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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 05:15





Les étrangetés du PS des Bouches du Rhône

 


Bien qu'aillant quitté le PS en novembre dernier, je reçois toujours les informations de la fédération des Bouches du Rhône. C'est toujours intéressant ;


Ainsi j'ai appris samedi dernier l'ouverture d'un nouveau site internet de la fédération des Bouches du Rhône.


Outre le fait qu'il est plutôt bien fait, j'ai parcouru par curiosité la liste des élus.


Pour les maires, Guy OBINO n'est pas dans la liste, ce qui est logique puisqu'il n'a pas repris sa carte, comme je l'avais souligné il y a quelques mois...Vitrolles n'est donc plus considérée comme une ville dont peut se revendiquer le PS.


La surprise vient de la présence dans la liste des Maires de Serge ANDREONI, maire de Berre. Lui c'est le contraire de Guy OBINO ! Il se présente comme société civile ou divers gauche suivant les élections, et aujourd'hui, il aurait pris sa carte au PS. Pourquoi pas, et tout comme les électeurs de Guy OBINO à Vitrolles ne savaient pas en 2008 qu'il n'était pas PS, autant les électeurs de Serge ANDREONI doivent le découvrir maintenant... C'est vrai que pour une place de sénateur, on peut prendre sa carte et cotiser un peu !



DH



PS : Pour ceux qui suivent une certaine actualité, le fidèle Théodore BALALAS est toujours au Bureau fédéral...

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Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste
28 février 2009 6 28 /02 /février /2009 06:00

Nicolas Sarkozy a son facteur particulier en la personne de Jack LANG. Il va finir par l’avoir son poste  l’ONU ou ailleurs, le brave Jack. Nicolas est suffisamment fort pour l’amadouer afin de poursuivre la destruction idéologique du PS.
 
Ce qui est grave, ce n’est pas que Sarkozy récupère des ex PS, ce qui est grave, c’est que des personnalités du PS n’aient plus aucune barrière idéologique à rejoindre Sarkozy. Cela signifie sur le fond, que les idées se rejoignent. Quelle visibilité cela peut – il donner aux électeurs, si le PS et l’UMP se rejoignent au travers des transferts de responsables ?
 
Encore, un point qui me conforte dans mon choix pour le Parti de Gauche !... Pour moi, la droite et la Gauche ce n’est pas la même chose.
 
DH

Ce n'est pas la première fois que Lang est le messager de Sarkozy (*)
 

Avant d'être envoyé comme "émissaire spécial" à Cuba, le socialiste avait déjà été dépêché au Yémen, dans l'indifférence générale.


Suspecté sans cesse d'être au bord de céder aux sirènes du sarkozysme, maintes fois pressenti comme nouvel entrant au gouvernement, Jack Lang a toujours réfuté ces allégations, en précisant toutefois qu'il ne s'interdisait pas d'effectuer des missions ponctuelles. C'est ce qu'il vient d'accepter en devenant "émissaire spécial" de Nicolas Sarkozy à Cuba.


Nouvelle prise du chef de l'Etat chez les socialistes? Passage à l'ennemi acté? Martine Aubry, la nouvelle première secrétaire du PS soutenue durant la campagne interne par l'ex-ministre de la Culture, s'est empressée de dégonfler la polémique naissante, en déclarant qu'il "fait partie des talents de la France" et que "tout le monde a envie de les utiliser".


Les détracteurs de Jack Lang au sein du parti n'ont même pas pris la peine de faire connaître leur déception, attendant depuis longtemps ce faux pas, notamment depuis son vote en faveur de la réforme des instituons l'été dernier (le seul parmi les parlementaires socialistes). Il faut dire qu'il avait participé à la commission de révision de la Constitution présidée par Edouard Balladur.


Porteur d'une lettre écrite de Nicolas Sarkozy
 

Avant de tenter de renouer le dialogue politique et la coopération entre la France et Cuba, Jack Lang avait pourtant déjà œuvré pour Nicolas Sarkozy, sans que personne ne s'en émeuve ou ne s'en félicite. C'était il y a presque un an jour pour jour. Et déjà pour apaiser les relations diplomatiques de la France.


A l'occasion du dîner du Crif du 13 février 2008, le président français avait choqué une partie du monde arabe en s'engageant "à ne jamais serrer la main de quiconque ne reconnaîtrait pas Israël". Le président du Yémen, Ali Abdallah Salah, avait publiquement exprimé ses regrets.

Alors Jack Lang avait été dépêché quatre jours plus tard chez le président yéménite. "Il était porteur d'une lettre écrite de Nicolas Sarkozy invitant Ali Abdallah Saleh à un grand salamalec à Paris", expliquait à l'époque l'hebdomadaire Les Afriques.


Cet épisode cubain, en outre, survient un mois après la proposition par l'Elysée, alléguée par le site du Nouvel observateur mais démentie par l'intéressé, du poste de représentant permanent de la France au Conseil de sécurité des Nations unies.


Il va devenir de plus en plus difficile pour Jack Lang de trouver sa place au sein d'un Parti socialiste en phase de reconstruction. Mais l'ancien ministre de François Mitterrand le souhaite-t-il vraiment ?


Les explications de Jack Lang sur sa mission à Cuba, sur LeParisien.fr


(*) Par Julien Martin | Rue89 | 25/02/2009 


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Published by Didier HACQUART - dans Réflexions
27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 05:36


Un des axes politiques du Parti de Gauche, c’est la révolution par les urnes. Un second, c’est le débat argumenté et toujours le débat. Le dernier, c’est voter, voter et voter ! Au-delà de certaines formules employées souvent par Jean-Luc Mélenchon dans ces interventions, c’est une vraie démarche politique.

 

A partir de là, on comprend mieux l’inspiration qui vient des pays d’Amérique du Sud. On peut critiquer Hugo Chavez  mais il n’a pas peur d’affronter souvent les urnes et donc le peuple !

 

Cela devrait nous faire réfléchir sur notre propre démocratie, qui s’affranchit de faire voter le peuple, de peur qu’il ne vote pas « comme il faut ». Je fais référence ici, au traité de Lisbonne…

 

Ceux qui critiquent Chavez et se posent en grands moralisateurs, devraient y réfléchir à deux fois.

 

Une démocratie, n’est-ce pas pouvoir débattre de manière argumentée et de faire voter, en fait « trancher », le peuple sur des questions essentielles ? De là ne peut –il pas naitre de véritables changements d’orientations, que nous pourrions qualifier de révolution, pat rapport au système actuel ?

 

Je vous livre pour finir aujourd’hui, mais avec un peu de retard, le  communiqué de gauche qui salue la révolution par les urnes en cours au Venezuela…

 

DH

 



Venezuela : la révolution par les urnes

 

Lundi, 16 Février 2009 14:22 Christophe VENTURA


Pour ce 15ème scrutin électoral organisé au Venezuela depuis l'accession à la présidence de la République de Hugo Chavez, et avec un taux de participation de 70 %, les Vénézuéliens ont, dimanche 15 février, ratifié à 54, 36 % (45,63% pour le non) le projet d'amendement constitutionnel permettant, pour tout élu local ou national, dont le président de la République, de pouvoir se présenter à des élections sans limitation de nombre de mandats, "pour le temps établi constitutionnellement".


Le Parti de gauche salue cette importante victoire qui, au Venezuela, exprime la volonté majoritaire de la population de consolider le processus de profonde transformation politique et sociale qui se construit dans ce pays moteur de la dynamique progressiste en cours en Amérique latine. Elle montre, une nouvelle fois, que c'est par le suffrage universel et la participation populaire que peuvent se dessiner les contours d'un projet politique alternatif au modèle néolibéral et à la démocratie de marché.


De ce point de vue, la Révolution bolivarienne constitue une expérience qu'il convient d'observer avec attention et solidarité. Au Venezuela comme en France, c'est , in fine, l'irruption populaire dans les urnes qui permet des avancées concrètes face aux ravages du capitalisme. Les conditions de cette mobilisation nécessitent un important travail unitaire. En France, les prochaines élections européennes peuvent être l'occasion, pour tous ceux et toutes celles qui luttent contre les politiques conservatrices de la droite et contre le modèle capitaliste, de changer la donne politique.


C'est dans cette perspective, et en s'appuyant sur cette conviction que la révolution passe par les urnes comme nous l'enseigne la révolution démocratique vénézuélienne, que le Parti de gauche propose la constitution d'un Front de gauche pour battre la droite, la gauche social-libérale et changer l'Europe.


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Published by Didier HACQUART - dans PARTI DE GAUCHE
26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 05:45

Nicolas SARKOZY a proposé de partager en 3 tiers les revenus des entreprises : 1/3 pour les actionnaires, 1/3 pour l’investissement 1/3 pour les salariés.
 
Toute une série d’articles est parue sur le sujet dans la presse et sur Internet. Le sujet fait couler beaucoup d’encre, entre les pours, les contres, ceux qui disent que c’est impossible, que ce serait une catastrophe, etc.
 
Je suis surpris, de n’avoir jamais vu ou lu que ce système existe déjà en France, dans une entreprise. Je veux parler de DASSAULT, qui au travers de son accord de participation, applique depuis des dizaines d’années ce principe.
 
Il suffit d’aller sur le site de la CFDT de DASSAULT et de lire les accords société en vigueur.
 
 
 
Donc cette règle des 3 tiers est possible ! Sauf, erreur, je ne crois pas que la famille DASSAULT soit réellement dans le besoin.
 
Ne vous méprenez pas, je ne suis pas devenu Sarkozyste, ni pro - DASSAULT ! Je que je veux dire, c’est que c’est possible, que cela se pratique, même si le cas doit être unique. Il y a donc des marges de manœuvres tant pour le pouvoir d’achat, que notre protection sociale (santé, retraite, etc.), si on se réfère à l’analyse ci-après d’Alternative Economique.  De plus si les entreprises investissaient plus plutôt que de redonner de l’argent aux actionnaires, qui sont plus souvent des spéculateurs, que des investisseurs, cela ne serait pas forcément mauvais pour l’emploi.
 
Le bémol, que je mettrais, c’est que le MEDEF rêve de flexibiliser les revenus des salariés en fonction des profits de l’entreprise. Il ne faut pas rentrer dans cette logique. Encore comme contre-exemple, je prendrai DASSAULT (décidément !)  dont les grilles de salaires minimums sont très au dessus de la moyenne du secteur Aéronautique et autres.
 
DH
 
NB : J’ai tenu cette explication sur le site :
 
 
Mon commentaire a été censuré, bizarre ?

Les trois tiers, vraiment ? (*)
 

Nicolas Sarkozy souhaite que les actionnaires, les salariés et l'entreprise se partagent à part égale les bénéfices. Si on en croit les comptes établis par l'Insee, le chemin va être long.


Nicolas Sarkozy l'a claironné haut et fort le 5 février dernier : il faut que les entreprises partagent leurs bénéfices en trois tiers. Un tiers pour les actionnaires, un tiers pour les salariés sous forme d'intéressement et de participation aux bénéfices et un tiers qu'elles conservent pour financer leurs investissements et leur développement. Si on en croit les comptes de l'ensemble des entreprises françaises en 2006 (1) tels que les a établis l'Insee, le chemin va être long.


Les catégories des comptes nationaux ne correspondent pas exactement à celles de la comptabilité d'entreprise et il faut donc les triturer un peu pour retomber sur ses pieds. L'Insee considère par exemple l'intéressement et la participation comme des salaires. La comptabilité nationale ne connait pas non plus la notion de bénéfice : elle n'estime que des « profits bruts » avant amortissement, c'est-à-dire prise en compte de l'usure des équipements existants et de la nécessité de simplement les remplacer. La Note de l'Insee évoquée par le quotidien Les Echos du 18 février 2009 entretient d'ailleurs cette confusion : le partage des profits qui y est calculé n'a, en particulier pour cette raison, rien à voir avec le partage des bénéfices des entreprises tels qu'ils ressortent de leurs comptes annuels...


Si on opère rigoureusement les reclassements nécessaires, il apparait que pour un chiffre d'affaires global de 2260 milliards d'euros, les entreprises (les sociétés non financières dans le jargon de la Comptabilité nationale) avaient réalisé en 2006, 137 milliards de bénéfices avant impôt, soit 6 % de leur CA. Elles avaient payé 41 milliards d'impôts sur les bénéfices et il leur est donc resté 95 milliards d'euros à partager. Là-dessus 71 sont partis aux actionnaires, 15 aux salariés sous forme d'intéressement et de participation, soit 16 % du total (2). Et il n'en restait que 9, soit 9 % du total, pour financer le développement des entreprises... Sans commentaires. (une fois déduits les dividendes que les entreprises ont-elles-même reçues de leurs filiales), soit 75 % du total,



Résultat des sociétés non financières en 2006 en milliards d'euros et en % du bénéfice après impôts


Source : Insee, Dares, calculs Alternatives économiques



Bénéfice après impôts

95,1


Revenu distribué aux actionnaires

71,0

74,6%

Intéressement et participation

15,1

15,9%

Reste à l'entreprise

9,0

9,5%




(*) http://www.alternatives-economiques.fr/benefices-d-entreprise---sarkozy-sur-les-befefices-d-entreprises_fr_art_633_42052.html


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Published by Didier HACQUART - dans Rien n'est inéluctable - mobilisons nous !
25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 04:12



Pour une fois je reprends un article du Figaro. Il me paraissait intéressant de parler du fameux scandale MADOFF. L'article du Figaro traite des « victimes françaises ».

 

Je trouve le titre surprenant, victimes ? Pour moi ce sont des victimes ( ?) qui croyaient au Père Noël, et qui rêvaient de super rendements en pleine crise des subprimes (6 à 7%) et même avant avec des rendements supérieurs à 10%. Personnellement je ne vais pas pleurer pour des personnes qui ont les moyens de perdre pour certains plusieurs centaines de millions d'euros....

 

L'autre jour, j'entendais à la radio un spécialiste financier qui trouvait anormal que le taux de la caisse d'épargne passe à 2,5% en 2009. Il trouvait que cela était trop ! Il trouvait « intolérable » que la Président de la république intervienne dans ce dossier, alors qu'il était initialement prévu que le taux passe de 4 à 2%... Ce qui m'exaspère, c'est que ce brave homme côtoie tous les jours ces « pauvres victimes » de MADOFF pour qui il était normal « d'investir » dans des fonds qui rapportent 10% et plus...

 

Si vous avez le courage d'aller jusqu'au bout de l'article, j'avoue que c'est un peu écœurant et démoralisant, vous serez « rassurés » d'apprendre que pour ces victimes, des solutions sont en passe d'être trouvées pour minimiser leurs pertes...

 

Pendant ce temps là, des dizaines de milliers de Guadeloupéens manifestent dans la rue depuis plus d'un mois pour ...... 200 €.

 

DH

 

 


 

 

Madoff : les victimes françaises parlent


Légende de Wall Street, le courtier Bernard Madoff avait tout pour inspirer confiance. En France, 45 banques et assurances lui ont confié directement ou indirectement des fonds. (Polaris/Starface)

 

On croyait que seules quelques grandes fortunes étaient lésées. On découvre jour après jour que des centaines d'épargnants français avaient placé leurs économies chez l'escroc de Wall Street, souvent sans le savoir.

 

De Courchevel à Saint-Tropez en passant par le Cercle de l'Union interalliée ou le Maxim's Business Club, c'est devenu presque une boutade : «T'es Madoffé ou non?» La réponse est souvent positive. Mais ceux qui en parlent le plus ne sont pas nécessairement ceux qui ont le plus perdu. En matière de fortune, plus on en a, moins on en parle ! N'empêche: la liste des victimes françaises de Madoff s'allonge de jour en jour, surtout depuis que la justice américaine a publié un listing de 12 000 clients de l'escroc américain, à l'origine d'une fraude monumentale évaluée à 50 milliards de dollars (38 milliards d'euros). Parmi eux, une vingtaine d'institutionnels et de particuliers français, parfois dissimulés derrière des structures au nom mystérieux Pargeral, Luxalpha, Finama, Access... Ces fonds appartiennent en réalité à des personnalités connues comme Liliane Bettencourt, l'une des premières victimes de Madoff. La richissime actionnaire de L'Oréal, 86 ans, aurait investi entre 450 et 500 millions d'euros via la structure chargée de gérer ses avoirs dans le groupe de cosmétiques et via la Fondation Bettencourt-Schueller. Elle avait toutefois réaménagé ses placements et sa perte serait d'une vingtaine de millions d'euros. On trouve aussi en bonne place sur cette liste la Financière Agache, holding familiale de Bernard Arnault, patron du leader mondial du luxe LVMH, et première fortune de France (18 milliards d'euros). L'homme d'affaires a fait savoir que le compte était « dormant » depuis plusieurs années.

 

Même chose pour le groupe Carrefour, dont la trésorerie a fait un tour sur les comptes de Madoff. Le nom de son ancien trésorier, Jean-Pierre Audebourg, est mentionné sur la liste des clients. « Le compte a été soldé en 2003. Il est aujourd'hui en sommeil », explique une porte-parole du groupe de distribution. Certains ne démentent pas, mais restent silencieux, comme la discrète famille Igoin-Apfelbaum, qui compte plusieurs scientifiques dans ses rangs. Ou encore la famille Halley, héritière du groupe de distribution Carrefour-Promodès, qui a investi une partie de ses avoirs via son family office Halley Invest, situé à Bruxelles. « Des gens sérieux, qui n'ont pas la réputation de s'engager à la légère », explique un fin connaisseur du dossier. Comment cette famille si prudente s'est-elle retrouvée impliquée dans cette escroquerie de haut vol ? Les relations d'amitié qui unissaient Paul-Louis Halley, l'homme fort de la dynastie, et Thierry de la Villehuchet, cofondateur d'Access International Advisors, l'un des fonds qui recrutaient des épargnants pour Madoff, ont joué à plein. «Ils étaient très amis. Ils partageaient la même passion du bateau en Bretagne», raconte un proche de la famille.

 

Car le système Madoff reposait avant tout sur les relations de confiance et d'amitié. « Le boucheà- oreille a fonctionné à plein. Tout le monde voulait rentrer dans Madoff, qui offrait des rendements de 6 à 7 % alors que la Bourse s'effondrait, explique Bertrand de la Villehuchet, le frère de Thierry, qui s'est suicidé à la veille de Noël. Il a estimé qu'il aurait dû s'opposer et qu'il n'avait pas rempli son rôle. » Surtout auprès de ses amis, dont beaucoup sont aujourd'hui ruinés. L'engouement était devenu tel, surtout depuis la crise des subprimes, que toute la jet-set et les milieux d'affaires rêvaient d'investir dans ce fonds miracle dont l'accès était présenté comme un privilège. Entrer dans Madoff, c'était être coopté par les membres d'un club hyper-sélect dont la carte de membre s'achetait plusieurs millions d'euros. Un avocat parisien raconte :«Un de mes clients s'est entendu répondre : "Je ne peux pas te faire rentrer dans Madoff. Avec 5 millions d'euros, il ne te prendra pas. Il faut plus !"». La société de Thierry de la Villehuchet et de son associé, Patrick Littaye, jouait un rôle clé pour séduire le gotha européen. Parmi les associés, on retrouve Philippe Junot, l'ex-mari de Caroline de Monaco, et Michel de Yougoslavie. Ces deux figures emblématiques des mondanités européennes se font aujourd'hui fort discrètes. «Je n'ai aucune nouvelle de Philippe depuis Noël», assure un de ses plus vieux amis.

 

Grands patrons à la retraite, cadres supérieurs fortunés, stars du show-biz, héritiers de vieilles dynasties industrielles... Ils sont nombreux à s'être laissés prendre. Leurs noms se chuchotent dans les cabinets feutrés des avocats parisiens renommés. Un grand nom du cognac aurait perdu 280 millions d'euros dans l'affaire ! On parle aussi des Racamier (héritiers de la fortune Vuitton), des Guerrand-Hermès, d'une partie de la famille Bouygues, du mari d'une ancienne star du cinéma, « dentiste des people », d'un célèbre intellectuel philosophe, d'un membre éminent de l'Institut... Aucun n'a voulu confirmer ces rumeurs.

 

Quelques entreprises figurent aussi parmi les victimes. Un groupe industriel de tout premier plan aurait perdu 100millions d'euros, soit entre 25 et 30 % de sa trésorerie, en pariant sur Madoff. Une affaire suivie de près par Bercy, d'autant qu'il ne serait pas le seul dans ce cas.

 

Mais ce que l'on découvre aujourd'hui, c'est que des milliers d'épargnants anonymes se retrouvent pris au piège après avoir investi les yeux fermés dans des sicav et fonds de placement, eux-mêmes investis dans des fonds liés à Madoff. Parmi ces derniers, des noms reviennent avec force, comme Luxalpha et Luxinvest, deux sicav luxembourgeoises commercialisées par la première banque suisse, UBS, mais aussi Thema, la sicav irlandaise proposée par HSBC, ou encore Fairfield, Kingate... « Ils étaient considérés comme des placements de père de famille, sensés, prudents et offrant un maximum de garanties, car ils avaient reçu le passeport européen », précise Fabrice Rémon, responsable de Deminor France, qui défend les épargnants contre UBS. Le simple nom de cette banque, premier gérant de fortune mondial, suffisait à inspirer confiance. « Beaucoup de ces épargnants n'auraient pour rien au monde acheté du Madoff offshore. Ils voulaient un dépositaire prestigieux », ajoute Colette Neuville, présidente de l'Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam) et passionaria des petits porteurs.

 

Combien les Français ont-ils perdu ?

 

Certains ont investi quelques dizaines de milliers d'euros, d'autres, quelques centaines de millions... On estime que 45 institutions financières parisiennes (BNP Paribas, Natixis, Meeschaert, Aforge, La Compagnie financière Edmond de Rothschild...) ont guidé leurs épargnants, directement ou indirectement, vers les produits Madoff, parfois sans même le savoir ! L'Autorité des marchés financiers (AMF) soutient que toutes les pertes sont aujourd'hui identifiées. Elles sont évaluées, pour les petits épargnants français ayant investi dans Luxalpha, à 500 millions d'euros, sur un total de 1,4 milliard d'euros d'actifs Madoff acquis par la sicav. Mais combien ont-ils perdu à travers d'autres fonds ? Et directement ? « Les pouvoirs publics minimisent les chiffres pour ne pas affoler les épargnants, mais la facture totale est très supérieure au milliard d'euros », confie un professionnel de la finance. L'affaire est en tout cas suffisamment grave pour que Bercy change de discours. Après avoir affirmé que l'affaire Madoff ne concernait pas « le grand public », mais seulement les plus fortunés des épargnants, Christine Lagarde semble avoir pris la mesure de la fraude. D'autant que les grandes manœuvres ont commencé pour tenter de récupérer les sommes évaporées.

 

Tous les regards sont tournés vers le Luxembourg et sa législation en matière de protection des épargnants. Qualifié de « paradis fiscal » par le chef de l'Etat lors de son interview télévisée, le grand-duché peaufine sa défense et tente de démontrer qu'il offre les mêmes garanties que n'importe quel autre pays de l'Union européenne, contrairement à ce que certains ont laissé entendre. Le ministre du Budget luxembourgeois, Luc Frieden, a cherché à éteindre le feu en précisant qu'UBS, en sa qualité de dépositaire des fonds placés sur la sicav Luxalpha, avait bien, au Luxembourg comme ailleurs en Europe, un rôle de « conservateur » (ce que contestait UBS) et devait à ce titre rembourser les épargnants. Une prise de position politique qui reste à confirmer par la toute-puissante Commission de surveillance du secteur financier (CSSF), l'équivalent luxembourgeois de l'AMF.« Celle-ci a pour l'heure notifié à UBS un certain nombre de griefs, dans le cadre d'une procédure confidentielle, et évoqué de possibles sanctions à l'encontre de la banque », relate MeMarc Stehlin, avocat à Paris. Avec, en toile de fond, un possible retrait de l'agrément européen pour certaines activités d'UBS au Luxembourg ? La banque suisse a un mois pour obtempérer. « Le Luxembourg a parfaitement raison d'opter pour la fermeté, estime Colette Neuville. Il faut que l'on puisse dire que l'Europe est un espace dans lequel les régulateurs font respecter la loi. Il est impératif de donner un vrai sentiment de sécurité aux investisseurs, alors que l'Europe a précisément besoin de capitaux. » Pierre Bollon, délégué général de l'association des sociétés de gestion, confirme : «Le grand-duché a compris que sa réputation était en jeu.»

 

L'ennui est que, jusqu'à présent, tout montre qu'UBS n'a nullement l'intention de rembourser les épargnants floués. A la suite d'une décision de justice dont elle vient de faire appel, UBS a été condamnée à rembourser 30 millions d'euros à la société de gestion française Oddo Cie, qui lui avait donné l'ordre de clôturer ses positions dans Luxalpha dès novembre 2008 (un mois avant l'arrestation de Madoff !). Or la banque suisse ne s'est exécutée qu'en janvier. Sa mauvaise volonté a éclaté au grand jour le 10 février, lors de la publication de ses comptes annuels : non seulement le sort des clients Luxalpha et Luxinvest n'a pas été évoqué, mais la banque s'est offert le luxe de verser 1,5 milliard d'euros de bonus à ses salariés. Avec l'aval des autorités suisses, premier actionnaire d'UBS ! La bataille juridique ne fait que commencer. Si UBS est au cœur du cyclone, d'autres établissements pourraient se retrouver dans la tourmente. En premier lieu HSBC, dont le fonds Thema, basé en Irlande, a drainé jusqu'à 700 millions d'euros d'épargne vers Madoff. Mais aussi les établissements français qui ont vendu ces produits à hauts risques à leurs clients privilégiés, tout en croyant leur proposer des placements sécurisés. « Nous sommes nous-mêmes victimes », se défend un gérant de fortunes parisien.

 

La décision du fonds de gestion privée Meeschaert de rembourser ses clients Luxalpha donne une lueur d'espoir aux victimes françaises. « Il s'agit d'un geste commercial fort, qui se chiffre à plusieurs millions d'euros, explique Cédric Meeschaert, président de Meeschaert Gestion privée. Après deux mois d'attente, nous avons estimé légitime de dégager nos clients de cette histoire et de régler le problème entre institutionnels, dans un cadre européen. » D'autres établissements auraient commencé à rembourser certains clients privilégiés, en toute discrétion.

 

Ces initiatives isolées sont mal perçues par leurs confrères, qui les accusent de trahir la solidarité de la place et voudraient d'abord voir aboutir leur démarche commune à l'encontre des dépositaires des fonds investis chez Madoff, UBS et HSBC, et de leurs commissaires aux comptes, Ernst&Young et Price Waterhouse.

 

Pour l'heure, les seuls gagnants sont les avocats, dont les équipes s'activent pour préparer assignations et référés. En promettant à leurs clients d'être remboursés plus sûrement que leurs grands-parents qui avaient souscrit des emprunts russes!

 

(*) http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2009/02/20/01006-20090220ARTFIG00354-madoff-les-victimes-francaises-parlent-.php

 

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Published by Didier HACQUART - dans Rien n'est inéluctable - mobilisons nous !
24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 06:11



Le « manifesto », la bible du PS pour les européennes, à lire attentivement


Nous allons rentrer dans les prochaines semaines dans la campagne des élections Européennes. Pour moi militant du Parti de Gauche, ce sera un évènement important. En effet, c'est notamment par rapport à la position du PS sur l'Europe que j'ai quitté ce parti en novembre 2008.


La position politique du PS se retrouve dans « le manifesto ». Ce manifeste a été adopté à l'unanimité par les 33 partis socialistes, sociaux-démocrates, travaillistes et progressistes, membres du Parti socialiste européen et constitue le programme d'action commun. Il a été ratifié par Martine Aubry, peu après son élection à la tête du PS.

 

http://www.pes.org/downloads/PES-Manifest_FR.pdf

 

Ce manifeste est à lire dans le détail. J'ai retenu pour aujourd'hui les pages 5 et 6 :


« L'Union européenne, c'est notre lien vital dans la mondialisation. Elle nous met en position forte pour traiter les problèmes mondiaux qui impactent nos pays. Une coopération plus intense et plus efficace en Europe permettra de relever les défis et d'améliorer la vie des citoyens. C'est pourquoi l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne, après ratification par tous les Etats membres, donnerait à l'Europe plus de moyens pour mener, face à nos problèmes, une action démocratique, transparente et efficace. »

 
En clair le PS, confirme au niveau européen son soutien au traité de Lisbonne, qui n'est autre que le traité constitutionnel rejeté par une majorité de français en 2005. Cela nous avait été confirmé par
Valéry Giscard d'Estaing le père du TCE en 2007. Le PS fait donc fi du vote des français, ce que nous savions lors du vote de ratification en 2008, mais en plus fait abstraction du vote Irlandais !


Dans sa 10ème proposition (page 14) « le manifesto » propose que «  La Banque Centrale Européenne doit soutenir la croissance et l'emploi tout en préservant la stabilité des prix. »

 

On pourra dire que le manifesto a été écrit avant la crise de fin 2008, et que les socialistes « ne savaient pas »...


Dans un autre domaine, dans son discours de clôture du congrès du Parti de Gauche de Limeil-Brévannes nous avait parlé du salaire minimum en Europe tel qu'abordé dans « le manifesto ».


Effectivement, en le lisant il est fait référence à plusieurs reprises à la notion de salaire minimum décent. Comme le rappelait non sans humour, Jean-Luc Mélenchon, « encore heureux que le PS ne soit pas pour un salaire minimum  indécent ! »

 

Quelque part tout cela me rend triste, car cela m'oblige à reprocher au PS, ce que j'ai reproché dans mes tribunes à Sarkozy... Mais bon, ...


La campagne des européennes devra se faire sur les idées, et sur l'Europe que veulent les français... Il va y avoir un travail intéressant !


A suivre...


DH

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Published by Didier HACQUART - dans PARTI DE GAUCHE
23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 08:11

 

 


Des intellectuels des départements d'Outre-mer se mobilisent. Ils ont écrit un manifeste pour les produits de haute nécessité.

 

Mais leurs réflexions et propositions s'appliquent-elles uniquement à la Martinique, Guadeloupe, Guyane, Réunion ? Pas si sûr...

 

DH

 


Manifeste pour les «produits» de haute nécessité : Martinique, Guadeloupe, Guyane, Réunion

 

par Ernest BRELEUR, Patrick CHAMOISEAU, Serge DOMI, Gérard DELVER, Edouard GLISSANT, Guillaume PIGEARD DE GURBERT, Olivier PORTECOP, Olivier PULVAR, Jean-Claude WILLIAM


C'est en solidarité pleine et sans réserve aucune que nous saluons le profond mouvement social qui s'est installé en Guadeloupe, puis en Martinique, et qui tend à se répandre à la Guyane et à la Réunion. Aucune de nos revendications n'est illégitime. Aucune n'est irrationnelle en soi, et surtout pas plus démesurée que les rouages du système auquel elle se confronte. Aucune ne saurait donc être négligée dans ce qu'elle représente, ni dans ce qu'elle implique en relation avec l'ensemble des autres revendications. Car la force de ce mouvement est d'avoir su organiser sur une même base ce qui jusqu'alors s'était vu disjoint, voire isolé dans la cécité catégorielle - à savoir les luttes jusqu'alors inaudibles dans les administrations, les hôpitaux, les établissements scolaires, les entreprises, les collectivités territoriales, tout le monde  associatif, toutes les professions artisanales ou libérales...

 

Mais le plus important est que la dynamique du collectif Lyannaj - qui est d'allier et de rallier, de lier, relier et relayer tout ce qui se trouvait désolidarisé - est que la souffrance réelle du plus grand nombre (confrontée à un délire de concentrations économiques, d'ententes et de profits) rejoint des aspirations diffuses, encore inexprimables mais bien réelles, chez les jeunes, les grandes personnes, oubliés, invisibles et autres souffrants indéchiffrables de nos sociétés. La plupart de ceux qui y défilent en masse découvrent (ou recommencent à se souvenir) que l'on peut saisir l'impossible au collet, ou enlever le trône de notre renoncement à la fatalité.

 

Cette grève est donc plus que légitime, et plus que bienfaisante, et ceux qui défaillent, temporisent, tergiversent, faillissent à lui porter des réponses décentes, se rapetissent et se condamnent.

 

Dès lors, derrière le prosaïque du «pouvoir d'achat» ou du «panier de la ménagère», se profile l'essentiel qui nous manque et qui donne du sens à l'existence, à savoir : le poétique. Toute vie humaine un peu équilibrée s'articule entre, d'un côté, les nécessités immédiates du boire-survivre-manger (en clair : le prosaïque) ; et, de l'autre, l'aspiration à un épanouissement de soi, là où la nourriture est de dignité, d'honneur, de musique, de chants, de sports, de danses, de lectures, de philosophie, de spiritualité, d'amour, de temps libre affecté à l'accomplissement du grand désir intime (en clair : le poétique). Comme le propose Edgar Morin, le vivre-pour-vivre, tout comme le vivre-pour-soi n'ouvrent à aucune plénitude sans le donner-à-vivre à ce que nous aimons, à ceux que nous aimons, aux impossibles et aux dépassements auxquels nous aspirons.


La «hausse des prix» ou «la vie chère» ne sont pas de petits diables-ziguidi qui surgissent devant nous en cruauté spontanée, ou de la seule cuisse de quelques purs békés. Ce sont les résultantes d'une dentition de système où règne le dogme du libéralisme économique. Ce dernier s'est emparé de la planète, il pèse sur la totalité des peuples, et il préside dans tous les imaginaires -non à une épuration ethnique, mais bien à une sorte d'«épuration éthique» (entendre : désenchantement, désacralisation, désymbolisation, déconstruction même) de tout le fait humain.

 

Ce système a confiné nos existences dans des individuations égoïstes qui vous suppriment tout horizon et vous condamnent  à deux misères profondes : être «consommateur» ou bien être «producteur». Le consommateur ne travaillant que pour consommer ce que produit sa force de travail devenue marchandise ; et le producteur réduisant sa production à l'unique perspective de profits sans limites pour des consommations fantasmées sans limites. L'ensemble ouvre à cette socialisation anti-sociale, dont parlait André Gorz, et où l'économique devient ainsi sa propre finalité et déserte tout le reste.

 

Alors, quand le «prosaïque» n'ouvre pas aux élévations du «poétique», quand il devient sa propre finalité et se consume ainsi, nous avons tendance à croire que les aspirations de notre vie, et son besoin de sens, peuvent se loger dans ces codes-barres que sont « le pouvoir d'achat » ou «le panier de la ménagère». Et pire : nous finissons par penser que la gestion vertueuse des misères les plus intolérables relève d'une politique humaine ou progressiste. Il est donc urgent d'escorter les «produits de premières nécessités», d'une autre catégorie de denrées ou de facteurs qui relèveraient résolument d'une «haute nécessité».

 

Par cette idée de «haute nécessité», nous appelons à prendre conscience du poétique déjà en œuvre dans un mouvement qui, au-delà du pouvoir d'achat, relève d'une exigence existentielle réelle, d'un appel très profond au plus noble de la vie.



Alors que mettre dans ces «produits» de haute nécessité ?



C'est tout ce qui constitue le cœur de notre souffrant désir de faire peuple et nation, d'entrer en dignité sur la grand-scène du monde, et qui ne se trouve pas aujourd'hui au centre des négociations en Martinique et en Guadeloupe, et bientôt sans doute en Guyane et à la Réunion.

 

D'abord, il ne saurait y avoir d'avancées sociales qui se contenteraient d'elles-mêmes. Toute avancée sociale ne se réalise vraiment que dans une expérience politique qui tirerait les leçons structurantes de ce qui s'est passé. Ce mouvement a mis en exergue le tragique émiettement institutionnel de nos pays, et l'absence de pouvoir qui lui sert d'ossature. Le «déterminant» ou bien le «décisif» s'obtient par des voyages ou par le téléphone. La compétence n'arrive que par des émissaires. La désinvolture et le mépris rôdent à tous les étages. L'éloignement, l'aveuglement et la déformation président aux analyses.


L'imbroglio des pseudos pouvoirs Région-Département-Préfet, tout comme cette chose qu'est l'association des maires, ont montré leur impuissance, même leur effondrement, quand une revendication massive et sérieuse surgit dans une entité culturelle historique identitaire humaine, distincte de celle de la métropole administrante, mais qui ne s'est jamais vue traitée comme telle. Les slogans et les demandes ont tout de suite sauté par-dessus nos «présidents locaux» pour s'en aller mander ailleurs. Hélas, tout victoire sociale qui s'obtiendrait ainsi (dans ce bond par-dessus nous-mêmes), et qui s'arrêterait là, renforcerait notre assimilation, donc conforterait notre inexistence au monde et nos pseudo-pouvoirs.

Ce mouvement se doit donc de fleurir en vision politique, laquelle devrait ouvrir à une force politique de renouvellement et de projection apte à nous faire accéder à la responsabilité de nous-mêmes par nous-mêmes et au pouvoir de nous-mêmes sur nous-mêmes. Et même si un tel pouvoir ne résoudrait vraiment aucun de ces problèmes, il nous permettrait à tout le moins de les aborder désormais en saine responsabilité, et donc de les traiter enfin plutôt que d'acquiescer aux sous-traitances. La question békée et des ghettos qui germent ici où là, est une petite question qu'une responsabilité politique endogène peut régler. Celle de la répartition et de la protection de nos terres à tous points de vue aussi. Celle de l'accueil préférentiel de nos jeunes tout autant. Celle d'une autre Justice ou de la lutte contre les fléaux de la drogue en relève largement...


Le déficit en responsabilité crée amertume, xénophobie, crainte de l'autre, confiance réduite en soi... La question de la responsabilité est donc de haute nécessité. C'est dans l'irresponsabilité collective que se nichent les blocages persistants dans les négociations actuelles. Et c'est dans la responsabilité que se trouve l'invention, la souplesse, la créativité, la nécessité de trouver des solutions endogènes praticables. C'est dans la responsabilité que l'échec ou l'impuissance devient un lieu d'expérience véritable et de maturation. C'est en responsabilité que l'on tend plus rapidement et plus positivement vers ce qui relève de l'essentiel, tant dans les luttes que dans les aspirations ou dans les analyses.


Ensuite, il y a la haute nécessité de comprendre que le labyrinthe obscur et indémêlable des prix (marges, sous-marges, commissions occultes et profits indécents) est inscrit dans une logique de système libéral marchand, lequel s'est étendu à l'ensemble de la planète avec la force aveugle d'une religion. Ils sont aussi enchâssés dans une absurdité coloniale qui nous a détournés de notre manger-pays, de notre environnement proche et de nos réalités culturelles, pour nous livrer sans pantalon et sans jardins-bokay aux modes alimentaires européens. C'est comme si la France avait été formatée pour importer toute son alimentation et ses produits de grande nécessité depuis des milliers et des milliers de kilomètres.

 

Négocier dans ce cadre colonial absurde avec l'insondable chaîne des opérateurs et des intermédiaires peut certes améliorer quelque souffrance dans l'immédiat ; mais l'illusoire bienfaisance de ces accords sera vite balayée par le principe du «Marché» et par tous ces mécanismes que créent un nuage de voracités, (donc de profitations nourries par «l'esprit colonial» et régulées par la distance) que les primes, gels, aménagements vertueux, réductions opportunistes, pianotements dérisoires de l'octroi de mer, ne sauraient endiguer.

 

Il y a donc une haute nécessité à nous vivre caribéens dans nos imports-exports vitaux, à nous penser américain pour la satisfaction de nos nécessités, de notre autosuffisance énergétique et alimentaire. L'autre très haute nécessité est ensuite de s'inscrire dans une contestation radicale du capitalisme contemporain qui n'est pas une perversion mais bien la plénitude hystérique d'un dogme. La haute nécessité est de tenter tout de suite de jeter les bases d'une société non économique, où l'idée de développement à croissance continuelle serait écartée au profit de celle d'épanouissement ; où emploi, salaire, consommation et production serait des lieux de création de soi et de parachèvement de l'humain.

 

Si le capitalisme (dans son principe très pur qui est la forme contemporaine) a créé ce Frankenstein consommateur qui se réduit à son panier de nécessités, il engendre aussi de bien lamentables «producteurs» -chefs d'entreprises, entrepreneurs, et autres socioprofessionnels ineptes- incapables de tressaillements en face d'un sursaut de souffrance et de l'impérieuse nécessité d'un autre imaginaire politique, économique, social et culturel. Et là, il n'existe pas de camps différents. Nous sommes tous victimes d'un système flou, globalisé, qu'il nous faut affronter ensemble. Ouvriers et petits patrons, consommateurs et producteurs, portent quelque part en eux, silencieuse mais bien irréductible, cette haute nécessité qu'il nous faut réveiller,  à savoir: vivre la vie, et sa propre vie, dans l'élévation constante vers le plus noble et le plus exigeant, et donc vers le plus épanouissant.
Ce qui revient à vivre sa vie, et la vie, dans toute l'ampleur du poétique.

 

On peut mettre la grande distribution à genoux en mangeant sain et autrement.


On peut  renvoyer  la Sara et les compagnies pétrolières aux oubliettes, en rompant avec le tout automobile.

 

On peut endiguer les agences de l'eau, leurs prix exorbitants, en considérant la moindre goutte sans attendre comme une denrée précieuse, à protéger partout, à utiliser comme on le ferait des dernières chiquetailles d'un trésor qui appartient à tous.

 

On ne peut vaincre ni dépasser le prosaïque en demeurant dans la caverne du prosaïque, il faut  ouvrir en poétique, en décroissance et en sobriété. Rien de ces institutions si arrogantes et puissantes aujourd'hui (banques, firmes transnationales, grandes surfaces, entrepreneurs de santé, téléphonie mobile...) ne sauraient ni ne pourraient y résister.


Enfin, sur la question des salaires et de l'emploi. Là aussi il nous faut déterminer la haute nécessité.


Le capitalisme contemporain réduit la part salariale à mesure qu'il augmente sa production et ses profits. Le chômage est une conséquence directe de la diminution de son besoin de main d'œuvre. Quand il délocalise, ce n'est pas dans la recherche d'une main d'œuvre abondante, mais dans le souci d'un effondrement plus accéléré de la part salariale. Toute déflation salariale dégage des profits qui vont de suite au grand jeu welto de la finance. Réclamer une augmentation de salaire conséquente n'est donc en rien illégitime : c'est le début d'une équité qui doit se faire mondiale.

 

Quant à l'idée du «plein emploi», elle nous a été clouée dans l'imaginaire par les nécessités du développement industriel et les épurations éthiques qui l'ont accompagnée. Le travail à l'origine était inscrit dans un système symbolique et sacré (d'ordre politique, culturel, personnel) qui en déterminait les ampleurs et le sens. Sous la régie capitaliste, il a perdu son sens créateur et sa vertu épanouissante à mesure qu'il devenait, au détriment de tout le reste, tout à la fois un simple «emploi», et l'unique colonne vertébrale de nos semaines et de nos jours. Le travail a achevé de perdre toute signifiance quand, devenu lui-même une simple marchandise, il s'est mis à n'ouvrir qu'à la consommation.


Nous sommes maintenant au fond du gouffre.


Il nous faut donc réinstaller le travail au sein du poétique. Même acharné, même pénible, qu'il redevienne un lieu d'accomplissement, d'invention sociale et de construction de soi, ou alors qu'il en soit un outil secondaire parmi d'autres. Il y a des myriades de compétences, de talents, de créativités, de folies bienfaisantes, qui se trouvent en ce moment stérilisés dans les couloirs ANPE et les camps sans barbelés du chômage structurel né du capitalisme. Même quand nous nous serons débarrassés du dogme marchand, les avancées technologiques (vouées à la sobriété et à la décroissance sélective) nous aiderons à transformer la valeur-travail en une sorte d'arc-en-ciel, allant du simple outil accessoire jusqu'à l'équation d'une activité à haute incandescence créatrice. Le plein emploi ne sera pas du prosaïque productiviste, mais il s'envisagera dans ce qu'il peut créer en socialisation, en autoproduction, en temps libre, en temps mort, en ce qu'il pourra permettre de solidarités, de partages, de soutiens aux plus démantelés, de revitalisations écologiques de notre environnement... 


Il s'envisagera en «tout ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue».
Il y aura du travail et des revenus de citoyenneté dans ce qui stimule, qui aide à rêver, qui mène à méditer ou qui ouvre aux délices de l'ennui, qui installe en musique, qui oriente en randonnée dans le pays des livres, des arts, du chant, de la philosophie, de l'étude ou de la consommation de haute nécessité qui ouvre à création -créaconsommation.


En valeur poétique, il n'existe ni chômage ni plein emploi ni assistanat, mais autorégénération et autoréorganisation, mais du possible à l'infini pour  tous les talents, toutes les aspirations. En valeur poétique, le PIB des sociétés économiques révèle sa brutalité.


Voici ce premier panier que nous apportons à toutes les tables de négociations et à leurs prolongements : que le principe de gratuité soit posé pour tout ce qui permet un dégagement des chaînes, une amplification de l'imaginaire, une stimulation des facultés cognitives, une mise en créativité de tous, un déboulé sans manman de l'esprit. Que ce principe balise les chemins vers le livre, les contes, le théâtre, la musique, la danse, les arts visuels, l'artisanat, la culture et l'agriculture... Qu'il soit inscrit au porche des maternelles, des écoles, des lycées et collèges, des universités et de tous les lieux connaissance et de formation... Qu'il ouvre à des usages créateurs des technologies neuves et du cyberespace. Qu'il favorise tout ce qui permet d'entrer en Relation (rencontres, contacts, coopérations, interactions, errances qui orientent) avec les virtualités imprévisibles du Tout-Monde...

 

C'est le gratuit en son principe qui permettra aux politiques sociales et culturelles publiques de déterminer l'ampleur des exceptions. C'est à partir de ce principe que nous devrons imaginer des échelles non marchandes allant du totalement gratuit à la participation réduite ou symbolique, du financement public au financement individuel et volontaire... C'est le gratuit en son principe qui devrait s'installer aux fondements de nos sociétés neuves et de nos solidarités imaginantes...

Projetons nos imaginaires dans ces hautes nécessités jusqu'à ce que la force du Lyannaj ou bien du vivre-ensemble, ne soit plus un «panier de ménagère», mais le souci démultiplié d'une plénitude de l'idée de l'humain.

 

Imaginons ensemble un cadre politique de responsabilité pleine, dans des sociétés martiniquaise guadeloupéenne guyanaise réunionnaise nouvelles, prenant leur part souveraine aux luttes planétaires contre le capitalisme et pour un monde écologiquement nouveau.

 

Profitons de cette conscience ouverte, à vif, pour que les négociations se nourrissent, prolongent et s'ouvrent comme une floraison dans une audience totale, sur ces nations qui sont les nôtres.

 

An gwan lodyans qui ne craint ni ne déserte les grands frissons de l'utopie.

 

Nous appelons donc à ces utopies où le Politique ne serait pas réduit à la gestion des misères inadmissibles ni à la régulation des sauvageries du « Marché », mais où il retrouverait son essence au service de tout ce qui confère une âme au prosaïque en le dépassant ou en l'instrumentalisant de la manière la plus étroite.

 

Nous appelons à une haute politique, à un art politique, qui installe l'individu, sa relation à l'Autre, au centre d'un projet commun où règne ce que la vie a de plus exigeant, de plus intense et de plus éclatant, et donc de plus sensible à la beauté.

 

Ainsi, chers compatriotes, en nous débarrassant des archaïsmes coloniaux, de la dépendance et de l'assistanat, en nous inscrivant résolument dans l'épanouissement écologique de nos pays et du monde à venir, en contestant la violence économique et le système marchand, nous naîtrons au monde avec une visibilité levée du post-capitalisme et d'un rapport écologique global aux équilibres de la planète....

 

Alors voici notre vision :


Petits pays, soudain au cœur nouveau du monde, soudain immenses d'être les premiers exemples de sociétés post-capitalistes, capables de mettre en œuvre un épanouissement humain qui s'inscrit dans l'horizontale plénitude du vivant...



 

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Published by Didier HACQUART - dans Rien n'est inéluctable - mobilisons nous !
22 février 2009 7 22 /02 /février /2009 05:22

Lors de la manifestation du 29 janvier 2009, nous avons tous vu le fameux slogan Rêve général ». Le slogan était sympa, bien trouvé et fort de sens. Bizarre. Grâce à Marianne.fr nous en savons désormais un peu plus…

 

A suivre le 19 mars prochain, avec un nouveau slogan…

 

DH


Rêve général se dévoile...

 

Leur autocollant - Rêve général - trainait un peu partout mais on ne savait pas qui c'était. Aujourd'hui le CNR s'est dévoilé et prépare la mobilisation du 19 mars.
 

Leur dernier site avait déjà créé le buzz avant le 29 janvier dernier, les membres du Conseil national de la Résistance lancent un nouveau site pour centraliser les informations sur le 19 mars.



Collectif informel créé en juillet dernier pour combattre l'inertie des syndicats face à la politique destructrice du gouvernement Sarkozy, le CnR regroupe des citoyens de tous les horizons politiques et sociaux. Parfois déjà militants dans des organisations politiques ou syndicales, parfois non-encartés mais engagés dans les luttes, ils se sont unis et ont lancé un appel à la grève générale pour le 10 novembre 2008.

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Le 10 novembre 2008 n'est pas concluant, mais permet au collectif de se structurer en faisant ses premières armes. Des groupes locaux se créent partout en France, des liens se tissent avec des associations et d'autres organisations se considérant "en résistance". L'expérience va servir pour les combats qui s'annoncent nombreux en 2009. 


Marianne.fr du samedi 21 Février 2009



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Published by Didier HACQUART - dans Rien n'est inéluctable - mobilisons nous !
21 février 2009 6 21 /02 /février /2009 06:30



Une bonne rage de dents me met Ko pendant 2 ou 3 jours. C'est pourquoi je fais un service minimum sur ce blog. Mais bien sûr l'actualité nous rattrape, et je souhaite diffuser cet appel pour une manifestation de soutien à nos amis des Antilles...

 

A  suivre, DH

 


Communiqué unitaire départemental 13


Depuis plus de trois semaines, les travailleurs de Guadeloupe sont en grève générale unitaire et illimitée. Depuis la grève générale s'étend à la Martinique, à la Guyane et à la Réunion. Ils se battent contre la vie chère, les bas salaires, les licenciements et le chômage, pour leur dignité.


Après le succès des grandes mobilisations du 29 janvier et avant celle du 19 mars, nous devons apporter toute notre solidarité aux Guadeloupéens, Martiniquais, Guyanais et Réunionnais qui proclament avec la même force que ce n'est pas au peuple de payer la crise !


Le combat des peuples de Guadeloupe, de Martinique, de Guyane et de la Réunion est le nôtre, il est exemplaire.


Nous dénonçons avec force le refus du gouvernement de respecter ses engagements, le mépris qu'il manifeste ainsi et sa volonté de laisser pourrir la situation.

Nous nous élevons contre la répression et contre toute tentative de criminalisation de la mobilisation populaire.


Nous appelons à participer massivement à la manifestation organisée par les associations des DOM de la région PACA samedi 21 février à 14h30 devant la mairie de Marseille.



NPA, PCF, Parti de Gauche, les Verts 13, la Fédération


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Published by Didier HACQUART - dans Rien n'est inéluctable - mobilisons nous !
19 février 2009 4 19 /02 /février /2009 05:32




 

Le journal Les Echos a publié un état des dividendes versés par les entreprises du CAC 40 en 2008. Nous n'allons pas tarder à connaitre les dividendes 2009, les grandes entreprises commencent en effet à diffuser leurs résultats 2008.

 
On voit que les sommes en jeu sont importantes, et que des marges de manœuvre existent donc. Il faut noter que ces entreprises ont racheté 11,2 milliards d''€ de leurs propres actions. C'est un fait de la destruction de valeur au sens économique du terme. En clair, cela ne sert pas à grand-chose, si ce n'est à répartir les dividendes sur moins d'actionnaires, ce qui les gonflent mathématiquement les dividendes, pas les actionnaires, quoique ?

Vous apprécierez le vocabulaire « il faut éviter de donner un signal négatif ». Envers qui les investisseurs, dont le vrai nom est « spéculateurs » ? Et les salariés, quels signes faut-il leur envoyer ?

 
Pour information, je suis dans un groupe, qui en 2007 à fait un résultat négatif, et qui pour « éviter de donner un signal négatif », a tout de même versé des dividendes aux actionnaires. Et oui, cela est possible... Pour la politique salariale, « on » a expliqué aux salariés les difficultés du groupe, et la nécessaire modération, pour préserver l'avenir...

 
Une question m'interpelle. En 2009, c'est la crise. Mais est-ce que les actionnaires revoient leurs exigences à la baisse, les fameux 15% de rentabilité ? Je n'en suis pas sûr, ce qui explique la pression encore plus grande sur les salariés, sans oublier, les restructurations qui prennent prétexte de la crise...

 

Je conclurai enfin pour dire que l'économie n'est pas une science, mais n'est le résultat que de choix politiques et rien d'autre !


DH

 


 

 

Les entreprises du CAC 40 ont versé en 2008 54,2 milliards d'euros à leurs actionnaires (*)




Les entreprises de l'indice CAC 40 ont racheté 11,2 milliards de leurs propres actions et versé presque 43 milliards de dividendes en 2008. Si les rachats d'actions ont nettement reculé, les dividendes ont jusqu'à présent bien tenu, mais les analystes s'attendent à une diminution de 20 à 30 % cette année.

 

Malgré la crise, les sommes restituées aux actionnaires en 2008 n'ont que légèrement reculé. En pleine saison d'annonce des résultats et des dividendes et alors que le sujet est devenu un thème de société, le total de l'argent « rendu », par le biais des dividendes et des rachats d'actions, n'a que légèrement fléchi. Les entreprises du CAC 40 ont versé 54,2 milliards d'euros en 2008, contre 57,2 milliards d'euros en 2007, selon la lettre d'information « Vernimmen.net », publiée ce vendredi.

 

Ce total masque des évolutions disparates : si les dividendes ont été préservés, les rachats d'actions ont, eux, nettement reculé. Les entreprises de l'indice parisien ont acquis 11,2 milliards d'euros de leurs propres actions en 2008 (1), soit une chute de 42 % par rapport à 2007. Cela représente 1 % de leur capitalisation boursière (contre 1,4 % l'année précédente). « La plupart des sociétés ont cessé leurs opérations au second semestre, sur fond d'accentuation de la crise, commente Yann Le Fur, coauteur de cette lettre. Et les plus gros contributeurs en 2007 étaient les financières, qui ont nettement réduit ces opérations. » Ce secteur a racheté l'an dernier seulement 283 millions d'euros, contre 5,7 milliards d'euros en 2007.

 

Les rachats de l'an dernier ont été le fait d'un nombre limité de sociétés. Seulement cinq entreprises - Arcelor-Mittal (4,1 milliards), GDF Suez (1,3 milliard), Sanofi-Aventis (1,2 milliard), Total (1,2 milliard) et L'Oréal (933 millions) - ont représenté les trois quarts des sommes totales. « En 2007, il fallait compter dix groupes pour atteindre ce même pourcentage », indiquent les auteurs de l'étude. A l'inverse, 13 entreprises, soit un quart de la cote, n'ont pas fait de rachats significatifs.

 

Arcelor-Mittal a été, pour la deuxième année d'affilée, le plus important contributeur : il a racheté trois fois plus d'actions qu'il n'a versé de dividendes. « Le rachat d'actions sert à rendre à l'actionnaire le cash-flow excédentaire transitoire, alors que le dividende est un socle que l'on espère pérenne, précisent les spécialistes. Dans un secteur comme la sidérurgie, avec de grandes variations d'activité, trop augmenter le dividende ferait courir le risque de ne pas pouvoir le maintenir à l'avenir. »

 

Eviter un signal trop négatif

 

Pour éviter de donner un signal trop négatif au marché, les entreprises ont cherché à préserver, dans une certaine mesure, les dividendes. Sur longue période, la volatilité des dividendes (à 8 %) est ainsi nettement inférieure à celle des résultats (à 25 %), selon les calculs de la Société Générale sur les entreprises européennes cotées, depuis 1970.

 

En phase difficile, les dividendes ont généralement tendance à reculer moins que les bénéfices, si bien que le taux de distribution, calculé par le rapport dividendes sur bénéfices nets (à 42 % sur le CAC 40 en 2008), a pu enregistrer des pics en pleine conjoncture morose. A l'inverse, « ces dernières années, les entreprises ont eu tendance à augmenter leurs dividendes plus vite que les profits, pour conserver des rendements élevés en phase de gains boursiers », souligne Fabrice Théveneau, responsable de la recherche actions de la Société Générale.

 

Cette volonté de maintenir le dividende explique la poursuite de la hausse des sommes versées : les groupes du CAC 40 ont dépensé en 2008 (au titre de l'exercice 2007) presque 43 milliards d'euros, contre 37,9 milliards en 2007. Le rythme de progression a toutefois décéléré (+ 14 % entre 2007 et 2008, après + 21 % entre 2006 et 2007), signe des prémices de la crise. A titre de comparaison, les profits ont légèrement augmenté entre 2006 et 2007, mais sont attendus en repli en 2008, autour de 95 milliards d'euros (pour les profits non récurrents, selon le consensus à début janvier).

 

MARINA ALCARAZ

 

(1) Rachats nets de cessions d'actions.

 

 

(*) Les Echos.fr du 13/02/09

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