Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Recherche

Référencement

Il y a actuellement  

  personnes connectées à Over-Blog dont  

  sur ce blog
  Blogue Parade - L'annuaire des blogues francophones - BlogueParade.com

 

Wikio - Top des blogs - Politique

Archives


Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
8 mars 2008 6 08 /03 /mars /2008 06:08

 


Après mes municipales viendra pour le PS le temps du congrès. Comme déjà évoqué, il est à souhaiter que les résultats des municipales soient interprétés correctement.

 
 
 

Il faudra s’interroger aussi pourquoi autant de candidats socialistes ont honte de mettre le logo sur leurs affiches et propagande électorale, voire même de se revendiquer du PS… Paradoxalement, ce sont d’ailleurs ceux qui se réclament de la majorité du parti.

 
 
 

L’exemple italien de Romano Prodi a prôné par les mêmes très souvent, a montré ses limites dernièrement.

 
 
 

Au-delà, je souhaite vous faire partager l’analyse de Jean- Luc Mélenchon qui dans cette perspective d’après élection, revient sur l’événement politique qui se déroule actuellement en Allemagne avec le Die Linke.

 
 
 
A suivre…
 
 
 
DH
 

 
 

Mélenchon : vers un front rouge ! (*)

 


Pour le sénateur socialiste, il faut constituer un front comparable à celui de Die Linke en Allemagne

 
 
 

Le Nouvel Observateur. - La Gauche (Die Linke) progresse. Ce regroupement d'ex-communistes de l'Allemagne de l'Est et de déçus de la social-démocratie constitue-t-il à vos yeux une chance ou un modèle

 

 ?
Jean-Luc Melenchon. - Pour l'Allemagne, à coup sûr, c'est une chance. Quel signe fort de la réunification de l'Est avec l'Ouest ! C'est ensuite un démenti cinglant aux thèses du SPD, qui, comme le PS en France, justifie son orientation politique par un prétendu glissement sociologique à droite de la société. Avec Die Linke, il y a de nouveau une majorité de gauche en Allemagne. Cela parce qu'est rouvert, devant les électeurs, le débat fondamental sur la nature des compromis avec le capitalisme de notre époque. Bref : quand la question sociale trouve des porte-voix, c'est toute la gauche qui progresse. Là est le modèle.

 


N. O. - La leçon ne vaut donc pas seulement pour l'Allemagne...

 


J.-L. Melenchon. - Comment ne pas voir toute la vieille social-démocratie européenne en train de se diluer dans le libéralisme ! Pour sauver ses meubles, elle préfère en Allemagne, aux Pays-Bas, gouverner avec la droite plutôt qu'avec l'autre gauche. C'est logique. Elle ne sait plus rien faire d'autre que de gérer l'ordre établi. Elle a clos en catimini le débat sur le partage des richesses. Pour toute la gauche européenne, Die Linke est une bouffée de fraîcheur au moment où la vieille social-démocratie pourrit par la tête.

 


N. O. - Die Linke - ou l'équivalent - en France, c'est possible ?

 


J.-L. Melenchon. - La méthode est transposable. Avant d'évoluer, Die Linke a été un front. Chacun y trouvait sa place sans rien perdre de son identité. Voilà qui parle à toutes les composantes de l'autre gauche et surtout aux communistes... En Italie, la même coalition vient de s'organiser. En France, un tel front aboutirait également à un rééquilibrage de la gauche. Il ne s'agit pas de diviser, mais d'enclencher une nouvelle dynamique pour toute la gauche. Sans cela, comment empêcher l'étiolement de la gauche dans les querelles de personnes du PS ? Comment être une alternative à la droite sans contester en pleine lumière, programme en main, les certitudes idéologiques obsolètes des dirigeants sociaux-démocrates français, leur résignation économique, leur conformisme productiviste, leur hallucination européiste ?


 
 
 
François Bazin / Le Nouvel Observateur
 
 
 

(*) Nouvel obs.fr du 06/03/08

Repost 0
Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
commenter cet article
29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 06:05

On m’a fait passer cet article sur une étude sur le « style Sarkozy ». C’est une petite analyse pertinente. Je n’ai pas eu le temps de diffuser l’article sur le blog, que la suite tombait le week-end dernier, avec la sortie du Président au salon de l’agriculture…
 
 
 
Au passage cela m’a permis de découvrir le site de l’école des Hautes Etudes en Sciences Sociales (merci Gérard !).
 
 
 
A méditer…
 
 
 
 
 

Pourquoi Carla pèse. Leçon sur le style
 
 
 
 
 

Par André Gunthert, mardi 12 février 2008 à 10:50 (53370, permalink, rss co) :: Politique

 
 
 

Christian Salmon est l'intellectuel du moment. En tête des ventes, son petit livre, Storytelling (La Découverte, 2007), a mis en exergue une manière simple d'expliquer les travers de notre époque. En provenance d'outre Atlantique, le modèle de la construction de récit se serait imposé au marketing avant d'être importé sur le terrain politique. Après avoir valu à son auteur une chronique régulière dans les colonnes du Monde, le storytelling, successeur fun du "décryptage", est désormais mis à toutes les sauces dès qu'il s'agit d'interpréter un fait d'actualité. Familier – comme tout historien – du rôle déterminant du récit dans l'organisation des phénomènes, je ne pense pourtant pas qu'il puisse nous fournir cette clé universelle. A côté des stories, d'autres agents influent sur notre compréhension du monde. Le dévissage de Sarkozy nous rappelle l'importance de ce facteur décisif de l'interprétation: le style.

 
 
 

Si l'on cherche à démêler les raisons du brutal retournement qui affecte l'aura présidentielle depuis le début de l'année, à travers les nombreux articles qu'y consacrent les médias, on finit par comprendre que, derrière la plongée des sondages, les journalistes ont un aliment solide. Celui-ci est apporté par les "remontées de terrain" que leur livrent leurs contacts politiques de retour de leur fief. Rendus plus sensibles aux signaux de l'opinion publique par la proximité des échéances municipales, les notables de droite reviennent avec un message catastrophé émanant de leur propre électorat. Au premier rang des mécontentements, l'abandon de l'objectif d'augmentation du pouvoir d'achat. Appuyé sur la réalité du porte-monnaie, confirmé par la terrible phrase des “caisses déjà vides”, ce constat paraît relever d'une analyse raisonnable. Plus surprenant est la récurrence, dans la série des récriminations, de la liaison du président avec Carla Bruni. Au-delà du conservatisme des papys et mamies, choqués d'un remariage si expéditif, comment expliquer objectivement le poids de cet argument répété dans les témoignages de terrain?

 
 
 

Contrairement à Salmon, je n'arrive pas à percevoir de story – de construction de l'événement par le récit – dans l'aventure Bruni. Sa réception me paraît impossible à comprendre, sauf par l'intermédiaire de la question du style, où elle intervient comme un ingrédient majeur. Une story est un scénario: composée d'un petit groupe d'éléments dont l'articulation est mémorisable, logique et reproductible, elle fournit un schéma causal dont le caractère élémentaire est un facteur essentiel de son pouvoir explicatif, indépendamment des variations de son expression. La perception d'un style s'élabore à partir d'un ensemble plus diffus d'images et d'impressions passagères, dont l'accumulation dans le temps installe progressivement la validité, sans véritable fil conducteur. Nul ne s'appuierait explicitement sur cette construction fragile pour légitimer un choix public, encore moins le rejet d'une politique.

 
 
 

Et pourtant, il ressort bien des réactions de l'électorat que cet agent pèse de façon déterminante. Durant la campagne présidentielle, les stories concoctées par Guaino, les éléments du programme et la gouaille du candidat avaient fabriqué un style gaullo-chevènementiste tout d'énergie et de coups de menton. Dès le lendemain de l'élection, les Français étaient trahis par un président qui avait promis de se retirer dans un monastère pour “habiter la fonction”, mais préférait cultiver son bronzage sur un yacht de milliardaire. Ceux qui avaient élu Astérix se retrouvaient avec Aldo Maccione. Or, le personnage de jet-setteur coureur de jupons qui a défrayé la chronique des six derniers mois avait été soigneusement caché pendant le premier semestre de l'année 2007. L'électorat lui aurait peut-être pardonné ce mensonge si les résultats avaient été au rendez-vous. Mais avec la chiraquisation de Sarkozy, c'est désormais la forme qui repasse au premier plan.

 
 
 

Non sans raisons. Le style, c'est l'homme, disait déjà Buffon. Barthes, soupçonnait qu'il n'était pas si facile de soustraire la manière de la matière. Mais c'est probablement Umberto Eco qui aura le mieux perçu, à propos du Comte de Monte-Cristo, la nature organique du lien entre fond et forme, la “valeur structurale” de l'intervention stylistique (De Superman au surhomme, Grasset, 1993). Tel est bien le cas avec Sarkozy, premier président de la République à incarner l'essor d'un style, le fameux "bling-bling" – expression jusque là réservée au monde du hip-hop, appelée grâce à lui à caractériser une dérive sociétale, sorte d'adaptation à l'univers des nouveaux riches du "tout est permis" de Netchaïev.

 
 
 

Le mariage avec Carla Bruni constitue l'apothéose de l'appropriation structurale du style chez Sarkozy. Plutôt que la manipulation de joujoux superficiels, montre Breitling ou lunettes Ray-Ban, épouser cette figure warholienne, ce rêve de camionneur, faire sienne cette incarnation de la jet-set traduit la volonté naïve et désespérée d'assimiler à sa propre vie, à sa propre chair, ce monde si désiré. Dans son gros bon sens provincial, la droite française ne s'y est pas trompée. Cet écart-là aura été l'écart de trop.

 
 
 

Cherche-t-on un autre symptôme des effets néfastes de cette emprise du style? Tapez "Sarkozy" sur Dailymotion: fidèle à son rôle de révélateur des tendances, la plate-forme rapporte dans ses filets l'enregistrement du sketch d'Anne Roumanoff chez Michel Drucker, le 20 janvier dernier, déjà visionné plus de trois millions de fois sur une vingtaine de copies. L'actrice joue le texte de Bernard Mabille, dont les jeux de mots poussifs et les vannes grossières (“lui, pour sortir son poireau, il a besoin d'une asperge”) ne sont pas plus drôles que d'habitude. Sauf que. Sauf que la rencontre de la vulgarité du chansonnier et de celle du style Sarkozy produit comme une déflagration. Un trou d'air, visible à la mine des invités, qui oscille entre stupéfaction et libération cathartique. Ce n'était pas l'humour distingué des Guignols qu'il fallait pour lester la caricature de son poids de vérité. Pour attraper le personnage, il fallait parler sa langue, celle du "descends un peu si t'es un homme" – le langage du bistrot et sa verdeur couillue.

 
 
 

Ce que suggère ce sketch est proprement dévastateur. Il nous dit qu'il reste quatre longues années à attendre, mais que Sarkozy a perdu. L'essentiel – ce qui fait que 53% de voix se sont portées sur lui en mai dernier: sa crédibilité. Retransmis par les sondages, ce jugement-là, au-delà de ses composantes politiques, n'est pas la conséquence d'une mauvaise histoire, mais le résultat d'un choix de style. Une leçon à méditer.

 
 
 
 
 

La suite est arrivée très vite lors de l’inauguration du salon de l’agriculture…

 
 
 
 
 

Le gouvernement du lapsus. Leçon sur le style (2)
 
 
 
 
 

Par André Gunthert, dimanche 24 février 2008 à 12:00 (6907, permalink, rss co) :: En images - Politique

 
 
 

Lionel Jospin est considéré comme le producteur le plus régulier de lapsus de la vie politique française. Mais, dans la longue agonie qui commence, Nicolas Sarkozy pourrait bien lui ravir la première place. L'épisode du "pauvre con" du salon de l'Agriculture nous apporte sur un plateau un cas d'école de la dégringolade de la communication sarkozienne.

 
 
 

Nul doute que l'inauguration rituelle de "la plus grande ferme de France" ait été perçue comme un calvaire par l'actuel chef de l'Etat – qui s'y était fait huer lors de son dernier passage, alors qu'il n'était encore que candidat. Chirac ayant fait de ce rendez-vous l'apothéose régulière de son mandat, Sarkozy était sûr que la comparaison allait lui être défavorable. Ca n'a pas manqué: dans les présentations de la mi-journée des JT, les commentateurs soulignaient le “pas de course” présidentiel et la brièveté de la visite.

 
 
 

Mais le pire restait à venir. A 19h33, le site du Parisien.fr mettait en ligne une séquence vidéo de l'arrivée du cortège. Dans le désordre de la cohue, un visiteur dont les opinions politiques sont visiblement à l'opposé, est poussé vers le chef de l'Etat en train de serrer les mains. “Ah non, touche-moi pas! Tu me salis!”, lance impulsivement le quidam. Les deux hommes sont alors à quelques centimètres l'un de l'autre. Sarkozy se détourne vivement en laissant échapper un: “Casse-toi! Casse-toi alors, pauvre con!”, avant de poursuivre son chemin.

 
 
 

Il y a deux semaines, le feuilleton de Michel Mompontet sur France 2, intitulé "Mon œil", avait consacré une passionnante séquence au phénomène du bain de foule, montrant les difficultés du responsable politique pris au piège de ce tourbillon, luttant pour remonter le courant. Le titre de ce film, "Rushes", indiquait que ce qu'on y voit n'est pas conforme au spectacle officiel, et représente un à-côté qui est habituellement écarté du montage final.

 
 
 

Comment un professionnel de la communication politique a-t-il pu laisser passer un tel écart de langage, alors qu'il était pile sous l'œil de la caméra? Le petit film de Mompontet fournit deux premières pistes. D'abord, on se rend compte que la confusion du phénomène, combinée au nombre des sources d'enregistrement, rend à peu près impossible de tenir compte de chaque objectif. Mais on se dit aussi qu'un tel écart, lorsqu'il se produit, appartient au matériel qui n'aurait jamais dû être montré.

 

Or, l'identité du diffuseur ne doit rien au hasard. Le site du Parisien.fr s'est doté récemment d'une interface de présentation vidéo, hébergée par Kewego. Avant-hier, c'étaient les accusations calomnieuses de Rama Yade, enregistrés lors d'une réunion électorale à Colombes, qui étaient complaisamment mises en avant par la rédaction web du quotidien comme "La vidéo polémique qui «buzze» sur Internet". Nul doute que le dérapage du chef de l'Etat, qui dépasse les 300.000 vues aujourd'hui à 12h et a été recopié à plusieurs dizaines d'exemplaires sur les services de partage de vidéos en ligne, constitue une belle occasion de promouvoir la plate-forme du quotidien.

 
 
 

Mais l'absence d'autocensure, de la part de rédactions qu'on a connu plus frileuses, est aussi un témoignage de la dégradation accélérée de la représentation présidentielle. Après avoir été longtemps corseté par la prudence et le ménagement, le traitement du personnage présidentiel s'inscrit désormais dans une logique du débondage, parfaitement illustré par le sketch culte d'Anne Roumanoff.

 
 
 

Comme l'apostrophe du Guilvinec, l'injure du salon de l'Agriculture appartient, non à la communication officielle du régime, mais à ses à-côtés, à ce qui a échappé à son contrôle. “Pauvre con!” n'est donc pas un lapsus au sens classique que lui donne la psychanalyse (substituer un autre mot au terme attendu), mais ce qu'on pourrait dénommer un lapsus propagandae – un faux-pas de la communication politique.

 
 
 

Cet épisode apporte quelques précisions utiles à l'étude du "style Sarkozy". En premier lieu, on constate que les éléments qui sont identifiés comme porteurs du style, à l'opposé du storytelling, sont précisément constitués par ces échappées et ces chutes. Ce sont elles qui, mises bout à bout, fournissent leur matériau premier aux vidéos parodiques. Dans l'exemplaire "Parle à mon nain" de Torapamavoa, on retrouve ainsi la plupart de ces lapsus du pouvoir, qu'il a suffi d'aligner en ribambelle.

 

La fréquence des dérapages présidentiels suggèrent ce que l'injure confirme: Nicolas Sarkozy n'a aucune conscience de l'"effet Dailymotion". Ses efforts de contrôle portent sur la communication traditionnelle et sur l'influence des médias, par la séduction ou l'intimidation. Mais il ne contrôle pas son style, fut-ce devant une caméra, et n'a pas conscience des dégâts produits par les embardées de son comportement en termes d'image. D'où son incompréhension devant la dégringolade des sondages, et son impuissance à en inverser le sens.

 
 
 

Tel un nouveau petit Poucet, le chef de l'Etat continue à laisser derrière lui ces traces qui font l'aliment du buzz. Il y a une certaine ironie à voir aujourd'hui son ancien mentor, Edouard Balladur, recommander au président d'"infléchir son style". Le conseil est avisé. Mais il n'est pas pour autant facile à suivre.

 
 
Repost 0
Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
commenter cet article
28 février 2008 4 28 /02 /février /2008 05:47

 


Il se passe des choses intéressantes du coté de nos voisins allemands…

 
 
 
A suivre…
 
 
 
DH
 
 
 
 

 


La main tendue par le SPD allemand à Die Linke divise la gauche française

 
 
 



 

La montée en puissance en Allemagne du parti Die Linke ("La Gauche"), coprésidé par Oskar Lafontaine, ancien leader du SPD, ressemble à une pierre lancée dans le jardin de toute la social-démocratie européenne. En acceptant de négocier une alliance dans le Land de Hesse avec le parti de la gauche radicale, dont les performances électorales sont en progression, le SPD - lui-même divisé sur le sujet - conforte ceux qui critiquent les orientations, d'inspiration sociale-libérale, en faveur desquelles le parti a opté sous le gouvernement Schröder. Cette évolution est suivie de près au sein de la gauche française.

 
 
 

"Ce qui se passe en Allemagne apporte un formidable démenti à l'idée selon laquelle la gauche est condamnée à décroître sans cesse parce que la société se droitiserait irrémédiablement", applaudit le sénateur Jean-Luc Mélenchon, figure de la gauche du PS et fervent supporter de Die Linke. A l'extrême gauche, on observe avec une évidente satisfaction le "coup de barre à gauche" impulsé par le plus emblématique des partis sociaux-démocrates européens. Pour autant, la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), qui appelle de ses vœux un "nouveau parti anticapitaliste", n'est pas tentée par l'idée de s'engager dans une stratégie comparable à celle de Die Linke. "Nous n'avons pas le même rapport aux institutions ; pour nous, il n'est pas question de participer à des coalitions gouvernementales ou parlementaires avec les socialistes", insiste François Sabado, membre de la direction nationale de la LCR.

 
 
 

Dans les rangs du Parti communiste - qui a toujours été très proche de l'ex-PDS, la composante est-allemande de Die Linke -, l'émergence de la nouvelle gauche allemande suscite nettement plus d'enthousiasme. "Un nouvel espace s'est libéré que Die Linke vient occuper en apportant la démonstration qu'une gauche très sociale peut exister", affirme Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF. "Les œillades appuyées, adressées par certains socialistes au MoDem, suggèrent que la question de la nécessité de combler un tel vide à gauche peut aussi se poser en France", glisse-t-il.

 
 
 

Place du Colonel-Fabien, on considère que l'échec de Ségolène Royal au second tour de l'élection présidentielle tenait largement à l'affaiblissement des autres composantes de la gauche au premier tour. Pour autant, les communistes ne sont pas à la veille de sacrifier leur parti sur l'autel de la création d'une formation susceptible d'aiguillonner des socialistes timorés. Refusant de "formuler dès maintenant une réponse organisationnelle", M. Dartigolles se dit néanmoins favorable à la mise en place de "fronts électoraux". Il évoque la constitution d'une liste pour les élections européennes de 2009 rassemblant le PCF, mais aussi "les amis de Jean-Luc Mélenchon et, pourquoi pas, une partie de la LCR".

 
 
 

Fondateur de PRS (Pour une République sociale), une structure dont l'objectif est de favoriser le dialogue entre les socialistes et "l'autre gauche", M. Mélenchon refuse de se prononcer sur cette éventualité. Ce qui ne l'empêche pas de critiquer sévèrement la direction du PS "en retard d'une guerre" qui s'est, selon lui, convertie "à des formules de centre gauche qui se sont avérées catastrophiques en Allemagne mais aussi en Italie ou en Grande-Bretagne". Selon le sénateur socialiste de l'Essonne, il faudra que "le PS noue le dialogue avec cette autre gauche qui va du PCF à la LCR et à LO". Ou qu'à défaut, une fédération - un Die Linke à la française ? - se constitue à sa gauche.

 
 
 

Pierre Moscovici, député socialiste et "réformiste assumé", ne partage pas ces analyses. "Penser en priorité l'avenir des socialistes en termes d'alliances serait un aveu de faiblesse : je crois plutôt en une stratégie identitaire, consistant à redéfinir la matrice sociale-démocrate", insiste-t-il. L'ancien ministre des affaires européennes, candidat à la succession de François Hollande, défend l'idée d'un "parti de toute la gauche". Un grand PS capable de rassembler un tiers de l'électorat et n'éprouvant pas un besoin vital de conclure des alliances sur sa gauche. "Pour redevenir le parti de l'alternance, il faut apporter des réponses nouvelles, voire radicales, en matière de lutte contre la pauvreté, de réforme de l'Etat-providence ou d'environnement", plaide M. Moscovici. "Et peut-être convient-il aussi de prendre acte de ce renouvellement nécessaire en inventant un autre terme que celui de social-démocratie", estime-t-il.

 
 
 

Jean-Michel Normand

 

 

Oskar Lafontaine, le pourfendeur du SPD

 
 
 

"Lafontaine rend-il l'Allemagne ingouvernable ?" La question à la "une" du quotidien populaire Bild, lundi 25 février, après la confirmation, à Hambourg, de la vague électorale qui porte actuellement Die Linke, traduit l'exaspération que suscite de tous côtés de la classe politique allemande la réapparition au premier plan de l'ancien président du Parti social-démocrate, aujourd'hui coprésident du nouveau parti de la gauche radicale.

 
 
 

Le Sarrois Oskar Lafontaine, très populaire dans la gauche "noniste" française, qu'il était venu soutenir lors du référendum contre la Constitution européenne, a laissé un mauvais souvenir à ses anciens amis au sein du SPD, qui ne lui ont jamais pardonné d'avoir démissionné sans crier gare, en 1999, et de la présidence du SPD et du portefeuille des finances fédéral, au début de la coalition SPD-Verts dirigée par l'ex-chancelier Schröder.

 
 
 

Son départ brutal, alors qu'il défendait une politique keynésienne qui avait surpris Dominique Strauss-Kahn, alors ministre des finances, a laissé la porte ouverte aux partisans d'une politique blairiste. Y compris à l'aile gauche du SPD, il passe, depuis, pour un inconsistant et un "populiste", qui n'a cessé, pour remonter la pente, de vilipender ses anciens amis. Il a démissionné en 2005 du SPD pour s'allier à l'autre enfant terrible de la politique allemande, Gregor Gysi, refondateur de l'ex-Parti communiste de l'Est à la fin de la RDA.

 
 
 

Article paru dans le Monde.fr du 28.02.08

 
 
Repost 0
Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
commenter cet article
27 février 2008 3 27 /02 /février /2008 06:06

Il y a quelques temps, Romano PRODI était l’exemple prôné par le PS pour les alliances au centre. Nous avons vu le résultat et les dirigeants du PS nous parlent un peu moins de l’Italie !… Il est intéressant de savoir et comprendre ce qui s’est passé, et d’en tirer les conséquences. Perdre ses valeurs dans des alliances, conduit au désastre italien…

 
 
 
A méditer !
 
 
 
DH
 
 
 

 


Pourquoi la Gauche écœure ses électeurs par Dario FO (*)

 
 
 

Le pays n'a plus de gouvernement et Berlusconi revient en fanfare. Pour Dario Fo, grande voix des progressistes et prix Nobel de littérature, c'est la gauche elle-même qui creuse son tombeau. Comme en France !

 
 
 
 
 

Marianne : Pourquoi le gouvernement de Romano Prodi est-il tombé ?

 
 
 

Dario Fo : Romano Prodi a réuni l'eau bénite et le diable ! Autrement dit, il a péché dans l'étang de la droite et de la gauche pour fonder l'Unione. Quelle erreur ! Toutefois, la situation est la même à droite. La Ligue du Nord est extrémiste, l'Alliance nationale et Forza Italia ne sont pas toujours du même avis. Toutefois, la droite a la capacité de se rassembler. Dès que le gouvernement Prodi est tombé, elle s'est immédiatement réunifiée. Dans l'adversité, la gauche, au contraire, devient de plus en plus conflictuelle. Le Parti démocratique qui devait sauver la gauche en évitant la fragmentation a paradoxalement joué un rôle important dans la chute du gouvernement Prodi. Dès son élection, Walter Veltroni, le maire de Rome et secrétaire général du Parti démocratique, a tendu la main à Silvio Berlusconi qui a d'abord fait semblant d'accepter de dialoguer. Pour ensuite licencier Weltroni comme on licencie un majordome dès qu'on n'a plus besoin de lui. Notre problème de fond, c'est que la majorité et l'opposition sont devenues des coalitions interchangeables.

 
 
 
Les partis de droite passent à gauche et vice versa ?
 
 
 

D.F. : II n'y a pratiquement plus de différences entre les deux coalitions. Des partis de la droite modérée comme l'Union des démocrates-chrétiens centristes pourraient effectivement adhérer au centre gauche. Ils sont sur la même ligne que des partis de l'ex-majorité, comme l'Union des démocrates centristes pour l'Europe, qui a provoqué la chute de Romano Prodi. Un centre gauche qui s'appuie sur une partie de la droite pour gagner les élections coûte que coûte ne peut pas gagner. La gauche italienne veut s'asseoir avec les patrons dans un carrosse tiré par les ouvriers pour prendre le pouvoir ! Ça ne peut pas marcher. Le centre gauche doit arrêter de prendre la droite comme modèle et comprendre qu'il y a des Italiens qui refusent la logique du pouvoir constitué, des Italiens qui ont une conscience autonome et une force culturelle, deux éléments qui n'existent pas à droite.

 
 
 

La droite berlusconienne va-t-elle gagner si des élections anticipées sont organisées au printemps ?

 
 
 

D.F. : L'électoral est écœuré par les contradictions de la gauche. Prenons l'exemple des missions militaires dans les zones à risques. Traditionnellement, la gauche répudie la guerre. Pour la droite, la guerre est un moteur qui permet à la classe dominante de conserver le pouvoir. Dans les discussions parlementaires sur la participation militaire en Afghanistan notamment, le gouvernement Prodi a adopté une position ambiguë, et ce malgré les pressions de la gauche radicale. Nous devions rester en Afghanistan pour participer à la reconstruction de la société et des infrastructures, pour aider les populations en détresse et restaurer la démocratie. En vérité, les enveloppes qui ont été régulièrement débloquées par le gouvernement servent à payer nos soldats, ces pauvres bougres qui risquent leur vie sur le terrain, et les armes. Nous avons augmenté les dépenses militaires et abandonné le terrain social en Italie. Il fallait, au contraire, financer des projets pour les jeunes en détresse, relancer l'emploi et réglementer la flexibilité qui ronge les demandeurs d'emploi. La gauche a menti et elle paie aujourd'hui le prix fort.

 
 
 

Vous accusez le centre gauche d'avoir trahi ses engagements ?

 
 
 

D.F. : Oui. Je pense notamment à la question du fameux conflit d'intérêts qui concerne l'incompatibilité entre les activités industrielles et politiques de Silvio Berlusconi. Ou encore aux lois qui permettent à des personnes condamnées d'échapper à la justice : le gouverneur de Sicile, Toto Cuffaro, inéligible à vie et condamné à cinq ans de prison pour collusion avec la Mafia, s'est cramponné à son fauteuil tant qu'il a pu ! Autre exemple : dans le domaine de l'éducation, la gauche avait promis une contre-réforme pour annuler les effets dévastateurs du gouvernement Berlusconi qui avait transformé le système scolaire en quasi-entreprise. Rien n'a été fait pour le secteur public. L'Etat a renoncé à jouer un rôle social dans le monde de la culture. Je pense aussi à la laïcité de l'Etat, à l'environnement. Et, surtout, à l'ingérence du Vatican alors que les églises sont vides, que le pape parle de la crise des vocations et qu'il faudrait profiter de la situation pour diminuer l'emprise de l'Eglise sur la société italienne. Nos dirigeants n'ont aucune culture, aucune éthique. Plus personne ne parle, la rébellion est finie. En Italie, les comiques sont les seuls à dire la vérité parce qu'ils sont les seuls à avoir une véritable conscience politique. C'est inquiétant.

 
 
 
Comment la gauche peut-elle renaître ?
 
 
 

D.F. : II faut d'abord arrêter de se faire harakiri. Assumons nos responsabilités politiques. La gauche doit modifier sa conception de la politique, faire son autocritique en profondeur. Sinon, nous sommes foutus et nous devrons entamer une immense traversée du désert qui pourrait durer au moins vingt ans ! Il faut former une équipe capable d'affronter l'ennemi, une armée qui ait un style et envie de gagner. Tout doit être calculé, même l'improvisation. Nous devons mettre au point un programme commun qui sera présenté et appliqué, ce que le gouvernement Prodi n'a pas fait. Prenons l'exemple du théâtre. Qu'est-ce qui a fait le succès de la Comédie-Française ? Sa structure culturelle qui lui a permis de fonctionner comme une machine aux moteurs parfaitement huilés. C'est cet exemple qu'il faut rapporter à la politique. Il faudra du temps pour créer cette conscience. Si les élections ont lieu au printemps, nous perdrons !

 
 
 

(*) Propos recueillis par Ariel Dumont.

 
 
 

Article paru dans le Marianne n°563 du 2 au 8 février 2008

 
 
Repost 0
Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
commenter cet article
26 février 2008 2 26 /02 /février /2008 06:13
 
 

 


02-2008-Logo-Parti-de-la-Gauche-copie-1.gif

J’ai parlé il y a quelques temps de l’initiative prise par Marie-Noëlle Lienemann et Paul Quilès.

 
 
 
 
 
 

Comme il est normal, cette initiative a suscité des questions.

 
 
 

De façon à alimenter le débat que nous souhaitons voir s’engager sur cette question importante et trop souvent passée sous silence, des modes organisationnels de l’Unité de la gauche, vous trouverez des réponses aux questions souvent posées.

 
 
 
DH
 
 
 
 
 

Pour en savoir plus sur la démarche : 
 
 
 

Le sens de la démarche

 
 
 

Pour faire vivre la démocratie, le rôle des partis est essentiel

 
 
 

La création d’un grand parti consacrant l’Unité de la gauche est attendue, nécessaire et possible

 
 
 

Ce que devrait être ce grand parti de la gauche unie

 
 
 

Un nouveau militantisme pour un parti de gauche moderne

 
 
 

En guise de conclusion

 
 
 
 
 

 


Réponses aux interrogations sur " le parti de la gauche "             

 
 
 
 
 

Pourquoi cette initiative ?

 
 
 

Parce que le renouveau de la gauche viendra à la fois de sa capacité à défendre sans complexe ses valeurs, à formuler un projet pour le 21ème siècle et à engager une nouvelle étape de son unité. Ces conditions sont liées et nécessaires pour remporter la victoire qui permettra de changer la société.

 
 
 

Parce qu’il faut sortir de la confusion politique entretenue par la perspective d’une stratégie d’alliance qui lorgne vers le centre et qui se traduit déjà par des accords locaux de circonstance.

 
 
 

Parce que nous avons voulu répondre à l’exigence de rassemblement à gauche, en faisant une proposition concrète : celle de constituer un grand parti fédérant tous les partis de la gauche, les clubs, les associations, les mouvements et les milliers de militants syndicaux, associatifs ou citoyens qui veulent apporter leur contribution à l’affirmation d’une gauche décomplexée, capable de porter leur espoir et d’agir.

 
 
 

Ce que n'est pas cette initiative

 
 
 

Il ne s’agit en rien de créer un parti supplémentaire, concurrent de ceux qui existent. Notre texte analyse comment les solutions préconisées ailleurs, en Europe ou aux Etats-Unis ne sont ni souhaitables, ni adaptées au système institutionnel français.

 
 
 

Même si nous critiquons ce système, nous sommes obligés de tenir compte de ses particularités. Le rassemblement de la gauche au sein d’une même organisation nous paraît la seule réponse possible pour gagner.

 
 
 

Pourquoi est-ce vous qui avez pris cette initiative ?

 
 
 

Parce que notre parcours militant (au demeurant différent) a toujours été marqué par le rassemblement de la gauche. Pour y avoir pris une part réelle, nous voyons qu’on ne peut plus s’en tenir aux nombreuses formules passées : Union de la gauche, Programme commun, Gauche plurielle…. ;

 
 
 

Parce que nous entendons aussi beaucoup parler autour de nous de la nécessité de l’Unité, mais presque jamais des façons concrètes de l’organiser ;

 
 
 

Parce que nous voyons bien qu’il est difficile pour chacun de sortir des logiques d’appareil, qui, bien qu’importantes, sont devenues paralysantes ;

 
 
 

Parce que nous nous sentons dégagés des contraintes qui empêchent nombre de responsables de gauche de s’exprimer librement.

 
 
 

Pourquoi intervenir maintenant ?

 
 
 

Parce que nous voulons que les victoires de la gauche aux municipales, que nous espérons, soient un levier pour le renouveau de la gauche mais ne servent pas de prétexte à ne rien changer en profondeur, à conforter une dérive et un repli sur le « local » négligeant la bataille essentielle pour le pouvoir national et pour le progrès des idéaux de la gauche dans notre société, ou encore à consacrer une stratégie flottante d’alliance et de confusion politique. Ce scénario a déjà eu lieu. On ne peut accepter qu’il se reproduise !

 
 
 

Quel rapport avec Gauche Avenir ?

 
 
 

Gauche Avenir réunit des militants de gauche, venant de partis et d’horizons divers, pour mener la bataille des idées et affirmer une gauche décomplexée. Notre club s’est toujours engagé pour l’unité des forces de gauche, sans préjuger des formes organisationnelles

 
 
 

Gauche Avenir a entrepris de rédiger ce qu’on a appelé « la Charte de l’Unité », un texte fixant ce que sont les valeurs, les fondamentaux de la gauche aujourd’hui… C’est cela qui unit tous les membres de Gauche Avenir, avec le souci de reprendre l’offensive pour une certaine « hégémonie culturelle » face au capitalisme financier mondialisé et à l’idéologie libérale.

 
 
 

Nous n’avons donc pas voulu impliquer Gauche Avenir, où le débat sur le sujet n'est pas tranché, mais notre conviction est que la Charte de l'Unité débouchera nécessairement sur la question des formes que prendra cette unité.

 
 
 

Nous avons donc mené en parallèle les deux démarches, avec le souci d’en débattre après que chacun ait mis sur la table ses propositions.

 
 
 

Et maintenant, que va-t-il se passer ?

 
 
 

La création d’un nouveau parti fédérant toute la gauche doit être un mouvement collectif. C’est pourquoi, nous souhaitons que notre texte soit diffusé, débattu dans les diverses organisations de gauche (partis, associations, clubs, syndicats...), de façon à ce que le cap stratégique de l’Unité y soit défendu et qu’il donne lieu à une mobilisation citoyenne porteuse de cette attente.

 
 
 

Nous souhaitons interpeller les responsables politiques de gauche, à tous les niveaux, les militants, mais aussi les femmes et les hommes engagés qui se reconnaissent mal dans le paysage politique actuel de la gauche. La question doit réellement être mise en débat et au vote lors des prochaines échéances internes de nos partis et mouvements.

 
 
 

Mais rien ne sera possible sans que s’exprime un fort courant d’opinion soutenant la perspective de ce nouveau parti fédérant toute la gauche. Sa vocation est de rassembler sans exclusive tous ceux qui acceptent qu’il revendique le pouvoir, l’accès aux responsabilités gouvernementales, tout en conservant une fonction de contestation et de mobilisation : un parti qui marche sur ces deux pieds pour changer la société.

 
 
 

Nous organiserons dans les départements des « banquets républicains » avec des personnalités variées de la gauche, pour échanger autour de ces propositions, dont l’ambition est de fixer un cap, mais qui ne sont pas à prendre ou à laisser.

 
 
 

Marie-Noëlle Lienemann et Paul Quilès.

Repost 0
Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
commenter cet article
24 février 2008 7 24 /02 /février /2008 06:39

 


Le Kosovo a « fêté » son indépendance il y a quelques jours. J’avoue que je n’avais pas bien saisi ce qui se tramait dans cette région et ce que cela signifiait. On ne put pas dire que l’information diffusée dans les médias était limpide. J’étais personnellement interpellé de voir les kosovars agiter des drapeaux américains et ce me paraissait « louche ».

 
 
 

Je vous livre l’analyse de PRS sur ce sujet, qui je crois nous éclaire un peu mieux sur les enjeux de cette déclaration d’indépendance.

 
 
 
Intéressant et inquiétant à la fois…
 
 
 
DH
 

 
 
 

Les fauteurs de guerre, par François DELAPIERRE

 
 
 
 
 

Kouchner nous sert un conte de fées. « Il ne faut pas prendre au tragique » la déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo, « ce n’est pas une défaite pour la Serbie ». « Souhaitons bonne chance au Kosovo » car « on verra bien ce que ça va donner » (sic). L’irresponsable lâche tout de même que la réconciliation entre serbes et kosovars prendrait « plusieurs générations ». Hélas la reconnaissance de l’indépendance du Kosovo suite à une déclaration unilatérale est un grave précédent pour la paix dans le monde et un encouragement à de nouveaux conflits sur la planète.

 
 
 

D’abord parce que cette « indépendance » est contraire au droit international. Celui-ci réclame un accord des parties ou encore une décision de l’ONU elle-même. Or l’ONU ne s’est jamais prononcée pour l’indépendance du Kosovo. Sa dernière résolution sur le Kosovo, régissant les conditions d’administration de ce territoire au lendemain de la guerre de 1999, reconnait explicitement la souveraineté de la Serbie sur cette région.

 
 
 

« Bah, le droit international… au diable ce formalisme ! » plaideront les pragmatiques dans un haussement d’épaules. Mais lorsque le droit international est bafoué, la force domine sans entrave. Pourquoi le Kosovo peut-il proclamer son indépendance ? Parce que les Etats-Unis en ont décidé et leur ont garanti en échange leur protection militaire. Pourquoi Sarkozy s’est-il rué pour reconnaître le nouveau pays ? Parce que Bush le lui a demandé. La sécession du Kosovo découle certes des stratégies des acteurs locaux, nationalistes serbes et kosovars, mais n’aurait jamais abouti si les Etats-Unis n’y avaient pas intérêt. Les drapeaux américains flottaient d’ailleurs le soir de « l’indépendance » dans la foule en liesse. Et ailleurs ? Pas de soutien états-unien, pas d’indépendance. Les républiques autonomes à majorité russe de Géorgie (Abkhazie et Ossétie du Sud) qui ont également proclamé unilatéralement leur indépendance en 1992 le savent bien. Sans parler de la Palestine.

 
 
 

Allant au bout de ce pragmatisme qui masque la réalité des intérêts de puissance, les dirigeants européens expliquent que le Kosovo constituerait un « cas sui generis [unique] qui ne remet pas en cause » le principe d’intégrité territoriale des Nations. Une thèse doublement consternante. D’abord parce qu’en justifiant l’indépendance illégale du Kosovo par la guerre et l’épuration ethnique, elle fournit un triste mode d’emploi à ceux qui revendiquent l’indépendance ailleurs. Ensuite parce qu’elle masque le principe qui l’a guidée : des Nations fondées sur leur homogénéité « ethnique ». Ils estiment que le Kosovo doit être indépendant car 90% de sa population est albanophone. Or un tel principe conduit à l’éclatement de la plupart des Etats des Balkans. Les Serbes ne sont-ils pas eux aussi majoritaires à 90% dans la République Srpska de Bosnie-Herzégovine ? Il faudrait alors les rattacher à la Serbie, comme il faudrait rattacher à la Croatie les zones à majorité croate… exactement le plan de partage de la Bosnie de Tudjman et Milosevic. Le principe de la majorité n’est rien d’autre que la vitrine légale de l’épuration ethnique. Il déstabiliserait toutes les constructions nationales en Europe. Mais aussi en Afrique, en Asie, en Amérique du Sud…

 
 
 

Car il faut bien admettre qu’il n’existe pas de frontières justes. Les frontières sont toujours le résultat d’un rapport de force politique et d’une construction historique. Il est illusoire de penser que l’on peut fabriquer des Etats stables et harmonieux en redécoupant des frontières. On construit des peuples par le développement démocratique et social des Nations. D’ailleurs le Kosovo lui-même est découpé par des frontières « ethniques », avec des zones où dominent les serbes devenus soudain une « minorité » dans leur propre pays. Faudra-t-il aussi redécouper le Kosovo ?

 
 
 

En outre, le pseudo Etat du Kosovo est une construction non viable. Il est hors d’état d’assurer sa sécurité, le contrôle de ses frontières, une bonne part de son administration intérieure qui sera confiée à l’Europe ou à l’OTAN. Le pays ne produit plus rien. L’économie, qui repose entièrement sur les commerces et les services ainsi que sur les transferts des immigrés est un paradis pour la mafia. Plus 60% de la population active est au chômage. Le peu d’entreprises qui subsistent est souvent propriété de la Serbie. Le Kosovo ne produit pas son électricité… Va-t-il fonctionner sur le modèle de la Bosnie-Herzégovine, administrée par un Haut Représentant de l’Union européenne qui a le pouvoir de casser des lois votées par le Parlement ou de destituer des élus ?

 
 
 

Enfin, cette reconnaissance est une provocation contre la Russie. Ce n’est pas le moindre objectif de Washington. Le successeur désigné de Bush à la présidence, Mc Cain, présenté ici comme un républicain modéré, annonce la couleur. Il propose d’écarter la Russie des réunions du G8, de créer une « Ligue des démocraties » appelée à se substituer aux Nations-Unies chaque fois que les Etats-Unis souhaiteront intervenir sans contraintes, ou encore de porter les dépenses militaires américaines à « 4 % du produit national brut, ce qui est sensiblement inférieur à notre effort du temps de la guerre froide». Avis aux naïfs qui croient aux contes de fées, la Maison Blanche n’a aucun intérêt à la paix dans les Balkans. Au contraire. L’instabilité dans la région est une condition de son implantation européenne.

 
 
 
 
 

Pour en savoir plus : la réaction de Jean - Luc Mélenchon sur l’indépendance du Kosovo

Repost 0
Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
commenter cet article
21 février 2008 4 21 /02 /février /2008 06:12

Beaucoup de français ont cru aux promesses de Sarkozy, sur le pouvoir d’achat. Lorsqu’après l’élection présidentielle, il a pris un peu de repos sur le yacht de Bolloré, beaucoup ont pensé qu’ils pourraient eux aussi aller sur le yacht… C’est pourquoi, cela est plutôt bien passé dans l’opinion, et que cela ne lui a finalement pas été reproché.
 
 
 
Quelques mois plus tard, la réalité est tout autre. Tout d’abord lors de ses vœux, il a dit que le pouvoir d’achat, il n’y pouvait pas grand-chose, car il ne pouvait pas augmenter les salariés à la place des patrons. Grande découverte ! Ceci dit il est tout de même le patron des fonctionnaires, et là aussi les caisses seraient vides après les 12 milliards de cadeaux du début de mandat.
 
 
 
Aujourd’hui, les français ont bien compris, qu’ils n’iront finalement pas sur le yacht de Bolloré… Mais revers de la médaille pour Sarkozy, cela « grogne » de plus en plus, et nous assistons à une remontée des revendications salariales fortes dans les entreprises. L’action menée en intersyndicale au niveau national dans la grande distribution est non seulement exemplaire, mais unique dans l’histoire sociale de notre pays. Cela grogne un peu partout et de plus en plus.
 
 
 
Sarkozy a allumé le feu, et le point positif, c’est que les français se rendent compte que l’amélioration du pouvoir d’achat concerne quelques uns (voir les 40% d’augmentation des patrons du CAC40 en 2007) et pas eux…
 
 
 
Le printemps risque d’être chaud. Il devient urgent d’apporter une réponse politique à gauche à cette situation…
 
 
 
A suivre.
 
 
 
DH
 
 
 

Grogner plus pour gagner plus (*)
 
 
 
Avec i>Télé, la chronique de Nicolas Domenach, directeur-adjoint de la rédaction de Marianne.
 
 
 
 
 

Ca rogne et ça grogne. Dans le public comme dans le privé. Le mécontentement n'est plus du tout ce qu'il était, au point qu'on s'en inquiète au ministère du Travail comme dans les directions syndicales. La base boue, elle déborde même parfois, ainsi qu'on l'a vu lors des grèves dans l'Education nationale mais également dans les récents conflits qui ont eu lieu dans la Grande distribution, à Air France, à Prisma Presse ou encore à L'Oréal. Certaines de ces entreprises avaient pourtant la réputation de ne pas trop mal payer leurs employés. Seulement, les salaires n'avaient été que très faiblement augmentés ces dernières années, alors même que des bénéfices considérables avaient été dégagés dont avaient profité les actionnaires et la direction.

 


C'est une des premières raisons de la montée des protestations : cela fait maintenant des mois et des mois que les entreprises françaises annoncent des résultats mirifiques, des performances splendides, des cabrioles financières des marges nettes, des mois et des mois que les patrons seuls émargent, s'augmentent et se suraugmentent, sans qu'à la base ceux qui concourent au profit ne bénéficient de sa redistribution. Pas même des miettes !

 


Ce n'est pas Olivier Besancenot qui s'en indigne, c'est le ministre du Travail Xavier Bertrand, tout sauf un gauchiste, qui ne cesse de dénoncer les égoïsmes patronaux et d'en appeler à davantage de générosité. Aujourd'hui encore, dans une interview à Métro, il invite fermement « les entreprises à faire profiter de leurs bons résultats les salariés ». Ce qu'Alain Minc, l'essayiste et proche de Nicolas Sarkozy avait aussi lancé sur le plateau d'I-Télé en affirmant que « la grève pourrait être légitime, car nombre de groupes avaient gagné suffisamment d'argent pour le redistribuer et participer à la croissance… » Sans être écouté… Pas plus que Nicolas Sarkozy ne l'a été, alors que les salariés, eux, ont parfaitement entendu et intégré sa thématique de campagne : « travailler plus pour gagner plus ! » Mais travailler plus, c'est déjà fait depuis des années sans contrepartie. Alors gagner plus d'abord !

 


De toutes manières, Nicolas Sarkozy avait bien promis qu'il serait le candidat de l'augmentation du pouvoir d'achat ! Or les prix montent, grimpent, galopent et rien ne vient ! D'où un sentiment de frustration, de rage même, que relèvent tous les candidats qui font du porte à porte. « Les gens sont en colère, disent-ils. Ils se plaignent de « ne plus y arriver » et ils se sentent légitimes comme jamais à l'exprimer ». Sarkozy les a décomplexés par ses propos et aussi par ses multiples exhibitions personnelles. Son autoaugmentation plus que conséquente, ses vacances. Le « Luxor », son exhibition jetsetteuse sont une invite pressante à l'action revendicatrice. Une provocation, alors même que la situation de l'emploi s'est objectivement améliorée, ce qui favorise traditionnellement la multiplication des conflits. Quand la concurrence faiblit sur le marché de l'emploi, l'initiative revendicative se renforce. Mais le climat psychologique est sans doute aussi important. La pavane indécente des élites, tout ce beau monde fait bling bling comme s'il n'avait rien dans la tête, jette dans la rue le petit, à qui on parle de pouvoir d'achat, alors qu'il vit dans l'impuissance d'achat !

 


S'il fallait un dernier exemple de cette impudence d'une partie de la classe dirigeante, Le Canard Enchaîné nous en offre un beau spécimen en la personne du député maire UMP d'Aulnay sous bois, Gérard Gaudron. « G. G » pour ses amis, rusait plus pour gagner plus, cumulait allégrement ses rémunérations de maire, de député et des allocations chômage d'environ 1500 euros par mois, ce qui ne se fait pas comme chacun sait. A deux reprises en septembre et en novembre 2007, l'élu du peuple a écrit aux Assedic pour mettre un terme à cette situation mais n'ayant pas obtenu de réponse, il a continué à percevoir ces indemnités indues. Aujourd'hui, il propose de rembourser, très bien. Notons qu'en compagnie d'autres parlementaires UMP, il avait co-signé en novembre 2007 une proposition de résolution tendant à créer une commission d'enquête sur les fraudes aux prestations et aux prélèvements sociaux. Voilà quelqu'un qui sait au moins de quoi il parle ! Grrrr…

 
 
 

Marianne.fr du Mercredi 20 Février 2008

Repost 0
Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
commenter cet article
17 février 2008 7 17 /02 /février /2008 04:15

Faisons campagne pour sanctionner Sarkozy dans les urnes !
 
 
 


02-2008-PRS-campagne-municipale.jpgSarkozy lui-même l’a reconnu : le résultat des élections municipales et cantonales des 9 et 16 mars prochain constituera le premier verdict des Français sur sa politique.

 


Chiche !

 



Un succès de la droite à ces élections lui offrirait un point d’appui pour poursuivre et aggraver la remise en cause de notre modèle social et républicain. La liste des réformes prévues pour le lendemain des municipales s’allonge d’ailleurs de jour en jour : loi sur le contrat de travail, loi sur les OGM, redéfinition de la politique de défense et de relations extérieures de la France, TVA dite sociale…

 


A l’inverse, un succès de la gauche permettrait d’enrayer la mécanique sarkozienne. Il casserait la dynamique construite pendant la présidentielle. Il menacerait les prochaines étapes de la « rupture » sarkozienne. On voit déjà Sarkozy reculer (un peu) devant les mauvais sondages. Qu'est-ce que ce serait alors devant une défaite électorale pour de bon, au fond des urnes.

 


PRS, qui ne présente ni ne soutient aucun candidat aux élections, a décidé de lancer une campagne pour le vote à gauche aux municipales et cantonales.

 


Cette campagne est un appel à tous les citoyens en désaccord avec la politique suivie par le pouvoir pour qu’ils se mobilisent dans les urnes.

 


Cette campagne est une invitation à tous les candidats de gauche pour qu’ils assument la confrontation politique avec la droite qui est aujourd’hui nécessaire.

 


Cette campagne est une contribution à la politisation d’un rendez-vous électoral qui ne sera pas purement local mais qui aura une importance nationale considérable.

 
 
 
DH
Repost 0
Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
commenter cet article
16 février 2008 6 16 /02 /février /2008 05:11

 


02-2008-Logo-Parti-de-la-Gauche.gif




Le parti de la Gauche
 
 
 
 
 

Marie Noëlle Lienemann et Paul Quilès lancent un appel pour la création d’un « parti de la gauche ».

 
 
 

Ils vont plus loin et plus rapidement que PRS qui mène des actions avec les partenaires de toute la gauche pour la constituions d’un parti s’inspirant du « Die Linke » en Allemagne.

 
 
 

L’initiative de Marie-Noëlle et Paul Quilès, qui il faut le rappeler était un proche de Laurent Fabius est intéressante, et est une belle prise de responsabilité. Clairement cela les mène vers la sortie du PS en clarifiant les lignes de pensée.

 
 
 

L’approche mérite la réflexion.

 
 
 

J’aurai deux petits regrets pour le moment et un espoir.

 
 
 

Les regrets concernent le coté restrictif par essence du nouveau parti qui exclut la LCR, et le manque d’unité par rapport à d’autres initiatives comme celle de PRS. Pourquoi exclure dès le départ ?

 
 
 

L’espoir, c’est que toutes ces démarches se rejoignent le moment venu… Face à la politique de Nicolas Sarkozy, pour apporter une alternative crédible, l’unité à Gauche est de mise.

 
 
 

Il me semble cependant important de diffuser l’appel et les bases sur nouveau Parti de la Gauche. Cela appelle forcément au débat.

 
 
 
DH
 
 
 
 
 


Chers amis, chères amies,
 
 
 
 
 

Comme vous, nous ne nous résignons pas. Comme vous, nous constatons que, depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, la gauche apparaît groggy, incapable d’exprimer ce que pourrait être son avenir. Peut-on d’ailleurs parler de « la gauche », alors qu’à l’évidence, coexistent plusieurs « gauches » (les partis traditionnels, la LCR, les associations alter mondialistes, les clubs….), peu disposées à communiquer entre elles, au-delà de la préparation d’actions ponctuelles ?

 
 
 

Cet éclatement conduit à l’impuissance et donne le sentiment que, face à la politique brutale et décomplexée de la droite, les forces de gauche sont presque résignées.

 


Les victoires espérées aux prochaines élections locales (municipales et cantonales) sont importantes. Elles permettront de sanctionner la politique de NicolasSarkozy, assureront un meilleur rapport de force social, et permettront aux équipes de gauche d’agir localement pour faire vivre nos valeurs. Mais, pour utiles qu’ils soient, ces bons résultats ne règleront pas la question centrale de la conquête du pouvoir d’Etat, indispensable pour changer la société et les conditions de vie de nos concitoyens. Le souvenir du succès éclatant de la gauche aux élections régionales de 2004 est là pour le rappeler cruellement !

 


Comment en est-on arrivé là ? Nous pensons que cette situation est la résultante de carences, dont certaines sont récentes, d’autres plus anciennes.

 


Il y a d’abord les carences politiques : confusion dans les analyses, sous-estimation de l’enjeu idéologique et culturel, assèchement du débat, incapacité d’arriver à des synthèses (ou même à des compromis dignes de ce nom), manque de stratégie crédible.

 


Il y a ensuite la question des leaders : des ambitions nombreuses et contradictoires ; la recherche prioritaire de la légitimité médiatique, plutôt que celle de la légitimité dans les partis et auprès des militants ; la volonté de conserver des pouvoirs dans les organisations existantes ; des détestations persistantes au sein des grandes organisations.

 


De plus, l’interférence permanente entre les débats de fond et les questions de personnes et de pouvoir, les premiers étant le plus souvent occultés par les seconds, empêche d’avancer. C’est ainsi que s’est créé un décalage grandissant entre les appareils et la base, qui, déçue, démobilisée, se laisse persuader qu’il faut trouver rapidement le leader- candidat qui fera gagner la gauche en 2012. Certains en arrivent même à considérer que c’est là la condition première à toute stratégie et même à toute réflexion en profondeur sur la nécessaire refondation.

 


Enfin, la confusion entre gauche et droite organisée par Nicolas Sarkozy, mais parfois aussi entretenue à gauche, renforce le caractère inaudible de l’opposition: ralliement au gouvernement d’hommes et de femmes de gauche, confusion des idées, mélange des « références », hésitation à l’égard du centre…

 


Cette situation porte tort à la combativité de celles et ceux qui se réclament de la gauche. Elle est intenable, parce qu’il y a fort à craindre, si les partis de gauche ne changent pas, qu’ils se dévitalisent durablement, que leur faiblesse fasse le nid du populisme, que leur impuissance et leur décalage sociologique entretiennent un anti-parlementarisme dangereux.

 


Comme vous, nous pensons qu’il ne faut pas baisser les bras et se contenter d’écouter les grandes proclamations sans lendemain, qui minent un peu plus l'espérance. Parce que nous avons vécu avec intensité et passion les évolutions de la gauche depuis les années 70 et que nous connaissons son histoire, nous mesurons le danger de la situation actuelle, si un sursaut ne se produit pas.

 


Ce sursaut, nous pensons qu’il ne viendra pas de l'apparition d'un leader charismatique, qui rassemblerait et dicterait un projet et un programme annonciateurs de victoire. Nous sommes convaincus au contraire, comme beaucoup d'hommes et de femmes de gauche, que tout doit procéder d'une réflexion en profondeur sur les valeurs de la gauche. Animateurs du club Gauche Avenir, qui rassemble des militants issus des différentes composantes de la gauche, nous travaillons précisément à la rédaction d’une Charte de l’unité qui répondra à ce besoin de donner une base commune à l’analyse et au projet de la gauche.

 


Les convergences ainsi définies devraient alors permettre de donner une traduction institutionnelle à cette unité par la création du Parti de la Gauche, dont nous nous efforçons de préciser les contours dans le document qui suit.

 


Nous soumettons cette proposition à l’ensemble de la gauche, à ses organisations, à ses militants, pour qu’elle soit débattue, en espérant qu’elle contribuera à la reconstruction si attendue d’une gauche crédible et capable de gagner pour changer durablement la vie.

 



Paul Quilès - Marie Noëlle Lienemann

 
 
 

 
 

Table des matières

 

Le sens de la démarche

 

Pour faire vivre la démocratie, le rôle des partis est essentiel

 

La création d’un grand parti consacrant l’Unité de la gauche est attendue, nécessaire et possible

 

Ce que devrait être ce grand parti de la gauche unie

 

Un nouveau militantisme pour un parti de gauche moderne

 

En guise de conclusion

 
Repost 0
Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
commenter cet article
14 février 2008 4 14 /02 /février /2008 06:19

Arcelor, usine de Gandrange : Sarkozy invente la nationalisation locale
 
 
 
 
 
Je vous ai déjà parlé de Bernard Maris, l’économiste de « l’autre économie » qui intervient sur France Inter tous les matins. Il est revenu le 7 février dans sa chronique sur l’intervention de Nicolas Sarkozy pour sauver l’usine sidérurgique de Gandrange aujourd’hui aux mains du géant MITTAL.
 
 
 
Encore une fois, c’est le principe « les profits sont profits sont privatisés, et les pertes socialisées », qui s’applique…
 
 
 
DH
 
 
 
 
 

D'Alsthom à Arcelor en passant par la générale, le Président Nicolas SARKOZY confirme la relativité de son engagement libéral.

 

 

L'Etat est de retour dans la politique économique française avec la Société générale et Arcelor Mittal... Volontarisme, nationalisme, patriotisme, interventionnisme, on aurait pu ajouter Alstom, Danone, ou encore Aventis, le laboratoire pharmaceutique sauvé d'un raid de Novartis. On se souvient aussi des propos peu amènes de l'ex gouvernement à l'égard du patron de Mittal au moment du rachat d'Arcelor. Bref, dès qu'il y a fusion acquisition, l'Etat met son nez dans la soupe.

 


A-t-il raison de le faire ? Je vais esquiver la question et dire que tous les autres le font. Les Américains sont les champions du libéralisme en paroles et de l'interventionnisme en actes. L'amendement Exon-Florio de 1988, permet au gouvernement fédéral de s'opposer à toute acquisition qui mettrait en péril la sécurité nationale ; la sécurité nationale est extrêmement vague. Par exemple au nom de cet amendement, il a été interdit à IBM de vendre des ordinateurs personnels à l'entreprise Chinoise Lenovo. En 1999, la CIA a créé un fonds d'investissement appelé IN-Q-TEL, chargé de protéger de raids éventuels les PME américaines dont l'activité est en relation proche ou lointaine avec le renseignement. Toujours aux Etats-Unis, les participations étrangères sont limitées dans les compagnies d'aviation ou les média. On se souvient qu'en 2005, le Congrès est intervenu directement pour dissuader le pétrolier Chinois CNOOC, de faire une offre sur le pétrolier américain Unocal. De même le Congrès avait obligé Dubaï à revendre les terminaux portuaires qu'il avait réussi à acquérir via un fonds anglais. En revanche les américains ont laissé racheter les pétroliers Amoco et Arco par British Pétroleum ! Curieux non ? Du coté des Européens, aussi les Allemands et les Espagnols protègent. Les Chinois protègent terriblement ; les Russes aussi.

 
 
 

En revanche, les Français ont mauvaise réputation, alors que leur CAC 40 est une vraie passoire ! Revenons à Mittal qui abandonne le site de Gandrange en Moselle : Mittal est évidemment enchanté que l'Etat intervienne pour recapitaliser l'usine du coin : c'est le vieux principe adoré des capitalistes : privatisation des profits, socialisation des pertes. Quand il y a du profit on encaisse, quand il y a du dégât social, on se débarrasse sur la collectivité. L'intervention de l'Etat, est, en l'occurrence purement politique. C'est une intervention du type marins pêcheurs. C'est l'Etat-providence, l'Etat qui peut tout faire, tellement détesté des libéraux de tous bords, et surtout honni de la Commission européenne. En l'occurrence, Nicolas Sarkozy propose une « nationalisation locale... » un tout nouveau concept.

 



Le dicton du jour
: A méditer « Nous remarquons que l'inutile c'est la beauté »

 

(Freud) « Tout ce qui est utile est laid » Théophile Gautier

 


Bernard Maris - Jeudi 07 Février 2008 -

 
 
 


Retrouvez « L'autre économie » de Bernard Maris, en direct sur France Inter, du lundi au vendredi à 6h49.


 
Complément du 14/02/08 :


Et pendant ce temps là, Profit record pour ArcelorMittal

 

Et pendant ce temps là, ArcelorMittal a dégagé un bénéfice net record de 10,36 milliards de dollars (environ 7,5 milliards d'euros) en 2007, en hausse de 30%.

 

Le bénéfice avant intérêts, impôt, dépréciations et amortissement (Ebitda) d'ArcelorMittal en 2007 ressort lui à 19,4 milliards de dollars (+27%).

 

ArcelorMittal versera 3,1 milliards de dollars aux actionnaires en 2008, dont 2,1 milliards en dividende et 1 milliard en rachat d'actions.

 

En clair, encore une fois, l’Etat doit venir au secours de Mittal, alors que le groupe a dégagé plus de 7,5 milliards d’€ de profits… Cherchez l’erreur ?

 
 

Le communiqué du secteur entreprise du Parti Socialiste

Repost 0
Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
commenter cet article