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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 04:58




Transformation de La Poste, ne prenons pas les français pour des imbéciles !

 

Le dernier conseil des ministres de l'été a entériné le changement de statut de La Poste. C'est toujours amusant, quoiqu'en fait ce soit plutôt sinistre, de voir un certain nombre de personnalités et non des moindres,  monter au créneau pour nous expliquer que cela ne changera rien.

 
Mais alors pourquoi changer le statut, si cela ne change rien ? Pour reprendre une expression de l'édito de l'Huma du 28 juillet dernier « le statut précède la propriété, et l'on change de statut pour changer la propriété. Sinon, quel intérêt y aurait -il à procéder à cette opération ? ». En clair, on se moque de nous !...

 
L'évolution du statut de la Poste, prélude quoiqu'en dise certains à sa privatisation, est un sujet que nous connaissons bien au travers d'un collectif Vitrollais... Nous étions intervenus il y a quelques semaines pour défendre nos guichetiers. Tout est loin d'être réglé et il n'est pas dit qu'il ne sera pas nécessaire de se remobiliser à nouveau...

Par ailleurs, pour la privatisation de La Poste, le gouvernement invoque l’obligation liée à « L’Europe ».

 

Tout d’abord, il est bon de rappeler que « L’Europe » n’est pas une entité abstraite, et que les décisions qui y sont prises, le sont par des hommes et des femmes, élues par le peuple. Quand le Ministre ESTROSI rappelait il y a quelques jours cette obligation, il a oublié de mentionner que ses amis de l’UMP étaient pour à Bruxelles il y a quelques mois.

 

Qui plus est l’information reste fausse. Ce qui a été voté c’est l’ouverture du marché de la Poste à fin 2010. C’est dé »jà une aberration, car absolument pas une nécessité vitale. Mais passons. L’ouverture du marché n’oblige aucunement la privatisation de La poste. C’est là que le gouvernement SARKO / UMP montre son vrai visage en voulant tout donner au secteur privé qui pousse pour récupérer de fabuleux marchés et donc des …….. € qui n'iront plus ensuite dans le baudget de l'Etat (943 millions en 2007, 529 en 2008) !!!

Cela rejoint aussi le fait qu’il faut rendre présentable l’entreprise en la rationalisant avant la privatisation, d’où le conflit à Vitrolles, par exemple. Le principe aussi c’est de faire se dégrader le service public en réduisant les moyens en personnels, pour mieux faire passer l’idée de privatisation dans les esprits. Que n’entendons-nous pas comme réflexions dans les queues d’attente à La poste ? Ceci dit comme me le disait une guichetière à juste titre, les gens acceptent de faire la queue à la caisse avec leur caddy au supermarché et trouvent absolument intolérable d’attendre quelques minutes leur tour au guichet de La Poste. Cherchez l’erreur…

 


A suivre.

 

DH

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20 août 2009 4 20 /08 /août /2009 05:30




Il y a quelques temps je m'énervais sur les caisses automatiques installées à carrefour Vitrolles.


Voir : http://didier-hacquart.over-blog.com/article-33646474.html


et pourquoi ne pas aller plus loin avec un appel au boycott ?


Alors voilà c'est désormais possible !


Pour signer la pétition, cliquez ICI.



DH

 



Pour le boycott des caisses automatiques dans les grandes surfaces à Vitrolles



Aujourd'hui se développent dans les grandes surfaces les caisses automatiques.


Elles viennent de faire récemment leur apparition à Vitrolles chez CARREFOUR, après DECATHLON.


Ces caisses automatiques n'apportent aucun plus pour les consommateurs. Au contraire, nous sommes obligés de « faire le travail » des hôtesses de caisses, sans aucune contrepartie.


Au-delà, ce qui est plus grave, les caisses automatiques sont destructrices d'emplois.


Le bénéfice de la suppression des emplois d'hôtesses de caisse ne renforcera que celui de l'entreprise et ses actionnaires.


Les caisses automatiques conduisent par ailleurs à la déshumanisation des relations entre les clients et la grande surface. L'avenir est-il de pouvoir dialoguer qu'avec des machines ?


Hier les pompistes, aujourd'hui les hôtesses de caisse, bientôt les facteurs et d'autres professions, ce sont autant d'emplois qui disparaissent au nom d'une certaine modernité guidée uniquement par la sacrosainte rentabilité financière.


C'est pourquoi, nous citoyens, clients, salariés, retraités, militants syndicaux, militants politiques, pour soutenir l'emploi, nous appelons au boycott des caisses automatiques dans les grandes surfaces de VITROLLES.



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Published by Didier HACQUART - dans Boycott Caisses automatiques
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16 août 2009 7 16 /08 /août /2009 05:23

 


 

 

Le rapport de Michel ROCARD sur la Contribution Climat Energie appelle un certain nombre de questions.

 

On s'aperçoit c'est que la « grande solution » c'est de nous faire payer nous les contribuables. Cela me choque, et me rappelle un article que j'ai posté sur ce blog en mars 2008. Carlos Goshn, expliquait qu'il allait produire des voitures moins polluantes pour la Californie, parce qu'il y était encouragé par la législation. Comme elle était moins contraignante en Europe, les nouvelles voitures arriveront plus tard sur le marché.  Si en France et en Europe on taxe les consommateurs, certes ils pourront toujours mettre la pression sur les constructeurs, mais laquelle ? Sinon les constructeurs n'ont guère de raisons de se mobiliser. L'approche Californienne plus contraignante par les normes me parait une piste plus intéressante ?

 

Mes amis du réseau « sortir du Nucléaire », association dont je suis adhérent,  pointent d'autres problèmes. L'approche ROCARD conduit à favoriser le tout nucléaire au dépend des énergies renouvelables. Cela est choquant et à mon avis contraire à une démarche développement durable. Si le nucléaire a ses avantages, il a aussi beaucoup d'inconvénients qu'il faut arrêter de minimiser sans cesse !

 

A suivre,

 

DH

 

 

Pour lire le rapport de Michel ROCARD : cliquez ICI


 

 

Communiqués de presse du réseau
« Sortir du Nucléaire » du 28/07/2009

 


Contribution "Climat énergie" (taxe carbone) : le Réseau « Sortir du nucléaire" répond à Michel Rocard



- Le charbon ET le nucléaire doivent être taxés, pas les énergies renouvelables
- M. Rocard se serait-il aligné sur la position pronucléaire de M Sarkozy ?


Interviewé sur plusieurs radios nationales ce matin (28/07/09), Michel Rocard a réagi aux positions du Réseau "Sortir du nucléaire" en déclarant : "Le nucléaire est moins dangereux que le CO2. Dans toutes ces affaires, on ne choisit pas les bonnes solutions, il n'y en a pas. On choisit la moins mauvaise. Et je voudrais bien entendre n'importe quel écolo me dire qu'il préfère le charbon".


Le Réseau "Sortir du nucléaire" appelle Michel Rocard à prendre acte que le charbon ET le nucléaire sont des ennemis de l'environnement, qu'ils doivent être combattus conjointement. Il est d'ailleurs absurde de tenter de hiérarchiser des pollutions différentes et il est irresponsable de minimiser le risque nucléaire, qui est extrême. De plus, M. Rocard devrait savoir que ce sont les énergies renouvelables que les écologistes préfèrent.


On peut craindre que cette déclaration absurde de M Rocard ne signifie son ralliement à la position pronucléaire de M. Sarkozy, lequel entend exonérer l'électricité de la Contribution climat énergie dans le but évident de soutenir l'industrie nucléaire française qui est en très grande difficulté industrielle et financière.

De fait, le Réseau "Sortir du nucléaire" réaffirme que, si la Contribution Climat Energie est créée, elle doit s'appliquer aussi à l'électricité... à l'exception de l'électricité d'origine renouvelable. Ainsi, la taxe serait réduite, pour chaque usager, en fonction du pourcentage d'énergies renouvelables utilisées par son fournisseur d'électricité.


Par exemple :


- les clients d'EDF acquitteraient 90% de la Contribution climat énergie appliquée à l'électricité, puisque l'électricité produite par EDF est renouvelable pour environ 10% du total (il s'agit principalement de l'hydroélectricité)


- les clients d'Enercoop seraient totalement exonérés de la Contribution climat énergie appliquée à l'électricité, puisque cette structure se fournit exclusivement en électricité renouvelable.


Il ne faut pas oublier que la France a un objectif obligatoire de 23% d'énergies renouvelables pour 2020, objectif qui ne pourra être atteint que si les énergies renouvelables sont développées et que, dans le même temps, les énergies non-renouvelables (comme le nucléaire) sont réduites. Il est donc indispensable de stopper le chantier du réacteur EPR en construction actuellement à Flamanville (Manche) : si ce réacteur entrait en service, il ferait encore augmenter le pourcentage d'énergies non-renouvelables. De même, il faut fermer les centrales nucléaires arrivant à 30 ans d'âge, comme celles de Fessenheim (Haut-Rhin) et Tricastin (Drôme) afin de faire baisser le pourcentage d'énergies non-renouvelables.


Enfin, le Réseau "Sortir du nucléaire" estime que le produit de la Contribution Climat Energie ne doit pas venir renflouer les caisses de l'Etat et rembourser ainsi les cadeaux faits aux plus aisés, comme avec le "bouclier fiscal. Au contraire, par l'intermédiaire d'un "chèque vert", l'argent récolté doit être reversé aux ménages, et prioritairement aux ménages modestes afin que leurs besoins fondamentaux (chauffage, éclairage) soient satisfaits. Les urgences écologiques et sociales doivent être prises en charge simultanément.

 

Lien permanent vers ce communiqué:

 

http://www.sortirdunucleaire.org/actualites/communiques/affiche.php?aff=591

 

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14 août 2009 5 14 /08 /août /2009 05:50




1,02 milliards d'êtres humains valent moins que quelques traders...

 

 

Le Programme Alimentaire Mondial annonce qu'il va supprimer certaines de ses missions. Rappelons que le PAM a besoin d'un budget annuel de 6,7 milliards de $ pour venir en aide à 1,02 milliards de personnes souffrant de mal nutrition sur notre planète. (1)

 

Le PAM reçoit 90 % de ses fonds des gouvernements. Il ne s'attend pour 2009 qu'à 3,7 milliards de $, soit un peu plus de la moitié de la somme nécessaire... La raison principale invoquée c'est la crise financière et économique qui impacte nombre de pays.

 

Dans le même temps, la banque Goldman Sachs, mais ce n'est pas la seule a rembousé 10 milliards de ¤ au gouvernement américain, qui l'avait sauvé de la faillite, et « mis » de coté 6,7 milliards de $ pour « récompenser » ses traders (*), les mêmes qui ont foutu en l'air le système il y a quelques mois...

 

Nous vivons vraiment une drôle d'époque...

 

DH

 

 

(1) L'Humanité du 31/07/09

 

(2) Le figaro.fr du 15/07/09

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12 août 2009 3 12 /08 /août /2009 05:25




Le FAKIR numéro est paru et j'ai oublié d'en parler !!!




Actualité oblige, j'avais oublié de vous parler de la parution du deuxième numéro de la revue FAKIR.


Il y a quelques semaines j'évoquai sur ce blog la parution du 1er numéro consacré à l'élection européenne. Aujourd'hui, « FAKIR saute sur les banques ».


Il y a peu, on le trouvait encore chez le marchand de journaux des Pinchinades.


Je vous livre à l'occasion un intéressant portrait de Jacques DELORS, paru dans le numéro 1, qui nous le dévoile sous un autre jour...


A méditer.


DH



Jacques Delors : l'homme des firmes


Le FAKIR.fr, 29 juin 2009

Les « lobbies », on croirait qu'ils se cachent sous les tapis. Pour mesurer leur influence, il suffit pourtant d'écouter Jacques Delors, l'ancien président (socialiste) de la Commission. Très fier d'avoir bâti l'Europe main dans la main avec les patrons...


« Les dirigeants de l'ERT ont été à l'avant garde du soutien de mon idée. » C'est Jacques Delors qui l'explique tranquillement. Pour bâtir l'Europe, voilà avec qui le président de la Commission s'est allié : avec l'ERT, la European Round Table, qui rassemble 45 « capitaines d'industrie », les PDG de Total, Nestlé, Renault, Siemens, etc.


Le même poursuit ses confidences : « Donc ce que j'ai fait en 84 c'est de rechercher un consensus par défaut avec les gouvernements qui refusaient tout sauf cette idée d'un grand marché et d'obtenir un consensus par enthousiasme des industriels. » Et c'est ainsi que ce socialiste a « relancé l'Europe » : non en s'appuyant sur les « syndicats européens », ou les « peuples européens » (qu'il ne cite jamais), mais sur l'ERT. Le principal lobby patronal ...


En janvier 1985, le président de l'ERT (et de Philips), Wisse Dekker, avait publié « Europe 1990 : un agenda pour l'action », un document où il proposait de faire tomber les barrières commerciales et les frontières fiscales. En janvier 1985, justement, Jacques Delors prend ses fonctions à Bruxelles et devant le Parlement européen, il fait part de « [s]on idée » : faire tomber les barrières commerciales et les frontières fiscales . Heureusement, le PDG n'avait pas déposé de copyright..


Avancer à 140 à l'heure...


Les « lobbies », avec un nom pareil, on croirait qu'ils se cachent sous les tapis, qu'ils chuchotent derrière des portes closes, qu'ils versent du liquide sur des comptes aux Bahamas. Sans doute. Sans doute qu'ils intriguent dans l'arrière-boutique. Mais leur influence, on peut la découvrir rien qu'en allumant son poste de télé. Rien qu'en écoutant leurs perroquets médiatiques et politiques.


« L'Europe, ça ne va pas assez vite », énonce Jean-Marie Cavadda, dans sa Marche du Siècle, en septembre 1991. « Ce sentiment de lenteur, partagé par beaucoup de gens, 45 grands industriels européens, représentant trois millions d'employés, s'en irritent et tirent la sonnette d'alarme. Ils demandent plus d'Europe ». En toute objectivité, le présentateur - désormais passé au Modem, puis à l'UMP - l'expose : « Cette émission a été déclenchée par le travail de 45 industriels européens, dont voici les trois représentants. Ca s'appelle la Table Ronde Européenne. Il s'agit d'abord de Monsieur Jérôme Monod (président de la Lyonnaise des eaux), Pehr Gyllenhammar (président de Volvo, associé comme vous le savez à Renault, associé comme vous le savez à Mitsubishi), et Umberto Agnelli (président de l'énorme groupe Fiat). » Est également convié un banquier : « Bernard Ezambert, président de la financière Rotschild ». Voilà un plateau équilibré...


C'est qu'à l'automne 1991, l'Europe se trouve, à nouveau, à un moment clé de son histoire : le continent est débarrassé du communisme. Les objectifs fixés par l'Acte Unique de 1986 sont désormais achevés. Et en décembre, doit se tenir un sommet des chefs d'Etat, à Maastricht. A cette occasion, les patrons comptent bien marquer des points, définitifs. Avancer leurs pions à grandes enjambées. Jérôme Monod énonce clairement le programme : se charger de « l'éducation, la formation - qui est aussi notre rôle »... construire de « grandes infrastructures qui traversent l'Europe »... établir « la monnaie unique ». Sur tout ça, « il faut aller vite : on ne peut pas aller se balader avec douze monnaies dans ses poches alors que les américains ont le dollar et que les japonais ont le yen. »


Dans cette Marche du Siècle, en direct de Bruxelles, Jacques Delors approuve toutes les injonctions du Capital : « Lorsque j'ai lancé en 1984-1985, le projet de grand marché, la Table Ronde des Industriels a soutenu ce projet. Et aujourd'hui, j'ai lu le rapport, les industriels invitent les gouvernements à aller plus vite encore, et ce n'est pas moi qui leur dirait le contraire : nous avons bien besoin de cette poussée salutaire, sinon nous aurions tendance à ne pas aller au rythme où les événements vont. Cet avertissement est salutaire. Maintenant il faut aller à 140 à l'heure... Il faut que les gouvernements se décident : pour ça, ils n'ont plus que trois mois. »


Trois mois plus tard, le contrat sera rempli. Depuis, de Maastricht à Amsterdam, de la stratégie de Lisbonne au Traité constitutionnel, l'Europe a bien roulé à « 140 à l'heure ». Et dans les directions fixées par le patronat...



Un ver dans la gauche


Pour bâtir, dans le consensus, l'Europe libérale, Jacques Delors était l'homme rêvé.
De « socialiste », il portait le nom.


Pas plus, mais assez. Assez pour que la gauche, de France et d'ailleurs, s'illusionne sur un habillage « social » du projet. Elle aurait pu se méfier du bonhomme, pourtant : car c'est son pire ennemi qu'elle envoyait trôner à Bruxelles. Son ennemi de l'intérieur. Qui venait de tuer l'espérance à Paris...


Un reportage d'Antenne 2 résume son parcours. Il est tourné en janvier 1985, au moment de son transfert en Belgique. Voix off : « C'est dans ce bureau du palais du Louvre que, durant 37 mois, Jacques Delors a dirigé l'économie et les finances de la France. C'est ici qu'il a pris la décision, en accord avec le Premier ministre Pierre Mauroy, de changer de politique économique en 1982 et de renforcer la rigueur en 1983 mettant ainsi fin à la période de relance qui avait déséquilibré l'économie. Jacques Delors qui, en mai 1981, refusait que la France sorte du Système Monétaire Européen a toujours manifesté une grande foi européenne. »


De fait, « durant 37 mois », cet ancien conseiller de Jacques Chaban-Delmas, entré sur le tard au Parti Socialiste, a appuyé sur le frein de la « rigueur ». Il a gelé le SMIC, lutté avant tout contre l'inflation, refusé toute « rupture », miné l'expérience en serrant les cordons de la bourse :


« A première vue, remarque un journaliste, on a l'impression que ce sont les entreprises qui s'en sortent le moins mal, car vous avez évité d'alourdir leurs charges.
-Pour une raison simple. (...) Nous voulons qu'elles puissent investir et créer des emplois. »

La « compétition » d'abord


Vingt-cinq ans plus tard, le refrain perdure. Il paraît même courant.
Mais à l'époque, c'est nouveau, à gauche. Les syndicats, le Parti communiste, et de larges fractions du Parti socialiste, dénoncent la « politique Delors ». En comité du PS, Jean-Pierre Chevènement attaque : « Votre plan est directement responsable de l'affaissement électoral de la gauche.


-Je suis chargé de l'économie, et pas des élections », réplique Jacques Delors.

Lionel Jospin en bondit.


« Il faut que la répartition de l'effort soit plus équitable, réclame Jean Poperen. Au moment où les marges des entreprises sont maintenant beaucoup plus à l'aise...


-La politique que vous prônez est infaisable, assène Delors, et incompatible avec la politique étrangère du Président. » « La politique étrangère du Président », c'est l'Europe. Même libérale.


Qui est préférée au socialisme. Même modéré.


Deux semaines après cette réunion houleuse, un remaniement ministériel intervient. En bisbille avec son camp, Delors n'officiera pas à l'hôtel Matignon - qui revient à Fabius : il faut des hommes neufs pour mener la même politique. Lui est néanmoins promu, mais à Bruxelles - à la « politique étrangère », donc, où il a déjà fait ses preuves :


« Quelles seront vos priorités ? l'interroge le reporter d'Antenne 2.


-Etre aussi compétitif que les Etats-Unis ou l'ensemble asiatique. Ce sera ça mon objectif. Et à partir de là, si nous avons la force, nous aurons la crédibilité et nous retrouverons les voies du progrès social. »


Quelques années plus tôt, pas encore à l'Elysée, François Mitterrand s'engageait : « Nous voulons en faire l'Europe des travailleurs, contre l'Europe marchande, l'Europe des profits, l'Europe des grandes affaires » . Mais d'emblée, avec son émissaire, le « progrès social » est renvoyé bien après la « compétitivité ». Voilà qui fonde l'« engagement européen » d'un Jacques Delors.


Sans interdire, à l'occasion, une pincée de mélancolie - ou d'hypocrisie : « Malheureusement, sur la Charte sociale, les dispositions du traité [de Maastricht] ne permettaient pas de l'intégrer. Je suis un peu déçu. Mais enfin, je continue à travailler. »
Nous voilà rassurés...


L'héritage Delors


Au cimetière du Père Lachaise, fin 2003, Jacques Delors prononçait l'oraison funèbre de son collaborateur Yves Chaigneau : « En 1983, il a bien fallu faire le ménage ! » s'exclama-t-il, vindicatif . Il a bien fallu liquider toute cette gauche qui avait espéré : lui s'en est chargé sans trop de peine.


C'est du passé, en 2009 ?


Jacques Delors joue au scrabble en maison de retraite ?


Sauf que son héritage perdure, et pour plusieurs décennies.


L'héritage, d'abord, d'une Europe qui fonce à « 140 à l'heure » sur des rails libéraux.
L'héritage, ensuite, d'un Parti socialiste « qui agit dans l'Union européenne qu'il a non seulement voulue, mais en partie conçue et fondée » - comme le revendique sa dernière déclaration de principe. L'héritage, enfin, quant à la politique économique, d'une « rigueur » pour les travailleurs, malgré les « marges » réalisées par les entreprises.
Ce triple héritage est si peu conspué que c'est sa fille, Martine Aubry, qui a repris les rênes du Parti Socialiste. Et elle ne rompt pas avec le legs paternel : « C'est du populisme, pestait-elle en 2005, c'est ce qui a mené l'Italie d'autrefois à ce que l'on sait » - assimilant les « nonistes » aux fascistes. Et au nom du PS, contre le vote du peuple, elle soutient mordicus le traité de Lisbonne. Assorti, bien sûr, comme papa, d'un couplet sur « l'Europe sociale »...

François Ruffin


Fakir n°41 (Mars-Avril 2009)

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8 août 2009 6 08 /08 /août /2009 05:47


doutes sur la réalité de certains sondages. Cela sentait bon parfois la manipulation. Nous savions que « le pouvoir » entretenait des relations privilégiés avec certains médias. Grâce à la cour des comptes, dont il faut souligner le travail, le scandale éclate (lire le rapport complet).




Nous avions plus que des

 

Il y a 2 aspects dans le dossier, celui sur le financement des sondages, via un montage plus que limite, et celui des sondages réalisés à la demande de l'Elysée et repris ensuite dans différents journaux.

 

Par exemple, pour qu'Olivier Besancenot devienne le leader d'opposition à Gauche face à Sarkozy (1), il y a quelques semaines, il suffisait de faire un sondage d'opinions, de mettre une multitude de leaders de Gauche du PS pour diluer les voix en rajoutant Besancenot. Face à ces leaders de Gauche, il n'y avait que Sarkozy, qui rassemble logiquement les voix de droite. Donc logiquement, Sarkozy est le leader à Droite, les voix du PS sont diluées sur plusieurs noms, et sort Besancenot ! Cqfd...Vous faites diffuser le sondage dans le Figaro (2), puis LCI. Ensuite, via les moyens de communication modernes, l'info est reprise en boucle partout...

 

Marianne2.fr publie tout un dossier sur le sujet. A méditer sur cette question qui pose un vrai problème de démocratie...

 

DH

 

 

(1) http://www.opinion-way.com/pdf/opinionway-lefigaro-lci-politoscope-saison3vague35.pdf

 

(2) http://www.lefigaro.fr/politique/2008/06/20/01002-20080620ARTFIG00123-besancenot-meilleur-opposant-a-sarkozy.php

 

 


 

 

 

Dossier: le président sondivore

 

Sur  Marianne2.fr | Dimanche 26 Juillet

 

 

L'Elysée commande des sondages, ceux-ci sont publiés dans des journaux, l'institut de sondages OpinionWay est mouillé jusqu'à l'os, le cabinet Publifact, dirigé par Patrick Buisson, joue les intermédiaires et s'en met plein les poches... Affaire d'Etat!

 

Comment l'Etat finance la passion « sondivore » de Sarkozy Par Régis Soubrouillard
Le temps serait à la glasnost du côté de l'Elysée, l'occasion de lever un coin du voile sur les structures de la communication gouvernementale dont la polémique sur le contrat passé entre OpinionWay, le cabinet Publifact et l'Elysée a relevé des aspects fumeux notamment en ce qui concerne les pratiques des différents services de communication de l'Etat mais aussi l'ampleur des moyens.


Exclusif : Buisson réalise 50 % de marge brut sur les sondages ! Par Philippe Cohen
Sur les 392 000 euros facturés par Publifact, le cabinet de Patrick Buisson à l'Elysée, à peine la moitié a servi à rémunérer les prestations d'Opinion Way. Explication.

Sondages OpinionWay : cette fois, la com' de l'Elysée cafouille Par Régis Soubrouillard


D'habitude parfaitement calibrée, la communication élyséenne présente des signes de faiblesse inquiétants à mesure des révélations sur l'affaire Opinion Way-Le Figaro. Faute de pouvoir éviter le sujet, les affidés du président répondent aux questions des journalistes quitte à rajouter de la confusion à un dossier de moins en moins clair.


OpinionWay fait payer la droite... pour se payer la gauche ! Par Sylvain Lapoix
Face au scandale des sondages commandés par l'Elysée publiés dans Le Figaro et LCI, l'institut OpinionWay met en avant des « cautions » de gauche pour qui elle travaille, Bakchich et l'institut Terra Nova... à qui elle offre en vérité des sondages !


Sondages de l'Elysée : la polémique enfle Par Gérald Andrieu
En épluchant les comptes de la Présidence de la République, la Cour des comptes a mis à jour un cabinet chargé de jouer les intermédiaires entre l'Elysée et des instituts de sondages. Problème : certains des sondages payés par la Présidence auraient atterri dans des journaux. Mis en cause, OpinionWay dément...


A l'Elysée, un cabinet manipulateur... de sondages ? Par Gérald Andrieu
La Cour des comptes s'intéressait pour la première fois aux dépenses de l'Elysée. Son rapport révèle l'étrange contrat passé par la Présidence avec un mystérieux cabinet d'études...

 

Et aussi...


Sur Arrêt sur Image : Sondages : l'Elysée co-producteur ?


Sur Ru89 : Les sondages de l'Elysée ont un prix


Sur Mediapart : La Cour des Comptes stigmatise le sondeur fantôme de l'Elysée

 

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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 06:04





C'est le sujet qui va certainement alimenter les discussions dans le microcosme politique dans les semaines et mois à venir, les élections régionales et cantonales à venir !


Les futurs élus territoriaux remplaceraient les conseils généraux actuels et les conseillers régionaux en 2014. Les conseillers généraux en 2011 seraient élus pour 3 ans et les conseillers régionaux pour 4 ans, pour se caler au calendrier de 2014 avec le nouveau système.


Ce qui est nouveau, c'est l'élection des élus intercommunaux. Il faudra voir les modalités exactes, mais le principe est sain, sachant qu'aujourd'hui, le fonctionnement des intercommunalités pose problème en termes de démocratie. Le rapport Balladur prévoit aussi des regroupements d'intercommunalités, ce qui pourrait engendrer « un super Marseille » regroupant MPM, la CPA, Etang de Berre, etc., tel qu'évoqué par La Provence. Je reviendrai plus tard sur ce point.


Sarkozy, par contre veut un scrutin à 1 tour pour les élus territoriaux, amenés à remplacer les conseillers généraux et régionaux. Un scrutin à un tour c'est favoriser le bipartisme, ce qui n'est pas un facteur de démocratie. Mais il y aurait cependant une dose de proportionnelle. A voir...


A suivre...


DH


Pour en savoir plus : Le rapport Balladur sur la réforme des collectivités territoriales


Le site du comité pour la réforme des collectivités territoriales



Élections territoriales : Sarkozy fixe les règles (*)



La question du mode de scrutin des conseillers territoriaux sera-t-elle également traitée dans le projet présenté le 9 septembre ? Nicolas Sarkozy hésite.


Le chef de l'État veut un mode de scrutin à un tour pour les futurs conseillers territoriaux.


Le président l'a annoncé mardi matin (21/07/09) aux dirigeants de la majorité : il souhaite que les futurs conseillers territoriaux, qui devraient être désignés en 2014 pour siéger à la fois dans les régions et les départements, soient élus à un tour, à la proportionnelle en zone urbaine et au scrutin uninominal en zone rurale. Nicolas Sarkozy a tiré la leçon des européennes, où l'absence de second tour a été fatale à une gauche éparpillée. Pour les élections qui restent à deux tours, il a expliqué en substance que l'important était de «virer en tête» au premier tour pour créer une «dynamique», en insistant sur la nécessité de creuser l'«écart» avec l'adversaire. Devant son état-major, il a aussi remarqué que, si Maryse Joissains avait remporté les municipales à Aix-en-Provence, malgré la tentative de coalition de ses adversaires au second tour, c'est parce qu'elle avait «l'envie» de gagner. Pour les régionales de 2010, qui seront théoriquement les dernières du genre avant la réforme, le chef de l'État veut donc «des candidats qui ont l'envie».


Le mandat de conseiller territorial, qui a vocation à se substituer en 2014 aux mandats de conseiller régional et de conseiller général, est l'élément clé de la réforme des collectivités locales. Le projet qui le créera devrait être présenté en Conseil des ministres le 9 septembre. Le rapporteur à l'Assemblée a déjà été choisi : ce sera le député du Rhône Dominique Perben, qui avait fait partie de la commission Balladur sur la simplification territoriale. Selon toute probabilité, le texte concernera également les membres des conseils intercommunaux. Jusqu'à présent désignés, ils seront désormais élus, selon la méthode dite du «fléchage», sur les mêmes listes que les candidats aux municipales.


L'épreuve du Conseil constitutionnel


La question du mode de scrutin des conseillers territoriaux sera-t-elle également traitée dans le projet présenté le 9 septembre ? Nicolas Sarkozy hésite. La réforme pourrait être conduite en plusieurs étapes : création du nouveau mandat et élection des conseillers intercommunaux dès la rentrée, mode de scrutin des conseillers territoriaux et redéfinition de la répartition des compétences entre régions et départements plus tard, après les régionales de mars 2010. Pour que les conseillers territoriaux puissent être élus en 2014, il faut raccourcir le mandat des futurs élus régionaux de six à quatre ans, et réduire de six à trois ans le mandat des conseillers généraux qui seront élus en 2011. Dans les deux cas, une loi simple suffit.


Conduire la réforme par étapes permettrait de reporter au lendemain des régionales de 2010 les questions les plus sensibles. Actuellement, seule l'élection des conseillers intercommunaux fait l'objet d'un consensus entre majorité et opposition. Sur tous les autres volets de la réforme, il faudra attendre que le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, ait fini ses consultations, mardi, pour connaître la position de l'ensemble des partis politiques.


L'élection à un tour présenterait pour la majorité l'avantage de supprimer le problème de l'absence de réservoir de voix au second tour. Avant même la mise en chantier de la réforme territoriale, Jean-Pierre Raffarin et Gérard Longuet, entre autres, plaidaient pour ramener à un tour les régionales et les cantonales. Logiquement, ce qui favoriserait l'UMP et léserait le PS, qui mise sur des alliances avec les autres partis de gauche, les Verts, voire le MoDem, entre les deux tours pour compenser la dispersion de son électorat. Le tour unique obligerait les socialistes à conclure des accords avec ses alliés potentiels avant l'élection, et à les payer au prix fort.


Ce système doit aussi pouvoir passer l'épreuve du Conseil constitutionnel. Il doit respecter la parité homme-femme, ce qui n'est pas évident au scrutin uninominal. Surtout, le Conseil doit accepter des modes d'élections différents pour les élus des villes et ceux des campagnes, alors qu'ils siégeront dans la même assemblée.



(*) Le figaro.fr du 24/07/09 : http://www.lefigaro.fr/politique/2009/07/24/01002-20090724ARTFIG00004-elections-territoriales-sarkozy-fixe-les-regles-.php


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1 août 2009 6 01 /08 /août /2009 05:54



Je reconnais qu’en cette période de vacances, que rappeler qu’il y a aura bientôt plus de 57 millions de chômeurs dans les pays de l’OCDE n’a rien de réjouissant.


Cela représente plus de 20 millions de chômeurs supplémentaires par rapport à 2008, sachant que les chiffres de fin 2008 intègrent déjà la crise…


Ce qui est révoltant, c’est le pourquoi et comment nous en sommes arrivés là ! Rien n’était inéluctable et nous marchons vraiment sur la tête…


Mais bon, gardons le moral…


DH


Pour mémoire (liste non exhaustive !) :


- Madoff : les victimes françaises parlent, snif...

- Comprendre le krack boursier et les subprimes...

- Lehman brothers banque conseil de la france pour la fusion gdf suez !!


- Subprime, etc., la crise financière et ses enseignements pas chavigne et filoche

- Crise des "subprimes", krack boursier , scandale de la société générale, "on ne nous dit pas tout" !



Le chômage dans les pays de l'OCDE devrait approcher 10% en 2010, selon l'Organisation


23/06/2009 - Le chômage continuera d'augmenter pendant une bonne partie de l'année 2010, avec un taux de chômage moyen proche de 10%, ce même taux était à 7,8% en avril, selon de nouvelles estimations de l'OCDE.


D'ici fin 2010, plus de 57 millions de personnes seront privées d'emploi dans les pays de l'OCDE alors que le nombre de chômeurs était de 37,2 million à la fin de 2008 et le taux de chômage moyen s'élevait à 6,8%, selon les estimations de l'Organisation. L'augmentation attendue ramènera la moyenne du taux de chômage des pays de l'OCDE à 9,9%, son niveau le plus haut depuis les années 1970, avec une moyenne de 9,8% sur l'année. Le taux de chômage avait atteint une baisse record de 5,5% au cours des quatre derniers mois de 2007, se maintenant à 31,6 millions à la fin de cette même année.


« Le chômage continuera encore longtemps de peser sur les économies nationales », a déclaré le Secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurría.  « Les ralentissements  précédents nous ont enseigné que la reprise de l'emploi sera beaucoup plus tardive que le retour à la croissance économique. L'OCDE collabore  étroitement  avec les pays pour qu'ils adaptent leur  politique afin de mieux venir en aide aux chômeurs et d'éviter que les niveaux de chômage élevés ne perdurent » a-t-il ajouté. 


Dans l'attente d'une reprise des marchés de l'emploi, l'OCDE estime que les gouvernements devraient s'efforcer d'aider les personnes les plus vulnérables, en s'assurant que les filets de sécurité financière sont adaptés aux besoins des personnes ayant perdu leur emploi et des ménages à faible revenu, et s'occuper en priorité de la progression du chômage chez les jeunes.


Selon l'OCDE, de plus grands efforts devraient être faits pour proposer des formations afin d'aider les personnes au chômage à rester en phase avec le marché de l'emploi et à améliorer leurs compétences. En ce qui concerne les chômeurs les plus difficiles à placer, un plus grand recours à l'embauche ciblée et l'allocation de subventions de mise en valeur de l'expérience professionnelle sont préconisées.


Merci d'inclure le logo du Forum de l'OCDE dans vos articles, blogs, sites Internet ou vidéos, disponible en différents formats à l'adresse : http://www.oecd.org/forum2009/logo

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29 juillet 2009 3 29 /07 /juillet /2009 06:03


 


Redécoupage des circonscriptions et démocratie...



L'autre jour en lisant La Provence (24/07/09), je suis tombé sur un article sur le re-découpage des circonscriptions, intitulé : « un re-découpage critiqué en passe d'être validé ».


Ce qui m'a « amusé », quoique, c'est la réflexion de la députée UMP de Marseille, Valérie BOYER : je cite : « ... je regrette que ce projet soit défavorable à notre camp ». Elle parlait uniquement du re-découpage marseillais.


La phrase pourra être interprétée de plusieurs façons. Moi, ce que je retiens, c'est que ce re-découpage, ne pouvait être que favorable à son camp, ce qui est une belle façon de concevoir la démocratie... Est-ce l'effet Sarko ?


Pour en savoir plus sur le re-découpage qui concerne la circonscription de Vitrolles, cliquez ici.


DH

Le projet présenté au conseil des Ministres du 29 juillet 2009 : Cliquez ICI.




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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 05:28



 

Crise financière internationale : Ou comment rendre "gérable" une politique basée sur les inégalités
par Ronald Janssen

 

 

Dans la revue « L'économie politique » n°43  de juillet 2009, (Groupe Alternatives Economiques), il y a notamment un article qui mérite de s'y attarder (merci José !).

 

C'est celui de Ronald Janssen, Conseiller économique à la Confédération Européenne des Syndicats : La relance sociale européenne et la grande récession.

 

L'idée développée est la suivante.

 

« Ces 10 ou 20 dernières années, on a systématiquement fait la leçon aux travailleurs et aux syndicats en Europe. On leur a fait croire qu'ils devaient accepter les plus grandes inégalités : en récompensant les plus talentueux, l'économie deviendrait plus innovante et le reste de la société finirait par en profiter d'une manière ou d'une autre. On a en outre fait croire aux travailleurs qu'il leur fallait devenir plus actifs, plus flexibles, et plus modérés : pour doper la compétitivité des entreprises, les travailleurs devaient cesser de dépendre des prestations sociales, ils devaient être disposés à accepter n'importe quelle offre d'emploi pour n'importe quel salaire  et à n'importe quel endroit, être prêts à se faire licencier plus facilement, se montrer plus modérés et plus souples dans leurs exigences salariales. Bref, on a délibérément opté pour un agenda politique de stimulation de l'offre, en faisant peser tout le poids de l'adaptation sur la main d'œuvre et en dorlotant par là même les entreprises. »

 

Je précise à ce stade, que l'auteur n'est pas un français, et que son raisonnement est au niveau européen. Bizarre, c'est exactement ce qui s'est passé en France !...

 

La suite...

 

« Alors que la modestie salariale et la flexibilité étaient de rigueur du coté du mouvement syndical, les rentes économiques créées par la flexibilité, des pratiques de travail précaire et la modération salariale ont été récupérées par les actionnaires, et une certaine élite (directeurs généraux, cadres supérieurs, etc.) en a largement profité. Les primes et stocks options se sont développés parallèlement à une dynamique salariale faible. Résultat : les économies sont de plus en plus inéquitables. »

 

Je rappelle que la CES n'est pas une organisation classée particulièrement « gauchiste »...

 

Et c'est là que cela devient particulièrement intéressant...

 

« C'est là qu'intervient l' »innovation financière », ou   plus précisément le « capitalisme casino ». Pour compenser la perte de la dynamique de la, due au fait que de nombreux travailleurs sont privés de leur juste part du progrès économique, la politique s'est tournée vers les marchés financiers pour qu'ils interviennent et comblent le fossé En l'absence d'une progression des salaires réels et suite à la transformation des emplois de qualité en contrats précaires, la demande et la croissance économiques ont dû compter de plus en plus sur un endettement excessif des ménages et sur la création de « bulles de prix d'actifs » ».

 

Voilà qui éclaire sous un autre jour la crise des subprimes, mais aussi le développement de toutes les formes de crédit « un peu trop faciles » à obtenir...

 

Allons encore un peu plus loin..

 

« Ce n'est pas seulement par cupidité personnelle que les banquiers et les gestionnaires de fonds on mis au point des pratiques risquées, telles que les prêts à haut risque et autres instruments financiers...On les a autorise et même encouragés à la faire parce que dans le cas contraire, le système économique, avec sa tendance fortement opposée à la main d'œuvre et son penchant pour les inégalités, aurait été ingérable. Ce qui explique pourquoi la récession actuelle n'est pas seulement une crise des marchés financiers : elle est aussi la crise d'un modèle économique fondé sur l'inégalité. »

 

 

L'auteur développe ensuite dans son article, la nécessité pour sortir de la crise de revoir le modèle et baser à contrario du précédent sur le renforcement des droits des salariés, loin d'être incompatibles avec le développement économique, sans oublier bien sûr l'investissement dans la lutte contre le changement climatique et dans un avenir écologique et durable...

 

Il est bien connu depuis Marx, que le crédit est le meilleur moyen de « tenir les salariés ». Un travailleur endetté est un travailleur docile...

 

L'analyse de Ronald Janssen, de la CES, pas vraiment classée pour ses positions radicales (*) est fortement intéressante En clair, le système était tellement inégalitaire, qu'il fallait bien lâcher du lest sur le crédit et autres pour que le « bas peuple » ne se révoltent pas trop et ne se rendent pas trop compte des inégalités grandissantes... mais le système a trouvé ses limites avec différents scandales en France notamment sur le salaire des grands patrons, les stocks options, les parachutes dorés, les golden Hello, les retraites chapeau, etc. La crise des subprimes, dont le principe était justement de permettre à des travailleurs pauvres de s'endetter pour acheter leur maison, a fait s'écrouler le système financier international. Cela a été l'occasion de mettre en lumière d'autres scandales comme les primes faramineuse des traders et autres.

 

Le problème c'est que la crise financière qui se traduit aujourd'hui en crise économique conduit à une crise sociale, dont les premiers impactés sont..... évidemment les mêmes travailleurs victimes des inégalités décrites ci-dessus.

 

Ceci-dit rien n'est jamais inéluctable, et l'économie n'étant pas une science loin de là, mais le fait de choix politiques. Il nous appartient d'expliquer, de débattre et de proposer un autre modèle économique et social ! J'essaie d'y contribuer très modestement au travers de ce blog et au sein du Parti de Gauche !....

 

DH

 

 

 

(*)  La CES soutient malheureusement le TCE sans réserve, ce qui n'est pas forcément en cohérence avec l'analyse de Ronald Janssen. Les propos de Janssen dans cet article n'engagent d'ailleurs pas la CES.

 

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