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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
4 novembre 2007 7 04 /11 /novembre /2007 06:52

 


L’extrême droite française rassemble une kyrielle de tendances. Cela avait été particulièrement bien décrit dans le livre « Extrême France » dont j’avais parlé sur ce blog il y a quelques mois.

 
 
 

Parmi cette kyrielle, il y a des factions plus ou moins violentes, comme j’ai pu le constater sur ce blog, avec les faisceaux, ex GRIF. Il y a suffisamment d’articles à ce sujet sur ce blog, je n’y reviendrai pas.

 
 
 

Ces différentes tendances sont dans ou en dehors du FN et en sont à ce sens plus ou moins proches. Il y a quelques jours, s’est tenue une rencontre à Paris de différents mouvements. Je vous en livre le compte qu’en fait Le Monde. Il démontre au moins, qu’une partie des factions les plus radicales se trouvent toujours au sein du FN, même s’il est vrai qu’elles se posent la question d’y rester ou pas, en fonction de l’évolution engagée dans ce parti, par la fille de son président.

 
 
 
A suivre…
 
 
 
DH
 
 
 

L'extrême droite radicale cherche à se fédérer contre Marine Le Pen

 
 
 

Paru dans Le MONDE du 30.10.07

 
 
 
 
 

La revue nationaliste et identitaire, Synthèse nationale, dirigée par Roland Hélie a réuni, samedi 27 octobre, à Paris, régionalistes, catholiques traditionalistes et racialistes qui, à l'extérieur comme au sein du Front national, ne se reconnaissent pas dans la ligne de "dédiabolisation" et du "ni droite ni gauche" promue par Marine Le Pen sur le parti d'extrême droite.

 
 
 

Thème de la rencontre : "Face aux dangers qui menacent notre civilisation : comment défendre notre identité ?" Une question qui en cachait une autre : comment envisager l'avenir de l'extrême droite française avec ou sans le Front national ?

 
 
 

L'une n'allait pas sans l'autre car, avant d'envisager un rassemblement, il fallait que les différentes composantes de la nébuleuse extrémiste dessinent le contour de ce qui fait leur socle. Quoi de commun en effet entre les nationalistes du Front national et les régionalistes de Robert Spieler, président d'Alsace d'abord ? Entre ceux qui, comme Fabrice Robert, président du Bloc identitaire, prônent la grande Europe et ceux qui avec Bruno Mégret, président du Mouvement national républicain (MNR), s'arrêtent à l'Etat nation ? Entre, enfin, les catholiques traditionalistes attachés au combat pour une civilisation chrétienne, représentés par Bernard Antony, le président de Chrétienté solidarité qui, en raison de la grève d'Air France, était absent samedi, et les païens rassemblés derrière Pierre Vial le président de Terre et peuple ? Pas grand-chose si ce n'est leur volonté "d'inverser le courant migratoire" et de "mettre fin au regroupement familial" comme l'ont martelé les intervenants.

 
 
 

Certains, au nom de la civilisation chrétienne mise en péril selon eux "par l'islam", d'autres sur des critères raciaux.

 
 
 

Pierre Vial, qui parle d'"invasion des allogènes qui veulent voler la terre" des Français, soutient ainsi que "l'identité", repose sur des "composantes biologiques, génétiques et ethniques".

 
 
 

"La substance même de notre peuple est aujourd'hui atteinte par l'immigration non européenne" s'est plaint ainsi Robert Spieler. "Cette immigration incontrôlée risque d'engendrer un ethnocide européen" a renchéri Roland Hélie. "L'âge d'or ethnique n'existe pas. L'identité est un héritage, une construction" a défendu Bruno Larebière, rédacteur en chef du Choc du mois avant de demander toutefois que l'"on se préoccupe de la modification génétique imposée à notre peuple" par l'immigration et explique que le peuple français "de race blanche et de culture grecque, latine, européenne" est "en train de disparaître". Plus prosaïque, Fabrice Robert s'est fait applaudir à tout rompre en dénonçant sans périphrase "le métissage".

 
 
 

Question perspectives, l'assistance était moins unanime. Si tous les présents étaient d'accord sur l'idée d'union, les avis étaient plus partagés sur le cadre dans lequel celle-ci doit se faire. Quelques-unes comme Jean-François Touzé, membre du bureau politique du FN croient encore en l'avenir du parti. A l'opposé, Fabrice Robert pense que c'est à l'extérieur qu'il faut mener le combat. Transformé en Monsieur Loyal, Pierre Vial a proposé d'organiser des actions communes "ponctuelles" pour se donner "l'habitude d'agir ensemble". Une suggestion soutenue par Roland Hélie qui a annoncé la création d'un comité de coordination.

 
 
 

Christiane Chombeau

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Published by Didier HACQUART - dans FN - MNR et Extrème Droite
3 novembre 2007 6 03 /11 /novembre /2007 16:54

61% des Français souhaitent une ratification du Traité européen par référendum
 
 
 
 
 

Une forte majorité de Français - 61% - se déclarent en faveur de la ratification du nouveau traité européen par référendum, selon un sondage CSA (*)  paru lundi dans Le Parisien-Aujourd'hui en France.

 
 
 

Interrogées sur le mode de ratification du traité adopté à Lisbonne, 61% des personnes optent pour un référendum, contre 31% qui préfèrent une ratification par le Parlement et 8% sans avis.

 
 
 
Si ce référendum était organisé, 68% des votes exprimés iraient au oui, selon ce sondage, et 32% au non.
 
 
 

Mais il y aurait 52% d'abstentions, de votes blancs ou nuls.

 
 
 

Cela signifie en fait que les 68 % pour le oui, ne correspondent en fait qu’à 32,6 % des électeurs. Je rappelle que la victoire du Non en 2005, avait été possible après une grande campagne d’explications. Les 52 % d’abstentions d’aujourd’hui peuvent tout à fait changer le sens du vote final !

 
 
 

Le plus important, c’est donc les 61 % de français qui s’expriment pour un référendum ; Ce chiffre est à mettre en regard d’un autre sondage, réalisé par nos amis anglais qui donne un résulta similaire.

 
 
 

Le 29 mai 2005, lors du référendum français sur la constitution européenne, le non l'avait emporté par 54,67%. Il y avait eu 30,62% d'abstention et 2,52% de votes blancs ou nuls.

 
 
 
Les socialsites ne peuvent pas rester sourds à cette attente ! Il en va de leur crédibilité, sans parler des promesses faites pendant la campagne présidentielle par Ségolène ROYAL...

A suivre,
 
 
 
DH
 
 
 

Pour en savoir plus et revendiquer un référendum. 

 
 
 
 
 
 
 

(*) Sondage CSA réalisé par téléphone les 24 et 25 octobre auprès de 956 personnes de 18 ans et plus (méthode des quotas).

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Published by Didier HACQUART - dans Traité de Lisbonne
2 novembre 2007 5 02 /11 /novembre /2007 06:12


La commission ATTALI rend progressivement ses premières conclusions. C’est un dossier important qui concerne des
millions de salariés en France.
 
 
 
Cette commission qui a exclut les syndicats mais pas les représentants du MEDEF s’attaque au licenciement économique, propose la libéralisation du travail le dimanche, remettant en cause ce « jour à part », fruit d’une « culture bimillénaire ».
 
 
 
Dans un autre domaine, il veut revenir sur le « principe de précaution ».
 
 
 
Le secteur entreprise du PS, s’est déjà positionné sur ce dossier.
 
 
 
A suivre…
 

DH
 
 
 
 
 
 

Communiqué du 25 octobre 2007, d’Alain VIDALIES, Secrétaire national aux Entreprises

 
 
 

A l’évidence, les propositions que vient de présenter la Commission Attali en vue de libéraliser le marché du travail sont de nature à bouleverser le droit du travail et à précariser la situation de millions de salariés.

 
 
 

En proposant d’ouvrir le licenciement économique aux ruptures décidées pour « améliorer la compétitivité » et « augmenter la productivité », dans l’unique but, comme le reconnaît la Commission Attali, de « maximiser leurs profits », il est en réalité préconisé d’empêcher toute contestation de licenciement économique. En y ajoutant le plafonnement des indemnités de rupture et la possibilité de rupture à l’amiable du contrat de travail, c’est une mise à bas pure et simple du droit du licenciement qui est suggérée.

 
 
 

La proposition d’une libéralisation quasi-totale du travail le dimanche reviendrait à contraindre les salariés à revenir sur le jour de repos hebdomadaire. Comment en effet croire que les salariés, notamment ceux des petites entreprises du commerce de détail, pourront refuser une demande patronale de travailler le dimanche ?

 
 
 

Il n’est guère surprenant que la Commission Attali accouche de propositions si libérales, puisque les organisations syndicales sont totalement exclues de sa composition, quand le patronat y est massivement représenté, au mépris de toute exigence de démocratie sociale.

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Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
1 novembre 2007 4 01 /11 /novembre /2007 05:58

 


Nous pouvons nous enorgueillir d’avoir un nouveau prix Nobel de physique en la personne d’Albert FERT. 

 

Il a été interviewé dans Le Monde. Sa réflexion sur la recherche est évidemment pertinente. Il est la preuve vivante de la nécessité d’avoir en France des laboratoires pour développer la recherche fondamentale. La recherche fondamentale est nécessaire, même si on ne sait pas sur quoi cela va déboucher. Une recherche uniquement tournée vers la rentabilité immédiate, ne débouche pas sur grand-chose, et en tout cas ne révolutionnera pas le monde...

 

Il faudra suivre dans les mois à venir les orientations du gouvernement à ce sujet…

 
DH
 
 

 

Le Prix Nobel Albert Fert plaide pour une recherche libre (*)

 
 
 

Couronné par le prix Nobel de physique 2007 pour ses travaux sur la magnétorésistance géante, qui ont permis de multiplier par cent les capacités de stockage d'informations des ordinateurs, Albert Fert plaide pour une recherche consciente des enjeux de société, mais libre dans sa démarche.

 
 
 

Auriez-vous décroché le Nobel avec le financement de la recherche sur projet que met en place le gouvernement ?

 
 
 

Non, s'il n'y avait eu qu'un financement sur projet. Quand j'ai commencé mon travail, une étape importante a été - après avoir établi un certain nombre de bases théoriques - de me lancer, avec un collègue de Thomson-CSF, dans un projet un peu aventureux : essayer de fabriquer des multicouches magnétiques. Ce travail a débouché sur la découverte de la magnétorésistance géante, mais, au départ, c'était un projet à risque dont personne ne pouvait savoir s'il allait aboutir. Le CNRS l'a financé, parce que cet organisme est capable de discuter avec les chercheurs et de les accompagner. Une agence de financement sur projet, elle, ne l'aurait jamais retenu : c'était à l'époque un sujet trop marginal et loin des thèmes à la mode.

 
 
 

Le rôle de l'Agence nationale de la recherche est pourtant de financer des projets innovants...

 
 
 

Une agence de financement est un instrument intéressant, pour booster certaines directions de recherche et soutenir les bonnes équipes. Mais elle choisit des thèmes, elle sélectionne des orientations. Le CNRS, lui, est en contact plus direct avec les chercheurs, ce qui lui permet d'être réactif sur des sujets nouveaux qui n'auraient pu être définis à l'avance. Une agence et un grand organisme n'ont pas la même fonction.

 
 
 

Le CNRS craint d'être transformé en agence de moyens finançant la recherche menée dans les universités, sans politique scientifique autonome. Que dites-vous au gouvernement ?

 
 
 

Qu'une réforme du système de recherche ne doit pas être dictée par des motivations idéologiques. Le CNRS a un rôle de coordination nationale, de stratégie à long terme, de gestion de grands instruments et de soutien de chercheurs sur des projets à risque, toutes tâches qu'il est seul à pouvoir assumer.

 
 
 

Gardons-nous de détruire cet outil, auquel notre pays doit la qualité de sa recherche ! Les crédits n'ont pas toujours été suffisants, mais le rapport qualité-prix y est excellent. Les derniers Prix Nobel français en physique - Pierre-Gilles de Gennes, Georges Charpak, Claude Cohen-Tannoudji et moi-même - ont tous accompli une partie importante de leur carrière, soit au CNRS, soit dans un laboratoire mixte CNRS-université.

 
 
 

Comment voyez-vous les rapports entre organismes et universités ?

 
 
 

L'objectif du gouvernement est de remettre les universités dans la course. C'est un bon objectif, mais il ne faut pas précipiter les choses. Les relations entre organismes et universités, en particulier pour la gestion des laboratoires communs, seront différentes quand les universités - du moins certaines d'entre elles - seront des moteurs de la recherche au même niveau que les organismes.

 
 
 

Le problème de l'université, c'est que les jeunes enseignants-chercheurs sont écrasés de charges d'enseignement et de tâches diverses qui les empêchent souvent d'être compétitifs au niveau international. Nous avons une génération de sacrifiés dont le potentiel n'est pas exploité. Il faut reconsidérer le problème des charges d'enseignement pour permettre aux meilleurs d'être aux premières places dans la compétition internationale.

 
 
 

Êtes-vous d'accord avec la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pécresse, qui veut mettre la science "au service de la société" ?

 
 
 

Les chercheurs doivent être conscients des problèmes de société. Les progrès technologiques, les avancées médicales... contribuent bien sûr à la qualité de vie. Mais on ne peut pas imposer une finalité stricte à la recherche. Son parcours n'est jamais linéaire. Il faut laisser la recherche fondamentale se dérouler, les chercheurs suivre leurs idées, en zigzaguant, pour déboucher sur des découvertes et ensuite des applications.

 
 
 

Je n'ai pas démarré mes travaux en me disant que j'allais augmenter la capacité de stockage des disques durs. Le paysage final n'est jamais visible du point de départ.

 
 
 

Vous êtes directeur scientifique d'une unité mixte de recherche créée en 1995 par le CNRS et Thales (ex-Thomson-CSF). Quelles leçons tirez-vous de cette collaboration avec l'industrie ?

 
 
 

Mon contact avec l'industrie a été facile, parce que Thales a une forte tradition de recherche. Mais il subsiste en général dans notre pays un fossé entre le monde de la recherche publique et celui de l'industrie. Le transfert des connaissances en est moins rapide. Exemple de la réactivité des industriels américains : un mois à peine après avoir donné mes premières conférences sur la magnétorésistance géante, j'ai reçu la visite d'une délégation d'IBM...

 
 
 

Je plaide pour que davantage d'élèves des écoles d'ingénieurs préparent une thèse, et pour que l'industrie embauche davantage de doctorants. Une piste à suivre pourrait être d'associer le crédit impôt recherche à de telles embauches. Et puis, je suis choqué par la "ringardise" de l'enseignement scientifique (physique, chimie, technologies) dispensé, à quelques exceptions près, dans les grandes écoles où sont formées nos élites. Les sciences ne sont pas tout, mais, à mon avis, il faut être bon partout, y compris en sciences.

 
 
 

 (*) Article paru dans l'édition du Monde.fr du 25.10.07

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Published by Didier HACQUART - dans Rien n'est inéluctable - mobilisons nous !
31 octobre 2007 3 31 /10 /octobre /2007 06:14

 


10-2007-Logo-trait-d-Union.jpgTrait d’Union sur la toile Internet !

 
 
 

C’est avec plaisir, que je vous annonce le nouveau site de la sensibilité Trait d'union du Parti socialiste.

 


Ce site vous permettra de mieux connaître notre action au Parti socialiste, au service de l'unité de la gauche et d'une opposition frontale à la droite.

 


Cette première version n'est qu'un début. La présentation et le contenu du site vont rapidement s'enrichir dans les jours qui viennent, en particulier avec des réactions et des témoignages des camarades de Trait d'union investis dans leurs fédérations socialistes et leurs collectivités locales.

 
 
 

Trait d'union s'est affirmé comme nouvelle sensibilité au Parti socialiste après la campagne du Non à la Constitution européenne.

 

Dans la préparation du Congrès du Mans du PS, Trait d'union a déposé sa première contribution générale au Conseil national du PS du 9 juillet 2005 avec les premières signatures de 1 000 militants socialistes.

 

Téléchargez la contribution fondatrice de Trait d'union .

 
 

 

Et bonne visite du site internet : http://www.trait-dunion.org/

 

DH



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Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
30 octobre 2007 2 30 /10 /octobre /2007 06:57


L’affaire de l’Union patronale de la Métallurgie UIMM avec à sa tête Denis GAUTIER -SAUVAGNAC est un véritable scandale.  

Des sommes colossales sont en jeu. Certains sont tentés de vouloir détourner l’attention vers les organisations syndicales de salariés. François CHEREQUE de la CFDT a réagi violemment à ces attaques, et Bernard THIBAULT de la CGT envisage un recours pour diffamation calomnieuse.

 

Mais de nombreuses questions restent en suspend sur cette affaire, comme de savoir pourquoi cela dure depuis aussi longtemps, sachant que les premiers signalements des retraits en liquide par le Tracfin datent de 2000 ?

 

Un autre volet de l’affaire concerne les fameux « amendements UIMM » votés par des députés de droite. Les derniers avaient été « retoqués » par le Conseil Constitutionnel, au motif qu’un amendement doit être en rapport avec le projet de loi auquel il est rattaché.  

 

Pour mieux comprendre cette affaire, je vous conseille l’article de Marianne et le dossier de Gérard FILOCHE.

 

A suivre…

 DH 


Affaire Gautier-Sauvagnac : Sarkozy et Breton doivent s'expliquer
 


À peine entamée, l'enquête montre que la caisse noire de l'UIMM est considérable, et qu'elle ne concerne pas que les syndicalistes. Explications.
 

Quelle histoire ! Ce qui n'était, au départ, qu'un délit de droit commun est en train de devenir un énorme scandale impliquant non seulement le syndicat patronal, mais aussi des ministres.


Tout a commencé le 26 septembre. Ce jour-là, le Figaro révèle que le parquet de Paris a été saisi d'une enquête de Tracfin, la cellule anti-blanchiment du ministère des Finances, sur des retraits suspects de grosses sommes en liquide, opérés à la demande de Denis Gautier-Sauvagnac, président de l'UIMM. Le total des sommes retiré sur un compte de son organisation à la BNP, entre 2000 et 2007, serait de 5,6 millions d'euros.

 

Le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire, confiée à la brigade financière.

Le responsable patronal se défend de toute malversation. Mais le 3 octobre, des perquisitions ont lieu au siège de l'UIMM, au domicile de Denis Gautier-Sauvagnac et chez une femme ayant effectué des retraits. Une somme estimée entre 400.000 et 500.000 euros est saisie. Le 12 octobre, les policiers saisissent environ 2 millions d'euros dans un coffre loué par l'UIMM, sur les indications de cette dernière. Le 13, l'analyse de deux comptes à la BNP permet de détecter des retraits de 5,6 millions d'euros sur l'un et de 4 millions sur l'autre entre 2000 à 2007, plus 7 millions à la banque Martin Maurel. Et le 18 octobre, le Parisien révèle que le trésor de guerre atteindrait 600 millions d'euros. La caisse noire de l'UIMM était financée par des cotisations versées par une centaine d'entreprises, sur la base d'un prélèvement de 0,04% de leur masse salariale. En trois semaines, le patronat se retrouve au cœur d'un scandale financier qui finit par ressembler aux grandes affaires italiennes des années 1990.


Les derniers développements sur le scandale de l'UIMM posent deux questions auxquelles l'enquête devra répondre :


1) Pourquoi l'Etat a-t-il attendu le 26 septembre 2007 pour saisir la Justice ?

 

L'existence d'une caisse noire et de retraits de grosses sommes en liquide par M.Gautier-Sauvagnac, le patron de l'UIMM, sont connus depuis longtemps, au moins depuis 2004. À l'époque, la BNP alerte Tracfin de ces retraits soupçonneux. Tracfin enquête avant de transmettre ses conclusions au ministère des Finances. Pourtant ce dernier ne communique l'information à la Justice qu'en 2007, à l'initiative de la ministre Christine Lagarde. Que s'est-il passé entre 2004 et 2007 alors que, rappelons-le, Nicolas Sarkozy et Thierry Breton étaient ministre des Finances ?


Eric Decouty, journaliste au Figaro et auteur du premier article sur le sujet, insiste sur ce point : « Cette information n'arrange personne, deux ministres des Finances se sont assis dessus et ont empêché que la Justice s'en saisisse, Nicolas Sarkozy et Thierry Breton ont couvert une information atomique. »


2) Si les caisses noires de l'UIMM ont servi à faire voter des amendements sur des lois, il faut savoir lesquels et qui sont les élus compromis.


Quel serait le mobile des élus concernés par cette corruption d'un nouveau genre ? Pour un ancien dirigeant du Medef, « les partis politiques et les syndicats bénéficient de financements légaux, ils n'ont pas besoin d'un troisième financement occulte. Il n'y a pas de trésor caché. » Pourtant tout Paris bruisse déjà d'informations mettant en cause certains députés. Si Denis Gautier-Sauvagnac a lui-même précisé que cet argent avait pour but de « fluidifier » les relations de l'UIMM avec les syndicats, un vieux routier du social consulté, précise : « Des députés ont touché des enveloppes pour faire passer des amendements. Pour Gautier-Sauvagnac, fluidifier signifie arroser. »


  600 millions d’euros capitalisés en « caisse noire » du patronat  

jeudi 25 octobre 2007 par Gérard Filoche

 

Laurence Parisot : « beaucoup savaient inconsciemment ». (sic) C’est un concept magnifique que le savoir inconscient collectif. Mais les statuts du Medef lui imposaient, lui imposent de tout savoir !

 

La loi Waldeck-Rousseau de 1884 ne permet en aucun cas le système de collecte de fonds secrets de l’UIMM et du MEDEF. Le Medef n’est juridiquement pas un syndicat, il l’écrit sur son site. La loi Waldeck-Rousseau ne reconnaissait pas les syndicats dans l’entreprise, encore moins que les entreprises cotisent, secrètement pour eux.

 

DGS est contre le paiement des jours de grève mais verse 170 millions d’euro a des entreprises après des conflits…

 

DGS est « moderne » contre un code du travail « archaïque », il veut absolument sortir du système social de 1945, mais ne sortait pas de son système de « caisse noire » depuis 1901

 

Il versait des compléments de rémunération sans payer les cotisations sociales.

 
Gautier-Sauvagnac et Laurence Parisot en préventive ? 


On n’a jamais eu un scandale avec des sommes aussi énormes :

 

Cela a commencé par la découverte de quelques millions d’euros retirés en liquide par le principal patron des patrons du Medef, le leader de l’UIMM (Union des industries et métiers métallurgiques). M. Denis Gautier-Sauvagnac, (dit « DGS ») figure éminente du CNPF puis du Medef, faisait retirer régulièrement depuis de longues années, des centaines de milliers, des millions d’euro en liquide… Les enquêteurs ont parlé de 2 millions d’euro, puis de 7 millions retirés de la Banque Martin-Maurel. Puis de 2 millions… par an. On en est vite arrivé à 20 millions d’euro : on en trouvait partout, dans les coffres de DGS, à Paris comme à Marseille. Dans un coffre privé de DGS, ils auraient même été trouvé 300 000 euro : un emprunt qu’il se faisait à lui-même au nom de son organisation, pourquoi se gêner ? à rembourser en 2013 ! Dans sa comptabilité, cela figurait sur papier simple ! Et apparemment cela servait pour acheter un appartement « à la découpe », de 190 m² à l’Etoile au prix ridiculement bas de 331 000 euro, à la suite d’un tuyau d’initié…

 

Non seulement les chefs du patronat n’ont pas nié l’existence de cette « caisse noire », de ce « pactole », de ces « fonds secrets », (comment appeler cela ?), mais ils ont avoué sans vergogne, que c’était une fort ancienne pratique ! « Donner des espèces à divers partenaires dans la vie sociale (c’est) dans la continuité historique de l’UIMM, dans sa mission de recherche du dialogue social » écrit François Ceyrac, ex-président de l’UIMM et du CNPF (1969-1973), ainsi que deux de ses successeurs, Arnaud Leenhardt (1992-1999), et Daniel Dewavrin (1999-2006) qui renouvellent publiquement leur confiance à DGS. Ils ont fait pareil de leur temps ! Ainsi de perquisition en perquisition, en arrive-t-on au chiffre fabuleux de 160 millions d’euro détournés en liquide pour l’essentiel sur un « trésor de guerre » placé en banque de 600 millions d’euro. Interviewé, François Ceyrac, affirme que « ce que l’on prétend découvrir aujourd’hui, n’est pas un mystère pour tout le monde, c’est même assez largement connu (de qui ?). Ce qui frappe l’opinion, j’en ai pleinement conscience, c’est l’importance des sommes en jeu. (…) « On peut penser qu’autrefois, c’était même beaucoup plus » (sic) !

 
D’où vient cet argent fabuleux ?
 


Cet argent nous dit-on est constitué de « cotisations volontaires et supplémentaires », Pourquoi « supplémentaires » ? « Il ne s’agit en aucun cas des cotisations annuelles des adhérents. Au-delà de leur « cotisation normale » explique M. Ceyrac, des entreprises versaient « d’autres cotisations » dûment déclarées et pas en espèces sur un compte bancaire ». Mais pourquoi deux types de cotisations alors ? Pourquoi deux versements séparés ? DGS, lui, assure que l’argent liquide provenait d’un seul fonds informel, baptisé « Entraide pour les industries métallurgiques » (Epim).

 

Créée, selon lui, en 1972, (une autre fois, il parle de 1901) cette caisse de secours sans existence juridique ne serait que la résurgence d’une première structure ouverte après les grandes grèves de 1947. (D’autres disent après mai 68) À l’origine, 2.000 entreprises y cotisaient, sur la base du volontariat, à hauteur de 0,02 % de leur masse salariale, laquelle représentait 1,3 million de salariés, soit la moitié des effectifs de la métallurgie. Aujourd’hui, elles ne sont plus qu’une centaine à verser une contribution de 0,004 %.

 

Sur quelle ligne de leur comptabilité figurent ces sommes ? Sur quelles sommes non versées ailleurs (fisc, salaires, cotisations sociales) figurent-elles ?

 

Et tout cela fournit 600 millions d’euros qui sont distribués au moins à raison de 2 millions par an, en espèces ? (Ce qui, de source policière, pèserait 24 à 32 kilos selon les coupures employées, et tiendrait dans quatre attachés-cases). Pourquoi en espèces ?

 

Au fil du temps, entre les cotisations amassées et les indemnités effectivement versées par les entreprises, un pactole de 160 millions d’euros a été constitué. Placé en sicav et autres obligations, via une trentaine de comptes bancaires, (pourquoi tant de comptes différents ? Lesquels ?) il rapporte des intérêts et s’élève actuellement à 290 millions d’euro, a déclaré « DGS », à quoi s’ajoutent des plus-values « latentes » (sic : la valeur des placements en Bourse ?) d’environ 300 millions d’euro. Au total, l’UIMM dispose donc d’un potentiel de près de 600 millions d’euro, selon « Le Parisien ». Selon d’anciens responsables, cela aurait pu atteindre un milliard.

 
Qui savait ?
 


Mme Laurence Parisot a toujours le sens extraordinaire des formules. En tant que patronne du Medef, responsable élue des fédérations qui y sont liées, elle a une expression inouïe : « Beaucoup savaient inconsciemment » !

 

Le « savoir inconscient et collectif » est une notion nouvelle vraiment fascinante.« Beaucoup » savaient : c’est-à-dire tout le conseil de l’UIMM, tout le conseil du Medef.

 

Mme Parisot affirme que c’est « ubuesque », (est-ce bien le mot approprié ?) qu’elle « ignorait tout », qu’elle se « sent salie », elle appelle à la « transparence » et propose… de « changer les statuts du Medef » ! Mais c’est du pipo, elle se moque de nous : cette transparence y est déjà prévue…

 

La page 20 des statuts actuels du Medef consultable sur Internet, est entièrement consacrée aux « cotisations - comité financier » : elle explique dans son article 16, l’assiette, le calcul, le règlement des cotisations, celles des organisations professionnelles, des organisations territoriales, des organisations des membres associées et des personnes morales admises à participer, elle décrit le « comité financier » qui procède aux examens des situations des organisations concernées, il y est même prévu un « audit des comptes » devant le conseil du Medef.

 

Mme Parisot en rajoute : « Non seulement je ne savais rien, mais je ne comprends même pas. (...) Je suis abasourdie, on ne peut pas défendre l’indéfendable (sic) » sur Europe n°1, puis « Nous sommes libérés par cette révélation, c’est une nouvelle vie qui commence » (sic) « Certains utilisent le mot crise, c’est moins une crise qu’une convulsion qui va permettre d’accoucher d’autre chose, allant vers la modernité et l’ouverture » (sic).

 

La voilà qui se décrète purifiée, en quelque sorte. Elle ose même, en conférence de presse, affirmer : « Cette affaire et ces révélations, ça me fait l’effet de la révélation d’un secret de famille ». (sic). Est-ce ce genre de secret où l’oncle a violé la petite-nièce et que l’on n’ose pas évoquer ? « C’est quelque chose que nous ignorions totalement pour l’UIMM et que sûrement nous ignorons pour d’autres ». Ah, quel aveu de plus ? Il y en aurait « d’autres » que l’UIMM qui seraient concernées par le même « quelque chose » parmi les organisations du Medef ? M. De Callan et d’autres auraient touché ? Mme Parisot ne le sait pas « consciemment » alors que les statuts actuels du Medef qu’elle dirige depuis deux ans, lui permettent, lui imposent parfaitement de tout savoir.

 

Et si on le lui a caché, en dépit des statuts, et alors que cela existait depuis si longtemps, alors que c’était aussi « gros », comment a t elle fait pour ne pas voir ? Elle n’a pas cherché ou bien elle a fermé les yeux ? Qui le lui cachait ? Si c’était légal, normal, usuel, ancien, pour quelles raisons le lui cachait-on ?

 
Depuis quand ?
 

« Cela fonctionnait depuis 123 ans » affirme Yvon Gattaz, président du CNPF de 1981 à 1986.

 

D’autres expliquent que cela remonte à l’après-guerre, 1947.

 D’autres encore à l’après mai 68, en 1973. 

Ce qui veut dire que le « besoin » de ces fonds corrupteurs se serait fait sentir soit à cause de la guerre froide, soit à cause de la peur de mai 68. D’autres font mine de s’étonner : pourquoi est-ce que cela n’éclate qu’aujourd’hui ? Comme si, en fait, on devait suggérer que c’était le Medef qui était victime d’un « complot » contre lui !

 

Ce qui est quand même une façon extraordinaire de « retourner » les faits ! Le comploteur se verrait démasquer à un moment « opportun » : par qui ? Pourquoi ?

 

Par son ami Sarkozy parvenu au pouvoir ? Quelle stupidité : croit-on que Sarkozy a un intérêt à se heurter à une puissance telle que l’UIMM et le Medef réunis ? À faire ce qu’en 123 ans, aucun pouvoir n’a pu faire ? Il ne cherche qu’à les séduire ! “Avec les dents !”

 

La vraie question n’est-elle pas : pourquoi y a t il eu une telle complicité pour masquer cela pendant tant d’années ? Les textes sur le blanchiment d’argent et les retraits en liquide ne datent pas d’aujourd’hui. On nous explique qu’il y a eu plusieurs signalements au Parquet depuis l’an 2000.

 

Qui a empêché que l’enquête ne se déclenche plus tôt ? Il fallait que l’UIMM soit sûre d’elle pour continuer le même système de retraits en liquide en 2007 en dépit des premières alertes en 2004 !

Cela relève-t- il du droit syndical ? Non 

Les leaders du Medef plaident qu’il s’agit d’une vieille pratique remontant à la loi Waldeck-Rousseau de 1884.

 Faux et curieux 

Curieux : le Medef qui se veut si « moderne », si empressé de changer le modèle social français archaïque, s’est donc volontairement conformé à une si vieille loi, si peu appropriée ?

 

Et faux : La loi Waldeck-Rousseau du 21 mars 1884, reconnaît les syndicats mais hors de l’entreprise et des lieux de travail. Elle ne peut en aucun cas couvrir le versement d’argent par les entreprises ! « Les syndicats ou associations professionnelles, même de plus de vingt personnes, exerçant la même profession, des métiers similaires ou des professions connexes concourant à l’établissement de produits déterminés, pourront se constituer librement sans l’autorisation du gouvernement » affirme cette loi, qui accorde également à ces syndicats « le droit d’ester en justice », de disposer du produit de leurs cotisations, d’acquérir les immeubles nécessaires à leur activité, de constituer des caisses de secours mutuels ou de retraites.

 

La notion de « secours mutuel » correspond-elle bien à l’usage des gigantesques fonds de DGS ? Non ainsi que le reconnaît un membre du bureau de l’« Epim » : « Cet argent sert aussi en préventif auprès des syndicats, pour éviter la grève ». Ce qui ne correspond ni à la notion de « secours mutuel » ni à celle du paiement des retraites prévues par la loi de 1884.

 

La loi Waldeck-Rousseau précise que les syndicats professionnels peuvent, certes, former des « unions » de syndicats, mais ces « unions » ne peuvent, elles, ni posséder d’immeubles, ni entamer des actions en justice. Elles ont des droits plus limitées que les syndicats.

 

Le Medef et l’UIMM sont des « unions » ! « Le Medef est une association loi 1901, non un syndicat professionnel » lit-on sur son site. Cela est écrit noir sur blanc sur le diagramme du site patronal à la page : « Nature du Medef et pouvoir normatif de l’interprofession nationale et territoriale au regard de la négociation collective ».

 

« Le Medef national est une association loi 1901 constituée sous forme de confédération entre les organisations professionnelles et territoriales d’entreprises qui adhèrent à ses statuts ».

 

Seules « les organisations professionnelles sont des syndicats professionnels loi 1884 dotés de la représentativité légale ».

 

Le Medef est souvent spécialiste, aux prud’hommes, en TI ou TGI, de mettre en cause les droits d’ester en justice de syndicats de salariés pourtant bien mieux habilités que le Medef et l’Union des IMM. Mais le voilà soudain approximatif : ce serait la loi Waldeck-Rousseau qui l’autoriserait à drainer en secret des millions d’euro en liquide et à en faire… ce que DGS veut.

Quelle enquête ? 

Elle ne va pas vite cette enquête. On dirait qu’elle marche sur des œufs.

 

La justice avait été informée par un signalement sur ces retraits de fonds entre 2000 et 2006 provenant de la cellule de lutte contre le blanchiment du ministère de l’Economie et des Finances (Tracfin est un service d’enquête indépendant de son autorité de tutelle : Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins).

Interrogé par la banque sur ces retraits, M. Gautier-Sauvagnac, aurait expliqué que ces fonds étaient « consacrés aux œuvres sociales de la métallurgie et plus particulièrement aux retraités ou malades du secteur » selon le Figaro. Les retraités et « les malades du secteur » seront contents de le savoir… C’est sans « franchise » sans doute ?

 

C’est parce que les retraits ont continué en 2007 que le parquet de Paris a ouvert une « enquête préliminaire » pour abus de confiance ». Obligé ? On nous indique qu’une information judiciaire pourrait être ouverte. Ce qui est extraordinaire c’est qu’on ne voit pas, beaucoup au 20 h, les images des intéressés convoqués à la police, répondant à un juge.

 

En attendant, Denis Gautier-Sauvagnac poursuit ses activités. Il tarde à démissionner et seulement du poste de président, pas de celui de « délégué général » (salaire de 240000 euro annuel). Mme Parisot poursuit ses activités. Elle ne savait qu’inconsciemment ! On attend des mises en examen qui traînent.

 

Tous demeurent libres et peuvent se rencontrer, se concerter, effacer les traces, les preuves.

 

Dans n’importe quel autre cas, pour des sommes d’argent bien moindres, la justice de Mme Rachida Dati serait plus exigeante : elle fixerait déjà les peines planchers !

 

Rarement une association qui pourrait être de « malfaiteurs » bénéficie d’une telle mansuétude.

 

Personne ne met les nombreux complices possibles de détournement de cette ampleur en prison préventive, et les « perquisitions » sont bien discrètes, polies, avec très peu de « fuites ».

 

On remarquera que les « journalistes d’investigation » ne sont pas sur le coup. Personne n’entreprend d’enquêter sur la loi de 1884, sur les statuts du Medef, sur les entreprises qui cotisent. La grande presse se contente des dépêches et fait un service minimum d’information. Il n’y a pas d’équipe pour chercher les informations comme pour le Rainbow Warrior ou Urba. Le traitement est plus modeste que pour les abus de biens sociaux de la Mairie de Paris sous Chirac.

 

Pour 600 millions d’euro, et des dizaines de millions en liquide, voilà bien peu d’efforts.

 Ils orientent la malversation vers les syndicats de salariés 

Pour détourner l’attention des malversations de l’UIMM et du Medef, DGS, Parisot suggèrent que c’est la faute aux organisations de salariés, pas celle des unions patronales. Les unes étaient demandeuses (syndicats pourris) et les dernières étaient généreuses (patrons éclairés).

 

Finalement DGS ne voulait qu’aider les pauvres syndicats de salariés qui, sans cela, n’ont pas le sou. Quels syndicats ? Quels syndicalistes ? DGS refuse de « parler » : la police ne lui met pas un spot de lumière et de la fumée dans les yeux pour le forcer à avouer. DGS le clame : il n’est pas un « donneur ». (Forcément, ce ne sont pas les groupes Dassault et Lagardère qui vont cracher le morceau !) Mais DGS était le spécialiste des « négociations » avec les syndicats : très fort pour mettre tout le monde autour de la table, et pour les dessous-de-table, laisse-t-on entendre. Tout cela revient à salir les syndicats de salariés sans aucune preuve : pour l’instant, les seules « mains sales » ce sont celles de DGS.

 

La CGT examine même les moyens de porter une plainte efficace pour dénonciation calomnieuse.

 

Les articles officiels de la grande presse ont laissé entendre que la discrétion était nécessaire, car DGS a affirmé qu’il s’agissait de « fluidifier les relations sociales ». Alors, de façon « entendue », la grande presse fait semblant d’être magnanime en ne remuant pas trop la « boue », n’est-ce pas ? Si c’est pour le bien des syndicats, où si ceux-ci sont mouillés, il ne faudrait pas les mettre en cause !

 

Depuis quand le Figaro protège t’il les syndicats de salariés ?

 

S’il y a des corrompus au niveau de ces syndicats, pourquoi ratent-ils l’occasion de le faire savoir ? Voilà les grands médias qui s’interrogent doctement pour étudier le financement… des syndicats de salariés. Comme si le « lien » était naturel, évident, direct.

 

Le Medef propose de même mettre cette question en débat alors que cela fait de nombreuses années qu’elle l’est, et qu’ils la refusent. Xavier Bertrand propose une loi… en 2008. A quel sujet ? Contre les caisses noires du Medef ?

 

Il existe sur le financement des syndicats de salariés, des projets de loi de la gauche, depuis belle lurette, dont le patronat n’a jamais voulu discuter. D&S a rédigé depuis longtemps, des propositions en ce sens, mais ce n’est pas le sujet, ni le moment, ni lié à la « caisse noire ».

Alors où va l’argent ? 

Le Monde, sous la plume de Patrick Roger, suggère : l’argent de l’UIMM aurait pu servir pour la campagne de Giscard d’Estaing en 1974 ou pour d’autres campagnes de la droite. Ah, il ne s’agit plus de syndicalisme, là. Ni de « secours mutuel » et sûrement pas de la loi Waldeck-Rousseau. Il est suggéré aussi que cela pourrait servir plus récemment et systématiquement à « faire passer des amendements ». Au Sénat en 2002 et 2004, quelques études de cas suffisent à démontrer l’efficacité du lobbying patronal auprès de certains élus et groupes parlementaires. DGS dément au cas où on supposerait mal : “ - Je n’ai pas arrosé de députés”. Seulement leurs attachés parlementaires ?

 

Douteux ? Le journaliste du Monde conclut : « L’enchaînement des faits conduit pourtant à s’interroger sur les facilités dont dispose l’union patronale de la métallurgie pour trouver au sein du Parlement les relais par l’intermédiaire desquels ses positions peuvent être défendues ». Posons la question légitime : n’est-ce pas à cela que servent les retraits en liquide ? « Fluidifier les relations sociales » est devenu nouveau pseudonyme de « corruption ». Cela consisterait donc à corrompre des élus de droite ? Les enquêteurs de la brigade financière ont noté des « pics de retraits en espèces » sur les comptes de l’UIMM dans la période précédant les années d’élection présidentielle en 2002 et 2007… De quelle « fluidification » s’agissait-il ?

 

« Certains salariés de l’UIMM percevaient sur cet argent, jusqu’en décembre 2006, des primes en espèces de 10.000 euros par an en moyenne ». Tous les perquisitionnés reconnaissent avoir « touché ». Est-ce à dire que c’était un moyen de ne pas payer les cotisations sociales ? DGS commettait aussi des fraudes à l’Urssaf ?

Des patrons payés pour « tenir bon » ? Et la concurrence libre et non faussée ?  

On attend le démenti ou les éclaircissements, car avec des millions en liquide tout est possible : après tout DGS n’est-il pas un financeur de terroristes, un blanchisseur d’argent sale ?

 

S’ils ont besoin de se cacher avec des « espèces » c’est que leur trafic n’est pas avouable, non ?

 

S’il s’agissait d’une bonne cause, DGS n’hésiterait pas à expliquer et à « donner des noms ».

 

Pourquoi Mme Parisot se dit-elle « salie » par l’affaire ?

Parce que le patronat aurait payé des « jaunes » ?

Des briseurs de grèves ?Des commandos anti-syndicaux ?

Des dirigeants syndicaux pour qu’ils ne défendent pas leurs mandants ?

Des syndicats entiers auraient été subvertis par le patronat ?

Des patrons payés pour « tenir bon » ? 

Payés « pour éviter les grèves » ou « après les conflits » les versions divergent.

Dans un cas, c’est pour dissuader la grève, dans l’autre pour annuler les effets de la grève, non ? Mais la grève n’est-elle pas un droit constitutionnel ?

 

"Ces fonds ont servi à indemniser les entreprises qui sollicitaient notre secours après un conflit", dit DGS dans Le Monde du 23 octobre. Selon lui, 170 millions d’euro auraient ainsi été utilisés. En gros, il faussait « la concurrence libre » et protégeait certaines entreprises des augmentations de salaires de leurs ouvriers ?

 

Il existe, on le sait, des cas légaux de financement de syndicat par accord dans les entreprises : par exemple, Sanofi-Aventis signe des accords avec ses syndicats représentatifs et leur verse, telle année, 600 000 euro : mais cela fait l’objet d’un accord publié, déposé aux services des conventions collectives, avec toutes les signatures, côté employeur, (en l’occurrence y figure même la signature de François Sarkozy – ne pas confondre avec Guillaume Sarkozy qui postulait à la direction du Medef il y a peu) et, côté salarié (tous les syndicats sans exception). On peut en penser ce qu’on veut mais ce sont des signatures officielles, explicites, légales, pas des versements en « espèces ». Cela prouve a contrario que les versements en espèces sont « sales » et que la corruption est certaine. Deux millions de liquide par an !

Le profit maximum : « avec les dents » ? 

La thèse de Nicolas Sarkozy c’est qu’en aidant les riches à s’enrichir, cela développera la croissance, car la fortune des uns crée la fortune des autres. Il affirme ainsi tirer la croissance « avec les dents ».

 

D’où son « paquet fiscal » et son « bouclier fiscal » pour protéger des gens comme Gautier-Sauvagnac et Lagardére. Leur donner plus, les motiver au maximum : car ce sont, pense t il, ces géants de l’entreprise qui prennent des risques et qui créent la richesse.

 

Mais cela ne marche pas, bien sur : ces gens ne sont que de médiocres exploiteurs avec des visions à court terme, qui n’ont rien de philanthropique, ni de généreux. Ce sont les mêmes Maîtres des forges qu’au siècle dernier : à l’UIMM et à EADS. Ce que l’état leur donne, ils le prennent mais n’en ont jamais assez, plus ils en ont, plus ils en veulent. Les « initiés » d’EADS et ceux de l’UIMM, du MEDEF, c’est le même monde, ce sont les protecteurs de Sarkozy Nicolas, (François et Guillaume), ceux qui le rejoignent au Fouquet’s, sur le Paloma, à Wolfeborro, ceux qui l’ont hissé de la Mairie de Neuilly à l’Élysée.

 

Ce sont ceux qui à Jouy-en-Josas, rassemblé par milliers en « université du Medef », font à Sarkozy une « standing ovation ». Ce sont les 500 familles qui ont gagné 80 milliards d’euro de plus l’an passé par rapport à l’année précédente et qui ne ré investissent pas ! Mme Parisot n’est que la 273e sur ces 550 fortunes, elle qui plaide la précarité pour toutes et tous !

 

Un patron sur deux du CAC 40 était mis en examen, il y a encore dix ans. C’est le milieu des “affaires”, des Loïc-Prigent, des Boublil, etc. des initiés d’Orange-Bouygues-SFR récemment condamnés à 400 000 euro d’amende (seulement) pour “entente illicite”. De ceux qui gagnent mille fois le Smic, des stocks option non imposées, des parachutes dorés, et qui se font encore réparer leur sale de bain sur le compte de l’entreprise qu’ils dirigent.

 

C’est ce milieu que M Sarkozy et Mme Dati ont l’immense culot de vouloir surprotéger en proposant actuellement de faire adopter une loi pour dépénaliser le “droit des affaires” ! Pour aller chercher la croissance « avec les dents », il faudrait faciliter ce genre de « caisse noire patronale » et pire encore.

 

Les « initiés » d’EADS sont aussi bien traités par la « justice » de Mme Dati que les équipes complices de l’UIMM et du Medef : ils ne sont pas en prison préventive, comme le seraient des vulgaires quidams pour moins que cela. Ils peuvent se concerter pour leur défense, ils peuvent effacer les preuves, dissimuler leurs malversations, ils refusent cyniquement d’expliquer, les uns, comment ils ont réussi à prendre 800 000 millions d’euro en vendant « habilement » leurs actions, les autres, ce qu’ils ont fait de leurs dizaines de millions d’euro secrets en liquide.

 

Et tandis qu’on alourdit la loi du petit, du pauvre, de l’exclu, Sarkozy s’est engagé à demander au Parlement d’alléger les lois et les contrôles pour ces grands affairistes !

La mentalité ce ces « entrepreneurs-là » est entièrement révélée, projetée sur grand écran, au travers des affaires UIMM, Medef, EADS : la prétendue « libre concurrence » capitaliste n’a rien de sain, elle repose sur ce type de corruption : délit d’initiés et pots-de-vin en liquide. Ce n’est pas « la croissance » qu’ils vont chercher « avec les dents » mais leurs profits sans limites. Copains et coquins, complices et associés, initiés et cyniques, ne sont pas des « risquophiles » ni des créateurs de richesses : ils s’assurent avant tout contre tout risque en détruisant les droits du travail, en corrompant des élus, et en cherchant à briser, par des caisses secrètes, le droit de grève pourtant constitutionnel. Avec les dents, avec les dents !

 Gérard Filoche, le 23 octobre 2007 
« DGS » 

Denis Gautier-Sauvagnac “DGS” pilier du Medef, n’a que de la morgue à la bouche ! D’où lui vient-elle ? Du fait que comme délégué général il gagne 240 000 euro par an et qu’il distribue deux millions d’euro a discrétion à qui il veut ?

 

"Ce système, j’en ai hérité, dit-il, je suis le septième délégué général depuis 1901, ça tombe sur le septième, pas de chance, mon devoir est d’assumer. Mon erreur est de ne pas avoir arrêté le système en 1994", explique Denis Gautier-Sauvagnac.

 

Cet homme est extraordinaire : il se veut « moderne contre le code du travail » mais traditionnaliste pour le code (d’honneur ?) du patronat. DGS veut arrêter le système social mis en place en France depuis le Conseil national de la Résistance, depuis 1945, mais il n’a pas su arrêter le système de corruption qu’il préside depuis 1994…

 

Il est contre le paiement des jours de grève aux salariés mais il verse 170 millions d’euro en liquide à des entreprises « après un conflit » ! Je me rappelle encore ce vif débat à la Fête de l’Humanité où l’on m’avait mis, il y a quelques années, à la même tribune que M Gautier-Sauvagnac : explosant, il avait crié “ - Mais on vous les donne M. Filoche vos cotisations sociales, on vous les donne, débrouillez vous avec, assurez vous vous-même ”. Il avouait ainsi qu’il ne voulait plus de cotisations sociales prélevées sur les salaires, qu’il ne voulait plus de protection sociale liée au travail. Il ne voulait plus ne payer que l’acte productif : ensuite, c’était à la bête salariée, travailleuse, de se débrouiller elle même pour le reste, comme dans le bon vieux temps du XIXe siècle... Sarkozy m’avait dit à “Ripostes” le 10 décembre 2006, “ - Je ne partage pas votre détestation des employeurs, M. Filoche”. Je ne déteste pas les employeurs, pas du tout, seulement les employeurs délinquants, et ceux qui sont liés à eux et dépendent d’eux.

 

Les cinq ou six fois où j’ai eu à me trouver face à DGS dans des débats, dont à l’Aréne de France, ou dans les locaux de Libération, il était égal à lui-même, d’un mépris supérieur, à l’égard de tous ceux qui ne “comprenaient rien” au monde de l’économie, qui “rêvaient” encore de partage de richesses. Ainsi il était contre la durée légale à 35h, et contre la retraite à 60 ans, et contre le droit du travail et les recours contre les licenciements, et contre la sécurité sociale... Il est un de ceux qui a contribué le plus activement à faire reculer massivement le droit du travail depuis le 21 avril 2002, avec Mme Parisot, cette femme qui « savait beaucoup inconsciemment ».

 

DGS et Parisot devraient aujourd’hui être rapidement sur le banc des « mis en examen », jugés plus vite, plus sûrement, plus sévèrement que des petits délinquants de banlieue, que les Jean Valjean d’aujourd’hui auxquels on colle un an de prison de « peine plancher » pour récidive dans le vol d’une baguette de pain. Car cela fait longtemps qu’ils récidivent à l’UIMM et au Medef : 123 ans ! GF

 
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Published by Didier HACQUART - dans Rien n'est inéluctable - mobilisons nous !
29 octobre 2007 1 29 /10 /octobre /2007 05:29

 


Bruno Mégret : 8 mois avec sursis et 2 ans d'inéligibilité requis en appel

 

 

La saga judiciaire de Bruno MEGRET continue. Une peine de huit mois de prison avec sursis, assortie d'une amende de 8.000 euros et d'une inéligibilité de deux ans, a été requise mercredi 24 octobre 2007 en appel contre Bruno Mégret (MNR), poursuivi pour complicité de détournements de fonds publics à la mairie de Vitrolles.

 
 
 

Le 18 octobre 2006, M. Mégret avait été condamné par le tribunal correctionnel de Marseille à la même peine, la seule nuance résidant dans la peine d'inéligibilité prononcée qui était seulement d'une année.

 
 
 

Son épouse, Catherine Mégret, poursuivie comme auteur principal des détournements, avait été condamnée à la même peine que son mari.

 
 
 

"Je ne vous cache pas que j'ai le sentiment d'être un peu victime avec mon épouse d'une persécution judiciaire", a déclaré Bruno Mégret à la barre.

 
 
 

Le couple, en compagnie de plusieurs collaborateurs, était poursuivi pour avoir utilisé les fonds publics de Vitrolles à l'époque où Mme Mégret en était la maire pour financer quatre envois de courriers, sans rapport avec les intérêts des contribuables de la commune.

 
 
 
La cour rendra son arrêt le 28 novembre. A suivre…
 
 
 

Pour en savoir plus sur cette affaire qui concerne la Ville de Vitrolles, et la gestion de Monsieur et madame MEGRET :

 
 
 

« La gestion de la Mairie, c’est pas mon truc »

 
 
 

Les époux Mégret condamnés

 
 
 
DH
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Published by Didier HACQUART - dans L'action du FN et du MNR à Vitrolles
28 octobre 2007 7 28 /10 /octobre /2007 06:51

La fusion de l’ANPE et de l’UNEDIC est un des projets de Nicolas SARKOZY. Ne connaissant pas vraiment le sujet, et devant la complexité du fonctionnement des différentes entités que sont l’ANPE et l’UNEDIC, je pensais que finalement que cela pouvait avoir du sens, au-delà des conséquences pour les personnels directement concernés.
 
 
 
Abonné désormais au journal POLITIS, dont je recommande la lecture, j’ai lu avec intérêt l’article de Jean – Baptiste QUIOT qui livre un éclairage tout à fait pertinent de la réalité de cette fusion ANPE - UNEDIC. Je cous en recommande évidemment la lecture.
 
 
 
Et finalement, j’ai maintenant de bonnes raisons d’être contre ce nouveau projet de SARKOZY !
 
 
 
DH
 
 
 
Le chômage : un secteur de profit
 
 
 

PAR Jean-Baptiste Quiot de Politis.

 

jeudi 18 octobre 2007

 
 
 

Les syndicats de l’ANPE et de l’Unedic ont appelé à la grève le 18 octobre contre la fusion de ces deux organismes, aboutissement de la libéralisation du service public de l’emploi.

 
 
 

La fusion ANPE-Unedic ? « Depuis vingt ans, on en parle, mais personne ne la fait », affirme Nicolas Sarkozy. Pourtant, depuis vingt ans, les gouvernements se sont attaqués au monopole du service public de l’emploi. « La fusion est l’aboutissement d’une logique qui veut transformer le placement des chômeurs en un secteur de profit », explique Marc Moreau, d’Agir ensemble contre le chômage (AC !). Cette « privatisation rampante », comme la décrit le président du Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP), Jean-François Yon, « est souhaitée par le Medef. La fusion va renforcer son pouvoir, déresponsabiliser les entreprises et accroître la pression sur les chômeurs ». Sous prétexte de « simplifier le parcours du chômeur », la réforme risque plutôt de lui rendre la vie impossible. Elle a en tout cas provoqué un mouvement de grève des salariés de l’ANPE et de l’Unedic le 18 octobre.

 
 
 
Nicolas Sarkozy tient à la fusion ANPE-Unedic. AFP
 
 
 

Cette logique s’est construite depuis vingt ans sur deux axes de réforme. Le premier consiste à libéraliser l’activité de placement. Ainsi, en 1986, une ordonnance ouvre une brèche dans le monopole de l’ANPE en autorisant les communes à effectuer des opérations. Mais c’est la loi Borloo de « cohésion sociale » qui met fin au monopole en 2005. À cette occasion, le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, qui veut transformer l’ANPE en une « entreprise publique de service », ratifie la convention 181 de l’Organisation internationale du travail (OIT). Elle ouvre la voie à la concurrence. La loi Borloo autorise ainsi les opérateurs privés à placer et à accompagner les chômeurs. Par ailleurs, le principe de gratuité du service public est remis en cause. L’ANPE est autorisée à créer des filiales lui permettant de développer des activités payantes. Selon Jean-Pierre Guenaten, délégué national du MNCP, « en 2005, l’expérimentation avec 5 officines privées a été jugée positive, alors que les résultats sont les mêmes qu’avec l’ANPE. Fin 2006, 17 agences privées ont été retenues pour s’occuper de 100 000 chômeurs ». Pourtant, l’ANPE évalue le coût moyen par chômeur à 730 euros quand l’agence s’en occupe, et à 3 500 euros avec les placements privés. « Pour biaiser les chiffres et s’en prendre à l’efficacité de l’ANPE, on réserve les chômeurs faciles à placer aux officines privées. Et on laisse les chômeurs de longue durée, plus difficiles à reclasser, au service public », explique Jean-François Yon. Plus qu’une victoire idéologique, le véritable but de cette libéralisation est de permettre un meilleur contrôle des entreprises sur la main-d’œuvre. Comme l’explique Sylvette Uzan-Chomat, sociologue syndiquée au SNU-ANPE : « On revient au commerce de placement du XIXe siècle, quand les placeurs étaient des sous-traitants des entreprises. »

 
 
 

Cette mainmise du patronat est à l’œuvre dans le deuxième axe de réforme, qui consiste à rapprocher l’ANPE et l’Unedic. La fusion est une aubaine pour le Medef, qui siège à la direction de l’Unedic en position de force puisqu’un protocole d’accord y est conclu dès qu’une organisation d’employeurs et une organisation de salariés se mettent d’accord. La CGT Unedic est opposée à la fusion « parce qu’elle ferait entrer le Medef dans l’organisation des politiques de l’emploi et parce que l’indemnisation doit être déconnectée du placement pour que le nouvel organisme ne soit pas juge et partie ».

 
 
 

Déjà, en 2000, sous le gouvernement Jospin, la réforme du Plan d’accompagnement pour le retour à l’emploi (Pare) avait permis que les Assedic participent au financement de l’ANPE à hauteur de 25 %. La loi de cohésion sociale a enfoncé le clou en permettant que les Assedic participent au contrôle de la recherche d’emploi. Elles peuvent suspendre le versement des allocations. « Il y a un danger de revenir au travail forcé. Le Medef a tout fait pour que les Assedic participent aux contrôles, aux sanctions et au choix des formations. Avec la fusion, les entreprises auront un pouvoir direct sur l’ANPE et les demandeurs d’emploi », explique Marc Moreau.

 
 
 

Contrairement à ce que dit Nicolas Sarkozy, la fusion ne va pas « mettre les chômeurs au centre du système », mais plutôt « faire reposer, par une polyvalence et une mobilité imposées, toute la responsabilité sur le chômeur », explique Sylvette Uzan-Chomat. Ainsi, la réforme prévoit de supprimer les allocations au deuxième refus d’une offre dite « valable ». Jean-François Yon redoute « qu’on oblige les chômeurs à accepter des emplois précaires ». Pour la ministre de l’Emploi, Christine Lagarde, l’objectif est de ramener à 5 % le taux de chômage d’ici à la fin du quinquennat. C’est possible, au vu du nombre de radiations. AC ! estime qu’en 2006 « 462 100 décisions de radiation ont été prises sur l’année, soit 38 508 en moyenne mensuelle. Bien que le nombre officiel de chômeurs baisse, ces chiffres sont deux fois plus élevés qu’en 2001, plus de cinq fois supérieurs à ceux de 1996 ».

 
 
 

Pénaliser les chômeurs et déresponsabiliser les entreprises : voilà la véritable fusion que veut opérer la réforme. Une déresponsabilisation que le Medef veut pousser jusqu’au bout en proposant de créer « un nouveau dispositif de prise en charge élargie » du chômage, qui confierait à l’État l’indemnisation de base de tous les chômeurs. Ou comment passer de l’aide aux chômeurs à l’aide aux entreprises.

 
 
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Published by Didier HACQUART - dans Rien n'est inéluctable - mobilisons nous !
27 octobre 2007 6 27 /10 /octobre /2007 06:00


Dans la série
« Respectez notre Non ! », le sondage réalisé par nos amis anglais est à prendre en compte…
 
 
 

A voir aussi : la synthèse sur le nouveau  traité européen .

 
 
 
DH
 
 
 
Traité modifié: 63% des Français interrogés pour un référendum !
 
 
 
 
 
Marianne 2.fr publie les résultats du sondage Louis Harris-Financial Times. A quand une étude identique dans la presse française ?
 
 
 
 
 

L'industrie du sondage se porte bien en France : tous les jours les télévisions, les radios et les magazines nous abreuvent d'études sur les sujets les plus divers. Récemment, un journal a publié une enquête établissant que 93% des Français étaient prêts à respecter l'écologie dans leur vie quotidienne. Une très grande majorité de Français a aussi pris position sur le divorce du couple Sarkozy. Non, non, non, il n'aurait aucune conséquence sur la vie politique.

 



Pourtant, aucun parti ni aucun organe de presse français n'a jugé utile de commander une étude d'opinion au sujet du Traité européen que l'Union européenne propose de faire adopter par les Parlements nationaux. C'est ce qu'a fait le Financial Times en commandant à l'Institut Louis Harris une étude dans les cinq nations pionnières de l'Europe (voir ci-dessous). Le résultat y est édifiant : 63% des Français sont favorables à l'organisation d'un référendum sur le sujet, et l'exigence est encore plus marquée en Allemagne et dans les autres pays européens. Certes, nous ne sommes pas, à Marianne, des fanatiques des sondages. Mais, quelles que soient les insuffisances de celui-ci - il ne prend en compte que les réponses des personnes connaissant l'existence du traité, ce qui paraît logique - il a au moins le mérite de montrer le décalage entre les peuples et leurs représentants.

 



À bien y réfléchir en ce qui concerne la France, ce résultat est parfaitement cohérent avec le vote enregistré lors de la dernière élection présidentielle : à l'exception notable de Nicolas Sarkozy, tous les candidats s'étaient prononcés pour un nouveau référendum en cas de nouveau traité européen. Mais une fois de plus, les élites préfèrent contourner le suffrage universel et tenter de faire adopter le Traité en catimini, et les dirigeants de médias préfèrent regarder ailleurs. Comme pour le référendum de 2005, un défi redoutable est ainsi lancé aux vrais démocrates : au-delà de leurs options pour ou contre le Traité, seront-ils capables d'imposer le débat interdit par les élites ?

 

 

Le sondage du Financial Times

 


Pensez vous qu'il devrait y avoir un référendum national pour adopter le nouveau traité européen?

 


France

 


Oui 63%

 

Non 27%

 

SO* 10%

 


Grande Bretagne

 


Oui 75%

 

Non 14%

 

SO* 13%

 



Italie
Oui 72%

 

Non 17%

 

SO* 11%

 



Espagne
Oui 65%

 

Non 25%

 

SO* 14%

 



Allemagne
Oui 76%

 

Non 19%

 

SO* 5%

 


* Sans opinion

 


Enquête internationale réalisée entre le 3 et le 15 octobre pour le Financial Times
Pour la France : Enquête Louis Harris réalisée auprès d'un échantillon représentatif de 1122 personnes.

 


Voir l'enquête en anglais sur le site de l'institut de sondage.

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Published by Didier HACQUART - dans Traité de Lisbonne
26 octobre 2007 5 26 /10 /octobre /2007 06:26

 



Avant que VELTRONI devienne la coqueluche de certains politiques de Gauche français, notamment au PS, je vous livre l’analyse de Jean-Luc MELENCHON sur cette désignation, et sur qui est vraiment VELTRONI…

 

A suivre…

 

DH




Election de Veltroni à la tête du Parti Démocrate italien :
PEPONE VOTE DON CAMILLO, par Jean Luc MELENCHON
 
 
 

Quelle mouche pique France 2 ? Un reportage sur la Grande Bretagne qui montre des gens en train de faire la queue pour s’inscrire chez le dentiste, des mamies qui s’arrachent les dents elles mêmes, et juste à côté des dentistes pour riches où tout va bien ! Gauchistes ! Et juste après ça un reportage sur l’élection de Veltroni à la tête du « Parti Démocrate italien », la gauche parait-il, suivi d’une interminable séquence sur un amuseur public qui agite des foules italiennes hostiles aux partis et aux élus menteurs ou corrompus… Gauchistes ! Un instant pourtant, j’ai cru être revenu dans un monde normal sans auto censure, ni « moutonnisme » médiatique. La Grande Bretagne n’y serait plus seulement le paradis des yuppies mais l’enfer du grand nombre ! Les bacchanales centristes de la gauche en peau de nouille italienne ne sont pas seulement l’extase des modernisateurs mais une déchéance honteuse.

 


Chers lecteurs, avec Veltroni, le monde de la gauche européenne est devenu juste un peu plus trompeur et vulgaire. « Ce candidat libéral en économie et consensuel en politique n'a pas craint d'aborder des thèmes tabous à gauche comme la sécurité, l'immigration ou la richesse » nous prévient la dépêche de l’AFP. Il « n’a pas craint »! Quel courage ! Quelle audace ! Tout est dit avec cette phrase dans la novlangue du « ministère de la vérité » qu’avait imaginé Orwell et que nous savons tous décoder. Le nouveau point de décadence atteint par les anciens communistes italiens repeints en centristes est plus bas que le précédent. « Il est important de comprendre que les réponses ne peuvent plus être enfermées dans l'identité socialiste, il faut apporter des réponses non idéologiques aux problèmes d'aujourd'hui. », proclame-t-il. Noooon ! Serrons les dents à cette musique bien connue et voyons de plus près.

 
 
 

Le « bonisme », maladie sénile de la social démocratie

 
 
 

Monsieur Veltroni a été élu par des passants dans la rue qui acceptaient de donner 9 euros pour voter. Lui-même ne s’est pas risqué à dire un mot de programme et pas un reportage ne cite une seule de ses idées à propos de ce qui serait bien pour les Italiens. Mais dans la collection de phrases toutes faites qu’il a débité on reconnaît les grands classiques de l’orientation « démocrate » dont j’ai décrit dans mon livre les origines et les poncifs. Celui là les enfile comme des perles chaque fois que surgit un micro. « La politique est au service du bonheur des citoyens », « La sécurité n'est ni de gauche ni de droite » ou encore « Il faut passion et raison, idéalisme et pragmatisme ». Extraits de films ou images d'archives sont convoqués pour ses réunions publiques et servent de références symboliques sans aucun soucis de cohérence: Charlie Chaplin dans « Le dictateur », la chute du mur de Berlin, Sacco et Vanzetti, Gandhi, Robert Kennedy et ainsi de suite dans les poncifs, projetés sur des écrans vidéo géants, dégoulinant de bons sentiments. Justement c’est ça la ligne : le « bonisme » version transalpine en guimauve de « l’ordre juste ». « Le Point » (19 juillet) observe une réaction : « Habitué aux discours plus âpres et combatifs des grands leaders communistes, le vieux militant laisse échapper, dubitatif : « J'ai cru qu'il allait aussi nous coller Bambi ! » Veltroni serait plutôt une émule de Pinocchio l’homme de bois qui voulait oublier son fabricant et qui aurait tellement voulu être un centriste comme les autres. Ou bien de Peter Pan, l’eternel jeune sans passé. Au prix de quels bobards !

 



PINNOCHIO

 
 
 

« Je n'ai jamais été idéologiquement communiste », déclare-t-il au « Monde ». Mais comment donc ! Bien sur ! Juste conseiller communal communiste de Rome à 21 ans, député communiste à 32, membre du comité central du Parti Communiste à 33, directeur de L'Unità, le journal du parti communiste, à 37. Pendant tout ce temps, comme Ségolène Royal à propos des trente cinq heures ou du Smic a 1500 euros, Walter ne croyait pas à ce qu’il disait. On comprend mieux pourquoi sous sa direction le quotidien fondé par Antonio Gramsci a fait ses choux gras des transgressions qui sont le pain quotidien des démocrates enquistés sous la peau accueillante des meilleurs emballages de gauche.

 
 
 

Avec lui, L'Unità offrait des figurines de footballeurs pour les collectionneurs et même des extraits de la Bible et ... les Evangiles eux-mêmes. On devine qui cela transfigure de joie chez nous. Au « Nouvel Observateur » (27 septembre) le champagne est sorti : « Dans son discours d'investiture du 27 juin, le premier magistrat de la Ville éternelle a produit un petit chef-d’œuvre de sérieux, de sobriété et de pragmatisme. «Libéralisme, communisme, les grandes utopies sont mortes...» Message à l'intention des forces de progrès : «Même la gauche et les syndicats peuvent être corporatistes et conservateurs.» Waaa ! Génial ! Attendez, encore une idée incroyable : « le Parti démocrate italien sera comme les démocrates américains et le Labour anglais ». Nouveau, non ? Et aussi une pensée très profonde et pleine de compréhension du concret de proximité sans langue de bois, ni tabou : « « le kennedyanisme a été avec la social-démocratie suédoise la meilleure forme de gouvernement expérimentée dans les sociétés occidentales avancées.» C’est fort ! C’est neuf ! On se demande quels genres de crétins peuplent la Suède pour avoir renvoyé ce pic avancé de civilisation à son niveau électoral le plus bas de son histoire il ya quelques mois.

 


Avec ça, Weltroni est branché comme personne et pas sectaire. Il approuve « l’ouverture » de Sarkozy, assiste à la messe à la gloire du chef de l’Opus Dei, visite le Pape régulièrement et s’en vante, et propose à l’épouse de Berlusconi de rejoindre le parti Démocrate. Le récit de cette trouvaille je vous le livre comme je l’ai lu dans « Le Point » du 11 octobre : « Le coup de foudre a eu lieu durant une réception à la mairie de la Ville éternelle. Entre deux petits-fours et un coucher de soleil sur les ruines du Forum romain, Weltroni avait noté « l'indépendance d'esprit et la curiosité culturelle » de l'épouse du Cavaliere. Bref, « une personne rare qui pourrait contribuer au Parti démocrate ». Mais s'il comptait semer la zizanie à droite, Walter Veltroni s'est trompé. Car ce sont les femmes de gauche qui ont accusé le coup et un chœur s'est élevé contre cette « initiative machiste, futile et de mauvais goût ». La principale intéressée a donc décliné l'invitation. « Je suis la femme du leader de l'opposition, il existe des frontières qui ne peuvent être franchies. » Cette femme n’est visiblement pas digne d’être dans le parti de monsieur Veltroni vu comme elle ne comprend rien à l’art de cracher dans la soupe !

 


La traduction en italien du programme démocrate.

 


Comme d’habitude avec ce genre de personnage le programme existe quand même. Ecrit en tout petit, au fil des notes de bas de page des journaux people, au débotté d’une interview et ainsi de suite. Ce n’est jamais cela qui est mis en avant ni en débat, évidemment. Comme ailleurs, les feux de la rampe courent sur les sondages, les petites phrases et les diversions. N’empêche que l’on peut récapituler.

 


C’est du Classique « démocrate » exactement comme je l’ai décrit dans mon livre « En quête de gauche ». Laurent Maffeis en a fait la recension pour « A Gauche », l’hebdomadaire de PRS à paraitre cette semaine :

 


L’obsession de la dette et de la rigueur : Veltroni propose de dégonfler radicalement la dette publique italienne en multipliant les privatisations de services publics (l’électricien ENEL et le gazier ENI) et même la vente du patrimoine immobilier direct de l’Etat, y compris les casernes.

 


• Les baisses d’impôts et le « parti du business » : Weltroni s’est dit séduit par l’idée de TVA sociale, chère à Sarkozy. Et il a pesé pour obtenir du gouvernement Prodi la baisse de 5 points de l’impôt sur les sociétés, saluée par Luca Cordero di Montezemolo, le président de la Confindustria, le MEDEF italien. Comme Blair et Clinton, Weltroni assume d’ailleurs complètement cette proximité avec le patronat au point d’avoir choisi de lancer sa candidature le 28 juin au Lingotto, le bâtiment vedette de Fiat à Turin, devant un parterre qui mélangeait personnalités économiques et politiques.

 


La flexibilité pour les salariés : Weltroni s’est prononcé en faveur d’un contrat unique de travail. Sous couvert d’être à durée indéterminée, ce contrat conduirait à allonger la période d'essai et à permettre de contourner pendant trois ans l’actuel statut protecteur des salariés que même Berlusconi n’était pas arrivé à complètement démonter.

 


• Le renforcement de l’exécutif et la bipolarisation : sur le modèle anglo-saxon Weltroni souhaite renforcer l’exécutif au détriment du Parlement en permettant par exemple au 1er ministre de changer ses ministres sans en référer au Parlement ce qui est aujourd’hui impossible en Italie. Il propose surtout d’abandonner le vote à la proportionnelle pour décapiter le paysage politique à gauche et notamment éliminer l’autre gauche du Parlement.

 
 
 
Pepone vote Don Camillo
 


On se souvient que j’ai pointé dans mon livre l’abondance des références au sentiment religieux dans le nouveau vocabulaire « Démocrate ». Les Italiens n’échappent pas à la règle et contrairement à ce que croient quelques esprits simples, ce n’est pas du tout une tradition de la gauche italienne. Weltroni se coule facilement dans le nouveau moule. Il ne cache pas son hostilité à la tradition laïque d’une large partie de la gauche italienne. Reçu par le pape en audience privée et le faisant savoir bruyamment, il s’affiche aussi régulièrement aux côtés des plus hauts responsables de l’Opus Dei. Le 22 septembre 2005 il crée le scandale à gauche en se rendant au Cinquantenaire du sacerdoce de l’intégriste Javier Eschevarria Rodriguez, le dirigeant actuel de l’Opus Dei au niveau mondial. Tout cela doit davantage au calcul politique qu’à la foi personnelle. L’ex-social démocrate, ex-communiste, Fasino explique dans « le Monde » la volonté d’ancrage catholique du nouveau parti démocrate. Il s’agirait de prendre en compte « la constante italienne du catholicisme en politique ». Le souci à ce sujet est exclusivement politicien. « Depuis qu'il n'y a plus de parti catholique, la tentation est récurrente de greffer sur le monde catholique une politique de droite. Le Parti démocrate est aussi la réponse à ce problème : maintenir le monde catholique dans le camp progressiste ». La fameuse triangulation, appliquée au fond de la doctrine !

 


Et il ajoute la série des refrains bien connus : « Le vieux schéma tripolaire droite, centre, gauche, l'un cherchant à gagner contre les deux autres, ne fonctionne plus. » Et cela non pour développer l’idée socialiste mais l’inverse : « La gauche doit être capable de parler au centre et de le représenter. » On a bien lu : le représenter ! On devine la signature dont se réclame cette traite sur une identité politique aussi confuse: « Le parti qui guide le front progressiste doit toujours être un grande formation de centre gauche. C'est ce qu'ont fait Tony Blair avec le Parti travailliste et Gerhard Schröder avec le SPD ».

 
 
 
Une résistance à gauche
 
 
 

Certes cette note est déjà bien longue. Mais je ne veux pas la laisser sur l’impression déprimante de ces dernières lignes dont on connaît trop bien la conséquence. Je dois donc évoquer la résistance à gauche face à cette incroyable plongée dans le néant centriste de la gauche italienne, hier modèle de cohérence et d’organisation, aujourd’hui caricature d’opportunisme sans principe. Incapables de s’unir dans les congrès de leur ancienne organisation, les courants de gauche de l’ancien parti social démocrate DS s’efforcent à présent de survivre face à la débâcle que leur division a facilitée (suivez mon regard).

 


Le « Correntonne » dirigé par le tandem Mussi/Berlinguer qui représentait 15 % des militants au congrès de DS de 2005 a ainsi convergé avec Cesare Salvi (dont la motion avait fait 5 %). Ensemble ils forment une nouvelle organisation provisoire appelée « Gauche démocratique – Pour le socialisme européen ». Avec 21 députés ils ont créé leur propre groupe parlementaire et comptent 12 sénateurs, 4 députés européens et 4 membres du gouvernement (dont Fabio Mussi, le ministre de l’Université). Menacés d’être engloutis avec toute l’autre gauche italienne face au nouveau parti démocrate, ils entendent les appels de Rifondazione Communista. Il s’agirait de fonder une nouvelle force politique qui regroupe avec eux les 2 partis communistes actuels (Refondazione et le PDCI), et les Verts. Ils multiplient donc les initiatives communes. Ainsi le 10 octobre dernier à Bruxelles les députés européens des quatre partis ont tenu une réunion publique commune. Il y a aussi en discussion un projet de fusion des 4 principaux médias de l’autre gauche (Il manifesto et Liberazione proche de Rifondazione, Aprile proche des socialistes et Rinascita proche du PDCI). C’est déjà pas mal. Mais c’est encore bien peu.

 
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Published by Didier HACQUART - dans PRS