L'histoire politique


Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH

PARTI DE GAUCHE

Vendredi 7 novembre 2008

 



Communiqué de Jean-Luc MELENCHON et Marc DOLEZ

 

 

 

Ca suffit comme ça !

 

 

Le résultat du vote au parti socialiste est connu. Les trois motions issues de la majorité sortante du Parti arrivent en tête. Elles obtiennent 80% des suffrages. Et la motion de Ségolène Royal l’emporte avec sa proposition d’alliance au centre. Ainsi, les orientations qui dominent la social-démocratie européenne l’ont emporté alors qu’elles conduisent partout à l’échec. Elles avalisent l’Europe du traité de Lisbonne, les alliances changeantes, l’abstention face à la droite, et refusent de mettre en cause le capitalisme. Ce résultat est sans ambiguïté. Le score respectable de la gauche du parti n’y change rien malheureusement.

 

Pour nous, ça suffit comme ça !

 

Nous refusons de nous renier en participant à des complots et des combinaisons tactiques. Car quelles que soient les arrangements qui sortiront du Congrès de Reims, la future direction du PS appliquera l’orientation majoritaire en particulier quand viendront les prochaines élections européennes. Il faudrait alors accepter ce que nous refusons depuis toujours : le traité de Lisbonne et le Manifeste commun avec les partis sociaux démocrates qui gouvernent avec la droite dans leur pays. Non ! Pour nous, ça suffit comme ça !

 

Nous prenons nos responsabilités. Dans la crise du capitalisme, notre pays a besoin d’une autre voix à gauche. Nous voulons lui être utiles. Nous voulons reprendre l’initiative, formuler une alternative, faire reculer et battre Sarkozy. Par fidélité à nos engagements, nous prenons donc notre indépendance d’action. Nous quittons le Parti socialiste. Nous allons porter publiquement notre conception du combat républicain et socialiste, sans concession face à la droite, au capitalisme et leur irresponsabilité destructrice contre la société humaine et l’écosystème. Nous allons la proposer au suffrage universel. Ainsi que nous l’a montré en Allemagne Oskar Lafontaine avec Die Linke, nous décidons d’engager avec tous ceux qui partagent ces orientations la construction d’un nouveau parti de gauche et nous appelons à la constitution d’un front de forces de gauche pour les élections européennes. Nous savons qu’une énergie immense dans notre peuple est disponible pour le changement. Il faut aller de l’avant.

 

Jean-Luc Mélenchon, sénateur de l’Essonne

Marc Dolez, député du Nord



Paris le 7 novembre 2008



Par Didier HACQUART
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Samedi 8 novembre 2008



Soutenons l'appel de Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez !


Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez lancent un appel à la création d'un nouveau parti politique de Gauche.


Vous pouvez dès aujourd'hui soutenir cet appel à la construction d'un nouveau parti de gauche lancé par Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez. En effet trouvez-vous  votre compte avec la gauche telle qu'elle est aujourd'hui ?


La crise du capitalisme éclate sous nos yeux. Mais la gauche n'apparaît pas comme une alternative. Elle échoue à s'opposer efficacement à la droite. Elle y renonce même parfois ! Dans plusieurs pays européens, les partis majoritaires à gauche gouvernent avec la droite. Nous ne voulons pas perdre notre temps et notre énergie à attendre qu'ils se ressaisissent. C'est maintenant qu'il faut agir pour un nouvel horizon pour le futur de l'Humanité. Rien de moins.


C'est pourquoi la construction de ce nouveau parti de gauche est une bonne nouvelle. Tourner la page du capitalisme quand il nous replonge dans les débâcles qui ont déjà fait les désastres du passé, c'est si difficile. Mais c'est l'urgence ! Transformer le système et le contenu de la production pour éviter la catastrophe écologique qui s'avance, cela parait une tâche tellement hors de portée. Mais c'est vital ! Changer la répartition des richesses pour que le plus grand nombre vive enfin dignement, cela semble ardu. Mais pouvons-nous accepter l'enrichissement colossal d'une petite minorité pendant que la misère s'étend ? Refonder la République et redonner le pouvoir aux citoyens en toutes choses, c'est devenu presque utopique. Mais sinon quel moyen pour changer le monde ? Faire vivre une laïcité intransigeante, c'est désormais un engagement souvent vilipendé. Mais sans cela, quelle société laisserait-on s'imposer ? Construire une Europe enfin démocratique et sociale, cela heurte de front le Traité de Lisbonne ? Mais la solidarité des peuples vaut mieux que leur concurrence !


Tout cela il faut oser le vouloir, ici et maintenant, en faire un programme de gouvernement, un projet de rassemblement majoritaire de notre peuple. Pour cela il faut  bousculer les conformismes, les opportunismes, les sectarismes, la résignation. Die Linke en Allemagne a montré que cette ambition pouvait faire son chemin. En France, nous le pouvons aussi. Nous savons de quelle magnifique et longue histoire nous pouvons être les héritiers. Nous pouvons reconstruire une gauche digne de ce nom, sans complexe face à la droite et au capitalisme. C'est pour cela que nous soutenons la création du nouveau parti de gauche.


Pour apporter son soutien, cliquez ICI.


Pour en savoir plus : http://www.casuffitcommeca.fr

Par Didier HACQUART
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Lundi 10 novembre 2008



Jean-Luc MELENCHON quitte le PS. Beaucoup de camarades s'interrogent.


Quitter le PS, c'est aussi l'histoire d'un parcours politique.


Il se trouve que TELETOC.net a suivi Jean-Luc durant ces dernières semaines jusqu'à l'épilogue de vendredi dernier.


A regarder, pour mieux comprendre...


A suivre,


DH


Pour en savoir plus : cliquez ICI





Par Didier HACQUART
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Mercredi 12 novembre 2008


L'initiative de Jean - Luc Mélenchon et Marc Dolez  de quitter le PS ne laisse pas indifférent à Gauche.


Différentes personnalités et mouvements on déjà réagi positivement.


A suivre...


DH



1 - Communiqué de Clémentine AUTAIN et Roger MARTELLI


L'autre gauche doit se rassembler.

 

La crise est d'une ampleur exceptionnelle. Elle bouleverse la donne politique. Elle disqualifie absolument les choix de la « dérégulation » ultralibérale. Elle vieillit brutalement les stratégies d'adaptation au capitalisme, dites « sociales-libérales » depuis l'exemple anglais. Nous devrions savoir désormais que nous ne nous en sortirons ni par un toilettage, ni par un retour mythique aux cycles vertueux de l'État keynésien.


Le réalisme, que cela plaise ou non, est aujourd'hui du côté de la rupture et non de la conservation, de la répétition ou de l'incantation. Il faudra bien, d'une façon ou d'une autre, changer en profondeur les moteurs de la créativité, les modes de développement, les mécanismes d'allocation des ressources, les finalités et les formes de la décision collective. Ou alors, nous décidons de nous enfermer à jamais dans le balancement stérile de la concurrence libre et non faussée et de l'État administratif. Le parti pris radicalement transformateur est le seul raisonnable.


Politiquement, s'affrontent les obstacles persistants à l'initiative critique forte et les potentialités de son expansion. Le Parti socialiste reste dominant à gauche ; mais nous le voyons s'épuiser dans des querelles de clan qui n'empêcheront pas son recentrage, sous une forme brutale ou sous une forme plus prudente. L'autre gauche est aujourd'hui dispersée, éclatée, ce qui nuit sur sa lisibilité, sa capacité à faire réellement du neuf, sa possibilité de disputer à terme l'hégémonie à gauche à la ligne d'accompagnement.


L'appel lancé par Politis a donné à voir la profondeur et la permanence du désir de rassemblement de la gauche antilibérale, la LCR a choisi de se dissoudre dans un nouveau parti anticapitaliste qui la dépasse, Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez ont choisi courageusement de quitter le PS, le PCF semble répondre positivement à cette dernière initiative, d'autres courants alternatifs veulent se fédérer... : notre espace politique est en mouvement car les clivages actuels sont obsolètes pour répondre aux défis de notre temps. C'est à la convergence la plus large de toutes celles et ceux qui souhaitent changer d'horizon économique, social et sociétal qu'il faut plus que jamais travailler. Les militants déboussolés, qui se battent sur le terrain, mais que désespère l'absence de grand mouvement politique collectif, sont légion. Les militants syndicaux ou associatifs, qui se battent pour les droits et les avancées sociales, mais se désolent de ne pas trouver de correspondance politique à la hauteur, sont légion. Les féministes, les altermondialistes ou les anticonsuméristes, qui combattent pied à pied mais enragent de ne pouvoir adosser leur action sur une dynamique politique conséquente, sont légion. À un moment où tout bouge, les potentialités critiques sont incommensurables. Et politiquement, nous restons l'arme au pied.


C'est folie que d'en rester là. Que ce mouvement préserve sa diversité, qu'il cesse de rêver à l'enfer du monolithisme et aux impasses des avant-gardes éclairées, est une chose. Que chacun pense d'abord à cultiver son propre jardin en est une autre. Et que chacun s'imagine qu'il va être le centre des rassemblements à venir est une sinistre plaisanterie. Ou nous nous mettons tous ensemble, comme nous avons su le faire en 2005, ou nous nous résignons à être des supplétifs, roues de secours ou aiguillon de majorités dominées par la social-démocratie. Il y a des différences persistantes ? C'est une chance. Des divergences insurmontables ? L'expérience montre que, quand on en a la volonté politique, aucune divergence ne peut empêcher le rassemblement. Que l'on n'aille pas nous faire croire qu'il y a des lignes de fracture plus importantes à la gauche du PS que dans la social-démocratie ou à l'intérieur de la droite ! De ce côté-là, on sait faire la part du fondamental et de l'accessoire. Quand allons-nous enfin nous décider à en faire de même à la gauche de gauche ?


Convaincre tous ensemble ou nous enliser tous séparément : il n'y a pas de voie médiane. Profitons de l'échéance européenne, qui s'y prête à merveille, pour faire nos travaux pratiques.


Clémentine Autain et Roger Martelli (co-directeurs de Regards) 10 novembre 2008



2 - Communiqué du courant UNIR de la LCR

 

CONGRES SOCIALISTE : MELENCHON ET DOLEZ ROMPENT A GAUCHE


Le vote des militantes et militants socialistes était annoncé sans surprise. Il aura provoqué une rupture... à gauche. Celle de Marc Dolez et Jean-Luc Mélenchon... Il est vrai que, pour quiconque entend demeurer fidèle aux valeurs transformatrices dont s'est longtemps prévalu le PS - même s'il les a systématiquement mis en charpie dans sa pratique du pouvoir -, ce 6 novembre aura signé une dérive irréversible.


Huit adhérents sur dix, en portant leurs suffrages sur les motions issues du centre de gravité de la machine socialiste, ont en effet confirmé l'orientation responsable du désastre que connaît présentement la gauche française. Par-delà des différences incontestables, Ségolène Royal, Bertrand Delanoë et Martine Aubry ont en commun de refuser toute rupture avec les logiques financières et marchandes qui ont mené à la crise actuelle du système capitaliste. Ils se retrouvent, les uns et les autres, dans l'abdication dont la direction du PS a fait preuve face à la volonté sarkozyenne de détruire un siècle et plus de conquêtes sociales et démocratiques dans ce pays, abdication qu'auront signé les abstentions répétées des parlementaires socialistes sur des dispositions gouvernementales de premier plan (de l'intervention française en Afghanistan au récent plan de sauvetage des banques menacées de faillite, aux frais de la collectivité et sans la moindre mesure de protection des salariés victimes des plans de licenciements, sans parler de ce Revenu de solidarité active qui généralisera la précarité de l'emploi). Dans la foulée du « oui » au traité constitutionnel européen, qui fut le choix majoritaire du parti, ils approuvent à l'unisson le traité de Lisbonne et se sont montrés parfaitement solidaires d'un François Hollande qui exigeait récemment, du président de la République, le respect des critères du Pacte de stabilité.


L'avance prise, dans ce contexte, par Ségolène Royal n'est que l'ultime démonstration de la mutation de cette famille politique en force libérale-démocrate, se ralliant avec retard à l'évolution de l'ensemble de la social-démocratie européenne. Elle atteste de la déréliction politique et de la désintégration idéologique qu'avait amorcée la campagne de l'élection présidentielle. Peut-être, à Reims, la semaine prochaine, ses concurrents distancés se retrouveront-ils dans un « tous sauf Ségolène » destiné à l'empêcher de prendre le contrôle de l'appareil. Mais qu'est-ce qui les distingue vraiment de la présidente de la région Poitou-Charente ? L'alliance avec le Modem ? Martine Aubry l'a elle-même réalisée, lors du scrutin municipal, alors qu'elle n'en avait nul besoin pour conserver son beffroi de Lille. La soumission au libéralisme ? Bertrand Delanoë s'est lui-même illustré par son pitoyable plaidoyer en faveur de la conversion du socialisme français à ce qui est devenu la référence intellectuelle des classes dirigeantes. Les axes de la politique à mettre en œuvre demain pour défaire ce que le pouvoir actuel a entrepris et répondre aux attentes populaires ? Royal ne prononce pas une seule fois le mot « salaire » dans sa motion, tandis que Delanoë se borne à évoquer vaguement la nécessité d'une négociation salariale, et qu'Aubry se dérobe à toute exigence chiffrée d'augmentation du Smic ; tous acceptent, au demeurant, les préceptes du Medef en matière de retraites...


Alors ? Les socialistes de gauche, qui s'étaient regroupés derrière la motion Hamon, se retrouvent devant un choix fondamental. Ils peuvent, bien sûr, entrer dans le grand Mercato qui va décider des équilibres futurs rue de Solferino. Ils ne feraient alors que perdre tout le crédit acquis au fil de leur bataille pour le congrès. Il leur au contraire constater que leur parti n'est plus l'instrument à même de faire avancer leurs principales propositions : par exemple, l'augmentation des salaires et leur indexation sur la productivité du travail ; le maintien du droit à une retraite à taux plein à 60 ans ; la redistribution des richesses et la taxation du capital pour financer la réponse aux besoins vitaux de la population ; le refus de l'Europe de la « concurrence libre et non faussée »...


Parlons sans ambages : Marc Dolez et Jean-Luc Mélenchon ont fait le choix de la lucidité et du courage. Leur décision est de nature à écrire une nouvelle page de l'histoire de la gauche.


Dans leur communiqué commun de ce 7 novembre, ils écrivent : « Nous prenons nos responsabilités. Dans la crise du capitalisme, notre pays a besoin d'une autre voix à gauche. Nous voulons lui être utiles. Nous voulons reprendre l'initiative, formuler une alternative, faire reculer et battre Sarkozy. Par fidélité à nos engagements, nous prenons donc notre indépendance d'action. Nous quittons le Parti socialiste. Nous allons porter publiquement notre conception du combat républicain et socialiste, sans concession face à la droite, au capitalisme et leur irresponsabilité destructrice contre la société humaine et l'écosystème. Nous allons la proposer au suffrage universel. Ainsi que nous l'a montré en Allemagne Oskar Lafontaine avec Die Linke, nous décidons d'engager avec tous ceux qui partagent ces orientations la construction d'un nouveau parti de gauche et nous appelons à la constitution d'un front de forces de gauche pour les élections européennes. » Tels sont effectivement les enjeux décisifs du moment. Un moment nullement anodin, puisqu'il voit éclater une crise exceptionnelle du système, une crise porteuse de tous les dangers, une crise face à laquelle des millions d'hommes et de femmes se révèlent en attente d'un projet de nature à leur redonner espoir.


Parce que leur rupture intervient au sein de la formation qui dominait jusqu'alors la gauche, en clair qu'elle se produit au cœur de cette dernière, Dolez et Mélenchon ouvrent ainsi la voie à une possible redistribution des cartes sur le champ politique. Comme nous le faisons, pour notre part, depuis bien des années - avec d'autres, d'ailleurs, au Parti communiste, dans la mouvance alternative, chez les républicains sociaux, ou encore chez les écologistes - ils en viennent à poser la question d'un parti nouveau à gauche, qui rassemblerait l'ensemble des énergies antilibérales et anticapitalistes, et s'inscrirait dans un espace comparable à ceux qu'occupent Die Linke en Allemagne, la coalition Synaspismos-Syriza en Grèce ou le Bloc de gauche au Portugal. Mieux, ils désignent à leur tour les élections européennes de juin prochain comme l'occasion de faire exister une vraie gauche, porteuse de la proposition audacieuse d'une autre construction européenne, au service des peuples et des travailleurs.


Du côté des forces de transformation, il serait d'une tragique irresponsabilité de laisser passer cette occasion de bousculer les routines et les engluements, de révolutionner la physionomie de la gauche pour les prochaines années, d'y changer les rapports de force, d'y battre les tenants du social-libéralisme. La direction majoritaire de la LCR, mais aussi le futur NPA (qui réunit, ces 8 et 9 novembre, ses comités d'initiative pour débattre des orientations de son congrès fondateur) sont en premier lieu interpellés. Ils se doivent de saisir la balle au bond, d'amorcer sans tarder le dialogue avec ces socialistes qui osent le pari de l'avenir, de nouer avec eux un partenariat susceptible d'affirmer une réponse de gauche crédible à la crise capitaliste, de créer en compagnie de tous ceux qui s'y montreront prêts les conditions d'une grande coalition pour les élections européennes. Rien n'est, évidemment, jamais écrit à l'avance. Mais il n'est plus possible aujourd'hui de se réfugier derrière l'argument selon lequel il n'existerait pas de partenaires nationaux pour reconstruire dans ce pays une gauche à la hauteur des défis du moment.


Nous avons, pour ce qui nous concerne, notre feuille de route : ouvrir grand la porte qui vient de s'entrebâiller !




3 - Communiqué du Mouvement MARS-Gauche Républicaine

 

ENFIN, DU NEUF !


Le MARS-GAUCHE REPUBLICAINE ne saurait trop se féliciter de la décision prise aujourd'hui par Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez de rompre avec le Parti Socialiste. Ne cachons pas notre profonde satisfaction : cette annonce peut faire date dans la reconstruction d'une gauche de gauche si nécessaire à notre pays. En effet, tant le sénateur Jean-Luc Mélenchon que le député Marc Dolez représentent, avec leurs amis, des courants importants du Parti Socialiste et, si leur décision a été difficile à prendre, elle est d'autant plus révélatrice de l'impossibilité d'inverser désormais de l'intérieur la dérive social-libérale de cette formation.


En dépit de la puissance du non au Traité Constitutionnel Européen en son sein, les courants de gauche du Parti Socialiste n'ont pu infléchir la ligne du renoncement incarnée, après le congrès du Mans, par sa candidate Ségolène Royal et sanctionnée par un troisième échec consécutif de la gauche à une élection nationale. Aujourd'hui, malgré la campagne de la motion incarnant la gauche socialiste dont nous saluons les militants, le cumul du résultat des trois motions arrivées en tête démontre que globalement le rapport de force s'est encore dégradé au sein du PS.


Alors que la crise du capitalisme appelle à une véritable alternative, ce parti, à l'image des autres partis socio-libéraux européens, confirme plus que jamais qu'il ne peut être à l'origine d'une alternative véritable, seule condition à même de battre la droite.


Comme nous l'affirmons depuis longtemps, c'est un nouveau ferment qu'il faut à la gauche, une formation capable à la fois de proposer une refondation de la gauche sur une base réellement transformatrice et d'offrir un débouché politique électoral. Une force capable de mobiliser ET de gouverner. Une force capable d'appliquer un programme de rupture avec le libéralisme sans s'exonérer pour autant des impératifs du suffrage universel.


Les tentatives de rassemblement de la gauche de transformation ont révélé depuis deux ans qu'il manquait pour cela un parti en mesure de renouer avec le meilleur du mouvement socialiste et des traditions républicaines et sociales. La rupture de Jean-Luc Mélenchon et de Marc Dolez avec le PS, leur disponibilité pour lancer une telle force, rendent, cette fois, pareil projet crédible.


Un nouvel élan est possible à gauche. Il peut, en s'appuyant sur un ancrage militant et électoral qui devrait s'affermir rapidement, interpeller les autres forces de transformation pour que la gauche antilibérale, unie dans un Front, soit en mesure de créer la bonne surprise des prochaines élections européennes. Nous pensons en premier lieu ici au PCF qui, dans une résolution récente, a exprimé sa disponibilité pour un tel rassemblement.


Oui, cette décision peut changer bien des choses à gauche et dans notre pays. Il appartient à tous ceux qui se sentent proches du mouvement qui s'amorce de ne pas en rester spectateurs mais d'en devenir des acteurs résolus. C'est pourquoi non seulement nous saluons la bonne nouvelle mais nous annonçons que le MARS-Gauche Républicaine (dont la vocation a toujours été de permettre l'émergence d'une telle force) va dans le mois à venir engager un débat démocratique en son sein pour discuter de cette offre politique nouvelle, de la forme sous laquelle nous pouvons contribuer à son succès et des meilleurs moyens de poursuivre notre combat pour une République sociale, égalitaire, émancipatrice, laïque, sociale et transformatrice.


Paris, le 7 novembre 2008



4 - Communiqué du mouvement politique d'éducation populaire (M'PEP)

 

APRES LA DEMISSION DU PARTI SOCIALISTE DE MARC DOLEZ ET JEAN-LUC MELENCHON : UNION DE TOUTE LA GAUCHE DE GAUCHE !


Jean-Luc Mélenchon, sénateur de l'Essonne, et Marc Dolez, député du Nord, ont annoncé le 7 novembre qu'ils quittaient le Parti socialiste et qu'ils s'engageaient dans la "construction d'un nouveau parti de gauche".


Leur décision fait suite au vote organisé au sein du Parti socialiste sur les motions en vue du congrès de ce parti, qui a placé en tête, avec 29 % des suffrages, la motion de Ségolène Royal dont la stratégie est celle de l'alliance du PS et du MoDem. Au total, les trois motions issues de la majorité sortante du PS (Royal, Aubry, Delanoë) obtiennent 80 % des suffrages sur des orientations politiques qui ont conduit la social-démocratie européenne partout à l'échec : soutien au traité de Lisbonne, mollesse de l'opposition face à la droite, refus de mettre en cause le capitalisme... La motion de Benoît Hamon, avec 19 %, sur des bases clairement à gauche, marque une rupture. De leur côté, Marc Dolez et Jean-Luc Mélenchon évoquent l'expérience, en Allemagne, de Die Linke. Ils appellent à la constitution d'un « front des forces de gauche pour les élections européennes ».


Le Mouvement politique d'éducation populaire prend acte de leur intention de contribuer à la création d'une nouvelle force politique de gauche. Marc Dolez et Jean-Luc Mélenchon y apporteraient leur sensibilité qui enrichirait sa diversité.


Le M'PEP est donc attentif et intéressé par la concrétisation de cette intention. Ainsi le M'PEP propose que, sans attendre, les partis, forces et mouvements se reconnaissant dans la « gauche de gauche » se rassemblent, comme ils ont commencé à le faire au sein de l' « Appel de Politis ». Il faut, aujourd'hui, aller bien plus loin. Un « Comité de coordination » doit se mettre en place au plus vite et rassembler, outre le nouveau parti venant d'être créé, le PCF, le NPA, les Collectifs unitaires, le Mars, le M'PEP, etc. Son premier objectif serait de présenter des listes unitaires aux élections européennes. Ce « Comité » pourrait préfigurer la nouvelle force politique de gauche que les citoyens attendent, au sein de laquelle toutes les sensibilités de gauche seraient représentées, chacune conservant son identité, mais toutes participant à l'effort commun.


Le M'PEP a adressé un courrier, ce jour, aux responsables des organisations concernées, afin de convenir d'un premier contact.


Des listes unitaires de la gauche de gauche aux élections européennes seraient une immense source d'espoir. Elles pourraient créer la surprise


Le 8 novembre 2008.



5 - Le PCF tend la main à Mélenchon et Dolez

 

Après la décision de Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez de quitter le PS pour créer une nouvelle force à gauche, le communiste Francis Wurtz leur propose une union pour créer un "Front progressiste européen". "Cette convergence d'analyse et de démarche dans la perspective du scrutin européen de juin 2009 constitue un fait politique de grande portée, à même de changer la donne à un moment où l'on en a grand besoin! Travaillons ensemble à créer la dynamique politique de gauche...", dit le député européen dans un communiqué.


Par Didier HACQUART
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Mercredi 12 novembre 2008



C'est parti et j'en suis comme un des premiers signataires !

DH




Communiqué de Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez


Création du « Parti de Gauche »





A peine quelques jours après notre départ du Parti socialiste, nous nous réjouissons du mouvement de soutien qui s'exprime envers notre démarche, aussi bien depuis les rangs socialistes que l'ensemble de la gauche. En à peine 3 jours, nous avons déjà enregistré plus de 3 000 soutiens sur le modeste site www.casuffitcommeca.fr que nous avions ouvert vendredi 7 novembre.


Ces soutiens montrent l'immense énergie disponible dans notre pays pour changer la gauche, affronter la droite et ouvrir une alternative au capitalisme de notre époque. C'est pourquoi nous annonçons la fondation du « Parti de Gauche » avec tous ceux qui partagent ces orientations.


D'ores et déjà Claude Debons, cheville ouvrière des collectifs contre la Constitution européenne participe à notre démarche. Eric Coquerel est également en train de la rejoindre avec ses amis du MARS - Gauche républicaine. Ce n'est qu'un début. D'autres noms seront annoncés dans les jours qui viennent.


Nous voulons que le « Parti de Gauche » soit un parti unitaire à gauche. Nous voulons en faire un trait d'union au service de la constitution d'un front de forces de gauche pour les élections européennes, sur une ligne claire de refus du Traité de Lisbonne et de construction d'une autre Europe. Dans ce but nous avons d'ores et déjà demandé à rencontrer notamment le PCF et le NPA

.
Nous voulons aussi que le « Parti de Gauche » soit un parti gouvernemental capable, avec d'autres, d'entraîner la société au service d'un projet majoritaire pour changer la vie du plus grand nombre dans notre pays. Le « Parti de Gauche » sera enfin un parti résolument républicain, défendant sans concession la souveraineté du peuple, la laïcité des institutions et de la société et l'intérêt général contre le productivisme face à la crise écologique.


Nous avons dit que nous mettions nos pas dans ceux d'Oskar Lafontaine. Ce dernier sera présent lors du lancement du « Parti de Gauche ». Nous serons heureux de l'accueillir le samedi 29 novembre lors du meeting de lancement du Parti de Gauche en région parisienne.


Un site internet www.lepartidegauche.fr sera ouvert d'ici peu


Pour en savoir plus :http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=638


Par Didier HACQUART
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Jeudi 13 novembre 2008



Première réunion de « Ca suffit comme çà » à Vitrolles le 11 novembre 2008



Mardi 11 novembre à l'initiative des premiers signataires de l'appel "Ca suffit comme ça" une trentaine de militants se sont réunis à Vitrolles, pour aborder la question de la création du nouveau Parti de gauche suite à la décision prise par Jean Luc Mélenchon, Marc Dolez et maintenant des centaines d'élus, de militants de quitter le Parti Sociale.


voir le site http://www.casuffitcommeca.com/


Un accord général semble se dégager de cette première assemblée départementale pour aller dans cette direction.


Les militants réunis provenaient de divers horizons de la gauche (militants et responsables syndicaux, militants associatifs, militants ex membres du PS ou encore membres, militants du PCF, d'Utopia, sans parti).


les villes suivantes étaient représentées : Marseille, Aix, Vitrolles, Venelles, Eguilles, Puy Ste Réparade, Aubagne. Les questions de l'urgence sociale, l'urgence environnementale, la réhabilitation de la République et du Socialisme ont été largement débattues. La constitution d'un large front unitaire pour les élections européennes aussi.


Il a été décidé de


1/ faire signer massivement l'appel '"Ca suffit comme ça" signature en ligne à l'adresse suivante :

http://www.casuffitcommeca.com/


2/ de diffuser cet appel dans les manifestations du Jeudi 20 Novembre à 14 heures Place Castellane à Marseille (grève unitaire de l'Education Nationale)


Samedi 22 Novembre à 14 heures Rue H Barbusse 13001 Marseille manifestation en défense du service public de La Poste


3/ de participer au meeting national de lancement du nouveau parti le samedi 29 Novembre à la Maison de la Chimie avec Jean Luc Mélenchon Marc Dolez et Oskar Lafontaine du Die Linke allemand


4/ de s'adresser à toutes les forces de gauche du département


5/ de tenir une nouvelle assemblée au début du mois de décembre


L'appel à signer en ligne est le suivant :


Nous soutenons l'appel à la construction d'un nouveau parti de gauche lancé par Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez. En effet nous ne trouvons pas notre compte avec la gauche telle qu'elle est aujourd'hui. La crise du capitalisme éclate sous nos yeux. Mais la gauche n'apparaît pas comme une alternative. Elle échoue à s'opposer efficacement à la droite. Elle y renonce même parfois ! Dans plusieurs pays européens, les partis majoritaires à gauche gouvernent avec la droite. Nous ne voulons pas perdre notre temps et notre énergie à attendre qu'ils se ressaisissent. C'est maintenant qu'il faut agir pour un nouvel horizon pour le futur de l'Humanité. Rien de moins.


C'est pourquoi la construction de ce nouveau parti de gauche est une bonne nouvelle. Tourner la page du capitalisme quand il nous replonge dans les débâcles qui ont déjà fait les désastres du passé, c'est si difficile. Mais c'est l'urgence ! Transformer le système et le contenu de la production pour éviter la catastrophe écologique qui s'avance, cela parait une tâche tellement hors de portée. Mais c'est vital ! Changer la répartition des richesses pour que le plus grand nombre vive enfin dignement, cela semble ardu. Mais pouvons-nous accepter l'enrichissement colossal d'une petite minorité pendant que la misère s'étend ? Refonder la République et redonner le pouvoir aux citoyens en toutes choses, c'est devenu presque utopique. Mais sinon quel moyen pour changer le monde ? Faire vivre une laïcité intransigeante, c'est désormais un engagement souvent vilipendé. Mais sans cela, quelle société laisserait-on s'imposer ? Construire une Europe enfin démocratique et sociale, cela heurte de front le Traité de Lisbonne ? Mais la solidarité des peuples vaut mieux que leur concurrence !


Tout cela il faut oser le vouloir, ici et maintenant, en faire un programme de gouvernement, un projet de rassemblement majoritaire de notre peuple. Pour cela il faut bousculer les conformismes, les opportunismes, les sectarismes, la résignation. Die Linke en Allemagne a montré que cette ambition pouvait faire son chemin. En France, nous le pouvons aussi. Nous savons de quelle magnifique et longue histoire nous pouvons être les héritiers. Nous pouvons reconstruire une gauche digne de ce nom, sans complexe face à la droite et au capitalisme. C'est pour cela que nous soutenons la création du nouveau parti de gauche. faisons le connaitre autour de nous



Pour tout contact une adresse électronique : "Ca suffit comme ça 13"

casuffitcommeca13@gmail.com



Par Didier HACQUART
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Dimanche 16 novembre 2008




Jean-Luc Mélenchon sera à Ripostes avec Serge MOATI


sur France 5 dimanche 16 novembre 17h40.





DH





Par Didier HACQUART
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Lundi 17 novembre 2008




Un nouveau site est né, celui du Parti de Gauche des Bouches du Rhône !


http://www.lepartidegauche13.com



Ce site complétera les informations du site national, à destination des militants des Bouches du Rhône.


DH

Par Didier HACQUART
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Vendredi 21 novembre 2008




Le Nouveau Parti de Gauche dans la presse.


La Provence a diffusé le 18 novembre,  un petit article sur notre première réunion de Vitrolles...


A suivre !


DH



Le nouveau Parti de Gauche a réuni ses militants


Récemment, à l'initiative des premiers signataires de rappel " Ça suffit comme ça", une trentaine de militants se sont réunis à la maison des syndicats, pour aborder la question de la création du Nouveau Parti de gauche suite à la décision prise par Jean-Luc Mélenchon, de quitter le parti socialiste.


Les militants réunis provenaient de divers horizons de la gauche (militants et responsables syndicaux, militants associatifs, militants ex-membres du PS ou encore membres, militants du PCF, d'Utopia, sans parti).


Une nouvelle assemblée aura lieu au début du mois à de décembre

Par Didier HACQUART
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Jeudi 27 novembre 2008




Jacques Généreux, comme de nombreux autres rejoignent le Parti de Gauche. Ce n'est pas anodin.


A titre personnel, cela me fait plaisir, car c'est un intellectuel que j'apprécie. C'est un vrai économiste qui ne met pas les mathématiques en avant, et pour qui l'économie c'est homme avant tout.


C'est l'auteur de nombreux ouvrages, dont notamment « la dissociété ». Que je conseille à tous.


C'est un proche d'Henri Emmanuelli et de Gérard Filoche. Son départ en annonce - t il d'autres.


A suivre...


DH



Pourquoi je m'engage dans la construction du Parti de Gauche


Communiqué de Jacques Généreux

(Ex-membre du Conseil national du PS)

 

La ligne politique que je crois la plus adaptée aux défis du XXIe siècle, et la plus susceptible de s'opposer à la grande régression engagée par la droite, reste irréductiblement minoritaire au sein du PS. Ce constat, trop de fois confirmé, me conduit à quitter ce parti pour m'engager dans la construction d'un nouveau parti de gauche, socialiste, républicain, démocratique et résolument décidé à refonder l'union des partis de gauche autour d'un programme de gouvernement.



Tout au long des années 2000, au côté d'autres socialistes, je me suis engagé contre la dérive du PS et de ses homologues européens vers les politiques et les valeurs néolibérales : privatisation et mise en concurrence des services publics, baisse des impôts sur les revenus du capital et les hauts salaires, dérégulation des marchés financiers, généralisation du libre-échange, philosophie de la responsabilité individuelle, culte de la compétitivité, abdication devant la mutation de l'Union européenne en espace de guerre économique. Face à cette dérive, bien des militants découragés ont déjà quitté le PS, tandis que d'autres, dont je fus, n'ont jusqu'ici pu se résoudre à abandonner le parti de Jaurès sans combattre pour sa renaissance. Le courage politique commandait de ne pas se résigner, car les seules batailles perdues d'avance sont celles que l'on renonce à mener. Mais voici venu le temps où la lucidité politique commande de reconnaître la défaite.



Les résultats du congrès de Reims sont à cet égard peu équivoques : la ligne résolument socialiste que j'ai défendue aux côtés d'Henri Emmanuelli et de Benoît Hamon est soutenue par moins d'un militant sur 5 ; en votant pour Ségolène Royal malgré l'opposition de tous les autres leaders du PS, 50% des militants estiment que le clivage gauche-droite est dépassé, et que l'avenir de la transformation sociale passe par la mutation du PS en un parti démocrate allié au centre-droit ; enfin, si la courte victoire de Martine Aubry est confirmée, c'est celle d'une coalition ambiguë intégrant les plus ardents défenseurs des options libérales, celle d'un front construit sur le rejet de Ségolène Royal, et non sur une ligne commune concernant des questions aussi essentielles que le libre-échange ou le traité de Lisbonne. La vieille direction du PS, celle qui a conduit à la catastrophe du 21 avril 2002, celle qui a creusé le divorce entre le PS et son électorat lors du référendum européen du 29 mai 2005, aura peut-être « sauvé les meubles » en se liguant contre une personne. Mais le PS sort de cette manœuvre tout aussi illisible qu'avant et laisse ses électeurs tout aussi orphelins d'une représentation politique claire et efficace.


Je garde intactes mon amitié et mon estime pour les camarades qui, face à ce constat d'échec, pensent que la bataille interne au PS demeure l'engagement le plus utile au pays. Pour ma part, devant l'urgence qu'il y a à proposer une alternative politique à la régression sociale en cours, devant l'exigence immédiate d'une représentation politique du « non » socialiste aux prochaines élections européennes, je ne crois pas utile de dépenser mon énergie à convaincre 50 % des militants du PS de redevenir « socialistes », et j'entends l'exaspération des électeurs qui attendent d'un responsable politique qu'il s'occupe enfin davantage du pays que de son parti.


Je n'ai plus d'illusion sur la capacité de la « gauche du PS » à constituer rapidement l'axe central de ce parti sur les questions économiques, sociales ou européennes. Qui plus est, même quand elle parvient à inscrire ses propositions dans le programme du PS, ce peut être en pure perte. Ainsi, en 2004, pour les élections européennes, au nom de l'unité et sous l'impulsion de François Hollande, le conseil national, unanime, a accepté en bloc la ligne défendue par Henri Emmanuelli et Jean-Luc Mélenchon, ligne selon laquelle la Constitution européenne était en l'état inacceptable et n'aurait le soutien du PS qu'à un certain nombre de conditions. Mais cette ligne, qui valut au PS une grande victoire en juin 2004, était, dès le mois de juillet, piétinée par le Premier secrétaire. Ce dernier entrait en campagne pour le « oui », engageant à sa suite une majorité de militants, quand bien même aucune des prétendues « conditions » proclamées devant le peuple français n'avait été seulement discutée.


Non contente de cette première trahison du suffrage universel, la direction du PS ne s'est pas dressée d'un seul bloc contre Nicolas Sarkozy quand celui-ci imposait la ratification parlementaire du traité de Lisbonne (traité strictement identique à celui que 55% des Français et les deux tiers des électeurs de gauche avaient rejeté). Le président de la République commettait un crime contre la démocratie, doublé d'un crime de haute trahison puisqu'il s'entendait avec des puissances étrangères pour imposer un traité contre la volonté clairement exprimée par le peuple français. Face à pareille forfaiture, pouvait-on imaginer, que nous, les socialistes, les héritiers de Jaurès et de la promesse d'une « démocratie jusqu'au bout », nous ne serions pas, cette fois au moins, unis du premier au dernier, pour mobiliser le peuple contre la droite antidémocratique ?  Eh bien, pire qu'une simple réticence à mener ce combat, nous eûmes quelques leaders visiblement satisfaits que, grâce à Sarkozy, on ait sauvé leur cher traité, contre le peuple ! Quelques leaders qui participeront peut-être à une direction du PS, d'ores et déjà décidée à construire un programme européen commun avec le PSE, c'est-à-dire avec tous les plus ardents défenseurs du traité de Lisbonne, qui ont désormais en tête une seule obsession : convaincre les Irlandais que leur « non » à ce traité n'est pas recevable, qu'ils doivent dire « oui » à ce qu'ils refusent, car désormais, dans l'Union européenne, il n'est de place que pour les peuples qui renoncent à leur souveraineté.


Un tel entêtement à bafouer la démocratie, une telle application à mépriser le choix des peuples, ne peuvent que nourrir un ressentiment antisocialiste et antieuropéen, dont le principal débouché politique sera la montée d'un populisme gauchiste ou nationaliste, au détriment d'une gauche de gouvernement proeuropéenne. C'est pour combattre cette funeste perspective que, en 2005, j'ai mené une campagne nationale pour un « non » de gauche et proeuropéen, un tour de France du « non » socialiste aux côtés de Marc Dolez et Gérard Filoche, une campagne unitaire avec les communistes, avec Attac, avec toutes les forces de gauche engagées pour une Europe du progrès social. Je ne vois pas avec qui d'autre que ceux-là je pourrais, en 2009, mener à nouveau une campagne pour cette Europe-là.


Le PS, en quête de renouveau et de reconquête de l'électorat populaire, pouvait prendre une autre voie. À la faveur du « non » français en 2005, il aurait pu entendre que ceux qui, dans ses rangs, étaient restés aux côtés de la gauche (c'est-à-dire du côté de ses électeurs) avaient fait le bon choix politique. À la faveur de la nouvelle crise financière enclenchée dès l'été 2007, il pouvait reconnaître que tous les socialistes qui, inlassablement depuis les années 1990, avaient fait le bon diagnostic sur la mutation du capitalisme, n'étaient pas d'archaïques gauchistes mais, au contraire, des socialistes vraiment au fait du monde présent. Or, ces socialistes qui avaient « un monde d'avance », aucun autre courant au PS n'a voulu entrer dans le congrès avec eux, dans une motion commune à laquelle ils étaient disposés sans autres conditions que celles relatives à la ligne politique, concernant notamment la réorientation de la construction européenne et la remise en question du dogme du libre-échange. Je prends acte de ce refus. Je prends acte de ce que la seule motion qui, selon moi, aurait dû arriver en tête dans un Congrès « socialiste », et dans ce moment de l'histoire qui lui donne raison, est arrivée en queue avec 18,5% des votes.


En conséquence, à la suite de Marc Dolez et de Jean-Luc Mélenchon, je m'engage dans la construction du « Parti de Gauche ». J'appelle tous ceux qui m'ont fait jusqu'ici l'honneur de manifester leur soutien à mes engagements à nous rejoindre dans cette entreprise.



Dimanche 23 novembre 2008




Par Didier HACQUART
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