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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 05:39

 

 

 


http://www.tsr.ch/xobix_media/images/tsr/2010/swisstxt20100407_11945364_5.jpg

 

J'ai une passion, l'Aéronautique depuis « tout petit » avec un brevet de Pilote Privé obtenu à 17 ans et demi... Aujourd'hui, un peu plus agé, je me contente de Flight Simulator !

 

Toujours est-il qu'il y a eu cette semaine, le 7 avril 2010, un petit événement exceptionnel avec le 1er vol d'un avion propulsé l'énergie solaire, le Solar Impulse en Suisse.

 

Impressionnant et porteur d'avenir...

 

DH

 

 

Pour en savoir plus : http://www.solar-impulse.com/index.php?lang=fr

 

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Published by Didier HACQUART - dans Qui suis - je
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10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 06:35

 


 

Le débat sur les retraites va s'ouvrir dans quelques semaines. Il faut se mobiliser avant qu'il ne soit trop tard... D'autres choix sont possibles !


Une pétition est lançée.

 

Signer la pétition

 

Pour en savoir plus :http://blog.exigences-citoyennes-retraites.net


DH

 


Faire entendre les exigences citoyennes
sur les retraites

 


Le gouvernement français s’apprête à engager une nouvelle réforme qui risque de porter un coup fatal au système de retraite par répartition en jurant une fois de plus que c’est pour le sauver. Le bilan des réformes menées depuis 1993 est déjà catastrophique car toutes les dispositions prises (calcul sur les 25 meilleures années, indexation sur les prix et non plus sur les salaires des actifs, allongement de la durée de cotisation sous peine de décote…) ont déjà fait baisser le niveau des pensions d’environ 20 %.  Elles ont aggravé les inégalités déjà fortes entre les pensions des hommes et des femmes. Le Conseil d’orientation des retraites (COR) prévoit que le taux de remplacement moyen – niveau de la retraite par rapport au salaire, passerait de 72 % en 2007 à 59 % en 2050. Cette dégradation continuera donc de frapper les actuels retraités et touchera également les générations suivantes.


Malgré ce bilan désastreux, le gouvernement veut aller encore plus loin en supprimant l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans en le portant à 62, voire 65 ou 67 ans, comme le demande le Medef, et en remettant en cause le calcul sur les six derniers mois d’activité des retraites du secteur public. Jumelées avec un nouvel allongement de la durée de cotisation pour obtenir une retraite à taux plein, ces mesures condamneraient à la pauvreté la plupart des futurs retraités, surtout les femmes et tous ceux et celles qui ont connu et connaîtront des périodes de chômage et de précarité importantes. Ce sont les salarié-es les plus jeunes qui subiraient les effets cumulés de ces orientations au moment de partir à la retraite.


Le gouvernement et le patronat persistent à vouloir durcir les conditions de départ en retraite alors même que les entreprises continuent de se débarrasser des salariés âgés avant qu’ils aient acquis la totalité de leurs droits. Exiger que les salariés travaillent et cotisent plus longtemps, alors que l’âge moyen de cessation d’activité est de 59 ans, ne vise qu’à baisser le niveau des pensions. De plus, cette logique remet en cause la solidarité intergénérationnelle. Il n’y a aucun sens à augmenter l’âge de la retraite alors que le chômage de masse sévit pour les jeunes. Au lieu de voir dans la retraite par répartition une transmission perpétuelle et solidaire de la prise en charge d’une génération par la suivante, le gouvernement et le patronat, afin d’attiser la division, la stigmatisent comme un fardeau pour la seule génération à venir.


Le danger ne s’arrête pas là. Le COR dessine les contours d’une réforme pour remplacer notre système par un autre « par points » ou « par comptes notionnels ». Dans les deux cas, il s’agirait de ne plus avoir à assurer un taux de remplacement du salaire défini à l’avance et de faire de la variation du niveau des pensions le moyen d’équilibre financier des régimes. Cela aggraverait encore la baisse du niveau des pensions et contraindrait les salariés, particulièrement les salarié-es pauvres et effectuant les travaux pénibles, à travailler toujours plus longtemps.


La vraie raison des mesures qui s’annoncent n’est pas liée à la démographie. La crise financière a provoqué une récession et donc une flambée des déficits publics. Les États continuent benoîtement à financer leurs déficits en empruntant sur ces mêmes marchés financiers qui ont provoqué la crise. Réduire ces déficits pourrait se faire par une taxation du capital. Mais les spéculateurs refusent évidemment cette solution, demandent que les États donnent des gages et exigent une réduction des dépenses publiques.


Une alternative à cette régression sociale existe pourtant. A moins de décréter la paupérisation des retraité-es, il est normal de couvrir les besoins sociaux liés à l’augmentation de leur part dans la population par un accroissement des prélèvements sur la richesse produite. Les déficits des caisses de retraite sont essentiellement dus au refus obstiné de le faire. Pourtant, le besoin supplémentaire de financement nécessaire aux retraites est réalisable puisqu’il a été chiffré en 2007 par le COR entre 1 et 2 points de PIB jusqu’en 2050, à comparer avec la chute de la part de la masse salariale de 8 points au cours des dernières décennies et avec l’explosion correspondante des dividendes, qui sont passés de 3,2 % du PIB en 1982 à 8,5 % en 2007. Il est donc juste d’augmenter la part des salaires et des pensions dans la richesse produite en s’attaquant aux profits. Le financement des retraites est possible à condition d’en finir avec l’actuel partage éhonté de la richesse au bénéfice des revenus financiers. C’est ce partage qui constitue le tabou à faire sauter, et non l’âge de départ. Il s’agit là d’un choix politique de justice et de solidarité.


La question des retraites pose celle de la société dans laquelle nous voulons vivre. Nous ne pouvons accepter la paupérisation programmée des futurs retraité-es, l’idéologie absurde du « travailler toujours plus » et la destruction des solidarités sociales. Nous souhaitons contribuer à une vaste mobilisation citoyenne (réunions publiques, appels locaux…) pour stopper cet engrenage.


Premiers signataires :


Alain ACCARDO, Sociologue, Université Bordeaux III, Étienne ADAM, Fase /ANPAG basse Normandie, Solidaires précaires chômeurs Caen, Vladimir ANDREFF, Economiste, Université Paris I, Jean-Christophe ANGAUT, Philosophe, École normale supérieure, Michel ANGOT, Secrétaire national de la FSU, Michaël ASSOUS, Economiste, Université Paris I, Clémentine AUTAIN, Féministe, membre de la Fase et directrice du mensuel Regards, Geneviève AZAM,Ana AZARIA, Présidente de Femmes Égalité, Nicole AZOULAY, Economiste, Université Paris VII, Julien BACH, Haut-fonctionnaire, Marinette BACHE, Présidente de Résistance Sociale, Odile BARBOT, Militante associative, Louis-Marie BARNIER, Syndicaliste, sociologue, Catherine BARON, Professeur, Université Toulouse II, Philippe BATIFOULIER, Université paris x, Christophe BATICLE, Sociologue, Université de Picardie Jules Verne, Francine BAVAY, Conseillère régionale, Julien BAYOU, Génération précaire, Laure BAZZOLI,Alain BEITONE, Professeur de sciences économiques et sociales, Marseille, Marie-Claude BELIS-BERGOUIGNAN, Professeur d’économie, Université Bordeaux IV, Rachid BELKACEM, Economiste, Université Nancy II, Emmanuelle BENICOURT, Economiste, Université de Valenciennes, Mathieu BERAUD, Economiste, Université Nancy II, Laure BERENI, Sociologue, École normale supérieure, Claude BERNARD, Président national de l’unrpa, Sophie BEROUD, Politiste, Université Lyon II, Éric BERR, Economiste, Université Bordeaux IV, Gerard BERTHIOT, Vice-président de la région Champagne-Ardenne, PS, Élodie BERTRAND, Economiste, Université de Dunkerque, Olivier BESANCENOT, Porte-parole du NPA, Dominique BESSIRE, Professeure de sciences de gestion, Université Orléans, Éric BEYNEL, Secrétaire national de l’Union syndicale Solidaires, Martine BILLARD, Députée, Parti de Gauche, Baptiste BLOCH, Attac campus, Catherine BLOCH LONDON, Sociologue, Jean-Jacques BOISLAROUSSIE,Luc BOLTANSKI, Sociologue, École des hautes études en sciences sociales, Matthieu BONDUELLE, Secrétaire général du Syndicat de la magistrature, Paul BOUFFARTIGUE, Sociologue, CNRS, Gérard BOULANGER, Avocat, conseiller régional d’Aquitaine, Parti de Gauche, Josiane BOUTET, Professeure des universités, IUFM Paris IV et Université Paris VII, directrice de la revue Langage et Société, Magali BRACONNOT, Comédienne, membre des Alternatifs, Jean BRAFMAN, Conseiller régional d’Île-de-France, Jean-Claude BRANCHEREAU,Patrick BRAOUEZEC, Député de Seine-Saint-Denis, Patrick BRODY, Syndicaliste, Charlotte BRUN, Secrétaire nationale. Du ps aux personnes âgées, handicap et autonomie, François BRUN,Marie-George BUFFET, Députée, secrétaire nationale du PCF, Helène CABIOC’H, Aitec, Gérard CABY, Président des Amis de la Terre, Nord, Claude CALAME, Directeur d’études, École des hautes études en sciences sociales, Bernard CASSEN, Secrétaire général de Mémoire des luttes, président d’honneur d’Attac, François CASTAING, Economiste, université Paris VIII, Robert CASTEL, Sociologue, directeur d’études, École des hautes études en sciences sociales, David CAYLA, Economiste, Université d’Angers, Leila CHAIBI, L’Appel et la pioche, co-présidente de la Fondation Copernic, Jean Claude CHAILLEY, Secrétaire général de Résistance Sociale, Philippe CHANIAL,Patrick CHAMPAGNE, Sociologue, CSE – CNRS, Christophe CHARLE, Professeur à l’Université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne, Membre de l’Institut universitaire de France, Directeur de l’Institut d’histoire moderne et contemporaine, CNRS/ENS, Juliane CHARTON,Jean-Christophe CHAUMERON, Syndicaliste CGT, Sébastien CHAUVIN, Sociologue, Université d’Amsterdam, Jean-Jacques CHAVIGNE, CN du PS, co-auteur de SOS-Sécu !, Solange CIDREIRA, Initiative féministe européenne, Maxime COMBES, Aitec-ipam, paris, Pierre CONCIALDI,Philippe CORCUFF, Politiste, IEP de Lyon, conseil scientifique d’attac, Laurent CORDONNIER,Delphine CORTEEL, Enseignant-chercheur, Université de Reims-Champagne-Ardenne-Laboratoire IDHE, ENS Cachan-CNRS, Annick COUPE, Secrétaire nationale de l’Union syndicale Solidaires, Pierre COURS-SALIES, Professeur de sociologie, Université Paris VIII, Françoise COUSIN, Ethnologue, Nathalie COUTINET,Thomas COUTROT, Economiste-statisticien, co-président d’Attac, Daniel COUY,Monique CRINON, Sociologue et philosophe, Michel DAMIAN, Economiste, Université Grenoble II, Olivier DARTIGOLLES, Membre de la coordination du PCF, Noël DAUCE, Secrétaire national de la FSU, Vincent DE GAULEJAC,Caroline DE HAAS, Oser le féminisme, Marilza DE MELO FOUCHER,Alain DE TOLEDO, Economiste, Université Paris VIII, Claude DEBONS, Bureau national – Parti de Gauche, Georges DEBREGEAS, Physicien, CNRS, Ecole Normale Supérieure, René DEFROMENT, CGT construction 63, Christophe DELECOURT, Syndicaliste CGT-Finances, Marc DELEPOUVE, Bureau national du SNESUP-FSU, Chantal DELMAS, Militante PCF et altermondialiste, Sandra DEMARCQ, Comité exécutif du NPA, François DENORD,Monique DENTAL, Animatrice du Réseau Féministe « Ruptures », Cyril DI MEO, Professeur de sciences économiques et sociales, Renato DI RUZZA, Professeur, Université de Provence, Paul DIRKX, Sociologue, Université Nancy II, Keith DIXON, Professeur de civilisation britannique, Université Lumière Lyon II, Emmanuel DOCKES, Professeur de droit, Université Paris Ouest-Nanterre, Jean-Paul DOMIN, Economiste, Université Reims, Marnix DRESSEN, Professeur de sociologie, Université Lille I, Vincent DUBOIS, Professeur de sociologie et science politique, Institut d’études politiques de Strasbourg et Institut Universitaire de France, Cécile DUFLOT, Secrétaire nationale Les Verts, Pierre DUHARCOURT, Représentant de la FSU au Conseil économique, social et environnemental, Philippe DUPONT, Secrétaire national du SNUIPP-FSU, Cédric DURAND, Economiste, Université Paris XIII, Jean-Pierre DURAND, Professeur de sociologie, Université d’Evry, Michelle ERNIS, Gauche unitaire, Antoine EVENNOU, Président de l’Union nationale lycéenne, Anne EYDOUX, Economiste, Université Rennes II, François EYMARD-DUVERNAY, Université nanterre, Patrick FARBIAZ, Réseau écosyndicaliste, Sybille FASSO, Conseillère municipale PS, Paris 10ème, Olivier FAVEREAU, Professeur d’économie, Université de Nanterre, Jean-Michel FAURE,Hervé FAYAT, Professeur de sciences économiques et sociales, Sonia FAYMAN, Sociologue, militante de la solidarité internationale, Anne FERAY, Secrétaire nationale de la FSU, Gérard FILOCHE, Inspecteur du travail, Conseil national du PS, Léa FILOCHE, Conseillère de Paris, David FLACHER,Judith FOUILLARD, Secrétaire nationale du SNUIPP-FSU, Geneviève FRAISSE,Jacqueline FRAYSSE, Députée des Hauts de Seine, Guy FRIEDMAN, Sociologue du travail, Cégolène FRISQUE, Sociologue, Université de Nantes, Brigitte FONT LE BRET,Maryse GADREAU, Economiste, Université de Dijon, Jean GADREY, Professeur émérite, Université de Lille, Francisco GARCIA, Vice-président national de l’unrpa, Sandrine GARCIA, Sociologue, Université Paris IX-Dauphine, Isabelle GARO, Professeur de philosophie, revue Contretemps, Laurent GARROUSTE, Juriste du travail, Laurent GATHIER, Secrétaire général de l’Union SNUI-SUD Trésor Solidaires, Karl GHAZI, Cgt commerce, Elisabeth GAUTHIER, Co-éditrice de la Revue Transform !, Alice GAVALET, Designer, Bertrand GEAY, Professeur de sociologie, Université de Picardie-Jules Verne, Didier GELOT, Economiste, Jacques GENEREUX, Economiste, Sciences Po Paris, Susan GEORGE, Ecrivain, présidente d’honneur d’Attac, Bernard GERBIER, Economiste, Université Grenoble II, Ariane GHIRARDELLO, Economiste, Université Paris 13, Patrick GIANFALDONI, Economiste, Université d’Avignon, Claire GONDARD-DELCROIX, Economiste, Université Bordeaux IV, Claude GNOS, Economiste, Université de Dijon, Bernard GRANGEON, Cgt energie clermont-ferrand, Jérôme GUEDJ, Membre du Bureau national du PS, Stéphane GUILLEMARRE, Professeur de philosophie, co-secrétaire de la Fondation Copernic, Janette HABEL, Politiste, Institut des hautes études d’Amérique latine, Lilian HALLS FRENCH, Initiative féministe européenne, Razzy HAMMADI,Naïma HANAFI, Informaticienne pour les comptes de l’État, Jean-Marie HARRIBEY,Serge HAVET, Président d’ac!, Chantal HERSEMEULE, Altermondialiste et féministe, Julie HERVIANT, Cgt insee, Héléna HIRATA, Sociologue, directrice de recherches, Université Paris VIII, Liem HOANG-NGOC, Economiste, Université Paris I, Charles HOAREAU, Syndicaliste CGT nettoyage, Didier HORUS, Représentant de la FSU au Conseil d’orientation des retraites, Virginie HOUADEC,Michel HUSSON, Economiste, chercheur à l’ires, Sophie JALLAIS, Economiste, Université Paris I, Lucien JALLAMION, Secrétaire général et porte-parole de République et Socialisme, Florence JANY-CATRICE,Esther JEFFERS, Economiste, Université Paris VIII, Isaac JOHSUA, Economiste, Université Paris XI, Samuel JOSHUA, Professeur en sciences de l’éducation, Université de Provence, Président de la Société Louise Michel, Nicolas JOUNIN, Sociologue, Université Paris VIII, Régis JUANICO, Trésorier du PS, député de la Loire, Julien JUSFORGUES, Conseil national du Parti Socialiste, Pierre KHALFA, Secrétaire national de l’Union syndicale Solidaires, Michèle KINTZ TAILLEUR, Association des communistes unitaires, Michel KOEBEL, Sociologue, Université de Strasbourg, Sthatis KOUVELAKIS, Philosophie politique, King’s College Londres, Pablo KRASNOPOLSKY, Syndicaliste CGT, Élisabeth LABAYE, Secrétaire nationale du SNES-FSU, Agnès LABROUSSE,Hubert LABROUSSE, Ex-secrétaire du comité d’entreprise de l’Institut Pasteur, membre d’Attac Paris 15, Bernard LACROIX, Professeur de science politique, membre de l’Institut universitaire de France, Elsa LAFAYE DE MICHEAUX, Economiste, Université Angers, Marion LAFON, Attac campus, Rachel LAFONTAINE, Porte-parole des Alternatifs, Stéphanie LAGUERODIE, Economiste, Université Paris I, Bernard LAHIRE,Jean-Yves LALANNE, Maire de Billère, 64, Dany LANG,Didier LASSAUZAY, Cgt champagne ardenne, Sandra LAUGIER,Pierre LAURENT, Coordinateur de la direction du PCF, Stéphane LAVIGNOTTE, Pasteur de la Mission populaire La Maison Verte Paris 18e, Jacques LE BOHEC, Professeur de sciences de la communication, Université Lyon II, Brigitte LE GRIGNOU, Professeur de science politique, Université Paris Dauphine, Julie LE MAZIER, Secrétaire fédérale de SUD Étudiant, Pierre LE MASNE, Economiste, Université de Poitiers, Nathalie LE MEL, Féministe, Claire LE STRAT, Politiste, GAP, Paris Ouest – Nanterre, Didier LE RESTE,Frédéric LEBARON, Professeur de sociologie, membre de l’Institut universitaire de France, Catherine LEBRUN, Secrétaire nationale de l’Union syndicale Solidaires, Thierry LECRAS, Vice-président de l’unef, Rémi LEFEBVRE, Professeur de science politique, Université Lille II, Florence LEFRESNES, Economiste–chercheuse, Philippe LEGER, Economiste, Université d’Amiens, Stéphane LELAY, Sociologue, revue Mouvements, Claudine LEGARDINIER, Journaliste, Jacques LERICHOMME, Membre de la Fondation Copernic, Dominique LHUILIER,Marie-Noelle LIENEMANN, Ancienne ministre du logement, Bureau national du PS, Danièle LINHART, Sociologue, directrice de recherches au CNRS, Alain LIPIETZ,Laurence LIZE, Economiste, Université Paris I, Huayra LLANQUE, Artiste plasticienne, Frédéric LORDON, Economiste, CNRS, Michele LOUP, Ex conseillère régionale Ile-de-France en charge de l’égalité hommes-femmes, Michael LÖWY, Directeur de recherche émérite au CNRS, Yannick LUNG, Professeur d’économie, Université Bordeaux IV, Christian MAHIEUX, Cheminot, secrétaire national de l’Union syndicale Solidaires, Céline MALAISE,Henri MALER, Université paris viii, Jean MALIFAUD, Mathématicien, secrétaire national SNESUP-FSU, Noël MAMERE, Député de la Gironde, Marc MANGENOT, Economiste, Nathalie MARCU, Féministe, membre des Alternatifs, Sylvain MARESCA, Professeur de sociologie, Université de Nantes, Didier MARGUERY, Syndicaliste CGT Finances, Michel MARIC, Economiste, Université de Reims, Fernanda MARRUCCHELLI, Présidente de la Fédération de Paris de l’unrpa, Georges MARTEL, Vice-président de la commission nationale des conflits du PS, Roger MARTELLI,André MARTIN, Ingénieur, UGICT CGT, Nelly MARTIN, Coordination française Marches mondiales des femmes, Christiane MARTY, Ingénieure, conseil scientifique d’Attac, Olivier MASCLET, Sociologue, Université Paris V, Antoine MATH, Economiste-chercheur, Lilian MATTHIEU, Sociologue, CNRS, Jérôme MAUCOURANT, Economiste, Université Lyon II, Gerard MAUGER, Sociologue, CSE-CNRS, Delphine MAYRARGUE, Secrétaire nationale au travail et à l’emploi, PS, Jacques MAZIER, Economiste, Université Paris XIII, Caroline MECARY, Avocate, co-présidente de la Fondation Copernic, Jean-Luc MELENCHON, Président du Parti de Gauche, Anna MELIN, Secrétaire générale de l’unef, Corinne MIALON, Sud-éducation, Claude MICHEL, Syndicaliste Fnsac, CGT, Olivier MICHEL, Professeur d’informatique, Université Paris XII, Julien MILANESI, Economiste, porte-parole de l’alternative régionale Langon-Pau, Catherine MILLS, Economiste, Université Paris I, Michaël MOGLIA, Membre du Conseil national du PS, conseiller régional NPDC, Jean-Marie MONNIER, Economiste, Université Paris I, Sabine MONTAGNE, Economiste, Université Paris-Dauphine, Matthieu MONTALBAN, Economiste, Université Bordeaux IV, Annie MONTIGNY, Maître de conférence, Museum National d’Histoire Naturelle, René MOURIAUX, Politologue, Philippe MÜHLSTEIN, Ingénieur, conseil scientifique d’attac, Julie MURET, Osez le féminisme, Corinne NATIVEL, Angliciste et politiste, Université de Besançon, Frédéric NEYRAT, Sociologue, Université de Limoges, Christian NGUYEN, Convergence nationale des collectifs de défense et de développement des services publics, Martino NIEDDU, Economiste, Université de Reims Champagne Ardenne, Irène NIJEOU, Cosecrétaire fédérale de SUD-Éducation, Gérard NOIRIEL, Historien, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales, André ORLEAN, Economiste, École d’économie de Paris, Christian PALLOIX,Jean-Jacques PARIS, Secrétaire général de l’anecr, Association nationale des élus communistes et républicains, Francis PARNY, Membre de l’exécutif national du PCF, vice-président de la région Île de France, René PASSET, Professeur d’économie émérite, Université Paris I-Sorbonne, Robert PELLETIER, Syndicaliste CGT Métaux, Willy PELLETIER, Sociologue, coordinateur général de la Fondation Copernic, Jacqueline PENIT,Anne PERNET, Sercrétaire générale adjointe de l’Union nationale lycéenne, Patrice PERRET, Secrétaire national de l’Union syndicale Solidaires, Evelyne PERRIN, Stop précarité, Roland PFEFFERKORN, Professeur de sociologie, Université de Strasbourg, Christian PICQUET, Gauche unitaire, Claude PIGANIOL-JACQUET, Economiste, Claire PIGNOL, Economiste, Université Paris I, Louis PINTO, Sociologue, CSE-CNRS, Dominique PLIHON, Professeur d’économie, Université Paris-Nord, Michelle POINSOT, Bibliothécaire, Mireille POIRIER, Juriste, droit privé, Université Bordeaux IV, Alain POJOLAT, Comité exécutif du NPA, Thierry POUCH, Economiste, Université de Reims-Champagne-Ardenne, Christine POUPIN, Comité exécutif du NPA, Nicolas POSTEL, Economiste, université Lille I, Jean-Baptiste PREVOST, Président de l’Unef, Bernard PUDAL, Professeur de science politique, Université Paris Ouest – Nanterre, Daniel RALLET, Syndicaliste, Christophe RAMAUX, Economiste, université Paris I, Patrick RAMONATXO,Gilles RAVEAUD, Economiste, Université Paris VIII-St-Denis, Marie-Blanche REGNIER,Philippe REIG, Responsable national de République et Socialisme, Emmanuel RENAULT, Philosophe, École Normale Supérieure, Emmanuelle REUNGOAT, Doctorante en Science politique, Université Paris I, CESSP, Sabine REYNOSA, Féministe, syndicaliste, Géraldine RIEUCAU, Economiste, Université Paris VIII, Jacques RIGAUDIAT, Parti de Gauche, Michèle RIOT-SARCEY, Historienne, féministe, Nathalie ROBATEL, Sociologue, Fondation Pézerat, Chantal ROGERAT, Ancienne syndicaliste et sociologue, Suzy ROJTMAN,Josette ROME CHASTANET, Initiative féministe européenne, Michel ROUSSEAU, Marches européennes contre le chômage, Sandrine ROUSSEAU, Economiste, Université Lille I, Violaine ROUSSEL, Professeure de sociologie, Université Paris VIII, Jean-Marie ROUX, Membre du secrétariat de la fédération finances CGT, Juan Roy DE MENDITTE, Philosophe, Sabine ROZIER, Sociologue, Université de Picardie-Jules Verne, Sophie SAGLIO, Economiste, université Paris VIII, Yves SALESSE, Haut-fonctionnaire, co-président d’honneur de la Fondation Copernic, Marie-Josée SALMON, Présidente du collectif féministe Ruptures, Catherine SAMARY, Economiste, Université Paris-Dauphine, Isabelle SARGENI-CHETAUD, Secrétaire nationale de la FSU, Damien SAUZE, Economiste, Université Dijon, Claude SERFATI, Economiste, université Saint-Quentin-en-Yvelines, Patrick SILBERSTEIN, Directeur des Éditions Syllepse, Nicolas SEMBEL, Sociologue, Université Bordeaux II, Patrick SERAND, Commission retraite UGFF CGT, Édouard SILL, Historien, Rachel SILVERA,Patrick SIMON, Démographe, INED, Arnault SKORNICKI,Richard SOBEL, Economiste, Université Lille I, Édith SOBOUL, Secrétaire fédérale d’Alternative libertaire, Françoise SOLIGNAC, Féministe, Eric SORIANO, Politiste, Université Paul Valéry, Montpellier III, Henri STERDYNIAK, Directeur du département économie de la mondialisation, OFCE, Philippe SULTAN, Inspecteur général de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche, Maya SURDUTS, Porte parole du Collectif national pour les droits des femmes, Christian TAILLANDIER, Secrétaire national Sigma-FSU, Clarisse TARON, Présidente du Syndicat de la magistrature, Stéphane TASSEL, Secrétaire général du SNESUP-FSU, Patricia TEJAS, Syndicaliste CGT, Bernard TEPER, Ufal, Bruno THERET, Economiste, Université Paris-Dauphine, Nadine THEVENOT, Economiste, Université Paris I, Bruno TINEL, Economiste, Université Paris I, Marie-Hélène TISSOT,Ramon TORTAJADA, Economiste, Université Grenoble II, Catherine TOUCHEFEU, Vice-présidente du Conseil Général de Loire-Atlantique, adjointe au maire de Nantes, Claude TOUCHEFEU, Adjointe au maire de Toulouse, conseillere générale de Haute-Garonne, Marie Pierre TOUBHANS,Eric THOUZEAU, Conseiller régional Pays de Loire, Josette TRAT, Sociologue, Université Paris VIII, Stéphanie TREILLET, Economiste, IUFM Créteil-Paris XII, Céline TREMAUDAN, Secrétaire fédérale de SUD Étudiant, Aurélie TROUVE, Ingénieur agronome, co-présidente d’Attac, Marlène TUININGA, Journaliste, présidente de la Ligue des Femmes pour la paix, WILPF-France, Raymond VACHERON, Cgt 43, Mehrdad VAHABI, Economiste, Université Paris VIII, Bernard VALLAGEAS, Economiste, Université Paris-Sud, Jérôme VALLUY, Politiste, Université Paris I, Carlo VERCELLONE, Economiste, Université Paris I, Claire VILLIERS, Ancienne vice-présidente du conseil régional d’Ile de France, Patrick VIVERET, Philosophe, conseiller à la Cour des comptes, Christophe VOILLOT, Politiste, Université Paris Ouest-Nanterre, Loïc WACQUANT, Sociologue, University of California, Berkeley et Centre de sociologie européenne, Paris, Marion WISZNIAK, Magistrate, Genevieve WORTHAM, Conseillere régionale d’Ile de France, PS, Louis WEBER, Ancien président de l’Institut de Recherche de la FSU, rédaction de Savoir/Agir, Gilles YOVAN, Revue Les Périphériques vous parlent, Clara PAUL ZAMOUR, Secrétaire de l’Union nationale lycéenne, Michel ZERBATO,Bertrand ZUINDEAU.

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Published by Didier HACQUART - dans PARTI DE GAUCHE
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9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 05:58

 

 


 

C'est le buzz de l'année ! Mélenchon et les journalistes...

 

Nous vivons dans un monde ou la forme prend le pas sur le fond. Jean-Luc Mélenchon au delà de la colère délivre ou tente de délivrer un vrai message. Le problème c'est qu'il faut prendre le temps d'écouter et de réfléchir et non pas zappé en n'entendant que « le bruit ».

 

Le site ACRIMED a fait une bonne analyse de « l'évènement »...

 

A méditer...

 

DH

 

 

 


La colère de Jean-Luc Mélenchon et sa médiatisation



Publié le 6 avril 2010 par Henri Maler

 

Le 19 mars 2010, à deux jours du deuxième tour des élections régionales un étudiant en journalisme, Félix Briaud, aborde Jean-Luc Mélenchon qui distribue des tracts avec ses amis du Front de gauche sur un marché du 12e arrondissement de Paris et l’interroge. Dix jours plus tard une vidéo, extraite de cet « entretien », est diffusée sur la page Dailymotion de l’école de journalisme : elle montre une engueulade au cours de laquelle, c’est le moins que l’on puisse dire, la colère de Jean-Luc Mélenchon ne lui inspire pas une analyse particulièrement subtile des médias – « métier pourri » - et un comportement particulièrement affable – « petite cervelle » – à l’égard de l’apprenti journaliste.

 

Et la quasi-totalité des médias de dénoncer les insultes proférées contre cet apprenti et contre l’ensemble de la corporation. Soit. Mais encore ?

 

Est-il possible de laisser de côté, ne serait-ce que provisoirement, les accords ou les désaccords avec le Parti de gauche, de mettre entre parenthèses la sympathie ou l’antipathie que l’on peut éprouver pour Jean-Luc Mélenchon et son attitude,… et de regarder la vidéo et sa diffusion d’un autre œil ?

 

Un professionnalisme exemplaire ?

 

Par un paradoxe qui ne peut étonner que les naïfs, en accordant une importance disproportionnée à cette altercation, le chœur des indignés a confirmé que le privilège accordé à « ce qui fait polémique » et même, de préférence, à ce qui « fait scandale » guide nombre de priorités éditoriales. Évidemment, Gala ne pouvait pas manquer une telle occasion [1] !

 

Mais surtout, en présentant les faits d’une façon tronquée et biaisée, la plupart des journalistes qui ont commenté « l’événement » ont offert des arguments supplémentaires à la critique de leur professionnalisme… et de leur corporatisme.

 

  • Ont-ils essayé de compléter leur information en interrogeant Jean-Luc Mélenchon ou bien ont-ils eu la naïveté (et la paresse) de croire que les images et la séquence parlent d’elles-mêmes ? La réponse est dans la question.

 

  • Ont-ils essayé de resituer l’extrait de la vidéo dans son contexte (le cadre de la tentative d’interview, les échanges précédents l’altercation) ? Ont-ils demandé à visionner l’ensemble de l’enregistrement ? Que nenni. Pourtant Félix Briaud lui-même a déclaré : « Cette scène clôt cinq minutes d’interview où je lui ai notamment posé des questions sur les listes d’union avec le PS et le reste de la gauche ainsi que sur l’abstention. [2»

     

  • Ont-ils correctement résumé la vidéo et restitué les motifs, légitimes ou pas, de la colère de Jean-Luc Mélenchon ? Réponse négative, une fois encore. Par exemple, la plupart des indignés se gardent bien de souligner que Mélenchon a explosé quand l’étudiant en journaliste a voulu l’entraîner à parler des « maisons closes », alors qu’il venait précisément de prendre cette question comme un exemple de journalisme racoleur [3].

     

  • Ont-ils recueilli d’autres témoignages que celui de l’étudiant en journalisme, notamment sur les raisons et les conditions de la diffusion de cette vidéo ? Certainement pas. Certains se sont bornés à reproduire les déclarations de Félix Briaud, selon lesquelles il a attendu la fin de la campagne pour ne pas la polluer [4].

     

Ce dernier point est le plus inquiétant de tous. En effet, l’Express.fr expliquait : « Au-delà du caractère anecdotique du violent et injurieux coup de gueule de l’élu, cette vidéo a un double objectif pour l’école de journalisme de Sciences-Po Paris. Il s’agissait, dans un premier temps, de montrer que ce ne sont pas les journalistes qui poussent à la petite phrase. C’est en effet Mélenchon seul qui s’y adonne, sans y être poussé par le jeune journaliste. Deuxièmement, la diffusion ultra-rapide de cet extrait devait montrer aux étudiants quel format de vidéo fonctionne sur Internet. [5»

 

On aurait pu s’attendre à ce que des journalistes attachés à la défense de leur professionnalisme vérifient cette information, et que, si elle est vérifiée, ils la mentionnent [6] : elle en dit ou en dirait fort long sur ce que l’on apprend à la future élite du journalisme.

 

Dans tous les cas, on est en droit de se demander quel crédit on peut accorder à des journalistes quand ils dépendent à ce point d’une source dont ils ignorent les objectifs : un exemple bénin mais qui en rappelle beaucoup d’autres qui le sont beaucoup moins, notamment par temps de guerre.

 

La vidéo, sinon rien ?

 

Rares sont les médias qui ont invité Jean-Luc Mélenchon à s’expliquer sur ses propos et sur son attitude. Presque aucun ne l’a fait avant de diffuser la vidéo. Et très peu ont accordé à l’accusé un quelconque droit de réponse.

 

Quotidien vespéral de référence, Le Monde a inséré quelques phrases de Mélenchon dans un article entièrement à charge [7]. Seuls, parmi les « grands médias », Libération, Canal Plus et France 5 ont donné effectivement la parole au député pris en flagrant délit de colère.

 

Or les réponses de ce dernier n’ont fait l’objet, à de très rares exceptions près [8], d’aucune reprise dans les médias qui s’étaient précipités goulument sur la vidéo : un mutisme qui équivaut à une véritable censure.

 

En revanche, on a pu entendre Xavier de Moulins, incontournable chroniqueur de l’émission « l’incontournable » sur RTL, pérorer le samedi 3 avril sur « le buzz de Jean-Luc Mélenchon » (comme si ce dernier en était lui-même l’auteur) : une énième descente en flamme du député européen, sans aucune mention des explications de celui-ci [9] Et l’on a pu lire (enfin !) un éditorialiste qui n’avait pas encore eu l’occasion de s’insurger le dimanche 4 avril dans La Voix du Nord sous le titre « Le délicieux Monsieur Mélenchon » : « l’indignation lui tient lieu de pensée ». C’est Jean-Michel Bretonnier qui parle, non de lui-même, mais de Mélenchon.

 

Pourtant ces explications du président du Parti de gauche méritent qu’on s’y arrête. En proposant en annexe des extraits de l’interview accordée à Libération et une transcription intégrale de l’émission « C à dire » sur France 5 (dont la vidéo est en ligne sur le blog de Mélenchon), nous conservons des traces de ce qui fut dit dans ces médias… Et sur Canal Plus, dans l’émission « Le Grand Journal » dont voici de larges extraits [10]

 

http://blip.tv/file/get/Acrimed-melenchon_canalplus_010410_1623.flv

Manifestement, comme ce fut le cas pour Vincent Peillon [11], si l’on reçoit Jean-Luc Mélenchon, c’est d’abord pour lui demander de s’excuser ou de formuler des regrets. Évoque-t-il le journalisme précaire ? C’est motus et bouche cousue autour de la table. Formule-t-il une proposition ? C’est l’incrédulité qui prévaut. Critiquer les médias dans les médias ? Vous n’y pensez pas…

 

Quelles que soient les réserves que peuvent inspirer l’extrême personnalisation de cette critique par Mélenchon lui-même, quelles que soient ses lacunes ou ses incohérences [12], quelles que soient les limites des premières propositions présentées, il n’en demeure pas moins que cette contestation des médias dans les médias mériterait d’être entendue et adossée à une contestation collective.

 

Ne rien entendre, ni la critique ni la colère ?

 

Que reste-t-il finalement du tintamarre orchestré autour de la vidéo ? La presse outragée, la presse martyrisée, mais la presse libérée ?

 

Plutôt que d’exercer correctement leur métier à l’occasion de la diffusion de l’altercation, les journalistes qui l’ont commentée ont préféré, à de rares exceptions près [13], répondre par des leçons de morale à l’intention de Jean-Luc Mélenchon, dont le comportement aurait été incompatible avec celui d’un responsable politique.

 

Plutôt que de s’interroger sur la contestation croissante dont ils font l’objet de la part de nombreux acteurs collectifs, ils ont préféré amalgamer toutes les critiques qui les visent de la part de responsables politiques [14] et se demander si cette « mode », selon le terme plusieurs fois employé par Thierry Guerrier dans l’émission « C à dire », sur France 5, ne menaçait pas leur indépendance.

 

On pourrait sans doute plaider en faveur de nos indignés, en soutenant que la colère est mauvaise conseillère et que la critique serait plus efficace à condition de mesurer son expression. Seulement voilà : de quelque façon que s’exprime la contestation des pratiques journalistiques, c’est généralement une fin de non-recevoir qui lui est opposée :

 

  • quand elle emprunte la voie d’une critique interne, mais publique, comme le font certains syndicats de journalistes, la contestation n’est qu’exceptionnellement médiatisée ;

  • quand elle prend la forme d’une critique externe, quels qu’en soient le contenu et le registre, les gardiens de la corporation n’acceptent que les analyses qui ne dérangent pas ses habitudes.

     

Les critiques qui ne se bornent pas à relever des erreurs ou des « dérapages » mais qui, en les rapportant aux conditions générales d’exercice des métiers du journalisme, observent l’ensemble des pratiques journalistiques sont, au mieux, passées sous silence. Le froid examen des sociologues n’est toléré qu’à la condition qu’il épouse les mythes de la profession. Sinon c’est « du bourdieu », « du marx » ou « du chomsky », tous trois devenus les noms communs de toutes les détestations. Quant aux essais, s’ils sont un tantinet polémiques, quand ils ne provoquent pas de hauts cris d’indignation, ils ne bénéficient d’aucun compte rendu. Ni leurs auteurs, s’ils haussent le ton, ni Acrimed évidemment, ne peuvent se faire la moindre illusion s’ils espèrent être entendus par les sommités du journalisme.

 

Ces résistances peuvent paraître banales : les journalistes ne diffèrent pas, de ce point de vue, d’autres professions. Mais à la différence d’autres professions soumises à la critique publique (et notamment journalistique), les journalistes (ou du moins les préposés aux commentaires) détiennent collectivement un quasi-monopole de la médiatisation des critiques du journalisme. Et cela change tout ! Avec cette conséquence : non seulement il ne faut pas se laisser intimider par ce monopole, mais il est de l’intérêt général de tenter par tous les moyens (ou presque…) de le briser, au sein et en dehors des médias dominants.

 

Collectivement.

Henri Maler


- Documentation réunie avec Laurent L., Michel D., Marcel C., Frantz Peultier – Transcription de « C à dire » par Denis Perais – Réalisation de la vidéo : Ricar.


Annexes

 

- La transcription de « C à dire » (France 5, 1er avril 2010)
- L’interview de Libération

- Le journalisme en action (les articles et émissions consultés)-

 

I. Transcription de « C à dire » (France 5, 1er avril 2010)

Réalisée par Denis Perais pour Acrimed. Merci de mentionner la source si vous la reproduisez.

 

PDF - 77.6 ko

 

II. L’interview de Libération (mise en ligne le 2 avril 2010 à minuit)

Reproduite presque intégralement en guise de droit de réponse de Mélenchon. Retirée immédiatement si Libération ou l’auteur l’exige.

« C’était une engueulade ! Pas une interview ! »

 

Questions à Jean-Luc Mélenchon, leader du Front de gauche, par Lilian Alemagna

[…]

 

Vous vous êtes dit « piégé » et parlez de « chef-d’œuvre de manipulation ». N’exagérez-vous pas un peu ?

 

Dans une polémique, on force le trait. Ceux qui s’attaquent à moi ne se privent pas de le faire. Nous n’étions pas dans le cadre d’une interview. Le jeune était un étudiant en journalisme, pas un journaliste. J’ai appris après la diffusion de la vidéo que l’école de journalisme de Sciences-Po, à laquelle il appartient, voulait faire la démonstration qu’un homme politique n’a pas besoin d’être incité pour faire des petites phrases. C’est une manipulation et j’ai servi de produit d’appel.

 

Cela veut dire que vous n’auriez pas réagi comme ça avec un journaliste professionnel ?

C’était une engueulade ! Pas une interview ! Vous ne haussez jamais le ton vous ? Dès qu’on parle comme tout le monde, ça choque. Et lorsqu’on touche aux médias, le réflexe corporatiste se met en route.

 

« Sale corporation voyeuriste et vendeuse de papier », « métier pourri », c’est un peu violent, non ?

 

Encore une fois il faut remettre ça dans le contexte d’une engueulade ! Sur un parvis, en fin de campagne… Mon opinion sur les journalistes, je l’ai expliquée plusieurs fois. Je demande à être jugé sur ce que j’écris, pas sur une altercation.

 

Vous dénoncez le système médiatique, mais vous ne refusez pas d’aller au Grand Journal de Canal +, comme hier soir…

 

Je suis anticapitaliste et je vais au supermarché. Je suis écologiste et je monte dans une voiture. Je suis contre la Ve République et j’ai été sénateur… J’utilise les armes et les failles du système médiatique pour le combattre. À l’arrivée, je veux utiliser cette polémique pour déclencher une bataille politique à propos des médias.

 

Une « libération culturelle des médias », comme vous dites ?

Il faut cesser d’avoir peur des médias. Beaucoup d’élus ne les critiquent plus de peur d’être ostracisés, comme l’a été Vincent Peillon. Il faut provoquer une insurrection civique à l’intérieur et à l’extérieur de la profession. Par exemple : les gens qui payent la redevance doivent faire valoir leurs droits, notamment en élisant le patron de France Télévisions. Il faut assurer la stabilité sociale des journalistes. Est-ce normal que 50 % des nouvelles cartes de presse concernent des gens qui n’ont pas de CDI ? Ils sont automatiquement plus dociles car précaires. Et puis les conditions de travail de la profession empêchent de faire du bon journalisme et poussent vers le sensationnel. Il faut que les exigences éthiques et morales retrouvent du terrain dans ce métier.

 

III Le journalisme en action

 

Voici les articles et les émissions que nous avons lus ou entendus - Attention, nombre de liens sont dégradables ! - La liste sera complétée dès que possible. Ajoutés le 7 avril :

 

Le Blog de Guy Birenbaum, 30 mars, 8h08, « Jean-Luc Mélenchon, la “sale corporation voyeuriste et vendeuse de papier”, les “sujets de merde” & le “métier pourri”… »

 

France Info (1), 30 mars, chronique « Le bruit du net », à 7h27 (et ?) « Mélenchon s’énerve contre un journaliste, Laurence Parisot néglige son blog, Google Earth dominera le monde en 2090, par David Abiker et la rédaction multimédia

Arrêt sur images (Gilles Klein), le 30 mars : « Mélenchon et la "petite cervelle" des journalistes ».

Ouest France, le 30 mars : « Mélenchon insulte un jeune journaliste ».

Marianne.fr, 30 Mars, à 14h00, « Mélenchon, rageur, trollé mais vaillant ! », par Bénédicte Charles

Public Sénat, le 30 à 19 h 01 : « Quand Mélenchon traite un étudiant en journalisme de “petite cervelle pourrie” ».

 

L’Express, le 30 à 15 h 47 : « Mélenchon ne parle plus qu’aux "talibans professionnels" ».

Le Nouvel Obs.com, le 31 à 1 h 25 : « Quand Mélenchon insulte un étudiant en journalisme ».

France Info (2), 31 mars, chronique « Le bruit du net » à 7h27 et 9h20, « Le ramdam Mélenchon, la défense du heavy metal à l’Assemblée » par David Abiker et la rédaction multimédia

Arrêt sur Images (Daniel Schneidermann), le 31 à 9 h 15 : « Mélenchon et l’apprenti-journaliste ».

La Voix du Nord, le 31 à 17 h 25 : « Mélenchon s’en (re)prend aux journalistes, la Toile s’enflamme ».

Blog.lexpress.fr, 31 mars à 19 h 45 : « A taliban professionnel, taliban et demi... », par Eric Mettout.

France Info (3), 31 mars, chronique, « Le rendez-vous des bloggeurs », à 22h20 : « Le retour du "cass’toi pauv’con !"... » par Olivier Emond.

 

Slate.fr, le 1er avril : « Jean-Luc Mélenchon méprise les journalistes, les prostituées et les gens en général ».


Le Monde, 1er avril à 14 h 07, paru le 2 : « Enquête : Politiquement insultant ».


Libération, le 1er avril (extrait en ligne), interview : « Mélenchon : “Vous ne haussez jamais le ton, vous ?” »

 

Libération, le 2 avril, interview : « C’était une engueulade ! Pas une interview ! »

Paris Match.fr, le 1er avril : « Mélenchon charge les médias sur France 5 ».

France Info (4), 1 avril, 18h57 et 20h27, chronique « A première vue » « Merci, camarade Mélenchon » par Patrice Bertin, conseiller spécial du président de Radio France.

Gala.fr, 1er avril à 19 h 34 : « Mélenchon pète un plomb ».

Le Bien public, le 2 avril : « Noms d’oiseau », par Philippe Alexandre.

La Voix du Nord, dimanche 4 avril à 5 h 05 : « Le délicieux Monsieur Mélenchon », par Jean-Michel Bretonnier.

Notes

[1] Sous le titre : « Mélenchon pète un plomb », mis en ligne le 1er avril, on peut lire notamment : « Certes, le métier n’est plus ce qu’il était [puisque c’est Gala qui le dit !]. Malheureusement pour Mélenchon, les politiques ne peuvent plus être grossiers sans que tout le monde en soit témoin. »

[2] « Colère de Mélenchon, les révélations du journaliste », sur le site d’Agoravox.

[3] Un seul exemple. Sous le titre, « Quand Mélenchon insulte un étudiant en journalisme » voici ce que l’on pouvait lire sur le site du nouvelobs.com : « Abordant de sa propre initiative le fait que le Parisien a fait sa Une sur une éventuelle réouverture des maisons closes deux jours après les élections régionales, et reprochant à cette "sale corporation voyeuriste et vendeuse de papier" de ne pas parler de "choses intelligentes", le chef du Parti de Gauche accuse ensuite le journaliste, de vouloir lui poser des questions sur ce même sujet. » Or ce n’était pas le « sujet ». Une telle présentation laisse entendre que Mélenchon a refusé de répondre sur une question qu’il avait lui-même abordée, alors que ce n’est pas la « Une » prise pour elle-même qui était en question : ce n’était qu’un exemple des priorités éditoriales après une élection marquée par un taux d’abstention record. Cela dit, si la remarque générale Mélenchon était pertinente, l’exemple choisi était, en l’occurrence, mal daté et peu convaincant puisque Le Parisien avait titré les jours précédents sur l’abstention.

[4] Avec cette précision, publiée par Agoravox : «  S’il s’était excusé je n’aurais pas publié cette vidéo. Ce n’est pas une vengeance, mais je considère que c’est une personnalité publique qui a une responsabilité.  »

[5] L’Express.fr : « Mélenchon ne parle plus qu’aux "talibans professionnels".

[6] Comme Jean-Luc Mélenchon n’a pas manqué de le faire lorsqu’il a eu l’occasion de s’expliquer.

[7] Voici ce que l’on peut lire dans l’article d’une page : « Politiquement insultant », mis en ligne le 1er avril : « Interrogé par Le Monde, mercredi 31 mars dans la soirée, M. Mélenchon semble blessé par cette affaire : "Il en restera quelque chose qui m’aura abîmé et atteint." Puis jure cinq minutes plus tard n’avoir jamais prononcé cette phrase [laquelle ?] Il raconte avoir été journaliste - "J’y aurais passé ma vie si j’avais eu le bonheur d’être embauché", puis fustige une profession qui est "la bienpensance sur pattes". Il demande à relire ses propos, puis dira qu’il n’en a pas le temps. Il s’insurge contre le fait d’avoir été "montré de façon dégradante", puis argue du fait qu’il était fatigué. Et finit, plein d’amertume et de contradictions, par renvoyer à son blog. »

[8] Parmi ces exceptions… Paris Match.fr dans un résumé mis en ligne le 1er avril : un montage d’expressions sorties de leur contexte et entièrement à charge, intitulé « Mélenchon charge les médias sur France 5 ».

[9] C’est encore audible, si l’on peut dire, ici.

[10] Nous avons abrégé la « petite question » qui retournait contre Mélenchon les expressions de sa colère.

[11] Lire ici même : Le tribunal du « Grand Journal » de Canal Plus juge Vincent Peillon.

[12] Par exemple, présenter Eric Zemmour (comme l’a fait Mélenchon dans « 17 h Politique sur i Télé, le dimanche 28 mars), comme un « brillant intellectuel » qui aurait dit une « bêtise » (justifier les contrôles au faciès en affirmant que « la plupart des trafiquants sont noirs ou arabes »), mais qui « comme tous les intellectuels », serait simplement « têtu comme une mule », c’est faire bien peu de cas de sa fonction politique et médiatique. En échange, Eric Zemmour a pris la défense de Mélenchon dans l’émission « On n’est pas couché », le 3 avril…

[13] Références à suivre…

[14] « Il n’est pas le premier à entretenir des relations tendues avec la presse. Ni le dernier à surfer sur le désamour entre le public et les médias. » C’est ce que l’on peut lire dans Le Monde, qui multiplie les exemples sur le premier point, mais ne donne aucune précision sur ce « désamour ».

 

 

 

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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 05:51

 



 

Un des progrès sociaux des dernières décennies avait été un temps la disparition des retraités pauvres. Les parents et grands parents aidaient très souvent financièrement leurs enfants et petits enfants pour « s’installer dans la vie ». Les « séniors » étaient aussi des consommateurs qui contribuaient à l’activité économique…

 

Hélas, nous assistons à un véritable retour en arrière ces dernières années, avec de nouveau des retraités pauvres. C’est un véritable recul social qui doit tous nous interroger. Vivre plus vieux et en bonne santé, est une véritable chance et non un drame (économique) comme parfois certains le laisse penser. Comme je l’ai déjà dit et écrit, la retraite, c’est un véritable choix de société. C’est un vrai choix politique. Ne traiter le sujet que sous l’aspect économique est vraiment réducteur. Tout n’est pas que marchandise. Cela pose au contraire le problème du sens de la vie, vaste sujet…

 

DH

 

 


La pauvreté revient chez les retraités

 

 

La hausse de 0,9 %, aujourd’hui, des pensions du régime général, en décalage complet avec l’évolution des dépenses, annonce une aggravation du phénomène de paupérisation, constaté par les associations caritatives. Les syndicats revendiquent  : plus de retraite au-dessous du smic  !

 

« Une provocation  ! », ont réagi, en chœur, l’ensemble des organisations syndicales de retraités à l’annonce de la revalorisation de 0,9 %, au 1er avril 2010, des pensions versées par le régime général de la Sécurité sociale. Une pichenette qui laisse augurer, pour les quelques 12 millions de pensionnés, une nouvelle année de recul de leur pouvoir d’achat.

 

À titre d’exemple, les mutuelles santé ont augmenté leurs tarifs, au 1er janvier, d’environ 5 %, et GDF Suez vient d’annoncer une hausse du prix du gaz de 9,7 % à compter d’avril. Santé, énergie, deux postes de dépenses contraintes, incompressibles, qui pèsent proportionnellement plus lourd dans le budget des retraités. La facture énergétique est souvent plus salée pour eux, qui « doivent chauffer toute la journée. Et il a fait très froid cet hiver », souligne Françoise Vagner, secrétaire générale de l’UCR-CGT, dénonçant « un écart grandissant entre le niveau des pensions et les dépenses pour vivre ».

 

L’inflation, qui sert de base au calcul de la revalorisation des pensions, et que l’Insee prévoit, pour 2010, un peu au-dessus de 1 %, ne reflète pas le coût de la vie réel pour les faibles revenus, ceux des retraités comme, au demeurant, ceux des salariés, renchérit François Hun, dirigeant de l’UCR-CFDT. L’impact de ce décalage est bien sûr particulièrement rude pour les petites pensions. Selon les syndicats, « 4 millions de retraités perçoivent le minimum contributif » (590,33 euros) et « plus de cinq millions entre 800 et 1 100 euros ». Rien d’étonnant dès lors si les organisations de solidarité constatent, à l’unisson, l’arrivée dans leurs permanences d’un nombre croissant de personnes âgées. Des hommes et des femmes qui vivent comme « une injustice, une humiliation, de devoir demander de l’aide après avoir travaillé toute leur vie », observe Françoise Vagner. La pauvreté fait son retour chez les aînés, et le phénomène risque d’empirer  : les prochaines vagues de retraités subiront l’impact, sur leurs pensions, de carrières davantage touchées par le chômage et la précarité.

 

Et la facture sera aggravée si, comme le projette le gouvernement, les conditions d’accès à une pension à taux plein sont encore durcies par un nouvel allongement de la durée de cotisation. Pour l’heure, les syndicats exigent à l’unanimité qu’il n’y ait plus de retraite au-dessous du smic. Et au gouvernement qui prétend que « les caisses sont vides », ils répondent que « les retraités ne doivent pas être la variable d’ajustement de la crise ».

 

http://www.humanite.fr/2010-04-01_Politique-_-Social-Economie_La-pauvrete-revient-chez-les-retraites

 

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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 05:48

L'insee vient de publier une étude très intéressante sur l'évolution des revenus entre 2004 et 2007. On constate un développement flagrant des inégalités. Elles ne sont pas le fruit du hasard, mais le résultat d'une politique menée par la Droite. Ceux qui doutent encore que la droite ne « travaille » que pour une catégorie de français doivent lire le rapport...

 

DH

 

Pour en savoir plus : http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ref/REVPMEN10e.PDF

 

 


 

Le riche 
« s’éclate » avec la droite

 

« Une explosion du nombre de personnes riches » et de leurs revenus entre 2004 et 2007… L’Insee révèle l’aggravation des inégalités en France sous l’effet des politiques salariales et fiscales du Medef et du pouvoir. L’Institut rappelle que le taux d’imposition des très hauts revenus est seulement 
de 20 %.

 

« Alors qu’elles ne représentent que 1 % de la population, les personnes à très hauts revenus perçoivent 5,5 % des revenus d’activité, 32 % des revenus du patrimoine et 48 % des revenus exceptionnels déclarés (plus-values, levées d’options). » Tel est le tableau dressé par l’Insee dans une étude sur « les revenus et les patrimoines des ménages » publiée hier (1er avril 2010). Mais l’Institut ne se contente pas de montrer la concentration des revenus, il constate « une explosion du nombre de personnes riches entre 2004 et 2007 accompagnée d’une explosion des revenus touchés par les personnes à très hauts revenus ». « Entre 2004 et 2007, relève-t-il encore, le nombre de personnes dépassant les 100 000 euros constants de revenus par unité de consommation (1) a crû de 28 % et de 70 % pour les personnes au-dessus du seuil de 500 000 euros. »

 

Pour la première fois, l’Insee cible les plus riches que riches. Ils ne représentent que 0,01 % des ménages et regroupent un peu plus de 5 800 personnes. Leurs revenus par unité de consommation vont de 688 000 euros par an à plus de 13 millions (un peu plus d’un million d’euros par mois). Ils sont donc peu nombreux, et pourtant ce sont eux qui tirent le mieux leur épingle du jeu. Il y a à cela essentiellement deux raisons. En premier lieu, la priorité donnée par les gouvernements successifs depuis le milieu des années 1980 au développement de la finance, au détriment de l’emploi et des salaires. Ainsi, selon l’Insee, si les revenus d’activité ont augmenté de 11 % entre 2004 et 2007, les revenus du patrimoine ont progressé de 46 % et les revenus exceptionnels de 55 %. En second lieu, la politique salariale des directions d’entreprise. Une autre étude de l’Insee consacrée aux très hauts salaires du secteur privé (équivalents ou supérieurs à 215 600 euros par an), ceux des managers, montre que ces rémunérations ont bénéficié d’un coup de pouce annuel de 5,8 % entre 2002 et 2007, contre une augmentation de 2,3 % en moyenne pour l’ensemble des salariés.

 

Cette caste de privilégiés de haut niveau est celle qui siège dans des conseils d’administration, ce sont les compères du CAC 40. C’est elle qui truste les lieux de pouvoir, définit la politique salariale au sein des grands groupes, s’attribue des jetons de présence, des actions d’entreprise, des retraites chapeau en plus des rémunérations fixes et variables. C’est ce gotha de la finance qui par ailleurs se donne pour priorité de baisser le coût du travail des autres et réclame un recul de l’âge de la retraite. L’Insee indique ainsi que ces 0,01 %, soit les plus aisés des riches, disposaient en moyenne en 2007 de 1,5 million d’euros par an de revenus d’activité auxquels s’ajoutent 1 million de revenus du patrimoine (valeurs mobilières) et un peu moins de 600 000 euros de revenus exceptionnels (essentiellement des levées d’options). Cette politique a été aggravée par la droite à partir de 2001 notamment par le vote en 2005 d’une refonte du barème de l’impôt sur le revenu, réduisant sa progressivité. On touche là au mensonge fiscal de la droite. L’Insee note en effet qu’en 2007, le taux d’imposition des hauts revenus n’était que de 10 % (2). Celui des plus aisés d’entre eux (les 0,01 % évoqués), de seulement 25 % en moyenne. La politique fiscale engagée après 2007 a accentué cette évolution.

 

Pierre Ivorra

 

  1. Échelle de mesure de l’Insee qui permet de comparer des ménages de taille et de composition différentes. Un adulte est identifié à une unité 
de consommation, un enfant de moins de quatorze ans à 0,3 unité.

     

  2. prélèvements sociaux 
sur les revenus du patrimoine, 
impôts locaux et ISF.

 

Pour en savoir plus :

 

Impôts : le mythe de la redistribution

 

Un bouclier fiscal qui profite à 99% aux plus fortunés

 

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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 05:42

 


 

Traité de Lisbonne et la fin du principe de Laïcité en Europe ?

 

 

L'info ma 'a été communiquée par le camarade Gilbert de Pertuis que je remercie. Elle est relayée par « la libre pensée ».

 

Le COMECE (Commission des Épiscopats de la Communauté Européenne) a diffusé un communiqué le 1er décembre dernier qui mérite l'attention.

 

L'entrée en vigueur du traité de Lisbonne, frère jumeau du TCE rejeté par les peuples, a été saluée le jour même par la conférence des évêques catholiques qui organise la représentation directe de l’Église romaine auprès de l’UE (COMECE) par un communiqué dont l’objectif programmatique était assez clair :

 

« Outre la réforme des institutions de l’UE, le Traité introduit dans le droit primaire de l’UE un article très important pour les Églises. Par l’article 17 du Traité sur le fonctionnement de l’UE, l’UE reconnaît l’identité et la contribution spécifique des Églises et mène avec elles, sur cette base, un dialogue « ouvert, transparent et régulier (…)

 

La COMECE fera prochainement avec ses partenaires de la KEK (Conférence des Églises européennes) des propositions concrètes à la Commission européenne, au Parlement européen et au Conseil afin d’ancrer ce dialogue dans une pratique institutionnelle régulière »

 

(Communiqué de la COMECE du 1° décembre 2009)

En d’autres termes, il s’agit pour l'église d’être directement associée à la maîtrise des leviers de commande et non plus seulement consultée.

 

L’Église romaine revendique effectivement la place que lui reconnaissait implicitement l’adoption du principe de subsidiarité, défini par les encycliques papales, comme principe fondateur de l’Union européenne.

 

Il s’agit bien de faire reconnaître l’application de l’article 17, non seulement au niveau de la Commission (ce qui existait déjà, grâce à Jacques Delors, à travers le BEPA : Bureau des conseillers de politique européenne), mais auprès du Parlement européen et surtout du Conseil c’est-à-dire au niveau politique le plus élevé.

 

La COMECE réunira son assemblée générale de printemps du 14 au 16 avril 2010 pour préciser publiquement ses exigences.

 

À l’heure où les peuples souffrent sous le joug des dictats de la Banque Centrale européenne qui impose restrictions et destruction des services publics et des conquêtes sociales, les Églises réclament toute leur place aux commandes de l’Union Européenne pour proposer la charité en lieu et place des droits détruits.

 

Par ailleurs, c'est une totale remise en cause du principe de laïcité qu'il faut dénoncer !...

 

A suivre, DH

 

 

 

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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 06:00

 


 

Si comme moi, vous avez aimé Avatar, le film, voici la bande annonce d'Avatar 2...

 

DH

 


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4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 05:59

 

 

 


 

Je suis fan du père que j'ai vu en concert au début des années 80 à Paris. J'aime bien le fils et son dernier album,Mystic Rumba, je veux parler d'arthur H...

 

http://www.youpimobile.com/up/images/medium_arthur_h.jpg

Pour en savoir plus, je vous conseille de visiter son site internet : http://www.arthurh.net/

 

DH


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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 05:05


 

Berlusconi est particulièrement décrié. Ses pratiques politiques sont particulièrement choquantes. Les Italiens viennent de voter.

 

 

 

Ce scrutin nécessite une petite analyse. L’abstention comme en France est forte, moins qu’en France, mais en forte croissance.

 

La droite sort renforcer du scrutin avec une montée de l’extrême droite. Cela est décourageant mais démontre que la gauche traditionnelle qui s’est perdue dans la social-démocratie ne présente pas une alternative crédible. Le Parti Démocrate ne cesse de s’effondrer… C’est à méditer en France par ceux qui n’ont pas encore compris cela. N’est-ce pas Manuel Valls et autres ?

 

A suivre.


DH

 

 


 

 

 

Régionales italiennes : crise politique, mutation de la droite et essouflement de la social- démocratie

 

 

 

41 millions de citoyens italiens étaient appelés aux urnes ces dimanche 28 et lundi 29 Mars. Ils élisaient séparément, selon la formule électorale en vigueur, les conseillers régionaux et les présidents de 13 des 20 régions que compte le pays.


Cette élection confirme la tendance européenne de défiance croissante des électeurs envers les élites politiques régnantes. L'abstention atteint des niveaux records (36%, soit près de 10% de plus qu'aux dernières élections régionales). Le Movimento 5 stelle de l'humoriste Beppe Grillo, dont l'essentiel du programme porte sur la dénonciation élites et des institutions politiques en place, dépasse les 4% dans le Piémont et obtient jusqu'à 7% des scrutions en Emilie-Romagne.


La bipartisation et la droitisation de la vie politique italienne qui lui est connexe se confirment aussi.


Le "Centre droit", alliance, comme son nom ne l'indique pas, de la droite et de l'extrême droite, sort clairement victorieux de ce scrutin. Il remporte 6 régions dont deux centrales qu'elle prend au Parti démocrate : le Latium et le Piémont. En son sein, la Lega Nord (parti régionaliste, anti immigrés et chantre du fédéralisme fiscal) monte en puissance, notamment dans les régions les plus touchées par la crise et le chômage. Elle obtient ainsi 17% des voix dans le bastion historique de la gauche, la région Emilie Romagne.Cette droite extrême est désormais en mesure de concurrencer le leadership du parti de Berlusconi (il Popolo della Libertà). Elle redessine également ses contours idéologiques pour lui forger peu à peu un visage des plus réactionnaires.


Et à gauche ? Enfermé dans l'impasse du social-libéralisme, le Parti démocrate, leader du "Centre gauche", voit son érosion réaffirmée. Il ne conserve ainsi que 7 régions sur les 11 qu'il détenait.


Notons que si l'autre gauche s'était présentée unie aux électeurs elle aurait pu atteindre des scores plus qu'honorables dans plusieurs régions. Unies, Federazione della Sinistra et Sinistra Ecologia e Libertà auraient obtenu plus de 9% des voix en Toscane, plus de 10% en Ombrie et même 13% dans les Pouilles !


Le Parti de Gauche tient à saluer le score obtenu par la liste conduite par Massimo Rossi dans la région des Marches. Seule liste de l'union de l'autre gauche à se présenter, elle a obtenu 7,2% des voix. Puissent les Marches être le phare de l'autre gauche italienne dans cette nuit libérale!

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Published by Didier HACQUART - dans PARTI DE GAUCHE
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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 05:31

 


 

Cela alimente les chroniques et le buzz sur internet. Alors autant avoir les explications du premier concerné !

 

 

DH

 


 

 Un étudiant en religion médiatique démasque un mécréant par Jean-Luc Mélenchon.

 

Une certaine caste médiatique se déchaîne contre moi! J’ai commis le crime de lèse vache sacrée. Je suis donc mis au pilori médiatique. Il est  vrai qu'a force de dénoncer les méthodes d'Arlette Chabot, je devais m'attendre à une réplique de la confrérie des griots. C'est fait! Dix jours après son tournage, un film pris sous le masque d'un travail "d'étudiant en journalisme" est diffusé sur la toile, suivi aussitôt d'une mise en une du "Monde.fr" et d'une dépêche AFP. Puis, par imitation, sans vérifications ni retenue, la dépêche passe sur tous les médias! Une belle opération. Mais l’arrosage se retourne contre les arroseurs. Je jubile. Une pluie de commentaires qui me sont favorables vilipende les utilisateurs de ce chef d’œuvre de manipulation. Vive le buzz! J'attends la consécration : la diffusion de cet important document sur France 2. Pourquoi pas une émission sur le sujet?

 

 Le 19 mars dernier, il y a 10 jours, avant le deuxième tour des élections régionales, à l’occasion d’une diffusion de tracts du front de gauche au village de Bercy, un « étudiant en journalisme » m’a interrogé. Je n’avais guère envie de répondre. Trop fatigué, trop pressé. Mais bon ! Allons-y. c’est un jeune, il apprend, faisons l’effort car on est tous passés par là. J’ai cru que c’était un étudiant. J’ai cru qu’il étudiait le journalisme. J’ai cru qu’il avait des enseignants qui s’occupaient de lui et parlaient avec lui de son travail et des règles de son métier! Non ! C’était une sorte de caméra visible/cachée ! Ruse. Au mépris de toutes les règles de ce métier, sans mon accord,  sans dire où, quoi, comment, le film volé est mis en circulation… dix jours plus tard ! Pour moi ce n'était pas une interview mais un essai d'interview qui tournait à la discussion puis a l'engueulade. Je me suis fait piéger. ca me mets en colère. Mais quand j'y pense, ca va m'aider. En fait je ne me plains pas. Vous allez voir pourquoi.

 

Donc, de façon spontanée et tout à fait innocente, dix jours après la prise de vue, parait spontanément sur internet un extrait de mon « entretien » avec cet « étudiant en journalisme ». Une meute se jette sur moi et consacre à cet « entretien » au contenu, d’une importance fondamentale, la une de leur site. Il s’agit bien sûr de me disqualifier. Car sinon quel intérêt à un tel document ?  Il y a même une dépêche de l’AFP selon laquelle je déclarerai que le métier de journaliste est «un métier pourri» ! Tel quel, hors contexte, une fois de plus ! Une dépêche de l’AFP ! Cela revient à faire d’une phrase dans un film d’amateur une déclaration officielle de ma part. Savoir qui a écrit cette dépêche nous assurera sur les motivations de son auteur(e). Aussitôt, tous mes autres «amis» sont là pour relayer la nouvelle : « le monde.fr », le nouvel «obs.fr», et cerise sur le gâteau, même «Ouest France» qui comme chacun le sait suit toujours avec beaucoup d’intérêt mes prises de position! Et même le journal de LCI s’ouvre sur l’évènement !

 

Vous avez compris le mécanisme. On sort un bout de film sans donner aux visionneurs une indication de contexte ni d’origine. Le site « le monde.fr » valide. Ca classe. Aussitôt une dépêche sort. Ca devient une info pour toute la presse comme si j’avais fait une déclaration officielle. Personne ne vérifie rien. Le reflexe pavlovien fonctionne. La corporation est outrée. Haro sur l’iconoclaste ! Que n’ont-ils téléphoné à Robert Ménard et "Reporters sans frontière" pour terminer le tableau ! Comme je suis en congés, je ne peux pas me rendre compte de tout l’impact de l’affaire. Mais je suis enchanté. Tout simplement enchanté.

 

Pour moi c’est un buzz inespéré dans une semaine où je ne suis pas là du fait de mes congés. Mais, plus sérieusement, l’incident m’intéresse. Je crois que nous pouvons en profiter si nous l’utilisons correctement. Que l’occasion fasse les larrons. C’est surtout un exercice de démonstration par la preuve de ce que j’avance à propos des dérives de ce métier. Car cette vidéo a immédiatement suscité, m’a-t-on dit, des centaines de témoignages qui me donnent raison et dire que cette profession est en train de sombrer. Il est très important, pour la lutte que nous menons, de faire en sorte que les gens se décomplexent à l’égard des médias et rétablissent un rapport critique à ceux-ci.

 

La libération des médias dont a besoin notre pays pour sa respiration démocratique ne pourra pas se limiter à quelques arrangements de tuyauteries comme nous le pensions dans le passé (fin du monopole de l’émission, libéralisation des  ondes) ni par des restrictions sur le droit de propriété à l’égard de certains. Cela ne peut suffire. Il y faudra une révolution culturelle qui repense ce que sont ces métiers, leur éthique, leur finalité, leur responsabilité. Il y faudra des régulations démocratiques adaptées à chaque cas. Par exemple l’élection du président de France télévisions par les téléspectateurs du service public. La libération culturelle des médias est en soi un  front de lutte qui doit bénéficier des mêmes méthodes que les autres. Et d’abord de la bataille culturelle. Il faut donc ouvrir la bouche, décoincer les esprits, ferrailler. De cette façon dans le public mais aussi dans la profession la peur que le corporatisme pavlovien fait régner reculera. Pour cela il faut créer les situations ou les utiliser. Au cas concret il en va ainsi. Notre premier média à propos des médias, c’est nous, nous même. Il faut parler, zapper, écrire, boycotter à bon escient. Je me demande si nous ne devrions pas inventer un système de punitions du genre de celles que le marché que ces gens adorent tellement inflige aux gens. Par exemple des boycotts sélectifs. Des dénonciations sur le site des annonceurs publicitaires et ainsi de suite. Il faut lutter ! Car dans nombre de cas concrets, nous ne sommes pas dans un rapport de coopération en vue de donner une information aux citoyens mais dans un rapport de force, en face de manipulateurs hostiles qui «mettent en scène» leur discours politique.

 

Arlette Chabot est un monument du genre. Avez-vous vu l’autre soir le « débat » sur les retraites sur France 2 (non pas l’émission de voyeurisme sur la torture) ? Un de droite (la retraite à 65 ans), un socialiste (la retraite à 62 ans), deux experts (la retraite entre 62 et 65 ans) ! Beau comme pendant le référendum de 2005. Et sur un strapontin « en duplex», comme moi le dimanche de élections, donc n’ouvrant la bouche que quand on lui demande de le faire et qu’on lui donne la parole, Bernard Thibaud, le secrétaire général de la CGT première organisation de travailleurs du pays… Pas d’illusions à avoir ! Donc pas de concessions. 

 

L’épisode de « l’étudiant en journalisme » doit donc être cultivé. Il est important que ceux qui ont compris la manipulation le disent à haute et intelligible voix. J’invite tous ceux qui ont de la jugeote politique à se saisir de cet épisode très concret comme d’un cas d’école. Diffusez de tous côtés la séquence, faites connaître vos commentaires, encore et encore sur les médias qui publient cette vidéo édifiante. Au premier degré il y à tous ceux qui sont d’accord avec moi. Mes propos leur feront du bien. Plus mes paroles seront diffusées plus elles se banaliseront et seront reprises par d’autres au quotidien, en toutes circonstances. Ma parole les encouragera à se lâcher, comme on dit en média. Leur clameur contribuera à faire réfléchir. Car la vérité c’est qu’à côté des voyous, comme toujours, il y a les gens bien. Ceux qui aiment leur métier, que ces trafics écœurent et qui sont scandalisés de voir que c’est justement à un étudiant que ses maitres ont enseigné de telles méthodes aussi contraires à la déontologie du métier. Quelques amis du métier m’ont déjà appelé. Sous le sceau de la confidence, car telle est l’ambiance de terrorisme corporatiste aujourd’hui ! Ils m’ont appelé pour me dire qu’ils n’étaient pas d’accord. Donc on ne doit pas désespérer. Il ne faut pas globaliser ni faire un cas général des agissements de quelques puissants manipulateurs. C'est le panneau dans lequel on nous pousse: généraliser notre critique pour encourager le corporatisme. Ce ne serait d'ailleurs pas juste. Je viens de le dire, la ressource professionnelle existe pour que cessent un jour les façons de faire actuelles. D’ici là : feu sur le quartier général !

 

Que mes amis ne se soucient pas outre mesure pour moi. Je ne suis pas du tout affecté par cet assaut. Il m’amuse trop. Que mes amis soient rassurés j’en tire la leçon qui compte dans le contexte de lutte que nous menons : je ne me laisserai plus jamais approcher par un étudiant en journalisme, ni un journaliste stagiaire. Car il m’est impossible de distinguer entre un étudiant qui fait son apprentissage et un vulgaire provocateur du type de celui qui a abusé de ma disponibilité. Au téléphone je ne leur réponds plus (navré pour la poignée d’entre eux qui chaque semaine m’interrogeait) et dans les manifestations mes accompagnateurs les tiendront à distance. Je vous recommande d’en faire autant si vous êtes sollicités. Ne répondez plus. C’est trop risqué car ils ne respectent aucune règle. Ignorez-les,  comme vous le faites avec ces jeunes en haillons qui viennent dans le métro vous proposer de signer une pétition contre l’exploitation des enfants mineurs ! D’ailleurs je crois qu’il faut vérifier à chaque fois qu’il s’agit bien d’un étudiant réel. Car dans le cas de celui qui m’a escroqué je ne suis même pas certain que cela en soit un. Et si s’en est un, je me demande s’il n’est pas militant politique car il m’a dit qu’il était de gauche comme argument pour m’apitoyer tandis que je le rabrouais.  

 

Dorénavant au buzz va correspondre un contre buzz. C’est une règle élémentaire de l’espace de communication politique. Donc des milliers de gens sauront que je suis en effet tout à fait hostile à la façon dont est pratiqué aujourd’hui par certains voyous ce métier qui a été le mien il y a longtemps. Ceux qui voudraient en savoir davantage aux arguments de ma critique à ce sujet  peuvent se référer à ce que j’ai écrit sur ce blog il y a déjà quelques temps, et notamment à l’occasion d’une table ronde à l’école de journaliste de Strasbourg. Pour éviter de fastidieuses recherches (plus de trois clics à faire en effet), je reproduis plusieurs textes sur la question comme la fin pour cette note. On verra que je suis constant dans mes formules et analyses. Elles méritent meilleures répliques que des provocations bas de gamme comme celle dont je viens de faire l’objet. 

 

 


16 octobre 2009

 

 

 

VIE MEDIATIQUE ET VIE SOCIALE

 

 

Le débat au parlement européen a donc opposé les partisans du bien et ceux du mal à propos de liberté de la presse et tout ça. Il me parait cependant assez artificiel ! Certes, je partage les critiques sur la concentration des médias comme risque avéré pour la démocratie et la citoyenneté. Ca se comprend facilement. 80 % des informations dont disposent les citoyens viennent des télévisions. Qu’elles soient en mêmes mains et les citoyens ne disposent plus d’aucun moyen de former leur conviction de façon autonome. Mais cette façon de voir est tout à fait formelle. La concentration n’est pas l’unique cause de l’uniformisation de la parole médiatique. Loin de là. Il suffit de voir comment les choses se passent en France pour en avoir idée. Le miracle quotidien qui voit les deux grandes chaines hiérarchiser exactement de la même manière exactement les mêmes sujets doit faire réfléchir. D’ailleurs les partisans de Berlusconi s’amusent de faire des statistiques accablantes pour les imprécateurs : il y a quarante deux chaines de télé et radios et plus de cent journaux en Italie. «Comment expliquez-vous alors qu’il n’y ait qu’une tonalité » raillent-ils. On comprend l’abus que cet argument comporte. Quelle commune mesure entre une chaine nationale et une télé de communauté ? Mais soyons honnête. Comment expliquons-nous l’homogénéisation de la forme et du fond dans nos propres médias ? Quel effet de système est à l’œuvre ? Ensuite, si on veut entrer dans le détail des situations, pourquoi faisons-nous comme si la responsabilité individuelle n’était jamais engagée ? Les journalistes sont-ils des êtres humains ou des créatures d’essence pure et parfaite en contact intime avec la vérité.

 

BIENTOT LES FAILLITES

 

On comprend le mécanisme assez rustique qui bloque ce débat. Un corporatisme de mules bloque toute approche sur ce terrain. Les intéressés eux-mêmes ne se sentent plus aucune limite. Ainsi ai-je été appelé au téléphone et fait l’objet de messages longuement injurieux de l’intéressée pour avoir mis en cause la façon dont était présentée comme « liste communiste » à Corbeil la liste du Front de Gauche. Comme si la liberté de parole critique d’un élu politique sur un blog public était par nature illégitime, en face des caractérisations manipulatoires, en tous cas jusqu’au point de mériter une intervention dans la sphère privée qu’est une messagerie téléphonique. Cet épisode conforte l’idée que je me fais de l’immense malaise social et de confusion intellectuelle qui règne dans ce secteur. A présent tout cela va s’aggraver par les défaillances d’entreprise de presse qui vont bientôt se manifester. Aux Etats unis, royaume du Bla Bla sur le pluralisme et la liberté d’être tous d’accord sur tout, plus de cent journaux ont du fermer leurs portes et je ne sais combien de radio. Le papier de Ramonet dans « le Monde diplomatique » décrit tout cela très bien, je crois. La vague passera bientôt sur la France. Ce fait extrême nous rappelle qu’il est absurde de faire comme si la production de l’information n’était pas aussi une activité menée par des personnes socialement déterminée par leur environnement. Et donc que le principe de la responsabilité individuelle est, dans ces conditions, engagé dans cette profession comme dans les autres. Mais avec des conséquences sur lesquelles il est légitime que la société demande des comptes puisque c’est son propre pouvoir d’intervention qui est conditionné par cette responsabilité des professionnels qui la rendent ou non possible.

 

 

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