacré à la crise de la démocratie, j'envisage trois options possibles pour une classe politique à bout de souffle. La première déboucherait sur une ethnicisation : exclusion renforcée, désignation de boucs émissaires (immigrés, enfants d'immigrés, musulmans, Noirs... au choix ou en combinaison). Si une classe politique entière, à l'heure de la crise mondiale, considère comme prioritaire de s'indigner de ce que quelques gamins absurdes et économiquement maltraités sifflent l'équipe de France, nous pouvons nous inquiéter. Cette passion pour le football et l'islam, à l'heure des délocalisations et de la baisse du niveau de vie, démontre que la question de l'ethnicisation reste posée. Même si la réussite d'une telle politique me paraît peu vraisemblable. La deuxième option verrait la remise en question du suffrage universel. Celui-ci semble désormais produire de l'incertitude plutôt que des choix rationnels. A force de manipuler l'opinion en ne lui proposant aucun projet économique véritable, on finira par provoquer des taux d'abstention très élevés, des violences urbaines, des luttes de classes immatures qui seraient les prétextes à une reprise en main autoritaire de la société. La troisième option, celle d'un protectionnisme européen, est pour moi la dernière chance de notre démocratie. L'accélération de la crise économique nous rapproche de ce choix fatidique.


N. O. - Quels sont les maux qui rongent la société française et notre démocratie ?


E. Todd. - J'ai accepté l'idée que l'élection de Nicolas Sarkozy, personnage violent, vulgaire et vide, n'était pas une aberration. Il n'est pas parvenu au sommet de l'Etat malgré ses déficiences intellectuelles et morales, mais grâce à elles ! Sarkozy est le révélateur de maux qui rongent une société française menacée de tourner mal, dans le sens de l'appauvrissement, de l'inégalité, de la violence. La France est frappée d'un vide idéologique et religieux, d'une incapacité à produire des projets collectifs, d'une obsession de l'argent, d'une stagnation éducative, d'une fragmentation sociale exacerbée par l'isolement d'une élite regardant de haut les classes inférieures de la population. Nous assistons aujourd'hui à une « narcissisation » des comportements, mal beaucoup plus profond que l'individualisme. Le comportement du président est aussi une clé de lecture du narcissisme et de l'exhibitionnisme, qui sont devenus une dimension de la vie sociale. L'adhésion des élites au libre-échange fait désormais souffrir la société dans son ensemble. Il y a dix ans, dans «l'Illusion économique», je décrivais une société verrouillée où seulement 20% de la population avait simultanément une éducation et des revenus supérieurs, et contrôlait 50% du revenu national. Aujourd'hui, c'est 1% seulement de la population qui profite matériellement du système. Je pars en guerre contre la caricature de «bobos» soi-disant privilégiés. Ils incarnent en réalité l'appauvrissement des jeunes éduqués des classes moyennes, effectivement repoussés vers les anciens quartiers populaires. Si le pouvoir et la richesse n'ont plus de rapport avec le niveau d'éducation, alors la lutte des classes redevient possible. Les classes moyennes choisiront de contester la classe supérieure qui les maltraite plutôt que de se retourner contre les prolétaires ou les immigrés de la dernière heure. J'attends comme une libération la montée de la colère politique de ces jeunes éduqués. Mais rien n'est joué !


N. O. - Vous écrivez que le protectionnisme est la dernière chance de la démocratie européenne. Pourquoi ?


E. Todd. - Il y a des phases où le libre-échange est bénéfique, mais on n'en est plus là. La pression sur les salaires aboutit à l'insuffisance de la demande globale, à l'échelle planétaire. Avant la crise, le système tournait grâce aux Etats-Unis : en situation monétaire et militaire dominante, ils consommaient chaque année 800 milliards de dollars en trop, soit leur déficit commercial annuel. L'Amérique était l'agent de relance de l'économie mondiale et sa surconsommation était financée par le mécanisme des « subprimes », des prêts hypothécaires, qui vient d'exploser. La globalisation a dans un premier temps détruit des emplois dans la partie développée du monde. Les pays émergents se sont nourris de cette destruction mais finissent par être touchés par l'effondrement de la demande intérieure des pays qu'ils étaient en train d'affaiblir. C'est le problème classique du virus qui finit par tuer son hôte. L'Europe pourrait décider de devenir un espace de régulation économique se protégeant des importations et des délocalisations vers les pays à bas salaire. Ce protectionnisme serait techniquement facile pour une Europe de 450 millions d'habitants qui peut financer sans difficulté ses importations d'énergie et de matières premières, à la différence des Etats-Unis. Le but ultime du protectionnisme n'est pas de repousser les importations venues des pays à l'extérieur de l'Union européenne, mais de créer les conditions d'une remontée des salaires et de la demande intérieure. Imaginons que les élites françaises, redevenues de vraies élites, se décident à assumer leurs responsabilités sociales, se convainquent de la nécessité de passer au protectionnisme pour éviter une destruction totale de l'industrie et du tissu social sur le Vieux Continent. Ce protectionnisme européen, c'est un projet pour toute une génération. C'est un horizon positif. N'oublions pas que la mise en place du libre-échange qui nous détruit a pris deux générations.


N. O. - Comment procéder ? Et comment convaincre l'Allemagne ?


E. Todd. - Il y a une difficulté des élites françaises à accepter que l'économie allemande soit le cœur de l'industrie continentale, même si la France du TGV, d'Airbus et des centrales nucléaires existe. Pour convertir l'Europe au protectionnisme, il faut d'abord convaincre les dirigeants allemands. Il faut faire comprendre à l'Allemagne qu'elle a plus à gagner à une relance de la demande intérieure européenne qu'à une poursuite indéfinie de la demande extérieure, chinoise ou mondiale. A la différence des Anglais, les Allemands ne sont pas des libre-échangistes identitaires ! Pour l'heure, ils se croient à tort bénéficiaires de la mondialisation. La France pourrait faire valoir à l'Allemagne qu'en l'absence d'une réorientation protectionniste européenne elle devrait quitter la zone euro, ou plus exactement la détruire, puisqu'elle serait immédiatement suivie par l'Italie, encore plus asphyxiée qu'elle par l'euro fort et fou. Affronter l'Allemagne sur la question du protectionnisme, ce n'est pas être germanophobe mais au contraire admettre son importance et exiger d'elle qu'elle tienne son rang politique et se sente responsable de l'Europe plutôt que de faire cavalier seul.


N. O. - Quel rôle peut jouer la gauche française dans cette crise ?


E. Todd. - Il faut que le PS, dont le vide doctrinal n'a rien à envier à celui du sarkozysme, cesse de considérer le protectionnisme européen comme un sujet tabou. Il faut qu'il admette que la remontée des salaires et la relance de l'économie passent par l'émergence de cette Europe protégée et par une renégociation serrée avec l'Allemagne. Heureusement, il y désormais Benoît Hamon dont la motion inclut la dimension du protectionnisme. Grâce à lui, le PS a une chance de survie. On va voir s'il la saisit. Si Hamon échoue, quelqu'un pourra écrire un livre du genre «Après le Parti socialiste».


Emmanuel Todd


Historien, démographe et sociologue, Emmanuel Todd est chercheur à l'Ined. Après «l'Illusion économique» et «Après l'empire», il poursuit sa réflexion en publiant cette semaine «Après la démocratie» chez Gallimard.



(*) Le Nouvel Observateur n° 2295 du 30/10/08 au 05/11/08


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30 octobre 2008 4 30 /10 /octobre /2008 06:01

Jean-Jacques Chavigné est un proche de Gérard Filoche, et évidemment signataire de la motion C. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages.

 

Il nous livre ici un erapide et simple analyse sur « la faillite du dogme libéral des marchés qui se régulent eux-mêmes ».

 

Les marchés en fait se régulent en nationalisant les pertes tout en privatisant les recettes...

 

A lire...

 

DH

 


 

 

La faillite du dogme libéral des marchés qui se régulent eux-mêmes

 

Lundi 6 octobre 2008 par Jean-Jacques Chavigné

 

Aux USA, le FBI enquête, relève les empreintes et recherche les traces d'ADN des pirates qui ont arraisonné la finance américaine. Sarkozy fait la chasse aux responsables de la débâcle financière pour leur infliger la punition qu'ils méritent : la mise en torche de leurs parachutes dorés.

 

Tout cela n'est qu'un écran de fumée qui a pour principale fonction de chercher à dissimuler les véritables responsables de la crise : le dogme néolibéral des marchés qui se régulent tout seuls et surtout le patronat et les gouvernements qui s'efforcent d'inscrire ce dogme dans les faits, quelque en soient les coûts sociaux et humains.

 

Le dogme de l' « infaillibité » des marchés

 

Pour les libéraux, non seulement les marchés sont capables de se réguler tout seuls, mais toute intervention de l'État ne ferait qu'empêcher cette régulation. C'est le dogme de l'infaillibilité des marchés et de la « main invisible » qui spontanément affecterait les richesses disponibles de façon optimale.

 

Cela fait bien longtemps que les l'État fédéral américain n'hésite pas à intervenir pour soutenir l'économie nationale : subvention aux entreprises, à l'agriculture, protectionnisme sélectif... Mais jusqu'à la crise financière, il agissait ainsi en proclamant le contraire.

 

Aujourd'hui, la réalité ne peut plus être cachée. Les marchés financiers qui étaient les modèles des marchés qui « se régulaient eux-mêmes » sont en pleine déroute. Sans l'intervention des Etats, la crise serait encore plus grave qu'en 1929.

 

Cette débâcle des marchés financiers et l'intervention massive des Etats marquent la faillite du dogme libéral. La régulation des marchés par les marchés eux-mêmes mène tout à droit à la catastrophe.

 

Le rachat des banques par les États

 

Au cours de l'été 2007, les banques centrales (Banque Centrale Européenne, Réserve Fédérale Américaine, Banque d'Angleterre, Banque du Japon...) avaient injecté plus de 400 milliards de crédit pour permettre aux banques de faire face à leurs besoins de trésorerie. Ces crédits ont continué de plus belle en 2008. Mais l'intervention des états va maintenant bien au-delà de simples avances de liquidités aux banques (même s'il s'agit de centaines de milliards d'euros). L'intervention des états est passée au stade supérieur, celui du rachat des banques par les fonds publics.

 

Au cours de l'hiver 2007-2008, les risques de faillites bancaires s'étaient multipliés. Pour éviter un effet « domino » qui aurait vu les banques s'écrouler les unes après les autres, la Northern Rock avait été nationalisée par le gouvernement britannique. Les géants américains Merrill Lynch et Citigroup avait du faire appel à des fonds souverains (propriétés de l'Etat du Koweit ou de celui d'Abu Dhabi) pour renforcer leur capital social.

 

En septembre 2008, l'État fédéral américain nationalisait, de fait, deux énormes institutions financières, Fannie Mae et Freddie Mac, pour un montant de 200 milliards de dollars. Ces deux organismes qui garantissent près de la moitié des 12 000 milliards de dollars de crédits immobiliers aux Etats-Unis venaient, en effet, d'essuyer des pertes d'un total de plus de 14 milliards de dollars et la faillite pointait son nez. Le géant de l'Assurance (AIG) était lui aussi racheté par l'Etat fédéral américain pour la modique somme de 85 milliards de dollars.

 

En Europe, la nationalisation de la Nothern Bank n'a été qu'un prélude. Les marchés sont, aujourd'hui, incapables de faire face à la crise bancaire qu'ils ont déclenché et les Etats doivent racheter des établissements bancaires pour leur éviter une faillite qui pourrait emporter l'ensemble du système bancaire européen.

 

Le Benelux nationalise partiellement la banque Fortis. Les gouvernements belge, français et luxembourgeois rachètent pour 6,4 milliards d'euros la banque franco-belge Dexia. Le gouvernement français déboursera, à lui seul, 3 milliards d'euros (1 milliard directement et 2 milliard par l'intermédiaire de la Caisse des Dépôts et Consignation, organisme public). L'État allemand garantit le versement de 26,5 milliards d'euros pour sauver Hypo Real Estate, établissement spécialisée dans le financement immobilier et très engagées auprès de Lehman Brothers, la banque d'affaires américaine qui vient de faire faillite.

 

Les actifs rentables de la banque britannique Bradford & Bingley sont rachetés par une banque privée espagnole, la banque espagnole Santander, l'État britannique, quant à lui, nationalise le restant, c'est-à-dire les pertes.

 

La Commission européenne pourtant habituellement si implacablement opposée à la moindre injection de fonds publics destinée à sauver des emplois dans l'industrie ou les services ne trouve rien à redire à ces opérations.

 

Il s'agit bien là de nationalisations puisque dans chacun des cas, les États détiennent la totalité, ou (dans le pire des cas), une minorité de blocage du capital social. Mais les libéraux qui nous gouvernent ou qui dirigent les partis d'opposition ne veulent surtout pas prononcer le mot. Il s'agit uniquement, pour eux, de mutualiser momentanément les pertes et de rendre les banques aux intérêts privés aussitôt qu'elles recommenceront à faire des profits.

 

Le plan Paulson

 

Le secrétaire américain du Trésor, Henry Paulson, avait mis sur pied un plan de rachat des créances pourries des banques américaines pour un total de 700 milliards de dollars en deux ans.

 

Ce plan fut d'abord rejeté par la Chambre des représentants, le 29 septembre. Ce rejet était du à la conjonction de deux forces, pourtant diamétralement opposées.

La première force était celle d'une grande partie de l'opinion publique qui ne comprenait pas pourquoi les spéculateurs de Wall Street pourraient s'en tirer à si bon compte. Si leur spéculation avait réussi, ils auraient empoché des centaines de milliards de dollars mais comme elle avait échoué, il fallait les rembourser ! Le cinéaste Michael Moore se fit le porte-parole de cette révolte : « Wall Street et ses affidés ont créé ce gâchis et maintenant ils vont s'échapper comme des bandits ». Il montra également toutes les limites sociales de ce plan en affirmant « Rien dans ce plan ne va faire baisser le prix de l'essence que vous mettez dans votre voiture pour aller travailler. Rien dans cette facture ne va vous protéger contre la perte de votre maison. Rien dans cette facture ne va vous donner une assurance médicale ».

La seconde force qui repoussait ce plan était composée de ceux (Républicains pour l'essentiel) qui dénonçaient l'intervention de l'Etat dans la finance et la transformation des USA en « URSSA » !

 

Finalement, le plan (passé à 840 milliards de dollars) a fini par être adopté par le Sénat le 1er octobre, puis, lors d'un deuxième vote, le 3 octobre, par la Chambre des représentants.

 

Miracle sarkozien : les caisses se remplissent !

 

Les caisses publiques étaient vides nous avertissaient Sarkozy qui avaient d'ailleurs fortement contribué à les siphonner pour remplir les caisses privées. Mais miracle, aujourd'hui, les caisses publiques sont de nouveaux pleines !

 

Sarkozy vient de retrouver 3 milliards d'euros (le double du financement du RSA) pour financer le rachat de la Banque franco-belge Dexia. Les gouvernements belges et néerlandais financent le restant : 3,4 milliards d'euros.

 

L'Elysée annonce un plan « en faveur de la construction et du bâtiment » : le rachat de 30 000 logements par les organismes HLM. Un autre plan « en faveur des PME » est mis sur pied : 20 milliards d'euros qui devaient d'abord être pris sur les ressources du financement du logement social (le livret A). Ce plan sera, finalement, financé par une partie de la collecte des livrets de développement durable et des livrets d'épargne populaire dont les banques pourront disposer librement.

Tous ces financements sont faits au nom de la sauvegarde de l'emploi. Mais cela ne peut abuser que ceux qui le veulent bien. La droite n'a pas bougé le petit doigt ni surtout versé le moindre euro quand les entreprises licenciaient ou délocalisaient à la pelle. Pourquoi l'emploi serait-il brusquement devenu son principal souci ? Qui peut croire une telle fable ?

 

La fondation Abbé Pierre qui voit surtout dans le plan d'aide à la construction un « soutien aux promoteurs ». Quant au Droit Au Logement (DAL) il dénonce une mesure qui « vient secourir des pyromanes responsables de la flambée de l'immobilier ».

 

Le plan « en faveur des PME » présente, avant tout, l'opportunité d'offrir, selon les chiffres mêmes de l'Elysée « 17 milliards d'euros de dépôts supplémentaires remis dans le bilan des banques... » 17 milliards qui tombent vraiment à pic pour les banquiers. Et quand on sait que plus de 80 % des « grandes » PME (celles de plus de 300 salariés) appartiennent à des grands groupes et que la plupart des « petites » PME sont des sous-traitantes de ces mêmes grands groupes, il n'est guère d'illusion à se faire sur la destination finale de ces milliards d'euros : les profits des grandes sociétés.

 

C'est toujours derrière le paravent de l'« aide à l'emploi » ou de l'« aide aux PME » que l'Etat fait profiter les grandes sociétés de ses largesses. La crise financière est un excellent prétexte pour continuer de plus belle.

 

Curieusement, enfin, malgré une assistance de l'Etat de plusieurs dizaines de milliards d'euros, ni Sarkozy, ni Fillon ne s'aventure à traiter d' « assistés » promoteurs et banquiers. Ce terme semble réservé, pour ces gens de droite, à la stigmatisation de ceux que les politiques libérales ont plongés dans le chômage et la misère.

 

Une « idée folle »

 

Oubliant la façon dont il vantait le modèle américain, allant même, en avril 2007, jusqu'à annoncer qu'il réformerait le crédit hypothécaire français pour l'aligner sur le système américain à l'origine de la crise des « suprimes », le président de la République n'hésitait pas à proclamer, lors de son discours de Toulon, que « l'idée que les marchés ont toujours raison est une idée folle ».

 

Mais pourquoi, dans ces conditions, persévère-t-il dans l' « idée folle » de continuer à livrer aux marchés des domaines aussi précieux que le gaz, la poste, les transports ferroviaires ? Pourquoi faire reculer chaque jour d'avantage l'assurance maladie obligatoire devant les exigences des assurances privées ? Pourquoi livrer l'hôpital public à l'appétit insatiable des cliniques privées ? Pourquoi mettre à l'ordre du jour de la prochaine réunion entre le gouvernement et les organisations syndicales la retraite par capitalisation alors que les marchés et leurs fonds de pension viennent de condamner à la misère des centaines de milliers de futurs retraités américains ?

 

La majorité sortante du Parti Socialiste plus pâle que jamais

 

François Hollande se pose en gardien du temple, du traité d'Amsterdam et de la limitation des déficits. Bertrand Delanoë aura quelque peine à assumer son « je suis libéral et socialiste » maintenant que les dogmes libéraux sont en pleine débâcle. Quant à Ségolène Royal qui regrettait d'avoir eu à défendre (même si c'était du bout des lèvres) le Smic à 1500 euros et les 35 heures, comment pourrait-elle bien, aujourd'hui, justifier le dogme néolibéral de « d'abord créer des richesses », alors que la solution à la crise est justement de relancer l'économie et donc, d'abord, de redistribuer les richesses ?

 

A l'évidence, comme l'écrit notre camarade Philippe Marlière dans une tribune libre de l'Humanité « les débats du congrès de Reims n'opposeront pas « révolutionnaires et « réformistes, « audacieux » et « timides », mais des socialistes qui veulent rompre avec deux décennies de complicité avec le néolibéralisme et ceux qui s'y refusent ».

 

Jean-Jacques Chavigné, 06/10/2008

 

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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 05:57


Je suis tombé un peu par hasard sur une interview du député UMP, George TRON, sur la Chaîne Parlementaire LCP-Public Sénat. J'ai été surpris, en fait à moitié seulement, lorsqu'il a déclaré aux journalistes, que la crise actuelle financière n'était pas prévisible, et que d'ailleurs personne n'en avait prédit son ampleur. C'est bien une réaction d'un homme de droite, qui tant qu'il n'est pas devant le précipice, ne voir rien, où ne veut rien voir. Tant en effet, que le système permettait à certains de s'en mettre plein les poches, cela roulait...

 

En fait, bien évidemment que tout cela était prévisible, et nous sommes très nombreux à gauche, ou tout du moins la Gauche de la gauche, a dénoncé depuis des lustres le système capitaliste et ses dérives. Pour en revenir à la crise des « subprimes », c'était vraiment le n'importe quoi, avec un système qui misait sur l'endettement des plus pauvres...

 

Cela me rappelle que j'ai publié sur ce blog en décembre 2007 « L'hyperlibéralisme nous conduit dans le mur par Pierre Larrouturou »

 

Aujourd'hui, signataire dans le cadre du congrès du PS de la motion C, , « Un monde d'avance » (Benoit HAMON), Pierre Larrouturou revient un peu sur l'historique de la crise, et apporte un « autre » éclairage.

 

La crise ne nous réjouit pas pour prouver que nous avions raison, mais la crise conforte les analyses que nous faisons depuis des années.

 

A méditer...

 

DH


 Ceci n'est pas une crise financière ! (*)

 

Par Pierre Larrouturou, délégué national Europe du PS, auteur du « Livre noir du libéralisme » (Le Rocher). On en est là après trente ans de productivité́ mal gérée. La part de salaire a baissé, la dette a augmenté. C'est une crise sociale.

 

C'est en analysant les statistiques de la Réserve fédérale pour les cinquante dernières années qu'on comprend les causes profondes de la crise. Jusqu'à la victoire de Ronald Reagan, le ratio dette/PIB (1) était parfaitement stable aux Etats-Unis. Des règles collectives assuraient une progression régulière des salaires et un partage équitable de la productivité entre salariés et actionnaires. Mais, en 1981, Ronald Reagan arrive à la Maison-Blanche. Les libéraux baissent les impôts sur les plus riches, ce qui favorise la dette publique. Et la dette augmente, surtout parce que les politiques de dérégulation amènent à la multiplication des petits boulots et à la baisse de la part des salaires dans le PIB.


Nicolas Sarkozy parle souvent du « plein-emploi américain ». Pourtant, les Etats-Unis sont très loin du plein-emploi : en 2008, la durée réelle moyenne du travail - sans compter les chômeurs - est tombée à 33,6 heures (2), car des millions de salariés ne font que 10 ou 15 heures par semaine. Une durée moyenne de 33,6 heures ! Ce « partage » du travail conduit à un partage des revenus de plus en plus inégalitaire : une étude de BNP Paribas montre que, sur les huit dernières années, « seuls les 5 % d'Américains les plus riches ont vu leurs revenus réels augmenter ». Trente pour cent ont vu leurs revenus réels diminuer. Ces 30 % auraient dû diminuer leur consommation. Si la consommation a continué d'augmenter, c'est uniquement parce qu'on a poussé les classes moyennes et les pauvres à s'endetter chaque année un peu plus. A s'endetter au-delà du raisonnable.


Dans tous les pays occidentaux, la peur du chômage déséquilibre la négociation sur les salaires : « Si tu n'es pas content, tu peux aller voir ailleurs. » En vingt-cinq ans, en France, en Allemagne comme au Japon, la part des salaires dans le PIB a diminué de 11 %. Cette année, en France, quelque 200 milliards d'euros sont allés aux bénéfices, alors qu'ils seraient allés aux salariés si l'on avait gardé l'équilibre salaires-bénéfices du début des années 80. « Sans la hausse de la dette des ménages, la croissance serait nulle en zone euro depuis 2002 », explique Patrick Artus, directeur de la recherche et des études économiques de Natixis. En Grande-Bretagne, la dette des ménages dépasse 160 % du revenu disponible. Une étude récente montre que, sans augmentation de la dette des ménages, la Grande-Bretagne serait en récession depuis 2002 !


« Les Français sont prêts à entendre la vérité », affirmait Sarkozy dans son discours de Toulon. Eh bien, chiche ! Voici la vérité : la crise de la dette n'est pas un incident de parcours dû à l'inconscience de quelques traders isolés. Pour garantir aux actionnaires des bénéfices colossaux tout en assurant un haut niveau de consommation de l'ensemble de la population, le néolibéralisme a structurellement besoin chaque année d'un endettement privé plus élevé ! Pendant vingt-cinq ans, cette fuite en avant a été très rentable pour les actionnaires et les banquiers, mais elle nous conduit dans le mur ! Des actionnaires trop gourmands qui veulent 10 ou 15 % de rentabilité, il y en a toujours eu. La nouveauté des dernières années, c'est qu'ils ont pu obtenir ce qu'ils voulaient, car des gains de productivité colossaux ont produit un chômage de masse qui a totalement déséquilibré la négociation sur les salaires. Les racines de la crise financière, c'est trente ans de crise sociale ! Trente ans de productivité mal gérée. C'est à cause du chômage que la négociation sur les salaires est tellement déséquilibrée et que la part des salaires a tant diminué. C'est à cause du chômage que nos économies ont tant besoin de dette. C'est seulement en donnant au plus grand nombre un vrai emploi et une vraie capacité de négocier des augmentations de salaire que l'on sortira de la crise. Hélas, dix-huit mois après son arrivée au pouvoir, tout le monde a compris que Nicolas Sarkozy ne fera rien d'utile dans ce domaine. Il ne se passe pas une semaine sans qu'il annonce un « Grenelle », un « Grand Plan » ou une « Grande Mobilisation »... mais, contre le chômage, il n'a encore rien annoncé ! Absolument rien. Vu la gravité de la situation, il y a urgence à remettre la gauche au travail. Mais, vu l'importance des déséquilibres accumulés, une réponse nationale ne peut pas suffire. C'est l'ensemble de la gauche européenne qu'il faut rassembler et mettre au travail pour définir, très concrètement, de nouveaux outils de régulation.



Voilà pourquoi, avec mes amis de Nouvelle Gauche, avec nombre de militants qui ont signé la motion « Un monde d'avance » de Benoît Hamon, initiative historique et invite les socialistes des 27 pays (ceux qui sont au pouvoir et ceux qui n'y sont pas) à se retrouver pendant trois semaines, en décembre et janvier, pour travailler avec quelques prix Nobel d'économie sur l'ensemble des nouvelles régulations nécessaires à notre époque. Quelles régulations financières et monétaires ? Quelles régulations de nos échanges avec la Chine ? Quelles régulations intra-européennes ? Comment lutter radicalement contre le chômage, la précarité, etc. ? « Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire », disait Einstein. Nous autres, socialistes, ne pouvons pas nous contenter de critiquer Nicolas Sarkozy. Nous devons faire des propositions concrètes et nous devons agir ! Après vingt-cinq ans de fuite en avant néolibérale, après vingt-cinq ans de socialisme tiède, il est temps de relever la tête.



(1) Voir la courbe sur le site de Nouvelle Gauche

(2) Idem

(*) http://www.marianne2.fr/Ceci-n-est-pas-une-crise-financiere-!_a92514.html?preaction=nl&id=5906953&idnl=25539&

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Published by Didier HACQUART - dans Congrès PS 2008
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