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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
24 octobre 2009 6 24 /10 /octobre /2009 05:19




Il devrait à nouveau créer l'évènement, Michael Moore sort un nouveau film, « Capitalism : A love story » . Une fois de plus cela devrait être décapant et efficace.

 

A suivre dans les salles obscures !

 

DH

 

 


Michael Moore sort son bulldozer anti-capitaliste par Seb Musset

 

 

 

Le nouveau film de Michael Moore « Capitalism : A love story » sort en France le 25 novembre. Seb Musset l'a vu, il nous raconte les attaques acerbes contre le capitalisme, mais aussi l'espoir que le réalisateur tente d'instiller.

 

 

Michael Moore revient à la base. Le cinéaste de gauche, natif du Michigan[1], conclut avec « Capitalism : A love story » un cycle de films entamé vingt ans plus tôt avec l’émouvant Roger and Me{2] : la trahison du peuple américain par son gouvernement, la réduction à néant de ses espérances, la vente à la découpe de l’industrie et des services publics par des élites au service exclusif des corporations privées.


Pas de pitié avec eux. Par essence, le capitalisme génère le mal et toute tentative de le réguler est une arnaque, spécialement lorsque cette régulation (à base de subventions publiques sans retour) est entre les mains d’incompétents et/ou de corrompus : c’est en gros la thèse du dernier opus, le plus radical, du réalisateur un tantinet blasé qui «n’en peut plus de vivre aux Etats-Unis mais qui refuse d’en partir».


La «love story» est l’objet du premier segment du film. Comme tout enfant de la classe moyenne américaine ayant grandi dans les années 60, le petit Michael a bénéficié des retombées d’une croissance continue basée sur un emploi stable du père, une consommation de biens de transgression et une foi absolue dans le capitalisme comme modèle unique et bienfaiteur. Amour trahi, croyance battue en brèche depuis deux décennies jusqu’au point de non-retour : La crise des subprimes et le sauvetage des banques.


Moore est fidèle à son style : le bulldozer. Articulés autour de transitions plus ou moins heureuses, se succèdent des segments présentant des situations cocasses ou abjectes affectant des américains moyens appauvris en un claquement de bulle spéculative :


•    Des familles expropriées de leur maison (pourtant remboursée) dormant dans une camionnette à 30 mètres de chez elles.


•    Un agent immobilier s’autoproclame fièrement « le vautour », spécialisé dans la revente immédiate de ces maisons

.
•    Des assurances vie contractées sur le dos de salariés par leurs employeurs à leur bénéfice exclusif (et son équation logique : Nos employés ne meurent pas assez jeunes !). Exemple : L’employeur gagne 5 millions de dollars à la mort d’un de ses salariés (qui a bossé 18 ans dans la boîte) et ne reverse rien à la famille qui doit s’endetter pour financer les obsèques (C’est-y-pas une grande famille le capitalisme !)


•    Des pilotes de ligne moins rémunérés que des managers de fast-food (et sa conséquence directe : des crashs en série.)


•    Des étudiants s’endettent à hauteur de 150.000 dollars pour financer un cursus qu’ils rembourseront en développant de nouvelles martingales boursières et autres pièges à pauvres pour leurs banques bourreaux.


•    Le culte financier du produit dérivé foireux (que même leurs créateurs peinent à expliquer).


•    Des ados injustement envoyés en prison par paquets de 1000 avec la complicité d’un juge payé sur commission
pour gonfler les bénéfices d’un concessionnaire carcéral privé.


•    Le passage en force au Congrès du plan Paulson de soutien aux banques malgré la désapprobation populaire.

 

 


 

J’en passe et des pires. C’est le worst-of illustré de ce que l’on peut lire ici depuis deux ans : Une kermesse aux raclures à en filer la nausée même à Sabine Herold, un truc qui donne envie de péter à coup de pelle de la berline allemande à vitres teintées et chauffe-nuque (ça détend) et de sortir le canon à merde aux points presse de Luc Chatel.


C’est en toute logique désespérée qu’en bout de film, un Moore arrivé au bout du paradoxe du cinéaste contestataire distribué par une major et auréolé dans tous les festivals, guide son spectateur sur le chemin de la riposte citoyenne massive. Prenez votre destin, votre entreprise et vos économies en main et retrouvez le sens du collectif : c’est à vous d’écrire la suite.


Invité à l’avant-première, je craignais moins pour le fond du film que pour sa forme. D’autant que j’avais des réserves avec les récentes œuvres du cinéaste, spécialement le palmé Fahrenheit 9/11 sorte de Fox News inversé aussi manichéen que ce qu’il dénonce.
Lié à son ambition d’œuvre somme et contraint par son format, Capitalism a ce principal défaut de brasser les thématiques à un rythme parfois indigeste (ce qui est clairement énoncé dans un « préambule pour cardiaques ») et de passer rapidement sur des personnages ou des thèmes qui méritaient de s’y arrêter. Notamment l’autogestion des entreprises (rarement évoquée dans les médias français, elle est littéralement inconnue de la majorité des américains) qui est probablement la perspective la plus épanouissante et rémunératrice pour le salarié (ce qui explique sa sous-médiatisation alors qu’elle fonctionne depuis des années dans de nombreuses entreprises, petites et grandes ).

Faisant feu de tout bois pour étayer la démonstration parfois simpliste mais souvent jouissive, le film de Moore est avant tout un travail de vulgarisation sur les pathologies chroniques du capitalisme débridé conçue pour parler au plus grand nombre de ces sujets qui les intéressent peu mais qu’ils subissent tant. A défaut d’être un grand film et malgré son mauvais titre, Capitalism : A love story s’impose comme une œuvre d’intérêt collectif facile d’accès, à projeter en classe histoire de décrypter les raisons du désastre et envisager sérieusement une gestion alternative de l’état privilégiant l’homme et non le profit.

Pistes clairement exposées par F.D Roosevelt peu avant sa mort dans un discours final «oublié» par l’histoire :
« 
-     Le droit pour chacun à un travail utile et correctement rémunéré;

•    Le droit pour chacun de manger à sa faim, de pouvoir se vêtir et d’avoir des loisirs;

•    Le droit pour tout fermier de cultiver et vendre ses produits à un tarif lui permettant, à lui et sa famille, une vie décente;

•    Le droit pour tout entrepreneur, petit ou grand, d’échanger dans une atmosphère dégagée de la compétition et de la domination des monopoles domestiques ou internationaux;

•    Le droit pour chaque famille à un toit décent;

•    Le droit pour chacun à la protection médicale, et aux meilleurs conditions de santé possibles;

•    Le droit pour chacun à une protection contre les conséquences économiques de la vieillesse, de la maladie, des accidents de la vie et du chômage;

•    Le droit pour chacun a une bonne éducation. »



Capitalism : A love story en salles le 25 novembre.

 


(1) Michigan, état du nord, jadis le plus riche, aujourd'hui parmi les plus pauvres de l'Amérique. Ghettos, villes fantômes, infrastructures en ruine : à visiter d'urgence pour se faire une véritable idée du niveau de tiers-mondisation interne atteint par la plus grande puissance économique mondiale. Avis aux fans d'M6 : Si vraiment vous voulez devenir propriétaires, vous pouvez acheter dans les faubourgs de Détroit des quartiers complets pour le prix d'une Twingo.

[2] Roger and Me (1989) sur les conséquences durant les années Reagan, de la désindustrialisation du Michigan passant du bastion mondial de l'automobile au terrain vague.

 


 

 

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