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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 04:48





Je m'intéresse à la politique. Je n'en suis pas moins syndicaliste et les questions touchant à l'entreprise et au monde salarié m'intéressent. Il y a bien évidemment un lien naturel entre les 2 mondes.

 

J'ai découvert le livre « La France au travail » rédigé par des chercheurs de l'IRES, qui me paraît pertinent. Et qui remet en cause certaines idées toutes faites. Je suis toujours surpris entre le monde des bisounours qui nous est présenté généralement, et les réalités vécues par chacun d'entre nous dans nos entreprises...

 

Mediapart a aussi fait un excellent article sur le sujet "Lelivre qui dynaite les idées reçues". Si vous n'êtes pas abonné, faites le !

 

DH

 



La France au travail

 


Les dimensions économiques et sociales du travail sont au cœur du choix de société. Durée du travail, heures supplémentaires,stress au travail, délocalisations, licenciements,

pouvoir d’achat, âge de la retraite, ne cessent d’alimenter débats et controverses. Mais qu’en est-il vraiment de ces questions ?

 

Cet ouvrage propose des points de vue et des synthèses sur l’état du monde du travail dans la France d’aujourd’hui. Tour à tour les questions de l’emploi et du chômage, des salaires et des revenus, de la protection sociale et des conditions de travail, des restructurations d’entreprise et, enfin, des relations sociales et de la conflictualité, sont analysées par une équipe de chercheurs spécialisés.

 

L’objet du livre est d’éclairer les faits sociaux et économiques de la période contemporaine par les acquis de la recherche présentés de manière pédagogique et accessible à tous ceux qui s’y intéressent. Le lecteur y trouvera les données disponibles les plus actualisées, des mises en perspective sur plusieurs décennies, des indicateurs inédits, des analyses et grilles de lecture, de même que des éléments de comparaison européenne.

 

L’ouvrage est réalisé par une équipe de chercheurs de l’Institut de recherches économiques et sociales (IRES). Il correspond à la vocation de l’Institut qui est de répondre aux besoins exprimés par les organisations syndicales françaises dans les domaines de la recherche économique et sociale.

 

Etude

 

La parution de La France du travail s’inscrit dans un contexte particulier : celui d’une crise économique mondiale d’ampleur inégalée depuis la grande récession des années 1930. Sans en avoir fait un objet central d’analyse, les auteurs de l’ouvrage l’ont considérée comme un révélateur et un amplificateur des tensions travaillant les institutions depuis les

dernières décennies. La crise interroge nécessairement sur les « règles du jeu » économiques, sociales et politiques de la période qui l’a précédée. L’un des premiers choix méthodologiques de l’ouvrage a donc été de mettre en perspective, sur une durée suffisamment longue, les grandes évolutions qui ont affecté l’emploi et le travail, mais aussi les revenus, la protection sociale, les relations entre acteurs sociaux et les conflits.

 

Une telle démarche aboutit à souligner le changement de paradigme survenu au tournant des années 1970 et 1980 : les « Trente Glorieuses », appellation en partie fallacieuse, ont accompagné la salarisation croissante des travailleurs dans une ère de plein emploi relatif et de protection sociale en extension. Non sans contradictions, la société a connu alors un accroissement général du « bien être » (la traduction littérale du Welfare).

 

Comme il a déjà été souligné par d’autres, les années 1980 apparaissent rétrospectivement comme une inversion de cette tendance, ouvrant la voie à une société où domine l’insécurité sociale et économique.

 

Flexibilité et liquidité

 

Deux préceptes ont convergé dans ce processus : la flexibilité et la liquidité. Tous deux conduisent au transfert des risques sur le salarié ou sur l’individu : risque social, risque économique, risque financier.

 

La flexibilité, comme principe d’ajustement organisationnel des entreprises à la volatilité des marchés et aux changements techniques rapides, n’induit pas nécessairement la régression du statut salarial. Elle peut même requérir des qualifications et des compétences individuelles et collectives de plus en plus complexes, qu’il s’agit de valoriser donc de reconnaître.

 

Elle a cependant servi de justification économique à des pratiques croissantes d’externalisation et de déréglementation-précarisation de l’emploi. Au point qu’en 2008, 61% des intentions d’embauche adressées par les employeurs à l’Urssaf étaient des contrats à durée déterminée de moins d’un mois, ce qui en dit long sur la représentation du travail dans le monde des employeurs aujourd’hui.

 

La liquidité, c’est l’extension à tous les domaines de la vie économique d’un principe roi de la finance : un capital engagé est d’autant plus « liquide » qu’il peut se transformer rapidement en argent. La liquidité est devenue l’étalon de l’efficacité :les entreprises sont devenues des marchandises dont les titres de propriété s’échangent, le moteur étant la recherche d’une rentabilité financière à deux chiffres. Toutes les institutions susceptibles d’entraver cet idéal de liquidité ont été discréditées comme autant de « rigidités » opposées à l’efficacité économique : les règles protectrices de l’emploi, la législation sociale, la fiscalité, les cotisations sociales, jusqu’à l’Etat lui-même, enjoint à la plus extrême modestie.

 

Un processus et ses contradictions

 

Ce double mouvement de flexibilité et de liquidité, a réussi à s’imposer dans les représentations sur le registre de l’évidence. Le salaire, signe de l’affiliation sociale, se voit de plus en plus concurrencé non seulement par l’épargne salariale (forme liquide du salaire) mais par des dispositifs publics qui font des salariés des personnes assistées par l’État et des employeurs des contributeurs secondaires de la rémunération du travail (PPE, RSA…).

 

L’exaltation du risque, l’incorporation des contraintes de rentabilité, la culpabilisation personnelle vis-à-vis de l’absence ou de la perte d’emploi, la défaisance des solidarités, sont autant d’aspects de l’évolution du travail contemporain. Nul doute qu’ils n’auraient pu se déployer sans ce formidable instrument de mise au pas de la force de travail et de la société toute entière qu’a constitué l’installation d’un chômage de masse. C’est grâce à ce dernier qu’a pu s’infléchir durablement le partage des richesses au détriment des salariés,aboutissant à miner l’un des compromis fondateurs essentiels de la période antérieure. Ces évolutions ne vont pas sans rencontrer des contradictions : tout d’abord, les « injonctions paradoxales » des entre prises qui demandent aux salariés de s’engager dans le travail en même temps qu’elles font de leur insécurisation la pierre de touche de la gestion des ressources humaines.

 

L’emprise croissante des formes particulières d’emploi et le développement de l’emploi non qualifié – sous l’effet notamment des exonérations de cotisations sociales – posent la

question de l’efficacité productive de ces modalités de mise au travail. Viennent ensuite les dégâts humains, sociaux et écologiques de ces politiques qui, d’une manière ou d’une

autre, se répercuteront en autant de coûts à venir et entraveront les conditions de reproduction d’une société devenue de plus en plus inégalitaire.

 

Voir les choses autrement

 

L’approche transversale aux différents chapitres a été de questionner les fausses évidences assenées avec bien souvent le soutien d’un certain discours savant. Le débat social se polarise autour d’idées simples qui masquent leur rôle mystificateur sous les habits du bon sens. Toutes ne sont pas fausses ; elles tirent même leur force en leur point de départ de réalités aussi peu récusables que le vieillissement de la population, la concurrence internationale ou encore les bienfaits du dialogue social. Mais les indicateurs construits, les concepts et les modèles mobilisés orientent les perceptions immédiates vers la « seule politique possible » comme si l’économie et la politique n’avaient pas justement pour rôle de permettre le choix entre des alternatives.

 

On trouvera dans cet ouvrage autant d’éclairages et d’angles d’entrée décalés, de propositions de « voir les choses autrement » non pas pour afficher les « vrais chiffres » mais pour inciter à questionner ceux qui sont assénés avec tant d’assurance dans l’espace public. Il en va ainsi des évidences revisitées par l’ouvrage : des 35 heures, coupables de tous les maux économiques de la France du début du XXIe siècle ; du SMIC

qui aurait trop progressé depuis trente ans ; du code du travail qui serait une entrave à l’emploi ou la précarité qui, naturellement, en aurait créé ; des cotisations sociales dont l’augmentation serait inconcevable, etc. L’enjeu d’une telle entreprise n’est rien moins que de penser la construction d’une nouvelle sécurité économique et sociale.

 

Florence Lefresne, Jean-Marie Pernot, Catherine Sauviat

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