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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 06:20

 

 


 

Le dessin du dimanche...

 

 

 

Plantu-copie-1PS : Merci Emile

 

 

Les précédents dessins : cliquez ICI et ICI !!!!


 

 

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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 04:52

 


 

 

Après

 

http://img.over-blog.com/333x500/0/20/74/44/Suite-III/Nucleaire-.jpg

la suite...

 

IMG.jpg

 

DH

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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 05:59

 


 

Je ne pense pas qu’il faille sauver l’industrie nucléaire, mais pour le reste je suis d’accord !

 

Et désolé par rapport à certains contradicteurs sur ce blog, je n’ai pas plus confiance en France avec EDF, AREVA et consorts, sans oublier le lobby pro-nucléaire.

 

DH

 


 

Branle-bas de combat pour sauver Fukushima et l'humanité

 

La communauté internationale doit agir au plus vite afin d'empêcher l'évaporation en quantité immense de particules radioactives de la centrale de Fukushima.

 http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/node-story/fukushimareacteur4.jpg

 

L'heure est très grave. Un scénario mettant en cause l'intégrité à moyen terme de l'humanité ne peut plus être exclu. Si les cuves ou les piscines stockant les combustibles irradiés des réacteurs de Fukushima cèdent sous l'effet de la chaleur, d'une explosion ou d'une réplique sismique, on verra se dégager, sous forme liquide ou gazeuse, dans la mer, dans l'air ou en sous-sol, des quantités immenses de matériaux radioactifs. Et même, s'il s'agit de l'enceinte de confinement du troisième réacteur, des quantités considérables de plutonium. Avec, alors, des conséquences certaines sur la contamination d'une partie du Japon, devenant largement inhabitable; et avec d'autres implications, moins certaines, sur la contamination de la planète entière.


Tout cela parce que les autorités nucléaires japonaises ont, pour des raisons de pure rentabilité financière, construit cette centrale là où il ne le fallait pas et refusé d'y installer toutes les sécurités qui leur avaient été proposées. Et parce que, depuis le début de la catastrophe, ces mêmes autorités ont accumulé erreur sur erreur dans la gestion des secours, laissant des jours durant les réacteurs sans refroidissement, causant des dommages irréparables aux systèmes de protection encore intacts et, par un mélange d'orgueil et de goût du secret, refusant longtemps l'aide internationale et ne communiquant pas la réalité de ce qu'ils savaient sans doute être, depuis le début, une catastrophe méritant une mobilisation planétaire.

 

En agissant ainsi, ces autorités ont d'abord mis en danger le magnifique peuple japonais, qu'ils ont sous-informé; et en particulier des travailleurs, mal payés, employés à des tâches extrêmement dangereuses, pour lesquelles ils n'étaient pas formés. Désormais, afin de ne pas avouer qu'ils ont menti, ces mêmes responsables refusent la coopération des spécialistes étrangers; et c'est la planète tout entière qu'ils mettent en danger.


Il est ahurissant que la «communauté internationale», désormais (et c'est heureux) si prompte à réagir, à s'indigner à la moindre violation des droits de l'homme, reste, dans ce cas, totalement impavide: on demande poliment aux responsables japonais ce qu'ils font; on n'insiste pas lorsqu'ils refusent notre aide; on évacue nos ressortissants; on fait des communiqués lénifiants. Pour ne pas paniquer les populations. Pour sauver l'industrie nucléaire. Pour dormir encore quelques jours tranquilles.

Tout cela est absurde. L'industrie nucléaire ne pourra être, éventuellement, sauvée que si cette catastrophe est enrayée au plus vite. Il faut donc d'urgence mettre en place un consortium mondial de toutes les compétences. Il faut que nos amis japonais acceptent au plus vite la venue sur place des meilleurs spécialistes mondiaux de la gestion de l'après-accident. Ce qui sera, d'ailleurs, le seul moyen de savoir ce qui se passe vraiment à l'intérieur de cette centrale. Sans attendre les conclusions de ces spécialistes, il faut, d'ores et déjà, envoyer sur place, par avion, tous les hélicoptères, lances à incendie, robots, bétonneuses qu'on pourra trouver pour organiser un confinement efficace de ces réacteurs et mettre fin à ce désastre. Il n'est plus temps de s'interroger sur le droit ou le devoir d'ingérence. Mais d'agir.

 

Jacques Attali

 

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 05:50

 


 

 

A méditer, par rapport à certains discours...

 

Et pour tout savoir sur la catastrophe du JAPON :

 

http://www.sortirdunucleaire.org/

 

http://www.criirad.org/

 

 

DH

 

Nucleaire-.jpg

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 05:44


Hier matin, j’ai entendu Yvan LEVAÏ à la radio qui expliquait que le plus beau texte qu’il n’ait jamais lu sur la laïcité était celui de Jules FERRI. E l’ai donc recherché sur internet et je me fais un plaisir de le retranscrire ici. Evidemment, ce n’est pas anodin avec le débat que veut engager notre Président de la république…

 

DH

 

 


CIRCULAIRE

Adressée par M. le Ministre de l'Instruction publique


Aux instituteurs,


concernant l'enseignement moral et civique

 

 

"Aux affaires" depuis le 30 janvier 1879, Jules Ferry (qui occupait à la fois la Présidence du Conseil et le Ministère de l'Instruction publique) quitta son poste le 17 novembre 1883 (il fut remplacé à la tête du Ministère de l'Instruction publique par Armand Fallières). Avant de partir, il adressa aux instituteurs une lettre concernant l'enseignement moral et civique. "Comme la valeur de l'enseignement nouveau, écrivit-il à ce sujet dans une circulaire spéciale aux Recteurs, doit dépendre avant tout de l'idée que s'en font les instituteurs et de l'effort personnel qu'ils y apportent, j'ai cru devoir m'adresser directement à eux, dans une sorte d'instruction pédagogique concernant l'enseignement moral et civique, le caractère qu'il doit avoir dans les trois cours, l'usage et l'abus des livres, les mesures à prendre et les efforts à faire pour mettre la neutralité religieuse dans son vrai jour et à l'abri de toute atteinte". On pourra rapprocher ce texte de la célèbre circulaire adressée par François Guizot aux instituteurs, au lendemain de la promulgation de la loi du 28 juin 1833



M. Jules Ferry, avant de quitter le ministère de l'instruction publique, a adressé aux instituteurs une lettre concernant l'enseignement moral et civique. "Comme la valeur de l'enseignement nouveau, dit à ce sujet le ministre dans une circulaire spéciale aux recteurs, doit dépendre avant tout de l'idée que s'en font les instituteurs et de l'effort personnel qu'ils y apportent, j'ai cru devoir m'adresser directement à eux, dans une sorte d'instruction pédagogique concernant l'enseignement moral et civique, le caractère qu'il doit avoir dans les trois cours, l'usage et l'abus des livres, les mesures à prendre et les efforts à faire pour mettre la neutralité religieuse dans son vrai jour et à l'abri de toute atteinte" -

 

Paris, le 17 novembre 1883

 

Monsieur l'Instituteur,

 

L'année scolaire qui vient de s'ouvrir sera la seconde année d'application de la loi du 28 mars 1882. Je ne veux pas la laisser commencer sans vous adresser personnellement quelques recommandations qui sans doute ne vous paraîtront pas superflues après la première année d'expérience que vous venez de faire du régime nouveau. Des diverses obligations qu'il vous impose, celle assurément qui vous tient le plus à cœur, celle qui vous apporte le plus lourd surcroît de travail et de souci, c'est la mission qui vous est confiée de donner à vos élèves l'éducation morale et l'instruction civique : vous me saurez gré de répondre à vos préoccupations en essayant de bien fixer le caractère et l'objet de ce nouvel enseignement ; et, pour y mieux réussir, vous me permettrez de me mettre un instant à votre place, afin de vous montrer, par des exemples empruntés au détail même de vos fonctions, comment vous pourrez remplir à cet égard tout votre devoir et rien que votre devoir.

 

La loi du 28 mars se caractérise par deux dispositions qui se complètent sans se contredire : d'une part, elle met en dehors du programme obligatoire l'enseignement de tout dogme particulier, d'autre part elle y place au premier rang l'enseignement moral et civique. L'instruction religieuse appartient aux familles et à l'église, l'instruction morale à l'école.

 

Le législateur n'a donc pas entendu faire une œuvre purement négative. Sans doute il a eu pour premier objet de séparer l'école de l'église, d'assurer la liberté de conscience et des maîtres et des élèves, de distinguer enfin deux domaines trop longtemps confondus, celui des croyances qui sont personnelles, libres et variables, et celui des connaissances qui sont communes et indispensables à tous. Mais il y a autre chose dans la loi du 28 mars : elle affirme la volonté de fonder chez nous une éducation nationale et de la fonder sur des notions du devoir et du droit que le législateur n'hésite pas à inscrire au nombre des premières vérités que nul ne peut ignorer.

 

Pour cette partie capitale de l'éducation, c'est sur vous, Monsieur, que les pouvoirs publics ont compté. En vous dispensant de l'enseignement religieux, on n'a pas songé à vous décharger de l'enseignement moral : c'eût été vous enlever ce qui fait la dignité de votre profession. Au contraire, il a paru tout naturel que l'instituteur, en même temps qu'il apprend aux enfants à lire et à écrire, leur enseigne aussi ces règles élémentaires de la vie morale qui ne sont pas moins universellement acceptées que celles du langage et du calcul.

 

En vous conférant de telles fonctions, le Parlement s'est-il trompé ? A-t-il trop présumé de vos forces, de votre bon vouloir, de votre compétence ? Assurément il eût encouru ce reproche s'il avait imaginé de charger tout à coup quatre-vingt mille instituteurs et institutrices d'une sorte de cours ex professo sur les principes, les origines et les fins dernières de la morale. Mais qui jamais a conçu rien de semblable ? Au lendemain même du vote de la loi, le Conseil supérieur de l'instruction publique a pris soin de vous expliquer ce qu'on attendait de vous, et il l'a fait en des termes qui défient toute équivoque. Vous trouverez ci-inclus un exemplaire des programmes qu'il a approuvés et qui sont pour vous le plus précieux commentaire de la loi : je ne saurais trop vous recommander de les relire et de vous en inspirer. Vous y puiserez la réponse aux deux critiques opposées qui vous parviennent. Les uns vous disent : Votre tâche d'éducateur moral est impossible à remplir. Les autres : Elle est banale et insignifiante. C'est placer le but ou trop haut ou trop bas. Laissez-moi vous expliquer que la tâche n'est ni au-dessus de vos forces ni au-dessous de votre estime, qu'elle est très limitée et pourtant d'une très grande importance, - extrêmement simple, mais extrêmement difficile.

 

J'ai dit que votre rôle en matière d'éducation morale est très limité. Vous n'avez à enseigner à proprement parler rien de nouveau, rien qui ne vous soit familier comme à tous les honnêtes gens. Et quand on vous parle de mission et d'apostolat, vous n'allez pas vous y méprendre : vous n'êtes point l'apôtre d'un nouvel évangile ; le législateur n'a voulu faire de vous ni un philosophe, ni un théologien improvisé. Il ne vous demande rien qu'on ne puisse demander à tout homme de cœur et de sens. Il est impossible que vous voyiez chaque jour tous ces enfants qui se pressent autour de vous, écoutant vos leçons, observant votre conduite, s'inspirant de vos exemples, à l'âge où l'esprit s'éveille, où le cœur s'ouvre, où la mémoire s'enrichit, sans que l'idée vous vienne aussitôt de profiter de cette docilité, de cette confiance, pour leur transmettre, avec les connaissances scolaires proprement dites, les principes mêmes de la morale, j'entends simplement de cette bonne et antique morale que nous avons reçue de nos pères et que nous nous honorons tous de suivre dans les relations de la vie sans nous mettre en peine d'en discuter les bases philosophiques.

Vous êtes l'auxiliaire et, à certains égards, le suppléant du père de famille ; parlez donc à son enfant comme vous voudriez que l'on parlât au vôtre ; avec force et autorité, toutes les fois qu'il s'agit d'une vérité incontestée, d'un précepte de la morale commune ; avec la plus grande réserve, dès que vous risquez d'effleurer un sentiment religieux dont vous n'êtes pas juge.

 

Si parfois vous étiez embarrassé pour savoir jusqu'où il vous est permis d'aller dans votre enseignement moral, voici une règle pratique à laquelle vous pourrez vous tenir : avant de proposer à vos élèves un précepte, une maxime quelconque, demandez-vous s'il se trouve, à votre connaissance, un seul honnête homme qui puisse être froissé de ce que vous allez dire. Demandez-vous si un père de famille, je dis un seul, présent à votre classe et vous écoutant, pourrait de bonne foi refuser son assentiment à ce qu'il vous entendrait dire. Si oui, abstenez-vous de le dire ; sinon, parlez hardiment, car ce que vous allez communiquer à l'enfant, ce n'est pas votre propre sagesse, c'est la sagesse du genre humain, c'est une de ces idées d'ordre universel que plusieurs siècles de civilisation ont fait entrer dans le patrimoine de l'humanité. Si étroit que vous semble, peut-être, un cercle d'action ainsi tracé, faites-vous un devoir d'honneur de n'en jamais sortir, restez en deçà de cette limite plutôt que de vous exposer à la franchir : vous ne toucherez jamais avec trop de scrupule à cette chose délicate et sacrée, qui est la conscience de l'enfant.

 

Mais une fois que vous vous êtes ainsi loyalement enfermé dans l'humble et sûre région de la morale usuelle, que vous demande-t-on ? Des discours ? Des dissertations savantes ? De brillants exposés, un docte enseignement ? Non, la famille et la société vous demandent de les aider à bien élever leurs enfants, à en faire des honnêtes gens. C'est dire qu'elles attendent de vous non des paroles, mais des actes, non pas un enseignement de plus à inscrire au programme, mais un service tout pratique que vous pourrez rendre au pays plutôt encore comme homme que comme professeur.

 

Il ne s'agit plus là d'une série de vérités à démontrer mais, ce qui est tout autrement laborieux, d'une longue suite d'influences morales à exercer sur de jeunes êtres, à force de patience, de fermeté, de douceur, d'élévation dans le caractère et de puissance persuasive. On a compté sur vous pour leur apprendre à bien vivre par la manière même dont vous vivez avec eux et devant eux. On a osé prétendre pour vous à ce que d'ici quelques générations les habitudes et les idées des populations au milieu desquelles vous aurez exercé attestent les bons effets de vos leçons de morale. Ce sera dans l'histoire un honneur particulier pour notre corps enseignant d'avoir mérité d'inspirer aux Chambres françaises cette opinion, qu'il y a dans chaque instituteur, dans chaque institutrice, un auxiliaire naturel du progrès moral et social, une personne dont l'influence ne peut manquer en quelque sorte d'élever autour d'elle le niveau des mœurs. Ce rôle est assez beau pour que vous n'éprouviez nul besoin de l'agrandir. D'autres se chargeront plus tard d'achever l'œuvre que vous ébauchez dans l'enfant et d'ajouter à l'enseignement primaire de la morale un complément de culture philosophique ou religieuse. Pour vous, bornez-vous à l'office que la société vous assigne et qui a aussi sa noblesse : poser dans l'âme des enfants les premiers et solides fondements de la simple moralité.

 

Dans une telle œuvre, vous le savez, Monsieur, ce n'est pas avec des difficultés de théorie et de haute spéculation que vous avez à vous mesurer ; c'est avec des défauts, des vices, des préjugés grossiers. Ces défauts, il ne s'agit pas de les condamner - tout le monde ne les condamne-t-il pas ? - mais de les faire disparaître par une succession de petites victoires obscurément remportées. Il ne suffit donc pas que vos élèves aient compris et retenu vos leçons, il faut surtout que leur caractère s'en ressente : ce n'est pas dans l'école, c'est surtout hors de l'école qu'on pourra juger ce qu'a valu votre enseignement.

 

Au reste, voulez-vous en juger vous-même dès à présent et voir si votre enseignement est bien engagé dans cette voie, la seule bonne : examinez s'il a déjà conduit vos élèves à quelques réformes pratiques. Vous leur avez parlé, par exemple, du respect dû à la loi : si cette leçon ne les empêche pas, au sortir de la classe, de commettre une fraude, un acte, fût-il léger, de contrebande ou de braconnage, vous n'avez rien fait encore ; la leçon de morale n'a pas porté.

 

Ou bien vous leur avez expliqué ce que c'est que la justice et que la vérité : en sont-ils assez profondément pénétrés pour aimer mieux avouer une faute que de la dissimuler par un mensonge, pour se refuser à une indélicatesse ou à un passe-droit en leur faveur ?

 

Vous avez flétri l'égoïsme et fait l'éloge du dévouement : ont-ils, le moment d'après, abandonné un camarade en péril pour ne songer qu'à eux-mêmes ? Votre leçon est à recommencer.

 

Et que ces rechutes ne vous découragent pas. Ce n'est pas l'œuvre d'un jour de former ou de réformer une âme libre. Il y faut beaucoup de leçons sans doute, des lectures, des maximes écrites, copiées, lues et relues ; mais il y faut surtout des exercices pratiques, des efforts, des actes, des habitudes. Les enfants ont en morale un apprentissage à faire, absolument comme pour la lecture ou le calcul. L'enfant qui sait reconnaître et assembler des lettres ne sait pas encore lire ; celui qui sait les tracer l'une après l'autre ne sait pas écrire. Que manque-t-il à l'un et à l'autre ? La pratique, l'habitude, la facilité, la rapidité et la sûreté de l'exécution. De même, l'enfant qui répète les premiers préceptes de la morale ne sait pas encore se conduire : il faut qu'on l'exerce à les appliquer couramment, ordinairement, presque d'instinct ; alors seulement la morale aura passé de son esprit dans son cœur, et elle passera de là dans sa vie ; il ne pourra plus la désapprendre.

 

De ce caractère tout pratique de l'éducation morale à l'école primaire, il me semble facile de tirer les règles qui doivent vous guider dans le choix de vos moyens d'enseignement.

 

Une seule méthode vous permettra d'obtenir les résultats que nous souhaitons. C'est celle que le Conseil supérieur vous a recommandée : peu de formules, peu d'abstractions, beaucoup d'exemples et surtout d'exemples pris sur le vif de la réalité. Ces leçons veulent un autre ton, une autre allure que tout le reste de la classe, je ne sais quoi de plus personnel, de plus intime, de plus grave. Ce n'est pas le livre qui parle, ce n'est même plus le fonctionnaire, c'est pour ainsi dire le père de famille dans toute la sincérité de sa conviction et de son sentiment.

 

Est-ce à dire qu'on puisse vous demander de vous répandre en une sorte d'improvisation perpétuelle sans aliment et sans appui du dehors ? Personne n'y a songé, et, bien loin de vous manquer, les secours extérieurs qui vous sont offerts ne peuvent vous embarrasser que par leur richesse et leur diversité. Des philosophes et des publicistes, dont quelques-uns comptent parmi les plus autorisés de notre temps et de notre pays, ont tenu à honneur de se faire vos collaborateurs, ils ont mis à votre disposition ce que leur doctrine a de plus pur et de plus élevé. Depuis quelques mois, nous voyons grossir presque de semaine en semaine le nombre des manuels d'instruction morale et civique. Rien ne prouve mieux le prix que l'opinion publique attache à l'établissement d'une forte culture morale par l'école primaire. L'enseignement laïque de la morale n'est donc estimé ni impossible, ni inutile, puisque la mesure décrétée par le législateur a éveillé aussitôt un si puissant écho dans le pays.

 

C'est ici cependant qu'il importe de distinguer de plus près entre l'essentiel et l'accessoire, entre l'enseignement moral qui est obligatoire, et les moyens d'enseignement qui ne le sont pas. Si quelques personnes, peu au courant de la pédagogie moderne, ont pu croire que nos livres scolaires d'instruction morale et civique allaient être une sorte de catéchisme nouveau, c'est là une erreur que ni vous, ni vos collègues, n'avez pu commettre. Vous savez trop bien que, sous le régime de libre examen et de libre concurrence qui est le droit commun en matière de librairie classique, aucun livre ne vous arrive imposé par l'autorité universitaire. Comme tous les ouvrages que vous employez, et plus encore que tous les autres, le livre de morale est entre vos mains un auxiliaire et rien de plus, un instrument dont vous vous servez sans vous y asservir.

 

Les familles se méprendraient sur le caractère de votre enseignement moral si elles pouvaient croire qu'il réside surtout dans l'usage exclusif d'un livre même excellent. C'est à vous de mettre la vérité morale à la portée de toutes les intelligences, même de celles qui n'auraient pour suivre vos leçons le secours d'aucun manuel ; et ce sera le cas tout d'abord dans le cours élémentaire. Avec de tout jeunes enfants qui commencent seulement à lire, un manuel spécial de morale et d'instruction civique serait manifestement inutile. A ce premier degré, le Conseil supérieur vous recommande, de préférence à l'étude prématurée d'un traité quelconque, ces causeries familières dans la forme, substantielles au fond, ces explications à la suite des lectures et des leçons diverses, ces mille prétextes que vous offrent la classe et la vie de tous les jours pour exercer le sens moral de l'enfant.

 

Dans le cours moyen, le manuel n'est autre chose qu'un livre de lectures qui s'ajoute à ceux que vous possédez déjà. Là encore, le Conseil, loin de vous prescrire un enchaînement rigoureux de doctrines, a tenu à vous laisser libre de varier vos procédés d'enseignement : le livre n'intervient que pour vous fournir un choix tout fait de bons exemples, de sages maximes et de récits qui mettent la morale en action.

 

Enfin, dans le cours supérieur, le livre devient surtout un utile moyen de réviser, de fixer et de coordonner ; c'est comme le recueil méthodique des principales idées qui doivent se graver dans l'esprit du jeune homme.

 

Mais, vous le voyez, à ces trois degrés, ce qui importe, ce n'est pas l'action du livre, c'est la vôtre. Il ne faudrait pas que le livre vînt en quelque sorte s'interposer entre vos élèves et vous, refroidir votre parole, en émousser l'impression sur l'âme de vos élèves, vous réduire au rôle de simple répétiteur de la morale. Le livre est fait pour vous, non vous pour le livre. Il est votre conseiller et votre guide, mais c'est vous qui devez rester le guide et le conseiller par excellence de vos élèves.

 

Pour vous donner tous les moyens de nourrir votre enseignement personnel de la substance des meilleurs ouvrages, sans que le hasard des circonstances vous enchaîne exclusivement à tel ou tel manuel, je vous envoie la liste complète des traités d'instruction morale et civique qui ont été, cette année, adoptés par les instituteurs dans les diverses académies ; la bibliothèque pédagogique du chef-lieu de canton les recevra du ministère, si elle ne les possède déjà, et les mettra à votre disposition. Cet examen fait, vous restez libre ou de prendre un de ces ouvrages pour en faire un des livres de lecture habituelle de la classe ; ou bien d'en employer concurremment plusieurs, tous pris, bien entendu, dans la liste générale ci-incluse ; ou bien encore, vous pouvez vous réserver de choisir vous-même, dans différents auteurs, des extraits destinés à être lus, dictés, appris. Il est juste que vous ayez à cet égard autant de liberté que vous avez de responsabilité. Mais quelque solution que vous préfériez, je ne saurais trop vous le redire, faites toujours bien comprendre que vous mettez votre amour-propre, ou plutôt votre honneur, non pas à faire adopter tel ou tel livre, mais à faire pénétrer profondément dans les jeunes générations l'enseignement pratique des bonnes règles et des bons sentiments.

 

Il dépend de vous, Monsieur, j'en ai la certitude, de hâter par votre manière d'agir le moment où cet enseignement sera partout non seulement accepté, mais apprécié, honoré, aimé, comme il mérite de l'être. Les populations mêmes dont on a cherché à exciter les inquiétudes ne résisteront pas longtemps à l'expérience qui se fera sous leurs yeux. Quand elles vous auront vu à l'œuvre, quand elles reconnaîtront que vous n'avez d'autre arrière-pensée que de leur rendre leurs enfants plus instruits et meilleurs, quand elles remarqueront que vos leçons de morale commencent à produire de l'effet, que leurs enfants rapportent de votre classe de meilleures habitudes, des manières plus douces et plus respectueuses, plus de droiture, plus d'obéissance, plus de goût pour le travail, plus de soumission au devoir, enfin tous les signes d'une incessante amélioration morale, alors la cause de l'école laïque sera gagnée, le bon sens du père et le cœur de la mère ne s'y tromperont pas, et ils n'auront pas besoin qu'on leur apprenne ce qu'ils vous doivent d'estime, de confiance et de gratitude.

 

J'ai essayé de vous donner, Monsieur, une idée aussi précise que possible d'une partie de votre tâche qui est, à certains égards, nouvelle, qui de toutes est la plus délicate ; permettez-moi d'ajouter que c'est aussi celle qui vous laissera les plus intimes et les plus durables satisfactions. Je serais heureux si j'avais contribué par cette lettre à vous montrer toute l'importance qu'y attache le gouvernement de la République et si je vous avais décidé à redoubler d'efforts pour préparer à notre pays une génération de bons citoyens.

 

Recevez, Monsieur l'instituteur, l'expression de ma considération distinguée.

 

 

Le Président du Conseil,

Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts,

Jules Ferry

 

 

 

(*) http://www.samuelhuet.com/paid/41-textes-officiels/743-lettre-de-jules-ferry-aux-instituteurs.html

 

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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 05:34

 


 

J’ai été frappé lors du discours du Président de la république l’autre soir qu’il n’est pas eu un mot pour les victimes des violences en Lybie…

 

Je vous livre ci-après le communique de Coordination Sud (*) qui a régit justement à cette intervention télévisée…

 

DH

 


 

7 minutes pour la démocratie - Réaction des ONG françaises au discours de Nicolas Sarkozy sur la situation dans le monde arabe et méditerranéen

 

 

Communiqué de Coordination Sud dont la LDH est partie prenante via le Crid

 


Après des semaines de silence et de contradictions sur les mouvements démocratiques en marche dans les pays arabes et méditerranéens, Nicolas Sarkozy a enfin exprimé officiellement hier soir le soutien de la France aux luttes démocratiques des populations vers plus de liberté, de démocratie et de justice sociale.

 

Malgré le retard de cette déclaration, Coordination SUD, coordination nationale des ONG françaises de solidarité internationale, note l’engagement de la France pour soutenir ces peuples, mais le déclare largement insuffisant au regard des enjeux.

 

Les luttes démocratiques actuelles qui soulèvent les populations peuvent être la promesse d’un avenir meilleur pour les peuples tunisien, égyptien, libyen, etc. Sans le soutien de la communauté internationale et des organisations de la société civile locales, la fragilité des contextes issus de ces révolutions présentent le risque d’être instrumentalisés au détriment de l’intérêt des peuples. La France représente dans le monde le pays des Droits de l’homme. Dans ce contexte, elle ne saurait faillir à son image et à sa responsabilité.

 

Coordination SUD demande à Nicolas Sarkozy, Président de la République et à Alain Juppé, nouveau ministre des Affaires étrangères et européennes, de :


- se positionner fortement contre les politiques répressives en cours au Yémen, en Lybie et à Bahreïn, et d’accompagner ces condamnations par des actes forts ;


- soutenir les actions des organisations de la société civile des pays arabes et méditerranéens pour accompagner les populations vers l’établissement de régimes démocratiques libres, justes, garantissant le respect des droits humains ;


- être moteur au sein de la communauté internationale pour apporter un soutien fort au processus démocratique dans cette zone du monde ;


- ne pas oublier que les intérêts et les vies de populations entières sont en jeu quand les discours officiels tendent à se concentrer sur la gestion des flux migratoires. Les conflits armés avec des civils ne nous concernent-ils que quand les réfugiés et les déplacés sont aux portes de l’Europe ? Apporter soutien et accompagnement aux personnes déplacées comme réfugiées fait partie du processus de solidarité avec les mouvements démocratiques en cours.

 

Coordination SUD assure quant à elle son soutien et sa pleine solidarité aux populations, sociétés civiles du monde arabe et méditerranéen, ainsi qu’à ses homologues ONG dans les pays concernés, dans leurs luttes pour la démocratie et le respect des droits humains.

 

Paris, le 28 février 2011.

 

*************************

 

(*) Coordination SUD – Solidarité Urgence Développement est la coordination nationale des ONG françaises de solidarité internationale. Fondée en 1994, elle rassemble aujourd’hui plus de 130 ONG, dont une centaine via six collectifs (CLONG-Volontariat, CNAJEP, Coordination d’Agen, CRID (dont la LDH est membre), FORIM, Groupe Initiatives) qui mènent des actions humanitaires d’urgence, d’aide au développement, de protection de l’environnement, de défense des droits humains auprès des populations défavorisées mais aussi des actions d’éducation à la solidarité internationale et de plaidoyer.

 

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 05:06

 


 

ATLANTICO, le nouveau site d’information de droite…

 

 

 

Mon objet n’est pas de faire de la pub pour le nouveau site « d’information » sponsorisé par la droite : atlantico.fr.

 

Par curiosité je suis allé y faire un tour… C’est vraiment de droite. Au-delà c’est toute la pensée qui  s’y répand qui est abjecte.

 

On peut y lire notamment à propos de Stéphane HESSEL :

 

«  Et pourtant, ces deux succès sont deux navets, (le second serait le film, le Discours d’un roi)  qui en disent long sur la déroute morale des peuples européens, partagés entre mièvrerie sentimentale et nostalgie narcissique.

 

Stéphane Hessel et "Le Discours d’un roi" : quand le conformisme triomphe Indignez-vous est écrit selon les codes les plus éculés de la rhétorique intellectuelle française : appel à la « résistance » ; invectives contre l’égoïsme des « possédants » ; leçons d’ « engagement » et de « responsabilité » ; références convenues à Merleau-Ponty, Apollinaire et Sartre, avec au passage une once de name-dropping sur « mon aîné condisciple de l’Ecole Normale Supérieure » (on se demande vraiment qui, parmi les auteurs de l’après-guerre, n’a pas eu Jean-Paul comme camarade de classe) ; revendication de l’universalisme cher aux penseurs français (versons une larme pour René Cassin). »

 

Autre point, une tribune intitulée « Français, le mensonge dans le sang » au sujet de la démission de MAM, dans lequel l’éditorialiste a pour référence le journal RIVAROL, journal de propagande de l’extrême droite

 

En fait la Droite veut investir la toile internet, pourquoi pas à priori, et je ne suis pas contre le pluralisme. Je trouve même cela instructif, et cela est moins cher que d’acheter le Figaro et autres…

 

Au fait, les fondateurs d’Atlantico ne se classeraient pas à droite, mais là il ne faut pas exagérer et au contraire assumer !!! J

 

DH

 

 

 

 

 

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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 05:32

 


 

Rumeur…

 

 

Il se dit dans les milieux autorisés que MAM a résilié son abonnement au Canard Enchaîné…

 

Son mari, par contre attend avec impatience la publication de celui de mercredi. En effet, s’il est fier d’être passé entre les gouttes » à ce dernier remaniement, il ne souhaiterait pas un nouvel étalage de ses amitiés libyennes…  

 

A suivre !

 

 

DH

 

Nb : Il faut soutenir les rares journaux qui restent encore indépendants !...

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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 05:46

 


 

Jean-Claude TRICHET met en garde contre l’augmentation des salaires !

 

Si on creuse le pourquoi, on trouve (voir l’Expansion.com) qu’il est confronté à une accélération de l'inflation en Europe avec la hausse des matières premières. Pour éviter une spirale à tout prix, il faut éviter d’augmenter les salaires.

 

Finalement, on en revient toujours au même problème : au traité de Lisbonne, à l’indépendance de la BCE et à son Président, véritable électron libre qui ne rend de compte à personne pour accomplir sa mission « suprême » de combattre l’inflation. Les conséquences humaines, ce n’est pas son problème !

 

Il faudrait qu’il descende un peu dans la rue, rencontre des salariés dans les entreprises, etc. pour qu’il connaisse la vraie vie…

 

« Que se vayan todos », comme dirait le camarade Jean-Luc !

DH

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 06:34

 


 

C’est dimanche, alors, un peu d’humour avec la chronique de Nicolas BEDOS…


DH

 


 


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