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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
24 juin 2007 7 24 /06 /juin /2007 07:14

_____________________________________________

 
 
 

1 - Le projet secret de nouveau traité

 
 

PRS s'est procuré la version française du projet de mandat pour un nouveau traité européen soumis au sommet du 21 juin 2007. Ce document est secret. Il n'a jamais été rendu public jusqu'ici, selon une règle bien établie : les discussions sur l'avenir de l'Europe relèvent du secret de la diplomatie intergouvernementale, jamais de la démocratie du débat citoyen. Une opacité contre laquelle nous luttons en le mettant à la disposition de tous.

 

En faisant circuler ces informations, chacun de nous peut éviter que des décisions vitales pour l'avenir de l'Union européenne soient prises dans le dos des citoyens.

 
 

2 - Le dividende européen du résultat des législatives

 

C’est une conséquence méconnue du résultat mitigé de l’UMP aux élections législatives. Si la majorité présidentielle disposera effectivement de la majorité absolue à l’Assemblée nationale, elle ne parvient pas, même étendue à l’ensemble des centristes, à atteindre la majorité des 3/5 des membres du Congrès, indispensable pour réviser la Constitution par voie parlementaire.

 

 Tribune de Jean-Luc Mélenchon parue dans le Figaro du 21 juin

 
 

3 - Les conclusions du sommet européen

 

Le sommet européen s'est achevé cette nuit par un accord des chefs d'Etat sur le mandat à donner à une Conférence Intergouvernementale chargée d'élaborer un nouveau traité européen. Téléchargez les conclusions du sommet européen du 22 juin (version anglaise).

 
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De la Constitution Européenne au nouveau traité : un changement de nom sans changement de fond

 

Déclaration de Jean-Luc Mélenchon à l'issue du sommet européen

 

Une discussion dans le dos des peuples
 

Une nouvelle fois, en dépit de toutes les alertes donnée à ce sujet par les votes négatifs des citoyens ou le niveau de leur abstention, le texte discuté par le Conseil européen a été tenu secret et amendé dans le dos des citoyens et des parlementaires.


Pour finir le projet de texte qu'a discuté le Conseil européen n’est pas du tout le traité simplifié qui nous est annoncé. C’est en fait un mandat donné à une Conférence Intergouvernementale pour rédiger un nouveau traité.

 

On en revient à la méthode intergouvernementale qui paralyse l’Europe depuis plusieurs années et la condamne au plus petit commun dénominateur libéral. Déjà largement inopérante à 15 ou à 25, cette méthode fonctionnera encore moins bien à 27. En organisant la discussion en fonction des antagonismes nationaux et pas en fonction de la recherche d’un intérêt général du peuple européen, cette méthode de la CIG ne peut qu’exacerber les tensions nationalistes et déboucher sur des compromis au rabais. Je propose au contraire que les élections européennes de 2009 permettent aux peuples européens de donner un mandat d'Assemblée constituante.

 

Un contenu qui reprend la Constitution et confirme les politiques libérales européennes

 

Fort logiquement, les chefs d'Etat réunis à Berlin, qui étaient tous favorables au projet de Constitution européenne rejetée par les Français et les Néerlandais, ont élaboré un compromis identique à celui qu'ils avaient adopté en 2004. Le contenu du mandat donné à la CIG reprend le contenu institutionnel non démocratique de la Constitution européenne et ne change rien à l’orientation libérale de toutes les politiques européennes.

 

Le nouveau traité ne comporte aucune avancée démocratique significative. Comme dans la Constitution, le Parlement sera toujours une institution subordonnée, la Commission conserve son monopole d’initiative et verrait même les pouvoirs de son président renforcés. Ce système institutionnel favorise les blocages et l’impuissance publique européenne.

 

Le texte discuté au Conseil européen ne change rien au contenu des politiques économiques et sociales européennes. Il précise en effet que « les traités actuels restent en vigueur », notamment toutes les références à la concurrence libre et non faussée. Il ne donne ainsi aucun moyen à l’Europe pour agir en faveur de l’harmonisation sociale et fiscale par le haut.

 
Un déni de démocratie
 

L’adoption de la substance de la Constitution Européenne sous un nouveau nom est une grave violation des principes démocratiques. Les peuples ayant voté non par référendum ne peuvent accepter ce déni de démocratie. Un tel passage en force, fondé sur une tentative de duperie, ne peut qu’exacerber la crise de légitimité que traverse l’UE aux yeux des citoyens.

 

L’Initiative pour une Assemblée constituante, que j'ai lancée avec Oskar Lafontaine, réitère sa demande qu’une nouvelle constitution de l’UE organise les pouvoirs de façon réellement démocratique et qu’elle soit élaborée par une Assemblée constituante.

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Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
23 juin 2007 6 23 /06 /juin /2007 15:52

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Ségolène ROYAL  « évite » le Conseil National du PS

 
 

Après une semaine de déclarations fracassantes, Ségolène ROYAL joue la chaise vide aujourd’hui samedi 23 juin 2007 juin au Conseil National du PS.

 

Pour quelqu’un qui prétend vouloir prendre les reines du parti, cela est un peu choquant ?

 

Lors du premier Conseil National après la présidentielle, n’avait – elle pas quitté la salle après son intervention et celle de François Hollande pour se jeter sur les caméras de télévision, dédaignant les interventions de ses camarades ?

 

Cela va dans la ligne qu’elle a toujours tenue vis-à-vis du PS, en se plaçant depuis toujours en dehors des débats internes. Ensuite elle a beau jeu de critiquer certaines mesures du programme.

 

Elle a notamment remis en cause la mesure sur le SMIC à 1500 € tout l’en ayant totalement déformée pendant la campagne électorale.

 

Laurent FABIUS et d’autres prônaient pour un SMIC à 1500 € au 1er juillet 2007. Ségolène ROYAL a repris la mesure en proposant 1500 € au cours de la mandature. Lors d’une interview, elle s’était même offusquée que « certains avaient compris que c’était tout de suite et qu’il fallait être raisonnable »…

 

1500 € en fin de mandature, cela correspond grosso modo, à l’augmentation annuelle. Quel est le plus pour les salariés concernés ? De qui se moquait – on ? Pourquoi s’étonner que cette mesure au rabais n’ait pas créé l’enthousiasme ?

 

Trouver comme Nicolas SARKOZY qu’une augmentation de 25,79 € au 1er juillet 2007, soit un SMIC de 1280,07 €, c’est suffisant, relève du cynisme le plus total

 

Ségolène ROYAL a joué la candidature à la présidentielle en dehors du PS en devenant parait- il, « incontournable » ( ?) dans l’opinion, dixit les sondages. Je m’offusque des sondages « des français » qui la désigne comme meilleure candidate pour le PS. « Ces français » soit ils ont la carte au PS et leur souhait est respectable, soit ce n’est pas le cas, et leur souhait ne m’intéresse pas. Les adhérents du PS ne doivent pas laisser dicter leur choix pour leur parti, par des électeurs de Nicolas SARKOZY !

 

Si Ségolène ROYAL a bien évidemment la légitimité pour déposer au prochain congrès de 2007 une motion et de prétendre à diriger le Parti Socialiste, elle devra avant tout se conformer à ses règles, respecter les militants et le Parti Socialiste lui-même et son histoire … Pour le moement, elle a choisi une autre voix.

 

A suivre,

 
DH
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Nb : Pour en savoir plus

 

Mme Royal évite le conseil national du PS et pose ses conditions

 

Le PS approuve le calendrier de rénovation de François HOLLANDE


 

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Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
15 juin 2007 5 15 /06 /juin /2007 21:22

 



Et voici l’interview complète de Jean – Luc MELENCHON dans le journal L’Humanité du 14 juin 2007.

 
 
 

Ce WE, Jean – Luc sera à Berlin comme invité pour la création du « Die Link », né de la fusion de l'organisation socialiste WASG fondée par Oskar Lafontaine et de l’ancien parti communiste allemand.

 
 
 
A suivre…
 
 
 
DH
 
 
 
« Une des issues possibles pour la gauche »
 


Interview à l’Humanité – jeudi 14 juin 2007

 
 
 

Sénateur socialiste, président du mouvement Pour la République sociale, Jean-Luc Mélenchon privilégie un processus à l'allemande et pense au divorce avec la rue Solférino.

 
 
 
Entretien réalisé par Dominique Bègles
 
 
 

Vous serez présent dans quelques heures au congrès fondateur du Die Linke en Allemagne. Pourquoi donnez-vous une telle importance à ce moment politique d'outre-Rhin ?

 
 
 

Jean-Luc Mélenchon. Le processus de constitution de cette formation n'est évidemment pas transposable en France. En revanche, ce qui est directement transposable est la situation d'impasse de la social-démocratie allemande aboutissant à ce qu'un secteur de celle-ci, tant sur le plan électoral que militant, décide de s'engager dans un processus de construction politique original. Cette impasse est emblématique. L'Allemagne et la Grande-Bretagne sont le cœur de la social-démocratie internationale. Dans ces deux pays aujourd’hui, les sociaux-démocrates sont des acteurs enthousiastes du démantèlement de l'État social qu'ils ont eux-mêmes construit. Ils arrivent ainsi au bout de la politique d'accompagnement de la mondialisation libérale. Un seul exemple : dans ces deux pays, ils participent à l'allongement de l'âge de la retraite, comme tous les autres partis sociaux-démocrates d'Europe. Cette impasse stratégique, ce renoncement à transformer la société, nous concerne : elle n'est ni allemande ni anglaise mais internationale. Nous sommes donc directement impliqués par l'évènement. C'est sans doute aussi le moment, ici, de se demander s'il est bien l'heure de se découvrir une vocation sociale-démocrate qui n'a jamais été dans la tradition du socialisme français.

 
 
 

Considérez-vous ce scénario à allemande comme une piste pour la gauche française ?

 
 
 

Jean-Luc Mélenchon. Je suis cette évolution depuis les premières heures. J'ai participé à plusieurs réunions avec Oskar Lafontaine. J'ai la conviction que nous pouvons y trouver une source d'inspiration très forte pour notre propre travail de construction politique en France. Après l'observation des conséquences de la chute du communisme d'État, on est en train de découvrir la catastrophe qui frappe la social-démocratie internationale. Pour ma part, je crois que la formule et la méthode de construction de ce nouveau parti peuvent nous donner une indication sur ce que nous avons nous-mêmes à faire. J'y vois une des issues possibles de la crise de la gauche en France. C'est celle que je privilégie à cette heure. J'observe de la part des communistes français une volonté de dépassement des formes politiques anciennes, tout en ayant le souci de protéger leur identité. Le même souci existe chez une partie des militants socialistes qui n'acceptent pas de se résigner à une fumeuse orientation sociale-démocrate, ni à un tropisme pour le centre. Ceux-là ne veulent pas qu'on substitue à l'aspiration sociale des Français une inclination préférentielle pour les revendications sociétales des classes moyennes supérieures des centres-villes.

 
 
 

En France, cela signifierait une double rupture : celle entre vous et le PS actuel, et celle du PCF avec son passé. La situation vous semble-t-elle s'y prêter ?

 
 
 

Jean-Luc Mélenchon. Je suis obligé de constater une évolution du PS dans le sens d'une mise aux normes européennes. La gauche du PS est de plus en plus un alibi pour ce parti. Elle n'est plus admise à jouer un rôle actif dans le mouvement socialiste. Il suffit de voir comment cette gauche, ses idées et ses représentants ont été traités pendant la campagne présidentielle. Les choses se sont depuis considérablement aggravées avec les surenchères vers le centre. La question du divorce commence à être posée. Elle n'est toutefois pas tranchée. D'ailleurs à l'heure actuelle il n'existe pas d'alternative. Les communistes n'ont pas encore fait ouvertement le choix de la construction d'une force nouvelle. Leur choix sera tout à fait décisif. Un projet alternatif doit avoir trois caractéristiques : être républicain, de gauche et gouvernemental. Sur ces points, la convergence est extrêmement avancée entre PRS et le PCF d'aujourd'hui. Reste le facteur déclenchant : la décision des communistes. Ce n'est pas la première fois que je lance cet appel. Dans la présidentielle j'ai parlé « de l'union dans l'union ». J'ai voulu montrer qu'une affirmation identitaire n'est pas contradictoire avec une affirmation unitaire.

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Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
14 juin 2007 4 14 /06 /juin /2007 20:57

Mélenchon songe au "divorce" avec le PS pour construire "une force nouvelle"
 
 
 

AFP - 14.06.07 | 17h50

 
 
 

Le sénateur socialiste Jean-Luc Mélenchon estime que la gauche du PS "est de plus en plus un alibi pour ce parti" et que "la question du divorce commenceà être posée", imaginant un rapprochement avec les communistes pour construire "une force nouvelle".

 
 
 

Dans une interview jeudi à l'Humanité, le président du mouvement "Pour la République sociale" estime en effet qu'"on est en train de découvrir la catastrophe qui frappe la social-démocratie internationale", prenant notamment l'exemple de l'Allemagne et de la Grande-Bretagne où "les sociaux-démocrates sont des acteurs enthousiastes du démantèlement de l'Etat social qu'ils ont eux-mêmes construit

 
 
 

M. Mélenchon, qui doit assister samedi au congrès fondateur du parti "Die Linke" (la gauche) à Berlin, qui regroupe notamment des communistes et des socialistes, considère que cela peut être "une source d'inspiration très forte" pour la France. "J'y vois une des issues possibles de la crise de la gauche", dit-il.

 
 
 

Car pour lui, "la gauche du PS est de plus en plus un alibi pour ce parti, elle n'est plus admise à jouer un rôle actif dans le mouvement socialiste". De ce fait, "la question du divorce commence à être posée", dit-il, même si "elle n'est pas tranchée" et si "à l'heure actuelle il n'existe pas d'alternative".

 
 
 

En effet, s'il imagine volontiers un rapprochement entre des communistes et des militants socialistes "qui n'acceptent pas de se résigner à une fumeuse orientation sociale-démocrate, ni à un tropisme pour le centre", il note aussi, en le regrettant, que "les communistes n'ont pas encore fait ouvertement le choix de la construction d'une force nouvelle".

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Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
13 juin 2007 3 13 /06 /juin /2007 07:07


SARKOZY a rendu fiers les électeurs de Droite d’être de Droite sur des valeurs de Droite ! Cela a été sa force, et il faut le saluer. Pendant ce temps, la Gauche n’était plus fière d’être de Gauche, ni de défendre des valeurs de Gauche. La tentation à Gauche est même parfois, d’aller sur les terres de droite, pardon du centre pour se « raccrocher aux branches » et « sauver les meubles », en oubliant encore plus nos valeurs. Cela ne marche pas, et on connaît le résultat…
 
Je vous livre l’analyse de Marie Noëlle LIENENMANN sur les résultats du 1er tour des Législatives et vous rappelle l’initiative lancée avec « Gauche Avenir » !
 
 
A suivre,
 
DH


 
L’appel au sursaut de la gauche !
L’exigence de lucidité et de clarté !,
par Marie - Noëlle LIENEMANN
 
 
Après la sévère défaite des présidentielles, le premier tour des élections législatives sonne comme un nouvel échec. Rien ne sert de minimiser les difficultés et de continuer sur le ton de  la quasi-victoire entonnée par la candidate qui ne recueillait que 47% des voix au second tour. Que n’a-t-on entendu de commentaires ironiques sur le refus des socialistes d’admettre la réalité ? Comment ne pas voir les  inquiétudes sur les conséquences de cette dénégation : décidemment, ils ne veulent pas comprendre ! Il n’y aura pas de sursaut sans lucidité ! Parlons à la raison des électeurs.

Tout s’y est mis pour accroître les difficultés  de nos candidats : la confusion politique qui s’était installée entre les deux tours des présidentielles avec ces « avances » faites à Bayrou, avec le succès qu’on sait… Mais quand la boite de Pandore de l’ouverture au centre est ouverte, se développent  alors toutes les dérives, toutes les tentations de quitter son camp pour d’autres horizons et qui finissent toujours à droite. Les manquements des Kouchner, Jouyet et Martin Hirsch, ont entretenu  le sentiment de déroute, de brouillage et permis à N Sarkozy de se départir de son image dure et sectaire ! Quand on joue avec le feu du centre, on se brûle.
 
Aussi, il est inacceptable que Ségolène Royal, mandatée par personne (une fois de plus, elle n’est pas venue à la réunion du bureau National qui se réunit les soirs d’élections pour harmoniser nos positions et préparer la suite !) annonce qu’elle prend contact avec François Bayrou… Bis repetita !
 
Il n’y aura pas de sursaut sans clarté, car nos concitoyens ne se déplaceront pas pour je ne sais quels jeux politiciens, au contraire. Je crois qu’ils sont prêts à se mobiliser pour des grandes causes, celles de la gauche peuvent encore les faire voter, mais  cela exige un peu de grandeur !
 
Evidemment le plus grave est le fort taux d’abstention qui  confirme que bon nombre d’électeurs  étaient venus voter contre Sarkozy mais que les  propositions de la candidate n’avaient pas suffisamment convaincus pour se sentir durablement unis au combat de la gauche. Ils ont jeté l’éponge en estimant que l’essentiel était joué avec les présidentielles et n’ont pas mesuré l’importance de l’enjeu législatif tant l’absence de repères forts à gauche laisse  en jachère des forces qui pourraient se mobiliser à nos cotés dans la duré.
 
Ceux qui passent leur temps à disqualifier la gauche,  toujours présentée comme archaïque, atrophiée par des « tabous » portent une lourde responsabilité dans la déstructuration politique actuelle. En ne défendant pas réellement  les propositions sociales et économiques du PS, en privilégiant la communication, le marketing et la forme plutôt que le fond, la campagne présidentielle n’a pas transformé la crainte et le discrédit de la droite en adhésion à la gauche, d’où le mauvais score le 6 mai et le désarroi aux législatives. Le sursaut s’opèrera d’autant mieux que  les électeurs estimeront  défendre un projet, des valeurs clairement alternatives à ceux de la droite. Sinon, la tentation de laisser faire, d’attendre pour voir peut trouver un écho dans un électorat  laissé sans perspective. C’est hélas ce qu’on a constaté dimanche en dépit de campagnes locales souvent actives et de terrain.
 
Le sursaut est encore possible si nous affirmons notre identité, si nous nous rassemblons. Cette affirmation de la gauche doit se faire sur le terrain principal de ses valeurs, des enjeux économiques et sociaux et en démontant la logique dangereuse de Sarkozy, habilement fardée sous le vocable de la «  rupture », ainsi qu’en proposant une autre voie ; Il faut éclairer l’avenir  car le seul appel à l’équilibre des pouvoirs ne suffira pas à faire venir voter.
 
Sérieusement, croyez vous que la France ira mieux si la gauche est KO ? Alors votez et prenez part au sursaut de la gauche et aussi à sa refondation !
 

 

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Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
5 juin 2007 2 05 /06 /juin /2007 07:14


Avenir à Gauche



 
 
 
 

Un nouveau site Avenir à gauche à l’initiative de Marie - Noëlle LIENEMANN vient de s’ouvrir. Je vous livre les objectifs de cette initiative.

 
 
A méditer et à parcourir…

 
 
DH

Maj du 06/06/07 :
La suite sur le site  Gauche Avenir
 

 
 
Une jeune gauche qui tient bon

 
 

La campagne électorale est un moment privilégié. Les militants de la gauche, les citoyens qui se reconnaissent en elle, ont l’occasion de se faire entendre. Nous sommes des militants sociaux et républicains. Certains sont membres du PS, d'autres non. Mais nous partageons une même idée de la gauche. Nous voulons contribuer à l’élaboration de nouvelles réponses à l'urgence sociale, environnementale, internationale. Nous voulons participer à l’émergence d’une jeune gauche, résistante au libéralisme et volontaire pour la transformation effective de la société. Ce blog veut y concourir.

 
 
Une gauche qui brise les tabous

 
 

La politique doit retrouver ses lettres de noblesse. Pour nous, cela passe prioritairement par le débat idéologique et programmatique. Ce blog est un outil de débat politique, alliant des propositions concrètes et réflexions théoriques. Nous voulons dénoncer les idées reçues (à droite comme à gauche), proposer des pistes de réforme ambitieuses.

 
 

Nous partons d’une analyse partagée. La 5ème République étouffe la démocratie, archaïse la pratique du pouvoir en restreignant l'espace politique au choix d'un homme, ou d'une femme qui serait investi d'une " relation privilégiée" avec le peuple. Nous voulons une Sixième République où le pouvoir n'est pas confisqué par un seul, qui privilégie le collectif et le pluralisme. Ce blog fait vivre cette diversité, rassemble et élabore des propositions qui irriguent et nourrissent la campagne présidentielle.

 
 
Une gauche en mouvement

 
 

Nous voulons être acteurs de la victoire et du renouveau de la gauche, avant et après l'élection. Nous jugeons les responsables politiques à leurs engagements ainsi qu'à leur capacité à les tenir. Mais l’objectif louable de " tenir ses promesses" ne doit pas servir de prétexte à des prises de positions minimalistes, peu ambitieuses qui ne bousculent ni l'ordre ni les inégalités établis. Pour réussir et durer, la gauche doit nouer un lien étroit entre le politique, le monde associatif, syndical, et le mouvement social. Ce blog se veut une passerelle entre ces différents acteurs.

 
 
Tout sauf résignés

 
 

Ce blog rassemble des sensibilités diverses. Des socialistes qui n'ont pas voté Ségolène Royal, des amis de Jean-Pierre Chevènement qui auraient souhaité que celui-ci maintienne sa candidature, des militants des collectifs unitaires déçus par l’incapacité de la gauche du « non » à s’unir, des écologistes qui désespèrent de l'impuissance de l'écologie politique. Bref, des militants insatisfaits ! Mais insatisfaits, ne signifie pas ronchons, négatifs, démoralisés. Nous sommes tout sauf une amicale des mécontents. Ce blog est l'affirmation d'une volonté. L'avenir dépend de nous tous, l'avenir doit être à gauche

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Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
25 mai 2007 5 25 /05 /mai /2007 07:06
 


Le gouvernement FILLON attaque tous azimuts, le contrat unique, le service minimum, etc.
 
Jean – Luc MELENCHON nous livre aujourd’hui une réflexion éclairée sur le service minimum.
 
A méditer…
 
DH


LE SERVICE MINIMUM DE MONSIEUR FILLON, par Jean – Luc MELENCHON
 
 
 
 
 

Le premier ministre, monsieur Fillon, a déclaré qu'il laissait au syndicat trois mois pour faire leurs propositions concernant la mise en place du service minimum après quoi il déposerait lui-même un texte de loi si rien ne lui est proposé. Bingo!

 
 
 

C'est fort: il s'agit de demander aux syndicats de proposer eux-mêmes ce qu'ils ont toujours refusé jusqu'à ce jour. S'ils ne le font pas le premier ministre prendra l'opinion à témoin: "Regardez ces gens qui refusent de dialoguer. Ce sont des sectaires qui se moquent de l'intérêt général".

 
 
 

Les gros beaufs branleront du chef compulsivement. Et les bons esprits modernes de la gauche non archaïque (futur sollicités pour faire ministres de gouvernement de droite "sans abandonner ses convictions!") lèveront les yeux au ciel avec des soupirs navrés. Moi, je ne suis pas d'accord avec le service minimum.

 
 
 

Chaque fois que la question a été posée, c'est à dire après chaque victoire électorale de la droite et après chaque grève massive dans les services publics, j'ai remarqué que nous n'étions qu'une poignée d'élus politiques à gauche pour aller braver les partisans du bon sens et de l'ordre tranquille sur les plateau de télé. Apparemment ça s'est su. Je l'ai payé.

 
 
 

Un jour à Orly, j'allais prendre un avion pour Strasbourg (une des lignes les plus pourries de l'aviation civile que l'on peut dorénavant s'épargner en prenant le TGV). Le personnel de piste s'était mis en grève "sauvage". Dès que l'information en a été donnée, c'est à dire après une heure d'attente sans explications, des gens très énervés ont commencé à protester haut et fort. On comprend. Moi même je ne peux pas dire que je nageais dans l'allégresse....Puis quelques excités se sont mis à dire les sottises que vous connaissez sur les "planqués qui se la coulent douce", etc... Puis un ou deux s'en sont pris à moi: "alors vous êtes content ! La voila votre grève! Ah ils sont beaux vos amis " et ainsi de suite. C'est comme si j'avais donné le mot d'ordre de grève.

 
 
 

"Grève sauvage"! Qu'est ce qu'une grève sauvage? Une grève sans préavis. Le préavis est devenu obligatoire sous De Gaulle. L'idée c'était que le préavis donnait un délai pour discuter et régler le problème sans besoin d'aller au conflit ouvert. Supposons que le préavis soit déposé. Dans combien de cas discute-t-on pour éviter le conflit ? Pratiquement jamais. Qui ne veut pas discuter ? L'employeur. Pourquoi ? Pour ne rien céder si c'est possible, en comptant que les salariés n'ont pas les moyens de tenir la grève assez longtemps pour l'obliger à composer. Toute grève est donc un échec dont la responsabilité n'est pas du fait des grévistes. Ce n'est pas facile à expliquer, surtout à ceux qui se sont au moins une fois heurté à un train qui reste à quai à la fin d'une journée de travail crevante ou à ceux qui se sont trouvé coincés dans un de nos riant aéroports à attendre des explications concernant l'annulation de leur vol.

 
 
 

N'empêche. On n'a pas fini d'en parler. La grève est un échec. C'est parce qu'on ne peut faire autrement pour se faire entendre qu'on fait grève. Ce n'est jamais une partie de plaisir pour ceux qui la font: ils y perdent du salaire et vivent un stress d'autant plus grand qu'ils mesurent eux-mêmes l'ampleur de la gène qu'ils provoquent en connaisseurs qu'ils sont d'un service qu'ils font tourner tout le reste du temps..

 
 
 

On n'a pas fini d'en parler! Car le droit de grève est un droit constitutionnel. Et, je le signale, c'est un droit individuel. Donc une liberté individuelle. Quoi qu'en pensent les porteurs de gros sabots la matière est délicate à manier dans ce genre de domaine.

 

On n'a pas fini d'en parler! Car de plus si l'idée parait simple comme un mouvement de menton, elle est cependant assez compliquée à mettre en œuvre.... Voyons ça...

 
 
 

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Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
17 mai 2007 4 17 /05 /mai /2007 07:15

 



PRS, Pour la République Sociale tenait son conseil national les 12 et 13 mai 2007. je vous livre la résolution finale sur l’analyse de la situation politique, les perspectives envisagées et le rôle que peut jouer PRS. L’analyse diverge évidemment, des analyses qui conduisent à faire évoluer le PS sur sa droite et la sociale démocratie !

 
 
 

Le texte est un peu long, mais mérite d’être lu.

 

Si vous voulez continuer à débattre de l’analyse et des propositions de PRS, je vous informe que l’Assemblée générale de PRS 13 se tiendra le Vendredi 18  Mai de 19h00 à 21h00 à l’Escale St Charles Rue Palestro à Marseille 3ème (derrière la gare, stationnement possible entre la Fac des sciences St Charles et le lycée Quinet/métro St Charles).


Ordre du jour :


Compte rendu des CN du PS et de PRS de ce week - end à Paris (Magali, Hélène)

La campagne des législatives à Marseille (Mag, Christian) à Vitrolles (Didier,) à Aix (les Aixois)

 

Questions diverses

 

N’hésitez pas à me contacter pour de plus amples informations !

 
 
DH
 
 
 
Résolution du Conseil National  de PRS  des 12 et 13 mai 2007.
 
 

Ce texte est un premier regard collectif de PRS huit jours après le vote du deuxième tour de l’élection présidentielle. Il participe au travail de préparation de la prochaine Convention Nationale de PRS qui se tiendra les 30 juin et 1er juillet.


I. Admettre
 

La présidentielle est l'élection centrale sous la Cinquième République. Elle domine le calendrier politique et institutionnel. Mais l'importance du scrutin qui vient d'avoir lieu va encore au-delà. Le scrutin présidentiel de 2007 s’inscrivait dans un cycle d’état d’urgence social et politique. Il ouvre une nouvelle période politique.

 

Cette élection se place dans un contexte de confrontation sociale aiguë.

 

C'est la première présidentielle après le coup de tonnerre de 2002 qui avait vu la qualification de l'extrême-droite pour le second tour aux dépens de la gauche. Elle clôt cinq années de pouvoir de droite marquées par des confrontations sur le terrain social et électoral qui ont pris des formes et une ampleur largement inédites, constituant souvent de véritables phénomènes d’insurrection citoyenne fondés sur l’implication populaire.

 

Cette élection débouche sur une nouvelle donne politique.

 

C'est la première fois depuis trente ans qu'un pouvoir sortant a été renouvelé par les urnes. C'est la première fois depuis trente ans qu'un candidat de droite obtient un score aussi élevé au premier tour, avec près d'un suffrage sur trois. C’est la première fois depuis plus de trente ans que la droite en France assume son identité libérale-sécuritaire et la propose sans fard au pays comme issue à la crise sociale qui le ronge et à la crise de sa représentation politique collective.

 

Rien d'utile ne peut être entrepris à gauche qui ne parte d'une analyse lucide de la défaite et de ses causes. Avant de se relever, il faut admettre que l'on est à terre. Avant de se remettre en marche, il faut comprendre ce qui vous a fait chuter. L'analyse des résultats n’est pas tournée vers le passé : elle dessine les lignes d'action pour l'avenir.



II. Comprendre
 

A.     La France en 2007 : un pays exaspéré, une attente politique immense

 

Quel est l'état de la France au moment où débute la campagne présidentielle ? Certains estiment que le pays était alors en train de glisser à droite – l’issue de l’élection était dès lors écrite-, d'autres que le balancier faisait au contraire mouvement vers la gauche – l’élection était dès lors imperdable. Aucune de ces approches n'est réellement convaincante. Car la thèse du glissement à droite ne rend pas compte des mouvements de la période passée (victoire historique de la gauche aux élections de 2004, référendum de 2005, mouvements sociaux de 2003 et 2006) tandis que celle de la poussée à gauche n’explique pas le résultat du vote de 2007 (le candidat de droite obtient tout de même deux millions de voix d’avance !).

 

Il serait plus juste de dire que la France de 2007 est en plein état d'urgence politique. Ce qui caractérise le mieux notre peuple est son exaspération. Les principes censés produire le consentement à l'autorité ne sont soient plus perçus, soient plus admis. Cette crise de légitimité se constate dans toutes les catégories sociales, des émeutes urbaines dans les quartiers à l'incivisme fiscal revendiqué comme un comportement légitime par les plus riches. Ce qui nous avait d’ailleurs frappé au début de la campagne, ce n'était ni une dynamique à gauche ni un glissement à droite. C'était l'existence d'une grande masse de désemparés ne sachant pas de quel côté se tourner. Cela nous avait conduit à dire que la campagne présidentielle de la gauche ne devait pas chercher à agglomérer des cheptels électoraux largement fictifs mais devait viser un travail d'éducation populaire en direction du plus grand nombre.

 

Le déroulement de la campagne a confirmé la force des attentes accumulées. Déjà la fin d’année 2006 avait connu un très grand nombre de nouvelles inscriptions sur les listes électorales. Par rapport à 2002, on dénombre 3,5 millions d’inscrits supplémentaires ! Tous les candidats, à l'exception de Le Pen, ont vu une affluence historique à leurs réunions publiques. L'intérêt pour le débat ne s'est jamais démenti. L'urgence sociale a continué de travailler le pays : des mobilisations sociales se sont produites dans le cours même de la campagne, notamment dans le secteur privé, comme à PSA Aulnay. Le jour venu du premier tour, la participation a atteint un niveau exceptionnel. Par rapport à 2002, 8,2 millions de votes supplémentaires ont été exprimés. Un continent civique oublié a refait surface. La loi d’airain selon laquelle la participation électorale enregistre une baisse à chaque nouvelle présidentielle (84,2% au premier tour de 1974, 81,1% en 1981, 81,4% en 1988, 78,4% en 1995, 71,6% en 2002) a été pulvérisée. En se hissant d’un coup à 85%, le niveau de participation est revenu à celui de la première élection présidentielle de la Cinquième République, en 1965. Il y avait donc une attente politique considérable. Force est de constater que la droite a su y répondre tandis que la gauche n’est pas parvenue à l'orienter. Il faut s’efforcer de comprendre pourquoi.

 

B.    Comment la droite a gagné

 

Une chose est sûre : Nicolas Sarkozy n'a pas gagné en écoutant les rengaines à la mode qui proclament la fin des idéologies et des organisations collectives. Pour emporter l'élection présidentielle, il a reconstruit un projet idéologique assumé et un parti de combat pour le porter.

 

1°) Les droites idéologiquement réunifiées

 

Sarkozy s’est vanté d’être le premier homme de droite à avoir lu Gramsci. En réalité, Le Pen l’avait fait avant lui, L’un comme l’autre se sont abreuvés à une source commune : les travaux de la Nouvelle Droite du début des années 80, qui annonçait déjà que pour préparer un « mai 81 de droite », il fallait ramener le débat politique sur les thèmes « des trois i » : insécurité, immigration, identité. Tout au long de la campagne, on a vu Sarkozy travailler à reconstruire une hégémonie culturelle, dont les thèses libérales importées des pays anglo-saxons n’avaient jamais bénéficié durablement dans notre pays. Sarkozy était sans doute aussi conscient que Chirac des difficultés du discours néolibéral à entraîner la société. Mais à l'inverse de celui-ci, il n'a pas cherché à l'emporter en gommant le projet de la droite. Il a au contraire incarné une droite clairement assumée et extrêmement idéologisée, allant jusqu’à ressusciter des débats théoriques et philosophiques sur la place respective de l’inné et de l’acquis. Sa stratégie a été de réaliser une synthèse politique réunifiant idéologiquement les droites (ce qui lui a permis de réduire fortement le vote FN au premier tour) et de s'appuyer sur cette force pour gagner le plus grand nombre de nos concitoyens à son projet.

 

Quels ont été les ressorts de cette victoire idéologique ? La force de Sarkozy a été de renoncer en apparence à vanter la société telle qu’elle est, comme bien des conservateurs avant lui. Il a choisi à l’inverse de reconnaître la crise et d’en rendre les plus pauvres responsables, au terme d'une vision du monde extrêmement construite et construite sur deux piliers idéologiques. Il a en effet travaillé à concilier idéologie libérale et discours sécuritaire, comme Bush avant lui aux Etats-Unis ou Berlusconi en Italie, avec les succès électoraux que l’on sait. L’idéologie libérale rend d’abord les pauvres responsables de leur sort (avec au bout l’idée que les inégalités sociales ne font qu’exprimer les différences génétiques). La pensée sécuritaire les rend en plus responsables des difficultés des autres. On peut dire que dans cette vision du monde, les mauvais éléments n'ont que ce qu'ils méritent mais que les bons, alourdis par les liens de solidarité sociale, n’ont pas en revanche ce qu’ils méritent.

 

En imposant cette représentation des difficultés de la société, Sarkozy a réussi à susciter en faveur de la droite un vote « petit-bourgeois » et « petit-blanc » qui se sont avérés décisifs. Convaincus d’être du même côté que les très riches, des pauvres et des pas bien riches se sont mis à voter à droite. L’analyse des votes bureau par bureau est éclairante. Les quartiers populaires d’habitat collectif, cités et grands ensembles, ont largement voté à gauche. Mais les quartiers populaires composés de pavillons ont donné des succès inattendus à la droite. C’est une frontière purement culturelle quand on sait que le statut social est souvent identique d’un côté ou de l’autre de la rue. Mais c’est une barrière extrêmement solide. Le mépris du peuple populaire déversé chaque jour par les médias a produit ses effets dévastateurs aux deux bouts de l’électorat de gauche. D’un côté des bobos ont jugé plus moderne de ne pas voter avec le bas peuple, apportant leur voix au « novateur » Bayrou, qui triple son score de 2002 exclusivement aux dépens de la gauche . De l’autre une fraction de l’électorat populaire a choisi de voter Sarkozy, se rangeant derrière ses maîtres contre les assistés, les étrangers et tous « ceux qui ne paient pas leur billet de train ».

 

La droite a bénéficié dans cette bataille culturelle des moyens considérables de l’idéologie dominante, qui incite le peuple à copier dans la mesure de ses moyens (au moins le bulletin de vote, c’est gratuit) les peoples en papier glacé, acclimatant chacun à trouver l’inégalité sociale extrêmement « fashion ». Sarkozy ne s’y est pas trompé et ce n’est pas un hasard si ses premiers pas de futur président s’apparentent à un reportage dans Voici : dîner au Fouquet’s avec Johnny puis yacht privé à Malte avec la famille recomposée.

 

2°) Un parti comme instrument

 

Mais Sarkozy a aussi construit sa victoire grâce à un parti dédié à cette cause. Là encore fidèle aux enseignements de Gramsci, il a accordé la plus haute importance au rôle des partis politiques pour construire une adhésion majoritaire à son projet. On se souvient qu'il a même préféré quitter le gouvernement plutôt que de renoncer à briguer la présidence de l'UMP. Arrivé à la tête du principal parti de la droite, il l'a transformé de fond en comble. Dix-huit conventions thématiques se sont succédées pour refonder sa doctrine, élaborant ce qui allait devenir les thèmes principaux de sa campagne. Un travail systématique de renouvellement et de formation des cadres a été mené (ce qui lui a ensuite permis de mettre en place une équipe de porte parole de campagne à la fois nouveaux et formés). Un renforcement militant de l'UMP a été entrepris, avec un soin minutieux apporté à la formation et à la mise en situation militante des nouveaux adhérents. Les formes d’organisation du parti ont été repensées : pendant la campagne, Nicolas Sarkozy a mis en place un réseau national « d’équipes de supporters » comprenant 5 à 10 membres, maillage de militants personnellement actifs sur tout le pays.

 

Dans son discours à Paris à la Halle Carpentier, le 6 février 2007, Ségolène Royal déclarait : « En politique comme dans la vie, il n'y a guère de hasard et jamais de miracle : la chance se construit, la victoire va à ceux qui l'ont voulue avec le plus de force et le plus de détermination. » Faute d’instrument de mesure capable de pénétrer leur cerveau, il est impossible de dire lequel des deux candidats a le plus « voulu » la victoire. Mais on peut hélas mesurer le contraste entre ce que Nicolas Sarkozy a déjà construit lorsque la campagne commence et le dispositif politique qui est au même moment celui de la gauche.

 

C.    Comment la gauche a perdu ?

 

Le paradoxe est frappant. En 2002, la droite remporte l'élection présidentielle. Mais les conditions extrêmement fragiles de sa victoire conduisent ses principaux dirigeants à des remises en cause fondamentales. L'UMP est créée à la demande de Chirac et le RPR disparaît. Nicolas Sarkozy commence sans tarder à construire une stratégie de « rupture » pour 2007. A l’inverse, la gauche, pourtant battue dès le premier tour, se refuse aux remises en cause. Elle confirme doctrines et dirigeants. Et commet l'erreur de croire, comme Strauss-Kahn à l'époque, que la défaite de 2002 n'est rien de plus que l’effet du « balancier de l'alternance », ce qui la conduit à penser qu’il lui suffit d’attendre une victoire mécanique en 2007.

 

1°) Le discours de gauche inaudible

 

La direction du parti socialiste et les responsables de la campagne de Ségolène Royal ont misé sur un rejet mécanique de la droite. La désignation interne acquise, l'essentiel de leur stratégie a été de faire apparaître la candidate socialiste comme le seul « vote utile » pour battre la droite. Ce discours a été efficace pour réduire brutalement l'espace politique de ses concurrents à l’investiture socialiste puis l’espace électoral de l'autre gauche, ramenée à un niveau historiquement bas. Mais il n'a pas permis d'entraîner la société. Car le ressort de la diabolisation de l'adversaire sur lequel il a fonctionné s'est avéré tout à fait limité.

 

Dans l'éditorial de A Gauche du 4 octobre 2006, nous faisions déjà remarquer que « Tout miser sur le rejet de l’adversaire est une stratégie totalement hasardeuse. Car le « tout sauf Sarkozy » contient une limite radicale. Pour qu’il fonctionne, il faut que Sarkozy soit le candidat unique de la droite classique. » Ainsi, François Bayrou a été largement bénéficiaire de cette stratégie de diabolisation de l’adversaire. Il s’en est même fallu de peu qu’il ne capte à son profit l’argument du vote utile et l’on peut penser que sans les réactions de quelques dirigeants socialistes dénonçant son programme et sa stratégie, il aurait pu passer devant la candidate socialiste dans les sondages.

 

Mais plus essentiellement, le « Tout sauf Sarkozy » n'a pas suppléé l'absence de travail politique pour développer et populariser des réponses de gauche à la crise du pays. On pourrait faire la liste des thèmes mis en débat et portés à large échelle par la droite qui sont restées de fait sans réponse. Qu'a-t-il été répondu à ceux qui disent que tout irait mieux si chacun était propriétaire ? A l'idée qu'il faut alléger l'imposition des successions pour permettre à chacun de transmettre un patrimoine à ses descendants ? A l'idée que la fiscalité française, en faisant partir les riches, augmente le nombre de pauvres ?

 

Face à la thèse sarkozienne rendant les plus pauvres responsables de la crise du pays, il aurait fallu une orientation reconnaissant de la même manière l’urgence sociale et politique, mais désignant clairement les véritables responsables et « profiteurs » du système. La gauche n’a pas su pointer la responsabilité des puissants, l'enrichissement scandaleux de quelques-uns, dévoiler le scandale d’une répartition toujours plus injuste des richesses. Ségolène Royal avait pourtant compris qu’il lui fallait porter une grille d’analyse globale de la crise pour se faire entendre. Mais nombre de ses prises de position ont apporté de l'eau au moulin de ceux qui disent que la France est malade d'un manque d'autorité plutôt que d'un manque d'égalité.

 

La gauche a manqué d’un projet cohérent, constant et combatif face à celui de la droite. Elle s'est donc avérée globalement moins convaincante. Le très discutable thème de « l’ordre juste » n’a pu servir d’alternative globale au projet libéral-sécuritaire. Sans horizon traçant fermement une alternative gouvernementale au capitalisme de notre temps, aucun programme présidentiel ou législatif de gauche n’est réellement intelligible.

 

2°) L'échec des partis de gauche

 

Autant Sarkozy a bénéficié de l'existence d'un parti en ordre de bataille, autant les partis de gauche se sont montrés incapables d'entraîner la société. Jamais dans une campagne électorale la crise des organisations de gauche n’a été aussi patente. Elle touche chacune d’elles sans exception. La crise du Parti socialiste s'est notamment manifestée par la manière dont sa candidate a été désignée, à partir d'une association extérieure, et sur les bases d'une contestation des identifiants fondamentaux du PS. Le Parti communiste a vu une partie de ses dirigeants soutenir un candidat concurrent à la secrétaire nationale du parti. L'explosion de l'autre gauche n'a pas permis l'émergence d'une nouvelle construction politique. Ce paysage a réduit dramatiquement la capacité de la gauche à entraîner la société. Au final, la gauche totalise une proportion historiquement faible des suffrages, 36%.

 

Fragilisée dans ses organisations, la gauche ne disposait pas non plus d’un programme commun minimal autour duquel tirer dans le même sens. C’est une différence essentielle avec la droite, dont les trois candidats principaux Sarkozy, Bayrou et Le Pen, bien qu’opposés sur le terrain électoral, ont défendu des idées communes avec parfois les mêmes mots, comme le « travailler plus pour gagner plus » ou encore la réduction des impôts.

 

Le manque d'outils politiques à gauche pour entraîner la société a été d'autant plus dramatique que de nombreux citoyens se sont engagés dans cette campagne pour faire gagner la gauche. On a ainsi assisté à une radicalisation du « peuple de gauche », particulièrement visible dans les derniers jours de la campagne. Mais si rien ne se fait sans l'énergie des individus, celle-ci peut s'avérer impuissante faute d’instruments politiques pour entraîner le plus grand nombre : grille d'analyse, mots d'ordre, stratégie et force constituée pour le porter. La candidate socialiste, réduite en fin de campagne à inviter chacun des participants du meeting de Charléty à être un « messager mystérieux de l’espérance » et à proposer aux Français de se rassembler autour d’un amour partagé, a cruellement souffert de cette absence que la mythologie gaullienne du rapport direct entre le candidat et le peuple ne permet pas de suppléer, en tout cas à gauche.

 

De même, l'échec de l'autre gauche renvoie principalement à l'incapacité de celle-ci à construire une force politique nouvelle lui permettant de dépasser sa division en groupes concurrents. Jean-Luc Mélenchon ne se trompait lors de son intervention au meeting antilibéral de Montpellier, le 17 novembre 2006, au lendemain de la désignation de Ségolène Royal, lorsqu'il déclarait : « En conscience, je crois qu'il est de mon devoir de dire de la même manière que je souhaite l'unité de toute la gauche pour battre la droite, que je la souhaite de toutes mes forces (parce que je ne sais pas comment on peut sans cela battre la droite), je dis avec la même clarté, tout socialiste que je suis: je souhaite de toutes mes forces le succès de la démarche que vous avez entreprise . Je souhaite le rassemblement de la gauche représentée ici. Je souhaite qu'il aboutisse à une candidature commune car il est absolument inenvisageable, irresponsable de croire qu'un seul parti pourrait avoir à lui tout seul, la majorité! Et j'ajoute que si vous vous laissez transformer en poussières additionnées, vous aurez dans les conditions mêmes avec lesquelles vous serez entrés dans le débat réglés la sortie par laquelle vous passerez ensuite. »

 
                                        III. Réinventer
 

Les semaines qui viennent seront marquées par les élections législatives. Le moment n'est donc pas très favorable à mener à son terme les inévitables controverses que la discussion sur la campagne et son résultat appelle. Mais l’heure est encore moins à poursuivre ce qui a échoué. Dans l'immédiat, elle est à redresser le cap. A très court terme, c'est la réinvention de la gauche qui est à l'ordre du jour.

 

La droite ne nous laisse en effet aucun répit, aucun échappatoire. Des confrontations fondamentales s’annoncent dès les prochains mois. La droite va rapidement chercher à transformer sa victoire politique en victoire sociale. Or, l’indispensable et décisive résistance sociale aura besoin d’un point d’appui politique cohérent et efficace. Elle va aussi chercher à accroître son hégémonie politique en achevant de réduire et de désorganiser politiquement le dispositif de la gauche.

 

A.     Dissiper l'illusion sociale-démocrate

 

Depuis 1978 avec Michel Rocard, dès 20 heures, les soirées de défaites électorales voient surgir de l'horloge socialiste un coucou familier. Il chante la chanson désormais traditionnelle de l'appel à la rénovation et à la conversion sociale-démocrate de la gauche. Hier surprenante, l'antienne est aussi obsolète que son objet après trente ans d'usage. On pouvait y réfléchir au siècle dernier. Mais en 2007, comment le navrant naufrage de la social-démocratie européenne, suivant de près celui du communisme d'Etat, pourrait-il encore servir de modèle? Au Royaume-Uni ou en Allemagne, seule ou en alliance avec la droite elle démantèle l'Etat social qu'elle avait construit. En Espagne ou en Italie, tranquillement ou dans les combinaisons, les réformes sociétales remplacent les conquêtes sociales. Sans même parler du bilan effrayant de la social-démocratie latino américaine qui ruine des pays, pille la caisse et fait tirer sur la foule.

 

La social-démocratie qu'idéalisent d'aucuns, faute d'imagination, n’est pas un avenir souhaitable. Nous ne pouvons échapper au devoir de remiser au rayon des archives toutes les formules dorénavant épuisées. La modernité n'est pas un prêt à porter mais une création à accomplir. Cette réinvention de la gauche a lieu en ce moment même en Amérique latine, au Brésil, Vénézuéla, Bolivie, Equateur, Argentine parmi d'autres pays. Evidemment, aucune ne nous fournit de modèle transposable. Mais l'énergie, l'audace et la persévérance qui les ont rendues possibles doivent impérativement nous servir de référence.

 

B. Une gauche décomplexée

 

Face à une droite décomplexée, une gauche tout aussi décomplexée doit enfin s'affirmer pour construire une nouvelle conscience citoyenne. Assez rasé les murs pour parler du partage de la richesse, pour assumer le rôle de l'Etat stratège dans l'économie, maître du temps long, gardien de l'intérêt général, acteur de première ligne face à l'urgence sociale. Assez de litote pour rejeter la monarchie patronale, affronter la tyrannie de la dictature de l'actionnariat sur l'économie productive. Tout tourne autour d'une question: quelle attitude avoir face à la mondialisation libérale, ce nouvel âge du capitalisme? L'adopter : c'est la droite. L'accompagner : c'est l'illusion sociale-démocrate. Faire bifurquer le système au profit de priorités sociales et écologiques : c'est notre devoir d'invention. Comment faire? Avec qui? Dans quelle forme d'institution républicaine en France et en Europe ? Qui oserait dire que la gauche ne possède aucune réponse après tant d'années de colloques, de luttes, de forums sociaux et d'expériences sous toutes les latitudes ? Le Manifeste de PRS s’efforce de tracer une orientation globale. Nous proposons, à la suite de Jean Jaurès, le projet d’une République Sociale comme horizon du combat pour la transformation civique et sociale de la société. Mais il reste une clé indispensable à réunir si l’on veut que la reformulation d’un projet global commence pour de bon et que débutent les travaux pratiques de la réinvention de la gauche.

 

C. La nécessité d'une force nouvelle

 

Ce qui manque c'est le lieu politique de la mise en mots partagée et en programme. Un tel lieu est la condition pour que se fabrique la nécessaire synthèse des gauches permettant sa réinvention. Un tel lieu est aussi indispensable pour que les idées de gauche deviennent une force matérielle : celle des millions de consciences qui la prendront en charge. La rénovation de la gauche aujourd'hui revendiquée par tous ne peut se mener dans le huis-clos des organisations existantes. Elle appelle le dépassement des partis qui constituent aujourd’hui la gauche.

 

Ce débat est d'ores et déjà ouvert. Certains au sein du PS évoquent la remise à plat des fondamentaux du Parti créé à Epinay en 1971, et qui tenaient dans le tryptique orientation de rupture avec le capitalisme, programme commun avec les communistes et création d'un parti pluraliste ouvert à toute la gauche et à elle seule. Ils proposent ainsi d'en finir avec la spécificité du PS français dans la sociale-démocrate européenne.

 

Faut-il au contraire tirer les leçons de l’impasse sociale-démocrate et chercher à dépasser le clivage né du Congrès de Tours en construisant un nouveau parti ouvert à toute la gauche ? L’expression de telles alternatives ouvre une discussion fondamentale dans le Parti socialiste. Ses issues possibles changeraient profondément la nature du PS et, partant de là, le paysage de toute la gauche. L’autre gauche aussi est au défi. Comme pour la candidature à la présidentielle va-t-elle maintenir sa fragmentation si désespérante et si nuisible à la gauche toute entière ? Alors il faudra admettre que l'avenir de la gauche est dans le parti unique que préfigure le Parti socialiste. Au contraire saura-t-elle proposer un dépassement de ses structures ouvrant ainsi un autre choix à gauche ? Celui d’une alternative prête à la conquête des pouvoirs plutôt qu'à l'adjuration, à des alliances plutôt qu’à l'ostracisation de ses voisins et cousins de gauche?

 

Partout en Europe, de nouvelles forces se lèvent à gauche, qui cherchent à construire une autre voie que la ligne d'accompagnement de la mondialisation libérale, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas... Ces questions seront sans doute présentes dans les débats du congrès anticipé convoqué par le Parti Communiste Français dont l’ordre du jour sera défini au lendemain des élections législatives. De leur côté, plusieurs sensibilités de l’autre gauche impliquées dans la démarche des collectifs unitaires antilibéraux se posent aussi la question d’une nouvelle construction politique.

 
                                            IV. Agir
 

Pour PRS aussi, une nouvelle période politique commence.

 

Nous avons fondé l’association il y a trois ans autour de trois directions de travail : l’élaboration d’un projet alternatif à la mondialisation libérale capable de redonner un horizon global aux luttes pour l’émancipation, l’éducation populaire et une activité de trait d’union entre les différentes composantes de la gauche.

 

Le résultat de la présidentielle confirme que ces trois piliers sont bien les principaux défis que la gauche doit relever. Elle ne peut faire l’économie d’aucun d’eux. Sans projet capable d’entraîner l’adhésion du plus grand nombre, sans stratégie unitaire pour le porter, sans activité militante consciente et organisée pour le faire partager, il est vain de croire que la gauche pourrait résister efficacement aux projets de Nicolas Sarkozy, ni qu’elle serait en mesure de reconquérir durablement une majorité dans le pays.

 

Les militants de PRS contribueront à ce travail nécessaire partout où ils sont engagés. Leur objectif ne sera pas de mettre au pied du mur tel ou tel, mais d’être utiles à la gauche dans la discussion fraternelle et l’action concrète.

 

Nous affirmons donc notre volonté de continuer à œuvrer dans ce sens. Comment agir dans les conditions difficiles du pouvoir de droite qui s’annonce ? Cette ambition sera l’enjeu de notre Convention nationale des 30 juin et 1er juillet à Artigues-près-Bordeaux. Nous invitons dès à présent tous ceux qui le souhaitent à rejoindre PRS pour prendre leur part dans la préparation de ces journées et agir utilement pour dépasser la défaite.

 
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Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
15 mai 2007 2 15 /05 /mai /2007 07:12

A l’heure ou le PS est tenté par la « droitisation de ses valeurs », la déclaration de Maire Noëlle LIENEMANN au conseil national du PS 12 mai 2007 tranche un peu. Son analyse me parti plus pertinente, et en tout cas, elle me convient parfaitement !
 
 
 
Le PS a déserté le monde de l’entreprise, ce qui entraine une coupure avec les salariés, et les réalités du monde du travail du secteur privé notamment. Un vrai travail est à faire, ainsi qu’une véritable reconquête des électeurs qui faute d’offre concrètes se sont laisser tenter par Nicolas SARKOZY.
 
 
 
A suivre,
 
 
 
DH
 
 
 
 
 
L’ intervention de Marie - Noëlle LIENEMANN au Conseil National du Parti Socialiste du 12 mai 2007
 
 
 
 
 

Chers amis, chers camarades, face à une droite dure, nous avons besoin d’une gauche forte. C’est pourquoi l’essentiel aujourd’hui est bien de gagner nos élections législatives et d’en faire un succès. Il y a un temps pour tout, nous aurons le temps des analyses, des bilans, mais l’urgence aujourd’hui est la reconquête. Nous devons partir du socle de l’élection présidentielle, mais il est clair qu’il faut regagner du terrain dans le cœur de cible de la gauche, chez les salariés, chez les employés car nous n’avons pas fait le plein dans cet électorat. Et il suffit de regarder la carte géographique pour voir que les terres ouvrières, que les terres industrielles n’ont pas répondu présentes à l’appel.

 


Alors, il nous faut, dès ces élections législatives, tenter de les reconquérir. Et pour cela, il n’y a pas de miracle. Il va falloir démonter pied à pied toute une série d’illusions, de thématiques que Nicolas Sarkozy a développées pour eux en contradiction flagrante avec bien d’autres de ses points de vue et qui ont su, hélas, parfois les séduire, et en tout cas les égarer.

 


Il y a la question salariale, le « travailler plus pour gagner plus », nous devons y opposer avec fermeté une augmentation générale des bas et moyens salaires car notre stratégie doit être : gagner plus pour travailler tous. D’ailleurs, rappelez-vous le débat, il a bien expliqué que travailler plus était important pour gagner plus car gagner plus allait créer de la croissance. Donc la thématique selon laquelle le pouvoir d’achat des couches populaires porte la croissance est une thématique majoritaire dans ce pays. Et si le doute s’est instillé sur la question du SMIC et des salaires, c’est que nous-mêmes n’avons pas toujours avec clarté défendu cette ligne stratégique.

 


Premièrement, le SMIC est essentiel, mais il devait entraîner l’ensemble des salaires, mais surtout la crédibilité de cette proposition revenait au fait que nous proposions, en tout cas dans le projet socialiste, et je l’espère dans la plate-forme législative, nous proposions une refonte du calcul des cotisations sociales et nous proposions une refonte des aides aux entreprises pour pouvoir permettre aux PME qui ont beaucoup de salariés d’assumer l’évolution des salaires.

 


Et cela nous ramène au cœur de cible politique : la gauche, c’est d’abord un socle sociologique, c’est d’abord les travailleurs, c’est l’alliance des productifs. François Mitterrand l’avait dit le soir de la défaite de 1974, mais nous étions à 49 %, la gauche va gagner parce qu’elle unit les forces de la jeunesse, de la création et du travail. C’est ce socle politique-là, sociologique-là, qui est aujourd’hui encore le garant de la victoire et de l’identité de la gauche.

 


Le deuxième grand sujet, c’est l’Europe. Quand vous pensez que Sarkozy est capable de nous vendre à la fois un mini-traité qui va faire plaisir à tous les libéraux et en même temps la préférence communautaire, et que nous, alors qu’une large part de notre électorat a voté non au référendum, nous sommes balbutiants sur la capacité d’imposer un nouveau rapport de forces dans l’Europe pour réorienter sa construction dans un sens moins libéral, plus protecteur et qu’il faut défendre avec force l’idée de l’Europe sociale, si nous sommes timorés sur ce sujet, chers amis, chers camarades, nous ne récupérerons pas ce cœur de cible de la gauche.

 


Le troisième grand thème, ce sont les services publics, nous n’en avons pas assez parlé dans cette campagne parce que c’est ce qui fédère la France des villes et des campagnes, c’est ce qui fédère le périurbain avec la France agricole. Et, dans ces territoires, nous n’avons pas là non plus fait le plein des voix. Quand on a revendiqué EDF 100 % publique, nous ne l’avons pas assez dit, c’est à la fois reprendre la main sur des plans stratégiques pour notre économie et pour notre industrie, et c’est en même temps développer les services publics. Nous avons des sujets d’actualité, la libéralisation de La Poste vient d’être acceptée par le gouvernement français, le Livret A va être démantelé et menace les services publics. Et même le bel enjeu écologique, il est porteur de la nécessité du service public. Qui peut imaginer qu’on va dépolluer nos eaux, nos océans, sans créer enfin un vrai service public de l’eau dans ce pays ?

 


Alors, si je m’enflamme un peu, c’est que j’ai l’intime conviction que se jouent autour de ces sujets-là, non seulement notre victoire électorale, mais cette question essentielle de l’identité nationale.

 


Oui, il y a un problème d’identité nationale, oui, c’est un challenge politique entre la gauche et la droite de savoir qui va porter l’identité nationale. Cela a toujours été un débat.

 


Celui qui a gagné dans ce pays, qu’il soit de gauche et de droite, est celui qui a préempté le camp républicain, qui a donné le sentiment à juste ou à mauvais titre de défendre l’idéal républicain. Et Sarkozy, dans la filiation de la droite, a mis le paquet sur l’ordre républicain, sur les droits civiques et civils, notamment de la propriété, pendant que la gauche qui a toujours historiquement été portée par Jaurès, avait comme contrepoids la République sociale, celle des droits universels, celle de la redistribution, celle de la mutualisation des risques. C’est cette vision là que nous devons porter car c’est celle-là qui nous fera reconquérir du terrain sur Nicolas Sarkozy. Elle a un nom, elle s’appelle la République de Jean Jaurès. Cet héritage qu’il veut nous capter en citant Blum et Jaurès. Et moi, je vous le dis, ce n’est pas en allant chercher dans la social-démocratie en crise de l’Europe du Nord où je ne sais où ailleurs un modèle pour l’avenir de notre pays. Ce modèle, nous l’avons en germe, nous devons le dépasser, nous devons l’actualiser, nous devons lui donner de la force, c’est le socialisme républicain de Jaurès et qu’on ne nous fasse pas l’idée de ces alliances au centre qui visent à nous faire perdre notre âme. Nous ne tirerons à nous une grande majorité de ce peuple que si nous sommes forts. Et, pour être forts, il faut des repères clairs, il faut des valeurs assises, assises dans l’histoire, ouvertes sur la modernité. Ces valeurs claires, nous les avons, il nous suffit d’être les dignes héritiers de Jaurès : ouverts à tous, mais aucune alliance organisée avec un centre que nous sommes en train de créer car nous légitimons que nous sommes insuffisants, que nous ne sommes pas modernes, que nous n’avons pas assez évolué, on leur laisse le champ de la modernité pour nous justifier ensuite des alliances qui nous feront perdre notre âme, perdre aussi sur notre gauche, je pense que la force du Parti socialiste est suffisante pour redresser la barre autour de cette belle thématique, la République sociale.

 



Il est entendu que nous n’engageons pas, dans le Conseil national d’aujourd’hui, une analyse approfondie de la défaite mais, puisque les camarades qui m’ont précédé ont un peu effleuré le sujet, je voudrais à mon tour livrer très rapidement deux réflexions.

 


Premièrement, je crois que nous avions raison, début 2005, quand dans un texte que tout le monde a oublié depuis nous avions ensemble posé le diagnostic de la fragmentation des couches populaires et moyennes. Car, ce que cette élection a confirmé, me semble-t-il, c’est que, s’il existe dans les faits le clivage entre le capital et le travail, il ne structure plus dans les têtes le comportement politique des français.

 


Ce qui prend désormais le pas, et cela a été dit ce matin, au sein même des couches populaires et des couches moyennes, c’est un antagonisme entre les inclus et les exclus, c’est l’antagonisme que la droite désigne de façon dangereuse comme étant l’antagonisme entre les salariés et les assistés ; et cet antagonisme, nous le voyons bien, est d’autant plus puissant qu’il se superpose désormais, ne nous voilons pas la face, à une lecture ethnique et raciale des clivages sociaux.

 


Ce que cette élection a confirmé, c’est que la droite, en France comme partout, dès lors qu’elle bascule du libéralisme vers le populisme, dès lors qu’elle est conduite par un leader habile, capable d’épouser et de manipuler ces antagonismes, le peuple peut constituer autour d’elle un bloc sociologique majoritaire allant des couches populaires les plus intégrées jusqu’à la bourgeoisie aisée. Et ce que cette élection confirmer par conséquent aussi, c’est que la gauche contemporaine, en France comme ailleurs, ne peut faire face structurellement à ce défi que si elle est elle-même capable de produire une offre politique très forte qui fédère les couches populaires et les couches moyennes autour d’un certain nombre d’orientations économiques, sociales, fiscales, fortes et lisibles. C’est ce qui nous a manqué, à l’évidence, et c’est là qu’il faudra reprendre le travail idéologique et programmatique dans les années qui viennent.

 


Deuxième réflexion, je vais très vite : je crois que nous allons devoir rediscuter très sérieusement de l’analyse que nous faisons de la nature de la crise démocratique française. Tous autant que nous sommes, et à des degrés divers, nous avons eu un peu tendance au cours des dernières années à mettre surtout l’accent sur les problèmes de rénovation institutionnelle, sur les problèmes de dialogue social, sur les problèmes de démocratie participative. Or, nous avons été battus dans cette élection par un adversaire qui, lui, a fait le pari délibéré de l’offre politique ; une offre politique certes contradictoire, certes démagogique, certes simpliste, mais qui s’est présentée formellement comme un ensemble de solutions opératoires aux problèmes des Français. Et, personnellement, cette élection m’a confortée dans la conviction que la crise française est avant tout une crise de l’offre politique et que nous devrons travailler pour montrer que nous avons nous aussi, la gauche, des réponses opératoires aux grandes questions de la période.

 


Voilà, c’est de tout cela, je crois, que nous aurons à débattre demain, comme nous aurons bien sûr à débattre, cela a été dit, des conditions idéologiques et politiques qui font que ces questions que nous nous posions déjà en 2002, nous n’aurons pas à nous les reposer en 2012.

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Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
14 mai 2007 1 14 /05 /mai /2007 07:03

Drôle d’attitude,
 
 
 

 

Ségolène ROYAL a tout fait depuis des mois pour contourner le PS. Cela a commencé avec sa désignation par les sondages, qui la donnait victorieuse à 53 % et plus contre SARKOZY ? Cela a continué pendant la campagne électorale avec 2 QG de campagne, et des prises de positions contradictoires avec le projet socialiste. Nous savons aujourd’hui pourquoi grâce au livre de Raphaëlle BACQUE et Ariane CHEMIN.

 
 

 

C’est d’ailleurs pourquoi il est étonnant (quoique ?) que Ségolène Royal soit sortie du Conseil National du PS après son intervention et celle de François Hollande. Elle n’est pas restée entendre les autres, tous les autres intervenants. Pour quelqu’un qui veut « prendre le PS », cela est contradictoire et dénote un manque de respect du parti. C’est aussi une continuation de ces derniers mois.

 

 
 

Elle a préféré intervenir devant les journalistes pour expliquer sa défaite par le manque de discipline et de soutien des socialistes (?), et qu’il fallait accélérer le processus de désignation pour 2012 (sans analyser les causes de la défaite ?). Elle venait de dire quelques instants auparavant qu’il ne fallait pas faire le bilan des présidentielles et se concentrer sur le législatives ! Encore une contradiction, et c’est surement un nouveau « plan communication » pour forcer les évènements ?

 

 

Par ailleurs, elle annonce que l'Associaiton Désirs d'Avenir continue tout en invitant les internautes à adhérer au PS (en vue de la prochaine désignation de la candidate pour 2012 ?)

 
 

 

Ce genre d’attitude est – il un atout pour les candidats PS aux législatives et une aide véritable pour un succès collectif ? J’en doute…

 

 

 
 
A suivre, DH
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Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste