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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 05:16

Catherine Mégret condamnée
 
Paru dans l’Humanité du 05/12/2000
 

La cour d’appel d’Aix-en-Provence a confirmé hier la condamnation à une amende de 15 000 francs chacun la maire de Vitrolles, Catherine Mégret (MNR) et son premier adjoint Hubert Fayard pour diffamation envers l’association culturelle les Productions du Sous-Marin.

 

Ils avaient diffamé l’association, afin de justifier la fermeture du local du Sous-Marin à Vitrolles, le 6 octobre 1997, au lendemain d’un concert du groupe de rock Noir Désir.

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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 05:05

Hollande hausse le ton
 

source : Le Nouvel Observateur le 21/12/2000 auteur : François Bazin

 

Hollande est inquiet. Il a pris rendez-vous avec René Olmeta et surtout, mardi dernier, après la réunion du bureau national du PS, il a convoqué Guy Bono, le premier secrétaire de la fédération des Bouches-du-Rhône, ainsi que Patrick Mennucci, l'homme de tous les contacts du côté du Vieux-Port, pour leur dire son inquiétude devant les récents développements de la campagne municipale à Marseille. Dans la deuxième ville de France, le leader du PS, veut la paix des ménages. Il ne se fait guère d'illusions sur le résultat final mais à ses yeux, la préservation du rassemblement de la gauche derrière Olmeta reste un impératif.

                                                                        

Hollande est également attentif à la situation de Vitrolles. Là, dans la ville dirigée par Catherine Mégret, il a pris acte de la division de la gauche, faute d'accord entre le PS et le PC.

 
Mais il a clairement averti ses camarades qu'une défaite ne leur serait pas pardonnée. Fin janvier, Hollande doit se rendre dans les Bouches-du-Rhône. Pour lancer la campagne ou rétablir le calme ?

 
F. B.
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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 05:04

Le Sous-marin coule le MNR à Vitrolles

Paru dans le Nouvel Obs du 24/12/200

La Cour d'appel a confirmé la condamnation pour diffamation de Catherine Mégret à la suite des propos tenus pour justifier la fermeture de l'association le Sous-Marin.


Catherine Mégret, maire de Vitrolles (MNR), et son premier adjoint Hubert Fayard ont vu ce lundi confirmée par la Cour d’appel d’Aix-en-provence leur condamnation pour diffamation envers l’association culturelle “les Productions du Sous-marin” .

Les magistrats ont néanmoins diminué le montant des dommages et intérêts que le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence avait fixé à 50.000 francs, en novembre 1999. Les deux élus d’extrême droite devront payer solidairement 10.000 francs pour leur propos tenus dans La Lettre du maire ainsi que 10.000 francs de dommages et intérêts à l’association pour des déclarations faites sur la même affaire lors d’une conférence de presse.

Catherine Mégret et Hubert Fayard comparaissaient pour des propos tenus afin de justifier la fermeture du local du Sous-marin à Vitrolles le 6 octobre 1997, au lendemain d’un concert du groupe de rock Noir Désir. Cette décision avait entraîné de vives réactions dans le milieu associatif.

Outre les sanctions pécuniaires, les magistrats ont ordonné la publication du jugement dans le quotidien la Marseillaise et dans le prochain numéro de La lettre du maire. N.O.
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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 05:00

L'extrême-droite est-elle morte?
 

source : Le Nouvel Observateur le 04/01/2001



Vitrolles: le dernier coup des Mégret

 
En attendant la "divine surprise"


Leur défaite trop vite annoncée suscite trop d'ambitions -donc de candidatures- dans le camp de leurs adversaires. Et crée les conditions d'une triangulaire risquée.

 

Bruno Mégret est un nomade. Il vit en famille à Saint-Cloud. Il préside, à Paris, le petit Mouvement national républicain (MNR). Il travaille à Lille, depuis que ses déboires politiques l'ont contraint à reprendre sa profession d'ingénieur des Ponts et Chaussées. Il milite dans les quartiers Nord de Marseille où il conduira une liste lors des prochaines municipales.

 

Mais quand il reçoit, c'est le plus souvent à Vitrolles. A la mairie. Dans le bureau de sa femme qu'il squatte sans complexes. Quand il parle de Catherine Mégret, le dauphin déchu de Le Pen a des mots délicieux. "Elle m'a suppléé avec courage, lors de la partielle de février 1997, à une époque où j'étais inéligible. On a gagné. Depuis, elle s'est piquée au jeu. Elle a présidé la plupart des conseils municipaux. Elle aurait pu me laisser sa place pour le prochain mandat. Mais à la limite, elle a désormais plus de chances que moi de conserver cette mairie.""A la limite". Il y a là comme une forme d'aveu. Bruno Mégret, le bulletin municipal grand ouvert sur les genoux, a beau vanter le bilan des équipes qui, ici, sont en fait les siennes et entonner le couplet habituel sur les divisions de ses adversaires -"pourtant tous de gauche, même le RPR !"-, le moral n'y est plus. Vitrolles devait être le laboratoire central du mégrétisme. C'est désormais sa vitrine lézardée. La mairie, ce gros cube de béton planté au cœur d'une zone commerciale sans vie et sans âme, est une maison vide. Le maire y passe en fin de semaine. Les principaux adjoints ont plié bagage, les uns pour tenter leur chance dans d'autres communes, les autres, les plus nombreux, pour ne plus être mêlés à la drôle de cuisine vitrollaise.

 

Les responsables administratifs de la Ville sont également partis et ils n'ont pas été remplacés, faute de candidats. Bruno Mégret parle de "rotation des cadres". Il prétend qu'avec la durée, et donc un second mandat, "tout se remettra logiquement en place". Il oublie de dire que sa femme vient d'être condamnée pour "discrimination" pour avoir voulu instaurer "une prime à la naissance française" et qu'elle est sous le coup d'une peine d'inéligibilité dont elle a fait appel. Même dans la gestion des symboles, Bruno Mégret la joue petit bras. Il dit que tout cela est la faute d'une justice "aux ordres" et d'un préfet "socialiste". Quand il ne célèbre pas ses exploits passés -"A Vitrolles, on a gagné dans un duel, contre un maire PS et non pas dans une triangulaire"-, il justifie d'avance les difficultés qui l'attendent: "Des quatre villes remportées par le Front aux dernières municipales, il faut bien reconnaître que celle-ci est la plus ancrée à gauche.

 

"Vitrolles, ville ouverte ? Tout le monde le pense dans les états-majors partisans, et c'est bien là le problème. Depuis leur victoire de 1997 (46% au premier tour, 52,5% au second), les Mégret ont encaissé, outre les fruits d'une gestion hasardeuse, les contrecoups de la scission du FN et de la baisse d'influence globale de l'extrême-droite en France. Ils ont encore localement de beaux restes électoraux. Mais ils n'ont plus le quasi-monopole de l'opposition face à un édile contesté et contestable nommé Jean-Jacques Anglade, trop longtemps soutenu par le PS puis exclu de ses rangs après sa défaite et sa condamnation par la justice.

 

Le pouvoir, désormais, c'est eux. On voit mal cependant comment ils pourraient le conserver en mars prochain, dans la foulée d'une cantonale perdue, de justesse il est vrai, en 1998 et d'européennes décevantes l'année suivante. Cette situation a aiguisé les appétits. Notamment dans les rangs de la majorité plurielle. Elle a effacé en quelques mois les bonnes résolutions unitaires affichées en haut lieu. Tout avait pourtant commencé par un sympathique déjeuner de chefs.

 

Automne 1999: François Hollande et Robert Hue, accompagnés de leurs principaux adjoints, ont rendez-vous dans un restaurant parisien. Au menu, entre autres, les municipales. Quatre villes d'extrême-droite ? Et si la gauche présentait à chaque fois une liste d'union, dirigée ici par un socialiste, là par un communiste, ailleurs par un écolo et par un chevènementiste ? Pour le premier secrétaire du PS, c'est une hypothèse séduisante en raison de sa valeur symbolique. Pour le secrétaire national du PC, c'est une ouverture inespérée. A Vitrolles, l'un de ses amis, Alain Hayot, multiplie depuis quelque temps les tours de piste électoraux. Il est vite averti. Sans prendre le moindre contact avec ses partenaires locaux, il se lance: "J'ai accepté la proposition des instances nationales de représenter la majorité plurielle aux prochaines municipales. "Depuis, la polémique fait rage au sein de la gauche vitrollaise. Conflit de personnes? Sans doute. Conflit d'intérêts? Assurément. Quand on y regarde de près, Vitrolles est en effet la seule ville d'extrême-droite qui soit à la portée de la majorité plurielle. Dans les Bouches-du-Rhône, les socialistes, qui ont fait leur deuil de Marseille, ne sont pas disposés à laisser passer pareille occasion de victoire. Ils plaident leur cause à Paris. Ils expliquent que leur candidat, Dominique Tichadou, a repris en main la section de Vitrolles et qu'il a remporté le canton dont les limites sont celles de la ville après avoir largement devancé, au premier tour, son concurrent communiste, pourtant soutenu par les Verts et le MDC.

 

Un sondage est commandé à la Sofres. Il confirme le net avantage du PS. Mais, sur le terrain, les dés ont déjà roulé et, côté communiste, on ne veut plus entendre parler de cette "logique de comptable".

 

Adieu, l'union. Bonjour, les vieux réflexes. Tichadou et Hayot. Difficile de trouver personnalités plus contrastées. L'un est médecin, l'autre universitaire. Tous les deux sont marseillais. Rejeton d'une vieille famille communiste, le champion du PS est venu sur le tard à la politique. Un temps rocardien, compagnon de dissidence de Michel Pezet en 1995, il a été installé à Vitrolles par l'ancien patron de la fédération, François Bernardini. Comme lui, il estime qu'en politique c'est le rapport de force entre les partis, vérifié devant les électeurs, qui fonde la légitimité. De ce point de vue, la sienne est indiscutable. C'est pour cela qu'il avance. Avec obstination, sans états d'âme et avec, en tête, l'idée que la ville sera peut-être demain la clé de la circonscription.

 

Hayot, lui, est un bon soldat de la ligne Hue. A la région, il est aussi l'un des vice-présidents favoris du socialiste Michel Vauzelle. Pied-noir, un brin impulsif, il s'est lancé très vite -trop vite ?- dans une bagarre dont il n'a pas su s'extraire et que ses relais fédéraux et nationaux ont compliquée à l'envi. Depuis que les petits partis de la gauche plurielle (Verts, radicaux, MDC) ont rallié la cause de Tichadou, il se présente non plus comme le candidat adoubé par Paris, mais comme le héraut d'une gauche "citoyenne" dont les forces vives seraient issues du mouvement associatif vitrollais. Le changement de pied est spectaculaire et la ficelle un peu grosse. Elle n'a pas pris auprès du collectif anti-FN, Résister, proche de l'extrême-gauche et qui envisage désormais de présenter sa propre liste. Elle a séduit en revanche le clan rapproché de l'ancien maire, Jean-Jacques Anglade, qui n'en finit pas de régler ses comptes, en sous-main, avec ceux qu'il juge seuls responsables de sa défaite d'il y a près de trois ans.

 

Et si c'était ça, le dernier coup des Mégret ? Un vide qui suscite le trop-plein dans le camp adverse. Une défaite trop vite annoncée qui crée toutes les conditions d'un pépin électoral, jamais à exclure dans une ville meurtrie et déboussolée après tant d'années de folie politique.

 

On se compte au premier tour avant de se rassembler dans l'urgence au second : à Vitrolles, la gauche la joue classique. Elle laisse ainsi se développer dans ses rangs un climat très malsain. Au lieu de prendre le large dans l'union, elle installe les conditions d'une triangulaire risquée qui fait rêver Christian Rossi, le candidat de presque toute la droite, solide routier de l'appareil RPR aux allures de Séguin, en moins volcanique, tandis qu'à la mairie les Mégret se plaisent à imaginer un dernier miracle politique.

 
FRANÇOIS BAZIN
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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 04:59

L'extrême-droite est-elle morte?
 

source : Le Nouvel Observateur le 04/01/2001



Vitrolles: le dernier coup des Mégret

 
En attendant la "divine surprise"


Leur défaite trop vite annoncée suscite trop d'ambitions -donc de candidatures- dans le camp de leurs adversaires. Et crée les conditions d'une triangulaire risquée.

 

Bruno Mégret est un nomade. Il vit en famille à Saint-Cloud. Il préside, à Paris, le petit Mouvement national républicain (MNR). Il travaille à Lille, depuis que ses déboires politiques l'ont contraint à reprendre sa profession d'ingénieur des Ponts et Chaussées. Il milite dans les quartiers Nord de Marseille où il conduira une liste lors des prochaines municipales.

 

Mais quand il reçoit, c'est le plus souvent à Vitrolles. A la mairie. Dans le bureau de sa femme qu'il squatte sans complexes. Quand il parle de Catherine Mégret, le dauphin déchu de Le Pen a des mots délicieux. "Elle m'a suppléé avec courage, lors de la partielle de février 1997, à une époque où j'étais inéligible. On a gagné. Depuis, elle s'est piquée au jeu. Elle a présidé la plupart des conseils municipaux. Elle aurait pu me laisser sa place pour le prochain mandat. Mais à la limite, elle a désormais plus de chances que moi de conserver cette mairie.""A la limite". Il y a là comme une forme d'aveu. Bruno Mégret, le bulletin municipal grand ouvert sur les genoux, a beau vanter le bilan des équipes qui, ici, sont en fait les siennes et entonner le couplet habituel sur les divisions de ses adversaires -"pourtant tous de gauche, même le RPR !"-, le moral n'y est plus. Vitrolles devait être le laboratoire central du mégrétisme. C'est désormais sa vitrine lézardée. La mairie, ce gros cube de béton planté au cœur d'une zone commerciale sans vie et sans âme, est une maison vide. Le maire y passe en fin de semaine. Les principaux adjoints ont plié bagage, les uns pour tenter leur chance dans d'autres communes, les autres, les plus nombreux, pour ne plus être mêlés à la drôle de cuisine vitrollaise.

 

Les responsables administratifs de la Ville sont également partis et ils n'ont pas été remplacés, faute de candidats. Bruno Mégret parle de "rotation des cadres". Il prétend qu'avec la durée, et donc un second mandat, "tout se remettra logiquement en place". Il oublie de dire que sa femme vient d'être condamnée pour "discrimination" pour avoir voulu instaurer "une prime à la naissance française" et qu'elle est sous le coup d'une peine d'inéligibilité dont elle a fait appel. Même dans la gestion des symboles, Bruno Mégret la joue petit bras. Il dit que tout cela est la faute d'une justice "aux ordres" et d'un préfet "socialiste". Quand il ne célèbre pas ses exploits passés -"A Vitrolles, on a gagné dans un duel, contre un maire PS et non pas dans une triangulaire"-, il justifie d'avance les difficultés qui l'attendent: "Des quatre villes remportées par le Front aux dernières municipales, il faut bien reconnaître que celle-ci est la plus ancrée à gauche.

 

"Vitrolles, ville ouverte ? Tout le monde le pense dans les états-majors partisans, et c'est bien là le problème. Depuis leur victoire de 1997 (46% au premier tour, 52,5% au second), les Mégret ont encaissé, outre les fruits d'une gestion hasardeuse, les contrecoups de la scission du FN et de la baisse d'influence globale de l'extrême-droite en France. Ils ont encore localement de beaux restes électoraux. Mais ils n'ont plus le quasi-monopole de l'opposition face à un édile contesté et contestable nommé Jean-Jacques Anglade, trop longtemps soutenu par le PS puis exclu de ses rangs après sa défaite et sa condamnation par la justice.

 

Le pouvoir, désormais, c'est eux. On voit mal cependant comment ils pourraient le conserver en mars prochain, dans la foulée d'une cantonale perdue, de justesse il est vrai, en 1998 et d'européennes décevantes l'année suivante. Cette situation a aiguisé les appétits. Notamment dans les rangs de la majorité plurielle. Elle a effacé en quelques mois les bonnes résolutions unitaires affichées en haut lieu. Tout avait pourtant commencé par un sympathique déjeuner de chefs.

 

Automne 1999: François Hollande et Robert Hue, accompagnés de leurs principaux adjoints, ont rendez-vous dans un restaurant parisien. Au menu, entre autres, les municipales. Quatre villes d'extrême-droite ? Et si la gauche présentait à chaque fois une liste d'union, dirigée ici par un socialiste, là par un communiste, ailleurs par un écolo et par un chevènementiste ? Pour le premier secrétaire du PS, c'est une hypothèse séduisante en raison de sa valeur symbolique. Pour le secrétaire national du PC, c'est une ouverture inespérée. A Vitrolles, l'un de ses amis, Alain Hayot, multiplie depuis quelque temps les tours de piste électoraux. Il est vite averti. Sans prendre le moindre contact avec ses partenaires locaux, il se lance: "J'ai accepté la proposition des instances nationales de représenter la majorité plurielle aux prochaines municipales. "Depuis, la polémique fait rage au sein de la gauche vitrollaise. Conflit de personnes? Sans doute. Conflit d'intérêts? Assurément. Quand on y regarde de près, Vitrolles est en effet la seule ville d'extrême-droite qui soit à la portée de la majorité plurielle. Dans les Bouches-du-Rhône, les socialistes, qui ont fait leur deuil de Marseille, ne sont pas disposés à laisser passer pareille occasion de victoire. Ils plaident leur cause à Paris. Ils expliquent que leur candidat, Dominique Tichadou, a repris en main la section de Vitrolles et qu'il a remporté le canton dont les limites sont celles de la ville après avoir largement devancé, au premier tour, son concurrent communiste, pourtant soutenu par les Verts et le MDC.

 

Un sondage est commandé à la Sofres. Il confirme le net avantage du PS. Mais, sur le terrain, les dés ont déjà roulé et, côté communiste, on ne veut plus entendre parler de cette "logique de comptable".

 

Adieu, l'union. Bonjour, les vieux réflexes. Tichadou et Hayot. Difficile de trouver personnalités plus contrastées. L'un est médecin, l'autre universitaire. Tous les deux sont marseillais. Rejeton d'une vieille famille communiste, le champion du PS est venu sur le tard à la politique. Un temps rocardien, compagnon de dissidence de Michel Pezet en 1995, il a été installé à Vitrolles par l'ancien patron de la fédération, François Bernardini. Comme lui, il estime qu'en politique c'est le rapport de force entre les partis, vérifié devant les électeurs, qui fonde la légitimité. De ce point de vue, la sienne est indiscutable. C'est pour cela qu'il avance. Avec obstination, sans états d'âme et avec, en tête, l'idée que la ville sera peut-être demain la clé de la circonscription.

 

Hayot, lui, est un bon soldat de la ligne Hue. A la région, il est aussi l'un des vice-présidents favoris du socialiste Michel Vauzelle. Pied-noir, un brin impulsif, il s'est lancé très vite -trop vite ?- dans une bagarre dont il n'a pas su s'extraire et que ses relais fédéraux et nationaux ont compliquée à l'envi. Depuis que les petits partis de la gauche plurielle (Verts, radicaux, MDC) ont rallié la cause de Tichadou, il se présente non plus comme le candidat adoubé par Paris, mais comme le héraut d'une gauche "citoyenne" dont les forces vives seraient issues du mouvement associatif vitrollais. Le changement de pied est spectaculaire et la ficelle un peu grosse. Elle n'a pas pris auprès du collectif anti-FN, Résister, proche de l'extrême-gauche et qui envisage désormais de présenter sa propre liste. Elle a séduit en revanche le clan rapproché de l'ancien maire, Jean-Jacques Anglade, qui n'en finit pas de régler ses comptes, en sous-main, avec ceux qu'il juge seuls responsables de sa défaite d'il y a près de trois ans.

 

Et si c'était ça, le dernier coup des Mégret ? Un vide qui suscite le trop-plein dans le camp adverse. Une défaite trop vite annoncée qui crée toutes les conditions d'un pépin électoral, jamais à exclure dans une ville meurtrie et déboussolée après tant d'années de folie politique.

 

On se compte au premier tour avant de se rassembler dans l'urgence au second : à Vitrolles, la gauche la joue classique. Elle laisse ainsi se développer dans ses rangs un climat très malsain. Au lieu de prendre le large dans l'union, elle installe les conditions d'une triangulaire risquée qui fait rêver Christian Rossi, le candidat de presque toute la droite, solide routier de l'appareil RPR aux allures de Séguin, en moins volcanique, tandis qu'à la mairie les Mégret se plaisent à imaginer un dernier miracle politique.

 
FRANÇOIS BAZIN
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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 04:55


Municipales: les Mégret donnés battus à Vitrolles

Paru dans le Nouvel Obs du 02/02/2001
 

La liste de gauche l'emporterait largement devant celle conduite par l'épouse du leader d'extrême-droite.

 


Catherine Mégret, maire MNR (Mouvement national républicain, extrême-droite) de Vitrolles serait battue lors des prochaines municipales de mars par la liste de gauche, selon un sondage Louis Harris publié ce vendredi matin dans le quotidien communiste régional La Marseillaise.


Au deuxième tour de l'élection, la liste conduite par l'épouse du président du MNR, Bruno Mégret, est en effet créditée de 43% contre 57% pour une liste d'union de la gauche, menée par le socialiste Dominique Tichadou (PS, Verts, MDC et PRG). Face à une liste conduite par le PCF Alain Hayot, Catherine Mégret recueillerait 44% (contre 46% à Alain Hayot).


Toujours selon ce sondage, au premier tour, Alain Hayot créerait la surprise en recueillant 20% des voix (contre 14% aux précédentes élections cantonales). Catherine Mégret recueillerait 33%, Dominique Tichadou 25% et la liste dite d'union de la droite, menée par Christian Rossi, 22% des voix.


Selon le même sondage, 51% des personnes interrogées jugent de manière négative le bilan de la gestion des époux Mégret.

- Le sondage a été réalisé auprès d'un échantillon de 400 électeurs représentatifs selon la méthode des quotas.

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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 04:52


Catherine Mégret et les méchants gauchistes

 

Article paru dans l'édition de l’HUMANITE du 8 février 2001.

 

" Je veux poursuivre mon combat contre l’injustice. " Des paroles plus que surprenantes dans la bouche de Catherine Mégret, la maire de Vitrolles.

 

Aurait-elle décidé de plaquer son mari et les idées du MNR par la même occasion ? Qu’on se rassure, les injustices pour les Megret, ce sont les sondages. Donnée perdante, elle assure que les enquêtes sont " faussées " par ses " adversaires gauchistes ". Ces hommes et femmes au couteau entre les dents sont tellement méchants que les Vitrollais " ont peur de dire pour qui ils votent ", explique madame la maire, avant de conclure : " On est plus chez soi en France. " Un grand classique de l’extrême droite, que les Vitrollais pourraient rapidement transformer en " les Mégret ne sont plus chez eux à Vitrolles ".

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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 04:50


Marignane: le dortoir abandonné

 

Le vote pied-noir sera déterminant



Le glissement de la droite vers l'extrême-droite s'est fait sans qu'on y prenne garde. Et depuis, rien n'a été tenté par les partis pour déloger Daniel Simonpieri

 

La France politique se moque-t-elle du sort de Marignane? Les rares représentants associatifs de la ville en sont convaincus. Comme si le drame de Marignane n'était pas seulement lié à la présence d'un maire d'extrême-droite mais surtout à l'indifférence dont est victime cette commune de 35000 habitants, cité-dortoir de la middle class des Bouches-du-Rhône et capitale des pieds-noirs.

 

Dans les années 80, Laurens Deleuil, âgé aujourd'hui de 82 ans, ancien maire divers-droite de la commune de 1947 à 1995, a voulu trouver un arrangement avec le FN. A ce petit jeu, c'est Daniel Simonpieri qui a gagné. "On me dit que j'ai fait le lit de l'extrême-droite. Moi, j'ai passé ma vie à casser du rouge autour de l'étang de Berre. Oui, je suis heureux d'avoir permis à Marignane de ne pas être dirigée par le PC", dit Laurens Deleuil. La droite locale, elle, regarde ailleurs. Elle dispose a priori de meilleurs atouts que la gauche pour récupérer la ville. Mais les conditions d'une alternative ne sont pas mises en place. Ici, la transition entre Simonpieri et Deleuil s'est faite sans douleur. Quand la droite s'est réveillée, il était trop tard. C'est Guy Martin (DL) qui ira au charbon en mars 2001.

 

Représente-t-il le renouveau? En 1995, la droite avait offert la ville sur un plateau à Simonpieri en maintenant deux de ses représentants au deuxième tour: Guy Martin était dans le coup. En 1989, il comptait déjà 17 encartés FN sur sa liste. Depuis, l'homme a changé au point de devenir la bête noire de Simonpieri. Mais il aura du mal à faire croire que la droite a enfin décidé de faire de Marignane une priorité.

 

Quand Michèle Alliot-Marie se rend dans le département pour donner un coup de pouce à Christian Rossi, le candidat de la droite à Vitrolles, elle oublie Marignane sur son trajet provençal. Un tel manque de combativité conforte la rumeur selon laquelle Simonpieri - qui a quitté Le Pen pour Mégret - livre son dernier combat sous les couleurs du MNR avant de rallier un parti de droite, sans doute le RPR, habitué, depuis la récupération du maire de Nice, Jacques Peyrat, à jouer la carte du recyclage des élus d'extrême-droite.

 

A gauche, la Verte Nadège Audoucet a été désignée par les siens et a obtenu le soutien des communistes. Les socialistes ont décidé de faire liste commune avec le Mouvement des Citoyens et le Parti radical de Gauche, le candidat socialiste Jean-Louis Parrenin, industriel local et secrétaire de section, refusant de se ranger sous la bannière des Verts. On avance donc dans le brouillard.

 

Les directions nationales ont visiblement fait une croix sur Marignane, qui vivote, le seul bilan de Simonpieri relevant de la classique autoglorification fiscale propre aux maires d'extrême-droite. Pourra-t-il toujours compter sur un vote pied-noir influent, représentant environ le tiers de l'électorat marignanais? En 1962, Laurens Deleuil a su accueillir cette communauté à bras ouverts. Mais, ici, les rapatriés d'Algérie ont préparé "Jean-Marie". Et en 1995, à travers Simonpieri, ils ont voté Le Pen. Ce dernier a assuré que le Front national rendra la vie difficile au MNR pour les élections municipales. Dans ce sinistre imbroglio, ce sera aux Marignanais seuls de choisir.

 

Choisir de donner quitus à un homme qui, jeune sportif, prenait sa douche après les matchs de handball en exhibant une croix gammée à son cou. Un homme qui laisse un de ses adjoints dire que la seule solution pour régler l'épineux problème des gens du voyage est de mettre en place des camps départementaux. Un maire qui salue la foule en brandissant les trois doigts, symbole de l'hommage des partis d'extrême-droite européens au IIIe Reich, et se précipite dans les bras de la ville italienne de Chieti alors que cette dernière vient de tomber dans l'escarcelle du MSI italien, pour y signer un accord de jumelage... Simonpieri ou l'alternative républicaine. Avec, en filigrane, la plaie de la guerre d'Algérie. L'horizon de mars 2001 est loin d'être dégagé à Marignane.


Stéphane Menu

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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 04:49


La culture de la fermeture

 

Article paru dans l'édition de l’HUMANITE du 17 février 2001.

 

De notre envoyé spécial.

 

Quand Mme Mégret entend le mot culture, elle sort sa fermeture. Régine Juin en est témoin. À l’arrivée des Mégret à l’hôtel de ville, elle occupait le poste de directrice du cinéma depuis 1986. " De février à juin 1997, je n’ai eu aucune nouvelle de la nouvelle équipe municipale. " Et puis... " Moi, je continuais mon travail comme d’habitude. Un jour, nous avons programmé une série de courts métrages autour du thème l’amour est à réinventer ." L’un d’eux portait sur le SIDA dans la communauté homosexuelle. Ce film avait déjà été diffusé dans plein de salles à travers la France. Deux jours avant, l’élue à la culture m’a demandé d’annuler. J’ai refusé. La soirée s’est déroulée avec la participation du réalisateur Philippe Faucon (qui vient de sortir Samia). Tout s’est bien passé. J’ai alors été convoquée puis licenciée par le premier adjoint, Hubert Fayard. Motif : " refus d’obtempérer. Depuis j’ai gagné tous mes procès contre eux ". Maigre consolation au regard de l’immense gâchis. Un an après le licenciement de sa directrice, le cinéma avait perdu 60 % de ses entrées. Décision de la mairie : fermeture. " Ils n’ont pas su faire marcher le cinéma, comme ils n’ont rien su faire marcher. Une ville de 40 000 habitants sans cinéma, c’est unique en France ", s’insurge Régine Juin. Aujourd’hui, la réouverture du cinéma fait partie, selon les sondages, des priorités des Vitrollais comme des candidats, à l’exception de... Catherine Mégret.

 

La chanteuse et fondatrice de l’association Midi Chansons (création, formation et diffusion de la chanson d’expression française et méditerranéenne) Leïla Chalane a failli connaître le même genre de mésaventures. Mais pas tout de suite. La première année, la subvention a été reconduite. " Ils ont dû voir "chanson française", et cela leur a suffit. Puis ils ont compris que nos objectifs ne correspondaient vraiment pas aux leurs. " Alors : fermeture. En 1999, la mairie met fin à la convention et prive l’association des locaux municipaux mis à sa disposition depuis des années. Protestation, mobilisation... " Dans l’après-midi même, ils nous ont relogés. Ils ont eu peur que l’affaire monte vite ".

 

Leïla Chalane se souvient qu’après l’élection de Mégret " nous avons décidé avec Pierre Grimaldi (autre fondateur décédé depuis) de rester à Vitrolles, car c’est à ce moment-là que les gens avaient besoin de nous ". Aujourd’hui, elle célèbre " son premier engagement politique " comme candidate aux côtés d’Alain Hayot.

 

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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 04:48

Vitrolles : chronique d’une libération annoncée
 
 

Article paru dans l'édition du 17 février 2001.

 

La gauche, qui présente deux listes au premier tour, semble en passe de " débarquer " l’extrême droite de l’hôtel de ville.

 
De notre envoyé spécial à Vitrolles
 

Vendredi 9 février, 10 h 25, marché des Pins, Vitrolles. Derrière une horde de gardes du corps à la mine patibulaire, on devine Catherine Mégret, tailleur rouge, sourire niais, et Bruno Mégret, gabardine beige, sourire noir.

 

" Trente-cinq jours avant la libération de Vitrolles ". C’est écrit au marqueur bleu sur un tableau, dans le local de campagne d’Alain Hayot. Comme un compte à rebours : 34, 33, 32... Ce samedi 17 février, à trois semaines du scrutin, cela semble écrit également dans les sondages (1). Au second tour, dans tous les cas de figures (duel ou triangulaire), Catherine Mégret est battue, quel que soit le candidat de gauche présent (2). Car c’est bien la gauche, défaite, humiliée en février 1997, qui semble en passe de " faire tomber " l’extrême droite. Mais attention !

 

Coincée entre Marseille et Aix d’un côté, les falaises et l’étang de Berre de l’autre, coupée par l’autoroute A7, Vitrolles, la " ville nouvelle " rattrapée par le chômage et consorts, vit encore en partie dans ce " syndrome du bunker " qui l’avait conduit à se livrer en 1997 - à la majorité absolue, fait unique en France - au Front national et au couple Mégret.

 

La liste Catherine Mégret (Bruno Mégret se présente, lui, à Marseille, en compagnie de l’ancien premier adjoint de Vitrolles, Hubert Fayard) est encore créditée de près d’un tiers des intentions de vote, tandis que 30 % des personnes interrogées n’ont pas voulu répondre ou préciser leur choix.

 

Attention, donc ! " Il n’y a pas de rejet massif de l’extrême droite ", avertit Alain Hayot, universitaire, vice-président communiste du conseil régional, qui conduit la liste Vitrolles Plurielle et Citoyenne. " L’élection n’est pas encore gagnée. Le score de Mégret reste très fort ", tempère lui aussi, Dominique Tichadou, médecin et tête de liste PS.

 

La gauche donnée gagnante dans cette ville symbole, mais la gauche divisée, c’est à n’y rien comprendre. Divisée pourquoi, au fait ? Chacun a son interprétation et rejette la responsabilité sur l’autre. En fait, les problèmes ont commencé lorsque l’idée est venue au sein de la gauche plurielle de régler le cas des villes détenues par le FN ou le MNR (outre Vitrolles, Toulon, Orange et Marignane) d’un bloc et séparément de l’accord national. Problème : après un rapide tour de piste, le Parti socialiste revendique les quatre têtes de liste.

 

À Vitrolles, le PS accuse le PCF de vouloir " rafler la mise de l’après-1997 ". Ce dernier dénonce les tentations hégémoniques du premier. À défaut de se mettre d’accord sur une tête de liste unique, il y en aura deux. Mais chacun glisse (plus ou moins) vite sur le passé pour aller à l’essentiel. Alain Hayot, à la tête d’une " liste citoyenne " où se retrouvent des militants politiques (PC-PS-Verts) et des militants associatifs de Convergences (jeunes issus de l’immigration), du Mouvement démocratique vitrollais ou de Ras l’Front : " La gauche se trouve en très bonne position pour gagner. Notre liste est la seule qui soit dans une dynamique. C’est grâce à elle que la gauche progresse. " Alain Hayot, investi lors des assises citoyennes (structure réunissant formations politiques, associations et citoyens) en octobre 2000, peut se prévaloir d’une dynamique certaine : entre 16 et 20 % dans les sondages, contre 7 % aux municipales de 1997 et 14 % aux cantonales de 1998. De plus, les enquêtes d’opinion indiquent un " carton " chez les 18-24 ans : premier candidat avec 34 % des intentions de vote.

 

Si Hayot parie sur la dynamique, Dominique Tichadou, le leader de la liste PS-Verts-PRG-MDC, cultive sa légitimité. " Je suis le conseiller général du canton qui recoupe exactement la ville... ". Ce constat fait, Dominique Tichadou s’amuse souvent à placer quelques petites piques à son concurrent de gauche, tire la leçon fondamentale de ces sondages : " Le seul combat digne, c’est celui contre l’extrême droite. Or on constate que la division n’a pas influé sur les scores de la gauche, puisqu’ils s’établissent à 46 % contre 36 % en 1997.

 

Le PS a conforté sa position de leader de l’opposition à Vitrolles. Nous sommes les seuls à pouvoir battre l’extrême droite à Vitrolles. " Jouant les grands seigneurs, il ajoute : " Ma liste est toujours ouverte avant le premier tour. " À distance, Alain Hayot cultive son leitmotiv qui résonne comme une réponse : " C’est la démarche citoyenne qui permet de booster la gauche. " Malgré les petites tensions d’avant premier tour, les deux candidats ont déjà prévu de se retrouver avant le second, afin d’affronter unis l’extrême droite.

 

Alors que ce duel gauche-extrême droite est annoncé, si ce n’est programmé, Christian Rossi, directeur général adjoint des hôpitaux de Marseille et candidat unique de la droite (RPR-UDF-DL-RPF), prétend tirer son épingle du jeu. " Le score qui nous est attribué dans les sondages (autour de 23 % - NDLR) représente le double de ce que nous faisons habituellement. Au premier tour, je veux être en tête des candidats démocrates. Je resterai au second tour car il ne faut pas reproduire ce qui s’est passé en 1997 avec un face-à-face gauche-extrême droite. Avec Tichadou, on recommence avec le pire clientélisme marseillais. " Son thème de campagne " Réconcilier Vitrolles " est une sorte de traduction positive d’une stratégie de double rupture : " Avec la municipalité sortante, qui a montré son incompétence à gérer la ville, et avec les pratiques de l’ancienne équipe ", celle qui, sous la houlette du socialiste Jean-Jacques Anglade, a géré Vitrolles jusqu’en 1997.

 

Hop là ! répond en substance Dominique Tichadou, ce n’est pas l’histoire d’une équipe, " mais celle d’un homme, Jean-Jacques Anglade. Et ça a fait mal au parti auquel il appartenait. Les sondages en 1997 montraient qu’Anglade était battu. Un an après aux cantonales, je battais le candidat d’extrême droite avec 51 % des suffrages. C’est toute la gauche qui a perdu à travers cet homme ". Jean-Jacques Anglade, retiré de la politique, s’est retranché dans son cabinet d’avocat à Marseille, mais dont on assure que les " réseaux " fonctionnent encore.

 

1997. Cela pourrait redevenir du passé dès le 18 mars prochain, s’il se confirmait qu’une douloureuse parenthèse de quatre ans allait se refermer à Vitrolles. Quatre années au cours desquelles Vitrolles et sa population ont payé un lourd tribut.

 

Les chiffres de l’insécurité ne se sont pas améliorés, loin s’en faut, malgré l’augmentation du nombre de policiers municipaux. La zone économique perd un peu plus chaque jour de sa substance, victime à la fois de la mauvaise image de la ville et donc d’une concurrence déloyale d’autres bassins d’emplois, ainsi que de l’inaction de la mairie (lire page ***). Les Vitrollais ont aussi payé cher la manie de la fermeture, particulièrement développée chez leur maire : fermeture du cinéma, fermeture de lieux culturels comme le Sous-marin, fermeture des maisons de quartier...

 

Quant à la " préférence nationale ", mesure phare du programme mégrétiste, elle a heureusement été mise en échec. Dès 1998, la municipalité a créé une allocation municipale de naissance réservée uniquement aux enfants de parents français ou européens. Mal lui en a pris. La famille Delessert, première récipiendaire, après avoir accepté le chèque de 5 000 francs (" une bouffée d’oxygène " financière, pensait-elle alors), l’a renvoyé à l’expéditeur, s’en expliquant dans la presse. " J’ai cru alors que nous pouvions empocher l’argent et oublier les idées qui allaient avec. (...) La richesse du monde, c’est la différence entre les peuples ", déclarait Véronique Delessert (3). Une gifle, puis deux. Saisi par le gouvernement, le tribunal administratif a jugé cette prime illégale. Depuis les Delessert ont quitté Vitrolles pour une destination inconnue, signe du climat pesant et malsain que fait régner l’équipe Mégret sur la ville.

 

Pour Régine Juin, l’ancienne directrice du cinéma de Vitrolles virée en 1997 (lire page ***), la leçon de ces quatre années est à la fois simple et terrible : " J’ai cru, comme d’autres, qu’ils allaient remplacer un monde par un autre monde. Mais non. Ces gens-là ne savent que détruire. " Vivement la libération !

 
Christophe Deroubaix
 

(1) La Marseillaise-Louis Harris du 2 février 2001 et la Provence-SOFRES du 5 février.

 

(2) Tichadou-Mégret : 57-43 ; Hayot-Mégret : 56-44. En cas de triangulaire également, Catherine Mégret est devancée par l’un ou l’autre des candidats de gauche.

 
(3) Voir l’Humanité du 4 novembre 1998.
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