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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 04:35


Vitrolles : en finir avec " Facholand "

 

Article paru dans l'édition de l’HUMANITE du 17 mars 2001.

 

De notre correspondant régional.

 

Le score de la liste Catherine Mégret dimanche dernier (près de 40 % des exprimés) dans la sinistre ville dortoir de l’étang de Berre montre que le vote de désespérance mais aussi le vote raciste et facho existent encore. D’ailleurs en Provence-Côte d’Azur, l’extrême droite, tous clans confondus réalise dans des villes comme Nice, Marseille, Antibes ou Hyères des scores bien supérieurs à 10 % des exprimés, il est vrai dans un contexte d’abstention plus marquant qu’ailleurs. Le reflux de la marée noire qui a touché les côtes méditerranéennes à partir des années quatre-vingt est donc lent. Mais sensible : à Vitrolles la liste de Catherine Mégret, contrairement à ce qui s’était passé en 1997 où la droite avait joué les Ponce Pilate, n’a pas obtenu la majorité absolue et encaisse près de 15 points de recul.

 

Ces 15 points et un peu plus ont été récupérés par la liste emmenée par le néo-gaulliste Christian Rossi, lequel a annoncé son maintien au second tour. Comme le communiste Alain Hayot (dont les affiches ont été frappées d’une étoile jaune), ce candidat RPR a été la cible d’attaques particulièrement ignobles notamment la diffusion de plusieurs tracts l’accusant de " viol homosexuel ".

 

Manque de chance pour ces auteurs courageusement anonymes, Christian Rossi a découvert un même défaut d’imprimerie entre leurs tracts et ceux du MNR. Plainte a été déposée entre les deux tours et la droite locale s’est jurée cette fois d’envoyer Catherine Mégret " pas à la mairie mais en prison ". L’intéressée accuse, elle, la droite de se faire complice de " la magouille, de l’incompétence, de la haine et des violences ", comprenez de la gauche plurielle retrouvée.

 

Les électeurs ont en effet arbitré une primaire en faveur de la liste conduite par un conseiller général socialiste (élu en 1998), Dominique Tichadou, qui a obtenu un millier de voix de plus que celle animée par le conseiller régional communiste Alain Hayot. S’adressant à leurs électeurs et aux très nombreux abstentionnistes de gauche les deux hommes ont appelé de concert à voter pour " une équipe renouvelée, rajeunie, féminisée " constituée par la fusion de leurs listes respectives et qui entend " mieux gérer la ville et la sortir de son isolement ". Dans cette triangulaire à " Facholand ", la victoire ou la défaite se joueront sans doute à quelques voix près.

 

Philippe Jérôme

 

Premier tour. Inscrits : 20 341 Abstentions : 27,46 %. Liste Mégret (MNR) : 39,14 % ; liste Tichadou (PS et DVG) : 23,44 % ; liste Hayot (PCF et citoyens) 16,54 % ; liste Agarrat (Ext. G) 3,31 % ; liste Rossi (RPR et DVD) : 17,57 %.

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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 04:35


L’extrême droite dure...

 

Article paru dans l'édition de l’HUMANITE du 19 mars 2001.

 

Le second tour a confirmé les tendances du premier : là où l’implantation est avérée, soit en élus, soit en hommes de terrain, l’extrême droite résiste assez bien, compte tenu de son éclatement. Même si elle a joué les faire-valoir dans la plupart des triangulaires, montrant l’érosion de son pouvoir de nuisance sur la droite, elle conserve des " niches " suffisantes pour assurer sa survie politique.

 

Un mouvement qui profite d’abord à Bruno Mégret. Le MNR, en conservant Vitrolles et Marignane, sauve en effet sa tête - et ses finances. En optant pour une façade tranquille, sans rien renier de sa famille d’origine, le maire sortant MNR, Daniel Simonpieri, est largement réélu face à son challenger DL.

 

À Vitrolles, Catherine Mégret fait de même grâce au report des voix de la droite, en dépit des " casseroles " qui ont émaillé son premier mandat. Le MNR confirme aussi son implantation à Salon-de-Provence, où il réalise 22 %. Pas de quoi pavoiser toutefois, " l’élan " espéré par Bruno Mégret au plan national se cantonne aux villes où il comptait déjà en 1995, telles Mulhouse.

 

Le FN, en comparaison, doit se contenter d’un bilan moins glorieux. Il ne peut que mettre en avant sa victoire à Chauffailles (Saône-et-Loire), 4 500 habitants.

 

Orange gagné au premier tour, restent des résultats limitant le recul, comme à Noyon, où Pierre Descaves réalise le score de 34,3 %.

 

Toulon, l’ancien " laboratoire " autoproclamé par Jean-Marie Le Pen, revient largement à droite après avoir élu deux députés PS.

 

Enfin à Bollène, où un accord de désistement avec la droite devait la favoriser, Marie-Claude Bompard (FN) a échoué.

 

Mais en Alsace ou dans le Territoire-de-Belfort, toutes tendances confondues, l’extrême droite a progressé ou fait une entrée en force.

 

Son enracinement sonne alors comme un sérieux avertissement : là où on lui permet de gérer, ses élus sont suffisamment habiles pour avancer masqués et laissent redouter l’émergence, certes limitée, d’un lepénisme ou mégrétisme municipal durable.

 

Lionel Venturini

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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 04:34


Catherine Mégret garde Vitrolles grâce au reflux du RPR entre les deux tours

 

Article paru dans l'édition du Monde du 20.03.01

 

Catherine Mégret, maire MNR de Vitrolles, a réussi à conserver sa mairie avec 7 292 voix (45,32 %), soit 201 de plus que son concurrent socialiste Dominique Tichadou, allié pour le second tour au communiste Alain Hayot.

 

Christian Rossi, le candidat du RPR, qui s'était maintenu, a perdu 7 % d'un tour à l'autre, passant de 2 365 voix (17,47 %) à 1 707 voix (10,61 %). On s'accordait dans les deux camps à dire que cette spectaculaire déperdition avait profité à la maire sortante : c'est dans les bureaux les plus favorables à la droite que l'hémorragie a été la plus importante.

 

La défaite, longue à se dessiner, a proprement asphyxié les militants des gauches, qui ont longtemps voulu croire que les urnes leur seraient favorables. Réunis devant leur local de campagne au vieux village de Vitrolles, sous les micocouliers d'une placette bucolique, ils croyaient encore vers 19 heures que leur héros ferait la course en tête. Pourtant l'inquiétude gagnait dès les premières séries de cent comptées : Catherine Mégret doublait leur candidat, et les responsables commençaient à chuchoter qu'il fallait s'attendre au pire. Une employée municipale pleurait dans son coin et ses trois copines s'efforçaient de lui faire garder l'espoir. Peu à peu la gêne s'installait et les dialogues devenaient plus aigres. « De toute façon, la Mégrète a raison, disait l'un, elle prend les Vitrollais pour des cons - et c'est des cons. » Un autre annonçait qu'il faudrait attendre « jusqu'au bout de la nuit pour avoir les vrais résultats, mais il faudra encore plus attendre le bout de la nuit si elle passe ».

 

A 21 h 30, Dominique Tichadou et Alain Hayot venaient mettre fin au suspense. Juché sur le perron de la porte Notre-Dame, le candidat socialiste, « très triste », déplorait que « les Vitrollais n'aient pas choisi la paix, le progrès, la démocratie ».

 

Trois raisons expliquaient, selon lui, l'échec de sa liste : « La prime au sortant et la campagne atroce menée par Mme Mégret ; l'effondrement de la droite vitrollaise, qui n'hésite pas à rallier l'extrême droite ; les mauvais résultats de la gauche en France et dans le département. » Alain Hayot y ajoutait « la difficulté de la gauche à mobiliser l'électorat populaire ». Les deux hommes, applaudis dans la tristesse, annonçaient alors qu'ils allaient déposer des recours contre une élection qu'ils estiment perturbée par les tracts anonymes. Et pour mettre un peu de baume au coeur, Dominique Tichadou lançait : « 1995-1997, ça vous rappelle quelque chose ? 2001-2003. » Mais rien semblait pouvoir atténuer la douleur des militants et sympathisants présents, qui n'arrivaient pas à croire qu'il leur faudrait affronter à nouveau les équipes municipales sortantes.

INVECTIVES, INSULTES

 

A la mairie, quelques instants plus tard, l'euphorie triomphante révélait que l'inquiétude avait longtemps plané. Au deuxième étage on s'embrassait, on se tapait sur l'épaule, on se congratulait comme après une grande peur. Une employée de mairie, larmes de bonheur aux yeux, glissait à une élue : « Ils nous ont fait souffrir, mais on les a eus ». Quelques-uns des gagnants se montraient sur le balcon de l'Hôtel de Ville face aux quelques dizaine de jeunes des cités massés en contrebas. Invectives, insultes et projectiles suivaient. La police chargeait sur le parvis pour disperser les opposants, qui brisaient quelques vitres.

 

Catherine Mégret entrait alors dans la salle du conseil municipal pour lire sa déclaration. Sa victoire lui paraît d'autant plus symbolique que « jamais une municipalité n'a subi un tel harcèlement et une telle propagande ». Il s'agit donc, a-t-elle ajouté, « d'une victoire de la liberté sur le totalitarisme, du courage sur la haine, c'est l'échec du politiquement correct ». Mais la victoire est aussi « celle du MNR, qui démontre ainsi que [ses] idées mises en oeuvre dans la durée sont celles que veulent une majorité de Français ». Catherine Mégret a ensuite posé pour les photographes devant le tableau lumineux sur lesquels les chiffres de la soirée étaient inscrits. Puis elle a disparu sans répondre à la moindre question. Ses amis, soulagés, se sont alors installés autour de la table du conseil municipal pour s'attaquer aux plateaux repas de la soirée.

 
MICHEL SAMSON
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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 04:34


Extrême droite : le lampadaire et l'exclusion

 

Article paru dans l'édition du Monde du 24.03.01

 

A VICTOIRE de Catherine Mégret à Vitrolles est symptomatique d'un fait nouveau tout à fait décisif : l'enracinement d'un courant politique d'extrême droite fondé sur la gestion. Il est d'ailleurs significatif que la rhétorique habituelle du président du FN, Jean-Marie Le Pen, ait rencontré peu d'écho durant ces élections municipales, qui ne l'intéressaient pas.

 

Et Bruno Mégret a raison de souligner que son mouvement, le MNR, a franchi un pas ce dimanche 18 mars. Les scores marseillais du MNR, approchant les 20 points dans les quartiers populaires qui lui sont le plus favorables, comme les résultats enregistrés dans d'autres villes des Bouches-du-Rhône, confirment son diagnostic d' « enracinement du mouvement national ».

 

Mais il a surtout réussi à lui donner une crédibilité nouvelle puisque la prime au sortant joue désormais pour ses amis. Daniel Simonpiéri, déjà élu conseiller général pendant son mandat de maire, a remporté haut la main le second tour de l'élection de Marignane. Et, la semaine précédente, Jacques Bompard, Front national officiel mais maire d'Orange sans étiquette et qui a géré sa ville selon les mêmes méthodes et selon la même philosophie que les deux autres, était élu dès le premier tour. On n'a donc plus affaire, dans ces cas-là, à des batailles gagnées ou perdues par le hasard malencontreux de triangulaires imprévues : l'électorat choisit en connaissance de cause son candidat, il en connaît le programme, le bilan, le style. De surcroît, dans les trois villes d'extrême droite, les batailles juridiques ou politiques ont largement mobilisé les médias locaux et nationaux, écrits ou audiovisuels, contribuant ainsi à informer les citoyens sur la gestion quotidienne de leur ville.

 

On touche là au premier élément constitutif de cet électorat d'extrême droite : il se construit sur le « victimisme », ce sentiment, largement répandu dans la région, d'être victime des puissants, des Parisiens, des étrangers - et bien sûr des journalistes et des juges. Ce sentiment a souvent une traduction électorale pratique : ce que Philippe Séguin appelle la « prime à la casserole », forme pervertie de l'idée qu'en démocratie la légitimité vient du peuple, et bâtie sur celle que toute médiation entre lui et sa volonté exprimée par la loi est perverse.

 

Les élus du FN et du MNR ont un art consommé pour jouer sur ce particularisme étroit. Catherine Mégret a diffusé un tract intitulé : « Le programme bien de chez nous », et cela fait écho au petit Astérix des panneaux installés aux différentes entrées de la ville d'Orange. Et les trois maires ne manquent jamais l'occasion de dénoncer la « diabolisation » dont ils sont les victimes : ils agglomèrent autour de ce mot tous les ressentiments vécus par ceux qu'ils représentent, qui trouvent ainsi une expression politique de leur souffrance sociale.

 

Mais le victimisme, répandu bien au-delà de l'extrême droite, se colore dans cet électorat d'un désir de discrimination raciste antiarabe désormais affiché. On s'en doutait un peu depuis que Mme Mégret a été condamnée dans deux procès pour discrimination, dont un en appel pourrait lui coûter son éligibilité.

 

Loin d'en être gênés, elle et ses amis ont utilisé la chose en se présentant au dernier procès corde au cou, adoptant une attitude de rupture face à l'institution judiciaire, cherchant et obtenant l'expulsion de la salle d'audience. On en a eu une confirmation récente avec le tract cité plus haut, et condamné par la justice. Il proposait rien de moins que de faire quitter la ville à ceux des immigrés « qui sont source d'insécurité et de trouble ». Et surtout de « reloger les Français du quartier des Pins qui le souhaitent dans un autre secteur de la ville. (...) L'équipe Mégret [leur] proposera donc de nouveaux logements dans la ville, avec des loyers équivalents et construits spécialement pour eux ».

 

On peut difficilement être plus clair dans la volonté affirmée de développement séparé : ces tracts ont été largement diffusés et les habitants des Vignettes, qui ont donné 60 % des voix à l'équipe en place, en connaissaient le contenu. Comme les Orangeois savent très bien qu'on donne du porc aux repas de Noël de fin d'année offert aux aînés, que la mairie a cessé de participer au contrat de ville, de cotiser à la mission locale pour l'emploi et que les habitants des quartiers de Fourchesvielles ont le sentiment d'être complètement exclus de la vie de la cité. Les Marignanais n'ignorent pas plus qu'on a interrompu toute aide au seul centre social de la ville situé dans un ensemble d'immeubles à forte population d'origine immigrée ou que leur maire va encore devoir s'expliquer sur l'interminable feuilleton du porc donné à la cantine.

 

PROJET COHÉRENT

Ces deux éléments, victimisme et racisme antiarabe, sont parties constitutives d'un projet cohérent, ils forment une ligne, ils structurent un budget. Tout cela est parfaitement compris par ces électeurs-là, qui pensent simplement que les aides directes ou indirectes aux plus démunis qu'eux les menacent directement.

 

Parlant du transfert de mémoire de l'Algérie française au racisme antiarabe, l'historien Benjamin Stora évoque le « sudisme » né en Algérie, à l'image de celui des petits Blancs du sud des Etats-Unis, et désormais installé en France. Pour lui, cette « mémoire d'exclusion va progressivement se muer en une mémoire de revanche inavouée ». En tenant compte du fait que l'électorat MNR ou FN n'est pas seulement pied-noir - même si les militants d'extrême droite le sont souvent -, la phrase convient à ce qu'on entend quand on essaie de comprendre ce qui se passe dans ces villes : le rapport aux immigrés et aux enfants de l'immigration semble encore tout empreint d'une supériorité coloniale de petit Blanc inquiet. De façon imagée, un militant vitrollais disait : « Ces électeurs-là, on les a achetés pour un lampadaire. » L'explication est un peu courte, car un lampadaire ne suffit jamais s'il n'est pas inscrit dans une politique plus générale. Mais elle est forte si on la relie au tract condamné : rien pour les Pins, tout pour les quartiers qui réclament un lampadaire.

 
MICHEL SAMSON
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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 04:34

VU DE VITROLLES PAR ALAIN HAYOT (*)
 

Article paru dans l'édition de l’Humanité du 4 avril 2001.

 

Le contexte national de poussée à droite, conjugué à la porosité des votes entre la droite et l’extrême droite, a scellé le sort de la gauche à Vitrolles. Au-delà de ce constat, il faut se rendre à l’évidence : l’installation de l’extrême droite dans cette ville ne relève pas d’un " accident de l’histoire ", comme le pensaient certains, après le rejet de la municipalité Anglade, maire socialiste de 1983 à 1997.

 

A contrario, je pense qu’il s’agit d’un produit d’une histoire complexe : en premier lieu, celle de l’échec de la fabrication d’une ville nouvelle des années soixante - soixante-dix par un établissement public, en dehors de tout contrôle municipal et citoyen. Niant le bourg provençal existant, on a bâti le long de ces " non lieux " (zone commerciale, zone industrielle, plate-forme logistique du transport routier), une aire urbaine de vingt kilomètres, destinée à accueillir des populations déracinées de diverses origines, notamment des quartiers populaires de Marseille.

 

Le droit à la ville, c’est d’abord le droit à la centralité, écrivait Henri Lefebvre. À Vitrolles, on a fait l’inverse : une bande industrielle, une bande autoroutière, une bande d’habitats complètement éclatés, aucun vrai centre ville : le résultat, c’est une ville sans identité réelle, à qui l’on n’a donné ni le temps ni les moyens urbanistiques, sociaux et culturels de s’en construire une. Là commence la responsabilité de la municipalité de gauche qui a précédé l’arrivée de l’extrême droite : celle d’un système, au demeurant fort peu original, clientéliste, hégémonique au service d’un parti et d’un clan réuni autour du maire, d’une poignée d’élus et d’affairistes. La justice est passée, les condamnations prononcées, la gauche s’est retrouvée en morceaux, avec des plaies béantes. C’est le rejet de tout cela qui a provoqué l’arrivée de l’extrême droite, qui a occupé le terrain politique déserté par la droite républicaine dès 1993, et est apparue comme l’unique alternative à un pouvoir rejeté.

 

Quatre ans seulement nous séparent de la première élection de Catherine Mégret, dont l’unique souci durant cette période a été de fédérer son électorat. Elle l’a fait autour d’un discours sécuritaire, raciste, nationaliste, " provencialiste ", " victimiste " face aux médias, à l’État, aux collectivités territoriales, aux militants de gauche, à tous ceux qui, à l’entendre, lui en veulent de vouloir défendre les " Vitrollais français ". Ceux-ci n’aspirent, selon elle, qu’à vivre en paix dans une ville qu’elle a réduite à sa fonction dortoir, au sein de laquelle elle a supprimé toute activité sociale et culturelle, en particulier dans les cités populaires et en direction des jeunes, une ville qu’elle a sciemment divisée. Division entre générations, entre quartiers - dont les plus pauvres ont été abandonnés - entre habitants d’un même quartier, entre " communautés " (les " Gitans " contre les " Arabes ", par exemple). Une ville, enfin, qu’elle a délibérément isolée de son environnement régional et national. Il y a là un projet cohérent de recomposition sociologique, politique et urbaine de la part d’une extrême droite qui est passée d’un discours idéologique " dur " à sa mise en ouvre. L’électorat de la droite traditionnelle s’y est retrouvé sur la base du " Bien chez nous à Vitrolles " - au cour de la campagne de Catherine Mégret. Son autre mot d’ordre, " Ou moi, ou le retour d’Anglade ", continue d’exploiter le rejet du passé.

 

Face à cette extrême droite conquérante, pourquoi la gauche ne s’est-elle pas rassemblée dès le premier tour ? Contrairement à ce qui s’écrit ici ou là, ce n’est pas sur la base d’un simple clivage PS-PC ou sur le choix de la tête de liste. La question est plus complexe. Fallait-il reproduire mécaniquement les rapports de forces électoraux et partisans, ou fallait-il, au contraire, que les partis de gauche se remettent en question, participent avec d’autres à l’élaboration d’un véritable projet alternatif ? Il leur fallait, pour cela, se mettre au service d’une démarche neuve, citoyenne, telle qu’elle s’est déployée, au lendemain de l’échec de 1997, à l’initiative de militants politiques et associatifs autour d’un " espace citoyen ". Le Parti socialiste s’y est refusé, comme il s’est désengagé de l’accord national d’union sur les quatre villes détenues par l’extrême droite. La réponse est dans les urnes : trois villes conservées par l’extrême droite, et une gagnée par la droite alliée à l’extrême droite. À Vitrolles, plus précisément, les listes alternatives et citoyennes totalisent 20 % des voix, alors que le PS, malgré le soutien des Verts, du PRG et du MDC, subit, avec 23 %, un recul sévère par rapport à 1995 et 1997.

 

Notre liste, plurielle, était composée de militants communistes, socialistes, Verts et surtout (24 candidats sur 39) de militants associatifs engagés depuis plusieurs années dans le combat contre le FN devenu MNR. Son originalité a été de mettre en synergie des militants des partis de la gauche plurielle et des acteurs du mouvement social et citoyen issus notamment des quartiers populaires et des immigrations récentes. Cette liste, que je conduisais, s’est inspirée d’une démarche de démocratie participative façon Porto Alegre, très proche de celle des listes Motivé-e-s à Toulouse. Son fonctionnement - profondément démocratique - son projet pour refaire la ville, son score, ont marqué le premier tour de l’élection et représentent l’espoir d’un renouveau de la gauche à Vitrolles. Aujourd’hui, nous mettons cette démarche et ses premiers résultats à la disposition de tous ceux qui veulent tourner la page de l’extrême droite, mais également celle du passé antérieur. On ne combat pas l’extrême droite en la diabolisant, mais en lui opposant un projet alternatif radicalement opposé à ses méthodes, à ses pratiques, à ses discours, un projet qui, par là même contribue à rénover la gauche et à la rassembler. C’est aujourd’hui que l’avenir commence à Vitrolles...

 

(*) Sociologue, vice-président de la région PACA, conseiller municipal (d’opposition) à Vitrolles, membre du Conseil national du PCF.

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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 04:30


Téléphone Rouge

 

source : Le Nouvel Observateur le 14/06/2001

 

Vitrolles: l'après-Mégret En attendant la probable annulation de l'élection municipale de Vitrolles, remportée à 200 voix près par Catherine Mégret, la gauche est sur le pied de guerre et veut cette fois présenter une liste d'union dès le premier tour.

 

Bien que contesté dans son parti, le leader du PS local Dominique Tichadou vient de passer avec son homologue du PC Richard Dubrey un accord qui lui assure la tête de liste.

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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 04:28


A Vitrolles, la droite maintient sa liste contre Catherine Mégret

 

Article paru dans l'édition du Monde du 15.03.01

 

De notre correspondant régional

 

Bruno et Catherine Mégret arpentent le marché, suivis d'un petit groupe de femmes qui distribuent leur tract : « Danger : avec Tichadou ce serait pire qu'avec Anglade, ce seraient les magouilles, l'incompétence, la haine, les violences. » Mme Mégret, se penchant vers ses interlocuteurs, exhorte à la mobilisation pour le 18 mars, ses suivantes traduisent : « Sinon, c'est les Arabes à la mairie ! » Et c'est bien de cela qu'il s'agit : les 5 595 voix (38,93 %) qu'elle a recueillies au premier tour indiquent qu'on est loin du vote de protestation. Après trois campagnes municipales, une cantonale et quatre ans de mandat, les 20 350 électeurs vitrollais connaissent le bilan du maire et ses intentions.

 

Un socialiste, qui dit avoir été « tétanisé par ce score », commente : « Il faut simplement reconnaître qu'il y a un vote raciste, un vote facho. Il reste hypocrite, personne ne l'avoue, mais il est bien là. » Pour lui, beaucoup de ces électeurs sont âgés, mais il faut compter aussi avec « ceux qui travaillent ailleurs, qui viennent le soir dans cette ville-dortoir, se foutent des clubs de sport et du reste et repartent le matin ; tout ce qui les intéresse, c'est que leur baraque ne soit pas cambriolée ».

 

La petite troupe MNR passe devant le local de Christian Rossi (RPR) aux électeurs duquel Mme Mégret a adressé une lettre pour leur « tendre la main [car] les valeurs qui nous rassemblent sont plus grandes que celles qui nous divisent ». Le candidat gaulliste, qui a récolté 18 % des voix, a annoncé qu'il se maintient au second tour. Ce mardi 13 mars, remonté et anxieux, il donne une conférence de presse : après avoir fait l'objet, depuis le 21 février, d'une campagne de calomnie relayée par trois tracts anonymes l'accusant de « viol homosexuel », il a décidé de riposter publiquement. Il annonce qu'il a déposé quatre plaintes, dont trois visent nommément Mme Mégret, pour diffamation et propagation de fausses nouvelles. On apprendra dans l'après-midi que le doyen des juges d'instruction d'Aix a effectivement ouvert une enquête. M. Rossi montre les agrandissements des lettres anonymes et des tracts du MNR qu'il a remis à la police : on y voit le même défaut d'impression. Et il rappelle que la plainte initiale contre lui, qui est à l'origine de la rumeur, a été classée sans suite par le procureur d'Aix-en-Provence qui, fait exceptionnel, l'a fait savoir par un communiqué à La Provence.

 

M. Rossi est blessé et excédé. Il remercie René Agarrat, qui a obtenu 3,29 % des voix sur sa liste « 100 % à gauche », mais qui est venu à sa conférence de presse dénoncer « ces méthodes, ce genre de... saloperie », tout en confirmant sa prise de position « pour la liste conduite par M. Tichadou ». Le candidat gaulliste annonce ensuite qu'il a déposé une requête en annulation du premier tour : selon lui cette campagne insidieuse lui a coûté « entre 7 et 8 points ». Sous les applaudissements de ses amis, il conclut que Mme Mégret ne doit pas aller « à la mairie, mais en prison ». Quelques instants plus tard, quand le cortège du MNR repasse devant son siège, ses militants, rageurs, scandent ce mot d'ordre. Interrogé sur ces tracts anonymes, M. Mégret nie y être mêlé et ajoute : « Les affaires de mœurs de M. Rossi ne me concernent pas. »

 

RAISONNABLEMENT OPTIMISTE

 

Quelques instants plus tard, Dominique Tichadou (PS, 23,31 % des voix) et Alain Hayot (PCF, 16,45 %) arrivent sur le marché. Les deux hommes, qui ont mené séparément la bataille du premier tour, marchent côte à côte, arborant des sourires de réconciliés. La veille ils ont signé une déclaration commune qui parle du « nouveau visage de la gauche et d'une poussée citoyenne inédite, (...) d'une équipe renouvelée, rajeunie, féminisée, plurielle ». Il s'agit désormais de « mieux gérer la ville, de la sortir de son isolement ». Les deux chefs de file sont en train de former la liste de fusion, sur laquelle M. Hayot sera deuxième et fera entrer douze représentants en position éligible, M. Tichadou en plaçant seize.

 

Chacun retourne ensuite à son local : l'addition des trois listes de gauche lui donne une avance de 740 voix sur l'extrême droite, mais les amis de M. Tichadou savent qu'il n'a pas fait le plein au premier tour. Ils le constatent sur les listes d'émargement, qu'ils dépouillent minutieusement afin d'exhorter par téléphone les abstentionnistes à se déplacer le 18 mars. Ce travail de fourmi révèle aussi que des gens connus pour être partisans de l'extrême droite sont restés chez eux. M. Tichadou estime cependant que ses réserves sont « beaucoup plus importantes » et se réjouit du maintien dans la course de M. Rossi. Selon lui, « une petite partie ira chez Mégret, une autre chez moi, mais ça fixe l'électorat de droite ». Il est donc raisonnablement optimiste.

 
MICHEL SAMSON
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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 04:25


Deux ans d'inéligibilité pour Catherine Mégret

 

Paru dans le Nouvel Obs du 18/06/2001


La maire MNR de Vitrolles était jugée pour discrimination à la prime de naissance. La sanction est suspendue car elle s'est pourvue en cassation.


La cour d'appel d'Aix-en-Provence a confirmé ce lundi la condamnation de la maire MNR de Vitrolles Catherine Mégret à trois mois de prison avec sursis, 100.000 francs d'amende et deux ans d'inéligibilité pour discrimination à la prime de naissance. L'ancien premier adjoint au maire, Hubert Fayard, a été condamné à la même peine. Tous deux ont instauré en janvier 1998 une prime de naissance de 5.000 francs réservée aux familles dont l'un des parents au moins était Français ou ressortissant de l'Union européenne.


Catherine Mégret n'était pas présente à l'annonce de la décision du tribunal mais elle était représentée par son mari, Bruno Mégret, président du Mouvement national républicain. Celui-ci a immédiatement annoncé que les deux condamnés se pourvoiraient en cassation, ce qui suspend de fait l'application de la peine.


Cette condamnation a par ailleurs provoqué la fureur des militants MNR présents dans la salle d'audience. Deux personnes ont été placées en garde à vue après la lecture du verdict pour outrage.

"Préférence nationale"


La municipalité de Vitrolles avait annoncé en janvier 1998 l'instauration d'une allocation naissance de 5.000 francs sur le principe de la "préférence nationale". Cette allocation avait par la suite été jugée illégale par le tribunal administratif en avril 1998. Plusieurs associations avaient en effet porté plainte.


"La justice se déconsidère" a lancé Bruno Mégret à l'issue de l'audience. "Vive la France", "Justice pourrie" criaient de leur côté les partisans du MNR.


Catherine Mégret a été réélue maire de Vitrolles lors des dernières municipales. Hubert Fayard, actuel secrétaire départemental du MNR, n'a en revanche plus de mandat électif (Il est employé par la ville de Vitrolles).



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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 04:20

Vitrolles: la gauche se rebiffe

 

source : Le Nouvel Observateur le 09/08/2001 auteur : Claude Askolovitch

 

Ah, la belle fête de famille ! Dans la douceur d'une soirée sudiste, on pique-nique - rosé et paella - et, après les agapes, on danse. Le sénateur socialiste Henri d'Attilio chaloupe sur du Claude François, pas loin du communiste Alain Hayot, sous le regard attendri d'un peuple de gauche qui ne fait pas si souvent la fête ici. A Vitrolles, cet été 2001, la gauche a retrouvé l'en-vie d'espérer. Dominique Tichadou, conseiller général socialiste, vaincu aux élections municipales de mars, contemple sa Fête de la Rose, rayonnant. Voilà enfin la gauche rassemblée autour de lui.


On le contestait, paraît-il, on disait du mal de lui à Marseille, à Paris? Plaisanteries, racontars, balayés sous les flonflons! Patrick Menucci, président du groupe socialiste au conseil municipal de Marseille, est venu apporter l'onction fédérale. Richard Dubrey, homme fort des communistes vitrollais, martèle que l'union est acquise, et que «Dominique mènera la gauche». Il ne reste plus qu'à revoter...


Battus de 200 voix en mars par la liste de Catherine Mégret, Tichadou et les autres ont travaillé à un recours en annulation, dont ils espèrent qu'il aboutira à la rentrée. «On nous a volé l'élection», martèlent-ils.

 

Utilisation du journal municipal, dépassement des comptes de campagne, signatures suspectes sur les listes d'émargement, les motifs d'annulation ne manquent pas, disent-ils. Les tricheurs sont chez Mégret, se répètent les militants de gauche. Ils dénoncent sans faiblesse le MNR, le groupuscule d'extrême-droite présidé par Bruno Mégret, qui a fait main basse sur leur ville. Et surtout ils seront unis. Ils auraient pu commencer plus tôt. La défaite de mars a eu des allures de suicide délibéré. La gauche vitrollaise s'est déchirée au premier tour des élections municipales. Le PC voulait dépasser le PS. Le rabibochage de l'entre-deux-tours n'a pas effacé les cicatrices. Dans l'électorat, le mal était fait.


Socialistes et communistes ont juré de ne plus recommencer. Ils se sont expliqués. Le pacte a été scellé entre les «tauliers». Dominique Tichadou, 48 ans, est devenu le compère de Richard Dubrey, 37 ans: un pur politique celui-là, physique de rugbyman, longtemps incapable de résister à l'envie d'en découdre, y compris physiquement, avec les «fachos», mais qui s'est acheté une conduite depuis son élection au conseil municipal. Dubrey est devenu adulte et la gauche avec lui.


Tichadou n'est pas un socialiste que les communistes peuvent ignorer. Il est le petit-fils de Lucia Tichadou, héroïne de la Résistance, première adjointe du maire communiste de Marseille Jean Cristofol après la Libération. Dominique Tichadou a rejoint le PS en 1992, au moment de la débandade de la gauche. Ce médecin aime les cas désespérés.

 

En 1998, il s'est parachuté à Vitrolles. Il est devenu conseiller général. Il a reconstruit la section socialiste. Avec les Mégret en ligne de mire...


Mais, en cinq ans de pouvoir mégrétiste, la ville s'est ancrée à l'extrême-droite. La population de gauche commence à quitter Vitrolles. «Si les employés municipaux qu'ils ont écoeurés étaient restés, avec eux et leurs familles, on gagnait», dit Tichadou. Catherine Mégret elle-même a pris de la bouteille. La «gourde» caricaturée par Luz, le dessinateur de «Charlie Hebdo», gaffe moins, se tient mieux, comme rassérénée par sa réélection. La justice l'a déclarée inéligible pour avoir voulu faire passer une «préférence nationale et européenne» via une prime de naissance accordée par la ville. Mauvais point, ou bonne pioche. Si sa femme ne peut plus se présenter, Bruno Mégret ira à l'élection, et le couple fera vibrer la corde du martyre.


A côté de Vitrolles, Marignane est tout acquise à son maire, Daniel Simonpiéri, extrême-droite à sourire et accent, de moins en moins proche de Mégret. Une seule question tarabuste le petit monde politique de la région: combien de temps la droite républicaine mettra-t-elle à blanchir Simonpiéri pour lui offrir le proconsulat de l'étang de Berre? Déjà, la droite a fait élire Simonpiéri vice-président de la communauté de communes de Marseille...


Dans ce Sud jadis rouge, le paysage semble basculer doucement. Tandis que la gauche, elle, s'efforce d'apurer son passé sans créer de nouvelles divisions en son sein. A Marseille, le député communiste et maire des 15e et 16e arrondissements Guy Hermier vient de disparaître. Il laisse sa mairie à son premier adjoint, Frédéric Dutoit. Mais son siège à l'Assemblée nationale suscite les convoitises du PS... Patrick Mennucci, qui investit les quartiers Nord depuis des années, est candidat à la candidature pour succéder à Guy Hermier dans un an. Le PC n'apprécie guère. «Le PS laisse nos copains tranquilles à Marseille, ou alors je ne garantis rien à Vitrolles», lance Richard Dubrey, mi-sérieux, mi-bluffeur. Fédérations socialistes et communistes devront peser l'union au trébuchet. Car le bal peut encore devenir maudit.

 

CLAUDE ASKOLOVITCH

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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 04:15


Inéligibilité requise contre Catherine Mégret

 
Paru dans le Nouvel Obs du 12/10/2001


Six mois de prison avec sursis et cinq ans d'inégibilité pour provocation à la discrimination raciale ont été requis contre la maire MNR de Vitrolles.


Le ministère public a requis devant le tribunal correctionnel d'Aix-en-Provence une peine de cinq ans d'inéligibilité, six mois de prison avec sursis et une amende de 150.000 francs à l'encontre de Catherine Mégret, maire MNR de Vitrolles, qui comparaissait vendredi pour "provocation à la discrimination raciale".


"Ceux qui ont fauté deviennent indignent de toute charge électorale", a estimé la représentante du parquet, Catherine Alexandre, faisant référence aux tract de campagne valant à Catherine Mégret ces nouvelles poursuites. Baptisé "Bien de chez nous", le document distribué lors de la campagne municipale se proposait de lutter contre l'immigration, une "véritable colonisation à rebours". Des arguments repris le 7 mars dans un discours.

"Priorité aux Français"

Le maire d'extrême droite, réélue le 18 mars, avançait notamment comme solution d'"assurer dans le cadre légal la priorité aux Français pour les emplois municipaux, les aides sociales et l'attribution de logements". Catherine Mégret proposait également de reloger les ressortissants français vivant dans des quartiers ou la proportion d'immigrés était trop forte.

 


Un programme qui, selon le réquisitoire de Catherine Alexandre, reviendrait à "construire des réserves de Français et des ghettos d'immigrés, ce qui évoque de bien tristes souvenirs" et qui constitue une incitation "à la discrimination, à la haine et à la violence à l'égard des populations non-françaises".


Au mois de février, le juge des référés avait déjà qualifié de "discriminatoire" la brochure de Catherine Mégret et n'avait autorisé sa diffusion, en attendant le jugement sur le fond, qu'à la condition qu'y figure "un avertissement relatif à son caractère délictuel".

Deux autres procès

Absent à l'audience, le maire de Vitrolles a déjà été condamnée en appel au mois de juin à deux ans d'inéligibilité, trois ans de prison avec sursis et 100.000 francs d'amende pour avoir institué une prime à la naissance jugée discriminatoire. L'affaire est actuellement devant la Cour de cassation.


Dans une autre affaire, Catherine Mégret attend d'être rejugée par la Cour d'appel de Paris pour des propos jugées racistes tenus dans le quotidien allemand Berliner Zeintung et repris par le journal Le Monde.


Dans un premier jugement prononcé le 9 mars 1998 puis annulé par la Cour de cassation, l Cour d'appel avait prononcé une peine de trois mis d'emprisonnement avec sursis ainsi qu'à une amende de 50.000 francs.

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