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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 21:41


A Vitrolles, face à M. Mégret, les candidats se gardent d'évoquer les « affaires »

 

Article paru dans l'édition du Monde du 04.06.02

 
Le MNR dénonce de «nouvelles persécutions »
 

Sur le marché de Rognac, les quatre principaux candidats se croisent et se recroisent avec beaucoup de civilité. Cette tranquillité est plutôt inhabituelle dans la 12e circonscription des Bouches-du-Rhône où les combats électoraux de Vitrolles et Marignane donnent classiquement lieu à des incidents, des invectives et parfois même des coups bas.

 

A chacun son idée sur ce calme plat. Bruno Mégret l'explique par « l'absence des groupuscules gauchistes violents ». Ses adversaires y voient plutôt la marque d'un « épuisement » du président du Mouvement national républicain (MNR). « C'est un Mégret profil bas », diagnostique Eric Diard, le jeune maire RPR de Sausset-les-Pins, investi par l'UMP, une « nouvelle tête » dans cette circonscription où les seconds tours arbitrent habituellement des duels entre la gauche et l'extrême droite. « L'autre jour dans ma commune, raconte-t-il, il n'y avait que dix-neuf personnes à la réunion de Mégret alors qu'en 1997, il remplissait un bar de quatre-vingt-dix personnes. » « GABEGIE »

 

Dans cette circonscription où un électeur sur trois a voté pour l'extrême droite le 21 avril, Bruno Mégret s'annonce confiant, quelle que soit la configuration du second tour. Son principal opposant, le député socialiste sortant, Vincent Burroni, candidat de la gauche unie, espère que les voix de gauche qui se sont exprimées lors de l'élection présidentielle se reporteront sur lui aux législatives.

 

Cet ancien syndicaliste de la chimie se reconnaît « un seul défaut » : un déficit de notoriété pour avoir poussé politiquement à l'ombre du « grand pin » qu'est Henri d'Attilio, le maire socialiste de Châteauneuf-les-Martigues. Ce dernier avait laissé sa place au Palais-Bourbon à Vincent Burroni, en 1998, lorsque le gouvernement l'avait chargé d'une mission ministérielle.

 

A droite comme à gauche, on se refuse à exploiter les affaires qui menacent la mairie de Vitrolles. Une information judiciaire pour « détournement de fonds publics et recel » a pourtant bien été ouverte, le 4 mars, au tribunal de Marseille. La commune avait réglé deux envois de lettres aux 36 000 maires de France en vue d'obtenir les parrainages nécessaires à Bruno Mégret pour la course à l'Elysée ( Le Monde du 27 mai). Le coût de ces expéditions a été chiffré à 75 000 euros (environ 500 000 francs).

Dans cette campagne un peu atone, on n'entend pas non plus parler du réquisitoire implacable de la chambre régionale des comptes dressé sur la gestion d'une commune présentée comme « le laboratoire » de l'extrême droite (Le Monde du 17 mai). « Scandaleux », « tout est faux » : Catherine Mégret a publié une Lettre aux Vitrollais dans laquelle les observations provisoires de la chambre régionale des comptes sont analysées comme de « nouvelles persécutions administratives et judiciaires contre la municipalité ». « Nous n'exploitons pas cela, reconnaît Vincent Burroni. Je préfère qu'on torde Mégret dans les urnes. Ce n'est pas à nous de nous ériger en juges. On préfère parler de sécurité et d'emploi. » « Heureusement qu'il y a une liste Front national ! », Reconnaît un militant socialiste, qui compte sur un morcellement des voix entre les deux familles de l'extrême droite. Car les « casseroles du MNR », c'est l'affaire de Claude Bourge, un ingénieur des travaux publics à la retraite, qui porte les couleurs du FN.

 

Si sa propagande électorale ne fait pas non plus état des ennuis judiciaires qui pourraient menacer le président du MNR, cet ancien adjoint au maire de Catherine Mégret de 1997 à 2000 ne tarit pas, auprès des journalistes, sur « la gabegie vitrollaise ». Ce sexagénaire, plein d'urbanité, aimerait bien faire battre celui que Jean-Marie Le Pen qualifie toujours de « félon ». « Un monsieur qui veut remettre de l'ordre en France et dans la 12e circonscription devrait commencer par remettre de l'ordre à Vitrolles, dit-il. La commune est en faillite, c'est la pompe à finances du MNR. A l'exception de Le Gallou et Timmermans, toute l'ossature du parti travaille à la mairie de Vitrolles. »

 

Pour présenter des candidats dans le plus grand nombre possible de circonscriptions, le MNR a enrôlé des élus et des personnels de la mairie de Vitrolles. Plusieurs employés municipaux se retrouvent ainsi à briguer des voix dans les DOM-TOM.

 

Bruno Mégret passe sous silence, autant qu'il le peut, la candidature de Claude Bourge, candidat peu connu et sans beaucoup de moyens. « Le vote utile se fera en faveur du candidat de la droite nationale le plus connu, le plus implanté, le plus combatif, affirme-t-il. Et entre Bourge et moi, il n'y a pas photo. »

 

Le maire de Marignane, Daniel Simonpieri, se garde, lui, d'arbitrer ces déchirements. Après avoir abandonné il y a un an toute responsabilité au sein du MNR, il a été reçu par Jean-Marie Le Pen le 1er mai à Paris. « M. Simonpieri ne participe pas à la campagne et se consacre à sa ville et ses administrés », fait savoir l'élu.

 
LUC LEROUX
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Published by Didier HACQUART - dans Histoire politique de Vitrolles : 2002 et
1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 21:40


A 78 ans, Colette Mégret est candidate à Dreux par amour maternel

 

Article paru dans l'édition du Monde du 05.06.02

 

DANS LA FAMILLE Mégret, la mère ! Chez le président du Mouvement national républicain (MNR), on a l'esprit de famille. En 1997, rendu inéligible par une condamnation sur ses comptes de campagne, Bruno Mégret avait convaincu son épouse, Catherine, de le remplacer pour l'élection municipale partielle de Vitrolles (Bouches-du-Rhône). Aujourd'hui, sans candidat pour la 2e circonscription de Dreux - celle où le Front national, représenté autrefois par Jean-Pierre Stirbois, puis par sa veuve, Marie-France, obtenait ses meilleurs scores -, il a recruté, in extremis... sa mère.

 

A 78 ans, Colette Mégret, ex-maître de conférences de droit européen à l'université Paris-I, se lance donc en politique par amour maternel. N'ayant plus l'âge de parcourir les rues et les marchés, elle laisse aux militants de la section le soin du « tractage » et des collages. Seule une conférence de presse avec son seul fils - l'aîné de ses quatre enfants, à qui elle voue une admiration sans borne - a été envisagée.

 

En fait, elle ne passe guère que le week-end à son domicile familial d'Anet (Eure-et-Loir) ; aussi est-ce dans son appartement de Ville-d'Avray (Hauts-de-Seine) qu'elle reçoit Le Monde. La télévision est branchée sur Roland-Garros. A terre, sur le tapis, un sac avec des pelotes de laine laisse entrevoir un pull inachevé : « Je tricote pour mes petits-enfants », explique-t-elle sans qu'on lui pose de question.

 

Si elle reste laconique sur sa circonscription, elle se montre intarissable sur son fils, Bruno. « La politique m'a toujours passionnée, mais je n'en ai jamais fait de façon active, raconte-t-elle. Quand mon fils a créé le MNR, je me suis inscrite. J'ai été gaulliste, et je pense que c'est mon fils, par son amour du pays, son patriotisme, qui est plus dans la ligne du général de Gaulle que d'autres, qui se disent ses successeurs. » Mme Mégret mère se dit « très sensible à l'identité de la France, à son histoire, à sa langue, à l'environnement ». « Je ne me sens pas mondialiste, ajoute-t-elle. Il y a la famille et, après, la patrie ; ce qui donne un certain équilibre. »

 

Raciste, Bruno Mégret ? Elle le conteste farouchement. « Il est pour la préférence nationale, plaide-t-elle (...), ce n'est pas quelque chose d'ethnique ! » A propos des immigrés, elle ajoute néanmoins : « Pourquoi tous ces gens viennent ? Pour les avantages (...). Si on les limite, la France sera moins attractive pour les étrangers. C'est dans ce sens-là que mon fils veut supprimer les avantages : pour qu'ils viennent moins, pas par méchanceté. »

 

Questionnez, enfin, la candidate sur un éventuel rapprochement entre le MNR et le FN, et c'est la mère qui sort ses griffes : « Jean-Marie Le Pen a traité mon fils de crapule, de moins que rien. Il est tellement furieux que mon fils soit parti avec les éléments les plus valables du FN qu'il voudrait qu'il disparaisse. S'il se représente à 80 ans à l'élection présidentielle, ce sera uniquement pour ennuyer Bruno ! »

 
CHRISTIANE CHOMBEAU
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Published by Didier HACQUART - dans Histoire politique de Vitrolles : 2002 et
1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 21:15

Mégret joue sa dernière carte

 

source : Le Nouvel Observateur le 06/06/2002 auteur : Marie-France Etchegoin


En face de la mairie de Vitrolles, c'est Kacem qui tient le bar de la place. Kabyle, né en Algérie, il a parfois envie de mettre la clé sous la porte. «Ce sont les communistes qui m'ont aidé à tenir le coup, lance-t-il. Ce sont eux qui viennent le plus souvent consommer.» Hilarité en terrasse où sont justement installés, ce jour-là, les militants du PC et du PS en campagne. «C'est normal, dit un socialiste. Chez vous les communistes, il n'y a plus que des retraités et des permanents, vous avez le temps !» Dans la 12e circonscription des Bouches-du-Rhône, la «gauche unie» essaie de plaisanter pour oublier que la situation ne prête pas à rire. Bruno Mégret se présente pour la troisième fois aux législatives. Depuis 1988, chaque élection se termine par un duel gauche-extrême-droite et Mégret échoue de peu.


Attablé à la terrasse de Kacem, Vincent Buroni, un grand gaillard barbu, député PS sortant, assure que, cette fois encore, rien n'est perdu. «Même si, dit-il, à la présidentielle l'extrême-droite a atteint des sommets abominables dans la circonscription (34% pour Le Pen au second tour).» Cet ancien chimiste, militant de la CFDT, espère faire le plein des voix de gauche dès le premier tour. Le PC, les Verts et le PRG ayant retiré leurs candidats pour se ranger sous sa bannière.

 

Depuis des semaines, Mégret le pilonne à l'arme lourde: «Buroni protège les voyous», «Buroni insulte l'armée et les pieds-noirs», «Buroni aggrave la pollution».

 

Sur ses tracts, il a fait dessiner le député socialiste ronflant sur une chaise longue. A l'inverse, Buroni se contente de faire bravement campagne sur son «action depuis quatre ans qui s'inscrit dans le bilan satisfaisant du gouvernement Jospin». Dans ses dépliants, pas une allusion au choc du 21 avril, aucune contre-attaque sur les diatribes anti-immigrés de Mégret, sur ses délires sécuritaires (qui n'ont pas empêché sa femme d'embaucher comme agent d'entretien dans sa mairie, à sa sortie de prison, l'un des trois colleurs d'affiches FN condamnés, il y a quatre ans, pour avoir tué un jeune Comorien à Marseille en février 1995 !).


Pas un mot non plus sur la gestion de Vitrolles. Récemment pourtant, la chambre régionale des comptes a fait une critique au vitriol de la politique mégrétiste. Epinglant une «administration qui manque cruellement de compétences», le recrutement pléthorique de personnels le plus souvent sympathisants MNR, les frais de représentation excessifs de Catherine Mégret, «les opérations financières douteuses», «la hausse brutale des tarifs de l'eau», les équipements collectifs laissés à l'abandon. Vitrolles «laboratoire» du MNR, comme disaient les époux Mégret ! Suite à ce rapport, une information judiciaire a été ouverte pour «détournements de fonds publics». Les courriers aux maires pour la collecte des 500signatures nécessaires à la candidature Mégret à la présidentielle auraient été payés par la commune.


«Nous n'utiliserons pas ce genre d'argument, assure Vincent Buroni. Cela n'intéresse que le microcosme. Les gens sont tellement habitués à tout ça depuis des années.»

 

Ah bon ?

 

Montrer les résultats de l'application de la politique MNR à Vitrolles ne serait pas une bonne manière de se battre contre l'extrême-droite ? Même Bruno Mégret s'étonne de cette «campagne mollassonne, plate». A croire que l'«esprit du 1er-Mai» n'a jamais soufflé ici. A croire que, comme le dit René Agarrat, militant anti-FN «historique» de Vitrolles, et candidat soutenu par la LCR, «les gens sont fatigués de se battre». A croire, qu'ici plus qu'ailleurs, tout le monde est tétanisé par la vague Le Pen et ne sait plus que faire pour l'endiguer. «C'est vrai que dans la région de Vitrolles la mobilisation antifasciste a montré ses limites, dit le communiste Alain Hayot. Il ne suffit plus de lancer des anathèmes, des slogans. Pour autant, je ne partage pas du tout la position des socialistes.» Conseiller municipal de Vitrolles, vice-président de la région Paca, candidat présumé du PC dans cette circonscription,

s'est désisté et fait malgré tout campagne avec Buroni. «Mais moi, dit-il, j'attaque clairement le programme de l'extrême-droite. Les socialistes, eux, pensent qu'il ne faut pas trop brusquer les électeurs atteints de lepénisation. Ils cherchent à grappiller le maximum de voix à droite et à gauche.»


Vincent Buroni table en effet sur la faible notoriété de son adversaire RPR, Eric Diard, 36 ans, maire de Sausset-les-Pins («Le plus jeune du département», précise celui-ci fièrement). Le socialiste est persuadé que le jeunot de l'UMP se retirera s'il arrive en troisième position le 9 juin («Gaudin me l'a promis», dit-il). Le député sortant mise enfin sur les divisions de l'extrême-droite. Le Pen crie partout qu'il veut tuer Mégret et, dans cette circonscription comme dans toutes les autres, il a envoyé un homme du Front contre «Naboléon».

 

La rumeur d'une candidature Simonpieri a même couru un temps. Le maire de Marignane, MNR, avait fait scission avec Mégret. Mais le 1er mai, il est allé défiler avec Le Pen. Depuis, celui qui aurait pu véritablement menacer Mégret en se présentant aux législatives (il a été reconduit aux municipales avec plus de 62% des voix) observe le plus parfait mutisme. Mégret est donc sûr de bénéficier d'un «vote utile» de l'électorat d'extrême droite. Car c'est un inconnu, un ingénieur à la retraite aux allures patelines, Claude Bourge, qui porte les couleurs du FN contre le «traître» Mégret. Ex-MNR, ex-adjoint à l'économie à la mairie de Vitrolles, cet Auvergnat cogne sur son ancien patron mais rappelle chaque fois qu'il le peut les relations «conviviales» qu'il entretient avec les socialistes ou les RPR quand il les croisent sur un marché. «Vous avez vu comment il est, glisse Vincent Buroni. Je suis obligé de lui serrer la main. Sinon les gens ne comprendraient pas et c'est moi qui passerais pour un sauvage !» Faire monter le FN pour battre le MNR. Jouer le choléra contre la peste. Une tactique électorale sans doute. Mais est-ce une manière de juguler l'épidémie ?

 
A Mégret, aucun candidat ne serre la main. En meeting, devant un public acquis, gauche et droite dénoncent la menace MNR. Mais, sur les marchés, lors des rencontres avec les électeurs, ni le socialiste, ni le chiraquien, ni le frontiste ne critiquent son programme ou son «laboratoire» vitrollais.

 

Seulement son allure. «Regardez-le, disent-ils en choeur, il déboule partout avec ses gorilles, équipés de talkies-walkies. Tous habillés en noir. On dirait des croque-morts. Ils font peur aux gens.»

 

Vendredi dernier pourtant, à Châteauneuf-lès-Martigues, Bruno Mégret était certes suivi à distance par deux colosses, mais il portait un costume vert et était accompagné de trois jeunes femmes vêtues de couleurs claires. Raide comme à son habitude, il tendait la main à tout le monde sauf aux commerçants arabes salués d'un bref bonjour. Dans ce fief socialiste (dont Vincent Buroni est le maire), personne ne lui a tourné le dos, personne n'a refusé ses tracts.

 

«Je fais partie du paysage local», se contente de souligner Mégret, laissant les faits parler pour lui. Certain de jouer ici une partie de son avenir politique. Il a envoyé dans toutes les circonscriptions des Bouches-du-Rhône son équipe rapprochée de Vitrolles, et du MNR (ce qui revient à peu près au même): adjoints, élus, responsables des services municipaux. Jusqu'aux contractuels et secrétaires qui vont se présenter, eux, dans les DOM- TOM ! Mégret ne cache pas qu'il compte se refaire une santé financière grâce à ces législatives (1,66 € d'argent public par suffrage obtenu). «Si je suis élu, dit-il tranquillement, c'est autour de moi que se fera la réunification de la droite nationale. Pas autour de Le Pen qui a échoué le 5 mai. Et, en 2004, c'est moi qui prendrai le conseil régional»

 

Et il ajoute comme une évidence: «Ici, c'est ma région.»

 

MARIE-FRANCE ETCHEGOIN

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Published by Didier HACQUART - dans Histoire politique de Vitrolles : 2002 et
1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 21:12

Bouches-du-Rhône. La gauche résiste
 

Article paru dans l'Humanité du 11 juin 2002.

 

Les Bouches-du-Rhône faisaient partie de ces départements où le FN pouvait se retrouver en situation d’arbitre, voire de remporter des élus. Des triangulaires étaient annoncées dans toutes les circonscriptions. · l’arrivée, Le Front national subi un net revers avec 17,69 % des voix sur l’ensemble du département. Il réalise un score largement inférieur à celui de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle (27,46 % des voix), mais surtout, le couperet des 12,5 % inscrits nécessaires pour se maintenir au second tour ne lui permet de le faire que dans six circonscriptions (14 en 1997). " Frère ennemi " du FN, le MNR de Bruno Mégret est en passe de disparaître, l’ex-maire de Vitrolles ayant été éliminé dès le premier tour.

 

Un seule triangulaire contre 8 en 1997. Une situation qui fait espérer à l’UMP un renforcement de ses positions. La droite, qui détenait 9 sièges sur 16, profite de la dynamique de la présidentielle, à l’image du ministre de la Santé l’UDF Jean-François Mattei qui a été réélu dès le premier tour dans la 2e. Mais la gauche, bien que dans une situation délicate, n’est cependant pas battue. L’alliance locale PS-PCF pour faire barrage à l’extrême droite a bien fonctionné. Jean-Marc Coppola, secrétaire de la fédération PC, tout en déplorant l’importance de l’abstention, se disait " satisfait que la démarche de rassemblement et de responsabilité du premier tour ait permis que les sept sortants de gauche se retrouvent au second tour ". Pour lui, " les électeurs ont choisi les candidats les mieux placé pour battre l’extrême droite et la droite et sanctionné les candidatures de divisions ".

 

Ainsi, dans la 4e circonscription, le PS Patrick Menucci a perdu son pari face au maire communiste de secteur Frédéric Dutoît . Il s’était maintenu contre l’avis de la fédération départementale du PS mais avec l’aval de sa direction nationale. Une situation qui avait entraîné la démission du bureau national du PS de Michel Vauzelle, de la députée Sylvie Andrieux et du sénateur Jean-Noël Guérini. Cas de figure identique dans la 10e, où le socialiste Roland Povinelli, qui avait lui aussi décidé de se maintenir malgré les accords locaux, est éliminé au profit du député communiste sortant Roger Méï. Le député PCF sortant Michel Vaxès, arrivé largement en tête avec 37,22 % des voix, tire également son épingle du jeu dans la 13e. La situation semble plus difficile pour le président du conseil régional Michel Vauzelle dans la 16e. Arrivé en tête avec 36,20 % devant le RPR Roland Chassain (30,62 %), il doit compter sur une dynamique à gauche pour convaincre une partie des abstentionnistes. Le second tour devrait aussi être serrée dans la 8e, où le socialiste Christophe Masse (35,66 %), qui voudrait succéder à son père Marius, affrontera en triangulaire l’UDF Jacques Rocca Serra (26,81 %) et le FN Stéphane Durbec.

 

Dans la circonscription de Vitrolles, où Bruno Mégret a été éliminé dès le premier tour, le sortant PS Vincent Burroni, qui a obtenu 28,42 % des voix avec le soutien des Verts et du PCF, est en position délicate face au candidat de l’UMP, l’UDF Éric Diard (25,86 %).

 

L’accord passé entre le PS et les Verts n’a cependant pas suffit à Jean-Luc Bennhamias pour réussir son parachutage dans la cinquième. L’ex-secrétaire national du parti de Dominique Voynet est éliminé et laisse le champ libre pour un duel FN-UMP. Avantage au député sortant, le RPR Renaud Muselier.

 
St. S.
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Published by Didier HACQUART - dans Histoire politique de Vitrolles : 2002 et
1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 21:05


Catherine Mégret interrogée dans une enquête sur la mairie de Vitrolles

 

Article paru dans l'édition du Monde du 04.07.02

 

La police est saisie après un rapport de la chambre régionale des comptes

 

La maire (MNR) de Vitrolles (Bouches-du-Rhône), Catherine Mégret, a été entendue, mardi 2 juillet, en qualité de témoin au siège de la police judiciaire de Marseille, dans le cours d'une instruction ouverte contre X... pour détournement de fonds publics et confiée à la juge Françoise Issenjou.

 

L'enquête vise les conditions dans lesquelles son mari, Bruno Mégret, aurait utilisé les services de sa mairie pour recueillir les signatures nécessaires à sa candidature à la présidence de la République. Dans un rapport provisoire, la chambre régionale des comptes (CRC) avait relevé, au mois de février, que plusieurs courriers avaient été adressés aux 36 000 maires de France en 2000 et 2001 et estimé cette dépense, « dont l'intérêt communal ne ressort pas de façon évidente », à près de 75 000 euros ( Le Monde du 17 mai). La CRC avait transmis ces éléments au parquet d'Aix-en-Provence.

 

L'interrogatoire de Mme Mégret est consécutif à une série de perquisitions et d'auditions. Lundi 24 et mardi 25 juin, neuf inspecteurs de la brigade financière du SRPJ de Marseille se sont présentés à l'hôtel de ville de Vitrolles pour interroger des élus et des fonctionnaires. Albert Motte, adjoint aux finances, et Yves Bovéro, premier adjoint et ex-directeur de cabinet de la maire, ont été entendus ainsi que le directeur actuel du cabinet de Mme Mégret et l'ancien directeur général des services. Les deux premiers ont été convoqués le lendemain à l'hôtel de police de Marseille pour des interrogatoires plus approfondies, ainsi que le nouveau directeur des services.

 

Hormis ces responsables, un employé du service courrier a été auditionné : il aurait assuré aux policiers avoir reçu l'ordre explicite de faire partir les dizaines de milliers de lettres par lesquelles M. Mégret essayait de convaincre les maires de soutenir sa candidature. L'employé aurait cité, devant les enquêteurs, les noms de ces donneurs d'ordre. Les policiers semblent s'intéresser également aux 150 téléphones portables généreusement attribués par la municipalité à des employés et à des élus.

 

Cette activité judiciaire paraît avoir créé une ambiance délétère à l'intérieur de la mairie, où beaucoup de langues se délient. Certains évoquent l'attribution des marchés publics du columbarium et de la cybermaison. Concernant le premier, le rapport provisoire de la CRC affirmait que sa construction avait été « facturée trois fois sa valeur ». Quant à la cybermaison, les travaux relatifs à son aménagement avaient été dévolus sans appel au marché public et entrepris avant même la transmission des pièces au représentant de l'Etat chargé d'en vérifier la régularité.

 
LOIC LE LAGADEC ET MICHEL SAMSON
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Published by Didier HACQUART - dans Histoire politique de Vitrolles : 2002 et
1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 21:00


Le tireur a été candidat MNR aux municipales

 

Article paru dans l'édition de l’Humanité du 16 juillet 2002.

 

La réaction citoyenne de quatre touristes a permis d’éviter l’attentat.

 

Maxime Brunerie figurait en septième position sur la liste Mégret dans le 18e arrondissement de Paris.

 

Maxime Brunerie, l’auteur de la tentative d’attentat contre Jacques Chirac lors du défilé du 14 Juillet, un " jeune homme calme et très discret ", selon ses voisins d’un quartier résidentiel de Courcouronnes (Essonne), camouflait ses véritables activités militantes. Dès dimanche soir, le ministère de l’Intérieur indiquait que l’individu âgé de vingt-cinq ans était connu des services de police depuis 1997 pour avoir participé à des manifestations de mouvements néonazis organisées par le Parti nationaliste français européen, membre du GUD (aujourd’hui Unité radicale), mouvement étudiant d’extrême droite, et connu dans le milieu skinhead. Lundi matin, la mairie du 18e arrondissement de Paris précisait que Maxime Brunerie avait été candidat aux élections municipales de 2001 sur la liste du Mouvement national républicain (MNR) qui avait obtenu 1 359 voix (2,90 %).

 

Bruno Mégret, le président du MNR, s’est empressé hier d’affirmer que son mouvement n’était " pas concerné " par la tentative d’attentat, sans toutefois démentir l’appartenance du tireur à son parti. On comprend la gêne de Mégret pour deux raisons principales. Maxime Brunerie n’était pas un candidat MNR de fin de liste. Il occupait la septième position (voir fac-similé). Il avait aussi participé à la soirée électorale de Bruno Mégret au Novotel situé rue de Vaugirard à Paris le 21 avril dernier et avait livré ses états d’âme au journal le Monde. Il indiquait notamment à Virginie Malingre qu’il voterait Le Pen au second tour de l’élection présidentielle malgré les " dérives du Front national " tout en précisant : " Quand les Mégret ont remporté la mairie de Vitrolles, il n’y a pas eu un seul télégramme de félicitations de la part de Le Pen. Et puis, Le Pen, il a soixante-seize ans c’est vieux. On souhaite la réconciliation. "

 

Maxime Brunerie était donc un homme " calme et discret ", selon ses voisins. · Courcouronnes, peut-être. N’empêche que les enquêteurs ont découvert chez lui de la " propagande extrémiste ", notamment " néonazie ", sans lien avec la tentative d’attentat et qu’il aurait laissé un message sur un site Internet invitant les internautes à regarder la télévision dimanche, sans préciser ses intentions exactes. Le tireur a passé la nuit de dimanche à lundi à l’infirmerie psychiatrique de la Préfecture de police de Paris. Son interrogatoire devait reprendre lundi dans la journée.

 
 

La tentative d’attentat contre le chef de l’État, heureusement sans conséquence, constitue un acte majeur contre la démocratie. Il ne semble pas être le résultat d’un complot. Pourtant, cataloguer sur-le-champ l’auteur du tir comme relevant d’un " cas psychiatrique ", selon Bruno Mégret, est allé trop vite en besogne. Maxime Brunerie n’a pas d’antécédent en ce domaine. Son comportement à Courcouronnes, ses multiples activités militantes à Paris, son engagement en politique dans le MNR, ses déclarations au Monde donnent plutôt de l’homme une image de cohérence. En revanche, il est probable que les discours de haine, de xénophobie l’ont entraîné à passer à l’acte.

 

De cet épisode qui aurait pu s’achever tragiquement, il convient de réfléchir à trois enseignements. Le tireur était placé à environ 150 mètres du cortège présidentiel et, malgré la forte présence policière, aurait pu atteindre Jacques Chirac même avec son arme de faible calibre, une carabine 22 long rifle. Une fois encore se pose la question de la circulation sans contrôle des armes. Le déchaînement extrémiste a toujours accouché de candidats aux crimes contre la démocratie. Les partis politiques faisant de la haine la base de leur recrutement portent une responsabilité écrasante. Enfin, et surtout, le réflexe courageux du touriste alsacien, Jacques Weber et de trois autres hommes qui ont détourné le tir puis maîtrisé Maxime Brunerie mérite d’être souligné. La citoyenneté, dans les moments les plus critiques où pas, n’est pas un vain mot.

 
José Fort
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Published by Didier HACQUART - dans Histoire politique de Vitrolles : 2002 et
1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 20:49

EXTREME DROITE La main droite du diable
 

Article paru dans l'édition de l’HUMANITE du 20 juillet 2002.

 

La porosité entre les groupuscules néonazis et les partis d’extrême droite sert les intérêts de chacun.

 

Officiellement, la tentative d’attentat sur la personne de Jacques Chirac par un militant illuminé du groupuscule d’extrême droite Unité radicale " ne concerne pas " le MNR. Ce qui revient à défendre l’idée que la main droite est censée ignorer ce que fait la main gauche... Tantôt priés de déguerpir lors des manifestations, tantôt appelés pour jouer les supplétifs lors des campagnes électorales et assurer les services d’ordre : les groupuscules tels Unité radicale ou le GUD ont avec le FN et le MNR des relations complexes, mais s’épaulent sans faille quand il le faut.

 

Ces groupuscules néonazis sont d’abord un vivier de futurs cadres. Implanté en milieu universitaire, mais rayonnant aussi au-delà, le GUD au temps de sa splendeur a été pour plusieurs cadres du FN, et surtout du MNR, jugé plus racialiste, un sas d’entrée dans l’activisme. Même si les " gudards " sont en général plus portés sur la bagarre de rue que le combat idéologique. En mai 2000, des représentants du parti de Bruno Mégret et d’Unité radicale se rencontrèrent néanmoins pour autoriser la double appartenance, synonyme d’exclusion dans les statuts du MNR. L’accord prévoyait en outre des " places éligibles " sur les listes du MNR aux municipales, y compris une tête de liste dans le Sud-Ouest.

 

Aujourd’hui, la désaffection des militants, la scission FN-MNR de 1998 et la stagnation électorale rendent l’opération moins payante. Alors, parfois, l’inverse se produit : l’un des porte-parole d’Unité radicale, Guillaume Luyt, est l’ancien responsable du Front national de la jeunesse. Il l’a quitté en 2000, lorsque Le Pen lui refusa l’entrée au bureau politique du FN. Luyt s’était alors offusqué que s’y trouvât Farid Smahi, d’origine nord-africaine, et pas lui... Les ponts avec des responsables FN ne sont toutefois pas coupés. L’autre porte-parole, Fabrice Robert, fait mieux encore en étant membre du conseil national du parti de Bruno Mégret. Condamné à Nice pour révisionnisme, il fut auparavant élu FN en région parisienne, il est également le leader du groupe musical skinhead Fraction Hexagone qui, dans une chanson, promettait " une balle pour les sionistes, une balle pour le cosmopolitisme et une balle pour la police ".

 

L’autre fonction de ces groupuscules largement tolérés à leur marge par les deux formations d’extrême droite, c’est celle de " gros bras ". Marie-France Stirbois, à Dreux, Catherine Mégret, à Vitrolles, ont fait un large usage de militants radicaux pour leurs dernières campagnes. Leur mission est double dans ces cas-là, il s’agit autant de protection des candidats que de provocation, afin de susciter un climat de tension pour mieux se poser en victime.

 

Ce système est bien rodé désormais. Lors de la dernière manifestation du 1er mai 2002, le FN a fini par accepter dans ses rangs les militants d’Unité radicale qui souhaitaient défiler sous une banderole propre. Ils manifestèrent disséminés, appelés à venir en " tenue clean, pas besoin de servir de cibles aux DPS ou aux "bolches" ".

 

Avantage pour le FN, pouvoir s’en désolidariser en cas d’incidents. Certains furent néanmoins enrôlés dans le DPS (la milice maison du FN), le temps de la manifestation. Le flou des rapports ne va pas sans tiraillements : en quête de respectabilité, le FN a pu par le passé dissuader les skinheads et autres néonazis de défiler le 1er mai. Lors de la manifestation de 1995 où un jeune Marocain, Brahim Bouarram, fut jeté dans la Seine par des skinheads en marge du défilé, c’est le responsable du DPS d’alors, Bernard Courcelle, qui mena sa propre enquête pour livrer à la police les noms des coupables. But du jeu : dédouaner le Front, dont ils avaient emprunté à Reims les bus gratuits. Cet épisode, ajouté à un autre à Dreux où le même Courcelle empêcha un affrontement entre les skinheads recrutés pour la campagne et des militants d’extrême gauche, fut jugé comme une " trahison " du FN. Quelque temps plus tard, Bernard Courcelle essuya des coups de feu en sortant du siège du FN, sans que l’on puisse dire s’il s’agissait ou non d’une vengeance.

 
Lionel Venturini
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1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 20:48

La chute de la maison Megret

 

source : Le Nouvel Observateur le 25/07/2002 auteur : Claude Askolovitch


La vie de Bruno Mégret est un piteux raccourci. Avoir fait Polytechnique, de l'entrisme au RPR, avoir infiltré le FN, caressé Le Pen, trahi Le Pen, promis le pouvoir et la dignité aux cohortes de l'extrême-droite, et puis finir ainsi: toutes troupes dispersées, tous candidats humiliés, son fief vitrollais menacé (voir encadré), et son mouvement compromis dans un régicide raté ! Avoir rêvé de Napoléon et terminer avec Maxime Brunerie, l'homme qui voulait tuer Jacques Chirac! Le très intelligent, très subtil et un peu méprisant Mégret est devenu le chef d'un groupuscule dont le militant désormais le plus célèbre, Brunerie, pauvre seigneur de la race, a été maîtrisé par un papy alsacien au défilé du 14-Juillet: voilà ce qui restera du MNR.


Quelle ironie ! Quand il s'était créé, en 1999, le mouvement mégrétiste prétendait rompre avec les outrances lepénistes. Fini le «détail de l'histoire», les incongruités! Mégret et les siens voulaient être pris au sérieux.

 

Dans les assemblés locales, ils votaient des textes, s'inscrivaient dans la durée. Pour une partie de ses dirigeants, la rupture avec l'extrême-droite était inscrite dans l'évolution. Il suffisait de trouver le moment pour se vendre à la droite.

 

L'année 2002 devait les voir soutenir Chirac contre Jospin quand Le Pen, lui, pratiquerait «la politique du pire» en aidant la gauche! Rien ne s'est passé comme prévu. Mais au second tour de la présidentielle, des hiérarques du MNR ont voté Chirac contre Le Pen, alors même que Mégret, officiellement, s'était désisté pour le chef du FN! «On ne plaisante pas avec une élection, explique aujourd'hui un dirigeant du MNR, l'un des responsable de l'appareil, estimé des militants. Pas question de risquer un instant de confier la bombe A à Le Pen. Le Pen au pouvoir, nos idées auraient été ridiculisées, et la France plongée dans une catastrophe. J'ai voté Chirac, et je l'ai dit à mes amis, sans aucun état d'âme.» Ce même Chirac que Brunerie voulait assassiner.


Voter Chirac ou l'éliminer ? Etre de droite ou communier dans le rejet du «système»? Au MNR, chaque position était légitimée. Brunerie, avant son passage à l'acte, était déjà un personnage pathétique. Un nazillon en désarroi, un adepte des billevesées «radicales» qui finirent par lui monter à la tête. Mais aussi le responsable MNR du 2e arrondissement de Paris, animateur en juin de la campagne législative parisienne de son copain Cyril Bozonnet - lui-même cadre du MNR et ancien du GUD, ce groupuscule de cogneurs universitaires !

 

L'épouse de Cyril Bozonnet, Mathilde, secrétaire au groupe MNR du conseil régional d'Ile-de-France, est une des organisatrices de l'université d'été de Périgueux, qui verra le mouvement débattre de son avenir, à la fin août. «Maxime était un bon militant, dit-elle, c'est le système qui l'a fait basculer... Quand on travaille pour une cause, quand on voit que tout est biaisé, que 20% des électeurs ne sontjamais représentés, on se radicalise !»

 

Brunerie n'était pas étranger au parti. Ce jeune homme touchait à son noyau dur.


Le MNR du sage Mégret était accueillant aux dingues. Païens militants, nazis nostalgiques aux poitrines creuses, jeunes gens malades du besoin d'exister, public du très confidentiel «rock identitaire français», dont les riffs de guitare célèbrent la pureté du peuple blanc envahi...

 

Haïssant les Arabes et les musulmans, persuadés de l'imminence d'une guerre ethnique dans nos villes et nos banlieues; mais portant aussi le keffieh palestinien, célébrant l'Intifada et les collabos des années 1940, détestant les juifs et Israël !

 

En 2001, le MNR avait offert des sièges à son conseil national aux responsables d'Unité radicale, le mouvement où Brunerie apprenait à délirer ! Les «radicaux» étaient chez eux, une poignée d'exaltés, mélangés à d'autres militants qui rêvaient de simple ascenseur électoral. Dans le même parti coexistaient un Brunerie et un Philippe Adam, conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur, qui n'attend aujourd'hui qu'une chose: être admis dans le «grand parti de droite» qui naîtra, à l'automne, de l'UMP. «J'étais dans le même parti que Brunerie... Le même parti que des fous, des nazis... Je savais que ça existait, toutes ces années, mais j'occultais. Ça ne pouvait pas marcher !»


Adam, 45 ans, prend le soleil à la terrasse d'un café en face de la mairie de Salon-de-Provence, qu'il rêve de conquérir un jour. Fils de pied-noir, marqué dès son enfance par l'exode, il devient conseiller général FN en 1989, à32 ans, et reste fier de ce succès précoce. Ici, Adam connaît tout le monde, salue un responsable du PS, copain d'école du conseiller général de droite, participe aux fêtes locales... «Elle est belle, cette ville», soupire-t-il. Soulagé, finalement, d'avoir pris une claque aux législatives, comme tous les candidats MNR. L'humiliation électorale a précipité son retour à la normalité. Soulagé d'en finir avec le mégrétisme, comme tant d'autres.

 

 Les MNR d'Alsace s'acoquinent avec un autonomiste passé par le FN, Robert Spieler, renouant avec l'irrédentisme alsacien d'extrême-droite des années 1930! En Languedoc, André Roudil, conseiller régional et néopaïen, regrette la scission de 1999: «On ne peut plus revenir en arrière mais on a eu tort de quitter le Front. On est allé dans le mur pour satisfaire l'ambition de Mégret!» Chacun a ses raisons pour fuir le naufrage. Chacun avait eu ses raisons pour monter dans la barque.


Le MNR était trop petit pour noyer ses contradictions. Les mégrétistes pensaient pouvoir se vendre à la droite sans en payer le prix politique. Leur politesse devait leur permettre de faire l'économie d'un recentrage idéologique. Le parcours même du patron du MNR était celui d'un professionnel de l'ambiguïté. Mégret, comme son compère Jean-Yves Le Gallou, cofondateur et numéro deux du MNR, avait fait ses classes au Club de l'Horloge dans les années 1970. Ce cénacle de technocrates extrémistes prétendait refonder la droite en la prenant de l'intérieur. Mégret pratiqua l'entrisme au RPR, Le Gallou au Parti républicain, l'ancêtre de Démocratie libérale. Après 1984, l'éclosion du Front national leur donna l'envie de pondre leurs oeufs chez Le Pen. Au Front, les technocrates avaient comblé un vide. Ils étaient efficaces, capables de rédiger un programme, ou d'organiser une machine de propagande. Mégret plut à Le Pen. Il plut aussi à ceux qui ne supportaient plus le vieux chef. Mégret était tout ce que Le Pen n'était pas. Convenu. Rassurant. Méthodique. Autant le charisme lepéniste fonctionnait dans l'électorat, autant il s'essoufflait à l'intérieur du mouvement, au fur et à mesure des foucades du chef. Les fachos se voulaient notables.

 

La conquête de Vitrolles, en 1997, devenait le modèle à suivre.
On oublie aujourd'hui à quel point Mégret fut courtisé non seulement par les militants d'extrême-droite mais aussi par la droite, comme un possible réconciliateur, et cultivé par les médias, ravis d'attiser un clivage interne au FN ! Entre 1995 et 1998, un destin s'invente. Il est virtuel. Mais cette virtualité suffit à excéder Le Pen. A la fin de 1998, le vieux chef se rebiffe. Les mégrétistes répliquent. C'est la scission. Mégret et les siens tentent le casse du siècle: voler le Front à Le Pen dans une offensive militante et juridique. Ils sont majoritaires dans l'appareil. Ils organisent un congrès. A Marignane, en décembre 1998, ils proclament Mégret nouveau président du Front national! L'affaire finira en justice. Les mégretistes sont déboutés. Le Pen garde son sigle, son parti, la cagnotte afférente. Il a sauvé sa peau en dépassant les 5% aux européennes.


Mégret, lui, ne franchit pas la barre. Il doit créer son Mouvement national qui deviendra «républicain», MNR, dans un souci de différenciation apparente et jamais assumée. Mégret avait marqué des points en incarnant, à l'intérieur du Front, une alternative. Après la scission, il perd son utilité politique en devenant un simple imitateur.


Mégret fondera toute sa stratégie sur un pari : la disparition de Le Pen, inéluctable et à hâter, mais qui laissera en jachère un espace électoral. Il a cru, avant 1998, à une transition en douceur. Il a tenté, au moment de la scission, un vol légal. Il a mis en valeur l'adhésion à son mouvement de la fille aînée du menhir, Marie-Caroline, dont le compagnon, Philippe Olivier, rêve d'ancrage populaire et exècre son beau-père. Après les européennes, Mégret persiste. Le MNR colle au FN, le déborde même par la droite, pour en récolter un jour les dépouilles. Mégret espère que Le Pen ne pourra pas concourir à la présidentielle. Alors, son électorat se reportera, naturellement, sur le jeune parti, qui cultive son implantation locale. Alors, seulement, la stratégie de retour vers la droite pourra prendre corps. En attendant, il s'agit d'être légitime.


C'est ainsi que Mégret ne s'inscrit pas en rupture mais en continuité avec l'extrême-droite. Il accumule les marqueurs extrémistes. Lui qui admire Gianfranco Fini, le postfasciste italien qui a renié Mussolini, il se fait adouber par les vrais fascistes français. Le vieux François Brigneau, ancien milicien, antisémite militant, soutient Mégret. Pierre Vial, conseiller régional Rhône-Alpes, chef de file des néopaïens, admirateur de l'écrivain SS français Saint-Loup, organisateur de pèlerinages druidiques et de solstices aryens, contempteur de la civilisation judéo-chrétienne, annonciateur de la guerre des races, devient l'une des figures du MNR.


Jean-Yves Le Gallou, enfin, a placé des amis. Le bras droit de Mégret incarne l'ambiva-lence même du mouvement. Le Gallou est énarque, moderniste, souvent drôle, tenant de«la culture de gouvernement» d'une extrême-droite qu'il dirige au conseil régional d'Ile-de-France. Il se fait pardonner sa carrière libérale et bourgeoise au PR en collant à la base militante. Mais Le Gallou est aussi profondément extrémiste. Gendre d'un collabo français, ancien combattant sur le front de l'Est pendant la Seconde Guerre mondiale, Le Gallou est le protecteur et l'ami de nombre de «radicaux», à commencer par Me Delcroix, avocat attitré des négationnistes, qu'il protégea au FN et qu'il amène chez Mégret !


Au moment de la scission, Mégret confie l'organisation de ses troupes «jeunes» à un militant, Philippe Schleiter. Schleiter a un oncle célèbre: Robert Faurisson, le pape du négationnisme ! Nul n'est responsable de sa famille et Schleiter, de fait, ne dérape pas sur la Seconde Guerre mondiale. Pas son problème, dit-il. Il a le choix des mots. Il ne parlera jamais de «combat ethnique», comme «ces imbéciles de radicaux qui se font plaisir, ce quart-monde de la politique». A quoi bon choquer ? Schleiter préfère évoquer le «choc des civilisations». Tout est dans l'habillage. Nonobstant, il passe alliance en 1999 avec les plus durs des mouvements de jeunes, dont le GUD. Il organise un Front de la Jeunesse, pour déborder les lepénistes à la base et «étouffer les extrémistes en les embrassant». Il théorisera l'union de toutes les droites nationales. En même temps, Schleiter plaidera pour une évolution du MNR à l'italienne. «Ceux qui traitent Fini de traître ne comprennent rien aux réalités. Il fait passer des lois sur l'immigration que j'aimerais voir adoptées en France!»
Cynisme et ambiguïté.

 

Mégret n'en sort qu'à son détriment ! Son mouvement est à peine lancé qu'il perd ses «modérés». Marie-Caroline Le Pen et son compagnon Philippe Olivier sont les premiers à partir. D'autres restent, mais sans rôle majeur, comme Damien Barriller, conseiller régional de Paca, longtemps directeur de cabinet et plume de Mégret... Certains amis s'inquiètent auprès de Mégret du poids des païens et des radicaux. «Il faut nettoyer le mouvement», répètent-ils. Ils ne sont pas entendus.


Pour Le Pen, c'est une aubaine. Mégret le blanchit en se radicalisant. Le FN possède également ses extrémistes et ses exaltés mais ceux de Mégret sont tellement plus voyants! Le Pen fustige les «racistes» de chez Mégret. Il met en avant «son» beur, Farid Smahi, conseiller régional d'Ile-de-France. Il prépare son habillage en grand-père tranquille, qui fera son succès à la présidentielle, quand il aura obtenu ses parrainages, ruinant ainsi l'ultime espoir de Mégret. «Au premier tour, Le Pen a fait la campagne que nous lui avions demandé de faire pendant dix ans», soupire Damien Barriller.


En 2002, Mégret a pourtant bougé. Après le 11 septembre, il s'est aligné sur le soutien aux Etats-Unis. Il juxtapose le combat contre l'islamisme terroriste à la lutte contre l'islam français et les immigrés. Une manière d'accommoder le racisme antiarabe à la sauce géopolitique. Mais le soutien à Bush est aussi une passerelle vers la droite classique. Dans le mouvement, certains plaident même pour un appui à Sharon contre les Palestiniens ! Les païens, qui haïssent l'Amérique métissée et son allié israélien, reprochent à Mégret de trahir la cause. Pierre Vial quitte le MNR et va parrainer le pro-irakien Le Pen, finalement plus authentique! Mais ce passage ne change rien. Quand Vial prend du champ, les mégrétistes ouvrent leurs portes à Unité radicale. Le Pen réalise sa meilleure campagne quand Mégret joue les Charles Martel des spots télé...


Le coup de tonnerre du 21 avril foudroie le MNR. Mégret se désiste pour son rival, au grand dam de quelques proches... A quoi bon avoir quitté Le Pen pour finir comme son supplétif ! Mais Mégret n'a plus le choix. Il veut préserver quelques chances aux législatives. Il envoie le journaliste Martin Peltier rencontrer Carl Lang, l'apparatchik en chef du lepénisme. Une ambassade, en attendant d'aller à Canossa... Peltier est une figure de l'extrême-droite. Avant la scission, il avait dirigé «National hebdo», le journal du FN. Il en avait fait un brûlot fort bien écrit, imprégné d'un antisémitisme bon teint, fustigeant le «judapo», le «judaïsme politiquement correct» qui persécutait Le Pen... Peltier retrouve Lang, parle d'entente aux législatives. Lang évacue. «Si vous l'aviez emporté, vous nous auriez enfoncés...» Mégret ne peut plus se vendre à personne. Ni à Chirac, ni à Le Pen. Aux législatives, les candidats du MNR les mieux implantés sont balayés par d'illustres inconnus lepénistes. Et l'éclosion médiatique de Marine, la plus jeune fille de Le Pen, règle la question de la déshérence du Front. Mégret ne sera jamais l'héritier.


Certains s'en réjouissent. «Il faut oublier le Front, passer alliance avec Villiers et d'autres mouvements de droite», plaide Barriller. «C'est jouable, si la droite de gouvernement est molle, s'il existe un espace entre l'UMP et le FN, pense Schleiter. Autrement, il va peut-être falloir rentrer en apnée pendant dix ans...» Peltier, lui, se souvient d'un avertissement de Marie-Caroline Le Pen, au début de l'aventure mégrétiste. «Si vous ne tuez pas papa, papa vous tuera», avait-elle lancé à Mégret. Une prophétie, ou presque. Mégret n'est même pas mort tragiquement. Une fausse valeur politique subit son ultime décote.


CLAUDE ASKOLOVITCH



 

Vitrolles: le dernier souffle. Il a tout perdu, sauf Vitrolles, mais pour combien de temps ? Pour un tract diffamatoire diffusé en mars 2001, le Conseil d'Etat devrait annuler lundi l'élection municipale de Vitrolles, forçant les électeurs du dernier fief mégrétiste à revoter en septembre, pour mettre un point final à l'aventure de Bruno Mégret.

 

Vitrolles, source d'emplois, base de repli du MNR, est aussi une source de scandale pour l'ex-rival de Jean-Marie Le Pen. Son épouse, Catherine, maire de la ville, risque une inéligibilité pour plusieurs actes ou propos contestés. Et sa gestion a été épinglée par la chambre régionale des comptes, en attendant d'être examinée par la justice: des lettres appelant des élus locaux à parrainer Mégret à la présidentielle avaient été expédiées aux frais de la ville !


Outre le contexte judiciaire, la situation politique est défavorable. Aux législatives, en juin dernier, la présence d'un candidat lepéniste a empêché Mégret de figurer au second tour... Pourtant, l'élection n'est pas jouée. Dans sa ville même, Mégret pèse encore un petit 30%, le FN n'est pas assuré de pouvoir monter sa propre liste, et les MNR rassemblent leurs forces. Hubert Fayard, l'ancien premier adjoint, organisateur de la victoire en 1997, est revenu à Vitrolles, salarié par la ville pour s'occuper de sécurité.

 

Les militants de droite, à Vitrolles, n'ont pas de candidat crédible.

Quant à la gauche, elle est saisie de son vieux syndrome de la division: des socialistes contestent le candidat «naturel», Dominique Tichadou, conseiller général et chef de file de la gauche en 2001, et veulent le remplacer par un notable local, le docteur Obino, démocrate-chrétien passé tardivement au PS, mais poussé en sous-main par la fédération des Bouches-du-Rhône... Petites manoeuvres et luttes intestines, à deux mois d'une élection. Mégret ne doit son dernier souffle de vie qu'aux pulsions suicidaires de la gauche.

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Published by Didier HACQUART - dans Histoire politique de Vitrolles : 2002 et
1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 20:46


Le Conseil d'Etat annule l'élection de Mme Mégret à Vitrolles

 

Article paru dans l'édition du Monde du 31.07.02

 

L'épouse du président du MNR dénonce une décision « scandaleuse et politicienne ». Le nouveau scrutin devrait avoir lieu en octobre. Cinq autres élections ont été invalidés par la haute juridiction administrative

 

n annulant l'élection de Catherine Mégret, maire (MNR) de Vitrolles (Bouches-du-Rhône), le Conseil d'Etat a assombri un peu plus l'avenir du MNR de Bruno Mégret.

 

Affaibli par le score de M. Mégret à la présidentielle (2,34 %) et par celui de ses candidats aux législatives, le parti d'extrême droite doit faire face à des dettes estimées à 2,75 millions d'euros. La réputation de ce parti né en 1999 d'une scission avec le FN a, de plus, largement pâti de l'implication d'un de ses militants, Maxime Brunerie, dans la tentative d'assassinat du chef de l'Etat, le 14 juillet.

 

Saisi par le candidat socialiste Dominique Tichadou, battu de 201 voix au second tour dans une triangulaire l'opposant au MNR et à la droite républicaine unie, menée par Christian Rossi, le Conseil a suivi les arguments du plaignant, en estimant que « les attaques dirigées contre M. Rossi qui conduisait la liste «Réconcilier Vitrolles» [droite proche du RPR] ont revêtu un caractère exceptionnellement violent ». Il cite alors un tract « mettant en cause sa vie privée et ses bonnes mœurs » et diffusé massivement. Cette « campagne injurieuse et diffamatoire (...) a constitué une manœuvre » que le Conseil estime susceptible d'avoir « faussé le scrutin ».

 

La nouvelle élection doit avoir lieu au plus tard dans les deux mois suivant la notification officielle aux intéressés de l'arrêt du Conseil, c'est-à-dire au début du mois d'octobre. Catherine Mégret a immédiatement dénoncé « une décision scandaleuse, politicienne et partisane » et annoncé que « l'équipe Mégret se [présenterait] donc à nouveau au suffrage des Vitrollais », formulation qui laisse ouverte la question de la tête de liste. Les différents démêlés judiciaires de l'équipe, et en particulier l'ouverture d'une information judiciaire pour « détournement de fonds publics » ( Le Monde du 27 mai), rendent en effet le choix délicat. Le Front national enverra certainement un candidat dans cette élection

 

M. Rossi, par ailleurs président du RPR des Bouches-du-Rhône, s'est félicité de la décision en rappelant qu'il avait été « profondément blessé par ces tracts odieux ». Son probable renoncement pour un nouveau scrutin aiguise les appétits de Henri-Michel Porte (DL) et de Christian Borelli (RPR) qui figuraient tous deux sur sa liste et qui ont annoncé leur volonté de concourir.

 

Bataille des investitures

 

A gauche aussi, la bataille des investitures a commencé. Dominique Tichadou a estimé que la victoire obtenue au Conseil d'Etat est d'abord la sienne et que son statut de conseiller général de cette ville-canton fait de lui « le candidat naturel » du PS et de la gauche. Il compte aussi s'appuyer sur sa fonction de secrétaire de la section PS pour obtenir un vote favorable des adhérents. M. Tichadou devait, en tout cas, diffuser dès mardi 31 juillet son premier tract de campagne.

 

Mais Guy Obino, élu sur la liste de M. Tichadou, s'est lui aussi mis sur les rangs en adressant à François Hollande une lettre de candidature. S'agissant des villes de plus de 20 000 habitants, c'est en effet le bureau national du PS qui tranche. M. Obino annonce « une liste intègre, modeste, en rupture avec le clientélisme passé », mais se dit prêt à rallier le candidat choisi par le parti. Il bénéficie d'un préjugé favorable des directions départementales et nationales du PS qui tiennent M. Tichadou en partie responsable de l'échec de mars 2001.

 

La direction fédérale du Parti communiste et son ancien candidat, Alain Hayot, se sont prononcés pour une « candidature citoyenne », c'est-à-dire pour une liste comprenant des communistes, des socialistes mais aussi des membres du mouvement associatif dès le premier tour. Mais ni M. Hayot, ni M. Coppola, secrétaire de la fédération, ne veulent se mêler des affaires internes du PS. Si M. Tichadou a agacé nombre de militants et de sympathisants socialistes, qui l'accusent d'être trop autoritaire, il sera difficile de le désavouer.

 
MICHEL SAMSON
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1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 20:46

En septembre Vitrolles peut se débarrasser des Mégret
 

Article paru dans l'édition de l’HUMANITE du 7 août 2002.

 

L’annulation des élections municipales pour diffamation ne laisse que peu de temps à la gauche pour s’organiser. Mais tout est possible.

 

Vitrolles n’en finit plus de vomir ses convulsions politiques. La ville, gérée depuis 1997 par Catherine Mégret, l’épouse du fondateur du MNR, va revoter fin septembre afin de se choisir un maire, et ce pour la quatrième fois en sept ans. Le Conseil d’État a en effet annulé, le 29 juillet dernier, les municipales de mars 2001, qui avaient vu Catherine Mégret s’imposer avec 201 voix d’avance dans une triangulaire face à la gauche, réunie entre les deux tours, et à la droite républicaine.

 

La plus haute juridiction administrative s’est appuyée sur la diffusion d’un tract hautement diffamatoire contre Christian Rossi, le candidat RPR, accusé d’avoir abusé sexuellement d’un SDF. Les enquêteurs chargés de la plainte ont découvert que ce tract comportait les mêmes défauts graphiques que les publications du MNR et provenait vraisemblablement de la même imprimerie. Yves Bovéro, premier adjoint de Catherine Mégret, a été mis en examen dans cette affaire.

 

Déjà dans la ligne de mire de la cour régionale des comptes et du parquet pour des soupçons de financement électoral du parti mégrétiste, Vitrolles tient dans ces nouvelles élections l’occasion de se débarrasser du MNR et de sa sulfureuse réputation de bastion de l’extrême droite. Pourtant, l’histoire politique récente montre que, sans union à gauche, Catherine Mégret est en mesure de conserver son poste.

 

" L’annulation des élections est une bonne chose, mais la situation serait encore plus terrible si le maire l’emportait de nouveau, témoigne un militant associatif, opposant de la première heure. Aux dernières législatives, l’UMP Éric Diard a remporté la circonscription en bénéficiant des consignes de vote de Bruno Mégret, et une part de l’électorat de droite pourrait se reporter sur le MNR. Le danger est d’autant plus grand qu’il n’est pas sûr que le FN arrive à constituer une liste. "

 

A droite, le RPR Christian Borelli et le DL Henri-Michel Porte se disputent une investiture UMP, que Christian Rossi ne souhaite officiellement plus porter. La gauche, historiquement majoritaire dans la ville nouvelle, n’est pas non plus en ordre de bataille. Le conseiller général PS Dominique Tichadou, tête de liste l’an dernier, n’est plus en odeur de sainteté dans sa fédération. Cette dernière préférerait se ranger sous la bannière du docteur Guy Obino, un sexagénaire ancien adjoint de Jean-Jacques Anglade, l’ex-maire battu par Catherine Mégret en 1997.

 

Pour le PS des Bouches-du-Rhône, ce sera François Hollande lui-même qui devra trancher ce litige avant qu’il ne débouche sur une candidature dissidente.

 

" La gauche est à nouveau devant ses responsabilités, constate Alain Hayot, tête de liste communiste l’an dernier. Saura-t-elle s’unir et offrir aux Vitrollaises et Vitrollais une véritable alternative de progrès social, de citoyenneté et de démocratie ? Il nous faut constituer une liste qui rassemblera très largement le monde associatif et social. Aujourd’hui, le PS est au pied du mur et ne doit plus tergiverser. "

 

Alain Hayot s’est également déclaré " disponible pour prendre ma place dans ce combat contre l’extrême droite et contre la droite, pour rouvrir à Vitrolles les chemins de l’espoir ".

 

" Nous devons peser pour obliger le PS à se positionner sur une liste de rassemblement à gauche, estime Jean-Marc Coppola, secrétaire fédéral du PCF. Les communistes vont organiser un forum citoyen dans la dernière semaine d’août, et nous appelons à d’autres initiatives en ce sens. "

 

De leur côté, les Verts locaux sont prêts à s’aligner sur une liste conduite par un socialiste " sur un programme clair " et la gauche alternative a annoncé qu’elle ne présenterait pas de candidat.

 

L’annulation des élections apparaît comme une bénédiction pour les démocrates. Mais, au cour des vacances, elle laisse moins de deux mois à la gauche vitrollaise pour s’organiser et convaincre une population flouée et démobilisée par sept ans de gestion mégrétiste.

 
Marc Leras
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