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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 06:14

 


 

Suite à l’article d'hier sur la bourse , je fais faire plus simple aujourd’hui. Je vous propose donc très simplement un lien internet : La droite pour les nuls

 

http://ladroiteparisienne.blogspot.com/

 

Instructif…

 

Je vous conseille entre autres l'article sur Jean-François LAMOUR relaté entre autres dans le dernier Charlie HEBDO.

 

DH


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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 06:10

 

 


 

A quoi sert la bourse ?

 

Finalement à quoi sert réellement la bourse ? De plus en plus de « gens sérieux » s’interrogent et pas uniquement des économistes « gauchisants ». Ainsi même le journal Les Echos se pose la question.

 

Le 25 novembre prochain se tiendra le convention annuelle de la compagnie des conseils et experts financiers (notaires, experts-comptables, conseillers en gestion de patrimoine, etc.) dont le thème est : En fait-on trop pour les actionnaires ?

 

En fait, à force de nous faire croire que le cours de l’action de notre entreprise est important, voire fondamental pour elle, on se perd un peu sur ce qu’est réellement la bourse et à quoi elle sert. Il est bon de revenir au fondamentaux.

 

Savoir à quoi sert réellement, la bourse (voir ci-après un article extrait d’Alternatives Economiques, on comprend mieux ensuite pourquoi on pourrait en définitive s’en passer !

 

A suivre !

 

DH

 


 

A quoi sert la Bourse ?

 

Alternatives Economiques n° 208 - novembre 2002

 

Le marché des actions permet tout d'abord aux entreprises d'obtenir des capitaux supplémentaires en émettant des titres (les actions) qui confèrent à leurs détenteurs un droit à une partie des bénéfices (le dividende) et un droit de vote lors des assemblées générales d'actionnaires. C'est ce qu'on appelle le marché primaire. Cette forme de financement est intéressante pour les entreprises car, contrairement au crédit bancaire ou obligataire, le capital ainsi levé n'a pas à être remboursé. En contrepartie, le contrôle des propriétaires sur l'entreprise est fragilisé.

 

Mais, en Bourse, les ventes et les achats d'actions portent essentiellement sur la revente de titres émis par le passé. C'est ce qu'on appelle le marché secondaire. Les entreprises n'ont pas d'intérêt direct sur ce marché.


 


 
 

Et si on fermait la Bourse... (*)

 

http://2.bp.blogspot.com/_H5CffUKEF3w/SV_VcFB88MI/AAAAAAAACuY/SaYSWwl3IsE/s400/krach-bourse-viral-buzz.jpg

 

C’était il y a un peu plus d’un an : les gouvernements secouraient les banques aux frais du contribuable. Mission accomplie. Mais à quel prix ? L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) évalue à 11 400 milliards de dollars les sommes mobilisées par ce sauvetage. Soit 1 676 dollars par être humain... Mais la finance n’est pas qu’affaire de banquiers. C’est aussi celle des actionnaires. Une proposition pourrait ne pas leur plaire : fermer la Bourse.

 

Pour un peu, le grand spectacle de ces deux dernières années nous l’aurait presque fait oublier : là où la finance « de marché »* (les astérisques renvoient au glossaire), appellation un peu idiote mais il en faut bien une pour faire la différence, semble s’activer dans un univers clos, loin de tout et notamment du reste de l’économie, la finance actionnariale*, celle des propriétaires des moyens de production, campe à l’année sur le dos des entreprises — et, comme toujours, en dernière analyse, des salariés. Il a fallu la « mode du suicide » si délicatement diagnostiquée par M. Didier Lombard, président-directeur général (PDG) de France Télécom, pour offrir l’occasion, mais si peu saisie dans le débat public, de se souvenir de ce dégât quotidien de la finance actionnariale dont les injonctions à la rentabilité financière sont implacablement converties par les organisations en minimisation forcenée des coûts salariaux, destruction méthodique de toute possibilité de revendication collective, intensification épuisante de la productivité et dégradation continue des conditions matérielles, corporelles et psychologiques du travail.

 

Contre toutes les tentatives de dénégation dont on entend d’ici les accents scandalisés, il faut redire le lien de cause à effet qui mène du pouvoir actionnarial, dont plus rien dans les structures présentes du capitalisme ne retient les extravagantes demandes, à toutes les formes, parfois les plus extrêmes, de la déréliction salariale. Et si les médiations qui séparent les deux bouts de la chaîne font souvent perdre de vue la chaîne même, et ce que les souffrances à l’une des extrémités doivent aux pressions exercées depuis l’autre, si cette distance demeure la meilleure ressource du déni, ou des opportunes disjonctions dont le débat médiatique est coutumier, rien ne peut effacer complètement l’unité d’une « causalité de système » que l’analyse peut très bien dégager (1).

 

Si donc la refonte complète du jeu de la finance « de marché », réclamée avec d’autant plus de martiale véhémence par les gouvernements qu’ils ont moins l’intention de l’accomplir, occupe le débat public depuis un an, il s’agirait de ne pas oublier que, au moins autant, la finance actionnariale est en attente elle aussi de son « retour de manivelle »... Sous ce rapport il n’y a que le PDG de Libération Laurent Joffrin, joignant la paresse intellectuelle au désir de ne rien rencontrer qui pourrait le contrarier, pour soutenir qu’il n’y a pas d’idées à gauche (2) — sans doute pas dans Libération ni au Parti socialiste en effet (mais on a dit : à gauche). Du vide dans le regard de Laurent Joffrin, on ne conclura donc pas pour autant qu’il n’y a rien. Le SLAM (Shareholder Limited Authorized Margin ou marge actionnariale limite autorisée) est une idée (3). L’abolition de la cotation en continu, et son remplacement par un fixing mensuel ou plurimestriel, en est une autre (4). Vient toutefois un moment où l’on envisage la question autrement : et fermer la Bourse ?

 

Des chroniques débonnaires du regretté Jean-Pierre Gaillard, longtemps journaliste boursier sur France Info, à l’apparition des chaînes boursières, en passant par l’incessante répétition « CAC 40 - Dow Jones - Nikkei », la Bourse aura bientôt quitté le domaine des institutions sociales pour devenir quasiment un fait de nature — une chose dont la suppression est simplement impensable. Il est vrai que deux décennies et demie de matraquage continu ont bien œuvré à cette sorte de naturalisation, et notamment pour expliquer qu’une économie « moderne » ne saurait concevoir son financement autrement que par des marchés et, parmi eux, des marchés d’actions* (la Bourse au sens strict du terme).

 

Bien sûr, pour continuer de se dévider, ce discours nécessite de passer sous silence l’ensemble des destructions corrélatives de l’exercice du pouvoir actionnarial ; la simple mise en regard de ses bénéfices économiques supposés et de ses coûts sociaux réels suffirait à faire apparaître tout autrement le bilan de l’institution « Bourse ». Encore faudrait-il questionner la division entre bénéfices économiques et coûts sociaux car les tendances à la compression salariale indéfinie qui suivent de la contrainte de rentabilité actionnariale ne sont pas sans effets macroéconomiques. La sous-consommation chronique qui en résulte a poussé les géniaux stratèges de la finance à proposer aux ménages de « faire l’appoint » avec du crédit, devenu la béquille permanente de la demande manquante — on connaît la suite. Evidemment les bilans sont toujours plus faciles avec une seule colonne qu’avec deux, particulièrement, aurait ajouté l’humoriste Pierre Dac, quand on enlève la mauvaise. Mais vienne la « bonne » à se montrer elle-même défaillante, que peut-il alors rester de l’ensemble ?

 

Or c’est peu dire que les promesses positives de la Bourse sont douteuses. Sans elle, paraît-il, pas de financement de l’économie, plus de fonds propres pour des entreprises alors vouées à l’insolvabilité, encore moins de développement des start-up annonciatrices des révolutions technologiques ? En avant, dans l’ordre et méthodiquement.

 

Les investisseurs pompaient, pompaient !

 

Sur le papier, le plan d’ensemble ne manquait pas d’allure. Des agents (les épargnants) ont des ressources financières en excès et en quête d’emploi, d’autres (les entreprises) sont à la recherche de capitaux : la Bourse est cette forme institutionnelle idoine qui mettrait tout ce beau monde en contact et réaliserait la rencontre mutuellement avantageuse des capacités de financement des uns et des besoins des autres. Elle ferait même mieux encore : en apportant des ressources permanentes (à la différence de l’endettement, les capitaux propres, levés par émission d’actions, ne sont pas remboursables), elle stabiliserait le financement et en minimiserait le coût. Patatras : rien de tout ça ne tient la route.

 

La Bourse finance les entreprises ? Au point où on en est, ce sont plutôt les entreprises qui financent la Bourse ! Pour comprendre ce retournement inattendu, il faut ne pas perdre de vue que les flux financiers entre entreprises et « investisseurs » sont à double sens et que si les seconds souscrivent aux émissions des premières, ils ne manquent pas, symétriquement, de leur pomper régulièrement du dividende (en quantité croissante) et surtout du buy-back*, « innovation » caractéristique du capitalisme actionnarial par laquelle les entreprises sont conduites à racheter leurs propres actions pour augmenter mécaniquement le profit par action et, par là, pousser le cours boursier (donc la plus-value des investisseurs) à la hausse.

 

La cohérence dans l’incohérence du capital actionnarial atteint d’ailleurs des sommets car, imposant des normes de rentabilité financière exorbitantes, il force à abandonner bon nombre de projets industriels, incapables de « passer la barre », laissant les entreprises avec des ressources financières inemployées... aussitôt dénoncées comme « capital oisif », avec prière de le restituer instamment aux « propriétaires légitimes », les actionnaires — « puisqu’ils ne savent pas s’en servir, qu’ils nous le rendent ! ». Dorénavant, ce qui sort des entreprises vers les investisseurs l’emporte sur ce qui fait mouvement en sens inverse... et donnait son sens et sa légitimité à l’institution boursière. Les capitaux levés par les entreprises sont devenus inférieurs aux volumes de cash pompés par les actionnaires, et la contribution nette des marchés d’actions au financement de l’économie est devenue négative (quasi nulle en France, mais colossalement négative aux Etats-Unis, notre modèle à tous (5)).

 

Il y a de quoi rester interloqué devant pareil constat quand, dans le même temps, les masses financières qui s’investissent sur les marchés boursiers ne cessent de s’accroître. Le paradoxe est en fait assez simple à dénouer : faute de nouvelles émissions d’actions pour les absorber, ces masses ne font que grossir l’activité spéculative sur les marchés dits « secondaires »* (les marchés de revente des actions déjà existantes). Aussi leur déversement constant a-t-il pour effet, non pas de financer des projets industriels nouveaux, mais de nourrir la seule inflation des actifs financiers déjà en circulation. Les cours montent et la Bourse va très bien, merci, mais le financement de l’économie réelle lui devient chose de plus en plus étrangère : le jeu fermé sur lui-même de la spéculation est très suffisant à faire son bonheur et, de fait, les volumes de l’activité dans les marchés secondaires écrasent littéralement ceux des marchés primaires* (les marchés d’émission).

 

Que la Bourse comme institution de financement, par là différenciée de la Bourse comme institution de spéculation, soit devenue inutile, ce sont les entreprises qui pourraient en parler le mieux. Le problème ne se pose simplement pas pour les petites et moyennes... qui ne sont pas cotées, mais dont on rappellera tout de même qu’elles font l’écrasante majorité de la production et de l’emploi — on répète pour bien marquer le coup : l’écrasante majorité de la production et de l’emploi se passe parfaitement de la Bourse. Plus étonnamment, les grandes entreprises y ont fort peu recours également — sauf quand leur prend l’envie de s’amuser au jeu des fusions et des offres publiques d’achat (OPA). Car lorsqu’il s’agit de trouver du financement, le paradoxe veut que les fleurons du CAC 40 et du Dow Jones aillent le plus souvent voir ailleurs : dans les marchés obligataires, ou bien, par une inavouable persistance dans l’archaïsme... à la banque ! Une succulente ironie veut qu’il y ait là moins l’effet d’une réticence philosophique qu’un effet de plus de la contrainte actionnariale elle-même, qui voit dans toute nouvelle émission l’inconvénient de la dilution, donc de la baisse du bénéfice par action. En somme, le triomphe du pouvoir actionnarial consiste à dissuader les entreprises qui le pourraient le plus de se financer à la Bourse !

 

D’autres promesses, d’autres menaces

 

Ce qui reste de financement brut apporté par la Bourse se fait-il au moins pour les entreprises au coût avantageux promis par tous les discours de la déréglementation ? On sait sans ambiguïté ce que coûte la dette : le taux d’intérêt qu’on doit acquitter chaque année. Le « coût du capital » (ici le coût des fonds propres) est une affaire moins évidente à saisir. Par définition les capitaux propres (levés par émissions d’actions) ne portent pas de taux de rémunération prédéfini comme la dette. Ça ne veut pas dire qu’ils ne coûtent rien ! Mais alors combien ? Très symptomatiquement, la théorie financière ne cesse de s’intéresser au « coût du capital »... mais sous le point de vue exclusif de l’actionnaire (lire « Le coût du capital du point de vue de l’actionnaire ») ! Ceci ne dit rien de ce qu’il en coûte concrètement à l’entreprise de se financer en levant des actions plutôt que des obligations*, ou encore en allant à la banque — et c’est là une question dont la théorie financière, qui révèle ainsi ses points de vue implicites (pour ne pas dire : pour qui elle travaille), se désintéresse presque complètement.

 

Or ce qu’il en coûte à l’entreprise tient en trois éléments : les dividendes et les buy-backs sont les deux premiers, à quoi il faut ajouter également les coûts d’opportunité liés aux projets d’investissement écartés pour cause de rentabilité insuffisante, c’est-à-dire tous ces profits auxquels l’entreprise a dû renoncer sous l’injonction actionnariale... à ne pas investir.

 

Tout ceci, qui commence à faire beaucoup, ne se met cependant pas aisément sous la forme d’un « taux » qui pourrait être directement confronté au taux d’intérêt afin d’offrir une comparaison terme à terme des coûts des différentes formes de capital (fonds propres versus dette). Le fait que la dette soit remboursable et non les capitaux propres est une première différence perturbatrice ; inversement, du dividende est payé éternellement sur des actions bien après la fin du cycle de vie de l’investissement qu’elles ont servi à financer ; les actions confèrent en assemblée générale un pouvoir que ne donne pas la dette (et auquel on pourrait assigner une valeur), etc. A défaut de comparaison directe, on peut au moins faire une comparaison différentielle, et observer que l’un des deux coûts, celui des fonds propres, a connu une évolution très croissante : les buy-backs qui étaient inconnus se sont développés dans des proportions considérables ; quant aux dividendes, on peut mesurer leur croissance à la part qu’ils occupent désormais dans le produit intérieur brut, où ils sont passés de 3,2 % à 8,7 % entre 1982 et 2007, et ceci, il faut le redire, du fait même de l’exercice du pouvoir actionnarial, pour qui la déréglementation boursière a été faite... sur la foi d’une baisse du coût de financement des entreprises !

 

Reprenons : contribution nette négative, et contribution brute hors de prix là où elle avait été promise à coûts sacrifiés... On se demande ce qui reste à la Bourse pour se maintenir dans l’existence — à part les intérêts particuliers du capital financier, il est vrai d’une puissance tout à fait admirable. La réponse est : d’autres menaces et d’autres promesses.

 

La menace agite le spectre d’une « économie sans fonds propres ». Au premier abord, elle ne manque pas de poids, spécialement en une période où l’on dénonce, non sans raison, la croissance hors de contrôle des dettes privées. Or refuser aux entreprises les bienfaits de la Bourse, n’est-ce pas les renvoyer aux marchés obligataires ou au crédit bancaire, c’est-à-dire à plus de dette encore — et tout le pouvoir aux banquiers, espèce que la crise nous a rendue si sympathique (6) ? Mais une économie sans Bourse n’est pas du tout une économie privée de fonds propres. Trop occupée à vanter ses propres charmes, la Bourse a fini par oublier que l’essentiel des fonds propres ne vient pas d’elle... mais des entreprises elles-mêmes, qui les sécrètent du simple fait de leurs profits, transformés en capital par le jeu de cette opération que les comptables nomment le « report à nouveau » : chaque année le flux de profit dégagé par l’entreprise vient grossir le stock de capital inscrit à son bilan… du moins tant qu’elle ne l’abandonne pas aux actionnaires sous la forme de dividendes.

 

On dira cependant que l’apport de fonds propres externes (ceux d’actionnaires donc) revêt une importance particulière quand précisément l’entreprise va mal et, par elle-même, ne dégage plus assez de fonds propres internes par profit et « report à nouveau ». Le sauvetage d’entreprises en difficulté ne révèle-t-il pas l’ultime vertu de l’intervention actionnariale, et seules des injections providentielles de capitaux propres ne peuvent-elles pas y pourvoir ? La belle idée : en général, les repreneurs s’y entendent pour mettre au pot le moins possible et pour mener leur petite affaire soit en empochant les subventions publiques, soit en ayant prévu de revendre quelques morceaux de gré à gré, soit en profitant du règlement judiciaire pour restructurer les dettes et larguer du salarié ; et le plus souvent par un joyeux cocktail mélangeant agréablement tous ces bons ingrédients — fort peu actionnariaux.

 

Comme le cercle commence à se refermer méchamment et que la liste des supposés bienfaits est déjà à l’état de peau de chagrin, on aura bientôt droit au cri désespéré : « Et les start-up ? » Les start-up, la révolution technologique en marche, celle qui nous a donné Internet (juste après que l’armée eut posé les tuyaux et les chercheurs inventé les protocoles...), celle qui enfin nous offrira bientôt des gènes refaits à neuf, comment les ferait-on éclore sans la Bourse ? Bien sûr on a pu se tromper un peu quant à la réalité de ses bienfaits, mais tout sera pardonné quand on aura redécouvert ses véritables, ses irremplaçables prodiges : des promesses d’avenirs radieux.

 

C’est peut-être dans ce registre prophétique des lendemains technologiques que le discours boursier, par ailleurs si déconsidéré, trouve son ultime redoute — avec parfois l’improbable secours de technologues de gauche, écolos amis de la chimère ayant reçu pour nom « croissance verte », ou enthousiastes du « capitalisme cognitif » (certains, pas tous...) qui nous voient déjà savants et émancipés par le simple empilement des ordinateurs connectés en réseau.

 

Or il est exact que le financement des start-up semble échapper au système financier classique, et notamment bancaire. Le propre de ces entreprises naissantes tient en effet à la difficulté de sélection qu’elles présentent aux financeurs potentiels du fait même du caractère inédit de leurs paris techniques et de la très grande incertitude qui en découle, faute de références passées auxquelles les comparer. On connaît l’argument : sur dix start-up soutenues, neuf seront d’épouvantables bouillons mais peut-être la dixième une magnifique pépite qui, bien poussée jusqu’à l’introduction en Bourse, décrochera la timbale — comprendre : enrichira ses actionnaires de départ, qu’on nomme, tout ridicule abattu, des business angels (« anges des affaires »), et fera mieux que les réconforter de leurs pertes sur les neuf autres.

Cette économie de la péréquation très particulière, propre aux entreprises technologiques naissantes, rendrait donc « indispensable » la sortie en Bourse et impossible le financement par le crédit : le banquier facturant en gros le même taux d’intérêt aux dix perdrait tout, intérêt et principal, sur neuf et ne gagnerait que ses quelques pour-cent sur la dixième ; bien trop peu pour que l’opération globale ne soit pas très perdante, et par suite définitivement abandonnée.

 

Il faut reconnaître que l’argument ne manque pas de sens. Il manque juste à être irrésistible. Car il ne faut pas beaucoup d’imagination pour envisager un taux d’intérêt qui soit, non plus fixe, mais défini comme une certaine part des profits, éventuellement révisable (à la hausse) sur les premières étapes du cycle de vie de l’entreprise. Si celle-ci est effectivement un bingo, elle le prouvera par ses bénéfices, et cette péréquation-là réjouira le banquier comme la péréquation boursière avait réjoui le business angel. Creusant un tout petit peu plus cependant, on finira par tomber sur la réalité moins glorieuse des mobiles qui font tenir les discours généraux du financement en capital des start-up et des héros technologiques.

 

L’introduction en Bourse a pour finalité essentielle... d’enrichir à millions les créateurs d’entreprise et leurs « anges » accompagnateurs. On les croyait mus par l’idée générale du progrès technique, le bien-être matériel de l’humanité et la passion d’entreprendre : ils n’ont le plus souvent pas d’autre idée que de faire fortune aussi vite que possible et de prendre une retraite très avancée — il n’y aurait pas de test plus dévastateur que de voir ce qui, la promesse de fortune boursière retirée, resterait des troupes des vaillants entrepreneurs. Des cohortes boutonneuses de la nouvelle économie, combien n’avaient pour idée fixe que de bricoler au plus vite une petite affaire susceptible d’être revendue et de faire la culbute patrimoniale ?

 

On fera remarquer que c’est l’essence même du capitalisme que les agents ne s’y activent pas pour des prunes. Sans doute, mais d’une part on pourrait, du coup, nous épargner le gospel entrepreneurial, et d’autre part c’est une chose de désirer s’enrichir de sa création d’entreprise, mais c’en est une autre de ne s’y livrer qu’à la condition (même si elle n’est qu’à l’état d’espoir) de s’enrichir hors de proportion, comme c’est devenu la condition implicite mais sine qua non des créateurs de start-up. Et il est vrai : ce n’est plus la simple rémunération du travail, ou même le revenu tiré du profit d’entreprise qui peut enrichir à cette échelle, mais bien la timbale boursière et elle seule.

 

Et c’est ici le terminus du discours de la Bourse. La Bourse n’est pas une institution de financement des entreprises — elles n’y vont plus sauf pour s’y faire prendre leur cash-flow* ; elle n’est pas le roc d’une « économie de fonds propres » — pour l’essentiel ceux-ci viennent d’ailleurs : des entreprises elles-mêmes ; elle n’est pas la providence qui sauve les start-up de l’attrition financière — on pourrait très bien agir autrement.Elle est une machine à fabriquer des fortunes. Et c’est tout. Bien sûr, pour ceux qui s’enrichissent, ça n’est pas négligeable. Mais pour tous les autres, ça commence à suffire.

 

Cupidité déboutonnée

 

Ainsi, faire la critique de la Bourse conduit immanquablement à retrouver les vraies forces motrices que le galimatias entrepreneurial s’efforce de recouvrir : il n’y est en fait question que d’enrichissement. Non pas que tous les entrepreneurs soient par principe affligés de cette cupidité déboutonnée — ceux qui ont vraiment l’envie de construire quelque chose sont mus par d’autres ressorts et se passent de la fortune patrimoniale pour s’activer (on n’en fera pas des saints pour autant...). Mais seule la Bourse pouvait installer dans le corps social, ou plutôt dans ses parties les plus concernées, ce fantasme, désormais fait mentalité, de la fortune-éclair, légitime récompense des élites économiques, entièrement due à leur génie créateur et sans laquelle on déclarera qu’on veut faire fuir le sel de la terre, tuer la vie entrepreneuriale, peut-être même la vie tout court.

 

Fermer la Bourse n’a donc pas seulement la vertu de nous débarrasser de la nuisance actionnariale pour un coût économique des plus faibles, mais aussi le sens d’extirper l’idée de la fortune-flash, devenue référence et mobile, cela-va-de-soi pour bien-nés et normalité du « mérite », pour rappeler que l’argent ne se gagne qu’à hauteur des possibilités de la rémunération du travail, ce qui, dans le cas des individus qui nous intéressent, est déjà la plupart du temps largement suffisant. La Bourse comme miroir à la fortune aura été l’opérateur imaginaire, aux effets bien réels, du déplacement des normes de la réussite monétaire, et il n’est pas un ambitieux dont le chemin ne passe par elle — pour les autres, il y a le Loto, et pour plus personne en tout cas, rapporté à cette norme, le travail.

 

Aussi la Bourse a-t-elle cette remarquable propriété de concentrer en un lieu unique la nocivité économique et la nocivité symbolique, en quoi on devrait voir une raison suffisante d’envisager de lui porter quelques sérieux coups. On ne dit pas que les arguments qui précèdent closent définitivement la discussion de la fermeture de la Bourse, et il y a sûrement encore bien des objections à réfuter pour se convaincre définitivement de joindre le geste à la parole. On ne le dit pas donc, mais on dit seulement qu’au moins il est temps de cesser de s’interdire d’y penser.

 

(*) Frédéric Lordon Le Monde Diplomatique.fr

 

Pour en savoir plus : Peut-on se passer de la Bourse ? (Les Echos)

 

 

 

 

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 04:28

 


 

Comment peut-on être Président de la république et avoir une telle méconnaissance des dossiers ?  

 

Nicolas Sarkozy prétend parler du social et critique allégrement le modèle français en s’appuyant sur l’exemple de nos collègues allemands, alors qu’il n’y connait rien !

 

C’est inquiétant…

 

Libé rétablit la vérité sur les 35 heures en France et en Allemagne…

 

DH

 

 


 

 

35 heures : le roman allemand de Sarkozy

 

DESINTOX

 

Le Président de la République, qui s'est distingué en inventant un bouclier fiscal allemand, fait la preuve qu'il ne connaît pas non plus l'histoire sociale du voisin d'outre-Rhin

 

 

 «Lorsque la France a connu les 35 heures, les syndicalistes allemands ont dit: “Les 35 heures en France, c’est une bonne nouvelle pour les ouvriers allemands.”»

 

Nicolas Sarkozy le 21 octobre lors d’une table ronde en Eure et Loir

 

INTOX

 

Dire du mal des 35 heures est un plaisir que Nicolas Sarkozy se refuse rarement, y compris quand cela n’a rien à voir avec le sujet de ses interventions. Le 21 octobre, lors d’une table ronde avec les maires ruraux d’Eure-et-Loir, le Président s’est ainsi laissé aller à une digression sur son sujet favori : «Quand on est les seuls au monde à expliquer qu’en travaillant trente-cinq heures, on préservera nos emplois, nos cadres de vie et nos salaires, on a menti aux Français. D’ailleurs, les syndicalistes allemands, lorsque la France a connu les 35 heures, ont dit : "Les 35 heures en France, c’est une bonne nouvelle pour les ouvriers allemands."»

 

DESINTOX

 

La France du gouvernement Jospin et de «sa lubie» des 35 heures aurait donc été coupée du monde, jusqu’à être raillée par les syndicats allemands, ravis de pouvoir tailler des croupières aux ouvriers français ? Le tableau dressé par Nicolas Sarkozy reflète bien mal le contexte dans lequel la France a mis en place son dispositif de réduction du temps de travail, à partir de 1999.

 

L’objectif de la semaine de trente-cinq heures était largement partagé par les syndicats européens : lors de son congrès de 1999, la CES (Confédération européenne des syndicats) adopte ainsi une résolution dans laquelle elle s’engage à «poursuivre l’objectif de la semaine de trente-cinq heures et toute autre forme de réduction du temps de travail».

 

Pis, en décidant de s’appuyer sur l’exemple du voisin allemand pour ridiculiser le choix français, Nicolas Sarkozy prend le plus mauvais exemple. Les syndicats allemands n’ont pas moqué l’incongruité de l’initiative française des 35 heures, pour la bonne raison qu’ils l’avaient initiée dans leur propre pays bien avant les lois Aubry. L’idée de créer - ou de préserver - des emplois en réduisant le temps de travail a été allemande avant d’être française.

 

En 1984, après sept semaines de grèves dans la métallurgie et treize dans l’imprimerie, le syndicat allemand de la métallurgie IG Metall obtenait le passage progressif à la semaine de trente-cinq heures dans la sidérurgie, l’imprimerie et la métallurgie. Dans les années qui suivirent, bon nombre d’accords prévoyant un passage de quarante à trente-huit ou trente-cinq heures furent signés. Fin 1993, Volkswagen lança la semaine des quatre jours, soit trente-deux heures.

 

Mieux, en 2002, suite à la généralisation de la réduction du temps de travail à l’ensemble de l’économie française, Frank Bsirske, président du plus grand syndicat allemand, Ver.di (représentant le secteur tertiaire), déclarait au quotidien Die Welt que la semaine des trente-cinq heures devait être introduite «le plus tôt possible» en Allemagne, parce qu’elle répondait aux souhaits des actifs, et qu’elle permettait de combattre efficacement le chômage. L’année suivante, IG Metall lançait une grève - qui sera un échec - pour la mise en place des 35 heures dans l’ex-Allemagne de l’Est.

 

Au milieu des années 2000, la crise aidant, le mouvement s’inverse outre-Rhin. Les patrons de certaines entreprises industrielles obtiennent alors des syndicats un allongement de la durée du travail en échange de la préservation de l’emploi. Il n’empêche : l’Allemagne fait encore partie, comme les Pays-Bas, des pays européens affichant une durée moyenne du travail inférieure à celle de la France. Selon l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques), la durée annuelle moyenne du travail en 2007 était de 1 559 heures pour les actifs français, contre 1 432 heures en Allemagne.

 

Par Cédric MATHIOT / Libé.fr (05/11/10)

 

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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 05:23


Il y a certainement des gens bien plus compétents que moi pour analyser le phénomène des  « Tea Party » aux Etats-Unis. J’ai trouvé l’article ci-après du Figaro.fr intéressant. Intéressant car justement c’est sur le site du Figaro et pas d’un autre site « plus à gauche »…

 

Ce phénomène est très inquiétant, même s’il n’a pas eu le résultat escompté dans les urnes. Il est inquiétant car il pourrait se développer en France sous une forme ou une autre. Pour moi c’est un peu différent du vote FN en France, même si on peut trouver des similitudes.

 

Ce qui m’hallucine par exemple c’est l’ignorance orchestrée avec le poids du créationnisme  inscrit dans les esprits (refus de l’évolution suivant Darwin).  Ce relève d’une société de l’ignorance et renvoie à l’éducation… Lorsque l’on voit se qui se passe en France avec une remise en cause de certaines matières comme l’histoire et autres, on a de quoi s’inquiéter. La gauche c’est l’émancipation du citoyen ; N’oublions pas cette valeur fondamentale…

 

Un autre problème aux Etats-Unis, ce sont les médias avec les Fox News and Co, sans oublier le poids phénoménal des puissances de l’argent qui sont derrière les partis politiques, y compris les Tea Party…

 

DH

 


Tea Party: La fièvre américaine (*)

 

Par Jean-Sébastien Stehli le 2 novembre 2010

 

 

Depuis des mois, on ne parle plus que de cela. Le Tea Party, une congrégation de gens qui croient dans le créationnisme, mais nient la réalité du réchauffement climatique, qui décrient un Etat trop intrusif, mais qui fouillent dans les archives des administrations pour traquer et publiquement dénoncer ceux qu'ils accusent d'être illégalement sur le territoire américain, qui font sans cesse référence aux Pères Fondateurs, mais qui bafouent l'esprit de la République désirée par Washington, Jefferson, Benjamin Franklin, James Madison et les autres. 

 

Ces bigots au tour de taille trop large et aux 4X4 dévoreurs d'énergie, occupent le devant de la scène alors qu'en réalité ils ne représentent qu'eux-mêmes, c'est à dire pas grand chose. Surtout, quels que soient les résultats du vote de ce mardi 2 novembre, ils sont une bulle sinistre qui finira par disparaître aussi rapidement qu'elle s'est formée. 

 

Parce que le Tea Party n'est rien d'autre qu'une de ces crises obsessionnelles que l'Amérique connaît régulièrement. Que ce soit les sorcières de Salem, la chasse aux sorcières de Joe McCarthy, la procédure d'empeachment contre Bill Clinton, la Prohibition ou encore les grandes déclarations du Contract with America, de Newt Gingrich, un pacte qui devait ouvrir la voie à des années de majorité Républicaine et qui a disparu en deux années, l'Amérique aime ces obsessions. C'est le côté fiévreux des Puritains. On aime la montée de fièvre pour la volupté du repentir qui suivra. 

 

Evidemment, derrière les fervents du Tea Party, il y a les gros intérêts financiers qui, eux, seront toujours là, mais le peuple des agités, des paranoïaques qui imaginent que l'Etat va bientôt envoyer ses commissaires politiques et qu'ils sont à la veille des purges staliniennes, ceux là finiront pas disparaître comme ils sont arrivés. On aurait aimé que ceux qui, actuellement, se réclament si fort et si souvent des grands principes de la Constitution aient la même indignation lorsque la Cour Suprême a ignoré leur voix et déclaré George Bush vainqueur d'une élection qu'il avait perdue, recevant au total 544.000 voix de moins que son adversaire, Al Gore

 

Les représentants du Tea Party vont donc sans doute faire leur entrée au Congrès où on n'entendra qu'eux pendant quelques mois. Et comme tous ceux qui les ont précédés, ils finiront par disparaître, victimes de leur incompétence, lorsque les électeurs auront repris leurs esprits. Pas trop tard, on espère. 

 

(*) http://blog.lefigaro.fr/obamazoom/2010/11/la-fievre-americaine.html

 

 

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 05:52

 


 

Bien sûr, il ne s’agit que de coïncidences, puisque nous sommes en France dans un pays républicain et démocratique. Pour autant, 3 vols en quelques jours d’ordinateurs à des journalistes qui travaillent sur l’affaire Bettencourt, ce n’est pas banal et encore moins anodin.

 

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que ce sont les sources des journalistes qui sont recherchées et que c’est une forme d’intimidation, sauf si comme je l’ai dit en commençant cet article tout est fortuit… En attendant, attention car la démocratie est en danger.

 

DH

 


 

 

Affaire Bettencourt   : la chasse aux sources est ouverte

 

Après la saisie des relevés téléphoniques de journalistes, les rédactions de Mediapart, du«Point» et du «Monde» ont été victimes de vols d’ordinateurs.

 

Par KARL LASKE - 28/10/2010 (*)

 

 

Dans l’affaire Bettencourt, on n’attendait plus que les barbouzes. Et elles sont peut-être entrées en action. En l’espace de trois semaines, quatre journalistes de Mediapart, du Monde et du Point, travaillant tous sur l’affaire, ont été victimes d’un vol d’ordinateur ou de fichiers informatiques. Le parquet de Paris a indiqué, hier, qu’il faisait «le point sur l’ensemble des plaintes éventuellement déposées» avant de décider des suites à donner à ces cambriolages. «La simultanéité des vols est éclairante sur le fait qu’il ne peut s’agir de trois actions isolées», commente Me Jean-Pierre Mignard, l’avocat de Mediapart.

 

Gérard Davet, du Monde, est le premier à avoir révélé lundi un vol à son domicile. «Ils sont entrés par la cuisine, mais sans effraction, explique le journaliste à Libération.Ils ont volé un ordinateur portable sur lequel je stocke mes données et un GPS que j’utilise en déplacement, mais ils ont laissé un appareil photo numérique et une console de jeux.» La PJ a été saisie de la plainte de Davet, samedi.

 

Cédéroms. Au Point, l’ordinateur, pourtant attaché au bureau d’Hervé Gattegno, a été emporté avec celui d’un autre journaliste. L’hebdomadaire a fait savoir que d’autres vols d’ordinateurs étaient intervenus ces derniers mois. Hier enfin, Mediapart a annoncé un vol d’ordinateurs survenu dans la nuit du 7 au 8 octobre. «Il n’y a pas eu de traces d’effraction, et les locaux étaient restés fermés, explique François Bonnet, de Mediapart. Deux portables ont été volés, dans un bureau voisin de celui des journalistes Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme. C’est à l’annonce des vols des ordinateurs de Davet et Gattegno que nous avons fait un rapprochement.» En faisant l’inventaire de leur matériel, les journalistes ont constaté la disparition d’un disque dur, et de «deux cédéroms des enregistrements pirates de Bettencourt», révélés par Mediapart et le Point.«Ces cédéroms étaient rangés dans le bureau de Fabrice Arfi, explique François Bonnet. Mais les informations sensibles ne sont pas conservées dans nos locaux.» A Mediapart, le scénario d’un vol banal est désormais écarté au profit d’«une éventuelle opération de barbouzes». «C’est probablement un avertissement destiné à nos interlocuteurs, estime Bonnet. Une façon de faire savoir que tous les moyens seront bons pour les identifier.»

 

Les sources des journalistes du Monde qui suivent l’affaire Bettencourt ont déjà très officiellement mobilisé les services de l’Etat. Et ce malgré la loi du 4 janvier 2010 sur la protection des sources. La Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) s’est livrée à une enquête parallèle durant l’été, visant à identifier l’origine des fuites d’un article du quotidien paru le 18 juillet. Et, plus récemment, le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, a directement requis les fadettes (factures détaillées des téléphones) des journalistes auteurs d’un article annonçant la perquisition de l’hôtel particulier de Liliane Bettencourt, le 2 septembre.

 

Hier, Michèle Alliot-Marie, interrogée sur France Inter, a justifié la réquisition par le procureur de Nanterre des fadettes des journalistes du Monde.«Certains ne font pas la même lecture d’une loi qui a été votée en janvier sur laquelle il n’y a aucune jurisprudence et des interprétations divergentes», a déclaré la garde des Sceaux. En gros, la loi a été votée, mais on attend encore la jurisprudence pour la respecter.

 

«Confidentielle». La réquisition des fadettes des journalistes du Monde est pourtant une première. «Ce ne sont pas les journalistes qui sont visés, s’est justifié samedi le procureur interrogé par le Monde. Le but de cette enquête est de vérifier si des personnes soumises au secret sont à l’origine de la fuite.» Courroye visait effectivement la juge Isabelle Prévost-Desprez. Mais il est bel et bien parti d’un article de presse, et des relevés téléphoniques de ses auteurs, pour remonter à la source présumée. La mise en cause de la magistrate, sur la seule base de ces fadettes, est à l’origine de la demande d’un dépaysement du procès du photographe François-Marie Banier annoncée par le procureur général de Versailles. Or la réquisition de ces fadettes contrevient à l’article 77-1 du code de procédure pénale, qui protège les documents issus des fichiers informatiques des journalistes, au même titre que ceux des avocats. «Recueillir les fadettes d’un journaliste c’est évidemment être en contravention avec la loi, explique l’avocat de Mediapart, Me Mignard. Tout ce qui émane de l’outil de travail d’un journaliste, par définition, est une source. Et elle est confidentielle.»

 

Durant l’été, la DCRI s’était elle aussi affranchie des règles de contrôle des interceptions de sécurité en récupérant directement les fadettes du conseiller pénal d’Alliot-Marie, David Sénat. Après avoir transmis ses éléments au procureur de Paris, le service de renseignement s’est retranché derrière le secret défense. La «jurisprudence» veut qu’il soit très bien protégé, celui-là.

 

 

(*) Libération.fr

 

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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 05:42

 

 


 

La réponse d’Audrey Pulvar (sur France Inter) aux propos racistes de Guerlain.

 

« Le négre il t’emmerde », moi aussi !

 

Bravo.


DH

 


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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 06:32

 

 


 

Je ne suis pas un fan de foot et je ne connais pas plus que cela le « Cantona footballeu ». Par contre j’apprécie le « Cantona acteur », et aime particulièrement le « Cantona décalé ».

 

Alors pourquoi pas ?

 

DH

 

 

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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 05:19

RdV à 14h30 place Castellane à Marseille.

 

En attendant…


DH

 



 

Suppression du bouclier fiscal: attention arnaque ! (*)

 

Détesté dès son instauration, le bouclier fiscal semble vivre ses derniers instants à en croire le gouvernement. Pour le blogueur Eugène ça sent l'arnaque. Car la suppression du bouclier fiscal s'accompagnera de celle de l'ISF… qui n'a jamais été demandée par les Français.



http://hikoum.files.wordpress.com/2009/08/bouclier-fiscal.jpg

 

Le bouclier fiscal n’est pas aimé des Français. Nous le savons aujourd’hui, sept Français sur dix sont pour sa suppression. Le gouvernement, après des années de déni, montre finalement des signes de faiblesse sur ce sujet. Alors faiblesse réelle ou piège ?

 

La souplesse soudaine du gouvernement n’est pas un miracle, c’est que ce dernier à tout simplement trouvé une parade pour le supprimer sans que cela ne nuise à ses riches amis !


En effet, le gouvernement associe le bouclier à l’ISF. Tiens donc ! Ce que demandaient les Français était la suppression du bouclier mais pas celui de l’ISF ! L’excuse est toute trouvée : le bouclier a été mis en place pour corriger l’injustice de l’ISF. Rien que cela ! Une question nous vient alors : pourquoi ne pas avoir supprimé l’ISF au lieu de construire un bouclier ?

 

Evidemment la ficelle est grosse : Le bouclier rapporte 790 millions d’euros (soit 10 Euros par Français et par an, ou 51 euros par contribuable imposable, pas si négligeable que cela finalement). L’ISF rapporte 4,4 milliards d’euros (soit 289 Euros par contribuable imposable et par an). Ainsi en supprimant le bouclier fiscal et l’ISF, les riches gagneraient 3,6 milliards d’euros (4400-790) ! Bonjour le cadeau de noël ! Le gouvernement fait plaisir au « peuple » et enchante discrètement ses amis…

Comme la ficelle est un peu grosse, certains à l’UMP, disent qu’il faut combler le manque à gagner fiscal par une augmentation de la TVA et du barème fiscal des plus hauts revenus. Vous voyez le piège ? La TVA touche tout le monde (RSA, chômeurs, Smicards, classes moyennes et hautes), quant à la hausse du barème des haut salaire il suffit de l’étendre un peu. Ce que payaient les super-riches sera payé par eux mais aussi par tous les autres… Ainsi les supers-riches resterons super, super-riches !


A l’UMP, on n’a plus d’électeurs mais on a des idées !


C’est tout de même pénible de devoir se méfier à chaque annonce du gouvernement ! Cela devient usant à la longue…

 

(*) http://www.marianne2.fr/Suppression-du-bouclier-fiscal-attention-arnaque-!_a198486.html?preaction=nl&id=5906953&idnl=26103&

 

 

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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 05:15

 

 


 

Où comment se fabrique l'info ?...

 

Edifiant et instructif...

 

C'est passé dans l'émission de Daniel MERMET sur France Inter, et la vidéo vient d'Arret Sur Images dont je conseille l'abonnement !!!

 

DH

 

 

 

Pour en savoir plus , cliquez ICI.

 

Et la vidéo dans soin intégralité :

 

http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=3410

 

 

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 05:13

 

 


 

Connaissez-vous les économistes atterrés ?

 

Alors lisez leur manifeste, écouter leurs propositions et visitez leur site internet :

 

http://economistes-atterres.blogspot.com

 

Pour ceux qui en doutent encore, rien n'est inéluctable...

 

DH

 

 


Pourquoi nous sommes des économistes atterrés



Philippe Askenazy, CNRS ; Thomas Coutrot, conseil scientifique d'Attac ; André Orléan, CNRS, EHESS, président de l'Association Française d'Economie Politique ; Henri Sterdyniak, OFCE.

 

 Le Monde, jeudi 16 septembre 2010

 

La crise économique et financière qui a ébranlé le monde en 2008 n'a pas affaibli la domination des schémas de pensée qui orientent les politiques économiques depuis trente ans. Le pouvoir de la finance n'est pas remis en cause. En Europe, au contraire, les Etats, sous la pression des institutions européennes et internationales et des agences de notation, appliquent avec une vigueur renouvelée des programmes de réformes et d'ajustements structurels qui ont dans le passé montré leur capacité à accroître l'instabilité économique et les inégalités sociales.

  

Certes, les pouvoirs publics ont dû partout improviser des plans de relance keynésiens, et même parfois nationaliser temporairement des banques. Mais ils veulent refermer au plus vite cette parenthèse. Le logiciel "néolibéral" est toujours le seul présenté comme légitime, malgré ses échecs patents. Fondé sur un paradigme qui présuppose l'efficience des marchés notamment financiers, il prône de réduire les dépenses publiques, de privatiser les services publics, de flexibiliser le marché du travail, de libéraliser le commerce, les services financiers et les marchés de capitaux, d'accroître la concurrence en tout temps et en tout lieu...


L'Union européenne est prise dans un piège institutionnel. Les déficits publics ont explosé à cause de la crise financière. Mais pour les financer, les Etats se sont contraints à emprunter chèrement auprès d'institutions financières privées, qui obtiennent, elles, des liquidités à bas prix de la Banque centrale européenne (BCE). Les marchés ont donc la clé du financement des Etats.


Dans ce cadre, l'absence de garantie des dettes publiques par la BCE comme le manque de solidarité européen permettent le développement de la spéculation, d'autant que les agences de notation jouent à accentuer la défiance.

 

Pour rassurer les marchés, un Fonds de stabilisation de l'euro a été improvisé, mais surtout des plans drastiques et bien souvent aveugles de réduction des dépenses publiques ont été lancés à travers l'Europe. Les prestations sociales, des Pays-Bas au Portugal en passant par la France avec l'actuelle réforme des retraites, sont en voie d'être gravement amputées alors que se profile le spectre d'un chômage et d'une précarité persistants. Les fonctionnaires sont souvent touchés en priorité, y compris en France, où la hausse des cotisations retraite sera une baisse déguisée de leur salaire.

Mesures irresponsables


Le nombre de fonctionnaires diminue partout, menaçant le bon fonctionnement des services publics (éducation, santé...). Ces mesures sont irresponsables d'un point de vue politique et social, et même au strict plan économique, puisqu'elles vont maintenir les pays européens dans la récession.


La construction européenne elle-même est menacée. L'économie devrait y être au service de la construction d'un continent démocratique, pacifié et uni. Au lieu de cela, une forme de dictature des marchés s'impose partout.


Face à la crise sociale et à l'impuissance du politique, les tensions xénophobes s'attisent, souvent instrumentalisées par des dirigeants sans scrupules.


Qu'on l'interprète comme le désir de "rassurer les marchés" de la part de gouvernants effrayés, ou bien comme un prétexte pour imposer des choix idéologiques, la soumission sans débat à cette dictature n'est pas acceptable. Un véritable débat démocratique sur les choix de politique économique doit donc être ouvert en France et en Europe.

En tant qu'économistes, nous sommes atterrés de voir que ces politiques sont toujours à l'ordre du jour et que leurs fondements théoriques ne sont pas publiquement remis en cause. D'autres choix doivent être discutés. La crise a mis à nu la fragilité des évidences répétées à satiété par les décideurs et leurs conseillers. Il faut interroger ces fausses évidences, mal fondées scientifiquement. Les économistes doivent donc assumer leurs responsabilités.

La plupart des "experts" qui interviennent dans le débat public le font pour rationaliser les politiques actuelles de soumission des politiques économiques aux exigences des marchés financiers. Mais, à l'instar de celles qui l'on précédée, cette grande crise doit provoquer une refondation de la pensée économique. Nombre de chercheurs commencent d'ailleurs à s'y atteler dans le monde.


Issus d'horizons théoriques très différents, nous avons souhaité favoriser l'expression publique des nombreux économistes qui ne se résignent pas à voir un schéma "néolibéral" réaffirmé et jugent qu'il faut changer le paradigme des politiques économiques en Europe. Nous avons rédigé un "Manifeste d'économistes atterrés".


Nous espérons que notre initiative contribuera, avec d'autres, à vivifier la réflexion sur les alternatives aux politiques actuelles, qui menacent les fondements mêmes de l'idée européenne.

 

 

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