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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
29 septembre 2007 6 29 /09 /septembre /2007 06:46


Je ne suis pas un économiste de formation, mais dans le raisonnement de certains politiques, plutôt à droite, quoique parfois, j’ai toujours été étonné que nous soyons classés dans des catégories étanches.
 
 
 
Par exemple, on distingue très souvent les salariés et les consommateurs. Avez – vous remarqué que dans les discours ce sont 2 catégories différentes qui n’ont aucun rapport entre elles ? La preuve, il faut tirer sur les salaires pour faire baisser les couts pour que les consommateurs puissent acheter. Mais personne ne leur a dit, qu’un consommateur c’est aussi un salarié et réciproquement, et que sans salaire, il n’y a pas de consommation ?
 
 
 
Autre catégorie, considérée comme « nuisible », celle des fonctionnaires. En effet ils coutent au budget de l’état, il faut en réduire le nombre, etc. Tout d’abord, ce sont aussi des consommateurs, et on en revient au paragraphe précédent. Ensuite, ils paient aussi des impôts, comme les non – fonctionnaires ! Nuisibles seraient donc les infirmières dans les hôpitaux, les professeurs pour nos enfants, les militaires pour nous défendre, la police pour assurer notre sécurité, etc. ?
 
 
 
Je reviendrai à l’occasion sur ce sujet, et pour les fonctionnaires, je vous livre l’analyse de Bernard MARIS, qui outre le fait qu’il soit rédacteur en chef adjoint de Charlie HEBDO, est aussi un économiste de renommée, que l’ont peut entendre le matin sur France Inter vers 6h50 et que l’on peut voir sur LCI ou i-Télévision régulièrement.
 
 
 
A suivre…
 
 
 
DH
 
 
 
 
 
Moins de fonctionnaires, c'est plus de croissance ?
 
 
 
Avec France Inter, la chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain.
 
 
 

Dès 2008 il y aura près de 40000 fonctionnaires en moins. Est-ce que c'est bon pour l'économie ?

 
 
 

Non, ce n'est pas nécessairement une bonne opération économique. Ou alors il faut faire l'hypothèse que les fonctionnaires ne créent pas de valeur, sont des parasites en quelque sorte, ce qui est loin d'être le cas. D'abord, le capitalisme ne peut fonctionner sans un minimum de règles qui sont édictées et appliquées par des gens qui sont hors du capitalisme. Et ces gens sont les fonctionnaires. En revanche, on peut affirmer que certains rentiers ou titulaires de capitaux prélèvent de l'argent sans créer de valeur en contrepartie pour la société.

 


Déjà la diminution du nombre de fonctionnaires a commencé, en particulier dans l'Education nationale où 5000 temps pleins ont été supprimés en 2007. A part l'Education nationale, ou supprimer des postes ? Dans les douanes – il y a 20000 douaniers en France, nombre qui n'a pas bougé depuis 25 ans tandis que les frontières ont disparu. Dans les impôts, en fusionnant la Direction générale des impôts (80000 agents) et celle de la comptabilité publique (60000 agents).

 
 
 

On peut faire ces suppressions de postes au nom de l'efficacité de l'Etat.

 
 
 

Certes. D'autant que le gouvernement envisage de restituer la moitié des économies ainsi réalisées au personnel restant en place. Les salaires représentent 44% des dépenses de l'Etat. Si l'on augmente le salaire des fonctionnaires, on peut présumer que leur productivité va augmenter, en vertu de la vieille loi économique qui veut que la productivité soit fonction du salaire. On pourrait dire aussi que la police est trop importante. Les français sont surencadrés par rapport à tous les pays d'Europe. Pourquoi cibler l'Education nationale, et non la police nationale ? Vous vous souvenez du vieil adage : fermer une école c'est ouvrir une prison.

 


Enfin, il y a quelque chose de naïf, dans l'idée de restituer au privé de l'argent pris au public, comme s'il s'agissait de vases communicants. En réalité, il existe une synergie entre dépense publique et privée. Pour le dire d'une autre manière : Si l'économie de dépense publique sert à financer des positions parasitaires dans l'économie, elle n'a pas d'intérêt. Remarquons que le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux ne représente qu'une économie de 1 milliard d'euros en 2007. A comparer avec la dizaine de milliards d'euros donnée aux épargnants, aux rentiers et aux propriétaires dans le premier paquet fiscal.

 
 
 
Jeudi 20 Septembre 2007
 
 
 
Bernard Maris
 
 
 
Source : Marianne2.fr 
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Published by Didier HACQUART - dans Rien n'est inéluctable - mobilisons nous !
28 septembre 2007 5 28 /09 /septembre /2007 07:20

 


Je n’avais jusqu’alors pas encore eu l’occasion de parler de l’observatoire de la Laïcité d’Aix en Provence dont je connais un certain nombre de membres, dont certaines, sont des visiteuses assidues de ce blog !

 
 
 

Je profite de le faire au travers de la conférence qui sera donnée le 10 octobre prochain. A l’heure, ou le créationnisme est à la mode et se développe aux Etats – Unis, et avant qu’il ne prenne de l’ampleur en Europe, cette conférence prend tout son sens.

 
 
 

Je conseille aussi de consulter le site de l’association pour y retrouver une foule d’informations et de documents.

 
 
 
 http://www.observatoirelaicite13aix.org/index.htm
 
 
 

La laïcité a fait l’objet de nombreux échanges de commentaires sur ce blog, parfois virulents. Pour moi, c’est un combat important pour notre république. L’association a tout mon soutien.

 
 
 
DH
 
 
 

L’observatoire de la laïcité d’Aix en Provence organise une conférence le mercredi 10 octobre 2007 à18h30 Amphi CASSIN, IEP, rue Gaston de Saporta à Aix en Provence, une conférence sur :

 
 
 

DARWIN : un enjeu contemporain

 
 
 
 
 
BIOLOGIE ÉVOLUTIVE
 
ET THÉORIE DE LA CIVILISATION
 
Par
 
Patrick Tort
 
Directeur de l’Institut Charles Darwin international
 
Lauréat de l’Académie des sciences
 
 
 
 
 

La conférence : Parce que Darwin est l’auteur de la théorie de l’évolution des espèces vivantes par le moyen de la sélection naturelle, on l’a déclaré longtemps responsable des pires « applications » de cette théorie aux sociétés humaines : « darwinisme social », néo-malthusianisme, eugénisme, racisme, colonialisme brutal, ethnocide ou domination esclavagiste.

 
 
 

Or non seulement Darwin s’est opposé dans sa vie à chacune de ces attitudes, mais il a donné dans la partie anthropologique de son œuvre (et en particulier dans La Filiation de l’Homme, de 1871) les meilleurs arguments théoriques pour les combattre.

 
 
 

Darwin fut en effet non seulement un penseur de la paix, mais le plus convaincant des généalogistes de la morale, étendant le matérialisme naturaliste à l’explication de ce que l’Église a toujours réservé au domaine de la transcendance.

 
 
 

On tentera de comprendre pourquoi cet aspect essentiel de la pensée de Darwin, dûment développé est demeuré si longtemps ignoré ou mésinterprété, ce qui constitue dans l’histoire des grandes doctrines scientifiques un phénomène assez exceptionnel pour que l’on se préoccupe aujourd’hui d’en éclairer les raisons.

 
 
 

Renseignements : OLPA 04 42 29 21 40/ 06 20 86 53 56/

 
Courriel : olpa-contact@wanadoo.fr
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Published by Didier HACQUART - dans Rien n'est inéluctable - mobilisons nous !
27 septembre 2007 4 27 /09 /septembre /2007 07:38


L’université Populaire et Républicaine de Marseille : c’est parti !!
  
Je vous avais fait part de la création de l’Université Populaire et Républicaine de Marseille il y a quelques temps.
 
Le calendrier, le lieu des conférences, et le détail des conférences sont désormais définis.
 
Je vous encourage à vous rendre sur le blog provisoire de l’UPR pour tous les détails :
 
 
DH

 

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Published by Didier HACQUART - dans UPR Marseille
26 septembre 2007 3 26 /09 /septembre /2007 07:30


Pourquoi l'opposition a disparu ? Pourquoi le PS est atone ? Autant de bonnes questions qu'il faut se poser. En fait la gauche et principalement est pleine crise et en recherche de repères. C'est aussi l'occasion d'uine clarification des lignes politiques.

A suivre avec intéret !

DH

Pourquoi l’opposition a disparu ? Par François Delapierre - PRS
 
 
 
 
 

 De toutes parts, l’affaire semble entendue. Les premiers pas de Sarkozy sont d’autant plus assurés que la principale formation de gauche, le parti socialiste, est incapable de s’opposer. Ce qui l’est moins, ce sont les causes d’une telle carence. Sont pointés le « sabir » abscons du PS, ses statuts laxistes, ses éléphants récalcitrants, l’âge du ou des capitaines, l’absence de travail sur les « vraies questions que se posent les Français »… Mais rien n’est dit du fait qu’un membre du gouvernement sur cinq avait au début de l’année sa carte du PS et déclare agir en conformité avec cet engagement. C’est pourtant un fait sans précédent sous la cinquième République. Il est connu de tous nos concitoyens. Il faut donc le comprendre.

 
 
 

Que sont-ils allés faire au gouvernement ? S’agissait-il –version policière- d’agents doubles, de traîtres à double face ? Ou encore –version hollando-autoritaire- d’opportunistes qui ont piétiné leurs convictions et leur parti pour satisfaire un intérêt personnel ? Voire, version royalo-charitable de cette même thèse, de brebis égarées qui ont cédé à la tentation mais qui bénéficieront du pardon si elles rentrent au bercail ? La liste considérable des personnalités socialistes impliquées dans l’ouverture, dont beaucoup occupaient des fonctions éminentes auprès de François Hollande, dément la thèse du dérapage individuel. Leur proximité idéologique aussi. Dès lors il faut admettre qu’ils agissent avec conviction. En intégrant le gouvernement mis en place par Nicolas Sarkozy ou en acceptant une mission confiée par ce dernier, ces « personnalités d’ouverture » sont sincèrement convaincues de rester fidèles à leur engagement pour la bonne raison qu’ils estiment ce dernier compatible sur plusieurs points essentiels avec les analyses de la droite.

 
 
 
Faut-il faire ici la généalogie de cette thèse ? La place manque pour décrire une orientation qui plonge ses racines dans la droite du parti démocrate américain, où sont nés dès les années 80 les appels à rompre avec les « clivages du passé ». À l’étranger, elles ont conduit le SPD à gouverner avec la droite. La France n’est pas à l’écart de ces débats et de ces influences. Elle y a même des relais de poids. Le vieux refrain des démocrates a été repris mot pour mot par la candidate socialiste à la présidentielle. « Je n’aime pas les étiquettes. La France souffre de ces logiques d’affrontement. Je suis dans le dépassement des clichés traditionnels ». « J’évite les formules dépassées, comme l’idée que tout ce que fait la gauche est bon et que tout ce que fait la droite est mauvais ». « La privatisation de GDF et la fusion avec Suez ? Ce ne sont pas des mesures de droite ou de gauche. Les enjeux ont changé ». 
 
 
 

Il faut donc admettre que l’incapacité du PS à s’opposer renvoie à un problème d’orientation politique. Pour affronter le gouvernement, il faudrait en effet assumer le clivage droite-gauche, mettre sur la table la question du partage des richesses encore aggravé cet été, s’opposer au recul de l’âge de la retraite, à la casse des 35 heures ou à la libéralisation du gaz, rompre le consensus sécuritaire… Or chacun de ces points entre en contradiction avec l’orientation démocrate défendue plus ou moins ouvertement par le noyau dirigeant du PS.

 
 
 

Rien d’étonnant dès lors à ce que la contestation de Nicolas Sarkozy se limite pour l’essentiel à une critique de son style. La privatisation de GDF ? Un problème de transparence (Hollande). La harangue des ambassadeurs sur le choc entre l’Occident et l’Islam ? Un discours de bonne tenue mais des contradictions avec ses déclarations passées (Moscovici). Nicolas Sarkozy à l’université d’été du MEDEF qui se déclare favorable au « divorce par consentement mutuel en matière de contrat de travail » ? Cela manque de concret (Sapin). Les premiers cent jours de son gouvernement ? Annoncer la réforme, ce n’est pas l’accomplir : attention à l’immobilisme (Royal).

 
 
 

Il y aurait pourtant tant à dire ! Le gouvernement promet que la privatisation va faire baisser les prix du gaz ? Cela fait plusieurs années qu’ils augmentent dans cette seule perspective. Le « divorce par consentement mutuel en matière de contrat de travail » ? C’est le CPE pour tous, une incitation au harcèlement, le droit de répudiation donné aux patrons ! Le premier bilan de Sarkozy ? Une gigantesque opération de transferts de richesses des plus modestes vers les plus riches, du patrimoine public vers les fortunes privées.

 
 
 

Quant à la bataille politique contre le capitalisme de notre époque, elle n’est pas plus à l’ordre du jour chez ceux qui aspirent à l’accompagner. L’été aura été marqué par une crise financière qui révèle l’instabilité congénitale de la finance comme les dangers de l’endettement des ménages encouragé par Bush et défendu par Sarkozy. Les désordres climatiques auront remis en pleine lumière l’incapacité du marché à assurer la simple survie de l’espèce humaine. Les raisons d’être du socialisme étaient alors en pleine lumière. Mais ceci est tellement archaïque…  

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Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
25 septembre 2007 2 25 /09 /septembre /2007 06:45

 


Rouge l’étang en fête le 6 octobre à Vitrolles

 
 
 
 
 

La LCR " Etang de Berre " organise le 6 octobre à Vitrolles « Rouge l’étang en fête » dans le parc de la Maison Ferme de Croze de 17h00 à tard dans la nuit !


A vos agendas...


DH

 
 
 

Le programme est composé de 2 forums et d’une table ronde. C’est aussi une soirée de fête autour du thème du Che GUEVARA

 
 
 
 
 
Le programme :
 
 
 
17h00 :  Deux forums simultanés
 
 
 

« L’écologie vaut plus que leurs profits »

 
 
 

Quelles perspectives écologiques pour l’étang de Berre ? Comment sortir du chantage emplois / écologie ?

 
 
 

En présence de militants(es) politiques et associatifs impliqués dans les luttes écologistes de la région de l’étang.

 
 
 

« Situation sociale autour de l’étang »

 
 
 

Etang de Berre zone sociale sensible.

 
 
 

En présence de militants(es) issus(es) des luttes récentes autour de l’étang (Poste, Shell, Tramier, Pompier…)

 
 
 

18h30 : Table ronde « Demain la Gauche et comment ? »

 
 
 

Nicolas Sarkozy a mis en place une politique de droite de combat sur tous les fronts. Face à cela la gauche doit organiser la résistance et se munir d’outils politiques capables de fonder un projet alternatif porteur d’espoir.

 
 
 

Un débat en présence de responsables politiques de gauche du pourtour de l’étang.

 
 
 

20h00 : Fête autour du CHE

 
 
 

Le 9 octobre 1967, après avoir été capturé dans la jungle bolivienne, le Che Guevara était assassiné sur ordre du président Barientos soutenu parles Etats-Unis.40 ans après, presque jour pour jour, nous nous souviendrons de ce révolutionnaire dont l’esprit de résistance sans frontière reste un exemple d’actualité.

 
 
 

En boucle durant toute la fête 2 films :

 
 
 

« Hasta siempre Commandante » et « Journal de campagne »


09-2007-image-Che.jpg

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Published by Didier HACQUART - dans Rien n'est inéluctable - mobilisons nous !
24 septembre 2007 1 24 /09 /septembre /2007 06:24

 



J’apprécie les analyses d’EMMANUEL TODD (*) que je trouve pertinentes. J’ai déjà repris ses interventions sur ce blog. Aujourd’hui il intervient sur l’IRAN et la politique pro-américaine de Kouchner et SARKOZY, sujet que j’ai évoqué il y a quelques jours.

 
 
 
DH
 
 
 
(*)
 
 
 

- Attention à la catastrophe

 
 
 

- Le PS décroché de la société

 
 
 

- Le 1er candidat majeur qui contestera le libre-échange cassera la baraque

 
 
 

- DSK ou FABIUS auraient pu gagner

 

 
 
 

 « Kouchner est passé de Médecins du monde à Militaires sans frontières » par Emmanuel TODD

 
 
 
 
 
Emmanuel Todd vient de publier, avec Youssef Courbage, un ouvrage, Le rendez-vous des civilisations (1), qui tord le cou à la thèse du choc des civilisations. Pour ces deux démographes, la montée de l'islam radical n'est que l'un des signes, nombreux, de la modernisation du monde musulman dont l'aspect démographique est d'ailleurs le plus éclatant. Les sociétés du monde musulman sont entrées dans une transition démographique qui voit progresser l'alphabétisation des hommes puis des femmes, avant que le nombre d'enfants par femme se rapproche de celui de l'occident. Tout cela évoque selon eux une montée de l'individualisme dans ces sociétés. L'analyse démographique les conduit ainsi à rejeter l'idée d'une différence de nature entre les sociétés anciennement chrétiennes et les sociétés musulmanes.
 
 
 

Que penser de la déclaration musclée de Bernard Kouchner sur l'Iran?

 
 
 

Emmnuel Todd : Son intervention ravive une interrogation personnelle qui date de la guerre d'Irak, où il s'était déjà prononcé en faveur de l'intervention américaine : quelle peut être la psychologie d'un médecin qui manifeste une préférence stable pour la guerre ? Nous passons trop vite de Médecins du monde à « Militaires sans frontières ».

 


Plus sérieusement Bernard Kouchner n'a fait qu'exprimer maladroitement la ligne Sarkozy, qui de fait est la ligne de Washington. Avant la présidentielle, j'avais suggéré que les Américains attendaient l'élection de Nicolas Sarkozy pour s'attaquer à l'Iran.

 


Le Quai d'Orsay propose une autre lecture de cette déclaration : il ne s'agirait pas, en fait, de menacer l'Iran mais de montrer à ses dirigeants actuels le coup économique de leur refus d'obtempérer aux recommandations de la communauté internationale.

 


On peut dire ce qu'on veut, mais le mot guerre a été prononcé, et le Quai d'Orsay apprendra d'autres nouvelles par la presse.

 


L'Iran inquiète davantage certains observateurs que l'Irak avant l'intervention américaine.

 


La question de l'Iran se présente sous la forme d'un flot d'images et de faits difficiles à interpréter vu de France. Il y a les propos absurdes du président Ahmadinejad, les images de femmes couvertes de noir, et l'islamophobie ambiante. Tout cela masque la réalité profonde de l'Iran : une société en développement culturel rapide, dans laquelle les femmes sont plus nombreuses que les hommes à l'université, un pays dans lequel la révolution démographique a ramené le nombre d'enfants par femme à deux, comme en France ou aux Etats-unis. L'Iran est en train de donner naissance à une démocratie pluraliste. C'est un pays où, certes, tout le monde ne peut pas se présenter aux élections, mais où l'on vote régulièrement et où les basculements d'opinion et de majorité sont fréquents. Comme la France, l'Angleterre ou les Etats-unis, l'Iran a vécu une révolution qui se stabilise et où un tempérament démocratique s'épanouit.

 


Tout cela est à mettre en rapport avec une matrice religieuse dans laquelle la variante chiite de l'islam valorise l'interprétation, le débat et, éventuellement, la révolte.

Pour un simple observateur occidental, l'assimilation du chiisme au protestantisme n'est pas une évidence qui tombe sous le sens.

 


Il serait absurde de pousser à l'extrême la comparaison. Mais il est clair que de même que le protestantisme a été, dans l'histoire européenne, un accélérateur de progrès et le catholicisme un frein, le chiisme apporte aujourd'hui une contribution positive au développement, notamment dans le domaine du contrôle des naissances : l'Azerbaïdjan, certes postcommuniste, mais également chiite, est à 1,7 de taux de fécondité, les régions alaouites de Syrie rattachées au chiisme, ont terminé leur transition démographique contrairement aux régions majoritairement sunnites. Au Liban, la communauté chiite, base sociale du Hezbollah, était en retard sur le plan éducatif et social, mais elle est en train de rattraper les autres communautés, comme on le voit dans l'évolution du taux de fécondité.

 


L'Iran est aussi une très grande nation qui manifeste une conscience réaliste de ses intérêts stratégiques dans une région où la majorité de ses voisins possède l'arme nucléaire : le Pakistan, l'Irak et l'Afghanistan (via la présence de l'armée américaine), Isräel. Dans ce contexte, l'attitude européenne raisonnable serait d'accompagner l'Iran dans sa transition libérale et démocratique et de comprendre ses préoccupations de sécurité.

 


Dans votre livre, vous faites l'hypothèse tout à fait surprenante d'une possible laïcisation des sociétés musulmanes.

 


Dans la mesure où dans les mondes catholique, protestant, orthodoxe et bouddhiste, la baisse de la fécondité a toujours été précédée d'un affaiblissement de la pratique religieuse, on doit se demander si des pays musulmans dans lesquels le nombre d'enfants par femme est égal ou inférieur à 2 ne sont pas en train de vivre aussi, à notre insu – et peut-être même à l'insu de leurs dirigeants – un processus de laïcisation. C'est le cas de l'Iran.

 


Pourquoi les Américains et Sarkozy ont-ils adopté cette stratégie de confrontation avec l'Iran ?

 


Les services diplomatiques américains sont parfaitement au fait de la réalité iranienne, de la montée de la démocratie et de la modernisation du pays. Mais ils veulent abattre une puissance régionale qui menace leur contrôle de la zone pétrolière. C'est un pur cynisme utilisant l'incompréhension actuelle du monde musulman. Dans le cas de Sarkozy, je pencherais plus pour l'idée d'incompétence ou de sincère ignorance, qui le conduit néanmoins à amorcer une politique extérieure contraire à la morale et à l'intérêt de la France. D'éventuelles sanctions économiques françaises contre l'Iran feraient rire les Américains qui n'ont plus d'intérêts dans ce pays, et sourire les Allemands, qui ont comme nous en ont beaucoup, mais semblent pour le moment plus réalistes.

 



(1) Le rendez-vous des civilisations, Emmanuel Todd et Youssef Courbage, Le Seuil, 2007

 
 
 
Marianne2.fr "Le goût de la vérité n'empêche pas de prendre parti" (Albert Camus)
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Published by Didier HACQUART - dans Rien n'est inéluctable - mobilisons nous !
23 septembre 2007 7 23 /09 /septembre /2007 06:52

 


Conseil Municipal de Vitrolles du
27 septembre  2007

 

 
 

Le prochain Conseil Municipal de notre ville se tiendra le 27 septembre 2007 à 18h30 à l’Hôtel de Ville.

 
Ce premier conseil municipal de rentrée sera essentiellement technique avec différentes délibérations relatives à des renouvellements de conventions de prêts de locaux scolaires, le versement de subventions exceptionnelles à 2 associations, etc.
 

N’hésitez pas à venir nombreux à assister au Conseil Municipal, ouvert à tous, et véritable espace de citoyenneté.

 

Pour en savoir plus : http://www.vitrolles13.fr/actualites

 

DH

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Published by Didier HACQUART - dans Mon action d'Adjoint à la mairie de Vitrolles
22 septembre 2007 6 22 /09 /septembre /2007 07:13

 


PRS était bien évidemment à la fête de l’humanité. L’idée d’une nouvelle force à gauche fait son chemin, si l’on en croit le succès du débat organisé sur ce thème par PRS.

 
Je n’y étais malheureusement pas, mais je ne résiste pas au plaisir de vous faire part des impressions des camarades sur place, ni des interventions à la tribune 
 
 
A suivre…
 
 DH
 

 

PRS à la Fête de L’Humanité, organise un débat sur  l'initiative pour une force politique nouvelle à gauche !

 
 
 
 
 


Samedi 18h : il est déjà tard mais c’est l’heure de notre initiative « la gauche a besoin d’une force politique nouvelle ». Très vite, l’affluence dépasse tous les pronostics. Vingt minutes avant l’heure annoncée, le stand est déjà plein. Pendant plus d’une heure, une foule considérable se masse à ses portes, débordant largement dans la rue au point de rendre le passage difficile. Il paraît que cela fut le deuxième plus grand meeting de la Fête, après celui des quatre dirigeants de partis de gauche à l’Agora de l’Humanité! Et nous n’avions ni télévisions ni journaux pour l’annoncer. C’est dire que l’appel à une force politique nouvelle répond à une attente forte dans le peuple de gauche. Plus de 500 personnes ont ainsi écouté les interventions de huit responsables de premier plan, représentant diverses sensibilités de la gauche, venus déclarer ensemble leur disponibilité pour une telle entreprise. Bien sûr un tel message lancé dans la Fête de l’Humanité s’adressait tout particulièrement aux communistes qui préparent en ce moment un Congrès exceptionnel, car sans eux une telle force ne serait pas possible. C’est dire qu’il ne s’agissait pas simplement d’un débat, mais d’une proposition. Après ce succès, on peut être sûr que celle-ci fera son chemin dans les têtes bien après que les derniers stands de la fête auront été démontés.

 
 
 

Pour vivre - en miniature- cet événement, vous pouvez retrouver des extraits vidéos des interventions de nos invités ainsi que le discours de conclusion de Jean-Luc Mélenchon.



M.Dolez pour une force politique nouvelle à gauche
envoyé par pourlarepubliquesociale



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Published by Didier HACQUART - dans Réflexions
21 septembre 2007 5 21 /09 /septembre /2007 07:32

 


Non au PS, tout le monde n’est pas d’accord sur tout !

 
 
 
 
 

L’intérêt de la défaite à la Présidentielle, s’il faut en trouver un, c’est que nous allons assister à la clarification de la ligne du PS. Pour être plus exact, il s’agira de la clarification des lignes.

 
 
 

En effet, aujourd’hui, il ne suffit pas de prôner l’unité du parti, mais plutôt de bien écouter les uns et les autres. Car il est de plus en plus évident qu’au sein du PS, tout le monde ne pense pas la même chose et que les avis sont aprfois totalement contraires.

Pour l'illustrer, je prendrai 2 exemples, celui des régimes spéciaux de retraite, et celui du mini-traité européen. Chacun a le droit de partager l’analyse de tel ou tel, là n’est pas le problème. C’est cette ligne de partage qui fera le PS de demain…

 
 
 

A suivre, car je pense qu’il y aura d’autres exemples dans les semaines à venir…

 
 
 
DH
 
 
 
 
 
 
 
1 – Les régimes spéciaux des retraites
 
 
 

10/09/07 : Manuel VALLS pour la suppression des régimes spéciaux

 
 
 

Manuel Valls, député PS de l'Essonne, a approuvé le principe de la réforme. Selon le député-maire d'Evry, "il faudra aligner les régimes spéciaux sur le régime général. C'est une question d'équité et une question financière". Il a toutefois mis deux conditions: "il faut privilégier la négociation, éviter la brutalité et il faut un passage au parlement". Il a aussi demandé que soit intégrée "la question de la pénibilité du travail". Pour autant, le député socialiste a ajouté qu'il ne fallait pas "faire croire aux Français qu'on règlera le problème des retraites uniquement à partir de la réforme des régimes spéciaux". Il a souhaité aussi qu'on "ne pointe pas du doigt les fonctionnaires". Manuel Valls a affirmé que "beaucoup de dirigeants socialistes murmurent" le même avis.

 
 
 

Communiqué de presse de Jean-Luc MELENCHON du lundi 10 septembre.

 
 
 

Après la droitisation constatée dans les discours tenus à l’université d’été de la Rochelle un nouveau seuil est franchi dans cette dérive avec le dossier des régimes spéciaux de retraites. Voici à présent que la modernisation du Parti Socialiste prétend se construire dans le suivisme à l’égard de la droite en pleine offensive contre les acquis sociaux des salariés. Je déplore le caractère unilatéral de l’expression socialiste à propos des régimes spéciaux de retraite qui facilite les mauvais coups du gouvernement de droite et du président de la République.

 
 
 

La nécessité de cette réforme n’est pas démontrée du point de vue de l’équilibre des régimes de retraite, encore moins s’agissant d’équité.

 
 
 

Les bénéficiaires des régimes spéciaux ne représentent en effet que 4,6 % du total des retraités et n’en représenteraient plus que 1,6 % en 2025.

 
 
 

S’agissant d’équité, la priorité serait plutôt d’égaliser les niveaux de cotisations des commerçants, artisans, agriculteurs et professions libérales avec ceux des salariés et de supprimer les régimes spéciaux de retraite exorbitants des PDG.

 
 
 

Gérard Filoche : Manuel Valls dit des choses auxquelles il n’a pas réfléchi et ne connaît rien, ça va contre nos syndicats, ça fait mal à la gauche, ça fait mal aux socialistes, ça fait le jeu de Sarkozy et Fillon.

 
 
 

Allonger la durée de cotisations alors que les Français du “réel” travaillent en moyenne 37 annuités est une pure arnaque : cela revient à leur demander se sauter à la perche sans perche ! Cela revient a leur imposer une retraite misérable et à les pousser, pour ceux qui peuvent, dans les bras des fonds de pension ! Quant aux régimes spéciaux, il ne faut pas les supprimer (ils ne coûtent rien ils ne prennent rien a personne !) il faut les élargir et les adapter à d’autres métiers ou souffrances et spécificités du travail l’exigent : dans le bâtiment, l’agriculture, la restauration, le transport... Dans ces métiers, à partir de 55 ans nombre de travailleurs sont usés et ont une espérance de vie limitée. Apres 55 ans, dans un cas sur 5, les salariés deviennent malades à cause du travail !

 
 
 
2 - Le mini traité européen :
 
 
 

12/09/07 : Pierre Moscovici : « Le traité simplifié n'est pas une mauvaise chose »

 
 
 
Le député du Doubs est clairement favorable du traité simplifié proposé par Nicolas Sarkozy et à l'oubli de la proposition ségoliste.
 
 
 

« Une approbation critique », c'est par cette formule que Pierre Moscovici exprime son souhait de voir son groupe parlementaire ratifier, avec la majorité, le traité simplifié européen. En marge d'une analyse critique de la politique étrangère menée par Nicolas Sarkozy lors de laquelle il a condamné « l'atlantisme » de la diplomatie française, le député du Doubs s'est montré très favorable au projet de traité européen tel que défini en juin. Même s'il «regrette » que certains pays – la Grande-Bretagne et la Pologne – rejettent La Charte des droits fondamentaux, il espère que les socialistes « voteront oui, plutôt que non » et même qu'ils ne s'abstiendront pas sur cette question. Exit, donc, la proposition de Ségolène Royal de soumettre le texte au référendum des Français… Pour Pierre Moscovici, il semble plus important d'accompagner ce traité qui permet « la relance du projet européen » et de ne pas ouvrir le débat, en dépit de l'opacité du texte. Reste à savoir quelle sera la position défendue par les socialistes, le député a bien précisé qu'il parlait « en son nom ».

 
 
 
 
 
Communiqué d’Henri Emmanuelli :  "Mini-traité" : un simulacre inacceptable
 
 
 

Je ne sais pas de quoi se félicite le Président de la république française, sinon d’avoir obtenu de ses partenaires le moyen de s’asseoir sur le vote des citoyennes et des citoyens de son propre pays. Ce mini-traité n’est en effet acceptable ni sur le fond ni sur la forme.  

 
 
 

Sur la forme, substituer au vote légitime des français une ratification parlementaire ne relève pas de l’exploit mais de la falsification. Si, comme il le prétend, ce mini-traité est un exploit, Mr Sarkozy doit le soumettre au suffrage universel. On ne peut se prévaloir de ce dernier à tout bout de champ et commencer sa présidence en le mettant en quarantaine.  

 
 
 

Sur le fond, excepté quelques habiletés qui ne trompent personne, rien ne bouge. L’objectif affiché de la « concurrence non faussée » a été gommé, mais les mécanismes de sa mise en œuvre demeurent dans leur intégrité. Tous les chefs d’état, comme les membres de la Commission, précisent que rien n’est changé : on enlève l’étiquette, mais on conserve la marchandise. 

 
 
 

Le social reste totalement absent, et rien n’avance sur le vote à la majorité qualifiée sur la fiscalité : les paradis fiscaux continueront à bien se porter, et rien ne viendra affecter le mécanisme des délocalisations intra-européennes dont nos salariés de l’industrie font les frais.  

 
 
 

Sur le terrain de la démocratie - l’impasse de l’Europe actuelle qui en explique beaucoup d’autres - on recule. La composition de la commission permettra une situation où les plus grands pays seront absents et le principe démocratique de base qui veut qu’un être humain en vaille un autre, restera lettre morte. La perspective d’une véritable construction politique européenne s’éloigne et la politique monétaire, archaïque et dogmatique, restera ce qu’elle est au détriment de la croissance européenne.  

 
 
 

Sauf à renier un certain nombre des principes fondamentaux qui constituent leur identité, les socialistes ne sauraient prêter leur voix à ce simulacre qui consiste à imposer aux françaises et aux français ce qu’ils ont, en conscience et au terme d’un long débat, clairement rejeté  

 
 
 
 
 
 

NB : Ne pas oublier que la position de MOSCOVICI est contraire à la motion de synthèse du dernier congrès de Nantes, N’hésitez pas à  consulter le  dossier sur le sujet sur ce blog.

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Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
20 septembre 2007 4 20 /09 /septembre /2007 07:23

 



Ségolène ROYAL n’était pas ma candidate, pour tout un tas de raisons, qu’énumère d’ailleurs très bien Lionel JOSPIN.

 
 
 
Je trouve cependant que la charge de Jospin contre Ségolène ne manque pas de piquant. En effet, j’aurai aimé qu’il mette sa hargne d’aujourd’hui au service du PS hier. Ses tergiversations personnelles pour la Présidentielle, son refus de choisir une alternative à Ségolène lors de la désignation, le classe tout de même aussi dans les responsables de la défaite, sans parler de son abandon le 22 avril 2002 a soir…
 
 
 
DH
 
 
 
 
 
Jospin flingue Royal
 
 
 

Dans un livre que «Libération» s’est procuré avant sa parution, l’ex-Premier ministre charge la candidate socialiste défaite à la présidentielle.

 
 
 

Par PAUL QUINIO : lundi 17 septembre 2007

 

«N’allons pas plus loin.» S’il fallait choisir une phrase pour résumer le livre l’Impasse, que Lionel Jospin s’apprête à publier le 24 septembre chez Flammarion (1) et que Libération s’est procuré, ce serait celle-là. Elle surgit après 88 pages d’une charge ininterrompue, sonne comme une ultime piqûre venimeuse de rappel contre «une personnalité [qui] n’a pas les qualités humaines ni les capacités politiques» nécessaires pour remettre le Parti socialiste en ordre de marche et «espérer gagner la prochaine présidentielle». C’est évidemment de ­Ségolène Royal dont parle l’ex-Premier ministre, dont l’obsession manifeste au fil des lignes est de démonter ce qu’il considère être «un mythe», de dénoncer une candidature-créature des sondages et des médias, une erreur de casting, «une candidate qui était la moins capable de gagner», et, surtout, «une illusion» qui ne doit pas se prolonger.

 
 
 

Car l’objectif de l’Impasse est bien d’essayer de convaincre le PS et ses militants de ne pas récidiver en confiant à l’ex-candidate à la présidentielle les clés de la rue de Solferino lors du prochain congrès du PS, encore moins de lui fournir un deuxième visa de candidate à l’Elysée. Car, selon Jospin, malgré son aplomb et son courage, Royal, «une figure seconde de la vie publique», n’est «pas taillée pour le rôle». «Avoir commis une erreur [en la désignant] ne justifie pas qu’on la réitère», avertit l’ex-candidat, pour qui les raisons profondes de l’échec - c’est le titre d’un chapitre - tiennent à la personnalité de son ancienne ministre, à son style de campagne, à ses choix politiques.

 
 
 

Cible.  Lionel Jospin n’est pas le premier socialiste à attaquer en librairie Ségolène Royal. La rentrée politique chez les socialistes a même été une sorte de compétition pour figurer en tête de gondole des meilleurs pamphlets antiroyalistes. Mais Jospin n’est ni une caricature à la Claude Allègre ( la Défaite en chantant, chez Plon), ni un graphomane post­défaite à la Marie-Noëlle Lienemann ( Au revoir Royal, chez Perrin), pour ne citer que deux ouvrages déjà parus et prenant pour cible l’ex-candidate.

 
 
 

Lionel Jospin a été un premier secrétaire important du PS, un Premier ministre performant pendant cinq ans et deux fois candidat à l’Elysée. Flirtant avec un succès surprise en 1995. Sombrant sept ans plus tard, un certain 21 avril. Autant dire qu’il reste une figure historique du socialisme à la française, avec ses succès, son échec, dont l’avis continue de peser très lourd. «J’ai quelques titres [à m’exprimer] sans détour», écrit-il dans son introduction, en rappelant au ­passage son CV de seul leader socialiste avec François Mitterrand à avoir conduit la gauche à la victoire depuis cinquante ans. Assurant, toujours en introduction, écrire «en homme libre», pas animé par l’ambition, mais juste inquiet pour l’avenir de son parti, Jospin, comme souvent, se drape derrière «le devoir» pour justifier sa décision «de dire franchement» tout le mal qu’il pense de Royal. L’ancien Premier ministre assume d’autant plus la violence de sa charge qu’il estime avoir voulu, en n’écartant que tardivement l’idée de sa propre candidature, tirer la sonnette d’alarme et manifester sa «crainte». En vain.

 
 
 

Critique.  Mais au fait, que lui reproche-t-il au juste ? Passons d’abord sur les précautions d’écriture dont use Jospin pour se défendre de toute misogynie. Il aurait pu s’en passer. D’autant qu’elles fournissent l’occasion de s’interroger sur l’utilisation, façon lapsus, d’un savoureux imparfait : Ségolène Royal, à ses yeux, n’était pas en mesure de l’emporter, «non pas parce qu’elle était une femme, mais parce que j’avais pu me faire une idée assez exacte de ses qualités, notoires, et de ses insuffisances, réelles». Femme, Ségolène l’est toujours, Lionel. Et toujours vivante…

 
 
 
Retenons plutôt la critique sur la mise à distance par Ségolène Royal du PS. C’est, pour Jospin, «une lourde erreur, pour un leader, que de laisser décrier sa propre formation politique», tant les partis, avec leurs défauts, sont indispensables à la vie démocratique. Jospin argumente son propos en dénonçant le statut de victime des éléphants sur lequel a surfé la candidate. Il en veut à Royal d’avoir alimenté un discours anti - élus et anti - élites, «leitmotiv [qui] appartient d’habitude à l’extrême droite ou aux mouvements populistes». Il brocarde les jurys citoyens chers à Ségolène Royal, fait la différence entre sa version «démagogique» de la démocratie participative et la pratique des conseils de quartiers de son ami Bertrand Delanoë  à Paris. Il reproche à l’ex-candidate ses inspirations sur la carte scolaire ou la sécurité, peu en phase avec les valeurs classiques de la gauche, et qui relevaient plus à ses yeux de «l’art de communiquer que de celui de gouverner».

 

 
 
 
Une fois désignée, Ségolène Royal aurait commis l’erreur, «enfermée dans un face-à-face narcissique avec l’opinion», de refuser la confrontation «sur le fond» avec son adversaire principal, Nicolas Sarkozy. Sur l’identité nationale, ses captations d’héritage (Blum, Jaurès…) ou son discours sur la valeur travail. L’aurait-elle voulu qu’elle n’aurait pas pu, tant, pour Lionel Jospin, l’ex-présidente de la région Poitou-Charentes a démontré depuis son entrée dans la vie politique peu d’appétit et de «talent» pour le débat d’idées et la controverse.
 
 
 

L’auteur ressert là encore la comparaison, défavorable, avec François Mitterrand. L’une se serait abîmée dans la médiatisation. L’autre «aimait d’abord, vivement, la politique et ses enjeux». Et, à la veille de l’échéance, estime Jospin, bien malin qui aurait pu connaître le point de vue de la candidate socialiste sur les grands problèmes du pays, moins encore sur ceux du monde. Parmi les exemples surlignés des «improvisations» royalistes : le voyage en Chine et «les propos de touriste» de la candidate sur la justice chinoise.

 
 
 
Au final, c’est à l’absence de crédibilité de la candidate sur le fond que s’en prend l’auteur, à sa volonté d’aller sur le terrain idéologique de l’adversaire, à sa manière de mettre en scène, seule au monde, sa soi-disant relation particulière avec les Français.
 
 
 
Mais l’Impasse ne serait pas un livre 100 % jospino-jospiniste sans un dernier reproche : Royal ne s’est pour l’auteur pas suffisamment appuyée sur les succès des années… Jospin. Pour lui, il aurait été pertinent de vanter les mérites de la période 1997-2002 et «de la prendre comme un socle, pour aller plus loin», pour soutenir la comparaison avec les gouvernements Raffarin et Villepin, dont Sarkozy était un ­ministre emblématique. «Ségolène Royal n’a pas fait ce choix. Par hostilité à mon égard ? Je ne saurais le démêler», s’interroge Jospin. Royal, elle, pourra démêler l’hostilité de l’auteur sans difficulté.
 
 
 

(1) L’Impasse de Lionel Jospin, Flammarion (coll. Café Voltaire), 142 pages, 12 euros.

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Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste