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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
7 décembre 2008 7 07 /12 /décembre /2008 06:13

 

 


J’ai rejoint le Parti de Gauche, car je ne me retrouvais plus en phase avec la ligne politique du PS ni avec ses méthodes.

 

Pour clore ce sujet, je dirai que les tricheries dénoncées par les uns et les autres, lors du vote de désignation de la 1ère Secrétaire, ne datent pas d’aujourd’hui. Cela a toujours existé. Sauf que « les tricheurs » étaient jusque là dans le même camp. Ceux qui en pâtissaient, c’étaient les minorités du PS…

 

Sur ce blog, je n’ai pas vocation à « tirer » pour le plaisir sur le PS. La vraie cible, c’est la politique menée par Nicolas SARKOZY.

 

J’interviendrai cependant sur les orientations politiques du PS, lorsqu’elles iront à l’encontre de ce que je défends. L’Europe sera évidemment un vrai sujet de discorde. Une des raisons de mon départ, c’est le PS qui n’a pas respecté le vote des français sur le TCE en permettant à Nicolas SARKOZY d’entériner le traité de Lisbonne et donc « la concurrence libre et non faussée »

 

Ainsi la première divergence, c’est donc le manifeste du PSE, Parti Socialiste Européen, adopté par le PS français de Martine Aubry  le 1er décembre dernier. Il est disponible en anglais sur le site du PSE et prochainement en français. Encore une fois, c’est à lire attentivement.

 

Sur le site du PSE, il faut lire la déclaration du PSE sur le traité de Lisbonne  (en anglais) qui rappelle que le PSE prend en compte le vote Irlandais, mais aussi la ratification par 24 états membres, en espérant que les 27 ratifient le traité. Je rappelle que cette ratification se fait sans vote direct des européens. Comme évoqué, ci-dessus, la ratification en France, contre l’avis des citoyens français, s’est faite avec l’aval du PS.

 

C’est pourquoi, je vous livre le communiqué du parti de Gauche sur ce sujet !

 

DH

 

 


Le PSE (Parti Socialiste Européen) s'assoit sur le vote des Français Communiqué du Parti de Gauche
 

Alors que la crise démontre chaque jour l’échec de la construction libérale de l’Europe, la réunion des dirigeants du PSE (Parti socialiste européen) à Madrid le 1er et 2 décembre a confirmé le soutien obstiné de la social-démocratie européenne à ce modèle calamiteux.

 

Le Manifeste pour les élections européennes adopté par le PSE déclare en effet : « l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne rendrait l’Europe mieux à même de relever les défis communs de façon démocratique, transparente et efficace. »

 

Comment peut-on parler de démocratie lorsque l’on appelle à s’asseoir sur le vote des Français, des Néerlandais et des Irlandais qui ont rejeté le traité de Lisbonne ou sa version initiale, le projet de Constitution européenne ?

 

Comment peut-on parler d’efficacité en soutenant un traité qui interdit notamment toute mesure contre les paradis fiscaux et toute politique ambitieuse de relance de la part de l’Union ou des Etats-membres ?

 

Ce suivisme conduit les principaux chefs de gouvernements sociaux-démocrates d’Europe, l’espagnol Zapatero, le portugais Socrates et le britannique Brown à annoncer qu’ils soutiendront la reconduction à la tête de la Commission Européenne du conservateur Barroso, dont le dogmatisme néolibéral apparaît pourtant sans limite.

 

Plus que jamais, les oui de gauche et les oui de droite se présentent comme compatibles. Ce n’est donc pas en votant pour les listes du PSE que l’on changera le contenu actuel de la construction européenne.

 

En signant ce manifeste, Martine Aubry confirme l’alignement du PS français sur l’orientation démocrate de centre-gauche qui domine le PSE. Tous les socialistes attachés à une réorientation sociale et démocratique de la construction européenne, intransigeants quant au respect de la souveraineté populaire, sont face à leurs responsabilités. Le Parti de Gauche les appelle à rester fidèles à leurs convictions en participant au front des forces de gauche qui se présentera lors des prochaines élections européennes au vote des Français.

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Published by Didier HACQUART - dans PARTI DE GAUCHE
6 décembre 2008 6 06 /12 /décembre /2008 05:23


Ouf, nous pouvons être rassurés… Malgré la crise rien ne change et ne doit changer pour les (bonnes) affaires. Vive l’économie de marché, et la concurrence libre et non faussée, qui seules avec l’aide de l’Etat quand cela dérape, peut sauver le monde !

 

Laurence Parisot et ses collègues du patronat mondial, n’ont vraiment aucune figure. D’un autre coté, pourquoi se gêner, puisqu’ils vont trouver des appuis de poids avec Sarkozy et Barroso pour que rien ne change pour eux…

 

DH

 

 


Les patrons des patrons défendent leur business (*)

 

 

Réunis au MEDEF, à Paris, les leaders des organisations patronales des pays les plus riches se mettent d’accord pour ne rien changer au système.

 

« Avec toutes nos organisations, nous représentons plus de 70 % du PIB mondial », fanfaronne Laurence Parisot. « Et 80 % des investissements dans le monde entier », ajoute un peu plus tard le pantagruélique Jurgen R. Thumann, président du patronat allemand. Après quelques mois difficiles, les dirigeants des organisations patronales des pays les plus riches veulent reconquérir le terrain perdu avec la crise. Ce jeudi soir,

 

Ils sont reçus par Nicolas Sarkozy, à l’Élysée, et vendredi, ils communiqueront leurs revendications à José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne. Aux yeux du MEDEF et de ses cousins états-uniens, canadiens, japonais, russes, allemands, britanniques et italiens, il s’agit, après avoir sollicité à cor et à cri les secours publics au secteur bancaire et à l’industrie, d’écarter les hypothétiques prétentions des gouvernements à contrôler les marchés financiers et les entreprises.

 

« Nous sommes tous convaincus que seule l’économie de marché permet la création de richesses, le développement et l’innovation, se félicite Laurence Parisot. Seules les entreprises peuvent réellement sortir nos économies de la récession. Certes les États ont un rôle, notamment quand il s’agit de sauver et de bien faire fonctionner les marchés financiers. Mais en aucun cas, ils ne doivent intervenir dans les entreprises. »

 

Derrière ce refrain néolibéral, parfaitement intact malgré l’explosion systémique actuelle, les patronats des pays les plus riches se montrent très soudés, en particulier pour inciter les États membres de l’Organisation mondiale du commerce à conclure le cycle de négociations de Doha. « Ce serait une façon de marquer la préférence de tous pour les échanges économiques et une manière de montrer notre refus de tout protectionnisme », insiste la présidente du MEDEF. Bon bougre, Tom Donohue, président des chambres de commerce des États-Unis, se dit prêt à enfreindre les principes élémentaires de l’économie de marché pour sauver l’industrie automobile : « Si, à court terme, et de manière ciblée, il faut aider la filière, on soutiendra cette initiative, mais nous sommes tous d’accord pour refuser un engagement des États à long terme dans les industries automobiles. »

 

Thomas Lemahieu

 

(*) Lu dans l’Humanité du 4 décembre 2008

 

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Published by Didier HACQUART - dans Rien n'est inéluctable - mobilisons nous !
5 décembre 2008 5 05 /12 /décembre /2008 06:15


Il y a quelques mois lors de la dernière présidentielle, j'avais évoqué Nicolas Sarkozy qui avait redonne « au peuple de droite », la fierté d'être de droite. Je suis fier aujourd'hui de trouver enfin un homme politique qui nous rend fier d'être de Gauche, avec une gauche vraiment et enfin décomplexée !...

 

DH

 


Mélenchon: la gauche vraiment décomplexée, c'est lui ! (*)

 

 

De Karl Marx à Jean Jaurès, en passant même par Robespierre et Gracchus Baboeuf, lors du meeting fondateur du Parti de gauche, Mélenchon et ses «camarades» ont multiplié les références qu'on n'ose même plus faire au PC. Comme s'ils étaient enfin libérés d'un poids...

 

 « Y a-t-il un militant socialiste ? C'est pour l'AFP. » A l'entrée du gymnase qui accueille le meeting du Parti de gauche (PG) , une journaliste de la prestigieuse agence de presse erre comme une âme en peine à la recherche d'un « bon client ». Sauf que pour trouver « un militant socialiste », il n'est pas nécessaire de « faire le trottoir » : la salle en est remplie ! Il y a là des socialistes mais aussi des communistes, des écologistes, des tout-qui-se-fait-en-istes à la gauche du PS. Bref, il y a des militants de gauche, des « vrais », des purs, des durs. Des archaïques et des rétrogrades diront certains. Peut-être. Mais des archaïques et des rétrogrades qui s'assument. Comme ils assument leur histoire et leur culture. Des gens qui savent d'où ils sont partis (de gauche, évidemment !) et qui savent à peu près où ils veulent arriver : à « la République sociale » ! On connaissait la droite décomplexée. On connaissait aussi une certaine gauche décomplexée (celle de Jean-Marie Bockel,  par exemple, qui n'hésite pas à fricoter avec l'UMP et qui tenait elle aussi meeting ce week-end). Il faudra désormais compter avec la gauche vraiment décomplexée de Jean-Luc Mélenchon


Evo Morales...


Dans un meeting du PG, on n'hésite pas à faire lire à la tribune un message du président Evo Morales (« Recevez, depuis la Bolivie, toute mon amitié fraternelle et... révolutionnaire » !). Dans un meeting du PG, un Jacques Généreux , droit dans ses bottes et bien à gauche dans son discours, est capable de faire siffler trois événements vécus comme des traumatismes par ses « camarades » : 2002 quand Lionel Jospin explique que « [son] projet n'est pas socialiste », 2005 lorsque le PS se déchire sur la question du Traité constitutionnel européen ou bien encore 2007 lorsque la possibilité de faire appel à François Bayrou pour occuper le poste de Premier ministre est évoquée.


... Karl Marx...


Et dans un meeting du PG, on n'hésite pas non plus à citer les pères du socialisme. Jean-Luc Mélenchon, Marc Dollez et Oskar Lafontaine, invité d'honneur, y vont tous de leur petite phrase de Jaurès. Le fondateur du Die Linke« est bien plus actuel et clairvoyant que les idéologues du néolibéralisme à la mode. »  ose même jouer les « impolitiquement corrects » en expliquant que Karl Marx



... et même Robespierre et Gracchus Babeuf ! 


Dans ces conditions, le sénateur de l'Essonne, lui, se sent carrément pousser des ailes à la tribune : « Nous, les membres du Parti de gauche, nous sommes tous des Oskar Lafontaine, nous sommes tous des Chavez, nous sommes tous des Morales, nous sommes tous des socialistes, nous sommes tous des communistes, nous sommes tous des écologistes, des trotskistes et même des libertaires à notre manière. Nous sommes tout cela. (...) Nous prenons tout, nous répondons de tout. (...) De La Boétie aux philosophes des Lumières, des maillotins de Paris courant plus vite que leurs bourgeois aux sans culottes, Robespierre fondateur de notre liberté, Olympe de Gouge notre remord, Gracchus Babeuf, ceux de 1848 et les communards, l'immense lumière de la révolution russe de 1917 (...) le martyr des résistants pour vaincre les nazis, la lutte pour la décolonisation. Tout, nous prenons tout. (...) Jean Jaurès et l'indomptable Louise Michel. » Et Mélenchon de conclure son discours, sourire aux lèvres : « C'est bon d'être de gauche. » En tout cas, ça a l'air d'être plus simple pour lui et ses camarades de l'être au PG qu'au PS...


(*)http://www.marianne2.fr/Melenchon-la-gauaiment-decomplexee,-c-est-lui!_a93965.html


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Published by Didier HACQUART - dans PARTI DE GAUCHE
4 décembre 2008 4 04 /12 /décembre /2008 06:29



LE
PARTI DE GAUCHE

EST UN PARTI POLITIQUE EN CONSTRUCTION

 

Le Parti de Gauche vous invite à sa première réunion publique dans les Bouches du Rhône.

 

Il s'est créé face à la crise du capitalisme et à la catastrophe écologique qui s'avance. Il est un outil pour battre la droite et conquérir la majorité politique autour d'un programme républicain de dépassement du capitalisme et de remise en cause du modèle productiviste.

 

Le P.G s'est constitué à l'appel de deux parlementaires socialistes qui ont quitté le PS : Jean-Luc MELENCHON (sénateur) et Marc DOLEZ (député).

 

C'est un parti creuset qui se nourrit de l'histoire des luttes ouvrières et syndicales et des révoltes populaires, de l'apport des combats féministes, antiracistes, écologistes, laïques et alter mondialistes. Tourné vers l'avenir, c'est un parti qui veut réinventer la gauche. Il tiendra son congrès de fondation les 7 et 8 février prochain.

 

Il se battra pour un front de gauche réunissant toutes les composantes qui rejettent le traité de Lisbonne et ses conséquences en matière politique et sociale, aux élections européennes de juin 2009.

 

Contactez -nous, rejoignez nous !

 

www.lepartidegauche.fr  ou http://www.lepartidegauche13.com/

 

Par téléphone: dans les Bouches Du Rhône Hélène Le Cacheux 06-10-75-78-82

 

MEETING A GARDANNE

Vendredi 12 décembre à 19h00

MAISON DU PEUPLE

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Published by Didier HACQUART - dans PARTI DE GAUCHE
3 décembre 2008 3 03 /12 /décembre /2008 05:56

 

 


Lors du meeting de lancement du Parti de Gauche, le 29 novembre à St-Ouen, Oskar Lafontaine du Die-Linke Allemand nous a fait une vraie leçon de politique et plus encore de morale politique. Comme je l'ai déjà dit, c'est un discours d'une teneur que nous n'entendons guère en France.

 

Je vous livre donc comme promis l'intégralité de son discours qui est méditer par chacun d'entre nous.

 

Vous pourrez retrouver la vidéo du meeting ainsi que les textes des autres intervenants sur notre site : http://www.lepartidegauche13.com

 

DH

 


 

 Oskar Lafontaine

 

Mesdames, Messieurs, chers camarades !

 

 

C'est avec plaisir que je suis venu à Paris pour vous adresser la parole, alors que vous vous apprêtez à reconstruire en France un nouveau parti de gauche qui méritera vraiment ce nom. En Allemagne, nous venons de faire ce pas avec succès. Et c'est fort de cette expérience que je suis venu ici pour vous encourager à prendre le même chemin. Je sais bien que la constellation des partis politiques allemands n'est pas comparable à la situation française. Mais aujourd'hui, les sociétés françaises et allemandes ne diffèrent pas fondamentalement l'une de l'autre. Les problèmes économiques, politiques et sociaux qui se posent pour nos deux pays sont largement identiques. Je ne vois donc pas de raison majeure, pourquoi un nouveau parti de gauche n'aurait pas les mêmes chances de succès en France qu'en Allemagne.

 

Maintenant, que le parti Die LINKE existe depuis un an et demi, les sondages sérieux lui donnent 12 à 13 % au niveau national. Je dois vous avouer que je suis surpris moi-même de ce succès. Car ces chiffres ne mesurent pas la véritable ampleur de notre influence politique. A lui seul, le fait que nous soyons là, le fait qu'il existe en Allemagne un parti avec un profil politique et des revendications sociales nettement de gauche, à lui seul ce fait a changé l'orientation de la politique allemande. Et il n'y a pas que moi qui le dise. Presque tous les journaux allemands,

 

qu'ils soient de droite ou de gauche, qu'ils s'en réjouissent ou le déplorent, sont du même avis. La plupart d'entre eux sont d'accord pour écrire que c'est nous, le parti « DIE LINKE », qui sommes le projet politique le plus couronné de succès des dernières décades, que c'est nous qui au fond définissons de plus en plus l'agenda politique en Allemagne, que c'est nous qui poussons les autres partis à réagir. S'ils réagissent, s'ils reprennent à leur compte certaines de nos revendications sociales, c'est par crainte des électeurs. Et si le néolibéralisme, si virulent depuis 1990, est en train de s'effacer en Allemagne, c'est dû en bonne partie à notre présence parlementaire.

 

Chers camarades, il est évident que la construction d'un nouveau parti de gauche n'aurait pas pu réussir si les conditions extérieures, c'est à dire la situation sociale et politique de l'Allemagne, n'avaient pas été favorables au projet. C'est donc là le premier critère de succès. Alors que tous les partis politiques ouest-allemands si disputaient le « centre et préconisaient une politique économique néolibérale, la majorité de la population allemande déplorait le manque d'équilibre social résultant de cette politique. Le vide sur la gauche du spectre politique ne demandait qu'à être rempli. Car rien n'est plus efficace qu'une idée qui trouve son époque.

 

Le deuxième critère de succès est sans doute l'union des forces et des organisations politiques qui se définissent par une position critique à l'égard du capitalisme.

 

Le troisième critère - qui est peut-être le plus facile à réaliser, puisqu'il ne dépend que de nous seuls, mais ce n'est pas le moins important - c'est de donner au nouveau parti un profil clair, nettement discernable par rapport à l'uniformité des autres. Je ne manquerais pas de préciser ce troisième point par la suite, mais je voudrais l'aborder par un aperçu historique. Il est utile parfois de reculer d'un pas pour avoir une meilleure vue d'ensemble.

 

Au début de ma carrière politique, il y a une quarantaine d'années, les positions des partis de gauche en Europe étaient encore relativement claires, leurs missions bien définies. Il n'y avait pas encore cette uniformité centriste que les grands partis affichent de nos jours. Même en Allemagne, ou le parti social-démocrate, à Bad-Godesberg, avait décidé de s'arranger avec le capitalisme, gauche et droite restaient discernables pour les électeurs. Le SPD s'était détaché du marxisme, certes, mais avait conservé tout de même l'idée de réformer le capitalisme, de chercher la fameuse « troisième voie » entre communisme et capitalisme. Malheureusement, cet idéal réformateur a été enterré sous les débris du mur de Berlin.

 

En France, les positions des partis de gauche étaient plus nettes encore - non pas seulement du côté communiste, mais aussi du côté socialiste. Par son soutien à la guerre coloniale en Algérie, la SFIO avait perdu à la fin des années 60 toute légitimité comme parti de gauche. En 1971, au congrès d'Epinay, un nouveau parti socialiste se forme sous la direction de François Mitterrand. Le programme de ce nouveau parti socialiste français diffère considérablement de celui que les sociaux-démocrates allemands s'étaient donnés une bonne décade auparavant : il est anticapitaliste, il est critique à l'égard de l'OTAN et il est favorable aux alliances avec le parti communiste - tout ce que le programme du SPD n'est pas. C'était donc Epinay contre Godesberg au sein de l'Internationale Socialiste. Je suis allemand, mais je ne vous cache pas, que mes sympathies étaient du côté d'Epinay.

 

Je partage donc, chers camarades, vos déceptions. Car malgré ce programme théoriquement anticapitaliste, la politique pratique du gouvernement Mitterrand ne fut guère plus anticapitaliste que celle du gouvernement social-démocrate en Allemagne. Que ce soit en Angleterre, en Allemagne, en Espagne, .en France ou ailleurs , l'écart entre la théorie et la pratique politique est symptomatique pour l'histoire du socialisme ouest-européen. Presque toujours et presque partout, les dirigeants des partis socialistes ont lâché comme un lest leurs principes - souvent contre la volonté de la masse des militants - pour un portefeuille de gouvernement.

Et c'est bien là le grand dilemme des partis socialistes : c'est de formuler, pour ainsi dire, les principes d'opposition à Epinay et les principes de gouvernement à Godesberg. L'histoire des partis socialistes ouest-européens au pouvoir est une longue énumération de compromis pourris. Chers camarades, il faut sortir du dilemme et rompre avec cette tradition fatale de compromis pourris ! Pour un parti de gauche, les principes de gouvernement doivent toujours être les mêmes que les principes d'opposition. Si non, il disparaitra plus vite qu'il n'est venu.

 

Regardez vers l'Italie, regardez vers l'Espagne. La leçon, que la gauche peut tirer des dernières élections dans ces deux pays ne peut pas être plus claire : la lzquierda Unida marginalisée, la Rifondazione Comunista éliminée. Ces deux partis ont dû payer si cher leur participation au gouvernement parce qu'elle reposait sur des compromis pourris. C'est une absurdité, en effet, de quitter un parti à cause de sa ligne politique, de construire un nouveau parti, de former ensuite une coalition gouvernementale avec le parti qu'on vient de quitter sur la base de la politique même, pour laquelle on l'a quitté. Les électeurs n'apprécient guère ce genre de blagues - et ils n'ont pas tort.

 

Chers amis, si la gauche perd sa crédibilité, elle perd sa raison d'être. C'est pour cela que mon parti - die LINKE - a pris des mesures pour entraver cette tendance fatale des dirigeants au compromis politique dont j'ai parlé. Les décisions sur les grands principes de notre programme doivent être prises par l'ensemble des militants du parti et non seulement par une assemblée de délégués.
En outre, nous n'acceptons pas les dons qui dépassent une certaine somme, une somme relativement basse. Et croyez-moi, ce n'est pas l'attitude du renard qui voit que les raisins sont hors de sa portée qui est à l'origine de cette restriction. C'est tout simplement que nous ne voulons pas être corrompus. La corruption politique est un fléau de notre époque. Et ce qu'on appelle don n'est souvent qu'une façon légale de corrompre. La victoire électorale de Barack Obama est une bonne nouvelle, tant la politique du président Bush et de son parti était insupportable. Mais vu les sommes énormes que le capital américain a investi dans la campagne électorale du nouveau président, je reste très sceptique quant à son futur élan de réformateur. Le capital ne donne jamais sans prendre.

 

Venons en donc au profil programmatique qu'un parti de gauche doit avoir à mon avis. J'ai dit tout à l'heure que mes sympathies, il y a presque quarante ans, avaient été du côté d'Epinay et non de Godesberg. Eh bien, elles le sont toujours. Elles le sont peut-être plus que jamais. L'esprit anticapitaliste qui a animé la gauche française dans les années 70 s'impose toujours. Certes, une opinion publique manipulée au service du capital nous suggère à travers tous les médias que la mondialisation aurait complètement changé les choses, que l'anticapitalisme serait dépassé par l'histoire. Mais si on analyse le processus économique et social qui se déroule sous nos yeux sans parti pris, on se rend compte que la mondialisation n'a pas dissipé, mais aggravé les problèmes sociaux et les turbulences économiques causés par le capitalisme. Si vous comparez les écrits de Karl Marx au sujet de la concentration du capital, de l'impérialisme ou de l'internationalisation du capital financier avec les sottises néolibérales propagées de nos jours, vous constaterez que cet auteur du 19e siècle est bien plus actuel et clairvoyant que les idéologues du néolibéralisme à la mode.

 

Chers amis, plus que jamais l'anticapitalisme est de mise, car l'impérialisme, au début du 21ième siècle, est toujours réel. Et l'OTAN est instrumentalisée à son service. Jadis conçue comme alliance de défense, l'OTAN est devenue de nos jours une alliance d'intervention sous la direction des Etats-Unis. Mais la gauche ne peut pas préconiser une politique étrangère ayant pour but la conquête militaire des ressources et des marchés. Nous n'acceptons pas l'impérialisme belligérant de l'OTAN, qui intervient partout dans le monde en enfreignant le droit international. Nous sommes pour un système de sécurité collectif où les partenaires se soutiennent réciproquement lorsqu'ils sont attaqués, mais s'abstiennent de toute violence qui ne soit pas conforme au droit international.

 

En Allemagne, la question d'une intervention militaire - que ce fut au Kosovo ou que ce soit en Afghanistan - est une ligne de démarcation nette entre mon parti - die LINKE - et tous les autres partis, y compris le parti social-démocrate. Nous sommes intransigeants à ce sujet et notre participation à un gouvernement favorable aux interventions militaires de l'OTAN est inconcevable. La question de guerre ou de paix a d'ailleurs été de tout temps une raison de schisme au sein du socialisme allemand. Déjà en 1916 - sous l'impulsion de Rosa Luxemburg et de Karl Liebknecht - la guerre a divisé la social-démocratie allemande en deux partis. Et il n'y a pas qu'en Allemagne que la gauche a vu clair. Je vous rappelle les paroles de Jean Jaurès, que « le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage ». Camarades, si nous voulons un monde où règne la paix, il nous faut civiliser le capitalisme.

 

Contre l'idéologie de privatisation prêchée par les porte-paroles du néolibéralisme, nous sauvegardons l'idée d'une économie publique sous contrôle démocratique. Nous préconisons une économie mixte où les entreprises privées, de loin la majorité, côtoient les entreprises nationalisées. Surtout les entreprises qui relèvent des besoins fondamentaux pour l'existence de la société - le secteur de l'énergie par exemple ou même le secteur bancaire dans la mesure où il est indispensable pour le fonctionnement de toute l'économie - doivent être nationalisées.

 

Nous remettons à l'ordre du jour la question de l'autogestion ouvrière et de la participation des employés au capital de leur entreprise qui semble de nos jours oubliée.

 

Nous luttons contre une politique de démontage social qui donne priorité aux intérêts des investisseurs et qui se moque de l'injustice sociale croissante, de la pauvreté de beaucoup d'enfants, des bas salaires, du licenciement dans les services publics, de la destruction de l'éco¬système. Nous luttons contre une politique qui sacrifie au rendement du capital financier ce qu'il reste d'une opinion publique délibérative. Nous n'acceptons pas la privatisation des systèmes de prévoyance sociale, ni la privatisation des services de transport public. Nous n'acceptons pas non plus la privatisation du secteur de l'énergie et encore moins la privatisation du secteur public de l'éducation ou de la culture. Notre politique fiscale veut redonner à l'état les moyens de remplir ses fonctions classiques.

 

Aujourd'hui, les forces motrices du capitalisme ne sont plus les entrepreneurs, mais les investisseurs financiers. C'est le capital financier qui gouverne le monde et qui instaure globalement une économie de casino de jeux. La crise des marchés financiers était donc prévisible, attendue par les experts. Pourtant les gouvernements n'ont rien fait pour empêcher cette crise. Aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, les élites politiques ont jugé utile la spéculation effrénée. Et le continent européen s'est incliné devant ce jugement. Même pendant les phases, où la majorité des gouvernements européens était formée par des partis affiliés à l'Internationale Socialiste, aucune mesure n'a été prise. La perte de la dimension critique à l'égard du capitalisme a fait échouer lamentablement la politique opportuniste des partis socialistes et sociaux-démocrates sur toute la ligne. S'il fallait une preuve de cet échec, la crise actuelle des marchés financiers nous la livre.

 

Et s'il fallait une preuve, que nous, la gauche critique, ne sommes pas régressifs, que nous ne puisons pas dans le passé les remèdes contre les maux d'aujourd'hui, comme nous le reprochent constamment les libéraux et les conservateurs, s'il fallait une preuve, eh bien cette crise nous la livre aussi. Depuis le début des années 90 et la mondialisation qui s'en suit, la gauche, y compris moi-même, ne cesse de réclamer la règlementation des marchés financiers internationaux. Mais l'opinion publique néolibérale s'est moquée de nos opinions soi-disant régressives. Que la logique de la mondialisation n'était pas compatible avec une réglementation, nous a-t-on dit ; qu'il ne fallait surtout pas entraver le libre-échange et le libre flux transnational des capitaux, nous a-t-on prêché ; que toute réglementation était une solution surannée, régressive. Et maintenant, que font les néolibéraux en Amérique du Nord et en Angleterre, que font les conservateurs en Allemagne et en France ? Eh bien - ils prétendent règlementer. Ceux qui nous ont accusé de régression politique quand nous demandions la nationalisation de certains secteurs bancaires afin d'éviter la crise, que font-ils maintenant ? Eh bien - ils font semblant de nationaliser les banques au nom de l'avenir.

 

Maintenant, on socialise les pertes et on fait payer les groupes les plus vulnérables de la société pour la défaillance du système. Maintenant, on organise de pompeux sommets internationaux pour règlementer les marchés financiers. Mais nous n'en sommes pas dupes : les éléphants vont accoucher d'une souris. Vont-ils fermer le casino ? N'y pensez pas ! Vont-ils seulement changer radicalement les règles de jeu à l'intérieur du casino ? Mais non ! Ce qu'ils vont faire, c'est d'élaborer avec grand fracas verbal un nouveau code de comportement pour les croupiers. Rien ne va vraiment changer.

 

Si vous voulez des changements, camarades, il faut reconstruire la gauche - en Allemagne, en France, partout en Europe. L'expérience allemande nous montre qu'une gauche européenne réorganisée et forte peut faire bouger les choses en forçant les autres partis à réagir. Construisons ensemble cette nouvelle gauche, une gauche qui se refuse aux compromis pourris ! Pour souligner une dernière fois l'importance de cette maxime, je termine avec une image empruntée au poète russe Maïakovski : chantons ensemble notre chanson, mais évitons de lui marcher sur la gorge.

 

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Published by Didier HACQUART - dans PARTI DE GAUCHE
2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 06:20





2 camarades Aixois que j'ai connus au travers du PS et de PRS viennent d'éditer un livre « Pour en finir avec ceux qui ne veulent plus être socialistes... ». Je ne peux pas ne pas en faire un peu de publicité...


Ils animent aussi un blog « Aux armes citoyens » : http://2007-aux-armes-citoyens.over-blog.com/



DH

 



Pour en finir avec ceux qui ne veulent plus être socialistes...





Le PS est depuis longtemps, selon un mot de Jacques Gerstlé, une « mosaïque idéologique », capable de tenir des discours différents à des publics divers en vue de l'essentiel, pour lui : arriver au gouvernement.


La nécessaire ambiguïté d'un langage tantôt à usage interne, tantôt ouvert à l'opinion, a atteint un sommet dans la campagne de S. Royal, qui, selon le même chercheur, « attend la demande de l'opinion pour valider son offre électorale


». Dans ces conditions, la validation doctrinale de l'existence même du parti n'a plus de sens et le storytelling devient source de légitimité pour les candidats. Le parti ne concourt plus que de façon marginale et dégradée à l'expression du suffrage universel et les militants ne sont plus invités à travailler dans un intellectuel collectif qui n'a plus lieu d'être. Ceux qui prétendent s'affranchir de référence à une philosophie politique ou y substituer une bouillie idéologique que pourraient assumer leurs concurrents, sont-ils encore des socialistes ?


Sylvain Bartet (01.76) et Jean-Paul Beauquier (02.46), agrégés d'histoire, sont des militants politiques (PS) et syndicaux. Ils croient encore aux vertus de la colère... et même à la nécessité de la vertu en politique !



Sylvain BARTET, Jean-Paul BEAUQUIER


Sylvain BARTET, Jean-Paul BEAUQUIER


Pour en finir avec ceux qui ne veulent plus être socialistes...


Questions contemporaines, L'Harmattan, 2008 - 28 €


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Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 05:50


On peut critiquer Hugo Chavez. D'ailleurs, il est intéressant d'analyser qui le critique le plus farouchement. Son modèle de développement social dérangerait - il ?
 
Mais, l'Amérique du Sud ce n'est pas l'Europe, mais Hugo Chavez démontre qu'un autre modèle est possible. Il mène une vraie politique de redistribution des richesses de son pays envers les plus pauvres. C'est une vraie démarche de solidarité qui va à l'encontre de tout ce qui se passait jusqu'à lors. Il invente ou réinvente un « autre modèle »....
 
Je n'oublie, qu'il était représenté à St - Ouen le 29 novembre, lors du meeting de lancement du Parti de Gauche. Tout un symbole, et chacun sait qu'en politique, les symboles sont très importants...
 
DH
 


Au Venezuela, le pétrole rejaillit sur la population (*)


Soixante litres pour 1,50 euro, pourboire compris ! Les Vénézuéliens règlent le plein d'essence avec la ferraille sortie de leurs poches, et remplissent les réservoirs des 4 x 4 flambant neufs qui engorgent le centre de la capitale pour un prix inférieur à celui d'une bouteille d'eau.


En République bolivarienne du Venezuela, le carburant est subventionné à 98 % par l'Etat et les 700 000 barils par jour consommés dans le pays sont vendus à un coût symbolique par rapport au marché. Le reste de la production quotidienne, évaluée à 2,4 millions de barils, est exporté au prix fort - à 70% vers les Etats-Unis - et alimente les fabuleuses réserves en devises du pays. Ainsi la Banque centrale finira-t-elle l'année avec 39 milliards de dollars (30 milliards d'euros) en caisse, tandis que les réserves du Fonds de développement national (Fonden), un organisme gouvernemental créé en marge du système financier traditionnel, se monteraient à 25 milliards de dollars.


Peut-être bien plus mais «personne ne connaît les vrais chiffres», déplore Rafael Muñoz, économiste dans une banque internationale et professeur à l'université centrale du Venezuela. Et de préciser : «Depuis cinq ans, le gouvernement a mis en place une gestion fiscale parallèle hors de tout contrôle. Ce qui lui permet de financer d'énormes dépenses publiques largement vers le social. De fait, toute l'économie est subordonnée à l'objectif politique.» Le tour de passe-passe s'effectue à travers Petróleos de Venezuela SA (PDVSA), entreprise nationale qui reverse une partie de ses bénéfices au Fonden. Puis le fonds distribue l'argent aux misiones créées dans les zones les plus pauvres, en faveur de l'éducation, de la santé, de l'alimentation, de la rénovation de l'habitat, de «banques populaires» ou de coopératives ouvrières.

Bidonvilles. D'après les estimations des experts, 85 milliards de dollars auraient été affectés en cinq ans aux programmes d'aide, une première dans un Venezuela habitué à la coexistence paisible entre l'arrogante richesse des beaux quartiers et la misère des ranchitos (bidonvilles) qui les cernent. On peut y ajouter les dizaines de milliards de dollars affectés par le gouvernement du président Hugo Chávez à l'aide internationale, dans le souci d'exporter sa «révolution» (rachat d'une partie des dettes argentine et équatorienne, aide à la Bolivie, fourniture de pétrole bon marché à Cuba, au Nicaragua, au Honduras...).


Arsenal. Arrivé au palais Miraflores, l'Elysée local, il y a dix ans avec un baril à 7 dollars, Chávez a bénéficié d'un boom pétrolier qui lui a permis de financer ses projets vers «le socialisme du XXIe siècle», de payer les salaires de 3 millions d'employés d'Etat, de s'offrir un arsenal militaire russe et chinois et... de rester populaire. Mais la chute des cours, liée à la récession mondiale, est un coup de semonce à Caracas. Le budget 2009 a été calculé sur la base d'un baril vénézuélien à 60 dollars alors qu'il en cote aujourd'hui moins de 45 (1). Le Venezuela plaide donc au sein de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, avec l'Iran, pour une nouvelle réduction de la production d'un million de barils par jour pour soutenir les cours. C'est la position ce samedi au Caire lors de la réunion du cartel.


«Cette réduction devra intervenir avant la fin de l'année», estime Rafael Ramírez, ministre vénézuélien de l'Energie, soucieux de maintenir un pétrole élevé «pour les riches» afin de continuer à remplir les caisses de l'Etat. D'autant que son pays, dont la croissance moyenne annuelle flirte avec les 10 %, doit faire face à une forte demande interne de biens de consommation. La production nationale hors pétrole étant «ectoplasmique», cette demande est satisfaite par les 48 milliards de dollars annuels d'importations. Viande, sucre, farine, café, mobilier, habillement, électroménager, la plupart des articles vendus dans les magasins des grandes villes sont importés à grand renfort de pétrodollars. Le Venezuela de Chávez ne peut pas se permettre une chute prolongée du brut.


(1) Inférieur de 5 dollars au cours du brut léger en raison des difficultés de raffinage.


Libération.fr du 29/11/08, CARACAS, envoyé spécial GÉRARD THOMAS


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Published by Didier HACQUART - dans Rien n'est inéluctable - mobilisons nous !
30 novembre 2008 7 30 /11 /novembre /2008 11:06





Meeting de lancement du Parti de Gauche le 29 novembre 2008 à St Ouen, j'y étais !

 


Nous étions 1000 suivant TF1 et 4000 suivant les organisateurs à St Ouen pour le lancement du Parti de Gauche ! Malgré tout le meeting intéressait au plus haut point les médias, vu le nombre de caméras et de journalistes présents dans la salle. J'ai même aperçu Jean-François Kahn en observateur attentif de la vie politique française.


Nous étions en fait près de 3000 à avoir fait le déplacement de toute la France pour assister à cet évènement historique ! Nous étions une dizaine des Bouches du Rhône et du Vaucluse à avoir pris le TGV pour un aller retour Paris, ce 29 novembre. D'autres camarades des Bouches du Rhône étaient déjà sur place.


La création du Parti de Gauche est un événement en soit, qui dépasse nos frontières. L'ambassadeur du Venezuela était présent. Une lettre du Président Eva Morales à été lue à la tribune par l'ambassadrice Bolivienne en France.


Le monde culturel n'était pas oublié avec une intervention de Robert Guédigian. Jacques Généreux qui a quitté le PS était fier de pouvoir enfin s'adresser aux citoyens français et de ne plus perdre son temps à convaincre en interne du PS...


La présence de Pierre Joxe dans la salle, est un signe politique fort.


L'intervention d'Oskar Lafontaine a été très remarquée, et était une véritable leçon de morale politique. Sa « nouvelle gauche sans compromis pourris » a été très applaudi.


Jean-Luc Mélenchon pour finir a dressé les contours du Parti de Gauche et les enjeux. Il a lancé un véritable appel aux écologistes à rejoindre le PG. Il a lancé des messages clairs vers le NPA, pour un véritable front de Gauche aux Européennes 2009.


Je reviendrai bien évidemment sur tous ces points dans les jours qui viennent...


DH




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Published by Didier HACQUART - dans PARTI DE GAUCHE
29 novembre 2008 6 29 /11 /novembre /2008 06:40




Mélenchon: «Le PS accompagne le libéralisme» (*)

 

L'INTERVIEW POLITIQUE DU MERCREDI. Sénateur de l'Essonne, ancien ministre de Lionel Jospin, Jean-Luc Mélenchon a claqué la porte du PS, écœuré par sa "dérive sociale-démocrate". Samedi prochain, le 29 novembre à 15 heures, au centre sportif de l'île des Vannes dans l'île Saint-Denis, il lance son propre parti, "Le Parti de gauche" au cours d'un meeting auquel assistera l'allemand Oskar Lafontaine, ancien du SPD et créateur de "Die Linke".


La victoire de Martine Aubry vous fait-elle regretter d'avoir quitté le PS?
Jean-Luc Mélenchon.


Non. Je ne me suis pas déterminé par rapport à des personnes. Ma séparation avec le PS résulte d'un double constat. D'abord que le poids de la gauche du parti a été divisée par deux lors du Congrès de Reims. Ensuite que 80% des suffrages des militants se sont portés sur des motions issues de l'ancienne direction du parti. Donc en faveur de l'orientation qui, dorénavant, domine toute la social-démocratie européenne. A savoir, une orientation d'accompagnement du libéralisme. Le PS n'y échappe pas.


Le choix de Aubry ancre quand même le PS à gauche...


Pas d'avantage que si cela avait été quelqu'un d'autre. Quelle image spectaculaire de voir le PS dirigé par quelqu'un qui a comme premier adjoint dans sa ville de Lille un membre du MoDem !


Aubry, Royal, vous mettez les deux dans le même sac ?

 

Non. Ce n'est pas exactement la même chose. Ségolène Royal représente l'aile démocrate du mouvement socialiste international comme on peut l'observer en Italie. Martine Aubry, elle, incarne une forme plus classique de la social-démocratie. C'est mieux mais il ne faut pas oublier que cette ligne est dans une impasse totale et qu'elle gouverne avec la droite dans quatre des principaux pays européens.


Selon vous, le PS est-encore gouvernable ou est-ce toujours un grand corps malade?


Ce n'est plus mon rôle de m'exprimer à ce sujet. Mon départ est trop récent. Mais comme toutes les personnes de gauche, je souhaite que le PS soit un interlocuteur compréhensible.


Samedi, vous lancez votre nouveau parti, "le parti de gauche". N'ajoutez-vous pas de la confusion à la confusion ?


Au contraire. C'est un élément de clarification. Il va permettre à des dizaines de milliers de gens de gauche de trouver une expression politique qu'ils n'avaient pas jusque là.


Quels sont vos objectifs ?

 

Nous en avons deux. 1. Donner un parti d'accueil au peuple de gauche qui ne se reconnait plus dans les structures existantes. 2. Proposer une stratégie victorieuse à la gauche. Tant qu'elle est dominée par le PS qui est lui-même ancré sur une orientation sociale-démocrate, il lui est impossible ni d'affronter la droite ni de gagner les élections générales.


Il existe déjà le parti communiste et le NPA d'Olivier Besancenot. Etes-vous en concurrence avec eux ?

 

En concurrence, non. Mais en complémentarité, c'est certain. On ne peut pas dire qu'il y ait trop de gens engagés aujourd'hui à gauche. C'est l'inverse. Mon projet est donc un projet de rééquilibrage. Je veux constituer un front commun avec tout ce que l'on appelle l'autre gauche.


Etes-vous optimiste sur vos chances de réussir ce front ?

 

Oui. La stratégie du front permet à chacun de voir son identité respectée et collectivement de se donner un objectif ambitieux: passer en tête de toutes les autres listes aux prochaines élections européennes.


Si ce fameux front est réellement constitué...

 
Le début est prometteur. Il existe déjà entre nous et le parti communiste. D'autres, formations et personnalités, vont s'y adjoindre. Et je vous rappelle que ce front a déjà gagné une bataille lors du référendum sur la Constitution européenne.


Vous excluez les Verts ?

 

Sous la direction de Daniel Cohn-Bendit, l'un des agents les plus fervents du oui au traité constitutionnel et un apologiste forcené du traité de Lisbonne, je ne vois pas comment on peut s'entendre. Nous, nous voulons la clarification, pas la confusion.


Allez-vous remettre au PS votre mandat de sénateur ?

 

Non. Je ne le tiens pas du PS mais de mes électeurs parmi lesquels de très nombreux membres du Parti de gauche. Lorsque que j'ai pris la tête de la liste aux élections sénatoriales dans l'Essonne avec des PS, PC et divers gauche, il n'y avait qu'un seul sénateur socialiste, une femme en l'occurrence. Aujourd'hui, le PS aura toujours un sénateur, le PC aussi et le Parti de gauche également. Personne n'est donc trompé ou floué. J'ai été élu à gauche, je reste à gauche, je vote à gauche.


(*) Le Parisien.fr du 26/11/08


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Published by Didier HACQUART - dans PARTI DE GAUCHE
28 novembre 2008 5 28 /11 /novembre /2008 06:04





En lisant Le Monde dans l'avion, il y a quelques jours,  en voyage professionnel sur Paris, je suis tombé sur une présentation du livre de François RUFFIN : « La guerre des classes ».


A priori, le titre du livre ne me paraissait pas vraiment intéressant, voire d'un autre âge. En fait après avoir lu cet article, je me suis très vite procuré le livre que j'ai dévoré en quelques heures.


François Ruffin, remet en fait les pendules à l'heure. Son déclic lui est venu d'une phrase du milliardaire Warren Buffet :


« Il y a une guerre des classes, c'est un fait, mais c'est ma classe, la classe des riches, qui la mène, et nous sommes en train de la gagner »

 

(Le New York Times du 26 novembre 2006).


Et oui ! A force de tout comprendre et de tout accepter, on finit par oublier ou nous faire oublier certains fondamentaux... Manifestement « de l'autre coté », la lutte continue !


Je vous conseille donc ce livre.


Il se trouve que l'auteur, a fait de très bons articles (est-ce le hasard ?) sur EADS, sujet que je connais particulièrement bien pour le vivre de l'intérieur. Il est de Picardie, et connait manifestement bien la problématique Aéronautique, via sa proximité avec l'usine AIRBUS de Méaulte.


DH



Pour mémoire :


« Lagardère pour les nuls » :

 
http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1271


Sans oublier l'article paru dans le Monde Diplomatique en mai 2007 :


http://didier-hacquart.over-blog.com/article-11253883.html






"La Guerre des classes", de François Ruffin : pour en finir avec la gauche molle (*)



ll y a des mots tellement horribles qu'il faut posséder la liberté d'impertinence d'un milliardaire pour les prononcer. Il revenait donc au premier d'entre eux, l'homme le plus riche du monde, Warren Buffett, de révéler une vérité inconvenante : "Il y a une guerre des classes, c'est un fait, mais c'est ma classe, la classe des riches, qui la mène, et nous sommes en train de la gagner" (le New York Times du 26 novembre 2006).


Cette observation lucide est le point de départ du livre de François Ruffin. Il explore avec une verve caustique mais attristée ce mystère : pourquoi le terme de lutte de classes a-t-il disparu du débat politique, alors que l'évidence montre qu'il est plus actuel que jamais ?


Ce ne sont pas seulement les déclarations d'un milliardaire plus sincère que les autres qui légitime cette interrogation, mais aussi les études de la Banque des règlements internationaux (BRI), du Fonds monétaire international (FMI) ou de la Commission européenne, dûment référencées dans le livre et qui montrent que la part des profits, ou du capital, dans le partage de la richesse collective s'est singulièrement accrue, dans tous les pays occidentaux, depuis les années 1980, au détriment des revenus du travail.


La part de ceux-ci dans le produit intérieur brut a baissé dans les pays du G7 de 5,8 % entre 1983 et 2006. "Cette donnée majeure est quasiment effacée de la sphère publique, éclipsée dans les médias, à peine mentionnée par les politiques", observe François Ruffin, qui sait par ailleurs donner chair à cette statistique, en montrant notamment que cette redistribution des richesses au profit de l'oligarchie s'est opérée au détriment de la "génération des trentenaires précaires".


C'est surtout l'absence de toute référence à cette question par les partis de gauche - défenseurs supposés naturels des travailleurs - qui frappe l'auteur. Il analyse d'une plume chirurgicale les discours de Ségolène Royal, de Marie-George Buffet, plus larmoyante que combative, de Vincent Peillon, un champion de la langue molle. Comment s'explique cette démission de la gauche ? François Ruffin cite l'analyse d'Emmanuel Todd : "L'immobilité idéologique des enseignants (noyau du Parti socialiste) les a séparés de cet autre coeur sociologique de la gauche que constituent les ouvriers, qui eux subissent, depuis près de vingt ans, toutes les adaptations, tous les chocs économiques concevables."


Mais l'explication ne suffit pas, comme le montre le travail d'une chercheuse du CNRS, Josette Lefèvre, qui a analysé le vocabulaire syndical depuis plusieurs décennies et constaté que le terme de "classe" disparaît du discours, donc de l'analyse, dans les années 1980, non seulement du PS, mais aussi des syndicats ouvriers.


M. Ruffin ne prétend pas livrer une explication définitive, simplement souligner un trait majeur et mesurer l'épaisseur du silence à son propos. S'appuyant sur Jaurès bien plus que sur le marxisme, rappelant que le grand leader sut être révolutionnaire sans céder à ce qui allait devenir le léninisme, François Ruffin propose un point de départ : "S'il suffit de poser capital/travail pour rendre à l'univers social un peu de sa clarté, pourquoi s'en priver ? Pourquoi déchirer ce schéma, grossier, certes, mais efficace au moins pour mettre à nu cette offensive générale de l'argent contre les hommes ?"


Pour M. Ruffin, la refondation de la gauche ne peut se faire qu'en redéfinissant un socle commun d'intérêts. Il propose une grille de lecture sans doute insuffisante, mais qui s'appuie suffisamment sur les faits pour mériter une large réflexion chez ceux qui aspirent à changer les règles du jeu social et économique. Et les citations vigoureuses de l'humaniste socialiste Jaurès, d'une surprenante actualité, rappellent que l'on peut dénoncer l'âpreté de la lutte sociale sans tomber dans la dogmatique marxiste.



LA GUERRE DES CLASSES de François Ruffin. Fayard, 252 pages, 19 €.


Hervé Kempf


Article paru dans l'édition du Monde du 20.11.08


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