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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
5 janvier 2006 4 05 /01 /janvier /2006 12:45

Chasse à la sorcière
 
 
 

Article paru dans l'édition de l’HUMANITE du 4 juillet 1997.

 
 
 

REGINE JUIN n’a pas voulu céder à la politique d’épuration culturelle dictée par la majorité communale de Vitrolles. Au pays des époux Mégret tant d’intégrité mérite la porte. Mercredi, Alfred Liévin, conseiller municipal Front national et président de la société d’économie mixte (SEM) gérante du cinéma local, Les Lumières, a annoncé le licenciement de la directrice qui, depuis onze ans, assurait le fonctionnement de cette salle classée art et essai. La sanction, signifiée le 26 juin, est motivée par un « refus d’obtempérer ».

 
 
 

Les amis du maire FN, Catherine Mégret, reprochent à Régine Juin l’organisation d’une soirée thématique, agrémentée d’un débat, autour de la projection du film « L’amour est à réinventer », succession de courts métrages sur l’homosexualité et les risques du SIDA. Programmée au début du mois dernier, l’initiative s’était attirée les foudres des élus lepénistes.

 
 
 

Parmi ces derniers, Brigitte Marandat déléguée à la culture en tête, avait exigé son annulation. Par courrier d’abord, Brigitte Marandat passa un savon à l’insoumise, demandant des explications sur le maintien d’une soirée « ayant pour origine l’association Lesbian et Gay Pride Films ». Puis l’édile frontiste revint à la charge, promettant des sanctions contre Régine Juin, accusée de propagande homosexuelle et « d’incitation à la pédophilie » (voir « l’Humanité » du 21 juin). Pour Alfred Liévin, ex-membre du RPR passé à l’extrême droite, le film ne « convenait pas » aux normes de la majorité vitrollaise. Conclusion primaire : l’employée de la SEM n’en a pas tenu compte, elle est donc limogée.

 
 
 

Infondé juridiquement, l’argument ne fait que confirmer l’oukase. Catherine Trautmann, ministre de la Culture, ne s’y est pas trompée qui, hier, a condamné une décision « irrespectueuse », « injuste » et « marquée par une idéologie ». La veille, des réalisateurs, des producteurs et des auteurs ont adressé une lettre ouverte au président de la République Jacques Chirac et au premier ministre Lionel Jospin. Parmi les signataires de cet appel en faveur du respect des « libertés d’expression et de réunion inscrites dans la Constitution » figurent Bertrand Tavernier et son fils Nils, Merzak Allouache, François Dupeyron, Philippe Faucon, l’auteur du film incriminé, Anne Fontaine...

 
 
 

Dès mercredi, le cabinet du maire de Vitrolles indiquait que Régine Juin « est remplacée par un professionnel précédemment en poste à Gardanne (Bouches-du-Rhône), qui a reçu comme consigne de proposer une programmation pluraliste, de qualité et accessible à tous les publics ». Le remplaçant travaillait effectivement comme projectionniste vacataire au cinéma communal de Gardanne, Les Trois Casinos. Cependant, la municipalité, dirigée par le communiste Roger Meï, et toute l’équipe du service culturel affirment leur entière solidarité avec Régine Juin. D’aucuns, ironiques, rappellent que le « brave garçon » recruté par le FN avait débarqué aux Trois Casinos après avoir été licencié de L’Etoile... un cinéma X marseillais.

 
 
 
REMI BROUTE.


Archive de l’INA : (Vitrolles MEGRET dans les archives)

 

 

03/07/1997 : Licenciement de Régine Juin

 

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