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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 20:35


A Vitrolles, le PS se retrouve seul face à Catherine Mégret

 

Article paru dans l'édition du Monde du 02.10.02

 

L'UMP a retiré son candidat, lundi 30 septembre. Au second tour de l'élection municipale partielle, qui aura lieu dimanche 6 octobre, la maire sortante affrontera Guy Obino, qui n'a pu fusionner sa liste avec celle de son rival socialiste, Dominique Tichadou.

 

Catherine Mégret (MNR), arrivée en tête, dimanche 29 septembre, du premier tour de l'élection municipale de Vitrolles avec 36,73 % des voix, sera opposée, dimanche 6 octobre, à un seul adversaire, le socialiste Guy Obino, en seconde position avec 31,04 % des suffrages. En effet, l'UMP a décidé de retirer son candidat, Christian Borelli (12,21 %). Sans appeler formellement à voter pour la liste PS, Jean-Claude Gaudin, le maire de Marseille a déclaré : « Nous sommes opposés aux thèses de l'extrême droite. (...) C'est clair, net et précis. » La gauche n'est pas parvenue à fusionner la liste de M. Obino avec celle de son rival socialiste, Dominique Tichadou, qui s'est retiré. La chambre régionale des comptes a mis au jour plusieurs anomalies dans la gestion de la ville par le couple Mégret.

 

Au lendemain du premier tour de scrutin municipal de Vitrolles, l'UMP a retiré, lundi 30 septembre, son candidat, Christian Borelli, et les listes de gauche et de l'UDF ont renoncé à fusionner, après une journée de discussion. On devrait donc assister, dimanche prochain, à un duel serré entre la liste d'extrême droite conduite par Catherine Mégret et celle menée par le socialiste Guy Obino (PS), ce dernier étant arithmétiquement mieux placé que la sortante : si les électeurs suivent les recommandations des candidats qui se sont retirés, M. Obino devancera largement Mme Mégret.

 

Joies et déceptions avalées, discussions et manœuvres ont commencé dès lundi matin. La première décision est venue de la droite. Convoqué à la mairie de Marseille par les deux chefs de l'UMP dans les Bouches-du-Rhône, Jean-Claude Gaudin et Renaud Muselier, M. Borelli a vite été convaincu de se retirer. Pour s'assurer que les choses soient claires, le maire de Marseille a annoncé la nouvelle en personne, en appelant les journalistes dans son bureau. « M. Borelli est en quatrième position, son objectif de battre Mme Mégret ne peut plus être atteint, a-t-il expliqué. En accord avec nous, il a décidé de se retirer. » Vice-président national de l'UMP, M. Gaudin a ajouté : « Nous sommes opposés aux thèses de l'extrême droite ; nous n'avons rien de commun, à Marseille ou à Vitrolles. C'est clair, net et précis. » Revenu sur ses terres, M. Borelli a publié un texte affirmant qu'il gardait « le même cap » - « faire obstacle à l'extrême droite » - et a reçu ses partisans, déçus mais disciplinés. Il a aussi livré un pronostic sur la position de son électorat au second tour : « Un tiers à la pêche, un tiers à gauche, un tiers avec Mégret. »

 
LA PROPOSITION DE M. PORTE
 

A gauche, la situation était plus compliquée. Dimanche soir, toutes les composantes de la liste de M. Obino avaient dit - comme les militants - leur refus de toute fusion avec la liste dissidente de Dominique Tichadou (DVG). « Pas question de tripatouillages ; restons dignes, on est en tête on peut gagner », lançait ainsi Alain Hayot (PCF), numéro deux sur la liste. Les dirigeants socialistes et communistes du département, qui assistaient à la réunion - en l'absence de M. Obino - approuvaient.

Mais le lundi matin voyait un coup de théâtre. Henri-Michel Porte (DVD), dont la liste dissidente soutenue par l'UDF avait recueilli 5,29 % des voix, proposait de fusionner toutes « les listes républicaines et démocrates ». Il affirmait avoir reçu l'accord de François Bayrou, président de l'UDF, pour initier cette démarche. M. Tichadou publiait aussitôt un communiqué allant dans le même sens : « L'ensemble des colistiers, réunis derrière Dominique Tichadou, appellent à la fusion des listes démocrates et républicaines », annonçait le texte. Bien que des contacts informels aient été tentés par des émissaires plus ou moins mandatés, la situation prenait un tour étrange : les chefs échangeaient par communiqués, alors qu'une fusion réussie implique la mise au point d'équilibres d'autant plus délicats qu'ils contredisent souvent ceux qui ont été établis au sein de chaque liste.

 

Se disant prêts à tout pour chasser Mme Mégret, les dirigeants de la fédération socialiste ajustaient leur position et affirmaient, à ce moment-là, être ouverts à toutes les propositions. Jean-Noël Guérini, président (PS) du conseil général, qui semblait réticent dimanche soir, résumait ainsi sa position : « Pour gagner, il vaut mieux faire des additions que des soustractions. » En début de soirée, Guy Bono, premier secrétaire fédéral, partait alors, au volant de sa voiture, à la rencontre des candidats socialistes, puis de leurs colistiers. Il savait qu'il aurait du mal à convaincre ses camarades, tant la constitution de la liste de M. Obino avait déjà demandé de patience. Il savait aussi que les blessures restaient vives après les affrontements du premier tour. Un militant des Verts résumait, sans grand plaisir : « On a le choix entre deux mauvaises solutions : fusionner ou ne pas fusionner. Dans le premier cas, ça fait manœuvre ; dans le second, ça ne fait pas unitaire. »

 

M. Obino annonçait pourtant à M. Tichadou et à M. Porte qu'il était ouvert à l'idée de la fusion. Rendez-vous était fixé dans la soirée. Mais à la réunion des colistiers de M. Obino, il apparut bien vite qu'on ne pourrait aller vers la fusion. Le PCF y était farouchement opposé, comme les militants de la Gauche socialiste et les associatifs : ils estimaient que leur succès du premier tour était précisément dû au renouvellement des personnes qu'ils avaient réussi à mettre en place et qu'il n'y aurait rien à gagner à la perturber avec ce qui apparaîtrait comme « un arrangement de circonstance ». Au lieu de la fusion, on s'est donc préoccupé de trouver une porte de sortie honorable pour M. Tichadou. M. Guérini a promis de s'y employer.

 

Finalement, le premier secrétaire fédéral du PS a annoncé une conférence de presse, qui devait se tenir en fin de la matinée, mardi 1er octobre, afin d'évoquer la fin des négociations sur la fusion des listes et de lancer, surtout, un appel « à battre les Mégret ». M. Tichadou, qui avait fait savoir qu'il ne se maintiendrait pas au second tour, est même annoncé au meeting de l'entre deux tours, qui devait se tenir, le soir même, dans la salle des fêtes de Vitrolles. Tout était en place pour un duel sans pitié, dans cette ville où les campagnes ressemblent souvent à des guerres.

 
MICHEL SAMSON

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