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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
26 septembre 2007 3 26 /09 /septembre /2007 07:30


Pourquoi l'opposition a disparu ? Pourquoi le PS est atone ? Autant de bonnes questions qu'il faut se poser. En fait la gauche et principalement est pleine crise et en recherche de repères. C'est aussi l'occasion d'uine clarification des lignes politiques.

A suivre avec intéret !

DH

Pourquoi l’opposition a disparu ? Par François Delapierre - PRS
 
 
 
 
 

 De toutes parts, l’affaire semble entendue. Les premiers pas de Sarkozy sont d’autant plus assurés que la principale formation de gauche, le parti socialiste, est incapable de s’opposer. Ce qui l’est moins, ce sont les causes d’une telle carence. Sont pointés le « sabir » abscons du PS, ses statuts laxistes, ses éléphants récalcitrants, l’âge du ou des capitaines, l’absence de travail sur les « vraies questions que se posent les Français »… Mais rien n’est dit du fait qu’un membre du gouvernement sur cinq avait au début de l’année sa carte du PS et déclare agir en conformité avec cet engagement. C’est pourtant un fait sans précédent sous la cinquième République. Il est connu de tous nos concitoyens. Il faut donc le comprendre.

 
 
 

Que sont-ils allés faire au gouvernement ? S’agissait-il –version policière- d’agents doubles, de traîtres à double face ? Ou encore –version hollando-autoritaire- d’opportunistes qui ont piétiné leurs convictions et leur parti pour satisfaire un intérêt personnel ? Voire, version royalo-charitable de cette même thèse, de brebis égarées qui ont cédé à la tentation mais qui bénéficieront du pardon si elles rentrent au bercail ? La liste considérable des personnalités socialistes impliquées dans l’ouverture, dont beaucoup occupaient des fonctions éminentes auprès de François Hollande, dément la thèse du dérapage individuel. Leur proximité idéologique aussi. Dès lors il faut admettre qu’ils agissent avec conviction. En intégrant le gouvernement mis en place par Nicolas Sarkozy ou en acceptant une mission confiée par ce dernier, ces « personnalités d’ouverture » sont sincèrement convaincues de rester fidèles à leur engagement pour la bonne raison qu’ils estiment ce dernier compatible sur plusieurs points essentiels avec les analyses de la droite.

 
 
 
Faut-il faire ici la généalogie de cette thèse ? La place manque pour décrire une orientation qui plonge ses racines dans la droite du parti démocrate américain, où sont nés dès les années 80 les appels à rompre avec les « clivages du passé ». À l’étranger, elles ont conduit le SPD à gouverner avec la droite. La France n’est pas à l’écart de ces débats et de ces influences. Elle y a même des relais de poids. Le vieux refrain des démocrates a été repris mot pour mot par la candidate socialiste à la présidentielle. « Je n’aime pas les étiquettes. La France souffre de ces logiques d’affrontement. Je suis dans le dépassement des clichés traditionnels ». « J’évite les formules dépassées, comme l’idée que tout ce que fait la gauche est bon et que tout ce que fait la droite est mauvais ». « La privatisation de GDF et la fusion avec Suez ? Ce ne sont pas des mesures de droite ou de gauche. Les enjeux ont changé ». 
 
 
 

Il faut donc admettre que l’incapacité du PS à s’opposer renvoie à un problème d’orientation politique. Pour affronter le gouvernement, il faudrait en effet assumer le clivage droite-gauche, mettre sur la table la question du partage des richesses encore aggravé cet été, s’opposer au recul de l’âge de la retraite, à la casse des 35 heures ou à la libéralisation du gaz, rompre le consensus sécuritaire… Or chacun de ces points entre en contradiction avec l’orientation démocrate défendue plus ou moins ouvertement par le noyau dirigeant du PS.

 
 
 

Rien d’étonnant dès lors à ce que la contestation de Nicolas Sarkozy se limite pour l’essentiel à une critique de son style. La privatisation de GDF ? Un problème de transparence (Hollande). La harangue des ambassadeurs sur le choc entre l’Occident et l’Islam ? Un discours de bonne tenue mais des contradictions avec ses déclarations passées (Moscovici). Nicolas Sarkozy à l’université d’été du MEDEF qui se déclare favorable au « divorce par consentement mutuel en matière de contrat de travail » ? Cela manque de concret (Sapin). Les premiers cent jours de son gouvernement ? Annoncer la réforme, ce n’est pas l’accomplir : attention à l’immobilisme (Royal).

 
 
 

Il y aurait pourtant tant à dire ! Le gouvernement promet que la privatisation va faire baisser les prix du gaz ? Cela fait plusieurs années qu’ils augmentent dans cette seule perspective. Le « divorce par consentement mutuel en matière de contrat de travail » ? C’est le CPE pour tous, une incitation au harcèlement, le droit de répudiation donné aux patrons ! Le premier bilan de Sarkozy ? Une gigantesque opération de transferts de richesses des plus modestes vers les plus riches, du patrimoine public vers les fortunes privées.

 
 
 

Quant à la bataille politique contre le capitalisme de notre époque, elle n’est pas plus à l’ordre du jour chez ceux qui aspirent à l’accompagner. L’été aura été marqué par une crise financière qui révèle l’instabilité congénitale de la finance comme les dangers de l’endettement des ménages encouragé par Bush et défendu par Sarkozy. Les désordres climatiques auront remis en pleine lumière l’incapacité du marché à assurer la simple survie de l’espèce humaine. Les raisons d’être du socialisme étaient alors en pleine lumière. Mais ceci est tellement archaïque…  

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Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
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21 septembre 2007 5 21 /09 /septembre /2007 07:32

 


Non au PS, tout le monde n’est pas d’accord sur tout !

 
 
 
 
 

L’intérêt de la défaite à la Présidentielle, s’il faut en trouver un, c’est que nous allons assister à la clarification de la ligne du PS. Pour être plus exact, il s’agira de la clarification des lignes.

 
 
 

En effet, aujourd’hui, il ne suffit pas de prôner l’unité du parti, mais plutôt de bien écouter les uns et les autres. Car il est de plus en plus évident qu’au sein du PS, tout le monde ne pense pas la même chose et que les avis sont aprfois totalement contraires.

Pour l'illustrer, je prendrai 2 exemples, celui des régimes spéciaux de retraite, et celui du mini-traité européen. Chacun a le droit de partager l’analyse de tel ou tel, là n’est pas le problème. C’est cette ligne de partage qui fera le PS de demain…

 
 
 

A suivre, car je pense qu’il y aura d’autres exemples dans les semaines à venir…

 
 
 
DH
 
 
 
 
 
 
 
1 – Les régimes spéciaux des retraites
 
 
 

10/09/07 : Manuel VALLS pour la suppression des régimes spéciaux

 
 
 

Manuel Valls, député PS de l'Essonne, a approuvé le principe de la réforme. Selon le député-maire d'Evry, "il faudra aligner les régimes spéciaux sur le régime général. C'est une question d'équité et une question financière". Il a toutefois mis deux conditions: "il faut privilégier la négociation, éviter la brutalité et il faut un passage au parlement". Il a aussi demandé que soit intégrée "la question de la pénibilité du travail". Pour autant, le député socialiste a ajouté qu'il ne fallait pas "faire croire aux Français qu'on règlera le problème des retraites uniquement à partir de la réforme des régimes spéciaux". Il a souhaité aussi qu'on "ne pointe pas du doigt les fonctionnaires". Manuel Valls a affirmé que "beaucoup de dirigeants socialistes murmurent" le même avis.

 
 
 

Communiqué de presse de Jean-Luc MELENCHON du lundi 10 septembre.

 
 
 

Après la droitisation constatée dans les discours tenus à l’université d’été de la Rochelle un nouveau seuil est franchi dans cette dérive avec le dossier des régimes spéciaux de retraites. Voici à présent que la modernisation du Parti Socialiste prétend se construire dans le suivisme à l’égard de la droite en pleine offensive contre les acquis sociaux des salariés. Je déplore le caractère unilatéral de l’expression socialiste à propos des régimes spéciaux de retraite qui facilite les mauvais coups du gouvernement de droite et du président de la République.

 
 
 

La nécessité de cette réforme n’est pas démontrée du point de vue de l’équilibre des régimes de retraite, encore moins s’agissant d’équité.

 
 
 

Les bénéficiaires des régimes spéciaux ne représentent en effet que 4,6 % du total des retraités et n’en représenteraient plus que 1,6 % en 2025.

 
 
 

S’agissant d’équité, la priorité serait plutôt d’égaliser les niveaux de cotisations des commerçants, artisans, agriculteurs et professions libérales avec ceux des salariés et de supprimer les régimes spéciaux de retraite exorbitants des PDG.

 
 
 

Gérard Filoche : Manuel Valls dit des choses auxquelles il n’a pas réfléchi et ne connaît rien, ça va contre nos syndicats, ça fait mal à la gauche, ça fait mal aux socialistes, ça fait le jeu de Sarkozy et Fillon.

 
 
 

Allonger la durée de cotisations alors que les Français du “réel” travaillent en moyenne 37 annuités est une pure arnaque : cela revient à leur demander se sauter à la perche sans perche ! Cela revient a leur imposer une retraite misérable et à les pousser, pour ceux qui peuvent, dans les bras des fonds de pension ! Quant aux régimes spéciaux, il ne faut pas les supprimer (ils ne coûtent rien ils ne prennent rien a personne !) il faut les élargir et les adapter à d’autres métiers ou souffrances et spécificités du travail l’exigent : dans le bâtiment, l’agriculture, la restauration, le transport... Dans ces métiers, à partir de 55 ans nombre de travailleurs sont usés et ont une espérance de vie limitée. Apres 55 ans, dans un cas sur 5, les salariés deviennent malades à cause du travail !

 
 
 
2 - Le mini traité européen :
 
 
 

12/09/07 : Pierre Moscovici : « Le traité simplifié n'est pas une mauvaise chose »

 
 
 
Le député du Doubs est clairement favorable du traité simplifié proposé par Nicolas Sarkozy et à l'oubli de la proposition ségoliste.
 
 
 

« Une approbation critique », c'est par cette formule que Pierre Moscovici exprime son souhait de voir son groupe parlementaire ratifier, avec la majorité, le traité simplifié européen. En marge d'une analyse critique de la politique étrangère menée par Nicolas Sarkozy lors de laquelle il a condamné « l'atlantisme » de la diplomatie française, le député du Doubs s'est montré très favorable au projet de traité européen tel que défini en juin. Même s'il «regrette » que certains pays – la Grande-Bretagne et la Pologne – rejettent La Charte des droits fondamentaux, il espère que les socialistes « voteront oui, plutôt que non » et même qu'ils ne s'abstiendront pas sur cette question. Exit, donc, la proposition de Ségolène Royal de soumettre le texte au référendum des Français… Pour Pierre Moscovici, il semble plus important d'accompagner ce traité qui permet « la relance du projet européen » et de ne pas ouvrir le débat, en dépit de l'opacité du texte. Reste à savoir quelle sera la position défendue par les socialistes, le député a bien précisé qu'il parlait « en son nom ».

 
 
 
 
 
Communiqué d’Henri Emmanuelli :  "Mini-traité" : un simulacre inacceptable
 
 
 

Je ne sais pas de quoi se félicite le Président de la république française, sinon d’avoir obtenu de ses partenaires le moyen de s’asseoir sur le vote des citoyennes et des citoyens de son propre pays. Ce mini-traité n’est en effet acceptable ni sur le fond ni sur la forme.  

 
 
 

Sur la forme, substituer au vote légitime des français une ratification parlementaire ne relève pas de l’exploit mais de la falsification. Si, comme il le prétend, ce mini-traité est un exploit, Mr Sarkozy doit le soumettre au suffrage universel. On ne peut se prévaloir de ce dernier à tout bout de champ et commencer sa présidence en le mettant en quarantaine.  

 
 
 

Sur le fond, excepté quelques habiletés qui ne trompent personne, rien ne bouge. L’objectif affiché de la « concurrence non faussée » a été gommé, mais les mécanismes de sa mise en œuvre demeurent dans leur intégrité. Tous les chefs d’état, comme les membres de la Commission, précisent que rien n’est changé : on enlève l’étiquette, mais on conserve la marchandise. 

 
 
 

Le social reste totalement absent, et rien n’avance sur le vote à la majorité qualifiée sur la fiscalité : les paradis fiscaux continueront à bien se porter, et rien ne viendra affecter le mécanisme des délocalisations intra-européennes dont nos salariés de l’industrie font les frais.  

 
 
 

Sur le terrain de la démocratie - l’impasse de l’Europe actuelle qui en explique beaucoup d’autres - on recule. La composition de la commission permettra une situation où les plus grands pays seront absents et le principe démocratique de base qui veut qu’un être humain en vaille un autre, restera lettre morte. La perspective d’une véritable construction politique européenne s’éloigne et la politique monétaire, archaïque et dogmatique, restera ce qu’elle est au détriment de la croissance européenne.  

 
 
 

Sauf à renier un certain nombre des principes fondamentaux qui constituent leur identité, les socialistes ne sauraient prêter leur voix à ce simulacre qui consiste à imposer aux françaises et aux français ce qu’ils ont, en conscience et au terme d’un long débat, clairement rejeté  

 
 
 
 
 
 

NB : Ne pas oublier que la position de MOSCOVICI est contraire à la motion de synthèse du dernier congrès de Nantes, N’hésitez pas à  consulter le  dossier sur le sujet sur ce blog.

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Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
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20 septembre 2007 4 20 /09 /septembre /2007 07:23

 



Ségolène ROYAL n’était pas ma candidate, pour tout un tas de raisons, qu’énumère d’ailleurs très bien Lionel JOSPIN.

 
 
 
Je trouve cependant que la charge de Jospin contre Ségolène ne manque pas de piquant. En effet, j’aurai aimé qu’il mette sa hargne d’aujourd’hui au service du PS hier. Ses tergiversations personnelles pour la Présidentielle, son refus de choisir une alternative à Ségolène lors de la désignation, le classe tout de même aussi dans les responsables de la défaite, sans parler de son abandon le 22 avril 2002 a soir…
 
 
 
DH
 
 
 
 
 
Jospin flingue Royal
 
 
 

Dans un livre que «Libération» s’est procuré avant sa parution, l’ex-Premier ministre charge la candidate socialiste défaite à la présidentielle.

 
 
 

Par PAUL QUINIO : lundi 17 septembre 2007

 

«N’allons pas plus loin.» S’il fallait choisir une phrase pour résumer le livre l’Impasse, que Lionel Jospin s’apprête à publier le 24 septembre chez Flammarion (1) et que Libération s’est procuré, ce serait celle-là. Elle surgit après 88 pages d’une charge ininterrompue, sonne comme une ultime piqûre venimeuse de rappel contre «une personnalité [qui] n’a pas les qualités humaines ni les capacités politiques» nécessaires pour remettre le Parti socialiste en ordre de marche et «espérer gagner la prochaine présidentielle». C’est évidemment de ­Ségolène Royal dont parle l’ex-Premier ministre, dont l’obsession manifeste au fil des lignes est de démonter ce qu’il considère être «un mythe», de dénoncer une candidature-créature des sondages et des médias, une erreur de casting, «une candidate qui était la moins capable de gagner», et, surtout, «une illusion» qui ne doit pas se prolonger.

 
 
 

Car l’objectif de l’Impasse est bien d’essayer de convaincre le PS et ses militants de ne pas récidiver en confiant à l’ex-candidate à la présidentielle les clés de la rue de Solferino lors du prochain congrès du PS, encore moins de lui fournir un deuxième visa de candidate à l’Elysée. Car, selon Jospin, malgré son aplomb et son courage, Royal, «une figure seconde de la vie publique», n’est «pas taillée pour le rôle». «Avoir commis une erreur [en la désignant] ne justifie pas qu’on la réitère», avertit l’ex-candidat, pour qui les raisons profondes de l’échec - c’est le titre d’un chapitre - tiennent à la personnalité de son ancienne ministre, à son style de campagne, à ses choix politiques.

 
 
 

Cible.  Lionel Jospin n’est pas le premier socialiste à attaquer en librairie Ségolène Royal. La rentrée politique chez les socialistes a même été une sorte de compétition pour figurer en tête de gondole des meilleurs pamphlets antiroyalistes. Mais Jospin n’est ni une caricature à la Claude Allègre ( la Défaite en chantant, chez Plon), ni un graphomane post­défaite à la Marie-Noëlle Lienemann ( Au revoir Royal, chez Perrin), pour ne citer que deux ouvrages déjà parus et prenant pour cible l’ex-candidate.

 
 
 

Lionel Jospin a été un premier secrétaire important du PS, un Premier ministre performant pendant cinq ans et deux fois candidat à l’Elysée. Flirtant avec un succès surprise en 1995. Sombrant sept ans plus tard, un certain 21 avril. Autant dire qu’il reste une figure historique du socialisme à la française, avec ses succès, son échec, dont l’avis continue de peser très lourd. «J’ai quelques titres [à m’exprimer] sans détour», écrit-il dans son introduction, en rappelant au ­passage son CV de seul leader socialiste avec François Mitterrand à avoir conduit la gauche à la victoire depuis cinquante ans. Assurant, toujours en introduction, écrire «en homme libre», pas animé par l’ambition, mais juste inquiet pour l’avenir de son parti, Jospin, comme souvent, se drape derrière «le devoir» pour justifier sa décision «de dire franchement» tout le mal qu’il pense de Royal. L’ancien Premier ministre assume d’autant plus la violence de sa charge qu’il estime avoir voulu, en n’écartant que tardivement l’idée de sa propre candidature, tirer la sonnette d’alarme et manifester sa «crainte». En vain.

 
 
 

Critique.  Mais au fait, que lui reproche-t-il au juste ? Passons d’abord sur les précautions d’écriture dont use Jospin pour se défendre de toute misogynie. Il aurait pu s’en passer. D’autant qu’elles fournissent l’occasion de s’interroger sur l’utilisation, façon lapsus, d’un savoureux imparfait : Ségolène Royal, à ses yeux, n’était pas en mesure de l’emporter, «non pas parce qu’elle était une femme, mais parce que j’avais pu me faire une idée assez exacte de ses qualités, notoires, et de ses insuffisances, réelles». Femme, Ségolène l’est toujours, Lionel. Et toujours vivante…

 
 
 
Retenons plutôt la critique sur la mise à distance par Ségolène Royal du PS. C’est, pour Jospin, «une lourde erreur, pour un leader, que de laisser décrier sa propre formation politique», tant les partis, avec leurs défauts, sont indispensables à la vie démocratique. Jospin argumente son propos en dénonçant le statut de victime des éléphants sur lequel a surfé la candidate. Il en veut à Royal d’avoir alimenté un discours anti - élus et anti - élites, «leitmotiv [qui] appartient d’habitude à l’extrême droite ou aux mouvements populistes». Il brocarde les jurys citoyens chers à Ségolène Royal, fait la différence entre sa version «démagogique» de la démocratie participative et la pratique des conseils de quartiers de son ami Bertrand Delanoë  à Paris. Il reproche à l’ex-candidate ses inspirations sur la carte scolaire ou la sécurité, peu en phase avec les valeurs classiques de la gauche, et qui relevaient plus à ses yeux de «l’art de communiquer que de celui de gouverner».

 

 
 
 
Une fois désignée, Ségolène Royal aurait commis l’erreur, «enfermée dans un face-à-face narcissique avec l’opinion», de refuser la confrontation «sur le fond» avec son adversaire principal, Nicolas Sarkozy. Sur l’identité nationale, ses captations d’héritage (Blum, Jaurès…) ou son discours sur la valeur travail. L’aurait-elle voulu qu’elle n’aurait pas pu, tant, pour Lionel Jospin, l’ex-présidente de la région Poitou-Charentes a démontré depuis son entrée dans la vie politique peu d’appétit et de «talent» pour le débat d’idées et la controverse.
 
 
 

L’auteur ressert là encore la comparaison, défavorable, avec François Mitterrand. L’une se serait abîmée dans la médiatisation. L’autre «aimait d’abord, vivement, la politique et ses enjeux». Et, à la veille de l’échéance, estime Jospin, bien malin qui aurait pu connaître le point de vue de la candidate socialiste sur les grands problèmes du pays, moins encore sur ceux du monde. Parmi les exemples surlignés des «improvisations» royalistes : le voyage en Chine et «les propos de touriste» de la candidate sur la justice chinoise.

 
 
 
Au final, c’est à l’absence de crédibilité de la candidate sur le fond que s’en prend l’auteur, à sa volonté d’aller sur le terrain idéologique de l’adversaire, à sa manière de mettre en scène, seule au monde, sa soi-disant relation particulière avec les Français.
 
 
 
Mais l’Impasse ne serait pas un livre 100 % jospino-jospiniste sans un dernier reproche : Royal ne s’est pour l’auteur pas suffisamment appuyée sur les succès des années… Jospin. Pour lui, il aurait été pertinent de vanter les mérites de la période 1997-2002 et «de la prendre comme un socle, pour aller plus loin», pour soutenir la comparaison avec les gouvernements Raffarin et Villepin, dont Sarkozy était un ­ministre emblématique. «Ségolène Royal n’a pas fait ce choix. Par hostilité à mon égard ? Je ne saurais le démêler», s’interroge Jospin. Royal, elle, pourra démêler l’hostilité de l’auteur sans difficulté.
 
 
 

(1) L’Impasse de Lionel Jospin, Flammarion (coll. Café Voltaire), 142 pages, 12 euros.

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Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
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19 septembre 2007 3 19 /09 /septembre /2007 07:10

 


L’amélioration du droit du travail en chine, bloquée par les multinationales occidentales !

 
 
 
 
 

2007, a été proclamée en Chine « l’année du droit du travail », un an avant les JO de Pékin qui placeront le pays sous les projecteurs.

 
 
 

Après plusieurs années de débat, une loi sur le contrat de travail a été promulguée le 29 juin 2007. Elle entrera en vigueur au 1er janvier 2008.

 
 
 

Le contrat de travail devient obligatoire, la loi qui instaure une période d’essai non renouvelable assortie d’un salaire minimum, rend le recours au CDD moins intéressant pour l’employeur et assure au travailleur à temps partiel une rémunération minimale. L’interdiction de licenciement, déjà garantie aux femmes enceintes, ou aux salariés victimes d’un accident du travail, est étendue aux seniors, les salariés qui prendront leur retraite dans moins de 5 ans et ont travaillé plus de 15 ans avec le même employeur.

 
 
 

Si c’est une avancée notable réelle, il ne faut pas rêver et la Chine ne s’est pas jusqu’alors distinguée par le respect des droits des travailleurs. Le pays n’a pas ratifié les conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur la liberté d’association et les ONG dénoncent régulièrement le sort réservé aux travailleurs « migrants » venus des provinces de l’intérieur.

 
 
 

Mais le plus surprenant, quoique, c’est le lobbying qui a été fait par les occidentaux, pour réduire et limiter dans cette loi le droit syndical.

 
 
 

En effet, les chambres de commerce américaine, mais aussi européenne, ont expliqué aux autorités chinoises qu’une loi trop favorable aux travailleurs allait les handicaper et que les entreprises n’étaient plus certaines d’investir autant. (*)

 
 
 

Outre que cela est proprement scandaleux, on voit bien que les délocalisations en Chine et ailleurs ne sont pas une fatalité. Les multinationales spéculent sur les conditions de travail des salariés et s’opposent à ce qu’ils puissent défendre leurs droits via le droit syndical. Vive le monde de la concurrence libre et non faussée, disaient certains ?…

 
 
 

A méditer…

 
 
 
DH
 
 
 
 
 

(*) Syndicalisme Hebdo CFDT n°3136 du 13/09/07

 

et :

 

http://www.cfdt.fr/actualite/international/actualite_monde/monde_2007_007.htm

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Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
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17 septembre 2007 1 17 /09 /septembre /2007 06:30

 


Je vous ai déjà parlé du dernier livre de Jean-Luc MELENCHON, « en quête de gauche ». Je l’ai lu cette semaine ! Pour mes amis Vitrollais et provençaux, on peut le trouver dans les 2 librairies du cours Mirabeau à Aix en Provence, ou par correspondance à la Fnac ou autre.

 

 

 

Ce livre est classé à tort dans la littérature à charge contre Ségolène ROYAL. Ce n’est absolument pas le cas. C’est en fait une véritable réflexion politique, comme MELENCHON, que l’on soit d’accord pu pas sait les mener.

 

 

 

Jean-Luc dans un premier temps nous donne le détail des expériences des pays nordiques. On en parle beaucoup, ils sont souvent la référence, mais nous explique – t - on réellement ce qui s’y passe ? Intéressant…

 

 

 

Ensuite, il nous fait tout un retour historique sur la social démocratie et toutes les expériences menées en Europe. Là aussi le constat est édifiant.

 

 

 

Ce qui est nouveau comme approche, c’est que contrairement aux apparences, le virage du PS lors de la campagne électorale vient de très loin, en se basant sur les parcours de Ségolène ROYAL et François HOLLANDE et notamment les textes de ce dernier. C’est un véritable virage « démocrate » à la Bill CLINTON qui est en jeu. Jean- Luc explique bien les liens avec BLAIR, SCHRODER, PRODI, etc.  et une nouvelle internationale Démocrate autour de CLINTON. C’est une approche inédite, qui interpelle et explique un certain nombre de chose (défense de bipolariation de la politique par exemple, etc.).

 

 

 

Jean Luc n’oublie pas de traiter l’Amérique du sud, sujet qu’il affectionne. Cela permet de mieux comprendre certains positionnements ambigus du PS…

 

 

 

Enfin, pour donner une perspective, car on voit bien que la fracture au sein du PS ne fait que s’agrandir, il revient sur l’exemple du Die-LINKE allemand autour d’Oskar LAFONTAINE…

 

 

 

Je vous livre l’interview de Jean-Luc dans le Noue lobs de cette semaine…

 

 

 

Pour finir, n’hésitez pas à le lire et le faire lire !

 

 

 

DH


 
 
 

Mélenchon publie «en quête de gauche»

 


«le PS a un métro de retard»

 


Selon le sénateur de l'Essonne, la social-démocratie, c'est fini ! Seuls les peuples d'Amérique latine défient la fatalité libérale

 
 
 
 
 

Le Nouvel Observateur. - A vous lire, vous reprochez moins à Ségolène Royal d'avoir perdu l'élection présidentielle que d'avoir dénaturé le Parti socialiste ?

 


Jean-Luc Mélenchon. - Le parti ? Ce n'est pas fait ! Mais elle a rudement bouleversé ses fondamentaux. C'est pourquoi je refuse d'en rester aux critiques sur sa personnalité. J'essaie de mettre au jour la cohérence idéologique de ce qu'elle dit. Je ne l'ai pas fait avant qu'elle soit désignée, ni pendant la campagne, pour ne pas employer de mots définitifs. Après la défaite, c'est un devoir. Une amie m'a soufflé le mot juste : Royal est plus «démocrate» que «sociale-démocrate». Je me suis replongé dans les textes qu'elle et François Hollande ont signés dès le début des années 1980. J'ai mesuré combien elle était le produit d'une mutation idéologique entamée depuis longtemps, à l'école des «New Democrats» de Bill Clinton.

 


N. O. - Quels sont les fondements de cette pensée «démocrate» ?

 


J.-L. Mélenchon. - D'abords la question du partage des richesses ne serait plus centrale. Elle est écartée avec des boniments du type «il faut d'abord produire des richesses avant de les répartir». Soit ! Mais, justement, en France elles sont déjà produites : entre 1981 et aujourd'hui, le PIB du pays a augmenté de 795 milliards d'euros... Il y a donc de quoi répartir. Le second credo se résume d'une phrase : «les classes sociales, c'est fini, il est de plus en plus difficile d'avoir une conscience de classe». Question : à quel moment dans l'histoire du mouvement socialiste, cela a-t-il été facile ? La réponse est simple : jamais ! L'enjeu du socialisme, c'est justement de construire une conscience collective majoritaire. Notre histoire est faite de contestations, de mises en question du réel et d'insurrections. Si vous commencez par accepter le monde tel qu'il est, il n'y a plus de culture socialiste. Enfin, le dernier refrain consiste à expliquer que la droite et la gauche c'est dépassé, qu'il nous faut désormais rassembler au-delà, c'est-à-dire au centre. C'est un tour de bonneteau. Car que faisons- nous à chaque campagne, sinon convaincre des gens qui ne sont pas de notre avis ? Dès lors cette formule ne veut rien dire, sinon servir d'alibi à des alliances contre nature.

 


N. O. - Vous en voulez beaucoup à Ségolène Royal d'avoir tendu la main à François Bayrou ?

 


J.-L. Mélenchon. - On me reproche sans cesse d'avoir violé la discipline du parti en faisant campagne pour le non lors du référendum sur le traité constitutionnel européen, mais personne ne remarque que Ségolène Royal a fait exactement la même chose sur ce sujet sensible des alliances. En effet, lors de notre dernier congrès, au Mans, en 2005, nous avions voté contre les alliances avec le centre. Certains s'étaient même offusqués qu'on ose poser la question. Quel cynisme ! Et quelle désinvolture ! Car qui s'est soucié de savoir ce que Bayrou en pensait ? Qui s'est soucié de lire son programme pour savoir s'il est compatible avec le nôtre ? Il ne l'est pas ! Qui doit céder : lui ou nous ?

 


N. O. - Vous dénoncez l'échec des gouvernements sociaux-démocrates Scandinaves ou anglo-saxons. Ce ne sont donc pas des exemples à suivre ?

 


J.-L. Mélenchon. - Il y a un mythe au PS sur l'Europe du Nord. On en parle sans jamais donner de chiffres ni dresser de bilan. Ceux qui m'accusent sans cesse d'irréalisme comparent la France aux pays Scandinaves alors même que nos structures économiques n'ont rien à voir... Et le plus ridicule, c'est qu'ils ont un métro de retard : ils veulent nous convertir à la social-démocratie quand elle- même s'est convertie à autre chose. Sa stratégie du compromis social et du contrat dans un cadre national ne tient plus dès lors que le capitalisme s'est mondialisé. Elle s'est donc coulée dans le moule et démantèle l'Etat social qu'elle avait construit. Retraites, services publics, tout y passe. Les désastres électoraux suivent partout.

 

 
N. O. - Pourquoi la social-démocratie est-elle autant à la mode au PS ?

 


J.-L. Mélenchon. - Paresse intellectuelle peut-être. Beaucoup disent : voyons ce qui se passe ailleurs, mais personne ne le fait sérieusement ! Il y a aussi une forme d'aveuglement, liée à la peur du vide. Pensez donc : si, après le communisme d'Etat, la social-démocratie se meurt aussi... Difficile d'inventer la suite, surtout quand toute pensée est réduite à une question : qui va être candidat ? L'imaginaire socialiste s'est rabougri à l'Europe. Il faudrait pourtant regarder vers l'Amérique latine. Pas pour faire du Châvez en France, comme on me le reproche parfois bêtement. Mais pour comprendre comment ces peuples ont défié la fatalité libérale. Oui, ils ont inversé les clés de répartition de la richesse. Sans abolir l'économie de marché !

 


N. O. - Pourquoi restez-vous au Parti socialiste ?

 


J.-L. Mélenchon. -Trente années de militantisme ne se rayent pas d'un trait de plume. Mais je vois bien que la pente est prise : les rénovateurs actuels rivalisent d'audaces droitières ! La question du divorce est posée par ces infidélités répétées à notre idéal. Je me sens souvent bien seul à me réclamer de la gauche du parti et à en porter publiquement les idées ! N'empêche : j'ai l'optimisme de l'action. Le socialisme historique n'a pas dit son dernier mot.

 



«En quête de gauche», Balland, 314 p., 19,90 euros.

 
 
 
Matthieu Croissandeau
 


Le Nouvel Observateur.fr

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15 septembre 2007 6 15 /09 /septembre /2007 07:11

 


Les échecs successifs de la gauche ne doivent pas nous conduire à désespérer, en acceptant par exemple des affirmations aussi fausses que démobilisatrices, selon lesquelles la société française aurait  viré à droite, la gauche serait durablement divisée, la mondialisation actuelle s’imposerait sans alternative et rendrait caduques bien des valeurs de la gauche.

 

Face à une droite décomplexée, la gauche, désorientée, écartelée et sans véritable repère unifiant, a le devoir d’actualiser et de rendre leur force à ses valeurs, ainsi que de  redéfinir des objectifs simples qui préparent une véritable transformation de la société. Il s’agit là d’un préalable à une large mobilisation militante et à la confiance retrouvée du monde du travail.

 

Cela ne sera possible que par une démarche patiente et sérieuse, s’appuyant sur une volonté de dialogue, d’écoute et d’ouverture à tous les courants de la gauche.

 

Gauche Avenir lance donc les 7 clés du renouveau de la Gauche et engage à rejoindre l’appel lancé après la Présidentielle.

 
 
 

N’hésitez pas à consulter l’appel, et à rejoindre Gauche Avenir dont les fondateurs sont issus du PS (Marie-Noëlle LIENENMANN, Paul QUILES, etc.) du PC (Jean Claude GAYSSOT, Francis WURTZ, etc.) de personnalités comme Yvan LEVAÏ, etc.

 
 
 
A suivre…
 
 
 
DH
 
 
 
 
 
 
 
Les sept clés du renouveau de la gauche
 
 
 
 
 

Jeudi 13 septembre, les premiers signataires de l'appel de Gauche Avenir ont présenté lors d'une rencontre de presse les sept clés du renouveau de la gauche. Ce texte, qui s'inspire des premières contributions des signataires de l'appel, s'engage résolument en faveur d'une charte pour l'unité de la gauche

 
 
 

   

 

Face à une droite dure et déterminée, et après trois défaites consécutives aux présidentielles, la gauche n’est pas au mieux de sa forme. Fort logiquement, les appels au sursaut fleurissent. Même les plus fervents adeptes de l’immobilisme se sentent obligés de plaider en faveur de la nécessaire « rénovation ».

 


    

 

Celle-ci ne doit en aucun cas se traduire par la liquidation pure et simple de nos valeurs et de nos principes. De même, il ne saurait être question de renoncer à la stratégie d'unité de la gauche, qui a toujours été la condition de la transformation sociale. Droitisation, renoncement, alliances au centre: nous n'accompagnerons pas cette mutation.     Au contraire, il est temps de renouer aujourd'hui avec la bataille idéologique et culturelle. La gauche ne peut rester passive face à une droite décomplexée qui a réussi à imposer son vocabulaire et à légitimer ses problématiques.  Face à cette offensive conservatrice, la gauche doit réaffirmer la modernité de ses valeurs et se réarmer idéologiquement. Cela suppose de renouer avec le débat et la réflexion intellectuelle. Telle est l'ambition de Gauche Avenir.

 


 Au delà de cette entreprise idéologique, nous voulons réaffirmer un cap stratégique : celui de l'unité.

 


-    L’unité est une nécessité historique pour reconstruire une gauche forte après les échecs répétés  des présidentielles et pour donner au camp progressiste une réelle capacité à combattre les reculs sociaux, les dérives néolibérales et à faire naître une véritable alternative politique. 

 


-    L’unité est une question majeure pour la  gauche et singulièrement pour ceux qui refusent les tentations d’alliance au centre ou l’affadissement de son projet de transformation sociale. 

 
 
 


  1)- L’unité de la gauche, pour une gauche offensive et décomplexée

 


L’exigence d’unité va de pair avec l’affirmation forte et sans complexe de l’identité contemporaine de la gauche. Cette identité ne doit pas être réduite à quelques généralités ou formules creuses. Elle suppose une vision critique du modèle capitaliste financier transnational dominant, la promotion d’une société laïque, émancipatrice pour chaque homme et chaque femme, le combat pour la liberté, l’égalité et la fraternité sur tous les champs de la vie sociale, l’affirmation d’un internationalisme solidaire et respectueux de la planète, alternatif à la mondialisation néo-libérale.

  2)- Contre l’alliance au centre

 


Nous ne pouvons pas rester impassibles et impuissants face aux prises de positions répétées de responsables du PS  en faveur d’accords avec le Modem. Hier, ce fut la confusion entre les deux tours des présidentielles, aujourd’hui c’est l’appel de certains pour les municipales.

 

  
L’unité de la gauche est la seule alternative à ces dérives. Elle seule redonnera du sens au clivage gauche-droite et peut créer une nouvelle dynamique qui dépassera, le moment venu, les partis existants. Elle doit mobiliser la jeunesse mais aussi les hommes et les femmes de gauche engagés dans des clubs, associations, syndicats, qui  ne se sentent pas utiles et  reconnus  dans les partis existants.

 


  3)- Concilier gestion et contestation

 


L’ambition de la gauche doit être aussi d’assumer le pouvoir, de transformer la société par l’action gouvernementale, en veillant à solliciter le concours des citoyens.  Les exigences de la gestion ne doivent en rien empêcher une perspective culturelle et politique plus vaste et plus radicale, car le combat de la gauche ne se limite pas à la gestion des affaires publiques ! Son ambition doit être de retrouver le sens de ce que Jaurès appelait « l'évolution révolutionnaire »

 


  4)- L'unité, condition de la victoire électorale et du changement social

 


La gauche n’est jamais arrivée au pouvoir que rassemblée. Ce fut le cas, avec le Front populaire en 1936, avec l’Union de la gauche en 1981 ou même avec la Gauche plurielle en 1997. A contrario, les divisions ont toujours été fatales à la gauche et les ouvertures au centre se sont soldées par des désastres électoraux et des renoncements inacceptables. L’unité ne peut se décréter au dernier moment, uniquement dans un accord électoral et moins encore compter sur l’automatique désistement au second tour, qui en est la version minimale.

 


   5)- L’unité, pour mobiliser tout le peuple de gauche

 


Même si, sur le terrain électoral, le PS se porte mieux que les autres, il faut reconnaître que tous les partis de gauche et du monde écologiste vont mal. Bon nombre de militants et de citoyens sont désorientés.

 

  
Au delà des partis, il y a la gauche syndicale, des associations ou des clubs qui ont souvent incarné une forme de militantisme dans les phases de crises et de refondation.

 


La gauche n’est pas seulement représentée par ses partis. C’est particulièrement net aujourd’hui lorsqu’on regarde leur nombre d’adhérents et surtout de militants, qui a considérablement diminué depuis 30 ans. Il y a donc des forces inemployées, des hommes et des femmes de gauche, qui ne voient pas l’intérêt de militer dans les partis ou se défient d’eux.

 


   6)- Une dynamique à créer

 


Ce n’est pas parce que l’unité est difficile à réaliser qu’il faut y renoncer. Cela nécessitera, à l'évidence, de nombreuses étapes.

 


Toute l’histoire du mouvement socialiste et communiste montre qu’il a fallu que les militant(e)s de cette cause mènent bien des combats et un travail de conviction pour surmonter les tendances à la dispersion et aux querelles internes.

 


Gauche Avenir, dès son origine, a fait ce choix. Toutes les contributions, tous les échanges, toutes les réunions ont déjà montré une forte aspiration unitaire.

 


                   -> Actualiser les valeurs de gauche 

 


Gauche Avenir, sans prétendre se transformer en un nouveau parti, veut être un acteur déterminant de cette dynamique, notamment en poursuivant son travail de fond. Donner un contenu clair à nos valeurs, jeter les bases d’un projet rassembleur et offensif: telle est l'ambition de Gauche Avenir.

 


Le partage des richesses doit être remis au cœur du projet de la gauche. Il faut réaffirmer que les politiques publiques doivent viser à améliorer la situation du salariat et non à tenter d’amadouer un capitalisme prédateur et destructeur de l’environnement ; que la socialisation des services publics essentiels est la condition sine qua non pour repenser des services modernes, efficaces et véritablement accessibles à tous. Plus que jamais,  la démocratie et la république doivent s’imposer dans la sphère économique et sociale. Quant à l’écologie, elle devient une nouvelle frontière, qui impose une vision à long terme et « soutenable » du développement.

 


Dans les années 70, c’est la rédaction d’un programme commun qui a permis l’union, car à l’évidence il était impossible à l’époque de surmonter les divergences idéologiques.

 


Aujourd’hui, l’expérience gouvernementale et la réalité mondiale et culturelle nous imposent au contraire de redéfinir un cadre idéologique et, en tout cas, un corpus de valeurs et un projet  politique et culturel.  Comme tout est fait pour disqualifier l’idée d’alternative politique (pseudo-droitisation de la société française, acceptation sans nuance du capitalisme sous prétexte de modernisme, pseudo-dépassement du clivage droite-gauche, disparition supposée des classes sociales…), il s’agit bel et bien de redonner à celle-ci de la vigueur et de la crédibilité.
 
                   -> Une Charte de l’unité de la gauche.

 
 
 

La réflexion doit être commune et associer largement tous ceux qui souhaitent cette unité. Bien sûr, nous agissons dans nos partis, nos associations et nos syndicats respectifs dans cette direction. Mais nous pensons qu'il faut aller plus loin et préparer une Charte de l’unité de la gauche.

 


Il ne s’agit pas d’abandonner nos engagements, lorsque nous en avons, mais bien, comme ce fut souvent le cas dans l’histoire de la gauche et des républicains, de constituer un espace de rénovation et d’initiative susceptible ensuite de déclencher un  mouvement général.

 


   7)-Une « construction collective ».

 


« Fabrique » de la  Charte pour l’unité de la gauche, Gauche Avenir veut être un lieu de convergence de tous les combats progressistes contemporains.

 


La situation actuelle exige  de profonds changements  et l’émergence d’un monde meilleur. Il est temps de surmonter les divisions sclérosantes d’aujourd’hui et de trouver dans les profondeurs de la gauche française les raisons d’espérer et les forces de l’action.

 


Cette « construction collective » est une tâche exaltante et réalisable.

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13 septembre 2007 4 13 /09 /septembre /2007 07:10


Le fameux traité simplifié sur la constitution européenne dont SARKOZY revendique la paternité pour « débloquer l’Europe » continue sa vie. Malheureusement, il est difficile d’avoir une vision claire son contenu. Les médias sont plutôt muets sur le sujet, y compris Libération ou Le Monde… J’ai par contre trouvé une analyse et surtout un compte rendu de ce qui s’est passé à Lisbonne le week-end dernier, lors de la rencontre des ministres européens des affaires étrangères dans le journal l’Humanité.
 
A lire cet article, con comprend un peu mieux pourquoi il règne une certaine opacité…
 
A suivre.
 
DH
 
Traité européen simplifié : Une course de vitesse contre la démocratie
 
 
Les ministres des Affaires étrangères réunis le 7 septembre 2007 au Portugal veulent éviter à tout prix un débat populaire sur le traité européen.
 
La présidence portugaise de l’Union européenne veut faire vite. Objectif : boucler, dès le Conseil européen des 18 et 19 octobre prochains, l’accord sur le nouveau traité européen qui recycle la substance du projet de Constitution rejeté en 2005 par les électeurs français et néerlandais. Un calendrier que les ministres des Affaires étrangères de l’UE, convoqués vendredi à Viana Do Castello, au Portugal, pour une réunion informelle, ont dit vouloir tenir en dépit de la tenue annoncée d’élections législatives anticipées en Pologne. « C’est comme ça dans la vie démocratique, il y a des élections, ça ne m’inquiète pas spécialement », a commenté Bernard Kouchner, chef de la diplomatie française. « Nous gardons le cap », a également insisté le ministre portugais des Affaires étrangères, Luis Amado, tout en reconnaissant « quelques problèmes ». Mais, a-t-il indiqué, « jusqu’à présent, tout ce que nous avons entendu nous renforce dans notre conviction que ce sera possible ».
 
Les promoteurs du nouveau traité craignent que la crise politique en Pologne, après l’éclatement de la majorité conservatrice sur laquelle s’appuyaient les frères Kaczynski, n’encourage ces derniers à revenir une nouvelle fois sur le compromis obtenu en juin dernier, en revendiquant un mécanisme de blocage des décisions prises à la majorité qualifiée et en demandant que la Pologne soit exemptée, comme le Royaume-Uni, de l’application de la Charte des droits fondamentaux.
 
Inextricable puzzle d’amendements
 
Mais en réalité, l’incertitude porte davantage sur les délais que sur l’objectif final et le fond du texte sur lequel les Vingt-Sept doivent se mettre d’accord. Il n’est cependant pas question, ont prévenu la présidence portugaise et la Commission, d’envisager, pour l’instant, le moindre report qui pourrait ouvrir la brèche d’un début de débat démocratique.
 
Après la présentation, le 23 juillet, à l’ouverture de la Conférence intergouvernementale, d’une première mouture du document, des groupes « d’experts juridiques » ont planché tout l’été à huis clos. Vendredi, les ministres des Affaires étrangères devaient examiner l’état d’avancement de ces travaux, présentés comme des ajustements « techniques » sur le « traité modificatif ». Celui-ci se présente sous la forme d’un inextricable puzzle d’amendements issus du projet de constitution avorté, qui doivent s’inscrire dans les traités actuellement en vigueur. Le document - plusieurs centaines de pages, sans compter les innombrables déclarations et protocoles - n’a rien de « simplifié », comme promis par Nicolas Sarkozy, et ferait presque passer le texte rejeté le 29 mai 2005 pour un parangon de clarté. Quant à son contenu, ce traité modificatif consacre, comme le projet de traité constitutionnel, le sacro-saint principe de « concurrence libre et non faussée » au fondement des orientations libérales de l’Europe, la toute-puissance de la Banque centrale européenne en matière de politique monétaire et le carcan de la discipline budgétaire qui dicte la baisse des dépenses sociales et utiles au développement (voir ci-après).
 
Les États membres pressés de faire vite
 
Si un accord est entériné dès le Conseil européen d’octobre, les chefs d’État et de gouvernement pourraient signer formellement le nouveau traité en décembre, ouvrant ainsi la voie aux ratifications dans les États membres. Ceux-ci sont pressés de faire vite, et surtout d’éviter le recours à des consultations populaires, jugées trop risquées. Si l’engagement du président français, Nicolas Sarkozy, de procéder à une ratification parlementaire rassure les dirigeants européens, les pressions se multiplient, en revanche, sur le premier ministre britannique, Gordon Brown, qui n’exclut pas l’organisation d’un référendum si le texte devait franchir les « lignes rouges » fixées par Londres. Les tractations vont bon train pour éviter à tout prix cette perspective, qui pourrait remettre en cause l’objectif d’une entrée en vigueur du nouveau traité avant les élections européennes de 2009.
 
Rosa Moussaoui
 
L’entourloupe du « traité simplifié »
 
Pour Francis Wurtz, président du groupe GUE-GVN au Parlement européen, les citoyens doivent exiger la clarté sur ce traité élaboré à huis clos pour recycler l’ex-constitution européenne.
 
Les ministres des Affaires étrangères de l’Union ont examiné vendredi l’état d’avancement des travaux des « experts » sur le projet de traité modificatif. Que vous inspire cette méthode ?
 
Francis Wurtz. Les dirigeants européens craignent avant tout que les citoyens ne se mêlent du contenu de ce traité. Ils savent que ce qui s’est exprimé par la victoire du « non » en France et aux Pays-Bas ne peut se résumer à un problème français ou néerlandais. Même Peer Steinbrück, le ministre allemand de l’Économie et des Finances, a reconnu récemment dans un petit cercle « un risque de crise de légitimité du modèle économique et social européen ». Les applications du principe d’une « économie de marché ouverte où la concurrence est libre » suscitent de très fortes interrogations, voire le rejet de la part de couches de plus en plus larges de la population européenne. Ils en ont conscience. Cela explique l’opacité de la méthode adoptée. La Conférence intergouvernementale a été lancée le 23 juillet, quand l’Europe entière était en congés. Ils veulent achever au plus vite les travaux, si possible les 18 et 19 octobre. Ils travaillent à huis clos. Ils dissuadent enfin les gouvernements d’organiser des consultations, et même des débats publics sur le contenu de ce traité. C’est une sorte de reconnaissance implicite du divorce grandissant entre les opinions publiques et les institutions.
 
L’illisibilité de ce texte, véritable puzzle d’amendements aux traités existants, est-elle délibérée ?
 
Francis Wurtz. Le traité constitutionnel a été rejeté, en France, au terme d’un débat très approfondi sur les ressorts de l’Europe libérale. Le problème des dirigeants européens était, dès lors, de faire accepter demain ce qui a été refusé hier. Nicolas Sarkozy leur a apporté la clé : l’engagement à ne pas faire ratifier ce traité par référendum. Pour faire passer ce coup de force, il a imaginé l’entourloupe du « traité simplifié », qui dissimule en fait un jeu de piste quasiment inaccessible aux citoyens. Il s’agit de recycler la même substance, mais sous une forme qui déroute les citoyens, donne à certains l’illusion de changements et aux autres le sentiment de n’y rien comprendre.
 
C’est une démarche profondément antidémocratique, directement liée au contenu inavouable de ce texte, en particulier sur les questions de l’économie libérale.
 
Faut-il un nouveau référendum ?
 
Francis Wurtz. Il faut, évidemment, exiger un nouveau référendum. Et demander, sans attendre, la clarté, avec des informations précises sur ce qu’il est advenu, dans ce nouveau texte, des points les plus contestés de l’ex-projet de constitution. Cela ne peut passer que par l’obtention de débats publics, pluralistes, contradictoires dans les grands moyens d’information.
 
Sur quels leviers s’appuyer pour une réorientation de la construction européenne ?
 
Francis Wurtz. Il faut faire sauter les blocages inscrits dans les traités actuels. Prenons l’exemple de l’actuelle crise financière. Aucun enseignement n’a été tiré. Les missions de la Banque centrale européenne restent inchangées. Aucune condition n’a été créée pour favoriser une économie moins dépendante des marchés financiers. De même, contrairement à ce que prétend Nicolas Sarkozy, il n’y a pas de « réorientation profonde » en ce qui concerne la concurrence. Rien ne vient entraver le dumping social et fiscal. Rien n’a été modifié dans le pacte de stabilité, comme l’ont demandé de nombreuses voix, pour soustraire du calcul des déficits les dépenses indispensables au développement, comme la formation, la santé, l’éducation, la recherche.
 
Au contraire de cette logique, les citoyens attendent de l’Europe qu’elle les protège contre les effets de la mondialisation libérale. Et qu’elle se donne les moyens de porter, dans la mondialisation, un modèle social avancé et solidaire.
 
Entretien réalisé par R. M.
 

 

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12 septembre 2007 3 12 /09 /septembre /2007 07:36

 


Benoit HAMON incarne la nouvelle génération du PS. Contrairement à l'autre étoile montane Manuel VALLS, il n'est pas pour la suppression des régimes spéciaux, et autres joyeusetés. Il répond ici aux questions de Michel Soudais, notre ami de Politis.

Benoit HAMON, quadra, député européen et porte-parole du PS, craint une présidentialisation du PS et dénonce les « conversions » rapides.

 
 

A méditer.

 
 
DH
   
 

« Il y a une droitisation des élites socialistes », par Benoit HAMON

 
 
 

 
François Hollande a esquissé des réformes idéologiques et organisationnelles. A-t-il l’autorité suffisante pour les mener ?


Benoît Hamon : Le problème n’est pas un problème de légitimité ou d’autorité. Les difficultés du premier secrétaire aujourd’hui sont le résultat d’une forme de crise morale : certains ont des difficultés à considérer que la délibération collective les engage ; la pipolisation et la personnalisation du débat politique a considérablement meurtri le PS.

Quand tous les partis sociaux-démocrates sont confrontés à la crise de redistribution et de régulation, la logique serait de se retourner vers le parti et de faire confiance à sa capacité de produire de l’intelligence collective. Aujourd’hui, c’est cette difficulté à faire fonctionner un collectif qui caractérise le PS. Le premier secrétaire ne peut pas être seul en cause.

 
Quand les soi-disant rénovateurs s’expriment essentiellement à l’extérieur du parti, participent-ils de cette dégradation des comportements ?


Le problème serait de ne s’exprimer qu’exclusivement dans le champ médiatique, et absolument pas dans les lieux de discussion, de débat et de délibération. Cela date du débat d’investiture à la présidentielle quand après qu’on eut construit un parti de 300 000 adhérents, quelques-uns ont pris conscience qu’une grosse moitié, si ce n’est les deux tiers des militants participaient peu à la vie du parti et construisaient leur opinion et leur vote en fonction de la manière dont les débats étaient restitués médiatiquement. Ce choix de parler à l’opinion pour conquérir une majorité à l’intérieur du PS a été celui de Ségolène, lors du débat d’investiture. Je ne comprends pas bien les rénovateurs dont le discours consiste à dire « il faut débattre », et qui ne sont pas dans le débat, qui disent « il faut davantage de démocratie »et proposent qu’on abandonne la proportionnelle pour passer au scrutin majoritaire, qui donnerait tous les pouvoirs à une seule sensibilité, ce qui serait  l’extinction du débat.

 
Cet abandon est une des pistes proposées par François Hollande.


Il y a une contradiction à être pour la parlementarisation de la République et la poursuite de la présidentialisation du PS. François Hollande veut ainsi stabiliser le conseil national, mais je ne vois pas, dans le passé récent, de moment où le conseil national (constitué à la proportionnelle) aurait empêché l’exécutif socialiste de bien fonctionner. Je suis attaché à la représentation proportionnelle des sensibilités du PS sur des textes et des orientations, sinon on va poursuivre une présidentialisation dont on a déjà suffisamment payé les dérives.

 
Cette présidentialisation ne traduit-elle pas une droitisation du PS, sensible sur nombre de sujets clés –travail, sécurité, protection sociale… ?


On est contraint de composer avec la présidentialisation de la vie politique française. Cela étant dit, on n’est pas du tout obligé de présidentialiser en retour le fonctionnement du PS, ce qui en ferait un parti entièrement dédié dans son organisation à la préparation des seules élections présidentielles. Ce serait une erreur. Maintenant, il est clair que le symptôme d’une droitisation du discours politique d’un certain nombre de dirigeants socialistes s’incarne dans des emprunts philosophiques et intellectuels à la droite. La dénonciation de la société de l’assistanat en est un, qui n’a rien d’une approche réaliste des problèmes.

 
 
Cette droitisation gagne du terrain dans le parti…  

Elle gagne médiatiquement du terrain ! Ce qui est frappant, c’est l’évolution de quelques-uns sur des sujets comme celui-là. On avait hier, notamment dans la minorité à gauche du PS, des dirigeants du parti qui étaient bouillonnants et qui en sont à énoncer ce qu’ils dénonçaient il y a moins d’un an.
 
 
Vous pensez à Arnaud Montebourg ?


Oui, le tournant qu’il a opéré est assez stupéfiant. J’ai compris que son objectif est la respectabilité. Mais on ne peut pas être respectable et contester que derrière la dénonciation de la société de l’assistanat il y a d’abord, de la part de la droite, une volonté de démanteler les régimes sociaux –ce n’est pas le cas d’Arnaud-, de démanteler la Sécurité sociale
et le modèle social français. Et surtout la conviction qu’il existe une classe parasite qui empêche tout le monde d’avancer aussi vite qu’on le souhaiterait. Les conversions au sommet me préoccupent plus que celles de la base ou de l’électorat. La conversion des élites crée un effet d’optique. Cette droitisation des élites socialistes ne signifie pas une droitisation de la société française.

 
N’est-elle pas préoccupante pour l’avenir du PS quand, comme vous le dîtes, plus de la moitié des adhérents tiennent compte essentiellement d’un rendu médiatique, qui accorde une belle audience à ceux qui tiennent ces discours ?
 
Je ne conteste pas que la bataille sera âpre et je suis de ceux qui souhaitent que la clarification ait lieu. Je ne suis pas du tout découragé. Malgré ce matraquage, la base résiste plutôt bien. Ces débats de clarification ont eu lieu en Allemagne, en Italie ou aux Pays-Bas. Ils ont produit dans deux cas des scissions, et, dans le troisième, la scission est probable. Il faudra éviter que le PS lui-même explose sur  ces questions politiques à force de tirer la corde.
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9 septembre 2007 7 09 /09 /septembre /2007 09:30

Le parallèle avec le poisson rouge dans son bocal est amusant et intéressant…

 
 
 
DH
 
 
 
 
 
Une mémoire de poisson rouge, par Michaël Moglia
 
 
 
Rebond publié dans le quotidien Libération.
 
 
 

Autoproclamés rénovateurs, ils auraient, alors que le processus d’analyse de la séquence écoulée proposé par le premier secrétaire ne fait que débuter, réponse à tous les maux qu’ils auraient eux-mêmes identifiés. Selon de vieilles méthodes éculées consistant essentiellement à parier sur l’oubli de ce qu’ils ont été ou ont défendu il y a quelques semaines encore, ils pensent s’abstraire de leur propre responsabilité. Pour nos poissons rouges, la lourde défaite, quoique logique, de Ségolène Royal, serait due à l’inorganisation du Parti socialiste, à la plupart de ses responsables qui auraient manifesté peu d’entrain à la soutenir et à un programme jugé peu crédible.

 
 
 

Sur la forme, les «rénovateurs» n’ont pas de mots assez durs contre ceux qui ont animé le parti, ces dernières années, en ayant en ligne de mire principale François Hollande. Pensant qu’une fois de plus la communication peut l’emporter sur le fond, ils multiplient basses attaques, petites phrases et slogans. Il y a quelques jours encore n’est-ce pas Manuel Valls qui souhaitait, sur les ondes d’une radio nationale, curieuse proposition, faire imploser le parti ?

 


Le Parti socialiste, tant contourné, méprisé lors de la campagne présidentielle, n’aurait plus aucun crédit à leurs yeux. Nous sommes nombreux et principalement depuis le 21 avril 2002 à avoir mis le doigt sur les dysfonctionnements dont souffre le PS : notabilisation, absence de renouvellement de ses animateurs, décrochage d’avec sa base idéologique. Dommage que ceux qui se veulent aujourd’hui l’avant-garde aient, lors des précédents congrès, systématiquement préféré signer de molles synthèses permettant au premier secrétaire de poursuivre sa tâche.

 


Il est ainsi étonnant de voir Gaëtan Gorce, néorénovateur lui aussi, si virulent aujourd’hui, alors qu’il mit systématiquement toutes ses forces, jusqu’à ce jour, au service de la majorité, contribuant par là même à maintenir le système qu’il dénonce désormais si facilement.

 
 
 

Réclamant des «têtes» pour mieux y mettre la leur (?), ils n’en sont pas à une contradiction près. Qui, si ce n’est le rénovateur Arnaud Montebourg, permit, en retirant sa candidature lors de l’élection du président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, la réélection de Jean-Marc Ayrault, pourtant à ce poste depuis une décennie maintenant ?

 


Ce curieux attelage de responsables, n’ayant a priori en commun que leur année de naissance, aurait également réglé les questions de fond. Tous trois partagent l’analyse de Ségolène Royal selon laquelle les propositions volontaristes de généralisation des 35 heures et d’augmentation du pouvoir d’achat par le Smic à 1 500 euros nous auraient menés à la défaite. Tous trois ont pourtant approuvé, comme elle d’ailleurs, en le votant, le projet des socialistes qui contenait ces mesures de justice sociale. Les 35 heures, mesure phare du gouvernement Jospin, ne furent-elles pas défendues à l’époque par Manuel Valls, conseiller en communication du Premier ministre ? Gaëtan Gorce, tout comme Arnaud Montebourg, n’a-t-il pas soutenu et voté ce texte à l’Assemblée nationale ? Ce dernier, tout comme moi, n’a-t-il pas milité, lors des congrès de Dijon puis du Mans, en faveur de leur généralisation ? Quant à porter le Smic à 1 500 euros, lorsque l’on est militant socialiste et qu’on aspire à la fonction suprême, que peut-on trouver de si «peu convaincant» dans cette proposition qui apparaît comme une évidence aux yeux de ceux qui attendent tant de la gauche une fois au pouvoir ? Faut-il rappeler que dans notre pays plus de 16 % des salariés touchent le Smic ? Ce sont donc trois millions de personnes qui perçoivent moins de 1 000 euros par mois en échange de leur travail.

 


Nous sommes tous d’accord, aujourd’hui, c’est une évidence, pour dire qu’il nous faut revoir profondément notre logiciel idéologique. Comment pourrait-il en être autrement après une telle défaite ? Mais cet aggiornamento signifie-t-il l’abandon de ce qui fait de nous des socialistes ? Nos propositions, si identitaires, sont-elles amenées à être remplacées, sous couvert de modernité, par des mesurettes démagogiques si éloignées des préoccupations de ceux qui souffrent le plus ? Mettre un drapeau aux fenêtres en chantant la Marseillaise restera certainement l’exemple le plus frappant de cet abandon du fond au profit de la forme.

 


De plus, les «rénovateurs» nous demandent de tenir compte de la droitisation de la société française, élément d’explication supplémentaire, selon eux, de la victoire de Nicolas Sarkozy. S’il y a droitisation, c’est bien du côté du Parti socialiste qu’il faut regarder. Courant derrière Nicolas Sarkozy, qui lui-même courait après Jean-Marie Le Pen, Ségolène Royal n’a eu de cesse de faire campagne sur des thèmes inhabituels pour la gauche (sécurité, nation, immigration), délaissant, parfois même remettant en cause, les fondamentaux du socialisme.

 


Cette stratégie fut perdante. D’abord parce qu’en mettant en avant les thématiques de la droite, Ségolène Royal et son staff de campagne les ont légitimées, ensuite parce que le dialogue privilégié entamé avec François Bayrou, nommé Premier ministre avant même le second tour, eut pour conséquence un mauvais report de voix des électeurs de gauche et d’extrême gauche.

 


Loin des formules à l’emporte-pièce ou des bons mots si faciles, ce dont le Parti socialiste a besoin dans les semaines et les mois à venir, c’est d’avoir le courage de la vérité. Avoir le courage d’affronter lucidement, en commençant par le reconnaître, le verdict des urnes et de redéfinir, sur la base de nos valeurs, nos orientations. Il nous faut également, impérativement, doter notre appareil politique de nouvelles procédures de délibération et d’organisation. Pour ce faire, il faut ouvrir grand les portes et les fenêtres, associer à nos travaux les syndicats, les associations, les citoyens, toutes celles et ceux intéressés par notre démarche de reconstruction, de refondation. Le programme est ambitieux, indispensable, les Français, attachés au pluralisme, le souhaitent. Les électeurs de gauche, qui se désespèrent si souvent du Parti socialiste, nous le demandent.

 


Les poissons rouges, en travaillant un peu leur mémoire, ont leur place dans cet immense chantier. Il faudrait qu’ils acceptent, s’ils veulent être constructifs, d’arrêter de faire monter les enchères de la provocation, de vouloir, dans le but d’épater les militants, toujours sauter plus haut, en prenant le risque, un jour, de tomber du bocal.

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Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
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8 septembre 2007 6 08 /09 /septembre /2007 06:56


Nicolas SARKOZY est présent sur tous les fronts. On le voit beaucoup dans les médias. Il est important de bien écouter et de bien comprendre ce qu’il raconte. Ses discours méritent toute notre attention, et nécessitent une analyse critique. Il ne faut jamais croire que les mots sont anodins.
 
 
 
Il avait donné, il y a quelques temps sa vision de l’Afrique et du colonialisme. Il vient de définir sa vision de la politique étrangère française. C’est encore une fois édifiant. Il y a au moins une chose que l’on ne peut pas lui reprocher, c’est qu’il annonce la couleur ! A nous d’apporter une analyse critique. C’est une des responsabilités de la Gauche. C’est ce que fait notamment Jean – Luc MELENCHON.
 
 
 
DH
 
 
 
 
 
Sarkozy s'aligne sur la thèse américaine du "choc des civilisations" par Jean - Luc MELENCHON
 
 
 

Voici le texte du communiqué que j'ai publié lundi 27 août en réaction au discours de Nicolas Sarkozy sur la politique étrangère devant la conférence des ambassadeurs.

 
 
 

Nicolas Sarkozy tourne le dos à la conception universaliste et laïque de la politique étrangère française

 
 
 

Dans son discours devant la conférence des ambassadeurs, Nicolas Sarkozy vient de prendre un tournant : il aligne la France sur la vision du monde défendue par le président Bush et les néo conservateurs américains.

 


En présentant « la confrontation entre Islam et occident », comme « le premier défi mondial » à relever, Nicolas Sarkozy reprend à son compte la thèse simpliste et belliqueuse du choc des civilisations, théorisée par Samuel Huntington et portée par le président Bush.

 


Nicolas Sarkozy fait ainsi de la religion son principal critère de lecture du monde, en réduisant toute une série de pays à l’étiquette de « pays musulmans » et en évoquant, à propos de l’énergie nucléaire, le « droit des musulmans » « à l’énergie du futur», plutôt que de parler des droits de citoyens d’Etats aux histoires et aux cultures très variées.

 


Cette vision réductrice et communautariste du monde est en rupture avec la conception universaliste de la politique étrangère de la France. Parmi toutes les conséquences blessantes de cette simplification, on notera l’atteinte faite à la laïcité de l’Etat dans la mesure où le président de la République affiche une stigmatisation des Français de confession musulmane, tout aussi occidentaux que n’importe quels autres français.

 


Un tel revirement des fondamentaux de la politique étrangère de la France, fait sans aucun débat préalable ni information du parlement confirme une dérive ultra présidentialiste des institutions. On en verra une nouvelle preuve dans la décision présidentielle de conforter la présence militaire française en Afghanistan alors même que celle-ci n’a déjà été organisée sans aucune autorisation du parlement.
Ce jour est un jour triste pour la France laïque et universaliste.

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