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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
28 septembre 2006 4 28 /09 /septembre /2006 22:23


Je me permets de diffuser la réflexion de Jean-  Luc MELENCHON, toujours intéressante et enrichissante pour le débat. De bonnes questions sont posées. Il est temps que le PS réagisse et que les militants s’investissent dans le débat et ne se fassent pas phagocyter par les appareils…
 
DH

 
D'ou vient la division à gauche ?
Par Jean Luc MELENCHON
 

Hier mercredi. Rendez vous pour la matinale de canal + à sept heures vingt le matin. Des camarades m’envoient ensuite des SMS pour me mettre en garde contre ma mauvaise mine. Je m’étonne: j’ai fini mes réunions à minuit et je me suis levé six heures ! Comment puis-je avoir mauvaise mine ? Mais si jamais c’est le cas…. qu'y puis-je ? Dans le métro, dès l’age de vingt ans tout le monde a une drôle de mine à ces heures là. Ce doivent être les néons.

 

« Attention à l’image ! » m’assène tel conseiller improvisé. Je préfère sourire. C’est plutôt les téléspectateurs qu’il faudrait mettre en garde, non ? Ils en ont bien besoin. J’ai peut-être mauvaise mine mais ce que j’explique vaut mieux que mon teint. J’ai commencé ma journée avec ça : « que pensez-vous de la déclaration de madame Royal ». Laquelle ? J’en étais à ses sottises sur l’immigration saisonnière et régionalisée et j’avais mon argumentaire bien calé dans la bouche. Patatras, il y a une autre de ses fatwas à commenter.

 

Madame Royal s’est demandée « si certains n’ont pas envie de perdre, si la machine à perdre n’est pas déclenchée ». Elle parlait de l’organisation des débats entre les candidats socialistes à la présidentielle. Qu’est ce que j’en pense, me demande le journaliste ?

 

J’ai répondu. Ses supporteurs écument de rage et m’inondent de leurs mails injurieux. Il leur échappe que je n’ai pas choisi la question. J’ai dit « personne ne veut perdre au PS ! C’est une accusation très grave ! De qui parle-t-elle ? Depuis quand discuter nous fait perdre ? ». Preuve par l’inverse : en 2002 un seul candidat, pas une critique, pas une discussion. On a gagné ? Des talibans royalistes me pourchassent dans ma boite aux lettres électroniques : assez de critiques contre Ségolène ! Vous divisez la gauche, vous faites le jeu de la droite. Cet argumentaire tourne en boucle. Il est temps d’y répondre.

 

Discuter le point de vue de Ségolène Royal ce serait diviser la gauche. Donc nous devrions l’approuver quoiqu’elle dise ? Et si c’était ce qu’elle dit qui divisait la gauche ?Et si chaque fois qu’elle ouvre la bouche nous n’étions pas en train de perdre des voix ? Au premier et au second tour!

 

Comment comptez-vous convaincre les gens de gauche de voter la fin de la carte scolaire quand ils savent que cette revendication est celle de l’extrême droite des années 80 ? Et les familles de français qui ont des parents immigrés à qui on propose pour avenir à leur proches le permis de séjour saisonnier et régionalisé ? Et tous ceux qui pensent que l’armée n’à pas le savoir faire pédagogique pour encadrer de jeunes « au premier acte de délinquance » ? Et ceux qui n’ont pas voulu de la tutelle des allocations familiales décidées par Sarkozy et n’en veulent pas davantage sous couleur Royal ? Et ainsi de suite.

 

Royal divise la gauche chaque fois qu’elle transgresse les fondamentaux de notre famille politique. Et si, comme c’est son droit elle décide de le faire et d’en assumer le risque, cela ne donne pas le droit à ses partisans d’exiger de nous le silence avec les méthodes du terrorisme intellectuel qui rappelle les pires crises d’arrogance du « oui » pendant le référendum sur la Constitution européenne. Hier, qui était pour le « non » était contre l’Europe. Aujourd’hui qui contredit Ségolène Royal diviserait la gauche.

 

En constatant la violence des propos qui me sont adressés sur le sujet je me suis demandé quelle pouvait en être le ressort car je vois bien que ceux qui m’écrivent sont tout aussi sincères dans leur convictions que je le suis moi-même dans les miennes. D’après moi, ceux qui s’enragent à vouloir faire taire les critiques expriment en réalité la peur de ce qu’ils constatent eux-mêmes autour d’eux. C'est-à-dire que si certes elle soulève des adhésions enthousiastes, elle est aussi en train d’installer des rejets tout aussi violents dans des secteurs de la gauche dont les voix au premier ou au deuxième tour ne seront pas compensées par les très hypothétiques voix de droite ou du centre que ses conversions idéologiques veulent capter.

 

Une ligne de facture est en train de se créer à partir des transgressions de Ségolène Royal. Elle passe à l’intérieur de la gauche et pas seulement parmi les adhérents du PS. Quand des enseignants des Bouches du Rhône s’opposent à la visite de Ségolène Royal dans un collège du département, on sait bien que leurs motivations ne sont pas fondées sur des arguments personnels ou même politiques (dans le sens où ils n’expriment pas d’hostilité à sa candidature ni au PS en tant que parti). Il n’en reste pas moins que cela prouve une rupture de complicité, un manque d’accointance d’ores et déjà consommé à sept mois de l’élection dans un milieu social crucial pour la gauche. J

 

e donne un autre exemple de cette mauvaise ambiance qui gagne du terrain tandis que continuent à sonner les trompes de l’adoration médiatique perpétuelle. Les commentateurs ne se sont pas intéressés comme ça le mérite à une déclaration particulièrement importante de Marie Georges Buffet sur RTL avant la fête de l’Humanité. La secrétaire nationale du PCF dit que les communistes se désisteront sans condition pour le candidat de gauche le mieux placé, « même si c’est Ségolène Royal », a-t-elle souligné. Mais elle a ajouté que « sur la base de la politique que Ségolène Royal énonce aujourd’hui » les communistes ne pourraient pas participer au gouvernement…. L’idée qu’il faille préciser « même si c’est Ségolène Royal » en dit long déjà. La formule contient une appréciation implicite qui n’est pas le fait de la seule Marie Georges Buffet. On peut même dire qu'elle tente au contraire d’y répondre en s’exprimant de cette façon.

 

Il n'empêche. Imaginons le contexte d’un second tour qui commencerait par un désistement certes « sans condition » mais accompagné d’un refus, même discret, de participation des communistes au gouvernement…. Comment en est - on déjà là ? La capacité de rassemblement et de conquête de la gauche est mise en danger par le positionnement programmatique et le jeu d’hallucination médiatique de la campagne de Ségolène Royal.

 

C'est le fond et non la forme qui fait d'ores et déjà le problème. Lisez plutôt cette échange publié par el Pais (17/09/2006). Question: «même s'il continue à se dire que vous n'êtes pas suffisamment a gauche ?" Réponse de Ségolène Royal: "Ils disent cela parce que je regarde les choses telles qu'elles sont, j'évite les formules dépassées, l'idée que tout ce que fait la gauche est bon et que tout ce que fait la droite est mauvais. Les gens ne veulent plus rien de cela".

 

Dès lors, Marine Le Pen sent la bonne affaire quand elle dit que le duel Sarkozy/Royal c’est « la primaire au centre » (France Soir). Elle veut dire que les conditions d’une réédition du second tour de 2002 se réunissent avec un seul point assuré : la présence de Le Pen au second tour. Le scandale moral est que cette menace soit brandie comme un bâillon par ceux là mêmes qui aggravent ce risque !

 
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Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
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28 septembre 2006 4 28 /09 /septembre /2006 12:47


Les sondages semblent aujourd’hui guider nos choix. Comment faire pour ne pas voter pour Ségolène, puisque les sondages la donne gagnante ? Je rappelle, qu’un sondage national, c’est environ 1000 personnes, et que ce serait donc ces mille personnes qui décideraient pour tout le peuple. A entendre certain, ce n’est même plus la peine de voter.
 
 
 
Les sondages sont des indicateurs. Il faut les prendre comme tel. Ils peuvent être aussi des outils de désinformation et de manipulation. Pour mieux comprendre comment cela fonctionne, et comment nous pouvons en être des victimes innocentes, la petite analyse suivante est intéressante… Encore une fois, c’est à méditer !
 
 
 
DH
 
 
 
Attention danger sondages !
 
 
 
 
 

Les sondages occupent une place de plus en plus envahissante dans la campagne interne au Parti socialiste pour la désignation du candidat à la présidentielle. Dans la plupart des médias, ils remplacent toute analyse de fond sur les orientations portées par les candidats. Cette place des sondages est d’autant plus démesurée que la majeure partie des personnes interrogées actuellement, soit refusent de répondre (environ 30 % des personnes contactées), soit acceptent les questions mais n’ont pas d’avis (environ 30 % de ceux qui ont accepté de répondre). A 7 mois de l’élection présidentielle, les sondages construisent donc une réalité politique artificielle plus qu’ils ne reflètent l’opinion profonde des citoyens sur les échéances à venir.

 
 
 

D’ailleurs, à 7 mois des élections présidentielles précédentes (2002, 1995, et même 1981), les résultats des sondages donnaient tous des résultats complètement erronés par rapport à ceux qui sortirent des urnes. Il est donc urgent pour chaque militant engagé dans la campagne interne pour la désignation du candidat à la présidentielle de lutter contre la culture de l’audimat qui est en train de s’emparer du PS.

 
 
 

Omniprésents dans la vie politique, les sondages légitiment les actes et les paroles politiques. Transformés en véritables porte-parole de l’opinion les journalistes interpellent les hommes politiques en leur assénant ce qu’ils considèrent comme des vérités inébranlables. Toute conclusion tirée d’un sondage tend en effet à devenir doublement irréfutable comme image de l’opinion du peuple et comme produit validé par la science. Les journalistes et politologues sont censés dire, mieux que les représentants du peuple eux-mêmes, ce que veux et pense le peuple. Cruel paradoxe. Ainsi, en a-t-il été lors des sondages précédant le 29 mai 2005 : le travail d’explication de l’opinion a été accaparé par les journalistes qui expliquaient le non par la peur du plombier polonais. A travers les sondages, la presse dispose ainsi d’un outil redoutable pour conforter l’idéologie dominante, et ancrer la domination d’une opinion compatible avec l’ordre des choses. Un outil que tout militant de gauche se doit de mieux connaître pour en déjouer les pièges alors que se prépare 2007.

 
 
 
L’ère du « marketing d’opinion »
 


Il faut avoir à l’esprit que le sondage est la simple importation de l’étude de marché dans le domaine politique. Ainsi, dès le début du 20ème siècle, un sociologue, Paul Lazarsfeld énonçait qu’il n’existait « aucune différence de méthode entre l’étude du vote socialiste et l’étude de l’achat de savon ». Cette dimension marketing des sondages est particulièrement flagrante dans ce qu’on appelle les sondages omnibus, qui intercalent des questions de consommation et des questions d’opinion. Après avoir avoué que vous n’achetiez pas telle marque de biscotte, on vous demandera de choisir votre candidat à l’élection présidentielle ou de vous prononcer sur la dette publique de la France ; déroutant… Les sondages transforment ainsi le citoyen en un consommateur d’idées, de slogans et d’images politiques. La politique tend à être perçue à travers les schèmes de l’économie : les hommes politiques deviennent des produits.

 
 
 
Des outils de domination
 


Les sondages sont devenus le principal instrument de connaissance du monde social. Jamais on n’a dépensé autant d’argent pour savoir ce que souhaite le peuple et jamais on ne l’a aussi mal su. Les utilisateurs de cet instrument statistique ne le remettent jamais en cause, pas même lorsque leurs prédictions échouent lamentablement comme le 21 avril 2002.

 


Les sondages présupposent un accord improbable des sondés sur les questions qui méritent d’être posées. En d’autres termes, les sondages font comme si tout le monde se posait les questions que se posent les élites médiatiques, économiques et politiques qui écrivent les questionnaires. En réalité, les sondages en disent souvent bien plus long sur ceux qui posent les questions que sur ceux qui y répondent ! La plupart des personnes interrogées ne se sont jamais posées la question qui leur est soumise. Ou finissent par se la poser à force d’en entendre parler dans les médias.

 
 
 

C’est ainsi à coup de sondages bien calibrés, que la gravité de la crise des retraites, des contraintes pesant sur les entreprises ou même du déclin du pays finit par s’imposer dans la tête des gens (cf. ci-contre l’exemple d’un sondage sur les retraites). Ainsi, le sondage impose les problématiques de la classe dominante : c’est ce que Pierre Bourdieu appelle la puissance d’injonction du sondage. Le sondage devient un outil de domination qui force les citoyens à se prononcer sur des questions qui peuvent leur sembler absurdes, incohérentes ou même incompréhensibles. On prétend mesurer l’opinion publique, en fait on la crée.

 

Les sondages supposent aussi que chacun comprenne la question de la même manière. Or il existe souvent un décalage entre le sens précis que les enquêteurs donnent à la question et sa compréhension par les sondés. En 1986, IPSOS demandait par exemple si les revendications des agriculteurs en colère étaient justifiées ? 66% des personnes interrogées répondaient positivement. 3 mois plus tard, l’institut BVA posait cette question : les agriculteurs se plaignent ils trop ? 61% de l’échantillon répondait positivement. On comprend ainsi comment les médias peuvent arriver à expliquer de plus en plus souvent à coup de sondages que l’opinion ne soutient pas tel ou tel mouvement social, en focalisant les questions sur les perturbations induites plutôt que sur la légitimité des revendications.

 
 
 
Une scientificité discutable
 


De nombreux biais faussent aussi souvent les résultats, comme ce que les sociologues appellent l’« effet prestige » : par exemple, peu d’électeurs du FN avouent leur choix politique face à l’enquêteur. A l’inverse, les intentions de vote pour les grands partis ou candidats reconnus comme politiquement corrects par les médias sont souvent surestimées car il est bien vu de voter pour ces partis. Face à cela, les instituts de sondages effectuent des redressements et pondérations aussi artificiels qu’opaques.

 


Reste surtout que 40% en moyenne des personnes interrogées refusent de répondre, ce qui est toujours passé sous silence. Les sondeurs essaient donc de limiter le taux de non-réponses et pour que tous puissent répondre quelque chose, même ceux qui n’ont pas d’opinion, les questionnaires ne comportent le plus souvent que des questions fermées (les réponses sont pré formatées), et une réponse médiane, dans laquelle les indécis pourront se réfugier artificiellement.
On comprend donc pourquoi il faut absolument se méfier des sondages et ne pas voir naïvement en eux, comme récemment Bertrand Delanoë, des « instruments de travail pour aujourd’hui. » L’opinion publique construite par les sondages doit être contestée au nom même de l’idéal républicain et de la volonté générale souverainement exprimée par des citoyens libres de tous conditionnements.

 
 
 
 
 
Le capitalisme des sondages
 
 
 

Ceux qui croient que les Instituts de sondage sont des organismes à vocation scientifique en quête de neutralité se trompent lourdement. Le marché des sondages est en effet hautement intégré au nouvel du capitalisme, et a même directement accompagné le mouvement de financiarisation de l’économie des années 1980 et 1990, où l’on voit exploser les chiffres d’affaires des instituts. Dans l’ère de la différenciation commerciale à outrance et de la marchandisation les sondages et autres études de marchés sont rois. Avec comme règle d’or que le résultat satisfasse autant que possible le client.

 


Les sondages politiques ne représentent qu’une part infime du chiffre d’affaires des instituts et ne les intéressent surtout que comme vitrine et outil d’influence et de pouvoir au service de leurs intérêts économiques. A l’exception de l’IPSOS et du CSA, qui sont encore majoritairement la propriété de leurs fondateurs, les grands instituts français appartiennent tous à des groupes financiers et industriels. Ainsi le groupe TNS SOFRES, numéro deux mondial du secteur est détenu en partie par FIMALAC (Financière Marc Ladreit de Lacharrière), BVA par le financier George Pébereau (le frère de Michel, PDG de la BNP), et l’IFOP appartient à 52 % à Laurence Parisot, présidente du MEDEF et 2ème constructeur mondial de portes de placards. Une interaction problématique apparaît donc entre les instituts et les médias que possèdent aussi souvent ces groupes financiers, susceptibles d’orienter les questions posées, le traitement des résultats et leur diffusion autour de leurs intérêts.

 
 
 
39
 


C’est le nombre de sociétés de sondages, d’études marketing et de mesures d’audience acquises à travers le monde par TNS Sofres depuis sa création à la fin des années 1980. Présent dans 70 pays, le leader français du sondage et numéro deux mondial effectue plus des trois quarts de son chiffre d’affaires (plus de 1,2 milliards d’euros) à l’étranger. Un chiffre d’affaire qui a doublé entre 2000 et 2005.

 
 
 
Les sondages pris la main dans le sac
 
 
 
Fausse addition et grosse manipulation
 


Voila l’information fracassante que l’AFP, ensuite reprise par de nombreux journaux et radios, a cru trouver dans un sondage IFOP paru fin janvier dans Elle : « 59% des Français pourraient voter pour Ségolène Royal à l'élection présidentielle ». Problème : ce chiffre de 59 % n’apparaît absolument pas dans les résultats du sondage, qui se contente de dire que 16 % des personnes interrogées « voteraient certainement pour elle » et que 43 % d’entre elles « voteraient peut-être pour elle ». Or en probabilité, l’adition d’un « certainement » et d’un « peut-être » n’a rigoureusement aucun sens. Il est même certain que si le choix « pourrait voter pour Ségolène Royal » avait été proposé aux mêmes enquêtés, le résultat n’aurait pas été de 59 %. L’AFP et les médias qui ont repris son annonce choc ont ainsi carrément inventé un résultat en prétendant simplement relayer les résultats d’un sondage.

 
 
 

Comment expliquer aux gens qu’on ne peut pas faire autrement

 


Voici une question posée dans un sondage IPSOS pour France 2 et le Figaro, dont les résultats ont été annoncés lors de l’émission spéciale lors de laquelle François FILLON a annoncé le plan gouvernemental pour les retraites : « Parmi les mesures suivantes destinées à remédier au problème du financement des retraites, laquelle vous semble la moins acceptable : L’allongement de la durée de cotisations nécessaires ? La diminution du montant des retraites ? Une augmentation des cotisations ? » L’exemple typique du sondage qui arrive à faire dire aux gens des choses qu’ils ne penseraient pas s’ils n’étaient pas interrogés de cette manière. La même question aurait en effet pu être posée ainsi, avec des résultats au sens très différent

 

 :
« Parmi les mesures suivantes destinées à améliorer le financement des retraites, laquelle vous semble la moins acceptable : la fin des exonérations et réductions de charges patronales ? La taxation des revenus financiers des entreprises à hauteur des prélèvements vieillesse acquittés par les salariés ? Le basculement sur la valeur ajoutée de l’assiette de calcul des cotisations sociale ?

 
 
 
Conclusions hâtives et catégoriques
 


Non seulement les chiffres avancés par les sondages sont artificiels, mais en plus leur analyse est parfois truquée. Comme sur cette une publiée par Le Parisien en novembre 2005, en pleine violences urbaines qui titre : « 73% des Français favorables au couvre-feu - 83% pour l’apprentissage à 14 ans - 86% scandalisés par les violences ou mécontents » - et conclut : « Massivement, les Français disent oui à la fermeté ».

 


Mais ce n’est pas au « couvre-feu » que 73% des sondés avaient en fait acquiescé, mais à « l’autorisation donnée aux préfets de recourir au couvre-feu ». Quant à l’apprentissage à 14 ans, la question évoquait « la possibilité d’offrir l’accès à l’apprentissage dès 14 ans pour les jeunes en difficultés » ce qui est très différent de la conclusion favorable au gouvernement qui en est tirée.

 
 
 

Pour en savoir plus :


http://www.trait-dunion.org/article/blogview/56/1/2/

 
 
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Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
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27 septembre 2006 3 27 /09 /septembre /2006 08:29

Enfin, les candidats PS à la candidature vont débattre entre eux !
 
 
Le PS a finalement adopté une charte pour la désignation du candidat PS à la présidentielle 2007.
 
Trois débats télévisés vont être organisés, ainsi trois autres « grands oraux » en Région.
 
Nous ne pouvons que nous en féliciter. Cela honore notre parti et les militants que nous sommes.
 
Seule Ségolène ROYAL  a émis des réserves sur cette démarche démocratique…
 
A suivre.
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Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
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26 septembre 2006 2 26 /09 /septembre /2006 18:39


Comment choisir le meilleur candidat PS pour gagner les élections en 2007 ?

 
 

La première méthode en vogue actuellement, est de se baser sur l’air du temps, de se référer aux sondages et de faire confiance aux médias.

 

La seconde méthode, consiste à se déterminer en fonction d’un programme, des convictions d’un candidat et de son parcours politique.

 

En effet, il n’est pas indifférent qu’un candidat ait voté « oui » ou « non » lors du référendum sur la constitution européenne, qu’il défende les 35h00 ou prône la flexibilité, qu’il se prononce sur la préservation des régimes de retraite ou leur harmonisation, pour le maintien de la carte scolaire ou son assouplissement, qu’il se réfère au modèle de Tony BLAIR, ou à un autre, etc.

 

Les réponses aux questions posées sont essentielles pour clarifier les clivages politiques qui apparaissent derrière les hommes et les femmes qui les incarnent.

 

Le débat doit s’ouvrir. Lens est une première étape. Il faut saluer la Fédération du Pas de Calais pour l’avoir organisé.  C’est bien plus profitable et respectueux des militants dont on accapare le vote avant qu’il est eu lieu. Cela a beaucoup plus de sens qu’une « grande messe » organisée pour une candidate, fut – elle  dans ma ville de Vitrolles le 29 septembre prochain !

A suivre...

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Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
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25 septembre 2006 1 25 /09 /septembre /2006 21:37

Un peu trop facile…
 
 

Hubert FAYARD, ancien premier adjoint de Catherine MEGRET (1997 - 2001) a témoigné lors du procès contre Bruno MEGRET. Il s’en explique dans un communiqué :

http://hubert.fayard.over-blog.com/article-3910306.html

 

Au travers de la dénonciation de son ancien mentor, il cherche manifestement à "redorer son blason" politique pour de nouvelles aventures en se faisant « recycler » par l’UMP très complaisante à Vitrolles. Il n'est d'ailleurs pas le seul dans ce cas et plusieurs ex FN ex MNR, colistiers des MEGRET ont aujourd'hui leur carte à l'UMP. Vous trouverez plusieurs articles à ce sujet sur ce blog.

 

Les explications que donne Hubert FAYARD sont un peu faciles, et ne peuvent pas faire oublier les propos et agissements de cet homme aux cotés du couple MEGRET pendant 5 ans à la Mairie de Vitrolles.

 
Mes commentaires et remarques sont en rouge.
 
 
Pourquoi Hubert Fayard a témoigné lors du procès Mégret ?


Communiqué de presse de Hubert Fayard (21/09/06)



"Si j'ai témoigné dans cette affaire, c'était pour combattre l’injustice. Je n'acceptais pas que Bruno Mégret fasse supporter ses fautes sur d'autres, à commencer par son épouse, et une fois de plus, en fuyant ses responsabilités.

 
- Pourquoi pas ? Merci de l'info sur Bruno MEGRET
 

Soucieux du respect de la légalité (« Légaliste jusqu’à l’extrême » écrivait à mon sujet l’un des journalistes du Monde, ce que je revendique haut et fort), je suis venu à la barre, comme Franck Timmermans, pour dire la vérité.

 

- Légaliste en politique, signifie respectueux des règles de son parti. Cela ne signifie pas respect de la légalité au sens de la loi. La gestion MEGRET, avec Hubert FAYARD comme 1er adjoint n’a pas vraiment été un modèle de respect de la légalité (voir rapport de la Cour Régionale des Comptes de 2002 sur ce blog).

 

Durant notre premier mandat municipal, avec notre équipe d'alors, nous avions réalisé de bonnes choses et je le dis en toute bonne foi loin de toutes polémiques et de la traditionnelle langue de bois.

- Lesquelles ? La prime de naissance ? La charette ?


Certes, il y a eu des erreurs mais avec le recul, les observateurs locaux reconnaissent que nous avions obtenu en déployant beaucoup d'énergie dans des domaines comme la sécurité, la maîtrise de la fiscalité, la propreté de la ville ou la promotion de la culture, des résultats incontestables !

 

- C’est qui les observateurs locaux ?

- Les statistiques officielles prouvent que la sécurité ne s’est pas améliorée sous la mandature MEGRET, au contraire.

- La privatisation de la propreté a été une catastrophe financière et « sur le terrain » la ville était sale, à tel point que nous avons remunicipalisé le service.

- La culture au sens du FN – MNR, c’était  3 ou 4  spectacles au début et le vide ensuite pendant 5 ans, l’asphyxie des associations, le contôle politique du choix des livres dans les bibliothèques, la fermeture du stadium, etc.

- "La maitrise de la fiscalité", c'était aussi une ville au bord de la faillite en 2002.

- Des résultats tellement incontestables, que les Vitrollais ont chassé les MEGRET en 2002…

 

Mais les ambitions politiciennes démesurées de Monsieur Mégret et la malhonnêté d'autres ont mises à mal les éléments positifs du bilan municipal des trois premières années du 1er mandat, dans lequel j'étais Premier adjoint. C’est d’ailleurs pourquoi, je m’étais opposé à plusieurs reprises sur la gestion de la ville à partir de 1999.

 

- C’est qui « les autres » ?

- Sur quels points s’est – il opposé ?

- Pourquoi dans ces conditions être resté 1er adjoint, 2 ans de plus ?


Par la suite, nous avons assisté à une dérive irréversible qui a conduit à la défaite programmée de Catherine Mégret, programmée car on ne gère pas une ville comme un parti politique en oubliant la défense de l’intérêt général.

- Tout à fait d’accord !

- Mais alors pourquoi encore une fois être resté  1er adjoint de 1997 à 2001 ?

- Pourquoi avoir d’être employé à la Mairie de Vitrolles de 2001 à 2002 ?

- Pourquoi n’avoir quitté le MNR qu’après la défaite de 2002 ?

- Serait – il resté encore 5 ans à la mairie de Vitrolles en cas de victoire des MEGRET en 2002 ?

 

Il y a déjà plusieurs années que j’ai tourné la page et aujourd’hui, ma seule motivation, c’est de participer au renouveau de Vitrolles et à la défense des Vitrollais aux côtés de Christian Borelli dans le cadre de l’équipe de Vitrolles-UNIE, "

 

- C’est le problème de l’UMP de « récupérer » les ex élus de Catherine MEGRET, mais c’est une autre histoire.

 
 

Hubert FAYARD, fait beaucoup de raccourcis sur son histoire politique à Vitrolles. Le fait de dénoncer une « partie de l’iceberg (*) » de la gestion MEGRET ne le disculpe pas de tous ses agissements et condamnations (prime de naissance, etc.) pendant 5 ans à la Mairie de Vitrolles. Ce n’est pas lui qui a révélé l’affaire à la justice, et il n’a quitté le MNR que quelques mois après la défaite de 2002.

 

Chaque homme a le droit de changer et d’évoluer. Je rappelle qu’Hubert FAYARD dans son blog et sur ce blog même, au travers d’un commentaire reste profondément ancré sur des valeurs d’extrême droite qu’il assume totalement. Il n’y a aucune évolution dans ce domaine. S’il se rallie aujourd’hui aux cotés de l’UMP de Chritian BORELLI, il reste totalement d’Extrême Droite avec tout ce que cela signifie…

Pour la petite histoire Bruno MEGRET explique sur son site qu'Hubert FAYARD est parti du MNR, car la ligne MEGRET n'était pas assez dure et prenait des positions en rupture avec l'Extrème Droite, un comble !...

http://www.bruno-megret.com/article.php3?cat=10&id=474 

(*) Propos du juge lors du procès en question contre Bruno MEGRET


 
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25 septembre 2006 1 25 /09 /septembre /2006 08:21

Encore une fois, SARKOZY fait des siennes en voulant remettre en cause la loi de 1905. C'est totalement irresponsable. Laurent FABIUS a pris une position, claire, ferme et précise à ce sujet. Je l'approuve sans réserve !

DH


Déclaration de Laurent Fabius du
22 septembre 2006 :

Touche pas à ma laïcité!
 
 
 

Chers Amis,

 
 
 

Après avoir contribué à mettre le feu à nos banlieues, M. Sarkozy propose désormais d'en finir avec la laïcité à la française. Sa dernière idée est de donner suite à un rapport - le rapport Machelon - qui préconise une révision radicale de la loi de 1905. De quoi s'agit-il précisément ? D'ouvrir la possibilité aux communes de financer la construction de lieux de culte. En fait, cela reviendrait à mettre la politique dans la religion et la religion dans la politique. Les impôts des citoyens financeraient des cultes particuliers. On peut imaginer à l'avenir des campagnes électorales municipales avec pour thème : "votez pour ma liste, et vous aurez une Église, une mosquée ou une synagogue". Ou l’inverse.

 
 
 

Ce serait favoriser le communautarisme, les communautés se repliant sur certaines municipalités pour trouver un lieu de culte à leur convenance. La perspective ? Des conseils municipaux contrôlés par des communautés !

 
 
 

Toutes les dérives deviendraient alors possibles. Le principe d'égalité conduira à interdire de refuser aux uns ce qui est accordé à d'autres, puisque juridiquement tous les cultes se valent. Et dès lors que la notion de secte n'existe pas dans notre droit, tous les pseudo-cultes auront droit au financement public !

 
 
 

Aux États Unis, une telle mesure serait inconstitutionnelle. En Allemagne où le financement des cultes existe, il se fait à travers la contribution de chaque citoyen à l'exercice du culte de son choix.

 
 
 

En France, avec la logique de ce rapport commandé par M. Sarkozy, on en finirait avec la séparation des Églises et de l'État, fondement depuis un siècle de notre pacte républicain.

 
 
 

Je suis et je serai toujours un défenseur de la laïcité. Parce que dans le monde où nous vivons, la laïcité, c'est la paix et la paix, c'est la laïcité. Pour cette raison je suis radicalement opposé à la remise en cause de la loi de 1905. J'appelle à défendre la loi de 1905 et à refuser la révision que propose M. Sarkozy. La laïcité n'est pas un tabou, c'est une chance ! La nôtre.

 
 
 

L'égalité entre les religions, le respect de tous les citoyens, la lutte contre les discriminations ne passent absolument pas par le refus de la laïcité, mais au contraire par sa réaffirmation.

 
 
 

Touche pas à ma laïcité !

 
 
 
Laurent Fabius
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24 septembre 2006 7 24 /09 /septembre /2006 10:40



Il ya quelques mois, je m’étais interrogé sur l’arrivée quasi subite de Ségolène ROYAL sur l’ensemble des médias, et quasiment en même temps. C'était troublant, de voir surgir, sans raison apparente, Ségolène ROYAL du jour au lendemain en tête de sondages, et à la une de l'actualité.


Jean – Jacques CHORRO, des Pennes - Mirabeau, dans le courrier des lecteurs de POLITIS, en donne une explication tout à fait plausible, et qui doit interpeller tous les militants socialistes.


Comme je le dis depuis plusieurs semaines, les militants doivent choisir en leur âme et conscience et non en fonction des sondages qui auraient déjà décidé pour eux...

 
DH

 

Pourquoi Ségolène ? (*)

 

"Récemment, lors d’un JT sur TF1 animé par Claire CHAZAL, François BAYROU a mis les pieds dans le PAF en stigmatisant les liens étroits entre SARKOZY et « des responsables économiques puissants », par ailleurs propriétaires d’une majorité de grands médias français. Il se trouve, a – t – il continué, que ces mêmes grands médias sont à l’origine d’une « orchestration médiatique pour essayer de faire croire aux français que le choix est joué d’avance et qu’ils n’ont plus qu’à se ranger derrière Nicolas SARKOZY et Ségolène ROYAL ».

 

Il est évident que François BAYROU a raison. Mais après avoir dit que « ce choix, naturellement, arrange beaucoup de gens, arrange des intérêts puissants », il oublie malheureusement de nous dire pourquoi !

 

En ce qui concerne le choix de Nicolas SARKOZY, l’explication est évidente : parmi les présidents potentiels, il est celui dont les choix politiques se rapprochent le plus de l’idéal tel que peuvent le percevoir des bétonneurs ou des marchands d’armes.

 

Mais Ségolène, pourquoi Ségolène ? Même si elle est plus perverse, l’explication là aussi est évidente. Ségolène est de tous les candidat(e)s socialistes, déclaré(e)s ou non potentiellement la plus fragile, la moins expérimentée, et, en plus c’est une femme !

 

Or depuis Edith CRESSON, on sait jusqu’à quelles bassesses certains medias peuvent aller lorsqu’ils s’attaquent à une femme placée sur les plus hautes marches du pouvoir.


Le raisonnement a certainement été proche du suivant : tant qu’elle n’est que candidate à la candidature, on monte en épingle tout ce que fait Ségolène ROYAL. On met en valeur la fait qu’elle soit une femme et que c’est le moment pour la France de se féminiser à la tête de l’Etat.

 

On réussit ainsi à la faire monter dans les sondages. On oblige de nombreux dirigeants PS ainsi que les adhérents à se positionner en faveur du seul candidat susceptible de faire gagner la Gauche et à voter pour elle lors de la désignation de novembre.

 

Et, dès qu’elle est officiellement « la » candidate du PS pour la présidentielle, on commence à la casser ! Proprement, bien sûr, en y mettant des formes. Mais je prends les paris : Alors que SARKOZY continuera jusqu’au bout d’être traité avec beaucoup de sympathies, il est évident que si Ségolène est désignée, comme candidate du PS, le discours de nombreux médias à son sujet prendra une tout autre orientation.

 

D’un seul coup, le fait qu’elle soit une femme sera la plus souvent présenté comme un défaut, on montera en épingle la plus petit faux pas, la moindre intervention maladroite, on évoquera son manque d’expérience dans certains domaines, comme la politique étrangère, on cherchera à la mettre en porte à faux par rapport à son parti, etc.

 

Il n’est pas trop tard pour que les adhérents du PS réfléchissent à ce scénario qui leur force la main."

 

(*) Jean-Jacques CHORRO Les Pennes - Mirabeau Courrier des lecteurs POLITIS du 21/09/06

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23 septembre 2006 6 23 /09 /septembre /2006 12:23


Les bullocrates, de Jean - François KAHN (*)

 
 

« Enfermés dans leur bulle, les décideurs coulent, et ils disent que la France coule ». Tel est le résumé succinct du dernier livre de JFK.

 

Une fois de plus, je conseille fortement ce livre à tous les hommes de Gauche et de Droite, sans oublier ceux d’Extrême Droite. L’avantage avec JFK, qui se dit « centriste révolutionnaire », c’est qu’il est capable de faire réfléchir l’ensemble de la classe politique, sans que son argumentaire apparaisse partisan pour un camp ou l’autre. Au contraire, chacun en prend pour son grade !

 

Je conseille aussi ce livre particulièrement, aux hommes et femmes du peuple de droite, qui sont sincèrement conquis par Nicolas SARKOZY. Il faut savoir où se place SARKOZY, et ce qu’il défend réellement. Ce n’est certainement pas les intérêts des « hommes et femmes » d’en bas.

 

JFK se bat aussi contre une France qui coulerait, alors qu’au contraire elle renait. Les bullocrates, en fait l’intelligentsia politique, médiatique, économique, industrielle, tente par tous les moyens, et ils en ont beaucoup, de maintenir leurs privilèges, alors que tout se fissure, et que la bulle est prête à exploser. Quand elle explosera, il faudra repenser une révolution humaniste pour le meilleur… afin d’éviter une révolution de revanche, pour le pire (montée de l'intégrisme religieux d'une part et du populisme d'autre part).


Le credo de JFK, auquel j’adhère, c’est de remettre l’homme au centre de la société et non la finance et le profit pour les actionnaires !

 

Je ne suis pas toujours d'accord avec JFK, il était pour le traité européen, contre les 35h00, mais j’apprécie son coté iconoclaste et penseur de la société française, qu’il replace toujours dans un contexte historique.

 

A lire pour la réflexion, ce livre qui est la continuité des conférences qu’il a tenu en France, et récemment à Berre l’Etang


voir : http://didier-hacquart.over-blog.com/article-2583684.html

 
 

Bonne lecture

 
 
(*) Editions FAYARD
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22 septembre 2006 5 22 /09 /septembre /2006 17:41


Du nouveau sur la planète blog à Vitrolles

 
 

Un nouveau blog d’un militant socialiste Vitrollais vient de se créer.


J’en suis d’autant plus ravi, qu’il soutient la candidature de Laurent Fabius et qu'il est bien fait !

 

Bon surf sur ce nouveau blog…

 
 
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22 septembre 2006 5 22 /09 /septembre /2006 07:27

En finir avec l'affaire du sang contaminé


Soutenir Laurent FABIUS, c’est se prendre sans cesse "dans les dents" l’affaire du sang contaminé. Plutôt qu’esquiver le débat, il importe d’être clair et précis sur ce dossier.

Le plus simple est de reprendre un article p
aru dans L'Express du 04 mars 1999. Cet article a le mérite de mettre sur la table tout le dossier du sang contaminé et du rôle exact de Laurent FABIUS.

Ensuite chacun est libre de penser ce qu’il veut en connaissance de cause.

DH

Référence :
 
 

Dix ans dans la tête de Fabius par Elise Karlin
 

Pendant tout ce temps, le drame du sang contaminé a hanté l'ancien enfant gâté de la politique. Et hypothéqué son destin. Le verdict du 9 mars 1999 lui apportera-t-il la paix ?

 
[’Express en ligne - Au terme du procès de l’affaire du sang contaminé, la Cour de justice de la République a rendu son jugement le 9 mars: Laurent Fabius a été relaxé, par douze voix contre trois, et «réhabilité». En effet, la Cour a non seulement rejeté toutes les accusations portées contre lui, mais elle l’a également crédité d’une action positive, puisqu’il serait intervenu dans des délais normaux et aurait plutôt aidé à l’accélération des dossiers.]
 

«Mais Laurent... Tu es pédé ou quoi?» Juin 1985. Laurent Fabius déjeune avec Serge Moati. Dans la conversation, le Premier ministre explique à son ami qu'il va rendre systématique le dépistage des dons du sang. Le cinéaste n'en revient pas, un instant il s'amuse. Bien sûr, Serge Moati a entendu parler du sida - pour qui connaît un peu les Etats-Unis, le «cancer gay» affole déjà la communauté homosexuelle américaine... Les autres? Pas concernés. Alors, à table, ce lundi-là, Moati se moque de «Laurent», marié, deux enfants. Et il n'est pas le seul: mis au courant le matin du 19 juin, à quelques heures de l'annonce dans l'hémicycle du palais Bourbon, Claude Bartolone ne cache pas non plus sa stupéfaction. Non, vraiment, il ne comprend pas l'intérêt du chef du gouvernement pour une maladie qui tue moins de 100 personnes par an. Un même souci comptable agace d'ailleurs le journaliste François-Henri de Virieu, qui interpelle Laurent Fabius pendant son Heure de vérité, le 4 septembre 1985: «La question que les Français se posent: est-ce que c'est un travail de Premier ministre [...] dans ce pays de, finalement, prendre la tête de la bataille contre le sida, qui fait 80 morts en France, alors que l'infarctus fait 50 000 morts?»

 
Laurent Fabius, à qui la vie n'a rien refusé, a l'arrogance et la légèreté des esprits brillants
 

«Intuition», dira Fabius plus tard. Certes. Mais cet homme a trop peu l'habitude du hasard pour prendre une décision sur sa seule intuition. En juin 1985, une controverse oppose l'équipe du professeur français Luc Montagnier à celle de l'américain Robert Gallo sur l'antériorité de la découverte du VIH. Depuis des mois, la France et les Etats-Unis se disputent le marché des tests de dépistage. «Intuition.» Dans la tête de Laurent Fabius, une petite voix le met en garde. Trop d'enjeux, trop de signes. Un jour, peut-être, pouvoir dire: «J'ai agi.»

Le dépistage systématique annoncé des donneurs de sang tient en quelques lignes dans la presse du 20 juin. Qu'importe: à 38 ans, le plus jeune Premier ministre «donné à la France» n'en finit pas de composer son portrait, dont chaque touche doit éclairer la modernité. Une gestion moderne des affaires du pays, une communication moderne à la télévision, une écoute plus attentive de la société moderne, des minorités... Laurent Fabius, à qui la vie n'a rien refusé, a l'arrogance et la légèreté des esprits brillants. Normalien, agrégé, énarque, distingué par François Mitterrand, il n'a connu que des succès. La morgue du «dauphin» irrite les socialistes? C'est sans importance, il a la confiance du président. Dans les sondages, les Français le portent aux nues et les Françaises le trouvent «sexy». Les premiers revers n'entament pas cette assurance, ni le naufrage du Rainbow Warrior, ni le parapluie dont l'affuble le dessinateur Faizant à la Une du Figaro, ni l'humiliation que lui inflige Jacques Chirac au cours d'un face-à-face télévisé. Rien ne semble pouvoir atteindre Laurent Fabius jusqu'à ce qu'en 1988, malgré le soutien de François Mitterrand, les socialistes lui préfèrent Pierre Mauroy pour diriger le parti. Il découvre le désamour de ses amis politiques, perçoit celui des Français: l'opinion admirait sa prestance, désormais elle le juge glacé. Hier, elle saluait son parcours; aujourd'hui, elle critique une ambition démesurée. La même réserve, qu'elle tolérait avec bienveillance, devient le symbole d'une insupportable condescendance...

 

Ce mur d'indifférence qui paraît l'isoler a grandi avec lui. Dans la maison d'André Fabius, son père, l'émotion se dissimule: «Tout ce qui était personnel, tout ce qui était susceptible de créer un choc, tout ce qui pouvait simplement poser problème, tout cela devait être évacué», écrira Laurent Fabius. Ne jamais aborder l'essentiel. Un jour, l'un de ses amis lui demande ce qu'il lit. «Robert Ludlum», répond Fabius. «En réalité, j'ai découvert qu'il lisait des poésies de Valery Larbaud dans la Pléiade. Mais le dire, c'était presque ouvrir son cœur.» Pour parer l'indécence des sentiments, le cœur se bronze. La politique, cette passion froide, lui offre toutes les raisons de se durcir encore. La «machine» Fabius promet les plus belles victoires, celles des calculs stratégiques, celles qui méprisent l'ennemi pour la fragilité de sa défense.

 
1991-1992: l'engrenage
 

Elu président de l'Assemblée nationale en 1988, Laurent Fabius retouche son autoportrait. Sous les ors de la République, il s'applique à séduire les parlementaires. Moderne, forcément moderne, il communique sur la revalorisation du rôle du Parlement. Il joue sa propre partition et fait entendre sa différence, comme ce matin d'avril 1991, sur Radio-Monte- Carlo. Laurent Fabius connaît de longue date le journaliste qui l'interroge: ils ont fait leurs études ensemble. Après l'émission, la conversation se poursuit dans la rue. «Dis donc, Laurent, tu as vu cette affaire du sang?» Le journaliste fait allusion à un article d'Anne-Marie Casteret, dans L'Evénement du jeudi, sur la contamination en 1985 des lots destinés aux hémophiles. Fabius s'arrête, à peine un instant de silence. Oui, il a lu cet article, il dit qu'il ne comprend pas. De toute façon, en 1985, il a agi très vite, d'ailleurs on l'a beaucoup critiqué. Les deux hommes changent de sujet.

 
Lorsqu'il prend la direction du PS, le 9 janvier 1992, Laurent Fabius est encore dans les médias «l'enfant gâté de la gauche»
 

Cette année-là, comme tous les ans, Laurent Fabius passe le week-end de la Toussaint avec quelques amis. L'Egypte, les rives du Nil, les coups de téléphone réguliers à Paris... Un jour, le président de l'Assemblée nationale revient soucieux de la cabine. Son directeur de cabinet, Jean-Claude Colliard, vient de lui annoncer que la presse le met en cause assez violemment dans le scandale du sang contaminé. La réponse de Laurent Fabius tient en quelques mots: le seul message à faire passer, c'est la rapidité et l'efficacité de la décision annoncée le 19 juin 1985. Il multiplie les coups de fil, s'exaspère des difficultés de ses collaborateurs à convaincre les journalistes. Dès son retour, il les reçoit lui-même, en vain. Il y a des morts, des enfants, des victimes à peine écoutées.

 

Lorsqu'il prend la direction du PS, le 9 janvier 1992, Laurent Fabius est encore dans les médias «l'enfant gâté de la gauche». Malgré les affaires et le juge Van Ruymbeke, qui perquisitionne Rue de Solferino le jour même de son entrée en fonction. Malgré les remugles de la loi d'amnistie. Malgré les militants d'Act up, qui accueillent le nouveau premier secrétaire en brandissant son portrait en noir et blanc frappé d'une main ensanglantée. Dans sa voiture, Laurent Fabius est impassible. Il faut être de ses amis pour remarquer les traits qui se creusent, la mâchoire qui se durcit, cette absence dans le regard. Fidèle à cette image sans aspérité, il l'est encore le 24 juillet 1992, lorsqu'il est entendu comme témoin au procès des responsables de la transfusion. Il dit qu'il veut «s'incliner devant la douleur des victimes», affronte l'indignation de la salle. Dans la rue, Act up hurle sa colère. L'association a déclaré la guerre aux politiques: comme les médecins, ils doivent payer. Inlassable, Laurent Fabius répète qu'il a été l'un des premiers à agir, en 1985. Mais, à quelques mois des législatives, l'opposition ne laisse pas passer sa chance: en octobre, à l'initiative des groupes RPR et UDF, le député gaulliste Bernard Pons demande une saisine de la Haute Cour pour juger Laurent Fabius, Edmond Hervé et Georgina Dufoix.

 

Les déclarations mettant en cause l'ancien Premier ministre se multiplient, à droite, à gauche parfois: à la buvette des parlementaires, Claude Bartolone et Claude Evin en viennent quasiment aux mains. Le député fabiusien du Pré-Saint-Gervais n'a pas supporté une remarque de l'ancien ministre rocardien. Laurent Fabius, lui, se débat pour échapper au piège. Le 11 octobre, il estime que «la demande de constitution de la Haute Cour est une ignominie». Le 31 octobre, il souhaite s'expliquer devant un jury d'honneur, en attendant qu'une révision de la Constitution lui permette de se défendre devant la justice ordinaire. Mais, le 9 novembre, sans l'en avoir averti, François Mitterrand affirme à la télévision que «le devoir actuel consiste à faire élire les membres de la Haute Cour et à la faire fonctionner normalement». Fou de rage, Laurent Fabius assiste en direct au désaveu présidentiel. Personne n'ose lui téléphoner. Le lendemain, l'homme a recomposé le masque. «Il faudra compter avec cela aussi», dit-il à un proche. Le 15 novembre, sur TF 1, il revendique la procédure de la Haute Cour, sans réussir à effacer le soupçon: ses volte-face apparaissent comme autant de manœuvres pour éviter de comparaître.

 
L'opinion le condamne aux profondeurs des sondages, jetant aux oubliettes ses ambitions politiques
 

Le 10 décembre, il croit apercevoir l'issue: le Sénat l'exempte de Haute Cour, faute d' «éléments suffisants». A une écrasante majorité, après un débat passionné, l'équipe de Laurent Fabius, Rue de Solferino, l'engage pourtant à ne pas se désolidariser d'Edmond Hervé et de Georgina Dufoix. Les «éléphants» du parti sont aussi de cet avis. Dans le secret de l'Assemblée nationale, le premier secrétaire réunit le groupe socialiste. L'atmosphère est tendue, les élus sont divisés. «Laurent, tu dois y aller», lui lance André Labarrère. D'autres voix, sa femme, ses amis, Robert Badinter ou l'avocat Jean-Michel Darrois, lui ont soufflé qu'il serait broyé. En dépit des paroles du président, en dépit des avertissements de ses proches, qui lui parlent d'erreur politique, Laurent Fabius ne se résout pas à comparaître. Que cessent les accusations, les calomnies, les menaces sur sa famille. L'échappée est à portée de la main. Dans la confusion, le 16 décembre 1992, les députés socialistes bloquent la procédure en ne votant pas la mise en accusation d'Edmond Hervé et de Georgina Dufoix. Ils pensent ainsi accorder à ces deux ministres l'indulgence consentie à Laurent Fabius par le Sénat. Le tollé quasi général et la fureur des hémophiles ont raison dès le lendemain de cet ultime stratagème. Hagard, le visage défait, Laurent Fabius est contraint d'annoncer devant la presse qu'il votera lui-même l'acte d'accusation qui saisira la Haute Cour, «puisque tel est aujourd'hui le prix de la vérité et de l'honneur». Mais l'opprobre est jeté sur les socialistes: en mars 1993, la sanction électorale laisse le PS exsangue. Dans sa circonscription, en Seine-Maritime, Laurent Fabius est épargné. Ses collaborateurs respirent: «Jusqu'à la dernière minute, on n'y a pas cru. C'était tellement dur, cette campagne, les poches d'encre rouge qu'on nous balançait à la tête, les tracts avec la photo et la main pleine de sang...»

 

Victorieuse, la droite se tait: la responsabilité pénale n'a pas de couleur politique. En avril 1993, Michel Rocard écarte Laurent Fabius de la tête du Parti socialiste. Quant à l'opinion, elle le condamne aux profondeurs des sondages, jetant aux oubliettes ses ambitions politiques. Désormais, Laurent Fabius le sait: pour le débarrasser du doute et lever l'hypothèque, la procédure devra aller au bout.

 
1994: l'opprobre
 

En juillet 1993, au terme d'une révision de la Constitution, la Cour de justice de la République succède à la Haute Cour. En septembre, une nouvelle information judiciaire est ouverte, pour «empoisonnement», à l'encontre des conseillers ministériels, des transfuseurs et des membres de la Direction générale de la santé. Un an plus tard, en septembre 1994, Laurent Fabius, Edmond Hervé et Georgina Dufoix sont mis en examen pour «complicité d'empoisonnement». L'ancien Premier ministre est atterré. Toujours, il a prévu le pire, et toujours il a eu raison. Mais la cruauté des mots le brûle de l'intérieur. Depuis quelques semaines, pourtant, la politique recommençait à lui sourire. Le premier, il a réclamé des frappes aériennes contre les milices serbes en Bosnie. Le premier, il a dénoncé le «verrouillage» de l' «Etat Balladur». Il s'est même pris à songer à l'échéance présidentielle, celle de 2002. Pour 1995, au lendemain du renoncement de Jacques Delors, quelques-uns de ses amis viennent le solliciter. Il se met presque en colère, imagine son premier meeting chahuté par des militants d'Act up. «Ne venez plus me parler de cela.»

 
«C'est un homme complexe, pas un homme compliqué», dit de lui son ami Maurice Benassayag
 

Depuis 1991, sa défense n'a pas changé. Laurent Fabius répète qu'il est l'un des premiers hommes politiques à avoir agi aussi vite dans ce domaine. Il répète qu'en 1985 les avis médicaux étaient contradictoires. Il répète qu'il a brutalisé l'administration française en imposant un délai d'un mois et demi entre l'annonce d'une décision et sa mise en application. Il répète qu'il n'a pas le sentiment d'avoir failli. A l'automne 1995, il tente une réhabilitation littéraire. Il écrit Les Blessures de la vérité (Flammarion), pour répondre à ceux qui s'interrogent: «Laurent Fabius a-t-il une âme?» «Je dois sortir de moi-même», confie-t-il aux journalistes. Dans le chapitre consacré au drame du sang, il plaide encore: «Y arriverons-nous jamais? Je me sens innocent. Je me sais innocent. Mais la confusion dans l'opinion est si profonde, la demande d'expiation est si puissante...» La parole, si longtemps contenue, n'efface pas la raideur. Un trait de plume ne biffe pas des années de réserve. Les mêmes, qui louent sa gentillesse et la qualité de sa présence, racontent que Laurent Fabius peut passer une soirée sans adresser la parole à quiconque, muré dans son silence au milieu du brouhaha. «C'est un homme complexe, pas un homme compliqué», dit de lui son ami Maurice Benassayag.

 
1998: l'épreuve
 

En juin 1997, Lionel Jospin s'installe à Matignon. Laurent Fabius retrouve la présidence de l'Assemblée nationale, mais il est toujours au plus bas dans les sondages. «Dans l'affaire du sang, l'opinion est chienne, soupire le sénateur Henri Weber. Elle veut des responsables à la hauteur de la tragédie, dans une volonté d'expiation commune. On est loin d'une simple soif de justice.» A l'hôtel de Lassay, sans que jamais sa loyauté ne soit prise en défaut, Laurent Fabius se reprend à espérer, sortant du placard le costume du socialiste moderne. Jamais à court de propositions, il retouche encore son autoportrait et entretient son courant. Il n'est pas en situation de présenter une alternative, juste de reconquérir un espace de liberté. En juin 1998, le deuxième réquisitoire de non-lieu du procureur général paraît ouvrir la dernière porte. L'arrêt de renvoi de la commission d'instruction de la Cour de justice de la République la claque brutalement au visage des trois accusés. «J'avais arrêté de fumer depuis douze ans. Quand j'ai lu cela, j'ai allumé une cigarette», raconte l'avocat de Laurent Fabius, son ami d'enfance Jean-Michel Darrois. Dans l'entourage, c'est la consternation. Toutes ces années, ils ont partagé les doutes, bravé les colères et le découragement, ils ont espéré, convaincus que la politique française ne saurait se passer de l'envergure d'un Fabius. Ils voulaient un procès pour s'expliquer, ils devront d'abord se défendre.

 

Laurent Fabius se jette à corps perdu dans son dossier. Il apprend chaque note, connaît toutes les dates, décortique la presse, travaille sur l'état des connaissances médicales de l'époque. Cette fois, il veut en finir. Ecarter enfin l'épée de Damoclès. Il voit des juristes, des légalistes, des psychologues, il dit qu'il cherche à comprendre les victimes. Les amis de Laurent Fabius, réunis à l'hôtel de Lassay, se consacrent à la préparation du procès. Personne n'en parle, mais tous les socialistes y pensent. Bertrand Delanoë, sénateur PS de Paris, peu suspect d'amitié fabiusienne, prend l'initiative de rencontrer dans le plus grand secret le président d'Act up pour l'interroger sur ses intentions. Philippe Mangeot, qui rendra compte de cet entretien aux militants, lui répond qu'Act up s'est battu pour un procès. Aujourd'hui qu'il a lieu, pas question de descendre dans la rue réclamer la tête des ministres. A quelques jours de l'ouverture du procès, Lionel Jospin déjeune à Lassay avec Laurent Fabius. Le mardi 2 février, comme tous les mardis, le président de l'Assemblée reçoit à sa table les parlementaires qui animent son réseau. Les fidèles ont été conviés, une vingtaine. Tous ils sont venus. «Je suis prêt», leur dit Laurent Fabius. Pendant les trois semaines que dure le procès, il écoute, intervient, se défend, profite d'une situation où personne ne paraît en mesure de lui porter la contradiction. Mis hors de cause par le Pr François Gros, son ancien conseiller scientifique, Laurent Fabius fait annuler les témoins dont il avait demandé l'audition. Il a longuement préparé le texte qu'il lit, le 23 février. La main tremble sans qu'il semble pouvoir la maîtriser. Convaincu de sa propre relaxe, Laurent Fabius, très clairement cette fois, exprime un soutien «vigoureux» à Edmond Hervé et à Georgina Dufoix.

 

Déjà, la reconquête de l'opinion peut commencer. Offrir une autre conception de la politique, plus moderne, plus européenne, peser dans le débat: la place laissée vacante est toujours à prendre. Un discours devant les socialistes au moment de la convention Europe, à la fin du mois, quelques meetings pendant la campagne, plus tard, peut-être, un autre livre - la machine n'a rien perdu de son efficacité. «Elle peut devenir une entreprise à recycler les rancœurs, le centre d'accueil des déçus qui n'ont rien obtenu, analyse un dirigeant socialiste. Mais Fabius n'a pas de perspective à court terme, du moins pas au regard de la situation actuelle de Jospin.» Le temps n'a pas d'importance. Laurent Fabius a appris la patience.

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