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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
7 octobre 2006 6 07 /10 /octobre /2006 22:11

Le Chemin de crête par Jean-Luc MELENCHON
 

Nous devons nous préparer à un moment difficile au parti socialiste. Après le dépôt officiel des candidatures, l'ouverture du débat interne nous enjoint de présenter nos arguments.

 

Nous n'avons certes pas attendu pour le faire. Mais dorénavant c'est une obligation pour chacun. Si nous n'avions pas de solides raisons, pourquoi soutiendrions-nous celui-ci plutôt que celle-là ? Mais présenter ces arguments est dorénavant un enjeu en soi. Une nouvelle injonction au silence dans les rangs déverse à plein régime ses flots autoritaires. C'est la quatrième vague de ce style. Pourquoi ? Parce que les semaines de débats sont un vrai enjeu qui peut modifier la donne et percer la bulle d'hypnose hystérisante qui entoure l'actuel Dysneyland de la pré campagne d'investiture socialiste. Comme les précédentes, cette nouvelle déferlante a pour but essentiel d'émanciper les griots d'avoir à justifier par des arguments rationnels les incroyables déclarations de leur chef de file. Cette stratégie de l'empéchement du débat, c'est la principale constante du blietzkrieg des Royalistes depuis le début.

 

Dès le premier jour, les partisans de Ségolène Royal ont commencé leur campagne par un ample terrorisme intellectuel de type sexiste. Toute critique prouvait la misogynie de son auteur. Quoiqu'il dise, il était disqualifié. Un véritable sexisme inversé se mit en place. Quoi que l'on dise, on trouvait toujours l'illuminé de service pour reprendre l'antienne osée par Ségolène Royal elle-même à un journaliste américain qui lui demandait quelle était sa politique étrangère: "est-ce que vous oseriez poser la même question à un homme?"

 

Puis nous avons eu le pilonnage à propos du "front anti-ségo". Dans cet "angle", comme disent les gens de médias, toute critique exprimerait en réalité le point de vue d'un "front anti-ségo". Un front sans contours, sans visage, catégorie disqualifiante, globalisante où rejeter toute critique et celui qui la portait. Peu importait ce qui était dit. Les aventures du "front anti ségo" fournissait la grille globale de lecture dissolvant la validité tout argument particulier dans une catégorie générale de ce qui s'avérerait n'être qu'un prétexte au compte du "front anti ségo". L'expression elle-même "anti-ségo", invention des simplificateurs médiatiques (cinq colonnes barrant une page du journal "Le Monde") jamais vraiment désintéressés, dans sa familiarité, conduisait à donner cette allure de chamaillerie de cour de récréation qui est une autre façon de disqualifier la critique.

 

Cette dénonciation du "front anti-ségo" s'est combinée de longue main avec la mise en scène de la lutte entre les "éléphants et la gazelle". J'ai eu l'occasion de dire que le féminin d'éléphant n'était pas gazelle. Mais on connait le résultat: quiconque contestait la divine s'avérait être en réalité un agent des éléphants, c'est à dire de l'appareil conservateur du parti. C'est sans doute la plus belle réussite de propagande de cette campagne et je veux la saluer. Elle a permis de donner à l'explosion sondagière de Ségolène Royal une allure d'insurrection contre l'appareil du parti. Elle l'a même renforcée. Pourtant, en réalité, au même moment elle redonnait à cet appareil dans sa fraction la plus brutale, une légitimité sans précédent. Chapeau !

 

Ainsi sur "France 2", le soir de l'annonce de sa candidature, une petite trompette klaxonnait en voix off pendant que passaient les images de la foule en délire "seule contre tous Ségolène Royal etc etc..." Cela, le jour même où Mauroy et une rangée de faces de pierre de la bureaucratie de la fédération du nord avaient devancé de quelques heures les génuflexions des autres gentils organisateurs de la fédération des Bouches du Rhône. En arrière plan, les bourreurs d'urnes de l'Hérault saluaient de loin.

 

La gazelle, "seule contre tous", ceux qui n'appartiennent pas à cette bande de rénovateurs échevelés, ne peut compter par ailleurs dans l'appareil du parti que sur les cinq premiers numéros de sa hiérarchie en comptant bien sûr que le Premier Secrétaire est neutre comme cela va de soi. Tout ceci est un montage. Réussi. Joie pure dans la bureaucratie du parti qui a survécu au 21 avril grâce au congrès de Dijon, survécu au "non" au référendum grâce au congrès du Mans sur la ligne "dorénavant c'est comme auparavant". La voici miraculeusement repeinte et légitimée en gazelle pour vendre du Blair à des nigauds qu'on affole avec l'emballage.

 

C'est le moment de la quatrième vague "d'extermination définitive des bandits mal pensant" comme disait Tchang-Kaï-Chek qui finit pourtant à Taïwan, adresse si vivante dans nos mémoires. Les débats télévisés, les débats en général et en particulier, les critiques, tout est de trop. "Il faudra bien qu'ils expliquent pourquoi ils ne veulent pas de la favorite des sondages". Mais ils l'expliqueront en silence et sinon sous les huées. Je forme le vœu que nous soyons en état de relever ce défi. Tous les journalistes, hommes mais aussi femmes, ne sont pas prêts à contribuer pendant cinq semaines de plus au roman photo manipulateur qui s'est mis en place.

 

Quand à nous, nous défendons l'essentiel. C'est à dire le droit pour un militant politique de prendre ses décisions d'après lui-même, ses valeurs, son expérience, sa mémoire, son esprit critique. Le temps du débat est celui de notre honneur au sens intellectuel le plus élevé. Nous ne donnerons pas de leçon, nous. Nous ne demanderons à personne de céder à nos arguments pour quelqu'autre raison que pour leur valeur. Nous allons avoir la tache ingrate d'être les empêcheurs d'aduler en rond. Mais il n'y a pas d'autre chemin praticable pour nous. Avant d'avoir à coller des affiches contre la carte scolaire, pour le permis de séjour saisonnier, l'incarcération des jeunes en centres militaires, la mise sous tutelle des allocations familiales, l'intervention de Bill Clinton au Liban, et les bonnes idées qui viennent de droite ou de gauche, il y a quelques semaines pour être encore de la gauche dans laquelle nous sommes nés.

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Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
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6 octobre 2006 5 06 /10 /octobre /2006 22:24


J’ai déjà évoqué à plusieurs reprises la subjectivité des sondages qui semblent gouverner nos choix, notamment pour la désignation du candidat PS à la présidentielle. 4 Députés PS montent au créneau sur ce sujet.

 

Effectivement, j’avais moi aussi noté, que les sondages parlaient des sympathisants PS qui mettaient Ségolène en tête. Hors, n’en déplaise à certains, ce ne sont pas les sympathisants qui votent en novembre, mais les militants qui ont leur carte à jour. Ce n’est pas du tout la même chose. Le candidat PS est désigné par l'intérieur du Parti et non par l'extérieur...

 

Les militants ne doivent pas être abusés. Ils doivent choisir sur de vraies valeurs, sur de vrais débats.

 
DH
 
 

Quatre députés socialistes saisissent le CSA sur l'objectivité des sondages

 

PARIS, 5 oct 2006 (AFP) - Quatre députés socialistes ont adressé jeudi une lettre ouverte au CSA lui demandant de "rappeler solennellement et publiquement les médias à leur devoir d'objectivité et de rigueur" à propos des sondages consacrés aux primaires au sein du PS.


Selon Pierre Bourguignon (Seine-Maritime), Didier Mathus (Saône-et-Loire), Paul Quilès (Tarn) et René Rouquet (Val-de-Marne), "le véritable matraquage de sondages sur les primaires au sein du PS qu'imposent les médias aux adhérents est devenu insupportable" et "devant tant d'excès, la déontologie des médias est en cause".


Dans la campagne pour l'investiture socialiste, MM. Bourguignon et Rouquet apportent leur soutien à Dominique Strauss-Kahn, tandis que MM. Mathus et Quilès ont pris position pour Laurent Fabius.


Evoquant la récente prise de position de la Commission des sondages, rappelant dans Libération que les sympathisants du PS sondés sur leur préférence, ne sont pas les adhérents socialistes qui vont voter, les quatre députés mettent notamment en cause un sondage Ipsos rendu public jeudi, reposant sur un échantillon de 245 personnes "proches du PS".


"Si l'on considère que cela (le nombre de sympathisants du PS, NDLR) correspond à environ 6 millions d'électeurs pour 180.000 adhérents, les militants représentent 3%, soit dans cet échantillon d'IPSOS, seulement 7 personnes", assurent-ils.


"Les sondages fabriqués dans ces conditions ne peuvent pas être scientifiquement et techniquement fondés", poursuivent MM. Bourguignon, Mathus, Quilès et Rouquet.

"En les présentant de manière fallacieuse et en entretenant sciemment et délibérément la confusion entre adhérents et sympathisants, les médias contribuent à donner à voir aux adhérents du PS une réalité qu'on voudrait leur imposer et qui est certainement de nature à orienter leur choix", concluent-ils.

 
tm/tma/fa
 
AFP 19h07 - 05 OCT 06
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Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
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5 octobre 2006 4 05 /10 /octobre /2006 22:23

L’affaire REDEKER a fait débat sur ce blog. La position de Laurent FABIUS va tout à fait dans un sens qui me convient et que j’ai exprimé sous différentes formes.
 
DH
  
 
Liberté d'expression
 
 

Robert Redeker, professeur de philosophie à Toulouse, a publié une tribune virulente dans Le Figaro la semaine passée. Celle-ci a été jugée « blasphématoire » par des groupes religieux intégristes. Un site internet a publié sa photo, révélé son adresse, et encouragé les « fidèles » à l’assassiner. Depuis, Monsieur Redeker est contraint de se cacher. Sa vie est en danger.

 

Je condamne avec la plus grande fermeté les « fatwas » lancées à son encontre. Elles sont inacceptables dans notre République. La vie de Robert Redeker et la liberté d’expression doivent être défendues. Sans état d’âme. Je suis donc choqué que l’interdiction de parole qui pèse dorénavant sur cet homme ne semble émouvoir que modérément le Ministre de l’Education, Gilles de Robien, qui lui a enjoint, en tant que fonctionnaire, de se montrer « prudent, modéré, et avisé en toutes circonstances ». J’aimerais au contraire que le débat puisse s’engager avec Robert Redeker, qu’il puisse s’exprimer librement et que ceux qui le souhaitent puissent lui apporter la contradiction et démontrer le caractère outrancier de son propos.

 

Pour en avoir le cœur net, j’ai lu la tribune publiée par Robert Redeker dans le journal Le Figaro. Je le dis : cela me semble un mauvais texte, truffé de raccourcis de pensées, d’affirmations sans démonstration et de généralisations abusives. Robert Redeker tente d’accréditer l’idée d’un monde binaire, opposant l’Occident – le camp du Bien – et l’Islam – le camp du Mal. Je ne partage absolument pas cette vision. C’est ignorer que nos sociétés sont complexes, traversées par de nombreuses contradictions. On aurait espéré d’un professeur de philosophie plus de rigueur intellectuelle et moins de provocation. Au demeurant, j’ai pensé que la charge était si violente et approximative qu’elle ne pouvait pas convaincre grand monde. Encore faut-il pouvoir lire cette tribune pour s’en rendre compte.

 

Cet épisode, comme d’autres, est révélateur d’une époque marquée par une offensive de certains religieux. Elle ne concerne pas seulement l’Islam. Rappelons-nous dans un autre contexte le vif débat à propos des racines chrétiennes de l’Europe que certains voulaient inscrire dans le projet de Constitution européenne. C’est une évolution inquiétante car elle construit, petit à petit, un monde où des murs se dressent entre les opinions, où chacun tend à radicaliser ses positions et où l’Autre est rejeté, nié, condamné, excommunié. Pour répondre à cette menace, il faut refuser le prétendu choix binaire que certains aimeraient nous imposer entre concession sur le terrain de la liberté d’expression et diabolisation de l’Autre. Il ne faut pas tomber dans ce piège.

 

Il y a au contraire de la place pour un dialogue exigeant mais serein. A cela, une condition : le respect de règles du jeu communes. Ce cadre minimum de dialogue, de compréhension et d’écoute mutuelle, ce garde-fou empêchant la société de se fragmenter en une multitude de groupes refermés sur eux-mêmes et belliqueux, s’appelle la laïcité. C’est le garant de notre unité nationale dans le plein respect des croyances de chacun. Et c’est tout le sens de mon attachement profond à cette valeur plus que jamais indispensable. C’est pourquoi, j’ai eu l’occasion, dans un billet précédent, de critiquer les prises de position de Nicolas Sarkozy qui témoignent d’une dangereuse dérive communautariste.

 

Pour le moment, Jacques Chirac est resté silencieux dans cette affaire. J’attends de lui qu’il prenne ses responsabilités sur un sujet qui est au cœur de notre pacte républicain. En tant que chef de l’Etat, il lui appartient de rappeler la loi fondamentale : « La France est une République laïque, indivisible, démocratique et sociale ». En ces quatre termes, c’est l’essence de la République qui est exprimée.

 

S’il faut répondre à Monsieur Redeker, c’est avec des mots et seulement avec des mots. Si ses propos sont diffamatoires, il existe des tribunaux pour en juger. Le reste est inacceptable.

 
Laurent Fabius

 
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Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
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4 octobre 2006 3 04 /10 /octobre /2006 22:19


Présidentielles 2007, la Droite du FN à l'UDF au service du MEDEF

 
 

Au delà des batailles internes du PS, pour la candudature, il ne faut pas oublier que l'objectif est de battre la Droite. Il ne s'agit pas d'un objectif pour le simple plaisir, mais d'un réel objectif politique pour faire face  à une politique libérale, dont le meilleur supporter est la représentante du MEDEF. Il importe de bien connaitre les programmes des uns et des autres.


Ces derniers jours Laurence PARISOT, qui souhaite mettre  ses idées et propositions au cœur de la présidentielle 2007 a toutes les raisons d’être satisfaite :

 

A l’université du MEDEF, Nicolas SARKOZY a promis de limiter le droit de grève. Il a annoncé quelques jours plus tard de transformer l’école et l’université en un vivier de main d’œuvre corvéable et licenciable à merci.

 

François BAYROU, a de son coté promis de « libérer le travail », et comme SARKOZY « d’exonérer de cotisations patronales les heures supplémentaires », ce qui sonnerait le glas des 35 heures, déjà bien mises en péril.

 

Dominique de VILLEPIN annonce lui des réductions de l’ISF et de l’impôt sur le revenu.

 

Jean – Marie Le PEN propose d’allonger le départ à la retraite à 67,68 ou 69 ans.

 

Et tous rêvent de remettre en cause les droits de succession, hérité de la révolution Française pour mettre fin aux dynasties de l’argent…

 

Non la Droite et la Gauche, ce n’est pas la même chose. Les vrais programmes politiques de la droite et leurs conséquences sur les citoyens de base que nous sommes doivent être dénoncés. La réalité est trop souvent cachées derrières les paravents de l’insécurité (SARKOZY) , du bouc émissaire (Le PEN, De VILLIERS), du ni - Droite ni - Gauche (BAYROU), etc.

 
A suivre…
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Published by Didier HACQUART - dans Présidentielles 2007
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3 octobre 2006 2 03 /10 /octobre /2006 23:05


Je n’ai jamais caché mes convictions écologiques, et je suis convaincu que l’environnement, la défense de la planète, la fin des énergies fossiles, sont les enjeux majeurs des années à venir.
 
Pour moi, nous arrivons à la limite du mode de fonctionnement du monde actuel, basé sur la finance, la bourse, le profit. A quoi sert – il de trimer pour 10, 15% ou plus de rentabilité en bouse, si notre planète est détruite ?
 
Laurent FABIUS s’est déjà emparé du sujet. Je vous livre son analyse et ses propositions pour faire face à l’urgence écologique.
 
DH
 
29 septembre 2006
 
L'urgence écologique
 

Dérèglement climatique, augmentation des pollutions, catastrophes naturelles, ma conviction est forte et ancienne : le 21ème siècle sera écologique ou ne sera pas. Pour l’homme et pour la planète, c’est désormais une question de survie. Il est grand temps de réagir en faveur d’une écologie active. C’est un de mes sept engagements pour 2007. Je souhaite y revenir dans ce billet car la question écologique devra être au cœur de notre rendez-vous avec les Français.

 

La prise de conscience de cette situation se développe rapidement, y compris aux Etats-Unis, comme le montre l’excellent film de l’ancien vice-président Al Gore et les initiatives prises par certains Etats américains. Mais il reste un décalage considérable entre les discours et les actes. Dans notre pays, la plupart des forces politiques et des candidats à la présidentielle parlent d’écologie, mais bien peu indiquent sur quelles mesures concrètes ils s’engagent pour faire du développement durable une priorité dans tous les domaines de l’action publique.

 

Le bilan de la droite sur ce sujet est consternant : loi sur l’eau vidée de son contenu, plan climat sans mesure contraignante, affaiblissement politique du ministère chargé de l’environnement et réduction très forte de ses crédits, privatisation d’EDF et de GDF qui prive nos concitoyens d’un outil majeur de régulation publique, construction d’un nouveau réacteur nucléaire EPR sans débat et sans perspectives fortes pour les énergies renouvelables, discrédit international avec l’équipée du Clémenceau au mépris de la Convention de Bâle sur les déchets dangereux. Quant aux propositions du candidat Sarkozy, il ne faut pas beaucoup d’effort pour lire entre les lignes l’obéissance fidèle aux lobbies divers qui agissent contre l’écologie.

 

Pour moi, l’urgence écologique est simultanément une urgence sociale. C’est vrai au niveau mondial comme à l’intérieur de nos frontières. Qui sont les premières victimes de la raréfaction des ressources en eau propre ? Lorsque Katrina balaie La Nouvelle Orléans, quels sont ceux que l’administration de M. Bush laisse plusieurs jours sans secours ? Chez nous, qui souffre prioritairement de la montée des prix de l’essence, de l’augmentation du prix de l’eau, de la dégradation de l’environnement urbain ? La politique écologique de la gauche, après 2007, devra s’appuyer dans toutes ses dimensions sur les principes de ce que j’ai appellé depuis longtemps la « social-écologie », qui vise à concilier en permanence la plus haute exigence écologique avec la justice sociale.

 

C’est pourquoi il est important, sur la base de notre projet socialiste, d’approfondir et de préciser nos propositions. Celles-ci ne peuvent se limiter à un discours vague sur l’excellence environnementale ou à des propositions emblématiques, comme l’interdiction de l’expérimentation des OGM de plein champ, qui sont indispensables mais ne suffisent pas. Leur mise en œuvre devra s’appuyer sur un débat démocratique permanent, qui ne se limite pas à recueillir les observations et les propositions, mais qui fournit aux citoyens un vrai droit d’être informé dans la transparence, de donner leur avis, d’alerter et de débattre, et un vrai pouvoir de prendre des initiatives.

 

Plusieurs mesures fortes, sur lesquelles je m’engage, montrent ce que nous entendons faire pour un changement écologique à la hauteur des enjeux :

 

1) Une loi programme fixant sur cinq ans des objectifs contraignants sur les économies d’énergie, les énergies renouvelables, la préservation de l’eau et le développement des transports collectifs

 

Cette loi s’appuiera sur deux mesures montrant clairement notre différence par rapport à la politique actuelle, et indispensable pour atteindre ces objectifs : EDF retrouvera un statut 100% public, et la mise en concurrence de l’énergie pour les particuliers prévue par la droite au 1er juillet 2007 sera immédiatement réexaminée.

En matière de politique énergétique, la priorité aux économies et aux énergies renouvelables se traduira par plusieurs mesures très ambitieuses. Dans l’habitat, la mise aux meilleures normes d’isolation de tous les logements sociaux devra être réalisée sur les cinq prochaines années. Dans les transports, sera mis en œuvre un programme volontariste de ferroutage, jusqu’à présent toujours annoncé mais jamais réalisé. La diversification énergétique se traduira par un accroissement très important des crédits en faveur des énergies renouvelables et de l’habitat écologique.

Face au péril du dérèglement climatique, je proposerai à nos partenaires européens l’adoption d’une fiscalité écologique fondée sur le principe du pollueur/payeur. Et nous mobiliserons la communauté internationale pour qu’une Organisation mondiale de l’environnement voie enfin le jour, capable notamment de sanctionner les pays qui violent le protocole de Kyoto et de faire respecter les exigences environnementales dans les échanges internationaux.

 
2) Agir pour un véritable service public de l’environnement
 

Il n’existe pas en France de service public de l’environnement identifiable par les citoyens. Lorsqu’ils souffrent du bruit ou des odeurs d’une installation industrielle, lorsqu’ils suspectent la présence de plomb dans leur logement, les Français n’ont pas de service de proximité vers lequel se diriger spontanément. Ceci suppose de sortir de l’incantation et de constituer enfin le grand ministère de l’environnement autour des pôles environnement, agriculture, transports et énergie, placé sous l’autorité d’un vice-Premier ministre, Ministre d’Etat chargé du développement durable. Il impose aussi, en matière d’eau et de déchets, de rendre aux collectivités publiques leur pouvoir de décision aujourd’hui limitée dans les faits par certains intérêts privés.

 
3) Un plan national de soutien pour des villes écologiques.
 

80 % des Français vivent aujourd’hui dans les villes et leurs périphéries. Or, la réalité urbaine quotidienne est trop souvent celle du bruit, de la laideur, de l’étouffement. La politique de l’environnement doit améliorer l’environnement quotidien des Français. Pour cela, je veux relancer une politique de lutte contre le bruit et aider à la couverture des périphériques et des grands axes des centres-villes. Il faudra aussi rétablir les aides publiques au transport collectif laminées par la droite depuis 2002 et rééquilibrer les dépenses entre le transport individuel routier, privilégié, et les autres modes de transport. Je propose enfin d’encourager un aménagement du territoire plus écologique, notamment en incitant au rapprochement de l’habitat avec le lieu de travail.

 

4) De vraies initiatives pour la reconquête de nos ressources naturelles.

 

Le patrimoine naturel de notre pays est très dégradé. 75 % des eaux douces françaises sont contaminées par les nitrates et les produits phytosanitaires, la Méditerranée a perdu une large part de ses poissons avec l’envahissement de la taxifolia et la pêche intensive, les sept parcs naturels nationaux sont remis en cause par la loi présentée par le gouvernement, les marais et les rivières s’appauvrissent faute d’entretien et augmentent les risques d’inondations, les terrains durablement pollués se multiplient.

Dans notre pays comme dans le monde, la nature et sa diversité biologique sont en danger. C’est pourquoi il faudra réorienter la politique de l’eau en faveur de la préservation de la ressource, lancer un programme national anti-phytosanitaire permettant de diminuer par deux en cinq ans les volumes répandus par l’agriculture, et renforcer l’action de protection des espaces naturels.

 

5) Un vice Premier ministre, Ministre d’Etat en charge du développement durable

 

La mise en œuvre de ces engagements réclamera l’engagement personnel et constant du prochain Président de la République. Mais, dans la République parlementaire nouvelle que je souhaite mettre en place, où le Président aura le pouvoir d’impulser, le devoir de s’expliquer et le droit d’arbitrer, ce ne sera pas à lui de gouverner. Ne mélangeons pas les rôles. Il importe donc que le ministre en charge de l’écologie dispose de larges pouvoirs et qu’il occupe une position centrale au sein du gouvernement. Pour cela, je souhaite qu’il soit le numéro 2 du gouvernement, en tant que Ministre d’Etat ou vice-Premier ministre. L’écologie accédera alors, enfin, au rang politique que justifie le défi sans précédent qu’elle représente pour l’humanité, pour notre planète et, pour notre avenir commun.

 

Oui, nous sommes en état d’urgence écologique. Répondons-y par des actes concrets. Ce sera notre responsabilité après l’alternance de 2007.

 
Pour en savoir plus :

 
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Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
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2 octobre 2006 1 02 /10 /octobre /2006 21:45


Alain VIDALIES est Député PS des Landes et Secrétaire National aux Entreprises. Je l’ai côtoyé à Paris, rue de Solférino, lorsque j’étais Secrétaire du Groupement National des Socialistes d’Entreprise, du secteur Aéronautique.


Je vous livre son analyse sur les raisons de son choix pour Laurent FABIUS, au travers d’une interview avec les camarades de « rénover maintenant dans la fidélité ».

 
DH


 
Vendredi 22 Septembre 2006
 
 

Alain, avec tes amis de "Rassembler", tu fais partie de Rassembler à gauche. Tu soutiens donc la candidature de Laurent Fabius à l'investiture présidentielle. Quelles sont les raisons de ce choix ?  

 

C’est un choix de raison et de cohérence politique. Mes amis et moi n’avons pas toujours partagé les options de Laurent Fabius, c’est de notoriété publique. Sauf sur un point, fondamental à mes yeux : Sur la défense des valeurs de la République, sur la promotion de la laïcité, Fabius n’a jamais transigé. Le poperéniste que je suis ne fut pas indifférent à son discours du congrès de Dijon sur le sujet. Enfin, contre les intégristes de la décentralisation et de l’expérimentation régionale, il a constamment défendu une certaine idée du rôle de l’Etat.

 

Pour le reste, il est aujourd’hui le seul à avoir réellement pris en compte les leçons du 21 avril. Il sait que le rassemblement de la gauche est la seule stratégie gagnante, et il sait que la convergence politique avec nos partenaires et amis se construit sur la base d’un programme de transformation sociale. En mettant la question sociale au cœur de son projet (pouvoir d’achat, logement, démocratie sociale),  il montre qu’il a compris que ce que notre électorat attend de nous, ce sont avant tout des réponses concrètes pour enrayer la progression de la précarité.

 

D’un point de vue plus personnel, j’avoue que je suis impressionné par son inébranlable détermination. En travaillant à ses cotés depuis quelque mois, j’ai appris à apprécier ses qualités, qui sont celles d’un homme d’Etat. Sa pugnacité, qui fait de lui le plus redoutable adversaire de la droite. Son charisme enfin, qui sera indispensable pour mobiliser notre camp à l’approche des échéances. 

 

Enfin, je pense que nous avons besoin d’un candidat dont l’expérience et la force de caractère s’imposeront immédiatement dans les relations internationales. Au moment où les négociations sur le cycle de Doha sont reportées sine die, sous la pression des Etats-Unis attachés à leurs privilèges, j’ai la conviction que demain la voix de la France devra être portée par un Président de la République qui a été capable de s’opposer à une vision de l’Europe réduite à un grand marché.

 

La sensibilité que tu représentes est engagée de longue date dans la gauche du parti. Comment analyses-tu ce que d'aucuns présentent comme un "tournant politique" chez Laurent Fabius : son engagement en faveur du "non" au TCE, son positionnement à gauche ?

 

Fabius a compris qu’après le 21 avril, rien ne serait pire que de continuer comme avant. L’infléchissement de son discours part de là. Puis vient l’affaire du Traité constitutionnel européen. A cette occasion, il fait un choix majeur. Personnel et politique. Ceux qui résument une telle décision à un choix tactique se font une piètre idée de la politique. Et, accessoirement, laissent à penser qu’on peut jouer l’avenir du pays sur un coup de poker.

 

Sur la question européenne, Laurent Fabius avait depuis longtemps fait part de sa circonspection relativement à la politique menée. Il a consulté, travaillé, écouté. Quand il s’engage finalement pour le « non », le « oui » est à près de 70% dans les sondages. Il se fait traîner dans la boue par la presse, il est mis au ban par le cercle de la raison. Il tient bon. Le oui gagne au PS, on le croit fini. Le non l’emporte dans le pays.

 

Fabius, qui est profondément européen, avait senti que nos concitoyens aspiraient à une réorientation profonde la construction européenne. Il porte un regard lucide et exigeant sur la mondialisation et l’Europe. Il développe une argumentation forte, selon laquelle l’émergence de la Chine et de l’Inde au sein du grand marché mondial transforme radicalement la donne. Ces pays nous égalent pour l’innovation et la technologie. On ne peut pas se contenter de quelques accompagnements à la marge d’un libre-échange généralisé. L’Europe doit être une puissance au service d’une autre mondialisation.

 

Comment tes amis et toi parvenez-vous à exister politiquement, au sein de "Rassembler à gauche" ?  

 

Nous travaillons….beaucoup ! En parfaite intelligence et dans un climat fraternel. Nous partageons tous le même objectif, mais Laurent Fabius respecte notre autonomie de pensée et d’expression. Nous ne sommes pas dans un courant intégré au sens traditionnel : un rassemblement qui s’est opéré autour de la candidature de Laurent Fabius avec des sensibilités qui ont une histoire différente comme les amis de Jean-Luc Mélenchon, ceux de  Marie-Noëlle Lienemann ou ceux de Marc Dolez.

 
Pour en savoir plus :
 
 
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Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
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2 octobre 2006 1 02 /10 /octobre /2006 09:00


Laurent Fabius officiellement candidat à l'inversiture socialiste (*)

 

Laurent Fabius a annoncé formellement, dimanche 1er octobre, qu'il se présentait à l'investiture présidentielle socialiste."Chers amis, chers camarades, j'ai décidé, si les militants socialistes le veulent, d'être candidat à la présidence de la République", a déclaré l'ancien premier ministre qui a fait sa déclaration sous la Halle de Fleurance, devant les militants socialistes du Gers, où il participe à l'université d'automne du collectif "Sauvons la recherche".Il rejoint ainsi Dominique Strauss-Kahn et Ségolène Royal.

 

"J'ai décidé, si les militants socialistes le veulent, d'être candidat à la présidence de la République", a lancé M. Fabius sous les applaudissements des centaines de militants qui l'ovationnaient, en scandant : "Laurent président". "Je veux que dans les mois à venir il y ait un "candidat du pouvoir d'achat" qui parle aux salariés, et qui fera du logement, de l'emploi et de la santé des messages forts de la campagne". "J'aime la France, je la connais dans ses profondeurs" et "elle peut retrouver un rang qu'elle n'aurait jamais dû perdre", a-t-il dit en fustigeant ceux qui parlent de "déclin".

 

"Il s'agit de faire en sorte que dans quelques mois le prochain président de la République soit un socialiste", a-t-il affirmé, en appelant à "une gauche rassemblée autour d'un projet novateur" et affirmant que le gouvernement qu'il mettrait en place serait "composé à égalité de femmes et d'hommes".

 

M. Fabius a fait son annonce sous la halle du bourg, en terre socialiste, devant le président de la région Midi-Pyrénées, Martin Malvy, le député PS et président du Conseil général du Gers Philippe Martin et le maire PRG de Fleurance, Raymond Vall.

 
FABIUS ASSUME SON VIRAGE À GAUCHE
 

Laurent Fabius a déclaré samedi à Cuincy, dans le Nord, "assumer complètement" son changement d'orientation politique, l'expliquant par le fait que lui-même et la gauche "ont gouverné". "Les valeurs du socialisme n'ont pas varié d'un iota (...) mais sur les propositions concrètes, il est vrai que les choses ont changé pour moi", a déclaré M. Fabius lors de l'université de rentrée du courant Forces militantes pour la démocratie et le socialisme (FMDS) de Marc Dolez, rallié à sa candidature.

 

"Si j'ai changé ? Oui, je l'assume complètement", a ajouté l'ancien premier ministre, en faisant allusion à ses engagements très marqués à gauche depuis deux ans, alors qu'il a longtemps eu l'image d'un social-libéral. "Les choses ont changé, d'abord parce qu'on a gouverné et que j'ai gouverné", a-t-il expliqué, évoquant également un "monde qui n'est plus le même". "Tout cela fait qu'honnêtement, je dis aujourd'hui que si le pays doit être redressé, ce doit être par la gauche, que si la gauche veut gagner, ce ne peut être que sur des positions clairement de gauche", a ajouté celui qui avait, comme M. Dolez, soutenu le "non" au référendum sur la Constitution européenne de mai 2005."Ce que je dirai, je le ferai mais je refuserai aussi tout conservatisme", a-t-il promis, très applaudi, appelant au "rassemblement de toute la gauche". Parmi les soutiens à sa candidature, M. Fabius a pu noter celui de Michaël Moglia, secrétaire général du courant "Rénover, maintenant" d'Arnaud Montebourg, rallié, lui, à Ségolène Royal.

 
 
(*) LEMONDE.FR



Déclaration de Laurent FABIUS le 1er octobre 2006

 
 

J’ai décidé, si les militantes et les militants socialistes le veulent, d’être candidat à la Présidence de la République.

 

J’ai pris cette décision parce que la France a besoin de changement. Parce que le changement ne peut venir que de la gauche, de la gauche rassemblée autour d’un projet novateur.

 

Le projet socialiste que je porterai comprendra d’abord l’amélioration du pouvoir d’achat, en particulier par l’augmentation du Smic, des salaires et des retraites. J’engagerai un effort massif pour l’emploi – qui implique des entreprises dynamiques - ; un effort pour l’éducation, la formation et la recherche ; un effort pour le logement et la santé. Avec le nouveau gouvernement qui sera constitué et qui sera composé à égalité de femmes et d’hommes, j’avancerai vers une République parlementaire nouvelle, organisant une vraie responsabilité politique, défendant les services publics et tenants bon sur le terrain de la laïcité. Enfin je me mobiliserai pour relancer et réorienter la construction européenne sur le plan social, sur le plan économique, sur le plan écologique face à la mondialisation et en respectant, bien sûr, les résultats du dernier référendum.

 

Dans ce monde nouveau et rude, la tâche ne sera pas facile. Mais j’ai confiance. J’ai confiance parce que la France, ce pays magnifique et que j’aime, porte en elle des ressources puissantes. J’ai confiance parce que je me suis préparé pour cette tâche. J’ai confiance parce que je sais que la majorité des Français, en particulier les jeunes, ne veulent pas d’une société brutale et précaire que leur prépare Monsieur Sarkozy, mais qu’ils veulent comme nous une France forte, une France juste, une France sûre, une France solidaire : une France forte parce que solidaire.

 

Voilà pourquoi je suis candidat à la Présidence de la République : pour changer et pour gagner. Vive la République et Vive la France !

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Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
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1 octobre 2006 7 01 /10 /octobre /2006 14:47


Monsieur Jean FIGADERE, Conseiller Municipal d’opposition à Vitrolles, ex colistier de Catherine MEGRET (Maire FN puis MNR de 1997 à 2002), nous livre une diatribe contre Salvador ALLENDE.

 
 

Intrigué, après quelques recherches sur Internet, je me suis aperçu que la thèse qu’il défend est très répandue sur les sites nationalistes et d’extrême droite. Est – ce un hasard ?

 

J’ai trouvé sans peine, une analyse pertinente d’Elisabeth ROUDINESCO qui démonte totalement l’argumentaire.

 

Salir la mémoire de Salvador ALLENDE, victime d’un coup d’état « sponsorisé » par les Etats-Unis aujourd’hui ne manque pas de sel, à l’heure où SARKOZY candidat présumé à la Présidentielle vient de faire allégeance au Président BUSH.

 
DH
 
 
La mémoire salie d'Allende
 
Par Elisabeth Roudinesco
 

Psychanalyste. Directeure de recherches à l'Université Paris-VII.
Auteure, notamment, de Jacques Lacan, Fayard, Paris, 1993 ; Histoire de la psychanalyse, 2 tomes, Fayard, Paris, 1994 ; Pourquoi la psychanalyse ?, Fayard, Paris, 1999 ; De quoi demain ... (avec Jacques Derrida), Fayard, Paris, 2001.

 

Comme il l'avait fait avec Heidegger, l'universitaire Victor Farias décrit l'ancien président chilien en nazi.

 
Victor FARIAS
 

On se souvient qu'en 1987 Victor Farias, universitaire chilien, professeur à l'Université libre de Berlin, et ancien élève de Martin Heidegger avait semé le trouble dans la communauté intellectuelle française en publiant un livre dans lequel il prétendait interpréter l'ensemble de l'œuvre du philosophe allemand à la lumière du soutien que celui-ci avait apporté au régime nazi entre 1933 à 1945. L'ouvrage relevait d'une méthodologie pour le moins discutable puisqu'elle consistait à valider des convictions intimes sans jamais les soumettre à l'épreuve du doute et tout en ayant l'air de les déduire d'un savant travail archivistique. Comme Heidegger avait bel et bien été nazi, et que, depuis 1945, de multiples travaux n'avaient pas cessé d'en apporter de nouvelles preuves, Farias bénéficia en France d'une forte sympathie.

 

Emporté par sa passion vengeresse, Farias s'est mis en tête, dans son dernier ouvrage, de désacraliser l'histoire de son pays, en prétendant apporter la preuve que Salvador Allende, mort le 11 septembre 1973, après avoir livré combat contre la junte militaire dirigée par Augusto Pinochet, ne serait en réalité qu'un adepte de la solution finale, antisémite, homophobe et pourfendeur de races inférieures : en bref, un nazi déguisé en socialiste (1).

 
ALLLENDE eugéniste ?
 

Pour comprendre comment Farias a pu en arriver à une telle dérive, il faut revenir à l'année 1933. A cette date, en mai, le jeune Allende, âgé de 25 ans, présenta devant ses maîtres de l'université de Santiago, une thèse pour l'obtention du titre de médecin. Déjà engagé dans la gauche socialiste, il avait pris pour thème de son mémoire la question de l'hygiène mentale et de la criminalité (2).

 

Comme la quasi-totalité des médecins hygiénistes de sa génération, formés à la théorie dite de «l'hérédité-dégénérescence», laquelle avait été importée sur le continent latino-américain dès le début du siècle, le jeune Allende croyait que chaque individu déviant avait des «tares», liées aussi bien à une appartenance dite «raciale» qu'à des traits de caractère ou à des maladies dites «héréditaires» (alcoolisme, tuberculose, maladies vénériennes). Pour traiter l'ensemble de ces pathologies, dont on pensait qu'elles débouchaient sur le crime ou la délinquance, il préconisait la création d'un hygiénisme d'Etat. Et pour les homosexuels, il proposait ­ en citant des cas de l'école allemande ­ un traitement endocrinologique.

 

L’eugénisme des biocrates socialistes allemands

 

En Allemagne, ce furent des médecins des Lumières, ­ Rudolf Virchow (1821-1902) par exemple ­ qui inventèrent la biocratie, c'est-à-dire l'art de gouverner les peuples par les sciences de la vie. Conservateurs ou progressistes, ces hommes de science, intègres et vertueux, avaient pris conscience des méfaits que l'industrialisation faisait peser sur l'âme et le physique d'un prolétariat de plus en plus exploité dans des usines malsaines. Hostiles à la religion, dont ils pensaient qu'elle égarait les hommes par de faux préceptes moraux, ils voulaient combattre toutes les formes dites de «dégénérescence» liées à l'avènement du capitalisme.

 
L’eugénisme sioniste
 

Aussi avaient-ils imaginé l'utopie d'un «homme nouveau» régénéré par la science. Et ils furent imités par les communistes et les fondateurs du sionisme, Max Nordau, notamment, lequel voyait dans le retour à la Terre promise, la seule manière de libérer les juifs européens de l'abâtardissement où les avaient plongés l'antisémitisme et la haine de soi juive.


Favorables à une maîtrise de la procréation et à la liberté des femmes, ces médecins avaient mis en œuvre un programme eugéniste par lequel ils incitaient la population à se purifier grâce à des mariages médicalement contrôlés. Certains d'entre eux, comme le psychiatre freudien Magnus Hirschfeld (1868-1935), dont les ouvrages seront brûlés par les nazis, adhéra à ce programme, convaincu qu'un homosexuel de type nouveau pouvait être créé par la science.

 

L’eugénisme Nazi

 

On connaît la suite. A partir de 1920, dans une Allemagne exsangue et vaincue, les héritiers de cette biocratie poursuivirent ce programme en y ajoutant l'euthanasie et les pratiques systématiques de stérilisation. Hantés par la terreur du déclin de leur «race», ils inventèrent alors la notion de «valeur de vie négative» convaincus que certaines vies ne valaient pas la peine d'être vécues : celle des sujets atteints d'un mal incurable, celle des malades mentaux et enfin celle des races dites inférieures. La figure héroïsée de l'homme nouveau inventée par la science la plus civilisée du monde se retourna alors en son contraire, en un visage immonde, celui de la race des seigneurs revêtue de l'uniforme de la SS.

 
La thèse d’ ALLENDE
 

Dans son mémoire de 156 pages, divisé en six parties, Allende exposait donc, en 1933, de la manière la plus académique, des théories scientistes qui avaient été adoptées à la fin du XIXe siècle ­ sur la lancée du darwinisme ­ par les plus hautes autorités de la science médicale européenne. Mais à aucun moment, il ne se réclamait de l'eugénisme éradicateur qui était en train de devenir en Allemagne la composante majeure de la biocratie nazie. Une seule fois, il employait le terme d'euthanasie pour souligner qu'elle était un équivalent moderne de l'ancienne Roche Tarpéienne d'où l'on précipitait à Rome les condamnés à mort.

 
L’eugénisme de Cesare LOMBROSO
 

Et d'ailleurs, c'est à l'école italienne, et non pas allemande, qu'il empruntait la plupart de ses références, et notamment au célèbre Cesare Lombroso (1836-1909), dont l'enseignement avait marqué tous les spécialistes de l'anthropologie criminelle (ou criminologie). Issu de la bourgeoisie juive de Vérone, ce médecin socialiste avait été l'adepte de la phrénologie avant de mettre au point sa doctrine du «criminel-né» à partir d'une bien curieuse expérience.

 

En 1870, il avait cru déceler dans la boîte crânienne d'un brigand toute une série d'anomalies et, de là, il en avait déduit que l'homme criminel était un individu marqué par les stigmates d'une animalité sauvage. En conséquence, il en était venu à rattacher chaque race à une typologie criminelle spécifique. Dans un texte de 1899 sur «Le délit, ses causes et ses remèdes», il avait décrit les comportements délictueux des Arabes bédouins, de certains Indiens et des Tsiganes, en des termes qui, aujourd'hui, relèveraient d'un jugement racialiste. Et il avait ajouté que la criminalité «spécifique des juifs était l'usure, la calomnie et la fausseté, alliées à une absence notoire d'assassinats et de délits passionnels».

 
L’accusation de Victor FARIAS
 

C'est cette phrase, citée par Allende dans l'avant-dernier chapitre de sa thèse, qui est exploitée aujourd'hui par Farias pour accuser celui-ci, non seulement d'avoir été nazi dès 1933, mais de n'avoir jamais abandonné ensuite son engagement. Sans rien connaître de l'histoire des multiples évolutions de la biocratie postdarwinienne, il se livre donc à une interprétation rétrospective qui ne repose sur aucune étude critique des textes.

 

Certain d'avoir identifié un véritable nazi, Farias poursuit son investigation en affirmant qu'entre 1938 et 1941, Allende, alors ministre de la Santé du gouvernement Frente popular de Pedro Aguirre Cerda, avait rédigé un projet de loi en faveur de la stérilisation des malades mentaux semblable à celui de l'Allemagne hitlérienne.
L'ennui c'est qu'en lisant le texte de ce projet ­ qui ne fut jamais voté ­ on s'aperçoit qu'il ne correspond en rien à une quelconque visée nazie. L'objectif des hitlériens était d'éliminer les malades mentaux et non pas de les empêcher de procréer. La nuance est de taille même si les apparences sont trompeuses.

 

Toujours soucieux de démontrer l'indémontrable, Farias en vient à affirmer, sans autre preuve que son propre témoignage oral, que sous sa présidence, Allende aurait protégé de l'extradition un authentique nazi, le colonel SS Walter Rauff, condamné par le tribunal de Nuremberg pour avoir exterminé 96 000 personnes. Or, quand on lit la correspondance de 1972 entre Simon Wiesenthal et Allende (3), on s'aperçoit qu'il s'agit, là encore, d'un véritable détournement des textes.

 

Rappelant que la Cour suprême chilienne avait refusé en 1963 d'extrader Walter Rauff, Wiesenthal s'adressa à Allende, en août 1972, pour lui demander de faire réviser cette décision. Allende intervint alors auprès de la Cour sans obtenir satisfaction. Dans une lettre datée de novembre 1972, Wiesenthal le remercia chaleureusement. (3)

 

Non content de salir la mémoire d'un homme auquel il voue tant de haine, Farias a fait savoir, dans un entretien daté du 7 juin dernier, qu'il avait demandé aux autorités allemandes de débaptiser tous les lieux qui portent encore le nom d'Allende et d'y apposer celui de la poétesse chilienne Gabriela Mistral (1889-1957), connue pour son engagement chrétien auprès des démunis.

 

Farias s'acharne donc à vouloir destituer l'une des figures les plus populaires, avec celle de Che Guevara, de l'antifascisme latino-américain. Entre les lignes de son essai, on devine la présence d'une conviction délirante, malheureusement répandue aujourd'hui, et qui vise à faire du socialisme une doctrine totalitaire semblable au nazisme ­ l'une étant toujours la face cachée de l'autre ­ et de l'héroïsme révolutionnaire l'expression d'une violence qu'il faudrait bannir de la cité à coups de normalisation des corps et des esprits.

 
Allende, Héros du socialisme


Mais ce que Farias et ses partisans oublient, c'est que personne ne pourra jamais ôter à un héros la décision de sa propre mort. Or, Allende est mort comme un héros, au sens grec du terme, préférant une vie brève à la longue durée d'une vieillesse soumise.


Le 11 septembre 1973, refusant de se rendre à l'ennemi, il fit sortir ses compagnons d'armes du palais de la Moneda puis, à l'aide de son pistolet mitrailleur, il se tira une rafale dans la bouche. Et c'est bien le spectre de cet héroïsme-là qui continue de hanter les consciences méprisables de ceux qui jamais ne connaîtront un tel destin (4).

 
 

(1) L'ouvrage est paru simultanément, en mai 2005, au Chili et en Espagne sous deux titres différents : 1 ­ Salvador Allende. Antisemitismo y eutanasie. 2 ­ Salvador Allende: contro los judios, los homosexuales y otros "degenerados". Cf. également: Heidegger et le nazisme, Verdier, 1987.


(2) Higiene mental et delincuencia. Cette thèse est accessible sur le site de la Fondation Allende.


(3) Cette correspondance est accessible sur le site de la Fondation Allende.

Par Elisabeth ROUDINESCO, directrice de recherches au département d'histoire de l'université de Paris-VII. Libération, mardi 12 juillet 2005, p. 32-33.

 

(4) Plusieurs dizaines de milliers de personnes sont raflées et concentrées dans le sinistre stade de Santiago. Trois mille d'entre elles disparaissent tragiquement dans les geôles militaires, ce qui vaudra un quart de siècle plus tard une inculpation de crime contre l'humanité à Augusto Pinochet.

 
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30 septembre 2006 6 30 /09 /septembre /2006 19:18

Le FN tente désormais de proposer un programme qui serait crédible pour la présidentielle 2007. Outre le fait, qu’il ne l’était donc pas avant, cela prouve que le FN essaie maintenant de devenir respectable en tentant de gommer l’image du passé. Cela se confirme sur le terrain.

 

Beaucoup de jeunes seraient tentés aujourd'hui par le FN (?) . C'est leur droit, mais notre devoir est aussi de les éclairer sur ce qu'est réllement ce parti politique.

 

J’ai la chance ( ?) d’avoir très régulièrement un internaute FN (pseudo CICERON) qui intervient sur mon blog, Lui aussi est sur une  ligne qui voudrait rendre respectable le FN  pour qu’il soit considéré comme un parti politique comme un autre. La lecture attentive de ses commentaires et réactions démontrent en fait le contraire.

 

Le FN ne doit pas être banalisé, même si les médias aujourd’hui semblent oublier ce qu’est réellement ce parti politique. C’est pourquoi, quelques rappels ne sont pas inutiles.

A tous les jeunes militants, qui se disent nationalistes, mais pas d'extrème droite, ce petit rappel ne sera pas inutile...

 
DH
 
 
 

Petite histoire de l'extrême droite française

 
 

Le retour de Jean-Marie Le Pen sur le devant de la scène lors de l'élection présidentielle est l'occasion de se rappeler que le combat contre l'extrême droite n'est jamais fini. L'extrême droite française est née avec le siècle. Un peu d'histoire. Le génie de Jean-Marie Le Pen, c'est d'avoir réussi à fédérer durablement toutes les traditions de la droite dure et extrême qui se sont succédées dans notre pays depuis un siècle. Il y avait toujours eu un parti conservateur en France. Mais l'émergence d'une droite conservatrice dure, révolutionnaire, violente et antisémite trouve ses premières manifestations dans la France de la IIIe République. Après la défaite de 1871, la France est amputée de l'Alsace-Lorraine. Un courant revanchard apparaît qui se nourrit de l'antiparlementarisme et de l'antisémitisme. Les scandales et l'Affaire Dreyfus ouvrent un espace à ce nouveau pan de l'échiquier politique.

 
De l'Affaire Dreyfus au 6 février 1934
 

Le nationalisme français se développe sous l'impulsion d'hommes comme Drumont, Déroulède et surtout Barrès et Maurras. L'Affaire Dreyfus coupe la France en deux, avec, du côté des antidreyfusards, un courant qui s'est structuré autour d'Action française. Mouvement d'intellectuels, doté d'un organe de presse et de groupes violents (les camelots du roi), cette ligue monarchiste, catholique et antisémite va rayonner sur sa génération pendant près d'un demi de siècle.

 

 Après la défaite de l'Allemagne en 1918, la droite dure devient viscéralement antibolchévique. Outre les monarchistes de l'AF, il y les mouvements d'anciens combattants comme les Croix de feu du colonel de la Roque. Aucun mouvement fascisant de masse n'émerge réellement, mais une multitude de ligues ayant plus ou moins en commun, l'antisémitisme, l'antiparlementarisme, l'anticommunisme et un nationalisme exacerbé. Le 6 février 1934, ces mouvements manifestent place de la Concorde, menaçant pour un soir, la République. Dans les années 30, alors que l'Europe voit fleurir un peu partout des régimes autoritaires fascistes, l'extrême droite française rayonne sur le plan littéraire avec des plumes comme Céline, Brasillach ou Drieu la Rochelle.

 
 

Si l'extrême droite est divisée, elle est au moins unie sur un point. Pour elle, la France décline et l'homme de la situation est Philippe Pétain, le vainqueur de la bataille de Verdun. C'est donc à lui que le Parlement abandonne les pleins pouvoirs en 1940 après la débâcle. C'est alors que Pétain met en place la Révolution nationale. Un régime corporatiste, ultra conservateur, catholique dont la capitale est Vichy. Il a avec lui les éléments les plus radicaux du fascisme français comme Jacques Doriot vendu du PCF et qui a fondé un Parti social français, Joseph Darnand qui a fondé une Milice, organisation paramilitaire qui prête main forte aux nazis, Charles Maurras comme autorité morale et Pierre Laval comme chef du gouvernement. Le régime pétainiste collabore avec les nazis avant de s'écrouler en 1944.

 

De la Guerre d'Algérie aux années de plomb

 

La découverte de l'horreur des camps de concentration rejette durablement l'opprobre sur l'extrême droite. Désormais, rien ne sera plus jamais pareil. Même si dès 1949, dans la jeunesse, avec Jeune Nation animé par les frères Sidos, la pensée vichyssoise et fascisante survit. Mais désormais, l'extrême droite est condamnée à rester groupusculaire pour longtemps. Cependant, aux élections de 1956, condamnant le parlementarisme, un parti populiste fait une percée remarquée, c'est l'UDCA de Pierre Poujade avec dans ses rangs, le benjamin de l'Assemblée nationale, Jean-Marie Le Pen.

 

La Guerre d'Algérie est l'occasion d'une résurgence avec le conflit qui oppose les partisans de l'Algérie française au reste du pays. En 1961, un putsch manqué fait apparaître l'Organisation armée secrète (OAS) qui regroupe des militaires et des nostalgiques de Vichy. Cette organisation terroriste agit à la fois en Algérie et en France.

 

Les années 60 qui commencent voient apparaître une extrême droite nostalgique d'un côté et une extrême droite violente, révolutionnaire, à la fois anti-impérialiste et anti-communiste. Son premier combat est de lutter contre le gaullisme. La candidature de l'avocat Pierre Tixier-Vignancour en 1965, dont le bras droit est Le Pen, à l'élection présidentielle recueille plus de 5 % des voix. Pour autant, c'est la première tentative de légitimation par les urnes. L'activisme violent se poursuit dans la jeunesse avec l'émergence de mouvements comme Occident, Ordre nouveau et bientôt le GUD. Rassemblant quelques centaines d'étudiants, ils manient mieux la barre de fer que la théorie politique. Creuset pour une génération qui, majoritairement finit à droite (Madelin, Longuet, Goasguen, Devedjian etc.) ce mouvement est aussi savamment instrumentalisé par les partis de droite.

 

Parallèlement, à la fin des années 60, on assiste à une tentative de mise à jour idéologique pour dépasser le racisme folklorique et donner une structuration scientifique à la pensée d'extrême droite. C'est l'émergence de la Nouvelle droite autour de personnes comme Alain de Benoist ou Bruno Mégret. Cette pensée suinte à droite dans des publications comme le Figaro magazine et tant au RPR qu'à l'UDF.

 
Le Front national
 

En 1972, deux mouvements d'extrême droite, Ordre Nouveau et le Parti des forces nouvelles constituent un parti politique, le Front national pour participer aux élections législatives de 1973. La présidence est confiée à Jean-Marie Le Pen. Le FN se construit sur le modèle du MSI de Giorgio Almirante, un parti néo fasciste ouvertement mussolinien. Le FN reste groupusculaire, en concurrence avec d'autres mouvements qui déclinent rapidement.

 

En 1983, lors d'une municipale partielle à Dreux, le numéro deux du FN, Jean-Pierre Stirbois parvient à se faire élire grâce au soutien de la droite. Dès lors, sur fond de crise, la percée électorale du FN se précise au point qu'il peut atteindre plus d'une trentaine de députés aux élections de 1986. Le parti de Le Pen, par ses succès électoraux, le charisme de son chef et sa capacité à capter à la fois les votes protestataires, à donner un espace d'expression aux idées racistes devient durablement installé dans la vie politique française.

 

En 1995, Le Pen recueille près de 15 % des suffrages à la présidentielle et quatre villes tombent aux mains du FN, dont Toulon. En 1998, l'extrême droite est si bien implantée localement que dans quatre régions (Rhône-Alpes, Picardie, Bourgogne et Languedoc-Roussillon), la droite n'hésite pas à faire alliance avec elle pour en garder ou en gagner la présidence. Au point que les autres formations politiques se déterminent parfois par rapport à lui notamment sur le fond. C'est ce qu'on va appeler la lepénisation des esprits.

 
La lepénisation des esprits
 

Le Pen parvient à fédérer durablement autour de lui toutes les traditions de l'extrême droite française. Et la porosité avec la droite est si forte que la base des partis traditionnels n'est pas si intransigeante avec le FN que leurs responsables politiques. Le Pen alterne entre "dérapages verbaux" et victimisation. Le socle idéologique du FN se structure avec la contribution de brillants théoriciens comme Mégret, Blot et Le Gallou. Ce dernier invente le concept de "préférence nationale" dans lequel il va justifier toute l'idéologie lepéniste basée sur la discrimination systématique des immigrés, l'inégalité des races, le corporatisme, l'inégalité entre les femmes et les hommes, la fermeture des frontières, etc…

 

Mais il y a un débat interne sur la stratégie. Si Le Pen, fidèle à la tradition de la droite révolutionnaire "attend son heure", voulant prendre seul le pouvoir, Mégret s'approprie une pensée gramscienne mal digérée. Il veut conquérir le pouvoir culturel (dominer les référents de la pensée) pour conquérir le pouvoir politique.


Par ailleurs, si Le Pen surfe opportunément sur le "ni droite ni gauche", Mégret, lui, a choisi son camp et il est de droite. Il veut conquérir le pouvoir en s'alliant avec la droite.

 

L'avènement du premier gouvernement d'Alliance nationale de Berlusconi en 1994 avec le soutien l'extrême droite. Ces deux stratégies s'opposent et provoquent une scission au début de l'année 1999 entraînant déclin relatif du FN.

 

Mais si sa dynamique s'est brisée, le FN reste, dans les représentations, le parti de la peur, du repli sur soi et de la discrimination. C'est ainsi que, excités par les discours de la droite sur l'insécurité, perplexes quant à l'avenir, beaucoup de Français ont porté Le Pen en deuxième position lors de l'élection présidentielle le 21 avril.

 
Pour en savoir plus :    http://pluriel.free.fr/fn2.html
 

Fondation du Front national

 

Les fondateurs proposent la présidence à Jean-Marie Le Pen qui s'était retiré de la vie politique pour se consacrer à sa société d'éditions (la SERP) après la dissolution des Comités Tixier le 23 janvier 1966, ce qui avait marqué la dislocation et l'émiettement de la droite nationale en plusieurs partis éphémères.

 

Le 5 octobre 1972 a eu lieu le congrès constitutif du Front national pour l'unité française, communément appelé Front national, l'élection de Jean-Marie Le Pen comme président et du journaliste François Brigneau comme vice-président.

 

Parmi les fondateurs du nouveau mouvement on pouvait relever les personnalités suivantes :

 

Georges Bidault, le successeur de Jean Moulin à la tête du CNR , ancien Président du Conseil et Ministre des Affaires étrangères du GPRF et de la Quatrième République, ayant rompu avec l'attachement à de Gaulle au moment des événements d'Algérie, alors chef du Mouvement pour la Justice et la Liberté, partira presque immédiatement le 12 octobre 1972 tout en conservant des relations d'amitié avec la plupart des nationalistes ;

 

Pierre Bousquet, secrétaire général du Parti de l'Unité Française et ancien de la division SS Charlemagne. Il partira en 1981 ;

 

François Brigneau, pour Ordre nouveau, journaliste à Minute et au Crapouillot, cofondateur avec Antoine Blondin et Pierre Boutang de nombreux journaux comme La Dernière Lanterne qui deviendra La Fronde et enfin Rivarol, ancien des Comités Tixier (sa cassette vidéo sur la campagne).

 

Victor Barthélemy, ancien du Parti communiste français, puis de la LVF, puis secrétaire général du PPF (voir son livre de mémoires Du communisme au fascisme), l'un des deux animateurs français avec Maurice Bardèche du Mouvement social européen, partira en mai 1978 ;

 
 

André Dufraisse, ancien du Parti communiste français, puis du PPF ;


François Duprat, historien, journaliste et personnalité majeure du militantisme nationaliste-révolutionnaire des années 60-70, assassiné en 1978 ;

 
 

Roland Gaucher, célèbre historien du communisme et romancier engagé dans la dénonciation de la dictature dans les démocraties populaires, journaliste à Minute, Initiative nationale Itinéraires, L'Auto-Journal, avec Barthélemy et Brigneau la personnalité la plus influente et la plus décisive sur le nationalisme recomposé de la seconde moitié du XXe siècle.

 

Léon Gaultier, ancien proche collaborateur du Secrétaire général à l'Information du gouvernement du Maréchal Pierre Marion,un des fondateurs de la Milice, il fut l'espace d'un combat sous uniforme allemand sur le Front de l'Est durant l'été 44 (il raconte son parcours dans Siegfried et le Berrichon, paru chez Perrin), il a travaillé après sa sortie du bagne pour l'agence Havas, et a été l'un des cofondateurs avec son ami JMLP de la SERP : s'il n'est pas directement un fondateur du parti, il y participera après dans la traversée du désert mais sera progressivement écarté du cercle des amis de JMLP au début des années 80.

 

Roger Holeindre, personnalité incontournable du nationalisme en France, alors président du Parti de l'Unité Française ;


Alain Robert, pour Ordre Nouveau et le GUD ;

 

Le comité directeur était composé de nationalistes issus du mouvement Ordre nouveau et du mensuel Militant de Pierre Bousquet ; de nationaux, dont Jean-Marie Le Pen et Roger Holeindre ; de centristes anti-gaullistes issus du Mouvement pour la Justice et la Liberté/Unité Française de Georges Bidault.


Le 12 octobre 1972, élection du premier bureau politique, avecJean-Marie Le Pen (président), François Brigneau (vice-président), Alain Robert (secrétaire général), Roger Holeindre (secrétaire général adjoint), Pierre Bousquet (trésorier) et Pierre Durand (trésorier adjoint). Le Mouvement pour la Justice et la Liberté/Unité Française quitte le FN.

 
 
Pour en savoir plus :
 
 
 

Les condamnations de Jean - Marie Le PEN

 
 

Janvier 1960 : condamné pour des menaces de mort proférées à l’encontre d’un commissaire de police.

 
27 avril 1964 : condamné pour coups et blessures volontaires.
 

16 janvier 1969 : condamné à trois mois de prison avec sursis et 20 000 F de dommages et intérêts pour coups et blessures volontaires par le Tribunal de grande instance de Paris.

 

14 janvier 1971 : reconnu coupable par la Cour de cassation d'« apologie de crime de guerre ». La pochette d'un disque édité par la Serp affirmait : « La montée vers le pouvoir d'Adolf Hitler et du Parti national-socialiste fut caractérisée par un puissant mouvement de masse, somme toute populaire et démocratique, puisqu'il triompha à la suite de consultations électorales régulières, circonstance généralement oubliée. »

 

11 mars 1986 : condamné au franc symbolique pour « antisémitisme insidieux » (peine confirmée en appel le 9 juillet). Jean-Marie Le Pen s'en était violemment pris à des journalistes juifs ou d'ascendance juive : « Je dédie votre accueil à Jean-François Kahn, à Jean Daniel, à Yvan Levaï, à Elkabbach, à tous les menteurs de la presse de ce pays. Ces gens-là sont la honte de leur profession. Monsieur Lustiger me pardonnera ce moment de colère, puisque même Jésus le connut lorsqu'il chassa les marchands du temple, ce que nous allons faire pour notre pays. » Et il leur accordait comme circonstance atténuante de n'avoir « appris le français que récemment ».

 

27 mars 1986 : reconnu coupable d'apologie de crimes de guerre dont la déportation pour l'édition d'un disque sur lequel on peut entendre « un hymne du parti nazi » et « Vive Hitler ».

 

16 novembre 1987 : condamné à 3000 F d'amende et 8000 F de dommages et intérêts à verser au Mrap pour « provocation à la haine, la discrimination et la violence raciale » par le Tribunal de Paris à la suite de la distribution d'un tract lors des élections municipales de 1983. Condamné lors du même procès à 5 000 F d'amende pour « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence raciale » pour ses propos lors d'une l'émission du 14 février 1984, selon lesquels « le monde islamo-arabe » constituerait un « danger mortel ». Peines confirmées par la Cour d'appel de Paris (11ème chambre) le 29 mars 1989.

 

8 juin 1993 (pourvoi n°89-83298) : Cassation partielle de l'arrêt de la cour d'appel de Paris du 29 mars 1989 en ses dispositions portant condamnations pénales et civiles du chef du délit de provocation à la discrimination raciale. Pour la cour d'appel, Le Pen « met l'accent sur le "monde islamo-arabe qui actuellement pénètre dans notre pays" et le "danger mortel" pour les français de se voir ainsi "colonisés" ; que de tels propos sont de nature à créer dans l'esprit des français l'idée qu'ils sont menacés dans leur identité même par la présence sur leur térritoire de musulmans venant du tiers monde, à faire naître envers ce groupe déterminé, à raison de sa religion des réactions de rejet et à provoquer des actes discriminatoires voire de violence » 

 

alors que pour la Cour de cassation, « les expressions reprochées au demandeur ne désignaient aucune personne ou aucun groupe de personnes autre que des populations étrangères indéterminées, n'étaient de nature à inciter le public ni à la haine, ni à la violence, ni à la discrimination raciale et n'avaient pas dépassé les limites du droit à la libre expression sur le phénomène de l'immigration, la cour d'appel a dénaturé les propos incriminés et fait une fausse application de l'article 24 alinéa 6 de la loi du 29 juillet 1881 » 

 

23 mai 1991 : condamné par la Cour d'appel de Lyon pour « utilisation du terme SIDA pour stigmatiser l'immigration qui représenterait un danger aussi grave que la maladie porte une atteinte intolérable à la dignité des malades, qui ont droit au respect et à la solidarité et également une atteinte intolérable à la dignité des populations immigrées ».

 

18 décembre 1991 : condamné par la Cour d'appel de Versailles pour « banalisation de crimes contre l'humanité » et « consentement à l'horrible » pour avoir déclaré : « Je me pose un certain nombre de questions. Je ne dis pas que les chambres à gaz n'ont pas existé. Je n'ai pas pu moi-même en voir. Je n'ai pas étudié la question. Mais je crois que c'est un point de détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale. [...] Si, c'est un point de détail ! Voulez-vous me dire que c'est une vérité révélée à laquelle tout le monde doit croire, que c'est une obligation morale ? Je dis qu’il y a des historiens qui débattent de ces questions. »

 

3 juin 1993 : condamné à 10 000 francs (1 524 euros) d'amende par la Cour d'appel de Paris pour son « Durafour-crématoire » (prononcé après l'appel de Michel Durafour à « exterminer le Front national ») « injure publique » au ministre de la Fonction publique de l'époque, Michel Durafour. Le 7 décembre de la même année, la Cour de cassation a rejeté son pourvoi.

 

8 novembre 1995 : condamné à un redressement de 1,4 million de francs pour « oublis de plus-value boursière et sous-estimation de loyer ».

 

15 novembre 1996 : condamné pour « atteinte gravement portée à un magistrat ».

 

6 janvier 1997 : condamné à 6 000 F d'amende par le Tribunal de Strasbourg pour avoir qualifié l'association Ras l'front de « mouvement de tueurs de flics ».

 

4 juillet 1997 : condamné par le Tribunal de Paris pour propos racistes.

 

26 décembre 1997 : condamné à 300 000 F de consignation pour diffusion du jugement dans des journaux, à un franc symbolique de dommages et intérêts à onze associations plaignantes et à payer leurs frais de justice par le Tribunal de Nanterre pour « banalisation de crimes contre l'humanité, consentement à l'horrible », pour avoir dit que « dans un livre de mille pages sur la Seconde Guerre mondiale, les camps de concentration occupent deux pages et les chambres à gaz dix à quinze lignes, ce qui s'appelle un détail ».

 

2 avril 1998 : condamné à deux ans d'inéligibilité (réduits à un an par la cour d'appel, qui ajoute 8000 F d'amende) et trois mois de prison avec sursis par le Tribunal correctionnel de Versailles pour « violences en réunion » et « injures publiques » (faits requalifiés par la Cour d'appel en « violences sur personne dépositaire de l'autorité publique dans l'exercice de ses fonctions ») pour avoir agressé la maire et candidate socialiste Annette Peulvast-Bergeal (qui portait son écharpe d'élue) lors des législatives de 1997.

 

9 septembre 1998 : condamné au franc symbolique pour avoir présenté une tête en carton à l'effigie de Catherine Trautmann lors d'un meeting du Front national en 1997.

 

 10 septembre 1999 : La Cour d'appel de Versailles considère que la réitération des propos pour lesquels il a déjà été condamné, i.e. « le point de détail », sur le fondement de l'article 1382 du Code civil (responsabilité délictuelle), caractérise le trouble illicite et confirme le jugement de première instance. (MRAP, avril 2002)

 

10 juin 1999 : condamné à 12 000 DM (environ 6 000 €) d'amende par le tribunal d'instance de Munich pour incitation à la haine raciale et apologie de crime de guerre, i.e. « le point de détail » (MRAP, avril 2002)

 

2 avril 2004 : Le tribunal correctionnel de Paris a condamné Jean-Marie Le Pen à 10 000 euros d'amende pour provocation à la haine raciale, en raison de propos tenus l'an précédent dans une interview au quotidien Le Monde (il avait déclaré notamment « Le jour où nous aurons en France, non plus 5 millions mais 25 millions de musulmans, ce sont eux qui commanderont »). Jean-Marie Le Pen devra également verser 5 000 euros de dommages et intérêts à la Ligue des droits de l'homme et la même somme à la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), qui étaient parties civiles. Décision qui sera confirmée le 11 mai 2006 par la chambre criminelle de la cour de cassation.

 
Et pour finir (?) :
 

Jean - marie Le PEN sera jugé les 8 et 9 juin 2007, pour "complicité d'apologie de crime de guerre", après avoir déclaré dans le journal d'extrème droite RIVAROL "que l'occupation allemande n'a pas été particulièrement inhumaine".

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Published by Didier HACQUART - dans FN - MNR et Extrème Droite
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29 septembre 2006 5 29 /09 /septembre /2006 16:05

N’importe quoi !
 
 
Monsieur FAYARD, ex FN, ex MNR, recyclé par l’UMP veut faire ses « choux gras » de l’incident qui s’est produit à Vitrolles où des agents de la Police Nationale se sont fait agresser (*)
 
Que l’on soit clair, ce qui s’est passé est tout à fait condamnable et indamissible, là n’est pas la question.
 
Par contre, faire porter le chapeau à l’équipe de Guy OBINO est un peu fort !
 
Que je sache, la sécurité des citoyens est du ressort de l’Etat. Il me semble que lors de la dernière Présidentielle, que Jacques CHIRAC aidé par SARKOZY en avaient fait le thème central de la campagne.
 
Ce qui s’est passé est simplement l’échec de la politique SARKOZY.
 
Certes aujourd’hui Monsieur FAYARD après être passé par le FN, le MNR et aujourd’hui aux cotés de l’UMP auprès d’Eric DIARD Député de la XIIème circonscription, a du mal à faire porter le chapeau à son nouveau mentor.
 
Dans une pratique de désinformation, qui lui est coutumière, il met en photo un policier municipal pour illustrer son article, alors que ce sont des Policiers Nationaux qui ont été molestés. La voiture brûlée en photo n'a strictement rien avoir avec les faits. C'est aussi la technique des amalgames qui est utilisée...
 
Il oublie aussi de dire, qu’il manque des effectifs au Commissariat de Police de Vitrolles, comme le relatait un récent article paru dans la Provence. Qui est responsable de la Police Nationale ? Qui est responsable des effectifs dans les commissariats ? Il me semble bien que ce soit SARKOZY plus prompt à faire du vent qu’agir sur le terrain !
 
Pour finir, dernièrement, j’entendais François BAYROU sur une radio s’étonner que l’ordre était toujours donné aux policiers de ne pas rentrer aux TARTERETS. Il « s’étonnait » que SARKOZY après avoir fait campagne sur l’insécurité en 2002, que de tels ordres soient toujours donnés (de 2002 à 2006). Il constatait un terrible décalage entre le discours, le tapage médiatique et l’efficacité réelle de l’action de SARKOZY…
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