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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 06:30


Côté Sud. Avec deux candidats déclarés à Toulon et des divisions au sein du PS sur le cas de Vitrolles, la gauche avance toujours divisée à un an des municipales.

 

Paru dans l’Humanité du 17/03/2000

 

Toulon et Vitrolles, La gauche en peine d’accord

À Toulon, les députés socialistes Odette Casanova et Robert Gaïa se sont tous deux portés candidats, tandis que Gérard Paquet, ancien directeur du théâtre de Châteauvallon, entend " participer au combat pour la conquête de la ville ", au nom des Verts. À Vitrolles, les associations mettent en garde " ceux qui alimenteront les divisions ".

 
De notre envoyé spécial.
 

Marignane, Orange, Toulon, Vitrolles. Quatre villes du Sud aux mains du Front national ou ce qu’il en reste. Quatre situations différentes et une possibilité commune : le rejet de l’extrémisme fascisant. Dans les deux premières, la gauche pourrait rapidement se placer en ordre de bataille pour les élections municipales de 2001 avec des listes conduites par un socialiste et un Vert. Dans les deux autres, l’accouchement prendra un peu plus de temps. Pourtant, à Toulon comme à Vitrolles, la gauche, si elle s’en donne les moyens, peut mettre un terme à l’occupation des mairies par Jean-Marie Le Chevallier et la famille Mégret.

 
….
 

À Vitrolles, dans les Bouches-du-Rhône, la famille Mégret fait ses comptes. Ici aussi, plusieurs membres de la municipalité ont fait sécession tandis que la résistance aux extrémistes fascisants n’a jamais désarmé. " Le soir de la prise de la mairie par Mégret, j’ai erré dans les rues, désespéré, désemparé. Puis, peu à peu, des associations se sont crées. Nous nous sommes parlé, nous avons agi, indique Dina Bouziane, vingt-sept ans, responsable de SOS Racisme. Mais les Mégret laissent un champ de ruines. " Exagéré ?

 

Vitrolles est en crise avec 36 % de chômeurs. L’épouvantable image de la ville fait fuir les entreprises des deux zones industrielles et de la zone commerciale. " Je n’ose plus dire que j’habite Vitrolles, je paie toujours par Carte Bleue où ne figure pas mon adresse et, lorsque je suis à Paris, je dis que j’habite Aix ", confie un président d’association qui, comme la plupart des personnes interrogées, souhaite garder l’anonymat.

 

Privatisation de nombreux services publics, disparition des équipements socioculturels, fermeture de maisons de quartier, étranglement des centres de vacances..., l’inquiétude n’a jamais cessé de croître. Les Mégret se flattaient de " rétablir l’ordre " en menant une politique sécuritaire. On allait voir ce qu’on allait voir, avec une police municipale musclée, remplaçant les éducateurs. Résultat : les crimes et les délits ont augmenté de 24 % alors que partout ailleurs la tendance est à la baisse.

 

Actuellement, madame le maire quitte un peu plus souvent sa résidence de Saint-Cloud pour Vitrolles. À chacune de ses virées, les sanctions pleuvent. Dernières en date : l’éviction de la directrice aux affaires culturelles, un enseignant interdit de surveillance de cantine ou encore la mutation autoritaire de Mme F., employée dans une école, les deux derniers pour avoir refusé de serrer la main de la Dame qui fait afficher un peu partout son portrait. Madame joue la carte de la menace, du chantage, de la peur. Vitrolles aussi aimerait changer de " look ". Et l’on pense déjà à l’élection municipale de l’an prochain.

 

Cette ville n’a pas de tradition de droite. La précédente municipalité conduite par le socialiste Anglade a été marquée par l’opacité de la gestion, le clientélisme et une pratique bien éloignée de la démocratie.

 

Le clan Mégret n’a fait que cueillir un fruit pourri. Les habitants entrés en résistance, l’ensemble des associations posent une condition : " Nous voulons virer les Mégret mais nous ne voulons pas que les pratiques anciennes recommencent. " C’est d’abord à cette interpellation que les forces de gauche de Vitrolles doivent répondre. Ici, il est impossible de se limiter à une alliance d’appareils. Et comme le souligne Alain Hayot, vice-président de la région PACA, " battre le FN est à notre portée à condition de ne plus tomber dans les travers de la division, et de se placer dans une logique redéfinissant les pratiques politiques et les rapports des élus avec la population ". Selon Alain Hayot, il faut impliquer l’ensemble des partis de gauche ainsi que le mouvement associatif dans l’élaboration du futur programme municipal et dans la constitution de la liste respectant la " parité entre les forces politiques, le mouvement associatif, tous ceux qui ont mené durement le combat contre le FN ".

 

Alain Hayot sait de quoi il parle. Il y a quelques années ce brillant universitaire et sociologue a souhaité mettre sa réflexion théorique à l’épreuve du terrain. Pas seulement en distribuant des tracts sur le marché mais en allant au contact direct dans les cages d’escaliers, chez les habitants. Il s’est totalement impliqué en prenant soin d’écouter les réactions, les opinions, les critiques, les propositions. Il apparaît aujourd’hui comme le candidat de rassemblement le mieux placé pour conduire une liste réunissant l’ensemble des forces de gauche et le mouvement associatif. La direction nationale du Parti socialiste semble l’avoir compris puisque dans le cadre d’un accord spécial visant à la reconquête des villes tenues par le FN, le nom d’Alain Hayot a été retenu pour Vitrolles.

 

Les socialistes locaux restent pour le moment divisés. Dominique Tichadou, conseiller général, souhaite jouer sa propre partition au grand dam d’une partie de la section PS. " Ceux qui alimenteront la division porteront une terrible responsabilité ", soulignent les mouvements associatifs. Responsabilité pour l’avenir de la ville, responsabilité aussi pour l’avenir de la région PACA gouvernée par une majorité relative de gauche, qui vient d’injecter vingt milliards de francs sur sept ans, pour les transports, la recherche, l’environnement, la solidarité... Et reste menacée par une " solution à l’autrichienne ", recherchée par des élus de droite et d’extrême droite. Bref, la reconquête de Toulon, Vitrolles, Marignane et Orange reste symbolique pour les quatre villes et surtout leurs habitants. Mais pas seulement...

 
José FORT
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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 06:20

Mais où est passée l'extrême droite ?
 
 
Paru dans le Point du 17/03/2000
 
Le divorce entre Jean-Marie Le Pen et Bruno Mégret a démobilisé les sympathisants du Front national et du Mouvement national républicain. Une année de discorde a suffi pour dilapider un acquis de quinze ans. Mais c'est compter sans l'effet Haider, qui fait encore rêver Mégret et ses amis.
 
François Dufay avec Catherine Lagrange à Lyon et Pierre Giacometti
 
Cruelle fin de carrière que celle des vieux bateleurs ! A 71 ans, Jean-Marie Le Pen, déchu de ses mandats électifs pour des violences commises en 1997 à Mantes-la-Jolie, est en passe d'être poussé hors des deux estrades où il se produisait : le Parlement de Strasbourg et le conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur. Le président du Front national crie au scandale, tache d'ameuter les foules, annonce qu'il ne quittera ces assemblées que par la force des baïonnettes... de la Waffen-SS ! Seul un silence indifférent lui répond dans l'opinion. Alors, il tente un de ses fameux dérapages, accusant les juifs de « tyrannie », s'indignant de ce que la Shoah soit enfin enseignée dans les écoles. Flop complet : le public lui préfère désormais, dans le rôle du grand méchant loup, un jeune premier autrichien de 50 ans, au sourire carnassier et aux combinaisons de ski griffées de designers à la mode, Jörg Haider.
 
La roue tourne... Après quinze ans de résistible ascension, l'extrême droite française, à l'image de son chef historique, file un mauvais coton. L'année 1999, qui vit l'explosion du Front national, fut un « annus horribilis » (Le Pen dixit). L'année 2000 ne commence guère mieux, qui met Le Pen partiellement hors jeu et voit son rival Mégret obligé de réintégrer le giron de la fonction publique (voir encadré). Depuis un an, le Front national et son clone, le Mouvement national, rebaptisé « républicain », ne cessent de s'entre-déchirer. Leur message est devenu peu audible, de nouvelles formations leur tondent la laine sur le dos. Et la droite classique se frotte les mains à l'idée de voir disparaître ces gêneurs qui lui ont fait tant de mal, notamment lors de sanglantes triangulaires.
 
C'en est au point que certains se demandent si, la reprise économique aidant, une parenthèse de la vie politique française n'est pas en train de se refermer. L'heure de gloire du FN (1983-1998) aurait correspondu, en somme, à l'entrée de la France dans la mondialisation, le vote frontiste canalisant la protestation des victimes de cette crise d'adaptation. Gonflée par le cynisme de la gauche, la baudruche Front national n'aurait été, dans cette hypothèse, qu'une résurgence artificielle du vichysme, un simulacre pour société du spectacle en temps de crise. Fais-moi peur, Jean-Marie !... Aujourd'hui, seul Le Pen semble ne pas s'être aperçu du retournement de la conjoncture, qui continue d'annoncer l'apocalypse prochaine, sur fond de clignotants au vert, de frénésie de consommation et d'optimisme retrouvé.
 
Faut-il donc enterrer l'extrême droite ? « On ne supprime pas un courant fondé sur des choses aussi concrètes que l'immigration, l'insécurité et le chômage », tonne Le Pen. Et le vieux tribun de projeter aux journalistes un vidéo-clip assez pathétique prouvant à coups de cadrages serrés qu'on se bouscule toujours dans ses meetings... Pour une fois, les mégrétistes font chorus. Jean-Yves Le Gallou, numéro deux du Mouvement national républicain (MNR), promet des lendemains qui déchantent à ceux qui pronostiquent la disparition de l'extrême droite - métaphore alpestre à l'appui. « Quand on se promène dans une montagne calcaire, on croit que l'eau a disparu. Mais non : elle resurgit 500 mètres plus bas, en une gigantesque cascade ! C'est ce qui va se produire dès les prochaines municipales. »
 
« ni oeil de verre ni talonnettes »
 
De fait, il y aurait sans doute quelque imprudence à annoncer l'extinction du lepénisme, comme jadis un empereur des Français planifia celle du paupérisme. Un récent sondage BVA-Paris Match a encore crédité Le Pen de 12 % d'intentions de vote - le président du FN n'a pas manqué de s'en targuer. Dans des cantonales partielles, certains candidats MNR ont réussi à se maintenir au-dessus des 10 % : ainsi, Jean-Yves Le Gallou, avec 13,6 % des voix à Villeneuve-la-Garenne, et Serge Martinez, avec 11,9 % à Nîmes. Preuve qu'une fraction de l'électorat continue de voter les yeux fermés pour le candidat qu'il identifie toujours comme celui du FN, à condition qu'il soit bien implanté.
 
Mais les récentes législatives partielles ont délivré un cruel verdict : 5 % des voix en moyenne pour le candidat FN, 1 ou 2 % à peine pour celui du MNR. On ne voit pas, dans ces conditions, comment une extrême droite divisée et disqualifiée pourra sauver aux municipales les villes conquises en 1995. A commencer par le joyau de la couronne, Toulon, où Jean-Marie Le Chevallier boucle dans la douleur un mandat chaotique. « Aujourd'hui, le FN et le MNR ont tout au plus 6 ou 7 % incompressibles de l'électorat à se partager, analyse Lorrain de Saint-Affrique, ancien conseiller de Le Pen. La " magie " du Front tenait à son unité, à l'impression trompeuse qu'avec lui tout était clair et net. Les gens ont très mal vécu la rupture et le déballage qui s'est ensuivi. » Démotivés, les militants restent chez eux. Les meetings attirent surtout le troisième âge. Quant aux plus jeunes, ils s'égaillent dans la nature, retournant parfois à la violence groupusculaire, sous le slogan « Ni oeil de verre ni talonnettes ».
 
Mais la manifestation la plus spectaculaire de la démoralisation de l'extrême droite est la vague de défections qui a touché les élus frontistes ou mégrétistes. Des personnalités comme Yvan Blot, il est vrai habitué des volte-face, ou Stéphane Durbec, un fidèle de Le Pen lassé de jouer le Noir de service, ont récemment quitté le FN. « Qu'on ne compte pas sur moi pour participer au suicide du Temple solaire ! » a lancé Durbec, stigmatisant l'incapacité du Front à évoluer.
 
L'hémorragie frappe surtout le Mouvement national républicain de Mégret. Une quinzaine de conseillers régionaux (sur 135) ont déjà claqué la porte ou ont été exclus. Parmi eux, Jean-Christian Tarelli, premier adjoint à Marignane, ou Denis de Bouteiller, trésorier national du parti, qui siège désormais comme non-inscrit au conseil régional de Rhône-Alpes. L'air d'un notaire avec son noeud papillon, il raconte : « J'avais suivi Mégret pour participer au pouvoir, par des alliances avec la droite. On en avait assez de laisser un boulevard à la gauche, qui gouverne avec 40 %. Mais, après les européennes, l'opération s'est avérée mort-née. C'est pourquoi j'ai quitté le MN et suis entré en discussion avec la droite classique. La recomposition est plus facile à réaliser sur le plan local. » Son interlocuteur pour les municipales : le candidat UDF à Rillieux-la-Pape, une banlieue chaude de Lyon.
 
Cependant, si l'hémorragie est réelle, on reste encore loin de la débandade. La faute en incombe, peut-être, à... Charles Pasqua. Pour l'heure, son parti, le RPF, n'a joué que dans quelques cas ponctuels, en Provence et en Rhône-Alpes, le rôle de « sas de décontamination » qu'on lui prêtait. « Si Pasqua avait ouvert les portes, beaucoup seraient déjà partis, estime un dissident du MNR. Mais, au RPF, on leur propose juste de prendre la carte. Quel intérêt pour le secrétaire frontiste d'un gros département de se retrouver délégué cantonal ou douzième sur une liste municipale ? » De toute évidence, Pasqua veille à ne pas droitiser son parti ni à s'exposer aux accusations de « blanchiment de fachos ». De leur côté, les transfuges virtuels ne semblent guère confiants dans la capacité de flottaison du radeau RPF...
 
Sur ces entrefaites, un coup de théâtre est venu remonter le moral de ceux qui commençaient à flancher : l'entrée du FPÖ de Jörg Haider au gouvernement autrichien. On promettait à l'extrême droite une agonie crépusculaire, et voilà que pointe, sur les cimes alpines, une pseudo-aurore nietzschéenne. Divine surprise !
 
Aux yeux des mégrétistes, il n'en faut pas plus pour prouver la viabilité d'un postfascisme repeint aux couleurs de la modernité et acceptable pour la droite classique. « La ligne de Mégret est beaucoup plus proche de celle de Haider que de celle de Gianfranco Fini, précise Damien Bariller, directeur de la communication de la mairie de Vitrolles. Fini s'est dilué dans la droite, Haider noue des alliances sans renoncer à ses idées. C'est ce que nous voulons faire. » Refus de l'Europe de Bruxelles, xénophobie, dénonciation du fiscalisme : les programmes se ressemblent comme deux gouttes d'eau. L'idée marketing, surtout, est la même : il s'agit de remplacer l'extrême droite de papa par une droite dure, populiste et gestionnaire. Un sérieux bémol, toutefois : les scores de Haider, conjugués à ceux de Christoph Blocher, en Suisse, et d'Umberto Bossi en Italie, dessinent un « arc alpin » de régions nanties, refusant de payer pour les pauvres et de se diluer dans l'Europe, assez éloigné des préoccupations hexagonales. S'y ajoute, dans le cas de Haider, un germanisme style culottes de peau et aigle à deux têtes assez exotique pour les Français. Reste que l'entrée au gouvernement du FPÖ peut contribuer à dédiaboliser l'extrême droite en France - du moins, c'est ce qu'espèrent Le Pen et Mégret. Pis, si les verrous qui ont sauté en Autriche venaient à céder aussi en Allemagne, la France serait forcément déstabilisée et ne resterait pas à l'abri de la propagation des idées brunes.
 
Pour mener une stratégie à l'autrichienne, encore faudrait-il avoir le charisme du leader du FPÖ. Or Mégret a montré ses faiblesses en la matière. Au lieu de la terre promise du pouvoir, le froid polytechnicen de Vitrolles a conduit ses partisans dans un no man's land politique. Son incapacité à trancher entre les ultras et les modernes, sa volonté de normalisation, contradictoire avec sa surenchère en matière d'immigration, rendent sa stratégie peu lisible, hors la référence à Haider. Conseiller régional MNR, Eddy Marsan reste éberlué de sa récente entrevue avec Mégret, où celui-ci lui a signifié son exclusion pour « refus d'appliquer la ligne de rassemblement national et républicain » : « Dans une pareille situation, Le Pen m'aurait mis plus bas que terre, il aurait essayé de me laminer par sa tonitruance. Mégret, lui, regrettait, il ne comprenait pas... C'est lui qui m'excluait, et moi j'avais presque pitié de lui ! »
 
Faute d'avoir pu renverser Le Pen, Mégret attend désormais de recueillir l'héritage du vieux chef, qui, souligne élégamment Damien Bariller, « ne pourra pas renaître politiquement, pour de simples raisons biologiques. A l'avenir, il va même avoir de plus en plus de mal à garder le contrôle de ses troupes. Sans la pression quasi physique qu'il exerce, son groupe, en Paca, par exemple, va se disloquer ».
 
Le Paquebot, le siège du FN à Saint-Cloud, bruit des ambitions qu'on prête aux successeurs possibles. D'ores et déjà, Le Pen a dû lâcher du lest : le congrès du Front, qui se tiendra le mois prochain, se déroulera selon le principe démocratique « un homme, une voix ». On voit mal ses fidèles le priver d'un ultime baroud à la présidentielle de 2002... A condition que ce soit bien le dernier, et que la volonté du vieux chef d'emporter son parti dans la tombe ne soit pas trop manifeste.
 
S'ils se gardent bien de l'avouer, l'échéance de 2002 donne des sueurs froides à Le Pen comme à Mégret. L'un et l'autre risquent en effet d'avoir le plus grand mal à rassembler les 500 signatures d'élus nécessaires pour concourir. Chacun a chargé un homme de confiance - respectivement Samuel Maréchal, gendre de Le Pen, et Damien Bariller, ex-directeur de cabinet de Mégret - de cette tâche délicate. Il faudra séduire les maires ruraux, susceptibles d'accorder les précieux paraphes. « Même quand ça marchait très fort, Le Pen n'est jamais monté au-delà de 620-630 signatures », rappelle Lorrain de Saint-Affrique. En cas de besoin, la gauche donnerait peut-être un discret coup de pouce... C'est du moins ce qu'affirment les mauvaises langues. Mais ce qui était hier inconcevable devient envisageable : et si, en 2002, face à Chirac et à Jospin, il n'y avait pas de candidat d'extrême droite ?
 
 
Le pantouflage de Mégret :
 
Chaque début de semaine, il multiplie les réunions politiques à Paris ou en province. Le jeudi ou le vendredi, il mène sa « pré-campagne municipale » à Marseille. Qui se douterait, à voir l'emploi du temps chargé de Bruno Mégret, qu'il est actuellement haut fonctionnaire ? Ayant perdu son siège de député européen, le président du Mouvement national républicain (MNR), grand pourfendeur des sureffectifs de la fonction publique, a fait jouer son droit à regagner son corps d'origine, les Ponts et Chaussées, d'où il était détaché.
 
Le ministre des Transports, le communiste Jean-Claude Gayssot, a casé cet encombrant revenant au conseil général des Ponts, sorte de conseil des anciens de ce corps. Où on s'est empressé de confier à ce « très bon ingénieur » (dixit le vice-président du conseil) une mission qui traînait dans les placards depuis des lustres, loin, très loin du terrain. Bruno Mégret est aujourd'hui chargé de faire « la synthèse de divers travaux en vue d'établir une méthode de comparaison de divers projets d'infrastructures en milieu urbain par une analyse multicritères ». En clair, un rapport à partir de rapports. Le président du MNR (qui ne fait que de rares apparitions à son bureau, situé dans l'Arche de la Défense) devra pondre un rapport d'étape d'ici au mois d'avril. Sa rémunération, pour ce travail qui lui laisse une confortable latitude pour diriger son parti : 22 000 francs net, en réalité un peu plus de 30 000 francs, si l'on prend en compte les indemnités. Indemnités de quoi, au fait ?
 
F. D.
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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 06:15

En BAISSE
 

source : Le Nouvel Observateur le 06/04/2000

 

Jean-Jacques Anglade, ancien maire PS de Vitrolles, n'a pas obtenu l'annulation de sa condamnation prononcée l'an dernier pour favoristisme dans une affaire de marchés publics par la cour d'appel d'Aix-en-Provence. La Cour de Cassation vient en effet de rejeter son pourvoi.

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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 06:12

Catherine Mégret au tribunal
 

Paru dans le Nouvel Obs du 15/09/2000


Bruno Mégret a été expulsé de la salle d'audience où a débuté le procès de la "préférence nationale" intenté contre sa femme, maire de Vitrolles.


Le maire mégrétiste de Vitrolles, Catherine Mégret et son premier adjoint, Hubert Fayard, ont comparu vendredi au tribunal correctionnel de Aix-en-Provence où ils étaient cités à comparaître pour “discrimination”.

 

Les deux élus municipaux sont poursuivis par la Ligue des droits de l’homme et l’Union nationale des associations familiales pour avoir pris, au nom de la "préférence nationale", un arrêté créant une prime à la naissance de 5.000 francs, et réservée aux familles dont l’un des parents au moins est “de nationalité française”, ou “ressortissant d’un pays membre de l’Union européenne”.


Bruno Mégret, qui avait dû laisser le poste de maire à sa femme pour cause d’inéligibilité, a été expulsé de la salle du tribunal pour avoir crié que l'on mélangeait dans ce procès "la répression judiciaire" et les "discours politiques", et que c'était "insupportable".


Il était arrivé devant le palais de justice à la tête d’un cortège de 100 à 200 sympathisants, parmi lesquels se trouvaient le délégué général du MNR (Mouvement national républicain), Jean-Yves Le Gallou ainsi que Damien Simonpieri, le maire anciennement FN de la ville voisine de Marignane.


Charrue


Bruno Mégret ouvrait le cortège derrière une charrue tirée par un cheval et sur laquelle se tenaient son épouse et Hubert Fayard. Chacun portait autour du cou une pancarte sur laquelle on pouvait lire “accusée de vouloir encourager la famille française” pour l’une et “accusé de vouloir aider les Français” pour l’autre. La mise en scène était censée dénoncer la “terreur policière et judiciaire que l’on veut faire régner sur ceux qui cherchent à favoriser la famille française alors qu’à l’Assemblée nationale, les députés votent en toute impunité de droit de vote aux étrangers”, a déclaré Bruno Mégret.


Pendant ce temps, une cinquantaine de contre-manifestants, répondant à l’appel de divers associations était tenue à l’écart par un cordon de CRS. N.O.

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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 06:10


Bruno MEGRET expulsé du tribunal

 

Paru dans l’Humanité du 16/09/2000

 

Bruno Mégret a été expulsé de la salle du tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), où comparaissait son épouse Catherine, maire de Vitrolles, jugée pour " discrimination ", pour avoir crié que l’on mélangeait dans ce procès " la répression judiciaire " et les " discours politiques " et que c’était " insupportable ".

 

Avant Bruno Mégret, c’est le délégué général du parti, M. Jean-Yves Le Gallou, qui avait été expulsé.

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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 06:05


Catherine Mégret jugée à Aix en Provence dans une ambiance détestable

 

Article paru dans l'édition du Monde du 17.09.00

 

Comparaissant pour « discrimination », la maire de Vitrolles était soutenue par de nombreux partisans

 

Catherine Mégret, maire MNR de Vitrolles, et son premier adjoint comparassaient, vendredi 15 septembre, devant le tribunal d'Aix-en-Provence pour avoir mené, dans la ville qu'ils administrent, une politique sociale discriminatoire, basée sur le principe de la préférence nationale. La séance a été émaillée d'incidents et d'expulsions. Le procureur a requis une peine de deux ans d'inégibilité.

 

Jean-François Galvaire, avocat de Catherine Mégret, maire MNR de Vitrolles et de Hubert Fayard, son premier adjoint, l'a affirmé dès les premiers mots de sa plaidoirie : « Il s'agit d'un procès politique ». Accusée de provocation à la discrimination et de discrimination pour avoir institué une allocation de naissance réservée aux familles de nationalité française ou européenne, Mme Mégret joue à l'audience une partition déstabilisante pour l'institution judiciaire. Passant de la désinvolture à la colère, la maire refuse de répondre à nombre de questions du président Alain Ramy.

 

Puis elle l'accuse de « s'immiscer dans la gestion de la ville », lui demande s'il a « déjà acheté des couches », avant de l'apostropher : « Monsieur le président, vous avez entendu parler de la séparation des pouvoirs ? ». Ses interventions provoquent les approbations bruyantes d'une salle étrangement remplie de ses seuls partisans. Puis elle défend à sa manière, brutale, la préférence nationale : « Les familles françaises ne font plus d'enfants » tandis que, d'Afrique, « on se propose d'en faire venir à la pelle des bébés, demandez à l'ONU, il y a un rapport là-dessus ».

 

Emaillée d'incidents, d'expulsions successives d'élus du MNR après qu'ils aient tenté de perturber les débats, l'audience est tendue. L'atmosphère devient irrespirable durant les plaidoiries des parties civiles (UNAF, Licra, MRAP, SOS-Racisme, Ligue des droits de l'homme). Me Mignard, pour l'Union nationale des associations familiales, dessine le cadre dans lequel toutes les autres plaidoiries vont s'inscrire : « Le simple fait de publier [la délibération municipale discriminante] produit l'effet », souligne-t-il, rappelant le principe fondamental de droit français « qu'en matière de prestations familiales les critères de nationalité sont formellement exclus ». Catherine Mégret hausse alors le ton, coupant l'un après l'autre les avocats adverses, relayée par un autre élu mégretiste, Jean-Yves Le Gallou, qui finira par être expulsé. Assis lui aussi dans les rangs du public, Bruno Mégret coupe la parole à l'avocat du MRAP. Il est à son tour expulsé et crie encore : « Je m'exclus tout seul ! ». Ses militants se lèvent, quittent la salle, tandis qu'une responsable frontiste de Vitrolles s'écrie : « Ce tribunal est un merdier ». La procureur, exaspérée demande qu'on interpelle l'auteur de cet outrage... qui file tranquillement sous les yeux des policiers.

 

AVOCATS EXCÉDÉS

 

Le climat est toujours aussi détestable à l'ouverture de la séance de l'après-midi. Mme Mégret refuse d'entrer sans son mari, qui dénonce devant les caméras « ce tribunal politique qui n'accepte pas la contradiction ». Excédés par les difficultés qu'ils ont eues à plaider, les avocats des parties civiles annoncent qu'ils se retireront « dès les derniers mots de Madame le procureur prononcés ». Celle-ci, terminant son réquisitoire par la lecture, lente, de l'article 2 de la Constitution qui proclame « l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion », requiert alors quatre à six mois de prison avec sursis ou une amende de 100 000 francs, et une inéligibilité de deux années contre les deux prévenus. Me Galvaire s'insurge alors que l'on puisse « reprocher à deux élus français d'avoir favorisé des Français ou des ressortissants communautaires », avant d'expliquer qu'il n'y a « pas de victimes dans ce dossier ».

 

Dehors, à l'appel d'associations, de syndicats ou de partis de gauche, près de cent cinquante personnes, principalement des lycéens, sont venus protester contre la « préférence nationale ». Associant souvent les deux dirigeants de l'extrême droite, Jean-Marie Le Pen et Bruno Mégret, ils défilent en reprenant le slogan désormais classique : « Première, deuxième, troisième génération, nous sommes tous des enfants d'immigrés », et en inventent un de circonstance : « Libérez José Bové, enfermez Catherine Mégret ».

 
Jugement le 8 novembre.
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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 06:00


Municipales 2001:  Comment se débarrasser de l’extrême droite ?

Poussée citoyennes à Vitrolles

 

Parue dans l’Humanité du 23/10/2000

 

Une première en France : des Assises citoyennes ont élaboré un programme municipal, défini les critères de constitution d’une liste " de gauche et de progrès " et voté pour que le communiste Alain Hayot en prenne la tête. Compte rendu.

 
De notre correspondant régional
 

C’est par un tract-circulaire que Dominique Tichadou, tout nouveau conseiller général (PS) des Bouches-du-Rhône a annoncé qu’il était candidat au poste de maire de Vitrolles. Et cela le jour même où PCF et PS, concluant un accord départemental pour les prochaines élections municipales, laissaient à l’appréciation de leurs instances nationales les cas des communes tenues par l’extrême droite, Marignane et Vitrolles.

 

Cette candidature intempestive de l’élu socialiste, qui pourrait provoquer des " primaires " à gauche, n’a cependant qu’à moitié surpris les militants de terrain tel Christian Luccantoni, animateur du Mouvement démocratique vitrollais (MDV), une association constituée de citoyens antifascistes : " Vouloir le pouvoir pour le pouvoir, nous avions espéré que c’était révolu au sein de la gauche. " Quant à Sonia Fiquet, une jeune socialiste du " groupe Émile Zola ", en dissidence avec l’appareil PS local, elle préférait plutôt dire son " envie de faire de la politique autrement " en ouvrant en début d’après midi, d’une voix tremblante de trac, les Assises citoyennes du 21 octobre.

 

Avant de pénétrer dans la petite salle, surchauffée par un public nombreux, du centre social du quartier de la Petite Garrigue, chaque participant pouvait se procurer un mandat afin de se prononcer sur le contenu d’un " Manifeste citoyen pour l’avenir démocratique de Vitrolles ". Auparavant, ainsi que l’expliquait Sonia Fiquet, plus de 700 personnes avaient, sur les marchés, signé un appel en ce sens. Quant à l’idée des Assises, elle est le prolongement de celle, conçue par le PCF, d’espace citoyen au sein duquel ces derniers mois des discussions ont pu avoir lieu entre militants politiques, du mouvement associatif et autres. A la table (et non à la tribune, ainsi que s’en félicitait un intervenant attaché à la valeur symbolique des mots) on trouvait ainsi, entre autres, aux côtés de Sonia la socialiste, de Fairouz la communiste et de Christian du MDV, Joëlle et Claude, affichant comme seule étiquette celle de " citoyen " ou bien Azedine, revêtu du T-Shirt du Sous-Marin, (un lieu culturel liquidé par l’extrême droite municipale) et représentant l’association Convergence.

 

Dans une ambiance détendue qui n’empêchait pas toutefois les prises de bec, quatre heures durant, les débats furent d’une densité incroyable et d’un niveau impressionnant, contrastant de ce point de vue avec la non-campagne du dernier référendum. Ici, pas de faux-fuyants ni d’abstention, car on parlait concret, du pont de la nationale 113 aux faiblesses de l’enseignement professionnel, de l’implantation d’une gare SNCF à Vitrolles aux avantages et inconvénients de l’intercommunalité, de la fermeture du cinéma aux problèmes d’exclusion et de précarité de l’emploi, du transport des étudiants vers les facs d’Aix-Marseille à la lutte contre la pollution de l’étang de Berre, du devenir de la police municipale aux questions touchant aux libertés individuelles et à la démocratie. La démocratie justement et la citoyenneté, un chapitre entier leur a été consacré qui a ensuite été placé, après un vote unanime des Assises, en tête du Manifeste. Lequel, finalement approuvé, dessine les grandes lignes d’un programme municipal qui vise non seulement à relever Vitrolles des ruines laissées par une extrême droite aujourd’hui en pleine débandade mais à s’affranchir aussi de certaines pratiques non républicaines qui existaient avant l’ère Mégret.

 

Les citoyens vitrollais qui ont adopté le Manifeste espèrent évidemment fermer, en mars prochain, une sinistre parenthèse. Mais ils sont surtout attachés à réconcilier leurs concitoyens avec la politique au sens originel du terme. Ce qui pour eux passe par l’introduction de la " démocratie directe " dans la " démocratie représentative " et par la composition, dans une transparence totale, d’une liste de candidats aux élections municipales. Des critères " rompant avec les pratiques politiciennes " ont donc été définis : respect de la parité hommes-femmes et entre membres ou non d’un parti, pas de formation politique majoritaire à elle seule dans le conseil municipal, rajeunissement des élu(e)s dont certains seront issus de l’immigration, et encore : pas de candidat condamné pour des délits liés à l’exercice d’une mission publique.

 

À l’unanimité des votants, et ce fut un grand moment d’émotion, c’est Alain Hayot qui a été porté à la tête de cette liste " de gauche et de progrès " dont la composition sera élaborée par un collectif issu de ces Assises citoyennes. Chacun sait à Vitrolles et dans la région que cet universitaire est communiste. Cependant, précisait-il en soumettant sa candidature aux Assises, " je ne me présente pas au nom d’un parti mais en mon nom personnel, je m’engage à faire vivre le Manifeste et à ce que nous l’appliquions tous ensemble ". Largement constituée de résistants vitrollais, cette liste cherchera dans les prochaines semaines, selon l’expression d’Alain Hayot, " à ouvrir grand les fenêtres de l’espoir ".

 
Philippe Jérôme
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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 05:55

Le Sous-Marin met le feu aux poudres
 

Paru dans l’HUMANITE du 10/11/2000

 

Le café-musique de Vitrolles muré par l’extrême droite locale fête ses six ans d’existence au Docks des Suds de Marseille. À cinq mois des élections municipales de 2001.

 

Concerts, théâtre de rue, table ronde... Durant deux jours le Sous-Marin et les associations Vitrollaises vont conjuguer fête et activisme politique. Histoire de faire le bilan et surtout préparer l’avenir.

 

Positive Radical Sound, M, Lo’Jo Triban, Mickey 3 D, Général Alcazar, Louise Attaque... Il va y avoir du monde, aujourd’hui et demain, au Dock des Suds de Marseille où auront lieu une quinzaine de concerts (reggae, dub, chanson, musiques métisses ou électroniques) mais aussi du théâtre de rue, expositions, un village associatif, une table ronde et de nombreux débats. Le Sous-Marin fête son sixième anniversaire d’existence. Six ans marqués par une histoire mouvementée.

 

Né en 1994, du mouvement rock alternatif, en réaction au show-business, le café-musique avait pour vocation d’organiser des spectacles tous azimuts pour les Vitrollais, en collaboration avec les nombreuses associations de la ville.

 

Tout allait bien jusqu’à ce jour de juin 1997Catherine Mégret, nouveau maire FN (devenu MNR depuis) décide de supprimer la subvention de la salle (deux cent mille francs) prétextant que l’endroit " développait les mauvais instincts de la jeunesse ". " C’était un peu le délit de sale musique " se souvient Loïc Taniou, directeur du Sous-Marin. La réaction fut immédiate. En difficulté économique, le café-musique en appelle à un grand concert de soutien au Stadium, auquel participent des artistes comme Bertrand Cantat de Noir Désir, Massilia Sound System ou Miossec.

 

Objectif   Sensibiliser l’opinion et dénoncer la chape de plomb culturelle imposée par l’extrême droite locale : " Ce qui gênait la municipalité se rappelle le directeur du Sous-Marin, c’est que nous étions un lieu situé à 50 mètres de la mairie, où se développait un espace de résistance pour les associations n’ayant plus accès aux lieux publics de la ville, qui y venaient rencontrer leurs adhérents ". Près de 5 000 personnes se sont ainsi rendues au Stadium, pour assister, non seulement aux concerts mais aussi pour protester contre les pratiques d’exclusion de la mairie : " Ça été un grand moment de médiatisation de notre combat qui n’a pas plu aux élus ". De fait, dès octobre, la mairie donne l’ordre de murer le Sous-Marin : " Ils ont arraché l’enseigne, cassé des panneaux de verre. Ils sont entrés par effraction et ils ont monté un mur ".

 

Torpillé par l’extrême droite, le Sous-Marin n’a jamais accepté de se laisser couler, multipliant les actions auprès des tribunaux. Résultat, la municipalité a été condamnée une première fois (en octobre 1997) pour " effraction, voie de fait caractérisée et entrave à la liberté d’expression " par le tribunal de grande instance d’Aix-en-Provence. Tandis que le tribunal administratif de Marseille, jugeait, un an plus tard (novembre 1998) la fermeture du Sous-Marin " illégale ".

C’est dans ce contexte que va se dérouler le rassemblement au Dock des Suds. Soit deux jours placés sous le signe de la " fête " et de " l’activisme " : " Nous sommes toujours interdits de séjour, mais le temps est venu de rassembler nos troupes " peut-on lire dans le programme distribué à l’entrée. C’est dire si on espère beaucoup de ce que tous considèrent comme un moment fort qui va permettre de discuter et surtout de préparer l’avenir : " Pour nous, c’est un peu boucler une histoire précise Loïc Taniou.

 

Nous allons témoigner et faire un travail de mémoire de ce que nous avons vécu ". Déjà un concert surprise, en forme de conférence de presse, a été donné le 31 octobre dans un restaurant de la ville. Ce premier concert officiel du Sous-Marin sur Vitrolles depuis 1997, a permis aux nombreux acteurs des 37 associations présentes regroupées autour de la CAVM (coordination associative, Vitrolles-Marignane), d’exprimer leur désir de mettre fin à la parenthèse de l’extrême droite, et ce, à cinq mois des élections municipales de mars 2001 : " Nous avons tous ressenti une blessure après l’agression contre le Sous-Marin " souligne Alain Huertas, président de la coordination associative.

 

Une coordination qui participera à la table ronde (animée par Claude Villers, de Radio France) qui se tiendra demain en compagnie de Louise Attaque, Bertrand Cantat et Dieudonné, sur le thème de la " démocratie et de la citoyenneté ". Un temps de prise de parole qui sera un moment phare du sixième anniversaire. D’autant qu’en dépit d’un combat quotidien, sans cesse mené depuis 1997 (tournée de sensibilisation en France à travers le réseau de salles de la Fédurock, récolte pétition signatures, organisation annuelle du festival hors les murs " La tête dans les étoiles ", le Sous-Marin ne bénéficie plus d’une " lisibilité franche " auprès du grand public. Le lieu existe-t-il encore, est-il ouvert, fermé ?

 

C’est pour répondre à ces questions qu’on a fait appel au groupe Louise Attaque qui avait déjà participé à des concerts de solidarité avec le Sous-Marin. Il est à l’origine de la programmation de cette année : " ça va être un bilan de résistance " dit Gaetan, le leader des Louise. Pour Alex, le rassemblement va " favoriser la prise de conscience. Il faut que le Sous-Marin arrive à se sortir de là. La meilleure façon d’y parvenir, c’est de virer la municipalité ". Et de poursuivre : " Je crois que les gens se sont rendus compte de ce qu’est l’extrême droite dés qu’elle a un peu de pouvoir. Ce n’est pas juste dans les livres ! Ces gens-là arrivent à pourrir la vie de tous ceux qui ont envie de faire avancer les choses. Ils en ont donné la preuve. Ça va sûrement aider à réfléchir ". Arnaud, lui, va plus loin : " Il faut donner le droit de vote aux immigrés pour toutes les élections parce qu’au moins, les gens qui subissent l’extrême droite, seront à égalité sur le terrain de la République. Ça s’adresse à tous les partis de gauche ".

 

La gauche ? Vitrolles, ses associations et bien sûr les acteurs du Sous-Marin, attendent beaucoup d’elle en cas de victoire aux prochaines élections : " Il faudra que les élus donnent des moyens matériels et financiers qui permettent de créer de l’offre culturelle aux Vitrollais et aux habitants de la région ", indique Gaetan. " Les politiques doivent se montrer adultes ", renchérit Arnaud. Loïc Taniou, lui aussi attend beaucoup des futures échéances municipales : " Ce que nous aimerions, c’est que les politiques soient à l’écoute, qu’ils sachent tenir un langage constructif à la portée des jeunes. Ils voteront d’autant plus qu’ils seront pris en considération. On attend beaucoup d’un travail avec le monde associatif de Vitrolles et au-delà avec l’ensemble de la population. J’espère qu’on parviendra à se débarrasser de la chape de plomb de l’extrême droite sur Vitrolles et sa région et qu’on pourra souffler un peu ". Bref, la balle est dans le camp des démocrates et de tous ceux qui veulent que les choses bougent à Vitrolles. À commencer par la réimplantation d’un lieu fixe " centré sur les musiques actuelles " qui permette à la vie culturelle et associative de refleurir. Et à la commune des Bouches-du-Rhône de renouer avec le bien dont elle est privée depuis des années : la démocratie.

 
Victor Hache
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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 05:50


Prise de tête. Catherine Mégret condamnée pour discrimination à la prime de naissance.
 

Paru dans l’Humanité du 11/11/2000

 

La potiche épinglée

 

La justice est passée. Catherine Mégret, la femme de l’autre, maire par épousailles de Vitrolles (Bouches-du-Rhône), vient d’être condamnée à trois mois de prison avec sursis, 100 000 francs d’amende et deux ans d’inéligibilité pour discrimination à la prime de naissance. Son premier adjoint, Hubert Fayard, s’est vu infliger la même peine par le tribunal correctionnel. Ces deux individus annoncent leur décision de faire appel. L’important dans cette sombre histoire, c’est que la justice indique les limites de l’admissible. En France, il doit être dit et rappelé que le racisme et la discrimination sous une forme ou sous une autre relève du délit. C’est fait.

 

Catherine Mégret ne roule évidemment pas seule. Son Bruno de mari ne pouvant régner sur Vitrolles, elle a été envoyée au chagrin. Mais ne croyez pas cette dame potiche sans ressort. Elle est capable de déclarer à la sortie du tribunal : " Quand des Maliens viennent ch... dans nos églises... " Cette femme de bonne famille, plus habituée aux beaux quartiers de Paris qu’à la zone industrielle de Vitrolles a la rage aux dents, la haine au cour.

 
De quoi est-elle accusée ?
 

Mettant en avant le prétendu principe de " préférence nationale ", la municipalité de Vitrolles a décidé en janvier 1998 la création d’une allocation de naissance de 5000 francs, versée aux seules familles dont l’un des parents au moins est français ou ressortissant de l’Union européenne. La première famille distinguée, après un moment de réflexion, a repoussé l’offre, 5 000 francs n’arrivaient pas à compenser les vives réactions de la famille et des voisins.

 

La famille Mégret a commis d’incommensurables dégâts à Vitrolles. La gauche ne semble toujours pas en capacité de réagir alors que le mouvement associatif appelle à l’union, au rassemblement, à l’efficacité. Face à la dame Mégret, ceux qui joueront à la désunion auront à répondre d’une terrible responsabilité. À Vitrolles et ailleurs.

 
José Fort
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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 05:45


Téléphone Rouge

 


Vitrolles: l'atout de Tichadou

 

source : Le Nouvel Observateur le 16/11/2000

 

A Vitrolles, où une primaire PC-PS est désormais inéluctable, le candidat socialiste, Dominique Tichadou, est en passe de réunir sur sa liste les Verts, les radicaux et le MDC. Il a surtout obtenu le soutien d'une personnalité du mouvement associatif, très en pointe dans le combat anti-FN : Marie-Christine Vinci, présidente de la Maison pour Tous, figurera en effet en deuxième position sur sa liste

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