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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 04:45

 


 

 

En plein débat sur l’accord national interprofessionnel de janvier 2013, je vous conseille l’intéressant débat entre Edouard MARTIN de la CFDT Florange, et un syndicaliste du DGB Allemand.

 

Très intéressant et instructif !

 

Je conseille aussi la lecture livre "Made in germany", de Guillaume DUVAL d'Alternatives Economiques...

 

DH

 

Cliquez ICI

 

 

 

 

 

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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 06:34

 


 

Le modèle Allemand fait souvent référence en économie. Un collègue m'a fait passser l'article ci-après tout à fait intéressant et qui revient sur certains principes de base. L'autre matin, j'ai entendu d'ailleurs Oncle Bernard (bernard Maris) sur Franc eInter qui reprenait une des idées développées dans cet article. "Si tous les pays étaient exportateurs comme l'Allemagne en vendant plus qu'il n'achètent il y aurait un problème !...


A Méditer...


DH


Il n'y a pas de modèle Allemand

 

angela-merkel.1273539761.jpgDepuis l’éclatement de la crise économique, une idée reçue a fait florès : il y aurait une vertu allemande, et pour l’Europe un modèle allemand. Cette sottise a pris racines dans un indicateur  où le bon sens croit reconnaître la vertu : les échanges extérieurs allemands se soldent par un excédent courant  imposant, tandis que la plupart des autres pays européens affichent un déficit.

Ceux qui en restent là justifient l’obstination allemande à serrer le cou des Grecs – au nom de la vertu, bien entendu.

Or le premier pas du bon sens est rarement suffisant. Il lui faut de toute urgence en franchir un deuxième, et se demander s’il est une vertu qui ne puisse être universelle, un modèle vers lequel ne pourraient jamais tendre tous les pays ensemble.

solde-des-transactions-courante-en-milliards-de-dollars.1273439233.pngPosons-nous la question. Tous les pays du monde pourraient-ils afficher en même temps un excédent de leurs échanges ? Evidemment non, puisque cela reviendrait  à afficher un excédent mondial. Un excédent vis-à-vis de qui ? De Mars, de la lune ?

Les échanges internationaux de marchandises, de services et de revenus sont forcément chacun un jeu à somme nulle. Ce qu’un pays importe, un autre l’exporte nécessairement. Ce qu’un pays verse, un autre le reçoit. Et tout aussi nécessairement,  la somme des excédents courants égale très exactement la somme des déficits (1). Bref, il n’y a pas d’excédents sans déficits. Ni vice, ni vertu.

Le même constat vaut pour les mouvements de capitaux, puisque chaque pays emprunte l’équivalent de son solde-des-transactions-courantes-en-du-pib.1273439393.pngdéficit courant, ou prête l’équivalent de son excédent.  Tout comme un particulier prête à sa banque (à taux zéro) les revenus qu’il ne dépense pas, ou lui emprunte (le découvert est payant…) les dépenses qui excèdent ses revenus.

L’excédent courant allemand n’en est pas moins imposant. Près de 7% du PIB et plus de 240 milliards de dollars : il est, dans les deux cas, à l’échelle de l’excédent chinois, comme on le lit sur les deux premiers graphiques. Par son ampleur gigantesque, l’excédent allemand contribue largement aux déséquilibres internationaux.

balances-courante-2008-ocde.1273439588.pngD’un côté (graphique 3), il y a les pays excédentaires, qui disposent d’une surabondance d’épargne, et qui doivent nécessairement prêter aux autres pays. Ce sont les pays producteurs de pétroles, qui ne peuvent dépenser tous les revenus de l’or noir et doivent prêter une bonne partie de ceux-ci à l’étranger. Ce sont encore et surtout la Chine, l’Allemagne et le Japon.

De l’autre côté, il y a  les pays déficitaires, qui empruntent  l’équivalent de leurs déficits courants. Ce sont en premier lieu les Etats-Unis (706 milliards de dollars en 2008), mais aussi la plupart des pays européens, Espagne et Italie en tête.

D’où cette autre question : de l’emprunteur ou du prêteur, qui a l’initiative du déséquilibre ? Avant de désigner un fautif, mieux vaut y regarder à deux fois.

L’excédent courant des pays producteurs de pétrole ne leur est imposé par personne : ils sont tout simplement incapables de consommer ou d’investir chez eux les énormes revenus de l’or noir, lorsque le prix du baril s’envole. La Chine ? Sa surabondance d’épargne vient de la situation faite à ses propres salariés : maigres salaires, absence de protection sociale, énormes profits que leurs bénéficiaires doivent en partie placer à l’étranger - et qui achètent des bons du Trésor américain parce qu’ils sont un placement sûr.

augmentation-du-cout-salarial-unitaire-2000-2008.1273439808.pngL’Allemagne, toutes proportions gardées, est bien la Chine de l’Europe. Elle ne se distingue pas seulement des autres pays européens par son excédent courant gigantesque. Elle s’en distingue d’abord par le coup de frein donné aux salaires et à la protection sociale.  Entre 2000 et 2008, le coût salarial unitaire (2) s’est accru de près de 15% en moyenne dans la zone euro. En Allemagne, il s’est accru de 1,9% (graphique 4).

part-des-salaires-dans-la-valeur-ajoutee-allemagne-1993-2008.1273440087.pngDepuis la réunification, le partage de la valeur ajoutée des entreprises allemandes s’est considérablement déformé au détriment des salariés. Ceux-ci en ont abandonné plus de 10 points  aux actionnaires entre 2000 et 2007 (graphique 5). Résultat : l’Allemagne s’est distinguée depuis dix ans par une des croissances économiques les plus lentes d’Europe (graphique 6).

pib-indice-100-2000-zone-euro-pays-eurostat.1273440200.pngC’est ce que certains appellent « la compétitivité allemande »,  un « modèle » qu’ils rêvent d’étendre à toute l’Union.

C’est évidemment une chimère, pour les raisons susdites. Ce serait surtout une compétition où il n’y aurait que des perdants : tous les peuples d’Europe confrontés à la déflation.  Evoquer cette occurrence au conditionnel est  un parti pris optimiste.  N’entend-on pas déjà citer les « efforts grecs » comme des exemples à suivre ?

——————————— 

(1) Un solde mondial non nul apparaît dans les tableaux du FMI : il n’est dû qu’à des désajustements statistiques qui se sont sensiblement aggravés avec la mondialisation.

(2) C’est le coût salarial nécessaire pour produire un euro de PIB.

 

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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 05:47




Voilà un article qui nous rappelle que nous ne sommes que peu de chose sur cette terre et que tout peut disparaitre du jour au lendemain..

 

A méditer en ce dimanche d'octobre sur le sens de la vie...

 

DH

 

 


 

La probabilité d'une collision de l'astéroïde Apophis avec la Terre revue à la baisse

 

 

LEMONDE.FR avec AFP | 08.10.09 |

 

Les résultats des nouveaux calculs publiés mercredi 7 octobre par la NASA rendent le risque d'une collision catastrophique de l'astéroïde Apophis avec la Terre en 2036 très faible. Apophis, objet céleste de toutes les attentions, qui fait deux fois et demi la taille d'un terrain de football, a été découvert en 2004, date à laquelle une possible collision avec la Terre avait alors été évaluée à un sur 45 000. Un chiffre revu à la baisse, selon les nouveaux calculs de Steve Chesley et Paul Chodas du Jet Propulsion Laboratory de la NASA à Pasadena (Californie) basés sur de nouvelles techniques et données, qui n'est plus que de un sur 250 000.

 

Les astrophysiciens devaient présenter leurs travaux à la conférence de l'American Astronomical Society à Porto Rico, jeudi 8 octobre. Initialement, les astronomes pensaient qu'Apophis avait 2,7 % de probabilités de frapper la Terre en 2029. Mais des observations supplémentaires avaient écarté toute possibilité d'un impact cette année-là. Toutefois, l'astéroïde frôlera sans danger notre planète le 13 avril 2029 en passant à 22 208 kilomètres, une distance jamais observée dans les temps modernes.

 

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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 06:06




Redécoupage électoral de la 12ème circonscription des Bouches du Rhône.



C'est parti pour le découpage électoral des circonscriptions. Ainsi la 12ème circonscription des Bouches du Rhône sera désormais composée des cantons de Vitrolles, Marignane et Châteauneuf-Cote Bleue.


La circonscription perd le canton de Berre (Berre, Rognac, St-Chamas).


Cette circonscription qui était plutôt à Gauche (Henri d'ATTILIO 1988-2002) était passée à Droite avec l'élection surprise d'Eric DIARD en 2002.


Il a été réélu au 1er tour en 2007, face à mon camarade Jean-Claude DENJEAN, l'ex 1er adjoint PS de Guy OBINO, « destitué » dans les conditions que l'on sait...


Avec le nouveau redécoupage, la position de l'UMP est assurément confortée dans notre circonscription...


Qu'à cela ne tienne nous nous battrons pour que la 12ème redevienne à Gauche !!!


On pourra s'interroger longuement sur ce redécoupage qui retire un canton plutôt à Gauche, mais cela serait faire un procès d'intention................  Quoique !...


DH



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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 05:50



Le pouvoir ne souhaite pas que les gens comprennent qu'ils peuvent provoquer des changements.


Noam Chomsky


Intéressant et d'actualité, non ?


Pour ce dimanche, je me contenterai de cette phrase de Noam Chomsky, dont je conseille par ailleurs les ouvrages...


DH

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28 février 2009 6 28 /02 /février /2009 06:00


Nicolas Sarkozy a son facteur particulier en la personne de Jack LANG. Il va finir par l’avoir son poste  l’ONU ou ailleurs, le brave Jack. Nicolas est suffisamment fort pour l’amadouer afin de poursuivre la destruction idéologique du PS.

 

Ce qui est grave, ce n’est pas que Sarkozy récupère des ex PS, ce qui est grave, c’est que des personnalités du PS n’aient plus aucune barrière idéologique à rejoindre Sarkozy. Cela signifie sur le fond, que les idées se rejoignent. Quelle visibilité cela peut – il donner aux électeurs, si le PS et l’UMP se rejoignent au travers des transferts de responsables ?

 

Encore, un point qui me conforte dans mon choix pour le Parti de Gauche !... Pour moi, la droite et la Gauche ce n’est pas la même chose.

 

DH


Ce n'est pas la première fois que Lang est le messager de Sarkozy (*)

 

Avant d'être envoyé comme "émissaire spécial" à Cuba, le socialiste avait déjà été dépêché au Yémen, dans l'indifférence générale.


Suspecté sans cesse d'être au bord de céder aux sirènes du sarkozysme, maintes fois pressenti comme nouvel entrant au gouvernement, Jack Lang a toujours réfuté ces allégations, en précisant toutefois qu'il ne s'interdisait pas d'effectuer des missions ponctuelles. C'est ce qu'il vient d'accepter en devenant "émissaire spécial" de Nicolas Sarkozy à Cuba.


Nouvelle prise du chef de l'Etat chez les socialistes? Passage à l'ennemi acté? Martine Aubry, la nouvelle première secrétaire du PS soutenue durant la campagne interne par l'ex-ministre de la Culture, s'est empressée de dégonfler la polémique naissante, en déclarant qu'il "fait partie des talents de la France" et que "tout le monde a envie de les utiliser".


Les détracteurs de Jack Lang au sein du parti n'ont même pas pris la peine de faire connaître leur déception, attendant depuis longtemps ce faux pas, notamment depuis son vote en faveur de la réforme des instituons l'été dernier (le seul parmi les parlementaires socialistes). Il faut dire qu'il avait participé à la commission de révision de la Constitution présidée par Edouard Balladur.


Porteur d'une lettre écrite de Nicolas Sarkozy

 

Avant de tenter de renouer le dialogue politique et la coopération entre la France et Cuba, Jack Lang avait pourtant déjà œuvré pour Nicolas Sarkozy, sans que personne ne s'en émeuve ou ne s'en félicite. C'était il y a presque un an jour pour jour. Et déjà pour apaiser les relations diplomatiques de la France.


A l'occasion du dîner du Crif du 13 février 2008, le président français avait choqué une partie du monde arabe en s'engageant "à ne jamais serrer la main de quiconque ne reconnaîtrait pas Israël". Le président du Yémen, Ali Abdallah Salah, avait publiquement exprimé ses regrets.

Alors Jack Lang avait été dépêché quatre jours plus tard chez le président yéménite. "Il était porteur d'une lettre écrite de Nicolas Sarkozy invitant Ali Abdallah Saleh à un grand salamalec à Paris", expliquait à l'époque l'hebdomadaire Les Afriques.


Cet épisode cubain, en outre, survient un mois après la proposition par l'Elysée, alléguée par le site du Nouvel observateur mais démentie par l'intéressé, du poste de représentant permanent de la France au Conseil de sécurité des Nations unies.


Il va devenir de plus en plus difficile pour Jack Lang de trouver sa place au sein d'un Parti socialiste en phase de reconstruction. Mais l'ancien ministre de François Mitterrand le souhaite-t-il vraiment ?


Les explications de Jack Lang sur sa mission à Cuba, sur LeParisien.fr


(*) Par Julien Martin | Rue89 | 25/02/2009 


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7 février 2009 6 07 /02 /février /2009 05:56




Vitrolles, Internet et le journal La Provence...



Depuis quelques mois, La Provence développe une sorte de forum au travers de commentaires posés par des internautes après des articles publiés dans le journal papier et repris sur internet.


Pour Vitrolles, il y a des habitués qui interviennent assez souvent se cachant ou pas derrière des pseudos.  Il y a aussi des élus de la majorité comme de l'opposition municipale qui y interviennent aussi régulièrement.


Il ya même des vedettes, avec le fameux « Rocambole » qui a finit par dévoiler publiquement son identité.


Personnellement, je consulte régulièrement les commentaires et il m'arrive à l'occasion d'intervenir sous le pseudo DH13127. Pour les articles, j'achète quotidiennement la version papier...


Il est intéressant aussi de voir que le journal papier de La Provence, reprend certains commentaires ou polémiques qui se font jour au travers des interventions des internautes.


L'idée me parait bonne, et il faut effectivement prendre en compte la réalité Internet. C'est un vecteur puissant de communication et de diffusion de ses idées. Le Journal La Provence offre un espace, il faut en profiter. Toutes les interventions n'apportent pas forcément quelque chose au débat, certaines oui. Il faut trier et prendre le bon ! Il ne faut pas que cela devienne un défouloir.


Pour autant, le militantisme par internet est une réalité et un vecteur de communication puissant. C'est aussi grâce à Internet et la diffusion sur la toile d'analyses contradictoires et d'argumentaires, qu'en 2005, les français ont refusé le Traité Constitutionnel Européen. Les militants se sont emparés de la « matière » diffusée sur internet pour partir convaincre « sur le terrain » famille, voisins, collègues de travail, etc.


Internet ne remplace donc pas tout, mais c'est un complément aux distributions de tracts sur les marchés, devant les sorites d'entreprises, à l'affichage, aux réunions publiques, aux contacts directs du quotidien. C'est aussi un vrai élément de démocratie, car il permet à tout citoyen de trouver une mine d'informations, autrefois confidentielle et difficile d'accès. L'intérêt d'internet, c'est que tout finit par se découvrir. Il faut rester vigilant pour que cette liberté ne soit pas remise en cause, car je suis sûr que certains y travaillent...


Pour revenir au local, je dirai que certaines villes sont très actives au niveau internet. A Istres, par exemple, c'est très dynamique. A Vitrolles, pendant un temps, il y a eu plusieurs blogs politiques actifs. Aujourd'hui, il n'en reste que 2 ou 3 sauf erreur (Je citerai le mien et celui de Jean-Claude MATHON du MODEM).


Pour finir, je mets en ligne le dernier article de La Provence sur la petite polémique qui opposait le Parti de Gauche à l'UMP sur Vitrolles !


DH




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4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 05:38



La vie politique ne s'arrête pas avec les congrès à venir, ceux notamment du PS, du PC, des Verts et du NPA, etc. !...


POLITIS avait lancé un appel au rassemblement de la gauche, il y a quelques mois. Je l'avais signé. Aujourd'hui, les camarades travaillent, et une déclaration de principe a été adoptée le 11 octobre 2008. Je vous la livre car cela contribue au débat.


DH





Appel de Politis : la déclaration de principes (*)


La réunion nationale des signataires de l'Appel lancé par Politis, « L'Alternative à gauche, organisons-la ! », réunie le 11 octobre à Gennevilliers, souligne l'impérieuse nécessité de rassembler toutes les forces politiques, syndicales, associatives et citoyennes par-delà les nuances pour faire face aux conséquences dévastatrices des orientations néolibérales dont la planète fait les frais depuis trop longtemps.


Comme le soulignait notre Appel, dès mai dernier : « Le capitalisme se fait toujours plus prédateur. Les émeutes de la faim sont le corollaire de l'enrichissement indécent d'une minorité de privilégiés. Les crises financières s'enchaînent et une catastrophe écologique se dessine. Bousculée par un nouveau totalitarisme de marché, la démocratie s'étiole. » En quelques mois, la tourmente financière s'est transformée en nouvelle crise capitaliste historique, des millions d'hommes et de femmes se voient menacés dans leurs conditions d'existence élémentaires, les foyers de guerre se multiplient sur le globe, la souveraineté des citoyens est toujours davantage bafouée, l'extrême droite se fait de nouveau menaçante en Europe, comme les élections autrichiennes viennent de le démontrer.


Il n'est plus temps, à gauche, de gérer précautionneusement les quelques marges que laisse le système en respectant ses règles fondamentales, mais de reprendre les choses à la racine.


- L'urgence est économique. Face à l'actuelle crise financière, il n'est pas tolérable que l'on en revienne à mobiliser les moyens de l'intervention étatique dans le seul but de faire payer au plus grand nombre une crise dont il n'est nullement responsable. Il faut rompre avec la logique dévastatrice qui cède le pouvoir au marché, replacer le secteur bancaire et le crédit sous l'autorité de la collectivité afin de les mettre au service du développement économique et social, retrouver le chemin de politiques publiques planifiées et définies au terme d'un vaste débat citoyen. Il faut en finir avec les privatisations, à commencer par celle de La Poste, et revenir sur celles qui ont affecté les services publics, interdire les licenciements boursiers. Et il faut immédiatement contrôler les mouvements de capitaux et les circuits financiers, taxer les activités spéculatives, ainsi que le demande depuis des années le mouvement altermondialiste.


- L'urgence est sociale. De toute la société, montent les mêmes exigences : refus de la casse des conquêtes sociales et républicaines ; hausse massive des salaires, des pensions et des minima sociaux ; plein emploi, refus de la précarité et réduction de la durée du travail ; Sécurité sociale et accès aux soins garantis ; droit à la retraite à taux plein à 60 ans ; services publics élargis et renforcés... Pour y répondre, il convient de promouvoir une redistribution radicale des richesses, en recouvrant les dix points de PIB transférés en vingt ans du travail vers le capital, ce qui représente annuellement autour de 170 milliards d'euros. Ce sera possible grâce à l'augmentation des salaires comme des pensions, et à une fiscalité récupérant les innombrables aides indues consenties sur des années aux détenteurs de capitaux pour réhabiliter l'impôt direct, progressif, fortement redistributif. Il faut en outre assurer une égalité réelle, dans l'emploi et le revenu, aux femmes et aux hommes.


- L'urgence est écologique. Émissions de gaz à effet de serre, dérèglements climatiques, question énergétique, crises agricole et alimentaire : chacun le sent bien désormais, la catastrophe s'approche à grands pas. Sur ce plan également, laisser libre cours aux mécanismes du marché mène inexorablement à la destruction des conditions mêmes de la vie humaine. Un développement soutenable n'est possible que si l'on consent à rompre avec la domination de l'économie par des intérêts privés et leur logique du profit à court terme. Réintroduire la logique de l'intérêt général dans ces secteurs essentiels de la vie collective que sont la santé, les équipements, les transports, les activités industrielles ou agricoles, cela exige une planification écologique restituant aux politiques publiques les moyens d'agir, et rompant avec le productivisme.


- L'urgence est démocratique. En France, depuis mai 2007, le pouvoir de Nicolas Sarkozy a poussé à l'extrême la dérive présidentialiste, quasi monarchique, induite par les institutions de la Ve République. La concentration des pouvoirs au plus haut niveau de l'État a été consacrée par la révision constitutionnelle de juillet 2008. Elle se conjugue avec une entreprise de normalisation sans précédent des médias, la confusion permanente entre l'action publique et les intérêts privés, le développement du fichage de la population et des pratiques sécuritaires, la stigmatisation des populations issues de l'immigration. Il convient de rompre avec ces institutions, et notamment avec l'élection du président au suffrage universel, qui conditionne et avilit toute la vie politique, pour ouvrir un processus constituant permettant au peuple de récupérer toute sa souveraineté. Il convient aussi d'étendre le droit de vote aux résidents non communautaires.


- L'urgence est européenne. L'Union européenne se retrouve au cœur de la tempête financière et économique, mais elle est incapable d'y faire prévaloir les intérêts du plus grand nombre, emprisonnée qu'elle est dans les carcans du Pacte de stabilité, d'une Banque centrale indépendante, d'un grand marché déréglementé et de la destruction programmée de ce qu'il reste de services publics sur le continent. Le traité de Lisbonne a recyclé les orientations essentielles du traité constitutionnel européen, rejeté en 2005 par le vote des citoyens français et néerlandais. Aucune politique de gauche ne pourra jamais être conduite dans le cadre d'un tel traité. Il faut en sortir, comme nous y a invité le peuple irlandais, seul à avoir pu se prononcer démocratiquement et souverainement sur la question, et redonner la parole aux peuples européens.


Sur ce plan, à huit mois des élections européennes, l'assemblée des signataires considère qu'il serait incompréhensible que les forces antilibérales, celles-là mêmes qui ont mené en commun la bataille victorieuse du référendum du 29 mai 2005, ne s'expriment pas en commun à l'occasion de cette échéance.


- L'urgence est à une politique de paix. Au fil des années, à mesure que les Nations unies se voyaient tenues en lisière, l'Otan est devenue le bras armé de la volonté impériale des États-Unis. Son action belliqueuse se déploie sous l'égide de la « guerre sans limites » et du « choc des civilisations » chers à l'administration Bush. On perçoit aujourd'hui, dans le Caucase, à quels dangers elle peut conduire pour la paix mondiale. C'est pourtant cette alliance guerrière que le gouvernement français a choisi de réintégrer complètement, participant en Afghanistan à un conflit aussi inutile que sanglant, allant à l'encontre des aspirations démocratiques des Afghanes et des Afghans. Le retrait de l'Otan se révèle donc comme la condition même d'une nouvelle politique internationale de la France, ouverte aux coopérations entre les peuples, et plus particulièrement soucieuse d'un codéveloppement avec le Sud. La réunion nationale des signataires de l'Appel de Politis tient dans ce cadre à affirmer son exigence de retrait des troupes françaises d'Afghanistan.


Ces six urgences sont les pistes de travail, les grands chantiers de réflexion et d'action, que l'assemblée du 11 octobre soumet à la plus large discussion. C'est une mobilisation exceptionnelle, impliquant des millions de salariés, de jeunes, de citoyens, qui permettra de les mettre en œuvre.


Dans les jours et les semaines qui viennent, aux plans national et local, les signataires de l'Appel de Politis solliciteront ainsi toutes les compétences au sein du mouvement syndical et associatif, comme dans le monde de la recherche et de la culture. L'objectif est de parvenir à de véritables propositions alternatives qui stimulent les résistances sociales et les mobilisations populaires, et que pourrait porter une gauche de transformation sociale et écologique dans toutes les échéances politiques à venir.


C'est dans cette perspective que, tout en s'engageant à agir pour favoriser l'unité d'action face aux attaques du gouvernement, ils proposent la tenue, au début de 2009, d'assises pour un vrai changement. À l'occasion de ce grand rendez-vous, ils souhaitent pouvoir préciser les pistes de travail ici suggérées en conduisant un travail d'élaboration associant, en toute indépendance, l'ensemble des forces intéressées à l'existence d'une alternative authentique à gauche : partis, courants et militants de partis acquis à la nécessité d'une alternative de rupture ; acteurs et actrices du mouvement social ; associations agissant pour les droits sociaux et les libertés ; structures issues des quartiers populaires ; mouvements féministes et organisations de jeunesse.


Dans notre Appel de mai dernier, nous affirmions notre conviction qu'il « existe ici un espace comparable à celui révélé par Die Linke en Allemagne » et Synaspismos en Grèce. Nous voulions souligner que, « faute de convergence entre des traditions et des cultures jusqu'ici séparées, faute de prendre en compte l'apport des mouvements sociaux et citoyens ayant émergé depuis plusieurs années, le champ des possibles demeurera inévitablement limité : aucune force constituée ne peut rassembler autour d'elle seule ».


Au-delà des nuances et des différences qui peuvent nous partager, c'est plus que jamais cette volonté qui nous anime. Nous constatons la nécessité d'une nouvelle force de gauche dans ce pays. Nous entendons poursuivre l'action commune pour une gauche digne de ce nom. Nous ne nous résignons pas à la division des forces de la gauche de transformation, sociale et écologiste. Nous leur proposons donc de s'associer dans un cadre permanent, dans le respect des différences et des projets de chacun. Nous souhaitons que se noue entre elles un PACTE assurant la pérennité de ce cadre et la poursuite du travail sur les propositions alternatives qui viennent d'être ébauchées, quelles que soient par ailleurs les divergences qui pourront surgir.


Nous le disons avec solennité : c'est la conscience de la nécessité, et le souci d'unité qui doivent l'emporter.




(*) http://www.politis.fr/Appel-de-Politis-la-declaration-de,4644.html



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13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 06:27


Dans la série « on ne nous dit pas tout », où la face cachée de la crise financière actuelle, je vous conseille cet article, qui mérite notre attention...


Le fameux Paulson, du plan du même nom est loin d'être clair.


A suivre...


DH



Derrière la panique, la guerre financière pour le futur pouvoir bancaire mondial (*)


Derrière la panique, la guerre financière pour le futur pouvoir bancaire mondial

F. William Engdahl , 10 octobre 2008


Ce qui ressort du comportement du marché financier européen ces deux dernières semaines, c'est que les anecdotes dramatiques de la crise financière et la panique servent délibérément à certaines factions influentes, dans et en-dehors de l'UE, à façonner la face future de la banque mondiale suite à la débâcle du subprime (prêt à haut risque) et des titres adossés à des créances (ABS) aux États-Unis.


Le développement le plus intéressant des derniers jours est la position unifiée et forte allemande, de la chancelière, du Ministre des Finances, de la Bundesbank et du gouvernement de coalition, tous opposés à un super-fond de renflouage bancaire du style étasunien dans l'Union Européenne.


Pendant ce temps-là, le Ministre étasunien des Finances, Henry Paulson, continue son copinage envers le capitalisme au détriment de la nation et au profit de ses copains du monde financier. C'est un cocktail inutilement explosif.


La chute de 7 à 10 pour cent de la bourse par jour fait les gros titres dramatiques de l'actualité et sert à susciter un grand sentiment de malaise proche de la panique chez le citoyen ordinaire. Les événements des deux dernières semaines dans les banques de l'UE, depuis le sauvetages de la situation dramatique des banques Hypo Real Estate, Dexia et Fortis, et l'annonce d'Alistair Darling, le Chancelier de l'Échiquier au Royaume-Uni, d'un changement radical dans la politique du traitement des banques en difficulté au Royaume-Uni, ont commencé à révéler les grandes lignes des diverses réponses européennes, à ce qui est en réalité une crise « Made in USA. »


De sérieuses raisons font penser que Henry Paulson, l'ancien directeur général de Goldman Sachs, n'est pas stupide en tant que Ministre des Finances. Il y a aussi des raisons réelles de croire qu'il agit en fait en fonction d'une stratégie à long terme bien pensée. La façon dont se déroulent à présent les événements dans l'UE tendent à le confirmer. Comme me l'a dit un haut responsable banquier européen lors d'une discussion privée, « Une guerre est en cours entre les États-Unis et l'Union Européenne pour définir la face future de la banque européenne. »


Du point de vue de ce banquier, la tentative en cours du Premier Ministre italien Silvio Berlusconi et de Nicolas Sarkosy en France, de créer un « fond » commun en Union Européenne, avec peut-être plus de 300 milliards de dollars pour sauver les banques en difficulté, serait de facto jouer directement dans la stratégie à long terme de Paulson et de l'establishment étasunien, en affaiblissant en réalité les banques et en remboursant les titres véreux d'origine étasunienne détenus par les banques de l'UE.


Utiliser la panique pour centraliser le pouvoir


Comme je le docume dans mon prochain livre, Power of Money : The Rise and Decline of the American Century, (pouvoir de l'argent : essor et déclin du siècle étasunien), dans toutes les grandes panique financière aux États-Unis depuis au moins celle de 1835, les titans de Wall Street, surtout la Maison JP Morgan avant 1929, ont déclenché délibérément la panique bancaire en coulisses pour consolider leur emprise sur la banque des États-Unis. Les banques privées ont utilisé la panique pour contrôler la politique de Washington, notamment la définition exacte de la propriété privée de la nouvelle Réserve Fédérale en 1913, et pour consolider leur contrôle sur l'industrie, comme US Steel, Caterpillar, Westinghouse et ainsi de suite. En bref, ils sont les vétérans de ce genre de guerre financière pour l'élargissement de leur pouvoir.


Ils doivent maintenant faire quelque chose de semblable à l'échelle mondiale afin de pouvoir continuer à dominer la finance mondiale, le cœur de la puissance du Siècle Étasunien.


Cette pratique, du recours à la panique pour concentrer leur pouvoir privé, a créé une concentration extrêmement puissante de pouvoir financier et économique entre quelques mains du secteur privé, ces mêmes mains qui, en 1921, créèrent l'influent groupe d'expert en politique étrangère étasunienne, le Council on Foreign Relations, pour guider la montée du Siècle Étasunien, tel que l'appelait le fondateur de l'époque, Henry Luce dans un essai capital en 1941.


Il devient de plus en plus évident que les gens comme Henry Paulson, qui, par la façon dont il fut l'un des promoteurs les plus énergiques de la révolution de l'ABS à Wall Street, avant de devenir Ministre des Finances, sont animés par des mobiles qui dépassent de loin leurs instincts de cupidité. Dans ce contexte, la propre expérience de Paulson est intéressante. Dans le passé, à l'aube des années 70, Paulson entama sa carrière en travaillant pour un homme célèbre nommé John Ehrlichman, l'impitoyable conseiller en politique intérieure de Nixon qui, à l'époque du Watergate, avait créé les fameux Plombiers pour réduire au silence les adversaires du Président, et que Nixon a abandonné « à être forcé d'exister sans soutien » en prison pour lui.


Paulson semble avoir pris de la graine de son mentor de la Maison Blanche. Selon un article du New York Times, quand il était coprésident de Goldman Sachs, il a fait partir de force en 1998 son coprésident, Jon Corzine, dans ce qui équivalait à un « coup d'État. »


Il devient évident que Paulson, et ses amis de Citigroup et JP Morgan Chase, ont une stratégie, de même que le parrain de la titrisation des hypothèques et de la déréglementation bancaire, l'ancien président de la Réserve Fédérale, Alan Greenspan, comme je l'ai exposé en détail dans la partie IV de ma précédente série, Financial Tsunami.


Étant sûrs qu'à un moment la pyramide de billions de dollars de subprimes douteux et des autres titres adossés à des prêts hypothécaire à hauts risques allaient s'effondrer, ils étaient apparemment déterminés à propager le plus possible dans le monde entier les ainsi nommés « déchets toxiques » de l'ABS, pour attirer les grandes banques du monde, plus particulièrement celles de l'Union Européenne, dans leur piège à miel.


Ils avaient de l'aide. Lors de son dernier témoignage sous serment, Eric Dinallo, le directeur du New York Insurance Department, a déclaré à l'audition de surveillance du renflouage d'AIG de Paulson, que la réduction du financement ces dernières années dirigées par l'administration Bush-Cheney, avait réduit la fiabilité du département, qui devait contrôler ou veiller sur 80 billions de dollars de titres adossés à des créances (ABS), incluant le subprime empoisonné, les titres hypothécaires de catégorie Alt-A et bien d'autres. L'administration Bush a réduit un personnel de plus de 100 personnes à une seule. Oui « UNE, » ce n'est pas une faute de frappe.


Est-ce que c'était juste une coupe de budget par ferveur idéologique, ou était-ce délibéré ? Est-ce que le responsable garantissant qu'aucune personne efficace au gouvernement ne supervise l'explosion de la titrisation des actifs hypothécaires était l'ancien homme de Goldman Sachs, l'homme qui avait convaincu le Président d'embaucher Paulson, l'ancien directeur de l'Office of Management and Budget (OMB) de Bush, l'actuel chef d'état-major du Président : Joshua Bolten ?


Ce sont peut-être des questions que le Congrès ferait bien de poser à des gens comme Henry Paulson et Joshua Bolten, au lieu de questions de diversion du genre de la hauteur de la prime reçu par Richard Fuld a Lehman. N'y a-t-il pas, là sur le cadavre, les empreintes digitales de M. Bolten ? Et pourquoi n'y a-t-il aucune question sur le rôle de Paulson en tant que directeur général de Goldman Sachs, le promoteur de Wall Street le plus agressif en faveur des titres exotiques et des autres produits de titrisation adossés à des actifs ?


Il semblerait aujourd'hui que la stratégie de Paulson était d'utiliser une situation de crise, de crise pré-programmée, prévisible dès 2003, quand Joshua Bolten est devenu chef de l'OMB, au moment où tout ça a éclaté, pour affoler les gouvernements les plus conservateurs de l'Union Européenne en les précipitant au secours des actifs toxiques des États-Unis.


Si cela devait arriver, ça détruirait ce qui reste de bon dans le système bancaires et les institutions financières de l'UE, rapprochant d'un pas de plus le monde vers un marché monétaire contrôlé par les copains de Paulson, des copains du style capitaliste étasunien.


Le copinage capitaliste est certainement une explication appropriée ici. Robert Rubin, le prédécesseur de Paulson à la fois chez Goldman Sachs et aux Finances, aimait accuser les banquiers asiatiques de Thaïlande, d'Indonésie et des autres pays frappés en 1997 par les attaques spéculatives des fonds de couverture sponsorisés par les États-Unis, de « copinage capitaliste, » donnant l'impression que la crise avait sa source en Asie et n'était pas la conséquence d'attaques délibérées des institutions financières parrainées par les États-Unis pour éliminer le modèle du Tigre Asiatique, entre autres objectifs, et transformer l'Asie en bailleur de fonds de la dette étasunienne.


Il est intéressant de noter que Rubin est à présent directeur de Citigroup, manifestement l'une des banques survivantes des copains de Paulson, la banque qui a dû jusqu'ici passer par pertes et profits la plus grande somme en actifs titrisés empoisonnés.


Si l'allégation de panique planifiée est exacte, dans le style de la panique de 1907, et c'est un grand si, alors le plan a réussi jusqu'à un certain point. Ce point est tombé pendant le week-end du 3 octobre, par hasard au moment des vacances de l'unification nationale de l'Allemagne.


L'Allemagne lâche le modèle étasunien


Dans la soirée du dimanche 5 octobre, lors de pourparlers à huis clos, Alex Weber, le patron réaliste de la Bundesbank, Jochen sanio, le dirigeant de BaFin, et des représentants du gouvernement de coalition à Berlin de la chancelière Angela Merkel, ont lancé pour Hypo Real Estate (HRE) un plan de renflouage d'un valeur nominale de 50 milliards d'euros. Toutefois, derrière ce chiffre considérable dans les gros titres, comme le soulignait Weber dans une lettre rendue publique du 29 septembre au Ministre des Finances Peer Steinbrück, non seulement les banques privées allemandes ont proposé 60 pour cent de ce chiffre, avec 40 pour cent pour l'État, mais en plus, compte tenu de l'attention avec laquelle le gouvernement, en coopération avec la Bundesbank et BaFin, ont structuré l'accord de crédit de secours, dans le pire des scénarios, la perte maximale possible pour l'État, serait limitée à 5,7 milliards, et non pas à 30 milliards d'euros comme beaucoup l'ont cru.


C'est toujours de l'argent, mais pas le chèque en blanc de 700 milliards de dollars que le Congrès des États-Unis, contraint par les quelques jours de chute des cours boursiers, a décidé de donner à Paulson.


La rapidité d'action du Ministre des Finances Steinbrück à virer la direction de HRE, en contraste frappant avec Wall Street où les mêmes délinquants fraudeurs restent dans leur bureau à récolter d'énormes primes, montre aussi l'approche différente. Mais cela ne tranche pas le noeud du problème. La situation de HRE provient, comme noté précédemment, des excès de sa banque filiale auxiliaire, en propriété exclusive, DEPFA en Irlande, un pays de l'UE connu pour sa réglementation libérale relâchée et son bas régime fiscal.


Changement dans la politique britannique


Au Royaume-Uni, après le stupide et coûteux renflouage de Northern Rock en début d'année, le gouvernement du Premier Ministre Gordon Brown vient d'annoncer un changement politique radical allant dans le même sens que l'Allemagne. Les banques britanniques obtiendront exceptionnellement 50 milliards de livres (64 milliards d'euros) de renflouage du gouvernement et des prêts de secours de la Banque d'Angleterre.


Le trésor public a déclaré que le gouvernement allait acheter des actions privilégiées de la Royal Bank of Scotland Group Plc, de Barclays Plc et d'au moins six autres banques, et fournira environ 250 milliards de livres de garanties de prêts pour refinancer la dette. La Banque d'Angleterre mettra à disposition au moins 200 milliards de livres. Le plan ne précise pas combien obtiendra chaque banque.


Tout ça signifie que le gouvernement britannique nationalise, au moins partiellement, ses banques internationales les plus importantes, au lieu de racheter leurs prêts véreux dans le style d'un plan inapplicable à la Paulson. Dans ce genre d'approche, le coût pour le contribuable du Royaume-Uni sera bien moindre, car, une fois la crise calmée et les affaires revenues à la normale, le gouvernement pourra vendre des parts de l'État aux banques en bonne santé avec peut-être un bon bénéfice pour le trésor public.


Le gouvernement Brown a sans doute réalisé que la couverture de garantie accordée à Northern Rock et Bradford & Bingley en début d'année n'a fait qu'ouvrir les vannes des dépenses gouvernementales sans arranger le problème.


La nouvelle politique étasunienne de nationalisations, par rachat des obligations sans valeur détenues par des banques sélectionnées que Paulson a choisi de sauver, plutôt que de recapitaliser les banques pour leur permettre de continuer à fonctionner, contraste énormément de l'approche idéologique du « marché libre » de Paulson.


Les lignes de la bataille se dessinent


Que se dégage-t-il des grandes lignes des deux approches opposées face au développement de la crise. À présent, le plan Paulson fait manifestement partie d'un projet visant à créer trois géants financiers mondiaux colossaux : Citigroup, JP MorganChase et, bien entendu, la propriété de Paulson, Goldman Sachs, devenue maintenant assez opportunément une banque.


Ayant utilisé avec réussite la peur et la panique pour arracher 700 milliards de dollars de renflouage au contribuable, désormais les trois grands essayeront leurs muscles hors du commun à ravager les banques européennes dans les années à venir. Tant que les plus grandes agences financières de notation du monde, Moody's et Standard & Poors, sont épargnées par les scandales et les auditions au Congrès, le pouvoir financier réorganisé de Goldman Sachs, Citigroup et JP Morgan Chase pourrait potentiellement se regrouper et accélérer leur ordre du jour mondial dans les prochaines années, en marchant sur les cendres de la faillite de l'économie étasunienne, mise en banqueroute par leurs folies.


En s'accordant sur la stratégie de nationalisation des banques que les Ministres des Finances de l'UE estiment « trop stratégiques par leur caractère systémique pour faire faillite, » tout en garantissant les dépôts bancaires, les plus grands gouvernements de l'UE, l'Allemagne et le Royaume-Uni, ont opté, contrairement aux États-Unis, pour ce qui ira dans le plus long terme, en permettant aux géants bancaires de résister aux attaques financières prévues de leurs homologues, Goldman ou Citigroup.


La liquidation spectaculaire des actions sur les bourses d'Europe et d'Asie est en réalité un problème secondaire de loin le moins critique.


Selon des rapports du marché, ce bradage est alimenté surtout par les fonds de couverture (hedge funds) étasuniens qui tentent désespérément de remonter le niveau des espèces, car ils réalisent que l'économie étasunienne se dirige vers une dépression économique, celle à laquelle ils se sont exposés et pour lesquelles le plan Paulson ne règle rien.


Un mécanisme restaurant la solvabilité du système bancaire et interbancaire est de loin le plus stratégique. La débâcle de l'ABS était « Made in New York. » Néanmoins, ses effets doivent être isolés et les banques viables de l'UE défendues dans l'intérêt public, et non pas, comme aux Etats-Unis, dans le seul l'intérêt des banque des copains de Paulson.


Les instruments non réglementés à l'étranger, comme les hedge funds et les banques et assurance non réglementées, se sont tous engagés dans la construction de ce que j'ai appelé un tsunami de 80 billions de dollars en ABS. Certains des gouvernements les plus conservateurs de l'UE ne sont pas sur le point d'acheter le remède proposé par Washington.


Tout en s'emparant des gros titres, la baisse coordonnée des taux d'intérêt de la BCE et des autres banques centrales européennes ne fait pas grand chose en réalité pour traiter le vrai problème : la peur des banques à se prêter entre elles tant que leur solvabilité n'est pas assurée.


En amorçant un état partiel de nationalisation dans l'UE, et en rejetant le système de renflouage des Berlusconi-Sarkozy, les gouvernements de l'UE, cette fois menés de façon intéressante par l'Allemagne, mettent en place une base saine pour sortir de la crise.


Restez à l'écoute, c'est loin d'être terminé. Il s'agit d'une lutte pour la survie d'un Siècle Étasunien en construction depuis 1939 sur les piliers jumeaux de la domination financière et militaire : l'éventail complet de la dominance étasunienne.


Les banques asiatiques, gravement endommagées par la crise d'Asie de 1997-98 pilotée par Wall Street, sont apparemment très peu exposées aux problèmes étasuniens. Les banques européennes sont exposées de différentes façons, mais aucune ne l'est aussi sérieusement que le système bancaire mondial étasunien.


De : F. William Engdahl  (11/10/08)

 

(*) http://bellaciao.org/fr/spip.php?article72452


Original :


http://engdahl.oilgeopolitics.net/Financial_Tsunami/Warfare_Behind_Panic/warfare_behind_panic.html


Traduction libre de Pétrus Lombard pour Alter Info


http://www.alterinfo.net/Derriere-la-panique,-la-guerre-financiere-pour-le-futur-pouvoir-bancaire-mondial-_a24773.html

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23 août 2008 6 23 /08 /août /2008 06:28

Connaissez-vous le Daily - Show de Jon Stewart ?

 


Pour mieux comprendre les américains, je conseille l’émission le Daily Show qui passe sur Canal +.

 

Au travers d’interview décalées, l’animateur Jon Stewart nous permet de décrypter l’actualité Américaine avec une parodie de journal télévisé. C’est souvent décapant et très instructif pour nous français!

 

Le Figaro (ne croyez pas que j’y suis abonné !) a fait un bon article sur le sujet. Le Daily Show est en effet craint des prétendant à la présidence Mc Cain et Obama.

 

J’ai trouvé 3 vidéos sur internet avec traduction pour illustrer mon propos.

 

DH


Bush et l'économie, émission du 18/07/08

 



Emission du 09/08/08 : le pétrole., Bush,..



La Baracknophobie, émission du 18/06/08

 

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