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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 05:00

L'extrême-droite est-elle morte?
 

source : Le Nouvel Observateur le 04/01/2001



Vitrolles: le dernier coup des Mégret

 
En attendant la "divine surprise"


Leur défaite trop vite annoncée suscite trop d'ambitions -donc de candidatures- dans le camp de leurs adversaires. Et crée les conditions d'une triangulaire risquée.

 

Bruno Mégret est un nomade. Il vit en famille à Saint-Cloud. Il préside, à Paris, le petit Mouvement national républicain (MNR). Il travaille à Lille, depuis que ses déboires politiques l'ont contraint à reprendre sa profession d'ingénieur des Ponts et Chaussées. Il milite dans les quartiers Nord de Marseille où il conduira une liste lors des prochaines municipales.

 

Mais quand il reçoit, c'est le plus souvent à Vitrolles. A la mairie. Dans le bureau de sa femme qu'il squatte sans complexes. Quand il parle de Catherine Mégret, le dauphin déchu de Le Pen a des mots délicieux. "Elle m'a suppléé avec courage, lors de la partielle de février 1997, à une époque où j'étais inéligible. On a gagné. Depuis, elle s'est piquée au jeu. Elle a présidé la plupart des conseils municipaux. Elle aurait pu me laisser sa place pour le prochain mandat. Mais à la limite, elle a désormais plus de chances que moi de conserver cette mairie.""A la limite". Il y a là comme une forme d'aveu. Bruno Mégret, le bulletin municipal grand ouvert sur les genoux, a beau vanter le bilan des équipes qui, ici, sont en fait les siennes et entonner le couplet habituel sur les divisions de ses adversaires -"pourtant tous de gauche, même le RPR !"-, le moral n'y est plus. Vitrolles devait être le laboratoire central du mégrétisme. C'est désormais sa vitrine lézardée. La mairie, ce gros cube de béton planté au cœur d'une zone commerciale sans vie et sans âme, est une maison vide. Le maire y passe en fin de semaine. Les principaux adjoints ont plié bagage, les uns pour tenter leur chance dans d'autres communes, les autres, les plus nombreux, pour ne plus être mêlés à la drôle de cuisine vitrollaise.

 

Les responsables administratifs de la Ville sont également partis et ils n'ont pas été remplacés, faute de candidats. Bruno Mégret parle de "rotation des cadres". Il prétend qu'avec la durée, et donc un second mandat, "tout se remettra logiquement en place". Il oublie de dire que sa femme vient d'être condamnée pour "discrimination" pour avoir voulu instaurer "une prime à la naissance française" et qu'elle est sous le coup d'une peine d'inéligibilité dont elle a fait appel. Même dans la gestion des symboles, Bruno Mégret la joue petit bras. Il dit que tout cela est la faute d'une justice "aux ordres" et d'un préfet "socialiste". Quand il ne célèbre pas ses exploits passés -"A Vitrolles, on a gagné dans un duel, contre un maire PS et non pas dans une triangulaire"-, il justifie d'avance les difficultés qui l'attendent: "Des quatre villes remportées par le Front aux dernières municipales, il faut bien reconnaître que celle-ci est la plus ancrée à gauche.

 

"Vitrolles, ville ouverte ? Tout le monde le pense dans les états-majors partisans, et c'est bien là le problème. Depuis leur victoire de 1997 (46% au premier tour, 52,5% au second), les Mégret ont encaissé, outre les fruits d'une gestion hasardeuse, les contrecoups de la scission du FN et de la baisse d'influence globale de l'extrême-droite en France. Ils ont encore localement de beaux restes électoraux. Mais ils n'ont plus le quasi-monopole de l'opposition face à un édile contesté et contestable nommé Jean-Jacques Anglade, trop longtemps soutenu par le PS puis exclu de ses rangs après sa défaite et sa condamnation par la justice.

 

Le pouvoir, désormais, c'est eux. On voit mal cependant comment ils pourraient le conserver en mars prochain, dans la foulée d'une cantonale perdue, de justesse il est vrai, en 1998 et d'européennes décevantes l'année suivante. Cette situation a aiguisé les appétits. Notamment dans les rangs de la majorité plurielle. Elle a effacé en quelques mois les bonnes résolutions unitaires affichées en haut lieu. Tout avait pourtant commencé par un sympathique déjeuner de chefs.

 

Automne 1999: François Hollande et Robert Hue, accompagnés de leurs principaux adjoints, ont rendez-vous dans un restaurant parisien. Au menu, entre autres, les municipales. Quatre villes d'extrême-droite ? Et si la gauche présentait à chaque fois une liste d'union, dirigée ici par un socialiste, là par un communiste, ailleurs par un écolo et par un chevènementiste ? Pour le premier secrétaire du PS, c'est une hypothèse séduisante en raison de sa valeur symbolique. Pour le secrétaire national du PC, c'est une ouverture inespérée. A Vitrolles, l'un de ses amis, Alain Hayot, multiplie depuis quelque temps les tours de piste électoraux. Il est vite averti. Sans prendre le moindre contact avec ses partenaires locaux, il se lance: "J'ai accepté la proposition des instances nationales de représenter la majorité plurielle aux prochaines municipales. "Depuis, la polémique fait rage au sein de la gauche vitrollaise. Conflit de personnes? Sans doute. Conflit d'intérêts? Assurément. Quand on y regarde de près, Vitrolles est en effet la seule ville d'extrême-droite qui soit à la portée de la majorité plurielle. Dans les Bouches-du-Rhône, les socialistes, qui ont fait leur deuil de Marseille, ne sont pas disposés à laisser passer pareille occasion de victoire. Ils plaident leur cause à Paris. Ils expliquent que leur candidat, Dominique Tichadou, a repris en main la section de Vitrolles et qu'il a remporté le canton dont les limites sont celles de la ville après avoir largement devancé, au premier tour, son concurrent communiste, pourtant soutenu par les Verts et le MDC.

 

Un sondage est commandé à la Sofres. Il confirme le net avantage du PS. Mais, sur le terrain, les dés ont déjà roulé et, côté communiste, on ne veut plus entendre parler de cette "logique de comptable".

 

Adieu, l'union. Bonjour, les vieux réflexes. Tichadou et Hayot. Difficile de trouver personnalités plus contrastées. L'un est médecin, l'autre universitaire. Tous les deux sont marseillais. Rejeton d'une vieille famille communiste, le champion du PS est venu sur le tard à la politique. Un temps rocardien, compagnon de dissidence de Michel Pezet en 1995, il a été installé à Vitrolles par l'ancien patron de la fédération, François Bernardini. Comme lui, il estime qu'en politique c'est le rapport de force entre les partis, vérifié devant les électeurs, qui fonde la légitimité. De ce point de vue, la sienne est indiscutable. C'est pour cela qu'il avance. Avec obstination, sans états d'âme et avec, en tête, l'idée que la ville sera peut-être demain la clé de la circonscription.

 

Hayot, lui, est un bon soldat de la ligne Hue. A la région, il est aussi l'un des vice-présidents favoris du socialiste Michel Vauzelle. Pied-noir, un brin impulsif, il s'est lancé très vite -trop vite ?- dans une bagarre dont il n'a pas su s'extraire et que ses relais fédéraux et nationaux ont compliquée à l'envi. Depuis que les petits partis de la gauche plurielle (Verts, radicaux, MDC) ont rallié la cause de Tichadou, il se présente non plus comme le candidat adoubé par Paris, mais comme le héraut d'une gauche "citoyenne" dont les forces vives seraient issues du mouvement associatif vitrollais. Le changement de pied est spectaculaire et la ficelle un peu grosse. Elle n'a pas pris auprès du collectif anti-FN, Résister, proche de l'extrême-gauche et qui envisage désormais de présenter sa propre liste. Elle a séduit en revanche le clan rapproché de l'ancien maire, Jean-Jacques Anglade, qui n'en finit pas de régler ses comptes, en sous-main, avec ceux qu'il juge seuls responsables de sa défaite d'il y a près de trois ans.

 

Et si c'était ça, le dernier coup des Mégret ? Un vide qui suscite le trop-plein dans le camp adverse. Une défaite trop vite annoncée qui crée toutes les conditions d'un pépin électoral, jamais à exclure dans une ville meurtrie et déboussolée après tant d'années de folie politique.

 

On se compte au premier tour avant de se rassembler dans l'urgence au second : à Vitrolles, la gauche la joue classique. Elle laisse ainsi se développer dans ses rangs un climat très malsain. Au lieu de prendre le large dans l'union, elle installe les conditions d'une triangulaire risquée qui fait rêver Christian Rossi, le candidat de presque toute la droite, solide routier de l'appareil RPR aux allures de Séguin, en moins volcanique, tandis qu'à la mairie les Mégret se plaisent à imaginer un dernier miracle politique.

 
FRANÇOIS BAZIN

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