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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 06:14

 


 

Suite à l’article d'hier sur la bourse , je fais faire plus simple aujourd’hui. Je vous propose donc très simplement un lien internet : La droite pour les nuls

 

http://ladroiteparisienne.blogspot.com/

 

Instructif…

 

Je vous conseille entre autres l'article sur Jean-François LAMOUR relaté entre autres dans le dernier Charlie HEBDO.

 

DH


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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 06:10

 

 


 

A quoi sert la bourse ?

 

Finalement à quoi sert réellement la bourse ? De plus en plus de « gens sérieux » s’interrogent et pas uniquement des économistes « gauchisants ». Ainsi même le journal Les Echos se pose la question.

 

Le 25 novembre prochain se tiendra le convention annuelle de la compagnie des conseils et experts financiers (notaires, experts-comptables, conseillers en gestion de patrimoine, etc.) dont le thème est : En fait-on trop pour les actionnaires ?

 

En fait, à force de nous faire croire que le cours de l’action de notre entreprise est important, voire fondamental pour elle, on se perd un peu sur ce qu’est réellement la bourse et à quoi elle sert. Il est bon de revenir au fondamentaux.

 

Savoir à quoi sert réellement, la bourse (voir ci-après un article extrait d’Alternatives Economiques, on comprend mieux ensuite pourquoi on pourrait en définitive s’en passer !

 

A suivre !

 

DH

 


 

A quoi sert la Bourse ?

 

Alternatives Economiques n° 208 - novembre 2002

 

Le marché des actions permet tout d'abord aux entreprises d'obtenir des capitaux supplémentaires en émettant des titres (les actions) qui confèrent à leurs détenteurs un droit à une partie des bénéfices (le dividende) et un droit de vote lors des assemblées générales d'actionnaires. C'est ce qu'on appelle le marché primaire. Cette forme de financement est intéressante pour les entreprises car, contrairement au crédit bancaire ou obligataire, le capital ainsi levé n'a pas à être remboursé. En contrepartie, le contrôle des propriétaires sur l'entreprise est fragilisé.

 

Mais, en Bourse, les ventes et les achats d'actions portent essentiellement sur la revente de titres émis par le passé. C'est ce qu'on appelle le marché secondaire. Les entreprises n'ont pas d'intérêt direct sur ce marché.


 


 
 

Et si on fermait la Bourse... (*)

 

http://2.bp.blogspot.com/_H5CffUKEF3w/SV_VcFB88MI/AAAAAAAACuY/SaYSWwl3IsE/s400/krach-bourse-viral-buzz.jpg

 

C’était il y a un peu plus d’un an : les gouvernements secouraient les banques aux frais du contribuable. Mission accomplie. Mais à quel prix ? L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) évalue à 11 400 milliards de dollars les sommes mobilisées par ce sauvetage. Soit 1 676 dollars par être humain... Mais la finance n’est pas qu’affaire de banquiers. C’est aussi celle des actionnaires. Une proposition pourrait ne pas leur plaire : fermer la Bourse.

 

Pour un peu, le grand spectacle de ces deux dernières années nous l’aurait presque fait oublier : là où la finance « de marché »* (les astérisques renvoient au glossaire), appellation un peu idiote mais il en faut bien une pour faire la différence, semble s’activer dans un univers clos, loin de tout et notamment du reste de l’économie, la finance actionnariale*, celle des propriétaires des moyens de production, campe à l’année sur le dos des entreprises — et, comme toujours, en dernière analyse, des salariés. Il a fallu la « mode du suicide » si délicatement diagnostiquée par M. Didier Lombard, président-directeur général (PDG) de France Télécom, pour offrir l’occasion, mais si peu saisie dans le débat public, de se souvenir de ce dégât quotidien de la finance actionnariale dont les injonctions à la rentabilité financière sont implacablement converties par les organisations en minimisation forcenée des coûts salariaux, destruction méthodique de toute possibilité de revendication collective, intensification épuisante de la productivité et dégradation continue des conditions matérielles, corporelles et psychologiques du travail.

 

Contre toutes les tentatives de dénégation dont on entend d’ici les accents scandalisés, il faut redire le lien de cause à effet qui mène du pouvoir actionnarial, dont plus rien dans les structures présentes du capitalisme ne retient les extravagantes demandes, à toutes les formes, parfois les plus extrêmes, de la déréliction salariale. Et si les médiations qui séparent les deux bouts de la chaîne font souvent perdre de vue la chaîne même, et ce que les souffrances à l’une des extrémités doivent aux pressions exercées depuis l’autre, si cette distance demeure la meilleure ressource du déni, ou des opportunes disjonctions dont le débat médiatique est coutumier, rien ne peut effacer complètement l’unité d’une « causalité de système » que l’analyse peut très bien dégager (1).

 

Si donc la refonte complète du jeu de la finance « de marché », réclamée avec d’autant plus de martiale véhémence par les gouvernements qu’ils ont moins l’intention de l’accomplir, occupe le débat public depuis un an, il s’agirait de ne pas oublier que, au moins autant, la finance actionnariale est en attente elle aussi de son « retour de manivelle »... Sous ce rapport il n’y a que le PDG de Libération Laurent Joffrin, joignant la paresse intellectuelle au désir de ne rien rencontrer qui pourrait le contrarier, pour soutenir qu’il n’y a pas d’idées à gauche (2) — sans doute pas dans Libération ni au Parti socialiste en effet (mais on a dit : à gauche). Du vide dans le regard de Laurent Joffrin, on ne conclura donc pas pour autant qu’il n’y a rien. Le SLAM (Shareholder Limited Authorized Margin ou marge actionnariale limite autorisée) est une idée (3). L’abolition de la cotation en continu, et son remplacement par un fixing mensuel ou plurimestriel, en est une autre (4). Vient toutefois un moment où l’on envisage la question autrement : et fermer la Bourse ?

 

Des chroniques débonnaires du regretté Jean-Pierre Gaillard, longtemps journaliste boursier sur France Info, à l’apparition des chaînes boursières, en passant par l’incessante répétition « CAC 40 - Dow Jones - Nikkei », la Bourse aura bientôt quitté le domaine des institutions sociales pour devenir quasiment un fait de nature — une chose dont la suppression est simplement impensable. Il est vrai que deux décennies et demie de matraquage continu ont bien œuvré à cette sorte de naturalisation, et notamment pour expliquer qu’une économie « moderne » ne saurait concevoir son financement autrement que par des marchés et, parmi eux, des marchés d’actions* (la Bourse au sens strict du terme).

 

Bien sûr, pour continuer de se dévider, ce discours nécessite de passer sous silence l’ensemble des destructions corrélatives de l’exercice du pouvoir actionnarial ; la simple mise en regard de ses bénéfices économiques supposés et de ses coûts sociaux réels suffirait à faire apparaître tout autrement le bilan de l’institution « Bourse ». Encore faudrait-il questionner la division entre bénéfices économiques et coûts sociaux car les tendances à la compression salariale indéfinie qui suivent de la contrainte de rentabilité actionnariale ne sont pas sans effets macroéconomiques. La sous-consommation chronique qui en résulte a poussé les géniaux stratèges de la finance à proposer aux ménages de « faire l’appoint » avec du crédit, devenu la béquille permanente de la demande manquante — on connaît la suite. Evidemment les bilans sont toujours plus faciles avec une seule colonne qu’avec deux, particulièrement, aurait ajouté l’humoriste Pierre Dac, quand on enlève la mauvaise. Mais vienne la « bonne » à se montrer elle-même défaillante, que peut-il alors rester de l’ensemble ?

 

Or c’est peu dire que les promesses positives de la Bourse sont douteuses. Sans elle, paraît-il, pas de financement de l’économie, plus de fonds propres pour des entreprises alors vouées à l’insolvabilité, encore moins de développement des start-up annonciatrices des révolutions technologiques ? En avant, dans l’ordre et méthodiquement.

 

Les investisseurs pompaient, pompaient !

 

Sur le papier, le plan d’ensemble ne manquait pas d’allure. Des agents (les épargnants) ont des ressources financières en excès et en quête d’emploi, d’autres (les entreprises) sont à la recherche de capitaux : la Bourse est cette forme institutionnelle idoine qui mettrait tout ce beau monde en contact et réaliserait la rencontre mutuellement avantageuse des capacités de financement des uns et des besoins des autres. Elle ferait même mieux encore : en apportant des ressources permanentes (à la différence de l’endettement, les capitaux propres, levés par émission d’actions, ne sont pas remboursables), elle stabiliserait le financement et en minimiserait le coût. Patatras : rien de tout ça ne tient la route.

 

La Bourse finance les entreprises ? Au point où on en est, ce sont plutôt les entreprises qui financent la Bourse ! Pour comprendre ce retournement inattendu, il faut ne pas perdre de vue que les flux financiers entre entreprises et « investisseurs » sont à double sens et que si les seconds souscrivent aux émissions des premières, ils ne manquent pas, symétriquement, de leur pomper régulièrement du dividende (en quantité croissante) et surtout du buy-back*, « innovation » caractéristique du capitalisme actionnarial par laquelle les entreprises sont conduites à racheter leurs propres actions pour augmenter mécaniquement le profit par action et, par là, pousser le cours boursier (donc la plus-value des investisseurs) à la hausse.

 

La cohérence dans l’incohérence du capital actionnarial atteint d’ailleurs des sommets car, imposant des normes de rentabilité financière exorbitantes, il force à abandonner bon nombre de projets industriels, incapables de « passer la barre », laissant les entreprises avec des ressources financières inemployées... aussitôt dénoncées comme « capital oisif », avec prière de le restituer instamment aux « propriétaires légitimes », les actionnaires — « puisqu’ils ne savent pas s’en servir, qu’ils nous le rendent ! ». Dorénavant, ce qui sort des entreprises vers les investisseurs l’emporte sur ce qui fait mouvement en sens inverse... et donnait son sens et sa légitimité à l’institution boursière. Les capitaux levés par les entreprises sont devenus inférieurs aux volumes de cash pompés par les actionnaires, et la contribution nette des marchés d’actions au financement de l’économie est devenue négative (quasi nulle en France, mais colossalement négative aux Etats-Unis, notre modèle à tous (5)).

 

Il y a de quoi rester interloqué devant pareil constat quand, dans le même temps, les masses financières qui s’investissent sur les marchés boursiers ne cessent de s’accroître. Le paradoxe est en fait assez simple à dénouer : faute de nouvelles émissions d’actions pour les absorber, ces masses ne font que grossir l’activité spéculative sur les marchés dits « secondaires »* (les marchés de revente des actions déjà existantes). Aussi leur déversement constant a-t-il pour effet, non pas de financer des projets industriels nouveaux, mais de nourrir la seule inflation des actifs financiers déjà en circulation. Les cours montent et la Bourse va très bien, merci, mais le financement de l’économie réelle lui devient chose de plus en plus étrangère : le jeu fermé sur lui-même de la spéculation est très suffisant à faire son bonheur et, de fait, les volumes de l’activité dans les marchés secondaires écrasent littéralement ceux des marchés primaires* (les marchés d’émission).

 

Que la Bourse comme institution de financement, par là différenciée de la Bourse comme institution de spéculation, soit devenue inutile, ce sont les entreprises qui pourraient en parler le mieux. Le problème ne se pose simplement pas pour les petites et moyennes... qui ne sont pas cotées, mais dont on rappellera tout de même qu’elles font l’écrasante majorité de la production et de l’emploi — on répète pour bien marquer le coup : l’écrasante majorité de la production et de l’emploi se passe parfaitement de la Bourse. Plus étonnamment, les grandes entreprises y ont fort peu recours également — sauf quand leur prend l’envie de s’amuser au jeu des fusions et des offres publiques d’achat (OPA). Car lorsqu’il s’agit de trouver du financement, le paradoxe veut que les fleurons du CAC 40 et du Dow Jones aillent le plus souvent voir ailleurs : dans les marchés obligataires, ou bien, par une inavouable persistance dans l’archaïsme... à la banque ! Une succulente ironie veut qu’il y ait là moins l’effet d’une réticence philosophique qu’un effet de plus de la contrainte actionnariale elle-même, qui voit dans toute nouvelle émission l’inconvénient de la dilution, donc de la baisse du bénéfice par action. En somme, le triomphe du pouvoir actionnarial consiste à dissuader les entreprises qui le pourraient le plus de se financer à la Bourse !

 

D’autres promesses, d’autres menaces

 

Ce qui reste de financement brut apporté par la Bourse se fait-il au moins pour les entreprises au coût avantageux promis par tous les discours de la déréglementation ? On sait sans ambiguïté ce que coûte la dette : le taux d’intérêt qu’on doit acquitter chaque année. Le « coût du capital » (ici le coût des fonds propres) est une affaire moins évidente à saisir. Par définition les capitaux propres (levés par émissions d’actions) ne portent pas de taux de rémunération prédéfini comme la dette. Ça ne veut pas dire qu’ils ne coûtent rien ! Mais alors combien ? Très symptomatiquement, la théorie financière ne cesse de s’intéresser au « coût du capital »... mais sous le point de vue exclusif de l’actionnaire (lire « Le coût du capital du point de vue de l’actionnaire ») ! Ceci ne dit rien de ce qu’il en coûte concrètement à l’entreprise de se financer en levant des actions plutôt que des obligations*, ou encore en allant à la banque — et c’est là une question dont la théorie financière, qui révèle ainsi ses points de vue implicites (pour ne pas dire : pour qui elle travaille), se désintéresse presque complètement.

 

Or ce qu’il en coûte à l’entreprise tient en trois éléments : les dividendes et les buy-backs sont les deux premiers, à quoi il faut ajouter également les coûts d’opportunité liés aux projets d’investissement écartés pour cause de rentabilité insuffisante, c’est-à-dire tous ces profits auxquels l’entreprise a dû renoncer sous l’injonction actionnariale... à ne pas investir.

 

Tout ceci, qui commence à faire beaucoup, ne se met cependant pas aisément sous la forme d’un « taux » qui pourrait être directement confronté au taux d’intérêt afin d’offrir une comparaison terme à terme des coûts des différentes formes de capital (fonds propres versus dette). Le fait que la dette soit remboursable et non les capitaux propres est une première différence perturbatrice ; inversement, du dividende est payé éternellement sur des actions bien après la fin du cycle de vie de l’investissement qu’elles ont servi à financer ; les actions confèrent en assemblée générale un pouvoir que ne donne pas la dette (et auquel on pourrait assigner une valeur), etc. A défaut de comparaison directe, on peut au moins faire une comparaison différentielle, et observer que l’un des deux coûts, celui des fonds propres, a connu une évolution très croissante : les buy-backs qui étaient inconnus se sont développés dans des proportions considérables ; quant aux dividendes, on peut mesurer leur croissance à la part qu’ils occupent désormais dans le produit intérieur brut, où ils sont passés de 3,2 % à 8,7 % entre 1982 et 2007, et ceci, il faut le redire, du fait même de l’exercice du pouvoir actionnarial, pour qui la déréglementation boursière a été faite... sur la foi d’une baisse du coût de financement des entreprises !

 

Reprenons : contribution nette négative, et contribution brute hors de prix là où elle avait été promise à coûts sacrifiés... On se demande ce qui reste à la Bourse pour se maintenir dans l’existence — à part les intérêts particuliers du capital financier, il est vrai d’une puissance tout à fait admirable. La réponse est : d’autres menaces et d’autres promesses.

 

La menace agite le spectre d’une « économie sans fonds propres ». Au premier abord, elle ne manque pas de poids, spécialement en une période où l’on dénonce, non sans raison, la croissance hors de contrôle des dettes privées. Or refuser aux entreprises les bienfaits de la Bourse, n’est-ce pas les renvoyer aux marchés obligataires ou au crédit bancaire, c’est-à-dire à plus de dette encore — et tout le pouvoir aux banquiers, espèce que la crise nous a rendue si sympathique (6) ? Mais une économie sans Bourse n’est pas du tout une économie privée de fonds propres. Trop occupée à vanter ses propres charmes, la Bourse a fini par oublier que l’essentiel des fonds propres ne vient pas d’elle... mais des entreprises elles-mêmes, qui les sécrètent du simple fait de leurs profits, transformés en capital par le jeu de cette opération que les comptables nomment le « report à nouveau » : chaque année le flux de profit dégagé par l’entreprise vient grossir le stock de capital inscrit à son bilan… du moins tant qu’elle ne l’abandonne pas aux actionnaires sous la forme de dividendes.

 

On dira cependant que l’apport de fonds propres externes (ceux d’actionnaires donc) revêt une importance particulière quand précisément l’entreprise va mal et, par elle-même, ne dégage plus assez de fonds propres internes par profit et « report à nouveau ». Le sauvetage d’entreprises en difficulté ne révèle-t-il pas l’ultime vertu de l’intervention actionnariale, et seules des injections providentielles de capitaux propres ne peuvent-elles pas y pourvoir ? La belle idée : en général, les repreneurs s’y entendent pour mettre au pot le moins possible et pour mener leur petite affaire soit en empochant les subventions publiques, soit en ayant prévu de revendre quelques morceaux de gré à gré, soit en profitant du règlement judiciaire pour restructurer les dettes et larguer du salarié ; et le plus souvent par un joyeux cocktail mélangeant agréablement tous ces bons ingrédients — fort peu actionnariaux.

 

Comme le cercle commence à se refermer méchamment et que la liste des supposés bienfaits est déjà à l’état de peau de chagrin, on aura bientôt droit au cri désespéré : « Et les start-up ? » Les start-up, la révolution technologique en marche, celle qui nous a donné Internet (juste après que l’armée eut posé les tuyaux et les chercheurs inventé les protocoles...), celle qui enfin nous offrira bientôt des gènes refaits à neuf, comment les ferait-on éclore sans la Bourse ? Bien sûr on a pu se tromper un peu quant à la réalité de ses bienfaits, mais tout sera pardonné quand on aura redécouvert ses véritables, ses irremplaçables prodiges : des promesses d’avenirs radieux.

 

C’est peut-être dans ce registre prophétique des lendemains technologiques que le discours boursier, par ailleurs si déconsidéré, trouve son ultime redoute — avec parfois l’improbable secours de technologues de gauche, écolos amis de la chimère ayant reçu pour nom « croissance verte », ou enthousiastes du « capitalisme cognitif » (certains, pas tous...) qui nous voient déjà savants et émancipés par le simple empilement des ordinateurs connectés en réseau.

 

Or il est exact que le financement des start-up semble échapper au système financier classique, et notamment bancaire. Le propre de ces entreprises naissantes tient en effet à la difficulté de sélection qu’elles présentent aux financeurs potentiels du fait même du caractère inédit de leurs paris techniques et de la très grande incertitude qui en découle, faute de références passées auxquelles les comparer. On connaît l’argument : sur dix start-up soutenues, neuf seront d’épouvantables bouillons mais peut-être la dixième une magnifique pépite qui, bien poussée jusqu’à l’introduction en Bourse, décrochera la timbale — comprendre : enrichira ses actionnaires de départ, qu’on nomme, tout ridicule abattu, des business angels (« anges des affaires »), et fera mieux que les réconforter de leurs pertes sur les neuf autres.

Cette économie de la péréquation très particulière, propre aux entreprises technologiques naissantes, rendrait donc « indispensable » la sortie en Bourse et impossible le financement par le crédit : le banquier facturant en gros le même taux d’intérêt aux dix perdrait tout, intérêt et principal, sur neuf et ne gagnerait que ses quelques pour-cent sur la dixième ; bien trop peu pour que l’opération globale ne soit pas très perdante, et par suite définitivement abandonnée.

 

Il faut reconnaître que l’argument ne manque pas de sens. Il manque juste à être irrésistible. Car il ne faut pas beaucoup d’imagination pour envisager un taux d’intérêt qui soit, non plus fixe, mais défini comme une certaine part des profits, éventuellement révisable (à la hausse) sur les premières étapes du cycle de vie de l’entreprise. Si celle-ci est effectivement un bingo, elle le prouvera par ses bénéfices, et cette péréquation-là réjouira le banquier comme la péréquation boursière avait réjoui le business angel. Creusant un tout petit peu plus cependant, on finira par tomber sur la réalité moins glorieuse des mobiles qui font tenir les discours généraux du financement en capital des start-up et des héros technologiques.

 

L’introduction en Bourse a pour finalité essentielle... d’enrichir à millions les créateurs d’entreprise et leurs « anges » accompagnateurs. On les croyait mus par l’idée générale du progrès technique, le bien-être matériel de l’humanité et la passion d’entreprendre : ils n’ont le plus souvent pas d’autre idée que de faire fortune aussi vite que possible et de prendre une retraite très avancée — il n’y aurait pas de test plus dévastateur que de voir ce qui, la promesse de fortune boursière retirée, resterait des troupes des vaillants entrepreneurs. Des cohortes boutonneuses de la nouvelle économie, combien n’avaient pour idée fixe que de bricoler au plus vite une petite affaire susceptible d’être revendue et de faire la culbute patrimoniale ?

 

On fera remarquer que c’est l’essence même du capitalisme que les agents ne s’y activent pas pour des prunes. Sans doute, mais d’une part on pourrait, du coup, nous épargner le gospel entrepreneurial, et d’autre part c’est une chose de désirer s’enrichir de sa création d’entreprise, mais c’en est une autre de ne s’y livrer qu’à la condition (même si elle n’est qu’à l’état d’espoir) de s’enrichir hors de proportion, comme c’est devenu la condition implicite mais sine qua non des créateurs de start-up. Et il est vrai : ce n’est plus la simple rémunération du travail, ou même le revenu tiré du profit d’entreprise qui peut enrichir à cette échelle, mais bien la timbale boursière et elle seule.

 

Et c’est ici le terminus du discours de la Bourse. La Bourse n’est pas une institution de financement des entreprises — elles n’y vont plus sauf pour s’y faire prendre leur cash-flow* ; elle n’est pas le roc d’une « économie de fonds propres » — pour l’essentiel ceux-ci viennent d’ailleurs : des entreprises elles-mêmes ; elle n’est pas la providence qui sauve les start-up de l’attrition financière — on pourrait très bien agir autrement.Elle est une machine à fabriquer des fortunes. Et c’est tout. Bien sûr, pour ceux qui s’enrichissent, ça n’est pas négligeable. Mais pour tous les autres, ça commence à suffire.

 

Cupidité déboutonnée

 

Ainsi, faire la critique de la Bourse conduit immanquablement à retrouver les vraies forces motrices que le galimatias entrepreneurial s’efforce de recouvrir : il n’y est en fait question que d’enrichissement. Non pas que tous les entrepreneurs soient par principe affligés de cette cupidité déboutonnée — ceux qui ont vraiment l’envie de construire quelque chose sont mus par d’autres ressorts et se passent de la fortune patrimoniale pour s’activer (on n’en fera pas des saints pour autant...). Mais seule la Bourse pouvait installer dans le corps social, ou plutôt dans ses parties les plus concernées, ce fantasme, désormais fait mentalité, de la fortune-éclair, légitime récompense des élites économiques, entièrement due à leur génie créateur et sans laquelle on déclarera qu’on veut faire fuir le sel de la terre, tuer la vie entrepreneuriale, peut-être même la vie tout court.

 

Fermer la Bourse n’a donc pas seulement la vertu de nous débarrasser de la nuisance actionnariale pour un coût économique des plus faibles, mais aussi le sens d’extirper l’idée de la fortune-flash, devenue référence et mobile, cela-va-de-soi pour bien-nés et normalité du « mérite », pour rappeler que l’argent ne se gagne qu’à hauteur des possibilités de la rémunération du travail, ce qui, dans le cas des individus qui nous intéressent, est déjà la plupart du temps largement suffisant. La Bourse comme miroir à la fortune aura été l’opérateur imaginaire, aux effets bien réels, du déplacement des normes de la réussite monétaire, et il n’est pas un ambitieux dont le chemin ne passe par elle — pour les autres, il y a le Loto, et pour plus personne en tout cas, rapporté à cette norme, le travail.

 

Aussi la Bourse a-t-elle cette remarquable propriété de concentrer en un lieu unique la nocivité économique et la nocivité symbolique, en quoi on devrait voir une raison suffisante d’envisager de lui porter quelques sérieux coups. On ne dit pas que les arguments qui précèdent closent définitivement la discussion de la fermeture de la Bourse, et il y a sûrement encore bien des objections à réfuter pour se convaincre définitivement de joindre le geste à la parole. On ne le dit pas donc, mais on dit seulement qu’au moins il est temps de cesser de s’interdire d’y penser.

 

(*) Frédéric Lordon Le Monde Diplomatique.fr

 

Pour en savoir plus : Peut-on se passer de la Bourse ? (Les Echos)

 

 

 

 

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14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 04:58

 


 

Québec 2008, la suite…

 

Après une première série, voici la suite de quelques photos de mon voyage au Québec en 2008…

 

Aujourd'hui c'est la découverte de paysages du parc de la Mauricie , du Lac Saint Jean et du zoo de Saint Félicien..

 

DH

 


 

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Published by Didier HACQUART - dans Québec 2008
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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 05:16

 

 


 

La réforme de nos retraites a été adopté et la loi promulguée par Nicolas Sarkozy… Le communiqué de l’UMP vaut le détour, quoique, car on y apprend que le processus a été marqué par l’écoute. Je ne pense pas que ce soit l’avis des millions de français qui ont défilé dans les rues ces derniers mois, ni l’avis des responsables syndicaux à qui justement toute discussion a été refusée…

 

Les français devront s’en rappeler en 2012. Localement, il faut rappeler que notre Député Eric DIARD le la 12ème circonscription des BdR a voté la loi… les lois ne sont pas votées à paris loin de chez nous. L’Assemblée nationale et le Sénat ne sont pas des entités abstraites. Elles sont au contraire composées d’hommes et de femmes que nous pouvons côtoyer régulièrement et qui nous demandent notre suffrage régulièrement.

 

Il ne faudra donc pas hésiter à remercier à l’occasion  Eric DIARD, notre Député UMP !

 

DH

 


 

Direction de la Communication         Paris, 9 novembre 2010

 

Service de presse

 

http://www.observatoiredessubventions.com/wp-content/uploads/ump-subventions-sarkozy.jpg

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

La validation, par le Conseil constitutionnel de la réforme des retraites, vient clore un long processus marqué par l’écoute et le courage.

 

Le Président de la République et la Majorité toute entière ont montré une capacité d’écoute des Français sans précédente faisant évoluer la réforme (pénibilité, mère de familles, carrières longues, handicapés…). Ils ont fait preuve de courage en résistant aux conservatismes et aux caricatures du projet.

 

Les Français vont maintenant pouvoir mesurer l’efficacité et la justice de la réforme à travers son application.

 

Frédéric LEFEBVRE

Porte-parole

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Published by Didier HACQUART - dans PARTI DE GAUCHE
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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 04:49

 

 


 

On reproche à Jean-Luc Mélenchon souvent ses propos et notamment ses « attaques » contre les journalistes. Ce qui m’agace, c’est que généralement on oublie de nous expliquer le pourquoi de la colère, et le pourquoi des propos tenus.

 

Je comprend que Jean-Luc Mélenchon puisse agacer. Pour autant, il ne faut pas se laisser aller à des amalgames insupportables…

 

DH

 

 


 

Le Parti de Gauche réagit aux propos insultants de Manuel Valls et Jean Paul Huchon

 

Mardi, 09 Novembre 2010 Eric Coquerel

 

Manifestement le poids que prend le Parti de Gauche et Jean-Luc Mélenchon dans la situation politique et sociale que nous connaissons irrite ceux qui pensent que leur hégémonie sur la gauche est intangible.

 

Preuve sans doute que l'on commence à comprendre que nous sommes sérieux quand nous expliquons, avec le Front de Gauche, qu'il faut bousculer les rapports de force à gauche pour être en capacité de battre la droite. Ceux qui n'ont nulle envie de se voir ainsi bousculés commencent à nous prendre pour cible.

 

Mais certains le font en dépassant les limites que chacun espère voir maintenues dans un débat entre forces de gauche. Ce week-end, Manuel Valls a ainsi expliqué dans le Parisien que les déclarations de Jean-Luc Mélenchon constituaient un danger pour la démocratie ! Certes il s'agissait d'un message également envoyé à Benoit Hamon qu'il accuse de se « mélenchoniser » sur la question des retraites, mais sa diatribe est évidemment scandaleuse. Pas plus que celle de Jean-Paul Huchon, Président du Conseil régional d'Ile de  France, qui a ouvert le feu fin octobre en expliquant que Jean-Luc Mélenchon était pire que Le Pen sur l'Express.fr !

 

Ce type de déclaration est évidemment insupportable. Nous avons donc écrit officiellement à Martine Aubry pour lui demander de réagir.

 

Vous trouverez la lettre ci-dessous.

 


 

 

Madame la Première secrétaire, Chère camarade,

 

Le 27 octobre dernier, le site internet de l'Express citait Jean-Paul Huchon. A propos de Jean- Luc Mélenchon, votre camarade et Président de la Région Ile de France disait : « Son langage (celui de Jean-Luc) est proche de celui de l'extrême droite, mais c'est plus grave que Le Pen ! Il incarne le populisme d'extrême gauche ». France Inter a notamment, depuis, repris cette déclaration.

 

Si ces propos rapportés sont confirmés, vous comprendrez qu'ils nous inquiètent considérablement. Tout d'abord, dire qu'un homme condamné pour des propos négationnistes est moins dangereux qu'un républicain attaché aux principes de liberté, d'égalité et de fraternité, c'est évidemment relativiser le danger que constituent les actes et idéologies du premier. L'homme, dont le parti a accueilli des personnes condamnées pour fait de collaboration, serait donc moins dangereux que le Président d'un parti dont quatre des conseillers régionaux siègent dans la majorité de Jean-Paul Huchon ? On voit bien à quelle logique aberrante peut amener de telles insultes.

 

En outre, ce type de déclaration ne peut qu'aggraver la confusion politique en travaillant à effacer le clivage gauche/droite. Il reprend en effet implicitement le vieux couplet des extrêmes qui se rejoignent. Il fait même pire puisque pour lui, le populisme d'extrême gauche serait plus grave que celui d'extrême droite... On a beau, comme votre parti et le nôtre, ne pas se revendiquer de l'extrême-gauche, ce genre d'amalgame nous préoccupe : il est porteur de risques de séparations irrémédiables à gauche qui ne peuvent que servir la droite et l'extrême droite.

Au passage, il répond implicitement à la question que nous posons à votre parti : au 2ème tour de toutes les élections, y compris les Présidentielles, pratiquerez-vous a minima le désistement républicain si le candidat ou la candidate de gauche arrivé en tête est issu du Parti de Gauche ? Nous attendons désormais avec d'autant plus d'impatience votre réponse que la conclusion que l'on pourrait tirer de la diatribe de Jean-Paul Huchon nous inquiète. Ne trouvez- vous pas qu'il y a de meilleures leçons d'unité contre la droite que celle-ci ?

 

Enfin, déjà scandaleuse par principe, ce type de phrase est encore plus confondante de bêtise au moment où la mobilisation contre la réforme des retraites nécessite de ceux qui y sont opposés, un minimum d'unité. Mais est-ce une priorité pour Jean-Paul Huchon ? Vous nous permettrez d'en douter.

 

Nous souhaitions donc, Madame la première secrétaire, protester vigoureusement contre ces propos insultants vis-à-vis de notre Président et donc de tous les militants et militantes de notre parti. Nous sommes certains que ni vous, ni la très grande majorité du PS, n'assumez cette déclaration. Mais nous ne pouvons la passer sous silence car ce serait légitimer la possibilité de relations de ce type entre nous et plus généralement entre des partis, responsables et militants de gauche. Il s'agirait d'une évolution catastrophique dans le débat politique de notre République. Le groupe Front de Gauche & Alternatifs, auquel nos élus appartiennent au Conseil régional d'Ile de France, a écrit à Jean-Paul Huchon pour demander soit un démenti public de ces propos (nous préférerions croire à une affabulation du journaliste), soit au moins des excuses. Nous espérons que vous appuierez cette demande fort légitime. Nous sommes donc l'attente d'une réaction officielle de votre part.
Dans cette attente, veuillez agréer, Madame la Première secrétaire, chère camarade, nos plus fraternelles salutations.

 

Eric Coquerel Secrétaire national en charge des relations unitaires


* Référence du site : (http://www.lexpress.fr/actualite/indiscrets/pire-que-le-pen_931678.html)

 

 

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 04:28

 


 

Comment peut-on être Président de la république et avoir une telle méconnaissance des dossiers ?  

 

Nicolas Sarkozy prétend parler du social et critique allégrement le modèle français en s’appuyant sur l’exemple de nos collègues allemands, alors qu’il n’y connait rien !

 

C’est inquiétant…

 

Libé rétablit la vérité sur les 35 heures en France et en Allemagne…

 

DH

 

 


 

 

35 heures : le roman allemand de Sarkozy

 

DESINTOX

 

Le Président de la République, qui s'est distingué en inventant un bouclier fiscal allemand, fait la preuve qu'il ne connaît pas non plus l'histoire sociale du voisin d'outre-Rhin

 

 

 «Lorsque la France a connu les 35 heures, les syndicalistes allemands ont dit: “Les 35 heures en France, c’est une bonne nouvelle pour les ouvriers allemands.”»

 

Nicolas Sarkozy le 21 octobre lors d’une table ronde en Eure et Loir

 

INTOX

 

Dire du mal des 35 heures est un plaisir que Nicolas Sarkozy se refuse rarement, y compris quand cela n’a rien à voir avec le sujet de ses interventions. Le 21 octobre, lors d’une table ronde avec les maires ruraux d’Eure-et-Loir, le Président s’est ainsi laissé aller à une digression sur son sujet favori : «Quand on est les seuls au monde à expliquer qu’en travaillant trente-cinq heures, on préservera nos emplois, nos cadres de vie et nos salaires, on a menti aux Français. D’ailleurs, les syndicalistes allemands, lorsque la France a connu les 35 heures, ont dit : "Les 35 heures en France, c’est une bonne nouvelle pour les ouvriers allemands."»

 

DESINTOX

 

La France du gouvernement Jospin et de «sa lubie» des 35 heures aurait donc été coupée du monde, jusqu’à être raillée par les syndicats allemands, ravis de pouvoir tailler des croupières aux ouvriers français ? Le tableau dressé par Nicolas Sarkozy reflète bien mal le contexte dans lequel la France a mis en place son dispositif de réduction du temps de travail, à partir de 1999.

 

L’objectif de la semaine de trente-cinq heures était largement partagé par les syndicats européens : lors de son congrès de 1999, la CES (Confédération européenne des syndicats) adopte ainsi une résolution dans laquelle elle s’engage à «poursuivre l’objectif de la semaine de trente-cinq heures et toute autre forme de réduction du temps de travail».

 

Pis, en décidant de s’appuyer sur l’exemple du voisin allemand pour ridiculiser le choix français, Nicolas Sarkozy prend le plus mauvais exemple. Les syndicats allemands n’ont pas moqué l’incongruité de l’initiative française des 35 heures, pour la bonne raison qu’ils l’avaient initiée dans leur propre pays bien avant les lois Aubry. L’idée de créer - ou de préserver - des emplois en réduisant le temps de travail a été allemande avant d’être française.

 

En 1984, après sept semaines de grèves dans la métallurgie et treize dans l’imprimerie, le syndicat allemand de la métallurgie IG Metall obtenait le passage progressif à la semaine de trente-cinq heures dans la sidérurgie, l’imprimerie et la métallurgie. Dans les années qui suivirent, bon nombre d’accords prévoyant un passage de quarante à trente-huit ou trente-cinq heures furent signés. Fin 1993, Volkswagen lança la semaine des quatre jours, soit trente-deux heures.

 

Mieux, en 2002, suite à la généralisation de la réduction du temps de travail à l’ensemble de l’économie française, Frank Bsirske, président du plus grand syndicat allemand, Ver.di (représentant le secteur tertiaire), déclarait au quotidien Die Welt que la semaine des trente-cinq heures devait être introduite «le plus tôt possible» en Allemagne, parce qu’elle répondait aux souhaits des actifs, et qu’elle permettait de combattre efficacement le chômage. L’année suivante, IG Metall lançait une grève - qui sera un échec - pour la mise en place des 35 heures dans l’ex-Allemagne de l’Est.

 

Au milieu des années 2000, la crise aidant, le mouvement s’inverse outre-Rhin. Les patrons de certaines entreprises industrielles obtiennent alors des syndicats un allongement de la durée du travail en échange de la préservation de l’emploi. Il n’empêche : l’Allemagne fait encore partie, comme les Pays-Bas, des pays européens affichant une durée moyenne du travail inférieure à celle de la France. Selon l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques), la durée annuelle moyenne du travail en 2007 était de 1 559 heures pour les actifs français, contre 1 432 heures en Allemagne.

 

Par Cédric MATHIOT / Libé.fr (05/11/10)

 

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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 05:14

 


 

 

« On » a moqué à Droite les jeunes qui manifestaient contre la réforme des retraites. Dans leurs motivations, il y avait au moins 2 préoccupations, c’est de leur retraite effectivement, sans oublier celles de leurs parents, mais aussi l’emploi. Philippe Askénazy nous livre son analyse. Il conforte en fait les inquiétudes des jeunes.

 

  

N’oublions pas aussi de rappeler que « moins de chômage » résout aussi le problème de financement…

 

DH

 

 

 

 

 Philippe Askenazy (1) : « La réforme des retraites, très rapide, va créer un choc sur le marché du travail » (2)

  

La réforme des retraites fait craindre aux jeunes que le départ retardé des seniors leur ferme encore plus les portes de l'emploi. Cette crainte est-elle fondée ?


Sur le long terme, cette réforme des retraites n'handicapera pas l'accès des jeunes à l'emploi. En revanche, elle participera à une montée du chômage des jeunes et des seniors au cours des prochaines années. Concernant les jeunes, la difficulté ne viendra pas du secteur privé mais du public : dans les trois fonctions publiques, qui représentent un cinquième de l'emploi salarié en France, les recrutements se font principalement pour remplacer des départs à la retraite. C'est un marché fermé qui fait que toute personne qui ne part pas empêche une personne de rentrer. Le fait qu'un senior reste deux ans de plus devrait ainsi faire baisser de 20 % les recrutements d'agents au cours des dix ans à venir. Cela fait de l'ordre de 30.000 postes de moins par an pendant une dizaine d'années. Cela peut paraître peu dans l'absolu, mais cela va être très concentré sur une seule classe d'âge. C'est donc un important débouché pour les jeunes qui va encore plus se tarir.  

Et concernant l'emploi des seniors ? 

C'est, cette fois, dans le secteur privé que le risque est significatif. Si reculer l'âge de départ pour un fonctionnaire se traduit effectivement par un senior maintenu en emploi, la mécanique est bien plus complexe dans le privé. Trop d'entreprises ont pris l'habitude de se séparer très tôt des salariés, parfois dès 55 ans. Pendant de longues années, les politiques publiques ont multiplié les dispositifs de retraite anticipée dans l'idée de laisser la place aux jeunes. Cette culture du départ anticipé est maintenant profondément ancrée tant du côté des chefs d'entreprise que des salariés. Changer les comportements et les organisations prendra du temps. Les entreprises vont devoir profondément revisiter la gestion de leurs ressources humaines et des programmes de formation : jusqu'à présent, elles investissaient peu sur un salarié au-delà de 45 ans. Il est donc probable que les entreprises continuent d'embaucher des jeunes sans pour autant conserver l'emploi des seniors pendant quelque temps.  

Pourquoi êtes-vous optimiste à plus long terme ? 

A brève échéance, la question du partage du travail se pose d'autant plus que nous sortons à peine d'une profonde crise économique. Si le chômage a peu progressé en Allemagne pendant cette crise, c'est bien parce qu'il y a eu des accords de réduction de temps de travail pour éviter les licenciements. Mais, sur le long terme, cette idée malthusienne qui est que le marché du travail est un gâteau qui se partage ne tient pas. De nombreux travaux ont, par exemple, montré qu'une vague d'immigration renforçait la concurrence sur le marché du travail pour les immigrés plus anciens, mais était à terme nettement créatrice de richesses. De même, quand un senior travaille, il crée de l'activité. Concernant le cas français, la réforme actuelle s'étend jusqu'en 2023. Dans la fonction publique, à cette date, la transition sera achevée et le rythme des départs - et donc des embauches  - reprendront. Dans le privé, on peut espérer que les entreprises auront alors revu la gestion de leurs ressources humaines et seront en capacité de maintenir les seniors en emploi.  

Quelle solution auriez-vous souhaitée ? 

Le projet de réforme actuel est très rapide et ne permettra pas de lisser dans le temps le choc créé sur le marché du travail. Il y aura donc un impact sur l'emploi durant la première décennie. Une plus grande progressivité est une des revendications de la CFDT. Les mêmes débats se font jour en Grande-Bretagne avec la réforme Cameron. Pour les hommes, l'âge du taux plein pour la pension d'Etat sera porté de 65 ans à 66 ans en 2020 et 67 ans dans les années 2030. Cette mise en place progressive laissera le temps aux structures de s'adapter pour les métiers « masculins ». Mais, pour les femmes, l'âge de liquidation sera rapidement porté de 60 ans à 66 ans dès 2020, faisant craindre un choc énorme sur l'emploi féminin.

 

(1) Les économistes atterés

 

 (2) Les Echos.fr du 26/10/10

 

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Published by Didier HACQUART - dans Réforme des retraites
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9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 05:55

  


 

  

A méditer.

 

DH

 


 

 

La Bolivie abaisse l'âge légal de la retraite de 65 à 58 ans

 

Jeudi, 04 Novembre 2010 Alors que partout en Europe, sous prétexte qu'on vit plus longtemps, l'âge de départ en retraite augmente dangereusement, le gouvernement bolivien s'emploie à le réduire de 7 ans.


A l’heure où chez nous, en France, le gouvernement s’apprête à repousser l’âge de départ à la retraite à 62 ans et à augmenter le nombre d’annuités pour bénéficier d’une retraite à taux plein, et cela sans toucher sérieusement aux revenus du capital, en Bolivie, le gouvernement socialiste anti-libéral de Evo Morales s’apprête à faire voter une nouvelle loi sur les retraites, discutée avec la principale centrale ouvrière du pays (la COB), qui abaisse l’âge de départ de 65 à 58 ans avec les mêmes avantages.

 

Cet âge sera même réduit à 56 ans pour les ouvriers du secteur minier, avec possibilité de le rabaisser encore pour certains travailleurs : dans ce cas, un an travaillé à l’intérieur de la mine comptera pour deux.


Tout cela s’inscrit dans le cadre de la reconstruction du système bolivien de retraite par répartition mis à sac par des décennies de libéralisme économique...


Début février 2008, le président Morales avait déjà instauré une pension "dignité" destinée aux retraités vivant sous le seuil de pauvreté, dans un pays où 2 habitants sur 5 vivent avec moins de 2 dollars par jour. Pour financer cette allocation, le gouvernement bolivien avait instauré une redistribution des richesses liée aux hydrocarbures (gaz et pétrole), mettant ainsi à contribution les riches régions de l’est qui s’étaient arrangées jusque là pour bénéficier de la quasi-totalité de ces revenus. Refusant de partager le gâteau, l’oligarchie bolivienne avait, avec à la complicité de l’ambassade américaine, tenté de déclencher une guerre civile destinée à renverser le président Morales.


La France n’est évidemment pas la Bolivie. Ses niveaux de revenus, de pensions de retraites et de vie sont très éloignés, certes, mais n’y a-t-il pas là encore matière à s’inspirer d’un gouvernement progressiste qui élabore et vote des lois qui ne séparent pas l’aspect humain de l’aspect économique ? N’y a-t-il pas intérêt à s’inspirer une fois de plus de ces gouvernements progressistes latino-américains qui ont choisi leur camp entre les requins de la finance, les affameurs du FMI et de la Banque Mondiale d’un côté, et le bien-être du peuple de l’autre ?


La Bolivie, comme le Vénézuela et l’Equateur ainsi que les pays membres de l’ALBA (Alliance Bolivarienne pour les Amériques), ont décidé depuis quelques années déjà de renvoyer les technocrates du FMI dans leurs bureaux new-yorkais et de gérer eux-mêmes leurs pays, leur économie, et leurs systèmes de retraites.


Contrairement à nos gouvernements européens assujettis aux agences de notation, celui de Evo Morales estime que l’humain passe avant les considérations économiques. Il estime aussi que ce sont ceux qui en ont le plus et qui provoquent les crises financières qui doivent mettre la main à la poche.


Il estime que les ressources de son pays ne doivent plus servir à garnir les comptes des multinationales étrangères et des oligarques locaux, mais au contraire à développer économiquement et socialement une nation désormais libre du diktat des marchés financiers et de ses alliés.


Une belle source d’inspiration que cette Amérique latine rebelle et progressiste, n’est-ce pas ? Ne devrait-on pas avoir les yeux rivés sur ces nations et ces peuples qui remettent en cause ce que l’on a commencé à nous faire subir ici : à savoir la dégradation de nos conditions de vies et la destruction de nos acquis sociaux résultant d’années de luttes, tout cela au nom de la course au profit des plus riches et du libre-marché "sacré" ?


Sarkozy n’est pas Morales, et nous le regrettons bien.


(Source : Le Grand Soir)



NDLR : On rappelle qu'en 1945, la Sécurité sociale et les retraites par répartition ont été instaurées alors que la France était complètement à genoux. On rappelle aussi que c'est la Deuxième guerre mondiale qui a mis fin à la crise de 1929...

Soixante ans après, en 2005, treize vétérans du Conseil National de la Résistance nous appelaient à lutter contre les attaques d'une droite qui s'emploie à détruire toutes les conquêtes sociales de la Libération. Voici ce qu'ils disaient :


« Comment peut-il manquer aujourd'hui de l'argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l'Europe était ruinée ? Les responsables politiques, économiques, intellectuels, et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menacent la paix et la démocratie. »



 

 

La Bolivie n’est pas la France et rien n’est comparable ni transposable directement. Pour autant, il est intéressant d’analyser ce qui se passe en Amérique du Sud ! Le Président Bolivien Evo Morales vient de faire passer l’âge légal de la retraite de 65 à 58 ans !

 

Je trouve très pertinente la justification d’une telle mesure : L’humain passe avant les considérations économiques… C’est d’une telle évidence, et pourtant c’est une valeur bien oubliée en Europe !

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Published by Didier HACQUART - dans Réforme des retraites
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8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 05:36

 

 


 

Et une manifestation de plus ce 6 novembre 2010 qui démontre par son ampleur le mécontentement d'une majorité de français contre la réforme injuste des retraites du gouvernement Sarkozy.

 

Le Parti de Gauche était bien entendu au coueur du mouvement social...

 

DH

 

GEDC0958.JPG

Le point fixe des manifestations du samedi en bas de la canebière...

 

GEDC0957-1-.JPGAlbert à la manoeuvre devant l'agence Air France, bizarre ou hasard ?

 

GEDC0944-1--copie-1.JPGEt toujours les affiches de la manifestations du 6 novembre...

 

GEDC0945.JPG

 

GEDC0946.JPG

GEDC0948.JPG

 

GEDC0953.JPG

Le plan C avec Etienne CHOUARD en personne...

 

 

GEDC0954.JPGSuite sur son site internet.

 

GEDC0955.JPGDes clowns comptaient les manifestatns. cela explique sans doute les erreurs ?

 


 


 


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Published by Didier HACQUART - dans Réforme des retraites
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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 05:30

 

 

 


http://medias.lepost.fr/ill/2008/04/27/h-20-1186401-1209310492.jpg

 

Une fois n’est pas coutume, mais aujourd’hui je vous conseille de regarder l’émission Vivement dimanche de Michel Drucker avec ……….. Jean-Luc Mélenchon !

 

Dimanche 7 novembre à 14:15, Jean-Luc Mélenchon sera  l'invité politique de Michel Drucker dans l'émission “Vivement Dimanche” sur France 2. 

 

Avec : Francis Cabrel, Souad Massi, Yvan Le Bolloc’h, Robi, Agnès Bihl, Bernard Kudlak, Cyril Casmeze, Léonie Simaga, Nicolas Bedos, Pierre Laurent, Christian Abriel, Sabine Salmon, Sophie De La Rochefoucauld, Marina Otero, Martine Billard, Clémentine Autain.

 

A 18:55 dans “Vivement dimanche prochain”, ils seront rejoints par Claude Sérillon, Jean-Pierre Coffe, Régis Mailhot, Laurent Ruquier.

 

Ne ratez pas cette émission !

 

DH

 

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