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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 20:32


A Vitrolles, Catherine Mégret cultive son image de « novice »

 

Article paru dans l'édition du Monde du 06.10.02

 

La candidate du MNR, qui brigue sa réélection dimanche, a axé sa campagne autour de sa personnalité.

 

On ne sait jamais si la tutelle permanente de son époux la gêne ou l'arrange

 

lI y a un vrai mystère Catherine Mégret. Le 2 octobre dernier, lors du banquet de campagne précédant le premier tour de l'élection municipale partielle de Vitrolles, elle prit seule la parole, lisant le texte qu'on lui avait écrit avec une application d'écolière. Elle trébucha, et lança alors : « Il fallait bien que je me trompe sinon j'aurais été trop bonne et cela vous aurait déçus... »

 

Elle résumait ainsi son parcours depuis le premier banquet de campagne, en novembre 1996, où son mari, inéligible, la présentait au Front national en même temps qu'à la presse. Au milieu des militants enthousiastes mais un peu inquiets, elle lut donc son premier discours politique public. Elle se cogna les dents contre le micro, s'en excusa, soulignant qu'elle n'était qu'une novice qui se lançait pour venger l'injustice faite à son mari. Elle venait d'inventer son style et, sur le fond, elle n'en a jamais changé.

 

Recevant en février 1997 un journaliste du Berliner Zeitung, quelques jours après son élection comme maire d'une ville de 37 000 habitants, elle lui confie : « Les immigrés (...) ils font je ne sais combien de gamins qu'ils mettent dans la rue (...) ils ne les élèvent même pas. » Et de conclure : « Les Noirs sont plus doués pour la danse et pour le sport que les Blancs. »

 

Elle comparut devant le tribunal d'Aix pour ces propos, elle fut condamnée avant que la Cour de cassation ne casse l'arrêt. Devant ses juges, elle adopta cette même posture, mi- naïve, mi-méprisante, d'enfant étonnée de l'iniquité qui s'abat sur elle. Se présentant comme « maire de Vitrolles », elle fut sèchement renvoyée à sa condition de citoyenne ordinaire par le président, qui lui rappela que, devant la cour, elle n'était « que Mme Mégret et non la maire de Vitrolles ».

 

REFERENCE AFFECTIVE

 

Lors de la présentation de sa dernière candidature, en lisant son texte, elle commença à s'en prendre à la droite. Jusqu'à ce que son mari, habitué à ses gaffes, ne la coupe d'un geste autoritaire et lui rappelle que l'ennemi du MNR est exclusivement à gauche. On l'a encore récemment vue se faire interviewer sur le marché par une télévision : elle se tient face à la caméra, et son mari, sur le côté, lui glisse les réponses à l'oreille dès qu'elle patauge. On ne saura d'ailleurs jamais si cette tutelle permanente la gêne ou l'arrange.

 

Mais cette posture lui a réussi et le MNR en a fait un argument politique. Tout Vitrolles sait que Catherine Mégret ne vit pas à Vitrolles. Chacun est conscient qu'elle ne maîtrise aucun des dossiers de la ville.

 

Et pourtant elle a été réélue en 2001, et ses déboires politiques ou judiciaires ne l'atteignent aucunement. Bien au contraire, ils renforcent l'image qu'elle adore donner d'elle, celle d'une victime injustement attaquée. Le MNR l'a senti qui fait sa campagne actuelle sur « Catherine » et colle d'immenses cœurs rouges avec son prénom sur les murs de la ville, à côté d'autres où on lit « Avec Catherine les impôts baissent ». Peu de maires osent aujourd'hui personnaliser à ce point leur campagne.

 

Cette stratégie semble satisfaire la majorité des Vitrollais, qui l'ont réélue au moins une fois, et compenser les manques de la vie politique locale, notamment l'absence de charisme de son mari, qui, malgré son assurance oratoire, ne parvient toujours pas à séduire l'électorat. Mme Mégret est aussi la seule candidate qui soit présente depuis 1997, alors que gauche et droite ont à chaque échéance (1997, 2001, 2002) changé de candidat. Dans une ville bousculée et sans identité, où de nombreux résidents ne travaillent pas sur place, elle a peut-être représenté la seule référence affective durable.

 
MICHEL SAMSON
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1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 20:32

" Vitrolles libérée "
 

Article paru dans l'édition de l’HUMANITE du 8 octobre 2002.

 

La gauche unie débarrasse de l’extrême droite une commune de Vitrolles sinistrée. Le MNR de Mégret ne devrait pas résister à la perte de son dernier bastion.

 

Il n’aura pas fallu plus d’une heure dimanche soir dernier pour que les vindicatifs " libérez Vitrolles ! ", poussés par des grappes de jeunes devant la permanence électorale de la gauche unie ne se transforment en joyeux " Vitrolles libérée ". Pas plus d’une heure entre les applaudissements saluant les résultats quant à la participation exceptionnelle pour une partielle (72,56 %) et l’arrivée triomphale du socialiste Guy Obino, qui devrait être élu maire cette semaine, et de son futur premier adjoint, le communiste Alain Hayot. " Grandiose ! " devait s’exclamer ce dernier pour qualifier la victoire de la coalition de la gauche appuyée, en l’occurrence, par le mouvement associatif et syndical. La liste Obino devance la liste Mégret de huit points, soit plus de 1 300 voix alors que l’an dernier, mais à l’issue d’une triangulaire au second tour, la gauche avait été battue de 201 voix.

 

Pourtant, ce duel gauche-extrême droite s’annonçait des plus serrés dans le dernier bastion du MNR, la gauche unie s’étant refusée à tout marchandage politicien entre les deux tours. Certes, le socialiste réfractaire Tichadou (12 % au premier tour) et l’UDF Porte (5 %) avaient sans ambages appelé à voter pour la liste Obino (31 %), dans un contexte de gauche en progression et de tassement de l’électorat de " Catherine " (36 %). Mais comment allaient se comporter les abstentionnistes (33 %) et surtout les électeurs de l’UMP (12 % au premier tour) sachant que si Alain Juppé avait en quelque sorte franchement renvoyé à la gauche l’ascenseur de la présidentielle, l’appel à battre l’extrême droite lancé par l’autre pilier de la " maison bleue ", le sénateur maire (DL) de Marseille Jean-Claude Gaudin, avait été des plus ambigus ?

 

Au final, il semble que ce soit à l’appel " aux républicains et démocrates vitrollais " de saisir la chance de " pouvoir rebâtir leur ville en commençant par se débarrasser des Mégret ", lancé au-delà des appareils politiques par le Dr Obino et le Pr Hayot, que les électeurs ont été le plus sensible.

 

Et notamment les jeunes, à l’instar de Rachid, vingt ans, étudiant à la faculté de Luminy (Marseille), qui s’est abstenu au premier tour " parce que (je) n’y croyais plus ", mais qui a été parmi les premiers, dimanche, à émarger à son bureau de vote du quartier des Pins. Dans la petite foule qui se pressait devant la permanence de la gauche unie Janine, quant à elle, qui avait voté Tichadou au premier tour, se disait " très heureuse de montrer enfin à toute la France que Vitrolles n’est pas une ville de fascistes ". Pierre, un agent commercial " de droite et chiraquien ", se félicitait, lui, de ce " rassemblement républicain qui allait permettre de changer l’image désastreuse de (notre) ville ".

 

" Une victoire de la République " : c’est également ainsi que le médecin de famille Guy Obino s’adressant, par presse interposée, à ses " chers compatriotes vitrollais " a caractérisé le succès de la liste qu’il conduisait. Pour Alain Hayot, particulièrement ému, " la victoire s’est dessinée dès le premier tour dans une logique de rassemblement de la gauche, sur ses valeurs, et au second tour, de promotion des valeurs républicaines ".

 

Poursuivis par les journalistes, les deux leaders de la gauche vitrollaise étaient alors entraînés de leur permanence vers le parvis de l’hôtel de ville, à 200 mètres de là, accompagnés de Michel Vauzelle et Jean-Marc Coppola, président (PS) et vice-président (PCF) du conseil régional PACA, ainsi que de Jean-Noël Guérini, président (PS) du conseil général des Bouches-du-Rhône, tous promettant de venir en aide à cette commune de 21 000 habitants, sinistrée sur le plan social et de sa gestion, par la marée noire " mégrétiste ". Les nouveaux élus se déclaraient bien sûrs conscients des problèmes : " Combattre l’insécurité et la fracture humaine, rétablir le service public, ramener la solidarité et la cohésion entre les Vitrollais ", telles sont les tâches prioritaires que s’assigne le nouveau maire.

 

Au-dessus du défilé bon enfant gros d’un millier de personnes on distinguait dans la nuit vitrollaise la plaque " place Nelson-Mandela ", que les Mégret avaient fait déboulonner dès leur prise de pouvoir. Elle était portée à bout de bras par un jeune militant vitrollais de Ras l’Front, euphorique. Autre symbole fort de cette " soirée historique " selon l’expression d’Alain Hayot, l’organisation par le Sous-Marin - cette association culturelle de jeunes contrainte voilà cinq ans de quitter Vitrolles -, de la fête de la victoire débutant devant l’hôtel de ville alors que tombait le mistral sur des airs de Manu Chao et d’une chorale féminine occitane. Une fois les brefs discours de remerciements passés, une fois la fumée rouge des fumigènes dissipée, Loïc, le porte-parole du Sous-Marin, n’avait, comme toute la jeunesse dansante, qu’une hâte : " Respirer à pleins poumons cet air de liberté qui flotte maintenant sur Vitrolles. "

 
Philippe Jérôme
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1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 20:31


Battus à Vitrolles, les époux Mégret assurent qu'ils « ne baisseront pas les bras »

 

Article paru dans l'édition du Monde du 08.10.02

 

Après l'élection de Guy Obino (PS) à la mairie, jeunes et associatifs ont fêté la « libération » de la ville

 

Une vague d'euphorie a salué la nette victoire de Guy Obino (PS) face à Catherine Mégret (MNR) dans la municipale partielle de Vitrolles (Bouches-du-Rhône). Le vainqueur, soutenu par l'ensemble des partis de gauche au premier tour et rallié par le dissident socialiste Dominique Tichadou entre les deux tours, a réuni sur son nom 54,05 % des suffrages (8 089 voix) contre 45,95 % (6 878 voix) à la maire sortante.

 

La progression de 23 % (3 796 voix) du docteur Obino est le fruit du bon report des voix de M. Tichadou (div. g., 12,55 % au premier tour), de celles de Henri-Michel Porte (UDF, 5,29 % au premier tour), ainsi que d'une bonne partie de celles de Christian Borelli (UMP, 12,21 %). M. Obino est aussi parvenu à mobiliser des abstentionnistes de gauche qui, fatigués des divisions de leur camp lors des derniers scrutins, ne s'étaient pas rendus aux urnes. Il réalise en effet des scores très largement supérieurs à ceux du premier tour dans tous les bureaux traditionnellement favorables à la gauche.

 

Visiblement ému par sa victoire, Guy Obino a prononcé son premier discours de futur maire sur un podium dressé à la hâte face à l'hôtel de ville devant plusieurs centaines de Vitrollais et en présence de tous les dirigeants de la gauche locale. « La confiance que vous venez de nous témoigner, en dépassant pour certains d'entre vous les clivages politiques traditionnels, nous lui ferons honneur » a-t-il lancé. Puis un concert de klaxons est venu saluer une victoire attendue par nombre de militants associatifs et de jeunes gens venus fêter une « libération » espérée depuis le coup de massue de 1997, quand l'équipe Mégret, à l'époque membre du Front National, avait conquis la ville. « union exceptionnelle »

 

Réunis dans un hôtel loin du centre ville, les militants et responsables du MNR, qui ont tenté de faire un accueil triomphal à leur candidate, ont subi cette défaite redoutée avec un agacement visible. Très affectée et très crispée Catherine Mégret, un bouquet de fleurs à la main, a déploré « la victoire de la magouille et de la désinformation » et s'est dite « navrée que des électeurs de droite aient pu voter pour des communistes ». « C'est l'anéantissement d'une histoire d'amour de cinq ans. Je n'abandonnerai pas les Vitrollais que je continuerai à défendre. »

 

Soucieux de limiter la portée de cet échec, et pressé de quitter les lieux et les micros, son mari, Bruno Mégret, a tenté de convaincre que ce scrutin « n'avait pas d'enjeu national (...) Vitrolles n'est pas le MNR. Les raisons de notre combat demeurent. Je ne baisserai pas les bras. » Toutefois, après le double échec de la présidentielle et des législatives qui ont singulièrement affaibli - politiquement et financièrement - son parti, M. Mégret semble bel et bien dans une impasse.

 

Dans le camp du vainqueur l'heure était à la concorde. Eric Diard, le jeune député UMP de la circonscription, est venu saluer M. Obino en déclarant que cette victoire « le soulageait », tout comme le candidat UMP du premier tour, Christian Borelli. L'un et l'autre avaient appelé à battre la candidate d'extrême droite sans soutenir explicitement M. Obino.

 

Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille et vice-président de l'UMP, s'est lui aussi réjoui de la défaite de Mme Mégret. Quant à Henri-Michel Porte, candidat de l'UDF au premier tour, qui avait, lui, appelé à voter explicitement pour le candidat socialiste, estimait que sa consigne de vote avait « été efficace ».

 

Pour Frédéric Rosmini, directeur de campagne de M. Obino, cette victoire est le fruit « d'une l'union exceptionnelle ». PS, PCF, Verts et militants associatifs ont, selon lui, joué la carte de la transparence et réussi à « gagner les batailles de l'affichage, du tractage, de la présence sur le terrain ».

 

Un de ses colistiers appuyait le propos, estimant que le refus de la fusion des listes entre les deux tours - malgré les pressions exercées en ce sens par différents responsables de la gauche locale - avait contribué à « la clarté et à sortir de cette impression de combinaison électorale » qui avait plombé la gauche lors des scrutins précédents.

 
ELIE BARTH ET MICHEL SAMSON
 
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1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 20:31


Vitrolles Alain Hayot : " Un immense travail de reconstruction du lien social nous attend "

 

Article paru dans l'édition de l’HUMANITE du 8 octobre 2002.

 

Deuxième sur la liste de gauche qui vient de gagner l’élection municipale de Vitrolles, Alain Hayot est aussi membre du Conseil national du PCF.

 

Vous êtes le deuxième sur la liste de la gauche qui vient d’être brillamment élue à Vitrolles : à quoi attribuez-vous cette victoire, alors que l’an dernier vous aviez été battus de 200 voix par l’extrême droite ?

 

Alain Hayot. J’avoue que je ne m’attendais pas à une victoire de cette ampleur et j’en suis vraiment ravi. Je crois que cette victoire s’est dessinée dès le premier tour, dans une logique de rassemblement et d’union de la gauche dans la clarté et, au deuxième tour, de rassemblement, sans compromission d’aucune sorte, entre les deux tours, de tous ceux qui tiennent aux valeurs républicaines et à la démocratie, face aux Mégret. Vitrolles va pouvoir enfin respirer, gérer ses affaires elle-même : c’est une victoire des Vitrollais, qui ont participé en grand nombre aux deux tours de scrutin.

 

C’est une belle victoire, certes, mais près de 7 000 Vitrollais ont quand même mis un bulletin Mégret dans l’urne.

 

Alain Hayot. Pour la dernière fois, j’espère ! La carrière de Mégret a commencé à Vitrolles et elle se finit vraisemblablement à Vitrolles : c’est très bien.

 

Oui, mais comment faire changer d’avis ceux qui ont voté pour l’extrême droite ?

 

Alain Hayot. Nous avons à Vitrolles un immense travail qui nous attend de ce point de vue. Un travail de gestion municipale, bien évidemment, pour répondre aux attentes et aux besoins de la population. Un travail de conviction aussi, un travail politique dans les quartiers, de reconstruction du lien social, de redéfinition du " vivre ensemble ", pour faire en sorte que la ville redevienne humaine. La municipalité doit s’attacher à cela mais je pense aussi que toutes les forces politiques, syndicales et associatives ont un grand travail citoyen à faire, en parallèle des efforts que nous allons déployer pour reconstruire notre ville.

 

En ce sens quelle sera la priorité de votre action municipale ?

Alain Hayot. Aider à redynamiser le tissu associatif détruit par l’extrême droite afin de recréer du lien social dans les quartiers. Ce dimanche soir, c’est le Sous-Marin, viré par les Megret, qui a organisé et animé la fête de la victoire. C’est nous qui l’avons voulu ainsi : c’est un signal fort que nous lançons au tissu associatif, culturel, etc. Mais je veux insister sur le fait que c’est un travail politique beaucoup plus large qui attend, notamment, les militants communistes.

 
Entretien réalisé par P. J.
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1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 20:30

L’irrésistible déclin du MNR
 

Article paru dans l'édition de l’HUMANITE  du 8 octobre 200

 

Mauvaise année pour Bruno Mégret et son mouvement le MNR. Il y a d’abord le score obtenu à la présidentielle : 2,35 %. L’objectif était de faire mieux qu’aux européennes avec 3,29 %. Pis : au second tour, il a dû se désister officiellement pour Le Pen face à Chirac avec lequel pourtant il rêvait de faire alliance.

 

Aux législatives, c’est la Berezina : 1,09 % et seulement huit candidats dépassant le seuil des 5 %. Lui-même est battu dans la circonscription à laquelle appartient Vitrolles.

 

Et puis il y a eu ce fameux 14 juillet et l’attentat contre le président de la République. L’auteur, Maxime Brunerie, militant d’Unité radicale, avait partie liée avec le mouvement de Bruno Mégret dont il était sympathisant. Ne figurait-il pas sur la liste mégretiste aux municipales de 2001 dans le 18e arrondissement de Paris, ainsi que mandataire financier de Cyril Bozonnet, candidat aux législatives ?

 

Le coup de grâce aura été porté par les électeurs de Vitrolles après que le Conseil d’État a décidé l’annulation de l’élection de Catherine Mégret pour diffusion de tracts diffamatoires à l’encontre du candidat de droite.

 

 Pourtant, il a tout essayé, Bruno Mégret. Notamment en se défaisant de Fabrice Robert et Philippe Boucher, précisément membres d’Unité radicale, histoire de ripoliner la façade. Las. Réfugié dans son bureau de vrai-faux maire à Vitrolles, il ne pouvait qu’enregistrer, jour après jour, les défections de ses anciens amis qui avaient cru tenter l’aventure MNR, en 1999. Une aventure en forme de tentative de captation d’héritage lepéniste. Mais pas seulement.

 

Bruno Mégret n’a pas été exclusivement celui qui voulait être calife à la place du calife. Sa démarche ne se réduit pas à cette ambition, même si elle y participe. Le leader du MNR, analysant la dérive droitière de l’opinion publique en général et le discours ainsi que les actes de plus en plus musclés de la droite, pensait que l’heure était venue pour un rapprochement avec la droite classique à laquelle il avait appartenu au sein du RPR. On se souvient des élections régionales ou une partie de la droite avait fait alliance avec l’extrême droite pour diriger des exécutifs régionaux, à l’instar d’un Charles Million en Rhône-Alpes. Parallèlement à Le Pen, arc-bouté sur la ligne d’opposant à " la bande des tous pourris de l’establishment ", le positionnement stratégique de Mégret devait permettre à l’extrême droite de balayer un plus large éventail politique, tout en faisant son entrée dans les affaires de l’État. · Saint-Laurent-sur-Manoire (Dordogne), lors de l’université d’été du MNR en septembre, Bruno Mégret avait tenté une nouvelle fois de se faire pédagogue auprès des 250 militants rassemblés. " Le MNR est un mouvement de droite, de vraie droite, situé entre l’extrême droite et le centre. Il est à la gauche du Front national et à la droite de l’UMP ", avait-il expliqué. Ajoutant : " Si nous nous opposons au système, nous ne devons pas traiter tous ceux qui ne sont pas avec nous comme s’ils étaient contre nous et n’avoir autour de nous que des ennemis ou des adversaires. Dans les trois dernières années, le RPR et l’UDF ont, en nous assimilant au FN, maintenu à notre égard une attitude d’ostracisme qui leur a été dictée par la gauche et par certains médias.

 

Cette attitude, qui a d’ailleurs évolué, est sans fondement : l’UMP n’est pas notre ennemie principale [...] nous pourrions avoir des accords. Un credo : rassembler tous ceux qui sont d’accord avec les principales idées du FN mais sans le fascisme, sans le ringardisme, sans les outrances et les dérapages, sans racisme ni antisémitisme. " Bref, " avec tous ceux qui sont d’accord avec les intentions affichées de l’UMP ". Le problème, pour Bruno Mégret, est que ce créneau-là est désormais occupé par le gouvernement Raffarin et Nicolas Sarkozy. On ne voit pas bien dès lors ce que l’UMP aurait à gagner d’une alliance aussi sulfureuse, se contentant de jouer à la marge avec un Front national d’autant plus utile qu’il vaut à la fois repoussoir électoral et aiguillon idéologique. Vitrolles et le désistement républicain du candidat UMP pourraient bien avoir sonné le glas de la portée stratégique du MNR.

 
Dominique Bègles.
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1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 20:29

Le défi de Vitrolles
 

Article paru dans l'édition de l’HUMANITE du 8 octobre 2002.

 

(" Il va falloir de la détermination, de la politique, de la vraie pour que les réponses de la gauche, à Vitrolles, fassent leurs preuves. ")

 

Adieu les Mégret, on ne vous aimait pas. Reviendront-ils ? On peut espérer que non. Avec Vitrolles, le dernier fortin du MNR s’effondre. Fin probable d’un parcours calamiteux pour le vindicatif théoricien d’une extrême droite technicienne - ça fait froid dans le dos de le dire comme ça - tentant de piquer la vedette au populisme racoleur d’un Le Pen. L’excellente nouvelle, apprise dimanche sur le tard, était à savourer avec le café du matin. Quand deux jours avant un safari raciste terriblement illustré des idées délétères, ce n’est pas tous les jours lundi. · Vitrolles on a fêté ça. Cinq ans de régime Mégret ce n’était pas seulement cinq ans de xénophobie, de gros bras costumés en habits d’employés de mairie. Des populations à vif en place d’une citoyenneté partagée. Des discriminations allant jusqu’au montant des primes à la naissance. Vitrolles c’était aussi une gestion épinglée par la Cour des comptes, un couple Mégret se servant au bassinet et condamné pour cela. Une page est tournée.

 

Pour tous ? Les poisons distillés par la démagogie fasciste et raciste sont tenaces. Les Mégret ont perdu mais leur liste a quand même gagné 9 % entre les deux tours.

 

Au second tour 6 878 Vitrollais ont voté pour eux, contre 8 089 à la liste conduite par Guy Obino. Il va falloir du temps pour dépasser les fractures. Il va falloir de la détermination, de la politique, de la vraie pour que les réponses de la gauche, à Vitrolles, fassent leurs preuves. Qui peut jurer, sinon, que les Mégret ou quelqu’un des leurs ne reviendront pas ?

 

Le Pen s’esclaffe : " La trahison et la félonie finissent toujours par être punies. " Il joue les Césars : les militants du MNR pourront revenir " en passant par notre commission de réintégration et de discipline [...] . Quant aux chefs il est bien évident qu’il n’y a aucune chance qu’ils reviennent. " Mégret à terre, Le Pen moissonne. La chute du " félon " conforte sa légitimité, assise sur les 18 % du 21 avril. Sur le séisme.

 

Ce n’est pas seulement la gauche à Vitrolles qui est interpellée aujourd’hui, mais la gauche dans tout le pays. Et pas seulement la gauche mais l’ensemble des forces politiques. Non sans quelques balbutiements la droite et l’UMP ont aidé à battre les Mégret. C’était bien le moins après le vote Chirac, massif, du second tour de la présidentielle. C’est sur le vote Chirac que plusieurs leaders de gauche, dont Marie-George Buffet s’étaient appuyés pour demander à la droite vitrollaise de se prononcer.

 

C’est gagné. Il le fallait. On ne discute pas du sexe des anges devant les fascistes et si les Mégret ont pu se maintenir si longtemps, c’est sans doute qu’auparavant, entre chapelles, on en a trop discuté. S’ils sont battus c’est aussi, cette fois, que l’on a tenu compte du passé, du côté du PCF et d’une part du PS, en évitant de reproduire compromissions et tractations.

 

Une bataille a été gagnée, dimanche, par les Vitrollais, mais qu’en est-il maintenant de cette longue marche pour qu’en France et au-delà même, en Europe, la démocratie, l’exercice véritable de la citoyenneté pour tous, l’emportent sur le repli, l’exacerbation des racismes et des populismes, les ségrégations de toutes sortes, les politiques dures aux pauvres. François Fillon, le ministre des Affaires sociales, peut se féliciter de ce que " l’extrémisme recule " et que " l’esprit de mai continue à souffler ". Mais où est l’esprit de mai quand le même, à l’Assemblée, stigmatise avec les mots du pétainisme, les conquêtes du Front populaire ? Quand toutes les dispositions du gouvernement Raffarin tendent à fabriquer une France plus éclatée, plus précaire. Une France de remise d’impôts pour les riches, de flexibilité et de soumission au service de la Bourse ? Les politiques libérales, d’où qu’elles viennent, en cassant les hommes et les territoires fabriquent les rancours et les frustrations dont s’alimentent les racismes, les populismes, les Mégret, Le Pen, Haider... Il faut avoir l’audace sociale et démocratique au corps pour y faire face. Le défi reste à relever.

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1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 20:20

En Baisse

 

source : Le Nouvel Observateur le 10/10/2002


Catherine Mégret  a subi une cinglante défaite à Vitrolles (45,95%) face au socialiste Guy Obino. Son mari, lâché par la quasi-totalité des cadres du MNR, perd ainsi son dernier fief.

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1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 20:18

Les comptes de campagne de Bruno Mégret rejetés
 

Article paru dans l'édition de l’HUMANITE du 10 octobre 2002.

 
 

Le Conseil constitutionnel a rejeté les comptes de campagne présidentielle de Bruno Mégret mais a approuvé, à quelques dépenses près, ceux des quinze autres candidats. Principale conséquence pour le président du MNR : non seulement ses dépenses ne seront pas remboursées, mais il devra restituer l’avance qui lui avait été faite, au début de la campagne officielle en avril, soit 153 000 euros.

 

Le Conseil constitutionnel a considéré que Bruno Mégret avait bénéficié du " concours du personnel communal " de Vitrolles, la commune dont sa femme était la maire, des agents ayant travaillé pour sa campagne " pendant (leurs) heures de service ".

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1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 20:16

La question
 

Article paru dans l'édition de l’HUMANITE du 12 octobre 2002.

 

La gauche vient de remporter une grande victoire à Vitrolles, cependant près de 7000 Vitrollais ont quand même mis un bulletin Mégret dans l’urne. A quoi attribuez-vous cette permanence d’un vote d’extrême droite ?

 

Alain Hayot, premier adjoint communiste de Vitrolles :

 

" Il y a tout d’abord une logique qui s’inscrit dans la montée du populisme en France en Europe depuis une dizaine, voire une quinzaine d’années. Lequel s’enracine à la fois dans la crise des politiques libérales et capitalistes et en même temps dans le déficit des alternatives progressistes. Vitrolles n’échappe pas à ce contexte.

 

Plus précisément en ce qui concerne Vitrolles, il faut garder à l’esprit qu’il s’agit d’une ville nouvelle. Elle s’est construite très vite, de manière très technocratique. Vitrolles a rassemblé des populations de déracinés, venant de différents horizons. Cette ville est l’archétype de ce qu’il ne faut pas faire en matière d’urbanisme. Les quartiers sont déconnectés les uns des autres.

 

D’autre part, la gestion socialiste de la fin des années quatre-vingt et du début des années quatre-vingt-dix s’est avérée désastreuse d’un point de vue démocratique, et a contribué à approfondir une crise politique en étant incapable de construire une identité urbaine. A cela s’ajoute une démission de la droite qui a complètement abandonné le terrain. Le tout sur fond de pauvreté et de ghettoïsation.

 

Si l’extrême droite rassemble encore autant, cela tient au mode de gestion mégrétiste. Ils ont mené une politique " ciblée " et clientéliste. Ils se sont appuyés sur des valeurs sécuritaires et autoritaires avec un fond folklorique et provencialiste pour opposer les grandes cités populaires au reste de la ville.

 

Maintenant le défi qui est posé à la nouvelle municipalité est de reconstruire du lien social, réhabiliter les quartiers populaires, pour un renouveau urbain économique social et culturel. Mais surtout, elle doit s’attacher au développement de la citoyenneté et de la démocratie. "

 
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1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 20:14


L’homme du jour Guy Obino

 

 

Article paru dans l'édition de l’HUMANITE du 14 octobre 2002.

 

C’est officiel, Guy Obino a été élu à l’unanimité maire de Vitrolles à l’issue du vote du conseil municipal, boycotté par l’opposition MNR qui dénonce " des élections truquées ".

 

Récemment converti au socialisme (1995), après être passé par la démocratie chrétienne (centre), il a promis de " remettre Vitrolles dans la normalité républicaine ".

 

Son parcours politique pourrait être une des explications du choix fait par les instances nationales du PS qui, désirant rassembler le plus possible, l’ont préféré à Dominique Tichadou.

 

Ce dernier, amer d’avoir été écarté, justifiait son éviction par le fait que la fédération et le président du conseil général n’avaient pas envie " que quelqu’un de gauche soit élu à Vitrolles ". Né à Tunis en 1937 d’un père militaire corse, Guy Obino rejoint le continent pour faire ses études de médecine à Marseille mais ne s’installe à Vitrolles qu’en 1966, où il exerce en tant que médecin accoucheur. Lors de son premier conseil municipal, le nouveau maire de Vitrolles a évoqué la " tâche colossale " à laquelle doit s’atteler son équipe, ainsi que " l’ampleur des dégâts occasionnés par cinq ans de gestion précédente, dépassant tout ce qui avait pu être imaginé ". " Les élus ne sont pas là pour se servir mais pour servir ", a-t-il affirmé.

 

C. P.

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