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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 04:30


Téléphone Rouge

 

source : Le Nouvel Observateur le 14/06/2001

 

Vitrolles: l'après-Mégret En attendant la probable annulation de l'élection municipale de Vitrolles, remportée à 200 voix près par Catherine Mégret, la gauche est sur le pied de guerre et veut cette fois présenter une liste d'union dès le premier tour.

 

Bien que contesté dans son parti, le leader du PS local Dominique Tichadou vient de passer avec son homologue du PC Richard Dubrey un accord qui lui assure la tête de liste.

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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 04:28


A Vitrolles, la droite maintient sa liste contre Catherine Mégret

 

Article paru dans l'édition du Monde du 15.03.01

 

De notre correspondant régional

 

Bruno et Catherine Mégret arpentent le marché, suivis d'un petit groupe de femmes qui distribuent leur tract : « Danger : avec Tichadou ce serait pire qu'avec Anglade, ce seraient les magouilles, l'incompétence, la haine, les violences. » Mme Mégret, se penchant vers ses interlocuteurs, exhorte à la mobilisation pour le 18 mars, ses suivantes traduisent : « Sinon, c'est les Arabes à la mairie ! » Et c'est bien de cela qu'il s'agit : les 5 595 voix (38,93 %) qu'elle a recueillies au premier tour indiquent qu'on est loin du vote de protestation. Après trois campagnes municipales, une cantonale et quatre ans de mandat, les 20 350 électeurs vitrollais connaissent le bilan du maire et ses intentions.

 

Un socialiste, qui dit avoir été « tétanisé par ce score », commente : « Il faut simplement reconnaître qu'il y a un vote raciste, un vote facho. Il reste hypocrite, personne ne l'avoue, mais il est bien là. » Pour lui, beaucoup de ces électeurs sont âgés, mais il faut compter aussi avec « ceux qui travaillent ailleurs, qui viennent le soir dans cette ville-dortoir, se foutent des clubs de sport et du reste et repartent le matin ; tout ce qui les intéresse, c'est que leur baraque ne soit pas cambriolée ».

 

La petite troupe MNR passe devant le local de Christian Rossi (RPR) aux électeurs duquel Mme Mégret a adressé une lettre pour leur « tendre la main [car] les valeurs qui nous rassemblent sont plus grandes que celles qui nous divisent ». Le candidat gaulliste, qui a récolté 18 % des voix, a annoncé qu'il se maintient au second tour. Ce mardi 13 mars, remonté et anxieux, il donne une conférence de presse : après avoir fait l'objet, depuis le 21 février, d'une campagne de calomnie relayée par trois tracts anonymes l'accusant de « viol homosexuel », il a décidé de riposter publiquement. Il annonce qu'il a déposé quatre plaintes, dont trois visent nommément Mme Mégret, pour diffamation et propagation de fausses nouvelles. On apprendra dans l'après-midi que le doyen des juges d'instruction d'Aix a effectivement ouvert une enquête. M. Rossi montre les agrandissements des lettres anonymes et des tracts du MNR qu'il a remis à la police : on y voit le même défaut d'impression. Et il rappelle que la plainte initiale contre lui, qui est à l'origine de la rumeur, a été classée sans suite par le procureur d'Aix-en-Provence qui, fait exceptionnel, l'a fait savoir par un communiqué à La Provence.

 

M. Rossi est blessé et excédé. Il remercie René Agarrat, qui a obtenu 3,29 % des voix sur sa liste « 100 % à gauche », mais qui est venu à sa conférence de presse dénoncer « ces méthodes, ce genre de... saloperie », tout en confirmant sa prise de position « pour la liste conduite par M. Tichadou ». Le candidat gaulliste annonce ensuite qu'il a déposé une requête en annulation du premier tour : selon lui cette campagne insidieuse lui a coûté « entre 7 et 8 points ». Sous les applaudissements de ses amis, il conclut que Mme Mégret ne doit pas aller « à la mairie, mais en prison ». Quelques instants plus tard, quand le cortège du MNR repasse devant son siège, ses militants, rageurs, scandent ce mot d'ordre. Interrogé sur ces tracts anonymes, M. Mégret nie y être mêlé et ajoute : « Les affaires de mœurs de M. Rossi ne me concernent pas. »

 

RAISONNABLEMENT OPTIMISTE

 

Quelques instants plus tard, Dominique Tichadou (PS, 23,31 % des voix) et Alain Hayot (PCF, 16,45 %) arrivent sur le marché. Les deux hommes, qui ont mené séparément la bataille du premier tour, marchent côte à côte, arborant des sourires de réconciliés. La veille ils ont signé une déclaration commune qui parle du « nouveau visage de la gauche et d'une poussée citoyenne inédite, (...) d'une équipe renouvelée, rajeunie, féminisée, plurielle ». Il s'agit désormais de « mieux gérer la ville, de la sortir de son isolement ». Les deux chefs de file sont en train de former la liste de fusion, sur laquelle M. Hayot sera deuxième et fera entrer douze représentants en position éligible, M. Tichadou en plaçant seize.

 

Chacun retourne ensuite à son local : l'addition des trois listes de gauche lui donne une avance de 740 voix sur l'extrême droite, mais les amis de M. Tichadou savent qu'il n'a pas fait le plein au premier tour. Ils le constatent sur les listes d'émargement, qu'ils dépouillent minutieusement afin d'exhorter par téléphone les abstentionnistes à se déplacer le 18 mars. Ce travail de fourmi révèle aussi que des gens connus pour être partisans de l'extrême droite sont restés chez eux. M. Tichadou estime cependant que ses réserves sont « beaucoup plus importantes » et se réjouit du maintien dans la course de M. Rossi. Selon lui, « une petite partie ira chez Mégret, une autre chez moi, mais ça fixe l'électorat de droite ». Il est donc raisonnablement optimiste.

 
MICHEL SAMSON
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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 04:25


Deux ans d'inéligibilité pour Catherine Mégret

 

Paru dans le Nouvel Obs du 18/06/2001


La maire MNR de Vitrolles était jugée pour discrimination à la prime de naissance. La sanction est suspendue car elle s'est pourvue en cassation.


La cour d'appel d'Aix-en-Provence a confirmé ce lundi la condamnation de la maire MNR de Vitrolles Catherine Mégret à trois mois de prison avec sursis, 100.000 francs d'amende et deux ans d'inéligibilité pour discrimination à la prime de naissance. L'ancien premier adjoint au maire, Hubert Fayard, a été condamné à la même peine. Tous deux ont instauré en janvier 1998 une prime de naissance de 5.000 francs réservée aux familles dont l'un des parents au moins était Français ou ressortissant de l'Union européenne.


Catherine Mégret n'était pas présente à l'annonce de la décision du tribunal mais elle était représentée par son mari, Bruno Mégret, président du Mouvement national républicain. Celui-ci a immédiatement annoncé que les deux condamnés se pourvoiraient en cassation, ce qui suspend de fait l'application de la peine.


Cette condamnation a par ailleurs provoqué la fureur des militants MNR présents dans la salle d'audience. Deux personnes ont été placées en garde à vue après la lecture du verdict pour outrage.

"Préférence nationale"


La municipalité de Vitrolles avait annoncé en janvier 1998 l'instauration d'une allocation naissance de 5.000 francs sur le principe de la "préférence nationale". Cette allocation avait par la suite été jugée illégale par le tribunal administratif en avril 1998. Plusieurs associations avaient en effet porté plainte.


"La justice se déconsidère" a lancé Bruno Mégret à l'issue de l'audience. "Vive la France", "Justice pourrie" criaient de leur côté les partisans du MNR.


Catherine Mégret a été réélue maire de Vitrolles lors des dernières municipales. Hubert Fayard, actuel secrétaire départemental du MNR, n'a en revanche plus de mandat électif (Il est employé par la ville de Vitrolles).



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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 04:20

Vitrolles: la gauche se rebiffe

 

source : Le Nouvel Observateur le 09/08/2001 auteur : Claude Askolovitch

 

Ah, la belle fête de famille ! Dans la douceur d'une soirée sudiste, on pique-nique - rosé et paella - et, après les agapes, on danse. Le sénateur socialiste Henri d'Attilio chaloupe sur du Claude François, pas loin du communiste Alain Hayot, sous le regard attendri d'un peuple de gauche qui ne fait pas si souvent la fête ici. A Vitrolles, cet été 2001, la gauche a retrouvé l'en-vie d'espérer. Dominique Tichadou, conseiller général socialiste, vaincu aux élections municipales de mars, contemple sa Fête de la Rose, rayonnant. Voilà enfin la gauche rassemblée autour de lui.


On le contestait, paraît-il, on disait du mal de lui à Marseille, à Paris? Plaisanteries, racontars, balayés sous les flonflons! Patrick Menucci, président du groupe socialiste au conseil municipal de Marseille, est venu apporter l'onction fédérale. Richard Dubrey, homme fort des communistes vitrollais, martèle que l'union est acquise, et que «Dominique mènera la gauche». Il ne reste plus qu'à revoter...


Battus de 200 voix en mars par la liste de Catherine Mégret, Tichadou et les autres ont travaillé à un recours en annulation, dont ils espèrent qu'il aboutira à la rentrée. «On nous a volé l'élection», martèlent-ils.

 

Utilisation du journal municipal, dépassement des comptes de campagne, signatures suspectes sur les listes d'émargement, les motifs d'annulation ne manquent pas, disent-ils. Les tricheurs sont chez Mégret, se répètent les militants de gauche. Ils dénoncent sans faiblesse le MNR, le groupuscule d'extrême-droite présidé par Bruno Mégret, qui a fait main basse sur leur ville. Et surtout ils seront unis. Ils auraient pu commencer plus tôt. La défaite de mars a eu des allures de suicide délibéré. La gauche vitrollaise s'est déchirée au premier tour des élections municipales. Le PC voulait dépasser le PS. Le rabibochage de l'entre-deux-tours n'a pas effacé les cicatrices. Dans l'électorat, le mal était fait.


Socialistes et communistes ont juré de ne plus recommencer. Ils se sont expliqués. Le pacte a été scellé entre les «tauliers». Dominique Tichadou, 48 ans, est devenu le compère de Richard Dubrey, 37 ans: un pur politique celui-là, physique de rugbyman, longtemps incapable de résister à l'envie d'en découdre, y compris physiquement, avec les «fachos», mais qui s'est acheté une conduite depuis son élection au conseil municipal. Dubrey est devenu adulte et la gauche avec lui.


Tichadou n'est pas un socialiste que les communistes peuvent ignorer. Il est le petit-fils de Lucia Tichadou, héroïne de la Résistance, première adjointe du maire communiste de Marseille Jean Cristofol après la Libération. Dominique Tichadou a rejoint le PS en 1992, au moment de la débandade de la gauche. Ce médecin aime les cas désespérés.

 

En 1998, il s'est parachuté à Vitrolles. Il est devenu conseiller général. Il a reconstruit la section socialiste. Avec les Mégret en ligne de mire...


Mais, en cinq ans de pouvoir mégrétiste, la ville s'est ancrée à l'extrême-droite. La population de gauche commence à quitter Vitrolles. «Si les employés municipaux qu'ils ont écoeurés étaient restés, avec eux et leurs familles, on gagnait», dit Tichadou. Catherine Mégret elle-même a pris de la bouteille. La «gourde» caricaturée par Luz, le dessinateur de «Charlie Hebdo», gaffe moins, se tient mieux, comme rassérénée par sa réélection. La justice l'a déclarée inéligible pour avoir voulu faire passer une «préférence nationale et européenne» via une prime de naissance accordée par la ville. Mauvais point, ou bonne pioche. Si sa femme ne peut plus se présenter, Bruno Mégret ira à l'élection, et le couple fera vibrer la corde du martyre.


A côté de Vitrolles, Marignane est tout acquise à son maire, Daniel Simonpiéri, extrême-droite à sourire et accent, de moins en moins proche de Mégret. Une seule question tarabuste le petit monde politique de la région: combien de temps la droite républicaine mettra-t-elle à blanchir Simonpiéri pour lui offrir le proconsulat de l'étang de Berre? Déjà, la droite a fait élire Simonpiéri vice-président de la communauté de communes de Marseille...


Dans ce Sud jadis rouge, le paysage semble basculer doucement. Tandis que la gauche, elle, s'efforce d'apurer son passé sans créer de nouvelles divisions en son sein. A Marseille, le député communiste et maire des 15e et 16e arrondissements Guy Hermier vient de disparaître. Il laisse sa mairie à son premier adjoint, Frédéric Dutoit. Mais son siège à l'Assemblée nationale suscite les convoitises du PS... Patrick Mennucci, qui investit les quartiers Nord depuis des années, est candidat à la candidature pour succéder à Guy Hermier dans un an. Le PC n'apprécie guère. «Le PS laisse nos copains tranquilles à Marseille, ou alors je ne garantis rien à Vitrolles», lance Richard Dubrey, mi-sérieux, mi-bluffeur. Fédérations socialistes et communistes devront peser l'union au trébuchet. Car le bal peut encore devenir maudit.

 

CLAUDE ASKOLOVITCH

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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 04:15


Inéligibilité requise contre Catherine Mégret

 
Paru dans le Nouvel Obs du 12/10/2001


Six mois de prison avec sursis et cinq ans d'inégibilité pour provocation à la discrimination raciale ont été requis contre la maire MNR de Vitrolles.


Le ministère public a requis devant le tribunal correctionnel d'Aix-en-Provence une peine de cinq ans d'inéligibilité, six mois de prison avec sursis et une amende de 150.000 francs à l'encontre de Catherine Mégret, maire MNR de Vitrolles, qui comparaissait vendredi pour "provocation à la discrimination raciale".


"Ceux qui ont fauté deviennent indignent de toute charge électorale", a estimé la représentante du parquet, Catherine Alexandre, faisant référence aux tract de campagne valant à Catherine Mégret ces nouvelles poursuites. Baptisé "Bien de chez nous", le document distribué lors de la campagne municipale se proposait de lutter contre l'immigration, une "véritable colonisation à rebours". Des arguments repris le 7 mars dans un discours.

"Priorité aux Français"

Le maire d'extrême droite, réélue le 18 mars, avançait notamment comme solution d'"assurer dans le cadre légal la priorité aux Français pour les emplois municipaux, les aides sociales et l'attribution de logements". Catherine Mégret proposait également de reloger les ressortissants français vivant dans des quartiers ou la proportion d'immigrés était trop forte.

 


Un programme qui, selon le réquisitoire de Catherine Alexandre, reviendrait à "construire des réserves de Français et des ghettos d'immigrés, ce qui évoque de bien tristes souvenirs" et qui constitue une incitation "à la discrimination, à la haine et à la violence à l'égard des populations non-françaises".


Au mois de février, le juge des référés avait déjà qualifié de "discriminatoire" la brochure de Catherine Mégret et n'avait autorisé sa diffusion, en attendant le jugement sur le fond, qu'à la condition qu'y figure "un avertissement relatif à son caractère délictuel".

Deux autres procès

Absent à l'audience, le maire de Vitrolles a déjà été condamnée en appel au mois de juin à deux ans d'inéligibilité, trois ans de prison avec sursis et 100.000 francs d'amende pour avoir institué une prime à la naissance jugée discriminatoire. L'affaire est actuellement devant la Cour de cassation.


Dans une autre affaire, Catherine Mégret attend d'être rejugée par la Cour d'appel de Paris pour des propos jugées racistes tenus dans le quotidien allemand Berliner Zeintung et repris par le journal Le Monde.


Dans un premier jugement prononcé le 9 mars 1998 puis annulé par la Cour de cassation, l Cour d'appel avait prononcé une peine de trois mis d'emprisonnement avec sursis ainsi qu'à une amende de 50.000 francs.

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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 04:10


En Baisse

 

source : Le Nouvel Observateur le 29/11/2001

 

 

Catherine Mégret, maire MNR de Vitrolles, a été condamnée à cinq ans d'inéligibilité et 50 000 F (7 620 euros) d'amende  pour provocation à la discrimination raciale. Elle était jugée pour avoir diffusé, au cours de la campagne des municipales, un tract présentant l'immigration comme une véritable colonisation à rebours.

 

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1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 23:04

L’apartheid municipal

 

Paru dans l’Humanité du 27/04/2002

 

Alain Hayot est sociologue, conseiller municipal à Vitrolles, tête de liste PCF aux dernières municipales. Il évoque la gestion quotidienne de l’extrême droite dans son laboratoire.

 

Comment définir la politique concrète de l’extrême droite à Vitrolles ?

 

Alain Hayot. Il y a en fait deux politiques. L’une qui valorise et apporte des réponses à la vie quotidienne dans la partie de la ville " incluse ", celle qui vit dans des conditions correctes, basée sur la propreté et la gestion urbaine. Et puis il y a une politique délibérée de mise à l’écart, de marginalisation de toutes les cités populaires. Elles sont considérées comme des bantoustans, où l’on favorise l’émergence de zones de non-droit. C’est un véritable apartheid, où l’on met en place des cordons sanitaires pour isoler la population, la contenir, l’enfermer, et au final la faire fuir. Cela donne des situations apocalyptiques dans certaines cités. Il n’y a plus de politique sociale, socioculturelle, rien pour la jeunesse et surtout la jeunesse qui en a le plus besoin.

 

Les exemples d’Orange, de Vitrolles et de Marignane montrent qu’une fois au pouvoir, il est très difficile de déloger l’extrême droite ?

 

Alain Hayot. L’extrême droite est parvenue à créer une société civile acquise aux idées de repli sécuritaire, de xénophobie, dans une logique de " petit Blanc ", tranquille chez nous, tout en excluant une part importante de la population. C’est une logique d’enfermement. Au pouvoir, l’extrême droite travaille politiquement la population.

 

Comment est traitée l’opposition municipale ?

Alain Hayot. Les deux groupes d’opposition ne disposent de rien : ni logistique, ni locaux. Nous nous trouvons face à une logique de parti unique qui possède tous les pouvoirs sans contrôle. L’atmosphère du conseil municipal est abominable et l’opposition est considérée comme constituée d’élus de seconde zone. Catherine Mégret coupe le micro, insulte. J’ai même failli être lynché par des conseillers MNR et des militants quand j’ai proposé une aide pour les sinistrés des inondations d’Alger. Il y a des pressions et des tensions énormes dans le conseil, tout est mis en place pour nous faire adopter un profil bas.

 

Pourtant, des perspectives existent ?

 

Alain Hayot. La gauche a subi un fort contrecoup après l’échec des municipales de mars 2001. Elle a eu beaucoup de difficultés à remonter la pente, mais il reste une gauche debout, vivante, qui se bat à Vitrolles. Dès les législatives elle sera en capacité de s’opposer à Mégret. C’est une ardente obligation.

 

Propos recueillis par Marc Leras

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1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 23:00


Vitrolles et Marignane : l’extrême droite au pouvoir

 

Paru dans l’Humanité du 27/04/2002

 

Bouches du Rhône, correspondance particulière.

 

Là où l’extrême droite passe, rien ne repousse. Vitrolles et Marignane, les deux communes de l’étang de Berre, ont le triste privilège pouvoir en témoigner. Le FN, puis le MNR, dirigent en effet ces deux villes depuis sept ans maintenant, et le bilan est lourd.

 

La mairie de Vitrolles est désormais le porte-voix de Bruno Mégret, et Daniel Simonpiéri, réélu triomphalement en 2001, est aujourd’hui en phase de " décontamination ", c’est-à-dire qu’il prépare son entrée dans la droite classique sans avoir rien abjuré de ses idées, tel un Jacques Peyrat à Nice. " Il est devenu un notable ", constate Alain Biot, président d’Alarme citoyens, la principale association d’opposants. " Mais, cela ne l’a pas empêché de se réjouir du score de Le Pen, qu’il avait pourtant trahi. "

 

C’est tout d’abord la culture qui est visée quand l’extrême droite est aux manettes. En un septennat, Vitrolles a perdu son bar musical " Le Sous-Marin ", exilé dans la commune proche de Gardanne, et sa directrice du cinéma " Les Lumières ", virée pour avoir programmé des courts métrages sur le sida, avant que la salle ne soit définitivement fermée. La bibliothèque de Marignane a suspendu ses abonnements aux journaux de gauche et les a remplacés par des publications d’extrême droite, a interdit sa fréquentation aux mineurs non accompagnés et a licencié sa directrice. Quant à celle de Vitrolles, son budget a baissé de 70 %.

 

Mais ces maires frappent aussi sur le social : fin des repas de substitution, sans porc, dans les cantines scolaires réservées aux seuls enfants dont les parents travaillent à Marignane ; répression syndicale, dont l’exemple le plus frappant a été l’agression des camionneurs en grève qui bloquaient une zone industrielle.

Les premières mesures prises par Catherine Mégret dans le domaine social sont : la fermeture de la mission prospection de Vitrolles Emploi Formation, la suppression des subventions aux syndicats et associations humanitaires, la fermeture des centres aérés, le licenciement des agents sociaux et de certains contractuels municipaux (150 agents sur 1 000 en 4 mois).

 

Au contraire, " Fraternité française " a reçu de fortes subventions, et la police municipale musclée toute dévouée à la cause a vu ses effectifs considérablement augmenter.

 

" Les associations culturelles et favorables aux droits de l’homme ont été les premières frappées, et leurs subventions reversées à des associations de chasse et de pêche ", se souvient Alain Huertas, président du MRAP 13 et du Collectif associatif Vitrolles-Marignane. " Le Sous-Marin a été muré et son équipe accusée de trafic de drogue et de fausse monnaie. L’association humanitaire Vitrolles-Kiffa a été jetée hors de ses locaux, et toutes les associations, y compris sportives, ont subi un chantage pour se débarrasser de leurs militants classés à gauche. "

 

Pendant ce temps, la ville s’est endettée d’une manière colossale, au point que le préfet a failli placer la ville sous tutelle et que le budget 2002 n’est pas encore voté.

" Le plus grave, c’est que tous les repères citoyens ont été détruits ", témoigne Bruno Bidet, responsable de la section CFDT des municipaux. " Les réseaux militants qui permettent aux citoyens de se référer à des valeurs d’humanité et de solidarité ont été déstructurés et cassés dès le lendemain d’élections mouvementées et violentes. "

 

Vitrolles est en effet aujourd’hui une ville morte, dont le nom des rues a été changé. Nelson-Mandela a été débaptisé pendant que Jean-Pierre-Stirbois et le Bachaga-Boualem faisaient leur apparition, non loin du rond-point des Anciens-d’Indochine. L’extrême droite sait frapper sur les symboles.

 

La maire de Vitrolles, Catherine Mégret, collectionne les condamnations judiciaires et les mois de prison avec sursis. Propos sur la discrimination raciale dans le Berliner Zeitung, prime de naissance au bébé blond, diffamations diverses parcourent son casier judiciaire.

 

Quant à son premier adjoint, Yves Bovero, il vient d’être mis en examen pour " diffamation, dénonciation calomnieuse et diffusion de fausses nouvelles " à l’encontre de Christian Rossi, le candidat RPR aux élections municipales de 2001. Le tract, anonyme, distribué dans toute la ville, qui portait de graves accusations contre le candidat de droite, semble provenir du même photocopieur que d’autres tracts du MNR.

 

" On a alerté, crié, pleurer, ça n’a servi à rien ", se souvient aujourd’hui Pascale Morbelli, militante PS et ancienne animatrice de la Charrette, association qui regroupait les licenciés de la mairie. " Nous avions déjà eu un gros choc après la défaite des municipales de 2001. Aujourd’hui, le laboratoire qu’est Vitrolles a débordé. "

 

Au plan politique, les droits de l’opposition sont régulièrement bafoués. " Nous sommes totalement exclus des commissions, ignorés au conseil municipal, pas invités dans les manifestations publiques ", s’enrage Guy Martin, conseiller municipal (DL) de Marignane. " Notre courrier personnel était ouvert. Pendant ce temps, la ville s’étouffe, se paupérise et se délite. La population ne s’investit plus dans la vie locale. Il n’y a plus de maison de quartier, d’animateur sociaux, de médiateurs. ·

 

Marignane, les seuls lieux de réunion pour la jeunesse sont les parkings sous les abribus. "

 

Préférence nationale anticonstitutionnelle, comme l’a répété maintes fois le tribunal administratif de Marseille, répression politique et syndicale, violence de la police municipale, désert culturel et associatif, apartheid urbain. La liste des tares de la gestion de l’extrême droite dans les villes du Sud est sans fin.

 

L’exemple quotidien de ces trois communes, avec Orange, à l’heure où le pays est confronté au danger devrait servir de base de réflexion pour repousser avec la plus grande force le Front national.

 

Marc Leras

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1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 22:00
Catherine MEGRET, procès suite…
 

Paru dans l’Humanité du 14/05/2002

 

Procès. La cour d’appel d’Aix-en-Provence a invoqué le contexte électoral pour renvoyer au 2 juillet le procès en appel de la maire MNR de Vitrolles, Catherine Mégret, condamnée en novembre à cinq ans d’inéligibilité et 7 620 euros d’amende pour " provocation à la discrimination raciale " pour avoir fait diffuser un tract présentant l’immigration comme une " véritable colonisation à rebours ", et pour en avoir repris l’argumentaire dans un discours le 7 mars.

 

Réélue en mars 2001, elle avait fait appel du jugement du tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence, afin de pouvoir conserver son mandat, l’appel étant suspensif.

 
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1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 21:55

 


Un proche de M. Mégret à la tête d'un nouveau parti de chasseurs

 
 
 

Article paru dans l'édition du Monde du 16.05.02

 
 
 

FRANK VIDAL jure ses grands dieux : lui et le mouvement dont il est président, Droit de chasse, n'ont rien à voir avec le Mouvement national républicain. Pourtant, ce petit parti de chasseurs, qui a l'intention de présenter 150 candidats aux législatives, apparaît bien comme un faux nez du MNR et un moyen de récolter des fonds publics par le biais du financement des partis.

 

Contacté par Le Monde, Frank Vidal affirme qu'il est « indépendant », même s'il reconnaît être « passé » au MNR de Bruno Mégret. Il oublie de dire que ce « passage » se prolonge et a été de longue durée. Il était déjà au Front national de la jeunesse en 1998. Il a suivi M. Mégret lors de la scission et a milité au Mouvement national de la jeunesse dans les Bouches-du-Rhône. Dans Mouvement de mars 2000, la lettre de la fédération, le parti loue son militantisme : « Bravo, Frank, par tes actions, tu démontres que la jeunesse a son mouvement, le MNR », peut-on lire. De même, Mouvement de janvier 2002 annonce que M. Vidal représentera sa fédération au congrès de Nice en février. Enfin, le site Internet du MNR Bouches-du-Rhône affichait encore à la mi-mai qu'il était responsable de Pelissanne.

 
 
 

Chasseur, M. Vidal l'est toutefois. Il a été adhérent de CPNT avec Hubert Fayard, un des piliers du MNR dans le département. Et c'est avec ce dernier qu'il a créé Droit de chasse en mai 2001.

 
 
 

Sur la douzaine de noms de candidats transmise au Monde, trois au moins ont des liens incontestables avec le MNR. Ainsi, Marie-Laure Sava, candidate à Narbonne, et Lydie Blacher (Limoux, Aude) travaillent toutes deux à la mairie de Vitrolles, dont le maire est Catherine Mégret. Enfin, Mouvement d'avril 2000 se félicitait du mariage de Frédérik Risso, candidat à Châteaurenard, célébré à Velaux, commune de MM. Vidal et Fayard.

 
 
 

CHRISTIANE CHOMBEAU ET LAURENT ROUQUETTE (CARCASSONNE)

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