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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
11 septembre 2008 4 11 /09 /septembre /2008 05:59

Fichier EDVIGE : la démocratie préservée grâce à Internet

 

 

L'histoire du fichier EDVIGE prend une nouvelle tournure aujourd'hui, avec un Président de La République qui se sent obligé de « monter au créneau » sur ce sujet.

 

C'est très bien, et il faudra voir ce qui en ressortira.

 

Il faut se rappeler que cette « affaire » est sortie grâce à internet. Depuis plusieurs mois, une pétition est lancée.

 

Le nombre de signataires n'a cessé de gonfler. Des organisations syndicales, notamment (CFDT, FO, etc.) ont petit à petit découvert les enjeux d'EDVIGE et ont-elles aussi mobilisées leurs troupes pour signer et faire signer la pétition.

 

Résultat, cela a fini par sortir du cercle des initiés et venir réellement sur la place publique. Les politiques se sont en final réveillés, avec ces derniers jours, une montée au créneau du ministre de la Défense (!!!), de François BAYROU, Martine AUBRY, Bertrand DELANOE, etc.

 

L'important c'est que le débat soit enfin porté au plus haut niveau de l'état, et que l'iniquité du fichier EDVIGE soit mis sur la place publique.

 

J'avais informé les internautes fidèles lecteurs de ce blog dès le 7 juillet 2008, informé moi - même via internet. J'avais moi-signé la pétition à cette époque.

 

A suivre...

 

DH

 

 

Pour en savoir plus : http://nonaedvige.ras.eu.org/

 

 
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Published by Didier HACQUART - dans Rien n'est inéluctable - mobilisons nous !
10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 06:41

La motion de la gauche du PS se fera !



Tout d'abord, je souhaite donner des nouvelles de l'aile gauche du PS. Les choses avancent même si cela n'est pas simple. Il y a déjà d'une part le rassemblement Mélenchon -Dolez, et d'autre part le rassemblement Hamon - Emmanuelli - Lienemann - Quilès. Ils se sont tous rencontrés dernièrement.


Pour en savoir plus, je vous renvoie au compte rendu diffusé sur internet :


Compte-rendu de la rencontre de Trait d'Union avec les contributions Hamon-Emmanuelli et Lienemann-Quilès


Par ailleurs, Mélenchon annonce que la motion se fera...


Il y a quelques jours, je parlais sur ce blog de l'appel de Vincent PEILLON au MODEM. François BAYROU, a lancé lui un appel au PS, lors de l'université d'Eté du MODEM (*). Comme le rappelle Jean - Luc Mélenchon, cela oblige certains dirigeants socialistes à « sortir du bois » où tout du moins à clarifier leur position. C'est instructif...


DH



(*) A lire le commentaire de Jean-Claude MATHON représentant du MODEM sur Vitrolles, qui clarifie le sens de l'appel de François BAYROU



AU PS LE PIEGE SE RETOURNE, par Jean-Luc Mélenchon

 

 

Au PS, le congrès s'accélère. De l'extérieur. La main tendue de Bayrou aux socialistes oblige les loups à sortir du bois. Car, jusque là, chacun d'entre eux comptait bien passer entre les gouttes des sujets qui fâchent et notamment la question des alliances pourtant cruciale.


Il y avait sur ce point un vrai complot du silence. Du côté des « reconstructeurs » il fallait passer sous silence le paradoxe d'avoir en tête quelqu'un qui a fait le choix de l'alliance avec le MODEM. Sinon comment faire avaler le potage aux fabiusiens. Cette amnésie bienveillante s'étendait dans la gauche du parti ou Hamon et Lienemann rêvent d'entrer au club Aubriste. 


Cette tentation paralyse en fait toute la gauche du parti depuis des semaines puisque c'est à cause d'elle que rien ne peut être rédigé en commun. Et c'est à cause d'elle que la gauche du parti est éliminée de la scène médiatique. Cet effacement amplifie d'ailleurs l'impact de la démarche de François Bayrou sur le PS resté sans nu et contaminable par la moindre bise de l'été indien.  


Côté ancienne majorité du PS nul ne voulait abattre ses cartes de peur de voir se former contre soi la coalition que l'on imaginerait alors. Les plus malins -du moins croyaient-ils l'être- s'étaient lancés dans le numéro de la mise au pied du mur : « c'est à Bayrou de se prononcer ». Patatras. Bayrou s'est prononcé. Et avec quelle clarté !  Et voila tous les malins le bec dans l'eau contraints d'abattre leur jeu. Le piège s'est retourné contre leurs auteurs. Bayrou est candidat à diriger le centre gauche que les grands stratèges de Solferino rêvaient de constituer. En quelque sorte, Bayrou est candidat à la candidature au PS. Cette audace brise tout un univers de faux semblant. Elle  sera dévastatrice. Le résultat que l'on ne va pas tarder à voir c'est que l'espace de Bertrand Delanoë va s'élargir au centre du parti. Il devient le recours pour tous ceux qui flairent le danger de voir Bayrou dépouiller le leadership du PS sur le centre gauche et les chères classes moyennes. Mais le péril est extrême. Car les grands féodaux rêvent de l'alliance au centre. Non pour ses troupes (quel confort : il n'en a pas !), non pour ses électeurs (c'est Bayrou qui nous a pris le tiers de ses électeurs) mais pour « l'image », c'est-à-dire l'identité politique que cela confie. C'est cela le tournant démocrate du PS qui se dessine.


POUSSIF


Et la gauche du PS ? Les rencontres ont lieu. On peut lire sur le site de mes amis de « Trait d'union » ou de Marc Dolez un compte rendu commun. Je pense qu'il y en aura un sur celui de Benoit Hamon. A mon avis la motion de toute la gauche se fera. « Faute de mieux » diront certains. Ce sera en quelque sorte un choix de repli pour ceux qui rêvaient d'un strapontin chez les reconstructeurs ou d'un trône auprès de Hollande et Dray. Et il se pourrait même bien que Fabius en soit dès que les reconstructeurs se seront débandés.


Car ils sont soumis au poids terrible pour eux de la pression médiatique et des barons qui haïssent Fabius à mort. En effet ceux là savent que le non au référendum constitutionnel est un crime impardonnable dans le monde de « démocrates » qu'ils veulent créer. Donc ce sera la motion des rejetés et des mal aimés. Une léproserie terriblement mal fréquentée au gout des belles personnes et des importants.  Mais la gauche du parti existera. Dolez et moi nous aurons eu raison de maintenir le feu allumé. Notre existence, notre décision de faire une motion est ce qui empêche tous les ralliements de se faire en prenant toute la gauche du parti en otage.  Bien sur dans un parti qui prétend avoir gagné 100 000 adhésions depuis le début de l'année, le vote va être de type géorgien : état d'urgence et char devant les télés. Viendra donc l'heure des bilans. Mais à chaque jour suffit sa peine.




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Published by Didier HACQUART - dans Congrès PS 2008
9 septembre 2008 2 09 /09 /septembre /2008 06:27

La Club Gauche Avenir animé par Marie - Noëlle Lienemann et Paul Quilès a commandé un sondage sur l'avenir de la Gauche.


Dans cette période de débat avant le congrès de Reims du PS, l'annalyse de sondage sur l'avenir de la Gauche, mérite d'être lu et analyser...


DH



Exculsivité : Résultats du sondage commandé par Gauche Avenir sur l'avenir de la gauche


LIRE l'INTEGRALITE DU SONDAGE



Le club Gauche Avenir a commandé un sondage sur l'avenir de la gauche. Celui-ci répond à plusieurs idées reçues :


- Le clivage droite/gauche existe pour 71% des français.


- 3/4 des Français privilégient l'unité de la gauche plutôt que l'alliance au centre.


- 2/3 des sondés souhaitent que la gauche rénove son projet plutôt que de désigner son leader.


- Une large majorité de Français plébiscite la création d'un parti rassemblant toutes les formations actuelle de gauche.


-----------------------------------------------------------


Analyse du sondage d' « Opinionway » sur l'avenir de la gauche


I) Ce sondage (réalisé les 2 et 3 juillet 2008) fait apparaître clairement :

1- la permanence du clivage droite- gauche, qui existe bien pour 71% des Français (77% des socialistes).


Ce clivage se manifeste aussi à travers la perception très différente qu'ont les Français des principales valeurs défendues par chaque camp :


• le travail, le progrès, la famille pour la droite


  • la justice sociale, la solidarité, les Droits de l'homme et la laïcité pour la gauche


Il est à noter les faibles « scores » des valeurs du travail et du progrès...ce qui devrait interpeller la gauche et l'inciter à développer le combat idéologique sur ces terrains.


2- la nécessité aux yeux de l'électorat de gauche de privilégier l'unité de la gauche plutôt que l'alliance au centre pour l'emporter en 2012 : 3/4 des sondés contre 1/4.


3- le souhait que, dans les mois qui viennent, la gauche rénove son projet, plutôt que de chercher à désigner un leader : 2/3 des sondés de gauche le demandent, contre 1/3.

4- l'utilité de la création d'un parti rassemblant toutes les formations actuelles de gauche, qui est plébiscitée à gauche, puisqu'elle est jugée :


Utile pour permettre à la France de conserver son niveau de protection sociale :


86% chez les socialistes,

73% chez la gauche non socialiste


Utile pour permettre à la France de faire face aux enjeux économiques de la mondialisation :


80% chez les socialistes,

62% chez la gauche non socialiste



II) Cette enquête tord le cou à quelques « idées reçues », telles que :


- il n'y a plus, aux yeux des Français, de différences entre la droite et la gauche.


- l'alliance entre la gauche et le centre est souhaitée par l'électorat de gauche, afin d'assurer la victoire en 2012.


- la priorité pour la gauche est de désigner un leader, avant de rénover son projet.


- un grand parti de la gauche ne serait pas en mesure de mener une action sociale et économique efficace.



III) Les indications fournies par ce sondage confortent les analyses et l'action de Gauche Avenir depuis un an.


Elles nous encouragent à poursuivre notre travail de confrontation et de débat entre militants de gauche aux sensibilités diverses et à continuer à élaborer des propositions susceptibles de permettre l'unité de la gauche, indispensable pour assurer les victoires futures.


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Published by Didier HACQUART - dans Congrès PS 2008
8 septembre 2008 1 08 /09 /septembre /2008 06:10

Il y a bien une bataille politique derrière la lutte que se livrent quelques ténors du PS, pour le congrès de Reims.

 

Je ne critiquerai pas cette bataille, qui a le mérite de clarifier les lignes. Je souhaite simplement que le processus aille jusqu'au bout, et que le congrès ne finisse pas dans une synthèse molle dont il a le secret, mais qui ne résout strictement rien.

 

Je m'insurge aussi contre ceux qui dénoncent le jeu médiatique auxquels se livrent certains et qui est tout à fait réel, alors qu'ils s'y livrent eux-mêmes ! Ainsi, je suis « surpris » des propos de Jean- Noel Guérini dans La Provence du 7 septembre qui s'alarme du spectacle dramatique de La Rochelle. En faisant un simple aller-retour Marseille - La Rochelle pour donner une conférence de presse, ne s'est - t il pas lui-même prêter au jeu des médias, pour tenter justement de peser dans le jeu ?

 

Plus intéressant, l'analyse de Gérard Filoche sur La Rochelle, et les enjeux à venir.

 

A suivre,

 

DH

 


En creusant derrière les apparences à La Rochelle

 

La bataille politique derrière les jeux de personnes au PS,

par Gérard FILOCHE (*)
 

mercredi 3 septembre 2008


Il est dorénavant probable qu'il n'y aura pas de majorité avant le congrès du PS. Est-ce une si mauvaise nouvelle ? Non, pas forcément si cela signifie que la ligne mi chèvre mi chou antérieure ne peut plus être reconduite. Une conduite au centre qui ne tranche sur aucune des questions sociales centrales est devenue paralysante. Aussi peut-on regarder derrière les « blocs » qui se constituent, se font et se défont, les principales questions politiques en jeu.


C'est un peu comme la dérive des continents, il y a des glissements de plaques tectoniques, des rapprochements, des distanciations significatives.


Au moins sur les questions centrales qui nous semblent le plus lourdes de conséquences, on peut y voir clair. Si on admet que la pression sociale travaille les fondations de ce parti, que le sarkozysme est rejeté en profondeur, et que cela a des effets souterrains encore non visibles.


Une grande ile qui dérive :
 

C'est la future motion de Ségolène Royal : si jusqu'au bout, elle résiste a toute alliance, elle glissera sur le côté, un peu hors la vie du parti, de ses racines, de son histoire, elle aura une certaine forme d'étrangeté plus que de nouveauté, elle incarne une campagne droitière qui n'a pas permis et ne permettra pas de gagner à l'avenir. Tous les messages envoyés sur les questions sociales fondamentales (salaires, 35 h, retraites, fiscalité...) sont négatifs. Elle veut conquérir par la force la direction mais elle ne pourra le faire et tant mieux, ce parti est en difficulté mais pas au point de perdre tout sens collectif et de se faire hara-kiri. Il y a un siècle d'histoire qui ne peut être balayé par « aimez-vous les uns les autres » ni par le renoncement explicite aux 35 h, aux 1500 euros, et la soumission à la retraite par point du Medef. Plus l'alliance quasi suicidaire avec Bayrou.


Cela devrait tellement apparaître qu'il se peut que l'intéressée s'en rende compte et fasse finalement un compromis de dernière minute.


Un grand bloc central :
 

C'est ce qui motive toujours François Hollande qui veut le construire au moins avec Bertrand Delanoë et avec Jean-Marc Ayrault. C'est recréer une « stabilité » sans trop trancher dans le vif, assurer de l'autorité et marcher au millimètre. C'est un appel à la défense et à la restauration de l'autorité de l'appareil central.


Mais le maire de Paris, après son fiasco « socialiste et libéral » est-il le mieux placé ? Certes, il ne veut d'alliance avec le Modem, mais le contenu social de son discours est bien faible et ne tranche guère avec le passé.


Julien Dray juge que ce bloc central est un peu court et ne sera pas « suffisant » si Ségolène Royal ne s'y rallie pas, mais pour la place du chef, il est certain que Bertrand Delanoë n'est pas prêt de la lui laisser, ce qui ferme bien des portes au « bloc central ». Tant que la nécessité ne s'impose pas... Mais ils vont sentir la nécessité de « gauchir » s'ils veulent capter les voix des militants, et peut-être de s'allier plutôt que de tout perdre séparément. Si le bloc central « s'élargit » pour capter à tout prix une majorité, il en paiera le prix en retour de confusion, et de non-dits.


Les reconstructeurs sont tirés par les deux bouts :
 

C'était un grand pari que de vouloir tenter, contre le duel médiatique Ségolène-Delanöe, de créer un « grand ensemble, » allant des amis de DSK à ceux de Laurent Fabius, sachant qu'aucun des deux n'était en situation actuelle d'être présidentiable mais aucun n'y renonçait pour l'avenir.


Donc le poids de leurs proches était décisif dans l'organigramme des reconstructeurs en attente de la phase suivante.


L'image pratique, unitaire, sage, qu'ils ont tenté de se donner contre le présidentialisme immédiat, en défense du parti collectif, masque qu'il n'y a pas de « fond ». Car quels points communs entre les strauss-kahniens et les fabiusiens ? sur l'Europe, sur l'union de la gauche, sur le programme social, autant certes qu'entre CFDT et CGT...mais autant de différences aussi ! Du coup, ils ont mis de part et d'autre, en sourdine, le fond pour privilégier le flou, il y a du magma dans cette plaque tectonique ! Ne cherchez pas de réponse sur le partage des richesses, elles ne figurent pas dans leurs textes.


Avant l'été, Pierre Moscovici tirait à fond sur la droite, recherchant l'accord avec « Ligne claire » un texte droitier - justement pas clair- des grands barons comme Collomb, Guerini, Valls. Ce faisant, croyant bien défendre DSK, Moscovici commit la faute d'exiger la mise à l'écart des fabiusiens en termes violents : « pas de passagers clandestins, un accord à deux avec Martine Aubry, pas un accord à trois ni a deux et demi ». Cette exclusive lui aura été fatale car son « ami » Cambadélis lui, a compris bien qu'il fallait viser plus large et non pas refermer le jeu pour parvenir à contrer les vedettes Royal-Delanoé. Exit brutalement Moscovici, et recentrage léger à gauche avec Martine Aubry si elle acceptait de tenir ce rôle central et ingrat de première secrétaire. Elle accepte.


Montebourg, noyé dans tout cela, après avoir appelé Moscovici à Frangy le lâche à La Rochelle, pour lui, la tactique devient labyrinthe. Le contenu politique est indécis. Le but à peine caché est que l'équilibre des forces pour 2011 ne soit pas tranché entre les deux hommes. Laurent Fabius pour confirmer la mise à l'écart de Moscovici, adoube Martine Aubry, et la rétablit dans un centre à mi-chemin entre, à droite les strauss-kahniens, et à gauche les fabiusiens. Nous voilà avec un autre « bloc central » n°2, une autre plaque tectonique qui essaie d'occuper le même terrain que celle de Delanöe-Hollande.


Le coté droit se détache ou s'attache ?
 

Moscovici, looser, dégagé brutalement par les amis de Cambadélis qui l'avaient pourtant mis en selle, a essayé de reconstituer un bout de continent avec Valls, Collomb, Guérini. On leur souhaite du plaisir, car ils sont autant marqués à droite (*) que le fut Bockel dans le passé. Ils essaient de revenir dans le bloc central n°2, des mains leur sont tendues pour renforcer le côté droit de celui-ci, mais il y a des rancœurs et des aigreurs apparues en cours de route. Leur retour est devenu plus difficile après l'installation des fabiusiens dans ce cercle. En tout cas, Moscovici ne peut prétendre le diriger. Le centre du bloc n° 2 est moins accueillant après la Rochelle qu'avant. Il s'est déplacé légèrement au centre gauche.


Reste le côté gauche :
 

Disons le, des dizaines de milliers de militants sont choqués, ulcérés par ces manœuvres trop visibles de glissement de ces « continents ». Si la gauche de ce parti, depuis l'été, avait su se regrouper et s'organiser, publiquement et avec force, (entre Benoit Hamon, Marie Noëlle Lienemann, Jean Luc Mélenchon, Marc Dolez et nous - pour aller vite et en personnalisant un peu trop facilement) elle aurait tout de suite pesé davantage sur les opérations. Car nous sommes certains qu'une gauche sociale et combative, pèse de 15 à 25 % des voix, surtout si elle s'organise bien et si son texte est bon.


Nous avons essayé, par des rencontres les 2 juillet, avec Benoit et Marie Noëlle, le 25 juillet avec Jean-Luc Mélenchon, de faciliter le processus.


Mais même de façon chaotique il semble qu'il se dessine. Un accord à deux, à trois, à cinq, sans préjugé ni exclusive, ferait un nouveau bloc tirant à gauche l'ensemble des continents ce qui aurait pour effet que le bloc central le plus important dans le futur vote des militants, en aurait absolument besoin au congrès pour disposer d'une majorité.


Ce serait ainsi que la gauche socialiste pourrait commencer à se faire entendre, obtenir du poids, et devenir indispensable de la nouvelle majorité. Rédiger une motion de gauche, construire une cohésion, un travail en commun collectif et loyal autour, est donc, selon nous, la première nécessité. Nous en avons discuté positivement avec Benoit Hamon à La Rochelle, et espérons concrétiser tout cela tous ensemble le plus tôt possible.


Ce serait cela la vraie nouveauté du congrès de Reims, c'est qu'il y ait une gauche socialiste et qu'aucune majorité ne puisse faire sans elle !


(*) http://www.democratie-socialisme.org/spip.php?article1605


(*) Pour les camarades PS des BdR, qui doutent de la dérive droitière du PS de l’équipe Valls, Guérini, Collomb, il suffit  notamment de savoir où est lancer l’appel de Guéini ? Dans la bonne ville d’Allauch, dont le Maire Roland Povinelli PS ( ?) a fait alliance dès le 1er tour avec l’UMP aux dernières municipales…

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Published by Didier HACQUART - dans Congrès PS 2008
7 septembre 2008 7 07 /09 /septembre /2008 07:16

Le PS et l'alliance au centre ?



Vincent PEILLON, bras droit de Ségolène ROYAL, dans un entretien à Libération prône l'alliance avec le Modem de François BAYROU.


C'était la « grande initiative » de Ségolène ROYAL entre les 2 tours de la présidentielle, au mépris de tout débat préalable avec le PS. Nous connaissons le résultat.


Donc en poisson pilote, Vincent PEILLON lance le débat. A la limite pourquoi pas ? Mais ce qui « m'amuse », c'est que le même PEILLON dans l'interview est bien obligé de reconnaître qu'il y a un problème. En effet, il s'avère, oh grande découverte, que les députés Européens du Modem siègent avec les libéraux, et de ce fait sont loin d'avoir les mêmes positions que les socialistes qui y siègent, même ceux proches de Ségolène ! Bizarre, cela ne l'avait même pas effleuré pendant les 2 tours des présidentielles...


François BAYROU, tout à fait légitimement se délecte de voir de telles propositions. « Entre nous », c'est l'occasion de le remettre sur la scène, alors que depuis les municipales, c'était plutôt « profil bas », vus les scores...


Ce que je souhaite, c'est que ce débat soit effectivement tranché, d'une manière ou d'une autre. Cela aurait le mérite de clarifier la ligne politique du PS. Car qui dit alliance, dit accord sur un programme, ou du moins des positions communes sur nombre de sujets (rôle de l'Etat, services publics, Europe, etc.). Ensuite, ce serait à chacun de prendre ses responsabilités !


A suivre.


DH

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Published by Didier HACQUART - dans Congrès PS 2008
6 septembre 2008 6 06 /09 /septembre /2008 06:08

Le n'importe quoi des sondages !

 

 

 

Je suis toujours surpris par certains sondages. Ainsi le Figaro publie un sondage sur le meilleur candidat pour prendre la direction du PS, et ensuite pour la Présidentielle.

 

En soit, cela n'aurait rien d'illégitime, si la question était posée aux adhérents du PS qui sont les seuls à voter pour leur 1er secrétaire. Et bien non, pour les sondeurs, pour déterminer le meilleur 1er secrétaire du PS, il faut sonder les sympathisants du PS, les sympathisants du Modem, et les sympathisants de l'UMP !

 

Personnellement, en tant qu'adhérent du PS, je n'ai strictement aucun avis sur le meilleur patron pour l'UMP ou le MODEM. Pour ce dernier, je ne savais même pas qu'il pouvait y avoir une autre personne que François BAYROU. Bon là je plaisante...

 

Plus sérieusement, en quoi des sympathisants de l'UMP sont légitimes pour la désignation du 1er secrétaire du PS et se son candidat ?

 

Ceci dit, la seule indication qui pourrait être intéressante de ce sondage, c'est que Delanoë est plébiscité par le MODEM, et DSK par l'UMP. Bizarre ?

 

Je crois que le PS a suffisamment souffert des sondages et en a payé le prix lors de la dernière présidentielle avec la désignation de Ségolène ROYAL.

 

Pour le congrès de Reims, comme je l'ai déjà écrit, l'avenir du PS est dans les mains des militants et personne d'autre ! Ils ne doivent en aucun cas être manipulés par les sondages, et les « pressions internes ». Ils méritent mieux que cela.

 

A suivre.

 

DH

 

Pour en savoir plus sur le sondage du Figaro, cliquez ICI.

 

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Published by Didier HACQUART - dans Congrès PS 2008
5 septembre 2008 5 05 /09 /septembre /2008 06:59

Edouard Husson, sur Marianne2.fr, nous apprend au travers de « sa semaine allemande » que le patriotisme économique est une réalité en Allemagne, contrairement à la France.

 

Il livre aussi une analyse personnelle sur Oskar Lafontaine, Die Linke et le SPD. Il est toujours intéressant de mieux appréhender pourquoi le Die Linke prospère. Cela devrait interpeller nos dirigeants du PS, à quelques semaines du congrès de Reims... C'est d'ailleurs un sujet déjà traité sur ce blog. La dérive à droite du SPD amorcée sous Schröder, et amplifiée aujourd'hui avec l'alliance avec la CDU, conduit inévitablement le Die Linke avec des valeurs à Gauche de prendre la place laissée vacante. Le SPD en final n'ira que de défaites en défaites, en ayant perdu son identité propre.

 

A suivre...

 

DH


Ma semaine allemande : quand la gauche paie pour Schröder, par Edouard Husson

 

La chronique d'Édouard Husson, historien de l'Allemagne contemporaine sur Marianne.fr


Le gouvernement allemand veut modifier la loi sur les investissements étrangers en Allemagne] http://l:www.bmwi.de ; le Ministère de l'économie sera en mesure de suspendre une prise de participation supérieure à 25% par un investisseur étranger dans une entreprise allemande. Les dirigeants politiques et économiques allemands, à la différence de leurs homologues français, parlent très peu de patriotisme économique; en revanche, ils le pratiquent assidument. Le Ministère de l'Economie allemand devra avoir lancé la procédure avant que l'investissement étranger ait été réalisé, en revanche, sa procédure d'enquête ne devra être bouclée que dans les trois mois suivant l'opération économique réalisée.


Cette mesure est, selon les commentaires officiels, une précaution prise face aux fonds souverains. C'est surtout une façon de fermer la parenthèse des années Schröder, où le capitalisme allemand avait, avec la bénédiction du chancelier de l'époque, renoncé partiellement aux vieux mécanismes protecteurs (participations croisées entre banques, assurances et industrie; forte taxation sur les cessions d'actions par les entreprises; absence de cotation à New York) pour se lancer dans la mondialisation financière. Au bout du compte, la décennie se soldera comme un jeu à somme nulle : introduites à la veille du krach boursier de 2001 sur le marché américain, les entreprises allemandes ont vu leurs actions atteindre des sommets puis chuter quelquefois en-dessous de leur seuil de départ; bien des «réserves dormantes» sont ainsi parties en fumée; les entreprises allemandes ont perdu une partie de leur bonne réputation, comme le montre la mise en examen récente des anciens dirigeants de Siemens, suite au versement de commissions occultes en Amérique latine ; les fonds d'investissement et de pension américains ont pénétré les entreprises allemandes au point d'être comparées par un ministre à des «sauterelles». Maintenant que la finance américaine est mal en point, ce sont plutôt les investisseurs du Moyen-Orient ou d'Asie que l'on semble redouter.


Affiche de campagne du SPD.


Lundi 25 août 2008


Oskar Lafontaine répond aux questions du Spiegel. Quelle agressivité des journalistes: il n'y a pas qu'en France que la «pensée unique» se manifeste.


Ceux qui mènent l'entretien voudraient faire porter à leur interlocuteur la responsabilité de la crise du SPD. Ils lui reprochent d'avoir démissionné du gouvernement en mars 1999, déclenchant l'actuelle crise du SPD !


On a toujours reproché à Lafontaine d'avoir démissionné. Je me rappelle le titre du Bild, le lendemain de cette démission, qui accusait Lafontaine de lâcheté. Pourtant, les motifs de sa décision étaient évidents : l'Allemagne était à la veille de se lancer dans la guerre du Kosovo et Lafontaine ne voulait pas la cautionner par sa présence au gouvernement ; il n'arrivait pas à infléchir le cours de la politique économique de Gerhard Schröder ; enfin, il n'était pas écouté sur ses propositions de création d'un serpent monétaire international, qui empêchât des variations trop grandes des taux de change euro/dollar.


Le problème du dollar, nous sommes en plein dedans ; l'Allemagne doit assumer aujourd'hui, diplomatiquement, que les Russes poussent à l'indépendance de l'Ossétie du Sud comme elle a encouragé celle du Kosovo. Quant à la politique économique de Schröder, elle a provoqué la désadhésion de 200 000 personnes du SPD depuis mars 1999. Qu'Oskar Lafontaine ait jugé nécessaire, il y a trois ans, de créer une structure politique qui puisse recueillir les suffrages des déçus du SPD, quoi de plus normal. Et l'on doit lui donner raison quand il prétend incarner l'esprit de la politique de Willy Brandt, que le SPD a largement abandonné.


Lafontaine indispose d'autant plus, jusque dans une partie de la gauche allemande, qu'il coopère avec l'ancien PDS, les anciens communistes est-allemands. Or beaucoup d'Allemands de l'Ouest n'ont pas assumé la réunification, qui impliquait la réconciliation nationale, donc l'intégration des communistes dans la nation. Seul le SPD pouvait jouer ce rôle, en 1990, au moment de la réunification.


Mais cela voulait dire reconnaître que la fracture de la gauche allemande, en 1918-19 (lorsque le chancelier Ebert fit tirer sur les représentants du socialisme démocratique) et l'impuissance qui en a résulté, en 1930-32, lorsqu'aucun front populaire ne fut constitué contre le fascisme allemand, étaient dues autant aux sociaux-démocrates qu'à la gauche socialiste devenue communiste; que la RDA n'aurait jamais duré, comme le confirment bien des archives désormais disponibles, si l'Occident n'avait pas obstinément refusé, entre 1945 et 1955, toutes les propositions soviétiques, sincères parce qu'intéressées (profiter de la puissance économique d'une Allemagne reconstruite), en vue de la réunification et de la neutralisation de l'Allemagne.


Lafontaine est non seulement un authentique social-démocrate, soucieux de sauver le «modèle allemand» des années Brandt ou de le refonder; mais il est aussi l'un des rares, dans la classe politique allemande, à savoir que la Guerre froide est vraiment finie. Je suis sceptique concernant sa politique économique car on n'a jamais rien bâti de bon sur la création monétaire ex nihilo; mais Lafontaine pose les bonnes questions sur les dysfonctionnements de la mondialisation à l'américaine; et surtout, il défend une diplomatie pacifique - ce dont tout libéral authentique doit lui savoir gré.


Mardi 26 août 2008


Dans certains sondages, le SPD tombe à 20% d'intentions de vote et Die Linke, le parti de Lafontaine et Gysi, monte à 15. Ensemble, les deux partis égalent la CDU/CSU, qui reste à 35%.


Mercredi 27 août 2008


[Les écarts salariaux augmentent dramatiquement en Allemagne] http://www.boeckler.de . Selon une étude réalisée à l'Université de Duisburg, le quart inférieur des actifs a vu son revenu moyen réel chuter de 14% sur la période 1995-2006. L'avant-dernier quart, de plus de 3%. Au contraire, dans les deux quarts supérieurs, on assiste à une augmentation, respectivement, de 5 et de 3,5%. L'étude attire l'attention sur des épisodes comme la dérégulation du secteur des télécommunications. Les syndicats ne se sont apparemment pas préoccupés d'imposer chez les opérateurs venus concurrencer la Deutsche Telekom un plancher pour les salaires.


Aujourd'hui, l'ancien opérateur national pratique une surenchère à la baisse avec ses concurrents. L'étude relève des salaires tombés à 5 euros l'heure dans certaines branches. Jusqu'à la réunification, l'Allemagne a vécu très bien sans salaire minimal; l'introduction irréaliste des salaires de l'Ouest dans les nouveaux Länder a poussé de plus en plus d'entreprises à sortir des accords entre partenaires sociaux. La mondialisation est venue s'y ajouter. Et aujourd'hui, dans une Allemagne qui ne veut en aucun cas de protection commerciale contre les pays à très bas salaires, le consensus social a volé en éclat.


Jeudi 28 août 2008


Lu dans l'éditorial de première page de la Frankfurter Allgemeine Zeitung d'hier, cette formule révélatrice, à propos de la réaction à voir face à la Russie, qui reconnaît l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie: «La réaction minimale est une protestation collective [de la communauté internationale]». Medvedev peut dormir sur ses deux oreilles. Il est vrai que Moscou soumet Berlin à rude épreuve, forçant la diplomatie allemande à sortir de l'ambigüité contre son gré. Jusqu'à présent, les dirigeants allemands se sentaient en toute sécurité dans une construction où ils suivaient l'OTAN stratégiquement et cela ne les empêchait pas de faire des affaires tranquillement en Russie.


Les Américains avaient beau mener une politique étrangère de plus en plus agressive, elle n'empêchait pas les Allemands de faire des affaires là où ils le voulaient. A partir du moment où la Russie fait comprendre au monde que l'ère de l'arrogance américaine est terminée, on est très ennuyé à Berlin. Le monde devient plus insaisissable, moins prévisible, moins planifiable. Madame Merkel est très en colère que les Russes se comportent en nation indépendante et elle essaie de hausser le ton; mais la Deutsche Bank n'entend pas rater son implantation sur le secteur financier en Russie; Daimler est sur le point de passer un accord avec le fabricant de camions Kamaz; la Deutsche Bahn attend d'un accord avec son homologue russe un afflux de capital frais pour elle-même. Sans oublier EADS, qui négocie un accord avec OAK, et [le projet multinational de pipeline de la Mer Baltique] http://www.german-foreign-policy.com . Le monde économique allemand fait donc pression en sens inverse de Madame Merkel, pour que la Russie ne soit pas isolée. Dans quelques semaines, quand les indignations hypocrites (pensons au Kosovo!) de la communauté occidentale auront perdu de la vigueur et que le réalisme l'emportera, on cessera de tirer à hue et à dia à Berlin. La Frankfurter Allgemeine Zeitung nous l'indique déjà entre les lignes.


Dimanche 31 Août 2008 - 21:16

Edouard Husson


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Published by Didier HACQUART - dans PRS
4 septembre 2008 4 04 /09 /septembre /2008 06:07

Après le communiqué scellant le rapprochement entre les contributions de Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez en voici en second avec un regroupent des contributions de Marie Noëlle Lienemann - Quilès avec celle de Benoit Hamon - Emmanuelli.

 

Cela avance doucement mais surement à la Gauche du PS... C'est forcément plus compliqué lorsque les rapprochements se font en priorité sur des bases politiques, et pas sur des bases tactiques et des ambitions personnelles.

 

A suivre...

 

DH

 


 

01 septembre 2008 : PS: regroupement à gauche

 

Communiqué de Marie-Noëlle Lienemann, Paul Quilès, Anne Ferreira, Emmanuel Maurel et Jean Mallot



Les responsables de notre contribution « Changer » et de la contribution « Reconquêtes » (B. Hamon, H. Emmanuelli) ont décidé de se regrouper en vue du Congrès de Reims du PS :


 Parce qu'ensemble ils veulent répondre à l'attente des Français,Ø qui ont besoin d'une gauche offensive pour s'opposer et inventive pour proposer ;


 Parce qu'ils convergent sur les choix stratégiques : l'unité desØ forces de gauche et la perspective d'un parti de toute la gauche ;


 Parce qu'ils partagent les mêmes analyses sur l'urgence sociale etØ l'ampleur de la crise actuelle, qui appellent de nouvelles réponses ;


 Parce qu'ils veulent œuvrer, au sein du PS, pour une majorité deØ changement, de reconquête et porteuse du rassemblement de toute la gauche.


Il est temps de sortir de la confusion et des querelles de personnes. L'heure est au renouveau et au sursaut : sans la gauche du PS et les forces de la jeunesse, cela ne sera pas possible.


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Published by Didier HACQUART - dans Congrès PS 2008
3 septembre 2008 3 03 /09 /septembre /2008 06:21

L'université d'été du PS à La Rochelle, ce n'est pas que de la frime, et les intrigues de couloir. Il y a aussi du travail. Jean -Luc Mélenchon a participé à une table ronde sur la Laïcité. Gérard FILOCHE a planché sur le code du travail. Je vous livre son intervention. C'est une version transcrite. Cela ne vaut pas une version en "live," Gérard étant un orateur hors pair sachant conquérir le public !

 

Parmi tous ce qu'il cite je rebondit sur le temps de travail, conditions de travail (pression, stress, etc.) et la santé des salariés. Il y a en effet quelque chose dans mon quotidien et certainement le votre, qui m' arfrappé. J'entend de plus en plus autour de moi de salariés victime d'un AVC. Ce n'était pas le cas il y a 10/15 ans en arrière, me semble - t -il, ou tout du moins pas dans les mêmes proportions. Voilà une autre bonne raison pour se battre pour un "bon code du travail". voilà un vrai sujet et enjeu pour la Gauche...


DH



Intervention de Gérard Filoche à l'atelier sur « le code du travail en miette »


à l'université d'été du Parti socialiste à La Rochelle, samedi 30 août 2008, devant 450 participants.


Parlent dans l'ordre, entre 9 h 30 et 12 h 30, Florence Jego (CFDT) Maryse Dumas (CGT) Andrée Thomas (FO) Alain Priou (UNSA) Yves Le Bouillonnec, Gérard Filoche, Régis Juanico, sous la présidence et l'animation de Alain Vidalies.
 
Gérard Filoche


« Je vais commencer, moi aussi, en espérant que cela ne le gênera pas, par un hommage à Alain Vidalies et au travail parlementaire qu'il a effectué pour s'opposer à la recodification du Code du travail. Car finalement, c'est grâce à lui, si, in extremis, le 3 décembre 2007, à la veille de la ratification parlementaire de l'ordonnance de recodification, nous avons pu, avec Martine Billard pour les Verts, Roland Muzeau pour le parti communiste, avec tous les syndicats de l'inspection du travail, avec le syndicat de la magistrature, faire une conférence de presse à l'Assemblée nationale pour faire éclater le scandale.


Grâce à lui, toute la gauche, les verts, le PCF, le PS ont voté CONTRE. La droite (Larcher Fillon, Villepin, Sarkozy...) avait mis en œuvre la ré écriture du code du travail tout entier de façon technocratique, depuis le 16 février 2005. Qui « ils » ? En étaient chargés, Jean-Denis Combrexelle, mon patron, car directeur général du travail, qui m'en veut car je dis partout ce que j'ai lu dans « Liaisons sociales », c'est qu'il dînait chaque mois de cette période avec Denis Gauthier-Sauvagnac, un autre responsable de ce sale travail de ré écriture du code, c'était Jacques Barthélemy, dirigeant du principal cabinet de juristes, 400 juristes, au service du Medef, et un autre c'était Christophe Radé, universitaire bordelais, qui a osé écrire en préface de l'édition du nouveau code, je cite « il faudra des mois voire des années pour que le nouveau code révèle tous ses secrets »... "ce sera un effort colossal pour les usagers"...


Ils ont, là où il avait 273 subdivisions, ils en ont fait 1850, là ou il y avait 1150 lois, ils en ont fait 3850, ils ont supprimé un « livre » sur 9 dans le Code, déclassé 500 lois en décrets, ils ont tout re-numéroté à quatre chiffres, faits s'écrouler des jurisprudences entières, enlevé l'apprentissage du contrat de travail, enlevé la durée du travail du chapitre conditions de travail, mis sur le même pied les obligations des employeurs et celles des travailleurs, diminué les droits pour les institutions représentatives du personnel, pour les syndicats, pour les prud'hommes, pour l'inspection du travail... Vous savez que ce passage à l'acide des exigences du Medef du code du travail, a été décidé par une ordonnance de Chirac en plein conseil des ministres, le 7 mars 2007, publiée au journal officiel le 12 mars 07, 994 pages format A4, en pleine campagne présidentielle, sans une « une » de télé, de radio, de presse,  dans un silence médiatique général, sans qu'un seul, qu'une seule candidate de gauche n'en parle, ne le dénonce, (pas faute d'être alertés...). Ils ont fait ratifier cela, 994 pages en 25' au Sénat le 26 septembre 2007.


Et depuis ils continuent de lois en lois...

 
Pourtant rien rien rien dans ce pays ne justifie qu'on attaque le code du travail. Jamais la France n'a été aussi riche, et les richesses aussi mal partagées, 105 milliards de profits absolus  pour le CAC 40, Total, Axa, etc... Ils ont fait la culbute depuis cinq ans, 72 milliards de niches fiscales, 148 milliards siphonnés des salaires vers les profits, les 500 premières familles ont gagné 80 milliards d'euros de plus l'an passé que l'an précédent (et Mme Parisot n'est que la 273° de ces familles), et puis voilà qu'ils osent prendre 1,5 milliard pour le RSA, aux petits épargnants alors qu'ils ont donné 15 milliards de bouclier fiscal aux grandes fortunes... La France est riche, elle n'a a jamais été aussi riche, les caisses privées sont pleines, elles débordent, débordent, et les caisses publiques, ils les ont vidées pour remplir les caisses privées, du temps de la gauche, ils critiquaient « la cagnotte publique », c'est vrai les comptes avec la gauche étaient en excédent, il n'y avait pas de trou dans les caisses de sécu, la masse salariale avait augmenté, maintenant ils ont tout inversé, enrichi les riches et vidé les caisses sociales collectives, c'est la cagnotte privée qui déborde...


Pourtant les richesses énormes sont là et il faut les redistribuer, et le code du travail aide à cela car si vous avez un bon code du travail, vous vendez mieux votre force de travail, si vous avez un mauvais code du travail, vous défendez moins bien le niveau de votre salaire,


Et c'est le salaire qui compte, le salaire, je suis syndicaliste, à la CGT depuis plus de 40 ans, mais sans responsabilité, mais mon idée, c'est qu'il faut 10 euros de l'heure, 10 euros mini, net, qu'on soit balayeur, caissière, pas moins de 10 euros pour une heure de travail, soit 1510 euros pour le mois, pour vivre décemment... je ne parle pas de pouvoir d‘achat ni de course au discount, mais augmentez massivement les salaires, tout de suite, 200 euros pour tous...


Et, non, pas les usines à gaz, ni de prime pour l'emploi, ni de participation ou d'intéressement, car tout cela n'abonde pas le salaire net et brut, donc n'abonde pas les cotisations sociales et les caisses de protection sociale,


Augmentez les salaires !

 
Et pour cela ce qu'il faut c'est un code du travail plus protecteur et pas moins protecteur, on dit qu'il n'y a pas de différence entre gauche et droite,  mais si, il y en a une énorme, nous voulons protéger beaucoup mieux les droits du salarié, le code du travail c'est vital, c'est les lois de la république face au marché, ce n'est pas un carcan mais un acquis de civilisation...


Laurence Parisot, qui habite de facto à l'Elysée, dit « la liberté de penser s'arrête là où commence le code du travail », c'est l'obscurantisme pur, vous appliquez cela au code de la route, vous avez dix mille morts le lendemain, vous appliquer cela au travail, vous avez cent mille licenciements abusifs le mois qui suit... Elle dit aussi « La vie, la santé, l'amour sont précaires, pourquoi le travail ne le serait-il pas ? » Ça fait drôle hein ? C'est l'apologie de la barbarie si on y réfléchit, car depuis l'aube des temps, nos plus anciens ancêtres ont tous lutté contre la précarité, contre la précarité de la faim, de la soif, de la souffrance, du chaud, du froid, je le dis toujours, on a inventé l'agriculture pour lutter contre la précarité de la cueillette, l'élevage pour lutter contre la précarité de l'élevage, cinquante siècles de lutte de l'humanité contre la précarité et voilà cette femme qui dirige le Medef qui s'écrie « erreur », « 50 siècles d'erreur, tout doit être précaire ! »... Vive Cro-Magnon en fait. Ils ne veulent plus de droits collectifs, mais un retour à des contrats de gré à gré, individuels, des « loueurs de bras » comme au XIX° siècle... Le Medef, crée en 1998, il a dix ans, c'est ça, sur le parvis de Matignon ou le 10 octobre 1997, sortant de chez Lionel Jospin, il a dit, vous vous en souvenez, « nous allons nommer des tueurs à notre tête, nous allons déclarer la guerre aux 35 h », et ils ont fait, et ils la mènent la guerre contre les 35 h depuis 10 ans...

 
Il faut des droits pour les salariés fragilisés et subordonnés. Ils vous disent : « - mais non, dans l'entreprise, on est tous collaborateurs, on est tous dans le même challenge, le même défi, le même bateau ». Tiens donc, jusqu'à ce que le capitaine parte avec le bateau et vous, vous restez amarrés sur le quai à l'ANPE, et vous vous apercevez que vous n'êtes pas collaborateurs mais subordonnés et que vous avez besoin de lois pour défendre vos droits... Laurence Parisot veut abroger le droit du licenciement pour la « séparabilité », elle dit « c'est comme un divorce » sauf que c'est toujours le même qui part avec les meubles...

 
Non, nous, nous sommes pour le progrès, pour la loi, contre la jungle de l'exploitation dans l'entreprise. Car le salarié est « subordonné ». Ce qui caractérise le contrat de travail, c'est un « lien de subordination juridique permanente », il faut donc des contreparties légales à cette subordination... protéger les salariés contre l'exploitation y compris parfois contre eux-mêmes pour des raisons d'ordre public social, et de santé publique...


L'histoire du code du travail, en 160 ans, c'est l'histoire de la réduction du temps de travail... le Dr Villermé en 1840, déjà, faisait rapport sur le sort des femmes et des enfants dans les fabriques à 14 h par jour, il a dit « il faut travailler moins »... il a fallu 80 ans pour qu'on passe à la journée de 10 h. Et l'on est passé avec la gauche en 36 à la semaine de 40 h, puis avec la gauche à la semaine de 39 h en 1982, et à la semaine de 35 h avec la gauche en 2002, on a prouvé au monde entier qu'on pouvait faire trois choses en même temps : réduire la durée du travail, augmenter les salaires et augmenter la productivité ! Les trois à la fois ! Quels sont les barbares moyenâgeux qui voudraient nous faire faire machine arrière ?

 

Il faut défendre les 35 h comme durée légale comme la prunelle de nos yeux. Et aussi la durée du travail sur la vie, le droit à la retraite à 60 ans à taux plein. Il faut rapprocher les durées réelles du travail de la durée légale, il faut abaisser la durée maxima de 48 h hebdo à 44 h hebdo, il faut rendre les heures supplémentaires plus coûteuses que l'embauche, il faut travailler moins pour travailler tous et mieux, il ne faut pas le travail le dimanche, (prétendument sur la base du volontariat, mais il n'y a pas de volontariat, cela n'existe pas en droit du travail, nul n'a la liberté de ses horaires, c'est le patron qui décide seul des horaires, pas le salarié..) il faut deux jours de repos consécutifs pour tous, de façon à encadrer la flexibilité, de façon à contrôler les horaires, à sanctionner fraudes et dépassements, mettre fin au scandale du non-paiement d'un milliard d'heures supplémentaires au moins...

 
 
Car dans ce pays, les heures supplémentaires sont massivement fraudées. L'INSEE et la DARES disent tantôt qu'il y en a 900 millions, tantôt 700 millions. Mais en 1993, du temps des 39 h il y en avait 1,2 milliards (soit l'équivalent de 680 000 emplois temps plein), aujourd'hui, il y a plus de salariés, et avec les 35 h, il y en a sûrement plus encore, probablement le double ! mais l'INSEE et la DARES établissent leurs enquêtes sans tenir compte des entreprises de moins de 20 salariés (5 millions de salariés, c‘est là qu'il y en a le plus d'heures supp') et en se basant sur les « déclarations des employeurs » !! Ne dites pas cela à un inspecteur du travail ! L'ACOSS vient de révéler qu'en fait la durée réelle du travail moyenne serait près de 41 h hebdo... c'est sans doute plus.

 
Alors avec un bon code du travail, il faut se donner les moyens de faire respecter la loi, avec plus et pas moins de droits syndicaux, d'inspection du travail, de prud'hommes ! Les heures supplémentaires, 50 % qui sont dissimulées, pas payées, qui ne donnent pas lieu à cotisation sociale, Maryse Dumas, à côté de moi, a dit 6,5 milliards de fraudes de ce type...on doit les faire payer, faire respecter les salariés qui les subissent !

 
Et cela nuit en plus à la santé, car on ne meurt plus de coup de grisou mais d'AVC, d'accidents cardio-vasculaires, tenez l'autre jour, dans une célèbre entreprise d'informatique, ils travaillent « sans compter leurs heures » paraît-il...hé bien hop à 34 ans crise cardiaque, l'autre jour aussi dans une rédaction d'un grand journal, un rédac chef, sort après une journée de 14 h, il meurt à 100 m de son bureau rue de Richelieu, d'une crise cardiaque, moi, je passe dans les bureaux et je dis « pas plus de 10 h par jour, pas plus de 48 h par semaine, ne dépassez pas la durée maxima c'est interdit », c'est la durée maxima du travail, la durée d'ordre public social, ...qui la dépasse crée un trouble manifeste à l'ordre public, c'est un délit, cela protège le salarié, cela s'impose à l'employeur sinon c'est un délit, et croyez-moi la délinquance patronale, elle est immense...


Xavier Bertrand, il a signé en Europe pour les « 65 h», et ils veulent remettre en cause cette durée maxima imposée, Sarkozy il a fait un tête à queue, que naturellement la grande presse n'a pas relevé, entre août 2007 et août 2008, car sa loi TEPA, elle vient d'être quasi annulée, il avait repris la proposition de la gauche en 2007 de faire passer la majoration des heures supp ‘ de 10 à 25 % dans les entreprises de moins de 20 salariés, et voilà qu'il permet de déroger par le bas aux 35 h, en diminuant la majoration des heures supp' à nouveau de 25 % à 10 %, voire à 0 %... car leur attaque contre les 35 h, elle vise ni plus ni moins à baisser les salaires, à enlever les majorations pour heures supp' de la 36°, 37°, 38 ° heure... etc..  En fait, les 35 h, ce n'est pas un carcan comme le disent tant d'esprit confus, c'est uniquement le seuil de déclenchement des heures supplémentaires, donc le début de la majoration des salaires, c'est cela qu'ils autorisent à remettre en cause, à déroger, s'il se trouve des syndicats contraints soumis ou serviles, pour signer de tels accords dérogatoires vers le bas.


Heureusement que les 35 h ne sont pas mortes, ils n'y arrivent pas, même Pétain n'avait pas pu remettre en cause les 40 h ! Même le conseil constitutionnel a pris, sur notre recours,  une importante décision en supprimant  leur volonté d'abolir toutes les clauses des conventions collectives existantes sur les majorations d'heures supplémentaires, elles restent donc en place, il faudra que les patrons, qui le veulent, dénoncent les conventions une par une !

 
Vous savez, c'est le salariat qui produit les richesses et n'en reçoit pas la part qu'il mérite, le salariat c'est 91 % de la population active, en 1945, c'était 50 %, en 68, 70 %, aujourd'hui le salariat domine, il est plus homogène qu'il ne le sait, ne le croit, qu'on ne lui dit, les salaires sont en dessous de 3000 euros, le salaire médian est scandaleusement bas à 1450 euros, il y a 7 millions de travailleurs pauvres, (et ils veulent en faire plus avec le RSA quasi soviétique ou c'est l'état qui paie les salaires a la place des employeurs), mais le salariat a un point commun immense, il n'a que sa force de travail à vendre, il est soumis aux mêmes exigences de compétitivité comme ils disent, en fait d'exploitation, vous savez un patron, il ne vous « donne pas de travail », il vous prend votre travail, et en tire du profit sinon il ne vous embaucherait jamais, toute la question est de savoir combien il tire de profit pour votre travail et combien il est obligé de vous donner de salaire pour vivre, vous. Ça se saurait si le travail enrichissait. Ce qui enrichit c'est l'exploitation du travail des autres. C'est le code du travail, le droit du travail, la lutte syndicale qui déterminent cette question, ce partage, le salaire brut et net, vous savez, certains ont dit, « il y a peu de syndiqués », mais il faut voir la chasse aux sorcières, il faut du courage pour être syndiqué, les syndicalistes sont des héros, pour résister, pour défendre les droits élémentaires, légitimes. Le salariat, 91 % de la population active, à nous socialistes, c'est notre base sociale, nous luttons pour lui et avec lui, à nous de faire connaître qu'il peut, qu'il doit être uni, que son statut, son code du travail, nous le défendons pied à pied, unifier le salariat, redistribuer les richesses en sa faveur, et s'il y a un seul salariat, il faut une seule gauche !


 
Gérard Filoche, atelier de La Rochelle, sur le code du travail en miette, samedi 30 août au matin,

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Published by Didier HACQUART - dans Congrès PS 2008
2 septembre 2008 2 02 /09 /septembre /2008 06:18

L'université d'été du PS est terminée, la suite à Reims en novembre !



Jean-Luc Mélenchon nous livre aujourd'hui son analyse de l'Université d'été de La Rochelle. Avant la lutte des premières places il ne faudrait pas oublier de parler du fond !


A méditer...


Je vous conseille aussi de lire de compte rendu de Gaëlle LENFANT sur son blog. C'est l'approche d'une militante et du vécu de l'intérieur. Cela donne une autre image que celle relayée dans les médias : Cliquez ICI


DH


 

 







Un cirque inacceptable par Jean-Luc Mélenchon



L'indigne merdier de La Rochelle m'a galvanisé. Ni de près ni de loin, je ne veux rien avoir à faire avec cette sarabande de girouettes. Quand je pense que tous ces agités sont ceux qui se donnent de grands airs d'importants responsables et me font des leçons de maintien le reste de l'année! Bien fou qui voudrait confier son pays à de tels vibrions. La seule synthèse dont ils semblent capables à cette heure c'est celle de toutes les tares de la politique, du bourrage de liste électorale en passant par le fractionnisme des groupuscules. Il faut s'écarter des parages de ce cirque. Et se tenir, ferme et stable, en fidélité à soi même.


Il y aura donc, en toute hypothèse, une motion de la gauche du parti, une vraie. Donc pas ce qu'on me propose. Pas ce collage de repentis du «non» au TCE avec des débris de l'ancienne majorité du PS baptisé avec un nom de tendance du PC italien. « Reconstructeur ». On rêve ! Surtout quand ces derniers ont pour principal brevet d'audace politique l'art de faire porter au seul malheureux Hollande le poids de leurs décennales turpitudes communes. Car du peu de dignité qu'il reste à n'importe quel socialiste, après qu'a eu lieu le spectacle global rochelais, il ne faut plus perdre une miette. Ce congrès est la dernière limite après que tant de bornes ont été franchies. J'y entre comme j'en sortirai : sans concessions. Et je ne serai pas seul à faire ce choix. Loin de là ! 


DE LA LIBERTE


En décidant avec Marc Dolez de faire cause commune pour le prochain congrès (voir communiqué à la note précédente) nous avons été bien inspirés. Du moins ne dépendons-nous plus des rebondissements du mariage des carpes et des lapins de l'étrange attelage des prétendus «reconstructeurs».


Ainsi nous sommes en mesure d'éviter que le choix au congrès du parti socialiste soit limité à l'alternative ou bien Ségolène ou bien l'un des représentants de la variété de sociaux libéraux avoués et fiers de l'être !


Depuis, on nous a harcelé pour connaître nos intentions et savoir à qui nous serions prêts à nous associer. Et avec celui-ci et avec celle là ? Et patati et patata. Le syndrome du poisson rouge ayant largement contaminé le petit monde anxieux des bêtes de congrès, la mémoire politique de tout un chacun doit être reconstruite toute les trois minutes. Comme pour le poisson rouge, toujours curieux de savoir ce qui se cache derrière le rocher autour duquel il tourne pourtant sans trêve. Trois minutes. C'est aussi le maximum que fixe une conscience politique alimentée par le spectacle médiatico politique. Que c'est épuisant. Et rageant ! Tout ce que ce blog comporte de note à ce sujet, tout ce que déclare jour après jour le site de Trait d'union est pourtant là ! N'empêche. Soit. Donc je mets les points sur les i un peu plus loin dans cette note, afin que nul n'en ignore. Nous voulions être autonomes et indépendants, bref libres. Nous le sommes.


DE L'EGALITE


Samedi, à la Rochelle, j'animais avec Najat Belkacem, Caroline Fourest et Alain Gresh un atelier intitulé « La laïcité à la croisée des chemins ». On nous avait confinés dans une petite salle à l'étage. Il y vint foule et le service d'ordre refoulait au pied même de l'escalier qui y conduisait. Pendant ce temps la salle plénière était vide. Je me suis demandé la raison de cette étrange organisation si dissuasive.


Quand le débat a commencé j'ai compris. Je crois que le PS n'avait pas trop envie de s'exposer. D'ailleurs, le responsable en titre du sujet au parti n'était pas là. Sujet chaud. Que penser de la révision de la loi de 1905, du rapport Machelon quand on a du mal à être clair sur les principes philosophiques à l'œuvre. Le différencialisme et le communautarisme ont fait des ravages considérables dans nos rangs. Significatif : nombre de personnes qui intervenaient depuis la salle se présentaient en donnant une carte d'identité quasi ethnique « je suis untel homosexuel chrétien », « je suis une telle de culture « arabo musulmane » et ainsi de suite. Une thèse très dangereuse a aussi beaucoup avancé chez nous : celle selon laquelle la collectivité doit prendre en charge l'édification des lieux de culte. Et chaque fois qu'elle est reprise il est toujours question de « dissoudre » la radicalité de l'islam des caves. Quelle sottise ! Il n'y a que l'islam en panne de locaux ?


Et comment croire un instant que la nature du local de prière fait le contenu du discours ? Mes amis ont filmé tout le débat et il devrait être bientôt mis en ligne sur internet. Le site du PS fait un compte rendu.


Je rappelle que mes conférences sur le discours de Latran et le choc des civilisations sont elles aussi en ligne sur internet  pour ceux qui s'y intéressent. J'ai hâte cependant que ce débat soit disponible en images. J'ai trouvé Caroline Fourest très percutante et très claire. Gresh interpellait beaucoup. Najat posait bien les termes du débat qui nous préoccupe au PS. Je sais que c'est dans ces contradictions d'énoncés et de solutions proposées qu'on forme son jugement de la façon la plus structurée. Là ce fut un moment de bonheur intellectuel.


Puis il fallut retourner sur le parvis brulant sur lequel se jouait le festival « off » de la Rochelle, celui qui a effacé le « on ». Des journalistes (c'est leur métier), des militants qui veulent rentabiliser en information de première main l'investissement qu'est leur présence (ils paient près de 500 euros pour être là), des touristes qui suivent l'actualité m'ont tellement questionné sur mes intentions d'alliance ! Comme si c'était une obligation de s'allier pour faire un bon congrès du point de vue des idées que nous défendons en commun avec Marc Dolez ! Mais je comprends bien qu'on m'interroge. Il régnait une telle ambiance de rebondissements et intrigues ! Quand on suit le fil des dépêches de presse, on voit que d'heure en heure les alliances se retournaient, s'emmêlaient et ainsi de suite. Je faisais figure de martien avec mes amis puisqu'on ne se souciait de rien. Mais pour être honnête la gauche du parti avait disparu de la photo. Le cœur de l'intrigue était fourni par les turbulences produites par la pulvérisation de l'ancienne majorité du parti. Le récit se lit dans toute la presse.


DE LA FRATERNITE


Donc comme promis en début de note je vais mettre les points sur les « i ». Ce que j'écris là n'a évidemment d'intérêt que pour les seuls amateurs de vie interne du PS et pour mieux dire aux connaisseurs. Je m'en excuse auprès des autres. Mais soyons francs : les bons festins commencent par une cuisine souvent longue et exigeante. Certes il et très peu probable que le congrès du PS soit autre chose qu'un désastre. Ce n'est pas une raison pour ne pas le mener correctement et avec conviction. C'est le propre des militants.


Deuxième précision liminaire : ce que j'écris exprime une pensée collective. Il faut le préciser car la plupart du temps j'écris «je» dans l'unique but d'être en phase avec la tendance de mon époque. Sinon il me faudrait utiliser le pluriel sans cesse et dire « avec mes camarades », «avec les dirigeants du mouvement» et ainsi de suite. Ce serait certes la pure vérité. Mais ça ne vaudrait rien pour la communication. Car aujourd'hui « je »  est considéré comme plus sincère que «nous». Je ruse donc. Je dis «je». Il faut lire «nous». Allons-y. Je (nous) fixe mes conditions pour quoique ce soit. Mais pas avec qui que ce soit. Je (nous, n'oublions pas) m'adresse à la gauche du parti. Qui est-ce ? Ceux qui se déclarent s'y trouver. C'est ma première condition. Pour s'accorder avec moi (nous), il faut montrer patte blanche et se déclarer clairement et sans ambigüité partie prenante de la gauche du parti. En tous cas pas le récuser comme le faisait le NPS de l'époque (Peillon, Montebourg et Dray) qui nous accusait Henri Emmanuelli et moi d'être la «gauche archaïque». Cette «gauche» pas archaïque mais tellement girouette a montré depuis comment la modernité était l'autre nom du plus noir opportunisme. Il est donc tout a fait exclu que cela inclut les Strauss Kahniens si sympathiques que soient nombre d'entre eux.


Deuxième condition : aucune discussion n'est possible sans un socle minimum et préalable : 1) refus de l'Europe du traité de Lisbonne et du grand marché transatlantique 2) alliance à gauche, rien qu'à gauche et sans exclusive à gauche.


Troisième condition : pas de dialogue par journalistes et dépêches de presse interposés, pas d'arrangement de comptoir au bistrot. La discussion a  lieu dans un cadre formalisé, autour d'une table avec crayon et papier disponibles dans la discrétion qui est une forme du respect de l'autre, ce qui exclut les mises au pied du mur, comptes rendus précoces et  intempestifs et autres puérilités groupusculaires. Ca c'est le ticket d'entrée. 


J'ai (nous) pris le petit déjeuner avec Benoit Hamon et Paul Quilès dimanche matin. Exploratoire. Et je commence par m'appliquer la règle que je viens d'énoncer à propos des comptes rendus. J'en reste là. A bientôt.



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Published by Didier HACQUART - dans Congrès PS 2008