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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
3 janvier 2006 2 03 /01 /janvier /2006 23:50

En Baisse
 

source : Le Nouvel Observateur le 14/01/1999


Jean-Jacques Anglade, ancien maire PS de Vitrolles, est poursuivi pour corruption passive dans une affaire de fausses factures d'un montant de près de 1,5 million de francs. Trois ans de prison dont dix-huit mois avec sursis ont été requis contre lui.

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3 janvier 2006 2 03 /01 /janvier /2006 23:40

Manifestation contre un congrès mégretiste
 

Paru dans l’Humanité du 18/01/1999

 

La faction mégrétiste du FN tenait son "congrès départemental" samedi après-midi dans le village gersois de Pessan, préparant ainsi le congrès national extraordinaire convoqué par Mégret et ses amis les 23 et 24 janvier à Marignane. Tandis que se tenait cette "réunion privée" dans la salle des fêtes louée par le maire, de nombreuses organisations antifascistes manifestaient, à proximité, leur refus de la haine.

 

Le Gers, département rural réputé paisible, n’est pas épargné par l’idéologie d’extrême droite, même si le FN n’y obtient que 7% à 8%. Le clan mégrétiste semble y prendre le pas sur celui de Le Pen, du moins chez les dirigeants. X (*) , élu FN à Auch, conduisait même, hier, une liste labellisée Mégret aux élections municipales de La Grande Motte. Quant à Jacques Guareschi, ex-secrétaire départemental, "débarqué" pour avoir rallié le maire consort de Vitrolles, il espérait réunir samedi à Pessan "les trois quarts des adhérents à jour de leurs cotisations, c’est-à-dire soixante-dix personnes". En fait, ils n’étaient que vingt-cinq mégrétistes, surtout des personnes âgées. Quatorze seront délégués au congrès de Marignane. Jacques Guareschi l’affirme : "Avec Mégret, le plafond du FN ne restera pas à 15%."

 

Sous les fenêtres, une centaine de personnes crient des slogans antifascistes. Depuis une ouverture, un mégrétiste muni d’un caméscope filme les manifestants. Pour les archives ? Les manifestants : des militants de Ras l’Front, du PCF, de la Confédération paysanne, du PS, des libertaires... Le danger mégrétiste, à leurs yeux, n’est pas moindre que le danger lepéniste. "Ce sont des fascistes, qu’ils soient avec Mégret ou avec Le Pen", s’écrie Jean Saint-Avit, animateur de Ras l’Front, fils de déporté et de résistant. Si le pugilat Le Pen-Mégret a pour ces manifestants quelque chose de réjouissant, beaucoup jugent pourtant que le péril est loin d’être jugulé, car Mégret, susceptible de supplanter Le Pen, contracterait vraisemblablement des alliances avec des fractions de la droite. Et les causes profondes de la montée de l’extrême droite n’ont pas disparu.

 

La mobilisation antifasciste dans le Gers va se poursuivre. La plaque Olof-Palme, du nom du premier ministre suédois assassiné, arrachée par les mégrétistes d’une rue de Vitrolles, sera apposée sur un lieu public de Valence-sur-Baïse le samedi 23 janvier, en présence de l’ambassadeur de Suède en France. Elle ne retournera à Vitrolles que lorsque cette commune ne sera plus sous le joug d’une municipalité d’extrême droite.

 
BRUNO VINCENS


(*) Conformément à la demande de l'intéressé, par mail d'Over-Blog du 06/06/09, le nom de l'intéressé a été retiré

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3 janvier 2006 2 03 /01 /janvier /2006 23:30

Le grand soir du petit Le Pen
 

source : Le Nouvel Observateur le 21/01/1999 auteur : AGATHE LOGEART


Le chauffeur baisse la vitre. Venue de la nuit noire, une main tend un objet. Une voix dit : « Attention, elle est dégoupillée. » Blotti au fond de la voiture, Bruno Mégret glousse : « C'est peut-être une bombe de mousse à raser ! » Il est de bien bonne humeur, ce soir. Presque enfantin, avec ces fossettes qui apparaissent quand il croit faire une blague. Oh, ce n'est pas que ce déplacement soit particulièrement excitant : Bruno Mégret, venu soutenir la liste FN-tendance « puputschiste » à l'élection municipale partielle de La Grande-Motte, sait bien que le candidat n'est pas fameux, et ne se fait pas d'illusions sur son score.

 

Dans la vie politique, il a toujours détesté « les campagnes, les meetings, les discours, la convivialité ». Et si serrer des mains sur un marché « ne l'embête plus », c'est bien récent... Partager un dîner avec des militants, comme il vient de le faire dans un restaurant désert où on lui conseille de ne pas tourner le dos aux vitres « pour des raisons de sécurité », l'assomme, et il ne fait même pas semblant de le cacher. Alors lui, qui pour rien au monde ne sauterait un repas, se ressert abondamment de « catigot », une espèce d'aïoli de poisson dégoulinant de crème fraîche : il sait bien que personne ne reprochera au garçon si bien élevé qu'il est de ne pas parler la bouche pleine. Non, son plaisir est ailleurs. Dans la déférence soudaine des militants qui l'escortent ? Voire... C'est surtout l'arithmétique locale qui le réjouit : sur les sept listes de droite (pas une de gauche) qui s'affrontent pour emporter cette ville-fantôme de béton brut, le FN-« canal historique » n'a « pas même réussi » à monter une liste. « Et ça, c'est bien un signe, non ? » Douce revanche d'être enfin seul à occuper l'espace, après tant d'années de rances humiliations...

 

Succéder à Le Pen : il en a, depuis longtemps, l'ambition. Depuis quand ? Avec une coquetterie toute féminine, il bat des cils, qu'il a longs et noirs, et esquive. La chose se ferait-elle en douceur, ou brutalement ? C'était, en vérité, la seule inconnue. « De mon côté, n'y a pas de haine, affirme-t-il. Jean-Marie Le Pen pense que le FN, c'est lui. C'est tout.

 

Il n'a pas supporté la victoire de Vitrolles, mon succès au congrès de Strasbourg, pas plus que l'intérêt croissant que je suscite dans les médias. » C'est donc Le Pen qui a porté les premiers coups : en annonçant la candidature de sa femme Jany comme tête de liste aux européennes s'il avait été privé pour deux ans de ses droits civiques, il a franchi la ligne jaune.

 

Bruno Mégret n'a fait qu'agir en état de légitime défense : ce ne serait pas plus compliqué que ça. « A Jean-Marie Le Pen, qui a su rendre possible ce qui était nécessaire » : elle se lit drôlement, aujourd'hui, la dédicace choisie par Bruno Mégret, en exergue de « la Flamme... », le livre qu'il publia en 1990 (1) pour justifier son ralliement au Front national et exposer son programme !

 

Comme il est loin ce jour de novembre 1985 où le jeune Mégret, polytechnicien, diplômé de Berkeley, formé au Club de l'Horloge, en rupture de RPR et fondateur des Comités d'Action républicains, « sentit naître en lui ce quelque chose d'indéfinissable qu'on appelle la confiance » au cours de sa première rencontre avec le président du FN... La confiance ? Parlons-en ! « Diviser pour mieux régner » : très vite Bruno Mégret comprend que c'est la technique du chef.

 

Stirbois, avant de mourir, le savait bien. Gollnisch en a fait l'expérience. Mégret n'a pas été en reste. Humilier aussi : « Il est grand, non, pour un pygmée ? », se plaisait à susurrer Le Pen du haut de son mètre 84, à portée d'oreille de Mégret (1 mètre 58). « Le titounet », « le fafounet », comme il arrivait qu'on le surnomme affectueusement, faisait mine de ne pas entendre. Alors Le Pen en rajoutait.

 

Mégret a une passion pour Napoléon ? « Bruno oublie que sous Napoléon il y avait toujours un cheval ! », s'esclaffe le président. A Saint-Cloud, Mégret prend son tour comme tout le monde, dans la salle d'attente, « son petit cartable sur les genoux, comme s'il était chez le dentiste », se souvient Lorrain de Saint-Affrique, l'ancien conseiller en communication de Jean-Marie Le Pen, exclu en 1994 sur ordre de Mégret pour avoir osé dire (2) que celui-ci « protégeait des néonazis et des admirateurs de l'Allemagne hitlérienne au sein du FN ». « Et les trois filles Le Pen le toisaient, ajoute Lorrain de Saint-Affrique, en disant : "Oh, comme il est petit !" Il y avait de quoi craquer dix mille fois. Mais il a tenu. » Et il a fait de gros efforts : non content d'adresser un mailing à tous les secrétaires départementaux du FN pour les convier à son mariage, en 1992, il a aussi invité le chef et sa femme : la Rolls caramel de Mme Le Pen garée ostensiblement au bas des marches avait-elle d'autre fonction que d'en jeter plein la vue à ces manants qui louaient un château pour leurs noces ? Bruno Mégret a même prié Jean-Marie Le Pen d'être le parrain de son premier enfant, Audouin. « C'était un effort ­ raté ­ pour créer entre nous une complicité qui manquait », explique aujourd'hui le papa. Pour la deuxième, Bertille, il reviendra à ses vrais amis, en choisissant un vieux compagnon du Club de l'Horloge, Jean-Claude Bardet, un ancien du Grece, pour qui l'immigration massive représente « un génocide ». Les tentatives de rapprochement n'ont pas fait taire les rumeurs : « On disait que j'étais homosexuel, franc-maçon, sous-marin du RPR. » On ? « Ragots classiques dans les milieux d'extrême-droite », commente l'intéressé, qui n'a guère de doute sur leur origine, et sait à merveille de quoi il parle.

 

Sourd, aveugle, il travaille, lui. Tente de contenir « le folklore » nazillon qui plombe l'image du FN. Structure le parti, l'organise, lui fabrique un programme, forme des cadres. Le Pen lui chipote les postes auxquels il veut nommer ses amis, les moyens financiers qu'il ne lui concède qu'au compte-gouttes, le poussant « involontairement » à organiser des réseaux parallèles bien commodes aujourd'hui.

 

Mégret vouvoie Le Pen, qui le tutoie : « Sauf quand il est en colère », ce qui n'est pas rare. Jamais il ne le remercie. « D'homme à homme, il ne m'a jamais agressé non plus » : ce qui fait un équilibre. Mégret n'est pas dupe, mais il encaisse : n'ont-ils pas, au-delà de leurs différences, de leurs divergences, le même but : arriver au pouvoir ? Eh bien non ! Bruno Mégret affirme en avoir peu à peu été convaincu.

 

Premier indice : l'élection législative de Gardanne en 1993, où Le Pen, en exigeant le maintien au second tour de Damien Bariller, le bras droit de Mégret, favorise l'élection de Bernard Tapie. Mesure de rétorsion : la droite républicaine fait battre Mégret à Marignane.

 

En 1995, quand le FN emporte quatre villes aux élections municipales, Le Pen fait la fine bouche. A l'approche de chaque élection, il se débrouille pour tricoter une petite phrase innommable qui fait fuir les plus bégueules. Bref, comme Mégret l'a dit à Michel Field dimanche dernier sur TF1 : Jean-Marie Le Pen s'est mis à tout faire pour empêcher le FN de « sortir de son ghetto de 15% ». Et il a transformé « les boulevards en impasses ». Ce qui n'est pas du tout du goût de Mégret. Le pouvoir, il l'aime, lui. Il le veut, le désire d'une passion amoureuse, obsessionnelle, depuis qu'il a... 10 ans, et joue avec ses trois soeurs à être « chef de gouvernement ». « Je ne suis pas pressé », dit-il, avec l'air du chat qui attend patiemment devant le trou que la souris finisse par sortir. 53 ans en 2002, ça vous a quand même plus belle allure que les 74 ans de Le Pen à la même date, non ? « Le Pen a pété les plombs » : Mégret laisse à ses proches la basse besogne de le répéter à qui veut l'entendre, de brocarder « la dérive monégasque » de la PME familiale des Le Pen, père, femme et filles...

 

De sa voix douce, il se contente de murmurer : « Je ne toucherai pas au socle du Front national. Jusqu'en 1995, ça va. Après, on effacera la dernière période de l'histoire officielle. » Plus que quelques jours avant le congrès de Marignane, où il va se faire ­ enfin ­ introniser président bis du FN. L'opération ­ qui donnera du travail aux tribunaux ­ est risquée. Peut-il perdre, tout perdre ? Il fait mine de ne pas même y songer : « Perdre, ce serait ne pas atteindre 5% aux européennes. Ou être abandonné par les gens. » Proprement impensable. Ce qui l'attend l'amuse. Cela ressemble à ces superproductions de cinéma que dans ses rêves les plus fous il rêverait de diriger : « Comme Spielberg, ou le Besson du "Cinquième Elément"... » Son père, Jacques, conseiller d'Etat, giscardien, qui mourut à son poste de directeur de l'Administration pénitentiaire, n'aurait peut-être pas apprécié : « Il n'aurait pas été choqué par mes idées. Mais il aurait pensé que ce n'était pas convenable. Et que je prenais trop de risques. » Lui, tout bien réfléchi, se dit que s'il n'avait pas fait ce coup de force, eh bien, il se serait « embêté ».

 
AGATHE LOGEART
 

(1) « La Flamme, les voies de la renaissance », Robert Laffont (1990).

 
(2) « Dans l'ombre de Le Pen », par Lorrain de Saint-Affrique et Jean-Gabriel Fredet, Hachette (1998).

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3 janvier 2006 2 03 /01 /janvier /2006 23:00

Bonnet noir et noir bonnet
 
 
 

Article paru dans l'édition du 25 janvier 1999.

 
 
 

DERRIERE une haie de barrières métalliques dressées pour la circonstance, environ 2.000 personnes selon les organisateurs ont défilé samedi à une encablure du congrès pour protester contre sa tenue. "C’est le réveil de Marignane", s’est réjoui samedi Philippe Gardiol, responsable local des Verts, tandis que pour Denis Lebon, de Ras L’Front Vitrolles, "ce qui se passe au FN n’est pas positif pour la démocratie, bien au contraire. Il n’y a pas un Front négatif et un Front en gants blancs. Bruno Mégret est engagé dans une campagne de pleins pouvoirs, et l’alliance avec la droite est un danger réel".

 
 
 

Pendant près de 3 heures, aux cris de "Dehors les fachos" ou "On ne veut pas du congrès, on ne veut pas de Mégret", les manifestants ont dit combien, pour eux, Mégret ou Le Pen, c’est "bonnet noir et noir bonnet" selon l’expression d’Harlem Désir. Pour l’ancien président de SOS-Racisme, la mobilisation contre l’extrême droite demeure d’actualité en dépit de la division du FN, parce que "la mégrétisation des esprits, c’est la même chose que la lepénisation des esprits".

 
 
 

Plusieurs personnalités de gauche étaient également présentes, dont Jean-Marc Coppola, secrétaire de la fédération PCF des Bouches-du-Rhône, Jean-Jacques Anglade l’ancien maire de Vitrolles, ou encore le sénateur PS Henri d’Attilio, qui avait battu Bruno Mégret aux législatives de 1997.

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3 janvier 2006 2 03 /01 /janvier /2006 22:50

DES ELUS FN DE VITROLLES RAYES DES LISTES ELECTORALES
 

Paru dans l’Humanité du 25/02/1999

 

Six conseillers municipaux Front national de Vitrolles (Bouches-du-Rhône), dont le premier adjoint Hubert Fayard, ont été rayés des listes électorales de cette ville par le tribunal d’instance de Martigues.

 

Le tribunal, saisi par un conseiller municipal socialiste, Michelle Domingues, a constaté que Hubert Fayard, adjoint de Catherine Mégret, ne résidait pas à Vitrolles mais dans la commune de Velaux, proche d’Aix-en-Provence.

 

Cinq autres conseillers, dont Gilles Lacroix mis en examen pour "complicité de violence en réunion, avec arme et préméditation" et "complicité de destruction de biens" après l’agression de routiers grévistes sur un barrage en décembre 1997, ont été rayés des listes de Vitrolles pour le même motif.

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3 janvier 2006 2 03 /01 /janvier /2006 22:40
En baisse
 

source : Le Nouvel Observateur le 04/03/1999


Jean-Jacques Anglade, ancien maire PS de Vitrolles, a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris à trois ans de prison avec sursis, 200 000 francs d'amende et cinq ans d'inéligibilité pour « corruption passive, faux et usage ». L'affaire portait sur des fausses factures d'un montant de près de 1,5 million de francs.

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3 janvier 2006 2 03 /01 /janvier /2006 22:30



La justice annule des licenciements à Vitrolles
 

Paru dans l’Humanité du 06/03/1999

 

Le tribunal administratif de Marseille vient d’annuler les 31 licenciements effectués par la municipalité FN de Vitrolles en août 1997. Pour le tribunal, " le motif d’économie avancé pour justifier la délibération du 30 août 1997 ne peut être regardé comme établi ".

 

Sous la houlette du couple Mégret, le conseil municipal avait en effet invoqué des contraintes budgétaires pour justifier la mise à la porte de plusieurs directeurs de service et d’employés. Le conseil du syndicat CFDT avait montré que sept des licenciés avaient eu des remplaçants chargés des mêmes fonctions et que des recrutements, notamment de policiers municipaux, avaient compensé une large part des autres emplois supprimés.

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3 janvier 2006 2 03 /01 /janvier /2006 22:25

Sofia Touzaline Histoire d’une double injustice
 

Paru dans l’Humanité du 24/03/1999

 

Elle n’avait jamais été directement visée par le racisme. Jusqu’au jour où, à Vitrolles, on lui refuse son inscription au lycée.

 

Elle a aujourd’hui dix-neuf ans, un air de jeune fille sage, des boucles plein la tête et un sourire à damner le monde. Sa vie coulait, tranquille et pleine, entre son père, qui travaille depuis des années dans la même grande surface, sa mère au foyer et ses deux jeunes jumeaux de frères. Jusqu’au jour où, alors qu’elle venait d’emménager à Vitrolles, elle a reçu " des coups de poignards en plein cour ". D’abord lorsqu’elle a été en butte, pour la première fois de sa vie, à des propos racistes, lourds de conséquences sur sa scolarité. Puis lorsque la plainte qu’elle avait déposée " parce qu’il ne faut pas se laisser faire " s’est soldée par la relaxe des personnes concernées. Alors Sofia la battante, Sofia la confiante s’interroge. Entre rage et incompréhension.

 

En juin 1997, nous avons emménagé à Vitrolles. Je me suis immédiatement rendue au lycée Pierre-Mendès-France, situé à deux minutes de notre nouveau logement, pour demander quels papiers étaient nécessaires à mon inscription en terminale. Pour toute réponse, la secrétaire du proviseur me regarde de haut en bas et me dit : " Avec la tête que tu as, tu comptes aller en terminale, toi ? " Puis elle me lance : " Reviens au mois de septembre, je verrai si je te prends. " Je m’inquiète alors : " Si vous ne me prenez pas en septembre, je fais quoi ? Je ne passe pas mon bac ? Je reste à la rue ? " Alors elle me jette : " C’est ton problème, tu te démerdes. " J’ai vu de la haine dans ses yeux.

 

Je n’ai pas pensé tout de suite : " C’est une raciste. " Je me suis simplement demandé quelle tête il fallait avoir. Parce que je n’étais ni trop maquillée, ni en minijupe, ni rien de bizarre. Je n’ai pas compris immédiatement que c’était ma tête de Maghrébine qui lui posait problème. Mais je ne me suis pas fait trop de souci, persuadée que je trouverai bien un autre moyen d’entrer dans ce lycée. Car la seule chose qui m’importait était de faire ma terminale. Pourtant quelques jours après, cette femme s’est conduite de la même manière avec ma mère, et a aussi refusé d’inscrire l’un de mes frères. Quant à mon père, il s’est entendu dire par le proviseur : " Ma secrétaire et moi, c’est la même chose. "

 

On n’est pas bébêtes, et dans la vie de tous les jours on sait ce qui se passe. Des racistes, j’en connais des mille et des cents. Il n’y avait que ça à Salon-de-Provence, là où j’habitais avant. Ils ne me disaient pas qu’ils étaient racistes parce qu’ils savaient que je m’énervais sur ce sujet. Mais, par exemple, s’il y avait un vol... c’était forcément un Arabe. Des réflexions comme ça. Je suis habituée à ce comportement devenu banal aujourd’hui. Mais je n’avais jamais été directement touchée.

 

J’hésitais au début à porter plainte. Puis j’ai fini par penser que c’était la seule solution. Mon père, qui est très dur avec nous, mais qui nous soutient quand il sait qu’on a raison, m’a encouragée : " Tu le veux ? Moi je paie l’avocat ; mais tu as intérêt à te battre jusqu’au bout. " C’est ce qu’on a fait. Et jamais mes parents ne m’ont laissée tomber.

 

Cette plainte au début, c’était pour moi, pour ma dignité. Porter plainte quand on sait qu’on n’a rien fait, ce n’est pas du courage, c’est un droit. C’est normal. Et puis c’était pour les autres aussi. Pour que cette femme tourne sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler. Si on ne fait rien, elle va se permettre d’aller chaque fois plus loin. Et après c’est l’engrenage. Que cela se passe à Vitrolles ne m’a pas arrêtée. Au contraire. Parce qu’il ne faut pas que ce soit banalisé, que l’on se dise : " A Vitrolles, c’est normal, laissons-nous faire. "

 

D’un côté, on était très entourés, d’un autre côté seuls. Le MRAP et SOS-Racisme se sont portés parties civiles à nos côtés, des jeunes et des profs du lycée Pierre-Mendès-France ont fait des manifestations, il y a eu un grand mouvement de solidarité. Mais nous étions seuls parce que ceux qui avaient dû faire face à la même chose que moi, qui, eux aussi, avaient été malmenés par la secrétaire et le proviseur étaient d’accord pour me parler, pas pour témoigner. Et puis, on s’est sentis seuls également parce que l’inspection académique, le rectorat, l’Education nationale n’ont pas réagi à nos lettres, à nos coups de téléphone, avant que cette histoire ne sorte dans la presse. Ça fait mal. Ça veut dire qu’on ne peut pas compter sur eux.

 

Je n’ai pas trop pensé à ça durant l’année. On ne va pas vivre avec la même histoire toute la vie, sinon on devient paranoïaque, on se ronge de l’intérieur. Mais quand même, quand on a cavalé pour trouver des écoles, quand j’étais obligée de faire 45 kilomètres, une heure et demie de trajet matin et soir pour me rendre à mon ancien lycée (qui avait heureusement accepté de me reprendre) quand j’attendais pour mon changement de bus, pendant vingt minutes, sous la pluie, dans une rue déserte... je me disais : " Ce n’est pas juste. Le lycée est à deux minutes de chez nous. Pourquoi une telle fatigue ? " Je ne dirai pas que c’est ça qui a gâché mon année scolaire, il ne faut pas se chercher d’excuse dans la vie, mais ça a été dur.

 

A partir du moment où j’ai déposé plainte, j’étais très confiante. Même si ça commençait à m’agacer que le procès soit constamment repoussé et que les témoins et nous-mêmes soyons obligés de nous rendre à Aix à cinq reprises pour s’entendre dire " reporté ". Le jour de l’audience, en janvier, j’avais le cour qui battait très fort, mais j’étais sereine. Le procès s’est très bien passé. Mes témoins ont été formidables : une mère d’élève qui avait tout entendu dans le couloir ; mon directeur de lycée qui m’a fait pleurer tellement il a été extraordinaire ; une conseillère d’orientation de Mendès-France qui a rapporté avoir entendu le proviseur dire, à propos des élèves de l’internat : " Il faut faire le tri ; les gris d’un côté, les blancs de l’autre. " Et j’ai été fière de ma mère. Comme le jour où elle a donné son sang alors qu’elle a tellement peur des piqûres. Elle m’a surprise. D’habitude, elle bafouille tout le temps quand elle raconte cette histoire, mais à la barre, elle s’est bien exprimée, elle a bien expliqué. Elle avait rangé sa colère au vestiaire.

 

Ça s’est bien passé aussi parce que le juge a posé les bonnes questions, a montré les contradictions de la secrétaire. Et il s’est forcément rendu compte qu’il y avait un faux témoignage, puisqu’une des personnes présentes dans le bureau le jour de mon histoire, et convoquée les premières fois comme témoin des accusées, a été remplacée par une autre le jour du procès ! Celle-là, j’ai eu envie de la tuer. Mais j’étais confiante. Pour moi, j’avais gagné.

 

Le jour du verdict, je n’étais pas au tribunal. Ma mère est venue me chercher à la porte du lycée. J’ai d’abord cru qu’elle me faisait une blague, parce qu’elle aime bien se moquer de moi. Mais quand j’ai vu la tête de mon père...

 

Moi, je voulais juste entendre le mot " COUPABLE ". Qu’elles écopent d’une peine, en fait, ça m’était égal. Même les dommages et intérêts, le remboursement des frais de justice (pourtant ça a coûté très cher à mon père), je m’en fichais. Si le juge avait dit, comme dans l’affaire du sang contaminé, " coupables mais dispensées de peine ", ça m’aurait suffi. Mais la relaxe, c’est un non-sens. Après le premier coup de poignard, on en reçoit un second.

 

Aujourd’hui, je comprends pourquoi les gens ont tendance à se faire justice eux-mêmes. Jusque-là, je les critiquais. Maintenant, je peux vous assurer que quoi, qu’il arrive dans ma vie, je ne ferai plus appel aux tribunaux. Fini. Ça m’a dégoûtée. En quelque sorte, ils m’ont ôté l’envie de me battre.

 

Maintenant, c’est clair, je veux partir de ce pays. Je ne pense pas que je ferai ma vie en France, le pays où je suis née, où mon père est arrivé à l’âge de douze ans. Mais ça ne va pas m’empêcher de voter. Alors ça, jamais. Le jour même de mes dix-huit ans, j’ai apporté mes papiers à la mairie pour avoir ma carte d’électeur. Voter, c’est une manière pour moi de mettre mon petit grain de sable contre certains partis, surtout à Vitrolles. Et même maintenant, après toute cette histoire, je pense que c’est important pour les jeunes de voter !

 

Si quelqu’un d’autre est victime d’actes ou de propos racistes ? Bien sûr, j’accepterai d’être témoin. Et je dirai à cette personne qu’il faut se battre. Même si la cause est perdue. Parce qu’il ne faut pas laisser faire, il ne faut pas...

 
Propos recueillis par Florence Haguenauer.
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3 janvier 2006 2 03 /01 /janvier /2006 22:20
Un militant poignardé
 
Paru dans l’Humanité du 31/03/1999
 

Dimanche soir, 21 heures, devant la mairie de La Ciotat. Richard Dubré, secrétaire de la section de Vitrolles et membre du secrétariat fédéral du PCF, attendant la proclamation des résultats de l’élection législative de la 9e circonscription des Bouches-du-Rhône, se trouvait sur le parvis de l’hôtel de ville, lorsqu’une quinzaine de gros bras du FN du Var lancent des grenades lacrymogènes avant de se lancer contre le militant communiste qu’ils montraient du doigt.

 

Cible choisie : Richard Dubré est bien connu dans le département, à Vitrolles en particulier, pour son engagement contre le FN. Un des agresseurs s’approche et le poignarde. La lame est passée à deux centimètres du foie. Le militant, hospitalisé, a deux côtes cassées. Un véritable miracle. Le criminel a été reconnu sur les photos prises pendant l’agression. Il devait être interpellé mardi dans la journée.

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3 janvier 2006 2 03 /01 /janvier /2006 22:10


Vitrolles : la rue Stirbois redeviendra-t-elle rue Djibaou ?

 
Paru dans l’Humanité du 29/04/1999
 

Le commissaire du gouvernement a donné raison aux militants anti-FN qui s’opposent au changement de nom, par la municipalité mégrétiste de Vitrolles, d’une " rue Jean-Marie-Djibaou " (dirigeant canaque assassiné le 4 mai 1989), rebaptisée " rue Jean-Pierre-Stirbois " (ancien secrétaire général du FN décédé le 5 novembre 1988 dans un accident de voiture).

 

Le commissaire a considéré qu’une collectivité ne pouvait retirer un nom que si des éléments nouveaux avaient été publiés concernant la personnalité concernée. Le tribunal administratif a mis sa décision en délibéré.

 

Dans une autre affaire, le représentant de l’État s’est également opposé à la prise en charge par la commune de Vitrolles des frais de justice supportés par Catherine Mégret à l’occasion des procès qui lui ont été intentés pour ses propos à caractère raciste dans un journal allemand.

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