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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
10 mars 2009 2 10 /03 /mars /2009 20:44





Il y a eu un petit gag informatique et ma rubrique d'aujourd'hui n'a pas été publiée ce matin. Elle le sera demain. Mon ami Robert m'a fait passer ce petit texte qui circule beaucoup sur le web.


J'en profite donc pour le diffuser ce soir.


A méditer...


DH




I believe that banking institutions are more dangerous to our liberties than standing armies. If American people ever allow private banks to control the issue of their currency, first by inflation, then by deflation, the banks and corporations that will grow up around the banks will deprive the people of all property until their children wake-up homeless on the continent their fathers conquered.


Thomas Jefferson (Letter ti the Secretary of the Treasury Albert Gallatin, 1802).


Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d'abord par l'inflation, ensuite par la récession, jusqu'au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison, sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquis.

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Published by Didier HACQUART - dans Rien n'est inéluctable - mobilisons nous !
9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 05:15




Guadeloupe, quand le peuple se prend en charge...



Ce qui  s'est passé en Guadeloupe n'est pas anodin. C'est le peuple Guadeloupéen qui s'est révolté « contre la vie chère », mais aussi contre un système issu de l'époque coloniale. Le peuple guadeloupéen a gagné aussi une forme de reconnaissance.


Le ras le bol s'exprimait en fait au travers d'une plateforme revendicative unitaire très structurée et très réfléchie :


http://www.lkp-gwa.org/LIYANNAJ_KONT_PWOFITASYON_PF_4_PAGES-1.pdf


Evidemment chez nous la situation est différente, quoique ? En manifestant dans la rue le 29 janvier et bientôt le 19 mars, ne nous battons-nous pas contre un système néolibéral ? Ne nous battons-nous pas pour le pouvoir d'achat ?


Sur le site internet du LKP, il y a le contenu des accords. Ils sont trop peu médiatisés en France, on se demande pourquoi ? Quoique, encore une fois...


DH



Les 170 points de l'accord guadeloupéen

 

Jeudi, 05 Mars 2009

 

 

NIVEAU DE VIE ET POUVOIR D'ACHAT

 

1. Prestations sociales, minima sociaux et salaires.

 

1. L'Etat s'engage à revaloriser de 20% la Prestation de Restauration Scolaire (PARS) en contrepartie d'un engagement des cantines à offrir aux élèves plus de 50% de produits issus de l'agriculture locale et à réduire les tarifs supportés par les familles. L'Etat formalisera, avec toutes les collectivités bénéficiaires de ce dispositif et avec la Chambre d'Agriculture, une convention permettant de vérifier la bonne répercussion de cet engagement sur le pouvoir d'achat des Guadeloupéens et sur l'économie agricole.

 

2. La Région s'engage à réduire le prix des repas des lycéens (50 euros par lycéen et par an) à compter du mois d'avril 2009.

 

3. Une prime de solidarité active de 200 euros sera versée de façon exceptionnelle par l'Etat au mois d'avril 2009 aux 51 000 foyers guadeloupéens qui perçoivent les plus bas revenus.

 

4. Les partenaires sociaux ont signé le 26 février 2009 un accord régional interprofessionnel sur les salaires du secteur privé, « accord Jacques BINO » joint en annexe du présent protocole.

 

5. Un revenu supplémentaire temporaire d'activité (RSTA) sera servi à compter du 1er mars 2009 pour une période de 36 mois à l'ensemble des salariés du privé jusqu'à 1,4 SMIC inclus. Dans l'attente de la mise en place du RSA de droit commun, une enveloppe complémentaire sera mobilisée pour les personnes qui auraient été éligibles au RSA de droit commun et non bénéficiaires du RSTA.

 

6. Le Conseil général et la Région s'engagent à verser, à compter du 1 er mars 2009, chacun pour sa part, une prime exceptionnelle de 25 euros par mois sur 12 mois pour un montant total de 24 MEuros aux salariés dont la rémunération est comprise entre 1 et 1,4 SMIC inclus (accord BINO).

 

7. L'Etat s'engage à créer un fonds de soutien exceptionnel de 3 ME au bénéfice des 17 000 allocataires du minimum vieillesse et des 7 000 allocataires de l'allocation adulte handicapé qui aura pour vocation d'allouer des primes de vie chère et d'aider à l'entretien et à l'aménagement du domicile. La mise en œuvre de ces crédits s'effectuera à travers le FSL et le fonds de compensation du handicap de la MDPH.

Le LKP réaffirme sa demande de revalorisation des minima sociaux et particulièrement de l'AAH.

 

8. La Région s'engage à verser au plus tard le 30 juin 2009 une prime exceptionnelle de 100 Euros aux 80 000 foyers qui perçoivent les plus bas revenus (base IR).

9. La Région s'engage à augmenter de 200Euros les bourses régionales accordées aux étudiants poursuivant des études supérieures en Guadeloupe à compter de la rentrée universitaire 2009-2010.

 

10. Le conseil général décidera en 2009 d'une diminution de la taxe d'habitation de 9% et de la taxe sur le foncier bâti de 7% dès 2009, applicable en 2010.

 

11. L'association des maires de Guadeloupe s'engage à sensibiliser les maires à l'amélioration de l'adressage afin d'élargir l'assiette de l'imposition.

 

12. La création d'un salaire minimum guadeloupéen sera examinée dans le cadre des cycles de négociations collectives interprofessionnelles dont l'Etat propose qu'ils se déroulent tout au long de l'année 2009.

 

2. Baisse des prix des produits de première nécessité

 

13.L'Etat et la Région soutiendront les initiatives de la grande et moyenne distribution et des importateurs grossistes visant à établir avant la fin du mois de mars 2009, en liaison avec les associations agréées de consommateurs regroupées au sein du LKP ou non, une liste de produits de première nécessité les plus vendus au sein de 100 familles de produits, par enseigne, repérables par les consommateurs, qui seront commercialisés à des prix les plus proches de ceux de l'hexagone. Aucun produit de cette liste ne devra concurrencer les productions locales (produits agricoles, produits d'agro-transformation, produits de la mer...). Une première rencontre entre les parties a eu lieu le lundi 2 mars 2009.

A ce « chariot de la ménagère », il sera ajouté une liste de 50 produits usuels choisis dans les catégories suivantes : appareillage pour personnes handicapées, fournitures scolaires, électroménager, matériaux de construction et pièces automobiles...

Les produits du « chariot de la ménagère » devront être accessibles aux petits commerces de proximité, en particulier dans les zones rurales, à Marie-Galante, aux Saintes et à la Désirade.

La liste du « chariot de la ménagère » indiquera, d'une part, les prix des produits TTC à la sortie de la douane et, d'autre part, les prix des mêmes produits à la vente en magasin.

 

14. La Région s'engage à baisser de 28% à 100% l'octroi de mer sur la liste de produits de première nécessité jointe en annexe.

 

15. Les signataires prennent acte des engagements de la grande et moyenne distribution à répercuter immédiatement dans le prix de vente toute baisse de taxes.

 

16. Les signataires prennent acte des engagements des importateurs grossistes de produits alimentaires à appliquer sans délai au prix de vente pratiqué, tout rabais obtenu des fournisseurs ou toute baisse de taxes.

 

17. Dans le cadre du conflit en cours, l'Etat, la Région, le conseil général et la fédération de la boulangerie ont signé le 4 février 2009 une charte sur le gel en 2009 du prix de la baguette de pain de 250 grammes.

18. L'Etat ouvrira des négociations avec la fédération de la boulangerie, les GMA, la Région et le collectif LKP sur le prix du pain. La première rencontre entre les parties est prévue le mercredi 04 mars 2009.

 

19. L'Etat demandera à l'Observatoire de mesurer le niveau des prix dans la grande et moyenne distribution. L'Observatoire bénéficiera du concours de la DRCCRF et/ou des associations agréées de consommateurs, qui seront chargées d'effectuer les relevés de prix dans chaque enseigne présente sur la place. L'Observatoire élaborera un indicateur de l'évolution des prix fondé sur les relevés de prix de 50 produits d'un « chariot-type » distinct du « chariot de la ménagère » évoqué supra. Cet indicateur sera actualisé et porté à la connaissance du grand public tous les 15 jours.

 

20. L'Etat s'engage à restructurer la DDCCRF et à augmenter le nombre des inspecteurs et contrôleurs de la concurrence et de la répression des fraudes pour créer une brigade de contrôle des prix. Cette brigade pourra intervenir à la demande des associations représentatives de consommateurs mais également à la demande de simples consommateurs (mise en place d'un numéro vert) et sanctionner les dérives. Chaque enquête fera l'objet d'une synthèse explicative fournie à l'Observatoire des prix. L'Etat s'engage à prendre en compte les premiers résultats de l'audit des prix mené à sa demande conjointement par le contrôle général économique et financier et l'inspection générale des finances, en missionnant en particulier l'INSEE pour publier dans les meilleurs délais une étude d'ensernble sur les prix à la consommation.

 

21. La Région et le conseil général accompagneront, à hauteur de 50 000Euros chacun, la création d'un « bureau d'études ouvrières » , à condition que celui-ci associe les associations agréées de consommateurs et que ses travaux soient accessibles aux deux financeurs.

 

22. L'Etat apportera une subvention d'investissement de 100 000 Euros pour aider à la mise en place de ce « bureau d'études ouvrières » .

 

3. Baisse des tarifs des services bancaires

 

24. L'Etat s'engage à faire réaliser par I'IEDOM, en partenariat avec le CESR, une étude sur le coût des services bancaires. Il assurera la publicité la plus large possible des résultats de cette étude avant la fin 2009.

 

25. Dans le cadre du conflit en cours, l'Etat, la Région, le conseil général et les banques ont signé le 4 février 2009 une charte relative à la baisse de 5 à 10% des tarifs bancaires applicables à trois produits courants par banque (voir annexe du présent protocole). Les signataires prennent acte des conclusions de la rencontre du 3 mars 2009 entre le LKP et les établissements bancaires de Guadeloupe, en présence de l'Etat et de la Région portant sur l'annulation des agios et des frais bancaires, les interdictions bancaires ainsi que sur de nouvelles propositions de réduction durable des frais sur trois produits jointe en annexe).

 

26. Avant fin 2009, l'Etat mettra en place par l'intermédiaire de la DRCCRF une évaluation des coûts des services bancaires et établira un tableau comparatif des offres de chaque établissement de la place. Ce tableau sera actualisé au début de chaque semestre.

 

27. L'Etat vérifiera par l'intermédiaire de la DRCCRF que les établissements de crédit communiqueront à leurs clients, dès l'année 2009, un récapitulatif des sommes perçues au cours de l'année précédente.

 

4. Baisse du prix des carburants

 

28. Les signataires prennent acte que dans le cadre du conflit en cours, une baisse prix des carburants de 6 centimes a été effectuée le lundi 9 février.

 

29. L'Etat a procédé, entre le 1er décembre 2008 et le 12 février 2009, à quatre baisses successives des prix des carburants, représentant une baisse totale cumulée de 43 centimes pour l'essence sans plomb et de 40 centimes pour le gazole.

 

30. L'Etat soutiendra la mise en place, en concertation avec les acteurs concernés, d'un nouveau dispositif de gestion des carburants qui assurera une plus grande transparence de la structure des prix, qui permettra une répercussion plus rapide des baisses du cours mondial du pétrole sur les prix des carburants à la pompe et qui tiendra compte de la problématique des emplois dans les stations-service.

 

31. L'Etat s'engage à suspendre immédiatement dans la structure des prix des carburants la taxe sur la collecte des huiles usagées et à répercuter son montant sur le prix des carburants à la plus prochaine révision de prix de carburant.

 

32. L'Etat étudiera, en fonction des conclusions du rapport de la mission d'inspection générale, l'opportunité de la suppression du prélèvement pour « passage en dépôt ».

 

33. L'Etat s'engage à étudier les dispositifs législatifs ou réglementaires pour que les taxes soient collectées sur les volumes réels de carburants livrés aux distributeurs (prise en compte de l'effet température dans la structure des prix des carburants).

5. Baisse du prix de l'eau

 

34. Les structures de production et de distribution d'eau potable (CCSBT, SISCSV, régie de Vieux-Fort, SIAEAG, SIEPA Pointe-à-Pitre/Abymes, régie de Sainte-Rose, régie du Lamentin et régie de Trois-Rivières) acceptent de baisser le prix de l'eau, avant la fin du 1er semestre 2009, selon la fomule suivante : Pour le m3 d'eau vendu entre 1,30 Euros et 1,50 Euros = baisse de 3% ;

Pour le m3 d'eau vendu entre 1,51 Euros et 2 Euros = baisse de 5% ; Pour le m3 d'eau vendu entre 2,01 Euros et 3 Euros = baisse de 7% ; Pour le m3 d'eau vendu à un prix supérieur à 3 Euros = baisse de 10%.

Des négociations seront ouvertes avec la CCMG et le SNINGT pour l'application de la grille ci-dessus.

Les structures de production et de distribution d'eau potable appliqueront les baisses de tarifs précitées sur les consommations d'eau comprises dans la première tranche de consommation, dite « tranche sociale » , égale à 160 m3 par foyer et par an.

 

35. La Région s'engage à ramener à 1% le taux de l'octroi de mer régional grevant le prix du m3 d'eau potable. Cette diminution de 1/2 point de la taxe sera défalquée du prix du m3 après application de la baisse indiquée supra.

 

38. Les structures de production et de distribution d'eau potable acceptent de se regrouper et de se fondre dans un syndicat unique de gestion de l'eau avant la fin de l'année 2009. L'Etat et le Département, directement et par le truchement de l'Office de l'eau, établissement public rattaché au département, apporteront leur concours administratif et technique à la mise en place de ce syndicat unique de gestion et de distribution de l'eau à l'échelle de La Guadeloupe. Cette rationalisation organisationnelle permettra d'unifier le prix de l'eau sur le territoire et sera de nature à en faire baisser le prix moyen grâce à la mutualisation des moyens et à l'interconnexion optimisée des réseaux.

 

39. L'Etat apportera sa contribution financière (crédits FEDER, crédits SEOM et ONEMA) à un plan de rénovation des réseaux de distribution à l'échelle de la Guadeloupe qui sera porté par le syndicat unique de gestion précité. L'amélioration du rendement des réseaux qui en résultera aura un effet bénéfique immédiat sur les coûts de production de l'eau potable. Il est rappelé qu'actuellement ce rendement est de l'ordre de 50%, ce qui signifie qu'il faut pomper et traiter 2 m3 pour en acheminer 1 m3 au robinet.

 

40. L'Etat demandera à l'Observatoire des prix d'étudier avant fin 2009, les composantes de la structure du prix de l'eau potable, et de faire en relation avec l'Office de l'eau toute proposition permettant, d'une part, d'agir à la baisse sur son prix et, d'autre part, d'améliorer sa tarification de façon à ce qu'elle soit progressive par rapport à la consommation annuelle.

 

41. Les structures de production et de distribution s'engagent à supprimer les frais de pénalité liés aux retards de paiement à compter de la signature du présent protocole.

42. Le CCSBT s'engage à supprimer l'abonnement assainissement au plus tard à la fin du premier semestre. Le LKP invite les autres structures de production et de distribution à en faire autant.

 

6. Tarifs de l'électricité et des communications

 

43. L'Etat rappelle que l'usager guadeloupéen bénéficie des mêmes tarifs que l'usager métropolitain, grâce à la péréquation nationale.

 

44. A la demande du collectif LKP, l'Etat organisera le 06 mars 2009 une réunion sur l'harmonisation des délais de paiement des factures EDF et des délais d'acheminement de ces factures par La Poste.

 

45. L'Etat inscrira dans la LODEOM la facturation à la seconde des télécommunications.

 

46. L'Etat ouvrira des discussions avec les opérateurs internet et de téléphonie mobile, la Région et le collectif LKP sur la baisse des formules d'abonnement. La première rencontre entre les parties est prévue le 05 mars 2009.

LOGEMENT

Les autorités organisatrices de transports urbains et interurbains s'engagent à limiter les différences de tarifs non justifiées sur des trajets équivalents.au sein des périmètres relevant de leur autorité.

 

1. Transports routiers interurbains

 

66. Le conseil général s'engage à contrôler les modalités de mise en oeuvre des DSP concernant le transport interurbain et à vérifier le respect des cahiers des charges par leurs détenteurs.

Il pourra demander aux groupements défaillants sur les plans de la régularité de la desserte et de la couverture du territoire de sous-traiter avec des entreprises de transport non attributaires d'une DSP à la seule condition qu'elles soient régulièrement constituées.

 

67. A la demande du LKP, et en accord avec le conseil général, l'Etat s'engage à demander la réalisation d'une mission d'inspection sur les conditions de mise en œuvre de la procédure de DSP des transports terrestres interurbains de voyageurs.

 

68. Le conseil général s'engage à prendre en charge une baisse de 20% les prix des transports terrestres interurbains, avant la fin du 1er semestre 2009.

 

69. Le conseil général instaurera une tarification spécifique dans les transports en commun en faveur :

- des personnes âgées et des personnes handicapées avant la fin de l'année 2009

- des étudiants dès la rentrée universitaire 2009/2010.

 

70. En liaison avec « Pôle Emploi » , le conseil général s'engage à établir avant la fin du 1er semestre 2009 une tarification spécifique des déplacements en transport en commun pour les demandeurs d'emploi.

 

71. La Région s'engage, en liaison avec « Pôle Emploi » , le conseil général et les autres autorités organisatrices de transport, à financer une carte de réduction du prix des déplacements en transports en commun au bénéfice des stagiaires de la formation professionnelle et des apprentis.

 

2. Transports routiers urbains

 

72. Le syndicat mixte du « Petit cul de sac marin » (Pointe-à-Pitre, Abymes, Gosier, Baie-Mahault) s'engage à baisser de 20% les tarifs des transports urbains dans son périmètre de compétence, au plus tard le 30 juin 2009.

 

73. La communauté de communes du Sud Basse Terre (Basse-Terre, Baillif, Gourbeyre, Saint-Claude) rappelle qu'elle a baissé de 33% les tarifs des transports urbains dans son périmètre de compétence, à compter du 1er janvier 2009.

 

74. La communauté de communes du Sud Basse Terre s'engage à verser une aide financière solidaire de 5 000Euros à chacun des 12 transporteurs non éligibles à l'aide au départ conformément au protocole d'accord joint en annexe.

Le conseil général s'engage à verser une aide financière solidaire de 30 000Euros à chacun des 12 transporteurs non éligibles à l'aide au départ conformément au protocole d'accord joint en annexe.

L'Etat confirme sa participation à un plan concerté de résolution de ce dossier.

 

3. Transport aérien

 

75. En 2009, l'Etat, dans le cadre de sa nouvelle politique de continuité territoriale, mettra à disposition des familles les plus modestes de La Guadeloupe 40 000 billets A/R Pointe-à-Pitre/Paris au prix de 340Euros (hors taxes d'aéroport) afin de faciliter le maintien des liens familiaux.

L'Etat s'accordera avec la Région pour assurer une gestion conjointe de ce nouveau dispositif de continuité territoriale.

 

76. L'Etat engagera des discussions avec les organismes prélevant des « taxes » grevant le prix du billet d'avion pour examiner la possibilité de les baisser.

 

4. Transport maritime

 

77. L'Etat, la Région et le conseil général s'engagent à étudier en 2009 les conditions et les modalités d'amélioration du fonctionnement du transport maritime interîles, articulé avec le système régional de continuité territoriale afin de proposer une meilleure desserte des communes de Marie-Galante, des Saintes et de la Désirade en s'appuyant sur un service de qualité à un coût attractif.

 

EDUCATION

 

85. L'Etat finalisera avant la fin du mois de mai 2009, en liaison avec les collectivités locales et les autres acteurs locaux du service public de l'emploi et de la formation professionnelle, un plan d'urgence pour la formation et l'insertion professionnelle des jeunes en difficulté.

Ce plan concernera 8 000 jeunes entre 16 et 26 ans, qui seront reçus individuellement avant la fin du 3e trimestre 2009, sur la base du volontariat, par les antennes de Pôle Emploi, la mission locale ou des prestataires agréés, pour établir un bilan de compétences et proposer 4 pistes de solution :

- l'accès direct à l'emploi pour ceux qui sont employables avec mobilisation des moyens de l'Etat, de la Région, du conseil général, etc. (CDI, CDD, contrats aidés, emplois tremplins, etc.)

- la formation (chèque qualification, école de la 2e chance, RSMA, etc.)

- une aide à la création d'entreprise (dispositif NACRE, aides de la Région)

- des actions d'accompagnement social (redynamisation des jeunes désœuvrés, valorisation de l'image de soi, bilan et suivi santé, acquisition de savoirs de base dans le cadre de la lutte contre l'illettrisme).

Ce plan d'urgence reposera sur 3 piliers : l'optimisation des outils à disposition des acteurs ; la création d'un fonds social piloté par l'Etat et les partenaires sociaux ; la signature par le jeune d'un « contrat d'autonomie » calqué dans son principe sur le contrat mis en place dans le cadre du « Plan Espoir Banlieue » . La cible de retour à l'emploi ou de réinsertion sociale est de l'ordre de 60% des jeunes pris en charge dans le cadre de ce dispositif.

 

86. L'Etat et la Région s'engagent à mettre en oeuvre en synergie des politiques publiques de développement économique durable pour assurer des débouchés aux jeunes pris en charge par le plan d'urgence précité. La Région prendra appui à cet effet sur le SRDE. L'Etat soutiendra des initiatives de développement économique endogène créatrices d'emplois, à l'aide des outils à sa disposition : la stratégie de croissance pour l'outre-mer (STRA- COM), la LODEOM et les Etats Généraux sur les grands enjeux de l'outre-mer réunissant les acteurs sociaux, économiques et politiques locaux, qui seront ouverts en Guadeloupe par le Président de la République

 

FORMATION PROFESSIONNELLE

 

87. La Région s'engage à mettre en place au plus tard au premier trimestre 2010 une structure de formation professionnelle sous la forme d'un établissement public, ou toute autre structure juridique adaptée, pour assurer l'exercice de missions de service public de formation professionnelle.

 

88. La Région et l'Etat s'engagent à réunir le « Comité de coordination de l'emploi et de la formation professionnelle » avant le 1er juin 2009.

 

89. Le budget régional pour la formation professionnelle et l'apprentissage s'élève en 2009 à 50 M Euros. Ces crédits seront réajustés au cours de l'exercice en fonction des besoins réels conformément au programme de formation et au SRDE.

 

90. La Région s'engage à accompagner la création d'un groupement d'employeurs multisectoriels permettant d'employer plus de 100 contrats de professionnalisation mutualisés.

 

92. Le LKP et la Région s'entendent pour tenir une réunion de travail sur la formation professionnelle dans la première quinzaine du mois d'avril.

 

91. L'Etat prend l'engagement de doubler d'ici 3 ans les effectifs du RSMA, pour la formation professionnelle des jeunes et de former 450 jeunes Guadeloupéens dès 2009 contre 324 en 2008.

 

92. Dans l'hypothèse où la mission d'inspection aura mis à jour la perception de sommes indues par l'un ou l'autre des acteurs de la filière pétrolière, ces sommes, susceptibles in fine d'être reversées par ce ou ces acteurs, serviront à alimenter un fonds de formation professionnelle géré par la Région.

 

EMPLOI

 

106. Le directeur du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle établira la liste des organismes paritaires où ne sont pas présents les syndicats guadeloupéens. Afin d'assurer leur présence dans ces organismes, l'Etat s'engage, selon le niveau de texte concerné, soit à procéder aux modifications réglementaires requises, soit à favoriser les modifications législatives en ce sens.

 

107. Le sous-préfet de Pointe-à-Pitre est désigné comme médiateur pour négocier une issue aux conflits de l'aéroport, de la CTM, de RFO et d'Air France.

108. Le Secrétaire général de la préfecture est désigné comme médiateur pour le conflit à la mairie de Goyave.

 

109. A la demande du LKP, l'Etat invite les maires de Guadeloupe et le président du Centre de Gestion de la Fonction Publique Territoriale à participer à une réunion le jeudi 12 mars 2009 à 15 heures à la préfecture pour faire le point sur l'application des lois et règlements concernant le statut et la carrière des agents de la fonction publique territoriale et les modalités du dialogue social dans les communes.

 

110. L'Etat invitera avant la fin 2009 les organisations professionnelles d'employeurs et les organisations syndicales de salariés à engager des négociations collectives tant au niveau des branches que des entreprises, sur les questions relatives notamment à l'abaissement du seuil de désignation des représentants du personnel, sur la représentativité syndicale, sur l'emploi, l'indemnisation du chômage, la formation professionnelle, le développement des qualifications.

 

SERVICES PUBLICS

 

117. L'Etat garantit la mise à disposition en 2009 d'« une enveloppe de 13 MEuros destinée à diminuer le coût des matières premières entrant dans la fabrication de produits locaux et permettant de favoriser la baisse des prix pour les consommateurs.

 

118. L'Etat organisera en s'appuyant sur les conclusions du SRDE et des assises de l'agriculture de 2006, des Etats généraux de l'agriculture en Guadeloupe avant la fin de l'année 2009 afin d'élaborer un plan de soutien aux agriculteurs et au développement agricole de l'île.

 

119. L'Etat fera de l'agro-production un des secteurs prioritaires de la LODEOM.

 

120. L'Etat s'engage à étudier les modalités d'une politique d'aide au désendettement des agriculteurs.

 

121. L'Etat et les collectivités garantissent le maintien des financements prévus, comme les 47 MEuros pour l'irrigation et les 4MEuros pour l'électrification rurale.

 

122. Les Collectivités avec le soutien de l'Etat s'engagent à financer la construction d'un second abattoir en région Sud Basse-Terre.

 

123. L'Etat appuiera les projets de valorisation des produits de l'agriculture et de l'élevage, en particulier par la création d'un label de « France Saveur d'Outre-Mer » et le développement du label « produits peyi » .

 

124. L'Etat confirme le maintien du traitement des dossiers collectifs par les SICA et les groupements de producteurs pour l'obtention des aides agricoles sur toute la programmation 2007- 2013.

 

125. L'Etat proposera dans la LODEOM l'exonération de la taxe foncière sur les propriétés non bâties supportée par les exploitants agricoles.

 

126. La Région s'engage à exonérer d'octroi de mer les intrants agricoles à l'exclusion de certains désherbants et engrais qui nécessitent des précautions d'utilisation particulières.

 

127. La Région a voté le 19 janvier 2009 une aide aux intrants pour la filière canne.

 

128. La Région s'engage à exonérer d'octroi de mer les aliments du bétail, les semences et le gazole agricole.

 

129. La Région s'engage à étudier la mise en place d'une aide aux intrants du même type pour les filières de diversification.

 

130. L'Etat confirme qu'il a payé à la date du 10 février 2009 la totalité des aides en retard aux agriculteurs.

 

131. La Région et le Département mettront à la disposition des ex-salariés de la ferme Campêche le foncier nécessaire pour la mise en oeuvre d'un projet de développement agricole intégré.

 

132. L'Etat appuiera le projet porté par les ex-salariés du site de Campêche. Il soutiendra financièrement l'installation de jeunes agriculteurs sur ce site jusqu'à 40 000 euros par agriculteur).

 

133. La Région s'engage à verser 0, 68Euros d'aide par tonne de canne livrée pour la récolte 2008.

 

PRODUCTION - VOLET PECHE

 

1. La maîtrise foncière

 

145. L'Etat soutient la proposition de réserver au moins 50 000 ha de surface agricole incompressible dans le cadre de la révision du SAR.

 

146.Les Collectivités (Région et conseil général) sont favorables à la création d'une commission d'évaluation et de contrôle annuel de la surface agricole.

 

147. L'Etat, la Région et le conseil général affirment, d'une part, leur opposition au projet « Vigie Gate » et, d'autre part, leur volonté d'accompagner un projet de développement durable et responsable dans le nord de la Grande-Terre.

 

148. Afin de protéger le patrimoine écologique de la Guadeloupe, l'Etat conduira une politique résolue de lutte contre les constructions illicites, pour un accès libre au domaine public maritime (plages) et forestier et contre l'affichage publicitaire illégal.

 

2. Un développement équilibré du territoire

 

149. Le tourisme sera inscrit dans les secteurs prioritaires de la LODEOM.

 

150. Le Préfet réunira un comité stratégique pour le tourisme associant les collectivités et les professionnels.

 

151. L'Etat apportera son soutien aux professionnels du tourisme afin de les aider à concevoir des stratégies fortes, au moyen notamment de plans d'actions financés par ODIT France.

 

152. La Région aidera, sur fonds propres et sur crédits européens, les investissements réalisés par les repreneurs crédibles qui s'engageront à maintenir l'activité hôtelière (Kalenda, Anchorage).

 

153. L'Etat s'engage à soutenir la rénovation du parc hôtelier à hauteur de 7 500Euros par chambre, un amendement à la LODEOM (qui avait initialement prévu 5 000 Euros/chambre) sera présenté à cette fin.

 

154. Des discussions seront engagées entre l'Etat et les collectivités territoriales pour maintenir une activité hôtelière sur le site du Kalenda et éviter une vente à la découpe.

 

155. Le Préfet installera dans les plus brefs délais un comité de coordination des financeurs pour l'hôtel Kalenda.

 

156. Dans le cadre de la LODEOM, l'Etat apportera son soutien aux petites et moyennes entreprises afin de les aider à concevoir des stratégies fortes leur permettant d'accéder aux marchés publics, à l'ingénierie, aux crédits bancaires et aux matières premières à des coûts attractifs.

 

157. Dans le cadre de la LODEOM, l'Etat s'engage à soutenir les initiatives de développement économique endogène visant l'autonomie alimentaire (la production agricole, l'agro-transformation), promouvant les activités liées à la préservation de l'environnement, aux énergies renouvelables et à la valorisation de la mer et de ses dérivés...

 

CULTURE

 

158. L'Etat étudiera tout projet de développement culturel proposé par le collectif, comme le double fléchage en français et en créole des bâtiments publics.

 

159.La Région et le conseil général s'engagent à assurer le double fléchage en créole et en français de leurs bâtiments recevant du public.

 

160.Les collectivités territoriales s'engagent à poursuivre leurs efforts en matière de valorisation de la culture guadeloupéenne et la langue créole (bureau de développement de la langue créole et de la culture guadeloupéenne).

 

161. L'Etat étudiera, avec la commune, et les associations porteuses du projet une participation financière au projet de création d'un institut culturel et pédagogique «Papa Yaya » à Capesterre-Belle-Eau.

 

162. L'Etat dans le cadre de sa médiation pour trouver une issue au conflit de RFO invitera ce média à augmenter le pourcentage de ses programmes diffusés en langue créole et incitera également à la création et à une plus grande diffusion d'oeuvres de culture guadeloupéenne.

 

163. L'Association des maires s'engage par l'adressage à valoriser les femmes, les hommes et les évènements ayant contribué directement ou indirectement à la culture et à l'histoire de la Guadeloupe

 

DISPOSITIONS FINALES ET DIVERSES

 

164. Le collectif LKP demande le dessaisissement de l'administrateur judiciaire du dossier de la liquidation des 51 mutuelles de la Guadeloupe et la révision des procédures en cours.

 

165. Le préfet réaffirme son impossibilité d'intervenir dans le cours des procédures judiciaires. Il rappelle que le Secrétaire d'Etat chargé de l'Outre-Mer a saisi le Médiateur de la République afin que celui-ci, au-delà des décisions de justice, puisse trouver une solution de compromis s'agissant des adhérents des mutuelles.

 

166. Le préfet s'engage à saisir le président de La Mutualité française et le Président de la CAM pour explorer les solutions qui permettraient, au-delà des décisions de justice, de ne pas pénaliser les adhérents des mutuelles.

 

167. Dans le cadre de l'inter-régions douanes, le LKP réaffirme son opposition au transfert des BSN de Pointe-à-Pitre et Basse-Terre vers la DRGC de Martinique et exige le maintien des effectifs des brigades de Guadeloupe à 15 agents.

 

168. Le collectif LKP demande à l'Etat de ne pas engager ou d'arrêter les poursuites judiciaires engagées à l'encontre des auteurs d'éventuelles infractions liées au conflit.

 

169. Le Préfet rappelle le principe du non paiement des jours de grève dans les services de l'Etat. Les signataires du présent accord demandent que des réunions soient organisées entre l'autorité d'emploi, les agents et les organisations syndicales représentées dans l'administration et les entreprises concernées, avant toute retenue sur salaire liée au conflit en cours.

 

170. Les signataires appellent à la reprise de l'activité normale et s'engagent à poursuivre les négociations sur les autres thèmes à examiner et notamment à œuvrer à la résolution des conflits en cours.

 

Les parties signataires décident de constituer une commission de suivi du présent accord, de 12 membres : 4 pour le LKP, 4 pour l'Etat et 4 pour les collectivités. Les modalités de fonctionnement de cette commission de suivi seront déterminées lors de sa première réunion qui se tiendra à la mi-avril, sur convocation du préfet.

 

 

 


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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 05:47

Aujourd’hui, 8 mars c’est la journée de la femme. Les affreux machos, disent qu’il reste tout de même 364 jours pour les hommes. Certes !

 

Pour mieux comprendre l’intérêt d’une telle journée, il me semble intéressant de savoir l’histoire de cette journée !

 

Et bonne journée à toutes…

 

DH

 



L'histoire de la journée de la femme (1)


La journée internationale de la femme (ou journée internationale des femmes) est célébrée le 8 mars et trouve son origine dans les manifestations de femmes au début du XXe siècle en Europe et aux États-Unis, réclamant de meilleures conditions de travail et le droit de vote. Elle a été officialisée par les Nations unies en 1977, invitant chaque pays de la planète à célébrer une journée pour les droits des femmes.


C'est une journée de manifestations à travers le monde : l'occasion de revendiquer l'égalité, de faire un bilan sur la situation des femmes. Traditionnellement les groupes et associations de femmes militantes préparent des manifestations partout dans le monde, pour faire aboutir leurs revendications, améliorer la situation des femmes, fêter les victoires et les avancées.


La création d'une « Journée internationale des femmes » a été proposée pour la première fois en 1910, lors de la 2eConférence internationale des femmes socialistes, par Clara Zetkin, et s'inscrivait alors dans une perspective révolutionnaire. Dès 1911, des manifestations sont organisées en Autriche-Hongrie, au Danemark, en Suisse, en Allemagne, puis les années suivantes en France, aux Pays-Bas, en Russie et en Suède.


La date n'est tout d'abord pas fixe, et ce n'est qu'à partir de 1917, avec la grève des ouvrières de Saint-Pétersbourg, que la tradition du 8 mars se met définitivement en place. Après 1945, la Journée internationale de la femme devient une tradition dans le monde entier.


Une légende veut que l'origine du 8 mars remonte à une manifestation d'ouvrières américaines du textile en 1857, événement qui n'a en réalité jamais eu lieu[1]. Il s'agit sûrement d'un clin d'œil de féministes américaines qui, dans les années 1950, veulent à la fois intégrer cette journée dans le contexte américain et rendre un hommage à Clara Zetkin, 1857 étant son année de naissance. L'origine de cette journée s'ancre bel et bien dans les luttes ouvrières et les nombreuses manifestations de femmes réclamant le droit de vote, de meilleures conditions de travail et l'égalité entre les hommes et les femmes, qui agitèrent l'Europe, au début du XXe siècle.


La « Journée internationale de la femme » est maintenant reconnue officiellement par les Nations unies en 1977, et en France en 1982.


Quelques dates

 

1910 : C'est à Copenhague, lors de la Conférence internationale des femmes socialistes, que l'idée d'une « Journée internationale des femmes » est décidée, sur une proposition de Clara Zetkin, représentante du Parti socialiste d'Allemagne.


mars 1911 : Un million de femmes manifestent en Europe.


8 mars 1913 : Des femmes russes organisent des rassemblements clandestins.


8 mars 1914 : Les femmes réclament le droit de vote en Allemagne.


8 mars 1915 : À Oslo, des femmes défendent leurs droits et réclament la paix.


8 mars 1917 : Début de la « Révolution de février » en Russie. À Saint-Pétersbourg, des ouvrières manifestent pour réclamer du pain et le retour de leurs maris partis au front.


8 mars 1921 : Lénine décrète le 8 mars Journée des femmes.


1924 : La journée est célébrée en Chine.


21 avril 1944 : Droit de vote accordé aux femmes en France


1946 : La journée est célébrée dans les pays de l'Est.


8 mars 1947 : Léon Blum salue la place importante des femmes dans la Résistance.


1971 : La journée est célébrée au Québec.


8 mars 1977 : Les Nations unies officialisent la Journée internationale de la femme.


8 mars 1982 : Statut officiel de la Journée en France.



(1)   http://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9e_internationale_de_la_femme


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6 mars 2009 5 06 /03 /mars /2009 05:23




La réintégration complète de la France fait débat à gauche comme à droite avec des réactions notamment de Dominique De Villepin ou d'Alain Juppé).


Dans l'Humanité, j'ai trouvé cette intéressante tribune du Général de division Eric de la Maisonneuve(CR) par ailleurs fondateur et président de l'association de recherche et de réflexion stratégique.


Je me suis déjà exprimé sur ce sujet que le gouvernement traite avec mépris les citoyens que nous sommes, et j'y reviendrai certainement avec les cérémonies et les contre-manifestations prévues à Strasbourg en avril poue le 60ème anniversaire de l'OTAN....


A suivre...


DH



La force d'attraction otanienne (1)

 

Par Éric de La Maisonneuve (2)


À son soixantième anniversaire, on aurait pu croire l'OTAN parvenue à l'âge de la retraite, d'autant que les causes qui l'ont fait naître ont disparu avec la fin de l'ordre mondial de la guerre froide. Loin de là, elle va fêter cet anniversaire au mois d'avril prochain en manifestant une nouvelle jeunesse et en tentant de démontrer son caractère indispensable. À Strasbourg, où se dérouleront les cérémonies, la France saisira sans doute cette occasion pour annoncer son retour dans les structures militaires de l'organisation de sécurité occidentale.


Cette réintégration, plus de quarante ans après la prise de distance par le général de Gaulle, avec un système que le président français jugeait alors monovalent et exclusif, s'inscrit dans une logique qui est d'abord celle de l'évolution de notre appareil de défense, dans la continuité du livre blanc de 2008 : elle formalise le passage d'un système de défense nationale à une contribution dans un système de sécurité internationale.


Ce faisant, la réintégration de la France dans l'OTAN révèle les difficultés de notre République à maintenir un appareil de défense autonome. Faute de ressources budgétaires suffisantes, la dégradation du système de forces était apparente et le seuil au-dessous duquel un tel système n'est plus viable était en passe d'être atteint. Rejoindre les rangs otaniens est ainsi un double aveu : de faiblesse concernant les capacités nationales à demeurer autonomes, d'impuissance s'agissant des perspectives d'une future défense européenne. La pression exercée depuis des années par les Anglo-Américains a fini par avoir raison à la fois de la résistance française et des projets européens en la matière. Il faut ajouter à cela que l'industrie française d'armement - quatrième du monde - ne doit pas être mécontente de ce rapprochement qui, dans ces temps difficiles de crise, va lui ouvrir le plus grand marché d'armement du monde. Enfin, argument non négligeable, ce geste politique permet de se mettre en accord avec les réalités opérationnelles, la France participant au premier rang aux engagements de l'OTAN, dans les Balkans comme en Afghanistan.


Cela dit, et pour logique qu'elle puisse paraître, cette démarche pose en réalité plus de questions qu'elle n'en résout. On pourrait s'attarder pour les discuter sur certains des attendus de ce constat, notamment sur la validité de la stratégie adoptée dans le conflit en Afghanistan, mais il semble bien que l'essentiel du débat se situe à un autre niveau, celui des équilibres stratégiques du monde de demain. La réintégration de la France dans l'OTAN ne va-t-elle pas à contre-courant de l'histoire ? Au moment où une crise sans précédent dans les temps modernes nous incite à tourner la page d'un monde révolu, est-il opportun d'en ranimer les symboles ? On sait bien que la crise n'est pas seulement financière et économique, qu'elle est le symptôme d'un changement d'époque, dû en grande partie au bouleversement que provoque l'émergence de nouveaux acteurs non occidentaux, asiatiques en particulier. La redistribution en cours des cartes stratégiques devrait faire réfléchir à la nécessité de composer les futurs équilibres du monde, et donc de nouveaux ensembles.


L'OTAN, dans sa définition initiale il y a soixante ans, cristallisait autour des États-Unis la volonté de constituer un « camp occidental » - celui des démocraties libérales - par opposition au « camp oriental », représenté par l'Union soviétique et ses satellites communistes. Ce bipolarisme, dans lequel le général de Gaulle refusait de se laisser entraîner, n'a plus lieu d'être, la guerre froide est achevée depuis vingt ans. Un renouveau de l'OTAN - qui serait alors pour la France une raison majeure de réintégration - ne pourrait se trouver justifié que par l'apparition d'un adversaire idéologique et/ou économique d'une telle puissance, et donc d'une telle menace, qu'il nécessiterait que se reconstitue face à lui un « camp occidental ».

La question de l'islamisme radical ne peut être écartée d'un revers de main, mais il paraît toutefois assez clair que c'est du côté asiatique que doivent se tourner nos regards stratégiques. En effet, quelles que soient par ailleurs ses difficultés intérieures, la Chine possède les atouts pour sortir gagnante de cette crise et se poser dans les années à venir comme le seul rival sérieux du leadership exercé par les États-Unis sur le monde. On peut déjà mesurer, derrière les discours de connivence et l'entrelacs économique dans lequel les deux partenaires se sont mutuellement piégés, à quel point les systèmes politiques et idéologiques chinois et américain sont naturellement incompatibles et résolument antagonistes. Si on peut entrevoir une menace probable sur la paix du monde à un horizon d'une vingtaine d'années, c'est bien de la rivalité sino-américaine qu'elle doit provenir. Dans cette hypothèse, l'Amérique a tout intérêt à compter ses alliés et à rassembler son camp. La pression exercée sur les pays européens, la gesticulation entreprise contre la Russie et l'Iran avec les projets de défense antimissile ne sont compréhensibles que dans la perspective de la préparation d'un conflit contre la Chine.

 

Est-ce l'intérêt de la France, est-ce l'intérêt des Européens de se laisser embringuer dans ce qui serait une folle entreprise ? La question mérite au moins d'être posée. Sommes-nous destinés à rendre crédible un choc entre un soi-disant Occident et la future nouvelle puissance chinoise ? Aurions-nous raison de nous trouver par principe et systématiquement du côté d'un Occident qui ne représente plus la civilisation européenne mais pour l'essentiel la vision du monde et les seuls intérêts de la puissance dominante ? Ne devrions-nous pas, au contraire, prendre ou maintenir nos distances avec un système qui, loin d'assurer la sécurité, tend sur un mode archaïque à diviser le monde en camps irréductibles et opposés, préparant ainsi les guerres de demain ? L'Europe, et la défense européenne que nous ne parvenons plus à faire avancer dans cette voie, devrait avoir pour vocation de se constituer comme un pôle d'équilibre entre les deux grands du XXIe siècle - le troisième pied du tabouret -, et non comme vassal de l'un des protagonistes.


Nous sommes entrés en 2008 dans la pire crise des temps modernes. Le monde entier s'accorde à dire que, de cette crise globale, aucun pays ne se sortira seul, que nous sommes condamnés à être solidaires et à payer ainsi le prix de la mondialisation. Est-ce que rentrer dans une alliance partisane, porte-drapeau du camp occidental dont la doctrine est sinon en faillite, du moins subit un grave revers, est compatible avec cette nécessité de la solidarité mondiale ? Sachant en outre que ce sont les leaders de ce camp - Américains et Anglais - qui se sont fourvoyés dans des guerres impossibles en Asie du Sud-Ouest et qui ont été les provocateurs de la débâcle financière qui risque de conduire l'humanité aux abîmes. La crise est certes une opportunité pour faire avancer l'histoire, mais en l'occurrence et s'agissant de l'OTAN elle devrait être aussi une occasion de réfléchir à la redistribution inéluctable des cartes stratégiques.




(1) L'Humanité. fr du 27/02/09


(2) Général de division (2 s). Fondateur et président de l'Association de recherche et de réflexion stratégique ( www.societe-de-strategie.asso.fr ). Créateur (1999) et directeur de la revue Agir, revue générale de stratégie.


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5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 05:31

Parfois on croit rêver…

 

 

Claude BEBEAR, sur le sur le site du très néo-libéral Institut Montaigne nous explique finalement aujourd’hui que la bourse, c’est un peu n’importe quoi, et que la valeur d’une action ne reflète en aucun cas la valeur d’une entreprise. Ciel ! Si on avait dit cela il y a quelques mois, on se faisait passer pour un affreux gauchiste qui n’avait rien compris.

 

Claude BEBEAR parle d’investisseurs, moi je parle plutôt de spéculateurs qui placent leur argent en bourse d’une entreprise à une autre en recherchant le profit maximum et peu importe ne fait l’entreprise qu’il y a derrière.

 

J’ai toujours pensé et dit que nous vivions dans un monde complètement fou ou règne un véritable écart entre la vie réelle, ici celle des entreprises notamment industrielles et de ses salariés, et un monde que je qualifie de virtuel, celui de la finance, du cours de la bourse, et celui des monnaies.

 

Nos dirigeants d’entreprise sont souvent rivés sur le cours de la bourse alors que Claude BEBEAR reconnaît aujourd’hui, crise financière aidant, que c’est n’importe quoi. Dans un autre domaine, et je le connais particulièrement bien avec mon entreprise exportatrice, du jour au lendemain nous sommes rentables ou non en fonction de la fluctuation du cours du dollar. Cela n’a strictement rien à voir avec ce que nous produisons et comment nous le produisons. Sauf qu’en fonction du cours du dollar, nous devons « faire des efforts », « améliorer notre compétitivité », « délocaliser », « être flexibles », etc.

 

A suivre…

 

DH

 


La bourse et la fièvre

 

Par Claude Bébéar , lundi 23 février 2009, publié dans Emploi/Entreprise


Historiquement, la bourse est un endroit où une personne qui a quelque chose à vendre rencontre une autre personne que cela intéresse. Ils trouvent un accord sur la valeur et une transaction se fait. Lorsqu'il s'agit d'un objet, ou la totalité d'une entreprise, on peut considérer que le terme de l'accord représente la vraie valeur de ce qui a été échangé. Encore que ce n'est pas toujours le cas : car le prix peut être faible si le vendeur est pris à la gorge ou trop élevé si l'acheteur en a très envie ou grandement besoin.


Mais quand il s'agit d'une faible partie d'entreprise -quelques pour cent du capital - le prix de l'échange peut être très éloigné de la valeur réelle de l'entreprise. La preuve ? Une acquisition d'entreprise cotée se fait pratiquement toujours à un prix très éloigné de la valeur de bourse : des écarts de 20, 30, 40, 50 % sont habituels. D'ailleurs ne parle-t-on pas de « prime de majorité », de « prime de contrôle » ? Et quand on évalue la valeur que l'on est prêt à payer pour acheter un concurrent, le cours de bourse est un critère très secondaire.


Alors comment comprendre alors que les ayatollahs de la comptabilité considèrent que pour une action que l'on détient, on doit porter à son actif la valeur donnée par la bourse, ce qui se justifie seulement dans le cas où l'on doit la vendre en bourse dans un délai très bref ?


Car la valeur boursière est très volatile. Tous les jours, une batterie d'informations vient en changer l'appréciation : indice de confiance des consommateurs du Michigan, faiblesse de la bourse de Tokyo... et je ne sais encore quelle baliverne qui n'a rien à voir avec le métier de l'entreprise qui nous intéresse. Agressée par ces informations, la bourse s'affole et change d'avis à une vitesse stupéfiante. Les investisseurs paniquent ou s'enthousiasment et le cours de l'action fluctue alors que l'activité actuelle ou raisonnablement prévisible de l'entreprise n'est en rien concernée.

La bourse est -croient certains- le thermomètre de l'activité économique. Mais c'est un thermomètre qui panique ou réconforte le malade. C'est un thermomètre dangereux parce que c'est souvent lui qui donne la fièvre.


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26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 05:45

Nicolas SARKOZY a proposé de partager en 3 tiers les revenus des entreprises : 1/3 pour les actionnaires, 1/3 pour l’investissement 1/3 pour les salariés.
 
Toute une série d’articles est parue sur le sujet dans la presse et sur Internet. Le sujet fait couler beaucoup d’encre, entre les pours, les contres, ceux qui disent que c’est impossible, que ce serait une catastrophe, etc.
 
Je suis surpris, de n’avoir jamais vu ou lu que ce système existe déjà en France, dans une entreprise. Je veux parler de DASSAULT, qui au travers de son accord de participation, applique depuis des dizaines d’années ce principe.
 
Il suffit d’aller sur le site de la CFDT de DASSAULT et de lire les accords société en vigueur.
 
 
 
Donc cette règle des 3 tiers est possible ! Sauf, erreur, je ne crois pas que la famille DASSAULT soit réellement dans le besoin.
 
Ne vous méprenez pas, je ne suis pas devenu Sarkozyste, ni pro - DASSAULT ! Je que je veux dire, c’est que c’est possible, que cela se pratique, même si le cas doit être unique. Il y a donc des marges de manœuvres tant pour le pouvoir d’achat, que notre protection sociale (santé, retraite, etc.), si on se réfère à l’analyse ci-après d’Alternative Economique.  De plus si les entreprises investissaient plus plutôt que de redonner de l’argent aux actionnaires, qui sont plus souvent des spéculateurs, que des investisseurs, cela ne serait pas forcément mauvais pour l’emploi.
 
Le bémol, que je mettrais, c’est que le MEDEF rêve de flexibiliser les revenus des salariés en fonction des profits de l’entreprise. Il ne faut pas rentrer dans cette logique. Encore comme contre-exemple, je prendrai DASSAULT (décidément !)  dont les grilles de salaires minimums sont très au dessus de la moyenne du secteur Aéronautique et autres.
 
DH
 
NB : J’ai tenu cette explication sur le site :
 
 
Mon commentaire a été censuré, bizarre ?

Les trois tiers, vraiment ? (*)
 

Nicolas Sarkozy souhaite que les actionnaires, les salariés et l'entreprise se partagent à part égale les bénéfices. Si on en croit les comptes établis par l'Insee, le chemin va être long.


Nicolas Sarkozy l'a claironné haut et fort le 5 février dernier : il faut que les entreprises partagent leurs bénéfices en trois tiers. Un tiers pour les actionnaires, un tiers pour les salariés sous forme d'intéressement et de participation aux bénéfices et un tiers qu'elles conservent pour financer leurs investissements et leur développement. Si on en croit les comptes de l'ensemble des entreprises françaises en 2006 (1) tels que les a établis l'Insee, le chemin va être long.


Les catégories des comptes nationaux ne correspondent pas exactement à celles de la comptabilité d'entreprise et il faut donc les triturer un peu pour retomber sur ses pieds. L'Insee considère par exemple l'intéressement et la participation comme des salaires. La comptabilité nationale ne connait pas non plus la notion de bénéfice : elle n'estime que des « profits bruts » avant amortissement, c'est-à-dire prise en compte de l'usure des équipements existants et de la nécessité de simplement les remplacer. La Note de l'Insee évoquée par le quotidien Les Echos du 18 février 2009 entretient d'ailleurs cette confusion : le partage des profits qui y est calculé n'a, en particulier pour cette raison, rien à voir avec le partage des bénéfices des entreprises tels qu'ils ressortent de leurs comptes annuels...


Si on opère rigoureusement les reclassements nécessaires, il apparait que pour un chiffre d'affaires global de 2260 milliards d'euros, les entreprises (les sociétés non financières dans le jargon de la Comptabilité nationale) avaient réalisé en 2006, 137 milliards de bénéfices avant impôt, soit 6 % de leur CA. Elles avaient payé 41 milliards d'impôts sur les bénéfices et il leur est donc resté 95 milliards d'euros à partager. Là-dessus 71 sont partis aux actionnaires, 15 aux salariés sous forme d'intéressement et de participation, soit 16 % du total (2). Et il n'en restait que 9, soit 9 % du total, pour financer le développement des entreprises... Sans commentaires. (une fois déduits les dividendes que les entreprises ont-elles-même reçues de leurs filiales), soit 75 % du total,



Résultat des sociétés non financières en 2006 en milliards d'euros et en % du bénéfice après impôts


Source : Insee, Dares, calculs Alternatives économiques



Bénéfice après impôts

95,1


Revenu distribué aux actionnaires

71,0

74,6%

Intéressement et participation

15,1

15,9%

Reste à l'entreprise

9,0

9,5%




(*) http://www.alternatives-economiques.fr/benefices-d-entreprise---sarkozy-sur-les-befefices-d-entreprises_fr_art_633_42052.html


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Published by Didier HACQUART - dans Rien n'est inéluctable - mobilisons nous !
25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 04:12



Pour une fois je reprends un article du Figaro. Il me paraissait intéressant de parler du fameux scandale MADOFF. L'article du Figaro traite des « victimes françaises ».

 

Je trouve le titre surprenant, victimes ? Pour moi ce sont des victimes ( ?) qui croyaient au Père Noël, et qui rêvaient de super rendements en pleine crise des subprimes (6 à 7%) et même avant avec des rendements supérieurs à 10%. Personnellement je ne vais pas pleurer pour des personnes qui ont les moyens de perdre pour certains plusieurs centaines de millions d'euros....

 

L'autre jour, j'entendais à la radio un spécialiste financier qui trouvait anormal que le taux de la caisse d'épargne passe à 2,5% en 2009. Il trouvait que cela était trop ! Il trouvait « intolérable » que la Président de la république intervienne dans ce dossier, alors qu'il était initialement prévu que le taux passe de 4 à 2%... Ce qui m'exaspère, c'est que ce brave homme côtoie tous les jours ces « pauvres victimes » de MADOFF pour qui il était normal « d'investir » dans des fonds qui rapportent 10% et plus...

 

Si vous avez le courage d'aller jusqu'au bout de l'article, j'avoue que c'est un peu écœurant et démoralisant, vous serez « rassurés » d'apprendre que pour ces victimes, des solutions sont en passe d'être trouvées pour minimiser leurs pertes...

 

Pendant ce temps là, des dizaines de milliers de Guadeloupéens manifestent dans la rue depuis plus d'un mois pour ...... 200 €.

 

DH

 

 


 

 

Madoff : les victimes françaises parlent


Légende de Wall Street, le courtier Bernard Madoff avait tout pour inspirer confiance. En France, 45 banques et assurances lui ont confié directement ou indirectement des fonds. (Polaris/Starface)

 

On croyait que seules quelques grandes fortunes étaient lésées. On découvre jour après jour que des centaines d'épargnants français avaient placé leurs économies chez l'escroc de Wall Street, souvent sans le savoir.

 

De Courchevel à Saint-Tropez en passant par le Cercle de l'Union interalliée ou le Maxim's Business Club, c'est devenu presque une boutade : «T'es Madoffé ou non?» La réponse est souvent positive. Mais ceux qui en parlent le plus ne sont pas nécessairement ceux qui ont le plus perdu. En matière de fortune, plus on en a, moins on en parle ! N'empêche: la liste des victimes françaises de Madoff s'allonge de jour en jour, surtout depuis que la justice américaine a publié un listing de 12 000 clients de l'escroc américain, à l'origine d'une fraude monumentale évaluée à 50 milliards de dollars (38 milliards d'euros). Parmi eux, une vingtaine d'institutionnels et de particuliers français, parfois dissimulés derrière des structures au nom mystérieux Pargeral, Luxalpha, Finama, Access... Ces fonds appartiennent en réalité à des personnalités connues comme Liliane Bettencourt, l'une des premières victimes de Madoff. La richissime actionnaire de L'Oréal, 86 ans, aurait investi entre 450 et 500 millions d'euros via la structure chargée de gérer ses avoirs dans le groupe de cosmétiques et via la Fondation Bettencourt-Schueller. Elle avait toutefois réaménagé ses placements et sa perte serait d'une vingtaine de millions d'euros. On trouve aussi en bonne place sur cette liste la Financière Agache, holding familiale de Bernard Arnault, patron du leader mondial du luxe LVMH, et première fortune de France (18 milliards d'euros). L'homme d'affaires a fait savoir que le compte était « dormant » depuis plusieurs années.

 

Même chose pour le groupe Carrefour, dont la trésorerie a fait un tour sur les comptes de Madoff. Le nom de son ancien trésorier, Jean-Pierre Audebourg, est mentionné sur la liste des clients. « Le compte a été soldé en 2003. Il est aujourd'hui en sommeil », explique une porte-parole du groupe de distribution. Certains ne démentent pas, mais restent silencieux, comme la discrète famille Igoin-Apfelbaum, qui compte plusieurs scientifiques dans ses rangs. Ou encore la famille Halley, héritière du groupe de distribution Carrefour-Promodès, qui a investi une partie de ses avoirs via son family office Halley Invest, situé à Bruxelles. « Des gens sérieux, qui n'ont pas la réputation de s'engager à la légère », explique un fin connaisseur du dossier. Comment cette famille si prudente s'est-elle retrouvée impliquée dans cette escroquerie de haut vol ? Les relations d'amitié qui unissaient Paul-Louis Halley, l'homme fort de la dynastie, et Thierry de la Villehuchet, cofondateur d'Access International Advisors, l'un des fonds qui recrutaient des épargnants pour Madoff, ont joué à plein. «Ils étaient très amis. Ils partageaient la même passion du bateau en Bretagne», raconte un proche de la famille.

 

Car le système Madoff reposait avant tout sur les relations de confiance et d'amitié. « Le boucheà- oreille a fonctionné à plein. Tout le monde voulait rentrer dans Madoff, qui offrait des rendements de 6 à 7 % alors que la Bourse s'effondrait, explique Bertrand de la Villehuchet, le frère de Thierry, qui s'est suicidé à la veille de Noël. Il a estimé qu'il aurait dû s'opposer et qu'il n'avait pas rempli son rôle. » Surtout auprès de ses amis, dont beaucoup sont aujourd'hui ruinés. L'engouement était devenu tel, surtout depuis la crise des subprimes, que toute la jet-set et les milieux d'affaires rêvaient d'investir dans ce fonds miracle dont l'accès était présenté comme un privilège. Entrer dans Madoff, c'était être coopté par les membres d'un club hyper-sélect dont la carte de membre s'achetait plusieurs millions d'euros. Un avocat parisien raconte :«Un de mes clients s'est entendu répondre : "Je ne peux pas te faire rentrer dans Madoff. Avec 5 millions d'euros, il ne te prendra pas. Il faut plus !"». La société de Thierry de la Villehuchet et de son associé, Patrick Littaye, jouait un rôle clé pour séduire le gotha européen. Parmi les associés, on retrouve Philippe Junot, l'ex-mari de Caroline de Monaco, et Michel de Yougoslavie. Ces deux figures emblématiques des mondanités européennes se font aujourd'hui fort discrètes. «Je n'ai aucune nouvelle de Philippe depuis Noël», assure un de ses plus vieux amis.

 

Grands patrons à la retraite, cadres supérieurs fortunés, stars du show-biz, héritiers de vieilles dynasties industrielles... Ils sont nombreux à s'être laissés prendre. Leurs noms se chuchotent dans les cabinets feutrés des avocats parisiens renommés. Un grand nom du cognac aurait perdu 280 millions d'euros dans l'affaire ! On parle aussi des Racamier (héritiers de la fortune Vuitton), des Guerrand-Hermès, d'une partie de la famille Bouygues, du mari d'une ancienne star du cinéma, « dentiste des people », d'un célèbre intellectuel philosophe, d'un membre éminent de l'Institut... Aucun n'a voulu confirmer ces rumeurs.

 

Quelques entreprises figurent aussi parmi les victimes. Un groupe industriel de tout premier plan aurait perdu 100millions d'euros, soit entre 25 et 30 % de sa trésorerie, en pariant sur Madoff. Une affaire suivie de près par Bercy, d'autant qu'il ne serait pas le seul dans ce cas.

 

Mais ce que l'on découvre aujourd'hui, c'est que des milliers d'épargnants anonymes se retrouvent pris au piège après avoir investi les yeux fermés dans des sicav et fonds de placement, eux-mêmes investis dans des fonds liés à Madoff. Parmi ces derniers, des noms reviennent avec force, comme Luxalpha et Luxinvest, deux sicav luxembourgeoises commercialisées par la première banque suisse, UBS, mais aussi Thema, la sicav irlandaise proposée par HSBC, ou encore Fairfield, Kingate... « Ils étaient considérés comme des placements de père de famille, sensés, prudents et offrant un maximum de garanties, car ils avaient reçu le passeport européen », précise Fabrice Rémon, responsable de Deminor France, qui défend les épargnants contre UBS. Le simple nom de cette banque, premier gérant de fortune mondial, suffisait à inspirer confiance. « Beaucoup de ces épargnants n'auraient pour rien au monde acheté du Madoff offshore. Ils voulaient un dépositaire prestigieux », ajoute Colette Neuville, présidente de l'Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam) et passionaria des petits porteurs.

 

Combien les Français ont-ils perdu ?

 

Certains ont investi quelques dizaines de milliers d'euros, d'autres, quelques centaines de millions... On estime que 45 institutions financières parisiennes (BNP Paribas, Natixis, Meeschaert, Aforge, La Compagnie financière Edmond de Rothschild...) ont guidé leurs épargnants, directement ou indirectement, vers les produits Madoff, parfois sans même le savoir ! L'Autorité des marchés financiers (AMF) soutient que toutes les pertes sont aujourd'hui identifiées. Elles sont évaluées, pour les petits épargnants français ayant investi dans Luxalpha, à 500 millions d'euros, sur un total de 1,4 milliard d'euros d'actifs Madoff acquis par la sicav. Mais combien ont-ils perdu à travers d'autres fonds ? Et directement ? « Les pouvoirs publics minimisent les chiffres pour ne pas affoler les épargnants, mais la facture totale est très supérieure au milliard d'euros », confie un professionnel de la finance. L'affaire est en tout cas suffisamment grave pour que Bercy change de discours. Après avoir affirmé que l'affaire Madoff ne concernait pas « le grand public », mais seulement les plus fortunés des épargnants, Christine Lagarde semble avoir pris la mesure de la fraude. D'autant que les grandes manœuvres ont commencé pour tenter de récupérer les sommes évaporées.

 

Tous les regards sont tournés vers le Luxembourg et sa législation en matière de protection des épargnants. Qualifié de « paradis fiscal » par le chef de l'Etat lors de son interview télévisée, le grand-duché peaufine sa défense et tente de démontrer qu'il offre les mêmes garanties que n'importe quel autre pays de l'Union européenne, contrairement à ce que certains ont laissé entendre. Le ministre du Budget luxembourgeois, Luc Frieden, a cherché à éteindre le feu en précisant qu'UBS, en sa qualité de dépositaire des fonds placés sur la sicav Luxalpha, avait bien, au Luxembourg comme ailleurs en Europe, un rôle de « conservateur » (ce que contestait UBS) et devait à ce titre rembourser les épargnants. Une prise de position politique qui reste à confirmer par la toute-puissante Commission de surveillance du secteur financier (CSSF), l'équivalent luxembourgeois de l'AMF.« Celle-ci a pour l'heure notifié à UBS un certain nombre de griefs, dans le cadre d'une procédure confidentielle, et évoqué de possibles sanctions à l'encontre de la banque », relate MeMarc Stehlin, avocat à Paris. Avec, en toile de fond, un possible retrait de l'agrément européen pour certaines activités d'UBS au Luxembourg ? La banque suisse a un mois pour obtempérer. « Le Luxembourg a parfaitement raison d'opter pour la fermeté, estime Colette Neuville. Il faut que l'on puisse dire que l'Europe est un espace dans lequel les régulateurs font respecter la loi. Il est impératif de donner un vrai sentiment de sécurité aux investisseurs, alors que l'Europe a précisément besoin de capitaux. » Pierre Bollon, délégué général de l'association des sociétés de gestion, confirme : «Le grand-duché a compris que sa réputation était en jeu.»

 

L'ennui est que, jusqu'à présent, tout montre qu'UBS n'a nullement l'intention de rembourser les épargnants floués. A la suite d'une décision de justice dont elle vient de faire appel, UBS a été condamnée à rembourser 30 millions d'euros à la société de gestion française Oddo Cie, qui lui avait donné l'ordre de clôturer ses positions dans Luxalpha dès novembre 2008 (un mois avant l'arrestation de Madoff !). Or la banque suisse ne s'est exécutée qu'en janvier. Sa mauvaise volonté a éclaté au grand jour le 10 février, lors de la publication de ses comptes annuels : non seulement le sort des clients Luxalpha et Luxinvest n'a pas été évoqué, mais la banque s'est offert le luxe de verser 1,5 milliard d'euros de bonus à ses salariés. Avec l'aval des autorités suisses, premier actionnaire d'UBS ! La bataille juridique ne fait que commencer. Si UBS est au cœur du cyclone, d'autres établissements pourraient se retrouver dans la tourmente. En premier lieu HSBC, dont le fonds Thema, basé en Irlande, a drainé jusqu'à 700 millions d'euros d'épargne vers Madoff. Mais aussi les établissements français qui ont vendu ces produits à hauts risques à leurs clients privilégiés, tout en croyant leur proposer des placements sécurisés. « Nous sommes nous-mêmes victimes », se défend un gérant de fortunes parisien.

 

La décision du fonds de gestion privée Meeschaert de rembourser ses clients Luxalpha donne une lueur d'espoir aux victimes françaises. « Il s'agit d'un geste commercial fort, qui se chiffre à plusieurs millions d'euros, explique Cédric Meeschaert, président de Meeschaert Gestion privée. Après deux mois d'attente, nous avons estimé légitime de dégager nos clients de cette histoire et de régler le problème entre institutionnels, dans un cadre européen. » D'autres établissements auraient commencé à rembourser certains clients privilégiés, en toute discrétion.

 

Ces initiatives isolées sont mal perçues par leurs confrères, qui les accusent de trahir la solidarité de la place et voudraient d'abord voir aboutir leur démarche commune à l'encontre des dépositaires des fonds investis chez Madoff, UBS et HSBC, et de leurs commissaires aux comptes, Ernst&Young et Price Waterhouse.

 

Pour l'heure, les seuls gagnants sont les avocats, dont les équipes s'activent pour préparer assignations et référés. En promettant à leurs clients d'être remboursés plus sûrement que leurs grands-parents qui avaient souscrit des emprunts russes!

 

(*) http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2009/02/20/01006-20090220ARTFIG00354-madoff-les-victimes-francaises-parlent-.php

 

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Published by Didier HACQUART - dans Rien n'est inéluctable - mobilisons nous !
23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 08:11

 

 


Des intellectuels des départements d'Outre-mer se mobilisent. Ils ont écrit un manifeste pour les produits de haute nécessité.

 

Mais leurs réflexions et propositions s'appliquent-elles uniquement à la Martinique, Guadeloupe, Guyane, Réunion ? Pas si sûr...

 

DH

 


Manifeste pour les «produits» de haute nécessité : Martinique, Guadeloupe, Guyane, Réunion

 

par Ernest BRELEUR, Patrick CHAMOISEAU, Serge DOMI, Gérard DELVER, Edouard GLISSANT, Guillaume PIGEARD DE GURBERT, Olivier PORTECOP, Olivier PULVAR, Jean-Claude WILLIAM


C'est en solidarité pleine et sans réserve aucune que nous saluons le profond mouvement social qui s'est installé en Guadeloupe, puis en Martinique, et qui tend à se répandre à la Guyane et à la Réunion. Aucune de nos revendications n'est illégitime. Aucune n'est irrationnelle en soi, et surtout pas plus démesurée que les rouages du système auquel elle se confronte. Aucune ne saurait donc être négligée dans ce qu'elle représente, ni dans ce qu'elle implique en relation avec l'ensemble des autres revendications. Car la force de ce mouvement est d'avoir su organiser sur une même base ce qui jusqu'alors s'était vu disjoint, voire isolé dans la cécité catégorielle - à savoir les luttes jusqu'alors inaudibles dans les administrations, les hôpitaux, les établissements scolaires, les entreprises, les collectivités territoriales, tout le monde  associatif, toutes les professions artisanales ou libérales...

 

Mais le plus important est que la dynamique du collectif Lyannaj - qui est d'allier et de rallier, de lier, relier et relayer tout ce qui se trouvait désolidarisé - est que la souffrance réelle du plus grand nombre (confrontée à un délire de concentrations économiques, d'ententes et de profits) rejoint des aspirations diffuses, encore inexprimables mais bien réelles, chez les jeunes, les grandes personnes, oubliés, invisibles et autres souffrants indéchiffrables de nos sociétés. La plupart de ceux qui y défilent en masse découvrent (ou recommencent à se souvenir) que l'on peut saisir l'impossible au collet, ou enlever le trône de notre renoncement à la fatalité.

 

Cette grève est donc plus que légitime, et plus que bienfaisante, et ceux qui défaillent, temporisent, tergiversent, faillissent à lui porter des réponses décentes, se rapetissent et se condamnent.

 

Dès lors, derrière le prosaïque du «pouvoir d'achat» ou du «panier de la ménagère», se profile l'essentiel qui nous manque et qui donne du sens à l'existence, à savoir : le poétique. Toute vie humaine un peu équilibrée s'articule entre, d'un côté, les nécessités immédiates du boire-survivre-manger (en clair : le prosaïque) ; et, de l'autre, l'aspiration à un épanouissement de soi, là où la nourriture est de dignité, d'honneur, de musique, de chants, de sports, de danses, de lectures, de philosophie, de spiritualité, d'amour, de temps libre affecté à l'accomplissement du grand désir intime (en clair : le poétique). Comme le propose Edgar Morin, le vivre-pour-vivre, tout comme le vivre-pour-soi n'ouvrent à aucune plénitude sans le donner-à-vivre à ce que nous aimons, à ceux que nous aimons, aux impossibles et aux dépassements auxquels nous aspirons.


La «hausse des prix» ou «la vie chère» ne sont pas de petits diables-ziguidi qui surgissent devant nous en cruauté spontanée, ou de la seule cuisse de quelques purs békés. Ce sont les résultantes d'une dentition de système où règne le dogme du libéralisme économique. Ce dernier s'est emparé de la planète, il pèse sur la totalité des peuples, et il préside dans tous les imaginaires -non à une épuration ethnique, mais bien à une sorte d'«épuration éthique» (entendre : désenchantement, désacralisation, désymbolisation, déconstruction même) de tout le fait humain.

 

Ce système a confiné nos existences dans des individuations égoïstes qui vous suppriment tout horizon et vous condamnent  à deux misères profondes : être «consommateur» ou bien être «producteur». Le consommateur ne travaillant que pour consommer ce que produit sa force de travail devenue marchandise ; et le producteur réduisant sa production à l'unique perspective de profits sans limites pour des consommations fantasmées sans limites. L'ensemble ouvre à cette socialisation anti-sociale, dont parlait André Gorz, et où l'économique devient ainsi sa propre finalité et déserte tout le reste.

 

Alors, quand le «prosaïque» n'ouvre pas aux élévations du «poétique», quand il devient sa propre finalité et se consume ainsi, nous avons tendance à croire que les aspirations de notre vie, et son besoin de sens, peuvent se loger dans ces codes-barres que sont « le pouvoir d'achat » ou «le panier de la ménagère». Et pire : nous finissons par penser que la gestion vertueuse des misères les plus intolérables relève d'une politique humaine ou progressiste. Il est donc urgent d'escorter les «produits de premières nécessités», d'une autre catégorie de denrées ou de facteurs qui relèveraient résolument d'une «haute nécessité».

 

Par cette idée de «haute nécessité», nous appelons à prendre conscience du poétique déjà en œuvre dans un mouvement qui, au-delà du pouvoir d'achat, relève d'une exigence existentielle réelle, d'un appel très profond au plus noble de la vie.



Alors que mettre dans ces «produits» de haute nécessité ?



C'est tout ce qui constitue le cœur de notre souffrant désir de faire peuple et nation, d'entrer en dignité sur la grand-scène du monde, et qui ne se trouve pas aujourd'hui au centre des négociations en Martinique et en Guadeloupe, et bientôt sans doute en Guyane et à la Réunion.

 

D'abord, il ne saurait y avoir d'avancées sociales qui se contenteraient d'elles-mêmes. Toute avancée sociale ne se réalise vraiment que dans une expérience politique qui tirerait les leçons structurantes de ce qui s'est passé. Ce mouvement a mis en exergue le tragique émiettement institutionnel de nos pays, et l'absence de pouvoir qui lui sert d'ossature. Le «déterminant» ou bien le «décisif» s'obtient par des voyages ou par le téléphone. La compétence n'arrive que par des émissaires. La désinvolture et le mépris rôdent à tous les étages. L'éloignement, l'aveuglement et la déformation président aux analyses.


L'imbroglio des pseudos pouvoirs Région-Département-Préfet, tout comme cette chose qu'est l'association des maires, ont montré leur impuissance, même leur effondrement, quand une revendication massive et sérieuse surgit dans une entité culturelle historique identitaire humaine, distincte de celle de la métropole administrante, mais qui ne s'est jamais vue traitée comme telle. Les slogans et les demandes ont tout de suite sauté par-dessus nos «présidents locaux» pour s'en aller mander ailleurs. Hélas, tout victoire sociale qui s'obtiendrait ainsi (dans ce bond par-dessus nous-mêmes), et qui s'arrêterait là, renforcerait notre assimilation, donc conforterait notre inexistence au monde et nos pseudo-pouvoirs.

Ce mouvement se doit donc de fleurir en vision politique, laquelle devrait ouvrir à une force politique de renouvellement et de projection apte à nous faire accéder à la responsabilité de nous-mêmes par nous-mêmes et au pouvoir de nous-mêmes sur nous-mêmes. Et même si un tel pouvoir ne résoudrait vraiment aucun de ces problèmes, il nous permettrait à tout le moins de les aborder désormais en saine responsabilité, et donc de les traiter enfin plutôt que d'acquiescer aux sous-traitances. La question békée et des ghettos qui germent ici où là, est une petite question qu'une responsabilité politique endogène peut régler. Celle de la répartition et de la protection de nos terres à tous points de vue aussi. Celle de l'accueil préférentiel de nos jeunes tout autant. Celle d'une autre Justice ou de la lutte contre les fléaux de la drogue en relève largement...


Le déficit en responsabilité crée amertume, xénophobie, crainte de l'autre, confiance réduite en soi... La question de la responsabilité est donc de haute nécessité. C'est dans l'irresponsabilité collective que se nichent les blocages persistants dans les négociations actuelles. Et c'est dans la responsabilité que se trouve l'invention, la souplesse, la créativité, la nécessité de trouver des solutions endogènes praticables. C'est dans la responsabilité que l'échec ou l'impuissance devient un lieu d'expérience véritable et de maturation. C'est en responsabilité que l'on tend plus rapidement et plus positivement vers ce qui relève de l'essentiel, tant dans les luttes que dans les aspirations ou dans les analyses.


Ensuite, il y a la haute nécessité de comprendre que le labyrinthe obscur et indémêlable des prix (marges, sous-marges, commissions occultes et profits indécents) est inscrit dans une logique de système libéral marchand, lequel s'est étendu à l'ensemble de la planète avec la force aveugle d'une religion. Ils sont aussi enchâssés dans une absurdité coloniale qui nous a détournés de notre manger-pays, de notre environnement proche et de nos réalités culturelles, pour nous livrer sans pantalon et sans jardins-bokay aux modes alimentaires européens. C'est comme si la France avait été formatée pour importer toute son alimentation et ses produits de grande nécessité depuis des milliers et des milliers de kilomètres.

 

Négocier dans ce cadre colonial absurde avec l'insondable chaîne des opérateurs et des intermédiaires peut certes améliorer quelque souffrance dans l'immédiat ; mais l'illusoire bienfaisance de ces accords sera vite balayée par le principe du «Marché» et par tous ces mécanismes que créent un nuage de voracités, (donc de profitations nourries par «l'esprit colonial» et régulées par la distance) que les primes, gels, aménagements vertueux, réductions opportunistes, pianotements dérisoires de l'octroi de mer, ne sauraient endiguer.

 

Il y a donc une haute nécessité à nous vivre caribéens dans nos imports-exports vitaux, à nous penser américain pour la satisfaction de nos nécessités, de notre autosuffisance énergétique et alimentaire. L'autre très haute nécessité est ensuite de s'inscrire dans une contestation radicale du capitalisme contemporain qui n'est pas une perversion mais bien la plénitude hystérique d'un dogme. La haute nécessité est de tenter tout de suite de jeter les bases d'une société non économique, où l'idée de développement à croissance continuelle serait écartée au profit de celle d'épanouissement ; où emploi, salaire, consommation et production serait des lieux de création de soi et de parachèvement de l'humain.

 

Si le capitalisme (dans son principe très pur qui est la forme contemporaine) a créé ce Frankenstein consommateur qui se réduit à son panier de nécessités, il engendre aussi de bien lamentables «producteurs» -chefs d'entreprises, entrepreneurs, et autres socioprofessionnels ineptes- incapables de tressaillements en face d'un sursaut de souffrance et de l'impérieuse nécessité d'un autre imaginaire politique, économique, social et culturel. Et là, il n'existe pas de camps différents. Nous sommes tous victimes d'un système flou, globalisé, qu'il nous faut affronter ensemble. Ouvriers et petits patrons, consommateurs et producteurs, portent quelque part en eux, silencieuse mais bien irréductible, cette haute nécessité qu'il nous faut réveiller,  à savoir: vivre la vie, et sa propre vie, dans l'élévation constante vers le plus noble et le plus exigeant, et donc vers le plus épanouissant.
Ce qui revient à vivre sa vie, et la vie, dans toute l'ampleur du poétique.

 

On peut mettre la grande distribution à genoux en mangeant sain et autrement.


On peut  renvoyer  la Sara et les compagnies pétrolières aux oubliettes, en rompant avec le tout automobile.

 

On peut endiguer les agences de l'eau, leurs prix exorbitants, en considérant la moindre goutte sans attendre comme une denrée précieuse, à protéger partout, à utiliser comme on le ferait des dernières chiquetailles d'un trésor qui appartient à tous.

 

On ne peut vaincre ni dépasser le prosaïque en demeurant dans la caverne du prosaïque, il faut  ouvrir en poétique, en décroissance et en sobriété. Rien de ces institutions si arrogantes et puissantes aujourd'hui (banques, firmes transnationales, grandes surfaces, entrepreneurs de santé, téléphonie mobile...) ne sauraient ni ne pourraient y résister.


Enfin, sur la question des salaires et de l'emploi. Là aussi il nous faut déterminer la haute nécessité.


Le capitalisme contemporain réduit la part salariale à mesure qu'il augmente sa production et ses profits. Le chômage est une conséquence directe de la diminution de son besoin de main d'œuvre. Quand il délocalise, ce n'est pas dans la recherche d'une main d'œuvre abondante, mais dans le souci d'un effondrement plus accéléré de la part salariale. Toute déflation salariale dégage des profits qui vont de suite au grand jeu welto de la finance. Réclamer une augmentation de salaire conséquente n'est donc en rien illégitime : c'est le début d'une équité qui doit se faire mondiale.

 

Quant à l'idée du «plein emploi», elle nous a été clouée dans l'imaginaire par les nécessités du développement industriel et les épurations éthiques qui l'ont accompagnée. Le travail à l'origine était inscrit dans un système symbolique et sacré (d'ordre politique, culturel, personnel) qui en déterminait les ampleurs et le sens. Sous la régie capitaliste, il a perdu son sens créateur et sa vertu épanouissante à mesure qu'il devenait, au détriment de tout le reste, tout à la fois un simple «emploi», et l'unique colonne vertébrale de nos semaines et de nos jours. Le travail a achevé de perdre toute signifiance quand, devenu lui-même une simple marchandise, il s'est mis à n'ouvrir qu'à la consommation.


Nous sommes maintenant au fond du gouffre.


Il nous faut donc réinstaller le travail au sein du poétique. Même acharné, même pénible, qu'il redevienne un lieu d'accomplissement, d'invention sociale et de construction de soi, ou alors qu'il en soit un outil secondaire parmi d'autres. Il y a des myriades de compétences, de talents, de créativités, de folies bienfaisantes, qui se trouvent en ce moment stérilisés dans les couloirs ANPE et les camps sans barbelés du chômage structurel né du capitalisme. Même quand nous nous serons débarrassés du dogme marchand, les avancées technologiques (vouées à la sobriété et à la décroissance sélective) nous aiderons à transformer la valeur-travail en une sorte d'arc-en-ciel, allant du simple outil accessoire jusqu'à l'équation d'une activité à haute incandescence créatrice. Le plein emploi ne sera pas du prosaïque productiviste, mais il s'envisagera dans ce qu'il peut créer en socialisation, en autoproduction, en temps libre, en temps mort, en ce qu'il pourra permettre de solidarités, de partages, de soutiens aux plus démantelés, de revitalisations écologiques de notre environnement... 


Il s'envisagera en «tout ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue».
Il y aura du travail et des revenus de citoyenneté dans ce qui stimule, qui aide à rêver, qui mène à méditer ou qui ouvre aux délices de l'ennui, qui installe en musique, qui oriente en randonnée dans le pays des livres, des arts, du chant, de la philosophie, de l'étude ou de la consommation de haute nécessité qui ouvre à création -créaconsommation.


En valeur poétique, il n'existe ni chômage ni plein emploi ni assistanat, mais autorégénération et autoréorganisation, mais du possible à l'infini pour  tous les talents, toutes les aspirations. En valeur poétique, le PIB des sociétés économiques révèle sa brutalité.


Voici ce premier panier que nous apportons à toutes les tables de négociations et à leurs prolongements : que le principe de gratuité soit posé pour tout ce qui permet un dégagement des chaînes, une amplification de l'imaginaire, une stimulation des facultés cognitives, une mise en créativité de tous, un déboulé sans manman de l'esprit. Que ce principe balise les chemins vers le livre, les contes, le théâtre, la musique, la danse, les arts visuels, l'artisanat, la culture et l'agriculture... Qu'il soit inscrit au porche des maternelles, des écoles, des lycées et collèges, des universités et de tous les lieux connaissance et de formation... Qu'il ouvre à des usages créateurs des technologies neuves et du cyberespace. Qu'il favorise tout ce qui permet d'entrer en Relation (rencontres, contacts, coopérations, interactions, errances qui orientent) avec les virtualités imprévisibles du Tout-Monde...

 

C'est le gratuit en son principe qui permettra aux politiques sociales et culturelles publiques de déterminer l'ampleur des exceptions. C'est à partir de ce principe que nous devrons imaginer des échelles non marchandes allant du totalement gratuit à la participation réduite ou symbolique, du financement public au financement individuel et volontaire... C'est le gratuit en son principe qui devrait s'installer aux fondements de nos sociétés neuves et de nos solidarités imaginantes...

Projetons nos imaginaires dans ces hautes nécessités jusqu'à ce que la force du Lyannaj ou bien du vivre-ensemble, ne soit plus un «panier de ménagère», mais le souci démultiplié d'une plénitude de l'idée de l'humain.

 

Imaginons ensemble un cadre politique de responsabilité pleine, dans des sociétés martiniquaise guadeloupéenne guyanaise réunionnaise nouvelles, prenant leur part souveraine aux luttes planétaires contre le capitalisme et pour un monde écologiquement nouveau.

 

Profitons de cette conscience ouverte, à vif, pour que les négociations se nourrissent, prolongent et s'ouvrent comme une floraison dans une audience totale, sur ces nations qui sont les nôtres.

 

An gwan lodyans qui ne craint ni ne déserte les grands frissons de l'utopie.

 

Nous appelons donc à ces utopies où le Politique ne serait pas réduit à la gestion des misères inadmissibles ni à la régulation des sauvageries du « Marché », mais où il retrouverait son essence au service de tout ce qui confère une âme au prosaïque en le dépassant ou en l'instrumentalisant de la manière la plus étroite.

 

Nous appelons à une haute politique, à un art politique, qui installe l'individu, sa relation à l'Autre, au centre d'un projet commun où règne ce que la vie a de plus exigeant, de plus intense et de plus éclatant, et donc de plus sensible à la beauté.

 

Ainsi, chers compatriotes, en nous débarrassant des archaïsmes coloniaux, de la dépendance et de l'assistanat, en nous inscrivant résolument dans l'épanouissement écologique de nos pays et du monde à venir, en contestant la violence économique et le système marchand, nous naîtrons au monde avec une visibilité levée du post-capitalisme et d'un rapport écologique global aux équilibres de la planète....

 

Alors voici notre vision :


Petits pays, soudain au cœur nouveau du monde, soudain immenses d'être les premiers exemples de sociétés post-capitalistes, capables de mettre en œuvre un épanouissement humain qui s'inscrit dans l'horizontale plénitude du vivant...



 

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Published by Didier HACQUART - dans Rien n'est inéluctable - mobilisons nous !
22 février 2009 7 22 /02 /février /2009 05:22

Lors de la manifestation du 29 janvier 2009, nous avons tous vu le fameux slogan Rêve général ». Le slogan était sympa, bien trouvé et fort de sens. Bizarre. Grâce à Marianne.fr nous en savons désormais un peu plus…

 

A suivre le 19 mars prochain, avec un nouveau slogan…

 

DH


Rêve général se dévoile...

 

Leur autocollant - Rêve général - trainait un peu partout mais on ne savait pas qui c'était. Aujourd'hui le CNR s'est dévoilé et prépare la mobilisation du 19 mars.
 

Leur dernier site avait déjà créé le buzz avant le 29 janvier dernier, les membres du Conseil national de la Résistance lancent un nouveau site pour centraliser les informations sur le 19 mars.



Collectif informel créé en juillet dernier pour combattre l'inertie des syndicats face à la politique destructrice du gouvernement Sarkozy, le CnR regroupe des citoyens de tous les horizons politiques et sociaux. Parfois déjà militants dans des organisations politiques ou syndicales, parfois non-encartés mais engagés dans les luttes, ils se sont unis et ont lancé un appel à la grève générale pour le 10 novembre 2008.

.

Le 10 novembre 2008 n'est pas concluant, mais permet au collectif de se structurer en faisant ses premières armes. Des groupes locaux se créent partout en France, des liens se tissent avec des associations et d'autres organisations se considérant "en résistance". L'expérience va servir pour les combats qui s'annoncent nombreux en 2009. 


Marianne.fr du samedi 21 Février 2009



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Published by Didier HACQUART - dans Rien n'est inéluctable - mobilisons nous !
21 février 2009 6 21 /02 /février /2009 06:30



Une bonne rage de dents me met Ko pendant 2 ou 3 jours. C'est pourquoi je fais un service minimum sur ce blog. Mais bien sûr l'actualité nous rattrape, et je souhaite diffuser cet appel pour une manifestation de soutien à nos amis des Antilles...

 

A  suivre, DH

 


Communiqué unitaire départemental 13


Depuis plus de trois semaines, les travailleurs de Guadeloupe sont en grève générale unitaire et illimitée. Depuis la grève générale s'étend à la Martinique, à la Guyane et à la Réunion. Ils se battent contre la vie chère, les bas salaires, les licenciements et le chômage, pour leur dignité.


Après le succès des grandes mobilisations du 29 janvier et avant celle du 19 mars, nous devons apporter toute notre solidarité aux Guadeloupéens, Martiniquais, Guyanais et Réunionnais qui proclament avec la même force que ce n'est pas au peuple de payer la crise !


Le combat des peuples de Guadeloupe, de Martinique, de Guyane et de la Réunion est le nôtre, il est exemplaire.


Nous dénonçons avec force le refus du gouvernement de respecter ses engagements, le mépris qu'il manifeste ainsi et sa volonté de laisser pourrir la situation.

Nous nous élevons contre la répression et contre toute tentative de criminalisation de la mobilisation populaire.


Nous appelons à participer massivement à la manifestation organisée par les associations des DOM de la région PACA samedi 21 février à 14h30 devant la mairie de Marseille.



NPA, PCF, Parti de Gauche, les Verts 13, la Fédération


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