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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
14 décembre 2007 5 14 /12 /décembre /2007 05:52

 


Trop de simplification tue la simplicité !

 
 
 
 
 

Tout d’abord le code du travail va être simplifié. Très bien, quoique (voir dossier à ce sujet) ! Cela donne 1761 articles supplémentaires. Naïvement j’aurai pensé que le Dalloz serait moins gros, mais bon…

 
 
 

Le Traité pour une Constitution Européenne de 2005 (TCE), s’est transformé en un mini-traité simplifié. Très bien, quoique (voir dossier à ce sujet) ! Naïvement je pensais que cela donnerait un traité encore plus lisible que celui de 2005. Et bien en regardant les infos de Canal+ ce matin, j’ai découvert que le mini-traité simplifié, est un énorme pavé à la louche d’un peu moins d’une dizaine de centimètres d’épaisseur ! Heureusement que ce traité de Lisbonne est à la fois « mini » et « simplifié », sinon…

 
 
 

Par ailleurs, le commentateur rapportait que « Bruxelles » s’inquiétait de savoir comment faire comprendre aux responsables des gouvernements européens ce mini-traité simplifié, tellement le document était épais… Véridique !

 
 
 

Est-ce aussi anodin de déformer le sens des mots ? Le choix du vocabulaire est –il le fruit du hasard ?

 
 
 

Un code du travail simplifié, dans l’imaginaire, c’est la fin de « lourdes contraintes ».

 
 
 

Un mini-traité simplifié, dans l’imaginaire, c’est un traité dont on a retiré les points qui posaient problèmes en 2005. Le terme de mini, donc tout petit, rassure. Simplifiée, l’Europe devient compréhensible pour tout le monde, etc.

 
 
 

A suivre…

 
 
 
DH
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Published by Didier HACQUART - dans Réflexions
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13 décembre 2007 4 13 /12 /décembre /2007 06:17

 


Il est très difficile en France de se faire une idée précise sur Hugo Chavez. L’homme est complexe et souvent décrié dans les médias.

 
 
 

Il était accusé avec son référendum de vouloir se tailler une constitution sur mesure pour être Président à vie. Mais as - t – on déjà vu un présumé dictateur accepter le choix de son peuple ?

 
 
 

La réalité est donc certainement plus complexe que ce que l’on veut bien nous expliquer ou nous faire passer comme message en France. Et n’oublions pas qu’Hugo Chavez fait beaucoup de choses dans son pays avec la manne pétrolière, et qu’il est ainsi dans la ligne de mire des Etats-Unis.

 
 
 

 

Je vous livre donc l’analyse de PRS sur le référendum qui vient de se passer au Venezuela…
 
 
 

A méditer…

 
 
 
DH
 
 
 

 


Venezuela : retour sur un référendum

 
 
 
 
 

Le 2 décembre, les Vénézuéliens se prononçaient par référendum sur un projet de réforme de la Constitution qu’ils avaient adoptée en 1998 déjà par référendum. L’échec de Chavez à ce scrutin n’a été que très rapidement traité par la plupart des médias qui ont paru presque déçus que l’attitude du président vénézuélien les prive d’une nouvelle occasion de le traiter de dictateur. Il y a pourtant beaucoup à apprendre de ce vote.

 
 
 

Un résultat serré et ambigu

 
 
 

Au-delà de leur portée juridique immédiate, le rejet de la réforme constitutionnelle, les résultats du référendum du 2 décembre ont une signification politique plus compliquée. Certains médias occidentaux ont rapidement prétendu y voir un renversement de majorité politique mettant d’emblée l’opposition en situation de revenir au pouvoir. L’opposition locale ne s’est elle-même guère aventurée sur ce terrain. Car le non l’emporte de justesse avec 50,5% et 110 000 voix d’avance, avec une faible participation de 55%. Cela signifie que 28% des électeurs vénézuéliens inscrits sur les listes électorales ont effectivement voté contre la révision proposée par Chavez. Pas de quoi parler de majorité anti-chaviste dans le pays. D’autant qu’en nombre de voix, le Non ne dépasse que de 200 000 voix le score habituel de l’opposition. Celle-ci pavoise d’autant moins que le Non n’a même pas toujours été majoritaire dans ses fiefs électoraux. Ainsi le Oui l’emporte avec 52% dans l’Etat d’Aragua, dont le gouverneur était pour le Non, et dont le général Baduel, figure médiatique du Non, est originaire. A cela s’ajoute le fait que les propositions d’amendements à la réforme proposées par l’Assemblée Nationale, qui faisaient l’objet d’un vote distinct, ont été rejetées plus nettement (à plus de 51%) que celles de Chavez. Pourtant ces propositions atténuaient sur plusieurs points la réforme proposée par Chavez, notamment en prévoyant des garanties renforcées en matière de pluralisme.

 
 
 

Que peut alors signifier ce vote ? Tout simplement que les électeurs ne voyaient pas l’utilité de réformer la constitution. Cette interprétation est confirmée par l’ampleur de l’abstention (45%), qui tranche avec la forte participation (plus de 70%) qui avait marqué la réélection de Chavez il y a à peine un an avec 63% des suffrages et près de 7,5 millions de voix. Plus de trois millions d’électeurs chavistes n’ont pas vu cette fois-ci l’utilité d’aller voter.

 
 
 
Quelles leçons tirer pour la gauche ?
 
 
 

La révolution démocratique engagée par Chavez depuis 1998 au Venezuela étant la plus radicale de toute l’Amérique latine, l’échec de ce référendum doit interroger les militants de gauche sur les moyens de construire une alternative à l’ordre dominant de notre époque.

 
 
 

Deux questions viennent à l’esprit. D’abord quelle est la bonne méthode pour changer la constitution, c'est-à-dire la règle du jeu dans un pays ? Ensuite une transition démocratique vers le socialisme suppose-t-elle nécessairement des changements constitutionnels et lesquels ?

 
 
 

Sur le premier point, c’est à la lumière de la précédente expérience constituante de 1998-1999 au Venezuela qu’il faut répondre. A l’époque, le peuple avait élu une assemblée constituante chargée d’écrire une nouvelle constitution qui avait été ensuite très largement approuvée par référendum. Cette méthode permet d’obtenir un consentement très large de la population à la règle du jeu du pays, bien au-delà de la majorité qui soutient la politique chaviste.

 
 
 

En faisant cette fois-ci l’économie d’une assemblée constituante, Chavez a au contraire semé le doute dans une partie de la population sur la légitimité même de la nouvelle règle du jeu qui était proposée.

 
 
 

Il faut ensuite se demander si la nature socialiste d’une politique a besoin d’une traduction constitutionnelle pour transformer durablement une société. La réforme constitutionnelle proposée voulait en effet introduire dans la constitution des références économiques et sociales aussi bien générales (référence à l’économie mixte et au socialisme) que très précises (extension de la sécurité sociale aux travailleurs de l’économie informelle et journée de travail de 6h et semaine de 36h).

 
 
 

Or aucun obstacle juridique majeur n’empêchait d’engager ces avancées dans la constitution actuelle. Les citoyens ne pouvaient donc pas comprendre pourquoi on voulait à tout prix réviser la constitution sur ces points. La seule véritable condition constitutionnelle qui permet une transition possible vers le socialisme est en effet la garantie de la souveraineté du peuple dans tous les rouages du pays. Et c’était précisément l’objet de la constitution de 1999 que de rétablir cette pleine souveraineté populaire. Essayer de ficeler le contenu d’une politique dans une constitution jette au contraire le doute sur la capacité réelle du peuple à exercer sa souveraineté. On se rappelle d’ailleurs que la tentative de constitutionnalisation des politiques libérales dans la constitution européenne avait pesé lourd dans les raisons des refus français et néerlandais lors des référendums de 2005. La comparaison avec le référendum vénézuélien peut même aller plus loin. Dans les deux cas, on a pu observer que le peuple se méfie volontiers, et à raison, des textes longs et complexes : la réforme vénézuélienne comportait 69 articles sur 40 pages et près de 5 thèmes très différents.

 
 
 
Les Etats-Unis et les médias pris de cours
 
 
 

Les principaux médias occidentaux avaient déjà écrit leur scénario. Le dictateur Chavez allait gagner de justesse son référendum en terrorisant son peuple. Une victoire du Oui était donc discréditée d’avance. Pour mettre en place cette mise en scène, les médias n’ont reculé devant rien. Dans la presse écrite, c’est Courrier International qui a été le plus bestial avec sa une présentant sur le même plan Chavez et Poutine en nouveaux dictateurs. A la télévision, on peut également citer le florilège de sarcasmes entendus à l’occasion de la visite de Chavez en France le 20 novembre : « dictateur en herbe », « néostalinien », « clown », « saltimbanque… ».

 
 
 

Dans cette surenchère, les médias ont fini par devenir eux-mêmes encore plus caricaturaux que le personnage qu’ils cherchaient à discréditer. Cette mise en scène fut d’autant plus ridicule qu’elle tomba complètement à plat avec les résultats du référendum et l’attitude irréprochable de Chavez, reconnaissant immédiatement le résultat alors même qu’il est serré, et saluant tous les électeurs, alors qu’on lui prêtait des velléités de couper le pays en deux. Ce ne sont pas seulement les journalistes qui sont tombés de haut.

 
 
 

Les Etats-Unis d’Amérique ont aussi fait pâle figure. Dans la journée du vote, le département d’Etat américain avait mis en effet bruyamment mis en cause l’impartialité du Conseil National Electoral, en sous entendant que le résultat serait entaché d’irrégularité. A peine quelques heures plus tard, le même département d’Etat saluait le triomphe de la démocratie alors que le Conseil National Electoral venait d’annoncer la courte avance du Non.

 
 
 

Sans même parler du résultat, la principale leçon de ce vote sera donc qu’au Venezuela on reconnaît que seul le peuple peut changer ou défaire ce qu’il a décidé par référendum.

 
 
 

Une exigence démocratique qui va de soi pour Chavez, là où les chefs d’Etat européens font exactement l’inverse dans leurs pays. Alors que 11 référendums avaient été prévus en 2005 sur la Constitution européenne, plus aucun pays ne propose d’en organiser un sur le nouveau projet de traité européen. On attend que les médias le relève.

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Published by Didier HACQUART - dans Réflexions
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11 octobre 2007 4 11 /10 /octobre /2007 06:57

 


Vatos Locos, une association qui met à l’honneur la ville de Vitrolles

 
 
 

L’association Vatos Locos de Vitrolles est régulièrement mise à l’honneur dans la presse locale. Cette association très dynamique a développe principalement son activité autour de l'audiovisuel.

 


Née d'une communion entre vidéastes professionnels et passionnés de cinéma, V.L.V ambitionne de développer le secteur audiovisuel sur la ville de Vitrolles et ses alentours.

 


Les courts métrages réalisés par l’association Vitrollaise ont été primés à plusieurs reprises.

 
 
 

Je tenais à saluer cette association qui met à l’honneur notre ville de Vitrolles.

 
 
 

Pour en savoir plus je cous conseille leur site internet :

 
 
 
 
 
 
Vous pourrez découvrir leurs productions.
 
 
 
DH
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22 septembre 2007 6 22 /09 /septembre /2007 07:13

 


PRS était bien évidemment à la fête de l’humanité. L’idée d’une nouvelle force à gauche fait son chemin, si l’on en croit le succès du débat organisé sur ce thème par PRS.

 
Je n’y étais malheureusement pas, mais je ne résiste pas au plaisir de vous faire part des impressions des camarades sur place, ni des interventions à la tribune 
 
 
A suivre…
 
 DH
 

 

PRS à la Fête de L’Humanité, organise un débat sur  l'initiative pour une force politique nouvelle à gauche !

 
 
 
 
 


Samedi 18h : il est déjà tard mais c’est l’heure de notre initiative « la gauche a besoin d’une force politique nouvelle ». Très vite, l’affluence dépasse tous les pronostics. Vingt minutes avant l’heure annoncée, le stand est déjà plein. Pendant plus d’une heure, une foule considérable se masse à ses portes, débordant largement dans la rue au point de rendre le passage difficile. Il paraît que cela fut le deuxième plus grand meeting de la Fête, après celui des quatre dirigeants de partis de gauche à l’Agora de l’Humanité! Et nous n’avions ni télévisions ni journaux pour l’annoncer. C’est dire que l’appel à une force politique nouvelle répond à une attente forte dans le peuple de gauche. Plus de 500 personnes ont ainsi écouté les interventions de huit responsables de premier plan, représentant diverses sensibilités de la gauche, venus déclarer ensemble leur disponibilité pour une telle entreprise. Bien sûr un tel message lancé dans la Fête de l’Humanité s’adressait tout particulièrement aux communistes qui préparent en ce moment un Congrès exceptionnel, car sans eux une telle force ne serait pas possible. C’est dire qu’il ne s’agissait pas simplement d’un débat, mais d’une proposition. Après ce succès, on peut être sûr que celle-ci fera son chemin dans les têtes bien après que les derniers stands de la fête auront été démontés.

 
 
 

Pour vivre - en miniature- cet événement, vous pouvez retrouver des extraits vidéos des interventions de nos invités ainsi que le discours de conclusion de Jean-Luc Mélenchon.


 


M.Dolez pour une force politique nouvelle à gauche
envoyé par pourlarepubliquesociale



 

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30 août 2007 4 30 /08 /août /2007 07:13

 


Quand les États abdiquent face aux multinationales,

 

Entretien avec Laurence Kalafatides et Raoul-Marc Jennar

   
Mieux comprendre les enjeux de l'AGCS et de l'OMC.
   
 Laurence Kalafatides et Raoul-Marc Jennar ont accordé un entretien à René Balme, 
Secrétaire Général du Réseau et maire de Grigny 69520 à l’occasion de la sortie de leur
ouvrage : "L’AGCS. Quand les états abdiquent face aux multinationales".
   
 Engendrée sous la pression des milieux d’affaires, assemblée dans les couloirs de 
l’Organisation mondiale du commerce, une formidable machine à détruire les services
publics mondiaux entre en action : l’Accord général sur le commerce des services, plus
connu sous son sigle AGCS. Son objectif : libéraliser tous les services en supprimant un
à un les obstacles au commerce. L’AGCS autorisera par exemple une multinationale à
poursuivre pour concurrence déloyale une commune qui subventionne sa cantine scolaire.
 Chercheurs indépendants, Raoul Marc Jennar et Laurence Kalafatides expliquent les 
origines et les conséquences de cet accord. Sa mise en oeuvre faisant l’objet de
négociations successives, l’AGCS menace à terme l’enseignement, la santé, la culture et
l’accès à l’eau potable. Comprendre le fonctionnement de cette canonnière libérale
conçue hors de tout contrôle démocratique, c’est se donner les moyens de l’enrayer.
 

L’Entretien  a  été  filmé  par  ViVé  www.vive-fr.org,  école  de  vidéo  et  de  TV participative basée à Grigny 69520.

 

 


Evidemment, je conseille l’achat du livre en question.

 

DH

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22 août 2007 3 22 /08 /août /2007 07:28

 


Nouveau traité européen, il ne modifie en rien l’orientation néolibérale de l’Europe !

 
 
 
 
 

Vous trouverez ci-joint, l’accès au texte du nouveau traité européen, ainsi que le texte d’intervention d’Aurélie TROUVE d’ATTAC, lors de  l'université d'été d'Attac Allemagne, ci après un texte tiré de mon intervention sur le nouveau "traité modificatif" européen. Pour info (ou rappel) concernant ce traité, un premier projet de texte a été présenté le 24 juillet suite au mandat donné par le conseil européen de juin (projet de traité disponible à cette adresse :

 
 
 
http://www.consilium.europa.eu/cms3_fo/showPage.asp?id=1317)
 
 
 
 
 
 
 

A relire, l’analyse de Francis WURTZ, Député PC Européen, membre de Gauche Avenir.

 
 
 

La mobilisation est de mise et je rappelle l’appel pour un référendum :

 
 
 
 
 
 A suivre.
 
 
 
DH
 
 
 
 
 

Le « traité modificatif » ne modifie en rien l’orientation néolibérale de l’Europe ! par Aurélie TROUVE, ATTAC France

 
 
 

Le « non » français était, pour l'essentiel, un « non » à l’Europe néolibérale et un « oui » à une autre Europe. Les « non » français et hollandais sont l’expression de la crise de l’Europe, ils n’en sont pas la cause. Ils peuvent encore moins être récupérés par ceux qui pensent continuer la construction européenne selon les préceptes néolibéraux inscrits dans les traités. Or, c’est exactement ce que tentent de faire aujourd’hui les chefs d’Etat européens avec le nouveau traité, le « traité modificatif ».

 
 
 

*Des changements cosmétiques…*

 
 
 

Pour pouvoir mieux faire passer la pilule et prendre de vitesse toute mobilisation possible des citoyens, rien de mieux qu’un calendrier hyper serré. Le conseil européen a décidé fin juin d’un mandat donné à une Conférence Intergouvernementale (CIG) pour élaborer ce nouveau traité. En s’appuyant sur ce mandat, la nouvelle présidence portugaise de l’UE a proposé dès le 23 juillet un projet de texte lors de la réunion de lancement de la CIG. Les 18 et 19 octobre, un conseil européen anticipé est censé approuver le traité. La ratification du traité par les États membres est fixée quant à elle au premier semestre 2008.

 
 
 

C’est donc en toute vitesse qu’il est question de nous resservir le projet de Traité Constitutionnel Européen (TCE) à une nouvelle sauce. Car comme vient de déclarer lui-même V. Giscard d’Estaing, « les gouvernements européens se sont mis d’accord sur des changements cosmétiques à la constitution pour qu’elle soit plus facile à avaler ».

 
 
 

Certes, toute référence à une constitution a disparu, la troisième partie également. Mais dans la mesure où il ne s’agit plus que d’un traité qui amende les traités existants, tout ce qui figurait dans la troisième partie continue de figurer dans les traités en vigueur.

 
 
 

Le retrait de la concurrence libre et non faussée des objectifs de l’Union s’apparente à un pur exercice de style. Elle reste l’axe central de la construction européenne. Ainsi est-il rappelé dans les conclusions du conseil européen, au cas où nous l’aurions oublié, que la poursuite du renforcement de la libre circulation des capitaux continue de revêtir une importance capitale. Le Royaume-Uni a quant à lui obtenu qu’un protocole rappelle expressément dans le nouveau traité que « le marché intérieur comprend un système garantissant que la concurrence n'est pas faussée ».

 
 
 

Quant aux réformes institutionnelles (notamment, la possibilité d’initiative populaire, l’extension de la codécision avec le parlement européen à de nouveaux domaines, la possibilité d’association accrue des parlements nationaux et l’introduction d’un droit d’initiative pour les citoyens), elles sont sans aucun doute un progrès. Mais ces maigres avancées ne remettent pas en cause l'architecture institutionnelle de l'Union, en particulier le rôle central de la Commission et l'intervention des lobbys qui pèsent de tout leur poids à Bruxelles.

 
 
 

D’autres « innovations » du projet de TCE que nous avons combattues sont reprises. C’est le cas concernant la politique de sécurité et de défense commune, avec le principe de « conformité » (en somme un aveu d’allégeance) à l’OTAN. Plus encore, dans la continuité des poussées répressives des gouvernements, la libre circulation des personnes dans l’espace européen sera assortie, dans les objectifs de l’Union, de « mesures appropriées en matière de contrôle des frontières extérieures, d’asile, d’immigration ainsi que de prévention de la criminalité et de lutte contre ce phénomène ».

 
 
 

Le texte de la Charte des droits fondamentaux reste inchangé, avec ses multiples limites pour ne pas donner de contenu social significatif à l’Union européenne. Mais même cela est de trop pour le Royaume-Uni ; la Pologne et l’Irlande ont elles aussi émis des réserves à son égard. Ainsi est reconnu officiellement le fait que des pays peuvent s'abstraire des règles sociales minimales communes à l'Union.

 
 
 

Car c’est bel et bien dans cette tendance de fond que se situe le nouveau « traité modificatif » : la création d’une zone de libre-échange, accompagnée d’une "renationalisation" des politiques européennes et vouée au nivellement par le bas sur les plans social, fiscal, écologique.

 
 
 

*Les néolibéraux peuvent dormir tranquilles*

 
 
 

Rien dans ce traité n’empêchera la poursuite du démantèlement des services publics à coup de directives européennes (pas même le protocole qui a été ajouté sur les services économiques et non économiques d’intérêt général). Après l’ouverture à la concurrence des marchés de l’électricité et du gaz cet été, ce sera donc l’ouverture à la concurrence des services postaux dès 2009. Rien dans ce traité n’empêchera non plus la poursuite du moins-disant fiscal et social. Sur ce point, l’Allemagne est d’ailleurs championne toutes catégories : en démantelant les acquis sociaux et en jouant sur la concurrence fiscale, elle fait cavalier seul et s’impose, bien plus que les pays de l’Est, comme zone hyper-compétitive.

 
 
 

Et pourquoi pas, puisque rien n’est proposé pour une harmonisation européenne fiscale et sociale ? Rien non plus contre les paradis fiscaux, rien contre l’euro fort et la politique de la Banque centrale européenne (par ailleurs peu avare de largesses monétaires pour alimenter les circuits financiers spéculatifs) qui arrange les affaires des détenteurs de capitaux contre l’ensemble des citoyens. Comment Nicolas Sarkozy peut-il prétendre que le « non » au TCE a été écouté ?

 
 
 

Dans cette situation, le refus de Nicolas Sarkozy de tenir un référendum vise à empêcher tout débat public sur ce texte. Ce que les Pays-Bas s’apprêtent à faire très certainement nous est refusé en France. Ce refus de Nicolas Sarkozy est d'ailleurs cohérent avec la méthode d’élaboration du nouveau traité qu’il a défendue, en huis-clos entre représentants des gouvernements. Dans leurs 10 principes pour un « nouveau traité démocratique européen », 17 Attac d’Europe exigent que ce nouveau traité soit élaboré par une assemblée élue directement par les citoyens européens, avec une participation des parlements nationaux et la tenue d’un grand débat public dans toute l’Europe. Ce nouveau traité devra être soumis à référendum dans chaque Etat-membre. Il n’y a qu’ainsi que les peuples d’Europe pourront adhérer réellement à sa construction.

 
 
 

Concernant ce référendum, il reste une possibilité pour l’opposition parlementaire de l’exiger : selon le texte final adopté pour le traité modificatif et le jugement du Conseil constitutionnel, une révision de la Constitution pourra être nécessaire, à laquelle les députés pourront s’opposer si un référendum n’est pas prévu. Mais pour le moment, les réactions du PS sont inquiétantes. A aucun moment il n’a réaffirmé la nécessité de tenir un référendum, alors que ceci était une promesse de la campagne présidentielle. Pour le PS il est urgent d’attendre le projet final pour décider ou non de cette exigence. Mais ce référendum ne devrait-il pas être une question de principe pour tout nouveau traité européen ?

 
 
 
* *
 
 
 

*Nous mobiliser, en France et en Europe *

 
 
 

Avant tout chose, il nous faut être conscient des difficultés auxquelles nous faisons face. En France, le « non » au projet de TCE s’est inscrit dans un grand mouvement de fond contestant l’ordre néolibéral établi. Il a été suivi par d’autres mobilisations, notamment celles contre le CPE en 2006. Il a été l’occasion, pendant la campagne référendaire, de multiples débats de grande qualité dans l’ensemble de la société française, ce qui a permis une large prise de conscience par rapport à l’Europe, à ses institutions, à ses enjeux et ses limites, cela malgré le matraquage médiatique en faveur du « oui ». Pour autant les élections présidentielles et législatives de cette année ont vu une gauche antilibérale divisée et affaiblie. Elles ont vu également un PS qui n’a pas su tirer la leçon du « non » au TCE. Aujourd’hui, les offensives d’une nouvelle droite décomplexée, emmenée par Nicolas Sarkozy, se multiplient à l’échelon national contre les acquis sociaux. Le mouvement social se trouve donc focalisé sur ces multiples coups portés dans le même temps. Du coup, il s’avère plus difficile de nous mobiliser de façon unitaire contre un traité dont les conséquences sont a priori moins directement perceptibles par les citoyens mais tout aussi alarmantes. Sans compter que le calendrier imposé est extrêmement serré.

 
 
 

Et pourtant…face à ce hold-up du « non » au TCE, il est absolument nécessaire d'organiser un mouvement d'opinion pour la tenue d’un référendum et, dans un premier temps, de mener un travail d'éducation populaire sur le contenu du nouveau traité. Attac doit pouvoir jouer à nouveau pleinement son rôle sur les enjeux européens. Mais ce qui sera également déterminant, c’est notre capacité à construire des rapports de force décisifs aux niveaux français et européen. En France, il s’agit de dépasser certaines divergences, y compris celles qui sont nées des clivages du « oui » et du « non » de gauche pour affirmer ce que nous voulons comme Europe. Dans Attac, nous pouvons nous appuyer sur le réseau, de plus en plus solide, des Attac d’Europe. Enfin, nous pouvons aussi nous appuyer, au niveau européen, sur le processus du Forum Social Européen, dont le prochain aura lieu en septembre 2008 à Malmö en Suède.

 
 
 

Mais notre mobilisation doit aller bien au-delà pour faire entendre notre exigence d’un autre Europe, solidaire, écologique, démocratique. Elle doit se situer également au niveau des politiques européennes découlant des traités. Deux échéances majeures, la présidence française de l’Union européenne au second semestre 2008 et les élections européennes de juin 2009, devront être l’occasion pour Attac de mener une grande campagne pour dénoncer le démantèlement à venir des services publics induit par les directives européennes ; pour dénoncer le démantèlement des acquis sociaux annoncé par la Commission Européenne ; pour exiger une augmentation substantielle du budget européen ; pour dénoncer la politique commerciale et extérieure de l’Union européenne et notamment la multiplication des traités commerciaux bilatéraux au détriment des pays du Sud ; enfin, plus largement, pour proposer des alternatives en matière de politiques européennes et notamment, exiger une réelle politique environnementale, qui réponde à l’urgence écologique.

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Published by Didier HACQUART - dans Réflexions
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20 août 2007 1 20 /08 /août /2007 17:27


Tout arrive…
 
   
 

C’est la rentrée et le retour au travail ce lundi 20 Août. L’activité régulière sur le blog va reprendre, après avoir utilisé la diffusion programmée de textes préparés à l’avance.

   

Je n’ai pas eu accès à Internet pendant une quinzaine de jour, et ma foi, la désintoxication n’était pas inutile !

   

Retrouver son ordinateur, c’est aussi une boite e-mail débordante et un tri des messages en supprimant tous les spams. Wanadoo d’une part et Thunderbird d’autre part réalise cependant une bonne partie du tri…


Retrouver Internet, c'est aussi retrouver le blog, et répondre aux commentaires arrivés pendant l'été.
 

Les vacances outre le repos, ont été l’occasion de quelques lectures sur lesquelles je reviendrai prochainement, sans oublier l’activité politique.

 

Cette rentrée 2007, va aussi être la rentrée pour la prochaine campagne municipale de 2008.

 

Autant de raisons, pour une activité soutenue sur internet et pas seulement sur internet !

 

A tous mes visiteurs favoris, je souhaite une bonne rentrée… 

 
 
DH
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17 août 2007 5 17 /08 /août /2007 17:21

 



Je connaissais Francis WURTZ au travers de ses chroniques dans l’HUMA du Dimanche HEBDO. Je l’ai mieux découvert lors de son passage à Marseille dans le cadre de la campagne de Magalie ESCOT. Il fait partie des membres fondateurs de Gauche Avenir. Son analyse du nouveau traité européen, vaut d’y passer quelques temps…

 
 
 

Cela complète et renforce  le premier post sur ce sujet :

 
 
 
 
 
 
 
 
DH
 
 
 
 
 
 
 

La Gauche face au nouveau Traité européen, par Francis Wurtz

 
 
 
 
 

Compte tenu de la précipitation délibérée avec laquelle les dirigeants européens envisagent de "boucler" l'affaire du futur traité européen, il n'y a pas un jour à perdre pour saisir nos concitoyens et nos concitoyennes du contenu d'hors et déjà prévisible de ce texte.  Le mandat des négociateurs adopté par le Conseil européen est, en effet, d'une exceptionnelle précision.  Et ce contenu est d'une tout autre nature que celui suggéré par le Président Sarkozy...     Je rappelle tout d'abord les principales étapes prévues pour le déroulement du processus devant aboutir au futur traité européen:

•    le 23 juillet prochain, les ministres des affaires étrangères des "27" se réunissent à Bruxelles pour lancer la Conférence intergouvernementale (CIG).  La (nouvelle) présidence portugaise de l'Union (qui succède à l'allemande) doit leur remettre, dès ce jour-là, un projet de texte du futur traité.  C'est dire combien les dirigeants européens sont pressés d'en finir avec ce problème, comme s'ils craignaient que les citoyens ne s'en saisissent et ne changent la donne...

 


•    les 7 et 8 septembre prochains, une réunion de travail est censée mettre le texte au point.

 


•    les 18 et 19 octobre, le Conseil européen des Chef d'Etats et de gouvernement, réuni à Lisbonne, est censé approuver le traité.

 


•    Si tel est le cas, va s'ouvrir alors la période de ratification.  D'ici là peuvent se poser des problèmes d'interprétation de certaines passages du mandat (très compliqué) du traité (prétendument "simplifié") au niveau des Etats.  Mais surtout, ce bel ordonnancement fait complètement abstraction des sentiments des Européens eux-mêmes à l'égard des politiques menées sous l'égide de l'Union.

 



    Comment les choses se passent-elles concrètement?  Les négociateurs et leurs experts ont en main deux textes: d'une part, les traités actuels; de l'autre, l'ex-projet de traité constitutionnel (TCE - désormais appelé pudiquement " les innovations des travaux de la CIG de 2004"...).  Les traités actuels resteront en vigueur.  Le mandat des négociateurs consiste à intégrer dans ces traités existants tous les aspects nouveaux du TCE, à l'exception des éléments dûment mentionnés.  Autrement dit, les dispositions du TCE non citées dans le mandat des négociateurs demeurent valables telles qu'elles figurent dans l'ex-traité constitutionnel.

 


    Il s'agit donc en fait de transférer l'essentiel de l'ex-traité constitutionnel dans les actuels traités.  C'est pourquoi le nouveau texte est appelé "traité modificatif".


I- Que deviennent, dans le nouveau texte, les questions qui ont été au cœur des débats de la campagne du référendum de 2005
?

 
 
 

Dès lors, la première question à clarifier, notamment vis à vis de celles et de ceux qui ont voté NON en 2005, est celle -ci: que deviennent, dans le nouveau texte, les questions qui ont été au cœur des débats de la campagne du référendum de 2005 ?


1. Je pense en particulier à toutes les dispositions structurant l'actuel modèle libéralqui guide toute la politique économique et sociale de l'Union européenne.  La plupart de ces dispositions n'étaient pas des "innovations du TCE, mais figuraient déjà dans les traités actuels.  Elles sont reconduites.  Le Président français a interprété le retrait de la mention du principe de "la concurrence libre et non faussée" (mais exclusivement celle figurant dans l'article consacré aux "objectifs de l'Union") comme une "réorientation majeure".  Qu'en est-il, aux yeux des principaux membres du Conseil européen qui ont accepté cette modification à cet endroit du texte?

J'ai posé directement la question à la Chancelière allemande, qui présidait ce Conseil européen, ainsi qu'à M. Barroso, le Président de la Commission européenne, en séance plénière du Parlement, le 27 juin dernier: "que va changer concrètement le fait d'avoir retiré cette phrase à cet endroit du futur traité?"  Dans sa réponse, Madame Angela Merkel n'a pas fait dans la nuance: "rien ne va changer!"  Le principe en question reste, par ailleurs - et à de multiples reprises -, dans le texte.  Certes pas en tant qu'objectif, mais comme moyen.  Mieux, pour éviter toute ambigüité, un "protocole" a été spécialement rédigé, qui figurera dans le futur traité, pour souligner "haut et fort" - insista la Chancelière - que "ce moyen doit être conservé dans toute sa plénitude".  M. Barroso abonda dans le même sens, affirmant que le principe de concurrence ne devait en aucun cas être "sapé" car il constituait "l'une des composantes essentielles du marché unique.  Cela doit être très clair".

 
 
 

Au demeurant, la lecture des conclusions du Conseil européen ne laisse guère de doute sur l'intégrisme libéral inoxydable de ses membres actuels.  Dans le chapitre consacré aux "questions économiques, sociales et environnementales", dès la première phrase, il est rappelé que "la poursuite du renforcement" (sic) de la libre circulation des capitaux continuait de "revêtir une importance capitale".

 


   
2. Autre question sensible durant nos débats de 2005: la place des services publics dans les textes européens.  Il n'y aura rien de changé sur ce point non plus, par rapport à l'ex-traité constitutionnel, si ce n'est là encore, l'ajout d'un "protocole" soulignant, sans plus de précision, "la grande marge de manouvre des autorités nationales, régionales et locales dans la fourniture, la mise en service et l'organisation des services d'intérêt économique général d'une manière qui réponde autant que possible aux besoins des utilisateurs".  Comme on le voit, il ne s'agit pas vraiment d'une révolution culturelle...  Les S.I.E.G. (services "d'intérêt économique général") continueront de ne bénéficier que d'un statut dérogatoire, dûment surveillé, aux règles de la concurrence et aux lois du marché.

 


3.  En ce qui concerne la charte des droits fondamentaux, trois remarques :

 


1.    Son texte ne figurera pas dans le futur traité, mais il y sera fait mention et sa valeur juridique contraignante sera soulignée.

 


2.    Un "protocole" annexé au traité précisera que la Charte en général et, tout particulièrement, "pour dissiper tout doute, rien dans le titre IV de la Charte (les droits sociaux et le droit du travail) ne crée des droits justiciables applicables au Royaume Uni".

 


3.    La version de la charte qui sera retenue est bien celle qui figure dans l'ex-projet de traité constitutionnel, avec ses passages très controversés (exemple: le traditionnel "droit au travail" y est remplacé par "le droit de travailler") et ses "explications établies sous l'égide du Présidium de la Convention européenne" qui, ajoutées, à l'époque, à la demande de la Grande Bretagne, vident certains articles de toute substance.

 


4.  Je m'arrête enfin sur la "politique de sécurité et de défense commune" dont les développements prévus dans l'ex-projet de traité constitutionnel avaient également soulevé de nombreuses objections.  Or, toute cette partie est reprise dans le mandat des négociateurs du futur traité.  Citons en particulier:

 


•    "la politique de l'Union (...) est compatible avec la politique commune de sécurité et de défense arrêtée dans (le) cadre (du traité de l'Atlantique Nord)".
Ce passage avait été sévèrement critiqué comme l'expression d'une allégeance à priori à l'OTAN (On ne sait pas quelle sera la politique que l'OTAN dans l'avenir, mais on s'engage, les yeux fermés, à ne jamais avoir de politique en rupture avec elle...);

 


•    "les Etats membres s'engagent à améliorer progressivement leurs capacités militaires".  Cette injonction à augmenter les dépenses d'armement a souvent été fustigée dans les débats de 2005;

 


•    "le Conseil peut confier la réalisation d'une mission (...) à un groupe d'Etats membres afin de préserver les valeurs de l'Union et de servir ses intérêts" (sic)

 


•    "les Etats membres (...) qui ont suscrit des engagements plus contraignants en la matière en vue des missions les plus exigeantes, établissent une coopération structurée permanente dans le cadre de l'Union"

 



Ce type de dispositions nouvelles avait alimenté la crainte d'une dérive militariste de l'Union et consolidé le NON (de gauche).

 



II-Autres "innovations" tirées de l'ex-projet de traité constitutionnel qui figurent dans le mandat des négociateurs du futur traité

 



Enumérons brièvement, ensuite, les autres "innovations" tirées de l'ex-projet de traité constitutionnel qui figurent dans le mandat des négociateurs du futur traité.  Je dis "brièvement", non parce qu'il s'agirait  de questions secondaires, mais parce que certaines d'entre elles sont plus connues, ayant été mises en exergue dans les commentaires officiels.  Je pense notamment à :

 



•    la création d'un poste de Président(e) du Conseil européen pour un mandat de 2,5 ans renouvelable une fois;

 


•    la création d'une nouvelle fonction de Haut Représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité;

 


•    l'instauration du système de vote au Conseil à la double majorité (50% des Etats et 55% de la population) à partir de 2014 (avec des mesures transitoires jusqu'à 2017)
•    l'extension des  domaines où les décisions sont prises à la majorité qualifiée.

 



D'autres réformes sont moins connues et devront être explicitées - j'y suis prêt, si vous le souhaitez, tout à l'heure -.  Par exemple :

 



•    la réduction du nombre de Commissaires et le renforcement du rôle du Président de la Commission;

 


•    l'extension des domaines où s'applique la codécision (Parlement européen et Conseil);

 


•    un léger assouplissement des conditions permettant à un minimum de 9 Etats membres de conclure entre eux une "coopération renforcée";

 


•    la reconnaissance de l'union comme "personnalité juridique", ce qui lui permet de conclure, en tant que telle, des accords et des traités au nom de tous les Etats membres;

 


•    la réaffirmation de la primauté du droit communautaire sur le droit national, sous la forme d'une annexe au traité rappelant les arrêts (la jurisprudence) de la Cour de Justice sur le sujet;

 


•    Un léger allongement du délai accordé aux parlements nationaux (de 6 à 8 semaines) pour examiner les projets d'actes législatifs européens afin de s'assurer que la Commission européenne n'outrepasse pas ses prérogatives (principe de subsidiarité).

 



Le simple énoncé, non exhaustif, de ces "innovations" institutionnelles, extraites de l'ex-traité constitutionnel, mais qui n'avaient pas fait l'objet d'une large information ni confrontation d'idées en 2005, renforce encore la conviction qu'un débat public d'envergure ainsi qu'une consultation effective des citoyens et des citoyennes, mis en situation de pouvoir se déterminer en connaissance de cause, s'impose comme une exigence démocratique incontournable.  Ce qui me conduit au 3ème point que je souhaitais aborder.

 




III- La gauche européenne a un triple défi à relever.

 


1.    Je disais que le marathon décidé au Conseil européen pour adapter le texte du futur traité faisait complètement abstraction des sentiments des Européens eux-mêmes à l'égard des politiques menées sous l'égide de l'Union. C'est pourquoi le premier devoir de la gauche européenne me semble être de contribuer à leur expression.

 


La première étape - décisive à mes yeux - de ce travail d'appropriation des enjeux de cette bataille par les citoyennes et les citoyens, c'est la clarification du contenu et de la portée du texte en cours d'élaboration. A ce stade, c'est à cela que nous devrions consacrer nos efforts.

 


2.    De pair avec cet effort de pédagogie politique, la gauche européenne doit, à mon sens, porter l'exigence d'un grand débat public et pluraliste, dans chaque pays et à l'échelle européenne, conclu par un référendum.

 
 
 

3.    Et surtout, la gauche européenne doit, à mes yeux, se hisser à la hauteur de la nouvelle bataille idéologique engagée par un certain nombre de responsables politiques européens qui, tels Nicolas Sarkozy, sentent bien que le discours "bruxellois" traditionnel et la pensée unique qu'il véhicule ne passent plus. Et ce qui est vrai pour la question des "déficits publics" vaut pour la politique industrielle, les mesures de protection ou les dogmes de la BCE. Pour tenter de canaliser les aspirations de plus en plus fortes au changement du "logiciel européen" - pour reprendre une expression à la mode -, ils brisent certains tabous, évoquant à haute voix les contradictions jusqu'ici commentées sous le manteau. C'est la rançon de l'effet du 29 mai 2005 !

 


Ainsi, le ministre allemand des finances, M. Peer Steinbrück, évoquait-il récemment le risque d'une "crise de légitimité du modèle économique et social européen". De son côté, le ministre italien de l'économie, M. Padoa-Schioppa, pourtant connu de longue date comme un partisan de la rigueur dans les comptes publics, a fait scandale le mois dernier en s'écriant: "nous refusons la camisole de force européenne"...

 


Il serait, selon moi, aussi incohérent de nier la réalité des problèmes qu'ils évoquent - qui étaient souvent au cœur du débat français de 2005 - que naïf de s'illusionner sur leur volonté d'y apporter des solutions répondant à l'attente de nos concitoyens. Une vraie confrontation sur les options politiques s'impose donc, au grand jour, à partir des expériences concrètes vécues par les gens et des contradictions de moins en moins contestables des politiques actuelles de l'Union.

 


Ainsi le Président de la République dit-il vouloir combattre le dogme de la "concurrence libre" ? Chiche ! Alors, quelles mesures la France envisage-t-elle de prendre pour enrayer l'absurdité  économique, écologique et bien sûr sociale de l'ouverture du marché de l'électricité à la concurrence ? Et quelle attitude le gouvernement français va-t-il adopter sur la libéralisation totale des services postaux, discutée cette semaine au Parlement européen ?

 



C'est dans le concret et au travers d'actions multiformes pour rompre avec les orientations et les structures actuelles de l'Union que la gauche européenne devrait, à mes yeux, élaborer et faire vivre sa vision alternative.

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15 août 2007 3 15 /08 /août /2007 17:05

 



GAUCHE AVENIR travaille pendant les congés, n’hésitez pas à consulter le site :

 
 
 
 
 
 
DH
 
 
 

Jaurès aurait-il voté Sarkozy ?

 
 
 
 
 

Tribune de Marie-Noëlle Lienemann et Paul Quilès publiée dans Le Figaro du 1er Août 2007

 



Jaurès fut indiscutablement l’un des héros de la campagne de 2007. Pas tant en raison des maigres références des socialistes et de leur candidate au grand tribun, mais parce que Nicolas Sarkozy l’appela abondamment en renfort.

 

 
Ce n’est pas la première fois qu’un candidat de droite s’essayait à cette récupération.

 
 
 

François Mitterrand y avait en son temps répondu : «  la droite adore les socialistes….quand ils sont étrangers ou morts ! » Mais si, le temps passant, l’œuvre de Blum et de Jaurès est plus largement saluée, c’est que la plupart des grandes avancées sociales, voir sociétales sont nées en France de l’action de la gauche et des socialistes. Refuser que nos figures historiques  participent du patrimoine commun du pays serait la preuve d’un sectarisme déplacé, mais accepter leur banalisation, l’affaiblissement ou le rangement au musée de leurs idées serait tout aussi inacceptable.

 


Jaurès, à partir du projet républicain, n’a cessé d’appeler à son dépassement, pour qu’il embrasse tous les champs de la vie, et bien sûr celui du social et de l’économie. La citoyenneté ne pouvait pas rester exclue des entreprises, l’égalité exigeait des politiques publiques volontaristes et un engagement contre toutes les injustices sociales, la fraternité condamnait l’exploitation de l’homme par l’homme. Cette synthèse originale et exigeante entre  la vision républicaine et le mouvement ouvrier est la matrice originale du socialisme français. Jaurès était un visionnaire et défendait des valeurs fondamentales et universalistes qui traversent le temps.  Elles demeurent d’une profonde modernité et, par certains aspects, d’une totale actualité.

 


Dès 1888, Jaurès, qui n’est pas encore socialiste, condamne la réaction qui  veut « accroître les impôts de consommation qui pèsent partout, à la campagne comme à la ville, sur les pauvres gens ». Et il propose: « nous voulons remplacer l’impôt foncier par un accroissement des droits qui frappent les successions au-dessus d’un certain chiffre », car « nous pouvons demander quelques sacrifices aux capitaux mobiliers ou immobiliers que les générations se transmettent souvent sans les féconder sans les légitimer par leur travail propre ». On imagine mal Jaurès votant la réforme fiscale de N. Sarkozy !

 


La récidive ? La délinquance ? Des sujets évoqués aussi par les politiques de l’époque, qui dénoncent déjà la fascination pour l’argent facile, la perte des repères, le rôle des médias dans l’exaltation de « bandits tragiques » en même temps que la surexcitation des peurs. Non seulement Jaurès, mais l’ensemble de la gauche se battent pour une justice plus humaine, qui ne soit pas seulement répressive, mais aussi éducative. A cette époque aussi, il fallait convaincre et ce n’était pas facile, mais Jaurès estimait qu’il fallait parfois savoir « dépenser sa popularité » en allant à contre-courant de l’opinion, de la mode, « ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe »

 


Pas étonnant que, sur tous ces sujets, N. Sarkozy ne cite plus Jaurès ! Et il est bien dommage que la gauche, oublieuse d’elle-même, n’ait pas l’audace de le faire.

 


Durant la campagne, la candidate socialiste, au-delà de quelques références convenues à Jaurès et Blum, a préféré vanter fréquemment Prodi et Blair, démobilisant un peu plus l’électorat de gauche. L’appel à la rénovation sonnait et sonne encore souvent comme un hymne  au renoncement et à l’abandon des valeurs du socialisme français, à ses racines, à son esprit rebelle, qui ne s’accommode guère  de l’ordre dominant. Nous pensons, au contraire que l’avenir est à une gauche décomplexée qui propose des réponses renouvelées tout en ne craignant pas d’assumer son identité. Une gauche qui, selon la méthode jaurésienne, n’oublie jamais la réalité.

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13 août 2007 1 13 /08 /août /2007 17:02

 



Jaurès contre Sarkozy

 
 
 

A l'occasion de la commémoration de la mort de Jaurès (31 juillet 1914), vous trouverez ci-dessous un texte de Gilles Candar, historien, jaurésien, signataire de l’appel Gauche Avenir, paru dans le quotidien Libération.

 
 
 

La commémoration de l’assassinat de Jaurès, le 31 juillet, prend cette année un relief particulier, en raison des nombreuses invocations, sollicitations et références dont il a été l’objet au cours des récentes campagnes électorales, et en premier lieu de la part du candidat élu président, Nicolas Sarkozy.

 

    

 

Sans doute peut-on penser qu’il entrait dans cet enthousiasme récent une part de calcul politique, le plaisir et l’intérêt d’élargir sa base et de jeter la confusion chez l’adversaire ? Mais pourquoi pas ? C’est un peu la loi du genre, et au fond, si Jaurès devient aussi une référence obligée de la droite, il assure ainsi sa consécration nationale, fait pleinement partie de notre patrimoine commun, et c’est très bien. Nous pouvons même espérer que les choses vont aller plus loin encore, et, qu’au-delà des hommages et des cérémonies, chacun prenne un peu de temps pour entendre la voix de Jaurès, être attentif à ce qu’il a cru, voulu et pensé.

 


Prenons l’actualité de cet été 2007 : réforme fiscale, loi sur la récidive, réforme des universités…

 


Évitons les polémiques faciles, contentons-nous par exemple de feuilleter la collection de La Dépêche, « journal de la démocratie du Midi » comme elle s’appelait si joliment alors. Le 15 avril 1888, Jaurès, qui est encore loin d’être socialiste, qui se définit comme républicain et défend l’action de Gambetta et de Ferry, s’en prend à la réaction qui veut « accroître les impôts de consommation qui pèsent partout, à la campagne comme à la ville, sur les pauvres gens ». Il lui oppose son projet : « nous voulons remplacer l’impôt foncier par un accroissement des droits qui frappent les successions au-dessus d’un certain chiffre » car « nous pouvons demander quelques sacrifices aux capitaux mobiliers ou immobiliers que les générations se transmettent souvent sans les féconder sans les légitimer par leur travail propre » (« la taille »). Sans abuser du parallèle historique, au titre de jeu d’été, ce Jaurès, encore bien « modéré » aurait-il voté le projet gouvernemental ?

 



L’autonomie des universités ? Un sujet de prédilection pour Jaurès, maître de conférences à la Faculté de Toulouse, avant et après son premier mandat de député, et aussi adjoint au maire de Toulouse (1890-1893) chargé de l’instruction publique dans son ensemble, mais en fait d’abord du projet de création d’une Université régionale. Jaurès n’a rien d’un centralisateur, et ce défenseur de la « liberté universitaire » (titre d’un article de La Dépêche, 25 juin 1894) va même plus loin que la plupart des républicains de son temps quand il envisage des « expériences » diverses. Rappelons-nous aussi qu’il vit dans un temps où même l’enseignement secondaire reste réservé à une infime minorité, mais cela dit, le fond de sa pensée est bien que la République suppose une démocratie, donc des citoyens instruits. Sa préoccupation est d’assurer l’enseignement du peuple : c’était alors la fonction de l’instruction primaire, aujourd’hui le même objectif suppose un accès généralisé aux universités, qui ne soit pas seulement formel, mais substantiel… C’est toujours l’enjeu des débats actuels.

 


 La récidive ? La délinquance ? Des sujets qui deviennent sans doute des questions politiques au temps de Jaurès, avec déjà la fascination pour l’argent facile, la perte des repères, le rôle des médias dans l’exaltation de « bandits tragiques » en même temps que la surexcitation des peurs. À l’époque, non seulement Jaurès, mais l’ensemble de la gauche se bat pour une justice plus humaine, qui ne soit pas seulement répressive, mais aussi éducative, qui refuse les facilités de l’élimination sociale… Jaurès mena en vain le dernier grand combat parlementaire contre la peine de mort (1908) avant celui que put faire aboutir deux générations plus tard Robert Badinter (1981). Ce n’était pas facile, mais le généreux Jaurès professait aussi qu’il fallait parfois savoir « dépenser sa popularité » en allant à contre-courant de l’opinion, de la mode, « ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe » (lycée d’Albi, discours à la jeunesse, 30 juillet 1903). Il citait Hugo (« construire des écoles, c’est abattre les murs des prisons ») et qualifia un jour le Code pénal de « barbare », un mot rare chez lui. Se serait-il reconnu dans le projet de loi défendu par Mme Dati ?

 



Bien sûr, le monde a changé… Jaurès ne donne pas de solutions pratiques à tout. Mais il reste une référence, un inspirateur : nous l’avons bien entendu voici quelques semaines. Et il n’est pas inutile de revenir aux valeurs sur lesquelles il s’appuyait. Nos interprétations seront diverses, des discussions probables… Mais nous sommes certainement nombreux à espérer qu’une politique de gauche moderne, efficace et résolue puisse continuer à faire entendre et à renforcer l’autorité du message jaurésien. Une initiative comme celle de Gauche Avenir n’a pas d’autre ambition que d’y contribuer. 

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