Nicolas Sarkozy prône le contrat sur la loi. C'est une vision libérale de la société. Pour illustrer cette politique, il demande aux partenaires
sociaux de « se mettre d'accord » avec le patronat sur différents sujets. Ensuite, l'accord n'aura plus qu'à être transposé dans la loi. Cela peut sembler logique, les partenaires
sociaux, sont les plus à même à priori à traiter de problèmes qui les concerne.
Mais est - il logique que les syndicats par exemple négocient les nouvelles règles de la représentativité syndicale avec le MEDEF ? Je
rappelle tout d'abord que le MEDEF est aussi une organisation syndicale et que la question de représentativité n'était pas négociable. En quoi le MEDEF serait - il légitime à définir ce qu'est
une organisation syndicale représentative ? La représentativité des syndicats et leur rôle dans l'entreprise voire la société n'est - il pas au contraire un vrai sujet politique ?
Les pouvoirs des syndicats, via les instances de représentation des salariés dans l'entreprise comme les Comité d'Entreprises, les Délégués du Personnel, les Comités d'Hygiène, Sécurité et
contions de Travail ne sont - ils pas des sujets politiques ? Par exemple le système de codétermination plus connu en France sous le terme de cogestion, donne pouvoir
réel aux syndicats dans l'entreprise, ce qui n'est pas le cas en France. Cela n'a pu être obtenu que par le politique. Cela ne s'obtiendra jamais par une négociation avec le MEDEF...
Au travers de l'exemple de la transposition de l'accord sur la modernisation du travail, Jean - Luc MELENCHON revient sur ce problème de
transposition dans la loi des accords négociés entre partenaires sociaux. C'est un peu long et un peu complexe pour les moins initiés sur ce type de sujet, mais il rappelle au travers de la
défense de l'intérêt général la différence et la légitimité des parlementaires, par rapport à celle des syndicalistes.
Intéressant.
DH
Modernisation archaïque...
Mardi et mercredi au Sénat a été discuté le texte qui transpose l'accord entre les syndicats de salariés et ceux des patrons sur le contrat de
travail. Naturellement ce texte de régressions archaïques portait le titre pompeux de « modernisation » du marché du travail. Tous les syndicats avaient signé cet
accord, à l'exception de la CGT. A l'assemblée nationale le texte a été adopté avec les voix de droite. Les élus socialistes se sont abstenus sauf Marc Dolez (PS Nord) qui a voté contre. Les
communistes et les Verts ont voté contre. Au Sénat il en a été de même. La droite a voté pour le texte, les communistes et les Verts ont voté contre, les socialistes se sont abstenus sauf Maryse
Bergé Lavigne (PS Haute Garonne) et moi (PS Essonne) qui avons voté contre. Mes interventions peuvent être lues au journal officiel du Sénat consultable en
ligne. Dans cette note je me concentre sur quelques questions de principe que la situation de ce débat soulevait.
UN PUR CHANTAGE
Les principales dispositions de cette loi sont connues. Après une proclamation hypocrite selon laquelle le Contrat de travail a durée illimitée
(CDI) est la formule de référence des contrats de travail, le texte s'applique à démanteler les garanties que celui-ci contient. Et il crée... deux nouvelles formes de contrat précaires. Le point
de départ de toute cette affaire est la condamnation de la France par l'OIT à propos du CNE, le fameux contrat de travail de deux ans que l'employeur pouvait rompre sans explication ni préavis.
Mais avant même que cette condamnation intervienne, les équipes de la droite et du patronat ont compris que l'affaire était perdue et qu'il leur fallait tourner leurs batteries. Ce n'est donc
plus une mesure unique qui a été envisagée mais un ensemble de dispositions particulières qui mises bout à bout représente davantage que le CNE en matière de flexibilité.
La droite a démarré sa campagne pendant les élections présidentielles autour du thème du « contrat de travail unique » et
de la rupture du contrat de travail « par consentement mutuel ». Ces thèmes étaient aussi ceux de François Bayrou. Une fois la victoire acquise, le nouveau président s'est
appuyé sur le fait qu'il l'avait annoncé dans sa campagne pour agiter la menace d'un projet de loi créant le « contrat de travail unique », appelé à remplacer toutes les autres
formes de contrat de travail. Même sans être un spécialiste du code du travail on comprend que ce « contrat unique » ne pouvait qu'être aligné sur les flexibilités des contrats les
plus précaires pour pouvoir les remplacer. Affaire de logique.
C'est avec cette épée de Damoclès sur la tête que les négociations ont été convoquées. Et fermement encadrées. Ainsi le gouvernement a prévenu
d'emblée : si la négociation n'aboutissait pas, une loi mettrait directement en application ses orientations. De son côté le président de la République a lui-même annoncé comme acquis des
points qui étaient pourtant censés faire l'objet du débat. Ainsi dès le 30 août 2007 dans sa conférence de presse de politique sociale (à l'université d'été du Medef !) il proclame que la
rupture du contrat de travail par « consentement mutuel » serait appliquée. Et comme si cela ne suffisait pas, avant même le début de la discussion, le gouvernement a indiqué dans un
document d'orientation de juin 2007 les points sur lesquelles la négociation devait aboutir.
C'est pourquoi j'ai résumé cette situation de cette façon dans ma première intervention en séance : « Cette négociation s'est donc
déroulée suivant la règle que je vais résumer par un aphorisme : « donne-moi ta montre, je te donnerai l'heure ». Tel fut le prétendu donnant-donnant ! En cet instant, je dois
répéter en séance publique ce qui se dit dans les couloirs afin que cette information figure au Journal officiel : pas un de nos interlocuteurs syndicalistes n'a considéré qu'il s'agissait
d'un bon accord dans lequel le compromis comporterait telle mesure en notre défaveur, certes, mais en échange de cela qui nous serait favorable. Où se trouve le « cela »
favorable ? Aujourd'hui règne la peur du pire : on nous recommande de donner notre accord afin d'éviter le pire. Cette façon de procéder s'appelle non pas une négociation, mais un
chantage »
LE SENS DES VOTES DE LA GAUCHE
Je ne crois pas qu'il soit utile de passer ici en revue toutes les dispositions du texte. Le journal des débats parlementaires en offre des
analyses de très grande qualité avec les interventions des parlementaires de gauche. Les sénateurs communistes en particulier ont fourni un travail d'analyse très approfondi. J'estime que mes
camarades socialistes ont également très sérieusement décortiqué le texte et bien montré ses aspects néfastes. Leur abstention au moment du vote n'a donc nullement le sens d'une hésitation ou
d'un accord déguisé. Leurs interventions, en tous cas au Sénat, ont été clairement et profondément critiques. Ainsi quand Raymonde Le Texier (Val d'Oise) s'est exprimé à la tribune pour demander
le renvoi en commission du texte, le rejet sur le fond par le groupe socialiste est sans ambigüité : « L'objectif de ce projet de loi est, au mieux le contournement, au pire la
destruction des barrières législatives encadrant le licenciement, et les salariés se trouvent pris en otage par votre incapacité à sortir d'une pensée unique : la sacro-sainte flexibilité
comme panacée aux problèmes d'emplois. Les partenaires sociaux ont considéré cette négociation comme l'occasion de mieux contrôler les dysfonctionnements dont ils sont témoins. Ils ont surtout
été sensibles à vos pressions. Ils vous connaissent bien, ils savent que vous pouvez faire pire. (Approbations à gauche) Il suffit d'entendre, à propos de ce texte, les commentaires des
parlementaires les plus libéraux.... Ce texte est plus flexible pour le patronat que sécurisant pour les salariés, et l'équilibre annoncé est un leurre. La démocratie sociale doit être une
avancée, pas un marché de dupes ! »
Et Christiane Démontes (PS Rhône), animatrice du groupe socialiste sur ce débat a présenté l'abstention des socialistes comme un soutien à la
méthode de la négociation sociale alors même que le désaccord reste entier sur le fond. « De fait, a-t-elle expliqué à la tribune, les centrales syndicales signataires ont
choisi de donner un coup d'arrêt à une évolution sur laquelle ils n'auraient plus eu de prise. C'est un accord défensif : les syndicats ont évité le pire, notamment le contrat unique vanté
par le candidat Sarkozy. Cet accord est majoritaire et nous respectons le travail des partenaires sociaux sans pour cela remettre en cause notre devoir de législateurs qui est de veiller à
l'intérêt général et de garantir un équilibre entre le puissant et le faible. » Argument repris par Raymonde Le Texier (PS Val d'Oise) dans l'explication de vote du groupe
socialiste : « Nous apportons notre soutien aux partenaires sociaux, qui, lors de cette négociation, ont tenté de « sauver les meubles », notamment en évitant le contrat
unique. Mais il est clair pour tous, aujourd'hui, que ce « dialogue social » a eu lieu en permanence sous la menace du Gouvernement de passer en force, par une loi plus dure, plus
ultralibérale. Face à cette menace, les syndicats ont fait ce qu'ils ont pu. » Si je suis d'accord avec mes camarades sur l'analyse du texte, j'en tire une conclusion différente au
moment du vote. J'ai voté contre et je veux expliquer pourquoi.
L'INTERET GENERAL
Selon moi, quelle que soit les circonstances, le parlement n'a pas à être la chambre d'enregistrement de quelque négociation catégorielle que
ce soit. Car les parlementaires ont en charge l'intérêt général. L'intérêt général n'est pas la somme des intérêts particuliers, même si ces derniers ont fait l'objet d'un arbitrage
raisonné dans le cadre d'un contrat.
Le Parlement représente la société tout entière, qui est en quelque sorte le partenaire exclu de la négociation à deux. Il doit donc dire
ce qui lui paraît juste pour la société du point de vue de l'intérêt général de celle-ci. D'abord parce qu'il est le garant ultime des droits et libertés des personnes surtout dans le
moment, particulièrement crucial, où le travailleur cesse d'être un citoyen pour entrer dans un rapport de subordination, tel que le lui enjoint le contrat de travail ! Selon la formule de
Jaurès, la République a fait les français rois dans la cité mais les a laissés serfs dans l'entreprise. Ensuite parce que c'est la société toute entière qui assume toutes les
conséquences des relations sociales au travail. C'est elle qui finance la qualification des travailleurs par l'éducation, leur santé, leur transport et ainsi de suite dans tous les
compartiments de la vie en société. Les représentants de la société toute entière sont donc entièrement légitimes à délibérer quand bien même un accord est conclu entre partie représentative et
quand bien même l'est-il à la satisfaction totale des parties qui le conclu car il faut encore vérifier que celui-ci ne lèse pas la société.
Enfin le débat parlementaire est le seul qui soit à la fois public, donc dont les arguments sont contrôlables, et le seul à être formulé du
point de vue de l'intérêt général. Le contrat, lui ne peut s'abstraire du rapport de force des intérêts particuliers. Il ne le peut pas en fait. A preuve la caricaturale négociation sous
pression de cet accord. Il ne le peut pas non plus en droit. En effet les parties sont au contraire mandatées pour ne représenter exclusivement que les intérêts de leurs mandants. La situation
particulière de cette conjoncture nous permet de bien comprendre pourquoi il ne saurait y avoir de mandat impératif pour un parlementaire au contraire d'un syndicaliste. Et, précisément, admettre
qu'un accord social conclu s'impose aux législateur, c'est créer un mandat impératif tout à fait contraire à l'esprit des institutions républicaines. Ce que j'en dis n'est pas seulement le
point de vue d'un homme de gauche attaché à la vision républicaine de l'organisation politique de la société. Car le malaise que provoque la méthode des transpositions forcées et sans
droit d'amendement est partagé par tous ceux qui comprennent bien que c'est, de cette façon, un autre modèle politique qui s'impose à tous. Le rapporteur de la commission des affaires
sociales au Sénat s'en est fait l'écho en présentant le texte. Et il a justifié son appel à le soutenir non du fait de l'accord conclu mais du fait de son approbation avec le contenu qu'il estime
conforme à l'intérêt général du pays. Je place ici le compte rendu de sa déclaration telle que la donne le compte rendu officiel.
« M. Pierre Bernard-Reymond, rapporteur. Je m'adresserai
à présent à ceux de nos collègues qui s'interrogent sur le rôle du législateur, sur la part qui est laissée à ce dernier à l'heure actuelle. Cette question est légitime et d'autant plus justifiée
que nous sommes à la veille d'une réforme des institutions qui est censée donner davantage de pouvoirs au Parlement.
Mme Raymonde Le Texier. Eh oui !
M. Guy Fischer. On verra !
M. Pierre Bernard-Reymond, rapporteur. Les
institutions de la Ve République, que je défends, ont dû réduire les prérogatives du Parlement face au pouvoir exécutif pour conférer à ce dernier plus de stabilité et d'efficacité. Les lois de
décentralisation successives, que j'approuve, ont retiré à l'État, et donc au législateur, une partie de ses prérogatives. Le développement de l'Europe, que j'appelle également de mes vœux,
nonobstant le principe de subsidiarité, a également transféré à un autre échelon certaines responsabilités, ce qui donne parfois au parlementaire français le sentiment qu'il n'est plus qu'un
« transposeur » de directives.
Mme Raymonde Le Texier. Eh oui !
M. Pierre Bernard-Reymond, rapporteur. Enfin, on
l'a constaté dans certains débats récents, des groupes de pression, incapables de réunir plus de 1 % à 2 % aux élections politiques, se camouflent derrière le joli nom de « société
civile » pour envahir le champ du débat public et obtenir, par un puissant lobbying très bien organisé, ce qu'ils n'ont pu recueillir par les urnes.
M. Jean-Luc Mélenchon. Robert Ménard !
M. Pierre Bernard-Reymond, rapporteur. C'est dans
ces circonstances que nous sommes aussi appelés à transposer dans notre droit positif une partie d'un accord conclu en dehors de nous par les partenaires sociaux.
Face à de telles évolutions, je comprends la gêne que peuvent éprouver certains de nos collègues, mais notre rôle, notre responsabilité, à
l'instar de ceux qui incombent au Gouvernement, même s'ils sont distincts, ne sont-ils pas de faire en sorte que la « maison France » fonctionne le mieux possible, de façon concertée et
solidaire ?
M. Nicolas About, président de
la commission des affaires sociales. Oui
M. Pierre Bernard-Reymond, rapporteur. En
l'occurrence, je suis profondément convaincu que l'accord qui nous est présenté est un bon accord, qui fait franchir une étape significative au dialogue social, renforce l'efficacité de la
politique de l'emploi, donne de nouvelles chances à notre économie et ouvre la voie à l'élaboration d'un modèle social français et européen adapté au XXIe siècle. (Applaudissements sur
les travées de l'UMP et de l'UC-UDF, ainsi que sur certaines travées du RDSE.) »
SOCIAUX DEMOCRATES ET SOCIAUX REPUBLICAINS
A gauche, ce débat est au cœur de ce qui oppose les sociaux démocrates, partisans du contrat comme mode d'action réformiste et les sociaux
républicains, partisans de la loi pour cela.
Mais les sociaux démocrates eux-mêmes ne méconnaissent pas le doute qui pèse en toutes circonstances sur les conditions de rapport de force qui
détermine la conclusion du contrat.
C'est un rude défi pour la doctrine social démocrate. L'issue serait alors de désigner le pouvoir politique comme responsable de la pollution du
débat social contractuel. La formule peut paraître adaptée s'il s'agit seulement d'accabler le pouvoir actuel d'un point de vue polémique. La grossièreté des pressions faites donne des verges
pour battre ses auteurs sans grandes difficultés. Mais il en va tout autrement s'il s'agit de fonder une doctrine d'action politique. Car si le pouvoir politique ne doit pas infléchir le contenu
de la négociation ni dans l'hémicycle ni depuis l'initiative gouvernementale, alors à quoi servirait une majorité et un gouvernement de gauche en matière sociale ?
Je crois que le moment où Christiane Demontés (PS Rhône) intervient sur ce point à la tribune du sénat est bien démonstratif de la difficulté
sur laquelle butte le raisonnement social démocrate. Si ce passage est instructif c'est aussi parce qu'il montre comment les sociaux démocrates français intègrent cependant à leur manière la
vision républicaine de l'usage de la loi généralisant par extension les droits sociaux ce qui est absolument étranger à la doctrine classique de ce courant de pensée dans les autres pays
européens. Ce qui fait qu'avec le taux de syndicalisation le plus bas d'Europe, les travailleurs en France sont dans la proportion la plus large d'Europe sous protection conventionnelle.
« Mme Christiane Demontès. « Monsieur le
président, madame la secrétaire d'État, mes chers collègues, ce texte a pour objet de transposer dans notre législation 10 des 19 articles que compte l'accord passé le 11 janvier entre des
organisations syndicales de salariés - la CGT ne l'ayant pas signé - et les organisations patronales.
Loin de « constituer un tournant dans notre vie sociale », comme le disait le ministre, ce projet de loi n'en renvoie pas moins à
l'articulation qui existe entre la démocratie sociale et la démocratie représentative. Or, en cette année anniversaire des grandes luttes sociales de 1968, nous savons que l'une et l'autre sont
aussi fonction du cadre dans lequel elles s'inscrivent. Aussi me permettrez-vous de revenir sur le contexte dans lequel l'accord du 11 janvier a été signé et sur la forme qu'a prise cette
signature.
Les rapports qui lient ce texte à l'accord national interprofessionnel négocié par les partenaires sociaux et au rôle du Parlement méritent
que nous nous y attardions parce que c'est la première fois, sans que ce soit sans doute la dernière, que nous aurons à travailler de la sorte. Au sein de cet hémicycle, nous considérons
certainement tous qu'il est impératif que le dialogue social puisse se dérouler dans un climat propice à la négociation. Or de fortes pressions ont été exercées sur les syndicats de
salariés.
M. Nicolas About, président de la commission des affaires
sociales. Oh !
Mme Christiane Demontès. Je pense notamment au calendrier des
négociations, qui fut très contraignant, et à la lettre d'orientation remise par le Gouvernement, qui, outre qu'elle reprenait nombre de points du rapport Virville de janvier 2004, définissait
les axes précis de la négociation. Cela est regrettable et nombreux sont les partenaires sociaux à nous l'avoir fait savoir.
La démocratie sociale ne devrait pas être placée sous la primauté du politique et subir l'injonction de celui-ci, faute de quoi la recherche
d'une bonne articulation entre démocratie sociale et démocratie représentative risque, dans les faits, de n'être qu'une instrumentalisation du dialogue social ayant pour objectif d'imposer un
rapport de force précis.
Mme Raymonde Le Texier. Exact !
Mme Christiane Demontès. Désormais débarrassé des principes
chers au Conseil national de la Résistance, qui promouvait l'intervention de l'État dans la sphère économique afin de tenter d'atténuer les injustices du marché, et tout acquis au modèle
anglo-saxon du marché de l'emploi ultra flexible, dans lequel le code du travail ne serait plus qu'un frein à la création de plus-value et le salariat une simple variable d'ajustement des coûts
de production, le Gouvernement n'a cessé de faire peser sur les syndicats la menace d'un recours à la loi, laquelle, n'en doutons pas, aurait été de facture ultralibérale, et donc beaucoup plus
favorable aux exigences du MEDEF. (M. Jean-Luc Mélenchon applaudit.)
À cet égard, on ne peut que s'étonner, madame la secrétaire d'État, du peu d'empressement dont votre collègue Xavier Bertrand fait preuve
pour que les négociations sur la pénibilité, débutées en 2003, aboutissent.
M. Guy Fischer. Eh oui !
M. Nicolas About, président de la commission des affaires
sociales. Ce n'est pas facile !
Mme Christiane Demontès. De même, comment ne pas s'interroger
sur le fait que vous n'entériniez pas l'accord sur le dialogue social dans l'artisanat conclu par les partenaires sociaux en décembre 2001 ?
M. Guy Fischer. Eh oui !
Mme Christiane Demontès. Tel est donc le cadre dans lequel
s'est inscrite cette négociation. Le primat du politique, voire « l'interventionnisme outrancier de l'exécutif », pour reprendre les termes de notre collègue Gérard Larcher, a été
déterminant. Dès lors, affirmer, comme le fait M. le rapporteur, que « l'ANI est une première application réussie de la procédure prévue par la loi de modernisation sociale »
est un peu excessif, c'est le moins que l'on puisse dire »
EN CONCLUSION ?
Il me semble que ces sortes de questions qui paraissent très théoriques et peut-être même éloignées des préoccupations concrètes sont pourtant
au cœur des préoccupations que soulève l'évolution des systèmes politiques de notre temps dans le contexte de la mondialisation libérale d'une part et de celui de l'impasse des stratégies de
gauche pour y faire face d'autre part.
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