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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 20:38


Une gestion du personnel municipal teintée de brutalité et de favoritisme

 

Article paru dans l'édition du Monde 25.09.02

 

De notre correspondant régional

 

La gestion du personnel par l'équipe Mégret a été marquée par la préférence partisane et une pression permanente des élus sur les fonctionnaires. Dès le début du mandat, en avril 1997, les éducateurs et agents de prévention sont licenciés. Plus de 80 contractuels et auxiliaires sont évincés dans les mois qui suivent. Cette brutalité dans la gestion du personnel crée un climat détestable. Dans le même temps, nombre de cadres préfèrent quitter la ville que servir les Mégret qui recrutent leurs amis. Cette gestion des effectifs a un coût puisque la chambre régionale des comptes (CRC) a calculé que le licenciement précipité des 31 contractuels a coûté 94 000 euros à la ville.

 

En mai 1998 la mairie décide de privatiser la collecte des ordures. Une grève de dix jours appuie un recours syndical devant le tribunal administratif. La mairie est contrainte d'annuler sa décision de passer une délégation de service public. Résultat : elle signe un marché avec la société Polyurbaine, mais elle est obligée de garder les 48 agents qu'elle espérait voir partir.

 

La direction de la ville cherche alors à mieux organiser ses rapports avec le personnel. Elle favorise, en mars 1999, la création d'une section Force ouvrière, afin de contrer la CGT et surtout la CFDT, qui lui menaient une incessante bataille.

 

CONDAMNE POUR MEURTRE

 

Après la réélection de Catherine Mégret, en 2001, le climat s'alourdit à nouveau, et le recrutement des amis s'accélère en juillet 2002 avec la « stagiarisation », ouvrant la porte à des contrats stables pour 52 personnes, dont nombre de candidats MNR aux dernières élections dans le Vaucluse, en Gironde et dans le Gard. Cette liste comprend aussi Mario d'Ambrosio, condamné à dix ans de prison en juin 1998 pour le meurtre, à Marseille, du jeune Français d'origine comorienne Ibrahim Ali.

 

Récemment publié, le bilan social de la mairie confirme ces tendances lourdes. Pour 796 agents titulaires, il y a 516 non-titulaires. Avec un agent pour 38 habitants, cela représente un taux supérieur de 30 % à la moyenne régionale, comme au temps de la gestion socialiste. Pourtant, la Cour Régionale Compte estime que « l'administration municipale manque cruellement de compétences [car] de nombreux services n'ont pas de responsables ». La CFDT précise qu'il n'y a pas « d'ingénieur, de conservateur de bibliothèque, de conservateur du patrimoine, de directeur d'établissement d'enseignement artistique ». Les cadres sont donc remplacés par des chargés de mission qui « perçoivent des salaires supérieurs à leur qualification et à leur niveau professionnel ». Et qui sont souvent des militants du MNR, comme Hubert Fayard, ancien premier adjoint, chef d'un service de sécurité de 12 personnes.

 

Le syndicat remarque aussi que l'absentéisme, qu'il attribue à cette gestion harcelante et au favoritisme politique, a nettement crû : il y a eu 16 812 journées d'absence pour maladie en 2001, contre 10 845 en 1997. Les congés de maladie de longue durée sont passés de 9 400 jours en 1997 à 15 678 en 2002. Un accroissement considérable qui n'est pas pour rien dans ce que la CFDT appelle, non sans emphase, « la destruction du service public ».

 
MICHEL SAMSON
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1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 20:38

Mégret à quitte ou double
 

Article paru dans l'édition de l’HUMANITE  du 26 septembre 2002.

 

La gauche unie derrière le socialiste Guy Obino et le communiste Alain Hayot compte bien mettre fin à la carrière politique de Bruno Megret à l’occasion, ces deux prochains dimanches, des élections municipales.

 
 

En se rasant le matin Bruno Megret doit se faire peur tant il est rentré bronzé de vacances. Et quelques rides supplémentaires semblaient lui barrer le front lorsqu’il a aidé son épouse, " l’amère de Vitrolles ", démissionnée de fait par le Conseil d’État, à ne pas dire trop d’âneries lors d’une conférence de presse de présentation de la liste " Votons Catherine " qui a hérité du panneau électoral numéro zéro. Le chef du MNR a de gros soucis : nombre de cadres de son parti, qui se réduit de plus en plus à un groupuscule sans argent, font actuellement défection. Mais surtout, l’expérience politique qu’il comptait mener à bien à Vitrolles, transformée en laboratoire de " l’idéologie " raciste et populiste, a lamentablement échoué. La ville est sinistrée, tant sur le plan de sa gestion que de sa vie sociale, ainsi que vient de l’établir la chambre régionale des comptes. Au milieu de ce champ de ruines, le couple Megret va tenter de conserver son dernier bunker, celui de la mairie.

 

Mais Bruno, planqué à la cave (il est loin sur la liste), en tenue de camouflage (le sigle MNR a disparu de toute sa propagande) envoie Catherine, qui sait très bien sourire, vers les meurtrières.

 

L’enjeu de ce scrutin pour les démocrates est bien de faire en sorte que Vitrolles revienne à la République, retrouve fierté et dignité. Ce patron d’une PME de 16 salariés en a assez de mentir à ses nouveaux clients en disant qu’il habite dans la commune voisine de Rognac. Ce petit commerçant du centre-ville en a ras le bol des " regards de suspicion " portés sur lui lorsqu’il avoue être de Vitrolles. Ces jeunes des Pins ou de la Frescoule en ont plus que marre d’être traités comme des délinquants parce que leurs familles sont pauvres ou qu’ils ont la peau un peu plus foncée que les autres.

 

Le moyen : se rassembler, car l’ours mégrétiste (29 % des exprimés vitrollais aux législatives) qui a fait son miel de la misère ambiante (taux de chômage à 20 % et 1000 érémistes dans la commune) n’est pas encore politiquement tué.

 

Le FN, qui n’est intéressé que par la peau du " pu-putchiste ", part de son côté, Claude Bourge en tête de la liste " Vitrolles d’abord ". L’UMP espère, avec Christian Borelli (liste " Priorité à Vitrolles ") progresser en terrain à priori hostile mais sera flanqué, à droite, de quelques braconniers de la " Nouvelle UDF " emmenés par le Dr Porte (liste " Vitrolles rassemblée "). Un autre docteur, le socialiste " dissident " Dominique Tichadou (liste Vitrolles libre) est sur les rangs. Les forces de gauche sont emmenées par le socialiste, également médecin, Guy Obino suivi par le communiste Alain Hayot, une représentante de l’extrême gauche E. Renaud, l’écologiste C. Paredes, la radicale S. Colombani, le chevènementiste C. Michel ainsi que des membres du mouvement associatif local qui, à l’instar de Samir et Serge, non candidats mais responsables de la Maison de l’égalité, veulent faire sortir Mégret du bois, passer de la résistance à la libération de leur cité.

 

C’était mardi soir dernier, la première veillée d’armes publique, dans une salle des fêtes sans âme mais réchauffée par cinq cents supporteurs du cru. On y a fourbi les ultimes arguments de campagne et affiné le programme électoral, tout heureux de se retrouver si nombreux. Cette gauche vitrollaise pouvait se féliciter d’être pour la première fois de son histoire rassemblée et unie dans toutes ses composantes autour d’un " Vitrollais de Vitrolles ", médecin de famille depuis trente-cinq ans, un homme tranquille qui a " envie de hurler " lorsqu’il voit l’état d’abandon dans lequel les Megret ont laissé les quartiers populaires.

 

Son diagnostic est clair : cette ville est aujourd’hui " gravement malade ", il est " urgent de la sauver ". La méthode du docteur Obino : " Assainir les comptes sans augmenter les impôts, travailler (une fois élu) en partenariat avec le tissu associatif ", en s’appuyant sur toutes les énergies progressistes réveillée par l’union des forces de gauche. La gauche unie c’est, pour Alain Hayot, " une grande nouvelle pour tous ceux qui souffrent et qui résistent aux Mégret depuis tant d’années, pour tous ceux qui ont mal à leur ville ". Philippe Gardiol, qui envoie une volée de bois vert aux Megret, estime que " Vitrolles, ville symbole de nos échecs, doit être maintenant la ville symbole de notre reconquête ".

 

Cette reconquête " citoyenne " opérée, c’est un immense chantier de reconstruction qui attendrait les nouveaux élus. " Nous sommes prêts à nous mettre au travail pour Vitrolles " souligne Alain Hayot qui appelle au " vote utile " à gauche. Espérant ainsi " virer en tête ce dimanche soir " pour, sous les regards de la France entière, mieux virer l’extrême droite de l’un de ses derniers bastions.

 
Philippe Jérôme
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1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 20:37

29/09/2002 : Vitrolles Résultats du 1er tour 
 
 

I : 21 312 ; V : 14 081 ; E : 13 829 ; Abst. : 33,90 %

 

Union de la gauche / OBINO  4 293 (31,04 %) ; Dissident PS / TICHADOU  1 735 (12,55 %) ; UMP BORELLI 1 688 (12,21 %) ; UDF PORTE 732 (5,29 %) ; MNR / Mégret 5 080 (36,73 %) ; FN / BOURGE 301 (2,18 %).

 

Rappel 1er tour mars 2001 :

 

I : 20 341 ; V : 14 755 ; E : 14 295 ; Abst. : 27,46 %

 

PCF / HAYOT  2 365 (16,54 %) ; G-PS TICHADOU  3 351 (23,44 %) ; DVG 473 (3,31 %) ; RPR / ROSSI 2 511 (17,57 %) ; Mégret 5 595 (39,14 %).

 

Rappel 2e tour mars 2001 :

 

I : 20 366 ; V : 16 483 ; E : 16 090 ; Abst. : 19,07 %

 

Union de la gauche / TICHADOU 7 091 (44,07 %) ; RPR / ROSSI 1707 (10,61 %) ; Mégret 7 292 (45,32 %).

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1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 20:36

Mégret se tasse, la gauche progresse
 

Article paru dans l'édition de l’HUMANITE du 1er octobre 2002.

 

Vers un second tour serré à Vitrolles le 6 octobre. La gauche unie en appelle à l’esprit de responsabilité des électeurs républicains et démocrates pour chasser définitivement l’extrême droite.

 

Avec un peu plus de 5 000 voix (36,7 % des exprimés), la liste sans autre étiquette que celle de Mégret vire en tête du premier tour de cette élection municipale, écrasant au passage celle du FN (301 voix soit 2,1 %).

 

Restant à un niveau bien trop élevé, le score des Mégret se tasse d’environ deux points par rapport à 2001 ce qui laisse augurer d’un second tour " serré ". Bruno Mégret a appelé aussitôt à " faire barrage à la menace socialo-communiste " en " tendant la main " aux candidats de la droite parlementaire.

 

La liste UMP, emmenée par le RPR Christian Borelli, dépasse d’à peine 2 % les 10 % d’exprimés l’autorisant à se maintenir éventuellement au second tour. Ses responsables vitrollais attendaient hier l’avis de leurs instances nationales. La liste Nouvelle UDF d’Henri-Michel Porte, qui appelait dès hier à voter pour la gauche au second tour, ne franchit que de justesse la barre symbolique des 5 %. Au total, la droite républicaine retrouve grosso modo ses voix de l’an passé. En 2001, la triangulaire extrême droite/gauche/droite avait tourné en faveur de la liste Mégret qui l’avait emportée de 201 voix.

 

Dès dimanche soir, le président socialiste du conseil général des Bouches-du-Rhône, Jean Noël Guérini, a implicitement demandé à la droite, dans le contexte de Vitrolles, de " renvoyer l’ascenseur " de la présidentielle.

 

Pour le communiste Alain Hayot, n° 2 de la liste emmenée par le socialiste Guy Obino, " seule notre liste de la gauche unie est en mesure de débarrasser Vitrolles de l’extrême droite ". Avec 4 293 voix, soit 31,04 %, la liste Obino a nettement distancé la liste du conseiller général socialiste Dominique Tichadou, avec 12,55 % (soit 1 735 voix).

 

Le total des voix de gauche dépasse donc largement celui de l’extrême droite grâce, semble-t-il, à une bonne mobilisation des électeurs. Le taux de participation a atteint le chiffre remarquable pour une partielle de 66 %.

 

Reste à savoir quelle posture politique adopteront les membres du Mouvement démocratique vitrollais (MDV), de Ras l’front ou de la section socialiste Émile-Zola, colistiers du Dr Tichadou. Ce dernier a fait savoir dimanche soir que, personnellement, il ferait " tout, comme par le passé, pour mettre les Mégret dehors ! ".

 

Face aux journalistes, Guy Obino a appelé " tous les républicains et démocrates à se rassembler autour de [notre] candidature ". Il a repoussé toute idée de marchandage politicien avec le Dr Tichadou ou Christian Borelli : " Les Vitrollais, quelles que soient leurs idées politiques, ont une occasion historique de commencer à rebâtir leur ville, qu’ils ne manquent pas de la saisir ! ".

 
Philippe Jérôme.
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1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 20:35


A Vitrolles, le PS se retrouve seul face à Catherine Mégret

 

Article paru dans l'édition du Monde du 02.10.02

 

L'UMP a retiré son candidat, lundi 30 septembre. Au second tour de l'élection municipale partielle, qui aura lieu dimanche 6 octobre, la maire sortante affrontera Guy Obino, qui n'a pu fusionner sa liste avec celle de son rival socialiste, Dominique Tichadou.

 

Catherine Mégret (MNR), arrivée en tête, dimanche 29 septembre, du premier tour de l'élection municipale de Vitrolles avec 36,73 % des voix, sera opposée, dimanche 6 octobre, à un seul adversaire, le socialiste Guy Obino, en seconde position avec 31,04 % des suffrages. En effet, l'UMP a décidé de retirer son candidat, Christian Borelli (12,21 %). Sans appeler formellement à voter pour la liste PS, Jean-Claude Gaudin, le maire de Marseille a déclaré : « Nous sommes opposés aux thèses de l'extrême droite. (...) C'est clair, net et précis. » La gauche n'est pas parvenue à fusionner la liste de M. Obino avec celle de son rival socialiste, Dominique Tichadou, qui s'est retiré. La chambre régionale des comptes a mis au jour plusieurs anomalies dans la gestion de la ville par le couple Mégret.

 

Au lendemain du premier tour de scrutin municipal de Vitrolles, l'UMP a retiré, lundi 30 septembre, son candidat, Christian Borelli, et les listes de gauche et de l'UDF ont renoncé à fusionner, après une journée de discussion. On devrait donc assister, dimanche prochain, à un duel serré entre la liste d'extrême droite conduite par Catherine Mégret et celle menée par le socialiste Guy Obino (PS), ce dernier étant arithmétiquement mieux placé que la sortante : si les électeurs suivent les recommandations des candidats qui se sont retirés, M. Obino devancera largement Mme Mégret.

 

Joies et déceptions avalées, discussions et manœuvres ont commencé dès lundi matin. La première décision est venue de la droite. Convoqué à la mairie de Marseille par les deux chefs de l'UMP dans les Bouches-du-Rhône, Jean-Claude Gaudin et Renaud Muselier, M. Borelli a vite été convaincu de se retirer. Pour s'assurer que les choses soient claires, le maire de Marseille a annoncé la nouvelle en personne, en appelant les journalistes dans son bureau. « M. Borelli est en quatrième position, son objectif de battre Mme Mégret ne peut plus être atteint, a-t-il expliqué. En accord avec nous, il a décidé de se retirer. » Vice-président national de l'UMP, M. Gaudin a ajouté : « Nous sommes opposés aux thèses de l'extrême droite ; nous n'avons rien de commun, à Marseille ou à Vitrolles. C'est clair, net et précis. » Revenu sur ses terres, M. Borelli a publié un texte affirmant qu'il gardait « le même cap » - « faire obstacle à l'extrême droite » - et a reçu ses partisans, déçus mais disciplinés. Il a aussi livré un pronostic sur la position de son électorat au second tour : « Un tiers à la pêche, un tiers à gauche, un tiers avec Mégret. »

 
LA PROPOSITION DE M. PORTE
 

A gauche, la situation était plus compliquée. Dimanche soir, toutes les composantes de la liste de M. Obino avaient dit - comme les militants - leur refus de toute fusion avec la liste dissidente de Dominique Tichadou (DVG). « Pas question de tripatouillages ; restons dignes, on est en tête on peut gagner », lançait ainsi Alain Hayot (PCF), numéro deux sur la liste. Les dirigeants socialistes et communistes du département, qui assistaient à la réunion - en l'absence de M. Obino - approuvaient.

Mais le lundi matin voyait un coup de théâtre. Henri-Michel Porte (DVD), dont la liste dissidente soutenue par l'UDF avait recueilli 5,29 % des voix, proposait de fusionner toutes « les listes républicaines et démocrates ». Il affirmait avoir reçu l'accord de François Bayrou, président de l'UDF, pour initier cette démarche. M. Tichadou publiait aussitôt un communiqué allant dans le même sens : « L'ensemble des colistiers, réunis derrière Dominique Tichadou, appellent à la fusion des listes démocrates et républicaines », annonçait le texte. Bien que des contacts informels aient été tentés par des émissaires plus ou moins mandatés, la situation prenait un tour étrange : les chefs échangeaient par communiqués, alors qu'une fusion réussie implique la mise au point d'équilibres d'autant plus délicats qu'ils contredisent souvent ceux qui ont été établis au sein de chaque liste.

 

Se disant prêts à tout pour chasser Mme Mégret, les dirigeants de la fédération socialiste ajustaient leur position et affirmaient, à ce moment-là, être ouverts à toutes les propositions. Jean-Noël Guérini, président (PS) du conseil général, qui semblait réticent dimanche soir, résumait ainsi sa position : « Pour gagner, il vaut mieux faire des additions que des soustractions. » En début de soirée, Guy Bono, premier secrétaire fédéral, partait alors, au volant de sa voiture, à la rencontre des candidats socialistes, puis de leurs colistiers. Il savait qu'il aurait du mal à convaincre ses camarades, tant la constitution de la liste de M. Obino avait déjà demandé de patience. Il savait aussi que les blessures restaient vives après les affrontements du premier tour. Un militant des Verts résumait, sans grand plaisir : « On a le choix entre deux mauvaises solutions : fusionner ou ne pas fusionner. Dans le premier cas, ça fait manœuvre ; dans le second, ça ne fait pas unitaire. »

 

M. Obino annonçait pourtant à M. Tichadou et à M. Porte qu'il était ouvert à l'idée de la fusion. Rendez-vous était fixé dans la soirée. Mais à la réunion des colistiers de M. Obino, il apparut bien vite qu'on ne pourrait aller vers la fusion. Le PCF y était farouchement opposé, comme les militants de la Gauche socialiste et les associatifs : ils estimaient que leur succès du premier tour était précisément dû au renouvellement des personnes qu'ils avaient réussi à mettre en place et qu'il n'y aurait rien à gagner à la perturber avec ce qui apparaîtrait comme « un arrangement de circonstance ». Au lieu de la fusion, on s'est donc préoccupé de trouver une porte de sortie honorable pour M. Tichadou. M. Guérini a promis de s'y employer.

 

Finalement, le premier secrétaire fédéral du PS a annoncé une conférence de presse, qui devait se tenir en fin de la matinée, mardi 1er octobre, afin d'évoquer la fin des négociations sur la fusion des listes et de lancer, surtout, un appel « à battre les Mégret ». M. Tichadou, qui avait fait savoir qu'il ne se maintiendrait pas au second tour, est même annoncé au meeting de l'entre deux tours, qui devait se tenir, le soir même, dans la salle des fêtes de Vitrolles. Tout était en place pour un duel sans pitié, dans cette ville où les campagnes ressemblent souvent à des guerres.

 
MICHEL SAMSON
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1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 20:34


Des patrons hostiles à la maire sortante, une gestion sévèrement critiquée

 

Article paru dans l'édition du Monde du 02.10.02

 

La promesse de baisse d'impôts n'a pas été tenue. La chambre régionale des comptes a noté des « opérations douteuses »

 

En arrivant au pouvoir, en février 1997 après avoir battu le socialiste Jean-Jacques Anglade, l'extrême droite a trouvé une situation économique très dégradée : des dépenses de personnel imposantes et le suréquipement de la ville, dont la salle de spectacle et de sport le Stadium était le meilleur symbole. La chambre régionale des comptes (CRC), dans son rapport provisoire de décembre 2001 sur la gestion de la commune, notait : « Au début des années 1990, les dépenses totales de la commune par habitant s'élevaient à 11 000 francs, soit 30 % de plus que les communes de la région de 20 000 à 50 000 habitants. »

 

Cette mauvaise gestion - exploitée par le FN, le parti des Mégret à l'époque, durant la campagne électorale - fut fatal à M. Anglade, accusé, par ailleurs, de bien des péchés qu'il n'avait pas commis. L'extrême droite s'était engagée à diminuer les impôts locaux, ce qu'elle fit en début de mandat. La CRC précise que « la pression fiscale (...) a légèrement augmenté jusqu'en 1996, pour diminuer ensuite et retrouver, en 2001, son niveau de début de période ». Dans sa plaquette de campagne comme dans ses déclarations orales, la candidate du MNR reste floue sur les chiffres, se contentant de rappeler « une baisse des impôts locaux » en 1997 et 1998.

 

La chambre régionale précise également que la taxe d'habitation est très faible (9 % contre 16 % dans la région). Les retombées de ce cadeau aux électeurs imposables ont été immédiates : de moindres services aux habitants. Actuellement, la ville dépense en fonctionnement 106 euros par habitant, alors que la moyenne régionale est de 229 euros. Mais la CRC a aussi dévoilé un subterfuge qui a permis à la commune de fonctionner tout en réduisant la pression fiscale : « La trésorerie de la commune est largement assurée par les usagers de l'eau, qui ont eu à supporter une hausse brutale des tarifs en 1997. » Le consommateur d'eau a donc joué, « tout en l'ignorant (...), un rôle de prêteur non rémunéré, permettant [à la commune] de faire face à ses problèmes de trésorerie ».

 
Action économique minime
 

Le conseiller économique du candidat socialiste Guy Obino résume l'affaire ainsi : « Ils ont demandé une surtaxe de 1 franc par m3 pour financer la station d'épuration, mais ils ont utilisé ces fonds en trésorerie. » Les élus de Vitrolles se sont d'ailleurs rendu compte que la ficelle risquait de devenir visible : le 26 janvier 2001, ils décidaient une « baisse de 1 franc du prix du m3 d'eau », comme l'annonce le dépliant de Catherine Mégret.

 

Résultat : un budget plus que difficile à équilibrer. Les magistrats de la chambre régionale des comptes expliquent qu'il n'a pu l'être que grâce à des « opérations financières douteuses », comme l'étalement année après année du remboursement de la dette et autres fuites en avant. « Elles ne seront désormais plus possibles », écrivait un consultant extérieur sollicité par la mairie. La CRC note, en effet, que « le coût financier de ces opérations, connu des services sans avoir été présenté à l'assemblée délibérante [le conseil municipal] est le prix que la collectivité paiera dans les dix ans à venir »

.

Dans le même temps, l'action économique de la ville a été minime. Catherine Mégret se félicite d'avoir lancé, en 1999, « la rénovation générale de la zone industrielle des Estroublans » qui, avec celle de l'Anjoly, regroupe 600 industriels et 10 800 emplois. Mais elle omet d'écrire que c'est la communauté d'agglomération du pays d'Aix, dont Vitrolles est membre, qui était le maître d'ouvrage et le financeur principal des 18,2 millions d'euros dépensés pour les quatre tranches de travaux dont le principe avait été arrêté dès 1995.

 

En revanche, la mairie n'a eu aucun contact sérieux avec les acteurs de l'immense zone commerciale qui gravite autour de Carrefour et de sa galerie marchande, selon les responsables des magasins concernés. La direction d'Eurocopter, le plus gros employeur de la région, dont les usines d'hélicoptères sont à cheval entre Vitrolles et Marignane, ont refusé publiquement le moindre contact avec les deux mairies d'extrême droite dès leur arrivée au pouvoir. Une position de principe qui n'a jamais varié d'un pouce.

 
MICHEL SAMSON
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1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 20:34


Droite : une stratégie à géométrie variable

 

Article paru dans l'édition du Monde du 02.10.02

 

Vitrolles, la droite a eu deux attitudes face à l'extrême droite.

 

Municipales de 1995.

 

Les principaux candidats sont Jean-Jacques Anglade (PS), Bruno Mégret (FN) et Roger Guichard (UDF/RPR), qui obtient 12,07 %.

 

La droite lui demande de se maintenir, expliquant qu'il vaut mieux fixer ses voix que prendre le risque de les voir partir vers le FN. Il recueille 12,47 % des voix au second tour, et M. Anglade est élu.

 

Municipales de 1997.

 

Catherine Mégret (FN) remplace son mari inéligible. Le PS présente M. Anglade, la droite M. Guichard, (16,30 %).

 
Il se retire au second tour :
 

Mme Mégret est élue en progressant de 7 points, l'essentiel venant des bureaux de droite.

 

Municipales de 2001.

 

Mme Mégret se représente sous l'étiquette MNR. Dominique Tichadou représente le PS, le PCF a un candidat, et Christian Rossi, qui rassemble la droite, arrive troisième avec 17,47 %.

 

Il se maintient au second tour pour « fixer des voix » : il en perd 7 %, pour finir à 10,61 %. Mme Mégret gagne sa triangulaire.

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1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 20:34
Battre les Mégret à Vitrolles
 

Article paru dans l'édition de l’HUMANITE du 2 octobre 2002.

 

Une lettre de Marie-George Buffet à Jacques Chirac : la droite ne peut rester neutre.

 

Dans un courrier daté d’hier, la secrétaire nationale du PCF vient de prendre l’initiative de s’adresser directement à Jacques Chirac au sujet de la situation à Vitrolles (Bouches-du-Rhône), où deux listes, celle menée par Catherine Mégret et celle de la gauche menée par Guy Obino, restent en lice au second tour. La liste de l’UMP, qui aurait pu se maintenir au regard de son score et bien que très loin derrière, s’est retirée, mais aucun de ses responsables ne s’est prononcé sur le second tour, pas plus que les responsables de la seconde liste de droite présente au premier tour.

 

Rappelant les conditions nées du 21 avril 2002 et du vote Chirac au second tour pour battre Le Pen, Marie-George Buffet estime que la droite vitrollaise ne peut rester neutre dans ce cas de figure. Prenant acte du retrait de l’UMP, elle poursuit : " Toutefois, il ne faudrait pas que cela se traduise par un désengagement total et une forme de neutralité dévastatrice. Il ne s’agit évidemment pas de sceller des alliances contre nature et contre-productives, mais d’adopter une attitude républicaine sans équivoque. " Je n’ai pas eu le sentiment, note-t-elle, " que les déclarations des responsables locaux aillent en ce sens ".

 

Pour la dirigeante communiste, cette démarche est fondée " en mémoire " du 21 avril dernier. Elle écrit notamment : " En effet, le cas de figure de Vitrolles me semble être similaire, en d’autres proportions, au séisme politique du premier tour de l’élection présidentielle. Alors, vous le savez, notre message avait été d’une clarté sans voiles. En dépit de nos divergences politiques fortes, j’avais moi-même appelé le soir même du premier tout à voter nommément pour vous, afin d’écarter le danger de l’extrême droite. La même attitude de la part de la droite vitrollaise l’honorerait. Elle pourrait permettre à la République de reprendre le dessus, et aux hommes et aux femmes de cette ville de pouvoir enfin envisager d’autres horizons. " En effet, précise-t-elle, " depuis trop longtemps, la ville est dirigée par l’extrême droite de madame Catherine Mégret. Les valeurs qu’elle défend et met en ouvre sont contraires aux principes de la République, à la dignité de l’homme et de la femme. Cela n’est pas sans laisser de traces profondes. "

 

" Je sais votre attachement à la République, conclut la secrétaire nationale du PCF, c’est pourquoi je me permets, monsieur le président, d’attirer votre attention sur les risques qui continuent de menacer Vitrolles. "

 
M. U.
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1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 20:33

Du côté de Vitrolles Juppé s’engage
 

Article paru dans l'édition de l’HUMANITE du 3 octobre 2002.

 

Alain Juppé a affirmé mardi que l’UMP avait retiré sa liste au second tour des élections municipales de Vitrolles (Bouches-du-Rhône) " pour faire en sorte que l’extrême droite soit battue ", ajoutant : " Quand il y a deux candidats et qu’on appelle à battre l’un d’entre eux, on ne peut pas être plus clair que nous l’avons été. "

 

Jean-Claude Gaudin, vice-président délégué de l’UMP qui participait à ses côtés une conférence de presse, a déclaré : " Nous n’avons rien de commun avec les idées de l’extrême droite. C’est net, clair et précis. " Une déclaration jugée, à Vitrolles, en retrait sur celle d’Alain Juppé.

 

Pour sa part, la secrétaire nationale du PCF, Marie-George Buffet, a demandé à la droite " une attitude républicaine sans équivoque ", dans une lettre ouverte à Jacques Chirac. Le candidat de la gauche au second tour, Guy Obino, avait lancé " un appel solennel au président Jacques Chirac et au premier ministre Jean-Pierre Raffarin leur demandant de prendre position " : " Ce qui a été possible pour une élection présidentielle, pourquoi ne le serait-il pas pour des élections municipales ? "

 
Après le désistement, lundi, de Christian Borelli (UMP), qui a recueilli 12,55 % des voix au 1er tour mais n’avait pas donné de consignes de vote, le socialiste dissident Dominique Tichadou (12,21 %) avait annoncé mardi son retrait et appelé à voter Obino. Henri-Michel Porte (ex-DL), qui, avec 5,29 %, n’était pas en position de se maintenir, a appelé à voter pour le candidat de la gauche unie. Guy Obino a obtenu dimanche 31,04 % des voix, contre 36,73 % à Catherine Mégret

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1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 20:32


Vitrolles Résultats du 2e tour des élections municipales partielles de 2002 

 

I : 21 312 ; V : 15 463 ; E : 14 967 ; abst. : 27,44 % ; Liste Obino (G-PS) 8 089, 54,05 % ; Liste Mégret (MNR) 6 878, 45,95 %.

 

Rappel du 1er tour :

 

I : 21 312 ; V : 14 081 ; E : 13 829 ; abst. : 33,90 % ; Liste Tichadou (PS diss.) 1 735 12,55 % ; Liste Obino (G-PS) 4 293, 31,04 % ; Liste Borelli (UMP) 1 688, 12,21 % ; Liste Porte (UDF) 732, 5,29 % ; Liste Mégret (MNR) 5 080, 36,73 % ; Liste Bourge (FN) 301, 2,18 %.

 

Rappel des résultats des élections municipales de mars 2001

 

1er tour du 11 mars 2001 : I : 20 341 ; V : 14 755 ; E : 14 295 ; abst. : 27,46 % ; Liste Hayot (PCF) 2 365, 16,54 % ; Liste Tichadou (G-PS) 3 351, 23,44 % ; Liste Agarrat (DVG) 473, 3,31 % ; Liste Rossi (D-RPR) 2 511, 17,57 % ; Liste Mégret (MNR) 5 595, 39,14 %.

 

2e tour du 18 mars 2001 : I : 20 366 ; V : 16 483 ; E : 16 090 ; abst. : 19,07 % ; Liste Tichadou (G-PS-FU) 7 091, 44,07 % ; Liste Rossi (D-RPR) 1 707, 10,61 % ; Liste Mégret (MNR) 7 292, 45,32 %.

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