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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 06:24

 


 

C'est du grand Mélenchon ! L'article a été lu plus de 33 000 fois, et a donné lieu à plus de 1100 commentaires !!! Cela laisse réveur...

 

DH



R ésumons. Les Etats de la zone euro viennent de creuser de 440 milliards leur dette publique en une nuit. Ca c'est fort! Alors qu'on ne trouvait pas le premier euro pour les Grecs! Là, d'un coup, hop! 750 milliards sont disponibles que le contribuable est prêt à donner pour sauver qui on voudra: des fainéants grecs, des irresponsables espagnols, des gréviculteurs français, bref tous les "pigs" du monde sont dorénavant à l'abri. On croit rêver! 

I

Il a fallu un mois pour trouver 25 milliards dont la Grèce avait besoin à un taux non prohibitif. Entre temps, le mal s’étant aggravé, il fallu en rassembler putativement 110, moyennant primes et récompenses pour les généreux sauveteurs. Il ne fallut pas moins d'une semaine supplémentaire de tergiversations. Et comme ces sottises ont trop duré, le sytème a failli s'effondrer parce qu'un trader a mal tapé sa commande sur son clavier! Génial! A partir de là, ça devenait sérieux. Plus question des fichus grecs et de leur retraite à 43 ans, à moins que ce soit à 33 ans! Le trouilomètre s'est dégradé chez les belles personnes qui se régalaient la veille encore de voir les grecs privés de leur treizième mois à 750 euros bruts par tête. Là ce sont les milliards des précieux qui étaient en cause.


 Il n’aura donc fallu que deux nuits pour trouver 750 milliards. Et  pour sauver qui ? Ceux là même qui ont déclenché une nouvelle fois l’incendie. Les pauvres banques, les malheureux assureurs, les pitoyables traders! Ainsi, les Etats ne sont plus seulement les garants et les exécutants de la construction du merveilleux marché libre et non faussé. Ils en sont directement protagonistes. Ils fabriquent des lignes de crédits chaque fois que le casino coule ! Les mêmes ahuris qui se régalaient des mesures de sanction contre les paresseux grecs ne disent plus mot quand les Etats creusent leur dette publique de 440 milliards supplémentaires au seul profit du système financier international.


Et les sanction contre les « marchés » voyous? Nul n'en propose. Les 27 ne trouvent pas une seconde pour édicter la moindre règle, même minime, pour lutter contre la spéculation. Par exemple pour avancer la date d’application des mesurettes concernant les agences de notation déjà en route dans les interminables tuyaux institutionnels européens. Ou pour avancer la date d’application  des petites réglounettes européennes contre la titrisation des assurances sur le défaut des dettes publiques. Rien ! Rien de rien. Du fric, de l’oseille, des montagnes de fric pour le système et des sacrifices pour les peuples. Tant et si bien que la démonstration qui devait être faite selon laquelle les déficits étaient la faute des peuples et que le marché, dans son infinie sagesse et grâce à sa merveilleuse main invisible libre et non faussée, les sanctionnaient objectivement, se retourne en son contraire. Les marchés c’est n’importe quoi et les sacrifices il n’y a pas de raison de les faire !

Jusqu'à la Banque Centrale Européenne et ses mannequins en plomb, Trichet le bien nommé et les autres faces de pierre,  qui commencent à faire, trop tard, ce qu’ils auraient dû faire au début et ce pourquoi on nous a bien ri au nez : acheter elle-même les obligations des Etats ! Où sont passés les super intelligents qui nous narguaient ? Les super économistes qui glosaient sur les dettes publiques excessives et le rempart de la banque centrale ? Pschitt ! Disparus ! On ne tardera pas à les revoir sur tous les plateaux de télé réciter la leçon ! Et quand je m’y trouverai, peut-être,  pour expliquer les évènements autrement, surement qu’on me retaillera un plateau spécial du type Guillaume Durand avec sept personnes, sept, pour me contrer en psalmodiant comme des moulins la vulgate libérale ! Notons que dans cet épisode particulièrement misérable de la vie de l’économie de casino que défendent sans trêve ni repos toutes les élites, quelques personnages surfaits sont ramenés à leur juste proportion.

Ainsi de la Merkel et de son équipe de lourdauds. La super madame Merkel, avait été encensée par tous les commentateurs en mal de maman-qui- donne-la-fessée  pour avoir refusé de financer ces fainéants de grecs ! Un mois après sa sottise rustique éclate aux yeux du commun ! Elle est la principale responsable, du point de vue de l’Europe actuelle, du désastre en cours. Tous ses atermoiements n’avaient d’autres causes que son horizon borné par la survie de sa coalition dans une élection locale. Bien sûr, maints petits malins voyaient bien, cependant,  comment l’agonie grecque profitait sans le 

dire au modèle économique allemand tout entier fondé sur l’export en améliorant le taux de change. Un euro un chouia plus faible de quelques dollars, c’est autant de gagné en compétitivité sur le marché des marchandises libres et non faussées.  Cela, bien sûr en dépit  des discours de façade. Sans oublier que les grands comptes qui se retiraient de la dette grecque, espagnole et portugaise se repliaient sur les titres français et allemands générant de savoureuses économies de poche par la baisse des taux auxquels ils étaient admis ! Passons !


Tout cela "c'est de la technique" et il n’y a pas le temps de l’expliquer aux idiots que les rédactions médiatiques pensent avoir au bout de leur porte voix. Reste l’essentiel : la Merkel s’est pris une rouste ! Evidemment les griots prétendent que c’est à cause de sa faiblesse pour la Grèce. Malfaisant et égarant ces commentateurs ne quittent pas une seconde la ligne argumentaire qu’ils répètent depuis le début des évènements. Se risquent-ils à dire ce qui se serait passé, inclus dans cette élection, si la Grèce avait été mise en cessation de paiement ? Combien de banques allemande et française auraient bu la tasse ? Ouf ! C’est fini ! Elle a enfin perdu ses élections locales ! Elle consent donc à signer le bon de sortie des pompiers !  Trop tard pour sa réputation. Ce n’est pas trop grave ! Mais trop tard peut-être pour nous tous !

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Published by Didier HACQUART - dans PARTI DE GAUCHE
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20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 05:39


Le seul moyen pour les infirmières anesthésistes pour se faire entendre était de bloquer la gare Montparnasse à Paris. On peut le regretter. Mais la faute à qui ? Sous couvert d'économie, on remet en cause une profession en tentant de la dévaloriser, alors que c'est notre santé qui est en jeu...


DH





Le groupe Front de Gauche et alternatifs soutient les infirmières anesthésistes


Mercredi, 19 Mai 2010 Pascale Leneouanic


infirmieres-montparnasse


"Voies bloquées", c'est à l'image du comportement de la Ministre de la Santé, Roselyne Bachelot. Après plusieurs mois de grève, faute de réponses sérieuses de la part du ministère de la santé, les infirmières anesthésistes ont été contraintes, durant plusieurs heures, de bloquer les voies à la gare Montparnasse, seul moyen de se faire entendre. En effet, alors que les infirmières demandent le maintien de leur spécialité, la reconnaissance de leur diplôme au niveau de Master, et la revalorisation salariale correspondante, la porte de leur ministère de tutelle reste fermée.


Pourtant, la question posée par les infirmières anesthésistes n'est pas des moindres : c'est celle du maintient de leur statut et d'une rémunération qui va de pair avec cette reconnaissance. C'est celle de l'avenir de la santé et du service public hospitalier qui est un droit pour chacun d'entre nous. En effet, le Ministère de la Santé envisage de supprimer cette spécialité et refuse dans la même logique d'engager des discussions sérieuses sur la reconnaissance de leur diplôme et leurs rémunérations...


Madame Bachelot fait des économies de bout de chandelle, en bradant l'hôpital public au détriment des moyens humain. Elle perd également de vues les risques sanitaires lorsqu'une nation brade sa santé. Pire, la Ministre loin de faire des économies va contribuer ainsi à accroître les coûts des contrats d'assurance, la responsabilité médicale et notamment hospitalière étant de plus en plus lourde... Sans compter, au final, le risque réel de pénurie puisque de moins en moins de médecins accepteront de s'engager dans cette spécialité.


L'argent qui a permis de se fournir des vaccins contre la grippe A en surnombre manquerait-il maintenant pour permettre de rémunérer à leur juste valeur les infirmières anesthésistes ?

Mme Bachelot a créé la situation de blocage symbolisée à merveille par les infirmières anesthésistes en bloquant les voies de chemins de fer. C'est à elle qu'il incombe maintenant de la débloquer. Pour les élus du groupe Front de Gauche et Alternatifs au Conseil Régional d'Ile de France, soutenir les infirmières anesthésistes c'est soutenir le droit à une santé de qualité pour toutes et tous. Assez de la santé au rabais, oui à une revalorisation des salaires pour un service public de qualité !


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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 06:22

Réunion publique

http://data6.blog.de/media/235/4176235_8647139956_m.jpeg

Martine BILLARD secrétaire nationale du Parti de Gauche, député.


Écologie, socialisme, République :

quelle société voulons-nous ?

le 20 mai 2010 à 19h

Espace Canebière - 6, rue Sénac 13001 Marseille

Le Parti de Gauche fait le constat d’une société soumise à des urgences : urgence sociale et urgence environnementale. Parce que l’urgence est de plus en plus grande, le Parti de Gauche ne peut accepter une simple gestion environnementale du système, toute positive qu’elle soit, et l’articule à un projet global clair. Pour affronter la crise actuelle - économique, sociale, démocratique et écologique -, il faut apporter des réponses qui ne se contentent pas de changements à la marge.Aujourd’hui le Parti de Gauche organise sa réflexion autour de trois axes : écologie, socialisme et république. Comment cela s’articule t-il ?

Alors que le gouvernement mène une politique ultra-libérale, il est indispensable que nous semble que la Gauche dans son ensemble doit contribuer au débat en rappelant avec force qu’il n’ya pas de fatalité, mais que ce sont des questions de choix de société.

Face à cela, nous nous dressons contre :

  • la casse des services publics,

  • la nouvelle (contre)réforme des retraites,

  • les notions de Capitalisme vert

  • et l’asservissement des peuples par une Europe des banques.

Ces engagements sont liés à un choix politique fort que nous faisons : celui d’une société régie par les principes d’une République sociale, égalitaire et qui réfléchisse à une alternative écologiste qui ne soit pas au détriment des principes précédents.

Le politique n'a guère été au rendez-vous de l'urgence climatique et de l'impératif écologique : nous sommes aujourd'hui en mai 2010 ; or le Grenelle a été lancé au son des trompettes juste après l'élection présidentielle et le Grenelle 2, adopté mardi 11 mai, n'est qu'une coquille vide.

 

Alors que pour le président Sarkozy, « l'environnement, ça commence à bien faire », le gouvernement ne propose pas autre chose que des mesures environnementales s'inscrivant dans l'impasse écologique que sont les projets de croissance verte et du capitalisme vert. Or ce que nous souhaitons c’est définir un vrai projet de transformation sociale et écologique de notre société.

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Published by Didier HACQUART - dans PARTI DE GAUCHE
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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 06:39

 


 

On a parfois que la sécurité sociale a toujours existé, toute comme les retraites. Ce n'est évidemment pas le cas, et d'ailleurs, ce n'est pas si ancien que cela. A l'heure où tout le système de la protection sociale est remis en cause, il est bon de se rappeler...


DH




En mémoire du Conseil National de la Résistance


Marianne.fr


Article 11 - | Samedi 15 Mai 2010


A l'heure où on s'apprête à faire voler en éclats le socle des fondamentaux acquis à la libération, le site internet Article 11 rend hommage à l'œuvre du Conseil National de la Résistance.


zigazou76 - Flickr CC

 

L’an passé, ils étaient 4 000, réunis sur le plateau des Glières pour dire - sans bannière politique ni drapeau - leur rejet des valeurs sarkozystes. Manifester leur opposition aux présidentielles tentatives de récupération sur l’héritage de la résistance. Et souligner leur volonté de ne pas rester passif face aux coups de butoir incessants que la majorité au pouvoir et les milieux d’affaire assènent au modèle social français. 
Cette année, ils remettent ça, rassemblement organisé le dimanche 16 mai par l’association Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui [1]. Une "manifestation" qui s’inscrit dans un cadre plus vaste, patient et minutieux travail de fond mené par les membres de l’association pour préserver et rappeler l’héritage du Conseil national de la résistance. Ainsi de Walter, retour en résistance, film réalisé par Gilles Perret autour de la figure de l’ancien résistant Walter Bassan [2]. Ou du livre publié récemment par l’association à La Découverte, ouvrage collectif conduit par un journaliste du Canard Enchaîné, Jean-Luc Porquet.


L’ouvrage est bref, efficace et percutant. En moins de 200 pages, il revient sur l’application dans l’immédiat après-guerre des Jours Heureux, texte programmatique rédigé en 1944 par le Conseil national de la Résistance (CNR) et qui a très largement irrigué le modèle social français. Et détaille précisément les coups qui lui sont ensuite portés de tous côtés : politiciens de droite et de gauche, financiers, assureurs, banquiers, grands patrons, tous soucieux de prendre leur revanche. De ravager, - « avec une furie qui n’exclut pas une certaine méthode », pour reprendre les mots d’Alexandre Dumas - le système de Sécurité sociale et celui des retraites, de rogner les services publics, de mettre à bas toute idée de secteur bancaire public, de multiplier les privatisations, d’œuvrer à la déréglementation financière, d’asservir la presse au capital, etc… Bref, de laminer tout ce qui, de près ou de loin, représente une quelconque entrave à ces marchés qui se piquent de gouverner nos vies.


Qui mieux que Jean-Luc Porquet, coordinateur de l’ouvrage, pour en parler ? Nous avons rencontré ce journaliste rappelant avec une jolie verve - dans le livre comme dans ses chroniques au Canard - que « face à cette entreprise de démolition systématique, il faut imaginer des voies nouvelles et de nouvelles résistances ». Le mieux, c’est de lui laisser la parole…


Ce livre, il vient d’où ?


En mai 2009, je me suis rendu au rassemblement des Glières : ce fut une journée vraiment magnifique, avec des gens formidables. La veille déjà, j’avais été convié à une grande tablée, me retrouvant en compagnie des anciens résistants Stéphane Hessel, Raymond Aubrac et de l’écrivain John Berger. Stéphane Hessel - au passé de héros, résistant, arrêté par la Gestapo, déporté - était juste en face de moi, et cet homme de 93 ans faisait preuve d’une vivacité impressionnante, avec quelque chose de juvénile, d’optimiste. Une telle présence – héroïque et engagée – ne s’oublie pas, surtout quand elle se double d’un enthousiasme que beaucoup d’entre nous ont perdu.


Le lendemain, nous étions 4 000 personnes à participer au rassemblement. Le temps était magnifique. Juchés sur la petite plate-forme d’une camionnette, Stéphane Hessel, Raymond Aubrac, Alain Refalo (l’un des premiers enseignants "désobéisseurs") et le psychiatre Michaël Guyader ont donné à entendre des interventions aussi brèves que fortes. Hauteur de vue, combativité, absence de complaisance : c’était impressionnant. Et puis, il n’y avait pas ce côté boutiquier où chacun arrive avec son petit autocollant, sa petite banderole, son officine à défendre : les organisateurs avaient demandé aux participants de venir sans tract, sans l’appareillage habituel du militant. Bref, il y avait quelque chose de très fort, de vivant.


Ça vous a regonflé ?


Exactement ! J’en ai fait un papier pour Le Canard, dans lequel j’évoquais le texte des Jours Heureux, le programme du Conseil national de la Résistance. Après la publication de l’article, un copain m’a dit : « Les Jours Heureux, je ne connaissais pas du tout. Il faudrait rééditer le programme du CR. » Ça m’a fait réfléchir. S’il était inutile de rééditer un texte de dix pages qu’on trouve facilement sur le net, ça valait par contre le coup de le remettre en perspective, de raconter cette journée, cette résistance face à une imposture criante. J’ai pensé que ça pourrait donner un bouquin que j’aimerais lire. Je suis donc allé voir les membres de l’association Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui, pour leur proposer de publier le programme, de lui apporter un éclairage historique – comment il a été écrit et mis en actes - , puis de montrer comment les principaux points ont été (ou sont en voie d’être) sabordés méthodiquement.


Ils ont accepté l’idée. Ne restait plus, alors, qu’à choisir un éditeur - ils ont préféré un éditeur avec du répondant, qui déborde du réseau militant et puisse proposer une grande diffusion, à un petit éditeur engagé : ça a été François Gèze, de La Découverte. Lui et moi avons contacté des journalistes ou historiens susceptibles de participer à l’ouvrage - en l’espèce Emmanuelle Heidsieck [4], qui a écrit le très intelligent roman Il risque de pleuvoir, François Ruffin [5], Martine Orange [6], qui a une puissance de travail et de synthèse impressionnante, et l’historien Olivier Vallade. Ensuite, ça a été très vite, ça s’est enchaîné : en trois mois, le bouquin était fait.


C’est un ouvrage qui montre bien, dans la lignée de la réflexion de l’historien Nicolas Offenstadt, tout le travail qu’il faut mener contre la récupération des symboles et pour le respect de l’histoire...


Oui, et c’est finalement un peu grâce à Sarkozy - il faut lui dire « merci » pour cela. En ce qui me concerne, le déplacement présidentiel aux Glières m’a permis de retrouver le programme du CNR ; je connaissais son existence, mais j’avoue qu’il ne me parlait pas spécialement, que j’étais un peu passé à côté. 
Il m’a donc permis de réellement découvrir ce texte court, concis, programmatique, ce texte issu d’un rêve, d’une vision, écrit dans des conditions terribles, au péril de la vie des auteurs, lesquels y disent l’essentiel de ce pour quoi ils se battent. Cela lui donne une force et une émotion qui nous parlent toujours, soixante ans plus tard.


Il faut aussi se rendre compte que tout ce qu’on appelle le modèle social français est - en grande partie - issu de ce petit texte : il n’a pas été seulement une vue de l’esprit, il a eu une réelle portée. Et en même temps, c’est une source d’une certaine pureté, d’une pureté originelle dont on rêve tous un peu, qui ne soit pas embrouillée par les querelles de partis et de boutiques.


Vous croyez que c’est pour ça que le sujet semble dans l’air du temps, que les gens s’y intéressent ?


Oui. Il n’y a plus de grands penseurs, d’intellectuels contemporains apportant réellement de la vie et de l’espoir – à moins de croire que le maoïsme à la Badiou ou L’Insurrection qui vient en sont porteurs ! Face à ce désert, on cherche quelque chose de lumineux dans l’histoire, une pensée pour se ressourcer.


Vous plaisantiez un peu avant en "remerciant" Nicolas Sarkozy. Et c’est vrai, il arrive à ressouder les gens contre lui. Ce qui revoie à cette déclaration très connue de Denis Kessler, où il invite à « défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la résistance ».


Il faut rappeler que cette déclaration date d’octobre 2007, soit quatre mois après l’élection de Sarkozy et qu’on était alors en pleine Sarkomania. Il venait d’être élu triomphalement - c’était l’époque bling-bling, celle du yacht de Bolloré ou du « nouveau » 14 juillet. Et il pensait vraiment être l’homme d’une totale rupture, pouvoir tout changer parce qu’il n’y avait plus personne en face et que la gauche était carbonisée.
C’est vrai que c’est finalement formidable qu’un homme comme Denis Kessler ait révélé la cohérence du projet sarkozyste. Il s’est senti suffisamment en position de force pour dire : « Ce qu’on va faire, c’est casser 1945. » C’est la même chose pour un Sarkozy, à la fois complètement brouillon et maître de l’enfume : c’est sa mise à nu qui est intéressante.


Pour le côté "enfume", il y en a une très bonne illustration dans le discours de Sarkozy à Versailles, quand il se présente comme « l’héritier » du Conseil national de la Résistance [8]. Il passe son temps à dire le contraire de ce qu’il fait.


C’est une tactique que je crois directement héritée de Le Pen. J’en parlais dans un livre, sorti juste avant l’élection de Sarkozy, un ouvrage nommé Le Petit Démagogue [9]. J’y reprenais en partie un travail que j’avais réalisé lors de l’écriture d’un livre sur Le Pen (Le Faux Parler ou l’art de la démagogie, paru en 1992), où j’essayais de comprendre pourquoi ça marche, pourquoi son discours séduit tant de gens. Je voulais mettre à jour les ficelles de son discours démagogique, les « recettes » auxquelles il avait recours. 
Quand j’ai vu grimper le Nicolas Sarkozy ministre de l’Intérieur, la ressemblance m’a paru évidente : ce sont les mêmes techniques, les mêmes ficelles, le même enfumage que ceux de Le Pen. Les mêmes simplifications, la même outrance, les mêmes dénégations du réel. La même tentation autoritaire, les mêmes pulsions. Le karcher, les voyous, la racaille… 


C’est pourquoi j’ai repris mon bouquin de l’époque, que j’ai entièrement réadapté et reconstruit autour de Sarkozy. Le livre, Le Petit Démagogue, met donc en avant cette analogie des techniques. Sauf que l’élève a dépassé le maître, que Sarkozy a réussi là où Le Pen a échoué. Pour moi, ça a été une surprise : je ne pensais pas que ça allait fonctionner à ce point, que reprendre tous les vieux trucs crapuleux et crapoteux de Le Pen –à commencer par cette récupération des victimes, pour aller pleurer auprès d’elles et promettre la punition des voyous - pourrait s’avérer si payante. Mais il a réussi son hold-up, il est parvenu à récupérer tout l’électorat de Le Pen en reprenant ses ficelles.


[1 ] L’association a concocté un programme sur deux jours, avec des projections et conférences, en sus de la marche proprement dite. À consulter ICI.


[2 ] ICI l’entretien que Gilles Perret avait accordé à A11.


[4 ] Journaliste à MiroirSocial.com.


[5 ] Rédacteur en chef de Fakir et reporter pour Là-Bas si J’y suis .


[6 ] Journaliste à Médiapart.fr.


[7 ] Voici la déclaration complète, issue dans un éditorial de Denis Kessler dans le magazine Challenge du 4 octobre 2007 : « Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme… A y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance. »


Denis Kessler n’a pas été le seul à l’énoncer aussi ouvertement. En janvier 2008, l’homme d’affaires Charles Beigbeder, patron de Powéo, l’a fait aussi, ce que relevait Jean-Luc Porquet dans sa chronique du Canard. En voici un extrait : « Et puis la semaine dernière, Charles Beigbeder a remis ça. Dans une tribune au JDD (27/1), le pédégé de Poweo a affirmé, l’air de rien, que selon lui le rapport Attali permettrait enfin d’en finir avec cette France "qui continue à vivre sur un modèle fondé en 1946, à partir du programme du Conseil national de la Résistance". Tiens, tiens. Lui et Kessler, même combat. Charles Beigbeder, le prototype du jeune loup moderne. L’homme qui veut tailler des croupières à EDF en vendant de l’électricité privée aux Français. »



[8 ] Il s’agit d’un discours prononcé le 22 juin 2009, devant le Congrès : « Le modèle républicain reste notre référence commune. Et nous rêvons tous de faire coïncider la logique économique avec cette exigence républicaine. Ce rêve nous vient, pourquoi ne pas le dire, du Conseil National de la Résistance qui, dans les heures les plus sombres de notre histoire, a su rassembler toutes les forces politiques pour forger le pacte social qui allait permettre la renaissance française. Cet héritage est notre héritage commun. »


[9 ] Aux éditions La Découverte.


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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 06:03

 


 

La rigueur est une « débilité économique » par Jacques Généreux... Jacques Généreux est un des économistes, du Parti de Gauche. Il est professeur d'université et auteur de nombreux livres...


J'aime bien !


DH

 


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Published by Didier HACQUART - dans PARTI DE GAUCHE
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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 06:15

 


 

Une jeune australienne de 16 ans vient de boucler un tour du monde à la voile. C'est un véritable exploit. Moi qui en famille ait sillonné la cote méditerranéenne d'Estartit en Espagne à Monaco, pendant quelques années l'été sur mon voilier, cela laisse rêveur quant à l'exploit accompli...

 

Pour en savoir plus sur son périple : http://www.lepost.fr/article/2010/05/15/2074537_a-16-ans-elle-boucle-un-tour-du-monde-a-la-voile-en-solitaire.html#xtor=RSS-30

 

je vous conseille le lien suivant : http://www.jessicawatson.com.au/the-voyage

 

Vous y découvrirez le trajet et en jouant avec googlemaps, on comprend mieux ce qu'est un tour du monde à la voile !

 

Chapeau bas à Jessica...

 

DH

 

 

 

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Published by Didier HACQUART - dans Qui suis - je
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15 mai 2010 6 15 /05 /mai /2010 07:24

 


 

« L'usage de l'eau appartient à tous ». Vous en doutez ? C'est pourtant l'article 1 de la loi sur l'eau et les milieux aquatiques promulguée en 2006 !

 

Or aujourd'hui, Jean-Louis vient de trahir ce principe. Il a en effet annoncé la mise en concurrence en France des concessions hydrauliques en en particulier des barrages d'ici 2015.

 

Sachant que ce sont nous les contribuables qui avons financé les investissements, c'est un marché juteux offert au secteur privé, qui d'ailleurs ne s'y trompe pas. Il suffit de lire l'article de l'Usine Nouvelle bon relais à droite des industriels...

 

Hallucinant encore une fois... Ceci dit il faut le dénoncer.

 

DH


 

L'Etat lance la concurrence à l’assaut des barrages

 

Le 22 avril 2010 par Ana Lutzky

 

Le gouvernement engage aujourd'hui le projet d'ouverture à la concurrence des barrages. Une cinquantaine d'ouvrages sont concernés par la procédure d’appels d’offres d'ici à 2015. Etat des lieux du chambardement hydroélectrique, en 6 questions.

 

Pourquoi est-ce un enjeu important pour les industriels ?


Attribuées pour une durée de 75 ans depuis... 1920, les quelque 400 concessions hydroélectriques du pays arrivent à expiration. Une
poule aux œufs d'or pour les industriels qui les exploitent : les investissements sont en effet déjà largement amortis. A Génissiat par exemple, le plus gros barrage de l’Hexagone, chacune des six turbines rapporte 4000 euros par heure et produit 60 à 70 MWh d’électricité (le prix de vente moyen de l’électricité se situant autour de 55 euros le MWh). Or le coût de production, lui, se situe 20 euros par MWh, soit 1400 euros maximum par turbine. Le calcul est des plus rapide : chaque heure GDF Suez dispose d’une marge substantielle. 

A partir d’aujourd’hui néanmoins, l'eldorado hydroélectrique va progressivement être soumis à la concurrence. De quoi offrir des marges copieuses à de nouveaux concessionnaires, qui remporteront le gros lot pour 30 à 40 ans. Une première grappe d’une cinquantaine de barrages a été rassemblée dans
dix concessions, qui seront remises en jeu d'ici à 2015. Il faudra compter cinq ans entre la réalisation d'un dossier de fin de concession par l'exploitant actuel d'un ouvrage et l'arrivée d'un nouveau concessionnaire.

 

L’Etat est propriétaire

 

Les barrages sont une délégation de service public. Le cahier des charges confie de larges prérogatives au concessionnaire, qui procède aux différents aménagements pour le compte de l'État. Responsable de la sécurité et la protection de l'environnement, le concessionnaire a l'obligation d'entretenir les ouvrages afin de les remettre en bon état à la fin de la concession.


Quelle capacité représentent les barrages bientôt remis en jeu ?


Près de
5.3 GW soit environ 20 % de la puissance du parc hydroélectrique français. Le ministère de l’Energie a décidé de regrouper les ouvrages hydrauliquement liés dans chaque vallée. Pour cela, il a fallu anticiper le renouvellement de concession d'une quinzaine d'ouvrages de 2,3 GW au total, et définir une méthode pour dédommager l’ancien concessionnaire en cas de changement. Le dédommagement sera égal à l'actualisation de l'excédent brut d'exploitation moyen sur les cinq meilleures des sept dernières années ou sur la dernière année si celle-ci est plus avantageuse. A cela s’ajoutent 2,8 GW de concessions qui arrivent à échéance naturelle. Enfin, le ministère du Développement Durable demandera également au moins 200 MW de suréquipements.

Quels seront les premiers barrages ouverts à candidatures ?


Dès 2010 pour les ouvrages de la vallée de l'Ossau (Pyrénées-Atlantique), et du Lac Mort (Alpes). Les gros morceaux tels que la vallée de la Truyère (2.014 MW), de la Dordogne (1.551 MW) et de Bissorte (882 MW), lanceront leurs appels à candidatures entre mi-2011 et mi-2012. Les concessions hydroélectriques dans les Alpes (Vallée du Drac, chaîne du Beaufortain et station de pompage de Bissorte), les Pyrénées (Vallées d'Ossau, du Louron et de la Têt) et le Massif Central (vallée de la Dordogne et de la Truyère) seront attribuées entre 2013 et 2015.

 

Une source renouvelable, et réactive

 

L'hydroélectricité représente 12 % de la production nationale. Lorsqu'elle est associée à un réservoir (lac, barrage, etc.), elle permet un démarrage rapide et une montée jusqu'à la pleine puissance en quelques minutes. Plutôt précieux, en cas de perturbation voire d'écroulement des réseaux électriques.


Qui détient les barrages actuellement ?


Sur une puissance totale concédée de
25,3 GW, EDF exploite environ 80 % des barrages de l'Hexagone avec 20,3 GW, le reste étant essentiellement détenu par deux filiales de GDF Suez, la CNR (Compagnie nationale du Rhône) se voyant déléguer 3,5 GW et la Shem (Société hydroélectrique du Midi) 900 MW. Enfin, 600 MW ont été attribués à d’autres producteurs. Pour EDF, l'ouverture des barrages à la concurrence constitue un enjeu clef. Grâce à ce processus, GDF Suez espère disposer de 4 à 4,5 GW de capacités hydrauliques d'ici à 2013, contre 3,7 aujourd'hui.


Qui sont les nouveaux entrants potentiels ?


Le renouvellement des concessions suscite la convoitise de poids-lourds étrangers comme le norvégien
Statkraft, qui exploite déjà 225 centrales hydrauliques en Norvège, en Suède, en Allemagne, en Finlande et au Royaume-Uni, l'allemand E.ON,  qui a pour objectif de produire 36%d’électricité issue de sources renouvelables en 2030, ou l'italien Enel. Le suisse Alpiq, qui s’est déclaré candidat par voie de communiqué, exploite en Suisse, en France et en Italie une trentaine d'ouvrages, pour la plupart de très grande taille, pour plus de 2.800 MW de puissance installée. En complément des projets de centrales à cycle combiné gaz qu'il développe en France, de sa présence dans l'éolien et la petite hydraulique qui correspondent à des volumes d'investissements très significatifs, le renouvellement des concessions hydroélectriques constitue pour le groupe une belle opportunité.

Egalement intéressé, l’autrichien
Verbund, actionnaire à 48% du français Poweo, a récupéré, en 2008, treize barrages allemands d’une puissance de 312MW, propriétés d’E.ON. Le fournisseur d'électricité alternatif Direct Energie lui emboîte le pas. Menant des projets dans la biomasse, le photovoltaïque, l’éolien offshore et on shore pour plusieurs centaines de MW, il possède et gère 5 petites centrales hydroélectriques de moins de 10 MW également, et compte sur deux futures centrales à gaz à cycle combiné de 800 MW chacune. Plus discrets, l’espagnol Iberdrola et l’allemand Vattenfall sont également sur les rangs, tout comme à son échelle le petit Maïa Power.

Pourquoi plafonner la redevance ?

Pour des raisons historiques, ni les barrages d’EDF ni ceux de la Shem  ne paient de redevance à l'Etat : seuls des ouvrages gérés par la CNR s’en acquittent à hauteur de 24 % de leurs revenus. Le vote de la loi Grenelle 2, début mai, va changer la donne. Le niveau de cette redevance, proportionnelle au chiffre d'affaires de l'ouvrage, sera défini vallée par vallée et réparti à 50/50 entre l'Etat et les collectivités locales.

Afin de sélectionner les nouveaux concessionnaires, l'Etat tiendra compte de leurs propositions en matière d'environnement, d'efficacité énergétique et de redevance. Reste que cette redevance sera
plafonnée afin d'éviter de donner trop de poids au critère financier. Une idée défendue par les exploitants historiques EDF et GDF Suez : pour les nouveaux candidats attirés par les concessions arrivant à expiration, il serait trop facile  de promettre des niveaux de redevance juteux à même de remplir les caisses vides de l'Etat, afin de gagner les prochains appels d'offre... et de rogner ensuite sur la maintenance et la sécurité. La mesure va probablement se traduire par un alignement de tous les candidats sur le plafond choisi.  GdF Suez souhaite que ce plafond ne dépasse pas 30% du chiffre d’affaires. Il se situerait, in fine, autour de 25%.

 

L'usine Nouvelle. fr

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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 12:38

 

 

 


 

Le Parti de Gauche de la 12ème circonscription se mobilise pour les retraites !

 

 

 

 

 

Les 7 et 8 mai les colleurs d'affiches du parti de Gauche de Vitrolles se sont mobilisés pour recouvrir la ville d'affiches pour défendre la retraite à 60 ans.

 

Des distributions de tracts sont programmées sur les marchés de Vitrolles, Sausset Les Pins et Marignane.

 

A suivre !!!

 

DH

 

 

 

 

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Albert à la manoeuvre !!

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Au tour de Georges...

 

 

 

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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 05:29

 


 

Jean-Luc Mélenchon dans Le Monde, toujours intéressant surtout lorsqu'il parle de de partage des richesses...



DH


Le partage ruineux entre le capital et le travail

 

Déficit des retraites ou crise de l'euro : tout revient à la question de la prédation croissante que la finance opère au détriment du travail sur la richesse produite. L'appauvrissement des Etats, comme des particuliers, et les dettes qui en résultent n'ont pas d'autre origine !

 

C'est cette réalité que Jean Peyrelevade couvre d'opprobre : " Démagogie ", " mensonge ", " réalité travestie " (Le Monde du 28 avril).

 

Le constat est pourtant établi avant même le déclenchement de la crise. Dans un entretien au Financial Times" caractéristique très étrange " du capitalisme contemporain : " La part des salaires dans le revenu national aux Etats-Unis et dans d'autres pays développés atteint un niveau exceptionnellement bas selon les normes historiques. " (septembre 2007), Alan Greenspan, l'ex-président de la Réserve fédérale américaine, observait lui aussi cette

 

De son côté, la Banque des règlements internationaux qui regroupe les banquiers centraux de la planète notait en juillet 2007 : " La part des profits est inhabituellement élevée et la part des salaires inhabituellement basse. L'amplitude de cette évolution et l'éventail des pays concernés n'ont pas de précédent dans les 45 dernières années. " La Commission européenne, elle, a calculé, dans un rapport de 2007, que la part des salaires dans l'ensemble de l'économie française est passée de 66,5 % en 1982 à 57,2 % en 2006, soit une baisse de 9,3 points de la richesse totale du pays. Alors ? Tous menteurs et démagogues ?

 

Ce partage injuste de la richesse est stable depuis vingt ans, comme le note M. Peyrelevade. C'est précisément parce que la révolution néolibérale a permis pendant tout ce temps au capital d'accroître sa ponction sur les salariés à mesure qu'ils produisaient davantage et moins cher ! Car le décrochage est bien plus fort : en 1982, salariés et chômeurs représentaient 84 % de la population active et se partageaient 66,5 % de la richesse, selon les chiffres de la Commission européenne ; ils constituent aujourd'hui 92 % des actifs, mais ne perçoivent plus que 57 % des richesses. Non seulement la part des travailleurs s'est réduite, mais elle est divisée entre davantage de salariés !

 

Cet appauvrissement du travail est odieux, car, depuis 1982, la richesse créée par actif a augmenté de 30 %. Ces fabuleux gains de productivité réalisés par les travailleurs ont été largement accaparés par le capital : dans les années 1980, 2 points de PIB par an étaient redistribués aux salariés ; depuis les années 1990, le ratio est tombé à 0,7 point de PIB par an !

 

Enfin, M. Peyrelevade nous accuse de nous référer à la meilleure année de partage pour les travailleurs, en 1982. Hélas pour lui, notre constat est toujours vérifié quand on fait des moyennes par décennie : la part du travail est passée de 74,08 % pour 1974-1984 à 67,54 % pour 1997-2007. Soit 6,5 points de richesse perdus par les salariés. Selon que l'on calcule par rapport au pic de 1982 ou en moyenne par décennie, la part perdue par le travail représente aujourd'hui entre 80 et 170 milliards d'euros par an. Cela donne une idée des marges de manœuvre qu'un gouvernement de Front de gauche pourrait mobiliser !

 

Retour de balancier

 

M.Peyrelevade objecte encore que le retour de balancier au profit du travail réduirait la part du capital au point de compromettre tout investissement des entreprises. Voyons les faits. En 1990, 75 % de la part du capital étaient destinés aux investissements contre à peine 57 % en 2007. La part captée par les actionnaires est passée de 22 % à 36 %. C'est donc bien la domination des actionnaires et leur avidité qui brisent l'investissement.

 

M. Peyrelevade nous accuse de mentir. Un expert parle ! Ancien président du Crédit lyonnais, il fut condamné dans l'affaire Executive Life par la justice américaine pour " fausses déclarations ", qu'il reconnut ; il en coûta plus de 700 millions de dollars à la France ! Aujourd'hui, il signe pudiquement sa tribune comme économiste ; il est pourtant dirigeant de la banque d'affaires Leonardo et vice-président du MoDem chargé des questions économiques. Malgré le drame qui s'avance en Europe, M. Peyrelevade rabâche les formules qui nous y ont conduits.

 

Jean-Luc Mélenchon

Député européen,

Président du Parti de gauche





 

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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 05:15

 

 

 


 

Les députés du Parti de Gauche ont voté contre le plan d'aide à la Grèce. Pourquoi ne pas s'associer à priori à ce grand élan de solidarité européenne qui dépasse le clivage gauche – droite ?


Cela mérite quelques explications...


A méditer, comme d'habitude


DH

 




Les députés Parti de gauche votent contre le plan "d'aide" à la Grèce


 Mercredi, 05 Mai 2010 / Martine Billard

 

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Madame la ministre, dans un quotidien du soir, vous avez déclaré que ceux qui ne voteraient pas ce projet de loi refusaient en fait de soutenir la Grèce.


Je voterai contre ce texte au nom du Parti de gauche, non parce que je refuse de soutenir le peuple grec, au contraire, mais parce que je suis en désaccord avec le système proposé.


Vous avez parlé des taux d'intérêt. En la matière, il y a une contradiction entre le président du FMI et vous-même. Qui empochera la différence ? Pas le contribuable français - ce ne serait pas très moral - mais, une fois de plus, les banques françaises qui détiennent une part importante de la dette grecque. Voilà une première raison pour ne pas voter ce texte.


Si la BCE avait prêté tout de suite à 1 % à la Grèce, nous n'en serions pas là. L'article 123 du traité de Lisbonne permet d'intervenir en cas de circonstances qui échappent au contrôle du pays concerné. L'Eurogroupe a décidé que l'on n'était pas dans cette situation et donc que l'on ne pouvait pas utiliser cet article. Or il aurait très bien pu décider le contraire. Voilà la deuxième raison pour ne pas voter ce texte.


Ensuite, ces prêts dont nous critiquons déjà la forme sont assortis de la mise en place d'un plan très violent d'austérité qui ne frappera pas les responsables de l'insincérité du budget, ce qui pourrait être justifié, ni les banques qui ont spéculé sur la dette grecque, mais le peuple grec qui n'y est pas pour grand-chose. Depuis plusieurs jours, les médias français nous expliquent que les Grecs ne travaillent pas mais qu'ils perçoivent quinze mois de salaire. Qu'en est-il réellement ? Contrairement à ce que l'on nous a dit, l'âge de départ en retraite n'est pas de cinquante-sept ans, ni même de cinquante-trois ans, mais de soixante-cinq ans pour les hommes et de soixante ans pour les femmes, avec un âge moyen de 61,4 ans. Les Grecs vont donc vivre une dégradation de leurs retraites.


Quant au salaire moyen d'un fonctionnaire grec, il est au mieux de 1 400 euros si l'on rapporte les quatorze mois sur douze mois. Un quotidien du soir nous donne l'exemple d'un technicien en radiologie médicale de l'hôpital public qui gagne 950 euros par mois. Les quatorze mois de salaires servent à rattraper les bas salaires. Les Grecs vont devoir supporter une baisse très importante de leurs revenus. Voilà un troisième élément de désaccord.


La façon dont a été gérée la crise en Grèce depuis le début est une véritable incitation à la spéculation boursière. Contrairement à ce que l'on entend, le problème, ce n'est pas la contagion de la crise grecque à d'autres pays, mais l'encouragement des banques à continuer de spéculer sur des pays comme le Portugal. Selon M. Strauss-Kahn, le Portugal va prêter à la Grèce à un taux inférieur à celui auquel il emprunte pour son compte. Le président du FMI s'extasie même devant cette réalité, de même qu'il s'enthousiasme sur le fait que des pays pauvres comme le Mali sont parties prenantes de ce sauvetage. Voilà la quatrième raison pour laquelle nous sommes en désaccord avec ce plan.


Comment, en effet, est-il possible qu'on demande à des pays déjà en grande difficulté d'en aider un autre alors que les plus riches de la zone euro avaient la possibilité d'organiser la solidarité rapidement pour éviter que la crise ne prenne son ampleur actuelle ?
Je voterai donc contre ce texte.


Non, M. le président de la commission, je ne fais pas partie de ceux qui remettent en cause l'euro. Cela n'empêche pas de constater que des établissements bancaires ont profité de la situation de la Grèce  et finalement, ces banques qui ont prêté à des taux outrageux, à des taux scandaleux, s'enrichiront encore une fois aux dépens de l'État grec, aux dépens du peuple grec !


On en revient à la situation que nous avons vécue avec la crise des subprimes. Alors, les banques avaient gagné ! Aujourd'hui, les banques françaises ont reconstitué leurs profits comme avant la crise ; aujourd'hui, les banques qui ont prêté à la Grèce vont pouvoir reconstituer leurs profits - ce n'est pas elles qui vont payer la crise grecque ! Elles ne sont jamais punies quand elles spéculent, sur la dette des États ou sur autre chose : mais alors qu'est-ce qui les arrêtera ? Qu'est-ce qui les convaincra de ne pas chercher une nouvelle raison, un nouveau moyen de spéculer ? Qu'est-ce qui les convaincra de ne pas attaquer demain le Portugal, après-demain l'Espagne, et pourquoi pas ensuite la Grande-Bretagne et la France ?


Si on ne met aucun frein à la spéculation des banques, on pourra continuer à se plaindre et à pleurer dans les années qui viennent.


Madame la ministre, monsieur le ministre, il existait pourtant une solution : obliger les banques qui détiennent la dette grecque - dont les banques françaises - à prêter à la Grèce, à un taux qui aurait été par exemple de 2 %. Ainsi, la Grèce serait sortie de la crise dans laquelle elle se trouvait, sans que ce soit le peuple qui paye massivement les profits de banques qui vont s'enrichir une fois de plus sur le dos d'un pays - en attendant les suivants.


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