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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
26 janvier 2007 5 26 /01 /janvier /2007 12:04

Programme libéral de SARKOZY, les choses se précisent : aujourd'hui le contrat unique de travail…
 
 
 

Hier jeudi 25 janvier 2007, lors d’un débat sur France 2, François FILLON a annoncé la couleur avec la remise en cause des 35 heures, l’allongement de l’âge de départ en retraite et remise en cause des régimes spéciaux, la réduction du nombre de fonctionnaires. Le jour même Nicolas SARKOZY nous annonce son nouveau contrat de travail unique, qui s’inspire du CNE.

 
 
 

Il est clair que l’unique adversaire dans cette campagne présidentielle, c’est la droite libérale incarnée par SARKOZY.

 
 
 

Je vous livre l’analyse éclairée de Gérard FILOCHE, inspecteur du travail, membre du BN du PS sur le contrat de travail unique à la mode SARKOZY.


 
DH
 
 
 
 
 

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a déclaré mercredi, lors d’une rencontre avec des patrons de PME, qu’il entendait s’inspirer du "contrat nouvelle embauche" (CNE) pour créer un contrat de travail unique s’il était élu le 6 mai à la présidence de la République.

 
 
 

"Le CNE est un progrès, il ne faut pas y toucher", a déclaré le ministre de l’Intérieur et candidat de l’UMP lors de cette rencontre organisée par la CG-PME dans un théâtre parisien.

 
 
 

Le CNE, pour le moment réservé aux entreprises de moins de 20 salariés, prévoit une période d’essai de deux ans et rencontre un certain succès auprès des PME.


 

"Je garderai l’intérim et les contrats de projet (...) mais le contrat de travail unique inspiré du CNE est une occasion de simplifier beaucoup le droit du travail français", a ajouté Nicolas Sarkozy.

 
 
 

Est-ce que ca va passer inaperçu comme une lettre à la Poste ?

 
 
 

Ce que vient d’annoncer Nicolas Sarkozy, devrait faire la « une » de tous les journaux, tellement, c’est une attaque inouïe, inédite contre le Code du travail.

 
 
 

C’est purement et simplement la mort du droit du licenciement : la facilité pour un employeur de rompre unilatéralement le contrat de travail SANS MOTIF  pas seulement pour les jeunes de moins de 26 ans comme le Cpe,  pas seulement pour les 5 millions des salariés des entreprises de moins de 20 salariés comme le Cne pas seulement pendant une période de deux ans comme le Cne et le Cpe, mais tout au long de la vie professionnelle, un employeur pourra vous licencier SANS MOTIF, en dépit de toutes les déclarations des droits de l’homme, en dépit de la Convention n°158 de l’Organisation internationale du travail.

 
 
 

Etre licenciable sans motif, c’est ne plus pouvoir défendre ses droits du travail en amont, c’est ne plus pouvoir se syndiquer ouvertement, c’est ne plus pouvoir revendiquer ses heures supplémentaires, c’est ne plus pouvoir « broncher » sous peine de perdre son emploi…

 
 
 

Etre licenciable sans motif, c’est ne pas pouvoir correctement se défendre aux prud’hommes contre un licenciement sans cause réelle et sérieuse, abusif, ou boursier.

 
 
 

Etre licenciable sans motif, c’est un retour en arrière de 12 ans, dans le droit, la dignité élémentaire des salariés, c’est le retour à Germinal, à Zola

 
 
 

Pas un salarié de ce pays n’a intérêt à ce qu’un tel candidat passe …

 
 
 

Des millions de salariés, de jeunes ont défilé de février à avril pour imposer à Sarkozy Chirac Villepin de retirer le Cpe : Sarkozy, ce n’est pas la « rupture », c’est la persistance, la France d’avant, c’est la volonté de casser la volonté populaire, de revenir en arrière, au 19° siécle.

 
 
 
Gérard Filoche, D&S, jeudi 25 janvier 2007
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Published by Didier HACQUART - dans Présidentielles 2007
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23 janvier 2007 2 23 /01 /janvier /2007 12:41

Pendant que les candidats à la Présidentielle s’agitent, les financiers sont le pont !
 
Il est toujours intéressant de suivre la presse financière. Cet article paru le journal des ECHOS est assez éloquent. Pendant que les politiques qui représentent dans un système démocratique, le peuple, s’agitent, les affaires continuent et les financiers commencent à spéculer sur l’avenir et anticipent même des décisions pour faire d’ores et déjà un peu plus de profit…  
 
Si les citoyens considèrent parfois que la Droite et la Gauche c’est la même chose, sentiment relayé habilement par les médias, les milieux financiers, eux font la différence !
 
Vous trouverez en rouge, mes explications de texte…,
 
A méditer.
 
DH
  
 
Election Présidentielle 2007 : Le thème des privatisations sera important (*)
 
 
Les stratégistes (c’est nouveau comme métier ?) s'intéressent aux valeurs qui pourraient être associées aux décisions envisagées par les candidats à la présidentielle.
 
Pour la Société Générale, l'environnement, la politique énergétique et la fiscalité de l'investissement socialement responsable seront des thèmes clefs avec des conséquences non négligeables pour les groupes de ces secteurs. (De quelles conséquences parle le journaliste ? Le mystère est entretenu : du business si c’est la droite, et des soucis si c’est la gauche ?)  
 
De même, « le fait de débattre de l'ampleur des déficits des régimes de retraite par répartition constituera sans aucun doute un soutien aux gestionnaires d'assurance-vie ou assimilés», note l'équipe de recherche. (Recherche de quoi ? De plus de profit pour les systèmes d’assurances privées au détriment de la retraite par répartition ?)», note l'équipe de recherche.
 
Le sujet des nationalisations et privatisations sera également important. Pour la Société Générale, des tranches supplémentaires de groupes déjà cotés pourraient venir sur le marché sous un gouvernement de droite. Les privatisations de La Poste / La Banque Postale et d'Areva pourraient être débattues. (Le journaliste n’ose pas dire que cela se fera certainement avec la Droite, et qu’il y a des € à prendre…)
 
En outre, le projet socialiste prévoit le contrôle public à 100 % d'EDF. (Et alors ? Dommage ?)
 
Selon Goldman Sachs, qui cite l'exemple de l'Allemagne, le marché peut s'attendre à des réformes touchant des valeurs telles qu'EADS, Peugeot et Michelin. De telles anticipations expliqueraient les bonnes performances de sociétés comme Renault et Michelin en 2006. (Là encore il y a des € à prendre…) 
 
(*) Paru dans les Echos du 23 janvier 2007
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Published by Didier HACQUART - dans Présidentielles 2007
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21 janvier 2007 7 21 /01 /janvier /2007 18:20


Large rassemblement unitaire anti-libéral avec José Bové

 

 

Les collectifs unitaires de la gauche anti-libérale se sont réunis le week end des 20 et 21 janvier 2007 à Montreuil.

 

La commission de synthèse représentant les 600 délégué(e)s de la réunion nationale a décidé, au consensus, d’appeler José Bové à représenter le rassemblement anti-libéral unitaire lors de la présidentielle dans un cadre collectif où se retrouvent citoyens anti-libéraux, communistes unitaires, courants unitaires de la LCR et des Verts, Alternatifs et autres mouvements associatifs.

 

C’est une nouvelle qui va bouleverser la donne politique.

 

José Bové se prononcera d’ici quelques jours. Le syndicaliste paysan a lancé un appel à l’attention de MG Buffet et d’Olivier Besancenot pour qu’ils renoncent à leur candidature de division du mouvement anti-libéral.

 

Dans les prochains jours seront précisés :


Chapitre 1 : Nicolas Sarkozy ou l’apologiste du modèle communautariste religieux

 

Chapitre 2 : Nicolas Sarkozy ou le sécuritaire dangereux et inefficace

 

Chapitre 3 : Nicolas Sarkozy ou le vrai libéral sous le couvert d’un faux pragmatique

 

Chapitre 4 : Nicolas Sarkozy ou le clone de Bush

 

Télécharger l’intégralité du livre

 
 
 
Introduction par Eric Besson
 
 
 
L’inquiétante rupture tranquille de Monsieur Sarkozy.
 
 
 

La France est elle prête à voter en 2007 pour un néo-conservateur américain à passeport français ? Les partisans du candidat de l’UMP jugeront la question provocatrice et y verront, à l’approche, de l’élection présidentielle, une caricature injuste, exacerbée par l’approche de l’élection présidentielle.

 


Alors, convenons-en d’emblée. Nicolas Sarkozy sera, pour la gauche, un adversaire redoutable même si son palmarès électoral est bien moins riche qu’on ne l’imagine. L’homme ne manque ni d’idées, ni de force de conviction, ni de capacité de séduction. Son énergie, son culot, son aplomb, son ambition, sa soif inextinguible de reconnaissance sociale et de pouvoir, sa résistance à l’adversité sont légendaires.
Son supposé « parler vrai » (parfois son parler crû mais lorsque Sarkozy est grossier, il dit parler comme les Français), son sens de la formule, son insolence étonnamment juvénile en font un « bon client » pour les média audiovisuels.

 


Avec Nicolas Sarkozy, ils capteront toujours un mot, une image, un clin d’œil, une provocation pour le sacro-saint « 20 heures ». Orfèvre en communication méthodique et parfois impudique, l’homme a, de plus, su draper son implacable et froide quête du pouvoir dans une toge glamour (Nicolas-la-star-amie-des-stars y compris de celles dont l’exemplarité est discutable) sans laquelle il ne saurait –nous dit-on- y avoir de « saga politique » digne de ce nom.

 


Ce « sarko-show » est une arme de dissimulation massive, car celui qui ne cesse de prétendre vouloir « être jugé sur ses résultats » n’a pas son pareil pour masquer les piètres bilans de son action. Ceux d’un médiocre ministre de l’économie et des finances ou ceux d’un ministre de l’Intérieur survolté mais peu efficace : les violences faites aux personnes n’auront cessé d’augmenter en dépit de ses communiqués triomphants.

 


Mais l’échec n’atteint que rarement notre héros. Le plus souvent parce qu’il le noie dans le mouvement perpétuel : chaque fois qu’il se trouve en difficulté ou se voit obligé de se justifier de son action, le candidat de l’UMP se saisit d’un fait divers pour enfiler la combinaison qu’un Le Pen laisse parfois au vestiaire de « celui qui dit tout haut ce que les Français pensent tout bas ». Un jugement à l’emporte-pièce, une provocation suivie d’une polémique, le tout conclu par un sondage qui démontrerait que Sarkozy a les élites contre lui mais le peuple avec lui et le tour est généralement joué.

 


En cas de nécessité, si provocation et écran de fumée ne suffisent pas, Nicolas Sarkozy actionne le parachute de secours, celui de la défausse. Car celui qui se décrit comme un pieux catholique n’aime rien tant que battre sa coulpe sur la poitrine des autres : il n’est, par essence, jamais responsable.

 
 
 

Ses erreurs, ses échecs ?

 
 
 

C’est toujours la faute des autres. Non à Voltaire, rarement cité, mais à Chirac, à Raffarin, à Villepin etc, cibles sarkozyennes dont on se gardera cependant ici de prendre la défense véhémente. Ou en dernier ressort la faute aux juges. Glissements progressifs du volontarisme du Ministre de l’Intérieur. En 2002, il suffisait de lui donner les rênes de la police et de le laisser libre de mettre en œuvre une répression salutaire pour que l’insécurité soit enrayée. En 2006, le Ministre de l’Intérieur confesse son impuissance : son action remarquable est entravée par le laxisme des juges. Une seule conclusion s’impose : la vraie vie, celle de Nicolas Sarkozy bien sûr, mais aussi celle de la France, ne commencera qu’après son accession à l’Elysée. Ce document a le grand défaut de s’intéresser encore à la « France d’avant », celle où Nicolas Sarkozy peut encore être jugé sur ses actes et sur ses intentions déclarées, alors que lui ne se consacre plus qu’à la « France d’après », celle d’après le sacre selon lui annoncé.

 


Concurrent redoutable, donc, mais aussi respectable, citant ses sources d’inspiration, assumant jusqu’à l’automne 2006 tout à la fois son ambition et sa volonté de « rupture » avec un modèle français supposé exsangue, qu’il n’a cessé de caricaturer pour mieux le vilipender.

 


Le fait qu’au moment d’entrer en campagne électorale, lucide quant aux craintes que son tempérament et son improbable oxymore de « rupture tranquille » fait naître, Monsieur Sarkozy ait choisi de brouiller les pistes et de s’adresser à la « France qui souffre » ne doit pas faire illusion. L’infléchissement des discours indique seulement qu’après avoir été, avec l’appui (qui l’eût dit !) de François Fillon le fossoyeur du gaullisme social, le candidat de l’UMP s’est attaché provisoirement la plume –au demeurant talentueuse- d’un Henri Guaino que l’on avait déjà connu ardant dénonciateur de la « fracture sociale » en 1995. Le vernis ne tiendra pas. Car l’homme qui se dit pragmatique est d’abord un idéologue.

 


Respecter Nicolas Sarkozy, c’est se frotter à ses mots, à ses concepts, à leurs racines. L’homme n’est avare ni de discours, ni d’écrits. L’explorateur devra d’abord débroussailler l’accessoire : une littérature abondante consacrée au culte de soi, caractéristique d’un ego largement plus dilaté que la moyenne déjà élevée de ceux des hommes politiques ; il ne se laissera pas davantage abuser par ses revirements tactiques : le « pragmatisme sarkozyen » se nourrit de revirements spectaculaires comme en témoigne son reniement dans le dossier de la fusion Suez-GDF : après avoir s’être très solennellement engagé à ce que l’Etat ne privatise jamais GDF, le prétendant de la droite à l’Elysée n’aura pas attendu deux ans pour se révéler parjure !

 


Il nous faudra donc prendre Nicolas Sarkozy aux mots, aux idées, sans jamais nous livrer à des attaques personnelles –ce document n’en contient pas- et nous écartant des caricatures réductrices : « Sarko-facho » est un slogan à la fois stupide et contre-productif, car s’il est un danger pour une certaine conception de la République française laïque et sociale, Sarkozy n’est pas un danger pour la démocratie française en dépit d’une relation aussi « amicale » qu’intéressée et exigeante avec les propriétaires des grands médias français et d’une conception très particulière de la fonction ministérielle : Sarkozy n’a-t-il pas justifié auprès de ses proches au printemps 2004 son retour au Ministère de l’Intérieur par souci de se protéger des attaques … de sa propre famille politique en vue de sa future campagne présidentielle ?

 


Disons le clairement : le procès objectif que l’on peut instruire contre l’idéologue engagé en politique qu’est Nicolas Sarkozy est suffisamment lourd et digne de débats passionnés pour qu’il ne soit besoin de l’affubler –et l’affaiblir- de fantasmes ou de procès d’intention.

 


Ce que cet ouvrage cherche à démontrer est que non seulement, ne lui en déplaise, Nicolas Sarkozy est bien « libéral, atlantiste et communautariste » mais qu’il est devenu une sorte de filiale française de la Bush Cie, un néo-conservateur américain à passeport français.

 


Libéral, il l’est assurément depuis toujours et profondément. Mais contrairement à la légende qu’il entretient le candidat ne l’assume pas franchement et préfère se retrancher derrière des mythes.

 


Plutôt que de dire explicitement qu’il souhaite revenir sur la durée légale du travail et remettre en cause le droit du travail, Nicolas Sarkozy préférera affirmer qu’il souhaite, par exemple, que « celui qui veut travailler plus et gagner plus puisse le faire ». Ce qui, pris au pied de la lettre signifie que ce ne serait plus le chef d’entreprise mais le salarié qui fixerait son temps de travail ou que tout salarié à temps partiel serait en droit d’exiger de travailler à plein temps ! Sarkozy-le-libéral sait que la France ne l’est pas. Ou plus exactement il a tiré de l’expérience de la campagne présidentielle de Balladur en 1995 la conviction que le libéralisme pur ne pourrait jamais concerner plus d’une dizaine de pourcents d’électeurs.

 


Le libéralisme de Sarkozy s’est donc mué en libéralisme « populaire ». A Georges W. Bush, Nicolas Sarkozy ne s’est pas contenté d’emprunter les slogans ou la mise en scène (ah, cette intronisation du président de l’UMP avec un décor calqué sur celui de la campagne de Bush …). Il lui a pris la méthode : « parler des problèmes des gens », à défaut d’avoir la moindre idée de la façon de les résoudre. Se servir des mots pour prétendre panser les maux. Décrire ce que l’on est incapable de guérir. Diagnostic claironné …, inefficacité à moitié pardonnée. Ainsi, en 2003, l’éphémère Ministre de l’Economie et des Finances se targue t-il de prendre en charge la « menace des délocalisations » et de répondre à l’angoisse -réelle- des Français. Un plan de « relocalisations » est annoncé en grande pompe, il n’aura aucun effet, l’emploi industriel restera le grand perdant de la législature mais peu lui chaut : Nicolas Sarkozy estime qu’il a « préempté le débat » et que les Français savent désormais qu’avec lui les délocalisations trouveront à qui parler …

 


A « W », le très libéral Nicolas Sarkozy aura aussi emprunté l’obsession de la fin de l’impôt progressif. L’emballage paraît toujours frappé au coin du bon sens : « éviter la fuite des capitaux » pour démanteler l’impôt de solidarité sur la fortune dont la suppression est pourtant étrangement absente du programme de l’UMP, « permettre à ceux qui travaillent d’en tirer les fruits » pour porter une réduction de l’impôt sur le revenu qui n’aura pleinement profité qu’aux 10 % des Français les plus aisés, accéder au vœu des Français de « transmettre leur patrimoine à leurs enfants à la fin d’une vie de labeur » pour mettre en œuvre la réforme de la taxation des donations et successions la plus inégalitaire jamais conçue !

 


Le libéralisme de Nicolas Sarkozy n’est ni la facette la plus originale -tous les libéraux du monde tiennent son discours- ni la plus inquiétante : on plaidera volontiers qu’une démocratie moderne a besoin de deux pôles, libéral-conservateur d’un côté, réformiste-progressiste de l’autre et que Nicolas Sarkozy, en dépit de ses faux-semblants partiels a le mérite de redessiner une ligne de clivage claire entre la droite et la gauche sur le plan économique et social.

 


Son atlantisme forcené, sa très grande complaisance pour ne pas dire sa fascination à l’égard de la politique extérieure de Georges Bush sont autrement plus graves.

 


N’acceptons pas l’écran de fumée que dresse « Sarkozy l’américain », formule qu’il revendique et dont il s’est dit « fier » lors de deux voyages aux Etats-Unis, en 2004 et en 2006.

 


Sarkozy se veut « l’ami des américains ». Pourquoi pas ? Qui se voudrait « l’ennemi des américains » ? Qui n’éprouve de la reconnaissance pour l’engagement qui fut le leur pour nous délivrer du joug nazi ? Qui refuse de lutter contre le terrorisme ? Qui n’est pas orphelin des Twin Towers ? Qui échappe à la dialectique attirance-rejet que suscite en chacun de nous un « American way of life » dont nous avons appris à connaître la grandeur autant que les servitudes ?

 


Mais ce qui pose problème, et qui doit faire débat en cette année 2007, c’est l’allégeance aveugle à une politique dite de lutte contre le terrorisme absurde et inefficace dont la guerre en Irak est la plus sanglante illustration.

 


On verra plus loin que dès 2004 les silences de Sarkozy sur l’intervention américaine en Irak autant que ses déclarations d’amour aussi naïves que déplacées envers « la musique et les films américains » avaient semé de trouble.

 


Mais ce n’était rien au regard de l’extravagant voyage du Ministre de l’Intérieur en septembre 2006. Le spectacle d’un candidat à la présidentielle supposé issu de la famille gaulliste quémander un rendez-vous dans un bureau attenant à celui du Président des Etats-Unis, dans l’espoir finalement exaucé, de rencontrer quelques minutes le grand homme, lui arracher une photo immortalisant l’instant et l’exhiber comme un trophée est un spectacle pénible pour tout Français nourri au lait de la « grandeur de la France » et de son « message universel ». Mais entendre un candidat majeur à la Présidence de la République critiquer aux Etats-Unis la politique étrangère -en l’espèce justifiée- et « l’arrogance » de son pays est proprement insupportable.

 


Tous les journalistes américains ont alors souligné la tonalité étonnamment farouchement « pro-américaine » et « pro-Bush » des propos de Monsieur Sarkozy, certains faisant remarquer non sans malice que le Ministre de l’Intérieur français s’était révélé plus ardent défenseur de la politique de Bush que beaucoup de parlementaires républicains eux-mêmes, troublés par les échecs à répétition des initiatives de leur dirigeant sur la scène extérieure, échecs qu’après une sévère défaite électorale Bush lui-même devra reconnaître fin 2006.

 


Dans une dépêche du 13 septembre 2006, l’AFP rapporte que selon un expert de la Brookings Institution cité par le Washington Post, « Sarkozy a eu le genre de rhétorique que l’on aurait attendu d’un responsable de l’administration Bush » !

 


Quant au Canard Enchaîné du 20 septembre 2006, il prête à Jacques Chirac -exceptionnellement cité ici- les propos suivants « Sarkozy a multiplié les maladresses aux Etats-Unis. Il s’est totalement aligné sur la politique américaine et sur Bush ( …) Bien loin du gaullisme et même des grandes traditions politiques et diplomatiques françaises ».

 


Libéral, atlantiste … et, toujours plus grave, communautariste.

 


C’est une évidence. Nicolas Sarkozy ne croit pas au « modèle républicain » d’intégration. De ses lacunes ou de ses échecs –malheureusement incontestables- il veut profiter pour non pas réformer ce « modèle », pour le rendre plus efficace, mais pour le démanteler. On verra plus loin, citations précises à l’appui, en dépit de ses dénégations récentes que le modèle que le patron de l’UMP a en tête est communautariste et confessionnel.

 


De ce point de vue le bilan du « ministre en charge des cultes » est lourd de menaces pour l’avenir : non content de mettre à mal la loi de 1905 et les fondements de la « laïcité à la française », Nicolas Sarkozy aura pactisé avec les islamistes de l’UOIF, favorisé l’ascension médiatique de Tarik Ramadan, fait preuve d’une étrange bienveillance à l’égard des sectes allant jusqu’à recevoir en grande pompe l’un des prosélytes le plus célèbre de l’église de Scientologie, l’acteur Tom Cruise.

 


Coupables écarts ! Erreurs isolées ? Non. Nicolas Sarkozy ne se contente pas de se livrer à un cynique marketing confessionnel à visée électorale. Comme Georges Bush, son action est théorisée : il compte sur les religions, toutes les religions y compris « fondamentalistes » et souvent « intégristes » pour réguler la vie en société, encadrer les jeunes et ramener l’ordre dans les quartiers.

 


On verra donc, tout au long des chapitres qui suivent où est la vraie source d’inspiration du candidat Sarkozy.

 


Elle n’est pas, ce serait respectable, authentiquement libérale (le libéralisme de Sarkozy empreinte à Hayek ou Friedman, pas à Tocqueville ou Aron). Elle enterre le gaullisme autant que l’héritage laïque et républicain.

 


La vraie Bible de Nicolas Sarkozy réside dans la pensée néo-conservatrice américaine.

 


Son vrai modèle ? Georges W Bush.

 


Plusieurs journalistes français ayant accompagné le Ministre de l’Intérieur aux Etats-Unis en septembre 2006, ont raconté l’anecdote suivante. On demande à Nicolas Sarkozy en quoi il se différencie de Georges Bush. La réponse fuse, mélange d’humour à l’américaine, de fausse modestie et de provocation : « il a été élu deux fois Président. Moi pas ».

 


Il s’agit certes, d’une boutade. Révélatrice, cependant. Spontanément, Nicolas Sarkozy ne voit rien qui le distingue de Georges Bush. Sauf que l’un a gagné deux fois une élection présidentielle. Et l’autre pas. Pas encore ? Nous voilà prévenus …

 
 
 
Eric Besson
 
 
 
Pour en savoir : L’hebdo du PS.
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Published by Didier HACQUART - dans Présidentielles 2007
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10 janvier 2007 3 10 /01 /janvier /2007 07:10

C’est clair et précis. Je pense que Laurent FABIUS au travers de ses vœux a le mérite de remettre quelques pendules à l’heure, et de faire passer un certain message.
 
A suivre.
 
DH
 
A gauche, pour gagner et pour changer, par Laurent FABIUS
 
En ce début d’année, j’adresse à chacune et à chacun tous mes souhaits de bonheur et de réussite. Je formule aussi des vœux de paix pour la planète et de sagesse pour l’humanité : elles en ont tant besoin ! Pour la France, j’espère un grand débat démocratique, une mobilisation citoyenne pour un vrai changement à gauche.
 
Dans 4 mois, la possibilité de l’alternance : ce sera le grand enjeu politique de 2007 ! Si, comme je le souhaite et le crois possible, la gauche gagne les élections, elle aura devant elle une tâche exaltante mais rude. L’année qui vient de s’achever offre un condensé de ces difficultés.
 
2006 a notamment été l’année d’une crise sociale profonde, celle du CPE. Peu qualifiés ou diplômés, beaucoup de jeunes risquaient de se voir condamnés à la précarité, interdits de CDI. Il y avait danger. Il fallait agir. Ce fut une mobilisation d’avenir, mais la question de l’emploi des jeunes n’est pas réglée pour autant.
 
Les désordres institutionnels ont également été notoires, l’affaire Clearstream, le fiasco judiciaire d’Outreau, les incessantes querelles au sein de l’exécutif. La vérité est que nos institutions sont fourbues. Le temps d’une République nouvelle est venu.
Les crises internationales n’ont pas manqué non plus, avec l’échec dramatique de G. W. Bush en Irak, les provocations d’Ahmadinejad en Iran, la guerre du Liban et le scandale permanent du Darfour. Là aussi, il y a un besoin vital d’équilibre, de paix, d’Europe, de France.
 
Pour autant, des prises de conscience utiles ont progressé. Le documentaire d’Al Gore sur le dérèglement climatique a provoqué un choc salutaire. Les impasses du capitalisme financier dans les domaines énergétique, environnemental, culturel ou social ont été spectaculaires. Une prise de conscience s’est opérée concernant le besoin de frontières européennes claires, l’urgence d’une relance fondée sur une réforme de la Banque centrale, l’adoption de règles fiscales et sociales communes pour lutter contre les délocalisations. Ces demandes, qui furent celles des partisans du Non de gauche en 2005, sont aujourd’hui reprises, du moins en paroles, par presque tous les candidats à l’élection présidentielle. Reste à convaincre nos partenaires que l’approche française n’est pas étroitement nationale, mais d’intérêt général pour l’Europe. Ce ne sera pas facile, mais ni la politique, ni la construction européenne n’ont jamais été choses faciles.
 
Notre deuxième défi sera celui de la démocratie. Au-delà des inscriptions nombreuses sur les listes électorales, dont nous nous réjouissons tous, redonner confiance en l’action publique est indispensable. La question du régime est posée. Elle n’a pas encore été vraiment abordée à ce stade de la campagne. Les institutions ne sont pas une clause périphérique du changement, mais sa clé de voûte : plus une démocratie est vivante, plus la société et l’économie le sont aussi. Si utile soit-elle, la démarche participative ne suffira pas à elle seule à rééquilibrer les pouvoirs. Comme l’a clairement posé le projet socialiste, une République parlementaire nouvelle devra voir le jour à travers une réforme constitutionnelle ratifiée par référendum. Cet engagement devra être prolongé par un renforcement de la démocratie sociale, par une consolidation de la démocratie territoriale, par une remise à plat de la démocratie culturelle et médiatique et par la mise en place d’une vraie sécurité publique, à proximité des citoyens, à l’écoute des victimes, à l’action contre toutes les délinquances, avec des forces de l’ordre soutenues dans leur mission républicaine et non pas transformées, pour des besoins électoraux, en police anti-jeunes ou anti-quartiers.
 
L’éducation sera, elle aussi, décisive. De nombreux élèves se trouvent dans une relation conflictuelle avec le « système scolaire ». Nos enseignants en viennent à douter parfois de leur mission et se sentent mal épaulés par leur hiérarchie. Nous avons besoin non d’une série de réformettes, mais d’une vraie volonté de changement, avec pour objectif de faire à nouveau de l’école publique le socle du vivre ensemble. Cela suppose de redonner confiance aux professeurs en respectant les spécificités de leur métier, de moderniser la carte scolaire, de créer un soutien éducatif gratuit après la classe, de mieux moduler l’allocation des moyens, de garantir aux meilleurs élèves de tous les établissements un accès aux filières d’excellence. Pour l’université, l’encadrement dans les premiers cycles devra être amélioré et les liens avec les grandes écoles et avec la recherche publique relancés. Quant à la laïcité, elle devra être promue, notamment par une charte pour les services publics adossée à la Constitution. Faire du prochain quinquennat celui de la laïcité renforcera la cohésion nationale contre les communautarismes et donnera à la France un rôle exemplaire face aux intégrismes.
 
Aujourd’hui, le pouvoir d’achat constitue la principale préoccupation des Français. Combien de nos concitoyens, à partir du 15 du mois, ne peuvent plus faire face ! J’ai souhaité une hausse rapide du SMIC couplée à une grande négociation sociale pour que cette hausse soit diffusée aux autres salaires. En matière de logement, la réalité, c’est la pénurie de logements sociaux et l’augmentation vertigineuse des prix. Depuis déjà longtemps, on sait qu’il faudra construire massivement, remédier à la ségrégation territoriale, freiner la hausse des loyers et assurer à tous un habitat décent. J’ai proposé à diverses reprises que le droit au logement opposable soit inscrit dans nos textes et effectivement mis en œuvre. Je me réjouis qu’on avance en ce sens, même s’il faut rester vigilants car il y a loin de la proclamation à l’action. Pour assurer la solidarité indispensable, les services publics devront être défendus, à commencer par la santé – ce qui suppose un effort massif en faveur de l’hôpital. Il faudra également mieux prendre en compte la révolution du vieillissement, trouver les financements nécessaires pour nos retraites et pour une réelle prise en charge de la dépendance avec la création d’une cinquième branche de la sécurité sociale.
 
Nous devrons relancer la construction européenne. On le voit chaque jour davantage, l’Europe a besoin d’une vaste réforme institutionnelle et d’un contrat démocratique passé avec les peuples. En 2008, il reviendra à la présidence française de conclure les négociations pour un nouveau traité constitutionnel. Contrairement à ce que l’on entend ici ou là, ce texte devra être soumis à référendum. Révision du mandat de la Banque centrale européenne et du pacte de stabilité, politique commune en faveur de l’innovation et de la recherche, adaptation de la politique commerciale de l’Union (avec un vrai tarif extérieur commun), stratégie industrielle qui ne se réduise pas à une application dogmatique des règles de la concurrence, défense des services publics qu’il faut protéger, conditionnement de tout nouvel élargissement à ces avancées – voilà plusieurs évolutions à enclencher. Dans le domaine social, il nous faudra engager avec ceux qui le souhaitent une politique de convergence ayant vocation, à terme, à s’étendre à toute l’Union. Sur ces sujets comme sur d’autres – en particulier, dans la perspective de bâtir une armée commune cent ans après Verdun, –, je souhaite que nous prenions des initiatives avec l’Allemagne, qui doit rester notre premier partenaire pour faire avancer l’Europe.
 
Cette Europe devra jouer un rôle beaucoup plus actif en matière internationale.La dérive atlantiste que porte Nicolas Sarkozy bloquerait l’Europe politique. Contribuerà la paix, à prévenir et à régler les conflits, faire contrepoids à la mondialisation financière, accélérer le développement des régions à l’écart, notamment l’Afrique : la liste des tâches est impressionnante. En cohérence avec ces engagements, nous devrons faire davantage entendre notre voix : refus de l’unilatéralisme, attachement au rôle des institutions internationales, promotion des droits de l’homme, du progrès social et de l’écologie planétaire. Nous devrons revoir notre stratégie d’immigration dans un sens plus solidaire et plus soucieux des intérêts à long terme de notre territoire.
 
Le dernier défi que nous aurons à relever est celui de la social-écologie. C’est le grand enjeu du 21ème siècle. La France et l’Europe devront peser de tout leur poids pour de nouveaux engagements concrets en faveur de la réduction des gaz à effet de serre. Nous devrons obtenir, à terme, la création d’une Organisation mondiale de l’environnement et l’Europe organiser en son sein une nouvelle solidarité écologique, en utilisant l’outil fiscal. Une politique énergétique commune devra sécuriser nos approvisionnements et coordonner nos efforts afin de réduire l’impact écologique négatif du mode actuel de développement. Sur le territoire métropolitain lui-même, l’habitat écologique, les transports en commun, le ferroutage, les nouvelles énergies propres devront être massivement développés.
 
*
 
Tous ces défis montrent l’ampleur et la difficulté de la tâche. D’autant plus que, d’ici au 6 mai 2007, les obstacles politiques ne manqueront pas. La droite, laissez-fairiste dans son action, voudra faire oublier ses échecs par un flot de promesses virtuelles qu’elle présentera sous un jour social – à cet égard, N. Sarkozy n’incarne nullement la rupture avec les années Chirac. L’extrême droite cherchera à tirer un profit électoral de la pénétration de ses thèses et du populisme ambiant. Percer à jour les mensonges de l’UMP, combattre la menace FN, c’est le moins que l’on puisse attendre de la gauche républicaine qui aspire à l’alternance.
 
Désignée par les militants socialistes, Ségolène Royal bénéficie d’une conjoncture politique très favorable, qui doit lui permettre de remporter l’élection présidentielle et d’obtenir une majorité de gauche lors des législatives. A quatre mois du scrutin, les enjeux économiques et sociaux dominent en effet le débat public : c’est évidemment un atout pour la gauche que de pouvoir faire campagne sur ses propres thèmes. L’électorat socialiste commence à être mobilisé par le refus d’un nouveau 21 avril 2002. Des partenaires traditionnels – le PRG et le MRC – qui avaient présenté des candidatures concurrentes en 2002, seront cette fois-ci nos alliés. La situation au sein de « l’autre gauche » doit nous permettre d’enclencher une dynamique de rassemblement – qui sera d’autant plus forte qu’elle aura été d’abord pratiquée au sein du PS. Notre candidate a donc les atouts en main pour gagner. Dans ce combat, je l’aiderai et la soutiendrai sans ambiguïté, mais ne renierai pas les idées que je porte, celles du projet socialiste, de la République parlementaire nouvelle et de l’Europe sociale.  Je serai fidèle à mes convictions et au choix des socialistes.
 
Pour convertir ce succès potentiel en victoire réelle, encore faut-il que plusieurs conditions soient remplies.
 
Nous devrons être ambitieux sur les objectifs que nous poursuivons. Dans le passé, nous nous sommes souvent laissés enfermer dans un choix impossible : rendre les armes en nous faisant taxer de « libéraux » ou résister en nous faisant accuser d’archaïsme. Entre 2007 et 2012, le Parti Socialiste et la gauche ne devront pas chercher à imiter tel ou tel exemple supposé, mais inventer leur propre voie dans la mondialisation libérale et forger la gauche de demain. Nous devrons conjuguer l’égalité et la liberté, montrer que la création et la redistribution des richesses ne sont pas séparables, relever le défi de la compétition mondiale et refuser d’abandonner l’humain et la planète au laisser-faire destructeur.
 
Nous devrons être précis sur les moyens que nous mobiliserons.Avec le quinquennat, le temps de l’action s’est contracté : par mandature, en général deux gouvernements d’environ 30 mois chacun. Raison de plus pour engager le changement dès les premiers jours. Concrètement, cela suppose de notre part un diagnostic partagé, des projets de loi bien préparés, des partenaires sensibilités – syndicats, élus locaux, associations –, ainsi que des décisions systématiquement assorties d’évaluation. Cela vaut aussi à l’échelon européen. Etre précis sur les outils, c’est dire en particulier comment financer. La dépense publique devra viser partout l’efficacité. La poursuite des déficits actuels, creusés depuis 2002, serait immorale et dangereuse : immorale car nos enfants ne sont pas des organismes de crédit illimité, mais les citoyens et les contribuables de demain ; dangereuse car lorsqu’un pays ne prépare plus le futur, à l’extérieur il recule et à l’intérieur seules quelques collectivités, sociétés, individus fortunés s’en sortent. Dans une politique financière ambitieuse et sérieuse, la fiscalité constitue un moyen et non une fin. Il n’est pas sérieux de promettre une baisse tous azimuts des ressources publiques, sans dire quelles actions publiques on supprimera alors qu’elles sont déjà souvent à court de moyens. Priorité devra aller au financement des dépenses d’avenir et à la maîtrise de la dette afin de garantir la compétitivité durable de notre économie et la prise en charge solidaire des grands choix de la Nation. Au cours des dernières années, la droite a distribué les cadeaux fiscaux aux plus riches tout en augmentant les prélèvements obligatoires : dès le collectif budgétaire de l’été 2007, des choix différents, plus justes et plus efficaces, devront être opérés.
 
Enfin, nous devrons être clairs sur nos alliances. Qui peut croire pour la France aux vertus enchanteresses des « grandes coalitions » ? Elles gomment les clivages démocratiques, règlent rarement les problèmes, risquent d’être suivies d’une poussée extrémiste ou abstentionniste– voire des deux ! Pour mener une politique de gauche, mieux vaut s’appuyer sur les formations de gauche et le dire clairement. Faire une croix sur le rassemblement de la gauche reviendrait à faire échouer l’alternance. Il revient donc au PS,sans hégémonisme, de conduire rapidement la discussion de fond avec nos partenaires afin d’élaborer un contrat de mandature et en y associant, s’ils le souhaitent, ceux qui à gauche sont prêts à troquer la contestation systématique pour la transformation. Il ne reste pas beaucoup de temps pour le faire.
 
Si nous assumons ainsi nos valeurs et notre histoire tout en sachant nous tourner vers l’avenir, si nous formulons des propositions précises adaptées aux défis qui nous attendent, si nous dessinons un prolongement politique aux mobilisations sociales et aux expressions électorales intervenues depuis 2002, je suis convaincu que nos concitoyens nous écouteront et que, sans nous signer un chèque en blanc, ils nous feront confiance.
 
En revanche, si nous hésitons sur notre identité, si nous mollissons sur nos alliances à gauche et sur notre stratégie, en préférantl’accompagnement plutôt que le changement, alors le peuple risque de ne pas se retrouver durablement dans la gauche.
 
Car dans 4 mois, ce n’est pas seulement une élection qui se joue : c’est la capacité de la gauche à proposer un espoir à la France et une boussole à tous ceux qui refusent que le marché et l’argent dominent tout, non seulement l’économie, mais la société et la pensée elle-même. Il n’y a pas de place pour de petites querelles lorsqu’on a face à soi une aussi grande cause. Gagner ensemble cette grande cause, tel est mon souhait ardent pour 2007.
 
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30 décembre 2006 6 30 /12 /décembre /2006 08:35

Idée cadeau : La face karchée de Sarkozy (*)
 
 

Je vous fais une suggestion, en cette fin d’année,  pour concilier générosité et engagement, désir d'offrir et rappel des échéances à venir. Un cadeau oui, mais politique. Une enquête documentée et approfondie, un scénario dense et acide, un dessin virtuose :


Une BD de salubrité publique à l'approche des élections présidentielles !


Un sujet sérieux traité avec humour :


L'aspect sérieux de l'enquête n'enlève rien à la dérision avec laquelle le sujet est traité. Néanmoins, en arrière-plan, c'est toute l'histoire politique française de ces dernières décennies qui est racontée comme un savoureux thriller

L'histoire :

La Sorbonne, 6 juin 2098 : Elzéar KESSEL, étudiant en Sciences Politiques, présente sa thèse de doctorat à 'un jury composé, conformément aux lois sur la discrimination positive, d'un afro-européen à forte corpulence, d'une musulmane tendance opposante au voile et d'un juif homosexuel sous catégorie ashkénaze'. Son sujet : un des phénomènes politiques les plus fascinants du début du siècle le SARKOZYSME

Sur 128 pages, de la réalité de ses origines familiales à la prise de l'UMP, de son enfance 'difficile' à ses rapports avec Jacques CHIRAC, de ses premiers pas en politique à ses amitiés médiatiques, de l'élimination féroce de ses rivaux à l'exploitation de sa vie privée, de ses traversées du désert à ses ascensions fulgurantes, de BALLADUR à VILLEPIN, du Kärcher aux 'affaires', ce sont 50 ans de la vie du candidat Président qui sont retracés avec minutie et humour.

Loin des clichés et des visions simplistes, mais avec un sens de la satire et de la parodie vertigineux, cet ovni journalistique captive de la première à la dernière bulle.

A lire avec plaisir,

 
DH
 
 

(*) Editeur(s) : Vents d'Ouest / Fayard, Prix éditeur : 15,00 €

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3 décembre 2006 7 03 /12 /décembre /2006 11:51


PRS sur Vitrolles !
 
 

Les collectifs antilibéraux (militants de la LCR, PRS, des Verts, et des organisations : les alternatifs, Collectif pour l’écodéveloppement, Convergence citoyenne, gauche Républicaine, MARS, PCF) sont en pleine réflexion et concertation pour la désignation d’un candidat « pour une autre voie à Gauche ».

 

Dans notre ville, PRS est présent et actif dans le collectif antilibéral Vitrollais.

 

Ce Week – End, PRS grâce à mon ami Robert était présent sur les panneaux d’affichage !

 

Les choses bougent pour la désignation du candidat qui représentera les collectifs. Jean – Luc MELENCHON est une alternative pour déboucher sur un consensus.

 
 
 

A suivre,

DH


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29 novembre 2006 3 29 /11 /novembre /2006 23:22



Un camarade internaute « BB » dans un commentaire m’a signalé cette analyse pertinente. L’heure est à ce chacun prenne ses responsabilités pour ne pas casser la dynamique de la gauche antilibérale, pour que le pays ne sombre pas dans le bipartisme à l’américaine.

 
Bonne lecture.
 
DH
 

Les organisations politiques radicales, dont la médiation est indispensable, sont dans l'impasse.

 

La Gauche en danger de mort

 

Par Jacques BIDET, professeur émérite à l'université de Paris-X

 
 

Paru dans le quotidien du Lundi 27 novembre 2006

 

Cela pourrait bien être la fin de la Gauche. Du moins, son éclipse pour longtemps. Dans la plupart des grands pays modernes, on discerne une «droite» et une «gauche». Ou, du moins, deux pôles, en concurrence et en connivence, alternant au pouvoir. L'un autour des forces sociales de la «propriété». L'autre autour de celles de la «compétence».

 

 Mais il y a aussi, virtuel ou actif selon les lieux et les moments, un troisième pôle qui s'affirme en bas, dans le peuple ordinaire, issu de luttes centenaires. Il recherche d'expérience l'alliance avec les «compétents». Quand il parvient à y imposer son influence, la gauche entre en fusion. Elle s'écrit alors en majuscule : la Gauche. Les «compétents» se détachent quelque peu des «propriétaires». Les réformes, «sociales» ou «socialistes», sont à l'ordre du jour. Ce fut notamment le cas en France, et ailleurs en Europe, dans l'après-guerre.

 

La mondialisation a neutralisé ce processus, parce qu'elle a balayé l'Etat-nation, qui était le contexte et le support de cette alliance : le terrain de projets en infraction à la dictature du marché. Les forces d'en bas se sont ainsi trouvées, en quelques décennies, dévitalisées ; les partis communistes se sont effondrés ; les syndicats peinent à la tâche. D'autres groupes politiques émergent, certes. Et tout un mouvement de mouvements. Mais le concept même de Gauche est désormais problématique, parce que le rapport de force est devenu si mauvais qu'une rupture historique se dessine : l'alignement sur le bipartisme standard. Et la Gauche alors disparaît.

 

Reste «la gauche», certes. Mais ce n'est plus la même chose. La tourmente néolibérale a ravi aux compétents leur force spécifique : leur compétence d'agents de l'Etat-nation. Faute d'espace propre, ils ne peuvent envisager de projet autonome. Ils ont rendu les armes, acceptant que l'Europe elle-même se dissolve dans le monde-marché. Modernité, idées neuves, paraît-il. On a, depuis quelque temps, franchi un seuil. Les médias ne connaissent plus guère que la droite et les socialistes. Tout le reste est traité par allusions vaguement dérisoires.

 

En France, pourtant, des forces populaires ont montré leurs capacités dans les luttes contre le projet de Constitution européenne et contre le CPE. L'appareil socialiste a contré la première et récupéré la seconde. La poussée d'en bas existe toujours. Mais il lui manque l'instance politique qui lui redonnerait conscience de soi.

 

La résistance «antilibérale» s'exprime dans un foisonnement d'associations, diversement politisées, couvrant toutes les dimensions de l'existence sociale. Mais les organisations politiques radicales, dont la médiation est indispensable, sont dans l'impasse.

 

Hormis un semblable score aux présidentielles, tout sépare les deux principales. Le PCF : un parti où l'on meurt. La Ligue communiste révolutionnaire : un parti où l'on passe. Cela ne donne pas la même démographie.

 

D'un côté, un parti impliqué dans la population, les syndicats et les quartiers, dans de lointaines histoires identitaires. De l'autre, une élite radicalisée, au mieux avec la culture et les médias, et qui surfe avec ardeur sur tout ce qui bouge. Le PCF n'est pas au clair avec son histoire. La Ligue ne veut pas connaître sa sociologie. L'un, dit l'autre, est en fin de course, voué à la répétition. L'autre, dit l'un, n'est qu'un mouvement de nomades, dont le maximalisme verbal n'a guère de prise sur le réel...

 

Deux mythes, en réalité, paralysent encore aujourd'hui la montée en puissance d'une force politique populaire, dont il resterait à trouver la forme opérationnelle. D'un côté, le mythe de la «classe ouvrière». Les ouvriers sont toujours aussi nombreux, mais la classe est cassée en morceaux. Si l'on veut reconstruire, c'est sur une identité plus large, précaire et flexible qu'il faut viser.

 

De l'autre, le mythe de l'«extrême gauche». On peut certes lire des programmes plus «extrêmes» que d'autres, mais cela ne veut pas dire qu'existe une population plus «à gauche» que celle qui vote communiste. Il s'agit plutôt d'appartenance à des couches sociales différentes, et, pour les appareils, d'intérêts immédiats divergents. Il existe aujourd'hui une convergence, d'opinion et de sentiment, qui soude cette gauche de gauche. Et cela est un fait nouveau.

 

Pourtant l'unité sur une candidature commune reste incertaine. Les uns refusent de faire une politique sociale-libérale. Les autres, de faire une majorité avec les socialistes. Personne, pourtant, ne peut croire que ce soit là le fond du différend.

 

Si la LCR rechigne à s'engager, c'est sans doute que le PCF est trop bien engagé. A son égard, il est vrai, les autres parties prenantes ne sont pas dans la même relation de concurrence. Elles sont souvent peuplées d'anciens sympathisants ou de vagues compagnons, et de leurs héritiers en tout genre. Et, pour eux, ce qui a survécu du vieux Parti, désormais pris dans la commune culture de discussion, a cessé d'être un repoussoir. Reste à savoir pourtant si ceux qui lui sont demeurés fidèles ne vont pas commettre la même erreur suicidaire qu'en 1977-1978 : ne rien comprendre à l'effervescence collective dont ils ont pourtant été un moteur essentiel.

 

D'autant que la situation a changé. Cette gauche de la gauche n'a pas son centre de gravité dans les partis. Sa capacité d'initiative habite une population fluide, principalement associative, qui se mobilise au coup par coup, mais politiquement très motivée. De ce fait, l'idée qu'une formation politique pilote le processus présente une moindre légitimité. Conviendrait plutôt une figure organisationnellement moins définie, et capable de faire signe jusqu'aux entités aujourd'hui les plus malmenées, notamment les jeunes, les femmes et les précaires de toute sorte.

 

En réalité, il ne s'agit pas, à proprement parler, de produire une candidature à la présidence de la République. Ni d'élire la tête dirigeante d'une coalition électorale. Mais de choisir une personnalité porte-parole pour une perspective élaborée en commun, gage de dynamique et de convergence à long terme.

 

Dans cette logique, c'est manifestement au PCF de consentir le plus lourd sacrifice. Justement parce qu'il est, malgré tout, la force la plus nombreuse, la plus enracinée et la plus déterminée. Aux communistes de comprendre que les temps changent, et que l'avenir de leur parti est d'être au cœur d'un «parti» plus vaste et plus divers, qui ne peut porter leur nom.

 

Sinon, le scénario est écrit d'avance. La Ligue ira de son côté. Les collectifs dépériront. La lutte sera vaillante. Et la défaite assurée. L'heure du bipartisme aura sonné. Fin d'une «exception» vieille de plus de deux siècles. Et l'avenir risque de durer longtemps.



Pour en savoir plus :

http://www.liberation.fr/rebonds/219493.FR.php

 
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25 novembre 2006 6 25 /11 /novembre /2006 15:10


José BOVE renonce à sa candidature pour représenter les collectifs antilibéraux. ce n'est pas une bonne chose. L'histoire n'est cependant pas encore écrite. PRS et Jean Luc MELENCHON ont une responsabilité particulière aujourd'hui. Cela sera débattu lors du conseil national de PRS de ce WE.

La donne peut encore évoluer, si les responsables des collectifs et les candidats à la candidature restent fidèles à la finalité des collectifs ! La démarche est ambitieuse et complexe. Chacun aujourd'hui doit assumer ses responsabilités.



A suivre...


PRS se tourne vers les collectifs antilibéraux (*)

 
 

Les militants de l’association de Jean-Luc Mélenchon veulent être « un trait d’union » au sein de la gauche.

 

C’est peu de dire que le vote massif des militants socialistes en faveur de Ségolène Royal a été durement ressenti du côté de PRS, l’association crée par Jean-Luc Mélenchon qui avait activement participé à la campagne du « non de gauche » au traité constitutionnel européen.

 

Pour François Delapierre, l’un de ses dirigeants, par ailleurs membre du bureau national du PS, « ce vote est un tournant pour le parti socialiste et pour la gauche dans son ensemble » Engagé au côté de Laurent Fabius dans la campagne interne qui vient de se dérouler, il estime aujourd’hui qu’« il faut regarder la défaite en face » et voit dans l’orientation politique revendiquée par Ségolène Royale un risque majeur, celui de ne pas être en mesure de rassembler l’électorat de gauche en 2007.

 

Dans ces conditions il revient, selon lui, aux collectifs antilibéraux une responsabilité particulière pour faire entendre avec force la voix des salariés, des chômeurs, des jeunes, de tous ceux qui subissent de plein fouet les politiques libérales. Et cela passe, souligne François Delapierre, par leur capacité à se mettre d’accord sur la question des candidatures. Mais cette responsabilité est aussi, insiste-t-il, celle de « ne pas creuser le fossé avec les militants et électeurs socialistes ».

 

De ce point de vue, l’accueil reçu par Jean-Luc Mélenchon lors du meeting de Montpellier a levé ses inquiétudes. Et l’affluence grandissante depuis Le Mans et Grenoble, aux initiatives organisées par les collectifs conforte le choix des militants de PRS de jouer un rôle de « trait d’union » entre les militants et électeurs socialistes qui souhaitent le rassemblement sur d’autres bases que celles de « centre gauche » actuellement privilégiées par Ségolène Royale et la direction du PS et tous ceux qui se retrouvent aujourd’hui dans la démarche et les orientations définies par les collectifs antilibéraux. Cette position est-elle tenable ?

 

Dans la campagne du référendum, PRS avait déjà passablement énervé les responsables socialistes tenant du « oui ». La présence de Jean-Luc Mélenchon à Montpellier, sur la tribune au côté des porte-parole des collectifs antilibéraux, a déjà fait grincer des dents à la direction du PS. C’est de cette situation nouvelle à gauche que les militants de PRS débattront samedi à l’occasion de leur réunion nationale.

 
 
(*) Jacqueline Sellem  http://www.humanite.fr

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25 novembre 2006 6 25 /11 /novembre /2006 12:05

L'hypothèse Mélenchon est posée au PCF (*)
 
 
Victoire de Ségolène Royal au PS, difficultés des collectifs antilibéraux à produire un candidat commun, hésitation du PCF à entrer vraiment dans la campagne présidentielle : le mois de décembre sera-t-il celui de la candidature de Jean-Luc Mélenchon ?
 
Le meeting tenu à Montpellier samedi 18 novembre a démontré l'incontestable attente qui demeure chez un grand nombre de militants du non au référendum de 2005. Quatre mille personnes rassemblées à six mois d'une échéance électorale en dépit de l'état de désorganisation des collectifs antilibéraux : voilà un fait politique qui n'est pas passé inaperçu. Un espace politique et une capacité militante semblent exister pour ceux qui font le pari que le clivage du « non » au Traité constitutionnel européen demeurera structurant pour 2007.
 
Mais comme le reconnaissent beaucoup de militants des collectifs antilibéraux, la désignation d'un candidat commun va relever du défi bien difficile à surmonter. Yves Salesse est reconnu pour sa force de travail mais reste presque totalement inconnu des Français. José Bové a beaucoup d'adversaires, en particulier au Parti communiste avec lequel il ne partage aucune histoire militante solide. Clémentine Autain plaît aux médias et aux bloggeurs bobos parisiens, mais son inexpérience et sa distance avec la France ouvrière sautent aux yeux. Patrick Braouzec n'a aucun atout politique permettant de l'emporter. Reste Marie-George Buffet, l'ancienne ministre de la Jeunesse et des sports, mais sa candidature estampillée PCF fait grincer les dents des autres « candidats à la candidature » et son potentiel électoral semble limité.
 
L'équation semble insoluble.

Même en dehors des collectifs, le PCF hésite à se lancer vraiment dans la bataille. La faiblesse du score de Robert Hue en 2002 a marqué les esprits (3,37% des voix, à peine 960 000 voix !). Un tel résultat rendrait difficile de solides négociations avec le PS pour les législatives, sans compter le non remboursement des frais de campagne. Et surtout, Marie-George Buffet manque de ce grain de folie qui fait un bon candidat à l'élection présidentielle : si son dévouement et la sincérité de ses convictions font consensus, il plane un doute sur sa capacité à mener campagne.

La clé est encore au PS

Depuis le référendum de 2005, les militants communistes ont eu l'occasion de cotoyer des camarades d'un genre nouveau : mi-rouges, mi-roses. Regroupés autour de Jean-Luc Mélenchon, les partisans de l'association Pour la république sociale (PRS) ont marqué les esprits par leur capacité militante et leur visibilité pendant la campagne référendaire. La célèbre affiche
« Pour moi, c'est non », c'était eux. Avant le vote de la CGT, avant les grosses machines militantes, ils ont sillonné le pays pour s'opposer au traité constitutionnel européen. Pendant la campagne et après, ils ont noué de solides liens avec les antilibéraux et avec les communistes. Le ballon de leur stand à la dernière Fête de l'Humanité était si visible qu'on leur demanda de bien vouloir être un peu plus… discret ! La culture des militants de PRS (deux ou trois milles membres) est très proche de celle des communistes : le peuple n'est pas un gros mot pour eux, pas plus que la France, et ils préfèrent au charme discret des centres-villes les odeurs des marchés et du terrain.

Mélenchon l'a dit à Montpellier : on ne fera pas de lui un Ségoliste. Le PS sait qu'il lui sera difficile de le faire plier. Sénateur jusqu'en 2011, son calendrier est libre de tout point de pression. Ses choix politiques sont ses médailles : opposant à la première guerre du Golfe, adversaire résolu de la dérive libérale en Europe, tribun vengeur lors de la campagne référendaire sur l'Europe. Lors de ses longues envolées oratoires, il renoue avec la tradition du populisme socialiste, éduquant le Peuple et les militants, parlant aux tripes et aux cœurs. A bien des égards, il est le seul à gauche à contester à Le Pen le statut de tribun des prolos. Il fallait le lire évoquant les poings serrés et la dignité retrouvée des petits et des humbles pour comprendre la réalité charnelle du 29 mai 2005.

Sa conviction est simple : la clé de 2007, comme 2005, se trouve au PS. Une candidature Mélenchon, soutenue par le PCF et par une bonne partie des collectifs antilibéraux, donnerait une suite politique logique au 29 mai, en même temps qu'une solution politique aux hésitations des communistes et à l'immaturité organisationnelle des antilibéraux. Avec les troupes communistes et celle de PRS, il pourra mener campagne en profondeur, sur l'ensemble du territoire, et avec une capacité de commando que les grands partis ne peuvent plus se permettre, fussent-ils les maîtres de la « blogosphère ».

Les communistes sauront-ils saisir et mettre à profit cette « fenêtre d'opportunité » comme le disent les experts en stratégie ? Le mois de décembre le dira.
 
(*) Vendredi 24 Novembre 2006- Julien Landfried- Marianne2007.info
 
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