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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
1 janvier 2006 7 01 /01 /janvier /2006 20:49

EXTREME DROITE La main droite du diable
 

Article paru dans l'édition de l’HUMANITE du 20 juillet 2002.

 

La porosité entre les groupuscules néonazis et les partis d’extrême droite sert les intérêts de chacun.

 

Officiellement, la tentative d’attentat sur la personne de Jacques Chirac par un militant illuminé du groupuscule d’extrême droite Unité radicale " ne concerne pas " le MNR. Ce qui revient à défendre l’idée que la main droite est censée ignorer ce que fait la main gauche... Tantôt priés de déguerpir lors des manifestations, tantôt appelés pour jouer les supplétifs lors des campagnes électorales et assurer les services d’ordre : les groupuscules tels Unité radicale ou le GUD ont avec le FN et le MNR des relations complexes, mais s’épaulent sans faille quand il le faut.

 

Ces groupuscules néonazis sont d’abord un vivier de futurs cadres. Implanté en milieu universitaire, mais rayonnant aussi au-delà, le GUD au temps de sa splendeur a été pour plusieurs cadres du FN, et surtout du MNR, jugé plus racialiste, un sas d’entrée dans l’activisme. Même si les " gudards " sont en général plus portés sur la bagarre de rue que le combat idéologique. En mai 2000, des représentants du parti de Bruno Mégret et d’Unité radicale se rencontrèrent néanmoins pour autoriser la double appartenance, synonyme d’exclusion dans les statuts du MNR. L’accord prévoyait en outre des " places éligibles " sur les listes du MNR aux municipales, y compris une tête de liste dans le Sud-Ouest.

 

Aujourd’hui, la désaffection des militants, la scission FN-MNR de 1998 et la stagnation électorale rendent l’opération moins payante. Alors, parfois, l’inverse se produit : l’un des porte-parole d’Unité radicale, Guillaume Luyt, est l’ancien responsable du Front national de la jeunesse. Il l’a quitté en 2000, lorsque Le Pen lui refusa l’entrée au bureau politique du FN. Luyt s’était alors offusqué que s’y trouvât Farid Smahi, d’origine nord-africaine, et pas lui... Les ponts avec des responsables FN ne sont toutefois pas coupés. L’autre porte-parole, Fabrice Robert, fait mieux encore en étant membre du conseil national du parti de Bruno Mégret. Condamné à Nice pour révisionnisme, il fut auparavant élu FN en région parisienne, il est également le leader du groupe musical skinhead Fraction Hexagone qui, dans une chanson, promettait " une balle pour les sionistes, une balle pour le cosmopolitisme et une balle pour la police ".

 

L’autre fonction de ces groupuscules largement tolérés à leur marge par les deux formations d’extrême droite, c’est celle de " gros bras ". Marie-France Stirbois, à Dreux, Catherine Mégret, à Vitrolles, ont fait un large usage de militants radicaux pour leurs dernières campagnes. Leur mission est double dans ces cas-là, il s’agit autant de protection des candidats que de provocation, afin de susciter un climat de tension pour mieux se poser en victime.

 

Ce système est bien rodé désormais. Lors de la dernière manifestation du 1er mai 2002, le FN a fini par accepter dans ses rangs les militants d’Unité radicale qui souhaitaient défiler sous une banderole propre. Ils manifestèrent disséminés, appelés à venir en " tenue clean, pas besoin de servir de cibles aux DPS ou aux "bolches" ".

 

Avantage pour le FN, pouvoir s’en désolidariser en cas d’incidents. Certains furent néanmoins enrôlés dans le DPS (la milice maison du FN), le temps de la manifestation. Le flou des rapports ne va pas sans tiraillements : en quête de respectabilité, le FN a pu par le passé dissuader les skinheads et autres néonazis de défiler le 1er mai. Lors de la manifestation de 1995 où un jeune Marocain, Brahim Bouarram, fut jeté dans la Seine par des skinheads en marge du défilé, c’est le responsable du DPS d’alors, Bernard Courcelle, qui mena sa propre enquête pour livrer à la police les noms des coupables. But du jeu : dédouaner le Front, dont ils avaient emprunté à Reims les bus gratuits. Cet épisode, ajouté à un autre à Dreux où le même Courcelle empêcha un affrontement entre les skinheads recrutés pour la campagne et des militants d’extrême gauche, fut jugé comme une " trahison " du FN. Quelque temps plus tard, Bernard Courcelle essuya des coups de feu en sortant du siège du FN, sans que l’on puisse dire s’il s’agissait ou non d’une vengeance.

 
Lionel Venturini
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Published by Didier HACQUART - dans Histoire politique de Vitrolles : 2002 et