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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
23 octobre 2006 1 23 /10 /octobre /2006 17:12


Pendant que les socialistes débattent pour le choix du meilleur candidat et au- delà de l’orientation politique du PS, pour la Présidentielle 2007, cela bouge aussi du coté de « l’autre gauche ». Le collectif national était réuni le week-end dernier. Vous trouverez ci-joint les grandes orientations. Un collectif existe à Vitrolles, avec des membres du PC, des Verts, de PRS et du monde associatif.
 
 
 
Pour en savoir plus :
 
 
 
 
 
 
 
 
DH
 
 
 
 
 
Collectif d’initiative national pour un rassemblement antilibéral de gauche et des candidatures communes
 
 
 
 
 
 

Document programme

 
 
 

CE QUE NOUS VOULONS

 
 
 
Introduction + propositions
 

Version 08 – 20 octobre 2006

 
 
 
 
 
 
 
Introduction
 
 
 

Un autre monde est possible, il est nécessaire. Il est plus « réaliste » que ce monde, transformé en marchandise, que nous impose le capitalisme libéral. Nous vivons une société où le chômage est tenu pour inévitable, où les inégalités s’accroissent, où les discriminations deviennent le lot commun, où les individus sont le jouet de décisions qui leur échappent, où la jeunesse est pointée du doigt, désignée comme dangereuse, réprimée lorsqu’elle résiste, où toutes les ressources sont mises à sac de façon insoutenable. Une telle société, porteuse de violence, est injuste, explosive. Elle n’est pas viable. La concentration des pouvoirs et de la richesse entre les mains de quelques uns, au détriment du bien-être et de la citoyenneté du plus grand nombre, ne fournit pas de bases acceptables pour vivre ensemble.

 
 
 

Depuis plus de vingt ans, du local au mondial, dans tous les domaines de la vie, tout est fait pour nous convaincre que nous sommes contraints d’accepter les dogmes de la marchandisation et de la spéculation, les diktats des multinationales et de la finance.

 
 
 

Certains veulent pousser le plus loin possible le recul des conquêtes sociales, des libertés individuelles, des services publics, des droits civils et politiques hérités des combats républicains : c’est le projet du patronat et de la droite.

 
 
 

D’autres entendent concilier la toute puissance du capital financier et un socle restreint de droits et de garanties sociales : c’est le programme de la gauche sociale-libérale.

 
 
 

Dans les deux cas, la main reste aux marchés financiers ; les profits flambent et le peuple trinque ; les inégalités galopent et la démocratie s’essouffle.

 
 
 

Tout cela, nous l’avons expérimenté, dans l’alternance au pouvoir de la droite et d’une partie de la gauche qui a renoncé à changer véritablement les choses. Nous voici donc devant un choix : ou bien nous poursuivons dans la même veine, ou bien nous changeons de cap. Nous proposons d’en finir avec l’impasse de l’alternance, de passer à une véritable alternative. C’est cela que nous proposons de construire et de réaliser ensemble, à toutes celles et ceux qui ne se résignent pas au pire, qui ne s’accoutument pas au spectacle d’une gauche de renoncement.

 
 
 

Pour rompre avec des logiques qui ont fait la preuve de leur nocivité ou de leur inutilité, il faut à la fois une visée ambitieuse, des mesures concrètes, la capacité et la volonté politique de les mettre en œuvre. Nous voulons pour cela bouleverser la donne à gauche, avec l’ambition de rendre majoritaire une alternative antilibérale fondée sur le soutien et la mobilisation populaires.

 
 
 

Il y a de la cohérence – dangereuse – dans les choix qui sont au cœur du capitalisme contemporain. Le néolibéralisme a des objectifs (la conversion de toute chose en marchandise et l’accumulation des profits financiers) et des méthodes (le recul des pratiques démocratiques, le démantèlement des politiques publiques, la mise en concurrence des peuples et des individus, la casse des droits du travail, le pillage de la planète). Objectifs et méthodes forment chez lui un tout.

 
 
 

Nous leur opposons une autre cohérence, plus juste et plus efficace.

 
 
 

- Nos objectifs sont le pouvoir des peuples de décider de leur destin et la possibilité pour chacun-e de vivre dignement et décemment grâce à un développement des activités humaines n’opposant plus les réalités sociales, économiques, écologiques.

 
 
 

- Nos valeurs sont celles de l’égalité, de la solidarité et de la liberté, qui font du libre développement de chacun-e la condition du libre développement de tous.

 
 
 

- Nos méthodes sont le respect des biens communs, la garantie des droits individuels et collectifs, économiques, sociaux, politiques ou culturels et l’appropriation sociale de leurs instruments nécessaires. Ce sont la souveraineté populaire et la citoyenneté élargie, que ce soit dans la cité ou dans l’entreprise. C’est l’égalité réelle et non formelle entre les femmes et les hommes, dans tous les domaines ; c’est le refus du racisme, de la xénophobie, du sexisme, de l’homophobie, de toutes les discriminations.

 
 
 

En bref, notre objectif, notre principe et notre méthode, c’est une démocratie sociale et participative, où chacun-e participe à part égale au pouvoir, quelle que soit son origine ou son statut. Une démocratie qui s’appuiera sur la mobilisation et la lutte, car nous savons que les privilégiés du système actuel ne voudront pas perdre leur privilèges.

 
 
 
Que peut-on, que doit-on vouloir dès aujourd’hui ?
 
 
 

Changer l’ordre des priorités : ne pas subordonner la vie de tous et l’avenir de la planète à l’accumulation des profits par quelques uns ; considérer que la société est la fin et l’économie le moyen ; envisager un nouveau développement plus égalitaire, dans le respect d’une contrainte forte, celle de la rareté des biens et ressources mondiales, en premier lieu l’énergie. Cela nécessite un changement radical de perspective politique, sociale, culturelle et bien évidemment économique. Cela implique en premier lieu un emploi et sa stabilité, des revenus suffisants, un socle de droits individuels et collectifs dont l’effectivité est garantie par la puissance publique.

 
 
 

Se doter de moyens pour affirmer une volonté collective et impulser un nouveau type de développement, en remettant en cause la spirale des privatisations, en étendant les services publics et en les modernisant c’est-à-dire en les démocratisant, en confortant l’économie sociale et solidaire, en donnant de nouveaux droits aux salariés dans les entreprises. L’objectif de la vie économique ne doit pas être la croissance pour elle-même, mais le développement des capacités humaines ; le critère ne doit pas être la rentabilité financière, mais l’utilité sociale des activités et des productions.

 
 
 

Changer la donne économique et sociale, en répartissant autrement les richesses disponibles (d’abord, redonner au travail la part que le capital lui a ravie depuis vingt ans), en orientant les ressources autrement, vers les dépenses utiles et non vers les marchés financiers.

 
 
 

Changer la donne environnementale, en remettant en cause le productivisme du modèle de développement capitaliste, en réaffirmant le lien nécessaire entre justice sociale et préservation de l’environnement, en abordant de façon démocratique et sociale les enjeux et les défis du réchauffement de la planète.

 
 
 

Changer la donne politique, en ouvrant la voie à une VIème République démocratique et sociale, représentative et participative, laïque et émancipatrice ; en affirmant la primauté des droits, du bien commun et de l’intérêt général ; en cassant la logique de confiscation des pouvoirs, en étendant la logique démocratique au monde de l’entreprise.

 
 
 

Changer la donne pour les femmes, en combattant toute discrimination de sexe, en contestant les effets de la domination patriarcale, en considérant que l’émancipation féminine, qui ne concerne pas un groupe mais l’égalité dans la société tout entière, est un élément fondamental de la transformation sociale.

 
 
 

Changer la donne pour les jeunes, en intégrant la question de leur place, de leur rôle et de leur avenir comme une question politique majeure. Leurs conditions de vie, de travail et d’étude seront sensiblement améliorées, les solidarités intergénérationnelles seront réaffirmées.

 
 
 

Changer la donne du partage des connaissances et des cultures. Mettre fin aux inégalités scolaires, ouvrir à toutes et à tous les arts et œuvres de l’esprit ; permettre à chacun-e de maîtriser toutes les technologies de communication ; développer une démocratie culturelle associant citoyens et professionnels ; promouvoir le principe d’exception culturelle pour tous les peuples, afin de protéger la diversité culturelle en la mettant à l’abri des règles du marché.

 
 
 

Changer la donne en Europe où notre politique aura un écho immédiat. Nous ne laisserons pas les règles libérales européennes étouffer notre action de transformation. Nous mènerons bataille, en prenant appui sur les autres peuples, pour une transformation profonde de la construction européenne.

 
 
 

Changer la donne internationale aussi. Nous voulons que la France joue un tout autre rôle en Europe et dans le monde, en refusant la logique de la guerre économique et de la guerre sans fin et sans limite, en agissant non comme une puissance impériale mais comme un ferment de paix, de justice, de solidarité et de démocratie. Nous voulons qu’elle contribue au développement économiquement et écologiquement responsable de la planète.

 
 
 

Pour nous, la satisfaction des besoins et la création d’emplois stables ne sont pas des coûts ou des contraintes qui s’opposent à l’efficacité économique. Tout au contraire, la justice est la condition de l’efficacité dans un nouveau mode de développement, attentif avant tout aux hommes et à leur environnement. L’effectivité des droits pour toutes et tous, l’extension des services publics, les dépenses de santé, éducatives ou culturelles sont des investissements majeurs qu’il ne saurait être question de restreindre.

 
 
 

Dans la bataille contre le projet de Constitution européenne, des collectifs unitaires et populaires se sont constitués dans toute la France. Dans la foulée de leur victoire du 29 mai 2005, ils ont élaboré une Charte pour une alternative au libéralisme. Cette Charte n’est pas un projet bouclé, mais elle énonce des axes de transformation forts et réalistes. À partir des options de la Charte, nous mettons en débat public des propositions, dont nous pensons qu’elles constituent la trame d’une politique authentiquement de gauche, fidèle à ses idéaux et aux grands acquis sociaux et démocratiques de son histoire.

 
 
 

Ce texte n’est ni une simple déclaration d’intentions, ni un programme électoral habituel. En effet, il s’agit pour nous de s’engager autour d’un projet politique durable, qui ne saurait s’épuiser dans l’élection d’un président, ni dans l’application de quelques mesures symboliques. Il est pour nous fondamental de redonner du sens à l’action politique et de montrer qu’une véritable volonté politique est crédible.

 
 
 

Ces propositions, nous les soumettons donc au débat public, pour les enrichir et pour qu’elles prennent force collective. Car nous le savons bien : aucun programme, aucune politique ne peuvent s’imposer et changer l’ordre des choses s’ils ne sont pas les fruits d’un vaste mouvement populaire et citoyen, où chacun-e discute, décide et contrôle. Sans peuple acteur, et en permanence, sans lutte collective, sans mobilisation sociale et politique vigilante, aucune transformation sérieuse n’est envisageable. Nous ne disons pas : « Faites-nous confiance », mais « Luttons, contestons et bâtissons ensemble, à tout moment et partout ».

 
 
 

Si nous portons ensemble l’exigence de ce que nous voulons, une nouvelle donne est possible pour la France, le mouvement populaire est au premier rang et la gauche retrouve le sens de son combat.

 
 
 
Pour en savoir plus :
 
 
 
 
 
 
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Published by Didier HACQUART - dans Présidentielles 2007
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22 octobre 2006 7 22 /10 /octobre /2006 18:24


Conseil Municipal de Vitrolles
du 26 octobre  2006
 
 

Le prochain Conseil Municipal se tiendra le 26 octobre 2006 à 18h30 à l’hôtel de Ville.

 

Outre les décisions du Maire sur un certain nombre d’affaires Vitrollaises, le point fort de ce conseil municipal sera l’adoption du second protocole de résorption de la précarité au sein du personnel municipal, que j’aurai l’honneur de présenter.

 

En effet, afin de mettre fin à des situations précaires, avec un recours important aux contrats aidés CES, CEC, et à des contrats d’auxiliaires, nous avons mis en place un 1er protocole d’intégration de ces personnels suivant des critères négociés avec les partenaires sociaux. Le 1er protocole a concerné plus de 110 personnes sur la période 2004 – 2006. Le second protocole est la suite pour la période 2007 – 2008.

 

Le second point important concernera le lancement de la phase de concertation pour la 1ère phase du pôle d’échanges des Aymards. Après des années de retard, la région sous l’égide de Michel VAUZELLE lance le développement des transports en commun, après des décennies du « tout automobile ». Le pôle d’échange multimodal ferroviaire et routier sur l’axe Miramas – Marseille permettra la desserte du secteur ouest de la ville ainsi que l’Aéroport et les entreprises du secteur (Eurocopter, etc.).

 

N’hésitez pas à venir nombreux pour mieux comprendre le fonctionnement de notre ville et le rôle des élus !

Pour en savoir plus : http://www.vitrolles13.fr/

 
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20 octobre 2006 5 20 /10 /octobre /2006 21:47


Le second débat pour la désignation du candidat socialiste s’est déroulé hier à Clermont - Ferrand. Comme il n’était pas télévisé, et hors micro, vous trouverez camarades internautes, quelques comptes rendus parus dans la presse.

 
DH
 

Devant les militants, les présidentiables socialistes réservent leurs attaques à la droite

 

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 20.10.06 | 06h39  •  Mis à jour le 20.10.06 | 10h02


Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius ont évité soigneusement toute confrontation, au risque d'une réunion aseptisée, devant quelque 3 000 militants attentifs et réservés, jeudi soir 19 octobre, à Clermont-Ferrand.

 

Deux jours après leur premier exercice télévisé, les trois prétendants à l'investiture socialiste pour 2007 ont cultivé pendant deux heures chacun son style : Mme Royal dans le registre de "la proximité", M. Strauss-Kahn, dans celui de la pédagogie, et M. Fabius dans l'affirmation passionnée de convictions antilibérales.

 

Les militants socialistes des autres régions et les Français ne pourront s'en faire une idée : caméras et micros étaient bannis, à l'initiative de la direction du PS, sous prétexte de ne pas donner des armes à la droite par la confrontation intra-socialiste.

Contrairement au grand oral des présidentiables à Lens, le 16 septembre, le débat de Clermont-Ferrand a été celui d'une attention peu démonstrative des militants. En ouverture, la chanson "Le Chiffon rouge", un hymne de la gauche, avait cédé la place à une musique techno...

 

"UNE POLITIQUE OFFENSIVEMENT ANTILIBÉRALE"

 

Les trois candidats, loin de s'ignorer, se sont donné à plusieurs reprises du "Ségolène", du "Dominique" et du "Laurent". Mais M. Fabius n'a pas caché ses désaccords avec ses concurrents, notamment sur le rôle de l'Etat.

 

Lanterne rouge dans les sondages auprès des sympathisants – mais ce seront les militants qui voteront –, Laurent Fabius, très souvent applaudi, est celui qui a le plus mobilisé la salle, en usant de ses talents reconnus de tribun. Il s'est fait le héraut d'"une politique offensivement antilibérale", pour lui la seule orientation capable de faire gagner la gauche en 2007 et de faire oublier l'échec de Lionel Jospin en 2002. Il a invité la gauche à "ne pas mettre ses pieds dans les thèmes" de la droite, le plus sûr moyen à ses yeux de courir à l'échec.

 
"DONNER UN DÉSIR D'AVENIR À LA FRANCE"
 

Première à s'exprimer, Ségolène Royal a délivré un discours extrêmement général, reprenant ses formules maintes fois testées : "développement équitable contre désordre libéral", "donner un désir d'avenir à la France". "La politique moderne, c'est écouter pour agir juste", a déclaré Mme Royal en prononçant un énième plaidoyer pour "la démocratie participative", devenue sa marque de fabrique.

 

La présidente de Poitou-Charentes, qui fait toujours la course en tête dans les sondages, a encore promis de "mettre fin à l'insupportable distance entre les discours et les actes, qui sape la confiance en la politique".

Un discours pimenté peu après par une sortie virulente contre le système bancaire français. Répondant à une question, Ségolène Royal l'a accusé de "s'enrichir sur le dos des pauvres" et de "plonger des familles dans le surendettement". Un tonnerre d'applaudissements a salué cette charge.

 

"CHANGER LE RAPPORT DE LA POLITIQUE À LA VÉRITÉ"

 

Tout aussi posé que Mme Royal, Dominique Strauss-Kahn s'est présenté en champion d'une gauche de "la vérité", seule à même de ne pas décevoir pour avoir trop promis. "Nous devons changer le rapport de la politique à la vérité, dans notre pays. Non, on ne distribuera pas plus que l'on a produit", a affirmé le député du Val-d'Oise, crédité d'une progression auprès des sympathisants PS dans plusieurs sondages.

 

M. Strauss-Kahn s'est fait le chantre d'une gestion rigoureuse. Il faut "cesser de faire croire que les socialistes veulent fuir dans le déficit, car la dette publique c'est payer des intérêts, et alors, l'effort de redistribution est presque annihilé par la dette publique", a-t-il dit. DSK a décliné son credo social-démocrate. "Nous sommes la gauche et nous sommes attachés à cette société solidaire qui ne laisse pas le marché décider" de tout sans contrepoids.

 


Vendredi 20 octobre 2006, mis à jour à 07:59
 
Les présidentiables PS attaquent la droite à Clermont-Ferrand
 
 Reuters
 

Tour à tour sur une même tribune mais sans jamais se croiser, les trois présidentiables socialistes ont attaqué la droite jeudi soir à Clermont-Ferrand, lors du premier meeting régional de la campagne pour l'investiture.

 

Dernier à prendre la parole en vertu d'un tirage au sort, Laurent Fabius a exhorté le Parti socialiste à ne "pas mettre ses pieds en quoi que ce soit dans les engagements de la droite".

 

"Il faut que la gauche soit directement, offensivement antilibérale", a souligné l'ancien Premier ministre, sur un ton extrêmement offensif, le poing levé, applaudi par les 3.000 militants réunis à la Maison des sports.

 

"La droite prône l'individualisme, elle cherche la division. Evidemment, elle finit par récolter ce qu'elle a semé et à l'élection de 2007 elle arrivera divisée", a renchéri Dominique Strauss-Kahn, pour qui Nicolas Sarkozy n'est "évidemment qu'une queue de comète" de "l'épopée lamentable de Jacques Chirac".

 

Ségolène Royal a, elle, senti chez les Français une "farouche envie" de battre la droite qui "dresse les gens les uns contre les autres".

 

"La politique de la droite se résume aujourd'hui à une phrase: elle demande aux salariés de travailler plus et aux riches de payer moins", a déclaré la présidente de la région Poitou-Charentes.

 

Chacun des candidats à la candidature disposait d'un temps de parole équivalent pour ce premier "côte à côte" de campagne mais devait répondre à trois questions différentes - dont ils connaissaient la teneur - posées par des militants triés sur le volet.

 
"QUI EST-CE QUI SAUVE LE MONDE?"
 

Seule anicroche dans ce débat au cordeau, une militante a interpellé les présidentiables du haut des gradins. "Qui est-ce qui sauve le monde?", a-t-elle crié en direction du parterre.

 

"Ce ne sont pas, comme on me le suggère à ma droite, Jésus. Ce sont les valeurs laïques du socialisme", a répliqué sans se démonter Laurent Fabius, alors à la tribune.

 

Parlant devant un grand panneau proclamant "Réussir ensemble le changement", le titre du projet adopté par le PS pour 2007, Ségolène Royal a pris un ton nettement plus à gauche que lors de ses allocutions précédentes.

 

Le "vrai scandale" de la tarification bancaire c'est que "les riches ont les moyens de renégocier leurs prêts", a-t-elle dénoncé. La droite "permet aux riches de s'enrichir sur le dos des pauvres".

 

Interrogée sur sa future politique de l'immigration, la favorite des sondages a suggéré que tous les immigrés s'arrêtent de travailler pendant 24 heures en France. "Ce serait quand même très pédagogique", a-t-elle ironisé.

 

Totalement engagé dans le "marathon enthousiasmant mais éreintant" de l'investiture, Dominique Strauss-Kahn a proposé un "chemin praticable" sur lequel les socialistes doivent avancer pour "durer" au pouvoir une fois l'élection remportée.

 

Après le congrès d'Epinay, en 1971, la gauche "promettait la rupture mais (...) peinait à la mettre en œuvre". Pour 2007, le PS doit retenir la "leçon d'Epinay" et tenir ses promesses une fois aux affaires, a fait valoir l'ancien ministre de l'Economie.

 
"IL VA FALLOIR TENIR BON"
 

Pour apporter un "souffle nouveau" au socialisme et à la France, le futur président de la République de gauche devra "changer le rapport de la politique à la vérité".

 

En terrain ami au cœur d'une fédération qui l'a massivement soutenu lors du congrès du Mans, en novembre 2005, Laurent Fabius a prononcé un discours présidentiel offensif sous les yeux de ses compétiteurs, assis au premier rang.

 

Contrairement à Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn qui ne l'ont jamais cité, l'ancien Premier ministre s'est référé très souvent au projet présidentiel du PS.

 

"Le projet socialiste, c'est l'alternative à la mondialisation financière", a-t-il martelé, défendant à nouveau sa proposition d'augmenter le smic de 100 euros immédiatement après la présidentielle.

 

"Pour des personnes qui gagnent 1.000 euros net par mois, il faut qu'avec l'arrivée de la gauche au pouvoir ils gagnent un peu plus qu'avec la droite", a-t-il insisté, alors que ses rivaux ont remis en cause cette proposition lors du débat télévisé de mardi soir consacré aux questions économiques et sociales.

 

"Cette campagne sera rude contre la droite parce que nous avons en face de nous des gens redoutables qui disposent de moyens colossaux financiers et médiatiques et qu'il n'hésiteront pas à s'en servir", a-t-il expliqué. "La seule force que nous ayons avec nous, c'est vous, les militants. Il va falloir tenir bon".

 


Les candidats du PS veulent convaincre à gauche
 

De notre envoyé spécial à Clermont-Ferrand NICOLAS BAROTTE.

 Publié le 20 octobre 2006

 

Actualisé le 20 octobre 2006 : 07h29

 

Ségolène Royal, Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn ont tenu hier leur premier débat régional à Clermont-Ferrand.

 

LA MAISON des sports de Clermont-Ferrand est pleine à craquer : près de 3 000 personnes assises sur un mur de gradins impressionnant. Elles sont venues assister au premier « débat régional d'investiture » entre les trois candidats Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius. Des sympathisants se sont invités aux côtés des militants, dans une fédération principalement favorable aux deux derniers prétendants.

 

À leur entrée, les deux challengers marchent côte à côte. Ségolène Royal, la grande favorite, est un pas derrière eux. Mais les caméras et les photographes sont sur elle, avant de devoir sortir : les télévisions et les radios n'ont pas le droit d'enregistrer les discours. Les journalistes ont même dû batailler pour pouvoir travailler avec leurs ordinateurs !

 

Chacun à leur tour, les prétendants prennent place à la tribune. Ségolène Royal est la première. « La France est au bord du déclin », lance-t-elle, parce qu'elle est « en de mauvaises mains ». Décidée à se montrer offensive, elle cible l'adversaire : « En 2007, deux conceptions opposées de l'exercice du pouvoir vont s'affronter : la solidarité, la réconciliation d'un côté, la brutalité de l'autre ». Outre ses désormais traditionnelles formules sur « l'ordre juste » ou le « désir d'avenir », elle s'en prend au « système bancaire qui s'enrichit sur le dos des pauvres pour redistribuer aux riches ». Thème inhabituel chez elle, elle s'aventure aussi sur le terrain de la laïcité pour proposer de « supprimer l'article de loi qui oblige les communes à payer la scolarisation des enfants dans le privé ».

 

«Ne pas mettre nos pieds dans les pas de la droite »

 

Dominique Strauss-Kahn prend la suite. Plus structuré, l'ancien ministre veut comprendre les mutations de la société et proposer un chemin « praticable ». Ce qui veut dire ne pas « rester dans le slogan, l'imprécation », et ne pas retomber dans les réponses du « passé ». La voie de DSK passe aussi à gauche : « La gauche n'est pas là pour s'adapter mais pour transformer », dit-il. La social-démocratie qu'il propose repose sur « quatre piliers » : la protection, la promotion individuelle, le respect de chacun, la vérité. Rassembleur, il promet que la gauche sera unie en 2007.

 

Comme lors du débat de Lens, mi-septembre, Laurent Fabius termine. Usant de son talent d'orateur, il invite les militants à tirer les leçons des années précédentes. « Il faut que la gauche soit offensivement antilibérale, il ne faut pas mettre nos pieds dans les pas de la droite. » Persuadé d'avoir plus que les autres une stature de chef d'État, il poursuit : « Le rôle du président n'est pas celui du premier ministre ou tel ou tel ministre. Il est de tracer un chemin, donner une explication du monde. » À la fin de son discours, il choisit d'assumer sa différence avec Ségolène Royal en contestant sa vision de la régionalisation, en ce qui concerne par exemple de la politique d'immigration. « On a besoin d'une décentralisation forte, mais on a besoin d'un État fort qui corrige les inégalités. »

 

 
Le PS à Clermont ferraille
 

Dominique Strauss-Kahn, Ségolène Royal et Laurent Fabius à leur arrivée à Clermont-Ferrand. REUTERS

 

Après le débat télévisé de mardi, les trois postulants à l'investiture pour 2007 se sont retrouvés hier soir face aux militants d'Auvergne.

 

Par David REVAULT D'ALLONNES

 

LIBERATION : Vendredi 20 octobre 2006 - 06:00

 

Clermont-Ferrand envoyé spécial

 
 

Le «socialo show» s'est arrêté dans le Puy-de-Dôme. Quarante-huit heures après s'être confrontés sur les chaînes parlementaires, les trois prétendants socialistes à l'investiture s'offraient, hier, aux militants de la région Auvergne, venus ­ officiellement à 3000 ­ à la Maison des sports de Clermont pour le premier des trois débats régionaux face aux militants. Entre les représentants des concurrents, la négociation préparatoire à ce «débat régional d'investiture» fut nettement moins épineuse que celle précédant le premier débat télé. Mais la séance se rapprocha davantage d'un cérémonial à l'albanaise adapté au pays de Michelin que d'un libre-échange total entre camarades. Ni caméras ni appareils photo (hormis pour une séance de pose de trois minutes). Un quart d'heure de présentation par candidat, puis trois questions pour chacun, posées par des militants triés sur le volet. Les trois compétiteurs sont rentrés groupés, sur une musique electro. Ségolène Royal, première oratrice, a centré le renouveau sur sa personne. «La politique moderne, c'est d'abord écouter pour agir juste. 2007 sera aussi une révolution démocratique», a-t-elle entamé. Avant de rappeler que, sondages obligent, elle semble la mieux placée pour gagner, atout maître aux yeux de militants qui nourrissent «une farouche envie de battre la droite». «Combattre sans relâche les inégalités» et les «excès de la mondialisation libérale et financière», fustiger un «système bancaire qui s'enrichit sur le dos de pauvres pour pouvoir redistribuer aux riches» : face aux militants, Ségolène Royal a soigné le profil gauche. Non sans glisser, à l'adresse de Laurent Fabius, la nécessité d' «accomplir ce que les socialistes ont toujours promis mais jamais vraiment réalisé : changer le rapport de force entre capital et travail». 

 

Des terres où la candidate ne s'était pas aventurée aussi franchement lors du débat de mardi, et sur lesquelles Dominique Strauss-Kahn a semblé lui aussi chasser. Citant Malraux : «La France est grande quand elle parle à tous les hommes.» Prenant le parti des immigrés «pourchassés, poursuivis, mis de côté parce que la couleur de leur peau n'est pas la couleur dominante de notre pays». Un DSK social et égalitariste, donc, qui, fort de son expérience sarcelloise, l'assure : «Il faut que la République revienne dans les cités, qu'elle y apporte l'égalité. Il faut plus que de l'argent, il faut du respect.» 

 

L'argent, il en fut évidemment question dans l'intervention de Laurent Fabius tonnant contre ce «capitalisme, financier, mondial, en train de tout envahir». Et qui, face à ces incursions, a rendu coup pour coup. Côté DSK : «Je suis pour le contrat, mais je demande qu'avec la même force l'Etat intervienne pour le gouvernement de la gauche.» Côté Ségolène Royal, ensuite : «La politique de l'immigration et les universités n'ont aucun besoin d'être régionalisées.» Et de conclure, habilement : «La seule force que nous ayons avec nous, c'est vous, les militants.» Pour leur plus grand plaisir politique.

 



Les candidats socialistes unis... contre la droite



NOUVELOBS.COM | 20.10.06 | 14:39



Pour leur 2ème débat, les trois candidats à la candidature socialistes se sont retrouvés à Clermont-Ferrand, devant 3.000 militants, sans les médias. Un seul ennemi : la droite.

 

Tous unis contre Nicolas Sarkozy: pour leur premier débat "régional" de la campagne interne du PS devant les militants à Clermont-Ferrand, Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius se sont retrouvés jeudi soir 19 octobre sur leur plus petit dénominateur commun, le combat contre la droite en 2007.


Hasard du tirage au sort, la favorite des sondages à gauche a parlé la première, visiblement sereine pour cette première confrontation publique de deux heures devant près de 3.000 militants et sympathisants à la Maison des sports de Clermont-Ferrand, fédération PS à tendance pro-Fabius et pro-DSK. "C'est un moment de plaisir", a-t-elle assuré à son arrivée dans une énorme bousculade qui a failli tourner au pugilat.



"Délinquance de masse"


S'attaquant bille en tête à la droite, elle a fustigé son "échec flagrant", sans jamais citer le président de l'UMP. "Elle demande aux salariés de travailler plus et aux riches de payer moins", "dresse les Français les uns contre les autres" et a "fabriqué de la délinquance de masse".


"En 2007, deux conceptions opposées de l'exercice du pouvoir vont s'affronter: la solidarité, la réconciliation, l'espoir, le désir d'avenir d'un côté et la brutalité de l'autre", a-t-elle assuré.


Mais si elle a dit sentir "une farouche envie, un désir profond, une volonté immense de battre la droite", la candidate de "l'ordre juste" a prévenu que "rien n'est acquis", que "la victoire n'est pas donnée". Et cette chantre de la démocratie participative d'insister sur la nécessité "d'associer les électeurs à la définition de notre projet", car "les socialistes n'ont pas encore réponse à tout". Une réplique implicite à DSK qui venait d'affirmer, sûr de lui: "nous vivons un moment historique, dans quelques mois la gauche va gagner!"



"Libéral", "bushiste" et "communautariste"



La campagne de 2007 "sera rude", a également alerté Laurent Fabius, intervenu le dernier, s'attaquant à un Nicolas Sarkozy "libéral", "bushiste" et "communautariste". L'ancien Premier ministre, haussant la voix, a mis en garde ceux qui, au PS, seraient tentés de marcher sur les plates-bandes de la droite, allusion à sa rivale. "Il faut que la gauche soit directement, offensivement antilibérale.
Il ne faut pas mettre ses pieds en quoi que ce soit dans les engagements de la droite".


Fait notable, Ségolène Royal a d'ailleurs semblé orienter son discours plus à gauche, évoquant comme Laurent Fabius "le capital et le travail". Ainsi a-t-elle fustigé "le système bancaire qui s'enrichit sur le dos des pauvres" et proposé d'"interdire les publicités scandaleuses" de boîtes aux lettres qui "font basculer des familles entières dans le surendettement".



"La France d'après Sarkozy"


Pas moins féroce contre le gouvernement, Dominique Strauss-Kahn, applaudi à son arrivée une rose à la main, a montré du doigt une droite qui "a rapetissé la France", qui "ne veut pas parler à tous les hommes" mais "aux marchés" et qui "n'a que la répression à la bouche". Quant au président de l'UMP, "il propose aux Français la France d'après. Nous nous proposons la France d'après Nicolas Sarkozy", a-t-il moqué.
"Le régime qui est en place est à bout du souffle, l'épopée lamentable de Jacques Chirac se termine et Nicolas Sarkozy n'est finalement qu'une queue de comète", a-t-il raillé sous les rires de la salle.


"Même édentés, les vieux dirigeants de la droite continuent à se donner des coups de dents!", a moqué le candidat "social-démocrate".


Contrairement au débat télévisé de mardi soir, celui-ci se déroulait sans micro ni caméra, hormis pour quelques images au début. Au final, l'échange était peu spontané: les neuf questions posées -trois différentes par candidat- étaient connues d'avance.


Prochaine confrontation entre les trois prétendants: mardi soir 24 octobre, en direct sur les chaînes parlementaires. (AP)

 
 
 

PS : un débat sans confrontation



Laurent Fabius, Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn : les trois candidats à l'investiture socialiste pour la présidentielle ont tenu jeudi 19 octobre au soir leur premier débat régional à Clermont-Ferrand devant 3.000 militants. Evitant toute confrontation, ils ont réservé leurs attaques à la droite



Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius ont évité soigneusement tout affrontement, au risque d'une réunion aseptisée, devant 3.000 militants attentifs et réservés, jeudi 19 octobre au soir à Clermont-Ferrand.

Deux jours après leur premier exercice télévisé (pour le revoir en vidéo, cliquez ici), les trois prétendants à l'investiture socialiste pour 2007 ont cultivé pendant deux heures chacun leur style : Ségolène Royal dans le registre de "la proximité", Dominique Strauss-Kahn dans celui de la pédagogie, et Laurent Fabius dans l'affirmation passionnée de convictions anti-libérales.



Les militants socialistes des autres régions et les Français ne pourront s'en faire une idée : caméras et micros étaient bannis, à l'initiative de la direction du PS, sous prétexte de ne pas donner des armes à la droite par la confrontation intra-socialiste.

Contrairement au grand oral des présidentiables à Lens le 16 septembre, le débat de Clermont-Ferrand a été celui d'une attention peu démonstrative des militants. En ouverture, la chanson "Le chiffon rouge", un hymne de la gauche, avait cédé la place à une musique techno...

 

Fabius veut une gauche offensivement anti-libérale

 

Les trois candidats, loin de s'ignorer, se sont donné à plusieurs reprises du "Ségolène ", du "Dominique" et du "Laurent". Mais Laurent Fabius n'a pas caché ses désaccords avec ses concurrents, notamment sur le rôle de l'Etat.



Lanterne rouge dans les sondages auprès des sympathisants - mais ce seront les militants qui voteront -, Laurent Fabius, très souvent applaudi, est celui qui a le plus mobilisé la salle, en usant de ses talents reconnus de tribun.

Il s'est fait l'avocat tranchant d'"une politique offensivement anti-libérale", la seule orientation capable de faire gagner la gauche en 2007 et de faire oublier l'échec de Lionel Jospin en 2002, selon lui. Il a invité la gauche à "ne pas mettre ses pieds dans les thèmes" de la droite, le plus sûr moyen à ses yeux de courir à l'échec.

 
Ségolène Royal vitupère contre le système bancaire
 

Première à s'exprimer, Ségolène Royal a délivré un discours extrêmement général, reprenant ses formules maintes fois testées : "développement équitable contre désordre libéral", "donner un désir d'avenir à la France". "La politique moderne, c'est écouter pour agir juste", a déclaré Ségolène Royal en prononçant un énième plaidoyer pour "la démocratie participative", devenue sa marque de fabrique.

La présidente du Poitou-Charentes, qui fait toujours la course en tête dans les sondages, a encore promis de "mettre fin à l'insupportable distance entre les discours et les actes, qui sape la confiance en la politique".


Un discours pimenté peu après par une sortie virulente contre le système bancaire français. Répondant à une question, Ségolène Royal l'a accusé de "s'enrichir sur le dos des pauvres" et de "plonger des familles dans le surendettement". Un tonnerre d'applaudissements a salué cette charge.

 

Strauss-Kahn se veut le champion d'une gauche "de la vérité"

 

Tout aussi posé que Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn s'est présenté en champion d'une gauche de "la vérité", seule à même de ne pas décevoir pour avoir trop promis. "Nous devons changer le rapport de la politique à la vérité, dans notre pays. Non, on ne distribuera pas plus que l'on a produit", a affirmé le député du Val-d'Oise, crédité d'une progression auprès des sympathisants PS dans plusieurs sondages.

Dominique Strauss-Kahn s'est fait le chantre d'une gestion rigoureuse. Il faut "cesser de faire croire que les socialistes veulent fuir dans le déficit, car la dette publique c'est payer des intérêts, et alors, l'effort de redistribution est presque annihilé par la dette publique", a-t-il dit.

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20 octobre 2006 5 20 /10 /octobre /2006 19:00



Une autre analyse des amis de PRS, sur le 1er débat…

 

Intéressant, non ?

 
DH
 

Débat socialiste : Royal et DSK font l'impasse sur l'Europe

 

Mardi 18 octobre : c'est le premier débat public entre les candidats socialistes à l'investiture présidentielle. Beaucoup de questions seront discutées en deux heures par les trois concurrents, sauf l'Europe, qu'abordera uniquement Laurent Fabius.

 

Il y aurait beaucoup à dire sur le premier débat télévisé entre les trois candidats socialistes à l’investiture de leur parti pour l’élection présidentielle. L’exercice comportait sa part de risque. Le camp Royal a beaucoup répandu la hantise qu’il dérape dans de violents affrontements. On peut penser que la plupart de ces mises en garde visaient à jeter la suspicion sur le débat interne accusé d’enclencher une « machine à perdre ». Car les trois compétiteurs se connaissent depuis longtemps, se rencontrent régulièrement, ont participé et participent encore à de nombreuses instances communes sans qu’ils se soient jamais jetés à la gorge.

 

Un risque bien plus réel était de transformer un débat d’orientation politique en prestations d’étudiants à Science Po, alignant des monologues successifs avec des faces de bons élèves devant des militants réduits à noter, zapette à la main, les qualités cathodiques de leurs champions. Bref, que ce débat soit paradoxalement un moment de dépolitisation ne faisant guère appel à la capacité de raison et d’action qui devrait normalement caractériser tout militant de gauche. Même si cet écueil est loin d’avoir été évité, ce débat où la confrontation directe était interdite aura malgré tout permis de mesurer de nettes divergences sur des sujets aussi fondamentaux que le rapport au capitalisme, la relation aux classes populaires ou encore la conception du rôle de l’Etat. Il devient du coup plus difficile de prétendre, comme a tenté maladroitement de le faire Ségolène Royal en conclusion de la soirée, que la compétition interne au PS se limite à une différence de sexe ou comme le dit à l’extrême-gauche la LCR à une simple Star Academy sans contenu politique.

 

Pour autant, le débat a souffert d’une absence de taille. Alors que Laurent Fabius s’est exprimé clairement et à plusieurs reprises au cours de l’émission sur la nécessité de réorienter la construction européenne, ni Ségolène Royal ni Dominique Strauss-Kahn n’y ont fait la moindre référence. Ils n’ont tout simplement pas dit un mot de cette question. Or comment peut-on croire que la politique économique que mènera la gauche au pouvoir, le thème de l’émission, est déconnectée du contenu des politiques européennes ?

 

Royal et DSK, ardents partisans du « oui » à la Constitution européenne, ne peuvent l’ignorer. Si par extraordinaire ils l’avaient oublié, l’actualité immédiate leur a nécessairement rappelé cette réalité. Au moment même où ils passaient cette question sous silence, on débattait des énormes difficultés du groupe européen Airbus, qui a d’ores et déjà entraîné des suppressions d’emplois chez plusieurs sous-traitants français. A l’heure même où ils préparaient leur émission, on apprenait que la Commission européenne engageait une offensive en règle contre La Poste en demandant la libéralisation totale du marché postal au 1er janvier 2009, en exigeant que l’Etat français cesse d’accorder sa garantie à l’entreprise publique, en instruisant une procédure d’infraction contre le monopole du livret A.

 

Que valent les grandes orientations du projet socialiste sans une réorientation de la construction européenne ? Pourra-t-on défendre et développer le service public, imposer des priorités sociales et écologiques, financer le logement social, défendre l’indépendance énergétique, lutter contre les délocalisations si l’Europe continue à dériver vers une zone de libre échange, où toute intervention de la puissance publique est interdite au motif qu’elle fausserait le libre jeu du marché ? Bien sûr que non. Une politique de gauche digne de ce nom dans notre pays implique nécessairement une réorientation de la construction européenne.

 

Or pour y parvenir, il faudra affronter la réalité d’un capitalisme financier qui refuse tout compromis et de partis sociaux-démocrates européens blairisés qui ont fait le choix de l’accompagnement du système.

 

En quoi la démocratie participative de Royal et l’alignement sur la social-démocratie européenne promu par DSK permettraient d’y faire face ? C'est la question à laquelle ils ne se sont pas aventurés à répondre. Mais alors qu’elle a été la préoccupation politique principale de l’année 2005, alors que la France prendra la présidence de l’Union en 2008, il n’est pas très raisonnable d’espérer que l’Europe soit la grande absente de la campagne présidentielle. D'autant que faire l'impasse sur l'Europe pendant la campagne, c'est se mettre la gauche et la France dans l'impasse au lendemain de l'élection.

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19 octobre 2006 4 19 /10 /octobre /2006 18:13

J’avais aussi noté cette petite phrase de Ségolène ROYAL, lors du débat. Contrairement à ce qu’elle affirmait, il ne me semblait pas que ce soit dans le projet PS.


Voilà une différence avec Laurent FABIUS.


Gérard FILOCHE, dont je recommande au passage le dernier ouvrage, nous livre son analyse sur ce point.

 
DH
 
 

“Le contrat se substituera à la loi”  a promis mardi soir sur LCP  Ségolène Royal.

 


Ah, bon ?


Depuis quand, d’où ça vient ? Qu’est-ce que cela veut dire ?


Apprenez donc comment et pourquoi  le Medef cherche à paralyser d'avance une future majorité parlementaire de gauche pour qu'elle ne puisse pas légiférer souverainement sur le droit du travail et le droit social ...


En imposant que “le contrat” (dépendant de l’accord du Medef) l’emporte sur la loi (dépendante d’une majorité du Parlement).


Pourquoi le Medef veut rendre la négociation sociale “obligatoire” ?


Pourquoi Mme Parisot veut-elle faire modifier l’article 34 de la Constitution ?


Que dit l’article 34 de la Constitution ?


Que c’est le Parlement qui légifère “en matière de droit du travail, de droit social et de protection sociale”...


Quel sens cela a, après le rapport de Virville, (rapport dont les mesures sont déjà mises largement en place – par la loi ! - sous Chirac-Sarkozy-Villepin, qui proposait de “geler” toute nouvelle loi en droit social pendant... deux ans...), après le loi Fillon du 4 mai 2004, (qui permet déjà de déroger à la loi et aux conventions de branche par le bas, a contrario du principe de faveur) de proposer ainsi de désarmer le législateur ?


Quelle est la clef de l’évolution théorique et pratique du Medef depuis sa fondation, il y a bientôt 10 ans, lorsqu’il a nommé des “tueurs à sa tête” (sic) et “déclaré la guerre au gouvernement” de gauche qui voulait alors faire “les 35 h hebdomadaires sans perte de salaire” par la loi...


Comment M Larcher depuis le 16 février 2005 et De Villepin depuis ses ordonnances du 4 août 2005 avaient planifié et engagé concrètement la réécriture des 3851 articles du Code du travail ? Les 9 “livres” du Code étaient re-découpés en 38 chapitres...



Pourquoi n’en parle-t-on jamais ?


Ils avaient prévu un vote par ordonnance du nouveau “Code” en mai-juin 2006, c’est à cause de leur défaite du CPE, s’ils ont été obligé de reporter...


La victoire contre le CPE a freiné leurs projets, mais ils n’y renoncent pas...


Qu’y a t il dans l’article 35 du projet de loi qui arrive bientôt devant le Parlement sur “l’intéressement et la participation” ?


Scoop : il y a un “cavalier” parlementaire : le report de l’habilitation donnée par les ordonnances Villepin de ré écrire le Code : ils se donnent 9 mois de plus, après les présidentielles...

Personne n’en parle... mais


...tout cela est expliqué, comme nulle part ailleurs dans le livre de Gérard Filoche :
La vie, la santé, l’amour sont précaires... Pourquoi le travail ne le serait-il pas ?
Vient de paraître en librairie, Ed JCGawsevitch. 285 p 17,90 €


 
Au cœur des débats socialistes, en réponse aux projets de Chirac-Sarkozy sur la négociation sociale :


    •  - Loi remplacé par contrat ?


- Convention collective remplacée par contrat de gré à gré !


- Contrat de travail remplacé par contrat commercial !


- Emploi remplacé par “employabilité” !


- Licenciement remplacé par “séparabilité” !


- Cotisations sociales remplacé par “charges sociales” !


- “Ordre public social”  : supprimé !


- Plus d’état de droit dans les entreprises !


- Remise en cause de toute durée légale du travail,


 - Remise en cause du Smic,


- Remise en cause du droit syndical,


- Remise en cause du droit de grève,


- Remise en cause des institutions représentatives du personnel,


- Remise en cause de l’inspection du travail,


- Remise en cause des prud’hommes,


C’est le programme de la droite, mais que dit la gauche ?



Par exemple, page 24 du “projet socialiste” officiel, il est précisé que si une nouvelle négociation interprofessionnelle n’abouti pas, alors il faudra user de la loi, c’est un des rares amendements de Gérard Filoche qui a été intégré le 6 juin au Bn...


Les autres amendements  en faveur d’un “syndicalisme de masse” ou des 35 h pour tous,  n’ont pas été intégrés...


Que veut dire la phrase de Ségolène Royal sur :


“les 35 h ont été une formidable progrès social pour la plupart des salariés. Pour une minorité elles ont constitué une régression”.


- Les 35 h n’ont été une régression pour personne, absolument personne.

- Les 35 h c’est une loi d’ordre public social pour tous. C’est l’horaire de travail légal pour tous.


- Tous les salariés de ce pays à temps plein ont sur leur feuille de paye les 151 h 66

- Nulle exception.


Et c’est bien, car les durées du travail ne sont pas, ne doivent pas être à la carte, comme le veut le Medef.


La durée légale hebdomadaire de 35 h, la durée maxima de 10 h par jour et de 48 h par semaine sont des durées d’ordre public social.


S’il y a eu régression pour une minorité de salariés, ce n’est pas à cause de la loi, c’est à cause des contrats dérogatoires, des accords dérogatoires, des pratiques dérogatoires, des infractions, des fraudes...


La loi n’y est pour rien sinon par ses manques, ses imprécisions...


Par exemple, la première loi Aubry défendait les 35 h “à mode de calcul constant” (pour éviter les détournements de la loi en pratique) mais la deuxième loi Aubry ne répétait pas cette garantie.


Par exemple, le Code du travail interdit à tout patron de baisser le salaire d’un salarié contre son gré. Mais, en ne le répétant pas, la deuxième loi Aubry a laissé la porte ouverte à des patrons qui ont imposé 35 h payées 35.


Menace réitérée ce soir sur TF1 par André Daguin après la décision du Conseil d’état pour les 35 h, et sur les heures supplémentaires dans les Hcr (hôtels café restaurants)


Par exemple, c’est dans les 97 % de petites entreprises (8 millions de salariés) que les 35 h ont été le plus mal appliquées parce que les heures supplémentaires n’y ont été majorées que de 10 % (soit 39 h payées 39 h 24). Elles devaient être majorées à 25 % à partir du 1er janvier 2005 (soit 39 h payées 40) mais Fillon a reporté cette hausse au 1er janvier 2008, imposant ainsi à 5 millions de salariés des moins de 20, de “travailler plus en gagnant moins” !  (programme de Sarkozy qui veut ne plus majorer les heures sup’, ne plus les soumettre à cotisations sociales... )


Voilà qui devra être corrigé par la loi et non par le contrat... Car jamais le Medef n’acceptera de revenir à de vraies 35 h pour toutes et tous, par le contrat : il faudra la loi... Ce que dit le “projet socialiste” sur ce point... Mais ce que ne dit explicitement pas Ségolène Royal.


Enfin qu’est-ce que “
l’employabilité”  prônée par Ségolène Royal ? La constitution française prévoit un “droit à l’emploi”. Un emploi digne en CDI avec un salaire décent, pas une “employabilité” forcée à moins disant social et salarial comme Mme Parisot et le Medef l’entend.


Gérard Filoche

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18 octobre 2006 3 18 /10 /octobre /2006 18:33


La gestion MEGRET
à Vitrolles, c’était aussi cela…
 
DH

 
Les époux Mégret condamnés à un an d'inéligibilité
 
  

Bruno Mégret, président du Mouvement national républicain (MNR), et son épouse Catherine ont été condamnés mercredi par le tribunal correctionnel de Marseille à un an d'inéligibilité et huit mois de prison avec sursis pour détournement de fonds publics à la mairie de Vitrolles.

 

Les époux Mégret ont également été condamnés à 8.000 euros d'amende chacun.

 

M. Mégret a indiqué à la sortie de l'audience qu'il ferait appel.

 

"Je fais appel. Ce sera suspensif et je serai candidat aux élections présidentielle et législatives de 2007", a-t-il ajouté.

 

Le 19 septembre, le procureur avait requis deux ans de prison avec sursis, deux ans d'inéligibilité et une amende de 50.000 euros contre Bruno et Catherine Mégret. Il était reproché à cette dernière d'avoir envoyé à des milliers d'exemplaires, alors qu'elle était maire de Vitrolles (1997-2002), quatre courriers, sur les deniers de la municipalité, destinés à la propagande du MNR. L'accusation avait considéré que M. Mégret était "le maire de fait" de Vitrolles.

 

"Ce n'est pas une décision de justice mais un règlement de compte politique", a dénoncé M. Mégret. "Je suis condamné aussi sévèrement que M. Juppé qui a détourné 1,6 million d'euros et qui n'a rien remboursé", a-t-il ajouté.

 
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18 octobre 2006 3 18 /10 /octobre /2006 11:09


Jacques GENEREUX, Professeur à Sciences – Po, membre du Conseil Nationale du PS et u courant NPS. Il a été un ardent défenseur du NON à la Constitution Européenne, et il a fait le tour de France avec ses compères Gérard FILOCHE et Marc DOLEZ.

 
 
 

C’est un économiste, qui sait mettre le débat à la portée de tous, tant dans ses présentations orales que dans ses différents livres. Son analyse pour le choix du candidat PS me parait pertinente et argumentée et je vous la livre pour la méditation. L'article est un peu long, mais la réflexion politique ne peut pas toujours se résumer à une simple formule médiatique.

 
 
 

Rien n’est encore joué, et les militants socialistes, ne doivent pas céder aux pressions réelles ou supposées des médias, des sondages ou de l’appareil politique.

 
 
 

Son nouveau livre est sorti le 5 octobre « La dissociété », aux éditions du SEUIL. Je vous le recommande.

 
 
 
DH
 
 
 

Jacques GENEREUX, ou comment choisir le meilleur candidat socialiste pour la victoire de la gauche en 2007 ?

 
 
 
Chers camarades,
 
 
 

Je suis l’un des derniers dirigeants nationaux de NPS à développer publiquement un argumentaire sur la question de l’investiture pour l’élection présidentielle. J’ai pourtant été, au sein de notre direction nationale, le premier à prendre une position explicite et conforme à une ligne politique constante, à savoir : le ou la candidat(e) susceptible de rassembler la gauche, de restaurer la confiance des classes populaires et d’incarner sans complexe un projet « socialiste » devait être un ou une camarade qui, le 29 mai 2005, était en phase avec les deux tiers de l’électorat de gauche pour dire « non » à la constitutionnalisation du néolibéralisme.

 
 
 

C’est la position que j’ai assumée et expliquée dans les médias à titre personnel, après le référendum, mais seulement jusqu’au moment où, au début de 2006, nous avons convenu d’une règle de conduite commune en direction nationale : nous étions censés mener ce débat dans le courant et dans le parti, et renoncer à tout ralliement ou appel public en faveur de telle ou telle personnalité, en attendant que le courant débatte d’une éventuelle position commune à son université de rentrée.

 
 
 

Nous n’oublions pas le 29 mai

 
 
 

Dès lors, je n’ai plus donné d’interview ou de tribune à la presse, ni même fait circuler un argumentaire ou un appel « interne » dont chacun sait que la presse en fait état dans la semaine qui suit. Puisque voici venu le temps de notre débat collectif de rentrée, et conformément à la règle commune arrêtée en direction nationale, je porte donc ma contribution au débat. D’autres camarades n’ont pas manifesté la même patience, et l’inévitable battage des médias autour de leurs « appels » publics a pu laisser l’impression qu’il n’y avait que deux options défendues au sein de notre courant (François Hollande ou Ségolène Royal). Impression forcément erronée, puisque la quasi-totalité ne nos militants a voté « non » le 29 mai et que la moitié d’entre eux, au moins, a mené une campagne active pour le « non » socialiste. On ne peut imaginer, sans faire insulte à la conscience politique de tous ces militants,  qu’ils ont oublié les questions qui se sont imposées à leur esprit, dès le lendemain de la victoire du « non » de gauche : Comment réconcilier l’électorat de gauche avec le PS dont il venait de rejeter massivement la ligne officielle ? Comment le PS pourrait-il, en 2007, incarner le débouché politique de ce large mouvement populaire de résistance au néolibéralisme ? Pouvait-on sérieusement envisager de présenter un(e) candidat(e) qui aurait manifesté son mépris des partisans du « non » durant la campagne, et son mépris du vote populaire après le résultat du référendum ? Et poser ces questions, c’était alors y répondre. 

 
 
 

Pour tous ceux qui n’ont pas oublié ces questions et sont convaincus que la renégociation en cours du TCE pèsera sur le scrutin de 2007, le choix aujourd’hui en débat se ramène pratiquement à une interrogation : comment peut-on ne pas soutenir le seul candidat socialiste qui se soit engagé contre ce traité ? Au nom de tous les camarades qui se posent cette question, je demande qu’elle soit entendue et respectée dans notre débat.

 
 
 

Ma position est discutable, comme toutes les autres, et je la soumets au débat avec d’autant plus de sérénité que je ne mène pas ici campagne pour déterminer une position majoritaire du courant, mais seulement pour contribuer au choix qu’en conscience chaque militant devra faire en novembre. Car, sur ce point aussi, ma position solitaire et précoce n’a pas varié. Dès l’instant où nous avons débattu de notre règle commune pour aborder ce débat, j’ai soutenu l’idée que, si nous ne présentions pas un candidat issu de NPS, notre courant n’avait pas vocation à se ranger d’un seul bloc derrière une personnalité quelconque, et ce pour deux raisons.

 
 
 

NPS n’est pas une écurie présidentielle

 
 
 

En premier lieu, nous aspirons à une réforme des institutions et des pratiques, qui recentre la vie politique sur la détermination d’une majorité parlementaire à l’issue d’un débat de fond sur les programmes politiques et nous libère du « présidentialisme ». À court terme, dans un jeu politique dominé par l’obsession présidentielle, le fait de n’avoir pas de candidat est certes une faiblesse. À long terme, et dans le combat pour une VIe République, le fait de constituer un courant dont l’homogénéité et la force politique ne dépendent pas de la victoire de telle ou telle personnalité est un atout majeur. NPS a donc mieux à faire que de se transformer, ne serait-ce que durant quelques mois, en écurie (ou sous-écurie) présidentielle. La fonction de NPS est de peser sur le sens politique qui sera donné à la campagne électorale, sur les développements qui devront préciser le projet socialiste, et, au-delà du scrutin, sur la mise en œuvre effective du projet en cas de victoire, ou sur la reconstruction du parti en cas de défaite.  Quels que soient le ou la candidate et le gouvernement formé après les élections, la mission politique de NPS reste la même : ancrer le parti sur la ligne d’une opposition frontale au néolibéralisme, d’une rénovation ambitieuse de notre démocratie et d’une refondation radicale du projet européen.

 
 
 

 NPS doit-il survivre ? Telle est la question

 
 
 

En second lieu, imposer le fait majoritaire par un vote désignant une personnalité étrangère à notre courant nous conduirait à l’explosion. Or, la mission politique de NPS commande de faire passer la préservation du courant avant nos divergences sur l’investiture pour la présidentielle. Je répète l’enjeu : la persistance d’un courant fort et soudé susceptible d’empêcher la dérive centriste qui s’est emparée de la social-démocratie européenne et l’a enlisée dans l’impuissance et l’échec électoral. Ou bien NPS endosse bien cette mission et doit alors tout mettre en œuvre pour exister encore au-delà de l’élection présidentielle ; ou bien NPS n’est qu’un outil ordinaire de la compétition interne au parti, et alors, il n’a aucune raison de survivre à nos divergences sur le choix d’un(e) candidat(e).

 
 
 

En effet, en annonçant dans un premier temps que nous prendrions une décision collective unique sur cette question, nous avons lancé la mécanique inéluctable de la division, les uns et les autres étant nécessairement conduits, à un moment ou à un autre, à créer un rapport de force interne favorable à leur option. Et c’est bien ce qui s’est produit. Dès lors que certains de nos camarades et dirigeants ont lancé des appels publics et déjà amorcé une campagne en faveur d’une personnalité, ils ont manifesté une conviction forte et pris un engagement public désormais irréversible et indépendant d’une éventuelle future position commune du courant. Dans ces conditions, un vote sur cette question serait le dernier acte politique de NPS, mesurant seulement les éclats engendrés par son explosion.

 
 
 

En début d’année, la direction nationale ne m’a pas suivi sur cette analyse, au nom de ce qui semblait alors à tous une évidence : un courant ne peut pas ne pas avoir une position claire quand les militants sont appelés à voter ; et de plus, l’engagement des militants NPS dans une campagne interne sur des positions différentes peut nous affaiblir.

 
 
 

Ces objections sont pertinentes, mais elles n’éclairent pas notre choix, maintenant que nous sommes dans la situation que j’avais redoutée : de toute façon, nous n’aurons pas une position commune ; voter sur des noms, quand une minorité interne au courant est déjà publiquement engagée derrière Ségolène Royal, servirait seulement à mesurer l’ampleur réelle de ce mouvement et à détruire le courant. Si nous voulons préserver le courant et manifester que sa mission persiste, au-delà d’une divergence sur une question de personne, il nous faut renoncer au processus d’exclusion de telle ou telle option, et tolérer que des individus soutiennent le candidat de leur choix, à titre personnel. À condition toutefois que cela ne les conduise pas à soutenir des positions manifestement contradictoires avec les convictions fondatrices de notre courant.

 
 
 

Certes, une pluralité de positions, durant les quelques semaines de la campagne interne, ne renforce pas le courant ; mais elle ne l’affaiblira jamais autant que son explosion ! La seule position commune possible pour NPS consiste à assumer la non-désignation d’un candidat comme une position politique que j’ai justifiée plus haut. NPS est le garant de l’ancrage idéologique de notre parti dans le combat contre le néolibéralisme, et cette mission première peut bien s’accommoder d’une pluralité d’options sur la personnalité la plus à même de conduire la gauche à la victoire en 2007. Puisque désormais tout le monde rejoint cette analyse et privilégie la survie de notre courant, disons-le tout net : NPS n’a définitivement pas de candidat ; chaque militant devra désigner le sien en conscience.

 
 
 

Une fois libéré de l’option mortifère d’un vote sur des noms, NPS peut mener sereinement le débat de fond sur les candidat(e)s et éclairer ainsi le choix de chaque militant. Mais, soyons clair : l’absence de position officielle du courant sur le ou la candidat(e) ne saurait être l’expression d’une position implicite quelconque. Elle va de pair avec une position explicite sur la façon d’aborder la campagne et une condamnation explicite de toutes les déclarations qui divisent la gauche, contredisent le projet socialiste et estompent notre opposition radicale au discours de la droite. Elle crée le contexte favorable à la conduite d’un débat sans fard sur le fond politique de l’affaire.

 
 
 

Les conditions de la victoire en 2007

 
 
 

Le fond de l’affaire consiste à identifier les conditions de la victoire d’un projet de gauche en 2007. La question est de savoir qui, parmi les personnalités candidates à l’investiture, peut incarner le projet socialiste et éviter les erreurs de la campagne de 2002.

 
 
 

Certains croient que le rejet de la droite et le souci du changement sont tels que n’importe quel candidat(e) de gauche peut l’emporter au second tour. En réalité, les facteurs de la défaite d’avril 2002 sont toujours aussi actifs. L’électorat populaire n’est disposé à voter socialiste (cf. régionales et européennes) que sur une ligne d’affrontement avec la droite néolibérale. Mais il rejette massivement la position du PS, dès que le parti s’écarte de cette ligne et manifeste la moindre convergence avec la droite (29 mai 2005). La sociologie imaginaire qui avait conduit Lionel Jospin à tenir un discours de séduction des « classes moyennes » et à soutenir des positions ambiguës (fiscalité, retraites, services publics, « projet pas socialiste » !) a été invalidée et lourdement sanctionnée par le vote du 21 avril 2002. Elle l’a été une fois encore le 29 mai 2005. Tel est (faut-il le rappeler ?) le diagnostic de NPS.

 
 
 

Pour être au second tour, en l’absence de candidature unitaire à gauche, il faudra mobiliser la totalité de l’électorat socialiste et cela n’est possible qu’en tournant le dos à la stratégie suicidaire de 2002. Et ce, d’autant plus que Lionel Jospin avait un avantage de plus et un handicap de moins, par rapport au candidat socialiste de 2007 : il pouvait invoquer le bon bilan économique et social de son gouvernement ; le PS n’avait pas pris, sur un traité européen, une position contraire à l’aspiration des deux tiers des sympathisants de gauche.  

 
 
 

Une fois passé le premier tour, pas une seule voix de gauche ne devra manquer au candidat socialiste. Et, là encore, deux options se présenteront : faut-il rassembler l’électorat de gauche, ou bien séduire d’hypothétiques électeurs centristes en faisant droit aux thèmes de campagne de la droite ? Seule une gauche assumée et revendiquée peut gagner. Car elle seule peut à la fois remobiliser les classes populaires et séduire la part des classes supérieures qui aspire à une société de solidarité et de paix sociale. N’oublions pas qu’en avril 2002, le vote des cadres supérieurs pour le PS s’est effondré aussi fortement que le vote ouvrier ! En faisant une part quelconque au discours néolibéral ou néo-conservateur, un candidat socialiste ne prend aucune voix à la droite : il perd des voix dans toutes les catégories sociales. Tel est encore le diagnostic de notre courant, affirmé lors du congrès de Dijon et réaffirmé dans toutes les batailles internes.

 
 
 

Et c’est, au fond, ce même diagnostic qui nous a confortés dans notre rejet du TCE, conscients que le temps n’était plus au compromis avec, mais au combat frontal contre les néolibéraux. Nous avons prévenu nos camarades qu’il serait impossible de distinguer le « oui » socialiste du « oui » des néolibéraux, et que le PS risquait sur ce référendum un divorce complet avec son électorat, comme avec les autres forces de gauche. Nous avions raison et il faut maintenant reconstruire la crédibilité du PS à gauche. Cette question restera au cœur de la campagne de 2007, car c’est sous présidence française (en 2008) que s’achèvera la renégociation du TCE. L’électorat de gauche préférerait assurément qu’à cette occasion le chef de l’État soit clairement opposé au traité initial.

 
 
 

La spécificité de nos diagnostics et de notre ligne politique au sein du parti ne s’est pas dissoute dans la synthèse du Mans. Nous avons fait le choix responsable du rassemblement des socialistes avant la bataille de 2007. Mais nous l’avons fait aussi dans le but de peser sur le « projet », en sorte que le parti aborde cette bataille en évitant les erreurs de 2002 et reconquière une crédibilité émoussée par sa position incomprise sur le TCE. Nous avons jusqu’ici atteint ce but. Le respect du nouveau projet socialiste, qui porte largement notre marque, constitue donc aussi une condition de la victoire en 2007.

 
 
 

Comment évaluer les candidatures ?

 
 
 

Notre analyse des conditions de la victoire doit commander notre réflexion sur les critères de désignation d’un(e) camarade pour 2007. Au vu de cette analyse, il convient de se poser les questions suivantes :

 
 
 

Qui évitera de répéter les erreurs de diagnostic de 2002 ?

 
 
 

Qui est le plus en phase avec le mouvement social anti-néolibéral qui s’est manifesté le 29 mai 2005 ?

 
 
 

Qui a banni de son « logiciel » la sociologie imaginaire qui tire le discours politique vers un centre inexistant ?

 
 
 

Qui s’écarte le plus résolument d’une stratégie de  « triangulation » consistant à mordre sur l’électorat de la droite en reprenant certains de ses thèmes de campagne ?

 
 
 

Qui peut faire le plein des voix des sympathisants socialistes au premier tour ?

 
 
 

Qui peut rassembler le PS et le PC sur un combat commun au second tour, et s’assurer aussi le soutien de tous les réseaux militants de la gauche ?

 
 
 

Qui a la crédibilité pour promettre aux Français qu’il ne signera pas un nouveau TCE à peine amendé et ne tournant pas le dos à l’Europe espace de libre concurrence déloyale ?

 
 
 

Qui manifeste le plus de respect pour le projet socialiste et ne remet pas en cause les avancées obtenues par NPS (sur la fiscalité, la RTT, les retraites, l’Europe, etc.) ?

 
 
 

Les postulant(e)s à l’investiture ont d’ores et déjà apporté des éléments de réponse à ces questions par les positions qu’ils ont prises publiquement.

 
 
 

Ségolène Royal a multiplié les déclarations visant à occuper le terrain électoral de la droite (sur la sécurité, l’école, l’encadrement de la jeunesse, « l’éducation » des parents, etc.), n’hésitant pas au passage à dire le contraire de ce qui constitue le projet commun du parti socialiste et à indisposer sérieusement nos partenaires communistes. Elle manifeste ainsi sa conviction que la victoire dépend moins du rassemblement de la gauche, sur les exigences spécifiques de la gauche, que de la séduction d’un électorat indécis. Ce faisant, elle divise la gauche et nous expose à l’émergence d’un « non de gauche » au vote socialiste, au second tour.

 
 
 

En refusant le débat avec les jeunes socialistes et en gardant sa liberté à l’égard du « projet », elle indique une conception du combat politique conforme à la logique présidentialiste de la Ve République : une personnalité doit s’imposer par sa relation directe et personnelle avec le peuple, au-delà des partis. Elle compte donc justifier sa candidature par un mouvement d’opinion favorable à sa personne (assimilé à la cote dans les sondages), et non par sa capacité à transformer l’opinion pour la faire adhérer au programme des socialistes. Enfin, Ségolène Royal n’a pas été la plus tendre et la plus compréhensive à l’égard de la forte majorité d’électeurs de gauche partisans du « non » au TCE, au point d’envisager, comme issue à la crise européenne, un nouveau vote par le Parlement.

 
 
 

Force est de reconnaître que ces positions et cette façon d’aborder la campagne sont à l’opposé des convictions qui fondent notre courant. Il me semble ainsi que la candidature de Ségolène Royal ne peut constituer la réponse à aucune des questions que j’ai posées ci-dessus.

 
 
 

Comment ne pas soutenir la candidature de Laurent Fabius ?

 
 
 

Faut-il rappeler que je ne suis pas « fabiusien » et que, bien avant 2002 et donc avant le congrès de Dijon, je suis de ceux qui ont dénoncé dans la presse la dérive centriste de certaines politiques économiques engagées sous la responsabilité de Dominique Strauss Kahn puis de Laurent Fabius (notamment en matière de fiscalité). Mon analyse politique n’a pas changé et fut hélas confortée par le double effondrement du parti dans les classes populaires en 2002 et en 2005.

 
 
 

En revanche, Laurent Fabius a opéré une inflexion réelle dans son combat politique. Il est le seul dirigeant de l’ancienne majorité qui ait tiré, comme leçon du 21 avril 2002, la nécessité d’un repositionnement du PS et d’un rassemblement prioritaire de la gauche sur une ligne d’opposition frontale au modèle de la droite. Il est aussi, accessoirement, au sein de cette majorité, le premier à avoir replacé le développement durable et une écologie sociale au cœur du projet socialiste. Faut-il indéfiniment le suspecter au nom de politiques anciennes avec lesquelles il est le seul à avoir marqué sa distance ?

 
 
 

Tous les ministres du gouvernement Jospin sont solidairement responsables des éventuelles erreurs que nous avons combattues. Il est dès lors bien étrange d’entendre certains en faire aujourd’hui grief au seul Laurent Fabius. Tous les candidats aujourd’hui déclarés sont responsables des allègements fiscaux sur les hauts revenus et les stock-options ou des privatisations. La question est de savoir qui aujourd’hui reconnaît la nécessité de prendre un autre cap ? Qui s’engage publiquement pour remettre en cause le régime des stocks - options ou pour éviter une privatisation irréversible de GDF ? C’est Laurent Fabius. L’ancienne majorité est aussi solidairement responsable du brouillage de l’identité socialiste aux yeux des classes populaires. La question est de savoir qui, en son sein, et parmi les candidats déclarés, a évité la confusion entre le projet européen de la droite et celui de la gauche ? Encore Laurent Fabius qui, comme Henri Emmanuelli, a assumé la délicate responsabilité historique de manifester une position contraire à celle du parti. C’est à ces positions courageuses que nous devons aujourd’hui l’espoir persistant, dans l’électorat de gauche, que l’on peut éventuellement compter sur des socialistes pour s’opposer sans concessions au modèle néolibéral.

 
 
 

Au cours de la campagne nationale que j’ai menée pour le « non socialiste » dans des dizaines de villes, j’ai mesuré la reconnaissance du peuple et des militants de gauche pour la manifestation de cette autre voix (autre voie) socialiste. Mais j’ai enregistré partout la même promesse que ce mouvement de résistance populaire n’apporterait pas son soutien à un candidat socialiste qui aurait fait campagne pour le « oui ».

 
 
 

Certes, une forte minorité d’électeurs socialistes a voté « oui » au référendum et il s’agit aussi de mobiliser leur soutien. Mais leur soutien ne fera pas défaut à un partisan du « non » qui se bat pour un projet européen commun à tous les socialistes. En revanche, l’investissement personnel intense qu’a constitué la conversion au « non », pour des électeurs et des militants traditionnellement favorables aux traités européens, ajouté au mépris public pour leur position, a nourri chez ceux-ci le sentiment d’une victoire inespérée contre le néolibéralisme dominant.

 
 
 

Croire qu’aujourd’hui, pour eux, c’est déjà une histoire ancienne qui ne pèsera en rien sur leur choix en 2007 est une dangereuse illusion. Nombre d’entre eux prendront pour un pur mépris du vote populaire, un déni de leur incontestable victoire, la candidature d’un(e) socialiste, qui se serait distingué(e) par une admiration sans borne pour le TCE et des propos affligeants sur les « nonistes ». Et, là encore, seule la candidature de Laurent Fabius peut manifester la volonté claire des socialistes de donner à la victoire du « non » un débouché politique. Pour cette même raison, seule cette candidature permet d’espérer, au second tour, le report de toutes les voix de gauche sur le candidat socialiste. Soyons francs : même ainsi, le rassemblement de toute la gauche sur notre candidat n’a rien d’assuré. Mais un tel rassemblement me semble tout à fait impossible avec un(e) candidat(e) qui n’a dissimulé ni sa pleine adhésion au TCE, ni son mépris pour la « bêtise » des partisans du « non ».

 
 
 

Enfin, en ce qui concerne le respect du projet, Laurent Fabius a été on ne peut plus clair quand il a présenté ses sept engagements pour 2007 (sur le logement, le Smic, les stock-options, etc.) : nous avons un projet qui constitue la colonne vertébrale de la campagne et des engagements concrets à préciser quand ils ne le sont pas encore dans le projet. Par exemple, dire dans le projet que l’obligation de construction de logements sociaux doit être respectée par les communes, c’est bien ; préciser que l’État passera outre la volonté des communes qui s’accommodent aujourd’hui d’une sanction financière, c’est mieux. Qui reprochera à un candidat de donner aux orientations générales du projet plus de force et de crédibilité en les transcrivant en engagements précis et contrôlables ? Certains ironisent sur la nature « électoraliste » de telles promesses  (celle sur le Smic, notamment). Mais je ne conçois pas que la campagne consiste à ne faire aucune promesse ; c’est avec des promesses que la gauche a accédé au pouvoir et c’est en les tenant qu’elle peut s’y maintenir. Il nous faut juste ne pas nous tromper de slogans : je préfère « 100 euros de plus pour le Smic » à l’« encadrement militaire des jeunes ».

 
 
 

Avons-nous une autre option ?

 
 
 

À la question « comment ne pas soutenir la candidature Fabius ? », j’entends, dans notre courant, seulement deux autres réponses que la mienne.

 
 
 

Certains considèrent que, à la suite de la synthèse du Mans, et conformément à notre conception de la démocratie parlementaire, il conviendrait de soutenir une candidature de notre premier secrétaire. Nous contestons en effet un régime dans lequel la relation individuelle entre un candidat et la nation tend à occulter le rôle des partis dans la conception de programmes de gouvernement soumis au choix souverain des électeurs. Dans la démocratie parlementaire à laquelle nous aspirons, la majorité et l’opposition proposent comme chef du gouvernement, le premier responsable du parti ou du principal parti qui les constitue. C’est là une position de principe sensée et conforme à l’idée que je me fais d’une VIe République. Elle soulève néanmoins deux difficultés.

 
 
 

En premier lieu, nous avons nous-mêmes renoncé à faire du premier secrétaire du parti le candidat naturel en dissociant complètement sa désignation de cet enjeu électoral. À aucun moment il n’a été entendu que l’enjeu du Congrès et de la désignation d’un premier secrétaire était, dans le même temps, l’investiture de celui qui conduirait la bataille de la présidentielle. Tous les courants, et le premier intéressé lui-même, ont au contraire insisté sur le fait qu’il ne fallait pas confondre le Congrès du parti et l’investiture pour la présidentielle. Le problème est ici que précisément, dans une démocratie parlementaire, telle que nous la souhaitons, la confusion entre le choix d’un chef de l’exécutif et celui d’un programme politique est nécessaire et participe à l’essence même du régime. Il serait bon de s’en souvenir à l’avenir. Mais pour l’heure, le parti a décidé que la désignation du candidat pour 2007 ferait l’objet d’une campagne spécifique. Dès lors, toutes les candidatures sont légitimes.

 
 
 

En second lieu, le premier secrétaire n’est pas candidat. Dès lors, dans la mesure où je n’ai pas connaissance d’autres options soutenues dans notre courant, le choix politique concret qui se présente à chaque militant de NPS est une alternative Ségolène Royal/Laurent Fabius. C’est donc ce choix que notre débat a vocation à éclairer. J’ai donné mes principales raisons de voter pour Laurent Fabius et mes réponses aux objections dont j’ai connaissance. J’attends l’exposé des bonnes raisons politiques que nous aurions de voter pour une candidate qui prend des positions contraires au « projet », qui divise la gauche et exploite toujours plus la stratégie électorale de rassemblement au centre qui nous a conduit à la catastrophe du 21 avril 2002. Je n’ai à ce jour entendu qu’un seul argument véritable en sa faveur : sa popularité persistante dans les sondages d’opinion.

 
 
 

Cet argument n’a sur moi aucune prise, car il est inconciliable avec ma conception de l’action politique. En ce qui me concerne je ne soutiens jamais un candidat ou une position politique parce qu’ils ont des chances, voire le plus de chances de gagner, mais parce que je veux qu’ils gagnent et que je mène la bataille politique nécessaire à leur victoire. N’inversons jamais la fin et les moyens. Pourquoi nous battons nous ? Pour être dans le camp des vainqueurs ? Ou pour faire gagner notre camp ?

 
 
 

Pour ceux qui seraient néanmoins sensibles aux sondages d’opinion, je rappelle que l’expérience comme la science politique nous enseignent qu’à partir de deux mois et au-delà d’une élection, les sondages ne nous apprennent strictement rien sur le résultat probable. Durant l’automne 2004, combien de camarades ont dit « oui » au référendum interne, parce qu’alors les deux tiers des Français disaient « oui » dans les sondages ? Des hommes et des femmes de gauche indifférents à l’écume médiatique et confiants dans le pouvoir du combat politique se sont alors mis en campagne et, six mois plus tard, les deux tiers des électeurs de gauche et 55 % des Français votaient « non ». Nous sommes aujourd’hui dans le même décalage trompeur entre l’humeur instantanée de sondés qui ne sont pas face à leur bulletin de vote et à la fin de la campagne électorale. À la fin, il se produira la même chose qu’en mai 2005. Quand Sarkozy aura eu des dizaines d’occasions de souligner les points sur lesquels il est d’accord avec Ségolène Royal, quand tous les réseaux militants de la gauche non socialiste auront fait implicitement ou explicitement campagne contre une candidate à leurs yeux inacceptable, des centaines de milliers de nos électeurs potentiels diront « non » à un PS inconsistant et illisible face à une droite consistante et limpide.

 
 
 

Camarades, on vous avait déjà mis en garde en 2002, puis en 2005, et l’histoire nous a donné raison. Combien de désastres seront encore nécessaires pour vous rendre à l’évidence que les mêmes stratégies erronées conduisent aux mêmes échecs ? Notre seule chance de faire gagner le projet socialiste est de susciter, à partir de la fin novembre, le même enthousiasme militant, la même volonté d’en découdre avec le néolibéralisme qui a saisi le peuple de gauche durant la campagne sur le référendum européen, a saturé les courriers électroniques et battu le pouvoir des médias. Ce peuple en sommeil attend un signe fort des socialistes pour se remettre en mouvement. Au moment même où il n’espère plus que nous aurons la lucidité de choisir un candidat qui s’engagea à ses côtés en 2005, surprenons-le. Disons-lui, en novembre que c’est maintenant que s’accomplit la promesse du 29 mai, et alors rien ne pourra l’arrêter.

 
 
 
Jacques Généreux
 

Université NPS de Saint-Nazaire, 22-24 septembre 2006

 
 
 

Pour en savoir plus : http://genereux.fr/news/165.shtml

 
 
 
 
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Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
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17 octobre 2006 2 17 /10 /octobre /2006 12:55


Le premier débute le 17 octobre. Ce Week End, Jean – Luc MELENCHON s’est exprimé dans le Parisien.  Vous trouverez son interview.
 
 
 
A suivre…
 
 
 
 
  
 
L’invité du jour du Parisien : Jean - Luc MELENCHON
 
 
 
Le Parisien – Dimanche 15 octobre 2006
 


L’INVITE DU DIMANCHE : Jean-Luc Mélenchon (PS)

 
 
 

Chaque dimanche, une personnalité commente l’actualité. Aujourd’hui : Jean-Luc Mélenchon, sénateur PS de l’Essonne, ancien ministre, figure de la gauche du PS.

 
 
 

On a le sentiment que, comme beaucoup, vous avez été pris de court par le « phénomène Royal »…

 


Au PS, j’ai été habitué depuis toujours à des débats d’idées. Que la scène publique soit aujourd’hui, en fait de débat, occupée à ce point par le problème des apparences -physiques, voire sexuées- est, pour moi, une chose assez nouvelle, que je déplore. L’essentiel avance masqué. On assiste en France au même « phénomène » que dans les autres partis sociaux-démocrates européens où l’aile droite dite « moderniste » l’a depuis longtemps emporté. Sous cet angle, les choses sont claires : le PS a le choix de se mettre -ou non- au diapason des partis de Blair, de Schröder, de Zapatero, des partis de l’Europe du nord qui ont tous mis la question sociale entre parenthèses au profit de préoccupations qui sont d’ordinaire les priorités de la droite : les mœurs, la famille, l’ordre. S’aligner ou pas ? Tel est donc l’enjeu. Ce qui me surprend et même me sidère, je l’admets, c’est la méthode utilisée. Un véritable phénomène d’hallucination collective. Et maintenant la meilleure : on ne pourrait même plus dialoguer entre socialistes sur un plateau de télé ! C’est triste !

 
 
 
« Hallucination, », vous y allez fort !
 


Que faudrait-il dire quand on ne chiffre, par exemple, aucune proposition faite ? Un exemple : Ségolène royal a dit qu’au premier acte de délinquance commis par un jeune elle souhaite les envoyer dans des centres encadrés par des militaires. Cela fait combien de jeunes par an, à votre avis ? Je vous le dis : 48 000. Soit presqu’autant que la population carcérale totale actuelle. Cette proposition-là n’a donc aucun sens. Personne ne réagis.

 
 
 

Il y aura mardi un premier débat télévisé…

 


J’ai cru comprendre que Ségolène Royal, après avoir pourtant posé beaucoup de conditions, n’exclut pas de « s’affranchir » de certains de débats prévus…

 
 
 
Cela vous choquerait ?
 


Oui. Et je pense que je ne serais pas le seul. Les Français ne sont pas sots : ils comprendraient, dans ce cas, qu’il y a un problème, et un problème sérieux.

 
 
 
Discuter, cela veut dire quoi ?
 


C’est avoir un vrai débat, sans trucage. On se réclame de la démocratie participative, et on souhaite que les trois socialistes ne se parlent pas directement, n’échangent pas d’arguments. Quelle comédie !

 



La vraie compétition, pour vous, c’est Royal-Fabius ?

 


Oui, mais il y a trois candidats, et trois orientations différentes, mais légitimes. Royal, c’est la droite de la social-démocratie : on survalorise les questions sociétales et on juge habile tactiquement de reprendre les mots de l’adversaire. C’est une ligne désastreuse…

 
 
 

Mais ceux qui l’ont appliquée ou l’appliquent gouvernent en Europe !

 


Dans des conditions qui ne nous font pas toujours honneur ! La politique du parti travailliste anglais n’est pas de gauche, les amis de Schröder gouvernent en Allemagne avec la droite. Quand a l’Europe du nord nous voici rendu au point où les conservateurs peuvent se présenter de façon crédible comme les vrais défenseurs des travailleurs ! Quel aveuglement ! Dans le même temps, partout en Europe, c’est la montée de l’extrême-droite. Il est vraiment urgent de trouver autre chose que des formules de marketing pour réagir !

 
 
 

Le second choix, pour les militants PS, c’est Dominique Strauss-Kahn…

 


Lui, c’est la candidature de nostalgie. La nostalgie du bon vieux temps quand le social-démocratie européenne arrivait à faire des compromis avec le patronat parce qu’il y avait du grain à moudre. Mais le capitalisme a changé. La finance transnationale le domine. Il faut inventer une nouvelle stratégie de négociation.

 
 
 
Reste votre ami Fabius…
 


Oui, j’ai choisi Fabius. C’est un choix de raison. Il a la stature d’un homme d’Etat ; sa priorité c’est le social au moment où le pays est divisé comme jamais par l’inégalité des revenus. Le pouvoir d’achat est la question clef.

 
 
 

Puis Fabius défend de façon intransigeante la laïcité de l’Etat. Et il croit à une société d’économie mixte, où le secteur public a -sans complexes- un rôle à jouer. Enfin il a su dire non à la Constitution européenne ! Nous aurons besoin d’un président de ce type quand il faudra s’asseoir à la table des 25 pour y présider, au nom de la France, l’Union.

 
 
 

Permettez-moi d’ajouter que le début de pré-campagne nous fait faire des découvertes. Comme Ségolène Royal n’avait jamais participé jusqu’ici à l’un quelconque des débats majeurs qui ont marqué la vie du PS et du pays, personne ne savait ce à quoi elle croyait. A présent nous découvrons au travers ses prises de positions claires -sur la sécurité, sur les 35 heures, sur la carte scolaire- qu’elle prend des distances sévères avec les positions du PS. Ou bien alors, comme sur la Turquie, elle se déclare par avance d’accord avec ce que décidera le moment venu le peuple français. C’est là une approche très discutable du rôle du président : il ne propose pas, il suit. A ce compte-là, pourquoi Ségolène Royal n’a-t-elle pas emboîté le pas des tenants du non à la Constitution : le peuple ne s’est-il pas exprimé ? J’insiste : spécialement sur les dossiers qui engagent lourdement la vie du pays, les candidats n’ont pas le droit -moral et politique- de dire qu’ils n’ont pas d’avis.

 
 
 

Comment va finir cette campagne interne ?

 


Si je savais !… Nous ferons pour le mieux. Les médias pipolisent notre débat et, en plus, 80 000 personnes viennent d’adhérer chez nous à tarif réduit pour désigner le candidat mais sans qu’on les éclaire sur notre histoire collective et sur les enjeux. Il y a en tout cas une certitude : ce n’est pas un match entre la gazelle et les éléphants car tous les éléphants du parti font bloc derrière Ségolène. Le féminin d’éléphant, ce n’est gazelle !

 



Vos adversaires vont dire que vous n’avez pas un mot contre la droite…

 


Encore faudrait-il qu’on m’interroge à ce sujet ! Je parle du PS car, en l’état, c’est au PS que nous avons un choix crucial à faire. Mais, au fond, la droite vit une crise semblable à la notre. Allez suivre le débat au Sénat sur la fusion GDF Suez : non seulement toutes les cartes ne sont pas sur la table mais, dans une ambiance crépusculaire, aucun ténor de droite ne prend la parole. En fait la masse du petit peuple de droite n’aime pas la libéralisme, n’aime pas la richesse arrogante et croit à l’Etat, aux valeurs du travail bien fait et bien payé. Mais, comme nous, ils se sont faits piquer les clés de la voiture par des libéraux, et ils ne peuvent plus descendre en marche !

 
 
 

L’extrême-droite, à vous entendre, aurait de quoi engranger ?

 


Quand la gauche et la droite de gouvernement reprennent à leur compte des propos de comptoir -sur l’immigration, sur la sécurité- elles donnent du crédit à ceux qui en font leur projet. Attention : sur cette pente, cela finira très mal car l’électeur préfère toujours l’original à la copie.

 
 
 

J’adhère à la mise en garde solennelle de Fabius : au moment où Sarkozy -qui d’ailleurs semble chercher à corriger le tir- court derrière Le Pen, ce n’est sûrement pas le moment pour la gauche de courir derrière Sarkozy. Oui, quand tant de gens sont désorientés, l’extrême droite peut beaucoup engranger. Il y a donc un devoir de résistance. Balayons tout d’abord chez nous !

 
 
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Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
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16 octobre 2006 1 16 /10 /octobre /2006 12:37

Le secteur Entreprise du Parti Socialiste
 
J’ai adhéré au PS par la voie du secteur entreprise, il y a quelques années. De fil en aiguille, j’ai été secrétaire de la section d’Eurocopter, et responsable du Groupement des Socialistes des Entreprises pour le secteur Aéronautique. Le GSEN regroupe l’ensemble des militants du PS actifs dans toutes les entreprises du secteur en France. Dans la période 1997-2002, le GSEN Aéronautique a été très actif en travaillant avec Matignon, le Ministère de la Défense et Bercy.
 
Avec mes responsabilités à la Mairie de Vitrolles, j’ai passé la main à d’autres camarades… Je suis toujours adhérent à la section d’Eurocopter, même si je travaille évidemment avec les copains de la section PS de Vitrolles !  
 
Le secteur d’entreprise du PS a maintenant son blog, et je souhaite en faire la publicité !
 
 
Bon surf…
 
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Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
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15 octobre 2006 7 15 /10 /octobre /2006 21:03


POLITIS est un des rares journaux encore libres. Il est en grande difficulté financière aujourd'hui. Aidons le pour défendre la pluralité de la presse en France.


DH


Sauvons Politis ! Pour la pluralité de la presse

 
 

Hebdomadaire indépendant, Politis est aujourd’hui menacé de disparaître.

 

Espace d’informations, de réflexions et de débats, journal de résistance, écologiste, proche de la mouvance altermondialiste, engagé pour la défense de politiques alternatives, des services publics, des luttes sociales, d’une culture àl’écart des contraintes commerciales, de l’économie solidaire, de l’éducation populaire, du monde associatif... Politis constitue une voix singulière dans la presse depuis dix-huit ans.

 

Mais, le 8 août, le journal a été placé sous administration judiciaire. Puis, le dernier week-end de septembre, le principal opérateur du plan de reprise s’est brutalement retiré. Refusant de sombrer dans la résignation, le personnel de Politis a décidé de reprendre à son compte le projet qu’il soutenait. A l’heure où l’ensemble de la presse souffre de la mainmise croissante d’un actionnariat peu soucieux de l’indépendance rédactionnelle, cette aspiration relève du défi.

 

Politis lance donc un appel à tous ses lecteurs, amis et futurs lecteurs qui tiennent à la pluralité et à la liberté de la presse. UN MILLION D’EUROS sont nécessaires à la mise en œuvre pleine et entière d’un plan de relance et de développement qui rompe avec une situation de survie et assure au journal une indépendance qui ne saurait être sacrifiée. Nous avons jusqu’à la fin du mois d’octobre pour réunir cette somme. Les premières contributions nous donnent bon espoir. Merci de diffuser cet appel le plus largement et le plus rapidement possible.

 
LE PERSONNEL DE POLITIS
 

Pour soutenir Politis et être informé régulièrement de sa situation, rendez-vous sur le site de l’association Pour Politis : www.pour-politis.org

 

Pour envoyer vos dons, merci de libeller vos chèques à l’ordre de : Association « Pour Politis » et de les envoyer à : Association Pour Politis c/o Politis,2,impasse Delaunay,75011Paris.

 

Suggestions de montants : *25 euros (40000 personnes) *40 euros (25000 personnes) *60 euros (17000 personnes) *100 euros (10000 personnes, soit tous les abonnés de Politis) *... euros

 

Envoyez aussi vos messages de soutien à l’adresse : pourpolitis AT orange fr

 

Politis, c’est aussi, actuellement : 14 salariés permanents, 13 pigistes réguliers, 10000 abonnés, 3000 ventes en kiosques, des hors-série trimestriels.

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