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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
17 mars 2007 6 17 /03 /mars /2007 08:11

Les entreprises cotées en Bourse ont réalisé cent milliards de bénéfices en 2006.
 
Le CAC 40 casse la baraque
 
 
Le chiffre commence à donner le tournis. L'année dernière, les entreprises composant le CAC 40 ont réalisé près de 100 milliards d'euros de profits. Sur 39 entreprises ayant publié leur compte 2006 ­ la dernière en date étant hier Gaz de France ­, le total se monte à 97,7 milliards de résultat net. C'est-à-dire le résultat obtenu, une fois tous les frais payés, notamment les impôts.
 
Il s'agit d'un record historique. La progression est de 10 % par rapport à la cuvée 2005, elle-même un record. C'est bien simple, depuis 2002, année où le CAC 40 avait engrangé 20 milliards d'euros de bénéfices, cet indicateur progresse sans arrêt. Pour le plus grand bonheur des actionnaires. Les distributions de dividendes, qui auront bientôt lieu au titre de 2006, augmentent de 30 %, encore plus que les profits. C'est 40 milliards d'euros qui devraient être déboursés au total par les entreprises du CAC 40.
 
Cette évolution est d'autant plus remarquable qu'elle est totalement déconnectée de la croissance française ­ modérée en 2006 ­ et de la santé du tissu industriel. Les groupes du CAC 40 réalisent une part grandissante de leur profit à l'étranger et ils profitent de la croissance internationale. En France, la rentabilité moyenne des entreprises hexagonales, telle que mesurée dans les comptes de la nation par le taux de marge, est restée d'ailleurs globalement stable ces dernières années.
 
Pertes et dividendes. Cette richesse va d'autant plus être jalousée qu'elle profite toujours aux mêmes : les actionnaires, et notamment les fonds de pension anglo-saxons (fin 2005, les non-résidents détenaient 46 % des actions à la Bourse de Paris). Et même si, via les plans d'intéressement, les salariés des groupes du CAC 40 profitent aussi de cette évolution, la manne est loin d'être équivalente.
 
Plus gênant pour les salariés, les entreprises font comme si, quelle que soit la conjoncture, le dividende était dû. Les entreprises en difficulté se font même un devoir de mieux rémunérer les actionnaires. Renault par exemple a vu son résultat baisser de 15 %, son dividende augmentera pourtant de 29 %.
 
A EADS, de nombreuses voix s'étaient fait entendre pour qu'aucun dividende ne soit versé au moment où 10 000 emplois étaient supprimés. Mais les actionnaires LAGARDERE et DAIMLER ont réussi à faire entendre leur voix. Louis Gallois, le PDG du groupe aéronautique et de défense, a ainsi promis qu'il y aurait un dividende, sans dévoiler son montant. Même face à l'Etat et à la mobilisation des politiques la logique de la finance réussit à l'emporter.
 
Après cela on nous dira qu’il n’y a pas de marges de manœuvres…
 
Mais à ces chiffres mirifiques, il faut mettre en lumière le fait que les effectifs en 2006 de ces mêmes entreprises ont baissé de 0,3 % (- 35 500 emplois)… Est - ce que cela a un rapport ?

DH
 
Extrait d’un article de Libération du mercredi 14 mars 2007
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Published by Didier HACQUART - dans Réflexions
16 mars 2007 5 16 /03 /mars /2007 07:16

Lucie AUBRAC, la mort d’une grande dame…
 
J’avais eu la chance d’assister à une intervention de Lucie et Raymond AUBRAC au Conseil Régional en 2004 à Marseille. Le couple intervenait devant des lycéens de la région, dabs le cadre d’une journée consacrée à la Libération de la Provence. Ma fille, alors en terminale,  avait été choisie avec une autre lycéenne pour représenter le lycée Jean Monnet. Je les avais accompagnés à Marseille avec mon autre fille alors en classe de 4ème.
 
Nous avions été éblouis par les personnalités de Lucie et Raymond AUBRAC, par leur vivacité d’esprit, et par leur force de conviction, tout emprunte de simplicité. Cette force de témoignage et de détermination malgré l’âge était intacte. La salle composée den majorité de jeunes adolescents a été conquise.
 
Ce fut un grand moment inoubliable, et c’est vraiment une grande dame pour qui "résister se conjuguait au présent" qui est partie...


DH

Pour ne jamais oublier, que le chant des partisans résonnent dans nos mémoires...

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Published by Didier HACQUART - dans Qui suis - je
15 mars 2007 4 15 /03 /mars /2007 07:39

Airbus: "L'Etat c'est le problème",
critique Laurence Parisot
 
 
La présidente du Medef Laurence Parisot a critiqué l'intervention de l'Etat et des politiques dans le dossier Airbus, accordant sa confiance au président du constructeur aéronautique Louis Gallois dans ce qu'elle a qualifié de "mauvaise passe".
 
Faut –il rappeler à Madame PARISOT, qu’AIRBUS et l’industrie Aéronautique  n’a pu se construire et se développer que grâce à l’intervention de l’Etat (Caravelle, Concorde, Ariane, les hélicoptères, etc.) ?
 
Faut –il rappeler à Madame PARISOT, que c’est justement le privé qui a détruit l’entreprise ?
 
Faut – il rappeler à Madame PARISOT le scandale des stocks options de l’ancien PDG d’EADS qui a mis à terre l’entreprise ?
 
Madame PARISOT se pose – t elle la question de savoir ce que fait et propose Arnaud LAGARDERE co-président d’EADS, totalement absent ces dernières semaines sur Power 8 ?
 
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Published by Didier HACQUART - dans Industrie Aéronautique
14 mars 2007 3 14 /03 /mars /2007 11:17


Alors que des dizaines de millions de personnes meurent de faim sur la planète, 946 personnes détiennent une fortune équivalente à 2 fois le PIB de la France. Cette situation est intenable et insupportable.

 
 
 

Non seulement un autre monde est possible, mais il est nécessaire !

 
 
 

A méditer…

 
 
 
DH
 
 
 
 
 

Ouf, tout va bien, avec le cercle des milliardaires qui s'élargit encore,  selon le magazine Forbes

 
 
 

Le cercle des milliardaires de la planète ne cesse de s'élargir, selon le classement 2007 des plus grandes fortunes du magazine Forbes, marqué par un top 5 inchangé où trône le co-fondateur de Microsoft Bill Gates et par une montée en puissance de l'Asie et de la Russie.

 
 
 

D'une année sur l'autre, le club des milliardaires a encore accéléré sa progression, accueillant désormais un record absolu de 946 personnes grâce à 153 nouveaux membres, contre 102 nouveaux milliardaires l'an dernier.

 
 
 

"Il semble que nous ne pouvons nous défaire des milliardaires!", a plaisanté une responsable de Forbes, Luisa Kroll, lors d'un point presse. "De part et autre du globe, cette croissance est le simple reflet d'une économie mondiale dynamique", a-t-elle ajouté, évoquant "un boom" dans les marchés financiers, l'immobilier, les matières premières et la high-tech.

 
 
 

Le montant cumulé de ces 946 fortunes atteint le record absolu de 3.500 milliards de dollars (+35%), presque le double du produit intérieur brut (PIB) de la France, 9e économie mondiale.

 
 
 

Pour la 13e année consécutive, l'américain Bill Gates est l'homme le plus riche du monde avec une fortune estimée à 56 milliards. Mais l'écart se rétrécit avec son partenaire dans les œuvres caritatives et homme d'affaires Warren Buffet, également américain (52 milliards).

 
 
 

L'investisseur mexicain Carlos Slim, 3e (49 milliards), a réalisé "la plus forte progression de la décennie" souligne Forbes, en empochant 19 milliards supplémentaires d'une année sur l'autre.

 
 
 

La famille suédoise Kamprad, fondatrice des magasins d'ameublement Ikea, est 4e (33 milliards), talonnée par l'homme d'affaires indien Lakshmi Mittal (32 milliards).

 
 
 

Chez les 15 fortunes françaises du classement, le patron du groupe de luxe LVMH Bernard Arnaud fait la course en tête pour la 2e année consécutive (26 milliards, 7e place) devant la patronne de l'Oréal Liliane Bettencourt (20,7 milliards, 12e place), la plus riche des 83 femmes milliardaires de la planète.

 
 
 

Par répartition géographique, les Etats-Unis dominent 415 fortunes (+44), tandis que l'Afrique est toujours absente des 53 nations présentes au classement.

 
 
 

L'Asie, avec 160 fortunes, "a connu une année éblouissante", juge Luisa Kroll, avec 45 nouveaux milliardaires, dont le tiers en Chine.

 
 
 

Sur le Vieux Continent, qui compte 242 milliardaires (46 nouveaux venus), "la Russie fait évidemment la une", selon Forbes, avec 19 entrées dans le classement et un total de 53 milliardaires.

 
 
 

Désormais, la Russie est au coude à coude avec l'Allemagne (55 milliardaires), qui est traditionnellement le 2e bastion des milliardaires derrière les Etats-Unis.

 
 
 

L'Espagne compte 10 nouveaux milliardaires (20 au total). Le patron de la chaîne de vêtements Zara, Amancio Ortega, se hisse à la 8e place.

 
 
 

Au Moyen-Orient, qui abrite 68 milliardaires, la Turquie domine avec 25 fortunes.

 
 
 
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Published by Didier HACQUART - dans Réflexions
13 mars 2007 2 13 /03 /mars /2007 07:54

A méditer l’appel de Jean – Luc MELENCHON.
 
 
 
A lire aussi, la Gauche est trop bas.
 
 
 
DH
 
 
 
Il y a le feu au lac, par Jean – Luc MELENCHON
 
 
 

Il y a le feu au lac, je n’hésite pas à le dire. Pourtant une certaine esthétique politique recommande de rester impavide quoi qu’il arrive. Je n’y ai jamais souscrit par méfiance d’instinct contre les étranges aptitudes à l’auto hypnose qu’impliquent certains prétendus sangs froids.

 
 
 

La montée en puissance de Bayrou dans les sondages (j'inclus leur dimension manipulatoire dans mon analyse) menace bel et bien de jeter tout le paysage politique cul par-dessus tête et il est bien temps de réagir. Il y a quinze jours devant le bureau national du PS cette question a été débattue. Il s’est bien sûr trouvé un musclé du sang froid pour recommander à toutes les autres mauviettes participantes de « garder leur calme » quand bien même ne l’avions-nous nullement perdu. Puis nous fumes invités à une virile indifférence, bien sûr vigilante, mais détachée, qui ne « donne pas de prime à nos adversaires en parlant d’eux » et tuti quanti. L’antienne s’acheva dans l’indépassable invitation à « s’en tenir à nous même, à nos propres propositions », pour « obliger tous les autres à se déterminer par rapport à nous ». D’habitude, c’est la façon de parler de tous les chevaux de Troie. Mais ce n’était pas le cas cette fois-ci où seule l’arrogance était en œuvre. Pour ma part, j’ai dit, je persiste et signe, que cette sorte de « sang froid », toute proportion gardée, a déjà démontré sa nullité face Le Pen jusqu’au jour où celui-ci nous est passé devant. J’ai donc recommandé qu’on en tire les leçons.

 
 
 

Commençons par éviter de diaboliser Bayrou. D’abord pour tenir compte du fait que les diables sont devenus sympathiques en politique depuis quelques temps… Ensuite parce que la diabolisation est une paresse de l’esprit qui ne convainc personne. Enfin pour qu’on se souvienne combien cette campagne est nécessairement, obligatoirement, incontournablement, une campagne d’éducation populaire en direction des désorientés et désemparés face auxquels il ne suffit pas d’agiter des excommunications pour emporter la décision. Car ceux là constituent l’essentiel des français à ce jour. Et ce n’est pas la peine de se demander trop pourquoi ils sont tellement nombreux si l’on veut éviter de s’entendre montrer, citation à l’appui (comme cela m’est arrivé sur le plateau d’ITV), comment les principaux acteurs de la scène ayant eux-mêmes brouillé les clivages qui organisaient la pensée collective dans notre pays (ah ! Sarkozy citant Jaurès et Blum !), ils récoltent dorénavant à foison la confusion qu’ils ont semé si généreusement.

 


Faisons court. La gauche est menacée d’être éjectée du second tour par monsieur Bayrou (Sarkozy aussi, et on verra d’ici peu que c’est tout autant). Le nier est irresponsable si l’on tient compte de ce que nous entendons et constatons autour de nous. Pour l’essentiel Bayrou est surtout un problème à droite où il pioche l’essentiel de son électorat. Mais il est aussi un problème pour nous dans certaines catégories sociales, inutile de le nier. Il faut donc colmater la brèche là où elle est ouverte. Non pas en général mais au cas particulier. Je pense en particulier aux enseignants. C’est d’ailleurs dans l’éducation que la supercherie de monsieur Bayrou fonctionne le plus grossièrement. Je crois qu’il faut en faire la démonstration méthodique. Il est tellement révoltant de voir quelqu’un qui a voté contre la loi sur les signes religieux ostentatoires à l’école se draper dans les plis du drapeau de la laïcité ! Et plus insupportable encore que l’abrogateur de la loi Falloux puisse faire des mouvements de menton en défense de l’école publique sans qu’on lui éclate de rire au nez ! Et ainsi de suite.

 
 
 

Mon dossier déborde d’arguments. Je me suis mis au travail. J’ai intégré l’équipe de campagne socialiste à l’heure où il semble bien compris qu’on a besoin de tout le monde pour la bataille de gauche puisque ça va moins bien que prévu… Ceux qui menaient les opérations n'ont pas eu tout le succès qu'ils étaient en droit d'espérer. Le coup de main expérimenté est indispensable.

 
 
 

Au Sénat, le président du groupe socialiste, Jean-Pierre Bel qui coordonne l’action, m’a confié l’animation de la cellule des argumentaires. Une vingtaine de personnes se réunissent pour faire le travail de fouille et de mise en forme des arguments à rendre disponibles pour ceux qui veulent les propager et convaincre autour d’eux. J’ai rencontré Jean-Louis Bianco co-directeur de la campagne et notre rencontre a été assez concrète, je dois dire. A chacun sur le terrain je recommande d’en faire autant. Quel que soit votre choix à gauche, et surtout si vous êtes socialistes ou communistes, aidez plutôt que commentez, agissez plutôt que soupesez.

 
 
 

Ce qui nous menace si le Parti Socialiste est absent du deuxième tour et si le Parti communiste est humilié est une catastrophe qui va plus loin qu’un simple revers électoral. Un changement d’époque politique où la gauche serait condamnée à hésiter entre collaboration et figuration.

 
 
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Published by Didier HACQUART - dans Présidentielles 2007
12 mars 2007 1 12 /03 /mars /2007 07:35

Pierre Larrouturou candidat à l'élection présidentielle et délégué national du PS à l'Europe, est un défenseur infatigable de la semaine de 4 jours, depuis des années. J’avais suivi une de ses conférences à Aix en Provence dans les années 90.
 
Il apparaît parfois comme un farfelu, mais c’est loin d’être le cas. Il a une position un peu iconoclaste en voulant se présenter à la Présidentielle avec le slogan, « ne votez pas pour moi, mais écoutez ce que j’ai à dire ».  Son analyse mérite à mon sens la réflexion…
 
Je vous livre l'intégralité du débat qu’il a tenu, mardi 6 mars, sur le site internet du journal Le Monde.
 .
A suivre…
 
DH
 
 
Pierre Larrouturou : "la semaine de 4 jours créerait 1,6 million d'emplois"
 
LEMONDE.FR  06.03.07

lix : Vous êtes délégué national du PS ? Pourquoi ? Et pourquoi ne soutenez-vous pas Ségolène Royal ? 
 
Pierre Larrouturou : Je soutiens Ségolène Royal, j'appelle à voter pour elle dès le premier tour. Mais je pense que sur certaines questions, le chômage, l'Europe en particulier, le projet du PS n'est pas à la hauteur des enjeux, et voilà pourquoi nous avons créé le collectif "Urgence sociale", et voilà pourquoi je suis candidat : pour faire connaître nos propositions. 
 
henriii : Votre candidature est-elle un simple témoignage ? De combien de parrainages disposez-vous ? J'ai lu 438...  
 
Pierre Larrouturou : Oui, 438 promesses, c'était jeudi soir. La question est de savoir combien vont arriver réellement sur le papier officiel et est-ce que nous arriverons à en avoir 500 au total. Ce n'est pas un simple témoignage, je pense qu'on est dans une crise très grave, qui peut sérieusement empirer. Il y a un vrai risque de récession aux Etats-Unis qui provoquerait une récession mondiale. Sur les questions sociales, sur l'Europe, il nous paraît fondamental d'avoir des réponses beaucoup plus ambitieuses que celles du PS. 
 
sa45 : Comment voulez-vous que les entreprises soient compétitives en travaillant moins et donc en augmentant le prix de la main d'œuvre (puisque je pense qu'il y aura maintien des salaires) et comment voulez-vous que les entreprises embauchent ? N’allez- vous pas au contraire contraindre les entreprises à délocaliser à l'étranger. Nous sommes actuellement le pays qui travaille le moins. Ne serait-il pas logique d'augmenter notre temps de travail ?  
Pierre Larrouturou : Vaste question... Nous ne sommes pas le "pays qui travaille le moins". Tous nos pays vont en moyenne vers 30 heures par semaine. La durée moyenne du travail (tous emplois confondus) est de 29,9 heures aux Pays-Bas, et de 33,7 heures aux Etats-Unis. Dans tous nos pays, on a amélioré la productivité, dans tous nos pays, on a besoin de moins de travail pour produire plus. La question est de savoir si on y va par de la précarité, comme aux Etats-Unis ou au Japon, ou par un mouvement bien négocié. En passant à quatre jours, l'entreprise n'augmente pas ses coûts de production.
 
Plus de 400 entreprises sont déjà passées à quatre jours et ont prouvé que c'était possible. Chez Mamie Nova, le prix du yaourt n'a pas augmenté d'un centime, mais le passage à 4 jours a permis de créer 120 emplois. Si l'entreprise passe à 4 jours et crée au moins 10 % d'emplois nouveaux en CDI, elle a une exonération de 8 % des cotisations. Les plus faibles salaires ne perdent rien, les cadres et les commerciaux perdent 2 ou 3 %. Encore une fois, la semaine de 4 jours est déjà une réalité dans 400 entreprises. Une étude du ministère du travail estime qu'un mouvement général, avec le financement que nous proposons, pourrait créer 1,6 million emplois. 
 
paglop : Quel est le vrai bilan des 35 heures ? Combien d'emplois créés pour quel coût ? 
 
Pierre Larrouturou : En janvier 1998, j'avais publié un livre, "35 heures, le double piège", dans lequel je soulignais les limites des "35 heures". En réalité, avec la première loi Aubry, les accords 35 heures ont permis de créer des emplois en donnant une vraie réduction du temps de travail (RTT) aux salariés, et sans abîmer l'entreprise. Hélas, avec la deuxième loi Aubry, qui a concerné la majorité des salariés, on pouvait signer un accord 35 heures et rester à 38 heures de durée réelle, et les exonérations ont coûté très cher à l'Etat, alors qu'il n'y avait aucune obligation de créer des emplois. Au total, selon l'Insee, la durée réelle du temps de travail n'a baissé que de 4 % en moyenne. Le mouvement a créé entre 300 000 et 350 000 emplois. C'est mieux que le bilan de la droite (les 200 000 emplois Borloo sont en moyenne à 15 heures par semaine), mais ce n'est pas suffisant pour traiter le chômage de masse. 
 
Aline : Ségolène Royal ne dit pas ce qu'elle veut faire des 35 heures. N'est-ce pas un échec pour vous ? Nicolas Sarkozy, lui, est clair.  
 
Pierre Larrouturou : Nicolas Sarkozy est clair : il veut nous amener vers le modèle américain au moment même où Alan Greenspan annonce que ce modèle peut amener le monde vers une récession globale. Aux Etats-Unis, il n'y a pas eu de loi sur le temps de travail, mais il y a tellement de précarité que la durée moyenne du travail est inférieure à 34 heures. A cause de cette précarité, les salaires réels diminuent, et ce n'est que grâce à un très fort endettement que la croissance se maintient. Mais cette fuite en avant a des limites. En 1929, quand la dernière crise du capitalisme a éclaté, la dette totale américaine (privée et publique) représentait 130 % du PIB, elle vient de dépasser les 250 % du PIB. Voilà pourquoi Greenspan dit qu'on risque d'aller vers une récession mondiale. Visiblement, Sarkozy ne l'a pas compris. 
 
PrésidentYuFungLAM2007 : Je n'aime pas cette question car la loi même des 35 heures n'empêche pas de travailler plus. Je détourne la question : On travaille plus mais on ne gagne pas beaucoup d'argent. Doit-on baisser les charges pour inciter les salariés à travailler plus et augmenter leur pouvoir d'achat ?  
 
Pierre Larrouturou : Tant qu'il y aura 4 millions de chômeurs et des millions de précaires, la négociation sur les salaires dans beaucoup d'entreprises se limitera à "si t'es pas content, tu peux aller voir ailleurs". De ce fait, depuis vingt ans, chaque année, ce qui va aux salaires dans le PIB diminue un peu.
 
 
Pour élargir les contraintes, on devrait créer au niveau européen un impôt sur les bénéfices. Jamais les bénéfices n'ont été aussi importants, mais jamais on a autant baissé l'impôt sur les bénéfices. Aux Etats-Unis, le taux moyen d'impôt sur les bénéfices est aujourd'hui de 40 %, il n'est plus que de 25 % en Europe. Quinze points de moins !
 
Aucun pays ne peut tout seul augmenter son impôt sur les bénéfices de 15 points, mais rien de nous empêche de créer un impôt européen. Si le budget européen était financé par un impôt européen sur les bénéfices, les 18 milliards d'euros que la France met cette année dans le "pot" européen pourraient rester en France et servir à financer la protection sociale ou le logement (voir article avec Michel Rocard sur www.urgencesociale.fr).
 
Mme toutlemonde : La semaine de 32 heures que vous prônez, n'est-ce pas une utopie complète dans le contexte actuel ? Même votre candidate Mme Royal se garde bien de dire ce qu'elle pense des 35 heures ! 
 
Pierre Larrouturou : En 1985, après l'échec des 39 heures, personne à gauche ne voulait plus parler de la question du temps de travail. Aujourd'hui, le temps de travail est de nouveau un tabou aux yeux de certains responsables socialistes. Avec Michel Rocard et quelques autres, nous pensons au contraire que c'est un débat fondamental. Ce n'est pas la "solution miracle", mais c'est une des vingt propositions que nous avançons pour lutter contre le chômage. Encore une fois, la durée du temps de travail moyenne aux Etats-Unis est inférieure à 34 heures par semaine. On vit une révolution de la productivité. Cette productivité va-t-elle donner plus de précarité ou plus de qualité de vie ? C'est à nous d'en décider.
 
Sur Ségolène Royal, hélas, je ne sais pas ce qu'elle pense précisément de cette question. 
 
Demerck : Comment concrètement voulez-vous que les Irlandais ou les Britanniques augmentent l'impôt sur leurs sociétés ? Ils ne vont pas se tirer une balle dans le pied ! 
 
Pierre Larrouturou : Les premiers qui, il y a quarante ans, ont imaginé que l'Europe pourrait avoir un jour une monnaie unique, expliquaient que cette monnaie ne serait viable que si l'Europe disposait d'une fiscalité commune et que le budget européen devait peser au moins 7 % du PIB. Aujourd'hui, l'Europe n'a toujours pas de fiscalité, et le budget européen ne représente que 1 % du PIB. En cas de récession aux Etats-Unis, l'Europe n'a aucun moyen aujourd'hui de limiter les dégâts. Voilà pourquoi il est urgent de lancer une négociation sur l'impôt européen pour donner à l'Europe et à chacun des Etats membres de nouvelles marges de manœuvre. Les esprits évoluent.
 
Il y a un an, le 18 janvier 2006, le chancelier autrichien affirmait devant le Parlement européen qu'il était "absurde de ne pas taxer les profits spéculatifs". Il y a quelques jours, Edouard Balladur a rappelé qu'au niveau européen, rien n'empêche de créer une taxe Tobin pour taxer la spéculation monétaire. Si même Edouard Balladur et le chancelier Schussel sont d'accord, qu'est-ce qu'on attend pour négocier ?
 
Selon les chiffres de la BRI, 3 000 milliards de dollars tournent chaque jour dans le système financier international. Il est fondamental de "calmer le jeu" sur les marchés financiers, surtout si Greenspan a raison et que nous allons vers une récession. Une taxe Tobin améliorée (ceux qui achètent et revendent des monnaies dans la journée sont davantage taxés que ceux qui les gardent plusieurs semaines) permettrait de calmer le jeu sur les marchés financiers. 
 
Jean-Damien Terreaux : Vous avez récemment apporté votre soutien à un syndicat agricole, la Coordination rurale, dont l'essentiel du discours repose sur la dénonciation de l'intervention de l'Etat en agriculture. Cela signifie-t-il que pour vous, le monde du travail salarié et les secteurs dits "indépendants" (artisanat, agriculture, etc.) sont des "mondes définitivement à part" ? Dans le deuxième monde "indépendant", les politiques de partage (du travail, des richesses) et de solidarité que vous préconisez ne sont-elles pas valides ? 
 
Pierre Larrouturou : L'essentiel de mon intervention devant la Coordination rurale a prouvé, au contraire, que les dégâts du libéralisme sont les mêmes pour les salariés et pour les paysans.
 
On peut voir sur notre site l'évolution des salaires par rapport au PIB et, juste à côté, l'évolution des prix agricoles depuis quarante ans. Dans les deux cas, le laisser-faire, le libéralisme amène à appauvrir le plus grand nombre. Dans les deux cas, il faut négocier des règles du jeu. C'est la semaine de 4 jours (entre autres) pour lutter contre le chômage, c'est des quotas (sur le modèle des quotas laitiers) qui permettent de maintenir les prix des productions agricoles. Dans tous les cas, il faut concilier l'existence de règles assez fermes et la liberté individuelle. Quand on parle de la semaine de 4 jours, c'est 4 jours "à la carte". Tout le monde est en moyenne à 32 heures, mais l'organisation concrète n'est pas la même pour un commercial, pour un chercheur, pour un ouvrier ou pour un pilote d'avion.
 
De même, en matière agricole, l'existence de quotas n'empêche pas chaque paysan de conduire son troupeau ou ses cultures d'une façon assez libre et de valoriser sa production au-dessus des prix minimum si elle le mérite (du lait produit sans que les vaches mangent de l'ensilage est payé plus cher que du lait avec ensilage).
 
ais, pour en revenir à la RTT, le besoin de souplesse et la diversité des métiers ne doivent pas nous empêcher de faire une franche réduction du temps de travail. En septembre 1993, dans le "Monde", Antoine Riboud, le patron de BNS Danone, disait : "il faut passer à 4 jours-32 heures sans étape intermédiaire, c'est le meilleur moyen d'obliger toutes les entreprises à créer des emplois". La souplesse ne doit pas empêcher une réduction très forte du temps de travail. La productivité a été multipliée par 7 depuis trente ans (voir la courbe sur www.urgencesociale.fr), on parlait déjà des 35 heures en 1978 (rapport Girodet remis à Raymond Barre), trente ans plus tard, il faut dépasser les 35 heures et avoir le courage d'un vrai débat sur la semaine de 4 jours. ), on parlait déjà des 35 heures en 1978 (rapport Girodet remis à Raymond Barre), trente ans plus tard, il faut dépasser les 35 heures et avoir le courage d'un vrai débat sur la semaine de 4 jours. 
 
Encore une fois, ce n'est qu'une de nos vingt propositions. Nous proposons aussi que l'Europe négocie avec la Chine des montants compensatoires. Nous proposons aussi un vrai financement pour la recherche ou les moyens de doubler le plan Borloo. Nous ne sommes pas des monomaniaques des 4 jours, mais cela reste un débat fondamental. 
 
Demerck : Combien d'heures travaillez-vous par semaine ? 
 
Pierre Larrouturou : En ce moment, beaucoup, car je suis vraiment inquiet. Il y a un mois, le journal Les Echos a publié coup sur coup quatre tribunes sur le risque d'un "effondrement du capitalisme mondial".
 
Dans la dernière tribune, les Echos expliquaient que si les Etats-Unis tombaient en récession, la situation en Chine allait devenir explosive : il n'y a pas d'allocations chômage, et il y a déjà de nombreuses émeutes sociales. L'essentiel de la croissance chinoise vient de la consommation américaine.
 
Si les Etats-Unis tombent en récession, la Chine suivra très vite et nul ne sait si ce qui s'est passé en Allemagne dans les années 1930 ne se passera pas en Chine dans les dix ans qui viennent : "Taiwan jouera au XXIe siècle le rôle qu'a eu l'Alsace-Lorraine au XXe siècle", expliquait récemment Thérèse Delpech.
 
Vendredi dernier, les Etats-Unis ont proposé "plusieurs centaines de missiles à Taïwan pour assurer son autodéfense" (AFP).
 
Dimanche, la Chine a annoncé qu'elle augmentait de 20 % son budget militaire. Il faut être aveugle pour ne pas voir monter les périls. J'aimerais que les politiques français comprennent la gravité de la crise. Il me reste dix jours pour décrocher les 500 signatures et essayer de me faire entendre du plus grand nombre. Mais je rattraperai cet été ma suractivité... 
 
Grop : Vos propositions, qui sont désormais connues, ont fait l'objet de calculs apparemment fiables et confirment une faisabilité. Comment expliquez-vous qu'elles n'aient jamais été suivies ? Pourquoi ne les faites-vous pas valoir dans l'équipe de Mme Royal ? 
 
Pierre Larrouturou : Hélas, depuis quatre ans, nous n'avons eu aucun débat de fond au sein du PS. Dans les vingt-quatre mois qui ont précédé la rédaction du projet, la commission économie ne s'est pas réunie une seule fois. J'ai été invité par des dizaines de groupes de citoyens à participer à des débats aux quatre coins du pays pour développer les idées de mon dernier livre, mais à Solferino, je n'ai jamais eu cinq minutes de parole. 
 
Alxxxx : Il me semble absurde d'être candidat tout en appelant à voter Ségolène Royal. Allez-vous vous retirez avant le premier tour, pour éviter un nouveau 21 avril 2002 ? 
 
Pierre Larrouturou : Mon slogan est clair : "Ne votez pas pour moi, mais écoutez ce que j'ai à dire."Notre objectif est de profiter de la campagne pour faire connaître nos analyses et proposer aux citoyens qui s'y retrouvent de signer la pétition "Plus loin, plus vite" disponible sur notre site.
 
Si Ségolène Royal est élue le 6 mai, nous irons lui déposer notre pétition le 7 mai et lui demanderons de poser quatre actes forts dès les premières semaines. Le 9 mai, par exemple, pour la Fête de l'Europe, nous demandons à Ségolène Royal d'inviter les chefs d'Etat des vingt-six autres pays de l'Union européenne à se retrouver dès le mois de juin à Paris pour relancer la négociation sur l'Europe démocratique, sur notre projet de traité social, et sur l'idée d'un impôt européen. De même, sur les questions sociales, sur la démocratie, sur les questions agricoles et les questions Nord-Sud, nous lui demanderons de poser des actes forts dès les premières semaines. Sinon, nous irons aux législatives pour continuer à nous faire entendre. 
 
En 1997, avec quelques amis, nous avions été candidats aux législatives. Nous avions fait un score supérieur à celui de la LCR. En 1999, nous avions présenté une liste aux européennes et, sans aucun accès aux médias, nous avions dépassé le seuil de 1 %. Nous voulons que la gauche gagne la présidentielle. Voilà pourquoi nous disons dès le premier tour qu'il faut voter pour Ségolène Royal. Mais nous voulons pousser la gauche à l'audace. Voilà pourquoi nous lui demandons de poser des actes forts dès les premières semaines. Car l'histoire montre que toutes les réformes qui ne sont pas lancées dans les premières semaines ne le sont pas ensuite. 
 
sandrine : Qu'en est-il des retraites ? Tout le monde sait que les Français devront travailler plus longtemps, alors à quand une vraie réforme ? 
 
Pierre Larrouturou : La question des retraites va devenir très concrète en 2008, puisque la réforme Balladur imposée par décret en août 1993 s'appliquera réellement au 1er janvier 2008. Elle amènera à une baisse de l'ordre de 20 % du niveau de vie des retraites (- 30 % pour les cadres selon l'OFCE).
 
La réforme Fillon impose d'aller à 42,5 années de cotisation pour obtenir une retraite "complète". Mais si nous n'arrivons pas à lutter radicalement contre le chômage, demander aux gens de travailler plus longtemps est stupide.
En moyenne, aujourd'hui, quelqu'un qui part en retraite est déjà au chômage ou au RMI depuis trois ans en moyenne. Dire qu'il faudra travailler deux ans de plus, si nous n'arrivons pas à lutter radicalement contre le chômage, ne fera que déplacer le problème. Les gens partiront en retraite après cinq ans de chômage au lieu de partir après trois ans de chômage seulement... Je ne suis pas hostile à moyen terme aux quarante-deux années de cotisation, mais à condition d'avoir radicalement fait reculer le chômage, ce qui passe entre autres par la mise en place de la semaine de 4 jours. Il faudra travailler plus longtemps, mais travailler moins.
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Published by Didier HACQUART - dans Présidentielles 2007
11 mars 2007 7 11 /03 /mars /2007 10:02


Coup de cœur pour KAMINI !

 
 

Un blog c’est aussi fait pour exprimer ses sentiments et ses coups de cœur. Aujourd’hui, je souhaite vous faire connaître KAMINI, un jeune chanteur picard. Et oui, le fait que je sois aussi Picard y est peut – être pour quelque chose. Il n’a pas encore produit de disque, mais il a déjà remporté la victoire de la musique du meilleur clip. Il diffuse pour le moment ses chansons par internet, et c’est déjà le succès. C’est du 1er et second degré, et c’est pas mal du tout.

 
 
 
 

Vous trouverez sa seconde chanson et clip « j’suis blanc » et à visiter sont site internet :

 
 
DH
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Published by Didier HACQUART - dans Qui suis - je
10 mars 2007 6 10 /03 /mars /2007 08:33


Vitrolles c’est vous par le PS de Vitrolles

 
 

Le PS de Vitrolles vient d’éditer un bulletin spécial d’information. Vous y trouverez un certain nombre d’informations sur la droite vitrollaise soutenue par l’UMP.

 

Je vous livre sur ce blog l’édito de Michel RENAUDIN, Secrétaire de la section PS de Vitrolles. Par le lien prévu à cet effet, vous aurez un petit aperçu de l'opposition vitrollaise.

 
DH
 
 
Edito Point de vue
 

Ce n’est pas dans nos habitudes, mais pour une fois, nous allons céder à la facilité et nous lâcher un peu. Vous allez découvrir dans ce journal, qui se cache derrière la vitrine UMP Vitrolles.

 

Actuellement, les socialistes et leurs partenaires sont mobilisés sur la campagne pour l’élection présidentielle dans le but d’en finir avec cette politique injuste d’appauvrissement et d’inégalités que la droite nous inflige.

 

Mais Borelli et sa bande nous offrent cinq minutes de récréation. Prenons - les.

 

L’historique de toutes les élections de Vitrolles nous prouve que vous n’avez aucune confiance en Christian Borelli, et nous le savons. Néanmoins, nous avons eu envie, pour une fois, de répondre à l’un de ses luxueux tracts. S’il ambitionne d’être candidat aux élections municipales, il faut qu’il sache que les Vitrollais sont des électeurs exigeants qui veulent savoir exactement qui les représente.

 

C’est pourquoi Guy Obino n’a pas hésité à communiquer son Curriculum Vitae, ses bulletins de salaire, son casier judiciaire et souvent aussi, un peu de sa vie privée.

 
Christian Borelli se livrera-t-il au jeu de la transparence absolue comme l’a fait Guy Obino ?
  

Par Michel Renaudin, Secrétaire de la section du PS de Vitrolles

 
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Published by Didier HACQUART - dans Municipales 2008
9 mars 2007 5 09 /03 /mars /2007 07:32

J’ai écrit il y a quelques jours un article sur Le PEN et les 500 signatures. Cela a déclenché une avalanche de commentaires d’un militant FN. J’y ai répondu comme à mon habitude. Il se trouve qu’une tribune est parue sur ce sujet dans Libé. Comme l’auteur, enseignant à Science – Po reprend une partie de mes arguments, je me fais plaisir de diffuser son article, même si cela déclenchera une nouvelle avalanche de commentaires, qui sont toujours intéressants à lire pour bien comprendre la pensée FN…

 

DH

 


« Qu'il ne se trouve pas 500 élus pour accorder leur parrainage à Le Pen est une bonne nouvelle. »

 

La République peut se dispenser d'invités douteux

 

Par Emmanuel GIANNESINI

QUOTIDIEN Libération : jeudi 8 mars 2007

 

Emmanuel Giannesini enseignant à Sciences-Po Paris, journaliste à Philosophie magazine.

 

Le leader du Front national, en vieux comédien madré, rejoue la comédie de la victimisation en clamant au scandale des 500 signatures. Qu'il dispose ou non des parrainages nécessaires pour aller présenter devant les électeurs son programme réactionnaire, nous le saurons dans quelques jours (même s'il n'est pas très difficile de prévoir que la réponse sera oui, évidemment oui). Le moment est donc bien choisi, avant l'événement «officiel», pour s'interroger sur l'étrange ­ l'incroyable ­ opinion qui voudrait qu'une telle candidature soit «normale». Ou plus exactement, que l'absence de Jean-Marie Le Pen à l'élection présidentielle relèverait d'une faute démocratique.

 

Il y a encore quelques années, cette absence aurait été accueillie comme bonne nouvelle pour notre démocratie. Comme la preuve de l'efficacité du cordon sanitaire dressé par la République autour d'un de ses adversaires. Que s'est-il passé entre-temps pour que des esprits insoupçonnables de collusion avec les idées nauséabondes du Front national en viennent à s'inquiéter de son éventuelle exclusion du débat ? Pour que la droite républicaine, emmenée par Nicolas Sarkozy, rompe ouvertement la ligne de défense érigée bon gré mal gré par Jacques Chirac consistant précisément à rejeter tout débat, toute compromission et toute alliance avec l'extrême droite ?

 

Du côté de l'UMP, la réponse est strictement politicienne, et il n'est nul besoin de s'y attarder longuement. M. Danet, premier conseiller général à avoir accordé son parrainage au leader frontiste, s'est dévoué pour son parti et pour Nicolas Sarkozy. Ce dernier a suffisamment laissé filtrer ses craintes d'un vote sanction, moins à l'élection présidentielle (les électeurs de Jean-Marie Le Pen deviendront largement les siens) qu'aux élections législatives, où les cadres ­ et non plus les électeurs ­ frontistes peuvent faire très mal à l'UMP. Tactique politique, donc. N'empêche : il aura fallu un singulier glissement des esprits à droite pour que ce qui était officiellement inenvisageable en 2002 prenne les allures patelines, voire vertueuse, d'un combat pour la libre expression démocratique ! C'est de Jean-Marie Le Pen que l'on parle, l'homme de la chasse au chapon...

 

C'est ce glissement des esprits qui est effrayant en ce que la gauche aussi s'y montre sensible, sans avoir du moins l'excuse, comme à droite, de l'intérêt cynique. Il repose sur deux éléments, qui ont acquis en cinq ans une force irrésistible.

 

Le premier, c'est la croyance en une onction du peuple lui-même. A partir du moment où Jean-Marie Le Pen était présent au deuxième tour en 2002 ­ l'argument revient comme une antienne ­ il aurait acquis ad vitam aeternam une légitimité à participer au débat électoral. Pire, c'est ce débat qui aurait comme devoir de réserver une place au leader frontiste. Une sorte de politique du fait accompli, assez comparable à un coup d'Etat minoritaire. Il n'est peut-être pas mauvais de rappeler que 82 % des Français votants ont rejeté Jean-Marie Le Pen en 2002 : depuis quand 18 % d'approbation à quelque chose d'intrinsèquement obscène vaut-il certificat de vertu ? Gilles Deleuze détestait le terme même de «débat» et rappelait que la philosophie s'élaborait entre amis.

 

Ce n'est pas haïr le peuple que rappeler ce principe fondamental de la politique reconnu par la quasi-totalité des penseurs de la modernité et devant lequel, par je ne sais quelle maladie de l'âme, nous nous tenons aujourd'hui comme une poule devant un couteau : on ne débat pas avec son ennemi, on le combat. Croire le contraire, c'est attribuer aux mécanismes de la démocratie ­ voter, parler ­ une vertu supérieure à celle de son fondement et de ses fins : nous rassembler au lieu de nous diviser, nous élever vers la paix et la concorde civile plutôt que nous rabaisser à nos singularités frileuses. Le programme du Front national est contraire aux fondements mêmes de notre République, et c'est lui faire trop d'honneur que d'en débattre.

 

Mais précisément. Le second élément qui explique cette complaisance nouvelle à l'égard du Front national, plus effrayant, plus insidieux, est le corollaire du premier : les idées de Jean-Marie Le Pen se sont banalisées au sein même du camp républicain, du débat démocratique, des programmes de ceux qui voulaient le combattre pied à pied. Au sein même d'un univers médiatique qui s'interrogeait encore il y a neuf ans, après les élections régionales du printemps 1998, sur l'opportunité d'exclure Jean-Marie Le Pen des plateaux de télévision. Cette stratégie, c'est vrai, est électoralement plus payante. Pourquoi perdre du temps à expliquer l'inanité, pire, l'indécence de certaines propositions qui minent le cœur de notre conception de l'Homme et de l'espace public ? Ce serait viser trop haut, trop compliqué, et il faudrait peut-être oser dire aux électeurs qu'ils n'ont pas toujours raison. Qu'il ne se trouve pas 500 personnes, sur un corps politique de quelque 38000 élus, pour accorder leur parrainage ­ donc leur onction, il faut cesser de jouer sur les mots ­ à un adversaire de notre République, c'est une bonne nouvelle. Je n'y vois pas un symptôme de la crise politique que traverse la France, au contraire.

 

Cette crise se manifeste plutôt dans la complaisance manifestée par l'ensemble du corps politique à l'endroit du cynisme, de la malhonnêteté, des raccourcis, des mensonges qui ponctuent le débat politique et auquel nous nous habituons insensiblement, découragés. C'est avec un haut degré d'exigence vis-à-vis de ce débat que l'on rétablira le sens du mot «République». Ce n'est pas en invitant à sa table les convives les plus douteux...

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Published by Didier HACQUART - dans Présidentielles 2007
8 mars 2007 4 08 /03 /mars /2007 09:34

Dans quel monde vivons – nous ? Quel gâchis et quel scandale ? Il est temps de revoir le système…
 
DH

 
AIRBUS, LAGARDERE, disparu en plein vol (*)
 
« Arnaud LAGARDERE ? Ah oui, c’est le copresident d’EADS, le type qui ne rappelle jamais quant on lui laisse un message sur son portable. Après tout, ce n’est pas grave. Je ne suis qu’un de ses banquiers et je voulais simplement lui parler de l’avenir d’AIRBUS. », cette réflexion amère d’un financier parisien résume bien les propos qui se tiennent dans les déjeuners en ville réunissant les vedettes du CAC40.
 
Alors que tous les candidats à l’élection présidentielle multiplient les propositions pour éviter qu’AIRBUS ne se crashe en bout de piste, LAGARDERE refuse de s’exprimer publiquement, bien qu’il copréside le conseil de surveillance d’EADS depuis 4 ans. Ces derniers mois, l’avenir du Racing Club de France l’a visiblement plus préoccupé que les suppressions d’emplois chez AIRBUS….
 
Cette disparition d’Arnaud LAGARDERE est d’autant plus surprenante que, de l’autre coté du Rhin, les dirigeants de Daimler - Chrysler, l’autre coactionnaire privé d’EADS, multiplient les déclarations, proposent des solutions pour « réviser » le pacte d’actionnaires qui lient Français et Allemands, et envisagent les moyens qui pourraient permettre à EADS et à AIRBUS de trouver de nouvelles sources de financement. Quant à Louis GALLOIS, qui a succédé en catastrophe au protégé de Chirac, Noël FORGEARD, piqué les doigts dans la confiture des stocks options, il se retrouve seul pour défendre son plan d’économies et de réduction d’emplois Power8.
 
En mars 2003, à la suite du décès de son père, Jean – Luc, Arnaud LAGARDERE avait hérité de 15% du capital d’EADS et de la cogérance de la société. Depuis cette époque, il ne cesse de répéter même en public, que l’aéronautique ne le passionne guère. En revanche, il y a quelque chose qui le passionne vraiment : la plus –value qu’il va encaisser le jour où il parviendra à vendre sa participation dans EADS et AIRBUS. Quand en 1999 EADS a été créé, sous le gouvernement de JOSPIN, l’apport en actif du groupe LAGARDERE a été estimé à 120 millions d’euros.
 
En avril 2006, alors que le cours est évidemment au plus haut, et avant que les retards de l’A380 ne soient officiellement annoncés, Arnaud vend la moitié de ses actions EADS avec à la clé un chèque de 2 milliards d’euros. Lorsque, il y a 3 mois, les difficultés d’EADS et d’AIRBUS deviennent évidentes, une question se pose immédiatement : le groupe Lagardère, fort de ces 2 milliards d’euros, est – il prêt à une augmentation de capital ? Réponse : il n’en est pas question.
 
Preuve que le séjour aux Etats Unis où Arnaud LAGARDERE dirigea pendant 4 ans une filiale du groupe HACHETTE lui a été bénéfique : il en a retenu un principe du monde des affaires : le « take the fuck money and run ». En français : « prends ce foutu argent et cours. »
 
Et puis, comme aurait pu dire son père qui s’y connaissait en subventions et aides publiques, il y aura toujours l’Etat pour boucher les trous. D’ailleurs, tous les candidats à l’élection présidentielle, y compris les plus libéraux, en sont d’accord.
 
(*) Paru dans le Canard Enchainé du 7 mars 2007
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Published by Didier HACQUART - dans Industrie Aéronautique