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La charte

L'histoire politique


Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH

Jeudi 15 mai 2008
communauté : Les blogs socialistes

Une nouvelle initiative à découvrir !


Un appel lancé par la revue POLITIS intitulé « L'ALTERNATIVE A GAUCHE, ORGANISONS-LA ! » et signé par 55 militants représentatifs de multiples sensibilités de la gauche antilibérale est rendu public aujourd'hui.


Parmi les premiers signataires, il faut remarquer des représentants des antilibéraux, du PS, et du  PC et d'ailleurs sans oublier le mondes des « intellectuels et des artistes.


Voilà encore un signe que la Gauche se réveille, et c'est bon signe.


A suivre...


DH


 

Appel


L'ALTERNATIVE À GAUCHE, ORGANISONS-LA !



Nous célébrons l'anniversaire de Mai 68.


Le temps n'est toutefois ni aux commémorations, ni à la nostalgie.


La planète s'est profondément transformée. Le capitalisme se fait toujours plus prédateur. Les émeutes de la faim sont le corollaire de l'enrichissement indécent d'une minorité de privilégiés. Les crises financières s'enchaînent et une catastrophe écologique se dessine. Bousculée par un nouveau totalitarisme de marché, la démocratie s'étiole.


C'est à la refondation d'une politique d'émancipation qu'il importe de s'atteler.


En France, le sarkozysme se heurte déjà à la résistance du pays. Dans les entreprises du secteur privé, dans les services publics, à l'école, d'amples mobilisations se font jour.


À quarante ans de distance, deux questions se reposent à nous : quelles perspectives offrir à la colère sociale ? Comment la volonté de changer radicalement l'ordre des choses peut-elle redonner majoritairement le ton à gauche ?


À cet égard, chacun hélas peut le constater, il manque toujours une force incarnant un projet alternatif.


Du côté de la majorité dirigeante du Parti socialiste, les volontés hégémoniques se confirment, et avec elles les tendances au renoncement social-libéral, inspirées des exemples de MM. Blair ou Prodi. Mais la gauche de transformation sociale et écologiste ne doit pas, elle, s'accommoder d'un statu quo qui lui interdit d'espérer changer en profondeur la donne politique.


La menace du bipartisme devient plus forte, avec son choix mortifère ramené à deux variantes de l'adaptation au libéralisme. Tout cela peut nous conduire à des désastres comme celui que vient de connaître la gauche italienne, incapable d'empêcher le retour de Berlusconi aux affaires et littéralement disloquée.


Les municipales et les cantonales viennent pourtant de prouver qu'il existe ici un espace comparable à celui révélé par Die Linke en Allemagne ou d'autres expériences similaires en Europe. Faute de convergence entre des traditions et des cultures jusqu'ici séparées, faute de prendre en compte l'apport des mouvements sociaux et citoyens ayant émergé depuis plusieurs années, le champ des possibles demeurera inévitablement limité : aucune force constituée ne peut rassembler autour d'elle seule.


Les échecs passés nous instruisent des difficultés de l'entreprise. Nous n'en restons pas moins convaincus que c'est le seul horizon porteur d'avenir.


Un cadre permanent pour faire front


Nous en appelons donc à l'affirmation d'une gauche enfin à gauche. Qui n'oublie plus la nécessité de redistribuer les richesses. Qui soit en phase avec les aspirations des salariés, avec ou sans papiers, des quartiers populaires, des jeunes. Qui conjugue urgence sociale, urgence démocratique et urgence écologique. Qui permette  au peuple d'exercer sa souveraineté dans tous les domaines. Qui place l'égalité entre hommes et femmes au cœur de son projet. Qui milite pour un nouveau mode de production et de consommation, soutenable et respectueux des équilibres écologiques. Qui promeuve la construction d'une autre Europe et des rapports de codéveloppement avec le Sud. Qui devienne, ce faisant, une véritable force.


Militants politiques, acteurs du mouvement social et culturel, nous pouvons dès à présent agir de façon coordonnée. Sans préalable sur les engagements des uns et des autres, construisons un cadre permanent qui nous permette, ensemble, nationalement et localement, de réfléchir aux moyens d'une vraie réponse politique aux attaques de la droite et du Medef et d'aborder les grands rendez-vous qui s'annoncent. D'ici l'été, que chacun et chacune se saisisse de cette proposition sur le terrain. Et retrouvons-nous à l'occasion d'un grand rendez-vous national en septembre, afin de prolonger ces échanges.

 

Premiers signataires :

 

Paul Ariès, Ariane Ascaride, François Asensi, Clémentine Autain, Christophe Barbillat, Francine Bavay, Hamida Bensadia, Pierre Bergougnoux, Jacques Bidet, Martine Billard, Jean-Jacques Boislaroussie, Patrick Braouezec, Bernard Calabuig, Yves Contassot, Eric Coquerel, Emmanuelle Cosse, Thomas Coutrot, Claude Debons, Bernard Defaix, Marc Dolez, Annie Ernaux, Jean-Claude Gayssot, Jacques Généreux, Susan George, Dominique Grador, Robert Guediguian, Michel Husson, Raoul-Marc Jennar, François Labroille, Frédéric Lebaron, Jacques Lerichomme, Philippe Mangeot, Roger Martelli, François Maspero, Gérard Mauger, Marion Mazauric, Daniel Mermet, Mohammed Mechmache, Philippe Meyrieu, Claude Michel, Yann Moulier-Boutang, Dominique Noguères, Michel Onfray, Christian Picquet, Christophe Ramaux, Yves Salesse, Denis Sieffert, Patrick Silberstein, Evelyne Sire-Marin, Emmanuel Terray, Rémy Toulouse, Marcel Trillat, Christophe Ventura, Marie-Pierre Vieu, Claire Villiers.

 

 

Pour signer l'appel :

 

http://www.appel-a-gauche.org

 

 


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Mercredi 14 mai 2008
communauté : Les blogs socialistes

Marie-Noëlle Lienemann propose de renouer avec Jaurès. Cela peut paraitre iconoclaste et arriéré. Mais est - ce vraiment le cas ? Gauche Avenir comme déjà évoqué s'attache à travailler sur le fond et sur les fondamentaux des valeurs de Gauche (relire « fiers d'être de gauche »).


A l'heure où une partie du PS s'oriente vers la social-démocratie ou vers un parti démocrate comme l'a très bien expliqué Jean - Luc Mélenchon dans son dernier livre, il est temps de réagir ... Gauche Avenir, PRS et d'autres y contribuent.


A suivre...


DH


 

Marie-Noëlle Lienemann : « Il faut renouer avec Jaurès »


Interview de Marie-Noëlle Lienemann publiée dans l'hebdomadaire Marianne du 9 Mai 2008


Marianne : A l'heure où le PS renonce à ses « espérances révolutionnaires » pour se moderniser, vous appelez à un nouvel Epinay ! Vous n'êtes pas un peu à rebours de l'histoire ?


Marie-Noëlle Lienemann : Au contraire ! On vit une fin de cycle. Le libéralisme est en crise financière, alimentaire, morale, et c'est un phénomène mondial. Les Etats, les politiques doivent pouvoir retrouver des marges de manœuvre en matière économique. Cela passe, par exemple, par des barrières douanières ou la fixation des prix de l'immobilier. Or, la social-démocratie a renoncé à changer le système, elle se contente de l'encadrer... La question de la répartition des richesses n'a jamais été autant d'actualité, et nous pensons qu'il est urgent de renouer avec les valeurs de la gauche, avec l'héritage de Jaurès. C'est la seule façon de résoudre la crise.


Cela fait pourtant des années que les dirigeants socialistes français vantent le modèle social-démocrate...


M-N.L.: Toutes nos défaites sont venues de ceux qui nous expliquent depuis trente ans que la gauche doit aller au centre, prendre ne compte les évolutions du monde, c'est-à-dire l'ordre établi. Les sociaux démocrates ont perdu les élections en Italie, et viennent d'être battus aux municipales en Angleterre jusque dans leur fief, le Pays de Galles. Sur les 11 élections nationales qui ont eu lieu en Europe depuis cinq ans, ils en ont perdu 10 ! L'erreur est humaine, mais persévérer serait diabolique...

En quoi votre formation sera-t-elle différente du parti anticapitaliste qu'Olivier Besancenot va lancer ?


M-N.L: Nous, nous voulons gouverner ! Nous sommes dans une stratégie de reconquête du pouvoir, pas dans la résistance stérile. Nous ne voulons pas un énième parti à la gauche de la gauche, mais une formation qui fédère tous les socialistes, les communistes, les verts et les radicaux. En 2012, notre candidat devra être celui qui incarne l'unité de la gauche.

 

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Mardi 13 mai 2008
communauté : Les blogs socialistes

Fillon se félicite d'avoir imposé "le terrain idéologique" de la droite

 

 Derrière le « bling - bling » pour amuser « le bon peuple », l'idéologie de droite se met en place. Le 1er Ministre, le « vrai faux gentil » ne s'en cache d'ailleurs pas.

 

Ainsi François Fillon s'est félicité lundi matin (5 mai 2008) qu'au terme de sa première année au pouvoir, l'exécutif ait "emmené les Français sur le terrain idéologique" de la droite.


Le Premier ministre a affirmé sur France Info avoir "une satisfaction, une très importante (satisfaction), c'est d'avoir fait changer la nature des débats dans notre pays".


Il a notamment cité la réforme des heures supplémentaires "qui a remplacé" le débat "sur le partage du travail", l'autonomie des universités "qu'on pensait bloquée à tout jamais" et les régimes spéciaux de retraite.


"Tous ces sujets-là, c'étaient des sujets sur lesquels le débat était organisé autour de la thématique qui était la thématique de la gauche. On a emmené les Français sur le terrain idéologique que nous souhaitions", a-t-il ajouté.

 

Ce week - end, avec beaucoup de retard ( !)  j'ai regardé en vidéo le film de Michael MOOREE, SiCKO. Le sujet c'est la protection sociale aux Etats-Unis, et sa comparaison avec le canada l'Angleterre, la France et Cuba. Le système américain est édifiant et fait peur. L'argent et la rentabilité des sociétés d'assurance privées priment sur la vie des malades, au risque de les faire mourir.


En France, notre système de protection est progressivement attaqué et mis à mal. La franchise médicale, la suppression d'hôpitaux, l'allongement de la cotisation de retraite, sont une partie des entailles pratiquées dans notre système de protection dont nous ne mesurons pas toujours assez l'immense avantage qu'il nous procure.


Mais peut - être est-cela emmené les français sur le terrain idéologique de la droite en leur faisant croire que la remise en cause du système de santé, notamment est inéluctable... Pour finir, cela me rappelle un livre de Jacques Généreux pendant la présidentielle qui titrait « pourquoi la droite est dangereuse ? »...


DH



Mercredi 26 mars 2008


Mort de la sécurité sociale, un roman mêne l'enquête : Il risque de pleuvoir par Emmanuelle Heidsieck


Vendredi 18 avril 2008

Nicolas et les 166 mesures : une stratégie made in America par PRS



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Lundi 12 mai 2008
communauté : Les blogs socialistes

Nicolas Sarkozy prône le contrat sur la loi. C'est une vision libérale de la société. Pour illustrer cette politique, il demande aux partenaires sociaux de « se mettre d'accord » avec le patronat sur différents sujets. Ensuite, l'accord n'aura plus qu'à être transposé dans la loi. Cela peut sembler logique, les partenaires sociaux, sont les plus à même à priori à traiter de problèmes qui les concerne.


Mais est - il logique que les syndicats par exemple négocient les nouvelles règles de la représentativité syndicale avec le MEDEF ? Je rappelle tout d'abord que le MEDEF est aussi une organisation syndicale et que la question de représentativité n'était pas négociable. En quoi le MEDEF serait - il légitime à définir ce qu'est une organisation syndicale représentative ? La représentativité des syndicats et leur rôle dans l'entreprise voire la société n'est - il pas  au contraire un vrai sujet politique ? Les pouvoirs des syndicats, via les instances de représentation des salariés dans l'entreprise comme les Comité d'Entreprises, les Délégués du Personnel, les Comités d'Hygiène, Sécurité et contions de Travail ne sont - ils pas des sujets  politiques ? Par exemple le système de codétermination plus connu en France sous le terme de cogestion, donne pouvoir réel aux syndicats dans l'entreprise, ce qui n'est pas le cas en France. Cela n'a pu être obtenu que par le politique. Cela ne s'obtiendra jamais par une négociation avec le MEDEF...


Au travers de l'exemple de la transposition de l'accord sur la modernisation du travail, Jean - Luc MELENCHON revient sur ce problème de transposition dans la loi des accords négociés entre partenaires sociaux. C'est un peu long et un peu complexe pour les moins initiés sur ce type de sujet, mais il rappelle au travers de la défense de l'intérêt général la différence et la légitimité des parlementaires, par rapport à celle des syndicalistes.


Intéressant.


DH

 


Modernisation archaïque...

 


Mardi et mercredi au Sénat a été discuté le texte qui transpose l'accord entre les syndicats de salariés et ceux des patrons sur le contrat de travail. Naturellement ce texte de régressions archaïques portait le titre pompeux de « modernisation » du marché du travail.  Tous les syndicats avaient signé cet accord, à l'exception de la CGT. A l'assemblée nationale le texte a été adopté avec les voix de droite. Les élus socialistes se sont abstenus sauf Marc Dolez (PS Nord) qui a voté contre. Les communistes et les Verts ont voté contre. Au Sénat il en a été de même. La droite a voté pour le texte, les communistes et les Verts ont voté contre, les socialistes se sont abstenus sauf Maryse Bergé Lavigne (PS Haute Garonne) et moi (PS Essonne) qui avons voté contre. Mes interventions peuvent être lues au journal officiel du Sénat consultable en ligne. Dans cette note je me concentre sur quelques questions de principe que la situation de ce débat soulevait.


UN PUR CHANTAGE


Les principales dispositions de cette loi sont connues. Après une proclamation hypocrite selon laquelle le Contrat de travail a durée illimitée (CDI) est la formule de référence des contrats de travail, le texte s'applique à démanteler les garanties que celui-ci contient. Et il crée... deux nouvelles formes de contrat précaires. Le point de départ de toute cette affaire est la condamnation de la France par l'OIT à propos du CNE, le fameux contrat de travail de deux ans que l'employeur pouvait rompre sans explication ni préavis. Mais avant même que cette condamnation intervienne, les équipes de la droite et du patronat ont compris que l'affaire était perdue et qu'il leur fallait tourner leurs batteries. Ce n'est donc plus une mesure unique qui a été envisagée mais un ensemble de dispositions particulières qui mises bout à bout représente davantage que le CNE en matière de flexibilité.


La droite a démarré sa campagne pendant les élections présidentielles autour du thème du « contrat de travail unique » et de la rupture du contrat de travail « par consentement mutuel ». Ces thèmes étaient aussi ceux de François Bayrou. Une fois la victoire acquise, le nouveau président s'est appuyé sur le fait qu'il l'avait annoncé dans sa campagne pour agiter la menace  d'un projet de loi créant le « contrat de travail unique », appelé à remplacer toutes les autres formes de contrat de travail. Même sans être un spécialiste du code du travail on comprend que ce « contrat unique » ne pouvait qu'être aligné sur les flexibilités des contrats les plus précaires pour pouvoir les remplacer. Affaire de logique.


C'est avec cette épée de Damoclès sur la tête que les négociations ont été convoquées. Et fermement encadrées. Ainsi le gouvernement a prévenu d'emblée : si la négociation n'aboutissait pas, une loi mettrait directement en application ses orientations. De son côté le président de la République a lui-même annoncé comme acquis des points qui étaient pourtant censés faire l'objet du débat. Ainsi dès le 30 août 2007 dans sa conférence de presse de politique sociale (à l'université d'été du Medef !) il proclame que la rupture du contrat de travail par « consentement mutuel » serait appliquée. Et comme si cela ne suffisait pas, avant même le début de la discussion, le gouvernement a indiqué dans un document d'orientation de juin 2007 les points sur lesquelles la négociation devait aboutir.


C'est pourquoi j'ai résumé cette situation de cette façon dans ma première intervention en séance : « Cette négociation s'est donc déroulée suivant la règle que je vais résumer par un aphorisme : « donne-moi ta montre, je te donnerai l'heure ». Tel fut le prétendu donnant-donnant ! En cet instant, je dois répéter en séance publique ce qui se dit dans les couloirs afin que cette information figure au Journal officiel : pas un de nos interlocuteurs syndicalistes n'a considéré qu'il s'agissait d'un bon accord dans lequel le compromis comporterait telle mesure en notre défaveur, certes, mais en échange de cela qui nous serait favorable. Où se trouve le « cela » favorable ? Aujourd'hui règne la peur du pire : on nous recommande de donner notre accord afin d'éviter le pire. Cette façon de procéder s'appelle non pas une négociation, mais un chantage »

 

LE SENS DES VOTES DE LA GAUCHE


Je ne crois pas qu'il soit utile de passer ici en revue toutes les dispositions du texte. Le journal des débats parlementaires en offre des analyses de très grande qualité avec les interventions des parlementaires de gauche. Les sénateurs communistes en particulier ont fourni un travail d'analyse très approfondi. J'estime que mes camarades socialistes ont également très sérieusement décortiqué le texte et bien montré ses aspects néfastes. Leur abstention au moment du vote n'a donc nullement le sens d'une hésitation ou d'un accord déguisé. Leurs interventions, en tous cas au Sénat, ont été clairement et profondément critiques. Ainsi quand Raymonde Le Texier (Val d'Oise) s'est exprimé à la tribune pour demander le renvoi en commission du texte, le rejet sur le fond par le groupe socialiste est sans ambigüité : « L'objectif de ce projet de loi est, au mieux le contournement, au pire la destruction des barrières législatives encadrant le licenciement, et les salariés se trouvent pris en otage par votre incapacité à sortir d'une pensée unique : la sacro-sainte flexibilité comme panacée aux problèmes d'emplois. Les partenaires sociaux ont considéré cette négociation comme l'occasion de mieux contrôler les dysfonctionnements dont ils sont témoins. Ils ont surtout été sensibles à vos pressions. Ils vous connaissent bien, ils savent que vous pouvez faire pire. (Approbations à gauche) Il suffit d'entendre, à propos de ce texte, les commentaires des parlementaires les plus libéraux.... Ce texte est plus flexible pour le patronat que sécurisant pour les salariés, et l'équilibre annoncé est un leurre. La démocratie sociale doit être une avancée, pas un marché de dupes ! »


Et Christiane Démontes (PS Rhône), animatrice du groupe socialiste sur ce débat a présenté l'abstention des socialistes comme un soutien à la méthode de la négociation sociale alors même que le désaccord reste entier sur le fond. « De fait, a-t-elle expliqué à la tribune, les centrales syndicales signataires ont choisi de donner un coup d'arrêt à une évolution sur laquelle ils n'auraient plus eu de prise. C'est un accord défensif : les syndicats ont évité le pire, notamment le contrat unique vanté par le candidat Sarkozy. Cet accord est majoritaire et nous respectons le travail des partenaires sociaux sans pour cela remettre en cause notre devoir de législateurs qui est de veiller à l'intérêt général et de garantir un équilibre entre le puissant et le faible. » Argument repris par Raymonde Le Texier (PS Val d'Oise) dans l'explication de vote du groupe socialiste : « Nous apportons notre soutien aux partenaires sociaux, qui, lors de cette négociation, ont tenté de « sauver les meubles », notamment en évitant le contrat unique. Mais il est clair pour tous, aujourd'hui, que ce « dialogue social » a eu lieu en permanence sous la menace du Gouvernement de passer en force, par une loi plus dure, plus ultralibérale. Face à cette menace, les syndicats ont fait ce qu'ils ont pu. » Si je suis d'accord avec mes camarades sur l'analyse du texte, j'en tire une conclusion différente au moment du vote. J'ai voté contre et je veux expliquer pourquoi.



L'INTERET GENERAL


Selon moi, quelle que soit les circonstances, le parlement n'a pas à être la chambre d'enregistrement de quelque négociation catégorielle que ce soit. Car les parlementaires ont en charge l'intérêt général. L'intérêt général n'est pas la somme des intérêts particuliers, même si ces derniers ont fait l'objet d'un arbitrage raisonné dans le cadre d'un contrat.


Le Parlement représente la société tout entière, qui est en quelque sorte le partenaire exclu de la négociation à deux. Il doit donc dire ce qui lui paraît juste pour la société du point de vue de l'intérêt général de celle-ci. D'abord parce qu'il est le garant ultime des droits et libertés des personnes surtout dans le moment, particulièrement crucial, où le travailleur cesse d'être un citoyen pour entrer dans un rapport de subordination, tel que le lui enjoint le contrat de travail ! Selon la formule de Jaurès, la République a fait les  français rois dans la cité mais les a laissés serfs dans l'entreprise. Ensuite parce que c'est la société toute entière qui assume toutes les conséquences des relations sociales au travail. C'est elle qui finance la qualification des travailleurs par l'éducation, leur santé, leur transport et ainsi de suite dans tous les compartiments de la vie en société. Les représentants de la société toute entière sont donc entièrement légitimes à délibérer quand bien même un accord est conclu entre partie représentative et quand bien même l'est-il à la satisfaction totale des parties qui le conclu car il faut encore vérifier que celui-ci ne lèse pas la société.


Enfin le débat parlementaire est le seul qui soit à la fois public, donc dont les arguments sont contrôlables, et le seul à être formulé du point de vue de l'intérêt général. Le contrat, lui ne peut s'abstraire du rapport de force des intérêts particuliers. Il ne le peut pas en fait. A preuve la caricaturale négociation sous pression de cet accord. Il ne le peut pas non plus en droit. En effet les parties sont au contraire mandatées pour ne représenter exclusivement que les intérêts de leurs mandants. La situation particulière de cette conjoncture nous permet de bien comprendre pourquoi il ne saurait y avoir de mandat impératif pour un parlementaire au contraire d'un syndicaliste. Et, précisément, admettre qu'un accord social conclu s'impose aux législateur, c'est créer un mandat impératif tout à fait contraire à l'esprit des institutions républicaines. Ce que j'en dis n'est pas seulement le point de vue d'un homme de gauche attaché à la vision républicaine de l'organisation politique de la société. Car le malaise que provoque la méthode des transpositions forcées et sans droit d'amendement est partagé par tous ceux qui comprennent bien que c'est, de cette façon, un autre modèle politique qui s'impose à tous. Le rapporteur de la commission des affaires sociales au Sénat s'en est fait l'écho en présentant le texte. Et il a justifié son appel à le soutenir non du fait de l'accord conclu mais du fait de son approbation avec le contenu qu'il estime conforme à l'intérêt général du pays. Je place ici le compte rendu de sa déclaration telle que la donne le compte rendu officiel.




«  M. Pierre Bernard-Reymond, rapporteur. Je m'adresserai à présent à ceux de nos collègues qui s'interrogent sur le rôle du législateur, sur la part qui est laissée à ce dernier à l'heure actuelle. Cette question est légitime et d'autant plus justifiée que nous sommes à la veille d'une réforme des institutions qui est censée donner davantage de pouvoirs au Parlement.


Mme Raymonde Le Texier. Eh oui !


M. Guy Fischer. On verra !


M. Pierre Bernard-Reymond, rapporteur. Les institutions de la Ve République, que je défends, ont dû réduire les prérogatives du Parlement face au pouvoir exécutif pour conférer à ce dernier plus de stabilité et d'efficacité. Les lois de décentralisation successives, que j'approuve, ont retiré à l'État, et donc au législateur, une partie de ses prérogatives. Le développement de l'Europe, que j'appelle également de mes vœux, nonobstant le principe de subsidiarité, a également transféré à un autre échelon certaines responsabilités, ce qui donne parfois au parlementaire français le sentiment qu'il n'est plus qu'un « transposeur » de directives.


Mme Raymonde Le Texier. Eh oui !


M. Pierre Bernard-Reymond, rapporteur. Enfin, on l'a constaté dans certains débats récents, des groupes de pression, incapables de réunir plus de 1 % à 2 % aux élections politiques, se camouflent derrière le joli nom de « société civile » pour envahir le champ du débat public et obtenir, par un puissant lobbying très bien organisé, ce qu'ils n'ont pu recueillir par les urnes.


M. Jean-Luc Mélenchon. Robert Ménard !


M. Pierre Bernard-Reymond, rapporteur. C'est dans ces circonstances que nous sommes aussi appelés à transposer dans notre droit positif une partie d'un accord conclu en dehors de nous par les partenaires sociaux.


Face à de telles évolutions, je comprends la gêne que peuvent éprouver certains de nos collègues, mais notre rôle, notre responsabilité, à l'instar de ceux qui incombent au Gouvernement, même s'ils sont distincts, ne sont-ils pas de faire en sorte que la « maison France » fonctionne le mieux possible, de façon concertée et solidaire ?


  M. Nicolas About, président de la commission des affaires sociales. Oui


M. Pierre Bernard-Reymond, rapporteur. En l'occurrence, je suis profondément convaincu que l'accord qui nous est présenté est un bon accord, qui fait franchir une étape significative au dialogue social, renforce l'efficacité de la politique de l'emploi, donne de nouvelles chances à notre économie et ouvre la voie à l'élaboration d'un modèle social français et européen adapté au XXIe siècle. (Applaudissements sur les travées de l'UMP et de l'UC-UDF, ainsi que sur certaines travées du RDSE.) »

 

SOCIAUX DEMOCRATES ET SOCIAUX REPUBLICAINS


A gauche, ce débat est au cœur de ce qui oppose les sociaux démocrates, partisans du contrat comme mode d'action réformiste et les sociaux républicains, partisans de la loi pour cela.


Mais les sociaux démocrates eux-mêmes ne méconnaissent pas le doute qui pèse en toutes circonstances sur les conditions de rapport de force qui détermine la conclusion du contrat.


C'est un rude défi pour la doctrine social démocrate. L'issue serait alors de désigner le pouvoir politique comme responsable de la pollution du débat social contractuel. La formule peut paraître adaptée s'il s'agit seulement d'accabler le pouvoir actuel d'un point de vue polémique. La grossièreté des pressions faites donne des verges pour battre ses auteurs sans grandes difficultés. Mais il en va tout autrement s'il s'agit de fonder une doctrine d'action politique. Car si le pouvoir politique ne doit pas infléchir le contenu de la négociation ni dans l'hémicycle ni depuis l'initiative gouvernementale, alors à quoi servirait une majorité et un gouvernement de gauche en matière sociale ?


Je crois que le moment où Christiane Demontés (PS Rhône) intervient sur ce point à la tribune du sénat est bien démonstratif de la difficulté sur laquelle butte le raisonnement social démocrate. Si ce passage est instructif c'est aussi parce qu'il montre comment les sociaux démocrates français intègrent cependant à leur manière la vision républicaine de l'usage de la loi généralisant par extension les droits sociaux ce qui est absolument étranger à la doctrine classique de ce courant de pensée dans les autres pays européens. Ce qui fait qu'avec le taux de syndicalisation le plus bas d'Europe, les travailleurs en France sont dans la proportion la plus large d'Europe sous protection conventionnelle.


 « Mme Christiane Demontès. « Monsieur le président, madame la secrétaire d'État, mes chers collègues, ce texte a pour objet de transposer dans notre législation 10 des 19 articles que compte l'accord passé le 11 janvier entre des organisations syndicales de salariés - la CGT ne l'ayant pas signé - et les organisations patronales.


Loin de « constituer un tournant dans notre vie sociale », comme le disait le ministre, ce projet de loi n'en renvoie pas moins à l'articulation qui existe entre la démocratie sociale et la démocratie représentative. Or, en cette année anniversaire des grandes luttes sociales de 1968, nous savons que l'une et l'autre sont aussi fonction du cadre dans lequel elles s'inscrivent. Aussi me permettrez-vous de revenir sur le contexte dans lequel l'accord du 11 janvier a été signé et sur la forme qu'a prise cette signature.

Les rapports qui lient ce texte à l'accord national interprofessionnel négocié par les partenaires sociaux et au rôle du Parlement méritent que nous nous y attardions parce que c'est la première fois, sans que ce soit sans doute la dernière, que nous aurons à travailler de la sorte. Au sein de cet hémicycle, nous considérons certainement tous qu'il est impératif que le dialogue social puisse se dérouler dans un climat propice à la négociation. Or de fortes pressions ont été exercées sur les syndicats de salariés.


M. Nicolas About, président de la commission des affaires sociales. Oh !


Mme Christiane Demontès. Je pense notamment au calendrier des négociations, qui fut très contraignant, et à la lettre d'orientation remise par le Gouvernement, qui, outre qu'elle reprenait nombre de points du rapport Virville de janvier 2004, définissait les axes précis de la négociation. Cela est regrettable et nombreux sont les partenaires sociaux à nous l'avoir fait savoir.


La démocratie sociale ne devrait pas être placée sous la primauté du politique et subir l'injonction de celui-ci, faute de quoi la recherche d'une bonne articulation entre démocratie sociale et démocratie représentative risque, dans les faits, de n'être qu'une instrumentalisation du dialogue social ayant pour objectif d'imposer un rapport de force précis.


Mme Raymonde Le Texier. Exact !


Mme Christiane Demontès. Désormais débarrassé des principes chers au Conseil national de la Résistance, qui promouvait l'intervention de l'État dans la sphère économique afin de tenter d'atténuer les injustices du marché, et tout acquis au modèle anglo-saxon du marché de l'emploi ultra flexible, dans lequel le code du travail ne serait plus qu'un frein à la création de plus-value et le salariat une simple variable d'ajustement des coûts de production, le Gouvernement n'a cessé de faire peser sur les syndicats la menace d'un recours à la loi, laquelle, n'en doutons pas, aurait été de facture ultralibérale, et donc beaucoup plus favorable aux exigences du MEDEF. (M. Jean-Luc Mélenchon applaudit.)


À cet égard, on ne peut que s'étonner, madame la secrétaire d'État, du peu d'empressement dont votre collègue Xavier Bertrand fait preuve pour que les négociations sur la pénibilité, débutées en 2003, aboutissent.


M. Guy Fischer. Eh oui !


M. Nicolas About, président de la commission des affaires sociales. Ce n'est pas facile !


Mme Christiane Demontès. De même, comment ne pas s'interroger sur le fait que vous n'entériniez pas l'accord sur le dialogue social dans l'artisanat conclu par les partenaires sociaux en décembre 2001 ?


M. Guy Fischer. Eh oui !


Mme Christiane Demontès. Tel est donc le cadre dans lequel s'est inscrite cette négociation. Le primat du politique, voire « l'interventionnisme outrancier de l'exécutif », pour reprendre les termes de notre collègue Gérard Larcher, a été déterminant. Dès lors, affirmer, comme le fait M. le rapporteur, que « l'ANI est une première application réussie de la procédure prévue par la loi de modernisation sociale » est un peu excessif, c'est le moins que l'on puisse dire »


EN CONCLUSION ?


Il me semble que ces sortes de questions qui paraissent très théoriques et peut-être même éloignées des préoccupations concrètes sont pourtant au cœur des préoccupations que soulève l'évolution des systèmes politiques de notre temps dans le contexte de la mondialisation libérale d'une part et de celui de l'impasse des stratégies de gauche pour y faire face d'autre part.

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Dimanche 11 mai 2008
communauté : Les blogs socialistes

« Subitement » ( ?) des émeutes éclatent dans différents pays du Monde suite à la raréfaction et l'augmentation des denrées alimentaires. Il est d'ailleurs « bizarre » que cela ne fasse plus la une de l'actualité. Qu'en est - il d'ailleurs aujourd'hui ? Les pays riches ont surement d'autres soucis ? Mais celui - là je pense que nous nous le reprendrons dans la figure...


Au-delà c'est un vrai problème que l'humanité doit prendre en compte. C'est aussi le défi des années à venir. Ce problème montre aussi les limites du système dans lequel nous vivons. Quelle est la finalité d'une financiarisation de l'économie, la recherche de la rentabilité à tout crin, su des millions d'êtres humains meurent de faim sur la planète ? Cela n'a aucun sens...


Par le réseau PRS13, merci Stéphane, circule cet article de Libération. Il est intéressant pour mieux comprendre ce qui se passe. Cela complète un précédent article sur le sujet.


DH



Aux pays riches d'assurer les pauvres (*)



Par Esther Duflo


La semaine dernière, les émeutes violentes à Haïti, provoquées par la colère des habitants face à l'augmentation du prix des denrées alimentaires de base, ont mis la question des prix agricoles sur le devant de la scène. D'autres incidents ont eu lieu en Indonésie, en Guinée, en Mauritanie, au Mexique, au Maroc, au Sénégal, en Ouzbékistan et au Yémen. Plusieurs gros producteurs de riz (Vietnam, Inde, Egypte) ont imposé de fortes limites sur les exportations de riz. Après plusieurs décades de stabilité des prix des denrées alimentaires, ceux-ci ont recommencé à augmenter à partir de 2005, et leur croissance en 2007 a été phénoménale. De mars 2007 à mars 2008, l'augmentation du prix mondial moyen a été de 30 % pour le maïs, 74 % pour le riz, 87 % pour le soja, et 130 % pour le blé.


Plusieurs raisons expliquent l'augmentation tendancielle des prix, dont la demande pour les biocarburants (qui consomment une partie non négligeable du maïs produit dans le monde) et l'accroissement et l'enrichissement de la population mondiale (en particulier l'augmentation de la demande de viande en Chine : paradoxalement, produire une calorie sous forme de viande requiert une quantité de céréales plus fortes que produire une calorie sous forme de céréale).


Plusieurs facteurs de conjoncture contribuent aussi à expliquer le pic récent : les récoltes de blé ont été mauvaises dans plusieurs gros pays producteurs ; le riz souffre d'un parasite mystérieux au Vietnam ; les stocks de grains, maintenus par les gouvernements (comme l'Inde) pour stabiliser les prix, ont fortement diminué (ils sont à leurs plus bas niveaux depuis 1984). Les prix sont donc non seulement plus hauts en général, mais plus volatils (on s'attend d'ailleurs a une baisse du prix du riz après les récoltes en Indonésie et en Inde) ; même la crise financière joue un rôle : les produits alimentaires font figure de valeur refuge, ce qui contribué à la flambée. Zoellick (président de la Banque mondiale), Diouf (président de la FAO) et bien d'autres, s'inquiètent pour les pauvres. Zoellick a même brandi une miche de pain aux meetings annuels du FMI et de la Banque mondiale pour donner force à son argumentaire. La part de la nourriture dans le budget d'une famille qui vit avec moins de 1 dollar par jour (le seuil de pauvreté mondial) est entre 50 % et 77 % selon les pays, d'après les enquêtes-budget réalisées par la Banque mondiale, ce qui les rend très sensibles aux prix alimentaires.


Pourtant, il y a moins de deux ou trois ans, c'était les subventions agricoles des pays riches, et même l'aide alimentaire qui étaient critiquées : en maintenant les prix artificiellement bas, elles empêchaient les paysans africains de vendre leurs produits à bon prix, les laissant dans la pauvreté. Ces deux arguments peuvent paraître a priori contradictoires. Malheureusement, ils ne le sont pas. Une augmentation du prix des produits alimentaires bénéficie aux producteurs nets (ceux qui produisent plus qu'ils ne consomment), au détriment des consommateurs nets. Cela est vrai tant au niveau national qu'au niveau individuel. Au niveau national, la hausse des prix des céréales va améliorer la balance commerciale des pays exportateurs, et empirer celles des pays importateurs, dont l'Afrique subsaharienne. Au niveau individuel, les pauvres les plus touchés sont en milieu urbain, mais même en milieu rural, un certain nombre des plus pauvres sont en fait consommateurs nets de céréales.


Une étude réalisée dans les années 1980 sur la Thaïlande avait montré que les ménages ruraux bénéficiaient en moyenne d'une augmentation du prix du riz, mais avec de fortes variations d'un ménage à l'autre. Ceux qui en bénéficiaient le plus étaient les ménages ni trop pauvres ni trop riches. Ainsi, quand le prix des céréales augmente, dans le court terme, certains des pauvres y gagnent, d'autres y perdent.


A moyen terme, l'accroissement de la volatilité des prix est dommageable pour tous. Les familles pauvres des pays en développement font déjà face à d'énormes risques et ne bénéficient souvent d'aucune assurance contre ces risques, en dehors de leur propre épargne ou de la solidarité informelle. Une mauvaise période peut conduire à sacrifier l'éducation des enfants ou à laisser un enfant mourir d'une attaque de diarrhée. Une difficulté passagère laisse une trace permanente.


Au-delà de l'aide d'urgence, il est essentiel de mettre en place une assurance efficace contre la variabilité du prix des produits alimentaires pour les plus pauvres. Les pays riches devraient s'y sentir d'autant plus obligés qu'ils portent largement la responsabilité de ces fluctuations.



Esther Duflo est économiste et professeure au Massachusetts Institute of Technology et à l'Ecole d'économie de Paris.


Libéra tion.fr : lundi 14 avril 2008



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Samedi 10 mai 2008
communauté : Les blogs socialistes

C'est un bilan sans complaisance des premiers mois de la présidence de Nicolas Sarkozy que dresse dans ce livre la Ligue des Droits de l'Homme. Une présidence marquée par la rupture revendiquée : nouvelles orientations politiques, bouleversement de la manière d'exercer le pouvoir, mais surtout rupture avec les droits de l'Homme, malgré l'utilisation purement marketing qui en est faite par le nouveau pouvoir.


Les décisions politiques ne sont jamais anodines, et il est important que soit scrutée l'action du Président de la République. Derrière le côté « Bling - Bling » qui focalise les médias et les esprits, c'est un modèle de société qui se met en place.


A lire !


DH


Un an de sarkozysme, la Ligue des droits de l'homme s'alarme

 


Pour la cinquième année consécutive, la Ligue des droits de l'Homme publie le mercredi 7 mai son rapport sur «L'état des droits de l'homme en France» (La Démocratie asphyxiée, La Découverte, 128 pp., 10 €). En six chapitres précis et documentés, les militants de la LDH y dressent un tableau particulièrement alarmant des atteintes aux libertés et aux droits sociaux par la «République selon Sarkozy», alors que le Président fête son premier anniversaire à l'Elysée. En exclusivité pour Libération, ils ont rédigé la synthèse de leur travail et livrent leurs conclusions.


Une démocratie exemplaire ? «Rupture»...  avec les valeurs  républicaines


On peut rompre avec tous et avec tout, sauf avec sa propre politique: les "lois Sarkozy" du précédent quinquennat sont toujours là. Pourtant, le 6 mai 2007 a constitué un saut qualitatif dans la forme du politique, comme sur nombre de points fondamentaux. L'Etat est désormais géré comme une entreprise personnelle par un "président-Soleil", dans une ambiance jet-set décomplexée. Le présidentialisme a muté en "monarchie élective", à laquelle aucune institution ne résiste : ni le gouvernement de "collaborateurs" à faire noter par un cabinet privé, ni le Parlement paraphant sa dose hebdomadaire de "réformes" ficelées, ni la justice dont la ministre explique qu'elle est rendue "au nom de la légitimité suprême des Français qui ont élu Nicolas Sarkozy pour restaurer l'autorité". "Ainsi veut le roi, ainsi veut la loi" ? Et le peuple français se réduit-il à la majorité présidentielle ? Rupture, oui, dans la désinstitutionnalisation du pouvoir, l'autoritarisme personnalisé et la privatisation du politique. Rupture, au bout du compte, avec les valeurs républicaines.»


Le droit à l'éducation et à la sûreté pour nos enfants ? Fichons ces graines de délinquants !


«Le fichier "Base-élèves" est un bon exemple des pratiques de fichage systématisé et du nouveau contrôle social. Tandis que le ministère de l'Education nationale fait le forcing pour convaincre les directeurs d'école de ses mérites, les parents d'élèves découvrent avec stupeur que ce fichier permettra de conserver pendant quinze ans quantité d'informations sur leurs enfants. Les décrets relatifs à la loi "de prévention de la délinquance" commencent à sortir et les maires sont désormais habilités à se constituer une base de données à partir des informations qu'ils auront récoltées auprès des directeurs d'école, des caisses d'allocations familiales et des inspecteurs d'aca