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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 04:20

Vitrolles: la gauche se rebiffe

 

source : Le Nouvel Observateur le 09/08/2001 auteur : Claude Askolovitch

 

Ah, la belle fête de famille ! Dans la douceur d'une soirée sudiste, on pique-nique - rosé et paella - et, après les agapes, on danse. Le sénateur socialiste Henri d'Attilio chaloupe sur du Claude François, pas loin du communiste Alain Hayot, sous le regard attendri d'un peuple de gauche qui ne fait pas si souvent la fête ici. A Vitrolles, cet été 2001, la gauche a retrouvé l'en-vie d'espérer. Dominique Tichadou, conseiller général socialiste, vaincu aux élections municipales de mars, contemple sa Fête de la Rose, rayonnant. Voilà enfin la gauche rassemblée autour de lui.


On le contestait, paraît-il, on disait du mal de lui à Marseille, à Paris? Plaisanteries, racontars, balayés sous les flonflons! Patrick Menucci, président du groupe socialiste au conseil municipal de Marseille, est venu apporter l'onction fédérale. Richard Dubrey, homme fort des communistes vitrollais, martèle que l'union est acquise, et que «Dominique mènera la gauche». Il ne reste plus qu'à revoter...


Battus de 200 voix en mars par la liste de Catherine Mégret, Tichadou et les autres ont travaillé à un recours en annulation, dont ils espèrent qu'il aboutira à la rentrée. «On nous a volé l'élection», martèlent-ils.

 

Utilisation du journal municipal, dépassement des comptes de campagne, signatures suspectes sur les listes d'émargement, les motifs d'annulation ne manquent pas, disent-ils. Les tricheurs sont chez Mégret, se répètent les militants de gauche. Ils dénoncent sans faiblesse le MNR, le groupuscule d'extrême-droite présidé par Bruno Mégret, qui a fait main basse sur leur ville. Et surtout ils seront unis. Ils auraient pu commencer plus tôt. La défaite de mars a eu des allures de suicide délibéré. La gauche vitrollaise s'est déchirée au premier tour des élections municipales. Le PC voulait dépasser le PS. Le rabibochage de l'entre-deux-tours n'a pas effacé les cicatrices. Dans l'électorat, le mal était fait.


Socialistes et communistes ont juré de ne plus recommencer. Ils se sont expliqués. Le pacte a été scellé entre les «tauliers». Dominique Tichadou, 48 ans, est devenu le compère de Richard Dubrey, 37 ans: un pur politique celui-là, physique de rugbyman, longtemps incapable de résister à l'envie d'en découdre, y compris physiquement, avec les «fachos», mais qui s'est acheté une conduite depuis son élection au conseil municipal. Dubrey est devenu adulte et la gauche avec lui.


Tichadou n'est pas un socialiste que les communistes peuvent ignorer. Il est le petit-fils de Lucia Tichadou, héroïne de la Résistance, première adjointe du maire communiste de Marseille Jean Cristofol après la Libération. Dominique Tichadou a rejoint le PS en 1992, au moment de la débandade de la gauche. Ce médecin aime les cas désespérés.

 

En 1998, il s'est parachuté à Vitrolles. Il est devenu conseiller général. Il a reconstruit la section socialiste. Avec les Mégret en ligne de mire...


Mais, en cinq ans de pouvoir mégrétiste, la ville s'est ancrée à l'extrême-droite. La population de gauche commence à quitter Vitrolles. «Si les employés municipaux qu'ils ont écoeurés étaient restés, avec eux et leurs familles, on gagnait», dit Tichadou. Catherine Mégret elle-même a pris de la bouteille. La «gourde» caricaturée par Luz, le dessinateur de «Charlie Hebdo», gaffe moins, se tient mieux, comme rassérénée par sa réélection. La justice l'a déclarée inéligible pour avoir voulu faire passer une «préférence nationale et européenne» via une prime de naissance accordée par la ville. Mauvais point, ou bonne pioche. Si sa femme ne peut plus se présenter, Bruno Mégret ira à l'élection, et le couple fera vibrer la corde du martyre.


A côté de Vitrolles, Marignane est tout acquise à son maire, Daniel Simonpiéri, extrême-droite à sourire et accent, de moins en moins proche de Mégret. Une seule question tarabuste le petit monde politique de la région: combien de temps la droite républicaine mettra-t-elle à blanchir Simonpiéri pour lui offrir le proconsulat de l'étang de Berre? Déjà, la droite a fait élire Simonpiéri vice-président de la communauté de communes de Marseille...


Dans ce Sud jadis rouge, le paysage semble basculer doucement. Tandis que la gauche, elle, s'efforce d'apurer son passé sans créer de nouvelles divisions en son sein. A Marseille, le député communiste et maire des 15e et 16e arrondissements Guy Hermier vient de disparaître. Il laisse sa mairie à son premier adjoint, Frédéric Dutoit. Mais son siège à l'Assemblée nationale suscite les convoitises du PS... Patrick Mennucci, qui investit les quartiers Nord depuis des années, est candidat à la candidature pour succéder à Guy Hermier dans un an. Le PC n'apprécie guère. «Le PS laisse nos copains tranquilles à Marseille, ou alors je ne garantis rien à Vitrolles», lance Richard Dubrey, mi-sérieux, mi-bluffeur. Fédérations socialistes et communistes devront peser l'union au trébuchet. Car le bal peut encore devenir maudit.

 

CLAUDE ASKOLOVITCH

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Published by Didier HACQUART - dans Histoire politique de Vitrolles : 1999 - 2001