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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 20:45

VITROLLES L’espoir inquiet des militants associatifs
 

Article paru dans l'édition de l’HUMANITE du 7 août 2002.

 

En première ligne face aux ravages de l’extrême droite, les associatifs sont dans l’expectative.

 

" Peu importe la tête de liste. Nous attendons des politiques qu’ils choisissent la sagesse pour que Vitrolles retrouve sa respectabilité et une gestion démocratique. " Secrétaire départemental du MRAP des Bouches-du-Rhône et militant de longue date sur Vitrolles, Alain Huertas résume la pensée de l’ensemble du mouvement associatif de la ville.

 

Dès la victoire de Catherine Mégret en 1997, ces militants se sont opposés à sa politique, au prix de menaces, et parfois même de coups. Les élections de 2001, avec une gauche divisée, se concluent par la réélection de l’équipe MNR et ont été pour eux un véritable traumatisme, qu’ils espèrent effacer en septembre.

 

" Nous sommes inquiets car l’implantation locale de l’extrême droite est MNR et non FN, poursuit Alain Huertas. Pour ces élections, avec une campagne très courte, il faudra que la gauche soit unie et ouverte sur le mouvement associatif et les citoyens si elle souhaite l’emporter. Outre le MNR, la droite est également en embuscade et pourrait rafler la mise. "

 

" Notre première réaction après l’annulation des élections a été la joie, un sentiment de justice rendue ", reprend Denis Lebon, responsable historique de Ras l’Front à Vitrolles. " Mais j’ai bien peur que les politiques n’aient pas compris les leçons de 2001. Si la gauche, et singulièrement le PS, n’est pas unie, on part à la catastrophe. Si c’est le cas, qu’on ne vienne plus nous parler de lutte contre le fascisme à Vitrolles. "

 

Tous craignent que les querelles locales de personnes prennent une nouvelle fois le pas sur l’enjeu national qu’est la victoire sur l’extrême droite dans l’une de ses villes symboles.

 

" Depuis 1997, élections après élections, la gauche est devenue minoritaire à Vitrolles, estime ainsi René Agarrat, animateur du mouvement Vitrolles Alternatives.

 

La seule façon de l’emporter est de créer une dynamique au-delà des partis politiques, avec une liste et un programme qui aient l’assentiment du plus grand nombre. Et il faudra le faire sans démagogie ; la situation financière de la ville est catastrophique, ce qui demandera sans doute des décisions difficiles et des sacrifices. "

 
M. L.
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Published by Didier HACQUART - dans Histoire politique de Vitrolles : 2002 et
1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 20:44


VITROLLES " On ne veut plus tourner la manivelle de la machine à perdre "

 

Article paru dans l'édition de l’HUMANITE du 30 août 2002.

 

Simone Bessade, en tant que porte-parole du Mouvement démocratique vitrollais, vous exprimez une préférence pour M. Tichadou comme tête de la liste de la gauche unie pour le scrutin du 29 septembre, pourquoi ?

 

Simone Bessade. Nous n’avons rien contre M. Obino que nous ne connaissons pas en dehors de son professionnalisme de médecin. Nous regrettons surtout que Vitrolles soit le théâtre de luttes politiciennes au sein d’un parti alors que nous sommes dans une situation d’urgence. On aurait pu comprendre cette discussion au sein du PS si l’élection avait lieu l’an prochain. Mais c’est dans un mois, il nous faut entrer au plus tôt en campagne. Face à Mégret et compte tenu des délais, on ne peut pas se payer le luxe de telles querelles. Et rappelons que c’est grâce au recours formé par M. Tichadou que nous avons des chances réelles de battre définitivement l’extrême droite alors que M. Obino n’a en rien participé à l’élaboration du projet de la gauche pour Vitrolles.

 

N’est ce pas de l’ingérence dans les affaires d’un parti démocratique ?

 

Simone Bessade. Nous ne voulons pas décider à la place du PS, mais nous ne comprenons pas son attitude et nous voulons l’alerter. Nous avons été très déçus par la façon dont cette candidature nouvelle a été annoncée alors que nous avions proposé d’organiser une consultation des Vitrollais pour le choix de la tête de liste. Nous voulons dire à la direction nationale du PS que ce que fait localement ce parti est suicidaire pour la gauche vitrollaise et dramatique pour les citoyens qui se posent mille questions. Maintenant, c’est à lui de voir s’il veut à nouveau mettre en route la machine à perdre. Nous, nous nous refuserons en tout cas à tourner la manivelle !

 
Entretien réalisé par P. J.
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Published by Didier HACQUART - dans Histoire politique de Vitrolles : 2002 et
1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 20:43

Vitrolles , le PS en désordre de bataille
 

Article paru dans l'édition de l’HUMANITE du 30 août 2002.

 
 

Les Vitrollais retournent aux urnes le 29 septembre prochain. Un quitte ou double pour le MNR de Bruno Mégret. Une pré-campagne marquée par des querelles politiciennes au sein du PS qui inquiètent les militants antifascistes locaux.

 

Pour la gauche non-socialiste de Vitrolles, en désignant le 3 septembre prochain son chef de file pour l’élection municipale fixée par la préfecture des Bouches-du-Rhône aux 29 septembre et, s’il y a lieu, au 6 octobre prochains, le bureau national du Parti socialiste répondra du même coup à une question qui peut paraître incongrue à l’observateur extérieur : le PS, dont la prédominance locale a été reconnue par les autres partis de gauche, veut-il vraiment être à la tête de la liste et remporter cette élection ? !

 

Cette hésitation présumée peut s’expliquer par le fait qu’après quelques années de " gestion " d’extrême droite, Vitrolles est une ville dévastée. " Vitrolles c’est mort ! " entend-on le plus souvent dans les quartiers-champignons de cette agglomération sans âme poussée trop vite en bordure des complexes industriels de l’étang de Berre. En s’attaquant aux associations culturelles et sportives, aux syndicats, aux maisons de quartier, en menant une politique du tout sécuritaire (renforcement spectaculaire de la police municipale) sans toutefois réduire la petite délinquance et du tout discriminatoire (prime à la naissance pour les enfants français), les élus du MNR et du FN n’ont fait qu’accroître les divisions et les tensions au sein de la population et, comme l’estime Cathy Cau du collectif de direction de la section locale du PCF, " ont cassé toute la vie sociale " dans une commune qui était autrefois, par exemple, l’une des plus sportives du département.

 

Le désastre est aussi financier pour cette municipalité sévèrement épinglée par la chambre régionale des comptes. Gaspillages, privatisations, copinage et opacité ont marqué les années Mégret. Au point que, selon Michelle Domingues, élue d’opposition et responsable de la section socialiste " dissidente " Émile-Zola, la ville, " une fois connue l’ampleur réelle des dégâts, pourrait être mise sous tutelle par le préfet et ce pour un bon moment ". Elle est actuellement administrée par trois hauts fonctionnaires à la retraite depuis l’annulation, le 29 juillet dernier par le Conseil d’État, des élections municipales 2001 remportées par le MNR avec 201 voix d’avance seulement.

 

Bref, quel est le courageux qui veut, pour un mandat écourté et sans grande marge de manouvre, être maire d’un tel champ de ruines ?

 

Secrétaire de la section locale du PS - dont la prédominance pour la constitution d’une liste d’union a été reconnue par les autres formations de gauche - , conseiller général , président du groupe des élus d’opposition , s’étant à ce titre battu pour faire annuler l’élection de 2001, le docteur Dominique Tichadou apparaissait comme la tête de liste " naturelle et légitime ", selon l’expression de son directeur de campagne Guy Noël Abraham d’une gauche unie autour d’un " projet pour Vitrolles ". Un programme élaboré pour l’essentiel, l’an dernier à l’occasion des municipales, dans des commissions de citoyens animées le plus souvent par le Mouvement démocratique vitrollais (MDV) et le PCF.

 

Alain Hayot, alors chef de file des communistes et qui considère que la décision du Conseil d’État fournit l’opportunité de " débarrasser Vitrolles de l’extrême droite et de sortir la ville du marasme ", en résume ainsi les grands axes : " Reconstruction du service public communal, démocratie participative, développement écologique, culturel. " Le docteur Tichadou, volontaire pour être maire, a fait sienne cette ordonnance susceptible de soulager le malade vitrollais. Mais son confrère et camarade, le docteur Obino aussi !

 

" Je me suis porté candidat à l’investiture ", explique ce notable établi à Vitrolles depuis des lustres, conseiller de l’ancien maire socialiste Anglade, élu l’an dernier sur la liste Tichadou-Hayot, " parce que les candidatures de droit divin c’est fini dans notre parti , parce que le Dr Tichadou ne fait pas l’unanimité , n’ayant pas réussi l’an dernier à rassembler la gauche dès le premier tour et enfin parce qu’il me semble qu’après avoir subi nombre de parachutages parisien ou marseillais, les Vitrollais veulent avoir pour maire un Vitrollais. Ce n’est pas à soixante-cinq ans que je vais faire du carriérisme ! Et je tiens à préciser que si Tichadou est désigné par mon parti j’appellerai à voter pour lui. "

 

Pour nombre de militants socialistes, cette candidature surprise, qui n’est pas sans rappeler celle du " brave " René Olmeta aux municipales de Marseille en 2001, a été encouragée fortement par la fédération du PS où le fabiusien Tichadou n’est pas en odeur de sainteté et par le président socialiste du conseil général, Jean Noël Guérini, qui a récemment contraint ce même Dr Tichadou à lui remettre sa délégation à la santé.

 

Si les partenaires politiques du PS à Vitrolles estiment, comme le dit le communiste Alain Hayot, " ne pas avoir pour vocation première de choisir entre les candidats socialistes " par contre, ceux que le Dr Obino appellent " des groupuscules qui ne représentent qu’eux mêmes ", se sont rangés, mercredi dernier, derrière le Dr Tichadou. C’est le cas de Michelle Domingues et de la section Émile-Zola qui se refuse " à être l’otage des calculs étriqués d’une fédération qui veut imposer ses choix en omettant la victoire contre l’extrême droite ", du MDV (voir ci dessous) ou encore de Ras l’Front-Vitrolles qui par la voix de Nathalie Julien affirme que " les Vitrollais n’en ont rien à secouer de savoir que machin est fabiusien et truc est jospinien. Ils veulent l’union claire de la gauche parce qu’ils n’en peuvent plus du fascisme !

 

" Un point de vue que partage le PCF, à l’origine d’une proposition d’organisation d’un forum citoyen qui réunirait, " dès que possible ", comme l’espère Cathy Cau, tous ceux qui veulent redonner de la dignité à cette ville en commençant par virer les Mégret ". Car, contrairement à ce que certains croient, rien n’est gagné : la campagne sera très brève et le MNR va employer tous les moyens pour conserver son dernier bastion ", souligne la responsable communiste.

 

Après son échec aux législatives, Bruno Mégret joue en effet, avec cette élection, son avenir politique à quitte ou double. Obscur conseiller municipal dans un arrondissement de Marseille, le petit patron d’un MNR en faillite devrait, pour reprendre du poil de la bête, se présenter en tête de la " facho-liste " d’autant que son épouse Catherine, maire invalidé, est menacée d’être déclarée inéligible : on attend d’un jour à l’autre le jugement définitif concernant les affaires de la prime à la naissance et de ses déclarations racistes à la presse allemande.

 

Quitte ou double ? " Faisons en sorte que ce soit "quitte" en nous rassemblant le plus largement possible ", insiste Alain Hayot, inquiet lui aussi de la tournure des événements qui pourraient profiter finalement à la droite qui présentera une liste UMP voire au FN qui a juré, et qui en a l’occasion, de réduire à néant la dissidence mégrétiste.

 
Philippe Jérôme
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Published by Didier HACQUART - dans Histoire politique de Vitrolles : 2002 et
1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 20:42


VITROLLES : Henri-Michel Porte, conseiller municipal (DL) de Vitrolles, a annoncé sa propre candidature à l'élection municipale partielle du 29 septembre.

 

Article paru dans l'édition du Monde du 08.09.02

 

Henri-Michel Porte, conseiller municipal (DL) de Vitrolles, s'est retiré de la liste de Christian Borelli, investie par l'UMP, et a annoncé sa propre candidature à l'élection municipale partielle du 29 septembre. M. Porte qui juge le programme de M. Borelli « un peu trop MNR light », est soutenu par l'UDF.

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Published by Didier HACQUART - dans Histoire politique de Vitrolles : 2002 et
1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 20:41


Après la gauche et le FN, la droite se divise à son tour à Vitrolles

 

Article paru dans l'édition du Monde du 10.09.02

 

Le deuxième de la liste de l'UMP fait sécession, avec le soutien de l'UDF locale

 

La quatrième campagne municipale vitrollaise en sept ans a commencé vendredi 6 septembre, sur le marché des Pins, dans la même atmosphère fébrile et agressive qui marque tous les scrutins depuis 1995. Christian Borelli, investi par l'UMP, y distribuait ses premiers tracts, affichant un optimisme de courte durée sur les négociations en cours avec les autres forces de droite.

 

Dans l'après-midi, il apprenait une mauvaise nouvelle : son deuxième de liste, Henri-Michel Porte (DL), lui aussi investi par les leaders locaux de l'UMP, le lâchait brutalement. Dans un communiqué, M. Porte annonçait aussitôt son intention de « proposer dans les jours prochains une alternative de la Droite rassemblée pour Vitrolles, liste d'union ouverte autour des principes de morale, d'éthique et de probité qui doivent fonder tout engagement municipal ».

 

La veille, un journal local, L'Hebdo, avait évoqué le « passé judiciaire » de M. Borelli. Pour M. Porte, « fils de flic », c'en était trop. Le candidat tête de liste se bornait, dans le même temps, à indiquer que son avocat « publierait prochainement un communiqué ». Dans le même journal, le chef du RPR des Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier, qui avait insisté pour que M. Borelli conduise la liste, minimisait ces « erreurs de jeunesse ». Mais à cette raison, M. Porte en ajoutait une autre pour justifier la rupture, qualifiant le programme de M. Borelli de « MNR light » et citant en exemple cette phrase écrite en gras en première page de son argumentaire de campagne : « La municipalité doit faire en sorte que les casseurs soient les payeurs. » Le représentant vitrollais de l'UDF ayant immédiatement pris acte de cette dissidence et annoncé son soutien à M. Porte, la droite a volé en éclats au premier jour de la campagne. « trop scabreux »

 

Désormais, chaque camp est donc flanqué d'un dissident. Catherine Mégret, qui a annoncé vendredi qu'elle conduirait personnellement une liste du MNR, sur laquelle son mari figurera en sixième ou septième place, doit compter avec la liste du Front national, conduite par Claude Bourge - qui avait recueilli 7 % des voix aux législatives. Elle et son mari ont déclaré nourrir peu de craintes quant à son pouvoir de nuisance. Procédant par sous-entendus, la maire sortante a juste évoqué certaines récriminations de Vitrollais concernant M. Bourge, refusant d'en dire plus « parce que ce serait trop scabreux ».

 

Quant à la gauche, elle doit compter avec la présence confirmée de Dominique Tichadou, conseiller général (PS), qui fut sa tête de liste en 2001 avant d'être désavoué cette semaine par la direction de son parti. M. Tichadou a distribué, lui aussi, ses premiers tracts sur le marché sous le titre « Vitrolles libre », dans lequel il dénonce « la décision arbitraire du PS parisien [prise] au mépris de la grande majorité des socialistes vitrollais et de leurs partenaires ».

 

Pour combattre les effets d'une division qu'ils savent mortelle, tous les dirigeants de gauche du département étaient venus, ce même vendredi, afficher leur soutien au candidat investi par le PS, Guy Obino. Les présidents du conseil général et du conseil régional, les dirigeants départementaux du PCF, du PRG et des Verts ont tous affirmé que la nouveauté de cette campagne résidait justement dans « l'union de la gauche » réalisée dès le premier tour, à l'inverse de celle de 2001, où PS et PCF étaient allés séparément à la bataille. En dépit de ces efforts, nombre de militants de gauche déploraient que ses incessantes querelles internes l'empêchent de « chasser les Mégret ». Certains allaient jusqu'à confier leur désarroi à M. Borelli...

 
MICHEL SAMSON
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Published by Didier HACQUART - dans Histoire politique de Vitrolles : 2002 et
1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 20:39


Les Mégret jouent leur survie politique à Vitrolles face à une droite et à une gauche très divisées

 

Article paru dans l'édition du Monde du 25.09.02

 

Après l'annulation de son élection, l'épouse du président du MNR veut reprendre la ville. Le candidat de l'UMP et celui du PS doivent l'un et l'autre affronter un dissident dans leur propre camp

 

Sur les affiches, on ne voit qu'un gros cœur, comme sur les magazines pour midinettes des années 1970. Un cœur rouge barré d'un slogan : « Votons Catherine. Restons ensemble à Vitrolles. » Pas un mot du parti de « Catherine », le MNR, ni même la mention de son nom, celui qui l'identifie irrémédiablement à son mari et à son camp : Mégret. « Catherine » fait cependant campagne aux côtés de celui-ci, sur les marchés de Vitrolles, pour reconquérir la mairie, les 29 septembre et 6 octobre.

 

Mme Mégret, dont l'élection à la mairie a été invalidée pour cause de tract diffamatoire contre le candidat de droite André Rossi, mise désormais sur le lien affectif censé l'unir à ces électeurs qui l'ont déjà élue en 1997 et réélue en 2001. Ses tracts, parsemés de petits cœurs rouges, affirment donc qu'elle est « la plus courageuse, la plus proche, la plus efficace et la plus sympa ». Et lorsque des électeurs l'interrogent sur son programme, elle répète : « Je ne suis pas une professionnelle de la politique, je suis une maman... »

 

Le « professionnel » du couple, Bruno Mégret, celui que bien des Vitrollais évitent du regard lorsqu'ils s'adressent à « Catherine », ne la lâche pas d'une semelle. C'est lui qui, hors du champ des caméras, souffle les réponses lorsque les télévisions interrogent son épouse. Lui qui renvoie à « la gestion socialo-communiste du département » la passante qui proteste contre l'absence de construction du « rond-point que vous aviez pourtant promis, il y a cinq ans ». Lui qui la tire par le bras lorsqu'un forain du marché d'origine maghrébine s'étonne sincèrement : « Je ne comprends pas, je vote pour vous, je vous soutiens et la police municipale n'arrête pas de me contrôler ! »

 

C'est lui aussi qui siffle un « salopard ! » lorsque le couple croise Claude Bourge, le candidat du Front national qui mène campagne contre « la ruse et la trahison des Mégret » et pourrait leur grappiller des points. Lui, enfin, qui joue sa survie politique et celle de son parti dans cette bataille où le MNR a mis ses derniers moyens.

 

C'est la quatrième fois en sept ans que les Vitrollais doivent élire leur équipe municipale. La quatrième fois aussi que les Mégret sont de la bataille. Et l'enjeu est de taille. Car malgré le traumatisme national du 21 avril, qui a porté Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle, ni les états-majors nationaux des partis, ni la droite et la gauche locale ne sont parvenus à faire taire leurs divisions dans ce qui est, depuis sept ans, un petit laboratoire de l'extrême droite en région PACA.

 

UNE CONFUSION VISIBLE

 

Sur les marchés, dans les escaliers d'immeuble où tous les candidats se croisent, la confusion est visible. A gauche, on trouve deux candidats. Et leurs déchirements ne sont pas minces. Depuis 1995, la gauche change de candidat à chaque élection sans parvenir à en installer un. Cette fois, le PS, le PCF et les Verts se sont accordés pour investir Guy Obino, un médecin de 65 ans venu au PS après être passé par la démocratie chrétienne et qui a, dit-il, « mis au monde près de 2 000 bébés de la ville ». Quand il parle de la gauche, il a une métaphore médicale : « J'ai pris une ambulance brinquebalante. » Mais lorsqu'il insiste sur son origine vitrollaise, c'est pour fustiger aussitôt « les Mégret, qui habitent Saint-Cloud », et «Tichadou, qui vit à l'Estaque, à Marseille ».

 

Dominique Tichadou, justement, est l'ancienne tête de liste du PS en 2001. Et il est déchaîné contre le docteur Obino, qu'il accuse « d'être un homme de droite doté d'une fausse carte du PS ! »

 

M. Tichadou, médecin lui aussi, a été élu conseiller général socialiste contre M. Mégret en 1998. C'est lui qui a déposé la requête ayant conduit à l'annulation de l'élection de Mme Mégret en juillet. « J'ai payé plus de 50 000 francs pour ce recours, sans l'aide du PS », dit-il, estimant que la tête de liste devait lui revenir.

 

Mais le président du conseil général des Bouches-du-Rhône, patron du PS dans le département, Jean-Noël Guerini, l'a évincé. Motif officiel : en 2001, M. Tichadou n'était pas parvenu à faire l'union à gauche.

 

A droite, la situation est aussi confuse. Christian Borelli, un commerçant RPR investi par l'UMP, est accusé par Henri-Michel Porte, un médecin venu de DL, d'avoir été plusieurs fois condamné par la justice. L'intéressé ne dément pas, en ajoutant : « M. Porte était sur la même liste que moi, la dernière fois. Cela ne le gênait pas alors ! » Le patron de l'UMP des Bouches-du-Rhône, le ministre Renaud Muselier, dit lui-même que les ombres du passé du candidat UMP « sont des erreurs de jeunesse », mais les Mégret en ont évidemment fait un de leurs chevaux de bataille.

 

Les anti-mégretistes comptent sur le score du FN, et sur le bilan municipal des Mégret, plusieurs fois épinglé par la chambre régionale des comptes. A l'exception de Bruno Gollnisch, supporter de M. Bourge et François Bayrou, venu soutenir M. Porte, aucun leader national n'a voulu faire campagne à Vitrolles. Mais le président de l'UDF se fait peu d'illusions : « On ne pourrait imaginer une situation plus confortable pour les sortants. »

 
RAPHAELLE BACQUE
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Published by Didier HACQUART - dans Histoire politique de Vitrolles : 2002 et
1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 20:38


Une gestion du personnel municipal teintée de brutalité et de favoritisme

 

Article paru dans l'édition du Monde 25.09.02

 

De notre correspondant régional

 

La gestion du personnel par l'équipe Mégret a été marquée par la préférence partisane et une pression permanente des élus sur les fonctionnaires. Dès le début du mandat, en avril 1997, les éducateurs et agents de prévention sont licenciés. Plus de 80 contractuels et auxiliaires sont évincés dans les mois qui suivent. Cette brutalité dans la gestion du personnel crée un climat détestable. Dans le même temps, nombre de cadres préfèrent quitter la ville que servir les Mégret qui recrutent leurs amis. Cette gestion des effectifs a un coût puisque la chambre régionale des comptes (CRC) a calculé que le licenciement précipité des 31 contractuels a coûté 94 000 euros à la ville.

 

En mai 1998 la mairie décide de privatiser la collecte des ordures. Une grève de dix jours appuie un recours syndical devant le tribunal administratif. La mairie est contrainte d'annuler sa décision de passer une délégation de service public. Résultat : elle signe un marché avec la société Polyurbaine, mais elle est obligée de garder les 48 agents qu'elle espérait voir partir.

 

La direction de la ville cherche alors à mieux organiser ses rapports avec le personnel. Elle favorise, en mars 1999, la création d'une section Force ouvrière, afin de contrer la CGT et surtout la CFDT, qui lui menaient une incessante bataille.

 

CONDAMNE POUR MEURTRE

 

Après la réélection de Catherine Mégret, en 2001, le climat s'alourdit à nouveau, et le recrutement des amis s'accélère en juillet 2002 avec la « stagiarisation », ouvrant la porte à des contrats stables pour 52 personnes, dont nombre de candidats MNR aux dernières élections dans le Vaucluse, en Gironde et dans le Gard. Cette liste comprend aussi Mario d'Ambrosio, condamné à dix ans de prison en juin 1998 pour le meurtre, à Marseille, du jeune Français d'origine comorienne Ibrahim Ali.

 

Récemment publié, le bilan social de la mairie confirme ces tendances lourdes. Pour 796 agents titulaires, il y a 516 non-titulaires. Avec un agent pour 38 habitants, cela représente un taux supérieur de 30 % à la moyenne régionale, comme au temps de la gestion socialiste. Pourtant, la Cour Régionale Compte estime que « l'administration municipale manque cruellement de compétences [car] de nombreux services n'ont pas de responsables ». La CFDT précise qu'il n'y a pas « d'ingénieur, de conservateur de bibliothèque, de conservateur du patrimoine, de directeur d'établissement d'enseignement artistique ». Les cadres sont donc remplacés par des chargés de mission qui « perçoivent des salaires supérieurs à leur qualification et à leur niveau professionnel ». Et qui sont souvent des militants du MNR, comme Hubert Fayard, ancien premier adjoint, chef d'un service de sécurité de 12 personnes.

 

Le syndicat remarque aussi que l'absentéisme, qu'il attribue à cette gestion harcelante et au favoritisme politique, a nettement crû : il y a eu 16 812 journées d'absence pour maladie en 2001, contre 10 845 en 1997. Les congés de maladie de longue durée sont passés de 9 400 jours en 1997 à 15 678 en 2002. Un accroissement considérable qui n'est pas pour rien dans ce que la CFDT appelle, non sans emphase, « la destruction du service public ».

 
MICHEL SAMSON
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Published by Didier HACQUART - dans Histoire politique de Vitrolles : 2002 et
1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 20:38

Mégret à quitte ou double
 

Article paru dans l'édition de l’HUMANITE  du 26 septembre 2002.

 

La gauche unie derrière le socialiste Guy Obino et le communiste Alain Hayot compte bien mettre fin à la carrière politique de Bruno Megret à l’occasion, ces deux prochains dimanches, des élections municipales.

 
 

En se rasant le matin Bruno Megret doit se faire peur tant il est rentré bronzé de vacances. Et quelques rides supplémentaires semblaient lui barrer le front lorsqu’il a aidé son épouse, " l’amère de Vitrolles ", démissionnée de fait par le Conseil d’État, à ne pas dire trop d’âneries lors d’une conférence de presse de présentation de la liste " Votons Catherine " qui a hérité du panneau électoral numéro zéro. Le chef du MNR a de gros soucis : nombre de cadres de son parti, qui se réduit de plus en plus à un groupuscule sans argent, font actuellement défection. Mais surtout, l’expérience politique qu’il comptait mener à bien à Vitrolles, transformée en laboratoire de " l’idéologie " raciste et populiste, a lamentablement échoué. La ville est sinistrée, tant sur le plan de sa gestion que de sa vie sociale, ainsi que vient de l’établir la chambre régionale des comptes. Au milieu de ce champ de ruines, le couple Megret va tenter de conserver son dernier bunker, celui de la mairie.

 

Mais Bruno, planqué à la cave (il est loin sur la liste), en tenue de camouflage (le sigle MNR a disparu de toute sa propagande) envoie Catherine, qui sait très bien sourire, vers les meurtrières.

 

L’enjeu de ce scrutin pour les démocrates est bien de faire en sorte que Vitrolles revienne à la République, retrouve fierté et dignité. Ce patron d’une PME de 16 salariés en a assez de mentir à ses nouveaux clients en disant qu’il habite dans la commune voisine de Rognac. Ce petit commerçant du centre-ville en a ras le bol des " regards de suspicion " portés sur lui lorsqu’il avoue être de Vitrolles. Ces jeunes des Pins ou de la Frescoule en ont plus que marre d’être traités comme des délinquants parce que leurs familles sont pauvres ou qu’ils ont la peau un peu plus foncée que les autres.

 

Le moyen : se rassembler, car l’ours mégrétiste (29 % des exprimés vitrollais aux législatives) qui a fait son miel de la misère ambiante (taux de chômage à 20 % et 1000 érémistes dans la commune) n’est pas encore politiquement tué.

 

Le FN, qui n’est intéressé que par la peau du " pu-putchiste ", part de son côté, Claude Bourge en tête de la liste " Vitrolles d’abord ". L’UMP espère, avec Christian Borelli (liste " Priorité à Vitrolles ") progresser en terrain à priori hostile mais sera flanqué, à droite, de quelques braconniers de la " Nouvelle UDF " emmenés par le Dr Porte (liste " Vitrolles rassemblée "). Un autre docteur, le socialiste " dissident " Dominique Tichadou (liste Vitrolles libre) est sur les rangs. Les forces de gauche sont emmenées par le socialiste, également médecin, Guy Obino suivi par le communiste Alain Hayot, une représentante de l’extrême gauche E. Renaud, l’écologiste C. Paredes, la radicale S. Colombani, le chevènementiste C. Michel ainsi que des membres du mouvement associatif local qui, à l’instar de Samir et Serge, non candidats mais responsables de la Maison de l’égalité, veulent faire sortir Mégret du bois, passer de la résistance à la libération de leur cité.

 

C’était mardi soir dernier, la première veillée d’armes publique, dans une salle des fêtes sans âme mais réchauffée par cinq cents supporteurs du cru. On y a fourbi les ultimes arguments de campagne et affiné le programme électoral, tout heureux de se retrouver si nombreux. Cette gauche vitrollaise pouvait se féliciter d’être pour la première fois de son histoire rassemblée et unie dans toutes ses composantes autour d’un " Vitrollais de Vitrolles ", médecin de famille depuis trente-cinq ans, un homme tranquille qui a " envie de hurler " lorsqu’il voit l’état d’abandon dans lequel les Megret ont laissé les quartiers populaires.

 

Son diagnostic est clair : cette ville est aujourd’hui " gravement malade ", il est " urgent de la sauver ". La méthode du docteur Obino : " Assainir les comptes sans augmenter les impôts, travailler (une fois élu) en partenariat avec le tissu associatif ", en s’appuyant sur toutes les énergies progressistes réveillée par l’union des forces de gauche. La gauche unie c’est, pour Alain Hayot, " une grande nouvelle pour tous ceux qui souffrent et qui résistent aux Mégret depuis tant d’années, pour tous ceux qui ont mal à leur ville ". Philippe Gardiol, qui envoie une volée de bois vert aux Megret, estime que " Vitrolles, ville symbole de nos échecs, doit être maintenant la ville symbole de notre reconquête ".

 

Cette reconquête " citoyenne " opérée, c’est un immense chantier de reconstruction qui attendrait les nouveaux élus. " Nous sommes prêts à nous mettre au travail pour Vitrolles " souligne Alain Hayot qui appelle au " vote utile " à gauche. Espérant ainsi " virer en tête ce dimanche soir " pour, sous les regards de la France entière, mieux virer l’extrême droite de l’un de ses derniers bastions.

 
Philippe Jérôme
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Published by Didier HACQUART - dans Histoire politique de Vitrolles : 2002 et
1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 20:37

29/09/2002 : Vitrolles Résultats du 1er tour 
 
 

I : 21 312 ; V : 14 081 ; E : 13 829 ; Abst. : 33,90 %

 

Union de la gauche / OBINO  4 293 (31,04 %) ; Dissident PS / TICHADOU  1 735 (12,55 %) ; UMP BORELLI 1 688 (12,21 %) ; UDF PORTE 732 (5,29 %) ; MNR / Mégret 5 080 (36,73 %) ; FN / BOURGE 301 (2,18 %).

 

Rappel 1er tour mars 2001 :

 

I : 20 341 ; V : 14 755 ; E : 14 295 ; Abst. : 27,46 %

 

PCF / HAYOT  2 365 (16,54 %) ; G-PS TICHADOU  3 351 (23,44 %) ; DVG 473 (3,31 %) ; RPR / ROSSI 2 511 (17,57 %) ; Mégret 5 595 (39,14 %).

 

Rappel 2e tour mars 2001 :

 

I : 20 366 ; V : 16 483 ; E : 16 090 ; Abst. : 19,07 %

 

Union de la gauche / TICHADOU 7 091 (44,07 %) ; RPR / ROSSI 1707 (10,61 %) ; Mégret 7 292 (45,32 %).

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Published by Didier HACQUART - dans Histoire politique de Vitrolles : 2002 et
1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 20:36

Mégret se tasse, la gauche progresse
 

Article paru dans l'édition de l’HUMANITE du 1er octobre 2002.

 

Vers un second tour serré à Vitrolles le 6 octobre. La gauche unie en appelle à l’esprit de responsabilité des électeurs républicains et démocrates pour chasser définitivement l’extrême droite.

 

Avec un peu plus de 5 000 voix (36,7 % des exprimés), la liste sans autre étiquette que celle de Mégret vire en tête du premier tour de cette élection municipale, écrasant au passage celle du FN (301 voix soit 2,1 %).

 

Restant à un niveau bien trop élevé, le score des Mégret se tasse d’environ deux points par rapport à 2001 ce qui laisse augurer d’un second tour " serré ". Bruno Mégret a appelé aussitôt à " faire barrage à la menace socialo-communiste " en " tendant la main " aux candidats de la droite parlementaire.

 

La liste UMP, emmenée par le RPR Christian Borelli, dépasse d’à peine 2 % les 10 % d’exprimés l’autorisant à se maintenir éventuellement au second tour. Ses responsables vitrollais attendaient hier l’avis de leurs instances nationales. La liste Nouvelle UDF d’Henri-Michel Porte, qui appelait dès hier à voter pour la gauche au second tour, ne franchit que de justesse la barre symbolique des 5 %. Au total, la droite républicaine retrouve grosso modo ses voix de l’an passé. En 2001, la triangulaire extrême droite/gauche/droite avait tourné en faveur de la liste Mégret qui l’avait emportée de 201 voix.

 

Dès dimanche soir, le président socialiste du conseil général des Bouches-du-Rhône, Jean Noël Guérini, a implicitement demandé à la droite, dans le contexte de Vitrolles, de " renvoyer l’ascenseur " de la présidentielle.

 

Pour le communiste Alain Hayot, n° 2 de la liste emmenée par le socialiste Guy Obino, " seule notre liste de la gauche unie est en mesure de débarrasser Vitrolles de l’extrême droite ". Avec 4 293 voix, soit 31,04 %, la liste Obino a nettement distancé la liste du conseiller général socialiste Dominique Tichadou, avec 12,55 % (soit 1 735 voix).

 

Le total des voix de gauche dépasse donc largement celui de l’extrême droite grâce, semble-t-il, à une bonne mobilisation des électeurs. Le taux de participation a atteint le chiffre remarquable pour une partielle de 66 %.

 

Reste à savoir quelle posture politique adopteront les membres du Mouvement démocratique vitrollais (MDV), de Ras l’front ou de la section socialiste Émile-Zola, colistiers du Dr Tichadou. Ce dernier a fait savoir dimanche soir que, personnellement, il ferait " tout, comme par le passé, pour mettre les Mégret dehors ! ".

 

Face aux journalistes, Guy Obino a appelé " tous les républicains et démocrates à se rassembler autour de [notre] candidature ". Il a repoussé toute idée de marchandage politicien avec le Dr Tichadou ou Christian Borelli : " Les Vitrollais, quelles que soient leurs idées politiques, ont une occasion historique de commencer à rebâtir leur ville, qu’ils ne manquent pas de la saisir ! ".

 
Philippe Jérôme.
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Published by Didier HACQUART - dans Histoire politique de Vitrolles : 2002 et