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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 21:50


La chambre régionale des comptes critique vivement la gestion de Catherine Mégret à Vitrolles

 

Article paru dans l'édition du Monde du 17.05.02

 

Dans une lettre d'observations provisoires adressée à la maire (MNR) en février et transmise à la justice, les magistrats soupçonnent l'usage de fonds publics à des fins politiques

 

Adressées à la mi-février à la municipalité de Catherine Mégret (MNR), les observations provisoires de la chambre régionale des comptes (CRC) sur la gestion de la commune de Vitrolles (Bouches-du-Rhône) dressent un tableau accablant de la gestion de la mairie depuis l'élection de Catherine Mégret, en 1997.

 

Il en ressort que l'évolution des budgets semble conduire la ville à la faillite dans une fuite en avant, que l'argent des contribuables vitrollais est employé à des fins qui leur paraissent étrangères, et que la gestion du personnel, comme l'attribution des marchés publics, s'effectue dans un certain chaos. Dans un courrier daté 6 février, le commissaire du gouvernement de la CRC a d'ailleurs officiellement saisi le procureur de la République à Aix-en-Provence de plusieurs des faits dénoncés dans le rapport, qui pourraient être qualifiables pénalement.

 

Ayant fait campagne sur la baisse des impôts, l'équipe du MNR paraît avoir eu recours à de discrets artifices pour payer ses échéances. « La trésorerie de la commune est largement assurée par les usagers de l'eau, qui ont eu à supporter une hausse brutale des tarifs en 1997 », écrivent notamment les magistrats de la CRC, précisant : « L'usager a joué le rôle d'un prêteur non rémunéré, chaque famille ayant été créancière de plusieurs milliers de francs au bénéfice du budget principal de la commune, lui permettant de faire face à ses problèmes de trésorerie. »

 

Pour équilibrer son budget, deux années de suite, la ville a ensuite repoussé les remboursements de ses dettes, « au prix d'opérations financières douteuses » , indiquent les magistrats financiers.

 

Les rapporteurs recensent des pratiques qui pourraient dévoiler l'utilisation de fonds publics à des fins partisanes. Notant qu'il n'existe aucun « enregistrement du courrier départ », le texte précise que « ce fonctionnement a permis, en 2000 et 2001, l'envoi de plusieurs courriers à tous les maires de France dont l'intérêt communal n'est pas évident ». Le document souligne en revanche que ce mailing pourrait avoir eu pour objet de « recueillir des signatures pour permettre à M. Bruno Mégret de se présenter à l'élection présidentielle ». Le coût global de ces envois est évalué à 75 000 euros (environ 500 000 francs).

 

Dépenses contestables

 

Au terme de leurs investigations, les magistrats de la CRC relèvent également l'acquisition par la commune de 150 téléphones portables dont « la liste attributaire n'a pu être obtenue » et semble inconnue des services - « au point que le directeur des services techniques (...) envisageait d'appeler les numéros facturés à la ville pour savoir qui en bénéficiait », indique le rapport. Dans ce flou administratif, les bénéficiaires des téléphones ont mis à la charge de la ville d'imposantes notes, notamment pour des appels internationaux.

 

L'essentiel des frais de représentation accordés au maire, Mme Mégret, 50 000 euros (350 000 francs), ont, par ailleurs, « été consommés par des repas parfois pris en groupe, mais le plus souvent à deux ou trois, notamment le week-end ».

 

A ces dépenses contestables s'ajoute une gestion du personnel hasardeuse. Comptant « un agent pour 38 habitants, c'est-à-dire 30 % de plus qu'ailleurs », la municipalité vitrollaise a installé « une administration municipale qui manque cruellement de compétences », dit le rapport, relevant que « de nombreux services n'ont pas de responsable » avec pour conséquence « l'intervention de consultants extérieurs pour remplir des missions habituellement assurées par les services municipaux »

 

Au total, selon le rapport, la gestion de Mme Mégret - auprès de qui M. Mégret, lui-même candidat aux municipales en 1995, joua le rôle de « porte-parole » - conduit à ce que « les frais de personnel par habitant dépassent 762 euros (5 000 francs) », contre 557 euros (3 653 francs) de moyenne régionale pour les villes de taille comparable. Cette inflation paraît avoir profité à quelques privilégiés : les magistrats notent que « certains agents auxiliaires bénéficient de manière récurrente et abondante d'heures supplémentaires qui leur sont payées » et préconisent une réorganisation des services « pour que ceux qui travaillent le soir, la nuit et les jours fériés ne soient pas les mêmes qui travaillent les jours ouvrables ».

 

Décrivant la chute du nombre des agents d'encadrement (de 60 en 1996 à 19 en 2000), la CRC en détaille les conséquences : commissions paritaires sur le personnel tenues dans des conditions contestables ou incapacité à préparer correctement les attributions de marchés publics.

 

Alors que le contrat d'exploitation des cantines scolaires arrivait à échéance en novembre 2000, la procédure d'attribution « destinée à assurer la continuité du service public » n'avait pas été lancée cinq mois plus tard. Seul un bricolage hâtif - et apparemment onéreux - avait permis d'assurer la rentrée scolaire.

 

La maîtrise des dépenses engagées s'en ressent aussi. Alors que la réhabilitation du centre culturel Fontblanche était votée le 20 janvier 1998, le démarrage des travaux n'a commencé qu'en avril 2002, « trois ans après que le maître d'œuvre a été choisi ».

S'agissant du dossier de la propreté urbaine, le rapport signale « l'obstination de la commune dans le choix du prestataire », la Polyurbaine, lors de l'appel d'offres, sur la foi de « notes dont la logique surprend ». Il conclut surtout que l'objectif d'économie affiché « n'a pas été atteint », alors que le premier adjoint admet que le service rendu n'est pas bon : il faut régler le mauvais prestataire et continuer de payer les salariés de la ville qui assuraient ce service.

 

Quant aux licenciements de 31 contractuels, effectués à la hussarde en 1997, il a coûté plus de 94 000 euros à la ville, alors que « la durée moyenne résiduelle des contrats des agents licenciés [était] de six mois à peine ». S'y sont ajoutés les frais de justice et d'avocats.

 
MICHEL SAMSON
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1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 21:47


Le cabinet de la maire répond au « Monde »

 

Article paru dans l'édition du Monde du 17.05.02

 

Le cabinet de la maire (MNR) de Vitrolles, Catherine Mégret, a répondu par écrit aux éléments relevés par Le Monde dans le rapport de la CRC. Concernant l'augmentation du prix de l'eau, il nie les accusations et estime que « l'opération doit être appréciée globalement ».

 

Les lettres appelant au soutien de Bruno Mégret à l'élection présidentielle auraient été « envoyées par erreur » et ce dysfonctionnement « régularisé » depuis lors.

 

S'agissant des téléphones portables, « plusieurs dizaines ont été supprimés » à l'automne 2001, indique la mairie. Quant aux repas dominicaux de Mme Mégret, ils visaient à « rencontrer des représentants des associations, de groupements de sa municipalité et des maires d'autres villes ». « Vitrolles-en-Provence n'est pas Neuilly-sur-Seine (...) et n'a pas les mêmes ratios qu'une ville riche », indique la réponse à propos des questions de personnels, ajoutant que les heures supplémentaires correspondent à des forfaits « tout à fait légaux ». La mairie assure avoir eu « très peu » de candidatures aux postes de directeur et avoir dû faire appel à l'extérieur pour préparer son budget. Répondant aux critiques de la CRC sur la propreté urbaine, le cabinet écrit : « Le coût de la prestation assurée auparavant en régie représentait 19 millions de francs, il est maintenant de 13 millions. »

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1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 21:45


DÉTOURNEMENTS · VITROLLES ?

 

Paru dans l’Humanité du 20/05/2002

 

Le parquet de Marseille a été saisi par la chambre régionale des comptes d’éventuels détournements de fonds publics à la mairie MNR.

 

Le rapport de la chambre régionale des comptes (CRC) met en évidence " l’envoi de plusieurs courriers, en 2000 et 2001, à tous les maires de France " dont " deux " étaient destinés à " recueillir des signatures pour permettre à Bruno Mégret de se présenter à l’élection présidentielle ". La CRC évalue le coût de ces envois à 75 000 euros. Le trésorier de la campagne de Bruno Mégret a affirmé que " les deux lettres, signées de Catherine Mégret, appelant les maires à parrainer son époux ont été intégralement payées par des fonds de campagne de Bruno Mégret et figureront en dépenses, conformément à la loi, dans son compte de campagne ".

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1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 21:44


VITROLLES : une information judiciaire a été ouverte pour « détournement de fonds publics et recel » après le dépôt d'un rapport provisoire de la chambre régionale des comptes sur la gestion de la ville

 

Article paru dans l'édition du Monde du 26.05.02

 

Une information judiciaire a été ouverte pour « détournement de fonds publics et recel » après le dépôt d'un rapport provisoire de la chambre régionale des comptes sur la gestion de la ville de Vitrolles (Bouches-du-Rhône) depuis l'élection à la mairie, en 1997, de Catherine Mégret (MNR). Ce rapport recense une série de pratiques qui donnent à penser que des fonds publics pourraient avoir été utilisés à des fins partisanes ( Le Monde du 17 mai).

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1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 21:41


A Vitrolles, face à M. Mégret, les candidats se gardent d'évoquer les « affaires »

 

Article paru dans l'édition du Monde du 04.06.02

 
Le MNR dénonce de «nouvelles persécutions »
 

Sur le marché de Rognac, les quatre principaux candidats se croisent et se recroisent avec beaucoup de civilité. Cette tranquillité est plutôt inhabituelle dans la 12e circonscription des Bouches-du-Rhône où les combats électoraux de Vitrolles et Marignane donnent classiquement lieu à des incidents, des invectives et parfois même des coups bas.

 

A chacun son idée sur ce calme plat. Bruno Mégret l'explique par « l'absence des groupuscules gauchistes violents ». Ses adversaires y voient plutôt la marque d'un « épuisement » du président du Mouvement national républicain (MNR). « C'est un Mégret profil bas », diagnostique Eric Diard, le jeune maire RPR de Sausset-les-Pins, investi par l'UMP, une « nouvelle tête » dans cette circonscription où les seconds tours arbitrent habituellement des duels entre la gauche et l'extrême droite. « L'autre jour dans ma commune, raconte-t-il, il n'y avait que dix-neuf personnes à la réunion de Mégret alors qu'en 1997, il remplissait un bar de quatre-vingt-dix personnes. » « GABEGIE »

 

Dans cette circonscription où un électeur sur trois a voté pour l'extrême droite le 21 avril, Bruno Mégret s'annonce confiant, quelle que soit la configuration du second tour. Son principal opposant, le député socialiste sortant, Vincent Burroni, candidat de la gauche unie, espère que les voix de gauche qui se sont exprimées lors de l'élection présidentielle se reporteront sur lui aux législatives.

 

Cet ancien syndicaliste de la chimie se reconnaît « un seul défaut » : un déficit de notoriété pour avoir poussé politiquement à l'ombre du « grand pin » qu'est Henri d'Attilio, le maire socialiste de Châteauneuf-les-Martigues. Ce dernier avait laissé sa place au Palais-Bourbon à Vincent Burroni, en 1998, lorsque le gouvernement l'avait chargé d'une mission ministérielle.

 

A droite comme à gauche, on se refuse à exploiter les affaires qui menacent la mairie de Vitrolles. Une information judiciaire pour « détournement de fonds publics et recel » a pourtant bien été ouverte, le 4 mars, au tribunal de Marseille. La commune avait réglé deux envois de lettres aux 36 000 maires de France en vue d'obtenir les parrainages nécessaires à Bruno Mégret pour la course à l'Elysée ( Le Monde du 27 mai). Le coût de ces expéditions a été chiffré à 75 000 euros (environ 500 000 francs).

Dans cette campagne un peu atone, on n'entend pas non plus parler du réquisitoire implacable de la chambre régionale des comptes dressé sur la gestion d'une commune présentée comme « le laboratoire » de l'extrême droite (Le Monde du 17 mai). « Scandaleux », « tout est faux » : Catherine Mégret a publié une Lettre aux Vitrollais dans laquelle les observations provisoires de la chambre régionale des comptes sont analysées comme de « nouvelles persécutions administratives et judiciaires contre la municipalité ». « Nous n'exploitons pas cela, reconnaît Vincent Burroni. Je préfère qu'on torde Mégret dans les urnes. Ce n'est pas à nous de nous ériger en juges. On préfère parler de sécurité et d'emploi. » « Heureusement qu'il y a une liste Front national ! », Reconnaît un militant socialiste, qui compte sur un morcellement des voix entre les deux familles de l'extrême droite. Car les « casseroles du MNR », c'est l'affaire de Claude Bourge, un ingénieur des travaux publics à la retraite, qui porte les couleurs du FN.

 

Si sa propagande électorale ne fait pas non plus état des ennuis judiciaires qui pourraient menacer le président du MNR, cet ancien adjoint au maire de Catherine Mégret de 1997 à 2000 ne tarit pas, auprès des journalistes, sur « la gabegie vitrollaise ». Ce sexagénaire, plein d'urbanité, aimerait bien faire battre celui que Jean-Marie Le Pen qualifie toujours de « félon ». « Un monsieur qui veut remettre de l'ordre en France et dans la 12e circonscription devrait commencer par remettre de l'ordre à Vitrolles, dit-il. La commune est en faillite, c'est la pompe à finances du MNR. A l'exception de Le Gallou et Timmermans, toute l'ossature du parti travaille à la mairie de Vitrolles. »

 

Pour présenter des candidats dans le plus grand nombre possible de circonscriptions, le MNR a enrôlé des élus et des personnels de la mairie de Vitrolles. Plusieurs employés municipaux se retrouvent ainsi à briguer des voix dans les DOM-TOM.

 

Bruno Mégret passe sous silence, autant qu'il le peut, la candidature de Claude Bourge, candidat peu connu et sans beaucoup de moyens. « Le vote utile se fera en faveur du candidat de la droite nationale le plus connu, le plus implanté, le plus combatif, affirme-t-il. Et entre Bourge et moi, il n'y a pas photo. »

 

Le maire de Marignane, Daniel Simonpieri, se garde, lui, d'arbitrer ces déchirements. Après avoir abandonné il y a un an toute responsabilité au sein du MNR, il a été reçu par Jean-Marie Le Pen le 1er mai à Paris. « M. Simonpieri ne participe pas à la campagne et se consacre à sa ville et ses administrés », fait savoir l'élu.

 
LUC LEROUX
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1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 21:40


A 78 ans, Colette Mégret est candidate à Dreux par amour maternel

 

Article paru dans l'édition du Monde du 05.06.02

 

DANS LA FAMILLE Mégret, la mère ! Chez le président du Mouvement national républicain (MNR), on a l'esprit de famille. En 1997, rendu inéligible par une condamnation sur ses comptes de campagne, Bruno Mégret avait convaincu son épouse, Catherine, de le remplacer pour l'élection municipale partielle de Vitrolles (Bouches-du-Rhône). Aujourd'hui, sans candidat pour la 2e circonscription de Dreux - celle où le Front national, représenté autrefois par Jean-Pierre Stirbois, puis par sa veuve, Marie-France, obtenait ses meilleurs scores -, il a recruté, in extremis... sa mère.

 

A 78 ans, Colette Mégret, ex-maître de conférences de droit européen à l'université Paris-I, se lance donc en politique par amour maternel. N'ayant plus l'âge de parcourir les rues et les marchés, elle laisse aux militants de la section le soin du « tractage » et des collages. Seule une conférence de presse avec son seul fils - l'aîné de ses quatre enfants, à qui elle voue une admiration sans borne - a été envisagée.

 

En fait, elle ne passe guère que le week-end à son domicile familial d'Anet (Eure-et-Loir) ; aussi est-ce dans son appartement de Ville-d'Avray (Hauts-de-Seine) qu'elle reçoit Le Monde. La télévision est branchée sur Roland-Garros. A terre, sur le tapis, un sac avec des pelotes de laine laisse entrevoir un pull inachevé : « Je tricote pour mes petits-enfants », explique-t-elle sans qu'on lui pose de question.

 

Si elle reste laconique sur sa circonscription, elle se montre intarissable sur son fils, Bruno. « La politique m'a toujours passionnée, mais je n'en ai jamais fait de façon active, raconte-t-elle. Quand mon fils a créé le MNR, je me suis inscrite. J'ai été gaulliste, et je pense que c'est mon fils, par son amour du pays, son patriotisme, qui est plus dans la ligne du général de Gaulle que d'autres, qui se disent ses successeurs. » Mme Mégret mère se dit « très sensible à l'identité de la France, à son histoire, à sa langue, à l'environnement ». « Je ne me sens pas mondialiste, ajoute-t-elle. Il y a la famille et, après, la patrie ; ce qui donne un certain équilibre. »

 

Raciste, Bruno Mégret ? Elle le conteste farouchement. « Il est pour la préférence nationale, plaide-t-elle (...), ce n'est pas quelque chose d'ethnique ! » A propos des immigrés, elle ajoute néanmoins : « Pourquoi tous ces gens viennent ? Pour les avantages (...). Si on les limite, la France sera moins attractive pour les étrangers. C'est dans ce sens-là que mon fils veut supprimer les avantages : pour qu'ils viennent moins, pas par méchanceté. »

 

Questionnez, enfin, la candidate sur un éventuel rapprochement entre le MNR et le FN, et c'est la mère qui sort ses griffes : « Jean-Marie Le Pen a traité mon fils de crapule, de moins que rien. Il est tellement furieux que mon fils soit parti avec les éléments les plus valables du FN qu'il voudrait qu'il disparaisse. S'il se représente à 80 ans à l'élection présidentielle, ce sera uniquement pour ennuyer Bruno ! »

 
CHRISTIANE CHOMBEAU
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1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 21:15

Mégret joue sa dernière carte

 

source : Le Nouvel Observateur le 06/06/2002 auteur : Marie-France Etchegoin


En face de la mairie de Vitrolles, c'est Kacem qui tient le bar de la place. Kabyle, né en Algérie, il a parfois envie de mettre la clé sous la porte. «Ce sont les communistes qui m'ont aidé à tenir le coup, lance-t-il. Ce sont eux qui viennent le plus souvent consommer.» Hilarité en terrasse où sont justement installés, ce jour-là, les militants du PC et du PS en campagne. «C'est normal, dit un socialiste. Chez vous les communistes, il n'y a plus que des retraités et des permanents, vous avez le temps !» Dans la 12e circonscription des Bouches-du-Rhône, la «gauche unie» essaie de plaisanter pour oublier que la situation ne prête pas à rire. Bruno Mégret se présente pour la troisième fois aux législatives. Depuis 1988, chaque élection se termine par un duel gauche-extrême-droite et Mégret échoue de peu.


Attablé à la terrasse de Kacem, Vincent Buroni, un grand gaillard barbu, député PS sortant, assure que, cette fois encore, rien n'est perdu. «Même si, dit-il, à la présidentielle l'extrême-droite a atteint des sommets abominables dans la circonscription (34% pour Le Pen au second tour).» Cet ancien chimiste, militant de la CFDT, espère faire le plein des voix de gauche dès le premier tour. Le PC, les Verts et le PRG ayant retiré leurs candidats pour se ranger sous sa bannière.

 

Depuis des semaines, Mégret le pilonne à l'arme lourde: «Buroni protège les voyous», «Buroni insulte l'armée et les pieds-noirs», «Buroni aggrave la pollution».

 

Sur ses tracts, il a fait dessiner le député socialiste ronflant sur une chaise longue. A l'inverse, Buroni se contente de faire bravement campagne sur son «action depuis quatre ans qui s'inscrit dans le bilan satisfaisant du gouvernement Jospin». Dans ses dépliants, pas une allusion au choc du 21 avril, aucune contre-attaque sur les diatribes anti-immigrés de Mégret, sur ses délires sécuritaires (qui n'ont pas empêché sa femme d'embaucher comme agent d'entretien dans sa mairie, à sa sortie de prison, l'un des trois colleurs d'affiches FN condamnés, il y a quatre ans, pour avoir tué un jeune Comorien à Marseille en février 1995 !).


Pas un mot non plus sur la gestion de Vitrolles. Récemment pourtant, la chambre régionale des comptes a fait une critique au vitriol de la politique mégrétiste. Epinglant une «administration qui manque cruellement de compétences», le recrutement pléthorique de personnels le plus souvent sympathisants MNR, les frais de représentation excessifs de Catherine Mégret, «les opérations financières douteuses», «la hausse brutale des tarifs de l'eau», les équipements collectifs laissés à l'abandon. Vitrolles «laboratoire» du MNR, comme disaient les époux Mégret ! Suite à ce rapport, une information judiciaire a été ouverte pour «détournements de fonds publics». Les courriers aux maires pour la collecte des 500signatures nécessaires à la candidature Mégret à la présidentielle auraient été payés par la commune.


«Nous n'utiliserons pas ce genre d'argument, assure Vincent Buroni. Cela n'intéresse que le microcosme. Les gens sont tellement habitués à tout ça depuis des années.»

 

Ah bon ?

 

Montrer les résultats de l'application de la politique MNR à Vitrolles ne serait pas une bonne manière de se battre contre l'extrême-droite ? Même Bruno Mégret s'étonne de cette «campagne mollassonne, plate». A croire que l'«esprit du 1er-Mai» n'a jamais soufflé ici. A croire que, comme le dit René Agarrat, militant anti-FN «historique» de Vitrolles, et candidat soutenu par la LCR, «les gens sont fatigués de se battre». A croire, qu'ici plus qu'ailleurs, tout le monde est tétanisé par la vague Le Pen et ne sait plus que faire pour l'endiguer. «C'est vrai que dans la région de Vitrolles la mobilisation antifasciste a montré ses limites, dit le communiste Alain Hayot. Il ne suffit plus de lancer des anathèmes, des slogans. Pour autant, je ne partage pas du tout la position des socialistes.» Conseiller municipal de Vitrolles, vice-président de la région Paca, candidat présumé du PC dans cette circonscription,

s'est désisté et fait malgré tout campagne avec Buroni. «Mais moi, dit-il, j'attaque clairement le programme de l'extrême-droite. Les socialistes, eux, pensent qu'il ne faut pas trop brusquer les électeurs atteints de lepénisation. Ils cherchent à grappiller le maximum de voix à droite et à gauche.»


Vincent Buroni table en effet sur la faible notoriété de son adversaire RPR, Eric Diard, 36 ans, maire de Sausset-les-Pins («Le plus jeune du département», précise celui-ci fièrement). Le socialiste est persuadé que le jeunot de l'UMP se retirera s'il arrive en troisième position le 9 juin («Gaudin me l'a promis», dit-il). Le député sortant mise enfin sur les divisions de l'extrême-droite. Le Pen crie partout qu'il veut tuer Mégret et, dans cette circonscription comme dans toutes les autres, il a envoyé un homme du Front contre «Naboléon».

 

La rumeur d'une candidature Simonpieri a même couru un temps. Le maire de Marignane, MNR, avait fait scission avec Mégret. Mais le 1er mai, il est allé défiler avec Le Pen. Depuis, celui qui aurait pu véritablement menacer Mégret en se présentant aux législatives (il a été reconduit aux municipales avec plus de 62% des voix) observe le plus parfait mutisme. Mégret est donc sûr de bénéficier d'un «vote utile» de l'électorat d'extrême droite. Car c'est un inconnu, un ingénieur à la retraite aux allures patelines, Claude Bourge, qui porte les couleurs du FN contre le «traître» Mégret. Ex-MNR, ex-adjoint à l'économie à la mairie de Vitrolles, cet Auvergnat cogne sur son ancien patron mais rappelle chaque fois qu'il le peut les relations «conviviales» qu'il entretient avec les socialistes ou les RPR quand il les croisent sur un marché. «Vous avez vu comment il est, glisse Vincent Buroni. Je suis obligé de lui serrer la main. Sinon les gens ne comprendraient pas et c'est moi qui passerais pour un sauvage !» Faire monter le FN pour battre le MNR. Jouer le choléra contre la peste. Une tactique électorale sans doute. Mais est-ce une manière de juguler l'épidémie ?

 
A Mégret, aucun candidat ne serre la main. En meeting, devant un public acquis, gauche et droite dénoncent la menace MNR. Mais, sur les marchés, lors des rencontres avec les électeurs, ni le socialiste, ni le chiraquien, ni le frontiste ne critiquent son programme ou son «laboratoire» vitrollais.

 

Seulement son allure. «Regardez-le, disent-ils en choeur, il déboule partout avec ses gorilles, équipés de talkies-walkies. Tous habillés en noir. On dirait des croque-morts. Ils font peur aux gens.»

 

Vendredi dernier pourtant, à Châteauneuf-lès-Martigues, Bruno Mégret était certes suivi à distance par deux colosses, mais il portait un costume vert et était accompagné de trois jeunes femmes vêtues de couleurs claires. Raide comme à son habitude, il tendait la main à tout le monde sauf aux commerçants arabes salués d'un bref bonjour. Dans ce fief socialiste (dont Vincent Buroni est le maire), personne ne lui a tourné le dos, personne n'a refusé ses tracts.

 

«Je fais partie du paysage local», se contente de souligner Mégret, laissant les faits parler pour lui. Certain de jouer ici une partie de son avenir politique. Il a envoyé dans toutes les circonscriptions des Bouches-du-Rhône son équipe rapprochée de Vitrolles, et du MNR (ce qui revient à peu près au même): adjoints, élus, responsables des services municipaux. Jusqu'aux contractuels et secrétaires qui vont se présenter, eux, dans les DOM- TOM ! Mégret ne cache pas qu'il compte se refaire une santé financière grâce à ces législatives (1,66 € d'argent public par suffrage obtenu). «Si je suis élu, dit-il tranquillement, c'est autour de moi que se fera la réunification de la droite nationale. Pas autour de Le Pen qui a échoué le 5 mai. Et, en 2004, c'est moi qui prendrai le conseil régional»

 

Et il ajoute comme une évidence: «Ici, c'est ma région.»

 

MARIE-FRANCE ETCHEGOIN

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1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 21:12

Bouches-du-Rhône. La gauche résiste
 

Article paru dans l'Humanité du 11 juin 2002.

 

Les Bouches-du-Rhône faisaient partie de ces départements où le FN pouvait se retrouver en situation d’arbitre, voire de remporter des élus. Des triangulaires étaient annoncées dans toutes les circonscriptions. · l’arrivée, Le Front national subi un net revers avec 17,69 % des voix sur l’ensemble du département. Il réalise un score largement inférieur à celui de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle (27,46 % des voix), mais surtout, le couperet des 12,5 % inscrits nécessaires pour se maintenir au second tour ne lui permet de le faire que dans six circonscriptions (14 en 1997). " Frère ennemi " du FN, le MNR de Bruno Mégret est en passe de disparaître, l’ex-maire de Vitrolles ayant été éliminé dès le premier tour.

 

Un seule triangulaire contre 8 en 1997. Une situation qui fait espérer à l’UMP un renforcement de ses positions. La droite, qui détenait 9 sièges sur 16, profite de la dynamique de la présidentielle, à l’image du ministre de la Santé l’UDF Jean-François Mattei qui a été réélu dès le premier tour dans la 2e. Mais la gauche, bien que dans une situation délicate, n’est cependant pas battue. L’alliance locale PS-PCF pour faire barrage à l’extrême droite a bien fonctionné. Jean-Marc Coppola, secrétaire de la fédération PC, tout en déplorant l’importance de l’abstention, se disait " satisfait que la démarche de rassemblement et de responsabilité du premier tour ait permis que les sept sortants de gauche se retrouvent au second tour ". Pour lui, " les électeurs ont choisi les candidats les mieux placé pour battre l’extrême droite et la droite et sanctionné les candidatures de divisions ".

 

Ainsi, dans la 4e circonscription, le PS Patrick Menucci a perdu son pari face au maire communiste de secteur Frédéric Dutoît . Il s’était maintenu contre l’avis de la fédération départementale du PS mais avec l’aval de sa direction nationale. Une situation qui avait entraîné la démission du bureau national du PS de Michel Vauzelle, de la députée Sylvie Andrieux et du sénateur Jean-Noël Guérini. Cas de figure identique dans la 10e, où le socialiste Roland Povinelli, qui avait lui aussi décidé de se maintenir malgré les accords locaux, est éliminé au profit du député communiste sortant Roger Méï. Le député PCF sortant Michel Vaxès, arrivé largement en tête avec 37,22 % des voix, tire également son épingle du jeu dans la 13e. La situation semble plus difficile pour le président du conseil régional Michel Vauzelle dans la 16e. Arrivé en tête avec 36,20 % devant le RPR Roland Chassain (30,62 %), il doit compter sur une dynamique à gauche pour convaincre une partie des abstentionnistes. Le second tour devrait aussi être serrée dans la 8e, où le socialiste Christophe Masse (35,66 %), qui voudrait succéder à son père Marius, affrontera en triangulaire l’UDF Jacques Rocca Serra (26,81 %) et le FN Stéphane Durbec.

 

Dans la circonscription de Vitrolles, où Bruno Mégret a été éliminé dès le premier tour, le sortant PS Vincent Burroni, qui a obtenu 28,42 % des voix avec le soutien des Verts et du PCF, est en position délicate face au candidat de l’UMP, l’UDF Éric Diard (25,86 %).

 

L’accord passé entre le PS et les Verts n’a cependant pas suffit à Jean-Luc Bennhamias pour réussir son parachutage dans la cinquième. L’ex-secrétaire national du parti de Dominique Voynet est éliminé et laisse le champ libre pour un duel FN-UMP. Avantage au député sortant, le RPR Renaud Muselier.

 
St. S.
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1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 21:05


Catherine Mégret interrogée dans une enquête sur la mairie de Vitrolles

 

Article paru dans l'édition du Monde du 04.07.02

 

La police est saisie après un rapport de la chambre régionale des comptes

 

La maire (MNR) de Vitrolles (Bouches-du-Rhône), Catherine Mégret, a été entendue, mardi 2 juillet, en qualité de témoin au siège de la police judiciaire de Marseille, dans le cours d'une instruction ouverte contre X... pour détournement de fonds publics et confiée à la juge Françoise Issenjou.

 

L'enquête vise les conditions dans lesquelles son mari, Bruno Mégret, aurait utilisé les services de sa mairie pour recueillir les signatures nécessaires à sa candidature à la présidence de la République. Dans un rapport provisoire, la chambre régionale des comptes (CRC) avait relevé, au mois de février, que plusieurs courriers avaient été adressés aux 36 000 maires de France en 2000 et 2001 et estimé cette dépense, « dont l'intérêt communal ne ressort pas de façon évidente », à près de 75 000 euros ( Le Monde du 17 mai). La CRC avait transmis ces éléments au parquet d'Aix-en-Provence.

 

L'interrogatoire de Mme Mégret est consécutif à une série de perquisitions et d'auditions. Lundi 24 et mardi 25 juin, neuf inspecteurs de la brigade financière du SRPJ de Marseille se sont présentés à l'hôtel de ville de Vitrolles pour interroger des élus et des fonctionnaires. Albert Motte, adjoint aux finances, et Yves Bovéro, premier adjoint et ex-directeur de cabinet de la maire, ont été entendus ainsi que le directeur actuel du cabinet de Mme Mégret et l'ancien directeur général des services. Les deux premiers ont été convoqués le lendemain à l'hôtel de police de Marseille pour des interrogatoires plus approfondies, ainsi que le nouveau directeur des services.

 

Hormis ces responsables, un employé du service courrier a été auditionné : il aurait assuré aux policiers avoir reçu l'ordre explicite de faire partir les dizaines de milliers de lettres par lesquelles M. Mégret essayait de convaincre les maires de soutenir sa candidature. L'employé aurait cité, devant les enquêteurs, les noms de ces donneurs d'ordre. Les policiers semblent s'intéresser également aux 150 téléphones portables généreusement attribués par la municipalité à des employés et à des élus.

 

Cette activité judiciaire paraît avoir créé une ambiance délétère à l'intérieur de la mairie, où beaucoup de langues se délient. Certains évoquent l'attribution des marchés publics du columbarium et de la cybermaison. Concernant le premier, le rapport provisoire de la CRC affirmait que sa construction avait été « facturée trois fois sa valeur ». Quant à la cybermaison, les travaux relatifs à son aménagement avaient été dévolus sans appel au marché public et entrepris avant même la transmission des pièces au représentant de l'Etat chargé d'en vérifier la régularité.

 
LOIC LE LAGADEC ET MICHEL SAMSON
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1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 21:00


Le tireur a été candidat MNR aux municipales

 

Article paru dans l'édition de l’Humanité du 16 juillet 2002.

 

La réaction citoyenne de quatre touristes a permis d’éviter l’attentat.

 

Maxime Brunerie figurait en septième position sur la liste Mégret dans le 18e arrondissement de Paris.

 

Maxime Brunerie, l’auteur de la tentative d’attentat contre Jacques Chirac lors du défilé du 14 Juillet, un " jeune homme calme et très discret ", selon ses voisins d’un quartier résidentiel de Courcouronnes (Essonne), camouflait ses véritables activités militantes. Dès dimanche soir, le ministère de l’Intérieur indiquait que l’individu âgé de vingt-cinq ans était connu des services de police depuis 1997 pour avoir participé à des manifestations de mouvements néonazis organisées par le Parti nationaliste français européen, membre du GUD (aujourd’hui Unité radicale), mouvement étudiant d’extrême droite, et connu dans le milieu skinhead. Lundi matin, la mairie du 18e arrondissement de Paris précisait que Maxime Brunerie avait été candidat aux élections municipales de 2001 sur la liste du Mouvement national républicain (MNR) qui avait obtenu 1 359 voix (2,90 %).

 

Bruno Mégret, le président du MNR, s’est empressé hier d’affirmer que son mouvement n’était " pas concerné " par la tentative d’attentat, sans toutefois démentir l’appartenance du tireur à son parti. On comprend la gêne de Mégret pour deux raisons principales. Maxime Brunerie n’était pas un candidat MNR de fin de liste. Il occupait la septième position (voir fac-similé). Il avait aussi participé à la soirée électorale de Bruno Mégret au Novotel situé rue de Vaugirard à Paris le 21 avril dernier et avait livré ses états d’âme au journal le Monde. Il indiquait notamment à Virginie Malingre qu’il voterait Le Pen au second tour de l’élection présidentielle malgré les " dérives du Front national " tout en précisant : " Quand les Mégret ont remporté la mairie de Vitrolles, il n’y a pas eu un seul télégramme de félicitations de la part de Le Pen. Et puis, Le Pen, il a soixante-seize ans c’est vieux. On souhaite la réconciliation. "

 

Maxime Brunerie était donc un homme " calme et discret ", selon ses voisins. · Courcouronnes, peut-être. N’empêche que les enquêteurs ont découvert chez lui de la " propagande extrémiste ", notamment " néonazie ", sans lien avec la tentative d’attentat et qu’il aurait laissé un message sur un site Internet invitant les internautes à regarder la télévision dimanche, sans préciser ses intentions exactes. Le tireur a passé la nuit de dimanche à lundi à l’infirmerie psychiatrique de la Préfecture de police de Paris. Son interrogatoire devait reprendre lundi dans la journée.

 
 

La tentative d’attentat contre le chef de l’État, heureusement sans conséquence, constitue un acte majeur contre la démocratie. Il ne semble pas être le résultat d’un complot. Pourtant, cataloguer sur-le-champ l’auteur du tir comme relevant d’un " cas psychiatrique ", selon Bruno Mégret, est allé trop vite en besogne. Maxime Brunerie n’a pas d’antécédent en ce domaine. Son comportement à Courcouronnes, ses multiples activités militantes à Paris, son engagement en politique dans le MNR, ses déclarations au Monde donnent plutôt de l’homme une image de cohérence. En revanche, il est probable que les discours de haine, de xénophobie l’ont entraîné à passer à l’acte.

 

De cet épisode qui aurait pu s’achever tragiquement, il convient de réfléchir à trois enseignements. Le tireur était placé à environ 150 mètres du cortège présidentiel et, malgré la forte présence policière, aurait pu atteindre Jacques Chirac même avec son arme de faible calibre, une carabine 22 long rifle. Une fois encore se pose la question de la circulation sans contrôle des armes. Le déchaînement extrémiste a toujours accouché de candidats aux crimes contre la démocratie. Les partis politiques faisant de la haine la base de leur recrutement portent une responsabilité écrasante. Enfin, et surtout, le réflexe courageux du touriste alsacien, Jacques Weber et de trois autres hommes qui ont détourné le tir puis maîtrisé Maxime Brunerie mérite d’être souligné. La citoyenneté, dans les moments les plus critiques où pas, n’est pas un vain mot.

 
José Fort
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