Le blog politique de Didier HACQUART, Maire adjoint PS à Vitrolles (2002 - 2008). Après 5 années de gestion MEGRET Vitrolles est retourné dans le giron Républicain après l'élection partielle d'octobre 2002 ! Fin 2008 je quitte le PS pour le Parti de Gauche.
Équateur . Référendum sur la nouvelle constitution demain. Le texte fondamental comprend des droits nouveaux pour la population, le rejet du néolibéralisme et la réaffirmation du rôle de l'État.
La campagne pour l'adoption d'une nouvelle Constitution en Équateur s'est achevée jeudi soir à Guayaquil, où le président Rafael Correa a appelé ses partisans à en finir avec le capitalisme « vorace ». Le projet constitutionnel, soumis à référendum demain, a pour but de défendre « une politique économique souveraine (...) qui ne tolère les abus d'aucune multinationale, quelle que soit son importance », a-t-il dit devant une foule qui agitait les drapeaux favorables au « Oui, mille fois oui », le slogan de sa campagne.
Approuvé par l'Assemblée constituante, ce long texte de 444 articles et 30 « dispositions transitoires » est le fruit de huit mois de travaux, de forums citoyens. Il va bien au-delà du constitutionnalisme « classique » basé sur la définition et la répartition des pouvoirs et des droits. Première caractéristique : une extension sans précédent des droits individuels et collectifs de la personne, du travailleur, des communautés indiennes et afro-équatoriennes. Parmi eux : le droit de vote (obligatoire de dix-huit à soixante-cinq ans, facultatif à partir de seize ans, étendu aux étrangers après cinq ans de résidence légale) et les droits de proposition (loi et référendum d'initiative populaire), de contrôle des projets publics (de la conception à la réalisation), de révocation des élus et hauts fonctionnaires. La représentation paritaire homme-femme devient la règle dans la fonction publique et les candidatures politiques. Pour chacun de ces droits, des dispositifs concrets sont prévus avec, notamment, la création d'un Conseil de participation citoyenne et de contrôle social.
Deuxième caractéristique du texte fondamental : le rejet du néolibéralisme et la réaffirmation du rôle de l'État. À l'« économie sociale de marché » prônée par la constitution de 1998, le nouveau projet substitue une « économie solidaire et sociale, associative et communautaire », alliant secteurs privé, public (dans les « secteurs stratégiques » : eau, énergie, transports, hydrocarbures, biodiversité), mixte, coopératif et associatif. Quel que soit le type de propriété, la constitution rend obligatoire une « gestion participative, transparente et efficace. » Enfin, la dette publique fait l'objet de trois articles précis qui la mettent sous « contrôle populaire ».
Si elle est approuvée, la nouvelle Constitution, qui a la faveur des sondages, tirera donc un trait sur tout le vieil édifice institutionnel de l'oligarchie équatorienne. Elle refondera l'État sur les bases d'une révolution citoyenne, dont la portée va bien au-delà des frontières du pays.
Toutes les forces conservatrices et réactionnaires - l'archevêque Antonio Arrreguy, le maire social-chrétien de Guayaquil Jaime Nebot, l'ancien président Gutierrez -, relayés par des médias (tous aux mains des grands groupes privés), ont donc tenu depuis des semaines un discours apocalyptique.
Mais de l'autre côté, les forces favorables : Acuerdo Pais, Pachakutik, MPD (ex-maoïstes), confédérations indiennes et organisations sociales se sont fortement mobilisées.
Ce 28 septembre, l'Équateur peut être le premier exemple sud-américain de récupération de la fonction sociale de l'État de droit et de démantèlement du modèle néolibéral par la voie constitutionnelle.
Paul Euzière.
D'après ces résultats, le "oui" a obtenu 64%, le "non" 28%, 7% des suffrages étaient nuls et 0,7% étaient des votes blancs.Pour que le projet de Constitution soit adopté, il devait obtenir la moitié des suffrages plus un.