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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
1 septembre 2006 5 01 /09 /septembre /2006 11:44


Campagne de désignation  du candidat PS, Laurent FABIUS sur la planète BLOG

 
 
 
 
 
 
 

Laurent FABIUS dispose d’un site internet depuis de nombreux mois.

 
 
  
 
 
 
 

Ce site est classique et relativement "institutionnel" dans sa présentation.

 
 
 

Il anime aussi  un blog qui permet désormais un véritable dialogue avec lui :

 
 
 
 
 
 
 
 

Je vous engage à le découvrir et à réagir aux interventions de Laurent. Vous y trouverez une approche plus personnelle qui révèle mieux le personnage… Il répond en toute franchise sur des questions comme sa sincérité et e sang contaminé…

 
 
 

Bon surf, et surtout bonne réflexion dans votre choix.

 
 
 
 
 
 
 

Petits rappels :

 
 
 

- Contrairement à ce que l’on nous raconte parfois, ce sont les militants qui désignent leurs candidats et non pas les instituts de sondage, qui seraient habilités à le faire à leur place…

 
 
 

- Le candidat Socialiste devra être en mesure de rassembler la Gauche pour la victoire. Qui est en capacité de la faire aujourd’hui par rapport à des positionnements politiques passés ?

- A méditer...

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Published by Didier HACQUART - dans Présidentielles 2007
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25 août 2006 5 25 /08 /août /2006 07:39

Jean – Luc MELENCHON intervient dans le FIGARO du 22 août 2006. La campagne interne du PS pour la désignation du candidat à la présidentielle monte en puissance. C’est une bonne chose pour que ce débat se fasse sur les idées et non par sondages interposés.
 

Sénateur PS de l'Essonne, Jean-Luc Mélenchon, partisan de Laurent Fabius, commente les interventions de Ségolène Royal et de Lionel Jospin.
 
LE FIGARO. – L'expérience de Lionel Jospin est-elle un atout pour 2007 ?
 
Jean-Luc MÉLENCHON. – Ce n'est pas une vertu négligeable, mais il n'est pas le seul à l'avoir. Pour être dans la course pour 2007, il faut dorénavant accepter de dialoguer avec les autres candidats. Il doit dire ce qu'il pense de la candidature de Ségolène Royal. Sinon, à quoi bon ?
 
Quelle peut être l'influence de la crise au Proche-Orient sur le débat présidentiel, notamment au PS ?
 
Un retour au réel. Car actuellement il y a une ambiance La croisière s'amuse. C'est insupportable ! La «pipolisation» de la présidentielle est criminelle. Elle masque la gravité des problèmes qui montent. Or, le monde entre en état d'urgence. Avec la guerre au Liban, un nouveau seuil de violence a été franchi dans les relations internationales. Avec l'échec de l'OMC en juillet, c'est le symptôme aigu d'un grave dérèglement général. Partout le rapport de forces à l'état brut devient la règle assumée. Et la politique de la superpuissance américaine consiste à favoriser sciemment les extrêmes pour légitimer son droit d'ingérence. Face à cela, la gauche est inexistante.
 
Ségolène Royal s'est fixé comme objectif dimanche de rétablir la «valeur travail». Peut-elle rassembler la gauche ainsi ?
 
Au niveau du degré de généralités qu'elle a exprimées, il n'y a pas de débat possible. Son discours était creux, même si la machine à encenser a fonctionné. Tout dépend du contenu qu'on donne à la «valeur travail». La droite utilise ce mot aussi. La gauche d'habitude parle des relations sociales, de la qualification, des rémunérations. Ce genre de précisions fait la différence entre les bons sentiments et une politique concrète. Ce sera l'objet des débats à venir.
 
Si Ségolène Royal est investie par le PS, que ferez-vous ?
 
Comme beaucoup de gens de gauche, je serai déçu. Et... mis au pied du mur. Je devrai faire la part entre mes convictions profondes et les contraintes de circonstance.
 
En 2002 comme en 2005, le PS s'était trouvé en décalage avec son électorat. Prend-il aujourd'hui le chemin pour renouer avec les couches populaires ?
 
Il y a un automatisme qui pousse au vote utile. Il peut faire illusion. Mais compte tenu des enjeux, le peuple français doit être appelé à s'impliquer plutôt qu'à donner un chèque en blanc. C'est un rude travail d'éveil civique et d'information argumentée. On est loin du compte aujourd'hui. À coup de sondages, le débat est bloqué sur la couleur de la cravate du capitaine.
 
Quelles sont les chances de Laurent Fabius aujourd'hui ?
 
L'expérience, d'abord. C'est une valeur décisive en période de troubles. Ensuite, l'orientation politique de fond. Au référendum, avec la majorité des Français, il a dit non au système européen actuel. Il est donc légitime pour renégocier la règle du jeu. De plus, il veut mettre le pays en mouvement sur une dynamique d'union populaire et de progrès social. Enfin, il opte pour une réorganisation républicaine de la France. Et il est intransigeant sur la laïcité. Bref, lui a décidé d'assumer les fondamentaux de la gauche.
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Published by Didier HACQUART - dans Présidentielles 2007
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22 août 2006 2 22 /08 /août /2006 20:41

Laurent FABIUS se lance enfin dans la campagne de désignation du candidat à la Présidentielle !

Cela méritait d'être noté, et son message diffusé, d'autant qu'il n'est pas initéressant  !...

D'autres annonces précises sur son programme, devraient être annoncées demain.

A suivre...




18 août 2006
Réponse de Laurent FABIUS à un camarade de "Rénover Maintenant"
 
Bonjour à tous,

J'ai reçu de la part d'un camarade du courant "Rénover Maintenant" le message et les questions ci-dessous. Il m'a semblé que mes réponses pourraient vous intéresser. Les voici. Bonne lecture et n'oubliez pas de me faire part de vos commentaires.

 
Laurent Fabius.
 
 
"Laurent, cher camarade,

Je me permets de te solliciter en tant que militant du Parti socialiste, impliqué dans le courant Rénover Maintenant. A ce titre, j'ai milité pour qu'Arnaud Montebourg soit candidat à la candidature. Nous savons qu'aujourd'hui, il n'en sera rien. Il nous semble, à de nombreux camarades et à moi, que tu puisses représenter nos idées dans l'investiture présidentielle. Mais quelques questions demeurent, sur lesquelles nous aimerions avoir tes réponses. Je me permets de te les livrer toutes, tu les traiteras selon le temps que tu peux leur accorder : une par une ou toutes à la suite.


Nathanaël Uhl"

 
 

1 - A l'intérieur du Parti comme à l'extérieur, tu cultives une démarche assez "mitterrandienne". Est-ce qu'il n'est pas temps, au contraire, de rompre avec cet héritage ? Est-ce que ce n'est pas aussi cela la rénovation ?

Se souvenir de François Mitterrand ne consiste pas à abdiquer toute pensée aigue ou toute réflexion personnelle. Et certainement pas à négliger l’exigence impérieuse de rénovation. Quand j’évoque sa mémoire ou son message, je manifeste d’abord ma fidélité personnelle à un homme hors du commun, que j’ai accompagné dans la phase la plus décisive de sa vie politique. C’est à ses côtés que j’ai mené mes premiers combats politiques ; que j’ai partagé la passion de l’action locale et découvert l’expérience de ministères-clés comme le Budget, l’Industrie et la Recherche ; c’est lui qui m’a appris à agir en européen convaincu, mais aussi exigeant et c’est à sa demande que j’ai dirigé le gouvernement. Je lui suis reconnaissant de m’avoir accordé sa confiance, dans les bons et dans les mauvais moments. J’apprécie la loyauté et la fidélité. C’est pourquoi j’ai toujours refusé d’ajouter ma voix à la pluie de critiques qui ont pu se manifester durant les dernières années de sa présidence, y compris au sein du Parti Socialiste. Chaque homme, chaque bilan, chaque vie a évidemment ses « plus » et ses « moins », ses lumières et sa part d’ombre. Mais, j’ai toujours pensé que chez Mitterrand, les « plus » l’emportaient largement. C’est pourquoi j’ai été heureux de voir les socialistes désormais unanimement rassemblés autour de sa figure et de son action à Jarnac, en janvier, pour le 10ème anniversaire de sa mort.

 

Mais, au-delà de cette fidélité personnelle, la démarche mitterrandienne que tu évoques, et dans laquelle je me reconnais, est avant tout pour la gauche et pour notre pays, une démarche politique. Elle me paraît plus que jamais d’actualité à l’approche des échéances 2007. Elle tient en deux choix :

 

- d’abord ancrer le Parti Socialiste à gauche pour créer les conditions du rassemblement de la gauche autour des socialistes. F.Mitterrand savait que les stratégies dites de « troisième force » et d’alliance avec le centre conduisent la gauche à l’échec. Pour fédérer la gauche autour du PS, il a doté celui-ci d’une véritable volonté de transformation sociale. Ce choix ne s’est pas imposé sans mal car, déjà à l’époque, certains camarades avait un goût prononcé pour la pensée libérale et pratiquaient la « danse du centre ». Je n’en étais pas et je n’en suis toujours pas aujourd’hui, alors que ce débat est toujours d’actualité. Des prises de position récentes montrent qu’il sera en réalité au cœur de notre campagne interne pour la désignation du candidat : veut-on créer les conditions politiques d’un gouvernement de rassemblement de la gauche ou cherche-t-on, en se référant un jour à Blair et en empruntant le lendemain à Sarkozy, à se rapprocher du centre droit ?

 

- l’autre choix mitterrandien, c’est d’avoir su conjuguer la transformation sociale et l’action gouvernementale dans la durée. Avant Mitterrand, la gauche avait su mettre en œuvre de  grandes avancées, mais il lui avait été ensuite difficile de gouverner dans la durée. Souviens-toi du Cartel, du Front populaire, de la Libération ou encore de Mendès France. Mitterrand a brisé la « malédiction du pouvoir » : avant lui, la gauche gouvernait par éclipses ; avec lui, elle a agi durablement. Les conquêtes de 1981-1986 – la cinquième semaine de congés payés, la retraite à 60 ans, l’abolition de la peine de mort, le sauvetage de notre industrie par la nationalisation de certains groupes, la décentralisation, la relance européenne avec Kohl face à Thatcher, la démocratisation de l’audiovisuel, la dépénalisation de l’homosexualité – ont été significatives. Ensuite, réélu en 1988, Mitterrand a voulu inscrire ces conquêtes dans le temps, c’était le sens du deuxième septennat qui n’a pas eu le même souffle, ni la même audace que le premier. Ce choix mitterrandien – volonté et durée – doit rester le nôtre pour le futur. Comme je l’avais souhaité, le projet que nous avons adopté cette année est ambitieux, mais il ne doit pas être travesti ou affadi ; cette ambition, nous devrons l’inscrire dans la durée de l’action gouvernementale.

 

Voilà les raisons qui expliquent ma fidélité à la démarche mitterrandienne, ce qui ne signifie pas servilité intellectuelle ou refus des évolutions indispensables. Sur un point en particulier, je marquerai clairement une différence pour 2007 : la question des institutions. Pour F. Mitterrand, il fallait démontrer que la gauche était capable de gouverner dans le cadre des institutions de la Vème République. Cette démonstration a été faite et ces institutions ont montré leurs limites, nous avons besoin d’une profonde réforme. C’est un exemple parmi d’autres de la  « rénovation » dont je veux être porteur. Au fond, avant d’aller au combat présidentiel en 2007, je préconise de relire « Le coup d’Etat permanent ». J’y trouve des propositions qui restent actuelles et qui sont même devenues urgentes.



2 – Précisément, tu as évoqué à plusieurs reprises une nécessaire évolution des institutions en France. Pour autant, tu ne parles pas de 6e République. Peux-tu nous expliquer le contenu que tu donnes à cette évolution institutionnelle ?

Je suis clairement partisan d’une République nouvelle de nature parlementaire et nous pourrions faire le lien avec le sujet précédent en disant que la relecture du « Coup d’Etat permanent » est revigorante. Pour 2007, je suis heureux que notre projet, après certaines hésitations, ait tranché dans ce sens. Cela n’a pas été sans difficultés ! Plusieurs de nos responsables étaient  -et sont peut-être demeurés- favorables à un régime présidentiel : Ce n’est pas le régime à mes yeux le plus efficace, ni le plus équilibré. En outre c’est celui que propose N.Sarkozy.

 

D’autres camarades plaidaient en faveur du statu quo, pensant que la question institutionnelle est relativement secondaire et que quelques bonnes pratiques locales conjuguées à une extension de la décentralisation pouvaient remplacer une authentique réforme des institutions et de l’Etat. Je ne suis pas d’accord. Parce que je connaissais ces réserves, j’ai fait le choix d’intervenir dans le cadre de la Commission du projet et publiquement en faveur d’une réforme des institutions et pour un régime parlementaire : tu peux par exemple consulter l’entretien que j’ai accordé au Monde sur ce sujet en mai dernier 

http://www.laurent-fabius.net/article499.html

 

Mon analyse est la suivante. La France vit une crise démocratique profonde. Le président ne préside plus, le gouvernement ne gouverne plus, le parlement parle à peine, les partenaires sociaux sont court-circuités ou priés d’acquiescer. Quant au peuple, il n’est plus entendu ! Régionales, cantonales, européennes, référendum – quand les Français votent, la droite se bouche les oreilles et poursuit sa politique comme si les urnes n’avaient pas parlé ! Après le fiasco du CPE et la lamentable affaire Clearstream, on pourrait dire de ce régime : « Jacques Chirac l’a tué ». Les institutions sont fourbues. Il faut leur redonner des nerfs, grâce à une République nouvelle.

 

Si je suis désigné par les socialistes, puis élu par les Français, nous soumettrons à référendum dès septembre 2007 les fondements de cette République nouvelle. Les rôles de l’Assemblée nationale et du Premier ministre seront renforcés, et celui du président recentré sur l’arbitrage, le long terme et les valeurs qui fondent la cohésion de la Nation.

 

Concrètement, cela signifie notamment : la responsabilité pénale du chef de l’Etat, le mandat unique pour les parlementaires, une dose de proportionnelle pour l’élection des députés, la suppression de l’article 49-3, un statut pour l’opposition, la parité gouvernementale, le droit de vote des étrangers aux élections locales, ainsi que les aspects constitutionnels de la réforme de la justice.

 

Pour assurer un Etat impartial, le Président ne sera plus membre du Conseil supérieur de la magistrature, ne nommera plus les membres du Conseil constitutionnel ou du Conseil supérieur de l’audiovisuel. Cette refondation démocratique s’étendra à la démocratie territoriale, la démocratie sociale et la démocratie culturelle, qui seront renforcées. Enfin, pour ancrer la démocratie participative dans notre pacte républicain, je suis favorable à un mécanisme qui permettrait à une proposition de loi soutenue par plus d’un million de Français d’être examinée par le Parlement.

 

Vient alors la question sémantique que tu soulèves. D’un point de vue juridique, la « VIème République » suppose que la nouvelle assemblée nationale ait un mandat constituant, que l’actuelle Constitution soit abrogée et entièrement réécrite, et que de nouvelles élections législatives se tiennent après l’adoption de la nouvelle Constitution.

 

Durant ce laps de temps, l’action économique et sociale de la France sera suspendue alors même que les urgences, dès mai et juin 2007, s’appelleront la hausse des salaires et des pensions, le collectif budgétaire pour l’école, le logement, la santé, la recherche, l’environnement, et que des rendez-vous européens auront lieu au cours desquels la France devra marquer avec force sa volonté d’engager, avec ses partenaires les plus euro-volontaires, une réorientation de l’Europe et une relance sociale et démocratique.

 

Voilà pourquoi je parle plutôt de « nouvelle République ». Je pense que l’on peut réformer très profondément et très rapidement les institutions actuelles sans passer par ces différentes étapes. Et, au-delà des termes, pour arriver au même but : un République nouvelle parlementaire.

 

3 - Tu te présentes comme un républicain, défenseur de la laïcité, ce qui inclut la lutte contre les communautarismes. Dans quelle mesure cette position est-elle compatible avec la rénovation qui passe par plus de place accordée aux femmes et aux "minorités visibles" ?

 

Tu as raison d’évoquer cet attachement à la laïcité. Si je devais me définir, je dirai : socialiste, républicain et laïc. La laïcité, j’y suis attaché depuis le lycée ! Pour moi, la laïcité n’est pas une valeur parmi d’autres, c’est la clé de voûte de notre vivre ensemble. Elle ne doit pas être « ouverte », « adaptée », relativisée, ou que sais-je encore, elle doit être constamment réaffirmée. J’ajoute que les événements qui déchirent actuellement le monde ne font que me renforcer dans cette conviction. L’alternative aux fondamentalistes de tous bords, les islamistes iraniens comme, d’une autre façon, les évangélistes américains, c’est la laïcité à la française : chacun est libre de pratiquer un culte ou de ne pas en pratiquer, mais il réserve ce choix à la sphère privée.

 

Citoyenneté plutôt que religiosité et communautés, cette conviction n’est pas nouvelle. Elle me sépare par exemple totalement de N. Sarkozy et elle sera un élément fondamental de clivage pour les prochaines échéances. J’avais fait de la laïcité le thème central de mon intervention lors du Congrès de Dijon en mai 2003. J’ai plaidé pour qu’une loi interdise les signes religieux ostensibles dans nos écoles. Là encore, plusieurs de nos responsables défendaient un autre point de vue, préférant un statu quo intenable – et d’abord pour les chefs d’établissement et les enseignants ! – à la réaffirmation de la laïcité. Dans le prolongement de cette loi, je souhaite qu’une Charte sur la laïcité soit adossée à la Constitution. Cette proposition, que j’avais formulée, figure désormais dans le projet socialiste.

 

Mais, pour moi, réaffirmer la laïcité ne signifie en aucun cas ignorer le visage moderne et divers de la France. Je suis partisan d’une stricte égalité de droits et de devoirs entre les différentes religions, ce qui exige une plus grande reconnaissance de l’Islam. Je suis un adversaire acharné de toutes les discriminations, qu’elles visent les immigrés installés sur notre territoire, les jeunes Français issus de l’immigration, ou nos compatriotes d’Outre-Mer.

 

Je partage la demande d’égalité formulée par les homosexuels. Je suis un combattant de la cause des femmes. Nous devrons faire preuve de volontarisme pour aller jusqu’au bout de la parité : c’est notamment le sens de ma proposition d’un gouvernement intégralement paritaire. Sans avoir recours à des quotas, nous devons faire en sorte que la diversité soit mieux représentée dans nos rangs : par exemple, il y a deux ans, j’ai soutenu la candidature de Bariza Khiari au Sénat, qui est à ce jour la seule femme originaire d’Afrique du Nord à siéger dans cette assemblée. Lors des législatives, j’ai aussi souhaité que des candidats issus de la diversité puissent se présenter en nombre suffisant et en position éligible.

 

J’ajouterai un élément : le renouvellement générationnel. Beaucoup de trentenaires m’accompagnent : lors du Congrès du Mans, j’ai fait en sorte qu’ils soient présents au conseil national  du PS au titre de la motion Rassembler à Gauche. La remise en cause du cumul des mandats doit leur permettre d’accéder en plus grand nombre à l’élection. Enfin, s’agissant du prochain gouvernement, il devra marquer un équilibre entre l’expérience qu’exigent des circonstances très difficiles et que légitime la qualité de nos responsables et le nécessaire renouvellement des équipes.

 

4 - L'Université d'été de Rénover Maintenant à Fouras a lieu dans quelques jours. Qu'as-tu à dire aux camarades de notre courant ?

 

Comme ce fut le cas lors des précédentes échéances, le choix du candidat socialiste à l’élection présidentielle ne sera pas seulement celui d’un homme ou d’une femme.

 

Ce sera le choix d’une ligne politique et d’un grand dessein pour la France. Le sens de ma candidature est clair : en rassemblant les socialistes d’abord, la gauche et les Verts ensuite, une majorité de Français enfin, je souhaite être le Président d’un vrai changement.

 

Des débats auront lieu entre les différents candidats dans le cadre de notre campagne interne. Sans artifice ni zig-zag, j’espère qu’ils permettront d’aller au fond des choses.

 

Sur cette base et loin des pressions médiatico-sondagières ou de la dérive people, chaque militant(e) se déterminera en conscience, au nom de l’idée qu’il (elle) se fait de la gauche, de ses valeurs et de son action. Il - ou elle - aura aussi à se demander qui d’entre nous, sollicitant son suffrage, s’attache vraiment dire ce qu’il fera et ce qu’il ne fera pas.

 

A l’échelon local, les amis qui m’accompagnent et ceux de ta sensibilité échangent, agissent, s’opposent et proposent souvent ensemble. Depuis 2002, dans le parti ou dans les mobilisations sociales, nous nous sommes retrouvés dans des causes communes : je pense notamment à notre refus fondamental de la dérive libérale de l’Europe et à notre volonté de faire barrage aux méfaits de la mondialisation financière.

 

Comme les institutions et la démocratie, ces deux enjeux seront au cœur de l’élection de 2007. Pour leur donner un débouché politique, il faudra des convictions solides, et non des positionnements de circonstance ou quelques propos à l’emporte pièces, sur fond d’apologie du blairisme et de  mondialisation « heureuse ».

 

Comment par exemple, se faire le chantre d’une Europe plus démocratique et sociale, après avoir expliqué à la veille du 29 mai 2005 que si les Français votaient NON, il faudrait privatiser les cantines scolaires de telle ou telle Région. Pas sincère. Est-ce crédible ?

 

Je souhaite, moi, que nous fassions réellement de la politique avec un grand P pour changer de contenu et de méthode, à la lumière de notre expérience, dont il faut reconnaître objectivement les réussites et les échecs. C’est cela la vraie rénovation. Vous pouvez compter sur moi pour tenir des engagements qui, si souvent, nous ont rassemblés et nous rassemblent.

 
Pour en savoir plus : http://fabius.typepad.com/
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Published by Didier HACQUART - dans Présidentielles 2007
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11 août 2006 5 11 /08 /août /2006 22:23



Vous trouverez ci-joint la résolution du conseil national de PRS des 1er et 2 juillet 2006. Le texte est un peu long, mais ce sont aussi les textes qui définissent les fondements des orientations politiques. A l’aube des échéances de 2007, la résolution de PRS a toute sa pertinence. Bonne lecture en cette période estivale…

 

Conseil National de PRS - 1er et 2 juillet 2006

 
Un an après…
 
 

Un an après le 29 mai 2005, où en sommes-nous ?

 

Il y a un an, les citoyens d’un des pays fondateurs de l’Union européenne se sont prononcés massivement et majoritairement contre un projet de Constitution antidémocratique et libéral malgré les appels au « oui » de la quasi-totalité des médias et des principaux partis politiques.

 

Cette secousse a ébranlé l’Europe entière. Elle résonne encore dans la vie politique française. Partout, elle a étalé au grand jour le fossé béant creusé entre les attentes des citoyens et les politiques qui sont menées en leur nom.

 

Continuer comme avant serait laisser enfler chaque jour davantage ce véritable état d’urgence politique. Ce serait laisser pourrir la crise multiforme qui secoue nos sociétés.

 
C’est pourtant ce qui s’est produit depuis un an.
 
Le blocage européen
 

Au lendemain de la victoire du « non » en France et aux Pays-Bas, les chefs d’Etat européens ont décidé de s’accorder une « période de réflexion ». De sommet européen en sommet européen, force est de constater que celle-ci n’a débouché sur aucune proposition nouvelle de leur part.

 

On a vu d’abord vu plusieurs dirigeants européens affirmer leur volonté de faire adopter la Constitution européenne contre l’avis des Français et des Néerlandais. Le processus de ratification a donc été poursuivi pour isoler ces deux « non » dans une marée de « oui », espérant créer par ce biais une telle pression sur les peuples récalcitrants que ceux-ci finiraient par accepter le projet de Constitution européenne.

Or cet entêtement à ratifier conduit désormais à la démonstration inverse. En effet, alors que l’on nous rebat les oreilles du fait que 15 Etats européens sur 25 ont ratifié la Constitution européenne, un examen plus détaillé de la réalité montre que ce texte est incapable de recueillir l’assentiment d’une majorité de citoyens européens. Dans 13 cas sur 15, la ratification a été obtenue par voie parlementaire, et dans seulement 2 cas par référendum. Parmi les 15 pays qui ont ratifié le projet de Constitution, on compte les 7 plus petits Etats de l’Union (Malte, Chypre, Luxembourg, Slovénie et trois pays baltes) alors qu’à l’inverse la quasi-totalité des 8 Etats qui ne se sont pas encore prononcés sont des Etats très peuplés. Là où des ratifications parlementaires étaient prévues, elles se sont déroulées sans tenir aucun compte du « non » français et néerlandais. Mais partout où des consultations référendaires étaient prévues, à l’exception du Luxembourg, elles ont été annulées ou suspendues pour éviter de nouvelles victoires du « non ». Cela concerne 6 des 8 pays qui ne se sont pas encore prononcés : Royaume-Uni, Pologne, Portugal, Irlande, Danemark, et République tchèque. Les partisans de la Constitution arrivent donc au bout des ratifications faciles obtenues dans les Assemblées parlementaires. Ils atteignent désormais l’os dur des ratifications populaires, et craignent du coup que la poursuite du processus débouche sur de nouveaux votes négatifs.

 

Lors du dernier sommet européen à Vienne, les dirigeants européens ont donc reconnu pour la première fois qu’ils devraient sans doute renoncer au texte actuel. Pour autant, ils se sont montrés incapables de proposer une alternative. Le délai de réflexion a été encore étendu jusqu’à 2009. Aucun plan de sortie de crise n’a été mis en place.

 

La seule idée des dirigeants européens est qu’il faut désormais avancer concrètement, dans le cadre d’une « Europe des projets », qui renonce à la refonte institutionnelle pour mieux s’attacher aux politiques concrètes. Mais leur contenu ne change pas. Il s’agit toujours de mettre en œuvre une politique libérale qui ne tient aucun compte de la volonté populaire. Une nouvelle version de la directive Bolkestein a ainsi été adoptée ; elle s’inscrit toujours dans la philosophie de l’harmonisation par la concurrence et le marché plutôt que par la solidarité et par la loi. Un projet de marché commun avec les Etats-Unis d’Amérique, préparé avec obstination par la Commission, a été soumis au Parlement européen qui l’a voté, signant ainsi l’abandon officiel de toute velléité d’une Europe autonome. Ce n’est sûrement pas ainsi que la construction européenne retrouvera l’adhésion des citoyens. Et ce n’est pas en restant sourd à leurs exigences qu’elle dépassera sa crise actuelle.

 
L’alignement social-démocrate
 

Le refus d’entendre les « non » français et néerlandais ainsi que l’accélération des politiques néolibérales en Europe se produisent à un moment où les sociaux-démocrates sont désormais au pouvoir dans une majorité de pays de l’Union (14 sur 25). Hélas, dans la majeure partie des cas, la sociale-démocratie européenne agit en défenseur zélé du système, détruisant les conquêtes sociales qu’elle a elle-même arrachées par le passé. Cette convergence avec les néolibéraux se cristallise dans l’accord de gouvernement passé en Allemagne entre les sociaux-démocrates et la droite. Cette alliance a été nouée dans le pays le plus riche et le plus nombreux de l’Union. Elle implique le principal parti de la sociale-démocratie européenne. Celui-ci détient la présidence du groupe PSE au Parlement européen, tandis que son partenaire CDU préside le PPE, principal groupe de droite. L’alliance SPD-CDU produit du coup ses effets dans l’Europe entière. C’est une députée SPD qui a présenté la directive Bolkestein, soutenue par la droite. C’est une députée SPD qui a défendu au Parlement européen le marché commun transatlantique, soutenu par la droite. C’est un député SPD qui a récemment présenté une résolution dans laquelle les députés européens demandent que le projet de Constitution européenne soit appliqué contre l’avis des Français et des Néerlandais, avec le soutien là encore de la droite. L’accord de grande coalition en Allemagne a son pendant dans le Parlement européen. C’est un verrou qui empêche tout changement des politiques actuellement à l’œuvre en Europe.

 

L’évolution de la situation politique en Grande-Bretagne va dans le même sens. Les mesures libérales s’y succèdent sans répit. Dernière en date, l’allongement de l’âge de la retraite à 68 ans, pour faire face, notons-le, au déficit criant du système de retraite par capitalisation. Pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir en 1997, le gouvernement de Tony Blair s’est appuyé sur les voix de la droite pour faire passer une loi de privatisation des écoles publiques. Alors que les travaillistes ont connu lors des élections locales du 4 mai dernier l’un des plus mauvais résultats électoraux de leur histoire, le successeur désigné de Tony Blair, Gordon Brown promet sans relâche qu’il ne déviera pas de cette ligne désastreuse. Le cours social-libéral du New Labour paraît donc solidement ancré et rien ne semble pouvoir le remettre en cause.

 

Cet alignement profond et durable de la social-démocratie européenne sur les thèses néolibérales aggrave dramatiquement l’état d’urgence politique que connaît le Vieux Continent. Alors que le rejet des règles du jeu actuelles enfle partout, le débouché politique se rétrécit sans cesse au risque de quasiment disparaître du fait du ralliement au système des partis dominants à gauche.

 
La crise française
 

En France aussi, les derniers mois ont été marqués par une aggravation de l’état d’urgence politique. Parce qu’il a refusé de partir ou de changer de gouvernement au lendemain du mouvement contre CPE, Jacques Chirac a encore renforcé la crise institutionnelle et politique d’un système à l’agonie. A peine le CPE retiré, l’affaire Clearstream éclatait en confirmant la fragilité accrue du pouvoir. Depuis lors, la crise ouverte à droite se déroule sans pause ni répit : affrontement public et judiciaire entre des ministres du gouvernement, indiscipline répétée de la majorité parlementaire, vote de la censure par une partie des députés UDF…

 

Pour autant, il faut noter que ni cette crise ni l’approche des élections présidentielles n’entraîne de pause dans les réformes libérales. On assiste au contraire à une surenchère néolibérale entre les chefs rivaux de la droite. Villepin veut ainsi faire adopter à la rentrée la privatisation de Gaz de France. Il a fait voter la suppression de 15000 postes de fonctionnaires dès l’année prochaine. C’est une saignée sans précédent dans les moyens du service public.

 

Une telle politique ne peut qu’aggraver l’urgence sociale que connaît notre pays. Le partage des richesses y est sans cesse plus injuste. En 2005, le pouvoir d’achat des ménages a ainsi progressé en moyenne de 1,1% tandis que les bénéfices des entreprises du CAC 40 augmentaient de 30%. La pauvreté de masse explose. Il y a désormais 7 millions de pauvres en France, dont 2 millions occupent un ou plusieurs emplois. En 2005, pour la première fois, les statistiques officielles de l’INSEE, qui sous-estiment très largement la pauvreté en raison de modes de calcul plus que contestables, reconnaissent que celle-ci est en progression dans notre pays.

 

Urgence sociale aggravée, destruction de l’Etat républicain qui se poursuit, crise institutionnelle et politique majeure, voilà le contexte dans lequel se trouve la France à un an de la prochaine élection présidentielle. Voilà ce à quoi la gauche doit répondre.



Un an avant

 

En 2007, le cycle électoral ouvert le 21 avril 2002 touchera à son terme. Une nouvelle phase politique s’ouvrira pour le pays. La préparation de l’élection présidentielle occupe dès à présent toutes les énergies. C’est un événement majeur qui nous interpelle.

 
La tendance à l’émiettement de la gauche


Partout à gauche, règne la tendance à l’émiettement, à la dispersion, à l’affrontement. C’est vrai par exemple au PS, qui n’avait jamais eu autant de candidats à la candidature en son sein, même en d’autres périodes de gueule de bois électorale et de leadership défaillant (comme lorsqu’Henri Emmanuelli était premier secrétaire). C’est vrai également dans la mouvance du « non » de gauche, chez les Verts, à Attac... On peut y voir une des manifestations de la décomposition d’un système politique dans lequel les frontières entre organisations correspondent souvent à des réalités historiques ou sociologiques dépassées.

 

Cet éparpillement se nourrit et s’accompagne d’une envolée des sectarismes. Les exclusives se multiplient de toutes parts. Un tel climat est lourd de menaces pour la gauche, car aucune victoire électorale n’est possible en 2007 pour la gauche si elle ne parvient pas à se rassembler.

 
La stratégie libérale-sécuritaire
 

Les candidats à l’élection présidentielle peuvent difficilement ignorer l’état d’urgence politique que connaît le pays. En témoigne le fait que presque tous cherchent à se présenter à mesure que se rapproche l’élection comme des candidats « anti-système » : aussi bien Royal que Sarkozy, Besancenot que Le Pen, De Villiers que Bayrou…

 

La stratégie convergente développée par Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy apparaît également comme une tentative de réponse à cette crise. Elle prend la suite d’un nouveau paradigme libéral sécuritaire, expérimenté aussi bien à gauche (Blair) qu’à droite (Bush, Berlusconi), qui a fait hélas à plusieurs reprises chez nos voisins la démonstration de sa capacité d’entraînement électoral.

 

Les propositions de Ségolène Royal illustrent bien cette idéologie libérale-sécuritaire. La question sociale (invalidée car elle reflèterait un « point de vue de sociologue ») s’y trouve de fait évacuée. Ainsi, la proposition de mise sous tutelle des allocations familiales « à la première incivilité » témoigne tout à la fois d’un ciblage social sur les familles les plus pauvres, mais en même temps d’une culpabilisation des parents qui ne tient aucun compte des difficultés sociales qu’ils peuvent rencontrer. Ces mesures arbitraires (à la différence d’un délit, l’incivilité n’est ni définie par la loi, ni punie par la justice) entraîneraient une nouvelle criminalisation de la pauvreté qui rappelle par bien des aspects le capitalisme du 19ème siècle aux prises avec l’essor des « classes dangereuses ».

 

Ces propositions (il faudrait y ajouter l’encadrement militaire des jeunes « au premier acte de délinquance » ou l’expulsion des délinquants étrangers) rompent avec la pensée socialiste qui refuse de séparer la question de l’ordre social de la question sociale elle-même et qui pense l’émancipation des personnes comme un processus global et non comme un dressage. Elle est en revanche dans la droite ligne du blairisme qui ayant renoncé à changer la société, s’emploie à mater ceux qui perturbent sa « bonne marche ».

 

Une telle rupture des digues à gauche contribue dramatiquement à installer la politique sécuritaire comme la question politique centrale, conformément à la stratégie de Nicolas Sarkozy. On notera en effet que jamais un ministre de l’Intérieur n’avait ainsi multiplié des lois successives sur des questions identiques (le séjour des étrangers, la délinquance des mineurs), à quelques mois seulement d’intervalle (à peine sa deuxième loi sur l’immigration adoptée, Sarkozy prépare pour la rentrée une énième loi sur la délinquance).

 

Ayant réussi à amener la gauche sur le terrain de la lutte contre l’insécurité, Nicolas Sarkozy tente désormais de lui contester le terrain social. Le président de l’UMP s’adresse à « la France qui souffre, la France qui va mal, qui vit la précarité au quotidien ». Il appelle à « rompre avec le système économique, politique et social qui a produit le chômage de masse depuis 30 ans » car « les Français ne veulent pas une nouvelle alternance classique mais une rupture ». Il invoque Blum et Jaurès dans ses discours, et même Saint-Just. On retrouve là la stratégie de Jacques Chirac lors de l’élection présidentielle de 1995. Rappelons qu’elle s’était avérée efficace.

 

Le référendum du 29 mai dernier a été marqué par une repolitisation et une participation record de l’électorat populaire. Le discours libéral-autoritaire apparaît comme un moyen de s’adresser à cet électorat victime du libéralisme sans pour autant remettre en cause les positions des classes dominantes. Il n’est pas sans évoquer une vieille tactique qui consiste à tourner la colère des petits contre les plus petits qu’eux, afin qu’elle ne prenne pas pour cible les privilèges des dominants. C’est la configuration typique des colonies de peuplement, dans lesquelles les « petits blancs », exploités mais dressés à détester les indigènes, se sont montrés encore plus enragés à défendre le système colonial que les gros colons qui en étaient les bénéficiaires essentiels.

 

En France, la surenchère sécuritaire et l’esprit « petit blanc » trouvent malheureusement une traduction politique dans le vote d’extrême-droite. La ligne libérale-sécuritaire risque donc d’alimenter directement le fonds de commerce du Front national. Engager la course de vitesse avec le FN sur son propre terrain, c’est prendre le risque dramatique de lui rendre la main qu’il avait perdue lors du débat référendaire.

 
L’offensive blairiste sur le PS
 

Parce qu’il concentre les contradictions qui traversent la gauche française, le PS est entré dans une phase de turbulences majeures où se jouent une bonne part de son identité et de son avenir.

 

La campagne de Ségolène Royal s’apparente de fait à un « coup d’état » contre le Parti socialiste : rupture idéologique assumée, contournement systématique de ses structures, nouveaux adhérents qui modifient profondément la mémoire et la sociologie militantes du parti (les nouvelles adhésions sont proportionnellement les plus nombreuses dans les départements riches et ceux qui ont voté « oui » le 29 mai 2005), tentation affirmée du changement de stratégie et d’alliance.

 

L’un des soutiens les plus actifs de Ségolène Royal, directeur de la rédaction du Nouvel Observateur, Jacques Julliard a résumé l’offensive de Royal comme un « Bad Godesberg à la française ».

 

Son analyse mérite d’être longuement citée car elle décrit bien les enjeux du débat au sein du PS. « En deux coups de cuillère à pot, Ségolène Royal vient de s’emparer d’un vaste territoire jusque là déserté par les autres candidats à l’investiture socialiste : le flanc droit du parti. Le premier remonte au 2 février, quand dans une interview au Financial Times, elle déclara négligemment, comme une chose allant de soi, que tout n’était pas négatif dans l’action de Tony Blair (…)

D’un coup, le blairisme qui ne représentait qu’environ 1% dans la militance socialiste française (Jean-Marie Bockel) rejoignait virtuellement les scores qui sont les siens ailleurs. Le deuxième coup a été frappé le 31 mai à Bondy quand la même Ségolène, mettant en cause l’impuissance et les échecs de Nicolas Sarkozy, prit position fermement et même brutalement pour une politique sécuritaire de la part de la gauche. (…)

Ségolène Royal vient de rejoindre les rangs de la social démocratie occidentale qui de Clinton à Blair et à Schröder, du Danemark et de la Suède aux Pays-Bas, estime que si des mesures libérales peuvent faire reculer le chômage, pourquoi ne pas les adopter ; que si une poignée de sauvageons pourrit la vie des écoles, des cités et des banlieues, pourquoi ne pas les punir et les rééduquer ? C’est à une sorte de Bad Godesberg rampant, à la française, que nous sommes en train d’assister.(…)

 

Ségolène vient en somme de suggérer que peu importe que le chat soit noir ou blanc, pourvu qu’il attrape les souris ; que si la gauche et la droite sont fondamentalement différentes, il n’y a rien de scandaleux à ce qu’elles partagent des objectifs communs, et même sur certains points des solutions communes ; et qu’enfin, chasser sur les terres du Front national, comme on l’en accuse, est non seulement loisible, mais nécessaire si l’on veut l’en déloger. Elle considère les Français mûrs pour un changement d’attitude envers la politique. Mieux que cela : mûrs pour le courage politique.

Qu’est-ce donc qui pourrait lui faire croire cela ? Un sondage IFOP paru le 19 mai dans Ouest France, et passé trop inaperçu, indique que désormais 61 % des Français (64% à droite, 56% à gauche) estiment qu’il n’y a plus de différence entre les deux camps. (…)

A 67%, les Français sont favorables à un gouvernement de grande coalition gauche-droite, à l’allemande. (…) Ce que les Français n’admettent plus, c’est que l’opposition manichéenne gauche/droite continue de paralyser la solution de problèmes où leur collaboration serait nécessaire. Toutes les études d’opinion révèlent qu’il existe une majorité de Français favorables au retour de la gauche aux affaires, mais pas à n’importe quel prix. On doute en particulier que le programme du PS en préparation, mélange, à ce que l’on en peut savoir, de remise à zéro de tout ce qui l’a précédé et de clientélisme dépensier, pourra séduire l’électorat de gauche. Ce n’est pas d’un grand livre de la compassion nationale dont nous avons besoin, mais d’un bouleversement des pratiques politiques. »

 

Un tel alignement du PS français sur la ligne blairiste constituerait un basculement d’ampleur. Pour se réaliser, il a besoin d’un bouleversement d’ensemble des rapports politiques au sein de la gauche.

 
Les chemins escarpés de l’Union des gauches
 

L’émiettement de la gauche des ruptures en une multitude de candidatures à l’élection présidentielle est une perspective très inquiétante. Elle conduirait en effet à la négation électorale d’un courant politique qui a démontré à la fois sa capacité de résistance face à la droite et sa capacité d’entraînement populaire et majoritaire lors du dernier référendum. Elle ouvrirait la voie aux partisans, au sein du PS, d’un changement d’alliance et d’un rapprochement avec le centre. Si la dynamique de l’union des gauches était brisée, ce serait un désastre à la fois électoral, social et politique qui laisserait notre peuple largement démuni dans la confrontation avec les néolibéraux.

 

C’est pourquoi nous apprécions très positivement l’appel à un rassemblement antilibéral de la gauche et à des candidatures communes à l’élection présidentielle et aux élections législatives paru il y a quelques semaines, et signé par plusieurs responsables de PRS. Cette initiative, qui s’inscrit dans le cadre d’une Union dans l’Union, appelant sans ambiguïté au rassemblement de la gauche sans exclusive au deuxième tour de la présidentielle, et se donnant l’ambition d’un rassemblement majoritaire visant à gouverner sur un contenu antilibéral, rejoint notre analyse. Elle est d’autant plus importante qu’elle est soutenue par le Parti Communiste, qui a signé cet appel en tant que tel.

 

La dynamique de rassemblement impulsée par cet appel s’est malheureusement heurtée à l’attitude adoptée jusqu’ici par la direction de la LCR. Celle-ci, après l’avoir publiquement combattu, a décidé de présenter son propre candidat à l’élection présidentielle au nom du fait que lui seul s’engage à agir « en toute indépendance » vis-à-vis du PS et refuse tout accord de majorité « gouvernementale ou parlementaire » avec ce parti.

 

Quelle serait la conséquence d’une telle ligne ? Nous connaissons les rapports de force électoraux dans notre pays. Ceux qui disent qu’ils ne veulent pas gouverner avec le PS disent en fait qu’ils ne veulent pas gouverner tout court. Aucune majorité à gauche n’est en effet possible en dehors d’un accord avec le Parti socialiste. Refuser la discussion sur le contenu du programme avec ce parti, c’est refuser d’agir pour que le centre de gravité de la gauche se déplace vers l’antilibéralisme. C’est faciliter du coup le travail des partisans de la ligne blairiste qui comptent sur le seul « vote utile » pour obliger toute la gauche à rallier une orientation qui ne la rassemble pas. C’est prendre le risque de faire gagner la droite alors que la chance est offerte de la priver du pouvoir après avoir résisté pied à pied sur le terrain social et politique depuis 2002. C’est stériliser tout un pan de la gauche des ruptures dans une attitude de contestation impuissante, qui lui laisserait pour seul horizon la délimitation d’un espace électoral sans lendemains.



Et maintenant ?


On peut résumer l’enjeu de la période qui va de mai 2005 à mai 2007 de la manière suivante : la France va-t-elle confirmer son statut d’exception européenne, renforcé par le « non » du 29 mai, qui fait de notre pays une véritable épine dans le pied des néolibéraux en raison de sa capacité de résistance à l’ordre dominant, ou va-t-elle s’engager sur la voie d’une normalisation qui l’amènerait à rejoindre le cours dominant chez ses voisins européens ? La France va-t-elle conserver sa singularité (un rapport de forces social moins dégradé, une gauche des ruptures plus influente, un Parti socialiste bien plus à gauche, la prévalence de la stratégie d’union de la gauche, la résistance institutionnelle et culturelle du fait républicain) ou va-t-elle s’aligner sur le modèle dominant de l’Union (une gauche divisée et majoritairement blairisée, des capacités de résistance sociale amoindries, une marchandisation généralisée de la société) ? Cette grande bataille se joue sur plusieurs fronts. Ceux-ci constituent autant de terrains d’action pour PRS.

 
Plus que jamais, le combat pour l’union des gauches
 

Des résistances vont sans nul doute s’exprimer au sein du Parti socialiste face au coup d’état blairiste qui le menace. Nous n’en connaissons ni l’ampleur, ni la forme, ni l’issue. Or cette question intéresse au plus haut point la gauche toute entière. La stratégie du pire n’est en effet pas la nôtre. Nous ne croyons pas que la victoire des blairistes au sein du PS français serait une bonne nouvelle apte à « ouvrir enfin les yeux des masses ». Elle entraînerait à l’inverse une dégradation profonde du rapport de forces qui laisserait désarmés des secteurs considérables de notre peuple. Elle serait un obstacle durable au rassemblement de la gauche qui nous ramènerait aux années 60, avec une droite installée durablement au pouvoir. C’est pourquoi les débats des prochains mois au sein du PS posent, derrière la confusion politique et la personnalisation des enjeux, des questions décisives pour l’avenir de la gauche.

 

De même, tout doit être fait pour éviter que la gauche du « non » ne se replie sur une ligne sectaire qui la condamnerait à l’impuissance. Nous disions au débat de la campagne référendaire : « le « non » unit la gauche, le « oui » ne peut le faire ».

 

C’est en prenant en charge l’intérêt général de la gauche et du pays, en affrontant Chirac et Raffarin, signataires du traité constitutionnel, que le « non » est devenu majoritaire dans l’électorat de gauche, électorat socialiste inclus, et a pris la tête du combat de notre peuple contre les politiques néolibérales. Si les tenants du « non » de gauche apparaissaient demain à l’inverse comme des ferments de division à gauche, plus intéressés par des règlements de compte avec le PS que par le combat contre la droite, plus soucieux de l’intérêt de leurs boutiques que de celui de notre peuple, il perdrait rapidement sa confiance et ruinerait l’immense espoir qu’il a suscité en son sein.

 

La place singulière qu’occupe PRS dans la gauche française, véritable trait d’union entre toutes ses sensibilités, nous confère une responsabilité particulière dans le combat pour une union des gauches sans exclusive.

 
Une Constituante pour sortir de la crise européenne
 

Un an après, il ne peut être question de rejouer le 29 mai à l’identique. Le désaccord n’est plus entre ceux qui ont voté « oui » et ceux qui ont voté « non ». A gauche, il oppose deux attitudes. Il y a ceux qui pensent qu’il faut au plus vite refermer la parenthèse pour que la France « retrouve sa place » dans le courant dominant de la construction européenne. Il y a ceux qui veulent partir du « non » de la France pour remettre à plat les fondements de la construction européenne. Pour les uns, le « non » est une difficulté à dépasser. Pour les autres, c’est un point d’appui. Ce débat qui traverse la gauche française s’exprime aussi au niveau européen. Il commence par la reconnaissance du « non » français mais pose aussi la question d’une stratégie alternative pour sortir de la crise européenne et donner un prolongement européen et une issue progressiste à l’insurrection civique victorieuse qu’a menée notre peuple.

 

C’est pourquoi nous défendons la perspective d’une Constituante européenne. C’est à nos yeux la seule manière de dépasser l’hypothèse d’une renégociation intergouvernementale qui se heurterait à nouveau aux causes qui ont conduit au précédent projet de Constitution : un rapport de forces dégradé, aggravé par le ralliement majoritaire au libéralisme de la sociale-démocratie européenne, une opacité qui interdit l’implication populaire et l’intervention citoyenne. Le référendum français a montré que les citoyens, en particulier ceux issus des classes populaires, pouvaient se réapproprier les questions européennes dès lors qu’il pouvait saisir l’instrument du bulletin de vote faire. Nous voulons impulser une même dynamique civique à l’échelle européenne. Enfin, la perspective de la Constituante s’inscrit dans un calendrier concret : l’élection de 2007 et la chance qui nous est offerte d’élire un président issu du « non » de gauche, la présidence française de l’Union en 2008 qui nous permettrait de mettre sur la table une telle proposition, l’élection européenne de 2009 qui pourrait donner lieu à un mandat constituant.

 

Nous venons de faire un pas décisif dans la constitution d’un premier regroupement européen en faveur de la Constituante, puisque notre camarade Oskar Lafontaine, à l’issue d’une rencontre récente avec une délégation de PRS à Berlin, s’est déclaré publiquement favorable à une telle initiative. C’est un fait nouveau et essentiel. D’abord parce que nous trouvons là, à travers Oskar Lafontaine, l’indispensable partenaire allemand sans lequel aucune relance européenne ne serait crédible. Ensuite parce que ce partenaire n’est pas prisonnier de la grande coalition qui impuissante les sociaux-démocrates de ce pays. Enfin parce que sa personnalité donne à notre engagement pour la Constituante un fort retentissement dans toute l’Europe et permet d’amorcer un travail à bien plus grande échelle, une campagne d’opinion dans plusieurs pays de l’Union,

 
Le réarmement populaire contre la droite
 

Le combat électoral qui s’annonce ne se déroule pas en vase clos. Le moteur de la victoire et du changement à gauche, c’est la mobilisation motivée et éclairée de notre peuple. Or celle-ci s’enracine dans la lutte concrète et quotidienne contre la politique de la droite au pouvoir. C’est pourquoi nous ne devons pas séparer la bataille électorale du nécessaire réarmement populaire de notre peuple dans la lutte fondatrice contre la droite.

 

L’ordre du jour de la rentrée parlementaire est d’ores et déjà chargé. On annonce notamment la scandaleuse privatisation de GDF, une énième loi sécuritaire sur la délinquance et une loi sur l’épargne salariale qui constitue un nouvel encouragement à la domination sans partage de la finance. Ces trois projets de loi soulèvent des questions fondamentales pour les partisans de la République sociale : le contrôle public des ressources naturelles, la défense du service public, la protection des libertés républicaines, l’émancipation sociale des travailleurs. La résistance à ces projets sera donc fondatrice quant au contenu de l’alternative à construire.

 

PRS s’engagera sur ces questions en mettant les méthodes de l’éducation populaire au service du réarmement politique, culturel et moral de notre peuple. Des ateliers de lecture seront organisés dans tout le pays pour informer et éclairer nos concitoyens sur le contenu de ces lois.

 

L’actualité politique amènera aussi bien d’autres questions : la mobilisation contre la loi CESEDA et les expulsions d’enfants sans papiers, la rentrée scolaire et les effets des 15000 suppressions de postes dans la fonction publique, le débat budgétaire et ses implications fiscales… Sur toutes ces questions, nous agirons avec un triple souci : éclairer et impliquer notre peuple, œuvrer pour le rassemblement des gauches sans exclusive, travailler à la construction d’une politique alternative pour 2007. La méthode de l’éducation populaire, la stratégie de l’union des gauches sans exclusive, le projet de la République sociale forment le triptyque que nous défendrons, en intensifiant notre campagne « la droite doit partir, la gauche doit s’unir ».

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3 août 2006 4 03 /08 /août /2006 10:45


Mieux connaître Nicolas SARKOZY…

 
 

Lors d’un récent voyage en Italie, Nicolas SARKOZY Ministre de l’Intérieur, patron de l’UMP et candidat à la Présidentielle 2007 a rencontré « son grand ami » Silvio BERLUSCONI lors d’un repas et a organisé une réunion de travail avec Gianfranco FINI, le chef de la droite postfasciste italienne (1).

 

SARKOZY, l’homme du « Moi, je… », dans son livre autoélogieux paru ces derniers jours, nous révèlent tout de même quelques points. Il est atlantiste, fasciné par l’Amérique, et estime que « la France devrait rompre avec l’orthodoxie gaulliste en la matière ». « Il n’était pas favorable à la guerre d’Irak, simplement, il était contre que la France s’y oppose ». Cherchez l’erreur !

 

Pour lui, « il faut jeter à la poubelle le modèle social français », puisque tout en la matière est meilleurs qu’ailleurs, surtout en Angleterre. (1) (2)

 

Si BERLUSCONI est le modèle politique de SARKOZY, la France a de quoi s’inquiéter. Sarkozy projette – t il de transformer notre pays en un système mafieux et à modifier les lois comme son ami italien à son profit et à celui de ses collègues ?

 

Si FINI fait partie de ses relations de travail entre partis de droite européen, il y a aussi de quoi s’inquiéter pour notre pays…

 

Si SARKOZY a pour modèle social l’Angleterre et l’alignement sur les Etats-Unis comme référence, les français ont de quoi, une fois de plus à s’inquiéter…

 

Les élections présidentielles 2007 ne doivent pas se jouer sur du marketing politique. SARKOZY sur ce point engage « sa promotion électorale » sur le modèle des présidentielles américaines. Derrières les hommes et les femmes, il y a des convictions et des orientations politiques qui sont essentielles et que les français doivent connaître avant de faire leur choix.

 

 Ce ne sont pas les sondages qui font les élections, ni TF1 en portant le débat politique à son plus bas niveau en jouant sur « la belle gueule » et une pseudo popularité construite de toute pièce, sans jamais aborder le fond.

 

 La droite et la gauche, ce n’est pas pareil, ce ne sont pas les mêmes choix de société. Aux électeurs de se positionner en toute connaissance de cause et en fonction de leurs profondes convictions…

 

A suivre…

 
 
(1)   Hebdo Marianne n°483 du 22 au 28 juillet 2006.
 
(2) Témoignage, par Nicolas SARKOZY,
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9 juillet 2006 7 09 /07 /juillet /2006 10:44



Qui a dit que le débat sur la constitution européenne ne reviendra pas dans le coeur du débat lors de l’élection Présidentielle de 2007.

 

Pour cela il suffit de lire la résolution adoptée au parlement européen le 14 juin dernier. Evidemment, les tenants du OUI de GAUCHE, notamment au PS et chez les VERTS ont adopté cette résolution !…

 

C’est un déni de démocratie, après le rejet par 55 % des français de la constitution européenne le 29 mai dernier. De qui se moque – t – on ?

 

Raoul Marc JENNAR avait évoqué cette résolution lors du meeting d’AUBAGNE. J’ai voulu en savoir plus…

 
 
 
 

Résolution du Parlement européen sur les étapes futures de la période de réflexion et d'analyse sur l'avenir de l'Europe

 

Texte adopté le 14 juin 2006 à Strasbourg

 
 
Le Parlement européen,
 

vu le traité établissant une Constitution pour l'Europe,

 

vu sa résolution du 12 janvier 2005 sur le traité établissant une Constitution pour l'Europe(1) ,

 

vu la déclaration, du 18 juin 2005, des chefs d'État ou de gouvernement "sur la ratification du traité établissant une Constitution pour l'Europe", faite à l'issue du Conseil européen des 16 et 17 juin 2005,

 

vu les conclusions du Conseil européen des 15 et 16 décembre 2005,

 

vu sa résolution du 19 janvier 2006 sur la période de réflexion: la structure, les sujets et le cadre pour une évaluation du débat sur l'Union européenne(2) ,

 
vu l'article 108, paragraphe 5, de son règlement,
 

A.  considérant qu'un vrai débat sur l'avenir de l'Union européenne, avec participation des acteurs politiques et des citoyens, a été engagé dans quelques-uns des États membres, mais que nul débat approfondi n'a été engagé à ce jour partout à l'échelle de l'Union, en particulier dans l'ensemble des États membres qui n'ont pas encore ratifié le traité constitutionnel,

 

B.  considérant que les institutions de l'Union européenne contribuent à ce débat en organisant des forums de discussion publique, notamment des forums en ligne, sur leurs propres lieux de travail et, dans les États membres, dans des lieux choisis, mais que l'actuel plan D (pour démocratie, dialogue et débat) n'a pas encore touché un plus large public dans l'Union,

 

C.  considérant que, les 8 et 9 mai, une réunion conjointe de députés au Parlement européen et de membres des parlements nationaux des États membres de l'Union a inauguré la dimension interparlementaire de ce débat,

 

D.  considérant qu'il est crucial que ce débat gagne les citoyens dans tous les États membres, notamment dans ceux qui n'ont pas encore ratifié le traité constitutionnel et ont l'intention d'organiser, préalablement, un référendum,

 

E.  considérant que le traité constitutionnel a été approuvé par voie parlementaire en Estonie le 9 mai 2006 et pourrait être prochainement approuvé, espère-t-on, en Finlande,

 

F.  considérant que cela porterait à 16 le nombre de pays ayant ratifié le traité constitutionnel, cependant que, d'une part, le résultat négatif de leurs référendums respectifs empêche deux pays de faire de même et que, d'autre part, d'autres pays hésitent à entamer ou à poursuivre le processus de ratification, de sorte que, dans la plupart des États membres restants, ce processus est au point mort,

 

1.  réaffirme son engagement à parvenir, dès que possible, à une formule constitutionnelle pour l'Union européenne ainsi que son soutien au traité établissant une Constitution pour l'Europe;

 

2.  met en garde contre toute tentative de détricoter le compromis global réalisé dans le traité constitutionnel, car cela remettrait gravement en question le projet politique européen et créerait le risque d'une Union affaiblie et divisée; réaffirme donc son opposition à la mise en œuvre, fragmentée, de parties de l'accord constitutionnel global, ainsi que son opposition à la création immédiate de noyaux constitués de certains États membres comme moyen de tourner le processus constitutionnel pour l'Union dans son ensemble;

 

3.  soutient, d'autre part, celles des améliorations démocratiques des procédures institutionnelles auxquelles il est possible de souscrire dans le cadre des traités communautaires existants, par exemple: amélioration de la transparence au sein du Conseil de ministres, réforme de l'accord sur la comitologie, utilisation de la "passerelle" vers le VMQ et la codécision dans le domaine de la justice et des affaires intérieures, amélioration du contrôle parlementaire national et introduction d'une forme d'initiative des citoyens;

 

4.  invite le Conseil européen à passer de la période de réflexion à une période d'analyse allant jusqu'à la mi-2007, en vue d'arriver, pour le second semestre de 2007 au plus tard, à une proposition claire sur la marche à suivre en ce qui concerne le traité constitutionnel;

 

5.  invite le Conseil européen à demander à chacun des États membres des engagements clairs concernant les modalités selon lesquelles il se propose de susciter et de mener pendant la période de réflexion prolongée, un débat public ouvert, à l'échelle de l'Union et structuré centré sur les questions essentielles relatives à l'avenir de l'Europe;

 

6.  demande à la Commission d'adapter son plan D pour la seconde phase de la période de réflexion et d'affecter des moyens financiers suffisants aux activités prévues;

 

7.  invite le Conseil européen à prier les États membres qui n'ont pas encore mené à terme les procédures de ratification d'élaborer, avant la fin de la période de réflexion, des scénarios crédibles sur la façon dont ils entendent faire avancer les choses;

 

8.  suggère que le Conseil européen élabore un cadre approprié permettant qu'ait lieu, dès que le calendrier politique le permettra, un dialogue spécifique avec les représentants des pays où le référendum sur le traité constitutionnel s'est soldé par un résultat négatif, pour examiner si, et à quelles conditions, il leur paraîtrait possible de reprendre la procédure de ratification;

 

9.  invite la Commission à souscrire à cette démarche et à présenter au Conseil européen une "feuille de route" permettant de la mettre en œuvre au mieux;

 

10.  fait remarquer à la Commission qu'un ordre constitutionnel est indispensable pour rendre juridiquement contraignante la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, pour réaliser une démocratie européenne et pour arriver à une Union plus opérationnelle et plus sociale;

 

11.  invite la Commission à élaborer une étude des coûts encourus du fait que, contrairement à ce que l'on espérait initialement, le traité constitutionnel n'entrera pas en vigueur le 1er  novembre 2006;

 

12. tire les conclusions suivantes des discussions qui ont eu lieu les 8 et 9 mai 2006, à Bruxelles, avec des membres des parlements nationaux des États membres de l'Union:

 

a) la nécessité de poursuivre le processus constitutionnel de l'Union européenne, fondé sur les idées de paix et de solidarité et sur d'autres valeurs communes, a été confirmée;

 

b) il est incontestable que les États membres de l'Union ne seront pas en mesure d'affronter, seuls, les grands défis politiques qui se posent à l'Europe;

 

c) il est généralement admis que le traité constitutionnel doterait l'Union européenne d'un cadre approprié pour relever ces défis;

 

d) il faudra procéder à une analyse plus approfondie, de manière que l'on puisse élaborer, au cours de 2007, des propositions qui devraient conduire à une solution avant les prochaines élections européennes;

 

e) le dialogue interparlementaire sur le processus constitutionnel, dialogue dans le cadre duquel le Parlement européen et les parlements des États membres sont partenaires, est essentiel et doit être poursuivi; se félicite que le président du Parlement finlandais ait annoncé qu'un deuxième Forum parlementaire aurait lieu en décembre 2006;

 

f) rappelle, à cet égard, les propositions qu'il a faites pour que les débats des forums parlementaires soient organisés de manière à permettre des échanges intensifs et animés visant à réaliser un consensus sur les questions centrales relatives à l'avenir de l'Europe et sur la marche à suivre;

 
 

13.  réaffirme qu'il entend obtenir que le nécessaire accord constitutionnel soit prêt pour le moment où les citoyens de l'Union seront appelés à participer aux élections européennes en 2009;

 

14.  charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission ainsi qu'aux gouvernements et aux parlements des États membres.

 

Référence :

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4 juillet 2006 2 04 /07 /juillet /2006 07:39

Rassemblement antilibéral d’Aubagne pour une candidature unitaire de Gauche du 29 juin 2006 :
 
José Bové: "on fait campagne pour être en tête au premier tour de la présidentielle"
 
 
 
AUBAGNE (AP) -- "On fait campagne pour être en tête au premier tour de la présidentielle", a déclaré jeudi soir lors d'une réunion publique à Aubagne (Bouches-du-Rhône) José Bové.
 
L'ancien porte-parole de la Confédération paysanne a annoncé à la mi-juin qu'il était "prêt à assumer la responsabilité d'aller à l'Elysée" pour "une gauche antilibérale à la gauche du PS".

"Nous allons à la bataille de la présidentielle pour gagner", a souligné le leader altermondialiste jeudi soir devant un millier de personnes. Organisé par le Comité départemental du 29 mai, le meeting rassemblait plusieurs personnalités qui avaient ensemble mené la campagne pour le "non" au référendum sur le traité constitutionnel européen.
 
"Quand j'entends les médias rester dubitatifs sur la crédibilité d'une candidature de gauche, ça me rappelle les propos qu'ils tenaient quand on leur disait que le "non" de gauche l'emporterait le 29 mai" 2005, a-t-il dit.

"Je prends le pari que dans dix mois, ceux qui ne croyaient pas notre victoire possible en seront pour leur frais " a-t-il ajouté. A propos de la candidature d'Olivier Besancenot, le militant altermondialiste s'est dit déçu "quand une formation avec laquelle nous avons travaillé durant la campagne du référendum a annoncé quelle partait en campagne", prête éventuellement à se retirer.

"Nous ne sommes pas là pour additionner nos scores respectifs mais pour passer la logique de l'addition. Mais pour cela il faut que tout le monde joue le jeu", a-t-il dit.
 
Pour sa part, Alain Krivine, porte parole de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), a réaffirmé la position de son mouvement: "il faut clairement dire que pour mettre en œuvre le programme anti capitalisme, on ne peut le faire dans le cadre d'alliance avec le PS tel qu'il est. Si un accord sur ce sujet intervient, nous sommes prêts à retirer la candidature d'Olivier Besancenot ".  AP | 29.06.06 | 22:06
 

 
La candidature unitaire pour la présidentielle, et des candidatures unitaires pour les législatives ne sont pas des affaires faciles. Mais ce que je retiens, c’est qu’au-delà des appareils politiques, des besoins d’exister des uns et des autres, qu’il y a une réelle volonté d’avancer malgré les difficultés et les embûches d’avancer malgré les difficultés et les embûches
.
Le meeting d’Aubagne avec près de 1000 personnes en est la preuve.
 
Comme le souligne José Bové, avec la pression médiatique, qui aurait donné gagnant le NON au référendum sur la constitution européenne ? Alors comme en 2005, il faut se battre pour réussir. Rien n’est inéluctable, tout est possible…
 
Ce rassemblement de la gauche est d’autant plus nécessaire, qu’il doit être porteur d’une rupture par rapport à la politique traditionnelle qui a montré ses limites.  Le PEN ne peut pas être le seul porteur de la rupture. C ’est un non sens.
 
Le PS est aussi à un virage de son histoire, entre la tentation d’une sociale démocratie centriste, et un  ancrage réellement à gauche. Il y a risque de rupture aussi entre les dirigeants du PS et la base militante qui ne pourra en permanence faire le grand écart entre des intérêts partisans et des convictions profondes. Le PS ne pourra en 2007, faire la campagne uniquement sur le vote utile en rappelant 2002, les électeurs de Gauche ne suivront pas. est aussi à un , entre la tentation d’une sociale démocratie centriste, et un  ancrage réellement à gauche. Il y a risque de rupture aussi entre les dirigeants du PS et la base militante qui ne pourra en permanence faire le grand écart entre des intérêts partisans et des convictions profondes. Le PS ne pourra en 2007, faire la campagne uniquement sur le vote utile en rappelant 2002, .
 
Le débat sur la constitution européenne, les luttes sur le CPE ont éveillé et réveillé les consciences politiques. C’est une formidable opportunité pour la Gauche pour construire un autre monde, une autre société basée sur de nouvelles valeurs comme l’homme tout simplement, l’environnement, etc., et pas seulement sur la finance te le profit. Pourquoi cela ne serait – il pas possible ? pour la Gauche pour construire un autre monde, une autre société basée sur de nouvelles valeurs comme l’homme tout simplement, l’environnement, etc., et pas seulement sur la finance te le profit.
 
L’histoire ne fait que commencer, AUBAGNE est un premier acte fondateur. .
 
A suivre...
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22 juin 2006 4 22 /06 /juin /2006 07:48

Pour faire avancer une fois de plus le débat, vous trouverez ci-joint la déclaration commune de Jean - Luc MELENCHON avec Oskar LAFONTAINE.
 
En effet, à l'occasion de la conférence publique qu'ils ont co-animée à Berlin et au lendemain du dernier sommet européen, Oskar Lafontaine et Jean-Luc Mélenchon ont adopté la déclaration commune que vous trouverez ci-dessous et ci-jointe. Ancien président du SPD et ancien ministre des finances, Oskar Lafontaine est co-fondateur du LinksPartei, large rassemblement des forces de gauche allemandes. Il préside le groupe parlementaire Die Linke de ce parti, qui compte 53 députés au Bundestag depuis les élections de septembre 2005.
 
 Déclaration commune d'Oskar Lafontaine et Jean-Luc Mélenchon
 
 
Une nouvelle méthode est nécessaire pour dépasser la crise de l'Union européenne, ouvrons le débat démocratique sur l'intégration politique de l'Europe !
 
 
Au  lendemain  du  récent   sommet  européen   qui  a   conclu la présidence autrichienne de l'Union, Oskar Lafontaine, président du Groupe parlementaire Die Linke au Bundestag, et Jean-Luc Mélenchon, sénateur socialiste français et porte-parole de l'association "Pour la République Sociale " (PRS), se sont rencontrés à Berlin et ont discuté de l'avenir de l'intégration européenne. Ils sont tombés d'accord pour appeler à une nouvelle discussion sur le processus constitutionnel européen afin de contribuer à une Union Européenne basée sur la légitimité démocratique, la responsabilité sociale, la paix et la solidarité.
 
Il y a une chance de mettre l'Union européenne sur de nouveaux rails répondant aux attentes des citoyens de tous les Etats-membres. Nous rejetons donc toutes les tentatives des cercles politiques et économiques dirigeants européens de ranimer l'esprit néo-libéral du projet de Constitution européenne rejeté par les peuples français et néerlandais. Même pendant la période de réflexion, aucune idée nouvelle n'est apparue jusqu'ici dans leurs débats. Tout ce que nous voyons est la volonté de prolonger le processus actuel jusqu'en 2008, en resservant ce vieux potage dans de nouveaux bols. C'est peine perdue si les tares fondamentales du projet initial ne sont pas corrigées. Le processus de ratification doit être arrêté afin qu'une nouvelle discussion commence dès que possible sur de nouvelles bases.
 
Nous soulignons la nécessité de fonder ce processus d'élaboration d'une nouvelle Constitution européenne sur un large débat démocratique incluant touts les citoyens et les habitants de l'Union. Toutes les forces politiques doivent présenter leurs propositions devant les citoyens européens.
 
Les responsables politiques en charge des prochaines étapes sont experts dans l'invention de phrases qui sonnent joliment aux oreilles. Ainsi, la chancelière allemande Angela Merkel demande « d'insuffler un nouvel esprit dans l'Union européenne ». Nous pourrions être d'accord, sans pour autant lui faire confiance, si elle poursuivait en disant qu'en conséquence une nouvelle Constitution devra être discutée par une Assemblée Constituante représentant les citoyens de tous les pays membres de l'Union. 
 
Le dernier mot doit être donné au peuple. Toute nouvelle Constitution européenne doit être adoptée par référendum dans tous les pays de l'Union, afin de redonner au peuple le droit de décider de son avenir.
 
 
Berlin, le 19.06.06
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21 juin 2006 3 21 /06 /juin /2006 08:22

Tous ensemble
 
pour un rassemblement antilibéral !
 
 
 
Partout en France et dans notre département se créent des collectifs d’initiatives pour un rassemblement antilibéral de gauche et des candidatures communes.
 
Notre peuple n’en peut plus du libéralisme qui l’oppresse. En témoigne le vote « non », le 29 mai 2005 contre cette constitution européenne libérale que l’on continue de vouloir nous imposer. En témoignent :
 
- Ces poussées de violence dans les banlieues, terrible cri de révolte contre le chômage, les discriminations, la mal-vie.
 
- Ce mouvement victorieux des jeunes et des salariés contre le CPE.
 
- Le refus de la loi « immigration jetable », du « contrat senior » et de toutes les mesures contre l’emploi et les services publics.
 
- La volonté d’appliquer un principe de responsabilité par rapport à la nature
 
Face à la casse de ces dernières années et l’ampleur des attentes et des besoins, il faut une politique à la hauteur. Il y en a assez des alternances
sans changement profond qui se terminent immanquablement par des désastres, comme à la présidentielle du 21 avril 2002.
  
Nous voulons :
 
 
- Une politique antilibérale, altermondialiste et écologiste,
 
- Une politique qui change enfin et vraiment la vie,
 
-Une politique qui porte les aspirations populaires et incarne l’opinion antilibérale majoritaire à gauche. 
 
Des propositions existent pour cela. Les collectifs du 29 mai ont travaillé sur une Charte antilibérale, des organisations, des partis politiques ont effectué un travail programmatique.
 
Nous n’acceptons ni le bipartisme ni le piège du présidentialisme. Il faut ouvrir une véritable alternative pour que ça change. Avec tous ceux et celles qui sont disponibles, travaillons à présenter à notre peuple une proposition utile et efficace. Il faut pour l’élection présidentielle et les législatives des candidatures communes antilibérales.Il faut pour l’élection présidentielle et les législatives des candidatures communes antilibérales.
 
Si nous ne le faisons pas, la désespérance va grandir, et l’on ne sait pas jusqu’où elle peut mener. On a vu avec la victoire du « non » qu’il était possible de changer la donne. Il y a urgence. Nous sommes conscients des difficultés mais aussi des immenses possibilités. Ce rassemblement reste à construire, avec vous. C’est pourquoi nous appelons à la constitution partout de collectifs d’initiatives pour un rassemblement antilibéral et des candidatures communes.
 
 
Ensemble nous réaffirmons trois objectifs forts et rassembleurs :
 
- Battre la droite
 
- Construire une alternative au libéralisme
 
- Initier des candidatures communes
 
 Voilà ce que nous porterons lors d’un :
 
  
Grand meeting populaire
 
 
Jeudi 29 juin 2006 à 19h00 à Aubagne

(Agora du Parc des Congrès, ZI des Paluds).
 
  
 
Avec la participation de :
 
 
Francine BAVAY (Verts), José BOVE, Magali BRACONNOT (Alternatifs), Olivier DARTIGOLLES (PCF), Raoul Marc JENNAR (militant altermondialiste),  Alain KRIVINE (LCR), René REVOL (PRS), Yves SALESSE (fondation COPERNIC)
   
et des acteurs du mouvement social et citoyen dans le département.
 
 Venez nombreuses et nombreux !
 
 Il faut pour l’élection présidentielle et les législatives des candidatures communes antilibérales.
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19 juin 2006 1 19 /06 /juin /2006 13:23

Et pourquoi pas ?
 
 
Pour alimenter le débat à gauche, dans le cadre de la Présidentielle 2007, l’annonce de la candidature de José BOVE n’est pas anodine et à mon sesn pas dénuée d'intérêt.  Dans un entretien accordé à Libération, le leader paysan explique pourquoi il se considère comme le mieux placé pour mener la campagne présidentielle de 2007 au nom de la gauche de la gauche. Vous en trouverez les principaux passages.
 
Vous êtes donc candidat à l'Elysée ?
 
Je suis candidat à rassembler, à la gauche du PS, une gauche antilibérale, écologique, antiproductiviste et altermondialiste. Et je suis prêt à assumer la responsabilité d'aller à l'Elysée. Mais je m'inscris dans une démarche collective. Elle fait suite à la dynamique créée par la campagne qui a amené au vote du 29 mai 2005. Il est clair que la candidature socialiste émerge de la droite du PS et ouvre un espace pour une candidature antilibérale à la gauche du PS.
 
Pourquoi estimez-vous être mieux placé qu'Olivier Besancenot ou Marie George Buffet pour porter cette candidature ?
 
Aujourd'hui, dans le cadre d'un front large, il y a des partis politiques, des associations, des mouvements, des syndicalistes. Ces gens-là, y compris une majorité de l'électorat vert, sont prêts à enclencher cette dynamique. A l'intérieur de ce groupe, il existe une rivalité entre le PCF et la LCR. Chacun pense qu'il est le mieux placé pour prendre le leadership. Mais aucun des chefs d'une de ces deux organisations n'est en capacité de rassembler tout l'éventail de ce front. Pour dépasser cette rivalité, je suis prêt à être candidat. Si cette décision est collective et portée par tous, j'irai jusqu'au bout.
 
La dynamique autour de Ségolène Royal renforce-t-elle votre détermination ?
 
Avec Ségolène Royal, c'est une droite du PS qui est représentée. On est clairement dans l'accompagnement du modèle économique libéral.
 
Quels sont les axes de votre programme ?
 
A partir du travail accompli dans le cadre des collectifs du 29 mai, avec les organisations syndicales, les mouvements sociaux, on veut rassembler l'ensemble des préoccupations des citoyens en matière de sécurité de l'emploi, de lutte contre la flexibilité, de garantie de minima sociaux. Il faut légiférer pour taxer les entreprises qui délocalisent ou qui engrangent de forts bénéfices en licenciant leurs salariés.
 
Comment lutter contre le chômage de masse ?
 
Si on prend le domaine de l'énergie et la problématique du renchérissement du pétrole, l'exemple allemand démontre que la création d'emplois passe par les énergies alternatives, les économies d'énergie. Les chantiers d'amélioration de l'habitat sont créateurs de milliers d'emplois pérennes, comme les projets alternatifs à l'EPR. Aujourd'hui, on nous parle du développement des entreprises de service par la conquête de marchés extérieurs. Mais ce n'est pas parce qu'elles créent artificiellement de la plus-value qu'elles créent des emplois à la clé.
 
Faut-il poursuivre la réduction du temps de travail ?
 
Oui. J'avais été partisan, à l'époque, des 32 heures qui auraient permis de créer plus d'emplois que les 35 heures. Aujourd'hui, on nous dit : il faut que les gens travaillent plus ! Or la productivité du travail n'a jamais été aussi importante. Mais la réalité c'est qu'elle ne profite pas à tout le monde, notamment aux salariés.
 
Ségolène Royal a expliqué que les 35 heures et le gel des salaires avaient pénalisé les classes populaires. Comment comptez-vous relever le pouvoir d'achat ?
 
Il faut remonter le Smic, et pas dans un délai de cinq ans comme le propose le PS. Et faire en sorte que la flexibilité ne soit pas la conséquence des 35 heures.
 
Partagez-vous les propositions de Ségolène Royal sur la sécurité ?
 
Aujourd'hui, il y a d'abord une faillite du système républicain. On voit dans les banlieues un racisme et une exclusion insupportables. La première insécurité, c'est une société qui fabrique de la pauvreté et des exclus. Dans les banlieues, on a des ghettos avec des taux de chômage des jeunes de 30 % voire 40 %.
 
Cette délinquance, ce sont souvent les classes populaires qui en payent le prix...
 
Traiter la délinquance comme une cause et non une conséquence, avec des mesures militaro - sécuritaires, me paraît dangereux. Cela donne l'impression qu'on est dans une situation de guerre civile. C'est une propagande que l'on voit fleurir depuis une quinzaine d'années, chez Le Pen d'abord, puis chez Sarkozy et aujourd'hui chez tous ceux qui essaient de cristalliser le débat sur ces questions pour éviter de parler des vrais problèmes.
 
Il n'y a pas eu de «plan B». Que proposez-vous pour relancer la construction européenne ?
 
La France, qui va présider l'Union européenne en 2008, devra proposer que les parlementaires européens élus en 2009 se réunissent en Assemblée constituante. La majorité qui a voté non au référendum n'est pas eurosceptique ou antieuropéenne.
 
Quel score espérez-vous en 2007 ?
 
La dynamique unitaire devrait placer cette candidature dans le carré de tête au premier tour.
 
Vous désisterez-vous pour un candidat de gauche ayant voté oui le 29 mai 2005 ?
 
La décision se prendra en fonction des engagements pris par ce candidat. Ce désistement devra être réciproque si j'arrive en tête à gauche au premier tour.
 
 
Article paru dans le journal LIBERATION du 14 juin 2006.
 
A suivre…
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