Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Recherche

Référencement

Il y a actuellement  

  personnes connectées à Over-Blog dont  

  sur ce blog
  Blogue Parade - L'annuaire des blogues francophones - BlogueParade.com

 

Wikio - Top des blogs - Politique

Archives


Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
3 mars 2007 6 03 /03 /mars /2007 11:30


Ségolène Royal signe le pacte AC le Feu

à Clichy-sous-Bois

 

Ségolène Royal a signé à Clichy-sous-Bois le "contrat social et citoyen" proposé aux candidats à la présidentielle par le collectif AC le Feu , créé dans la foulée des violences urbaines de 2005.


Ce pacte, rédigé sur la base des doléances récoltées en 2006 dans 120 villes de France par le collectif AC le feu, né à Clichy-sous-Bois après les violences urbaines de novembre 2005, comporte 105 propositions "concrètes" sur neuf thèmes comme l'emploi, les discriminations, le logement, l'insécurité.


La candidate socialiste laisse de côté une vingtaine de propositions qui lui semblent "irréalisables" ou dont la rédaction pose problème.

 

J’ai toujours été très critique avec Ségolène ROYAL, ce n’est pas un secret pour les visiteurs réguliers de ce blog, mais force est de constater qu’elle a été la première à s’engager avec AC Le Feu. (*)

 
Cela me fait plaisir à plusieurs titres.
 

Sur la forme, cela s’est passé à Clichy sous Bois, ville que j’ai habité et où j’ai fais mon parcours scolaire du CE1 à la 6ème inclus. Si la ville a beaucoup changé aujourd’hui. A la fin des années 60 (1966 – 1970), c’était le début des grandes cités, et j’ai le souvenir des bidonvilles qui existaient encore à l’époque. J’habitais une grande barre d’immeuble, et j’en garde de bons souvenirs.

 

Sur le fond, je m’étais fait l’écho de la démarche d’AC le Feu sur ce blog, en diffusant leurs propositions tout à fait pertinentes.

 
 

et

 
 
DH

(*) Olivier BESANCENOT a lui aussi signé le même jour.
Repost 0
Published by Didier HACQUART - dans Présidentielles 2007
commenter cet article
2 mars 2007 5 02 /03 /mars /2007 07:59


Emmanuel Todd a été interviewé dans le Télérama (*) du 3 au 9 mars. J’ai trouvé son analyse pertinente sur l’économie et la présidentielle. J’ai souhaité partagé cette réflexion sur mon blog.
 
 
 
DH
 
 
 
(*) Journal de télévision dont les programmes ne se trouvent que très rarement avant la 100ème page. Il faut tellement de temps pour accéder aux programmes, que cela peut de place en final pour regarder la télévision !
 
 
 
 
 
EMMANUEL TODD « Le premier candidat majeur qui contestera le libre-échange cassera la baraque »
 
 
 
 
Face à la concurrence des pays émergents, un "protectionnisme européen raisonnable" s’impose, estime l’historien. Pourquoi l’économie n’est-elle pas au centre du débat électoral ?
 


Serait-il en voie de devenir le gourou des politiques ? Rappelez-vous sa fameuse note de l’automne 1994, Aux origines du malaise politique, qui permit à Jacques Chirac de mener campagne sur la « fracture sociale ». Peu se souviennent que, dès 1976, à l’âge de 25 ans, le jeune démographe Emmanuel Todd avait prédit dans La Chute finale la décomposition de l’Union soviétique. En 2002, il règle aussi le sort des Etats-Unis (Après l’empire) et continue de guetter leur effondrement. Et voilà qu’à l’automne dernier, il est parti en guerre contre les « candidats du vide » que sont à ses yeux Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Son nouveau combat ? La création d’une aire protectionniste européenne, afin de soulager les classes laborieuses des maux du libre-échange. A voir la virulence des réactions qu’il suscite, il semble que le petit-fils de l’écrivain Paul Nizan et le fils du journaliste Olivier Todd gratte à nouveau là où ça fait mal…

 

 


Le 13 septembre 2006, vous déclariez dans une interview au Parisien : « Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy sont “les candidats du vide”. » C’est toujours votre opinion ?

 


A ce jour, je ne vois pas ce qui pourrait me faire changer d’avis. Je les appelle comme ça non pas pour leur côté people, la brume autour de leur vie de couple, mais pour une absence de discours sur la seule chose qui intéresse et angoisse les Français : le système économique qui a engendré la pression sur les salaires et l’insécurité sociale. Toutefois, il serait injuste de jeter l’anathème sur Sarkozy sous prétexte qu’il dit tout et n’importe quoi, et sur Ségolène Royal parce qu’elle ne dit rien sur l’économie, sans ajouter que François Bayrou les a malheureusement rejoints. Je persiste à dire que s’ils ne mettent pas la question du libre-échange au cœur de leur programme, ils seront à côté de la situation réelle du pays, des souffrances des gens. Cela explique que la campagne ne démarre pas, et que le corps électoral ne suive pas.

 

 
Vous dénoncez un « système médiatico-sondagier » qui aurait « imposé » le binôme Sarkozy-Royal...

 


Dans les phases pré-électorales, avant que les thèmes aient été présentés par les candidats ou les partis, l’électorat populaire est inerte. Les sondages qui ont été réalisés à ce moment-là représentaient l’opinion des classes moyennes, et plutôt des classes moyennes supérieures, parmi lesquelles on trouve les journalistes, les sondeurs… Ces derniers le savaient mais, au lieu de reconnaître que leur boulot ne valait rien, ont préféré dire : « les sondages sont une photographie de l’opinion à un moment donné ». C’est une escroquerie ! Ils suggèrent que l’opinion change, alors qu’on assiste en réalité à un phénomène de formation, de cristallisation d’une opinion populaire qui n’existait pas et qui émerge dans le courant de la campagne.

 

 
Mais ce ne sont quand même pas les sondeurs qui ont choisi Ségolène Royal !

 


Il est vrai que les adhérents n’étaient pas obligés d’écouter les sondages qui leur disaient que seule Ségolène Royal avait des chances. Beaucoup plus qu’il n’a désigné sa candidate, le PS s’est révélé indifférent aux questions économiques. C’est dommage, lorsque l’on voit qu’un Fabius, dans ses derniers discours, a mûri sa réflexion et propose une vraie vision de l’Europe

 

 
Un peu tard…

 


Oui, mais il ouvre aujourd’hui la voie à une contestation efficace du libre-échange. Et le premier candidat majeur qui abordera le sujet cassera la baraque !

 

 
A quoi le voyez-vous ?

 


A l’automne dernier, j’ai fait quelques interventions radio en faveur de ce que j’appelle « un protectionnisme européen raisonnable ». La montée d’un prolétariat chinois sous-payé a un effet gravement déflationniste sur les prix et les salaires des pays industrialisés et elle n’est pas près d’être enrayée, car la Chine est un pays totalitaire. Il faut donc des barrières douanières et des contingentements provisoires. J’ai été très frappé de la réceptivité de la société française à cette remise en question du libre-échange. Puis Dominique de Villepin m’a demandé d’ouvrir la conférence sur l’emploi par un topo sur le sujet. Lorsque vous intervenez, non plus à la radio, mais au cœur du système, en présence du Premier ministre, du ministre de l’Economie, des syndicats, du Medef, c’est la panique. Tout le monde sent en effet qu’un candidat qui arriverait avec un projet protectionniste européen bien ficelé serait élu, d’où qu’il vienne. Et personne ne peut rire d’une Europe protégée de 450 millions d’habitants, d’autant moins qu’elle pourrait réaliser l’impossible, c’est-à-dire, à l’intérieur de chaque pays, la réconciliation des dirigeants et des groupes sociaux.
 
Vous avez déclaré que l’émergence du thème protectionniste viendrait plutôt de la droite…

 


Le Parti socialiste et l’UMP sont tous deux décrochés des milieux populaires et probablement d’une bonne partie des classes moyennes. Ce sont des superstructures qui flottent dans les classes moyennes supérieures. Mais cette oligarchie est coupée par le milieu : le PS représente l’Etat, et l’UMP, le marché. Ceux qui sont bien logés dans l’appareil d’Etat – fonctionnaires de catégorie A, j’en fais partie – ont une indifférence encore plus grande aux maux du libre-échange. A droite, c’est vrai que le capitalisme financier s’en contrefout. Mais ce n’est pas le cas des secteurs de production. N’oubliez pas que le premier théoricien du protectionnisme, l’économiste allemand Friedrich List, était un libéral. Les protectionnistes sont des adeptes du marché, à condition de définir la taille du terrain…
 
La régulation du marché ne serait pas qu’une histoire de gauche ?

 


D’abord, il faut rappeler que les socialistes ont une arrogance de bons élèves que n’ont pas les gens de droite. Ils oublient facilement que dans l’histoire des idées économiques, les basculements sont transpartisans ; au début des années 70, la gauche et la droite étaient en faveur d’une économie régulée par l’Etat. Le basculement dans l’ultralibéralisme a fini par toucher tout le monde. Si l’on en vient, comme je l’espère, à l’idée que la protection européenne est la bonne solution, au final, gauche et droite seront d’accord. Reste à savoir qui va démarrer le premier.
 
Vous avez eu des mots très durs pour « la petite bourgeoisie d’Etat », qui « ne comprend pas l’économie »…

 


L’une des forces de la France, c’est son égalitarisme, et la capacité de sa population à s’insurger. Cet esprit de contestation explique dans notre pays la suprématie de la sociologie. En revanche, la France n’a jamais été en Europe l’économie dominante, elle a toujours été, depuis le Moyen Age, en deuxième position. La pensée économique française est donc restée à la traîne. Il se trouve que notre unique Prix Nobel d’économie, Maurice Allais, un vieux monsieur, est protectionniste ! Alors on décrète que notre vieux Prix Nobel ne vaut rien en économie… Ne soyons pas naïfs, toutes les rigidités ne sont pas intellectuelles, car deux nouvelles catégories de soi-disant économistes sont apparues : des types issus de la haute fonction publique, d’autant plus adeptes du marché qu’ils ne savent pas ce que c’est, et des économistes bancaires, qui sont en fait des commerciaux dont les intérêts sont imbriqués à ceux du système.

 


 
Vous avez prédit en 2003 le déclin américain, qu’on ne voit toujours pas venir…
Je maintiens que si une économie est puissante, cela s’exprime dans l’échange international. Or, les Etats-Unis, avec 800 milliards de déficit commercial, sont déficitaires avec tous les pays du monde, y compris l’Ukraine. Les Etats-Unis, c’est le pays des mauvaises bagnoles, des trains qui vont lentement, où rien ne marche très bien, où il est difficile de faire changer un compteur à gaz en dehors des grandes villes, où la mortalité infantile est la plus forte du monde occidental. Où l’informatisation et la robotisation – c’est masqué par l’essor des ordinateurs individuels – est faible. Là-bas, le discours sur l’économie virtuelle, sur « l’immatériel », est un discours délirant. Parce que l’économie, ce n’est pas l’abolition de la matière, mais sa transformation par l’intelligence. De temps en temps, l’état réel de l’Amérique apparaît : face à un événement comme l’ouragan Katryna, l’économie virtuelle, les avocats, les financiers, pas terrible, hein…

 

 
C’est cette Amérique-là qui fascine Nicolas Sarkozy...

 


Ce n’est pas tant le bushisme de Sarkozy qui est scandaleux, que sa mauvaise maîtrise du temps, son manque d’à-propos, puisqu’il est allé faire allégeance à Bush juste avant que l’énormité de son échec en Irak ne soit reconnue aux Etats-Unis mêmes ; quant à Ségolène Royal, elle a manifesté une vraie rigidité de pensée en refusant pour l’Iran le nucléaire civil aussi bien que militaire. Je ne vois pas comment ces deux candidats pourraient penser le protectionnisme européen, question qui suppose intérêt pour l’économie, mais aussi maîtrise de la politique étrangère, car la première chose qu’il va falloir faire, c’est négocier avec l’Allemagne !
 
L’économie allemande est repartie. En quoi l’Allemagne aurait-elle besoin du protectionnisme ?


Pour les idéologues du libre-échange, l’Allemagne est le pays qui réussit le mieux. Mais de mon point de vue, c’est celui qui arrive le mieux à se torturer lui-même. Au prix d’une terrible compression salariale, l’Allemagne a abaissé ses coûts de production et gagné des parts de marché en Europe, contribuant à l’asphyxie de la France et de l’Italie.

 


Elle aurait maintenant tout à gagner à un marché européen prospère, où l’on protège nos frontières, augmente les salaires, gonfle la demande intérieure. Tout cela, il faut le penser, être capable de le négocier. Et je ne ressens pas dans notre binôme cette compétence diplomatique…

 

 
Le système libéral peut-il se régénérer ?

 


Le libre-échange intégral et la démocratie sont incompatibles, tout simplement parce que la majorité des gens ne veut pas du libre-échange. Donc, soit la démocratie gagne et on renonce au libre-échange, soit on supprime le suffrage universel parce qu’il ne donne pas les résultats souhaités par les libéraux. Le seul pays à avoir jamais inscrit dans sa Constitution le libre-échange a été les Etats américains sudistes, esclavagistes. Le Nord, industriel et démocratique, derrière Lincoln, était protectionniste. Normal, puisque le protectionnisme définit une communauté solidaire et relativement égalitaire, alors que le libre-échange suppose des ploutocrates et une plèbe. La Chine a résolu le problème : c’est un modèle totalitaire qui pratique le libre-échange. Avec la Chine, on parle d’un modèle capitaliste imparfait, alors que c’est peut-être le modèle achevé !

 

 
Si l’Europe se décidait pour le protectionnisme, comment la Chine réagirait-elle ?


Elle s’écraserait parce qu’elle a trop besoin des machines-outils allemandes. Le rétablissement d’une souveraineté économique aux frontières de l’Europe renforcerait nos capacités de négociation. Le protectionnisme, ce n’est pas l’autarcie, on définit des zones de protection, tout peut se négocier. Ce n’est pas un univers idéologique, contrairement au libre-échange qui prétend avoir une recette universelle pour tous les produits.

 


Autre sujet polémique, l’Iran, que vous déclarez depuis 2002 être engagé « dans un processus d’apaisement intérieur et extérieur »

 


En octobre, dans Marianne, je disais : Ahmadinejad et ses horreurs sur l’Holocauste, ce n’est que la surface des choses, il faut faire le pari d’un Iran avec de vraies virtualités démocratiques, associé à sa spécificité chiite, parce que le chiisme, culture du débat, de la révolte, est une bonne matrice pour la démocratie. Or, que s’est-il passé ? Ahmadinejad s’est pris une claque électorale. Vous remarquerez d’ailleurs que l’Iran, où l’alphabétisation des femmes a fait chuter la fécondité à 2,1, où les étudiants sont en majorité des étudiantes, est un pays qui n’arrête pas de voter ! Il faut donc continuer à dire tout le mal qu’on pense d’Ahmadinejad, mais résister aux provocations, ne pas se laisser entraîner par les Etats-Unis dans une confrontation.
 
Pourquoi l’Europe devrait-elle se rapprocher de l’Iran ?

 


L’objectif des Etats-Unis n’était pas seulement de faire la guerre en Irak mais d’entraîner Français et Allemands dans cette guerre, et ils feront de même avec l’Iran. Par ailleurs, l’intérêt des Iraniens est d’importer des machines-outils européennes, celui des Européens, inquiets de la prédominance de la Russie dans leurs approvisionnements énergétiques, est d’avoir un deuxième partenaire. Ma position traduit un désir de paix mêlé d’une géopolitique raisonnable. Mais je crains que les Américains n’attendent la présidentielle française pour déclencher leur attaque sur l’Iran, une fois débarrassés de Chirac. Il faut donc absolument contraindre nos deux candidats à dire ce qu’ils feraient en cas d’attaque américaine.
 
Le goût de la prospection, d’où vous vient-il ?

 


De formation, je suis historien. C’est normal de vouloir connaître la suite de l’histoire non ? Je ne suis jamais allé en Iran, et je n’étais pas allé en Union soviétique avant d’annoncer l’effondrement du système, mais je ne suis pas davantage allé dans le XVIIIe siècle. Sur ces pays, je travaille en historien, à travers des documents, des paramètres, des statistiques. Et je prolonge des tendances… Tous les historiens ne se promènent pas dans le futur immédiat… On va souvent vers l’histoire pour échapper au présent, pour se réfugier dans le bruit et la fureur des événements d’autrefois. Mais quand on parle à des médiévistes, on s’aperçoit qu’ils ont une vision aiguë du présent. Simplement, ils n’ont pas le goût de faire ça. Il faut dire que le présent est très inquiétant. En ce moment, je travaille sur les systèmes familiaux du passé, et quand j’essaie de dater l’émergence de la famille communautaire en Chine, dans mon petit bureau, avec mes petites cartes, je me sens protégé.

 
 
 

Propos recueillis par Vincent Remy

 
 
 

A LIRE :

 


Après l'empire - Essai sur la décomposition du système américain, de Emmanuel Todd

Repost 0
Published by Didier HACQUART - dans Présidentielles 2007
commenter cet article
27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 23:46
 

François BAYROU monte dans les sondages. il représente certainement, lui aussi une nouvelle façon de faire de la politique. il semble conquérir un électorat à Gauche qui ne satisfait pas de la candidate Ségolène ROYAL , ni des candidatures de l'autre Gauche. Mais à cet électorat de Gauche, il faut rappeler qui est François BAYROU et son parcours politique, qui reste ancré à Droite, sans parler de  ceux qui  le soutiennent de préférence à SARKOZY, comme le très libéral  Alain MADELIN.

 

 


A suivre...

DH

François BAYROU n'est pas Casimir ...


 

Clémentine Autain & Anne Le Strat

 
 
 

Les déçus de la gauche ne manquent pas. Il ne faudrait pas qu’ils manquent bêtement à la gauche...

 
 
 

Ne trouvant pas leur compte avec Ségolène Royal ou avec les autres candidatures de gauche, certains d’entre eux semblent prêts à toutes les infidélités.

 
 
 

S’il en est une qu’il faut ramener à ce qu’elle est - un vote de droite -, c’est bien la tentation du vote François Bayrou. Or le leader centriste, qui fait un tabac dans les sondages, rogne allègrement sur les suffrages de la gauche.

 
 
 

"L’effet Bayrou" marche notamment chez les trentenaires, qui trouvent peut-être là l’expression d’une revanche sur la génération de Mai-68. Dans le livre le plus jouissif écrit sur notre génération, Souffrances du jeune trentenaire (Fayard, 2005), Mara Goyet décrit la scène où son jeune personnage vote François Bayrou : "Jamais il n’avait eu idée plus folle, plus osée, plus inavouable. Plutôt que de voter blanc, voter mou. Franchir la ligne blanche, voter à droite, rien qu’un petit peu mais quand même... Ce fut une expérience incroyable, un cocktail de sensation, un vrai trip de l’underground civique. Il avait l’impression d’avoir fumé du colza à l’état pur." François Bayrou, un vote subversif ?

 
 
 

A nos camarades de génération et aux autres, nous voulons dire "halte à la supercherie !". François Bayrou n’est pas Casimir, l’UDF n’est pas "L’île aux enfants" et la présidentielle n’a rien à voir avec le monde sucré de "Croque-vacances". Le vote Bayrou n’est pas un vote sans saveur ni conséquence. La posture du candidat, pétri de bons sentiments, en phase avec la colère du peuple contre les élites, c’est pour la télé mais pas dans l’Hémicycle.

 
 
 

La carrière politique du candidat UDF est déjà longue et ne se limite pas au complexe d’Astérix qu’il joue avec un certain succès depuis la mise sur rails de l’UMP. On fait toujours grand cas des déclarations d’indépendance et des critiques assassines que M. Bayrou lance à la face de l’UMP et de son candidat officiel. Il est, plus discrètement, un député discipliné : depuis 1986, il a voté de façon quasi systématique avec la droite et a participé à des gouvernements de droite libérale, dont celui d’Edouard Balladur qui le fit ministre de l’éducation nationale, et dont il fut l’un des tout premiers à réclamer la candidature à la présidentielle en 1995.

 
 
 

Quant aux principales propositions du candidat, elles ne traduisent vraiment pas un virage à gauche : nouveaux allégements de charges pour les entreprises (la pente naturelle du libéralisme économique), mise en place d’un "service garanti" dans les transports publics (dit autrement, c’est la remise en question du droit de grève), mise sous tutelle des allocations familiales (ce qui revient à pénaliser un peu plus les familles des classes populaires), création de nouvelles structures fermées pour les jeunes en difficulté (comme ça fleure bon le parfum sécuritaire !), abolition des régimes spéciaux de retraite (traduction : alignement par le bas des droits sociaux), libéralisation des heures supplémentaires (adieu les 35 heures et le code du travail ?), etc. Si le candidat Bayrou a récemment dénoncé le manque de "bienveillance" de l’Etat à l’égard des banlieues, il ne faut pas oublier que le député Bayrou a voté, fin 2005, la prolongation de l’état d’urgence.

 
 
 

Bref ! Une bonne dose d’économie libérale et une poignée de contrôle social, c’est l’UMP à visage humain. Alors, bien sûr, demeure la tentation du centre, ce grand fantasme des politologues français : existerait-il une terre bénie, un espace politique vierge et vertueux, composé d’hommes et de femmes raisonnables, libres de toute attache partisane, et dont la liberté absolue de parole irait de pair avec un attachement aveugle et exclusif à l’intérêt général, des politiques aux mains propres et aux idées larges ? Toutes les familles politiques se rattachent à l’un ou l’autre bord, ainsi va la vie démocratique qui a besoin de cette confrontation idéologique. Le centre, depuis quarante ans, a toujours gouverné avec la droite.

 
 
 

Le brouillage des identités droite-gauche mène à une compétition des personnalités, dont M. Bayrou espère sortir vainqueur. La politique mérite mieux que ça. Et la gauche n’a rien à y gagner : au lieu de laver à la machine le clivage droite-gauche, en espérant grappiller sur l’électorat du centre-droit, elle ferait mieux de défendre un projet de transformation sociale qui s’oppose, point par point, à la cohérence libérale-autoritaire de Nicolas Sarkozy.

 
 
 

Qu’une hésitation entre François Bayrou et Ségolène Royal soit possible traduit le déplacement du PS vers la droite - c’en est même l’un des tristes symptômes. Nous pouvons concevoir que certains de nos camarades de génération et d’autres, désireux de casser par leur vote une routine mortifère entre une droite de régression et une gauche de renoncement, puissent croire une seconde que le vote François Bayrou permette de s’évader. Nous voulons leur rappeler que, pour l’évasion, d’autres candidatures clairement positionnées à gauche - antilibérales, écolos... - sont possibles (et souhaitables !).

 
 
 

La tentation du vote François Bayrou ne peut donc s’habiller de l’excuse d’une absence de choix sur l’échiquier politique à gauche. M. Bayrou n’est ni un monstre gentil, ni le bon Charles Ingalls de "La Petite Maison dans la prairie". Il est (encore) temps de revenir à la réalité.

 
 
 

Clémentine Autain est adjointe (app. PCF) au maire de Paris ; Anne Le Strat est conseillère de Paris (Verts). Elles sont membres de la Fondation Copernic.

Repost 0
Published by Didier HACQUART - dans Présidentielles 2007
commenter cet article
24 février 2007 6 24 /02 /février /2007 18:30

 


Lu dans La lettre du Monde.fr du 23 février 2007 : Alain Madelin discret conseiller de François Bayrou...

 
 
 
 
 

"François BAYROU, a bénéficié des conseils d'Alain MADELIN pour son programme économique. L'ancien président de Démocratie libérale se sent plus proche, sur bon nombre de points, du candidat de l'UDF que de celui de l'UMP."

 
 
 
François BAYROU le centriste s’appuie donc sur le très ultralibéral Alain MADELIN. Il nous l’avait bien caché…
 
 
 

Il ne faut pas oublié qu’Alain MADELIN, c’est notamment les cercles ultralibéraux, où se retrouvent différents intervenants de la droite libérale, politiques et économistes, dont certains ont plus que fleurté avec le FN…

 
 
 

Intéressant non ?

 
 
 
DH
Repost 0
Published by Didier HACQUART - dans Présidentielles 2007
commenter cet article
16 février 2007 5 16 /02 /février /2007 07:40


SARKOZY et sa bande encore au pouvoir semblent s’activer pour casser le code du travail, avant même d’avoir les pleins  pouvoirs avec la Présidentielle et les législatives à venir. Remettre en cause le code du travail est un vieux rêve du MEDEF porté aujourd’hui par Nicolas SARKOZY. Il est urgent de le dénoncer. Ce billet de
Gérard FILOCHE est important à diffuser autour de nous.
 
 
 
DH
 
 
 
Sarkozy-Larcher-Villepin-Chirac ensemble contre les prud’hommes et pour une « recodification » imminente  (en mars 2007 ?) du Code du travail
 
 
 
 
 

Ils engagent une nouvelle offensive urgente contre le droit du travail,
Empêchons-les de le faire en mars 2007 – Cinq ans ça suffit, sortons-les le 22 avril et le 6 mai !

 


France inter le 14 février fait vraiment une radio de service public en consacrant un «téléphone sonne » aux prud’hommes de 19h à 20 h. Bravo !

 


On y entend, c’est si rare, c’est si court, la beauté et la misère de cette « justice du travail » qui concerne intimement au moins 16 millions de salariés (9 actifs sur 10) et 1,2 millions d’employeurs.

 


Il y a 200 000 affaires prud’hommes en cours, à 80 % pour des licenciements  sans cause réelle et sérieuse, ou abusifs (c’est peu, très peu, trop peu pour 4 millions de rupture de contrats de travail par an).

 


Si 70 % des affaires sont confirmées en appel, (un bon taux) on constate qu’hélas trop peu de salariés vont aux prud’hommes (par isolement, ignorance, peur).
Ces salariés isolés mais aussi les syndiqués ont infiniment moins de moyens pour défendre leurs droits que les employeurs et leurs avocats spécialisés. Les syndicats ont trop peu de cadres formés et de moyens de formation.

 


Les prud’hommes ont peu de moyens, peu de juges, peu de greffiers. Le grand patronat donne des consignes de blocage – sinon de sabotage - au maximum. Les gros groupes ont infiniment plus de moyens de plaider que les petits chefs d’entreprise aux abois et fragilisés sous les pressions de leurs donneurs d’ordre.

Voilà que le gouvernement et le ministre Larcher en voie d’être « sortis » aux élections prochaines, « pondent » une réforme qui limite, on peut dire « étrangle »  les moyens des juges prud’homaux, limite leur temps de réflexion et de travail pour rendre un jugement (3h maximum) et les crédits afférents (alors que lesdits crédits sont notoirement insuffisants). (cf documentation ci joint)

 


 (voir pour plus d’informations les articles réguliers de D&S, et les livres comme « Le travail jetable » 1997 réédité 1999, « Les carnets d’un inspecteur du travail », 2004, ré édité 2005, « La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail ne le serait-il pas ? »  GF  2006)

 


Mais qu’apprend-on dans ce débat de la bouche de Thiennot Grumbach avocat du travail, sur France inter ?

 


Qu’il va y avoir « recodification du code du travail » bientôt, là, en Conseil des ministres, en mars 2007.

 


Jamais avant, on n’a entendu une chose pareille dans une émission grand public !

 


Nulle part la grande presse et les médias n’ont traité cela, au fond
, un sujet pourtant phénoménal, énorme, fantastique, sans précédent, dans notre histoire sociale

 


- depuis le 16 février 2005, mise en place de la commission technocratique de réécriture

 


- les ordonnances de Villepin du 4 août 2005, qui donnent l’habilitation pour ratifier le futur nouveau code

 


- le projet de faire adopter ce « nouveau code du travail » en mai-juin 2006 (reportée à cause de leur défaite du Cpe),

 


- le report de ce projet de facto au delà de la limite légale du 21 octobre

 


- puis le renouvellement du « bail » de l’habilitation des ordonnances à l’occasion d’un « cavalier parlementaire » dans l’article 35 d’une loi sur « l’intéressement et la participation » du 15 décembre 2006 publiée  au journal officiel le 30 décembre 2006,

 


- alors que le ministre Larcher vient de confirmer dans le silence général que la procédure serait rapide - devant le Sénat le 29 janvier 2007,

 


- alors que Lacher a encore confirmé cela devant la commission nationale de la négociation collective le 6 février 2007 …

 



Qui a noté qu’ils (Larcher-Villepin-Sarkozy) avaient reporté les élections des prud’hommes ?

 

  
Elles devaient avoir lieu (c’est tout les cinq ans) en décembre 2007 : ils ont reporté à décembre 2008 parce qu’il y avait prétendument « trop » d’élections en 2007…

 


Mais en fait ils ne veulent pas seulement reporter, ils veulent supprimer l’élection telle que nous la connaissons… plus d’élection nationale, mais une élection par branche, voire une « négociation paritaire » syndicats patronaux et salariés pour « nommer »  les juges…

 


Parce que selon Sarkozy la représentativité syndicale serait fixée par élection… mais par de scrutin national trop significatif, il ne s’agit pas d’élargir la liste des syndicats bénéficiant de la « présomption irréfragable de représentativité » mais… de la supprimer et de contraindre les syndicats, en permanence, de la « prouver », de la « démontrer ».

 



Le « projet socialiste » a, lui, maintenu la date de l’élection des prud’hommes en décembre 2007 !

 



Nous entrons dans une zone d’actualité où le Code du travail, il va falloir en parler en plein débat présidentiel :

 


- Réforme des prud’hommes

 


- Prétendue « recodification » du Code du travail a droits allégés (et non pas constants » cf analyse détaillée dans le livre « la vie, l’amour, la santé, le travail »

 
 
 

Le Code du travail, c’est un droit intime, quotidien qui régit la vie de 16 millions de salariés, 9 actifs sur 10, même de ceux qui l’ignorent.

 


Il est en jeu.

 


Dans le gouvernement de Chirac-Villepin- Sarkozy, en mars 2007, avant l’élection présidentielle.

 


Et après si par malheur Sarkozy gagnait, il l’a dit, ce serait sa première  loi : contre le droit de grève, contre le droit syndical, contre le code du travail, l’inspection, les prud’hommes…

 


Ce droit, Sarkozy et sa bande néo libérale, bushido, l’ont entamé depuis cinq ans et s’apprêtent à le faire sauter.

 
 


Stop.

Unité des syndicats !

Unité de toute la gauche !

Barrage à la droite, à Sarkozy et au Medef

Pour une gauche aussi fidèle aux salariés que la droite est fidèle au patronat.

 
 
 
 



Gérard Filoche, mercredi 14 février 2007

 



Site : www.democratie-socialisme.org

Repost 0
Published by Didier HACQUART - dans Présidentielles 2007
commenter cet article
15 février 2007 4 15 /02 /février /2007 07:39


Nicolas Sarkozy nous prépare une droite libérale dure, comme jamais nous ne l’avons connue. Le plus déprimant, c’est de la voir grimper dans les sondages et de conquérir des voix, dans les couches de population qui risquent le plus, et qu’il ne défendra pas. Le 1er réflexe pourrait être, « après tout, s’ils le veulent, c’est leur problème pas le mien ».  

Mais, ma conscience de gauche m’empêche d’avoir un tel raisonnement, en pensant à tous ceux qui subiront au quotidien la politique de SARKOZY, même s’ils n’en sont pas réellement conscients. Avec ma casquette de syndicaliste, je suis par exemple inquiet des conséquences d’une remise en cause du code du travail sur les salariés au quotidien, et je connais bien le mirage du « travailler plus pour gagner plus ».  Avec ma casquette d’élu local, je suis inquiet des conséquences de la politique de SARKOZY avec la remise en cause du service public au profit du privé, et de la désagrégation du lien social. Avec ma sensibilité environnementale, je suis inquiet de la société prônée par Nicolas SARKOZY basée sur la croissance, le profit, la réussite économique, l’intérêt individuel à court terme, etc.
 
Tout cela doit nous interpeller à gauche tant sur l’aspect programmatique et orientations politiques pour l’avenir, que tactique pour la présidentielle 2007.
 
 
L’édito du journal A GAUCHE (PRS) me semble contribuer au débat.
 
 
 
DH
  
 
Le bon pied (*)
 
  
 

Que faire lorsque l’on vous dit que vous perdez pied ? Repartir là où on sent un point d’appui résister sur le sol qui se dérobe. Dimanche dernier à Villepinte, Ségolène Royal a donc décidé de relancer sa campagne du pied gauche. Bien sûr le détail des mesures du pacte présidentiel n’a pas fait disparaître les points de désaccords exposés dans ces colonnes pendant le débat de la désignation socialiste. Mais le moment n’est plus d’en dresser la liste. Je préfère à cette heure retenir la volonté salutaire de repartir du bon pied.

 
 
 

Car il y a urgence. Personne à gauche n’est dans la position de compter les points, marquant ici ou là d’un sonore « je l’avais bien dit » que les difficultés de la candidate socialiste sont les conséquences funestes d’errements pointés de longue main. Partout à gauche, la crise des organisations atteint des niveaux sans précédent. Au point que tout pourrait être emporté. La gauche et la droite ne sont pas en effet des dimensions inscrites dans l’espace politique comme le haut et le bas le sont dans l’espace physique par la loi naturelle de la gravité. Ce sont des constructions politiques, enracinées dans un combat idéologique et culturel visant consciemment à construire des représentations de soi-même et du monde qui permettent de les changer, l’un comme l’autre. Lorsque ce combat n’est pas mené, voire lorsque nombreux à gauche s’évertuent à en dilapider les acquis, les lois de la physique politique peuvent basculer. Et tout devenir possible.

 
 
 

Des exemples ? Cet électricien sur un marché qui dénonce Royal qui ne fait rien contre la privatisation d’EDF et GDF, alors que la constitution d’un pôle public de l’énergie regroupant les deux entreprises est dans son programme… et annonce « en conséquence » son intention de voter Bayrou, lequel n’a jamais émis la moindre intention de revenir sur les privatisations engagées dans ce secteur. Cet autre qui manifeste la semaine dernière dans un cortège syndical avec ses collègues fonctionnaires et se réjouit du fait que « cinq ans de droite vont nous faire retrouver le goût du pain ». Ces paysans menacés par les réformes libérales qui se jettent aux dernières élections des chambres d’agriculture dans les bras de la droite extrême.

 
 
 

La confusion qui règne dans la gauche d’en bas est en lien direct avec ce qui se passe dans la gauche d’en haut. Refus chez certains de faire la différence entre la gauche et la droite au second tour, incapacité largement partagée à penser la moindre formule permettant le rassemblement de la gauche, abandon généralisé de la bataille culturelle malgré le matraquage des médias dominants, proclamations régulières chez d’autres que sur les questions essentielles, le clivage gauche-droite n’a pas lieu d’être… la liste est longue des choix et attitudes qui produisent l’effacement du sentiment d’appartenance à un même camp, la gauche. Or celui-ci s’opère toujours au profit d’une droite dont les orientations libérales ne satisfont que les intérêts d’une minorité de nos concitoyens. D’ailleurs Sarkozy ne s’y trompe pas lorsqu’il expliquait dimanche dernier à ses comités de soutien que sa campagne aurait à affronter les «vieux clivages si difficiles à dépasser et les vieux réflexes conditionnés par l'éducation».

 
 
 

Une reconstruction durable du socle électoral de la gauche appellera un effort comparable à celui que déployèrent avec une immense énergie les militants des années du Programme commun. On ne pourra faire l’économie d’une refondation d’ensemble, à la fois idéologique, programmatique et organisationnelle, tirant les leçons du double échec du communisme d’Etat et de la sociale-démocratie.

 
 
 

Mais le calendrier d’un tel chantier dépasse largement celui de l’urgence présidentielle. Dans les quelques semaines qui restent avant l’échéance, tâchons au moins de ne pas oublier le B-a-ba d’une conscience de gauche. D’abord, ne rien faire pour aggraver ce qui divise la gauche. Tout ce qui peut au contraire être tenté pour rapprocher les points de vue, maintenir ou renforcer les liens de fraternité militante qui tiennent ici ou là doit être fait. Ensuite, mener une campagne frontale contre la droite. L’adversaire c’est elle. Il y a suffisamment de consciences perdues à éclairer pour éviter de convoiter les maigres vestiges de ses partenaires. Et c’est la droite toute entière qu’il faut affronter : ne laissons ni Bayrou ni Le Pen faire croire qu’ils incarnent un quelconque dépassement du clivage gauche droite. Un double devoir de fraternité avec les siens et de combativité sans failles contre ses adversaires s’impose donc à chacun à gauche.

 
  
 
 

(*) Paru dans à Gauche du 13/07/2007

Repost 0
Published by Didier HACQUART - dans Présidentielles 2007
commenter cet article
11 février 2007 7 11 /02 /février /2007 10:12


A l’heure, où la droite mais aussi la gauche met en avant la valeur travail, l’éditorial de Philippe FREMEAUX dans Alternatives Economiques de février 2007 me semble pertinent.

 

DH


La valeur travail par  Philippe Frémeaux (*) (Alternatives Economiques)

 

 

La défense de la « valeur travail »  est devenue un thème clé de la campagne présidentielle. Réaffirmer la centralité du travail a d’abord pour but de rassurer une société inquiète de son avenir. Ségolène Royal comme Nicolas Sarkozy affirment tous les deux qu’il faut que le travail paye et que le salarié privé d’emploi doit gagner plus s’il reprend un travail. Le raisonnement prend une tournure plus moraliste à droite, la gauche étant d’abord soucieuse d’efficacité économique, mais le résultat est identique.


De même, les deux candidats pensent qu’au-delà de la lutte contre le chômage, il faut aujourd’hui accroître le pouvoir d’achat des salariés en emploi. Ségolène Royal, qui sait les limites du pouvoir gouvernemental en matière salariale, mise plutôt sur la redistribution pour réduire les charges qui pèsent sur le travail, tout en affirmant sa volonté de limiter le recours aux contrats précaires, la principale cause de la pauvreté salariale.

 

Chez Nicolas Sarkozy, la défense du pouvoir d’achat est aussi une priorité, mais sa solution est bien différente : pour lui, celui qui veut gagner plus doit travailler plus. Et de pleurer sur ces victimes des 35 heures « qui ont du temps libre, mais ne peuvent envoyer leurs enfants en vacances ». D’où aussi sa proposition de supprimer les charges sur les heures supplémentaires, avec le risque d’encourager la fraude.


Soyons clair : de nombreux salariés aspirent aujourd’hui à travailler plus pour arrondir leurs fins de mois. Mais qui pense sérieusement qu’un ouvrier peut aller voir son patron et lui dire « j’ai une fin de mois un peu difficile, j’aimerais faire des heures sup’ la semaine prochaine ». Dans la vraie vie, c’est l’employeur qui propose ou impose des heures supplémentaires à ses salariés, en fonction de son carnet de commandes. Aujourd’hui d’ailleurs, les entreprises sont loin d’utiliser les contingents d’heures supplémentaires autorisés. Et surtout, est-il bien convenable de répéter qu’il faut permettre à ceux qui veulent travailler plus pour gagner plus de le faire, dans un pays qui compte 900 000 travailleurs à temps partiel non choisi et 3,4 millions de chômeurs ? Ce sont d’abord eux qui aimeraient travailler plus et gagner plus, s’ils en avaient la possibilité, et c’est l’amélioration de leur sort qui devrait être la priorité de l’action publique.


Par un autre glissement de sens, Nicolas Sarkozy vient mobiliser la « valeur travail » au service de ses promesses de nouvelles baisses d’impôt au profit des plus aisés. A l’entendre, nous sommes tous des travailleurs et les plus méritants d’entre nous sont ceux qui gagnent le plus, puisque leurs hauts revenus sont la juste contrepartie de leur apport à la création de richesses. D’où sa proposition de réduire le « bouclier fiscal » à 50 % du revenu. On retrouve ici la fameuse courbe de Laffer selon laquelle une diminution des impôts encouragerait la création de richesses et, au final, l’emploi et les recettes fiscales.


Or, non seulement aucune étude statistique dans aucun pays n’est venue confirmer cette hypothèse, mais la baisse du taux du bouclier fiscal aurait surtout pour résultat de supprimer l’impôt de solidarité sur la fortune pour une large partie des contribuables les plus aisés. Mais on nous expliquera sans doute, comme pour l’impôt sur les successions, que le capital étant du travail accumulé, exonérer d’impôt le capital, c’est encore encourager le travail !

 

(*) Alternatives Economiques

Repost 0
Published by Didier HACQUART - dans Présidentielles 2007
commenter cet article
7 février 2007 3 07 /02 /février /2007 07:56



SARKOZY, PARISOT, les nouveaux fans de JAURES, arrêtons le délire et la démagogie…

 
 
 
 
 

A l’heure où chacun à droite comme Nicolas SARKOZY et Laurence PARISOT, s’approprie un peu vite la pensée de Jean JAURES, il est bon de rappeler quelques une de ses formules.

 
 
 
« La propriété foncière est mère d’inégalité et de brutalité ».
 
 
 

« Parce que le milliardaire n’a pas récolté sans peine, il s’imagine avoir semé ».

 
 
 

« C’est en poussant à bout le mouvement économique que le prolétariat s’affranchira et deviendra l’humanité. »

 
 
 

"Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage".

 
 
 

"Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire, c'est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques"

 
 
 

"Je n'ai jamais séparé la République des idées de justice sociale sans lesquelles elle n'est qu'un mot

 
 
 

Qu’en pensez – vous Monsieur Nicolas SARKOZY ?

 
 
 

« Au moment même où le salarié est souverain dans l’ordre politique, il est dans l’ordre économique réduit au servage ».

 
 
 

"Tout progrès vient de la pensée et il faut donner d'abord aux travailleurs le temps et la force de penser

 
 
 

« Il n’y a de classe dirigeante que courageuse. A toute époque les classes dirigeantes se sont constituées par le courage, par l’acceptation consciente du risque. Dirige celui qui risque ce que les dirigés ne veulent pas risquer. Est respecté celui, qui volontairement, accomplit pour les autres les actes difficiles ou dangereux. Est un chef, celui qui prend procure aux autres la sécurité, en prenant sur soi les dangers. »

 
 
 

Qu’en pensez – vous Madame PARISOT, quand l’élite du business fait prendre des risques aux autres, tout en veillant à sa propre sécurité, comme Laurence DANON, l’ex PDG du Printemps qui a touché 2,5 millions d’euros d’indemnités de départ après 6 ans d’exercice ?

 
 
 
 
 

A tous ceux que JAURES intéresse, je conseille l’excellente biographie de Max GALLO : Le grand JAURES, aux éditions Robert LAFFONT.

 
 
 
DH
Repost 0
Published by Didier HACQUART - dans Présidentielles 2007
commenter cet article
2 février 2007 5 02 /02 /février /2007 18:36


«Je ne crois pas que la candidature Bové (1) puisse nuire à Royal» (2)

 
 

Par François Delapierre est délégué général de l'association Pour la République sociale (PRS), qui œuvre avec Jean-Luc Mélenchon « pour une union des gauches ».

 

Marianne2007.info : La candidature Bové peut-elle affaiblir celle de Royal ?


François Delapierre : Je ne crois pas que la candidature de José Bové puisse nuire à Royal. Ce qui affaiblirait le Parti socialiste c'est une logique de surenchère. Mais plus que tout : ce serait de se retrouver dans une situation où l'autre gauche serait écrasée électoralement. Ce serait une erreur de croire que le PS pourrait occuper ce terrain. Même si Ségolène faisait un score de 30% au premier tour, comme le disent les sondages -ce qui est déjà énorme- il resterait 20% de plus à prendre pour gagner au second tour. On voit bien, arithmétiquement, que le Parti socialiste a besoin de l'autre gauche.

 

Votre association « Pour la république sociale » fera-t-elle campagne pour Royal ou pour Bové ?


Ce n'est pas le rôle de PRS de donner des consignes de vote. Nous appelons à battre la droite et à voter pour le candidat de gauche le mieux placé au second tour. PRS est une association ou il y a des militants socialistes mais aussi de nombreux communistes ou d'autres tendances de la gauche. Certains ont annoncé qu'ils feraient la campagne de Royal, d'autres feront la campagne de Buffet et d'autres feront probablement la campagne de Bové.

 

Votre mouvement censé œuvrer pour une union des gauches fera donc aussi campagne en ordre dispersé. Vous le regrettez ?


Au départ, le but était de se mettre d'accord sur une candidature commune qui provoquerait une dynamique de dépassement et changerait le rapport de forces. Aujourd'hui, on assiste à une multiplication des candidatures. Nous avons de nombreux militants qui continuent à agir au sein des collectifs. Même s'il subsiste encore de nombreuses inconnues sur cette candidature, José Bové incarne une sensibilité qui n'est pas représentée, une tendance à la fois libertaire et écologique. Il y a donc plusieurs candidats qui ont tous leur légitimité mais aucun ne peut représenter à lui seul la gauche antilibérale. Ce qui est regrettable c'est que le but des collectifs, c'était justement d'éviter cette dispersion. Une union des gauches reste possible pour de prochaines échéances. L'urgence aujourd'hui, c'est de battre la droite.

 

Lundi 29 Janvier 2007



(2) www.marianne2007.info

 

(1) Déclaration de candidature de José BOVE du 1er février 2007

Repost 0
Published by Didier HACQUART - dans Présidentielles 2007
commenter cet article
1 février 2007 4 01 /02 /février /2007 19:21

De la nécessité de maintenir les liens avec les camarades du PC…
 
Jean – Luc MELENCHON nous fait part de sa dernière rencontre avec Marie-Georges BUFFET le 29 janvier 2007. Au niveau national, comme au niveau local, la discussion avec les camarades du PC est enrichissante et utile à tous…
 
DH
 
 
Et aussi des morilles
 

Riche journée. J'ai eu José Bové au téléphone et j'ai déjeuné avec Marie-George Buffet. De Bové, je parlerai demain. L'évènement pour moi à cette heure c'est Marie-George Buffet. Je fais partie de ceux qui apprécient sa façon d'être et le style de sa campagne. Je considère que c'est un privilège de disposer d'un entretien avec elle en tête à tête, alors même qu'elle est dévorée par l'activité de la campagne présidentielle. Le matin même elle était sur France Inter pendant près de deux heures, exercice éreintant s'il en est un. Notre conversation avait un tour amical et familier car nous nous connaissons et nous rencontrons -finalement - à intervalles réguliers. De notre entretien, je résume, sous ma seule responsabilité, deux points qui me paraissent mériter une attention particulière. Le premier concerne l'appréciation du Parti Communiste à propos de sa participation au gouvernement en cas de victoire de la gauche aux élections présidentielles. Le second à propos de la crise de l'Union européenne. Je lui ai demandé si elle m'autorisait à en parler sur ce blog et elle m'a donné son accord. Mais bien sûr ce que j'écris tant pour la forme que pour le fond n'engage que moi puisque je ne lui ai pas fait relire.

 

"Nous ne faisons pas une croix sur la possibilité d'un gouvernement de gauche", m'a-t-elle dit. Donc, première conséquence, en ce qui concerne le désistement pour le second tour, elle s'est déjà engagée de longue date. D'ailleurs les communistes n'y mettent aucune condition et ne demandent aucune négociation à ce sujet. Par contre, pour ce qui concerne la participation au gouvernement, il n'y a absolument rien d'automatique. A l'heure actuelle, sur les bases de ce que les communistes connaissent du programme de Ségolène Royal, ils ne participeront pas à un gouvernement sur ces bases. J'ai dit à Marie-George Buffet que je me souvenais bien l'avoir entendu dire la même chose à la fête de l'Humanité sans que la presse le relève.

 

A l'époque, les socialistes n'avaient pas encore choisi leur candidat mais chacun de ceux-ci avaient déjà avancé ses principales orientations et notamment Ségolène Royal qui était alors déjà annoncée comme la favorite des sondages. Je lui ai demandé sur quels points elle fondait son appréciation, c'est à dire sur quelles questions elle considérait que porte l'essentiel. Elle en a évoqué trois. J'ai noté sur mon carnet pour épauler ma mémoire. La fiscalité, le changement institutionnel et l'Europe. Sur la fiscalité, il s'agit de savoir où va être prélevé ce qui est nécessaire pour financer une politique qui change vraiment la vie des gens. Sur ce point, j'ai trouvé Marie-George Buffet très préoccupée de crédibilité, volontiers entrant dans le détail, y compris lorsqu'elle décline ses propositions à propos de la "fiscalité intelligente" pour les entreprises innovantes ou créatrices d'emplois. Sur les institutions, il y a une originalité dans son propos par rapport à ce que l'on entend d'habitude à gauche sur ce sujet. Elle insiste en effet sur les nouveaux droits d'intervention des travailleurs dans l'entreprise en ce qui concerne son pilotage, par référence aux revendications mises en avant par les ouvriers de Moulinex.

 

En l'écoutant, je me souvenais de la remarque de Jaurès en faveur de "la République jusqu'au bout" qu'était à ses yeux le socialisme lorsqu'il relevait que la République jusque là avait fait "le citoyen roi dans la cité et sujet à l'usine". A propos de l'Europe évidemment la matière est encore plus tranchée. Elle avait remarqué ma prise de position avec Oskar Lafontaine contre le sommet des pays du « Oui » à Madrid vendredi dernier. Marie-George Buffet pense que cette question de Constitution européenne doit être très présente dans la campagne présidentielle. Je partage son avis en dépit de tous ceux qui répètent qu'il ne faut pas "retourner le couteau dans la plaie à gauche" et que tout doit être fait pour "dépasser le oui et le non". En vérité, le gouvernement français qui sera en place en juin prochain devra se prononcer sur les propositions de la présidence allemande deux jours après le résultat des législatives. C'est dire qu'il vaudra mieux disposer à ce moment là d'une opinion publique informée et motivée pour faire face. C'est dire aussi combien est scandaleuse l'inertie du gouvernement actuel qui laisse se faire sans un mot l'encerclement de la France par les pays du "Oui". Je partage donc complètement l'analyse de Marie-George Buffet : c'est dans la campagne et par le vote qu'il faut faire respecter le "non" de la France.


J'arrête là mon récit. Je pense que la position du Parti communiste souligne les risques et les opportunités de cette campagne présidentielle pour la gauche. Je crois que les responsables du Parti socialiste devraient s'atteler à la tâche pour dégager des positions sans ambiguïté sur ces sujets essentiels. Naturellement le projet socialiste s'exprime sur ces points mais il faut tenir compte du point de vue de la candidate. Il sera exprimé le 11 février. On doit souhaiter que les orientations sur ce sujet soient assez claires pour pouvoir être mises en discussion avec les partenaires à gauche. Ici le flou serait très dommageable.


Pour clore cette note, je voudrais indiquer ce que PRS, l'association que je préside, a décidé d'organiser sur cette question européenne. D'abord j’ai mandat de travailler sur un point précis avec mes collègues sénateurs Jean-Pierre Michel (Haute Saone), Maryse Bergé Lavigne (Haute Garonne), Bariza Khiari (Paris), Michel Charasse (Puy de Dome), Jean-Pierre Godefroy (Manche) et Sandrine Hurel (Seine Maritime). Notre intention est de déposer un amendement dans une prochaine discussion de révision constitutionnelle, afin de retirer de la Constitution française la disposition qui y avait été introduite pour affirmer que la France se situait dans le cadre de la Constitution européenne.

 

Deuxième point, PRS organise les 23 et 24 février prochains un colloque au Sénat réunissant les partenaires européens et français de la mobilisation pour une assemblée constituante en Europe. Cette réunion devrait aussi permettre d'entendre le point de vue des candidats de gauche (ceux qui accepteront notre invitation à s'exprimer) pour donner leur avis sur ce qu'il faut faire après l'élection pour sortir l'Europe de l'impasse. Au cours de notre déjeuner, Marie-George Buffet m'a d'ores et déjà donné son accord pour répondre favorablement à cette invitation.


A quatorze heures tapantes, elle avait avalé son café et elle repartait en campagne. Elle a mangé des noix de saint jacques et moi du cabillaud à la purée et aux morilles. J’ai choisi ce plat à cause des morilles, champignon dont je suis très amateur depuis mes années jurassiennes. Celles-là aussi étaient très goûteuses.

 

Jean – Luc MELENCHON

Repost 0
Published by Didier HACQUART - dans Présidentielles 2007
commenter cet article