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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
8 octobre 2007 1 08 /10 /octobre /2007 07:13

 


A vos agendas, et venez nombreux !

 
 
 
DH
 
 
 
 

Quel avenir pour la gauche en France et en Europe ?

 
Faut-il relancer les partis existants et reconstruire
une union des gauches ?
 

Faut-il s'ouvrir à d'autres mouvements ?

 
Faut-il créer une force politique nouvelle ?
 
 



Le club Pour la République Sociale - PRS organise une réunion ouverte à tous pour débattre de toutes ces questions :


Le mercredi 10 octobre à partir de 19h45
 


A Aix-en-Provence,
 


Salle AGESA - Le Cèdre, (Entre l'avenue du Deffens et la rue J. Lombard )
 
 
 
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Published by Didier HACQUART - dans PRS
7 octobre 2007 7 07 /10 /octobre /2007 07:12

 



Je vous invite à lire et à commenter cette tribune parue dans le quotidien Le Monde du 25 septembre et cosignée par Paul Quilès et Marie-Noëlle Lienemann.

 
 
 
Intéressant non ?
 
 
 
A suivre, DH
 
 
 
Gauche : " l'unité est un combat " par Marie - Noëlle LIENEMANN et Paul QUILES
 
 
 
 
 



Seule une dynamique de dépassement de chaque parti permettra d'enrayer la spirale de l'échec

 
 
 

La gauche n'est jamais arrivée au pouvoir que rassemblée. En 1936 avec le Front populaire, en 1981 avec l'union de la gauche, ou même avec la gauche plurielle en 1997, ce rassemblement a toujours été le fruit d'une confrontation au sein de la gauche : " L'union est un combat ! ", lançait Etienne Fajon dans les années 1970. Et c'est bien la rédaction d'un programme commun de gouvernement qui a alors permis l'union de la gauche : il était impossible à l'époque d'envisager l'unité en surmontant les divergences idéologiques.

 
 
 

Aujourd'hui, la situation est différente, car le monde a bougé : chute du mur de Berlin, mondialisation accélérée, société française de plus en plus éclatée, éparpillement de la gauche qui n'est plus structurée par deux grands partis... Le succès de la gauche lors de l'élection présidentielle de 2012, sa capacité à défendre ses idéaux et à transformer la société ne peuvent être espérés que si ces éléments sont pris en compte dans la définition d'une nouvelle stratégie.

 
 
 

Naturellement, celle-ci n'a rien à voir avec les opérations qui confondent rénovation et renoncement et qui croient trouver au " centre " la modernité qui manquerait aux idées de gauche. Ce genre de dérive a toujours conduit dans l'impasse et parfois aux pires compromissions. La nouvelle stratégie ne peut pas non plus se réduire à des alliances électorales circonstancielles.

 
 
 

On voit bien qu'il faut aujourd'hui aller au-delà de l'union et fixer un nouveau cap stratégique, celui de l'unité. Cette perspective est la seule qui permettra à la gauche de l'emporter, mais aussi de changer profondément la société française. L'unité de la gauche est la clé de son renouveau, à condition de redéfinir un cadre idéologique et, en tout cas, un corpus de valeurs et un projet politique et culturel commun. L'exigence d'unité doit aller de pair avec l'affirmation sans complexe de l'identité contemporaine de la gauche, qui ne peut se réduire à quelques généralités creuses.

 
 
 

Elle suppose une vision critique du modèle capitaliste financier transnational dominant, la promotion d'une société laïque, émancipatrice pour chaque homme et chaque femme, le combat pour la liberté, l'égalité et la fraternité sur tous les champs de la vie sociale, l'affirmation d'un internationalisme solidaire et respectueux de la planète, alternatif à la mondialisation néolibérale. Il s'agit de redonner de la vigueur et de la crédibilité à l'idée d'alternative politique, mise à mal par la répétition de thèses - contestables - sur la droitisation de la société française, sur la nécessité d'accepter sans nuance le capitalisme sous prétexte de modernisme, ou sur le dépassement du clivage droite-gauche.

 
 
 

L'ambition de la gauche doit être aussi d'assumer le pouvoir et de transformer la société par l'action gouvernementale. L'affirmation du réformisme, qui s'appuie sur le primat de la démocratie, ne doit en rien empêcher une perspective plus vaste et plus radicale, car le combat de la gauche ne se limite pas à la gestion des affaires publiques. L'unité doit permettre de faire la synthèse du militantisme et de l'engagement à gauche, de la culture réformiste et de la culture contestatrice. C'est ce que Jaurès appelait " l'évolution révolutionnaire ".

 
 
 

Dans la Ve République et encore plus depuis l'instauration du quinquennat, l'élection présidentielle est l'événement directeur de la vie politique en France. Compte tenu du rapport de forces à gauche, c'est le candidat ou la candidate du PS qui apparaît comme le ou la seul(e) capable d'être élu(e) et qui fixe donc l'axe central des propositions de la gauche.

 
 
 

Or si des forces nombreuses - qui plus est divisées - subsistent sur la gauche de ce parti, la désignation, les choix internes, les arbitrages stratégiques ne peuvent traduire correctement les attentes du peuple de gauche. Une fois ceux-ci établis, la " gauche non socialiste " a peu de prise pour les modifier et peser ! Ce même mécanisme existe lorsque la gauche gouverne.

 
 
 

L'unité doit permettre un rééquilibrage à gauche. Seule cette dynamique de dépassement de chaque structure permettra de stopper la spirale d'atomisation qui n'a pu être conjurée en dépit de l'échec de 2002. Elle devra assurer aussi une véritable prise en compte de l'écologie politique ou de certains mouvements altermondialistes, qui ne peuvent plus être considérés par la gauche comme périphériques.

 
 
 

En tout cas, force est de constater qu'au pouvoir ou dans l'opposition, avec la division et la concurrence, l'affaiblissement d'un des partis de la gauche n'a pas assuré le renforcement des autres ni le progrès de l'ensemble. Aucun parti de gauche ne se porte bien et bon nombre de leurs électeurs et de leurs militants sont en plein désarroi. Les rénovations en vase clos ne pourront pas lever ces handicaps. C'est pourquoi nous plaidons pour le dépassement des partis existants et la création d'une nouvelle organisation fédérant tous ces courants de la gauche, à partir d'un congrès de l'unité de la gauche.

 
 
 

Cela nécessitera de nombreuses étapes. La première, pour actualiser les valeurs de gauche et affirmer le projet de la gauche du XXIe siècle. Une charte pour l'unité de la gauche pourrait en jeter les bases. L'unité ne saurait se bâtir sur la base de l'uniformité. Il est sans doute trop tôt pour définir les formes concrètes que pourrait prendre cette nouvelle organisation, mais, ce qui est sûr, c'est qu'elle devra assurer le respect des histoires et de la diversité des cultures que seule la représentation proportionnelle peut garantir.

 
 
 

Toute l'histoire du mouvement socialiste et communiste montre qu'il a fallu aux militants de cette cause accomplir tout un travail de conviction pour surmonter les tendances à la dispersion. Ce fut le cas en 1905, avec le congrès du Globe, où l'intelligence politique sut triompher des guerres picrocholines entre partis, des désaccords irréconciliables entre modérés et radicaux. On pourrait encore citer l'unification des socialistes à Epinay en 1971.

 
 
 

En tout cas, la gauche et les socialistes ne se sont jamais sortis des crises, n'ont jamais réussi leur renouveau sans une nouvelle dynamique unitaire. Comme on le disait hier pour l'union, " l'unité est un combat ". Avec d'autres, que nous espérons nombreux, nous y prendrons toute notre part.

 
 
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Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
6 octobre 2007 6 06 /10 /octobre /2007 07:22

 


Fête de Rouge l’étang le 6 octobre 2007 : Table ronde « Demain la Gauche et comment ? »

 
 
 
 
 

Je vous annonçai il y a quelques jours la fête de la LCR Etang de Berre à la ferme de Croze à Vitrolles.

 
 
 

Je participerai à la table ronde de 18h30 ayant pour thème « Demain la Gauche et comment ? »

 
 
 

Pour cette table ronde interviendront Malik MERSALI pour le PC, René AGARRAT pour les collectifs unitaires, Christophe BARNIER pour la LCR et donc moi-même pour PRS.

 
 
 
Venez nombreux !
 
 
 
DH
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Published by Didier HACQUART - dans PRS
5 octobre 2007 5 05 /10 /octobre /2007 15:48

Flash info : Réunion de quartier « Frescoule – Tuilière »
 
 
 
 
 
Une réunion de quartier Frescoule – Tuilière avec le Maire Guy OBINO et son équipe municipale est prévue le 5 octobre 2007 à 18h30 au gymnase PIOT.
 
 
 
C’est l’occasion de débattre des projets en cours  et de faire remonter les problèmes de vos quartiers.
 
 
 
Venez nombreux !

DH
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Published by Didier HACQUART - dans Mon action d'Adjoint à la mairie de Vitrolles
5 octobre 2007 5 05 /10 /octobre /2007 07:22


Par le réseau ATTAC auquel j'appartiens, j’ai reçu cet article qui traite de l’Andalousie. Il y a 3 ou 4 ans je suis allé en vacances en Andalousie ; Nous avons été frappés avec mes proches par les kilomètres et les kilomètres de culture sous serre en plastique des fruits et autres agrumes. C’est une culture hyper intensive, avec une surexploitation des surfaces avec de la culture hors sol, loin d’être naturelle.  Cela donne a réfléchir désormais avant d’acheter des oranges.
 
C’est pourquoi cette analyse d’ATTAC est intéressante, car au-delà du visible et des conséquences environnementales, il y a « en plus » l’exploitation de la main d’œuvre pour toujours plus de profit.
 
Cet exemple doit nous faire réfléchir sur le monde dans lequel nous voulons vivre…
 
A suivre, DH
 
Andalousie du sud : au cœur  de l’esclavage néolibéral
 
Par Rémi Daviau, Extrait de la Lettre d’Attac 45 n°42 (été 2007)



Le sud de l’Andalousie constitue depuis une vingtaine d’années un miracle économique ; et aussi une zone grise et floue, à la limite d’une forteresse Europe qui s’arrange avec efficacité et unanimité d’un traitement quasi féodal de la main-d’oeuvre et d’une fuite en avant écologique suicidaire. Et ce par deux activités qui, dans un souci commun de rentabilité éclair, profitent jusqu’à épuisement, au plus vite et coûte que coûte des ressources disponibles : l’industrie du tourisme, qui, par toutes les manières possibles (déclassement de zones protégées, requalification de terrains non constructibles...) a bétonné les côtes méditerranéennes de complexes pharaoniques ; et l’agriculture intensive, avec ses serres qui ont poussé sur 40.000 hectares, dont la moitié autour d’El Ejido (1000 habitants en 1960, 50.000 aujourd’hui). Enfonçons-nous dans les terres, et visitons la "mer de plastique", zone de non-droit complet.

A une demi-heure d’El Ejido, un détour en voiture par la zone des serres donne la mesure : du plastique à perte de vue, une étendue géométrique immense, quadrillée par des routes rectilignes sans indications ; un gigantesque labyrinthe de bâches construit sur une terre aride et désertique. En milieu d’après-midi, heure de la pause, on tourne un peu et on finit par trouver, ici et là, des constructions greffées aux serres : petits bidonvilles de bois, carton et plastique, abris dépotoirs à l’hygiène de fortune (pas d’eau, pas de lumière, pas d’électricité), avec à proximité des groupes d’hommes uniquement, majoritairement maghrébins. Ils n’ont pas vraiment l’habitude des visites - sauf de la police - et c’est avec une curiosité bienveillante qu’ils nous accueillent ; l’un d’eux nous invite à entrer chez lui, ouvre une porte (fermée à clé) qui donne sur une dizaine de mètres carrés d’intimité recréée, entre quatre paillasses, un miroir et un coin cuisine. Sur la porte de l’abri d’à côté, une inscription à la craie, en arabe : "coiffeur".


Le profit dévore les hommes...

Ils ont tous la même histoire : venus chercher fortune en Europe, débarqués clandestinement en Espagne, ils trouvent un travail sur place... et y restent jusqu’à l’hypothétique régularisation [1]. Ils font partie des 90.000 immigrés (d’Amérique latine, du Maghreb, d’Afrique noire et d’Europe centrale) qui se retrouvent dans la région pour la saison agricole. Sans papiers, ils sont à la disposition des grands propriétaires fermiers [2] qui les emploient à la tâche. Pas de contrat de travail, aucune sécurité d’emploi, pas de protection sociale, aucun droit. Ils dorment dans des bâtiments en ruine, dans les entrepôts d’engrais ; d’autres construisent avec rien ces cabanes improvisées. Indispensables au "miracle économique", ils sont tolérés tant qu’ils restent invisibles : peu ou pas d’espaces collectifs, ni de représentations, centres-villes quasi interdits, et la police, par un harcèlement continuel, se charge d’y veiller. Intégration zéro.

Discrimination, répression, négation des droits les plus élémentaires assurent évidemment l’adaptabilité de la main-d’œuvre. Le revers de la médaille, ce sont les regrettables vagues médiatiques provoquées par d’inévitables excès : violences verbales et physiques, ratonnades, émeutes racistes (on se souvient de celles qui ont secoué El Ejido pendant trois jours, en février 2000), assassinats (comme celui en 2005, dans la même ville, de Hosni Azzouz, ouvrier marocain et militant au SOC). Et depuis les mouvements de protestation des sans papiers des années 2000 et 2001, les employeurs ont diversifié leur main d’oeuvre, privilégiant une nouvelle population, différente par sa langue, ses habitudes : des femmes venant d’Europe centrale. Non organisées, et encore moins chères ! De nombreux travailleurs maghrébins sont restés sur le carreau, du coup disponibles... pour les moments de grosse production.


... et la planète.

Ils œuvrent sur la cueillette et le conditionnement de fruits et légumes : poivrons, tomates, aubergines, fraises... Toute une agriculture hors-sol intensive aux techniques très poussées qui épuise dans une course en avant les ressources naturelles : irrigation massive qui provoque un assèchement des nappes phréatiques (au point que l’eau doit être amenée du nord) ; utilisation forcenée d’engrais et de pesticides qui provoque pollution et maladies diverses... L’absurdité écologique est complète avec les milliers de kilomètres parcourus ensuite en camion, pour le plus grand plaisir des consommateurs de l’Europe entière, qui retrouvent ces produits dans les bacs de la grande distribution, qui est en fait le maillon principal de la chaîne. La grande distribution, entreprises transnationales qui étouffent le circuit alimentaire local et le réseau de distribution de proximité en vendant toute l’année des aliments sans goût ; qui prétendent installer des normes sanitaires sur les conditions de production (limites sur l’utilisation des pesticides, etc), mais imposent des rythmes de production élevés [3] ; qui pressurent producteurs, fournisseurs et surtout travailleurs agricoles, seule véritable variable d’ajustement, pour faire des marges fabuleuses [4].


Pour ne pas laisser faire !

Sur le territoire de l’Union, un système d’exploitation effrénée d’êtres humains et de ressources naturelles mis en place pour satisfaire aux exigences de multinationales parmi les plus puissantes en Europe, avec la complicité de grands propriétaires. Des conséquences nombreuses, et sur tous les plans : mise en concurrence et tensions entre populations, dégradation des droits sociaux, gestion des ressources à (très) court terme, mais aussi destruction de tissus locaux, détérioration de la qualité alimentaire... La mer de plastique est un camp de travail aux murs aussi infranchissables qu’invisibles. Elle est aussi un espace emblématique qui dénonce notre vie de productivisme et de gaspillage, notre facilité à intégrer l’esclavage comme rouage indispensable de la richesse occidentale - avec, à l’arrivée, des cohortes de caddies poussés dans les supermarchés, remplis de produits alimentaires industriels (poulets de batterie, tomates andalouses, perches du Nil...). Le haut-de-coeur n’est pas loin !

Sur place, peu osent défendre ces travailleurs et dénoncer la situation. En première ligne se bat le Sindicato de Obreros del Campo, membre du réseau Via Campesina : "Le SOC existe depuis plus de 30 ans", raconte Federico, permanent du syndicat ; "surtout dans la partie orientale de l’Andalousie. Nous nous battons pour les droits des saisonniers dans les latifundias. Le syndicat s’engage pour une réforme agricole, nous luttons pour l’occupation des terrains des latifundias ou de l’Etat qui ne sont pas utilisés : on les occupe en y formant des coopératives de journaliers. On travaille aussi pour l’agriculture écologique : notre but est de maintenir la vie à la campagne, et empêcher la politique européenne qui essaie de remplacer l’agriculture paysanne par l’agriculture industrielle". Le travail du SOC (activités de conseil, démarches administratives et action syndicale, défense contre les agressions racistes...) lui a régulièrement valu d’être la cible de menaces, d’intimidations, voire de saccages de ses locaux. Ce qui ne les empêche pas de mener des campagnes régulières, avec l’aide financière d’un réseau européen (syndicats et fondations, Forum Civique Européen, Attac Méditerranée...), pour assurer leur indépendance et leur visibilité, en particulier par l’ouverture de nouveaux locaux dans la région.

Où que l’on soit, il existe heureusement des moyens de lutter : aider le SOC (dans ses appels réguliers à soutien financier) ; répondre aux campagnes européennes, chercher les alternatives à l’emprise de la grande distribution, et soutenir les initiatives solidaires de relocalisation du circuit alimentaire, telles que les AMAP. Et surtout, ne pas laisser cette zone dans l’ombre et le silence, car ici comme souvent, l’isolement et première condition pour perpétuer ...




Témoignages


Y. marocain, sans papiers : un parmi 90 000

"Je vis ici, et c’est comme si je ne vivais pas. Ca fait un an que je suis venu pour travailler, gagner de l’argent, m’acheter une voiture... Au début, je suis resté trois mois sans travail. Comment faire ? Demander de l’argent aux parents ? Tu vois dans quoi on vit ! Si j’avais su que la vie était comme ça, je serais resté dans mon pays. Au Maroc, j’ai passé mon bac et étudié pendant deux mois, puis j’ai arrêté et je suis venu pour travailler... Je n’ai pas de temps libre. Ici, tu commences à six, huit heures du matin, tu manges, tu te reposes un peu et tu repars, de quatre heures à huit heures. Pas d’eau, pas de lumière, pas de café... Tu ne fais rien d’autre.

Ici, pas de prière collective, pas de fêtes : tu travailles le samedi, le dimanche, tous les jours ! Dès que tu trouves un travail tu le prends, et c’est difficile à trouver. Je gagne juste de quoi manger, régler les choses quotidiennes. Les seuls espagnols que je connais, c’est ceux pour qui je travaille. On ne voit personne : pas d’associations, pas de médecins... Seulement la police : quand quelque chose est volé, ils viennent chercher ici. L’autre fois, ils cherchaient deux scooters, qu’ils n’ont pas trouvé.

Ceux qui rentrent au pays ont de l’argent, une voiture ; mais si tu rentres sans papiers et sans argent, qu’est-ce que tu vas dire ? Tu n’es pas un homme ! Je ne veux pas continuer à vivre comme ça : dès que j’ai réglé mes papiers, je veux aller en France, à Paris, j’ai ma soeur là-bas, son mari est un vrai Français. Ici, pour huit heures, tu gagnes 30 euros ; et le patron paie quand il veut : au jour le jour, à la fin de la semaine, ou du mois... et tu ne sais jamais à l’avance combien d’heures tu vas travailler : quatre, six, huit... Le patron peut arriver à midi et te dire : reviens cet après-midi, ou reviens demain, ou dans deux jours. Moi, demain, je sais que je travaille : ce matin, le patron m’a dit que je ne travaillais pas cet après-midi, mais demain, oui."




Le SOC : justice sociale, justice écologique

"Almeria constitue une expérience de production industrielle capitaliste mondialisée en Europe, avec surexploitation des ressources naturelles et humaines, hautement rentable à court terme mais destructeur de toute possibilité de développement local soutenable à long terme. Les soutiens accordés au SOC de différents pays d’Europe ont un rôle essentiel du point de vue politique et économique. Ils contribuent non seulement à sauvegarder la dignité des travailleurs à Alméria mais défendent aussi les propres intérêts, car ce modèle de production menace le droit du travail partout.

Il est aussi important de signaler la situation de l’Andalousie comme frontière sud de la « forteresse Europe » et son rôle de « gendarme » contre « l’ invasion » des pauvres du sud. La construction de nouveaux radars sophistiqués de surveillance côtière et de nouveaux murs à Ceuta et Melilla nous révèle une réalité quotidienne de souffrance et de mort dans les eaux de la Méditerranée marquée aussi par la répression des polices espagnole et marocaine. Le SOC, avec d’autres organisations, s’efforce de dévoiler et dénoncer ces violations des droits de l’homme et d’organiser la solidarité avec les réfugiés et avec tous ceux qui sont pourchassés par une politique migratoire européenne répressive, irresponsable, à l’opposé de toute forme de solidarité.(...)

Notre programme syndical inclut la lutte pour la réforme agraire, la défense de l’environnement, la souveraineté alimentaire et le développement local, ainsi que l’implantation de coopératives et de réseaux de solidarité pour une production, une commercialisation et une consommation alternatives à celles du système capitaliste globalisé mercantile. Nous projetons aussi de créer à moyen terme une radio libre qui émettra en plusieurs langues dans toute la zone côtière d’Almeria et de créer une coopérative de travailleurs associés qui produira et commercialisera des produits agricoles biologiques. Nous élargirons et renforcerons aussi la formation professionnelle et syndicale, ainsi que l’enseignement des langues."

Extrait du document de campagne du SOC, 1er janvier 2006.




Federico, avocat, permanent du SOC : la solidarité internationale est essentielle. "Au niveau européen, l’appui d’organisations qui viennent voir la réalité pour la faire connaître dans leur pays est très important parce qu’ici, il y a un consensus de la plupart des syndicats, des partis, des ONG et des médias pour ne pas reconnaître la réalité de l’exploitation et du racisme. On travaille beaucoup avec le Forum Civique Européen depuis vingt ans sur l’organisation de coopératives et sur la réforme agricole. On est en contact avec la Confédération paysanne, des syndicats suisses et des organisations comme le CODETRAS, dans les Bouches-du-Rhône, d’autres en Hollande, en Autriche qui œuvrent pour les immigrés. L’appui financier est très important : on est complètement harcelés du pont de vue policier et économique ! Et maintenir notre indépendance est essentiel : nous sommes financés par la cotisation des adhérents, mais comme il y a une circulation permanente, c’est très difficile, par exemple le projet d’achat de locaux, on ne peut le faire qu’avec un appui économique extérieur.

Mais le plus important, je crois, est l’appui politique. Parce que la situation ici est l’expérimentation d’une réalité qu’on est en train d’appliquer un peu partout en Europe : le capitalisme, l’agriculture industrielle, l’exploitation de la main-d’œuvre immigrée est extrême ici, mais c’est le même projet socio-économique partout ! C’est pourquoi il faut diffuser l’information et faire connaître la réalité, travailler en réseau, s’appuyer mutuellement. Défendre les droits des immigrés ici, dans la région d’Alméria, c’est aussi défendre ceux des travailleurs européens dans toute l’Europe ! Les entrepreneurs, le capitalisme vont réduire petit à petit les droits du travail, les droits sociaux de tous les européens : ce qu’ils cherchent, c’est de pouvoir concurrencer les Etats-Unis, le Japon, et obtenir une main d’oeuvre soumise, flexible et bon marché, en Europe même."




Liens utiles :
 
 
Les dossiers du Forum Civique Européen :
 
 
Des articles du Monde diplomatique :
 
 
Et des dossiers de Campagne Solidaire, la revue de la Confédération paysanne, qui abordent le sujet :
 
 

 

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Published by Didier HACQUART - dans Rien n'est inéluctable - mobilisons nous !
4 octobre 2007 4 04 /10 /octobre /2007 06:54

Mobilisation contre les franchises médicales
 
 
Quand la droite présente la franchise médicale comme un instrument de solidarité, nous devons nous mobiliser contre ce qui est un mensonge éhonté.
 
La Sécurité sociale repose déjà sur la solidarité entre actifs et inactif, mais aussi entre les générations. Ce qui est posé, c’est la nécessaire refonte de l’assiette des cotisations et la fin des exonérations de cotisations sociales pour les employeurs. C’est ainsi que nous pourrons ensemble faire face aux défis d’une protection sociale républicaine pour l’avenir !
 
 
 
et n’hésitez pas à signer l'appel national contre les franchises médicales.
 
A suivre,
 
DH
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Published by Didier HACQUART - dans PRS
3 octobre 2007 3 03 /10 /octobre /2007 07:07
 

  "Sauvons la recherche" contre le

contrôle génétique de l'immigration.
   
   
L’utilisation de tests génétiques pour contrôler l’immigration, actuellement en discussion au Parlement, constituerait une mesure régressive profondément choquante, car elle viserait à discriminer une certaine catégorie de la population, et ouvrirait insidieusement la porte au fichage génétique.
 
Alors que ce projet est encore en débat (le vote au Sénat intervenant début octobre), vous trouverez ci-dessous un appel à signature, demandant à nos élus de voter non à ce texte.
 
Une victoire partielle a été obtenue : la commission des lois du Sénat a rejeté l’amendement. Mais ni le Sénat ni l’Assemblée n’ont dit leur dernier mot sur cet amendement. Il faut donc absolument continuer à signer et faire signer cet appel.
 
 Il est essentiel que cette pétition ait un très gros succès pour faire échouer cet amendement scélérat. Au moment où le sénat refuse de prendre en compte cet amendement, il faut enfoncer le clou. 
   
 Il y a eu plus de 5000 signatures en une journée et il faudrait en rassembler plusieurs dizaines de milliers pour avoir un impact dans l'opinion. 
   
 Il est donc important que vous-mêmes signez la pétition : 
   
   

La pétition n'est absolument pas restreinte au milieu de la recherche. Il serait particulièrement important que le monde de l'éducation au sens large s'y implique.


Additif du 6 octobre 2007 :

A signaler la pétition lancée par Charlie HEBDO : "Non aux test ADN" :

http://www.touchepasamonadn.com




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Published by Didier HACQUART - dans Rien n'est inéluctable - mobilisons nous !
2 octobre 2007 2 02 /10 /octobre /2007 06:52

La vérité sur les régimes spéciaux
 
L’objectif du gouvernement sur les régimes spéciaux, est en fait de viser en dernier ressort le régime général des retraites. Après avoir « tordu » les régimes spéciaux, puis celui de fonctionnaires, il s’attaquera au régime général. Il ne prend même pas de gant, et FILLON lui-même renie sa parole donnée en 2003, en annonçant avant toute discussion un allongement à 41 ans de cotisations…
 
Pour dissiper les mensonges de la droite sur les régimes spéciaux de retraite, PRS (Pour la République Sociale)  a réalisé une petite brochure de 4 pages rétablissant quelques vérités utiles. A lire mais aussi à diffuser autour de soi...
 
 
A suivre,
 
DH
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Published by Didier HACQUART - dans PRS
1 octobre 2007 1 01 /10 /octobre /2007 07:34

 


Laurent FABIUS fait sa rentrée politique. Vous trouverez le texte intégral du discours qu’il a prononcé lors de la journée nationale d’échanges et de réflexions de Rassembler à gauche, à Paris.

 
 
 

Il est classé parfois « ringard », traité « d’éléphant », mais assurément il a une vraie réflexion politique, que l’on soit d’accord ou pas avec lui.

 
 
 
A suivre…
 
 
 
DH
 
 
 
 
 
Reconstruire, par Laurent FABIUS
 
 
 
Le 29 septembre 2007
 
 
 
 
 
Chers Amis, Chers camarades,
 
 
 

Je commencerai par une anecdote qu’on m’a rapportée récemment. Un des dirigeants du Parti Socialiste est à son bureau. Le téléphone sonne. « Comment vas-tu ? » demande son correspondant. « Ca va très très bien », répond le dirigeant socialiste. « Ah bon, tu n’es pas seul ! Rappelle-moi quand tu pourras parler librement... » Librement et amicalement, c’est ainsi que nous avons échangé aujourd’hui, par-delà les chapelles et les querelles. Librement, c’est ainsi que je veux m’adresser à vous et, à travers vous, à nos concitoyens.

 
 
 

Cinq mois après la victoire de N. Sarkozy et la défaite de S. Royal, notre pays voudrait croire à une amélioration, mais nos concitoyens commencent à constater les faits et doutent en profondeur. Beaucoup de dirigeants socialistes, eux, sont déboussolés. Quant aux militants et aux sympathisants de gauche, comme vous, ils veulent se battre. Ils veulent une opposition active, responsable cela va de soi, capable non seulement de critiquer une méthode ou un calendrier mais de dénoncer avec force le contenu de la politique gouvernementale et de contre-proposer. Qu’entend-on partout ? « Il faut ré-no-ver ». Nous sommes, bien sûr, tous d’accord avec cette aspiration rénovatrice. Mais il faut beaucoup plus : en réalité, et c’est le sens de notre rencontre aujourd’hui et de celles qui suivront, l’urgence est à la reconstruction. Nous avons besoin de déconstruire la droite et de reconstruire la gauche. Nous devons être, nous sommes des reconstructeurs.

 
                                                                                                                 
 
* * *
 
 
 

Face à nous, le Président de la République a une stratégie précise.

 
 
 

Au départ, c’est la fameuse et fausse théorie du « choc de confiance ». L’idée martelée que, grâce notamment à près de 15 milliards d’euros de transferts fiscaux en faveur surtout des plus riches, 100 milliards de francs chaque année, grâce à l’affichage énergique d’une volonté de rupture, la croissance repartira automatiquement, l’emploi et le pouvoir d’achat avec. Le problème, c’est que cette stratégie utilise des moyens injustes et qu’elle est contredite par les faits. Au point que l’on est en train de s’apercevoir que le "paquet fiscal" de la droite pourrait bien devenir le "boulet fiscal" de la France.

 
 
 

Pouvoir d’achat érodé, prévisions de croissance gonflées, déficit commercial rouge foncé, déficits budgétaire et social encore plus élevés qu’annoncés : cet illusionnisme sent la fuite en avant pour aujourd’hui et le plan d’austérité pour demain.

 
 
 

"Le réel, disait le psychanalyste Lacan, c’est quand on se cogne". Et bien la droite va se cogner au réel. Elle sera confrontée, c’est pour les prochains mois, à un "contre choc de méfiance". Elle allumera des contre-feux. Pour réduire le plus possible les interventions et services publics, puisque c’est son obsession idéologique, elle invoquera, elle évoque déjà la montée de l’individualisme : comme si le recours au collectif était contradictoire avec la satisfaction des individus ! Elle tentera de diviser les fonctionnaires, en leur promettant une ristourne si les postes de leurs collègues sont supprimés, si elle parvient à ses fins. Il y aura bien au bout du compte moins de fonctionnaires et pas mieux payés. Les Français en général pourront "gagner plus s’ils travaillent plus" ? Non, il faudra travailler plus sans gagner plus ; souvent même, on devra travailler plus et plus longtemps, pour finir par gagner moins, en salaire, en retraite et, une fois toutes les ponctions opérées, en pouvoir d’achat. Le SMIC sera remis en cause, le contrat de travail aussi puisque, dans cette conception, l’avancée économique ne peut exister que par le recul du social. Quant à l’Europe, elle sera à la fois courtisée et accusée de tous les maux pour excuser les échecs gouvernementaux.

 
 
 

La politique gagnante pour la France, ce n’est pas cela. Ce n’est pas de favoriser les plus aisés et de ponctionner les autres. La mesure de toute chose dans la société, ce ne peut pas être seulement l’argent. Notre vision, notre projet sont différents. C’est la priorité donnée à l’éducation et à la culture, au lieu de les amputer, à la recherche au lieu d’agir petit bras, à l’innovation et à l’investissement au lieu de la rente, à la personne humaine. C’est un Etat qui se remet en cause en corrigeant les inégalités au lieu de les creuser. Ce sont des collectivités locales stimulées et non pressurées. C’est une Sécurité Sociale consolidée et non pas amputée pour faire place aux assurances privées. Ce sont le logement et la sécurité améliorés. C’est la construction d’une Europe plus sociale, plus écologique, plus démocratique. C’est l’indépendance à l’égard de toutes les puissances, y compris les Etats-Unis. Disons-le tranquillement, mais disons-le clairement.

 
 
 

La France possède des atouts : notre productivité, notre démographie, notre qualité de main d’œuvre, nos services publics, notre géographie, mais notre pays a besoin de réformes profondes, justes, concertées. Nous avons besoin de renforcer l’offre des entreprises, en particulier les PME, sans amputer le pouvoir d’achat. D’où l’absurdité injuste de mesures telles que la taxation médicale, les hausses de prix tous azimuts, l’augmentation de la TVA (rebaptisée maintenant - jusqu’où va l’invention sémantique ! - « TVA pouvoir d’achat » !) et divers reculs sociaux intervenus ou programmés, contre lesquels il va falloir mobiliser. Nous avons besoin de rassembler le pays dans un effort de dynamisation, de réforme et de justice, plutôt que d’opposer les catégories entre elles : jeunes contre vieux, centre villes contre quartiers, travailleurs contre chômeurs, nationaux contre étrangers, salariés du public contre secteur privé. Nous avons besoin d’une politique de résultats plutôt que d’une politique de médias.

 
 
 

Je mentionne les médias parce que leur maniement joue un rôle majeur dans la stratégie présidentielle. Là aussi, il nous faut déconstruire sérieusement la méthode. Premier temps : le pouvoir sélectionne divers thèmes, en fonction notamment des sondages, pour que le Président les investisse. Deuxième temps : un des thèmes est retenu, on met alors en scène l’implication personnelle du chef de l’Etat, on mesure l’impact sur l’opinion, on poursuit si c’est positif, sinon on change aussitôt de thème. Le bombardement médiatique est si puissant et le tournoiement des thèmes si rapide que, malgré le courage de beaucoup de journalistes, les médias et l’opinion ont réduits au rôle de suiveurs. Le but est d’éviter à tout prix le temps de l’analyse critique des faits.

 
 
 

L’utilisation systématique de l’émotionnel et du compassionnel vient en renfort. Face à une catastrophe, à un fait divers, à la douleur, chacun est touché. On se dit : "et si c’était ma famille ? Mes proches ?" Parfois, on participe à une action de solidarité. Mais on reste discret. Par décence. Là, c’est l’inverse : la compassion d’Etat est érigée en méthode de gouvernement. Après chaque fait divers retentissant, un ministre annonce une nouvelle loi alors qu’il devrait d’abord faire appliquer celles qui existent. Pendant ce temps, l’opium fait son effet : on ne s’interroge ni sur les causes, ni sur les vraies solutions. Déjà, on zappe et on passe à autre chose. Seuls comptent les images et les sondages.

 
 
 

Tout est organisé pour favoriser cette stratégie. Aujourd’hui, vous le savez sans doute, l’expression du Président de la République dans les médias audiovisuels n’est pas décomptée. Le gouvernement, la majorité, l’opposition, oui ; le Président, non ! Or le vrai chef de l’exécutif et de la majorité, plus encore que dans le passé, c’est lui. Il serait donc normal, comme cela a été demandé, que son temps d’intervention audiovisuelle et celui de ses collaborateurs soient désormais comptabilisés, et que soit accordé un temps équivalent à la majorité et à l’opposition. Un texte devrait le prévoir. Ce texte court, j’ai même commencé à l’écrire. « L’expression pluraliste des courants de pensée et d’opinion est une des conditions de la démocratie. Afin d’en assurer le respect, les radios et les télévisions doivent comporter dans leur programme un équilibre entre trois temps d’intervention et assurer des conditions de programmation comparables : celui du Président de la République, de ses collaborateurs et des membres du gouvernement, celui des personnalités appartenant à la majorité parlementaire, celui des personnalités de l’opposition ». Je souhaite qu’un article de ce type sur la démocratie médiatique soit inscrit dans la Constitution. Cet aspect est devenu plus décisif pour l’équilibre des pouvoirs que beaucoup de subtilités juridiques dont on discute. Je propose l’adjonction de ce texte et je propose d’en faire un des éléments déterminants de notre vote sur la réforme des institutions.

 
 
 

La tactique dite « d’ouverture » complète enfin la stratégie présidentielle. Ont été convaincues d’entrer au gouvernement - sans trop de mal, semble-t-il - des personnalités anciennement classées à gauche. Il n’a pas été question - ce qui aurait constitué une vraie « ouverture » - de modifier le contenu de la politique de la majorité afin de tenir compte de l’opposition. Non : il s’agit exactement du contraire. Il s’agit d’essayer de disqualifier la gauche en prétendant que la politique de la droite recueille désormais l’assentiment général. Comment qualifier ces transfuges ? Pour moi, c’est une sorte de « club des papillons ». Car, au-delà de leur diversité, ils me semblent présenter deux caractéristiques communes : être attirés par la lumière et voleter de conviction en conviction - comme les papillons volètent de support en support. Le PS a hésité sur l’attitude à adopter. Elle est pourtant simple. Dans les instances, commissions et procédures de la République, nous devons occuper toute notre place ; en revanche nous devons refuser toute participation directe ou indirecte à l’exécutif. La démocratie, c’est d’abord la clarté.

 
 
 
* * *
 
 
 

Déconstruire la droite, reconstruire la gauche. Pour cela, il faut ne pas tout mélanger, les valeurs, les propositions, la stratégie.

 
 
 

 Nos valeurs, nous devons les revendiquer. Elles n’ont pas pris une ride. L’exigence d’égalité, qui constitue le ciment de la gauche, reste pour nous centrale notamment dans la mondialisation financière qui charrie tant d’inégalités et d’injustices. La liberté n’existe pas s’il n’y a pas d’égalité, face aux pressions et oppressions de toutes sortes - et je veux dire notre haut le cœur devant la répression de la « révolution Safran » par les criminels du régime militaire birman. La solidarité est aussi une de nos valeurs fortes, au sein de notre pays comme avec les autres (c’est cela l’internationalisme), ainsi qu’avec les générations futures (cela s’appelle le vrai développement durable). Car il ne s’agit plus seulement pour la gauche de changer le monde mais de sauver le monde... en le changeant. La laïcité enfin, valeur-trésor en réplique aux intégrismes de tous bords. Les voilà les valeurs de la gauche, bien plus en phase que la dérèglementation, la financiarisation ou l’ultralibéralisme chers à la droite si on veut faire face aux défis contemporains. Il faut défendre ces valeurs, ne pas en avoir honte, ne pas baisser la tête mais les populariser, les revendiquer. Il faut une gauche décomplexée.

 
 
 

 Certains de nos propositions concrètes, elles, devront parfois s’adapter. Car le monde a changé. Quand la France souffre comme aujourd’hui d’un décrochage manifeste de croissance par rapport à ses principaux concurrents, la question de l’innovation et de la compétitivité doit être précisément traitée. Quand le système de production et d’échanges est transformé en un gigantesque Monopoly où les entreprises s’achètent et se vendent en un clic, où les salariés sont des variables d’ajustement, où le stress frappe au point de pousser à l’irréparable, le défi de la régulation publique doit être relevé. Quand la situation des comptes publics est grave et que le pouvoir fait de la cavalerie financière, on doit réagir : par exemple, dans la position actuelle de notre pays il faut dire qu’il n’est pas sérieux d’opérer une baisse massive de recettes publiques si elle n’est pas compensée par des ressources équivalentes. L’expérience aussi nous a marqués. Par exemple, la politique environnementale qui, pour nous, convenons-en, a longtemps été périphérique doit devenir essentielle. Puisqu’un Grenelle de l’Environnement se prépare, puisque le risque n°1 est le dérèglement climatique lié au gaz carbonique, je souhaite que nous placions désormais au cœur de nos propositions concrètes une pollutaxe climat énergie, dissuadant particulièrement les émissions de CO2. De même, nous devons apporter des réponses nouvelles aux questions liées à l’allongement de la durée de la vie, la santé, la dépendance, les retraites : pour garantir celles-ci, je souhaite que, là où la droite fait reposer tous les efforts sur les revenus du travail, nous proposions que les revenus du capital soient également soumis à contribution. Proposons concrètement à gauche et proposons moderne.

 
 
 

 Il faut enfin clarifier notre stratégie. Elle reste confuse à l’approche des élections municipales. Alors, précisons. Nous sommes pour le rassemblement à gauche ; nous n’écartons pas par principe de ce rassemblement des personnes ou des forces qui ne s’y trouvaient pas auparavant mais à la condition incontournable qu’existe une cohérence politique. Cohérence nationale, c’est-à-dire refus des accords à la carte. Cohérence de projet, c’est-à-dire affirmation d’objectifs nationaux et locaux communs avec ces partenaires et d’abord le rejet de la politique économique, sociale et fiscale actuelle. Force est de reconnaître que cette cohérence n’existe pas aujourd’hui. Toute autre attitude nous transformerait en un simple mouvement opportuniste avec à terme à la clé de sérieuses déconvenues électorales.

 
 
 

Revendiquer nos valeurs, adapter nos propositions concrètes, clarifier notre stratégie : voilà le chemin pour reconstruire. C’est un parti socialiste à 35 % des voix au premier tour qu’il faut bâtir, un parti diversifié dans son recrutement et ses dirigeants, en phase avec les associations et les syndicats, sachant écouter ses élus locaux mais aussi les fédérer. Un parti qui fasse l’amalgame entre l’expérience et le renouvellement. Un parti à la fois protestataire et gestionnaire. Un parti socialiste qui sera - chacun de ces termes compte - internationaliste, alter-européen, écologiste, éducationnel, paritaire, pour répondre aux grands défis du nouveau siècle. Quand je réfléchis à plus long terme, j’ai même à l’esprit un mouvement rassemblant encore plus largement que le PS aujourd’hui les sensibilités de la gauche, un mouvement socialiste et progressiste. C’est dans cette perspective de l’unité la plus large qu’il faut reconstruire. J’entends parfois parler de « nouvel Epinay ». Pourquoi pas à condition qu’on se souvienne qu’à Epinay François Mitterrand avait conçu comme un tout indissociable la reconstruction du parti socialiste et son ancrage déterminé à gauche.

 
 
 
***
 
 
 

Deux remarques avant de conclure.

 
 
 

L’accumulation des déficits et des dettes, l’abondance des promesses fallacieuses, l’ampleur des problèmes vécus par les Français, tout cela me conduit à penser que, mise en difficulté par les faits, la droite cherchera à regagner sur un autre terrain sa popularité menacée. Ce terrain, ce pourrait être d’essayer de nous piéger en concentrant le débat sur la façon d’être plutôt que sur les résultats de l’action. Ne tombons pas dans ce piège Ce terrain, ce pourrait être aussi, de façon plus précise, l’immigration. Là aussi, je propose que nous soyons clairs. Quatre lois de la droite en quatre ans ! Le ministère de l’identité nationale, la traque des enfants de sans papiers et maintenant les scandaleux tests ADN, contraires à notre droit de la bioéthique, contraires à notre approche de la famille et à mon sens contraires aux principes de la Constitution. Cela suffit ! Et pourtant, l’évocation de quotas d’immigrés par métiers et par régions discutés annuellement par le Parlement constitue la dernière trouvaille gouvernementale. Du pain bénit pour un pouvoir qui n’oublie pas ce qu’il doit aux voix d’extrême droite ! Pensez donc : chaque année un débat serait organisé au Parlement sur l’ampleur des quotas d’immigrés ! Comme si pour certains l’immigration était moins une question qu’un filon ! Or voici qu’un certain nombre de socialistes tombent dans le panneau. Et bien, au nom même de nos valeurs et de notre souci d’efficacité, nous devons répondre. L’immigration ne doit pas être pas une braise sur laquelle le pouvoir souffle lorsqu’il se révèle défaillant, c’est une question sérieuse qui doit être traitée sérieusement, c’est une question humaine qui doit être traitée humainement, c’est une question européenne et sur laquelle je souhaite notre mobilisation.

 
 
 

La reconstruction du Parti socialiste et la réussite de nos propositions alternatives passent enfin par une réflexion lucide sur l’Europe. Débat riche. D’ici quelques mois, lorsque le texte en aura été complètement écrit, nous aurons à nous déterminer sur le traité constitutionnel « corrigé ». Nous n’avons oublié ni les arguments échangés de part et d’autre, ni la consultation populaire. Mais de grâce, ne nous enfermons pas dans la seule problématique institutionnelle ! Ne dispersons pas nos forces dans la mécanique procédurale ! Ce dont l’Europe a besoin, c’est surtout d’un cap et d’une stratégie. Nous devons partir d’une donnée économique nouvelle : l’affirmation des pays émergents, dont le réservoir de main d’œuvre est quasi-illimité et la force de frappe économique, financière et même technologique désormais considérable, alors que l’Europe cultive souvent une vision irénique de la mondialisation. Intégrons une autre donnée, politique : les principaux acteurs de la scène internationale ne sont plus ceux du concert européen des nations, Etats-Unis en plus. Désormais le libéral-communisme de la Chine, la puissance énergétique de la Russie, la multitude démocratique de l’Inde, le Brésil, l’Iran, d’autres s’imposent comme des acteurs clefs. Face à ces réalités, l’Europe doit être plus audacieuse et moins naïve. Face aux dumpings chinois ou autres, pourquoi serions-nous un continent passoire ? Face à la crise financière venue des Etats-Unis, pourquoi la Banque centrale européenne est-elle moins active que la Réserve fédérale ? Face à l’affaiblissement des ressources en pétrole ou en gaz, pourquoi la Commission européenne semble-t-elle parfois s’ingénier à favoriser la vente à la découpe de nos grands groupes ? Beaucoup d’entre nous ont été critiqués dans le passé pour avoir proposé que l’Union Européenne soit à la fois offensive et défensive, à travers sa monnaie, sa politique commerciale et de concurrence, l’harmonisation fiscale plutôt que le dumping généralisé, l’exigence de réciprocité des normes sociales et environnementales. Je crois comprendre que les préventions contre ces thèses commencent de reculer ? Affirmer sans arrogance la souveraineté européenne, ce n’est pas être protectionniste. Mais nous devons aussi être offensifs. Proposer par exemple une Communauté européenne de la Recherche et de l’Innovation, ces deux matières premières du futur, Communauté qui pourrait constituer la première « coopération renforcée » effectivement mise en place, notamment avec les pays de l’Euro. C’est une idée forte et neuve. J’espère qu’elle sera reprise par la France lors de sa présidence de l’Union.

 
 
 
***
 
 
 

Chers amis, j’ai été plutôt silencieux ces derniers mois car je voulais laisser le pouvoir « faire ses preuves ». Dans la période qui vient, je ne souhaite pas me mêler aux luttes intestines et souvent fratricides. En revanche je ferai entendre ma voix dans le débat politique de fond, pour une gauche décomplexée, moderne, fidèle à ses valeurs et rassembleuse. J’ai pris des positions ces dernières années, je les assume. Beaucoup d’entre vous ont partagé ces choix. Personne n’est infaillible mais lorsque nous regardons le chemin parcouru, que voyons-nous ? Il n’était pas inutile, me semble-t-il, comme je l’ai fait il y a déjà assez longtemps de proposer le premier aux socialistes le terme et le contenu de la « social-écologie », en insistant sur le caractère transversal et non pas latéral que devait avoir la préoccupation de l’environnement. Il n’était pas superflu plus récemment, face à la montée des communautarismes, d’exiger un coup d’arrêt sur les signes religieux à l’école, qui fut à l’origine de la loi laïque que l’on sait. Il était significatif de proposer de mettre au cœur de nos débats la question des délocalisations, de montrer qu’elles étaient une réalité et non un fantasme, qu’elles appelleraient une riposte d’ampleur à tous les échelons et non des rustines. Il était audacieux il y a deux ans, quand la question fut posée à tous les Français, de refuser au nom de l’Europe sociale que soient gravées dans le marbre d’une Constitution la politique monétaire de la Banque centrale européenne et le primat de la concurrence libre et non faussée, politiques désormais jugées contre-productives par beaucoup. Et il ne fut tout à fait inutile, il y a quatre mois, entre les deux tours des législatives, de débusquer la volonté gouvernementale de financer ses déficits par l’augmentation de la TVA. Ces positions ne nous ont pas valu que des soutiens sur le moment, mais elles ont une cohérence : la conviction qu’est juste, efficace, moderne pour notre pays et pour l’Europe ce qui permet une meilleure régulation collective dans l’espace et dans le temps plutôt que ce qui la détruit. C’est donc une certaine idée de la gauche, de la France et de l’Europe. Je compte la faire vivre dans les grands débats de demain.

 
 
 

J’ai utilisé à cet égard l’expression de « sage actif ». Certains ont retenu la notion de « sage » et oublié en chemin « l’actif ». Mieux vaut sans doute inverser l’ordre des termes : je serai donc un « actif sage », un responsable engagé qui vous demande d’être engagés.

 
 
 

Qu’on ne compte pas sur moi pour disputer la coupe de France des people ou le championnat d’Europe des paillettes. Ce n’est pas ma conception de la politique, ni mon tempérament. En revanche, je suis d’accord pour la solidité, la crédibilité et la solidarité ; d’ailleurs dans le monde qui vient et sur la durée, existe-t-il une autre voie pour assurer à son pays un vrai progrès ?

 
 
 

Chers amis, Chers camarades, il s’agit ensemble de reconstruire pour reconquérir. Je suis en unité de pensée et d’espérance avec vous et avec des millions de nos concitoyens. Bon travail.

 
 
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Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
30 septembre 2007 7 30 /09 /septembre /2007 10:19

 


Défense des services publics en Europe,

 
 
par la Confédération Européenne des Syndicats (CES)

 
 
 
 
Plus de 400,000 personnes ont déjà apporté leur soutien au combat pour des services publics de qualité accessibles à tous contre la politique de libéralisation de la Commission européenne. Nous sollicitons votre soutien afin de mieux faire connaître notre initiative en faveur des services publics.
 


Les nouvelles tentatives de la Commission européenne pour libéraliser certains services publics - poste, transports, énergie, services sociaux, santé, etc. - montrent l'urgence de protéger les services publics en Europe.

 


Pour vous informer sur ces nouvelles menaces qui pèsent sur les services publics, nous avons mis en place une rubrique internet Nouveaux défis !

 


N’hésitez pas à consulter cette rubrique et à diffuser largement la pétition autour de vous.

 


Je signe la pétition pour la défense des services publics !


DH

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Published by Didier HACQUART - dans Rien n'est inéluctable - mobilisons nous !