Le blog politique de Didier HACQUART, Maire adjoint PS à Vitrolles (2002 - 2008). Après 5 années de gestion MEGRET Vitrolles est retourné dans le giron Républicain après l'élection partielle d'octobre 2002 ! Fin 2008 je quitte le PS pour le Parti de Gauche.
Des militants socialistes Vitrollais
Didier HACQUART Adjoint au Maire Vitrolles 13, Secrétaire du GSE National Aéronautique – Membre de la CNE, Pascale MORBELLI, Adjointe au Maire Vitrolles 13, Secrétaire Fédérale, Mireille JOLLY Conseillère Municipale Vitrolles 13, Dominique TAGUELMINT, Conseillère Municipale Vitrolles 13, Robert TELLENE Vitrolles 13, Jean - Claude BERNARD Vitrolles 13, Gisèle BONGIANINO Vitrolles 13, Serge FABRE Vitrolles 13, Laurence CHAMPEAUX Vitrolles 13, Paul MONTOYA Vitrolles 13, Henri JOLLY Vitrolles 13, Georges JOURDAN Vitrolles 13,…
Le 29 mai dernier, l’électorat de gauche a choisi majoritairement de voter NON au projet de Constitution Européenne.
Forts de notre expérience Vitrollaise, nous qui avons eu à faire face à la montée de l’Extrême- Droite, nous qui l’avons subit pendant plusieurs années à la Mairie de Vitrolles, nous qui avons lutté contre pour reprendre la Municipalité en 2002 et qui aujourd’hui travaillons à remettre sur pied une ville laminée par une gestion catastrophique, nous souhaitons contribuer au débat du prochain congrès !
En tant que Socialistes, il est de notre responsabilité d’entendre le peuple qui s’est exprimé et de renouer avec lui. Le déphasage entre le résultat du referendum et le vote en décembre des militants socialistes doit nous interpeller sur nos modes de fonctionnement internes et sur notre capacité à être au plus près des réelles préoccupations de nos concitoyens.
Le sens de notre action politique en tant que Socialistes doit donc être de répondre aux attentes des citoyens. Ces attentes sont simples et peuvent se résumer à « vivre décemment », c'est-à-dire « gagner sa vie, sans la perdre », pouvoir se loger, se soigner, et assurer un avenir à ses enfants. Sans l’accès à ces légitimes besoins de base que toute société dite « moderne » et digne de ce nom devrait offrir à ses concitoyens, l’accès au savoir, l’accès à la culture, l’accès à la société de loisirs, le lien social et la préservation de l’environnement deviennent des notions abstraites et lointaines.
Le débat sur le référendum sur la constitution a cristallisé notamment le décalage entre ce que vivent « les gens » au quotidien (recherche d’emploi, délocalisations, dégradation des conditions de travail, logements rares et trop chers, remise en cause de la retraite, remise en cause de la protection sociale, etc.) avec ce que font ou proposent les politiques.
Il appartient aujourd’hui aux Socialistes de redonner à la politique toute sa place. Les citoyens attendent d’elle des réponses aux multiples problèmes engendrés par les mutations économiques, sociales et environnementales.
B - Sortir d’une logique de gestion et redonner du sens à la politique :
Pour y parvenir, il faut sortir d'une logique de « maîtrise comptable » qui devient dans le monde où nous vivons le prisme déterminant de la pensée politique. Les Elus à tous les niveaux, sont hypnotisés par la gestion, assimilée à la « rigueur » et à « l’efficacité ». Plutôt que de débattre sur l’organisation de la cité, la démocratie, le bien – être de la population, les finalités de l’existence humaine, ou le bien commun, le débat porte sur le taux de croissance, le montant des déficits publics, le montant des prélèvements obligatoires, le montant des impôts, etc. La crise politique que nous connaissons actuellement vient aussi de là.
La contamination de la politique par la gestion conduit à bouleverser la hiérarchie des valeurs et du sens de l’action. Lorsque la société est conçue comme une entreprise qu’il convient de gérer, lorsque les critères de gestion l’emportent sur l’analyse politique, on assiste à une inversion entre les moyens et la finalité, entre le poids des normes financières et les missions politiques des institutions.
A partir du moment où les hommes politiques choisissent de gérer plutôt que de gouverner, ils se mettent dans un piège. En effet, comme des actionnaires mécontents de leur PDG qui n’offre pas une rentabilité suffisante, le citoyen - gestionnaire exige une rentabilité immédiate à son bulletin de vote. Si la performance est jugée médiocre, il rejette les hommes politiques jugés incompétents. L’idéologie gestionnaire tue en fait la politique. En préconisant une exigence de résultats et d’efficacité, elle déplace la politique sur le terrain de la performance et de la rentabilité. Les valeurs se perdent alors.
Les concepts de la gestion contaminent le discours politique. Le débat est surdéterminé par le prisme de la communication. L’élu doit se vendre comme un produit, le discours entrepreneurial se substitue au discours politique : le bon sens contre l’idéologie, le pragmatisme contre les convictions, l’efficacité contre les principes, l’action contre le discours. L’élu devrait alors se mettre au service du citoyen comme l’entreprise au service du client. Mais, lorsque le citoyen est traité comme un client, il devient plus exigeant, plus il va exiger son dû et traiter le système politique comme un bureau de réclamation qui doit être à son service.
Il est donc essentiel pour les Socialistes de revenir aux fondamentaux, et de redonner à la politique son rôle premier. Il faut revenir au cœur du politique qui est de se préoccuper d’abord et avant tout de ce qui favorise le « vivre ensemble ». C’est agir pour une société dans laquelle les individus ne sont pas considérés comme des travailleurs et des consommateurs mais avant tout comme des citoyens, c'est-à-dire des sujets agissant ensemble.
Il est urgent de sortir du piège qui soumet la politique aux lois de la gestion en détruisant ce qui son fondement même.
La démocratie se construit tous les jours par l’établissement de relations humaines. Construire des solidarités concrètes, rendre le monde moins injuste, pacifier les relations entre les hommes, combattre les incivilités, célébrer les vertus d’hospitalité, contribuer au bien commun, apprivoiser l’altérité, c’est dans l’action quotidienne de chacun que la démocratie peut se renforcer la politique retrouve sa crédibilité lorsqu’elle se met au service d’un projet de civilisation respectueux de la dignité et du bien – être de chaque concitoyen, attentif à l’environnement, aux droits de l’homme, à une répartition équilibrée des richesses produites.
C - La fin de notre modèle économique
Par ailleurs, notre modèle économique n’est-il pas à l’aube d’atteindre ses limites ? En effet, notre modèle de développement basé sur une croissance ne conduit – il pas à notre perte ? Il devient urgent de prendre en compte la dimension environnementale au niveau de la planète avant que le modèle de croissance en vigueur ne nous conduise dans une impasse dont l’humanité aura du mal à se remettre. La fin prochaine du pétrole conduit à l’inadaptation du modèle de développement actuel basé sur la finance et le profit au détriment du bien - être de l’humanité.
Si les financiers s’imposent sur le court terme et l’accumulation de profits au détriment du reste, il est urgent pour les Socialistes de s’emparer de ce sujet pour proposer au niveau local, national, européen et mondial les pistes d’un autre modèle de société. Les politiques ne doivent pas sombrer dans une seule logique financière, sachant que le modèle actuel sur lequel par facilité ils s’appuient n’aura plus de sens à plus ou moins brève échéance.
De plus dès aujourd’hui que signifie réellement d’habiter dans un pays riche comme la France avec près de 2,7 millions de chômeurs, soit plus de 10% de la population active, plus de 1 000 000 de Rmistes, des milliers de sans logement, etc. ? Il est de la responsabilité des politiques, et des socialistes dans un programme de gouvernement de prendre en compte cette terrible réalité…
D – Penser global, agir local
Les exigences des concitoyens sont énormes. Face à l’attitude d’un Président de la République qui bafoue le vote des français et la nomination d’un gouvernement Sarkozy / Villepin qui a choisi clairement une ligne d’affrontement avec le peuple, il est urgent de créer à gauche les conditions d’un nouveau rassemblement. Il doit s’effectuer sans exclusive, dans une opposition à la droite libérale. Il doit se nourrir de l’engagement civique de milliers de citoyens qui ont tenu à exercer librement et massivement leur devoir républicain le 29 mai dernier.
Répondre aux exigences des citoyens, c’est aussi se positionner clairement sur :
Sur les rapports Nord – Sud, pour mettre en place une véritable politique de développement des pays qui profite réellement aux peuples. A ce titre nous devons notamment agir pour lutter contre le SIDA sur le principe que les vies en jeu ne doivent pas être l’objet de marchandage et de profits !
Au niveau des communes et des communautés de communes, cela signifie de :
Aujourd'hui, il nous faut avoir une réelle représentativité élective, elle doit correspondre à la population Française. Elle est nécessaire pour ouvrir le monde de la politique à tous, et que celle ci ne soit pas l'affaire de spécialistes, d’élites, mais celle des CITOYENS.
Sans présager de ce que pourrait être une nécessaire refonte des institutions avec une nécessaire « dose de proportionnelle » pour assurer une véritable représentativité, nous proposons le mandat unique avec un renouvellement et une limite d’âge fixée par le parlement.
Avoir un véritable statut de l'élu c’est doter la République des meilleures conditions d'exercice du mandat. C'est une garantie de démocratie. Cela a un coût, pour rompre avec le clientélisme, les affaires, les faux emplois. Il nous faut de la transparence.
Pour cela nous proposons
Nous sommes le parti qui a le moins de représentantes élues, alors que nous avons initié "la parité". Si la parité est une réalité pour les scrutins de listes, nous devons l’appliquer de manière plus volontariste pour les scrutins uninominaux (Législatives, cantonales, etc.).
Nous sommes politiquement engagés depuis des décennies à l'accès au vote des étrangers il faut l'appliquer dès maintenant. C'est combattre la xénophobie, les dérives communautaristes à caractère cultuel, qui mettent en danger le principe de laïcité et celle de l'identité du citoyen.
C'est une nouvelle échelle dans les collectivités locales, dotée depuis la loi sur la décentralisation de nouvelles compétences. Elle est devenue une collectivité à part entière, agissant dans la vie des communes. Pour développer l'esprit communautaire et non celui du plus fort ou des négociations hors cadre, nous revendiquons une représentation des citoyens, élue au suffrage universel.
La vie associative est une exception française et constituante: "le droit de s'associer". Aujourd’hui elle est un axe majeur dans les apprentissages et l'accès à la citoyenneté. Elle est de plus en plus spécialisée, dotée de nouveaux moyens. Les collectivités délèguent des missions via des conventions.
Outre le fait que nous devons être soucieux de la bonne utilisation des deniers publics, si nous voulons que la vie associative puisse se développer il est nécessaire de valoriser le bénévolat, et de doter ceux ci d'un véritable statut de l’élu associatif.
Enfin tous les socialistes doivent prendre la mesure de ce qui s’est passé le 29 mai dernier. Ce n’est pas en fustigeant les électeurs du Non que le PS pourra construire pour l’avenir. Au contraire c’est en répondant aux attentes des citoyens que le PS retrouvera toute sa place. Pour cela le PS doit revoir ses principes de fonctionnement pour ne plus se retrouver en total déphasage avec l’électorat comme cela s’est passé entre le vote des militants en décembre dernier et le résultat du référendum le 29 mai. Il est plus que nécessaire pour le PS d’être à l’écoute des citoyens du plus haut niveau jusqu’au niveau local… -